Des affaires de frères [Novembre de l'an 02]

 :: L'Europe :: Allemagne :: Le Lotus Bleu Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Jeu 2 Juil - 6:21
Des affaires de frères
avec
Alexander Rammsteiner et Sigmund Rammsteiner

-Novembre de l’an 02-
Suite de : Un premier pas vers je ne sais quoi

Lotus Bleu.
Au petit matin, depuis l’étage des chambres à la cuisine du rez-de-chaussée.


Deux corps dans un lit. Nous l’avions conjugué à tous les temps, toutes les personnes, tous les sens déjà mais ce matin, il faudrait faire face au temps passé. Au pas de l’avant. Je m’éveillais lentement, dans ce lit qui nous avait unis, séparés et réunis. Le corps lourd et légèrement endoloris, je relevai la tête pour constater que le responsable de mon état était toujours à mes côtés. Je restai un instant à l’observer, simplement le scruter, graver son visage paisible dans mon esprit. Puis le moment suivant.

« Bonjour mon Prince, chuchotais-je avant de venir chastement embrasser ses lèvres. »

Qu’il soit ou non éveillé à ce moment n’avait pas d’importance, je n’attendis que quelques brefs instants avant de quitter la chaleur et le confort des draps pour me glisser en dehors, frissonnant sous la fraicheur du parquet malgré la chaleur qu’il devait certainement déjà faire au dehors. La nuit avait été courte à en juger par les brins de soleil qui filtrait depuis la fenêtre mais l’aube était passé, il devait bien entre dans les huit ou neuf heures, tout juste le moment où l’astre solaire parvenait enfin à chasser les désagréments de la nuit pour préparer l’air à recevoir sa chaleur écrasante en journée.

La veille, j’avais enfilé de quoi me vêtir pour le coucher mais il me sembla évident que je ne pouvais conserver cette robe de nuit pour poursuivre la journée, aussi, farfouillais-je dans ma valise afin d’en sortir une robe plus habillée. Un corset souple en cuir de daim, un plus large, en simple tissu de satin d’un rouge carmin. Deux épaisseurs de jupons en dentelles noires sous un seul pan de soie noire, après tout, il faisait chaud dans ce pays. Bien plus qu’en Russie alors inutile de se recouvrir de la tête aux pieds de plusieurs couches sous peine d’en souffrir à peine le nez sortit dehors. Heureusement que j’avais également emporté une paire de bottine de rechange comme les autres s’étaient cassées en chemin la veille. Je posai les vêtements au pied du lit alors que la tête enneigée semblait enfin s’éveiller au grand jour.

Je revins à ses côtés, sur les draps cette fois, simplement vêtu de ma tenue de nuit, attendant le moment où il aurait assez conscience de son environnement pour me regarder, parler. Je lui souris, un air serein au visage avant de m’enquérir simplement.


« J’espère ne pas t’avoir réveillé… Je vais me rafraichir à la salle d’eau et je reviens. »

Pas d’invitation. Il n’en avait plus besoin pour me suivre de gré et selon qu’il le fasse ou non, je lui réservais peut-être bien quelques sages baisers tout en m’activant afin de ne pas m’éterniser. J’avais déjà assez largement abusé de non-pudeur sous ce toit qui n’était pas le mien. Je fis donc vite mais bien. Une débarbouillette au visage, mes cheveux rafraichis, coiffés sommairement bien qu’avec soin en un chignon large et bas d’où quelques mèches s’échappaient pour onduler aux épaules. Je repris par le couloir pour venir m’habiller, robe légère dû au corset qui découvrait les épaules mais je me voyais plutôt mal revêtir mon châle de fourrure de loup à l’intérieur… Peut-être bien un bijou pour habiller un peu plus le tout. Pourquoi pas ce ras-le-cou de trois rangs de perles noires et d’une breloque surmonté d’un rubis, rappelant judicieusement le satin du corset.

J’étais prête, m’excusant au besoin auprès d’Alexender de n’être qu’une pauvre femme désireuse de bien paraître. Cela dit sur un ton de moquerie car bien que mon titre m’oblige à faire preuve d’élégance et de distinction, mes habits fétiches n’en restaient pas moins le pantalon masculin et le veston de chasse. Étonnante réalité qui en avait choqué plus d’un alors que l’on ne cessait de me dire depuis petites que je n’étais faite que pour les robes et les fourrures. Je suivis donc mon guide, mon hôte, mon amant dans l’escalier, puis au rez-de-chaussée jusqu’à la cuisine qui semblait déjà occupée. Je fus légèrement surprise d’y trouver un autre homme que j’identifiais comme devant certainement être l’aîné. Je restai dans l’entrebâillement de l’arrière boutique à patienter bien que le minimum devait au moins être un…


« Bonjour. »

…dans l’attente de présentations plus officielles.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Jeu 2 Juil - 21:35
Sigmund avait perçu la présence de Vashka avant même qu'elle ne fasse entendre sa voix. En réalité, il savait qu'elle était là depuis la veille. Son cadet n'avait jamais été discret, encore moins lorsqu'il ramenait quelque femme au sein de sa garçonnière. Quand ce n'était pas lui qui provoquait un tintamarre en martelant les marches menant à l'étage, c'était l'escorte qui riait à grands cris – signe évident du rire faussé et commercial d'une professionnelle, ou celui gêné d'une victime essayant de camoufler sa peur. Cette fois, la femme s'était fait discrète – du moins au début.

Sigmund se retourna à demi, couteau à la main. Malgré ses cheveux noués en catogan, une mèche barrait son front, négligemment. L'homme détailla rapidement la femme qui se tenait dans l'embrasure de la porte, ses yeux captant quelques détails non négligeables. Vêtements dénotant une certaine richesse, posture témoignant d'une éducation des bonnes mœurs, bijou d'un prix indéfinissable. La dame qui se tenait face à lui n'était nullement une fleur de trottoir, mais une dame de haute éducation. Noble ou riche bourgeoisie.

Sigmund inclina la tête, opérant un salut profond.

« Bonjour mademoiselle. Si vous le voulez bien, prenez place. Le déjeuner ne va pas tarder. »

Ce qu'une femme bien éduquée avait bien pu trouver à son cadet pour passer une folle soirée d'amour, ça, Sigmund avait sa petite idée. Mais se garda bien de la formuler. Chacun faisait ce qu'il souhaitait au creux des draps. Tant que tous les partis concernés étaient consentants.

Reprenant son ouvrage, Sigmund finit de trancher le fromage, amenant la dernière assiette sur la table déjà emplie de denrées. Les petits pains (les brötchen) reposaient dans leur corbeille, autour de laquelle trônaient de multiples assiettes : fromage, œufs à la coque, jambon, saucisses crues, mortadelle, beurre et confiture. Avec des gestes trahissant l'habitude, Sigmund servit son frère en bière, avant de s'acquitter de leur invité. Le cadet avait l'humeur exécrable si aucun alcool n'avait parcouru ses veines dès le matin.

« Veuillez excuser ce repas qui doit vous paraître rustre. Souhaitez-vous un café ? Ou préférez-vous un thé ? »

Sigmund demeurait debout, en retrait de la place prise par Vashka. On aurait dit un domestique voulant servir sa maîtresse, lors du repas familial. Sentant une gêne palpable entourer Vashka, l'Allemand s'autorisa un sourire.

« Ne soyez pas embarrassée. Vous n'êtes nullement la première femme que mon frère ramène en notre demeure, et sûrement pas la dernière. Par contre, vous êtes la première qui ayez droit au petit-déjeuner. »

Les autres devaient repartir le ventre creux.


Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Dim 5 Juil - 19:39

Alexender était déjà endormi. Mais le contact de quelque chose sur ses lèvres le fit légèrement sortir de sa torpeur. Mais ce ne fut que quelques minutes plus tard que Alexender se mit a bouger sous le drap. Il sentit un poids sur le lit, se rappelant qu'il avait eu une nuit agité avec la princesse russe qui venait lui chuchoter doucement quelque chose.

— Humm ?...Ouais fais comme tu veux. Je reste ici.

Alexender la regarda sortir, ou plus précisément il regarda le déhanché de cette dernière. Il avait bien envie de la rejoindre dans la salle d'eau afin de profiter d'elle, et de ses formes généreuses. Mais la nuit avait été courte, il préférait rester dans le lit a comater. Quelques minutes plus tard l’androïde se leva, torse nu et en « caleçon ». C'est à ce moment là que la demoiselle refit surface et, sans pudeur, elle se mit a s'habiller. L'albinos fit pareil mais bien plus sommairement qu'elle. Jusqu'au moment où elle s'excusa pour un motif qui lui passait vraiment au-dessus de la tête.

— Des excuses futiles. Tu fais ce que tu veux. Bien que je dois avouer que je trouve que tu as bon goût en matière de vêtement. Cela me donnerait presque envie de ne pas sortir d'ici, et te garder avec moi.

Mais la faim se faisait sentir. Il sortit de la chambre, faisant passer Vashka en première, lui disant d'avancer dans le couloir, quand une question lui vint en tête.

— Dis-moi petite princesse. Je sais que tu es une noble russe, mais quelle genre de noble ? Enfin quel titre ?

Alexender n'aimait pas forcement le silence. Autant en profiter pour demander des détails sur cette femme qui avait, quand même, aussi légèrement soit-il, ébranlé sa vision de la femme.

Une fois dans la cuisine, Alexender entra normalement. Mais Vashla était plutôt en retrait derrière lui. Bien que son frère et sa petite souris russe s’étaient échangés des salutations, des présentations sommaires étaient nécessaires. Alexender tira une chaise à Vahska pour ensuite s’asseoir, avant même que la demoiselle se soit assis.

« Ne soyez pas embarrassée. Vous n'êtes nullement la première femme que mon frère ramène en notre demeure, et sûrement pas la dernière. Par contre, vous êtes la première qui ayez droit au petit-déjeuner. »

Alexender ne répondit pas à cette misérable pique de la part de son frère. Après tout il avait sûrement raison.

— Sinon au lieu de raconter tout et n'importe quoi, Gretchen, je te présente Vashka Von Kursel. Prin... Vashka, je te présente Gretchen, mon frère aîné.

Alexender avait failli l'appeler princesse. Mais même si elle l’appellerait peut être son prince il garderait le princesse pour lui. Alexender but sa bière d'une traite. Rien de telle qu'une matinée avec une femme dans son lit et une bonne bière.

— Elle voulait te voir pour te parler de quelque chose. Puis elle est sympa et a de bons goûts vestimentaires, comme tu peux le voir. Regarde cette belle robe et ce beau corset, qui met en avant sa beauté.

Au même moment qu'il faisait l’éloge des goûts vestimentaires de Vashka, Alexender s’était approché de Vashka. Il la serra contre lui, la main sur le corset, au niveau de son opulente poitrine.

— Il est de bonne qualité et c'est vachement agréable au toucher.
Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Dim 5 Juil - 23:29
Habillage lent en raison des quelques détails incontournables des tenues féminines. Nouveaux dessous, jupons, jupe, corset, accessoires. J’étais fin prête et suivit volontiers l’androïde dans le couloir puis les escaliers après l’avoir d’abord remercié du compliment de ma robe. Il fallait dire que je l’avais acquis à un prix assez important. Mais une beauté qui en avait fait rougir plus d’un –et une- que je ne me gênais pas à porter drapée d’une cape longue de queue de renard argenté. La question du titre arriva finalement. Je me doutais bien qu’Alexender s’en informerait à un moment ou à un autre mais ce n’était pas encore le bon. Je lui souris, un sourire joueur, mystérieux.

