Septembre 04. Tout ce qui brille n'est pas d'or

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Lun 6 Juil - 22:39





Enfoui au plus profond du désert, le palais faisait l'objet de nombreux récits, et de tout autant de légendes. Les nourrices le décrivaient comme un palais des milles et une nuits à l'architecture si complexe et raffinée que seul un dieu pouvait l'avoir construit. Ainsi le décrivait-on.

Grandes sont ses portes, si hautes que les princes y entraient à dos d'éléphants. Riches étaient leurs atours. Les cous et bras de leurs femmes étaient alourdis par les bijoux, d'une magnificence sans pareille. Beaux ils étaient, à l'image des statues que nous ont laissé les ancêtres. Les habitants du palais étaient plus proche des dieux que des hommes. Même les domestiques rivalisaient avec leurs maîtres, tant autant sur l'esprit que sur le corps. Mais tout paradis se doit d'être perdu. L'orgueil les submergea tant que le désert, pour les punir, fit sombrer le palais. Emportant corps et bien, tel un navire englouti par les flots.

Aujourd'hui, des djinns occupaient les vastes salles, leur tribu ayant fait de ce palais abandonné leur refuge. Ils avaient construits des tunnels pour accéder aux portes, ne sortant qu'à intervalles régulières. Ils se croyaient à jamais préservés de la cruauté des hommes.

Ce fut la Nature qui sombra sur eux, sans crier gare.

Tout dragon était attiré par l'or, et le palais refermait un colossal trésor. Reliefs d'une époque révolue, d'un Âge d'Or fantasmé. Brisant les barrières érigées par les djinns, Smaug s'engouffra dans le palais, projetant dans son sillage des monceaux de pierre qui vinrent joncher le sable. Le sable, désormais, s'engouffrait par le cratère creusé par le dragon. La créature s'était enfoncée dans les méandres des vestiges, rassemblant le trésor pour s'assoupir à son sommet.

Les djinns, terrifiés, s'étaient repliés vers l'oasis le plus proche. Le corps agités de tics nerveux, n'osant dormir de crainte de voir le dragon surgir, ils se sont jetés à vos pieds pour quémander votre aide.



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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Ven 10 Juil - 18:02
- Tu es sûr de toi ?

Me demanda-t-il pour la énième fois. Misha arborait un air inquiet sous ses gros sourcils blonds. Un vrai ours, presque plus que Sacha. Il tamponna la sueur de son front avec son gros mouchoir à carreaux qu'il refourra ensuite le tissu dans sa manche relevée. Le climat de cette cité proche du désert ne convenait définitivement pas à notre montreur d'ours russe. J'avais beau lui expliqué qu'exposer ses bras à l'air chaud et au soleil n'était pas forcément la solution idéale pour se rafraichir, il persistait encore et toujours sur cette voie. Résultat, il perdait des lambeaux de peau brûlée. J'en oubliais jusqu'à la conversation, toute mon attention tournée vers cette mue. Tellement que j'en avançais finalement la main pour en arracher un pan.

Sursautant et râlant copieusement dans sa langue natale, Misha tenta de me coller une magistrale taloche à l'arrière du crâne. J'ai bien dit "tenta". Leste, je cabriolai hors de l'allonge des bras noueux. Malicieux, je lui tirai alors la langue et m'apprêtai à m'enfuir lorsque, vilement, les bras souples et doux de Stella m'interceptèrent. Nul homme normalement constitué n'aurait la moindre velléité de fuite dans une étreinte aussi gironde. Aussi, indolent, je m'y lovai complaisamment. Coupé dans son élan, le russe pesta une nouvelle fois. L'interrompant, la belle espagnole l'informa : Anna, sa soeur et la bien-aimée du géant, enceinte jusque sous les yeux, le réclamait dans la tente. Avant de la rejoindre, Misha insista une nouvelle fois :

- Tu es sûr de toi ? Une rumeur et tu vas traverser le désert pour vérifier ?

Je hochai lentement la tête, parfaitement distrait par les caresses sur mon cou de Stella.

- On ne peut pas t'attendre cette fois-ci. Anna veut absolument que le petit naisse en Espagne et j'ai trouvé un navire volant qui veut bien nous y emmener après-demain.
- Je comprends, Misha, ne t'en fais pas. Voyager seul un temps me fera du bien. Je vous rejoindrai l'année prochaine et nous aurons ainsi pleins de récits à nous raconter.
- Ne file pas comme un courant d'air, sale mioche. Accompagnons notre séparation par une fête, cela nous portera à tous chance.... Tu n'écoutes rien du tout, n'est-ce pas ?!


Excédé, il leva les bras accompagné d'une onomatopée incompréhensible et se dirigea d'un bon pas vers les tentes. Pour ma défense, la spécialité de Stella était de distraire les hommes. Si elle le faisait usuellement en dansant ou se contorsionnant, sa capacité unique à tomber amoureuse trois fois par semaine lui avait permis de rassembler des connaissances solides sur la manipulation.

Le lendemain matin, je m'extirpai discrètement de sa tente, une fois ses tempes constellées de baisers. Ma journée fut chargée : Au souk, je rassemblai des provisions et échangeai une fibule d'or finement ouvragée contre un chameau. Je remplis une série d'outres d'eau tirée du puits et préparai même des présents, au cas où, la rumeur s'avérait vraie. Je n'avais guère espoir de retrouver mon clan dans ce désert-ci, mais impossible de jurer qu'en bons nomades, ils ne s'y promenaient pas. Assez longuement, je discutais avec un jeune maritin en service pour un marchand de la cité. Grâce à lui, j'appris la localisation de plusieurs oasis. J'offris bien évidemment de le libérer de son maître, ce qu'il refusa à mon grand étonnement. Il me confia que l'homme n'était pas un mauvais bougre et qu'ainsi, il pouvait veiller sur l'entrée vers une source et un refuge pour les nôtres caché au nez et à la barbe des humains. Avec fierté, Bilal m'avoua qu'il aidait le Grand Aladdin. Je lui conseillai un peu de discrétion, même avec les autres djinns car certains se complaisaient tout à fait dans la servitude et iraient même jusqu'à le dénoncer pour avoir la faveur de leurs maîtres. Nous discutâmes encore longuement, de choses et d'autres, établissant ainsi un début de lien entre nous et quelques promesses d'informations.

Lorsque je regagnais le camp de la coterie avec tout mon bardas, la nuit tombait. Un feu se dressait au milieu du cercle des tentes. Phébus, le cracheur de feu, s'entraînait légèrement en retrait. Stella dansait autour de lui tandis que Peter et Paul, les jumeaux, jouaient de leur instrument. Misha avait installé Anna sur une série de couvertures moelleuse, adossée à Sacha qui dormait. Les gamins jouaient à la guerre, armés de bâton-fusil, poursuivi par Justine, la grosse matrone française, et sa louche. Les autres membres de la troupe mangeaient et buvaient en riant. A tâtons, je m'approchai de la viande qui grillait et me saisit de plusieurs brochettes avant que la cuisinière ne me remarque et me prenne en charge.

Nous célébrâmes notre séparation avec force chants, danses et pitreries. Misha réussit enfin à caser son petit discours sur l'amitié, les enfants qui quittaient le nid, le temps et je ne sais plus quoi encore. Ivre, il mélangeait le russe et l'espagnol d'une incompréhensible manière et me torturaient d'embrassades à m'en faire craquer les vertèbres, chose peu courante vu ma souplesse. Anna et Justine me couvrirent de recommandations diverses et variées. Phébus me promit de prendre soin de Stella tout seul - ce qui l'arrangeait bien - tandis que celle-ci me jurait tout bas qu'elle n'aimait que moi. Pas une seconde, je ne doutais de la véracité de l'affirmation, elle le pensait sur le moment. Pourtant, je savais également que la danseuse trouverait rapidement un nouvel homme dont elle tomberait éperdument amoureuse pour trois jours et que Phébus supporterait. Assurément, la cohabitation se passerait moins bien qu'avec moi. J'adressais un clin d'oeil amusé au grec auquel il répondit par un éclat de rire. A nous deux, nous enlevions la dame, déjà en train d'asticoter un des nouveaux arrivants, pour nous partager ses trésors le reste de la nuit.

Au petit matin, je saluai encore une dernière fois mes camarades et m'en fut dans le désert.

Après presque trois jours sur le dos de Chedad, le chameau, mes fesses et mes cuisses réclamaient grâce. Ordinairement, je me déplaçais plutôt à pieds. Toutefois, je connaissais trop mal ce désert-là pour m'y risque sans un compagnon fidèle. Grand bien m'en prit, j'aurais pu finir comme la silhouette étendue sur le sable que je découvris vers la fin de l'après-midi. Bien que cela aurait pu être un piège, je me ruais vers elle. Lorsque je constatais son souffle ténu et rauque, je portais à ses lèvres fendues ma gourde. Pas trop, juste quelques gorgées, afin de pouvoir la déplacer sans risque vers l'oasis le plus proche, sur mon chemin de toute manière. Je hissais la victime du désert, emmaillotée dans des étoffes pour lui éviter d'affronter encore l'implacable soleil, sur Chedad et continuai mon périple à pied, menant la bête à la bride. J'accueillis l'ombre des premiers palmiers de l'oasis avec un certain soulagement.

Lorsque j'atteignis l'étendu d'eau, le silence me frappa. Il régnait une ambiance de terreur palpable, désagréable. Cela n'aurait été pour la personne épuisée sur ma monture, j'aurais certainement préféré continuer ma route sur mes réserves plutôt que de fréquenter plus longuement les lieux. Très vite, je fus assaillis par plusieurs personnes, des efrits reconnus-je à l'aura et quelques distinctions claniques. Sourcils froncés, je m'étonnais de les voir si terrifiés, leur peuple n'étant pas spécialement craintifs. En échange de soin pour la personne découverte, j'acceptai de m'installer près de leur feu, trop petits contrairement aux habitudes des efrits, pour les écouter.
Jahan Shah Farvahar
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Chester du Cheshire
Le chat du Cheshire
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Sam 11 Juil - 23:55

Chester, qui s’était endormie dans une caisse pleine de paille, trouvant cela on ne peut plus confortable, s’était faite embarquer pour le pays des Djinns. Au sein d'un bateau volant qui avait une livraison spéciale pour un clan de l'empire.

Arrivée à bon port, les clients furent mécontents de trouver une hybride sans leur commande. C'est à ce moment là que Chester se réveilla, baillant en montrant une grande bouche et une dentition parfaite. L'hybride se releva, et sortit de la caisse avec un petit bond, tout en finesse.

Les gens ici parlaient une langue dont Chester ignorait tout. Un homme s'approcha d'elle en criant dans cette langue inconnue de l'hybride. Chester s'en fichait pas mal. Elle devait savoir où elle était. Mais comment faire pour se faire comprendre ici ? L'hybride s’étira en ignorant totalement l'homme.

Chester regarda tout autour d'elle quand l'homme lui asséna une violente gifle. Chester n'eut pas le temps de comprendre dans un premier temps. Mais Chester dévisagea l'homme, prête à lui sauter dessus. Mais l'homme en face ne broncha pas. Chester sortit ses griffes et mit sa main sur le visage de l'homme, faisant s'abattre les griffes de métal sur la peau, le défigurant et le rendant aveugle par la même occasion.

Chester fut pourchassée par plusieurs personnes. Elle aurait aimé arracher les yeux de chaque personne qui osait la toucher. Mais cette chaleur écrasante était trop pour elle. Comment pouvait-on vivre sous cette chaleur ?

Plusieurs heures plus tard Chester était perdue. Du sable chaud à perte de vue, la vision troublée par cette chaleur éreintante, elle finit par ramper à genoux, en essayant d'avancer à la recherche d'autre chose que du sable. Mais l'hybride finit part perdre connaissance.

Chester ouvrit les yeux. Plusieurs personnes étaient penchées sur elle. Chester sentait des mains parcourir sa peau. Une légère brise lui parcourut les poils, qui étaient un peu partout sur son buste dénudé. Déjà qu'elle était peu vêtue en temps normal, mais là...