« Je ne suis pas du rang aussi élevé que celui dont tu te plais à m’appeler, souriais-je d’abord avant de marquer un temps d’arrêt en bas des marches pour lui faire face, le laissant e surplomber de sa position plus haute. Mais j’ai les moyens et l’influence de me présenter à la Cour de son Altesse la Tsarine à peu près à chaque fois que je le souhaite. »

Mystère et non-réponse. J’adorais jouer ce genre de jeu. Celui du pouvoir, des sous-entendus, des devinettes aussi peut-être bien ? Plusieurs réponses étaient possibles et bien que le titre de Baronne ne fût certainement par celui de Duchesse, j’avais toutefois réellement ma place dans la société et merci à mon nom, une réputation de loyauté envers la Couronne et de prospérité grâce aux terres de mon domaine. Alexender découvrirait bien assez tôt la vérité à mon sujet de toute façon mais avant cela, rencontrer son frère, entrer dans la cuisine pour m’y installer.

« Ravis de faire votre connaissance, Sir Gretchen, le saluais-je alors avec un brève révérence une fois les présentations convenables faites, ne pouvant tout simplement pas refréner mes bonnes manières dans ce genre de situation. »

Bonne manières qui n’en étaient pas moins limitées sur certaines choses, étonnement, notamment dans les habitudes des Dames de la Cour qui tiraient plutôt sur celles de femmes russes. Et le premier point fut dévoilé au grand jour alors que je répondis d’abord à la question du breuvage pour accompagner le repas.


« Je n’ai eu que trop peu l’occasion de boire du café, au premier repas encore moins, et à moins que vous ne vous annonciez petit cachotier à conserver dans vos armoires une bouteille de Vodka, j’accepte volontiers votre offre, lui souriais-je aimablement bien qu’une lueur malicieuse devait briller dans mon regard. »

J’étais amusée, comblée même. Après une nuit pareille, un repas déjà tout préparé, rien de plus agréable que de constater que le frère cadet ne retenait pas du voisin son étrange beauté. Gretchen avait aussi quelque chose d’attrayant. Certainement plus sage qu’Alexender, pourtant, sa chevelure aussi rousse que la mienne, cette maturité qui s’en dégageait, ce calme. Un calme qui ne signifiait pas pour autant un moindre de capacités intellectuelles et un aplomb souligné à prétendre –bien que je sache pertinemment que c’était on ne peut plus vrai- que ce coureur de jupons n’en était pas à sa première tête au tableau de chasse. Je ne m’en offusquai pas, j’avais pleinement conscience de ce fait et plutôt que de prétendre à de quelconques faux sentiments comme il aurait été plus courant de l’entendre de la part d’une Dame à l’égo malmené, je leur souris, à tous deux, refrénant quelques pensées inapropriées pour répondre simplement.


« J’ose croire rester la seule à la hauteur de votre cuisine, Sir Gretchen. »

Une légère pique pour chacun d’eux. Pas de sentiment, non, mais des capacités peut-être bien ? Et une flatterie pour le repas devant qui, je ne pouvais pas m’en cacher, me faisait autant d’effet en ce matin affamé que la nuit qui s’était la veille annoncée. Je ne demandais ni reconnaissance ni plaisanterie sur les évènements qui avaient suivis et pour dire crument que j’étais « aussi bonne que la cuisine de son frère » n’aurait pas été digne de mon rang aussi, me contentais-je de cette réponse légère et simple. Pourquoi se prendre la tête après tout ? J’étais en très agréable compagnie bien que l’un des deux frères, celui à la bière bien entendu, ne manifeste un intérêt disons-le tactile pour les vêtements que je portais alors.

« Sir, je me doute que cette tenue contribue à alimenter vos envies mais à moins que vous ne consentiez à partager avec votre frère, je crois qu’il serait préférable de continuer à la caresser…du regard uniquement, chuchotais-je à demi à l’intention d’Alexender, un brin moqueuse. Rien de bien méchant en soit, seulement une mise en garde à ce qu’il reste –ou tente de le rester- convenable en présence d’un tiers, frère ou étranger. »

Je m’attardai un moment sur la table dressé, les plats proposés. Je devais reconnaître que Gretchen se montrait être un cuisinier étonnant. J’étais comblée par le choix et m’orientai dans un premier temps vers un petit pain et confiture, posant le tout dans l’assiette en attendant que chacun ce soient assis ou servis avant d’éclaircir légèrement le but de ma présence en ces lieux, en dehors du pur hasard qui m’y avait plus ou moins bien mené.


« Je crois savoir que vous êtes le propriétaire actuel de cet endroit ? J’ai brièvement discuté avec votre frère de l’ampleur de votre marché… Il semblerait que vous ne desserviez pas vraiment le royaume de Russie. Peut-on néanmoins vous demander livraison pour ce territoire ? »

Une première lancée délicate mais assez précise dans le sens de la direction à suivre. Je désirais de l’opium, dans un premier temps, la suite dépendrait d’une première réponse, affirmative ou non. J’avais peut-être les moyens de les pousser dans l’expansion de leur marché, pourquoi s’en priver ? Surtout qu’a priori, aucune redevance n’était demandé sinon peut-être quelques poignées de mains et de renseignements. J’attendis donc, rompant le pain en deux pour en tartiner une partie et y croquer avec un léger soupir. C’était bon !
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Lun 6 Juil - 21:59
Gretchen. Sigmund tiqua au rappel de ce surnom qui lui collait à la peau depuis des années. Une boutade de son ainé qui l'avait toujours vu comme étant trop féminin. Avant, l'homme avait droit au surnom de Gretel, à des couettes confectionnées avec ses cheveux, et quelques bleus suite à des disputes animées. Désormais, ne restait que le surnom, modifié. Une maigre consolation.

Souhaitant que cette appellation demeure l'exclusivité de son frère, à défaut de l'effacer à jamais, l'homme se permit d'apporter une correction.

« Je vois que mon cadet vous a mal informé, mademoiselle von Kursell. Mon véritable prénom est Sigmund, non Gretchen. L'humour d'Alexender a toujours été particulier. » En attestait les souvenirs d'enfance qu'ils avaient en commun, les persécutions subies par ses victimes. « Et ne sous-estimez pas les ressources d'un honnête commerçant. »

Ouvrant les placards, Sigmund en sortit une bouteille de vodka, à peine entamée, qu'il déposa sur la table. La partie d'un paiement d'un client russe qui, ayant apprécié le contenu de son colis, avait ajouté ce paiement en nature, en plus de l'argent. Sigmund déboucha la bouteille, et se prépara à verser dans le verre de Vashka.

« Un doigt ou deux ? »

Son ainé profita de l'occasion pour exposer sa verve habituelle, accompagné de gestes éloquents. Plus d'une femme se serait récriée à grands cris – et à raison. Vashka calma le jeu de l'homme par une verve spirituelle. Probablement qu'elle avait dompté l'animal de cette façon. Ou était-ce l'autre qui l'avait dompté ? Mieux valait ne pas se poser la question. Il était des secrets à ne pas élucider.

« Je suis fort touché de votre proposition, Mademoiselle von Kursell, mais les joies du sommier se sont toujours résumés, pour ma part, aux bras de Morphée. Je le suis trop fidèle pour le tromper avec quelqu'un d'autre. »

Après avoir servi la dame comme il se doit, Sigmund s'attabla à son tour, face au couple. L'homme se laissa le temps de mâcher fromage et pain, avant de répondre à l'interrogation de l'invitée du jour.

« Un commerçant digne de ce nom ne refuse jamais d'étendre davantage son espace d'échanges. J'ai eu quelques brefs contrats avec quelques Russes. La plupart souhaitant prolonger l'expérience qu'ils avaient vécu, en ce lieu, dans l'intimité de leur demeure. Dois-je comprendre donc, mademoiselle, que vous venez de ces contrées ? »

Ce qui était amusant en un sens. Depuis des années, Alexender s'était vanté d'accéder, un jour, à la Tsarine. Femme réputée pour avoir une condition des plus volages. Là où l'homme qui collectionnait les femmes était élevé sur un piédestal, la femme était traînée dans la boue.

Concentré sur les propos de Vashka, Sigmund croisa les mains sur la table.

« Vous êtes libre de répondre, ou non, à ma question. Si vous le souhaitez, je puis même vous livrer sous un faux nom. Tant que je suis payé, en bonne et due forme, peu m'importe les modalités. Certains n'acceptent pas d'exposer leurs plaisirs coupables. Et je n'ai nullement à juger sur la question. »

L'homme s'accorda une rasade de café, avant de porter son regard sur son aîné.

« Cette dame a droit à un repas, me propose de devenir cliente... Quelle entourloupe caches-tu là-dessous, bruder ? »

Tout se déroulait un peu trop calmement et gentiment pour ne pas cacher quelque chose. Cette femme, sous ses appas de dame éduquée, dissimulait-elle une nature aux antipodes de sa conduite ? Chacun avait ses secrets. Mais Sigmund préférait qu'aucun secret n'ait de répercussions néfastes sur lui, et l'individu qui demeurait ce qui restait de sa famille.


Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Mar 7 Juil - 11:08

Alexender eut un grand sourire quant à la demande, d'un ou deux doigts, de son frère. C’était plus fort que lui. Il manqua presque de s'en étouffer en avalant de travers.

Tiens Vashka était-elle devenue moins farouche avec le réveil ? Déjà qu'elle n'avait pas voulu lui dire qu'elle était son rang, alors qu'il se montrait pour une fois intéressé par une femme. Et maintenant elle restait de marbre à ses taquinerie. A moins de la partager avec Gretchen... Non il avait vraiment pas envie de partager sa princesse russe. Surtout que l’aîné ne saurait sûrement pas comment profiter d'une telle femme.

Alexender retira sa main, laissant par contre sa chaise à côté de la sienne, pour finir sa bière. Même Gretchen avait commenté son geste. Depuis quand il était aussi soucieux des femmes qu'il ramenait ici ? Certes, celle-ci était bien différente pour l'albinos. Mais ça il ne le savais pas. A moins que le moment qu'ils partageaient tout les trois actuellement lui avait mis la puce à l'oreille.

Puis commença la discussion que son amante voulait avoir avec son frère. Alexender attrapa la charcuterie avec du pain. Au petit matin, rien de tel pour être en forme après une telle nuit. L’androïde écouta à moitié la discussion étant concentré à manger, laissant son frère et fraü Vashka parler de leurs affaires.

Puis vint le moment où Gretchen lui posa une question. Alexender le regarda du coin de l’œil alors qu'il était en train d’arracher une grande bouchée de pain à la viande. Alexender prit le temps de mâcher doucement, comme pour se faire désirer. Apparemment il avait quand même sa place dans la discussion semble-t-il.

— Humm ? N'est-ce pas toi qui dit qu'il faut prendre soin de ces demoiselles ? Je t’écoute des fois Gretchen. Puis Vashka est pas une femme comme les autres. Mais bref passons là-dessus. Et pour tout te dire je ne savais pas qu'elle voulait devenir cliente. Si elle le désire je me ferais une joie de la livrer. Après tout c'est bien mon rôle ici, non ?