- Chester va vous arracher les yeux. Chester déteste qu'on la touche.

Chester bondit là où était posé son vêtement, et s'habilla. L'hybride ne comprenait toujours rien à ce que les gens d'ici racontaient. Elle commençait à en avoir plein la truffe.

– Chester ne comprend rien à ce que vous racontez. Chester ne sais pas non plus comment elle est arrivée ici ! Laissez Chester tranquille. A moins que vous voulez que Chester goûte à vos tripes.

Allez savoir s'ils l'avaient compris ou non, mais les personnes qui étaient près d'elle à son réveil restaient éloignées, lui montrant du doigt un homme près du feu. Peut être que ce dernier parlait la même langue que l'hybride. Chester s'approcha doucement et le renifla un peut. A l'odeur Chester se confirma qu'il était un mâle, du genre alpha. Mais elle ne se laisserait pas faire. Elle n'était pas du genre à se soumettre au premier alpha qu'elle croiserait. Pas même si cet alpha était un gros chat de salon.

– Est-ce-que tu comprends ce que dit Chester ? Ici tout le monde parle bizarrement et Chester ne comprend rien.

Mais alors que Chester avait à peine fini de parler des rafales de vents cinglantes se firent, de plus en plus, présentes. Une tempête de sable était non loin d'eux.



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Lun 13 Juil - 23:45

Le temps de la convalescence de l'hybride, nombre de membres du clan s'étaient chaudement entretenus avec Atêsh. Le chef, en particulier, s'était lancé dans le récit de leur fuite hors du palais enfoui. Le départ dans la douleur et la crainte, ponctué des cris des enfants et des femmes. La chaleur, plus brûlante que n'importe quel brasier, émanant de la gueule du dragon. Les hurlements de douleurs de ceux qui n'avaient pu fuir les langues de feu, se consumant tels des brindilles. Le froid glacé de la nuit, au sein du désert. La peur qui vous nouait les entrailles, vous empêchant de dormir.

Et désormais la crainte de l'avenir, de celle de devoir partir sur les chemins, de ne jamais retrouver le foyer perdu.

« C'est que ce palais n'était pas seulement notre demeure », expliqua le chef. « Il était aussi un sanctuaire dont nous étions les gardiens... »

La venue impromptue de Chester empêcha le chef d'en dire davantage. Les efrits observaient l'hybride avec des yeux ronds. Les plus jeunes pouffaient de rire, mains plaquées sur leurs bouches, riant sous cape. Le chef finit par se lever, et saisir Chester par un bras. Ne lui laissant pas le choix, il lui enfila un bracelet.

« Désormais vous comprendrez toutes les langues avec cet objet. Me comprenez-vous ? » reprit l'homme en détachant les syllabes.

Le vent se leva, recouvrant les occupants de l'oasis d'une fine couche de sable. Tous levèrent la tête, humèrent l'air. Le chef fronça les sourcils.

« Tempête. »

Le mot, décoché avec froideur, anima tout le clan. Nulle panique dans les gestes. Chacun agissait froidement, qui rassemblant les biens dispersés, qui un autre raffermissait les piquets des tentes. Un seul osa crier.

« Ce n'est pas une simple tempête ! Smaug ! Smaug nous menace ! »



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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Mar 14 Juil - 17:57
Dès que je fus installé au coin du feu, plusieurs efrits se mirent à me parler en même temps, quelques peu paniqués. Je n'en compris que des brides avant qu'une voix plus forte, plus ferme ne remplace les récits désordonnés. Le chef s'assit auprès de moi et entreprit de me narrer les déboires de son peuple. L'horreur de la situation, la crainte que les miens eut connu le même sort, scella mes lèvres et n'autorisa que quelques hochements de tête compatissants. Mais que faire pour leur venir en aide ? Combattre un dragon là où les efrits, les fiers guerriers djinns, échouaient ? Même en usant de la ruse et de tous les pouvoirs du monde, même en mettant de côté la modestie et gonflant mon potentiel avec la folie des grandeurs et me comparant à une sorte de divinité, ce genre de miracle, je ne pensais pas en être capable. Par contre, me faufiler sans bruit, sans alerter la vigilance du dragon, ce genre de manœuvre rentrait parfaitement dans mes cordes. Pire encore, j'excellais dans le cliché du sylphe voleur. Aussi inéluctable et insaisissable que le Vent, il n'existait, naturellement et hors zone magiquement créée, pas une seule personne, pas un seul lieu où la Nuit et l'Ombre ne pouvaient pénétrer.

Je ne fus guère surpris lorsqu'il me confia que le palais constituait également un sanctuaire. Il n'y avait guère de demeure djinn aussi grande sans quelques magies, secrets ou objets terribles et merveilleux ne s'y cachent. Il n'avait pas terminé sa phrase que j'allais l'interroger sur ce qu'il désirait que je récupère pour eux. Il ne pouvait pas décemment me demander de combattre un dragon là où ils avaient échoué, cela porterait un coup fatal à leur honneur. Il ne pouvait vouloir que me voir libérer des survivants, une magie nichée au sein du palais ou encore rapporter un objet particulier. Hélas, nous fûmes interrompus.

Après quelques cris incompréhensibles, une furie jaillit hors des tentes. Ma "dulcinée" découverte dans le sable venait de s'éveiller. Très, voire trop en forme, les sortilèges de soin des guérisseurs du clan se montraient particulièrement efficaces pour la remettre sur pied, elle se dirigea vers nous d'un bon pas. Je haussai doucement un sourcil tandis qu'elle me reniflait. Curieuse et animale habitude. Mais peut-être ne devrais-je pas trouver cela si étrange en voyant les crocs et les oreilles félines s'agiter. Doucement, profitant fourbement que l'efrit ne lui enfile un bracelet, j'étendis la main et grattouillai doucement le point sensible typique des chats, derrière les oreilles, dans le haut du cou. Pendant un instant, j'en oubliai même le sérieux des propos précédents pour sourire largement et même rire légèrement. Peut-être devrais-je confesser une terrible vérité : j'adorais les félins. Leur souplesse, leur élégance racée ou leur indépendance désinvolte m'inspiraient une certaine fascination. Lorsque j'étais cantonné à être l'ombre du prince, mes nuits sans sommeil, mes errances pour l'une ou l'autre mission, dans le silence de la nuit, je n'étais guère accompagné que par leurs yeux luisants, leurs miaulements indolents. Peut-être cela avait-il contribué au fait que je me retrouvais souvent à caresser ceux que je croisais - quoique cela marchait globalement avec tous les animaux- . Et plus leur férocité me mettait en danger, plus ils étaient fiers et indomptables, plus j'avais bêtement envie de les câliner.

Heureusement, un coup de vent, chaud et gorgé de sable, me tira hors de mes cajoleries, les mains et les avants-bras passablement griffés - bien que le réflexe de les rendre temporairement ombres intangibles avait dû m'éviter le plus gros -. Sourcils brièvement froncés, j'observai l'horizon, voyant le mur de sable s'y dresser. Au cri paniqué, je n'apportai aucune importance. Une tempête de sable n'avait rien d'exceptionnel et le Vent, les odeurs ressentis n'indiquaient, pour le moment, rien de plus que le phénomène naturel. Pas de souffre ou fumée, juste le sable et la chaleur. Suivant la tendance générale, je vérifiais l'arrimage de la tente vide, celle de messagers envoyés auprès d'un autre clan efrit allié pour les mettre au courant de la menace, désignée par le chef pour nous, ma compagne hybride et moi-même. D'un signe de la main, je l'invitai à me donner un coup de pattes - ou main je ne savais pas trop -. Une fois satisfait, j'allai chercher Chedad, mon chameau, pour le faire installé sur un coté, celui le moins protéger par la maigre végétation, à l'intérieur de la tente pour qu'il puisse nous servir de bouclier supplémentaire si la tempête se révélait particulièrement violente mais aussi le protéger lui-même du sable. Remontant mon chèche sur mon visage, ne laissant qu'une fine fente pour mes yeux, j'informai la demoiselle.

- Ne sors pas, le sable te grifferait et tu pourrais en mourir. Je revins. Essaie de le calmer un peu.

Lui demandai-je en désignant l'animal. Une fois que je fus certain qu'elle ne filerait pas dehors pour y mourir, je me faufilai hors de la tente. Le khamsin soufflait de plus en plus fort, soulevant les pans de mon khalat avant de les claquer presque durement contre mes jambes. Ne sachant combien de temps allait durer la tempête, je réclamai une part de nourriture pour Chester - après tout, elle se nommait ainsi clairement à chaque phrase - ainsi que de l'eau. J'avais quelques réserves, mais si l'isolement devait durer plusieurs jours le précieux liquide viendrait tout de même à manquer. Une fois chargé de la pitance, je regagnais assez péniblement notre cache. J'y déposais mon sac et les outres avant de refermer les pans de tissus soigneusement. Je dégageai à nouveau mon visage et m'appuyai contre le chameau, le réconfortant d'une caresse.

- Les tempêtes de sables peuvent durer plusieurs heures à plusieurs semaines. Alors n'hésite pas si tu as une question, Chester. Il va falloir nous occuper.

Farfouillant dans le paquet, je présentai à ma camarade quelques dattes fraîches.

- Tu dois avoir faim après ton périple dans le désert. Qu'est-ce que tu y faisais si mal préparé ? Tu fuyais les humains ?

Brusquement, je songeai au minimum de politesse.

- Oh, tu peux m'appeler Atêsh si tu le souhaites.

Dehors, le Vent hurlait avec rage. Déjà le sable et le courant aplatissaient légèrement la toile au-dessus de nous. Pourtant, je souriais comme un bienheureux : Je goûtai enfin au retour à la nature, loin des humains et une tempête me semblait très à propos pour célébrer un sylphe enfin libéré.
Jahan Shah Farvahar
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Chester du Cheshire
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Dim 26 Juil - 22:28

Chester avait été surprise par la tempête de sable. Et encore plus par l'agitation de tout le monde. L'hybride ne connaissait rien de ce monde. Il y avait juste cet homme qui lui avait grattouillé derrière l'oreille, sur qui elle avait fait ses griffes en remerciement aux grattouilles. Seul cet homme qui semblait être un mâle alpha qui lui demandait de ne pas bouger de cet abri.

Chester n’était pas habituée à écouter les gens. Mais ne connaissant pas les lieux, et vu que l’extérieur avait l'air dangereux, voire mortel, comme le lui laissait sous entendre se mâle, Chester décida de rester sage. Du moins dans la mesure du possible. Le mâle était sorti braver les dit dangers mortels. Soit il était fou, soit il connaissait bien les lieux. Chester opta pour le fait qu'il était fou. Après tout, tout le monde était fou auprès de Chester.

Chester observait le drôle d'animal qui était avec elle dans l’abri. Elle n'avais jamais vu pareil animal jusqu'à aujourd’hui. Elle se demandait comment il réagirait si elle plantait ses griffes dans le dit animal. Ainsi l'hybride leva bien haut le bras, toute griffes dehors. Mais au moment d’assigner le coup, le mâle alpha fou était revenu. Chester le regarda, comme un chat qu'on venait de surprendre en train de faire une bêtise. Elle regarda l'homme avec des grands yeux tout humides.

- Chester voulait faire un câlin à cette chose. Chester en a jamais vu auparavant. Chester ne voulait pas lui faire de mal, tu sais.

L'homme avait ramené de la nourriture. Les yeux de Chester brillaient comme si une étoile se trouvait dans chacune de ses grande iris. Elle mangea la moitié de ce qu'avait amené celui qui venait de se présenter comme s'appelant Atesh. Puis elle lui adressa la parole, la bouche encore pleine de nourriture.

- Chester s’était endormi sur le grand continent. Avant que Chester comprenne, Chester s'est retrouvée dans un village avec plein de sable tout autour, avec un homme qui a frappé Chester. Mais Chester ne s'est pas laissé faire. Elle lui a crevé un œil, et lui a défiguré la moitié d visage. C’était très drôle. Mais les personnes du village n'ont pas du trouvé ça aussi amusant que Chester. Ils ont poursuivis Chester avec des armes. Chester n'avait pas d'autre choix que de fuir vers le sable infini.

Chester avait mal mâché sa nourriture en parlant, et manqua de s'étouffer. Elle toussa plusieurs fois pour, au final, cracher une boule de poils.

- Aaah. Chester se sent mieux. Elle te remercie beaucoup.

Puis Chester leva le museau, réfléchissant quelques secondes, avant de plonger ses yeux droits dans ceux de Atesh.

- Tu ne serais pas un mâle alpha ? Chester n'arrive pas à en être sure.

Quant au vent il soufflait de plus belle. Chester sentait et voyait le sable voler légèrement dans l’abri de fortune. Comme si les couches de sable se diminuaient sous leurs personnes. La tempête était de plus en plus violente. Chester n'avait jamais connu de choses pareilles. Elle n’était pas très rassurée en fait. Mais ses oreilles se mirent à bouger, comme indépendamment de sa volonté. Elles captaient quelque chose, comme des vibrations en dessous d'eux.

- Tu entends ce que Chester entend ? C'est en dessous de nous.

Chester se mit à creuser le sol, comme un chat qui devait enterrer ses excréments, envoyant le sable derrière elle.

- Chester est certaine qu'il y a quelque chose en dessous. Aide Chester. On pourrait trouver quelque chose pour calmer cette chose dehors.

Bien sûr elle avait beau ressentir des vibrations, il n'y avait rien qui pourrait calmer une tempête. Mais elle était curieuse et sa curiosité la poussait à savoir ce qu'il y avait sous le sable.


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Lun 3 Aoû - 16:04

Il n'y avait rien de dissimulé sous la tente. Rien hormis un serpent qui, dérangé par l'hybride, s'enfuit sans demander son reste. Au dehors la tempête de sable ne se calmait pas, rugissant de plus belle. Si fort que la tente se décrocha. L'abri devint une prison qui se referma sur ses occupants. La tente, devenue ballot de tissus, se mit à dégringoler les dunes, emportant l'hybride et le djinn loin du campement.

Et roule, roula la tente, les cris émanant d'elle étouffées par l'impétuosité de la tempête.

Et soudainement, elle chuta, traversant une large crevasse, un cratère où se déversait le sable. Rude fut la chute sur le sol de pierres. Dalles à demi brisées, mais témoignant d'une riche somptuosité. Au sein de l'abri enfoui régnait une fraîcheur bienfaitrice. De hautes colonnes, au chapiteau brisé, tentaient de soutenir un plafond désormais inexistant.

Une seule voie se montrait, unique, et menant dans de noires profondeurs.

Le hasard avait mené les voyageurs dans les entrailles du palais enfoui.

Notes. Pour toute question, besoin de précision, contactez Ronce.



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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Jeu 13 Aoû - 16:44
Lorsque je pénétrais à nouveau dans la tente, Chester se tenait la patte levée vers Chedad. Plutôt que l'invectiver et la gronder de son action, chose qui ne fonctionnait jamais avec un félin, je préférai ignorer superbement et agir comme s'il ne s'était rien passé pour ne pas l'encourager dans cette voie. Probablement que la moindre remontrance lui aurait donné envie d'agir simplement pour le principe contestataire. Je prie bien soin de ne pas sortir toutes les provisions du sac de jute, ne disposant devant nous qu'un généreux nécessaire pour ne pas qu'elle s'empiffre et éviter que nous crevions de faim, quitte à dissimuler le reste fort habilement dans mon ombre pour ne pas le tenter. Je l'accompagnai, moi-même, affamé dans son festin, dévorant l'autre moitié. En apparence, il ne nous restait à présent plus qu'à mourir de faim.

A son explication, je prêtai une oreille attentive. A plusieurs reprises, je hochai doucement la tête. Voilà donc ce qui s'était tramé et la raison pour laquelle elle s'était aventurée si mal préparée dans le désert. Pas de jugement, peu m'importait qu'elle eut défiguré quelqu'un, surtout que s'il l'avait frappé si directement c'était probablement un humain complètement idiot. Alors que j'allais rétorquer quelque chose sur le sujet, la demoiselle avala de travers. Sourcil haussé, vaguement amusé, je tapotai doucement dans son dos tandis qu'elle toussait pour recracher... une boule de poil. Ce n'était pas commun devais-je avouer. A peine remise, elle enchaînait directement sur la suite. Goguenard, je retenais difficilement un nouveau rire.

- Je ne sais pas ce que tu entends par mâle alpha exactement, mais je suis bien un mâle et je ne réponds à aucun maître si telle est ta question. Je suis... mon propre roi et le monde est mon royaume. J'imagine que ça fait de moi une sorte d'alpha oui.

Réfléchis-je tout haut, hochant le chef légèrement. A sa remarque sur le sol, j'y posais une main inquiète pour mieux percevoir la vibration. Je craignais que le vent ne se soit infiltré sous la toile, ce qui présageait un très mauvais moment à venir.

- C'est juste un sss...

Voulus-je l'informer lorsque brutalement ma prédiction précédente ébranla la tente. Mû par un pur réflexe, je ramassais la sangle de mon paquetage, l'enroulement solidement autour de ma main. Je remontais mon chèche sur mon nez. De la même main, j'attirai sans douceur Chester tout contre mon torse, enfouissant si possible, son visage dans l'ampleur du tissu de mon khalat espérant ainsi la protéger un peu du fouet du khamsin. A peine le geste fut-il terminé, que nous nous envolions.

Enrobés dans la tente, par effet de voile, nous divaguions dans le vent, transbahutés brutalement à gauche et à droite. Accrochés l'un à l'autre, parfois, un des piquets en bois d'accroche, venait nous battre durement le dos ou les flancs. Heureusement pour nous, Chedad le chameau, trop lourd, n'avait pas été emporté. Probablement était-il déjà mort étouffé par le sable ou peut-être avait-il survécu, ces bestioles-là résistant à grands nombres des maux du désert. Une part de moi, celle qui a toujours faim, songea brièvement qu'il était dommage de ne pas profiter de la viande de l'animal soufflé au sable - un délice -. La pensée fut punie par les griffes plantées de ma compagne qui s'accrochait comme savent si bien le faire les félins. Un grondement sourd jaillit hors de mes lèvres. Arnachés l'un à l'autre par la prison d'étoffes, la respiration devenait, par instant, difficile. Je priais que mon paquetage reste soigneusement avec nous si nous voulions survivre à l'étape suivante. Pour l'instant, aussi agaçant cela était-il, il fallait s'en remettre à la chance.

Brusquement, l'ultime et très égoïste solution s'illumina dans mon esprit comme une pancarte colorée à la lumière de l'électricité : devenir une ombre pardi ! Ainsi intangible, j'échapperai à la torture et au ballotage constant. Le hasard ne fut pas de cet avis, ou peut-être était-je encore puni par quelques divinités pour avoir osé penser abandonner ma camarade d'infortune, car le fameux piquet en bois décida qu'il était temps de s'abattre brutalement sur mon crâne et m'assommer.

Combien de temps passa ainsi oscillant entre conscience et inconscience ? Jusqu'où étions-nous balloté ? Mon esprit ne pouvait réellement le savoir. Aussi cessai-je de résister et sombrai, comme libéré, dans une sorte de torpeur.

La chute et le choc brutal de mon dos contre un sol dur m'arracha à mes divagations avec un cri rauque. Sonné, il me fallut plusieurs minutes pour chercher une dague nichée sur mes reins. D'une lame un peu tremblante, je déchirais la cage textile. Avec un bref regard circulaire, je me remis sur mes pieds, chancelant. Quelques mètres plus loin, je chus sur mon séant le temps que le monde arrête de tourner autour de nous. La nausée tiraillait mon ventre plus douloureusement que mon poignet en sang, mordu par la sangle de mon paquetage. Cette blessure-là, je l'accueillais avec un certain plaisir car elle témoignait de la présence d'un minimum de provision. Les griffures, morsures et autres souvenirs de Chester m'agaçaient par contre légèrement. La joueuse et quelque peu vindicative ombre se jurait déjà de lui offrir une torture équivalente. Curieux du résultat du coup de matraque improvisée, je passai une main sur l'arrière de mon crâne pour y constater la présence d'une bosse encore palpitante pour l'instant. Mon dos et le reste de mon corps devait s'orner d'un tableau d'hématomes de tailles et coloris variables. Une nouvelle manière de faire montre de créativité me consolais-je.

Mes esprits retrouvés, je me redressai plus fermement sur mes pieds. Il faudrait sans doute quelques jours pour que je me retrouve moins fourbu. La jeunesse et l'endurance ne garantissaient pas non plus un rétablissement spontané, juste une meilleure capacité à repousser ses limites et un métabolisme plus rapide. Je m'approchai alors de Chester pour en vérifier soigneusement l'état, toujours sans briser le silence, de crainte d'ameuter des ennemis près de nous. Une fois assuré qu'elle était bien vivante, mon regard s'arrêta sur notre "cocon". Et l'hilarité me prit tout entier.

- Des papillons cherchant la lumière et condamnés à l'Ombre...

Commentai-je, désignant tout à tour la "cosse" et le tunnel sombre, l'unique passage disponible. Au-dessus de nous, la tempête ne semblait pas s'être calmée et mon rire y faisait écho.
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Jahan Shah Farvahar
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Chester du Cheshire
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Mar 18 Aoû - 0:44

Alors que Chester grattait le sol, d'un seul coup, sans qu'elle puisse comprendre quoi que ce soit, l'hybride se retrouva attachée à ce mâle alpha avec les cordages de la tente. Chester n'avait eu qu'un seul réflexe : s'agripper au mâle, nommé Atesh, et sortir toutes ses griffes pour être fixée à ce dernier.

L'hybride n'aimait pas l'inconfort de la situation. Être ainsi collée à un mâle ne l'enchantait pas. Mais elle détestait encore plus quand ils rebondissaient sur le sable, alors que l'hybride était en dessous. Elle préférait quand le mâle était sous elle.

La queue tout ébouriffée par la rage qui l'animait sur le moment, Chester cracha à chaque fois qu'ils rebondissaient sur le sol. Chester leva le regard vers l'homme à qui elle était si intimement attachée. Mais par manque de chance il avait perdu connaissance. Chester tenta bien de planter ses griffes plus profondément en l'homme pour le réveiller. Elle tenta même de lui lécher le visage. Mais rien à faire. Il ne reprenait pas connaissance. Décidément ces mâles ne servaient pas à grand chose.

Chester serra les canines. À chaque rebonds le corps inerte du mâle n'arrangeait pas les choses. Son corps était plus lourd. Mais ils finirent par ne plus rebondir, mais rouler dans le sable sur plusieurs mètres, avant de faire une chute dans une crevasse.

Chester avait la tête qui tournait. Mais l'hybride ne pouvait toujours pas bouger. Chester décrocha ses griffes de la peau basanée de ce mâle qui était, à son grand regret, toujours collé à elle.

- Chester ne veut plus que tu te colles à elle. Chester n'aime pas que les mâles la touchent !

Mais Atesh ne répondait toujours pas. L'hybride tenta bien de couper les cordes avec ses griffes. Mais ce n’était pas un numéro de contorsionniste facile à réaliser, même pour un chat. Mais après un certain temps, Chester était de nouveau libre.

L'hybride fit un bond bien loin d'Atesh, pour s’éloigner du mâle alpha. Chester se posa dans son coin. Brutalement, avec des mouvements frénétiques de la tête, Chester se donna des coups de langue sur les bras pour nettoyer ses poils, et retirer l'odeur de ce mâle qui lui collait aux poils. Mais le sable était partout dans ses poils, ce qui la faisait cracher du sable régulièrement. Ses manches avaient été déchirées pendant les roulades, lui faisant perdre ses couteaux par la même occasion. Heureusement il lui restait ses vraies griffes de chat.