Alexender avait l'habitude qu'on juge la moindre de ses actions. Ce qui restait toujours aussi horripilant, mais bon. Il avait faim et n'avait pas envie de se prendre la tête. Il était là pour son frère, comme son frère était là pour lui. L'un comme l'autre ils le savaient très bien malgré leurs disputes.
Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mar 7 Juil - 19:55
Double surprise ! D’abord d’entendre que Gretchen n’était pas son vrai nom, ou plutôt un surnom exclusif réservé à son cadet, ce qui eut tôt fait de me faire empourprer de honte. J’avais été mal informé ! Et puis Ô joie. Un sourire délicieux ourla l’instant d’après mes lèvres à la découverte de la dite bouteille qui n’était pas des moindres, j’acquiesçai du chef comme pour en confirmer la qualité à la vue de l’étiquette. Une maison de production forte appréciée de la classe moyenne. Je n’eus pas le temps de leur en faire part qu’une question posée me fit aussi presque étouffé, à tout casser, lâcher un petit rire que je tentai de camoufler derrière ma main. Comme quoi l’esprit était encore bien éveillé même au matin. Ou plutôt encore trempant dans les influences de la nuit. Je répondis, non sans un léger regard pour mon compagnon de table.

« Je n’aime pas la modération pas même au matin aussi, je prends chaque fois deux doigts…s’il-vous-plaît. »

Il y comprendrait –ou non- ce qu’il voudrait bien, je ne m’attardai pas davantage et patientai qu’il soit également assit pour manger un brin. C’était délicieux il n’y avait pas à dire. Autant que le parlé délicat du roux, je devais m’avouer agréablement surprise de sa maitrise de l’oral. Ne venait-il pas tout simplement de me remercier, bien qu’il ait refusé, d’avoir supposé qu’il puisse vouloir tout comme son frère goûter un peu de chair exotique ? J’en retins un léger rire en répondant à l’affirmative quand à mes origines.

« J’ai effectivement vu le jour en Russie. Ma famille y est installée depuis quelques générations bien qu’apparemment, une branche se soit davantage concentrée ici, en Allemagne… »

J’hésitai alors à déjà aborder la question de ma mère, de ce lien visiblement l’unissant avec le Lotus Bleu, à cet ancien propriétaire dont m’avait fait part Alexender et ses origines chinoises pouvant expliquer que je n’arrivais pas à décrypter la lettre qui reposait malheureusement sous clef, dans un secrétaire de mon manoir. Non c’était trop tôt, je devais me montrer patiente pour ne pas tout précipiter et risquer de voir s’échouer le peu de chance dont je disposai de retrouver une famille jusque là inconnue. J’écoutai avec amusement les questionnements de Sigmund. Avais-je réellement droit à un traitement de faveur ? J’en fus flattée en tendant l’oreille à la réponse d’Alexender qui me tira aussi un sourire.

« Votre prix sera le mien, je suis également disposée à offrir à votre coursier couvert et gît pour le temps de la livraison, fis-je mine d’hasarder. »

Ma main restée sous la table après avoir dégusté le petit pain effleura légèrement la jambe à mon compagnon de siège, s’aventurant discrètement à l’entrecuisse alors que mon regard restait fixé sur Sigmund. Un peu de coquetterie dissimulée ne pouvait faire de mal n’est-ce pas ?


« Pour ce qui est du destinataire, je crois qu’il est tout indiqué de l’adresser à la seule concernée. Vous trouverez sans mal la baronnie von Kursell en demandant à quiconque rencontrés dans les premiers villages au bord de la frontière. Vous n’aurez qu’à délivrer le paquet à l’attention de la Baronne. La Baronne von Kursell. Ils sauront me trouver, répondis-je simplement, accordant ainsi à la fois mon titre et ma possession. Je ne m’inquiétais guère du prix, j’en avais les moyens comme je venais discrètement de leur faire comprendre. »

Un temps passa afin qu’ils assimilent l’information, y réagissent peut-être ? Avant que je ne leur souris à tous deux, presque malicieuse et sincère à la fois.


« Je comprends votre méfiance et il est bien vrai que ce…service de livraison est des plus intéressants mais en dehors du coursier, j’aimerais également sincèrement profiter de cette redécouverte de vos produits, Sir Sigmund. »

Non que j’aie déjà goûté les siens précisément mais je n’étais pas étrangère à l’opium bien que ma consommation n’en restait que très rare et limitée. Je ne désirais pourtant rien leur cacher, ne l’avais-je pas déjà mentionné à Alexender la veille encore, je commanderais donc en plus de demander à bénéficier de cette livraison.

« Et qui sait…le service demandé en échange d’une telle commande et d’une possibilité certaine de faire-valoir auprès de têtes importantes de la Cour Russe vous paraitra-t-il alors ben futile, concluais-je, laissant sous-entendre que j’attendais certes une redevance mais que beaucoup d’avantages s’offraient en contrepartie au propriétaire de l’endroit. »
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 10 Juil - 22:44
Sigmund se leva, lentement. L'homme n'avait pas pour habitude d'user de gestes brusques, laissant le calme emplir tout son être. Guider ses gestes. Comme le lui avait appris l'ancien gérant de la boutique. Calme. Plénitude. Loin de contre-attaquer les paroles du atypique duo, il les avait laissé coulés, ne retenant que l'essentiel.

« J'ai pour principe de toujours faire consommer un de mes produits, avant de le livrer. Comme gage de sûreté. Il serait regrettable que la livraison ne soit pas de votre goût. Contrairement au coursier. »

Sigmund fit le tour de la table afin de rejoindre la porte. Il glissa quelques mots en aparté, avant de franchir le seuil.

« Vous pouvez profiter de ma courte absence pour mener vos tractations avec Alexender. Mais veillez à ce que la cuisine demeure propre, et fonctionnelle, je vous prie. »

Laissant ses paroles faire leur chemin dans l'esprit des concernés, l'homme quitta la pièce, refermant la porte derrière lui. Il y revint promptement. Quelques minutes seulement s'étaient écoulées. Poussant quelques couverts et objets pour dégager un pan de la table, l'Allemand y déposa plusieurs sachets en papier, finement fermés. Il se mit à en ouvrir un délicatement, l'effeuillant avec plus de grâce et de respect que ne l'aurait fait un client envers une prostituée de luxe. Les boules d'opium s'offrirent aux regards – si risibles par leur taille moindre, mais emplies de délices.

« Je me fais fort de créer moi-même quelques mélanges pour exploiter toutes les subtilités de l'opium. Songes éphémères, paradis artificiels, bonheur sans lendemain... Je peux même créer un opium à votre convenance, comme un parfumeur crée l'essence qui saura vous sublimer. Votre désir sera le mien. »

Sigmund laissa Vashka toucher, à sa convenance, les boules d'opium offertes à sa vue. Il lui décrivit les effets de chacun des mélanges présentés.

« Mais, j'y pense, avez-vous l'outillage nécessaire à la consommation ? Je peux vous fournir cela aussi. Fumer de l'opium revient à effectuer un rituel. Il convient de posséder les objets consacrés, et de ne pas user d'alternatives souvent boiteuses, et qui gâtent les effets. L'ancien gérant m'a appris tout cela, et plus encore. Un vieux chinois, empli de savoir exotique. Il savait vous faire rêver, rien qu'en menant lui-même le rituel. »

Précisions a écrit:
J'ai vu avec Alex, il ne voit aucun problème à ce qu'on saute son tour. Et si tu veux avoir plus de détails sur l'opium que possède Sigmund, voici la carte du fumoir.


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mar 14 Juil - 4:21
Un brin d’humour et de sérieux à la fois, j’eus un sourire amusé à la comparaison de la marchandise et du dit coursier qui m’en porterait –pour ne pas dire m’emporterait- à me demeure grande et froide de Russie. Une plaisanterie qui trouva toutefois une fin brutale au second commentaire du l’aîné. Mes tractations ? Rien que ça ! J’en fus muette, sonnée même par les mots alors que Sigmund quittait tout de même la pièce, me laissant dans un doute et une honte à me faire rougir. Aussitôt la porte franchit, ma main se retira de la cuisse d’Akexender, quelques mots acérés restant dans ma gorge coincée. Allons, je n’étais pas une femme des Plaisirs pour être en manque de la sorte à ne plus savoir me retenir ! Et pourtant…

Cela ne sembla nullement impressionner ou même déranger mon amant qui patienta à peine avant de s’approcher, son buste frôlant dangereusement mon épaule dénudée, ses lèvres chatouillant mon cou alors qu’un frisson me parcourait. Frisson sans doute causé par cette main dévergonde qui tentait par tous les moyens possibles de passer la barrière de mes jupons pour…enfin, vous voyez bien. Un ange passa, le temps d’un bref instant avant que je ne me reprenne, repoussant –un peu sèchement peut-être- le tentateur alors que les paroles du frère raisonnaient toujours dans ma tête. J’étais vexée, blessée dans mon amour-propre. Je n’étais pas une trainée ! Un brin renfrognée, je pris sur moi de terminer d’un trait ma Vodka, au moins je serais occupée et comme prévu, je me détendis rapidement par la suite. Le pouvoir miraculeux d’un bon remède maison. La Vodka réglait tous vos problèmes, à moindre échelle, vous les faisait carrément oublier à plus grande mais pas sans conséquence… Précisément ce que j’étais venue chercher dans l’offre du propriétaire : un moyen de m’évader, non mieux. Un moyen d’oublier.

Son retour m’aida clairement à remettre mes idées en place, la table découverte, l’exposition des boules d’opium reprit mon attention en faisant fi des quelques derniers sentiments en travers de la gorge. J’écoutai, je touchai, délicatement, inspirant certaines odeurs agréables, d’autres qui me firent légèrement froncer le nez. Je passais de l’un à l’autre, revenant très certainement sur un, à peine hésitante.


« Considérant le fait que je doute que vous refusiez une missive de ma main indiquant le désir d’un renouveau de la marchandise, je me risquerais à vouloir tenter cet Oubli, dis-je en pointant la boule en question. Je n’ai pas la prétention d’être assez unique, bien que j’en serais évidement honorée, pour vous inspirer de ma simple personne, déclinais-je finalement à l’offre pourtant plus qu’alléchante de voir être consacré un mélange à mon exclusivité. »

J’accordai enfin un regard à Alexender, une question me brûlant les lèvres avant que Sigmud ne reprenne avec son calme légendaire, me portant à la réflexion un moment. Le matériel nécessaire. Oui…et non. J’eus une légère moue avant d’admettre simplement.


« Je n’ai que très peu consommé et je crains que le nécessaire ne se trouve au manoir, dans les pièces ayant autrefois appartenue à l’épouse de mon père. Elle était connaisseuse et ne se procurait que d’une qualité certaine à en juger par les noms et prix tenues dans son carnet de commande. Je m’en remets à vous pour cela également. Est-il plus approprié d’acheter en neuf ? Ou puis-je conserver ce matériel malgré qu’il n’ait pas servit depuis…deux ans maintenant ? »

J’allais échapper « depuis sa mort » mais je n’étais pas très encline à répondre à quelconques questions plus ou moins délicates à ce sujet aussi, me référais-je davantage au temps, chose qui pourrait certainement jouer ici. Deux ans, l’arrêt d’utilisation, la poussière, un certain entretien qui n’aurait pas été donné pouvaient-ils jouer sur la qualité du réceptacle ? Je n’en avais aucune idée aussi me montrais-je franche et attentive, je ne voulais surtout pas gâcher le produit. Puis finalement, dans l’attente, je me risquai à me tourner vers Alexender, levant mon regard dans le sien, se voulant à la fois désolé de ma brusquerie d’un peu plus tôt mais sincèrement concernée alors que je demandais tout bêtement.