Atesh approcha l'hybride qui eut, pour réflexe, de se mettre à quatre pattes, la queue et les poils des bras ébouriffés.

- Chester n'a pas compris. Si tu ris c'est que ça devait être drôle. Mais Chester n'a pas trouvé ça drôle, du tout.

L'hybride se releva, regardant l'homme. Apparemment il se portait bien pour quelqu'un qui avait perdu connaissance.

- Chester pense qu'on doit avancer. Pendant que Chester se lavait, elle regardait partout et il n'y a qu'une sortie possible.

Chester pointa du doigt le couloir au loin devant. Peut être que Atesh ne pouvait pas voir le couloir un peu plus loin. Mais, par sa nature hybride chat, Chester pouvait voir un peu mieux dans le noir.

- Tu peux marcher ? Chester va aller voir ce qu'il y a de l'autre côté du couloir. A moins que tu veuilles que Chester lèche tes blessures pour les soigner ?

L'hybride avançait à pas des chats, doucement, sur la pointe des orteils. Cette façon de marcher ferait grincer des dents à plus d'une personne. Mais c’était une façon naturelle de marcher pour Chester.

Quand la féline arriva au bord de l'entrée du couloir, plusieurs petites flammes bleutées apparurent tout le long, de chaque côté du couloir.

- Chester n'a rien fait ! Chester n'a touché à rien.


Hrp:
 


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Lun 31 Aoû - 7:16
Ma camarade de jeu de l'instant ne semblait pas goûter à mon sens de l'humour tordu. J'agitai légèrement la main pour chasser mon lamentable bide dans le domaine et tenter de reprendre, tant bien que mal, mon sérieux. Je toussotai ensuite légèrement dans mon poing avant de grimacer plus franchement. L'hybride, presque aussi fraîche que la rosée, ne semblait pas souffrir du moindre mal. Un peu piteux, ma carcasse courbaturée, elle, regagna le sol et, après avoir fouillé mon paquetage, j'entamai un nettoyage scrupuleux de mes différentes plaies ouvertes grâce à une bouteille d'alcool que je ne boirai de toute manière pas. Après mon coup d'œil précédent aux environs, le tunnel obscur m'apparaissait comme la seule solution qui ne nous jetait pas dans les bras de la Mort, cinglés et étouffés par une tempête de sable.

- Je pense aussi que nous devrions avancer. Rester ici ne servira à rien.

A sa proposition d'aide, je relevai le nez vers elle, sourcil hameçonné. Elle venait de parler de lécher ? Durant quelques secondes, je la fixai, incrédule.

- Oh, non, je vais me débrouiller. Je te remercie.

Finis-je par refuser avec politesse et un sourire.

- J'ai presque fini. Nous nous mettrons en route après. Mais avant, il faut que je te mette au courant...

Manche de mon khalat relevée, je désinfectai la lacération de la sangle de cuir, cette attache qui nous permettait d'avoir des provisions et l'espoir de ne pas mourir de faim avant la fin de la tempête.

- Le campement où nous étions avant, ses occupants habitaient probablement ces ruines-là auparavant. Une créature, Smaug un dragon, les a attaqué et fait fuir. Il est probable qu'il soit encore là.

Un temps. Comment pouvais-je faire comprendre à la féline demoiselle la dangerosité sans qu'elle ne me catalogue comme un lâche ? Ou même simplement pour qu'elle comprenne que taquiner cette bête-là signerait son arrêt de mort dans des termes qu'un animal assimilerait aisément ? Saisissant un bandage, je recouvris ma plaie, claquant doucement ma langue contre mon palais, espérant ainsi réfléchir plus vite.

- C'est une grosse proie. Il faudrait être une ... horde bien entraînée pour réussir à le vaincre. Mais, si nous sommes malins, nous pourrions peut-être nous jouer de lui sans risquer de mourir inutilement et pour des présents intéressants.

Le matériel rangé dans mon paquetage, je nouais mes brassards par dessus le bandage et la manche de ma tunique afin d'empêcher le sable d'y pénétrer. Je me relevai ensuite et m'étirai nonchalamment pour remettre en place tout ce que notre folle cavalcade dans le sable avait déplacé. Puis, je dardai à nouveau mon regard sur la chatte, la jaugeant.

- Chester a l'air particulièrement agile et discrète. Nous ne devrions pas avoir de problèmes à nous faufiler au nez à la barbe de Smaug pour récupérer certains objets pour les efrits de tout à l'heure ou peut-être en libérer des prisonniers.

La flattai-je en douceur. Ré-équipé et soigné au minima, je la dévisageai avec un sourire taquin et lui demandai, sur un ton de défi.

- Est-ce que ce jeu t'amuserait ?

En nous approchant du tunnel et unique apparente sortie, des flammèches bleutées s'allumèrent le long du couloir. Si la magie déclenchée n'avait rien de dangereuse, elle me rappelait néanmoins que ce genre d'endroit se truffait de surprises mortelles, magiques ou mécaniques. Même si, en bonne ombre, le manque de luminosité ne me dérangeait pas non plus outre mesure - entre l'habitude et l'essence même de mon don cela s'expliquait facilement -, il me paraissait plus prudent d'examiner le sol et les éventuels bas-reliefs avec plus d'attentions. Que cela soit pièges ou informations, éviter les soucis ou rassembler le moyen de le faire en connaissant les lieux restaient le plus adéquat pour rester en vie. Pour éviter toutefois d'alerter les obligatoires résidents non-ravis d'être taquiner par une soudaine clarté, j'enchantais un des bibelots dans mes cheveux pour me permettre d'y voir comme en plein jour. Une fois certain que nous n'allions pas déclencher une catastrophe soudaine, je m'engageai sur le chemin et soufflai à ma camarade.

-Il faudra être prudent. Les lieux sont sans doute défendus par des gardiens ou la demeure d'autres créatures ravies de se voir servir un repas juteux à domicile.

Désinvolte, je haussai ensuite une épaule.

- Enfin un peu de combat sera amusant aussi.

Vivre une vie de saltimbanque durant un peu plus d'un an n'avait assurément pas amoindri mes réflexes et mes compétences. Toutefois, les batailles menées en-dehors des entraînements et d'éventuelles démonstrations martiales consistaient majoritairement à flanquer la trouille à des petites frappes pensant pouvoir mettre la pâtée à des nomades impunément. Pour ne pas s'attirer les foudres de locaux en appliquant la loi de talion, Misha nous avait ordonné - particulièrement à moi - de jouer avec la nourriture. Enfin techniquement, les mots exacts étaient : "Ne les tuez pas et évitez les armes. En fait, fuyez et cachez-vous, c'est même mieux. Surtout toi, là, je te vois venir avec ton cimeterre et tes dagues... " Obéissant, je m'étais donc contenté de quelques rixes à mains nus et quelques farces avec des dons temporaires forts gênants pour mes victimes. Le frisson d'une vraie empoignade, la ruse et l'astuce à mettre en oeuvre pour faire passer de vie à trépas une cible avec le minimum de risque, de bruits et le plus rapidement possible, ou encore le fracas des armes d'un duel face à un ennemi sans pitié m'avaient cruellement manqué. Cette constatation m'étonna quelque peu : Les sylphes, même non-pacifistes, n'entretenaient pas non plus un instinct particulièrement belliqueux. Peut-être avais-je définitivement trop fréquenté d'humains. Tayeb, en bon fils de son père, m'influençait-il en m'insufflant un goût pour la vindicte ? Ou alors cela venait-il de moi ? L'Ombre avait tué fréquemment pour son maître, mais froidement et sans état d'âme. Libéré de son contrôle, mon appétit pour dévorer toutes les lumières, allégoriques ou plus littérales, avait-il enflé ? Ou cela venait-il de ce passé qui m'échappait encore ?

Un peu perdu, ma "renaissance" datait d'un et demi à peine après tout, j'en oubliai mes hématomes et les tiraillements de mes griffures. Mes bonnes résolutions de sonder magie, sol et paroi aussi s'envolèrent d'ailleurs également. Nous nous enfoncions toujours plus profondément dans l'allée qui s'illuminait au fur et à mesure. Plus concentré, suite à un bruit soudain quelconque - une dizaine de gerboise dérangées et apeurées fuyaient Chester, son odeur féline surtout, en piaillant pour s'entre-alerter - je constatai, enfin, que nous suivions probablement bêtement une des anciennes entrées d'honneur de la cité enfouie. D'ailleurs, à peine dix mètres plus tard, le tunnel s'ouvrait sur une cavité plus large.
Jahan Shah Farvahar
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Mer 2 Sep - 9:14





« Vous ne devriez pas aller par là. »

La voix était basse, chantante, rappelant le crépitement des flammes. Si le feu avait une voix, il aurait probablement cet accent. La créature se trouvait derrière le duo – silhouette éthérée, impalpable, aux couleurs changeantes. Rouge profond, jaune tirant sur l'orangé, teintes de brasier. Tout ce que l'on discernait était la chaleur qui émanait du Djâhrâvan. Et sa voix.

« Je vous ai entendu parler du clan qui vivait ici. De mon clan. » La créature s'avança, en flottant. Sa chaleur empourprait la peau de ses interlocuteurs. « En vous envoyant ici, ils vous ont condamné. Je protégeais ce lieu, mais la magie de ce dragon a supplanté la mienne, je ne puis le contenir, je... »

Au sein de la large cavité où conduisait le couloir, il y eut mouvement. Semblable à celui d'une montagne qui déciderait de se déplacer par elle-même. La dite-montagne brilla, par intermittences, là où les flammes bleutées accrochaient une pièce, un fragment d'or, la rondeur d'un vase précieux. Smaug se tenait là. Heureusement, il tournait le dos aux humains, et n'avait pas perçu la présence. Pour le moment, le dragon se contentait de trouver meilleure position pour mener sa sieste.

Le Djâhrâvan attendit que tout se soit calmé pour reprendre la parole.

« Si vous longez le mur est, vous trouverez un passage étroit. Vous devrez passer l'un après l'autre, en courbant l'échine. Mon clan avait érigé cette sortie en cas de danger, si les voies principales n'étaient pas accessibles. Vous pourrez ainsi repartir. Il y a bien d'autres voies, mais elles vous mèneront plus avant, au sein du palais... »

Le djinn spectre secoua la tête.

« Ce ne serait que folie que vous restiez... »

Pour toute question, rendez-vous dans le debriefing.


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Chester du Cheshire
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Dim 6 Sep - 14:01

Un dragon ? Chester avait déjà entendu parler de ces créatures. Chester avait toujours voulu voir, de ses propres yeux, un dragon. Un grand sourire se dessina sur le visage de l'hybride. A vouloir être prévenant l'homme avait stimulé la nature de chat de Chester.

- Chester n'a pas peur de ne pas être une horde. Chester veut le voir, et Chester verra le dragon. De toute façon Chester peut devenir invisible.

Bien que cela ne serait peut être pas efficace contre un dragon. Chester en avait jamais rencontré après tout. Mais cela ne faisait pas peur à l'hybride. Courage ? Inconscience ? Allez savoir ce qui la qualifiait le mieux dans ces moments là. Surtout que l'homme caressait l'hybride dans le sens du poil avec ses belles paroles. Cela lui donnait encore plus confiance en elle pour aller faire face au dragon.

Alors que l'homme proposait un jeu à Chester, une étrange voix se fit entendre derrière eux. Chester fit un bond sur elle-même, tout en se retournant pour voir la chose qui leur adressait la parole. Chester avait sorti ses griffes, prête à bondir sur cette chose rouge qui leur demandait de partir pour leur propre vie.

Mais que connaissait-il d'eux ? Si ça se trouve Chester pourrait très bien vaincre ce dragon et venger cette chose rouge. A la fin du discours Chester regarda brièvement l'homme qui l’accompagnait. Il avait l'air de réfléchir. Chester prit la parole.

- Chester te remercierait bien pour ton avertissement. Mais tu ne connais pas Chester. Chester n'a pas peur. Même d'un dragon. Certains appellent cela de la folie il paraît. Mais tout le monde est fou en ce monde, même toi la chose rouge.

Chester se tourna vers celui qu'elle considérait comme son petit chaton d’infortune. En le regardant droit dans les yeux.

- Et toi tu penses partir la queue entre les jambes, ou tu vas venir avec Chester voir le dragon ?

Chester alla coller son dos contre le bras de l'homme basané laissant sa queue, recouverte d'un doux pelage, monter jusqu'au visage de l'homme et le caresser sous le nez. Oui elle jouait avec. Mais après tout les chats étaient de nature joueurs.

- Chester a entendu quelque chose bouger de l'autre côté du couloir. Tu n'es pas curieux de voir le dragon toi aussi ? Allez viens avec Chester. Je suis sure que la chose rouge peut confirmer que le dragon n'est pas loin.



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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Mar 15 Sep - 20:54
Devant l'apparition, je m'inclinai respectueusement : Les Djâhrâvan étaient des héros, des anciens du clan se sacrifiant pour le bien commun. Un minimum de considération semblait de mise, même s'il venait d'une tribu différente. Sans l'interrompre, un miracle diraient certains, j'écoutai son explication. Lorsque le dragon s'agita, cherchant paresseusement une meilleure posture pour se vautrer dans le luxe et le sang de son massacre, mon souffle m'échappa, suspendu pour ne pas attirer l'attention de la bête. Mon attention se reporta ensuite sur l'ancien efrit pour lequel je hochai la tête lentement. Néanmoins, malgré ses mises en garde, Chester avait déjà décidé qu'elle irait voir le dragon de près. Comme elle n'écouterait pas un mot de ce que je lui dirai pour l'empêcher de foncer tête baissée, au pire, je pourrais me servir de sa mort violente et sale pour libérer d'éventuels survivants ou récupérer les artéfacts du clan.

- Il semblerait que ma compagne ne résistera pas à la tentation.

Mon sourire s'étira brièvement tandis que je chassai de sous mon nez la queue qui y gesticulait.

- Les survivants de ton clan se sont amassés dans un campement à quelques heures de marche au nord d'ici, plus près des côtes. Peut-être ... reste-il des rescapés terrés dans des salles inaccessibles à la bête ? Ou peut-être des reliques que nous pourrions leur ramener ?

Je marquais un temps.

- Cela te paraîtra peut-être étrange, mais je suis un sylphe comme tu t'en doutes et le Vent nous a amené ici plutôt brutalement. Je ne crois pas à ce genre de hasard. Chester peut apparemment devenir invisible. Et je suis l'Ombre. Nos talents devraient nous permettre de parcourir les couloirs sans être appréhendé.

Peut-être que la présence de la chatte contre mon bras me poussait à l'inconscience ou peut-être était-ce un sorte de devoir gravé dans mes gênes, je présume que je ne le saurai jamais réellement, toutefois je déclarai avec confiance pour le gardien.

- Je t'aiderai du mieux qu'il m'est possible. Mais pour cela, tu dois me dire comment réveiller la magie des lieux contre l'indésirable ou ce que je dois récupérer pour permettre à ton clan de perdurer.

Presque délicatement, ma main se posa sur le crâne de Chester et grattouilla machinalement entre ses oreilles.

- Je ne te laisserai pas t'amuser toute seule. Ceci dit, j'espère que tu es douée pour ne pas faire de bruit non plus, être invisible ne suffira probablement pas à tromper l'ouïe du grand prédateur.

La taquinai-je pour l'exhorter à la prudence.

- Mais il faut aussi que nous aidions la tribu de toute à l'heure : Ils t'ont soigné. Nous devons trouver un moyen de régler ta dette envers eux.
Jahan Shah Farvahar
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Ven 18 Sep - 21:56





Les paroles de l'hybride troublèrent l'esprit, faisant écho à ses propres pensées. Sans le secours du Sylphe, le Djâhrâvan aurait probablement réitéré sa demande. Néanmoins la foi d'Atêsh avait de quoi ébranler le plus fervent des croyants. L'Efrit sentit l'espoir renaître en lui.

« Je suis heureux d'apprendre qu'ils sont tous à l'abri. Me voilà rassuré... »

L'Efrit réfléchit. Lentement, il se rapprocha de l'ouverture menant à la vaste salle où se lovait Smaug. Son index indiqua la partie ouest, plus précisément une porte presque indiscernable, vaguement éclairée par des flammes bleues.

« Nous ne possédons qu'un véritable trésor au sein de ce palais. Vous pourrez y accéder par cette voie. Suivez les flammes, elles vous indiqueront le chemin. Et veillez à ne pas céder à la convoitise. Ces lieux ont su perdre plus d'une âme trop faible. »

Le regard de l'Efrit se fit plus pensif.

« J'ai eu beau cherché, je n'ai senti aucune autre présence hormis celle de ce dragon. Je crains bien que tous ne soient... morts. Prenez garde à vous ! »

Pour toute question, rendez-vous dans le debriefing.


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Chester du Cheshire
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Sam 3 Oct - 23:29


Chester s’était accroupie. Le discours de l'homme rouge l'ennuyait. Il était vrai qu'elle n’était pas forcément réputée pour sa patience. Du coup que fait un chat pour passer le temps ? Dormir, se laver. Chester lava son bras droit là où son habit s’était déchiré plus tôt. Après tout il fallait être propre, sinon Zahnfee l’empêcherait de manger à nouveau si elle la croisait au détour d'un couloir.

Une fois la discussion finie Chester prit le bras de celui qui était vivant pour le tirer en avant.

- Allez viens. Chester veut voir le dragon. Dépêche toi.

Une fois arrivée aux abords de la salle Chester aperçut l'animal, les yeux grands ouverts. C’était la première fois qu'elle voyait une créature aussi grande et aussi imposante. Mais elle ne dégageait rien d'un mâle alpha. Chester ne comprit pas vraiment. Un animal si imposant devrait sûrement dégager cent fois plus que celui qui était à ses côtes. Chester se rappela alors qu'elle devait user de la discrétion.

- Tu sais, Chester adore arracher les yeux avec ses dents. Mais Chester pense pas avoir une bouche assez grande pour les yeux du dragon. Mais Chester veut bien essayer d’être discrète comme tu l'as demandé. Chester te doit bien ça pour avoir amorti sa chute tout à l'heure.

Après avoir dit cela Chester devint totalement invisible, ou presque. Son sourire était toujours là : sa petite marque de fabrique personnelle. Bien que Chester marchait sur le pointe des pieds, Atesh pouvait suivre la progression de l'hybride grâce à l'or qui bougeait sous ses pattes.

Mais alors que Chester passait non loin de la tête du dragon l’œil s’ouvrit brusquement. Bien qu'invisible Chester resta figée devant cet œil. Par peur ? Non. Chester était assez folle pour ignorer ce qu’était la peur.

Mais plutôt par fascination devant un tel œil. Si elle pouvait l'arracher elle pourrait jouer avec comme avec une pelote de laine. Chester était obnubilée par cet œil. Chester pensait qu'à la place de ses dents elle pourrait peut-être l’arracher avec les griffes, pour une fois. Et l'hybride, qui était attirée inlassablement vers cette pupille, avait, sans faire gaffe, désactivé son pouvoir. Elle était redevenue visible, tendant les bras vers cet œil gigantesque, toutes griffes dehors.

- Chester veut jouer avec ça. Chester te veut.



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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Sam 10 Oct - 15:03
Si seulement nous avions disposé de plus de temps, qu'un dragon ne campait pas, littéralement, dans la salle d'à-côté, nous aurions pû apprendre tant auprès du Djâhrâvan. Enfin, j'aurais pû apprendre. Je me doutais vaguement que ma féline compagne n'avait pas la concentration nécessaire ou même l'intérêt pour dévoiler les mystères des lieux, l'histoire du clan ou même un peu de magie. Un peu dépité de devoir couper court, je portai mon regard vers la porte illuminée de flammes bleutées. Je hochai la tête pour mon interlocuteur. Lui présenter mes condoléances pour la perte des êtres qui constituaient sa lignée, son héritage, son propre sang ne lui apporterait aucun réconfort : Il savait qu'ils restaient des survivants, que son clan perdurerait, cela constituait sans doute le seul baume qui apaiserait son âme. Tandis que Chester, impatiente, tirait sur mon bras, je portai mon poing droit à mon coeur et m'inclinai révérencieux. "Merci" soufflai-je déjà emporté dans le sillage de la chatte.

Sur le perron de la salle suivante, nous observions les écailles se moirer au sein des trésors rassemblés. L'éclat de l'or flamboyait à mes yeux bien moins que la noirceur brillante de la peau de Smaug. Une sorte de fascination malsaine, un écho du passé d'un certain serpent, s'empara de moi. Silencieux, l'environnement se dilua un temps autour de moi, brume que je chassai d'un mouvement agacé de la main. Chester déblatérait, je crois, au sujet des yeux qu'elle prélevait sur ses victimes. Pour toute réponse, mes épaules se haussèrent machinalement. Un spectre s'évanouirait sans doute à la vue des richesses amassées par le Grand Ver mais mon entière convoitise convergeait vers une unique pensée : Smaug. Je voulais être aussi puissant. Je voulais être un dragon.

Enfantine et stupide idée. Pourtant si mes entrailles se serraient, ce n'était pas d'appréhension. Imaginez seulement les bénéfices de pouvoir revêtir une forme aussi formidable, d'écraser les Ottomans, les ennemis du clan avec toute cette hargne furieuse : Avec une telle Ombre dangereuse planant sur leurs têtes, les adversaires des miens n'oseraient plus jamais poser la main sur un djinn. Les considérations pragmatiques de magie à déployer ou même la taxe qu'une telle transformation prélèverait sur mon esprit en m'entraînant plus en avant sur le sentier de la folie n'entraient pas en ligne de compte. Quant à la mégalomanie dont je faisais preuve à simplement imaginer pouvoir mettre à exécution la saugrenue pensée, elle ne m'effleura qu'à peine sur l'instant. Non, pour l'heure, je songeais surtout à tout ce que je pourrais dévorer et déchirer avec de si grands crocs. Peut-être qu'avec des ailes aussi fortes, je pourrais atteindre le Soleil, m'en repaître et... prendre sa place.

Le funambule perdait clairement pied. La tête me tournait autant que mon estomac grondait. Mon coeur tambourinait avec force dans ma poitrine, bien plus encore que lorsqu'Abigale caressait mes cheveux lorsque je m'endormais contre son sein blanc.

Puis, je vis. Mon souffle se suspendit. Mes yeux écarquillèrent.

Chester, toutes griffes dehors, parfaitement visible s'avançait vers l'oeil de la bête titanesque. Malgré la distance, j'entendis distinctement ses propos. Alors, tout fantasme draconien chassé - temporairement -, l'ultime geste de dépit ne put être retenu : Ma main, avec une lenteur désabusée, défroissa mes sourcils froncés et mon air dépité. Une misogynie soudaine me frappa de plein fouet et, entre mes lèvres, je formulais distinctement :

- Putain de bonnes femmes, elles deviennent toutes dingues pour des bijoux. Pire encore, une femme-chat, est-ce que j'ai offensé un connard de dieu pour qu'il décide autant de m'emmerder ?!

Pestant à tout va, jurant comme rarement, Ombre pourtant je devins. Je filai aussi rapidement que possible, forme ténébreuse parmi la pénombre de la salle vertigineuse. Même ainsi intangible et pressé par le temps, les flancs de l'animal dégageait toujours cette chaleur et ce pouvoir qui me rendait sirupeux, presque ivre. Nul doute qu'au sein d'un dragon se nichait une forme de magie sauvage et indomptée qui expliquait, en partie, le vertige qu'un djinn longtemps coupé de ce type d'énergie ressentait. Dénué de raison, je capturai mi-ombre/mi-djinn fermement Chester. Des bras, couvert d'hématomes et griffures, je crochetai les siens le long de son corps. Croisé sur son étroite poitrine, une main remontait vers sa bouche pour la recouvrir et l'empêcher de crier. Brutalement, mon torse accueillit son dos, coupant brièvement ma respiration, ou peut-être était-ce l'oeil qu'elle convoitait. Ce regard en fusion nous dévisageait jusqu'à l'os.