« Vous…joignez-vous à la séance ? »

Oui mine de rien, il avait beau être coursier, rien jusque là ne m’avait laissé présager qu’il puisse lui aussi consommer. Ni même qu’il y portait un intérêt quelconque que celui de livrer pour le compte de son frère. C’était le moment d’en savoir un peu plus sur le sujet.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Lun 20 Juil - 1:14

Les paroles de Sigmund n’atteignaient pas Alexender. Ne dit-on pas que la bave du crapaud n'atteignait pas la blanche colombe ? Une fois Gretchen sorti, Alexender avait bien envie de passer quelques minutes de plaisir avec son amante, commençant par aller rencontrer cette nuque provocatrice, et cette cuisse si délicieuse.

Mais contre toute attente Vashka le repoussa. L'albinos tenta bien d'insister mais la femme le repoussa plus sèchement, voire un peu brutalement. Alexender se demandait à quoi elle jouait. Il y a deux minutes elle était là à jouer avec lui, faisant clairement comprendre à l’androïde ce qu'elle désirait. Et là, elle le repoussait.

Alexender poussa un lourd soupir, voulant à nouveau tenter sa chance quand Gretchen revint avec sa marchandise. L’albinos se leva de sa chaise, pestant quelques mots à l'encontre de son frère qui avait tout gâché en cette belle mâtinée.

Alexender laissa Vashka et son frère parler affaires. S'il restait à côté de Vashka, la tentation qu'elle avait provoqué en lui, quelques instants plus tôt, grandirait au point de ne sûrement pas la retenir. Pour le moment il décida de se consoler avec un bonne bière, puis une deuxième.

Alexender, le nez dans sa bière, fut appelé à participer à la conversation. Il pensa directement à une blessure de son corps. C’était comme un réflexe. Son frère le droguait toujours à l’opium quand Alexender revenait, salement amoché. Ou quand un os brisé devait repousser. Mais fumer pour le plaisir, il n'y avait jamais pensé. Enfin il ne dirait pas non si c’était accompagné d'un plaisir charnel. Mais il se doutait que la proposition n'incluait pas ce genre de chose.

— Je ne consomme que très peu, en dehors des soins de Gretchen. Puis je ne sais pas si le grand maître de maison autoriserait ça. C'est réservé à la clientèle comme il dit.

Alexender jeta un regard à son frère lui laissant, à lui seul, le choix de répondre à Vashka.
Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 24 Juil - 23:20
L'Oubli. Le mélange permettant de se noyer dans la langueur, de fuir les tracas de la réalité. Un classique. Sigmund aurait pu construire nombre d'hypothèses sur ce choix, mais n'en fit rien. Les raisons qui motivaient le client ne le regardaient pas. Seul comptait le financement, et l'achat du produit. Rien de plus. Sigmund remballa l'opium, ne laissant que le sachet de l'Oubli ouvert. Déjà, il s'apprêtait à aller quérir de quoi mener le rituel. Mais Vashka le stoppa, y allant de ses interrogations.

« Deux ans, ce n'est pas si long. Si tous les outils ont été finement renfermés, préservés de la poussière, un simple nettoyage devrait suffire. Mais je peux vous offrir une pipe de qualité pour pallier à tout incident. Par contre, je vous conseille, si vous n'avez jamais pratiqué auparavant, de bien suivre ce que je vais vous montrer. Le mieux serait, bien entendu, qu'un connaisseur vous assiste pour vous prêter secours. Peut-être un proche de votre belle-mère ? »

La dame n'aurait pas utilisé le terme de « épouse », si elle mentionnait sa mère. D'où la conclusion qu'elle devait mentionner sa belle-mère, une seconde épouse de son père.

A son grand étonnement, Vashka proposa à Alexender de se joindre à la démonstration. Sigmund haussa les épaules face aux paroles de son aîné. L'opium avait toujours été associé à des soins palliatifs, à défaut de véritable médecin. Il est des douleurs que même la médecine est impuissante à dompter.

« Autant mener le rituel dans une des salles réservées à la clientèle fortunée. Ce serait péché que de salir les reliefs du repas. » Sigmund finit par remballer tout ce qu'il avait apporté, passa la porte en veillant à ne pas bousculer son aîné au passage. « Les règles, bruder, peuvent toujours être modifiées par celui qui les crée ». Façon à lui de dire que, aujourd'hui, les vendeurs pouvaient autant consommer que le client.

Quel mauvais vendeur il ferait, après tout, s'il ne consommait pas ses propres produits.

Agrippant un trousseau de clés suspendu derrière le comptoir, Sigmund guida frère et invitée au sein du couloir desservant ce que l'on pourrait nommer « le carré VIP ». Une série de chambres à la décoration raffinée à portes closes, et au confort bien moins sommaire que les simples paillasses dévolues au client lambda. Sigmund ouvrit une porte, s'effaça pour laisser passer Vashka en premier, avant de lui emboîter le pas.


On ressentait, dans cette pièce, le goût et l'esprit de l'ancien propriétaire. L'Asie habitait chaque mur. Un lambris de bois constituait murs et plancher qui, couplé à un sort jeté sur les lieux, étouffait tout bruit venant de l'extérieur. Ne régnait ici que calme et apaisement, permettant au client de se plonger dans un détachement languissant nécessaire pour apprécier l'opium. La décoration demeurait sommaire, renvoyant ainsi à un aspect épuré, bien loin du débordement fastueux européen. Ainsi, de simples estampes et rouleaux de calligraphies décoraient les murs, accentuant l'ambiance asiatique.

La lumière extérieure se déversait à travers des panneaux en papier, diffusant ainsi une lumière douce, raréfiée. Si on les poussait, on tombait sur le jardin intérieur. Un jardin chinois avec sa mare envahie par les plantes, laissé à l'abandon par manque de temps.

Laissant Vashka s'imprégner de l'ambiance des lieux, Sigmund disposait les éléments nécessaires sur la table basse. A genoux pour être à hauteur, l'homme officiait avec des gestes trahissant l'habitude.

« Si vous n'avez jamais consommé auparavant, je vous conseille de prendre place sur cette couchette. » Du menton, les mains étant occupées à faire chauffer l'opium sur la flamme, Sigmund désigna la banquette disposée à quelques pas. Une banquette recouverte, négligemment, d'un tissu chamarré et de coussins d'un rouge sombre. « La torpeur peut rapidement vous gagner. »


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Lun 27 Juil - 0:37
S'il avait insisté, cette troisième fois, j'aurais certainement cédée. J'avais été vexée mais je n'en étais pas moins encore beaucoup trop proche de ce souvenir de la veille pour refuser catégoriquement. Heureusement -ou pas- Sigmund ouvrit la porte quelques instants plus tard, coupant court à tout autre geste compromettant. La levée brusque d'Alexender me surprit mais je devinais presque aussitôt la raison d'un tel éloignement bien que je m'en sentis tout autant coupable. Je rapportais plutôt mon attention sur le propriétaire qui exposa à mon regard les possibilités s'offrant à moi. Une palette étonnante bien qu'assez classique sur laquelle j'arrêtai mon choix à un nom significatif: l'Oubli.

Mais la consomation ne serait pas si simple à les entendre, d'abord, elle avait commis un impair visiblement en proposant qu'Alexender partage aussi la séance. Des règles ? Mais quel genre de règles ? Il n'avait pas le droit de consomer ? Était-ce en lien avec sa nature Androïde ? Je n'en savais rien et suivit donc les frères jusqu'aux salles privés en délaissant la cuisine derrière, ne gardant que les interrogations concernant le matériel alors que j'y réfléchissais.


« Je ne connaissais pas très bien son cercle...de fréquentations, me repris-je maladroitement. Le mot sorcière était apparue dans mon esprit mais quelque chose me disait que si mon amant était un homme à moitié mécanique, cela n'empêchait pas que la magie puisse être malaimé dans ce pays. Je crains de m'en remettre entièrement à vous, Sir. Mais je serai bonne élève je vous promets. »

J'eus un petit sourire, un brin charmeur peut-être sans vraiment m'en rendre compte au vue de quelques images furtives qui passèrent dans mon esprit. Être bonne élève d'une leçon particulière avec les deux frères. Allons un peu de tenu !

Je découvris la pièce avec un étonnement non dissimulé. J'avais su que le propriétaire précédent provenait d'un Empire encore plus à l'Est que le mien mais je n'avais jamais vraiment eu la chance de contempler leur culture, de savoir apprécier leur diversité. J'en fus grandement étonné de ce décor mais bien vite, un sourire léger apparut à mes lèvres comme je laissais les deux autres entrer. C'était intime, c'était privé. Je ne pouvais qu'aimer.

Je pris place à l'endroit indiqué, prenant une attention particulière aux gestes, aux méthodes afin de pouvoir les reproduire chez moi. Rapidement, les odeurs se diffusèrent, quelque chose d'âcre et de doux à la fois, d'entêtant dont les vapeurs enfumées se propagèrent dans la pièce à la lumière tamisée. J'inspirai, lentement, les yeux mi-clos, les mains posées sagement de chaque côté de mes jupes. Attendant...


[HRP : Après le lancé de dé : Ici ]

Attendant...de me détendre. Je sentais un à un mes muscles qui se décontractaient, libérant presque toutes les tensions accumulées dans les derniers jours, les derniers mois... Tellement que j'en eus un sourire. D'abord faible, j'étais bien, juste bien. Comme avec Alexender la veille, après tant de ce désir, tant de cet amour charnel. Je tournais d'ailleurs la tête vers lui, ce sourire ne me quittant définitivement plus. Je tendis un bras, l'invitant à me rejoindre avec un gloussement sortit de nule part.

Puis je regardais Sigmund devant l'opium, une seule chose me venant alors en tête et peut-être aurais-je dû avoir la délicatesse de penser mes mots...


« Vous ne recevrez aucune faveur à rester ainsi agenouillé mon cher, lui souriais-je en tapotant plutôt l'autre côté de la couchette. Venez plutôt en profiter à nos côtés, nous le regarderons brûler... »

Les mots à ne pas dire. Sans doute était-ce ceux qu'ils avaient employés, autrefois, pour désigner ces bûchers élevés à ceux de ma profession. Les sorcières. Regardons brûler les sorcières ! J'eus un rire, non pire que cela, un fou rire rien qu'à cette pensée. Pas besoin de se regrouper autour d'un foyer, allons au bûcher regarde la sorcière brûler ! Si seulement ils savaient, s'ils savaient tous qu'il en restait encore... Tant de meurtres, d'emprisonnement pour si peu. Ç'en était risible ! Complètement !
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Dim 2 Aoû - 23:15


Alexender suivit son frère et Vashka jusque dans une des salles VIP. L'albinos avait été étonné que son frère, en plus de l'accepter dans l'essai du client, offrait à la dite-cliente une salle VIP gratuitement, juste pour un test. Mais tant mieux. Il n'allait pas s'en plaindre. Le confort était bien mieux que dans sa propre chambre. Les salles VIP portaient bien leur nom.

— Hey Gretchen. Il y a une question qui me trotte dans le crâne depuis un moment. Il est marqué quoi sur ces rouleaux ?

Puis Alexender entra, s’installa dans la salle, alors que Vashka était déjà prête à consommer, et que Gretchen préparait la dite consommation. Alors que l’opium, doucement, envahissait la salle Vashka, doucement, semblait sombrer dans l'extase de l’opium. Elle lui proposa de la rejoindre. Ne se faisant pas prier, pour répondre à la proposition de la baronne, Alexender se plaça à côté d'elle, très près, plaçant une de ses mains contre le fessier de la russe.

— Il est pas mauvais cet opium frangin. Tu ne m'as jamais soigné avec celui là. Il y a quelque chose qui annihile toute pensée.