Au lieu de l'emporter au loin tout de suite comme il aurait été sensé de le faire, je restai hypnotisé, prunelles d'or plongées dans les siennes. Comme un crétin enamouré. Mon coeur menaçait de rompre. Heureusement, la furie qui n'appréciait pas qu'on la touche - selon ses propres mots - , ruait dans mon étreinte et ses griffes ne tardèrent pas à fourrager à nouveau mes chairs. De retour à un peu de bon sens, d'une impulsion, j'entraînais Chester sans ménagement vers le tunnel indiqué par le Djâhrâvan. Sans m'arrêter, frappant peut-être sans douceur la demoiselle pour qu'elle veuille bien tenir son rôle de péronnelle en détresse, je courus jusqu'au premier renfoncement dans le couloir, l'alcôve d'une statue tenant une flamme bleutée entre ses mains. J'y jetai Chester.

- Assis.

Tonnai-je avec autorité. Je plaquai mes mains de chaque coté de notre cache et appelai ma magie pour l'enchanter, un don pour éloigner le feu. Si le dragon crachait ses flammes dans un tunnel... peu importait que la furie ne se jette sur mon dos pour me lacérer, je préférai nettement ça à finir cramer.
Jahan Shah Farvahar
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Mar 13 Oct - 11:25





Aussi rapide soit le djinn, il avait commis l'erreur de rester figé, durant un temps, dans le champ de vision du dragon. A l'image de sa comparse hybride qui avait même tenté – outrage ! - de la toucher. Elle, Smaug, la dragonne, dernier représentante de son espèce ! (Du moins c'était ce dont elle était persuadée) Le gigantesque reptile leva la tête, avança de quelques pas pesants au plus près du tunnel où s'étaient réfugiés les deux créatures. Smaug parla d'une voix basse, faisant songer au grondement annonciateur d'un orage.

« Vous. Vermisseaux. Que venez-vous faire en ces lieux ? »

Ses narines palpitèrent tandis qu'elle humait l'air. Son œil se fixa sur Atêsh, inquisiteur.

« Toi. Tu es un djinn. Mais tu ne sens pas comme ceux qui vivaient ici. Tu n'es pas lié par le sang aux anciens habitants de ce palais. Viendrais-tu me voler ? »

La perspective amusa tant la dragonne qu'elle en rit. Son souffle agita les habits d'Atêsh et de Chester.

« Serais-tu un lâche pour te cacher derrière un sort ? Ou quelqu'un de prudent ? Je perçois une magie puissante en toi et ta... compagne. Nous pourrions conclure un marché juteux. Ce palais renferme nombre de trésors. Certains m'échappent car je suis bien trop... imposante pour m'en saisir. Ramenez-moi un de ces trésors et je pourrais combler un de vos vœux. »

La dragonne colla presque son profil contre l'entrée du tunnel, son œil s'ouvrant grand.

« J'ai lu la convoitise dans vos yeux. »


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Chester du Cheshire
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Mer 14 Oct - 1:17


Chester avait été saisie, d'un coup, sans comprendre ce qu'il se passait. Mais l'hybride comprit, relativement vite, quand elle fut « attachée» à nouveau à ce mâle. Mais de ce qu'elle comprit, cette fois c’était volontaire. Chester n'aimait pas être secouée sans raison.

L'hybride tenta de se débattre remuant bras et jambes. Cet abrutie mettait sa main sur la truffe de la chatte. N'avait-il jamais croisé un chat pour faire ça ? Chester était réputée pour avoir un sourire difforme. Mais elle était aussi connue pour avoir une grande bouche. Et elle allait lui faire comprendre. Chester ouvrit, le plus grand possible, sa bouche et mordit la main de l'homme, de toute la puissance de sa mâchoire.

Chester fut violemment jetée contre le sol.

Assis.

Chester eut un arrêt d'une seconde. Qui était ce mâle en chaleur pour lui parler ainsi ? Chester disparut, ne laissant même pas son sourire comme indice de sa présence. Elle ré-apparut devant l'homme, le visage haineux, griffes sorties au bord de la gorge de l'homme basané. Elle lui adressa la parole sur un ton méprisant.

- Pour qui te prends-tu pour parler à Chester comme ça ? Chester n'est pas ton putain de chien. Chester n'a aucune raison de t’obéir. Si tu tiens à tes yeux ne parle plus jamais à Chester comme si elle était ton chien. Chester te conseille de ne pas la confondre avec ces stupides canidés.

Chester était à deux doigts de planter ses griffes dans le visage du djinn. Mais elle fut interrompue par le dragon qui leur parla.

- Chester n'est pas la femelle de ce mâle. Chester préfère les femelles aux mâles ! Et Chester aime les yeux de la femelle que tu es !

Chester regarda Atesh. C’était un mâle. Et Chester commençait à douter de la confiance qu'elle pouvait lui accorder.

- Chester a un trésor. C'est le trésor de Chester. Si tu veux devenir l'ami de Chester, Chester veux bien te le donner. C'est là tout ce que veux Chester de la belle femelle que tu es.

Chester se tourna à nouveau vers le djinn murmurant à ce dernier que, si la dragonne devenait folle furieuse, elle pourrait devenir invisible. Il n'aurait qu'à suivre le sourire flottant. Comme pour prouver sa bonne foi à la dragonne, Chester s’avança et sortit du passage, se retrouvant face à face avec la dragonne.

- Alors veux-tu devenir l'amie de Chester et la laisser, elle et le mâle qui l’accompagne, aller de l'autre côté du couloir ? Si tu acceptes Chester viendra te voir souvent pour tes jolis yeux et te parler.


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Mer 14 Oct - 14:11
Se prendre pour quelqu'un ? Mais pas besoin ! Aspirer à plus haute position ou plus de pouvoir motivait à vivre pleinement. Pour s'opposer à une chatte, une hybride, être un jeune sylphe suffisait. La mains en sang, en raison de la morsure, ne bougea pas du mur de l'alcôve que j'enchantai pour subir l'assaut des flammes d'un dragon. Pas même lorsque Chester réapparut toutes griffes dehors, menaçant ma gorge. Aucune panique. Aucune terreur. Regard blasé, un soupir excédé m'échappa. Pourquoi me prenait-je autant la tête pour sauver cette fichue femelle ? Le fil vacilla. Menaçante, tout à fait convaincante pour la majorité des gens, Chester récolta un éclat de rire silencieux. Le funambule oublia momentanément tout le danger de la situation pour laisser l'hilarité sarcastique secouer mes épaules. Je décollai mes mains de la paroi, cessant d'ériger la barrière pour me fendre d'une révérence arabesque. Oh, bien sûr, je ne manquais pas au passage de copieusement m'empaler sur les griffes. Enfin d'empaler "l'Ombre" sur ses griffes. Je me redressai ensuite et scrutai un instant le liquide carmin couler le long de mon poignet. Félin, à mon tour, j'entrepris de cueillir mon propre sang et nettoyer ma peau du bout de la langue, singeant à demi les gestes entrepris par Chester en présence du Djâhrâvan tout à l'heure. Je ne formulai aucune autre réponse au coup de colère. Se défendre ? Je n'étais coupable de rien. S'insurger ? Sa pseudo-supériorité qu'elle s'efforçait de m'écraser en plein visage ne souffrirait d'aucune justification, même les plus sensées. Me réclamer de quinze titres différents pour asseoir mon autorité ? Comme le disait l'autre, agiter un statut sous le nez des gens est la preuve que celui-ci n'est pas mérité.

La plaie nettoyée, je m'étonnai à présent que le dragon choisisse de parler au lieu de nous rôtir sur place. Brièvement, je songeai avec appétit à un festin débordant de Chester farci. Les poils me resteraient sur l'estomac me ravisai-je. Sans doute aurai-je dû être plus attentif. Prudent. Vexé même que le Grand Ver me traite de lâche. Apeuré, comme toutes personnes sensées et logiques devant une créature ayant mis en déroute un clan entier. Même la convoitise précédente, celle de faire mienne la puissance d'un dragon, s'était fissurée au profit d'une désinvolte et malicieuse ombre. Le funambule tâtonnait en vain pour reprendre son équilibre.

- Je ne suis pas lâche non, juste logique, ma Dame : je n'aime pas être rôti. C'est très désagréable m'a confié un poulet bavard. Ou alors c'était un humain... je les confonds toujours dans la pénombre.

Badinai-je en prenant place, un peu en retrait de Chester que je laissai en vedette au premier rang - parfait bouclier humain -. Probablement que la chatte prendrait ombrage si elle n'attirait pas toute la lumière sur elle. Appuyé avec une apparente nonchalance contre le mur, j'observai l'échange. Brièvement, j'hésitai encore à grattouiller entre les oreilles de la pénible pour clore la "dispute" en lui assurant que non, je ne la prenais pas pour un chien, mais que mon instinct m'avait poussé à vouloir la protéger. Stupide. Stupide. Stupide idée. Heureusement, la présence de Smaug et de ses écailles lustrées sur lesquelles jouaient les flammes bleutées empêchèrent la réalisation du projet.

- Tous vos pouvoirs et impossible de vous changer en bipède au bon format pour parcourir les couloirs de votre nouvelle demeure ?

Interrogeai-je le sourire torve. Mon index poussait doucement une bague sur ma main mordue. Portée à mes lèvres, j'y suçotai le sang dissimulé et j'y insufflai de la magie. Peu m'importait que la dragonne ne s'en offusque. Djinn, la magie constituait la majeure partie de mon être. Autant demander à Chester d'arrêter d'être capricieuse. Je relevai le nez vers Smaug, dardant mes prunelles solaires dans le magma en fusion.

- Ce n'est pas que je ne veuille pas vous aider, ma Dame. Mais si vous pouvez pas devenir humaine, vous ne détenez rien que je ne convoite.

Agacé par la douleur, je maugréai vers "ma compagne".

- Ça pique. Ce n'était pas très aimable, Chester. Je voulais simplement t'éviter de finir en brochette. Mais je te prie de m'excuser, j'ai réagi par instinct et ai oublié un instant que tu étais à même de te défendre seule.

Après si le suicide faisait partie de ses plans de vie, je ne pouvais guère l'en empêcher. Chute, griffures, morsures, ma carcasse payait pour l'instant le prix de mon altruisme et, enfin, j'avais enregistré la leçon. Avec une petite grimace, je croisais les bras, toisant le reptile avec une confiance inébranlable.

- Vous pourriez demander à Chester seulement, plus... volontaire, de vous aider, mais elle n'a pas la capacité à utiliser la magie contrairement à moi. La plupart des mécanismes lui résisteront et vous n'aurez jamais d'autres trésors. Vous pourriez aussi me tuer là, maintenant, mais vous n'auriez rien de plus. Les précédents habitants des lieux avertissent et écartent les voyageurs, vous n'aurez pas de visite pour accomplir la besogne avant un certain temps. Non, il faut définitivement que nous soyons, tous les deux, elle et moi.

Penchant la tête de coté, mon sourire s'élargit brièvement avant que je ne reprenne sur un ton de conspirateur.

- Présumons que, collant au cliché sylphe, j'ai l'allégeance volage et aussi fluctuante que les vents. Que pourriez-vous m'offrir pour tourner le dos à d'autres djinns ?

J'accentuais le "présumons" de manière à sous-entendre distinctement que j'étais effectivement tout à fait du genre à changer de camp sur un coup de tête. Honnêtement, le fait se révélait même exact en temps normal. Quand cela ne concernait ni la Perse, ni les djinns, ni la magie ou mon clan. Autrement dit... presque tout le temps. N'entrons pas en détails dans les faits que je ne considérai pas la dragonne comme propriétaire des lieux et que, par conséquent, je ne pouvais la voler. Ni que je considérai que tout ce que l'air, la nuit ou l'ombre touche m'appartenait par défaut. Cela emberlificoterait un mensonge impossible à vendre. Suivant la base "pour mentir correctement, dis la vérité", je n'ajoutais rien. J'espérai seulement secrètement que le djâhrâvan nous avait assez bien cerné, moi et mon sincérité passée, tout à l'heure, pour comprendre ma manœuvre. Avouerai-je aussi que la curiosité n'avait rien de feinte alors que j'attendais la réponse ?
Jahan Shah Farvahar
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Jeu 15 Oct - 14:49





Smaug releva la tête à défaut de pouvoir hausser un sourcil. L'hybride faisait preuve d'une absence totale d'instinct de survie assez impressionnante. La dragonne plissa les yeux, cherchant à voir si la créature tenait quoi que ce soit entre ses pattes.

« Je ne vois nulle trésor sur toi. Ou le cacherais-tu sous ce manteau loqueteux ? Dis m'en plus. »

L'hybride sortit des poches internes de son manteau un chat mécanique. La créature assura, qu'au sein des entrailles de la création, existaient des rouages en or. Smaug demeura sceptique, ses babines se retroussant pour dévoiler ses dents.

« Si jamais tu me mens, prends garde. Je saurais te retrouver pour punir ton charlatanisme. »

Laissant l'hybride déposer son offrande en gage de « premier versement », la dragonne se tourna vers le djinn. Il babillait autant que ses pairs – au moins savait-il défendre chèrement sa peau. Smaug grogna sourdement quand le djinn se permit de se moquer de ses pouvoirs.

« Ne sois pas trop présomptueux. Même si tu peux te protéger de mes flammes, tu ne pourras pas te protéger de mes griffes. D'un éboulement malencontreux. »

La queue de Smaug frappa la montagne d'or et de pierreries.

« Un marché ? J'aime les marchés. Tu es le Vent, moi le Feu. Aimerais-tu te rapprocher de ton élément ? Approcher les nuées ? Je possède, au sein de mon nid, un objet que les tiens nomment « tapis volant ». Te plairais-t-il de l'avoir ? Contente-moi et ce bien sera tien. »

Citation :
Si vous le souhaitez on peut discuter hors-rp du fameux trésor que veut Smaug et des détails pour que vous puissiez avancer dans vos posts !


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Chester du Cheshire
Le chat du Cheshire
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Dim 25 Oct - 17:45
Chester n'avait pas totalement menti. Oui cet objet était un trésor pour elle. Mais non il n'y avait pas d'or dedans. Enfin c'est ce qu'elle pensait. Elle ne l'avait jamais démonté après tout. Même si la dragonne pouvait sentir l'or, avec tout l'or qu'il y avait ici elle ne pourrait pas vraiment faire la différence. Si la dragonne le casser pour vérifier, elle pourrait dire qu'elle avait brisé les petits rouages en or.

- On doit te ramener quelque chose d'autre ? Chester a déjà donné un trésor. Mais Chester veut bien aider le mâle à ramener son trésor.

L'hybride tapota la griffe de la dragonne comme un signe amical, et fit demi tour pour retourner là où son compagnon était. Elle le dépassa, avançant dans le couloir jusqu’à sa sortie pour arriver dans la salle où la dragonne avait dit que l'objet de ses désirs était entreposé.

- Tu viens ? Chester est déjà sur place. Chester t'attend !

L'hybride attendit sur place, observant la salle et regardant dans les moindres détails pour voir si quelque chose lui tapait dans l’œil. Une fois qu'Atesh l'avait rejoint la franchise de Chester reprit le dessus.

- Chester comprend pas que tu n'as pas demandé à la dragonne de partir des lieux comme souhait. Tu aurais libéré le lieu de Smaug et le machin rouge aurait été content, non ?

Citation :
Désolé c'est court. J'ai eu un peu de mal sur ce tour.


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Lun 28 Déc - 18:15
- Non, je ne veux pas d'un tapis volant.

Pas comme ça, pas au détriment des autres. Comment voulez-vous vous envoler le cœur léger pour parcourir les cieux si le poids de la culpabilité vous leste à la terre ? Lentement, je nouai les mains dans le bas de mon dos et toisai le dragon pendant une minute.

- L'avidité oui, mais pas d'or. Offre-moi pouvoir ou savoir.


Entraîné par l'impétueuse chatte, je n'eus guère le temps de continuer la négociation plus en avant. Toutefois, je m'arrêtais une fois plus enfoncé dans les couloirs du palais pour discuter quelques instants avec le Djâhrâvan une ultime fois. A force de le cuisiner de questions, je réussis à découvrir que l'artéfact était intimement lié à l'histoire de son clan et baignait dans un sanctuaire magique, dans une source de magie pure préservée de toute souillure. Il nous avait mis en garde sur la convoitise et la dragonne désirait absolument un objet, sans avoir précisé lequel exactement. Peut-être réussirais-je à conjuguer les deux ? En tous les cas, je comptais bien tenter !

La capricieuse Chester n'entretenait pas une patience importante. Aussi, après quelques minutes à peine d'interrogatoire, elle m'alpaguait déjà à l'orée de la pièce sanctuaire. Nous avions franchi une série obstacles bien vite déjoués et descendu une centaine de mètres plus profondément encore. Nous n'entendions plus la tempête grondée au dessus de nos têtes, bien que j'étais certain que sa puissance n'avait pas décrue une seule seconde. En pressant le pas, je rejoignis la féline demoiselle et examinai la pièce d'un premier regard circulaire. Du sol au plafond, des tas d'or et d'objets précieux, des lanternes magiques ou non, des tablettes gravées et toujours ce sentier bordé de flammes bleues. J'aimais comme tout un chacun les choses brillantes mais nous n'étions pas là pour piller sans réflexion. D'autant plus que le trésor leurrait sans doute l'avide et le curieux pour mieux abattre sur lui l'ire des efrits.

A la réflexion de Chester, je lui coulais un regard en coin presque blasé. Il me fallut, après ses griffures et morsures, rassembler toute ma meilleure volonté pour ne pas simplement la snober.

- Smaug aime l'or plus que n'importe quoi, elle ne partirait pas d'une antre dont l'or constituait un accueillant matelas simplement parce qu'une hybride et un djinn, aussi puissants puissent-ils être, le lui demandent.


Un soupir.

- Ceci dit, si tu la sous-estimes, je la surestime peut-être.

Concédai-je. Réajustant les sangles de mon paquetage, j'en profitai pour arrimer divers objets sur ma tenue pour me tenir prêt en cas de besoin. Je me penchai sur le sol dallé dont j'examinai soigneusement les motifs variés usés par les âges. Après quelques minutes, je finis par reconnaître une écriture ancienne des environs. Bien que le sens précis m'échappait partiellement, je n'avais pas été des plus assidus à suivre les leçons sur les textes anciens de cette partie-là des terres ottomanes jamais intégrés à l'un ou l'autre Empire Perse par respect pour un antique clan efrit me rappelai-je à présent. Probablement que le clan en fuite rassemblait leurs descendants. D'une main, je frottai longuement mon menton imberbe et jetai un coup d'oeil à l'hybride.

- Il faut marcher sur les bonnes dalles et il y a un avertissement que le passage est impraticable pour qui n'est pas "d'origine magique" si je résume grossièrement.

Je considérai un moment les colonnades de chaque coté du chemin et les flammes bleutées.

- On ne peut pas voler sinon un piège se déclenchera. Grossièrement, nous n'avons pas vraiment le choix. J'imagine que c'est surtout pour ça que la dragonne avait potentiellement besoin de nous. Outre le fait que l'ouverture ne la laisserait jamais passer.

Suivant l'injonction sur le seuil du couloir, j'avançais en nichant mes pieds sur les cases "comme le feu". Certains espacements demandèrent un peu d'acrobaties, d'autres de la minutie dans la traduction, mais nous furent bientôt devant un large bassin de ce que je pris de prime abord pour une placide étendue d'eau pure, une source de magie étincelante. L'Ether saturait l'air environnant, me tournant presque la tête. Titubant sur quelques mètres, il fallut que je prenne une large inspiration pour que la chaleur ne s'engouffre dans mes poumons. Brûlante et dévorante, mes poumons s'asséchaient. La profusion de magie cachait l'illusion à la perfection. Sans cette bouffée d'air, je n'aurais pas reconnu le souffre ni même l'odeur âcre d'un feu liquide. D'une main ferme, j'arrêtai Chester qui ne tarderait pas à reconnaitre à son tour l'odeur.

- Pas de l'eau.


L'informai-je tout de même.

- Une idée de comment franchir ça ?
Jahan Shah Farvahar
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Chester du Cheshire
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Jeu 21 Jan - 19:45

HRP:
 

Chester avait suivi ce mâle. Mais alors que ce dernier marchait que sur certaines pierres, pour ne pas déclencher de piège, Chester attendit que ce dernier finisse de traverser pour prendre de l'élan et courir à quatre pattes, sautant de toute son agilité, sans dépasser la taille d'un humain dans la hauteur de son saut, pour atterrir de l'autre côté sur ses quatre pattes, comme si elle venait de faire quelque chose de tout à fait normal.

Quand il arriva près de l'étendue de ce que Chester perçut comme de l'eau, cette dernière émit un petit feulement. Elle espérait vraiment ne pas devoir aller dans cette eau. De toute façon rien, ni personne, ne l'obligerait à aller dans de l'eau qu'elle que soit cette eau.

Une idée de comment franchir ça ?

Chester venait de se souvenir de quelque chose qu'elle avait reçu des Indiens il y a longtemps. Comment elle était passée des paroles du mâle à cette pensée ? Probablement par une suite illogique de pensées.

- Tu vas voir. Chester va trouver. Et sans que Chester se mouille.

Chester sortit, de sous sa veste, une longue pipe et une dose d'herbe. On lui avait dit qu'elle pourrait voir le passé ou l'avenir avec ça. L'hybride alluma la pipe. Les yeux de la chatte se dilatèrent. Elle ne percevait plus rien autour d'elle, comme si elle était partie dans un autre monde. Dans son esprit apparut un chat mauve qui lui indiquait le chemin. Un chat qui jouait avec sa tête. Comment Chester pouvait refuser une telle invitation ?

Chester vit une scène se jouer au loin. Elle se voyait, elle, et l'autre mâle devant la magnifique Smaug, lui remettant un objet sphérique en or. Puis brutalement Chester fut ramenée à la réalité. Elle comprit que c'était presque comme la fois où ce peuple indien l'avait fait voyager spirituellement.

L'hybride regarda partout autour d'elle et ne vit pas ce qu'elle cherchait.

- Chester cherche une chose sphérique en or.

Mais ne voyant rien et n'étant pas forcément patiente, l'hybride rajouta une dose d'herbe et cette fois elle vit un lapin blanc. Par instinct elle lui courut après pour le chasser. Mais elle sauta dans le terrier de ce dernier où elle tomba dans le vide, alors qu'autour d'elle se jouait une nouvelle scène où elle n'était que spectatrice.

Un sorcier avec un objet sphérique, qu'il avait sûrement volé, était à bout de souffle comme s'il était poursuivi par quelque chose. L'homme avait l'air paniqué. Dans ce que Chester interpréta comme un mouvement désespéré, le sorcier plongea la main dans l'étendue d'eau devant laquelle, elle et le mâle, s'étaient stoppés.

Mais le sorcier sortit brutalement sa main de l'eau et commença à hurler. Il hurlait de douleur, une douleur qui paraissait insoutenable, au point où l'homme se mit à courir la tête la première dans un mur, pour faire tomber quelques rochers, plus haut, sur l'homme qui en mourut sur le coup.

Chester revint à elle, mais elle était sur les fesses. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre totalement ses esprits. Mais, sans perdre le nord, elle regarda autour d'elle et vit l'endroit où les pierres avaient tuées le sorcier dans le passé.

- Chester sait ce que veut Smaug. Chester l'a vu grâce à l'herbe à chat magique.