Alexender avait l'habitude de l’opium. Quand il revenait de la rue, avec des blessures à faire tourner la tête à certains nobles, son frère, lui, soupirait, lui préparant la trousse de soin et de l’opium. Mais il n’était pas immunisé aux effets que l’opium provoquait. La preuve en était sa façon de parler à son aîné. À long terme l'albinos s’était habitué à cette « drogue », bien que les doses étaient apparemment souvent minimales. Mais il n'avait jamais compris pourquoi il n'avait pas développé une addiction a l’opium. Peut être était-ce du à son don ? Il s'en fichait pas mal, en fait.

— Allez. Ne fais pas attendre la petite dame. Rejoins nous. Tu as pas peur d’être si proche d'une femme dis-moi. Tu n'es pas sodomite au moins ? Allez viens. Fais pas ta mijaurée et relaxons-nous entre adultes. C'est pas tous les jours qu'on profite tous les deux de l’opium sans qu'il y est du sang partout.

Alexender inspira un grand coup, avant de laisser tomber sa tête sur l’épaule de Vashka.

— Et c'est pas tous les jours qu'on profite ensemble de la présence d'une si charmante compagnie.

Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Mer 5 Aoû - 22:19
La pipe avait tourné, porté à la bouche, distillant le savant mélange dans les veines des convives. Sigmund avait scruté, en particulier, le visage de leur invitée. Ne connaissant pas son métabolisme, il se devait de demeurer sur ses gardes. Un mauvais dosage pouvait emporter si loin l'esprit que jamais ce dernier ne regagnait, totalement, le corps. L'enivrant voyage devenait un périple ardu, au chemin semé d'embûches et de chausses-trappes. Sigmund en avait lui-même fait l'expérience, testant ses produits avant de les commercialiser. Les bad trip comme on les nommerait dans quelques siècles n'avaient rien de réjouissant.

L'homme ne sourcilla pratiquement pas face aux remarques de ses... partenaires. Il était habitué à pareille réaction. Nombreux avaient été les clients à devenir, soudainement, dociles, malléables, les sens engourdis par la drogue. La conscience endormie. Les rires éclatants n'étaient qu'une manifestation du bon déroulé du processus.

Prenant son temps, Sigmund concoctait sa propre dose. Plus corsée que celle de son frère, et de l'invitée. L'habitude avait renforcé son corps, et les doses drastiques n'avaient plus aucun effet sur lui. Ne pas participer aurait été un grand manque de respect.

« La couchette est déjà bien petite pour deux. »

Aucune critique ne s'entendait dans la voix de Sigmund. Il menait, simplement, une constatation. Sa dose prête, enfournant la pâte dans sa pipe, l'homme alla se poser dans un fauteuil. A la proximité gauche de la couchette, à portée de main de Vashka. Sigmund se laissa couler contre le dossier, croisant les jambes, inhalant la drogue par petites bouffées. Avec la grâce pompeuse d'un bourgeois fumant son cigare.

Le rouquin leva un sourcil, étira un sourire à l'adresse de son cadet.

« Annihiler ? Ton vocabulaire s'enrichit, c'est remarquable. Hommes et femmes ne m'ont jamais intéressés. L'opium est une maîtresse qui fait payer un lourd tribut. »

Sentant son bras s'amollir, Sigmund le posa sur le bras du fauteuil, laissant pendre négligemment la pipe au bout de ses doigts. Ses cils s'abaissèrent, voilant à demi ses prunelles. Son esprit s'égarait. Plus rien n'avait d'importance. Tout devenait risible, sujet à la moquerie.

Du bout du doigt, Sigmund toucha le front de Vashka. Comme s'il voulait y apposer une marque.

« Dites-moi, mademoiselle, le voyage vous plait-il ? Je pense que vous vivez là des sensations qui vous ont été, jusqu'à présent, inconnues. »

Regard glissé vers le frère pour souligner la moquerie sous-jacente.

« Profitez. Profitez des bienfaits de ce mal venu d'Orient, qui ronge à petits feux. Qui fait grincer les dents des prêtres, et de nos Églises. Si nous sommes voués à rôtir dans les flammes de l'Enfer, autant en avoir un avant-goût le temps de notre vivant. »


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Dim 16 Aoû - 9:38
L’atmosphère était transcendante. Il y avait quelque chose de particulier, à mi chemin entre la tendresse, la confession et l’intimité la plus totale. J’aurais pu me retrouver entièrement nu que je n’aurais pas sentit la gêne de la même manière. Comme si, un à un, chaque vêtement, chaque couche de tissu s’effaçaient d’elles-mêmes pour ne laisser que vide, blanche mon âme à travers mon corps charnel. C’était euphorisant, et épeurant à la fois même si la sensation de légèreté semblait prendre le dessus sur le reste. Mes quelques fous rires devaient en être la preuve mais où était le mal ? Comme l’avait dit Alexender quelques instants plus tôt, nous prenions du bon temps, entre adultes, un moment de détente, d’inhibition et de relâchement.

« Quel dommage de ne savoir apprécier que ces merveilleuses herbes…vous auriez pu connaître autant de félicité et de plénitude entre les bras d’une femme digne de ce nom, souriais-je en guise de réponse aux parles de Sigmund avant qu’un long soupir ne m’échappe. »

Soupir qui fut aussitôt suivit d’un léger rire quand le poids de la tête d’Alexender sur mes épaules me fit tourner la mienne dans sa direction. Sa main ne m’avait pas échappé mais je n’allais certainement pas m’y soustraire, plutôt légèrement me dandiner sur mon siège pour l’agacer même. C’était agréable. Un peu plus et je redevenais cette plus jeune demoiselle écoutant les récits de certaines jeunes Dames sur quelques épisodes non-avouable de leur vie avant le mariage. J’en aurais aussi à faire rougir maintenant, à commencer par la nuit précédente avec ce bel albinos mais quelque chose me disait que le moment présent était tout aussi inavouable.

L’essence de l’opium m’emplissait et tout juste quand je retournais la tête vers mon autre voisin, mon front fut touché. Je ne sus dire si ce furent les mots prononcés, le regard terriblement profond et presque sage de Sigmund ou une simple autre envolée de mon esprit mais quelques gloussements m’assaillirent avant que je ne réponde avec un sourire entendu.


« Vous pourrez tous deux vous vanter d’avoir…transcendé la même femme, me moquais-je bien que parfaitement sérieuse. Vous m’offrez là une libération à nulle autre pareille, Sir Sigmund…»

Et je n’attendais pas là à créer une quelconque rivalité entre es deux frères car chacun agissant sur son propre terrain d’expertise mais la réalité était là. Alexender m’avait fait vivre un plaisir total, Sigmund un oubli mémorable sans mauvais jeu de mot. J’en perdis d’ailleurs rapidement le compte, de ces souvenirs qui m’assaillaient pour disparaitre aussitôt dans un brouillard épais d’où les dernières paroles de l’aîné me parvinrent. Si c’était ça l’enfer… J’eus un énième rire en le dévisageant un instant, mon corps était lourd, mon corset semblait ne maintenir qu’une poupée de chiffon alors que je m’alanguissais un peu plus sur la couchette.

À demi couchée sur le dos, ma tête se renversa aisément contre le rebord de la couchette, le visage ainsi offert à Sigmund dont la main n’était qu’à quelques centimètres de mes cheveux, la gorge dévoilée où mon pendentif trouva nid au creux de la jonction de mes clavicules. Dans le mouvement, la tête d’Alexender avait certainement glissée et devait se trouver plus ou moins à hauteur de poitrine, là où le corset lui avait semblé si soyeux un peu plus tôt en matinée. Je souriais toujours bien qu’à l’écoute presque religieuse à l’annonce de l’enfer sur terre, ne pouvant empêcher mon esprit de répliquer dans la plus grande des franches provocations.


« Oui…si l’enfer est sur terre, j’aurai besoin de beaucoup plus qu’une séance et dose pour…expier mes fautes…il faudra en commander beaucoup plus, terminais-je, à mi voix. Toutes ces choses que j’avais faites…toutes celles qui viendraient…que je devrais encore oublier... Pardonnez mes péchés… »

À l’instant, le visage de Sigmund au-dessus de moi prenait les traits d’un autre, un prêtre, celui de la confession que je ne visitais plus depuis un trop long moment maintenant et au travers des brumes de la drogue, mes yeux y croyaient dur comme fer avec une sincérité profonde. Je demandais pardon…avant d’éclater de rire. Vraiment, ce que c’était hilarant. Tout comme ces mèches blanches sur la tête d’Alexender dans lesquels mes doigts vinrent se perdre un instant, soudainement docile et très calme. Le contre-coup de l’opium sans doute. Maintenant, je ne faisais que planer, en tout liberté dans ce grand espace blanc. Blanc comme ces cheveux et vide de tout comme mon corps l’était d’énergie. Les yeux à présent à demi-clos, j’étais bien. Je flottais.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Sam 29 Aoû - 16:49
Pardonnez mes péchés… »

Dans la pénombre et la moiteur de la pièce, les paroles de la Russe firent écho aux pensées refoulées de l'Allemand. A d'antiques souvenirs rangés, bien précieusement, dans un tiroir. Le tiroir s'ouvrit, la drogue aidant le souvenir revint, prit place dans la pièce, se dépouilla de tout artifice, s'offrant dans toute sa crudité.

Le parfum de l'encens supplanta celui de l'opium. La pénombre laissa place à la clarté de l'église. A la droite de Sigmund siégeait le confessionnal. L'adolescent avait beau tenter de se concentrer sur autre chose (les couleurs d'un vitrail, la sculpture d'une colonne) son ouïe percevait les murmures du confessionnal. Les murmures de son père.

« Pardonnez mes péchés, mon Père. Mon Père, je m'accuse d'avoir eu des pensées malignes sur feu mon épouse. J'ai songé à la retrouver, et à exercer le châtiment sur elle, au contraire des lois divines. J'ai songé à abandonner mes enfants, chair de ma chair, les confier à un orphelinat, me délester d'eux car ils sont une charge pour moi. J'ai songé qu'ils pouvaient être le fruit d'un adultère et, par volonté de veiller à la pureté de mon âme, j'ai songé à les abandonner dans la forêt. Oui, j'y ai songé plus d'une fois. »

La même rengaine. A chaque fois. Et à chaque fois, lorsque le père sortait du confessionnal, Sigmund ne disait rien. Ne montrait rien. Souriant pour masquer son malaise, maniant les faux-semblants.

Lorsque son père fut enterré, l'Allemand ne remit plus les pieds dans une église. Il n'y avait jamais eu sa place.


L'opium l'avait endormi. Sigmund ouvrit des paupières lourdes, claqua la langue contre son palais pâteux. Heureusement, il avait eu le réflexe salvateur de poser la pipe sur la table basse avant de s'assoupir. Les quelques braises auraient pu faire prendre feu au tapis.

L'Allemand se leva, eut un sourire goguenard à la vue de la Russe et de son cadet dormant à poings fermés, enchevêtrés comme des amants. Marchant à pas de velours, Sigmund alla pousser les panneaux en papier, laissant la lueur extérieure entrer davantage en ces lieux. Au loin, un oiseau chanta.

Percevant un mouvement dans son dos, Sigmund se retourna à demi. L'homme s'appuya contre la chambranle, laissa son regard errer sur la banquette.

« Le voyage n'a pas été trop désagréable ? »

Par acquis de conscience, Sigmund se rapprocha de la banquette. Il ne devait pas oublier que, pour Vashka, c'était là sa première fois.

« Êtes-vous victime d'un quelconque vertige ? Respirez lentement si vous vous sentez mal... »


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 2 Sep - 17:33
Le temps s’était arrêté, ou plutôt, il avait coulé entre mes mains, les cristaux du sablier du temps s’écoulant entre mes doigts sans que je ne puisse les retenir d’une quelconque manière. Il avait été suspendu, puis accéléré pour que nous le retrouvions, happés de plein fouet par son cours lent et régulier. Je m’éveillais d’un étrange sommeil, la bouche pâteuse me sembla-t-il mais plus important encore, un poids sur la poitrine. Une voix me parvint également mais je ne pus saisie les mots prononcés que bien longtemps après.

Mon regard était tombé sur une tête, chevelure blanche qui n’était définitivement pas la mienne et que j’identifiai plutôt comme étant celle d’Alexender, le buste plié, à demi couché sur moi. Je le regardai d’abord sans trop comprendre, comme cherchant à me remémorer ce qui avait bien pu se passer pour que nous en arrivions là. La nuit s’était achevée, pourtant, alors que faisions-nous là déjà ? Et puis les mots me revinrent. Cette voix, c’était celle de Sigmund et soudain, je rougis vivement, réalisant le tableau pour le moins très intime que nous offrions alors.


« Je… »

Je me raclais la gorge, me relevant lentement pour faire glisser la tête blanche de ma poitrine à mes genoux, la conservant là, comme si je me refusais encore à m’en séparer plus. J’offris un regard quelque peu hagard au propriétaire de la boutique, Sigmund était là, avec un calme qui ne sembla pas vouloir le quitter, à nous regarder. Aucun jugement alors dans ses yeux non. Juste la contemplation passive d’un tableau, d’une scène de théâtre. Je lui offris un sourire un peu pauvre, de toute évidence, j’avais été fortement happée par l’opium et prendrait un temps à complétement reprendre possession de mes moyens.

« Quelques vertiges…en effet. Mais cela ira je crois… Merci. »

Et là, avec ce simple mot, ma gratitude, mon appréciation certaine de l’expérience que nous avions partagée. L’effet était étonnant. J’avais beau me dire que j’étais ici depuis un moment, qu’il y avait d’abord eu notre rencontre, à Alexender et moi, notre nuit, le petit-déjeuner… J’avais beau creuser, je ne trouvais rien. Comme une toile que l’on avait mouillée et frottée d’un mouchoir pour en effacer toutes traces. Mon esprit était vierge. De toute pensée mais également de tout souvenir. Pile poil l’effet escompté et malgré un certain malaise, je m’en trouvais ravie.

« Je dois vous avouer…être agréablement surprise. Je souris à nouveau bien que toujours un brin perdue. Je plantais mon regard dans le sien pour tenter de me focaliser sur quelque chose d’autre que les petites étoiles qui dansaient de temps à autre devant mes yeux. C’était parfait. Étrange…mais léger…et libérateur. »

Les mots me venaient seuls, je me découvrais très loquace alors qu’il n’en était habituellement rien. Pas que je sois avare de paroles mais en ce qui concernait mes ressentis, si. Discrètement, je me redressais, dépliant une à une mes jambes qui me paraissaient bien lourdes, comme prises depuis des heures dans un cocon étroit que l’on viendrait de déchirer. Mon esprit se clarifiait peu à peu avec les minutes de silences qui s’écoulaient à nouveau. Silence que je brisais finalement comme la raison d’un tel essai me revenait en mémoire.

« Vous avez parfaitement comblé mes attentes, Sir Sigmund, et je ne puis que vous en remercier. Je pourrais même glisser un mot ou deux à quelques nobles de ma connaissance qui seraient bien enchantés de trouver suppléance à leur fournisseur habituel qui aurait mystérieusement disparu dans la nature… »

Je ne m’aventurais pas plus avant sur le sujet, n’en sachant que très peu mais l’offre formulée était bien sincère. Je paierais la maison, évidemment, mais si ce léger supplément me permettait de diriger le sujet vers ce qui m’intéressait réellement…

« Loin de moi l’idée d’exercer une quelconque sorte de chantage, vous trouverez d’ailleurs paiement à la hauteur de la qualité de votre marchandise, mais peut-être en échange de ces quelques possibles entretiens dont je vous fais part, pourriez-vous à votre tour faire quelque chose pour moi ? »

Je m’arrêtai un instant, le laissant entendre, comprendre, commenter en cas de besoin alors que ma main cessa de caresser inconsciemment les cheveux blancs de celui qui devait lentement s’éveiller au son de nos voix. Je l’aidais à se redresser sans pour autant quitter mon siège, lui souriant presque tendrement en chuchotant quelques mots pour m'enquérir de son sommeil. Avait-il été agréable pour lui aussi ? De ce que j'en avais compris, l'expérience était aussi nouvelle de son côté, autant s'assurer que tout allait pour le mieux. J'attendis une possible réponse, réajustant délicatement mon corsage qui s'était quelque peu évasé sous le poids des désirs oniriques de mon amant peut-être...qui sait. Mais c’était maintenant l'heure des affaires et nous pouvions parfaitement en traiter ici, en privé dans la pièce tamisée.

« Vous avez évoqué que l’ancien propriétaire des lieux était originaire de Chine, or, il se trouve que je garde chez moi une missive qui semble être écrit dans cette langue. Malheureusement, personne à ma connaissance ne peut la traduire aussi me demandais-je si vous, qui avez certainement côtoyé l’homme d’autrefois, pouvez m’y aider ? Un silence plana avant que je ne reprenne, plongeant ma main dans le tissu de ma première jupe où une poche secrète était dissimulée. J’en sortis un fin mouchoir blanc, immaculé, soigneusement plié sur lui-même pour en découvrir un petit objet rond, bleu et ciré. Ce sceau était attaché à l’enveloppe. Si je ne m’abuse, il s’agit de l’emblème de votre boutique, Sir Sigmund. Cela vous évoque-t-il un souvenir quelconque ? »

Un lotus bleu. Voilà le fameux sceau dont j’avais parlé à Alexender un peu plus tôt la veille et je le lui montrai également. Peut-être cela lui serait-il également familier ? Je l’espérais du moins car il était là l’une de mes dernières chances de trouver une infime trace de celle qui avait été ma mère pendant neuf mois. Tous mes espoirs y reposaient.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Ven 11 Sep - 15:57

Alexender avait été pris en traite par Sigmund qui, en lui préparant sa dose d’opium, avait du sacrement bien la doser. L’androïde, après quelques bouffées, se sentit vaciller. Il avait pourtant l'habitude de l’opium. Son frère faisait passer la douleur des fréquentes blessures de l'albinos en lui faisant fumer de l’opium.

Mais cette dose là elle avait été encore plus forte que pour faire passer la douleur des os qui repoussaient grâce à son don. Alexender aurait bien mis une beigne à Gretchen pour l'avoir pris en traite de la sorte, mais ses forces l'abandonnaient. Il se sentit vaciller doucement, mais sûrement, jusqu'à tomber sur Vashka et sombrer dans un sommeil profond et moelleux.

L'albinos entendit quelques petites voix, qu'il percevait à peine, le déranger dans son sommeil. Il bougea légèrement sur ce qui lui servait de « coussin », qui était agréable il devait l'avouer.

Puis, grande surprise, alors qu'il n'était même pas vraiment réveillé, on tenta de le redresser. Les yeux mis-clos, ne voyant même pas ce qui était devant lui, le regard trop embrumé par la drogue, l’albinos grommela quelques mots à moitié perceptibles du genre « aisé moi ormir ».

Il se laissa retomber sur les jambes, mais le visage vers le ventre de la femme. Il grommela encore, se blottissant contre le ventre de cette dernière, tête contre la bas du corset. Laissant, sans en être conscient, Gretchen et Vashka parler de choses dont il ne savait rien.
Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Sam 12 Sep - 0:59
Sigmund prit le sceau, le tournant entre ses doigts avec délicatesse. Durcie depuis des années, rigoureusement préservée, la cire ne s'effritait pas entre ses mains. L'Allemand se rapprocha de la fenêtre, laissant la lumière mettre à jour l'empreinte marquant la cire ressortir en relief, se mettre en valeur. Un lotus, en tout point semblable à celui servant d'enseigne à la fumerie. La cire, de couleur bleue, très atypique, ne faisait que renforcer le lien.

Le pouce de Sigmund suivit les creux du lotus. Imprimant davantage l'image dans son esprit, retraçant une copie remontant depuis un lointain passé. L'Allemand revint auprès de Vashka, lui rendant le sceau.

« Vous avez fortement raison quand vous pensez que je puisse connaître ce symbole. L'ancien propriétaire l'utilisait pour cacheter ses lettres. Un sceau estampillé avec l'enseigne de sa boutique. Je l'utilise moi-même encore, parfois, par souci de professionnalisme. »

Pour prouver ses dires, l'Allemand était même prêt à aller ressortir le tampon des tiroirs de son bureau. Néanmoins, la Russe semblait le croire sur paroles. Il brillait dans son regard une lueur – l'espoir d'atteindre un but si longtemps désiré. Une lueur qui poussa Sigmund à s'asseoir à son tour sur la banquette. Et à délivrer Vashka du poids que représentait son aîné en le tournant sur le côté, calant sa tête contre un coussin, non sans quelques grommellements ensommeillés de la part de l'albinos.

« Il est dommageable, par contre, que vous n'ayez pas cette missive sur vous. Peut-être aurais-je pu vous aider à y voir plus clair. L'ancien propriétaire m'a appris quelques rudiments de chinois, aussi bien parlé que écrit. Je devais l'aider à rédiger, vers la fin de sa vie. Sa vue avait considérablement baissé, et la goutte faisait trembler ses mains. »

Un éclair traversa l'esprit de la Russe. Elle venait de se souvenir qu'elle avait, effectivement, la missive sur elle. Plus précisément dans ses valises, abandonnées dans la chambre d'Alexender. La dame s'empressa d'aller quérir la missive en question, laissant les deux frères seuls. Sigmund se remit debout, et tapota la joue offerte de son frère.

« Jeune scarabée, tu es encore trop faible pour résister aux dangers de l'opiacée. »

Tiens, c'était amusant, il semblait que, dans son sommeil, l’aîné se laisse aller à baver.

Vashka revint, tendant la missive tant attendue. L'enveloppe ne présentait rien de particulier, poussant l'Allemand à en sortir la lettre et à la déplier. Le style d'écriture lui sauta aux yeux, tant il l'avait vu, durant de nombreuses années, en observant le vieux Chinois rédiger ses missives, tentant d'en comprendre le sens en lisant par-dessus son épaule. Une attitude qui avait poussé Zhao Ping à apprendre quelques rudiments de sa langue à ce jeune Blanc.

La nostalgie étreignit la gorge de Sigmund. Pendant quelques instants il eut quelques difficultés à prononcer le moindre mot. Il semblait s'être figé à la vue de la lettre. Il se sentait comme un homme retrouvant un vieil ami perdu de vue depuis des années et qui, un beau matin, vient frapper à votre porte.

La main gauche de l'Allemand étreignit le dossier d'un fauteuil afin de l'empêcher de tomber.

« Par la sainte terre germanique... Je ne pensais pas revoir cette écriture un jour... »

Sigmund tâcha de reprendre contenance mais son teint, déjà peu hâlé, était devenu plus blanc. Son sourire flotta à la surface de son visage, sourire voulant aussi bien rassurer Vashka que se rassurer lui-même.