Chester se leva, manquant de tomber une première fois. Mais son agilité féline l'empêcha de finir de nouveau sur les fesses. L'hybride se mit de nouveau à courir en direction de ce qu'elle voulait récupérer. Et grimpa sur le tas de boue et de roche, en déblayant en surface ce qu'elle pouvait jusqu'à voir l'objet sphérique d'or.

Chester le tendit en l'air pour montrer sa trouvaille.

- Chester l'a trouvé. Chester a trouvé ce que Smaug voulait. Smaug sera fière de Chester.

L'hybride regarda le mâle qui était avec elle. Lui montrant de là où elle était l'objet, mais le gardant précieusement entre ses griffes

- On peut retourner voir Smaug, Chester est sûre que c'est ce que Smaug veut. Chester l'a vu grâce à la pipe magique !


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Lun 15 Fév - 19:18
Avec un air vaguement blasé, j'observai l'avancée imprudente de la chatte. Par une sorte de miracle, elle ne déclencha aucun piège en sautant ce qui dégoûta férocement le saltimbanque que j'étais, capable également de quelques acrobaties aériennes. En fait, dans cette supposée normalité du geste, je ressentais une velléité latente de domination de la part de ma camarade. Naturellement, une main défroissa lentement mon visage. Pas le temps de s'embarrasser de ce genre de détail ! A ma question, elle s'agita en tout sens, sortant des instruments et des herbes sans que je n'en comprenne l'exacte raison et commença à fumer.

Haussant une épaule tandis qu'elle sombrait dans une sorte de transe, je me mis en tête de cartographier sommairement les lieux pour tenter de découvrir le fameux trésor. Détourner les yeux de l'eau-de-feu, littéralement, me réclama un certain effort, tout fasciné que j'étais de cette étrange surface de liquide mouvant. Toutefois, lorsque j'aperçus les murs recouverts de rayonnages variés, mon coeur manqua un battement : une bibliothèque ! Des tablettes de terres cuites, des papyrus ou encore de plaques métalliques gravées, l'histoire et le savoir réunis ici remontaient sans doute à plusieurs siècles au moins, à l'âge d'or de la tribu ayant construit ce palais. Néanmoins, je constatais avec peine que la majorité de ce trésor inestimable était brisé ou effacé par le temps et la parte de puissance des djinns résidents ici. D'autres tablettes, les plus anciennes, échappaient simplement parfaitement à ma compréhension et je ne pouvais, même soutenu par la magie, pas en déchiffrer un traître mot. Que n'aurais-je pas donner pour avoir quelques années de plus, afin d'avoir pu apprendre des langues plus anciennes encore, ou quelques années devant moi à consacrer à cette unique tâche que j'en aurais délaissé mes errances pour réussir à en comprendre la moindre bribe disponible.

Doux fantasme que celui-ci ! Peut-être ma vie aurait-elle été toute autre si j'avais été élevé par le clan et non dans l'ombre d'un prince ottoman. Peut-être aurais-je pu alors... non. Rien ne servait d'imaginer ces sentiers impossibles. Aucune magie ne pouvait remonter le temps et effacer le passé, se torturer avec des possibilités mortes-nées ne contribuaient qu'à accoucher de sombres desseins. Lentement, ma main quitta la tablette que j'époussetais de sa poussière et je me redressai. Du regard, j'examinai une nouvelle fois les lieux : les torches de feux bleus crépitaient encore au mur. Le Djâhrâvan avait mentionné que ces feux nous guideraient. Avec précaution, je délogeai une des torche de son support et y infusa ma propre magie. "Que son halo révèle ce que le Djâhrâvan désire que je transmette à son clan" souhaitai-je mentalement en modelant mon sortilège. Aux flammes bleus se mêlèrent alors les nuances d'or et d'ombre de ma propre magie. Aussi, pourrais-je découvrir plus aisément ce que je recherchais et ne risquais pas de courroucer le maître des lieux, le vrai et pas la dragonne quoiqu'elle en dise, en dérobant ce qui ne devait pas quitter le sanctuaire.

Lorsque Chester affirma chercher un objet sphérique d'or, une épaule haussé y répondit. La folie ne me gagnait pas au point de m'imaginer me soustraire à ma mission auprès de Smaug, le reste m'intéressait seulement bien plus. Oui, l'idée enfantine d'apprendre d'elle à pouvoir me transformer moi-même en dragon avait moins de savoir que l'Hisoire enfouie dans les déserts. Armée mon détecteur lumineux, je parcourus une nouvelle fois les rayonnages tandis que l'hybride reprenait une seconde bouffée de son herbe à chat magique. Quelques minutes suffirent à ce que mes sens et la torche ne m'indiquent un volumen encore intact. Torche à nouveau fixée au mur, je déroulai avec précaution le vélin pour le parcourir des yeux. Un sourire s'esquissa alors sur mon visage tandis que je l'enrouais à nouveau, avant de le nicher dans une étoffe que j'enchantais afin de préserver ce parchemin millénaire des altérations soudaines de température et d'humidité. Autrement dit, pour éviter que Smaug ne tente de le cramer tout autant que pour éviter que le changement de lieux n'effritent l'objet millénaire.

Debout sur un tas de pierres et de boue, Chester me héla. Entre ses griffes, elle tenait sa fameuse sphère d'or. M'approchant de l'hybride, tout prompt qu'étaient les sylphes à dérober l'objet selon les rumeurs, je me contentais de lui tourner autour sans toucher à son trésor mais pour l'analyser assez longuement. Non, il n'était pas magique. Il valait sans doute une fortune pour les humains et les dragons, estimais-je malgré mon incompréhension total de ce genre de broutilles matérialistes. Il ressemblait à un oeuf de dragon miniature qu'on aurait coulé dans de l'or me figurai-je. Joli. Brillant. Agréable à regarder. Antique. Rien d'autres. J'opinai du chef. Smaug aurait son trésor sans que je n'en ressente beaucoup de regrets : Mon trésor à moi valait bien pus que tout l'or du monde.

Inspection faite, je rebroussai déjà le chemin, prenant garde à emprunter le sens inverse parfait pour que les lieux restent préserver des intrus futurs. Avant de quitter la grande salle et d'emprunter les autres couloirs, soucieux d'éviter à la féline demoiselle un nouveau malaise par manque d'habitude du climat, je sortis mon outre et m'y abreuvais avant de la lui présenter. De l'eau, rien que de l'eau, qu'elle reniflerait sans doute par crainte que je ne tente de la duper.

- Bois quelques gorgées. Pas trop vite, il faut économiser l'eau pour regagner la civilisation ensuite.

Ordonnais-je à demi.

- Je n'ai aucune idée à quoi peut bien servir cette sorte d'oeuf, hormis de cadeau pour Smaug.

Avouai-je alors.

- Amenons-la lui en espérant que cela la satisfasse. Puis, partons si la tempête s'est enfin apaisée.

Du volumen soigneusement préservé dans ma sacoche, je ne pipai mot. Cela ne la concernait et le n'intéressserait au final nullement suspectai-je, toute omnubilée qu'elle était par la dragonne aux yeux en fusion.

- Je t'emmènerai à un port aérien pour que tu puisses quitter l'Empire Ottoman. Ils n'aiment pas les hybrides ici. Ni rien de magique en fait. Ils ont le droit de les tuer à vue par caprice ou d'en faire des esclaves. Il faudra traverser un peu de désert, mais ça ne devrait pas être un trop long voyage.

Avais-je repris une fois mon outre rendue. Je la laissai ensuite prendre la tête, me doutant bien qu'elle n'aurait aucune patience pour faire un crochet afin de discuter avec le Djâhrâvan une dernière fois. Je lui emboîtai néanmoins le pas, ne me laissant pas distancer un seul instant.
Jahan Shah Farvahar
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Ven 19 Fév - 18:47





Le Djâhrâvan et Smaug attendaient, tous deux, dans l'immense salle au plafond percé. La tension demeurait palpable entre les deux êtres, chacun désirant fortement que l'autre se trouve à des milles d'ici, loin de sa présence. Le rire de Smaug résonna tel un éboulement de cailloux à la vue du trésor que ramenait le djinn au véritable maître et gardien de ces lieux.

« Un bout de papier... Quelle tristesse. »

Un dragon ne pouvait pas voir, ni même approcher, la véritable valeur d'une telle offrande. Le Djâhrâvan roula des yeux, retenant à grande peine les insultes qui venaient fleurir au bord de ses lèvres. Les yeux reptiliens s'entrouvrirent à la vue de l’œuf doré, chatoyant, que lui tendait l'hybride chat.

« Cela me convient, boule de poils. »

Deux griffes vinrent saisir l’œuf telle une immense pincette.

« Et donc, boule de poils, quel est ton souhait ? »

De son côté le Djâhrâvan tâchait de passer outre cette méfiance viscérale qu'il éprouvait envers la dragonne. Mais l'on pouvait voir son essence bouillonner tel un feu qu'on aurait trop attisé. Ses mains se tendirent vers le volumen, stoppant à quelques millimètres comme s'il n'osait pas toucher un bien aussi sacré.

« Vous avez trouvé le sanctuaire. La bibliothèque du palais renferme un savoir qui s'est pratiquement perdu. Aucun incendie n'y a brûlé le papier, comme dans l'antique Alexandrie. Mais le temps, la négligence, nous ont fait payé le prix fort. Ramenez ce volumen au clan. Ainsi ce fragment de savoir ne sera pas perdu. »

Sous la demande du Djâhrâvan, cherchant à récompenser le geste d'Atêsh, le sylphe formula son souhait. Le Djâhrâvan hocha la tête.

« Nous pourrions compulser ce qui reste d'ouvrages encore lisible, ensemble, et je pourrais vous servir de traducteur. Ces connaissances vont de plus prosaïque au savoir le plus élevé. Histoire antique, quelques principes de magie de l'antique époque ayant officié en cette région, descriptions de créatures vues comme légendaires, et... recettes de cuisine. » Un temps de silence. « Je vous ai prévenu qu'il y aurait du prosaïque. »

Un vent agita l'air. Smaug venait d'entrouvrir ses ailes. Ses griffes arrachèrent une de ses écailles, la tendant à Chester.

« Vu que tu souhaites être amie avec moi, prends ceci. » Une vulgaire écaille, simplement brûlante à cause du feu habitant le dragon en son sein. « Je n'ai plus rien à faire ici. Toutes ces sornettes m’ennuient. Je trouverais un nid plus agréable ailleurs. »

Smaug tendit le cou vers l'ouverture. D'un bond, la dragonne se propulsa hors du palais par le plafond béant, projetant une bourrasque qui envoya voler grains de sables et pièces d'or en tout sens. Le calme succéda rapidement à la brève tempête, tandis que la silhouette de la dragonne s'éloignait déjà, au loin, figure majestueuse au sein du ciel découvert.

Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que des cris ne se fassent entendre. Surgissant des couloirs du palais, descendant depuis le plafond sur le dos de tapis volants, le clan des Efrits regagnait les lieux, à la fois bouleversés et excités comme des puces. Le chef du clan vint auprès des deux compagnons, les enlaçant tous deux dans une formidable étreinte, se répandant en questions et exclamations de stupeur.

« Nous vous croyons perdus ! Nous vous cherchions. Nous avons vu alors Smaug s'envoler. Nous vous pensions morts. Quelle histoire. Racontez, racontez donc ! »

On narra alors l'histoire sous les regards ébahis du clan qui, de temps à autre, se fendait d'une apostrophe. Le chef finit par taper ses mains, l'une contre l'autre, à la fin du récit.

« Nous vous devons tout. Smaug est partie. Le sanctuaire du savoir est préservé. Restez ici le temps qu'il vous plaira ! »

On proposa même de mener fête et bombance pour fêter dignement le retour au sein du sanctuaire, et la victoire de ces deux héros. Le palais abandonné résonna, pendant des jours, d'une liesse à nulle autre pareille. Ce fut comme si l'on était revenu à l'antique âge où le palais avait été habité.

Fin


Précisions:
 


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