« Veuillez me pardonner cet accès d'humeur. Je connais fort bien cette écriture. Elle est, en tout point, semblable à celle de l'ancien propriétaire. Ce cher Zhao Ping... De même que la signature... »

Les yeux de Sigmund remontèrent pour lire la missive depuis le début. Quelques mots complexes, ou à l'écriture trouble, rendaient la lecture malaisée, faisait buter parfois l'Allemand. Néanmoins ses connaissances revenaient à la surface, lui permettant d'en saisir le sens global. Sigmund tendit la lettre à Vashka, lui laissant tout loisir de la reprendre.

« Cette lettre... C'est la lettre d'un père à sa fille... Je ne savais pas, jusqu'à aujourd'hui, que Zhao Ping avait eu des enfants. Il a toujours été des plus secrets sur sa famille. Ce nom... » Sigmund pointa un ensemble de lettres sur le papier, prononça le nom. « … est celui de sa fille. Vous est-il familier ? »

A la façon dont s'agrandirent les prunelles de la Russe, Sigmund sut déjà qu'elle était la réponse.

Ce nom lui était familier.


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 30 Sep - 21:58
De toute évidence, j’avais su viser juste. Entre le nom de la boutique qui m’était paru familier lors de ma première visite la veille, le sceau à l’emblème si particulier qui ornait encore aujourd’hui la façade des lieux où je me trouvais, j’aurais été bien désappointée de réaliser qu’en fin de compte, personne ici ne puisse m’aider. Si cela semblait pourtant être le cas à l’expression soudainement émotive du propriétaire du Lotus, à quel prix cette aide me serait-elle accordée ?

Je n’eus guère le temps de demander qu’une suggestion hasardeuse fit s’illuminer mon esprit. La lettre ! Moi qui croyais ne pas l’avoir gardée sur moi lors de mon départ de Russie, je me souvenais maintenant qu’elle se trouvait belle et bien dans mes valises, entre deux robes que je n’avais pas encore portées. Si tôt Alexender confié aux soins de son frère – non sans un regard presque tendre à son égard de ce vide soudain à ne plus le sentir contre moi – je me précipitai à l’étage pour aller chercher la missive en question. Le temps ne pressait pas, seulement mon envie d’avoir le fin mot de cette histoire.

C’est les mains presque tremblantes que je revins, tendant mon précieux bien à l’attention de Sigmund et hésitant encore à retourner m’asseoir ou rester debout tellement l’appréhension, l’excitation mais surtout la crainte, me nouait le corps entier… C’était sans parler de ce qui sembla alors saisir l’Allemand à mes côtés. J’eus mal pour lui. Pour ce que je lisais dans ses yeux vitreux. Cette lueur, cette luisance soudaine qui n’avait rien à voir avec l’opium partagé un peu plus tôt. Je devinais cette prise sur sa gorge, sur sa poitrine au niveau du cœur, je ne l’avais que trop vécut à repenser maintes fois à la disparition du Baron mon père. À la mort de son épouse. À ma solitude.

J’observais, simplement, ne pouvant faire autrement que d’attendre…et d’espérer.

J’eus confirmation de l’auteur de la lettre mais même s’il s’agissait bien de l’ancien propriétaire, je n’en étais pas plus avancé dans mes recherches. Quel lien cette lettre avait-elle avec cette femme que mon père avait désignée comme étant ma mère ? L’attente me sembla interminable, allais-je enfin avoir une réponse ?


«…ce nom… Evelyne …est celui… »
« …de ma mère… »


Un vide momentané. Le noir, l’aveuglement passager de la confrontation, du fait réel qui s’exposait à moi. Ce nom. C’était bien celui que j’avais tant espéré entendre et que j’avais intimement redouté en même temps. J’eus un égarement, un vrai, comme si soudain l’opium revenait en force, la tête me tournait, mes yeux clignaient de manière saccadée, ébahie alors que je faisais un pas vers l’arrière pour tenter de me rattraper à quelque chose, de me soutenir comme Sigmund en avait eu besoin un peu plus tôt à la vue de cette lettre que j’avais jalousement conservée.

« Je…c’est…ce… »

De toute évidence, la limpidité de mon esprit reflétait celle de ma voix, autrement dit, absolument aucune. J’étais bouleversée, j’étais retournée, chamboulée, je n’avais même pas assez de mot pour décrire ce que je ressentais à l’instant et étrangement, la seule chose qui me vienne à l’esprit et qu’à ce moment précis, j’aurais pu embrasser l’aîné. Ce remerciement houleux dû se lire dans mes yeux alors que je me raclais discrètement la gorge en tentant de reprendre mes esprits et avec, un minimum de contenance.

« Sir…Sigmund. Vous ne mesurez pas l’ampleur d’une telle révélation. J’ai attendu cela…longtemps, je déglutis, me demandant soudain si cela ne ferait pas étrange lorsqu’Alexander l’apprendrait. Cela ne signifiait-il pas que j’étais de la famille ? L’idée était quelque peu dérangeant et j’en restais à la principale, à ma reconnaissance. J’ignore ce que cela implique pour vous mais soyez assuré que cela signifie beaucoup pour moi. »

Quoi exactement je n’en savais trop rien. Cela impliquait-il réellement quelque chose que de savoir que cette femme ait réellement existée ? Qu’elle eut elle aussi des parents dont l’un deux pouvait presque être atteignable par la mémoire honorée ? Je n’en retirerais rien de toute évidence mais un poids n’en demeurait pas moins soudain retiré de mes épaules. Plus légère, presque ramollie aussi, j’eus la gorge serrée en me rasseyant sur le canapé, ma main s’égarant dans les mèches blanches d’Alexander qui reposait toujours endormi. Un instant passa, le temps d’une réflexion. Puis mon regard revint à Sigmund qui tenait toujours la lettre.

« Vous dites l’avoir connu autrefois, n’a-t-il jamais rien laissé avant son dernier voyage ? Loin de moi l’idée de réquisitionner un quelconque héritage détrompez-vous, seul le désir d’en apprendre davantage sur cette femme et sa vie me pousse à vous le demander. J’ignore encore tout d’elle après tout… »

Une nouvelle pensée me traversa mais un grommellement de la part de la tête en sommeil me fit me presser légèrement. Les idées déboulaient et avec elles, les mots affluaient à nouveau.

« Ne pouvez-vous pas, à temps perdu peut-être bien, rechercher dans ce que votre vieil ami vous aurait laissé pour tenter de trouver une trace, des informations laissées au sujet de cette fille qui était…, J’eus un silence, une hésitation qui m’emplit toute entière alors que je parlais de cette personne comme si… Ma voix trembla, ma gorge se noua.

« Peut-être…une adresse ? Elle est peut-être toujours viv… «

L’émotion était trop forte, je n’arrivais pas même plus à réfléchir convenablement et m’agitai inconsciemment sur mon assise, menaçant de tirer de son sommeil mon amant à mes côtés. Je penchai les yeux sur lui, j’en arriverais peut-être à reprendre mes esprits et à construire des phrases complètes. Changer de sujet, revenir à l’essentiel, à ce que j’avais à offrir en échange de ces informations.

« Je vous remercie. Je suis une cliente comblée qui ne demande maintenant plus qu’à vous rendre la pareille. En échange de ces informations si jamais elles vous tombaient sous la main, je vous offre non seulement mon adresse de correspondance mais également ma parole que quelques proches connaissances n’auront plus que votre nom en bouche. »

Nouvelle pause, cette fois mon esprit se clarifiait, mes yeux reprenaient leur lueur franche, directe habituelle. J’étais de nouveau maîtresse de mes émotions et j’attaquais le vif du sujet.

« Je crois savoir que comme tout bon investisseur vous cherchez constamment de nouveaux clients, de nouveaux territoires à conquérir. Ma maison fait le marché de fourrures à travers l’Europe de l’Est et mes propres marchandises circulent sur des routes sécurisées…les vôtres pourraient emprunter les mêmes chemins…si la Russie vous semble une terre intéressante à l’élargissement de votre marché de vente. »

Autrement dit, je lui offrais plus directement la possibilité de faire la promotion de ces produits, je lui offrais des routes sûres pour le transport de sa marchandise lorsqu’enfin il recevrait des commandes de l’extérieur.

« Seriez-vous intéressé à voir le nom du Lotus Bleu introduit à la Cour de son Altesse la Tsarine Svetlana Ivanova ? »

La question ne pouvait être plus claire. Moyennant une présence à mes côtés au moment de l’intronisation et je soupçonnais Alexander de répondre pleinement à ces critères…si seulement il se donnait la peine de nous rejoindre au moment présent.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 4 Oct - 23:02
L'univers pouvait se montrer aussi petit qu'un vulgaire mouchoir de poche. Cette lettre, semblant tout droit sortie des limbes, venait de mener à une révélation sans précédent. Zhao Ping, feu propriétaire du Lotus Bleu, avait eu une fille, Evelyn de son prénom. Fille qui n'était autre que la mère de Vashka, dame tombée par le plus grand des hasards sur ce fumoir en suivant un Allemand aux mœurs peu scrupuleuses. Le Destin aimait s'amuser à n'en point douter.

Sigmund avait tendu une main secourable pour rattraper la baronne qui, troublée par toutes ces informations, ne savait plus où donner de la tête. Un comportement que l'Allemand pouvait aisément comprendre. Il en aurait même ri si la Russe n'affichait pas un air aussi perdu, faisant songer à un chaton tout juste jeté dans la rue, ne sachant plus où donner de la tête. Néanmoins les questions dont elle l'abreuve l'obligèrent à réfléchir posément à tout ceci. Sigmund reprit place dans le fauteuil, considérant que rester débout n'était pas la meilleur idée à cet instant.

« Il y a quelques biens personnels qui lui appartenaient, précieusement enfermés au grenier. Si vous vous sentez assez en forme, je pourrais vous y mener. Mais fouiller ces archives pourrait se révéler fastidieux. Ces coffres renferment tant de choses : des bibelots, des lettres... Ne sachant pas s'il avait encore de la famille en vie, je les avais conservés, à l'abri. Vous pourriez repartir avec. Ils vous reviennent de droit. Après tout, si j'ai bien compris, il était votre grand-père. »

Zhao Ping ayant fait rentrer Sigmund dans sa famille en lui faisant hériter de sa boutique, cela revenait presque à dire que la baronne Von Kursell était... sa sœur de cœur ? Comment Alexender prendrait-il la chose ? Probablement que la situation ne le tourmenterait guère et, comme il n'y avait aucun lignage de sang entre eux, il s'amuserait de ce prétendu inceste qu'ils avaient commis, en toute impunité.

Ne pas rire. L'heure était grave pour la baronne et ses paroles se devaient d'être religieusement écoutées. De promesse en promesse, cette cliente hors norme lui proposait, ni plus ni moins, que d'étendre durablement son entreprise en Russie. Non seulement au moyen de son nom, mais aussi de ses moyens comme partager ses réseaux jusqu'à toucher la cour même de la tsarine.

Un insigne honneur auquel Sigmund répondit par une inclination du buste.

« Madame la baronne vous n'êtes nullement obligé de faire tout cela. J'ai fais ce que n'importe quel citoyen bien éduqué aurait fait à ma place. Mais, en toute franchise, je serais honoré que mes produits puissent, un jour, être portés aux lèvres de la tsarine. »

Avec un peu de chance cette grande dame deviendrait sa protectrice, une sorte de mécène, ce qui lui assurerait durablement sa situation.

« Le mieux, si vous le souhaitez évidemment, serait que je vous accompagne pour défendre ma paroisse par moi-même. Qui de mieux que le propriétaire pour vendre son commerce et le présenter ? »

C'était, surtout, qu'il ne faisait nullement confiance à son aîné pour s'en charger. Il serait capable de tout capoter par une parole déplacée.


Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Dim 25 Oct - 19:22
Sourire à Sigmund, me rasseoir, rire nerveuse et lui sourire à nouveau. Tout s’enchaînait dans un ordre pour le moins désordonné, la nouvelle avait fait mouche mais il était maintenant temps de se ressaisir. De poursuivre dans les termes que je m’étais moi-même donnée pour sceller cet accord avec le propriétaire des lieux si jamais celui-ci avait en effet quelques informations que ce soit à me transmettre. D’abord, user de bouche-à-oreille pour promouvoir son produit. Aucune fausse représentation ici et c’était bien pour cette raison que j’avais demandé à m’en procurer moi-même. J’avais expérimenté, j’avais été comblé, pourquoi donc ne pas le partager ?

« Je peux comprendre votre méfiance, Sir, mais sachez que je ne demande rien de plus en retour si ce n’est un petit échantillon supplémentaire de votre opium le plus demandé afin que je puisse déjà en initier quelques personnes de mon entourage immédiat et votre autorisation de communiquer vos coordonnées à ceux le désirant pour de futures commandes. »

Un prix me semblant fort acceptable pour la promesse future de nouveaux clients qui auraient tôt fait d’en parler à leurs amis, eux aux leurs et ainsi de suite. Il était aussi important de lui fournir une adresse, un point de rencontre de nos échanges et je lui fournis par l’entremise d’une feuille blanche conservée dans ma bourse où se trouvait mes coordonnées. Je lui tendis le tout avant de reprendre.

« Vous trouverez ma plume à cette adresse. Si vous veniez à trouver des informations dans les coffres de feu cet homme votre cher ami ou si de mon côté j’ai des retours appréciables de votre marchandise auprès de mes contacts, je vous écrirai. N’hésitez pas, pour quelques questions que ce soit, je vous répondrai dans les plus brefs délais. »

L’essentiel avait été dit, je ne demandais pas grand-chose en retour, peut-être bien l’opportunité à mon tour de rencontrer quelques-uns de ces clients dans les temps à venir pour faire valoir les fourrures de mon Domaine mais nous y viendrons plus tard, après mon départ. La suite était tout aussi importante et délicate. Je ne donnais jamais ma parole en l’air et mon intention de faire remonter l’opium du Lotus bleu jusqu’aux lèvres de ma Reine n’était pas que faire-valoir. J’y songeais sérieusement. Je proposai donc naturellement Alexender, en raison de son attribution de coursier, pour m’accompagner dans cette tâche. La réponse de l’aîné me laissa néanmoins légèrement désappointée.

« Loin de moi l’intention de voler votre gloire en l’attribuant à qui que ce soit, ma proposition était surtout réfléchie sur votre titre. Étant le propriétaire de votre entreprise, je me voyais malvenue de vous demander de quitter votre siège pour un voyage tel que celui-ci… »

Ma main se posa naturellement sur la cuisse du dit coursier, le secouant brièvement mais fermement pour le tirer définitivement de ce sommeil qui semblait s’éterniser. Non pour l’en arracher cruellement mais plutôt pour qu’il prenne aussi part à la discussion qui le concernait directement. Qu’il suive ou non dans ce voyage, les clients n’en resteraient pas moins servis par lui, Sigmund restant en Allemagne pour gérer sa boîte et son frère s’occupant des déplacements. Il me semblait donc logique qu’il nous accompagne et je leur dis à tout deux assez franchement en récapitulant brièvement pour l’endormi.

« Évidemment, je ne peux vous empêcher de vous tenir à mes côtés lorsque le moment sera venu de nous présenter à la Cour de son Altesse Impériale la Tsarine, j’en serais même honorée car comme vous le mentionnez à l’instant, qui de mieux placé que vous pour vanter les mérites de vos produits. Toutefois, il me parait également évident que vos potentiels clients puissent avoir l’opportunité d’identifier le visage de celui avec qui ils auront à faire avec les livraisons. Je ne vous apprends rien en vous disant que nous, les russes, sommes assez méfiants des étrangers et je ne souhaite à l’un comme à l’autre, aucune aventure malheureuse sur nos terres. »

J’espérais m’être montrée claire et convainquante quoi que peu insistante. Le comble de la chose serait bien que Sigmund ne sente que je lui force la main alors qu’il n’en était rien. Simple soucis de logistique dirons-nous et bien évidemment…

« Il va sans dire que je serais enchantés de recevoir deux frères sous mon toit le temps de cette première transaction. Mon Domaine sera entièrement à votre disposition et vos frais à ma charge si je peux me permettre… »

N’était-ce pas là non plus une bonne raison de céder ? Un voyage en Russie toute charge payée ? Un gîte, un couvert et une très agréable compagnie que la mienne… J’espérais bien que cela leur suffirait.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 30 Oct - 21:53
La langue était propice à générer quelques cafouillages d'incompréhension. L'humilité dont avait fait preuve l'Allemand avait été interprété comme une méfiance. Sigmund voulut corriger le malentendu mais se ravisa, craignant d'aggraver en voulant soigner la plaie. Il formula, néanmoins, un remerciement en prenant l'adresse des mains de la baronne. Néanmoins en la voyant s'enliser dans les quiproquos, Sigmund ne put s'empêcher de chasser tout trouble.

« Inutile de vous justifier. Je me doute bien que vous n'éprouvez aucune mauvaise pensée à mon égard, et que vous agissez ainsi par simple bonté chrétienne. »

La Russie idolâtrait bien le même Dieu que l'Allemagne ? Sigmund espérait ne pas avoir commis d'impair. La religion était un sujet glissant.

« Si mon frère n'y voit aucun inconvénient, nous pourrons voyager à deux. Il nous faudra simplement veiller à la bonne tenue du voyage, nous occuper des préparatifs. Vous pourriez nous instruire, le temps du voyage, de la culture de votre pays. Les impairs à ne pas commettre, les formules d'usage. Comprenez, nous ne sommes pas habitués à fréquenter des personnes venant du grand monde. »

Surnommé vulgairement « le gratin ».

« Néanmoins je tiens à participer aux frais. Du moins, en partie. Je ne saurais profiter de votre largesse plus que de raison. »

Un sourire étira les lèvres de Sigmund.

« Si vous êtes tentée par l'aventure, je pourrais même m'occuper de la cuisine, le temps de notre séjour. Je ne sais si je serais à la hauteur de votre chef. »

Repliant le papier contenant l'adresse de la baronne, entre ses doigts, Sigmund se tourna vers son aîné qui sortait, doucement, des bras de Dame Morphée.

« Monsieur le coursier se sent-il d'attaque pour voyager dans le pays de la tsarine Svetlana ? »

Faites qu'il ne dévoile pas à la baronne le petit surnom qu'il donnait à la tsarine dans le privé.


Revenir en haut Aller en bas
Alexender Rammsteiner
Invité
avatar
Alexender Rammsteiner
Sam 12 Déc - 21:51
Alexender se réveilla, bave aux lèvres. Se grattant la tête, il écouta Vashka lui résumer la situation et son projet de voyage en Russie. L'Allemand voulut déballer, tout de go, un « Ah la terre de la catin d'Europe ! » mais se retint à la vue du regard de Sigmund, lui tirant la langue en guise de réponse. Geste puéril mais qui lui fit du bien.

L'albinos s'assit sur le rebord du sofa, le visage en papier mâché, un sale goût en bouche. Il avait besoin d'une bière.

— J'ai toujours voulu visiter la Russie...  Sourire goguenard de celui riant à sa propre blague. — Et j'ai toujours voulu visiter la maison d'une noble. J'espère que tu me feras voir toutes les pièces, même les plus étroites.  ajouta-t-il à l'intention de Vashka, laissant planer le sous-entendu.

Sous-entendu qui sembla provoquer un blanc dans la conversation. Alexender se leva, ne cherchant pas même à remettre correctement sa chemise froissée lors de sa sieste improvisée.

— Pour le départ c'est comme vous voulez. J'ai pas grand chose à emporter.  Ou plutôt il laissait son frère se charger de toute l'infrastructure. —  Personne veut une bière ? Non ? Je vais aller m'en chercher une moi-même. 

Avant de quitter la pièce, l'Allemand s'autorisa une petite tape sur les fesses de la baronne. Rien de tel pour s'assurer des réflexes de la proie, et se mettre en jambes au réveil.

HRP. Si jamais tu veux conclure Vashka, vas-y ! Désolé pour ce temps de réponse.
Alexender Rammsteiner
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Jeu 14 Jan - 15:36
Nombreux étaient les sujets glissants, les tabous à demi dévoilés mais je n’en faisais pas un de la religion. Le pays lui-même était encore divisé entre l’acceptation de ce nouveau Dieu unique et le conservatisme des Dieu Anciens qui les avaient guidés depuis tant d’années depuis les peuples nomades. J’aimais à dire n’avoir de dévotion pour l’un ou l’ensemble des autres. Sans dire à voix haute que je ne me rattachais à aucune force divine, mon opinion sur la chose avait toujours été troublée, comme une incompréhension dont je n’avait su encore trouver le livre pour m’éclairer. Je secouai doucement la tête pour chasser à mon tour l’hésitation de Sigmund, ce n’était rien, les Dieux étaient qu’importe le nom qu’on leurs donnait.

« Il serait outrage de ma part de ne pas accepter de goûter à nouveau votre cuisine, Sir Sigmund, mon palais en reste encore enchanté. Pour ce qui est du reste…, j’haussais les épaules come si une fois de plus il ne s’agissait que de détails. Il me faut bien un moment ou un autre rentrer au pays. Deux voyageurs de plus sauront très bien tenir dans un fiacre il me semble. »

Je souris légèrement de voir Alexender émerger avec la tête de celui qui aurait grappillé quelques choppes de trop à la taverne du village. J’attendis également sa réponse, j’étais enchanté de compter l’aîné des frères du voyage mais je ne me cachais pas que la présence du second m’était tout aussi agréable. Au moins s’entendirent-ils rapidement sur la marche à suivre, mes propres bagages étant toujours à l’étage il me suffirait de tout rassembler mais je me doutais qu’il faudrait plus de temps pour organiser le départ et je proposais donc d’attendre au lendemain matin. Une journée de repos ne nous ferait pas de mal et j’aurais également le temps de chercher en ville un cocher assez aimable pour nous mener tout du moins à la frontière.

« Je vous montrerais tout ce que vous voulez voir, répondis-je avec un sourire entendu pour Alexender bien que cela s’adresse également à Sigmund. »

Le peuple russe était d’un simpliste effarant si on en oubliait les apparences et les stéréotypes pourtant fondés des grands buveurs de Vodka. Ils étaient simplement méfiants et surtout, aveuglément fidèle à leur patrie, à leur Souveraine que tantôt on admirait, tantôt on craignait.


« Assurez-vous d’avoir de bons habits pour le voyage, j’ai beau dénombrer quelques foyers au Manoir, les fiacres n’en possèdent pas, plaisantais-je, soudain curieuse de voir à quoi cela pouvait bien ressembler. Un fiacre chauffé… »

Ce fut une journée de préparatifs calmes qui s’en suivit, une atmosphère zen se répandant à chacun pour une nuit –d’apparence- sage qui les mènerait au lendemain et au long voyage à travers le pays de l’hiver qui les attendait. Direction la Baronnie von Kursell.
Rp Clos (Suite à venir)
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Allemagne :: Le Lotus Bleu-
Sauter vers: