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 [An - 20] Nous sommes des êtres de magie

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La gardeuse d'oies près de la fontaine
Kapphären Jan
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Mer 6 Jan - 20:43


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



Il lui avait fallu soutenir sans faillir le regard désapprobateur de son chaperon. Mais la pensée de pouvoir la transformer en pintade d’un claquement de doigt rasséréna Sigrid à lui tirer un sourire de contentement. Peu à peu, l’idée de sentir sa magie battre en elle comme un second myocarde, se faisait plus rassurante qu’effrayante. Et tandis que sa voiture filait, chaotique, dans le hennissement des chevaux cavalant à l’avant et le sifflement du fouet du cocher, elle s’amusa à caresser Sofia, essayant de lui redonner vie quand sa bonne maman tournait son regard vers le paysage décharné. Bientôt, la pulsation serait plus forte, plus perceptible et elle apprendrait à le contrôler, prouvant à sa mère sa légitimité en tant de fée. Mais en attendant, elle avait plus urgent à régler. Car malgré sa coopération, Sigrid se sentait en bonne voie de prendre la tête de sa petite équipée avec Hilda.

L’idée ne la dérangeait pas. Elle ferait toujours tout pour protéger sa sœur. Maintenant, et à jamais.

Le carrosse revint à la propriété des Berchman. Implacable, Sigrid ordonna à son chaperon d’aider le cocher à prendre soin des chevaux, lui promettant une rapide entrevue avec Hilda avant qu’un dîner ne soit servi pour les récompenser. Affamée, et fatiguée par ces allers-retours, bonne-maman ne dit rien, se contentant de croiser les bras sur sa poitrine sèche tout en fixant Sigrid qui regagnait la porte du modeste logis.

Frappant deux fois pour faire bonne mesure, Sigrid n’attendit pas la réponse d’Hilda pour entrer. Retirant cape et gants avec la maladresse des jeunes filles qui ne savent rien faire toutes seules, elle entra dans le salon pour trouver sa compagne assise en tailleur au milieu d’un cercle rouge.

Haussant un sourcil, dubitative mais clairement intriguée, l’adolescente attendit que l’attention de l’allemande soit portée pour sa présence pour finalement lui sourire. La chaumière embaumait d’une délicieuse odeur de ragoût. On aurait pu croire qu’en son absence Hilda avait cuisiné un sauté de bœuf ou de mouton. Mais il n’en était rien. Ce qui bouillonnait sur le feu, c’était la viande de son ex-mari. Et malgré sa fierté concernant sa récente réussite, un haut le cœur manqua de la soulever, surtout quand elle sentit les relents de ses récentes vomissures, celles de Hilda ajoutées.

« Il nous faudra faire le ménage ici, et aérer. Si, bien évidemment, tu comptes y rester vivre. Sinon, je t’invite à prendre un lit dans mon manoir. Père et mère seront ravis de t’avoir à la maison. »
Peut-être pas aussi ravis qu’elle le sous-entendait, surtout au vu des événements auxquels Hilda et elles avaient été mêlées, mais tout de même, ce n’était pas un mensonge. « Après tout, la récente disparition, somme toute inexplicable, de Johan, pourrait te faire craindre de dormir seule à l’écart de toute civilisation. Tu pourrais être effrayée de la possible attaque d’un vagabond. »

Claquant ses gants sur la table, Sigrid s’y appuya d’une façon fort peu convenable pour une demoiselle de haute société. Et continua de sourire.

« Ça m’aura coûté une orbe de conscience – Dieu seul sait c’est ce que ça peut être – et quelques meubles familiaux stockés au grenier de mes parents, mais j’ai réussis à le refourguer à ton vendeur. Charmant au demeurant, malgré un trait de caractère qui le pousse au bavardage, ça en deviendrait presque éreintant à la longue. Jolie moustache, beaux habits. Oui je sais, tu n’en as cure. »


Tapotant ses tresses, Sigrid finit par trahir une moue à peine trop hésitante.

« Je ne pensais pas lui faire avaler un tel blasphème, mais ce monsieur est persuadé que les restes de Johan sont, présentement, ceux du Premier Homme. Notre Père à tous, Adam. Ces ossements lui seront donnés dans un coffre de cèdre, soigneusement fermé à clef. Et invérifiables pour cause de possible malédiction. Mais c’est fait. Il m’a cru. Et nous serons bientôt débarrassé de ce… »
Vague geste de la main. « Désagrément. »

Et ainsi fut renommé l’ex-mari de madame Hilda Wagner Brechman.








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Hilda Wagner

MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Sam 9 Jan - 8:12
Voyant sa chère Sigrid refermer la porte, Hilda décida de mettre un terme à sa petite expérimentation. Elle se releva avec la désagréable impression d'avoir des fourmis dans les jambes. Elle fit quelques pas pour s'en défaire, tout en écoutant sa petite sœur lui parler.

« S'il te plaît, ne le surnommons pas Désagrément. »

Elle eut l'envie un instant d'en expliquer les raisons. C'était et ce serait son seul véritable amour. Celui qui ne passe qu'une fois dans une vie. Mais Hilda se retint. Parler de cette façon était une faiblesse. Et elle avait décidé qu'elle serait forte et indépendante.

« Tu as raison, petit sœur. Si je devais rester vivre ici, il faudrait aérer et nettoyer. Il faudrait même jeter des meubles et refaire des peintures pour créer de nouveau une atmosphère sereine et non empreinte du spectre de la mort. »

A cette image, les yeux d'Hilda eurent l'impression de suivre une mégère marque au sol qui allait de la porte d'entrée jusque dans sa chambre. Une griffure. Une blessure qui avait le sol en deux, sous l'impossible action de la faux de la Grande Mort.

« Mais je ne resterais pas vivre ici. D'abord parce que je n'ai pas envie de devenir une femme de chambre. Actuellement, je me sens plus comme une bouchère. Ce ne sont pas les mêmes carrières de vie, non plus que ce sont les mêmes façons de penser. Ensuite, je ne vais pas rester dans ce qui était un havre de paix car ça ne l'est plus. C'est devenu un tombeau. Enfin, j'ai besoin que la haute société pense que j'ai besoin d'aide. Il faut qu'elle me voit comme une femme brisée qui va chez les parents de son ami d'enfance en quête de réconfort. »

Hilda s'en alla chercher une serpillière qu'elle inonda d'eau. Elle revint là où Sigrid l'avait trouvé assise dans une espèce de cercle sanglant. Les deux serviteurs ne pouvaient entrer dans une maison qui sentait la viande, le vomi et était illustré d'actes faisant tout de suite penser à de la magie noire. Il ne fallait pas qu'elle fasse naître de sombres rumeurs. Les gens se débrouilleraient parfaitement tout seul pour échafauder toutes sortes de théories. Elle commença alors à nettoyer.

« Une chambre dans la maison de tes parents nous permettra d'aller voir ta mère. Nous pourrons commencer à lui parler magie et trouver une solution. »

La serpillière allait et venait. Le cercle rouge disparaissait rapidement.

« D'ailleurs, ce que je suis en train d'effacer est une sottise. J'ai pensé à toutes ces histoires de sorcière et de sortilèges. Cette image d'une femme en noire, assise les yeux fermés, son corps se trouvant dans un cercle fait de sang. Je me suis dit alors qu'il n'y avait pas de fumée sans feu dans toutes ses histoires. De toute évidence, je me suis trompé. »

Elle repartit au niveau de l'évier pour essorer sa serpillière. Elle l'inonda une seconde fois et fit disparaître suffisamment les restes de sa petite expérimentation magique.

« Les yeux fermés, je n'ai pas trouvé comment déclencher ce qui dort au fond de moi. Par contre, j'ai eu suffisamment de temps et de clairvoyance d'esprit pour penser à une solution. Te souviens-tu de Madame Beloeil ? Une femme qui était venue il y a deux ans de cela. Elle était venue avec ses bagages ésotériques, tentant de trouver une clientèle parmi les belles maisons dont celle de tes parents. Peut-être serait-il judicieux de commencer nos recherches par cette femme ? »

Le sol en train de sécher, la serpillière rangée, Hilda s'occupa ensuite de servir quatre assiettes d'un ragoût fumant. Elle tapota gentiment l'épaule de sa petite sœur pour qu'elle reprenne contenance. En effet, ses deux serviteurs avaient assez attendus dans le froid au dehors. Elle alla les chercher et les invita à entrer dans son petite hameau. Elle leur demanda de les excuser pour les odeurs et le chaos. Elle avait été malade. Il ne fallait pas s'inquiéter, pas autant qu'elle le pensait. Mais ces symptômes avait été tel qu'elle avait eu besoin de la présence rassurante de Sigrid. Un petit mensonge pour tuer toutes les questions.
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Dim 17 Jan - 16:42


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



Désagrément, problème, ennui, qu’importe les surnoms que Sigrid pouvait lui donner tant que cela demeurait dans sa charmante petite tête. Elle comprenait bien la réticence apparente de son ainée à baptiser ainsi celui à qui elle avait finalement offert son cœur. Mais il lui était tout aussi important de prendre assez de distance avec le mort, de lui enlever toute humanité, pour mieux gérer cette détestable situation. A peine fâchée qu’Hilda ne fasse aucun commentaire, ni sur le vendeur, ni sur la vente, Sigrid prit sur elle de ne faire aucun commentaire et la regarda nettoyer les vestiges de sa dernière excentricité, sans lui prêter main forte. Elle n’était pas femme de ménage, encore moins bouchère. Et elle avait ses limites, tout simplement. En elle, la magie fourmillait d’agir. Mais au vu de l’échec d’Hilda quant à sa petite expérience, la jeune fille ne tenait pas à se vanter de sa propre réussite, ni remettre le couvert sur le coffre de cèdre. La veuve ne supporterait certainement pas de parler de Johan comme d’une vulgaire transaction.

« Il y a tant dans les contes, au sujet des sorcières et de leur magie. J’aurais pensé que ma mère en était une, plutôt qu’une fée. Une fée, tu entends ? Comme dans les histoires de Perrault ou de Grimm. Mais je me vois mal aller voir Mère pour lui poser des questions sur ses affiliations et son ascendance. Nous verrons cela une fois que tu seras installée à demeure. Cela aura au moins le mérite de te changer les idées. De toute façon, j’ai toujours trouvé dérangeant ta volonté de t’installer à la campagne. Quel ennui. Même pour un nid d’amour. »


Avec nonchalance, Sigrid s’écarta pour se diriger vers la cuisine, et surveiller le bouillon qui mijotait sur le feu. La table était mise pour quatre personnes. Elle ne comptait dans son attelage que son cocher et sa bonne-maman. Et dans un soupir agacé, persuadé qu’Hilda leur avait rajouté deux couverts comme si des femmes de leur rang pouvaient se mêler aux petites gens, Sigrid ramassa les assiettes et les couverts pour les poser sur l’établit.

« Je crois m’être enfin décidée à suivre ce régime végétarien que Mère me conseillait jusqu’à présent. »
Finis les sautés de mouton et les ragoûts du cuisinier. D’une grimace presque haineuse, Sigrid chassa le portrait de Johan dans les méandres de la soupe. Et alla d’un pas ferme ouvrir la porte du cellier donnant sur l’extérieur.

« Bonne-maman ! Marcel ! »
Appela-t-elle fermement, et son chaperon se précipita, outrée par son cri.

« Mademoiselle, ce n’est pas correct d’héler ainsi les serviteurs. »


Sigrid se composa aussitôt une mine d’enfant contrariée. Et croisant les bras, leva le nez.

« Il me semblait être de mon devoir de m’inquiéter de votre fatigue, bonne-maman. Et de celle du cocher. Hilda a eu la bonté de vous cuisiner un repas, il vous faudra le manger entier, même si les quantités sont faramineuses, car dans sa bonté de femme au foyer et inquiète de la disparition de son époux – nous en reparlerons plus tard, donnez le change – Hilda semble en avoir un peu trop fait. Puis-je compter sur vous ? »


Bonne-maman sembla hésiter à la porte. Mais fit signe au cocher et retirant ses gants, tapant ses pieds boueux sur la marche du cellier pour en retirer toute trace de boue.

« Nous verrons, nous essaierons. C’est tout de même bien aimable de la part de Madame.

- Je sais. Effectue donc le service, il semblerait qu’elle n’ait ni servante ni cuisinier, ou n’ait pas eu le temps d’en engager pour profiter au mieux de ses jours après noces.

- Mademoiselle ! » Clama la bonne-maman, outrée de tels propos. Mais Sigrid eut un vague geste de la main et recula dans la cuisine, présentant le chaudron tandis que Marcel apparaissait derrière le chaperon.
« Réchauffez-vous, reprenez des forces. Nous partirons dans une heure. »


Et quittant la cuisine sur ses faits, elle attrapa la main d’Hilda pour la diriger, non pas vers la chambre, mais vers le petit salon. La sueur brillait sur son front blême tandis que dans la cuisine, couteaux et fourchettes s’entrechoquaient. Désireuse de faire abstraction du crime abominable qu’elles étaient entrain de commettre, Sigrid dirigea ses pas vers le meuble à vin de Johan Brechman. En sortit une bouteille. Et sans plus compter sur Hilda et sa retenue, s’en servit un bon verre.

Le goût était âcre, mais sucré. Et elle termina sa lampée en quelques coups de langues. Essuyant vaguement ses lèvres, retrouvant son sourire, réchauffée par l’alcool.

« Je comprends mieux père. C’est l’extase ma Hilda. »
Un terme souvent employé pour parler de certains jeux avec les garçons. Approprié à la liqueur qu’elle se resservit, jetant un coup d’œil à Hilda. « En voudras-tu ? Et parle-moi donc de cette sorcière. Il me semble peu compliqué de la retrouver si elle s’est installée en ville mais je doute qu’elle nous apporte de bonnes réponses. Contrairement à Mère, il est possible qu’elle soit une simple charlatan. »








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Hilda Wagner

MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Sam 23 Jan - 10:16
Dans une heure, elle quitterait cette maison. Ca lui allait. En attendant, elle comptait bien profiter de cette dernière heure de calme avec l'avalanche de sensations que serait sa vie. Elle était certaine qu'une fois arrivée chez les parents de Sigrid, elle n'aurait plus beaucoup de temps pour se laisser aller.

« Je prendrais bien un verre de vin également. »

Dans sa main, le liquide carmin tourna au rythme des oscillations. L'attention d'Hilda était porté sur ce mouvement : elle réfléchissait.

« Je suis d'accord avec toi, Sigrid. Je pense que Madame Beloeil n'a pas les pouvoirs et les connaissances qu'il nous faudrait. Mais je pense également qu'une femme de ce genre doit avoir des contacts. »

Le liquide coula dans sa bouche. Hilda pencha la tête en arrière et garda la précieuse liqueur. Elle cherchait à ce que ses papilles s'enivrent et découvrent toutes les différentes nuances de saveur. Elle l'avala finalement.

« Et si ces contacts ne donnent rien, elle doit posséder une bibliothèque. Peut-être au-dedans se trouvera-t-il un vrai. »

Même en compagnie de sa très chère petite sœur, Hilda se sentit soudain bien seule. Désormais qu'elle avait tué, elle avait la sensation d'avoir le monde l'attendant derrière la porte. En fait, si elle fermait les yeux et se laissait trop aller, elle avait la sensation que des yeux s'ouvraient et l'épiaient. Il y en avait dans les ombres, là-haut dans le coin du plafond. Mais également au fond de la bouteille de vin que Sigrid avait ouverte. Il y en avait partout.

Hilda rouvrit les yeux et fit un petit geste dans les airs, comme pour écarter une mouche inexistante.

« Je crois que je vais arrêter là pour aujourd'hui. L'alcool me monte à la tête et commence à me donner une sensation de persécution. Si je continue à boire, je suis sur que je vais m'imaginer enchaîner à un arbre, nue et ligotée, dévorée par les flammes et observée par d'innombrables yeux. »

Il n'y avait aucun délire. Il n'y avait aucune faiblesse dans ses yeux, pas plus de tremblements dans ses mains. Hilda avait le contrôle d'elle-même. Elle s'était laissée aller à une petite distraction, maintenant c'était terminé.

« Sigrid, tes parents seront surement très heureux de me voir revenir chez vous, mais je doute que notre comportement maintiendra longtemps l'illusion. On viendra nous poser des questions sur la disparition de Johan. Très vite, j'en suis certaine, on en viendra à faire la connection avec les deux morts du labyrinthe. »

Hilda posa le verre sur le meuble. Elle fit quelques pas et s'assura que Bonne-Maman et Marcel n'écoutaient point. Elle revint vers Sigrid et continua son explication.

« Je ne suis pas en train de faire une crise. Je sais que je pourrais jouer le rôle de la jeune veuve éplorée. Mais je sens dans mon ventre cette chaleur. J'ai cette envie urgente d'apprendre à contrôler cette magie qui sent bon le bonbon. »

Ses pommettes étaient rouge. La chaleur de la maison, les lampées de vin et ses nouveaux habits noirs y étaient pour quelque chose.

« Comment réagirons les gens quand nous irons voir une diseuse de bonne aventure ? Penseront-ils que j'ai perdu la tête ? Au début, ils mettront probablement cette action sous le fait de la tristesse. Ils raconteront que je cherche par tous les moyens à rentrer en communication avec Johan une dernière fois. Mais s'ils voient tous que nous insistons à rendre visite à cette sorte de gens et à nous rendre dans ce genre d'endroits ? »

Ce qu'Hilda essayait de faire comprendre à sa petite sœur fidèle, c'était qu'il lui fallait une excuse aux yeux de la bonne société pour aller d'une endroit à un autre. Un voyage, peut-être ? Mais de quel genre.
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Jeu 4 Fév - 17:15


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



Appliquée à les servir en vin, Sigrid demeura silencieuse, réfléchissant aux propos de son ainée tandis que Hilda, préoccupée par les qu’en dira-t-on et la logique, s’évertuait à tourner en rond mentalement. En soit, Sigrid ne pouvait en rien le lui reprocher. Sans être à l’origine du meurtre qui avait coûté la vie de Johan, elle participait assez à ses conséquences pour se sentir vriller aux moments les plus indélicats – et les entrechocs des couverts malmenés par ses serviteurs affamés n’aidaient pas à calmer sa soif que seul le vin semblait étancher. Sans critiquer, ni même pincer des lèvres, elle se rapprocha de sa sœur, lui tendit la coupe, sirota la sienne et finit par soupirer tout bas. Calmement, sa main vint se poser sur l’épaule d’Hilda, et ce fut avec un sourire confiant, qu’elle répondit enfin.

« Tu ne seras pas accusée de sorcellerie, ou il faudra me tuer d’abord. »
Doucement, elle se dressa sur la pointe des pieds, et vint l’embrasser sur la joue. Hilda sentait le bonbon, et cette odeur, troublante, manqua presque de l’écoeurer.

« Tu es ma sœur. Celle qui m’a appris tant de choses et qui a partagé tant d’émois. Ce n’est qu’une nouvelle aventure qui s’offre à nous et nous saurons l’affronter ensemble. Parce que nous sommes des femmes. Parce que nous sommes nées pour assumer les choix que l’on nous impose. La magie n’est rien d'autres qu’un… »
Sigrid réfléchit à ses mots. Et se mordant la langue, elle s’efforça à retrouver le sourire.

« Qu’un chaos de plus et nous le passerons en relevant nos robes et en faisant fi des autres comme nous l’avons toujours fait. »


Se raclant la gorge, elle porta la main à ses tresses pour en surveiller la tenue, en tic implicite de manque d’assurance. Sigrid avait l’arrogance de la jeunesse comme motivation pour avancer, mais n’était pas stupide au point de croire que tout serait simple.

« Ma mère est liée à cette magie. C’est d’elle que je la tiens, rappelle-toi. Elle a sans doute du vivre quelques mésaventures quand elle a découvert qui elle était. Je pense que la mettre dans notre secret ne nous mettra pas en danger. Bien au contraire. Elle est sans doute la seule créature sur terre capable de nous défendre. Il n’y a qu’à voir comment elle mène Père. »


Sigrid eut un petit rire coquin.

« Nous lui parlerons de tout cela et elle nous aidera à trouver cette diseuse de bonne aventure. Si cette dernière a effectivement des contacts, nous les trouverons. Et ils te formeront. Tu sens ce lien avec la magie comme un enfant que tu portes. Moi, je suis cet enfant. Je crois qu’il y a une différence entre toi et moi. La magie ne m’obéit pas, mais elle fait partie de moi. Elle est moi. Et c’est à moi de me connaitre pour manipuler comme… »


Son regard se tourna vers Sofia. Et d’un claquement de doigts, elle ordonna.

« Bouge. »


Aussitôt, l’araignée revint à la vie, comme dans le magasin de cet homme étrange à moustache. Vissée à l’épaule par son épingle, la mygale claqua des mandibules sans paraitre dangereuse à l’égard de Sigrid. Qui la caressa distraitement, retrouvant les yeux clairs de sa belle Hilda.

« A nous deux, Hilda. Nous pouvons contrôler ce monde et le corriger. Alors n’aie crainte. Et ne doute pas. Nous sommes bien plus puissantes que nous ne l’avons jamais été. Et nous ne pouvons qu’aller au-delà de nos capacités actuelles, pour nous surpasser. »










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Hilda Wagner

MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Mer 10 Fév - 21:50
Le baiser de Sigrid eut une saveur sucrée-amer pour Hilda. Cette attention était délicate et complice. Hilda se fit la pensée qu'elle chérissait définitivement leur relation. Pourtant, pourquoi venait-elle de faire cette tête ? Elle avait semblé... écoeurer.

Mais Sigrid avait le sens des mots. Sa façon de voir le monde fit oublier tous les soucis que la veuve habillée de noire pouvait s'être imaginer. Elle l'écoutait parler comme une donzelle le ferait d'un poète déclamant. Il y avait une telle force de caractère derrière ses phrases. Sigrid ne pouvait dissimuler ses origines qui lui avait donné cette belle éducation.

Puis le charme fut brisé lorsque l'araignée commença à bouger.

Hilda n'était pas une de ces femmes qui sautent sur une chaise et crie d'une voix douloureusement aigue pour que quelqu'un vienne la secourir. Comme Sigrid auparavant, elle eut un mouvement de tremblement à cause d'un bruit de vaisselle.

Par réflexe, elle jeta un regard aux domestiques et fut soulagé de voir qu'ils étaient tout occupé à leur dîner. Alors Hilda observa Sigrid avec un sourire.

« C'est extraordinaire, petite sœur. »

Elle approcha ses doigts enfilés dans des mitaines noires de dentelles.

« Est-ce que je peux la toucher ? »

Avec l'accord de sa petite sœur, ses doigts caressèrent l'animal comme si c'était un innoffensif chat joueur. Hilda se souvint alors du broc ailé qui s'était réveillé dans sa chambre. Cela lui paraissait dater d'un très vieux passé maintenant.

Le visage de la sorcière devint un torrent d'émotions.

Il y avait de la joie.

« Je ne sais pas si je veux contrôler le monde, mais je suis certaine de vouloir découvrir l'étendue de la puissance que je dissimule. »

Il y avait également de l'impatience. Elle se tourna une nouvelle fois vers les domestiques qui semblait ne pas réussir à finir leur assiette.

« Si j'avais été moins bien élevée, je ferais un caprice pour partir dès maintenant. Je suis si excitée par cet avenir qui nous attends, petite sœur. »

Mais il y eut également un instant de doute.

« Elle était empaillée et tu lui as redonné vie. Peut-être que nous aurions pu... »

Mais elle ne finit pas sa phrase. Les morts ne revenaient pas à la vie. Sans compter qu'il ne restait plus grand chose du beau Johan. Même en imaginant le plus puissant des sortilèges, Hilda ne pouvait imaginer revoir l'amour de sa vie dans une prison de chairs rafistolé comme ces pantalons que les petits pauvres portaient.

La joie revint. Hilda vint se coller à sa petite sœur. Elle saisit une de ses mains dans une des siennes puis posa sa deuxième dans le dos de sa petite sœur. Elle commença alors à danser. Pas par une crise de désespoir ou un départ de démance, non, mais parce que la vie ne faisait que commencer !
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Dim 14 Fév - 23:29


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Tandis que le fiacre franchissait les premiers pavés de la ville de Cologne, Sigrid se mit à penser qu’à aucun moment sa magie n’aurait pu redonner la vie à Johan Berchman. L’exclamation tourmentée de sa sœur au moment de découvrir la vitalité retrouvée de Sofia lui avait tourné en tête pendant de longues heures tandis que sa sœur, aidée de ses serviteurs sustentés, faisaient ses valises pour rejoindre la demeure des Ferenbach. Mais à force d’y penser, Sigrid avait su cerner cette magie bouillonnant autour de son cœur, ainsi que ses limites. Elle ne redonnait pas la vie en des choses mortes. Elle les changeait en autre chose. Face à Sofia, elle avait simplement pensé à transformer l’épingle en une véritable mygale en tout point semblable à l’empaillée. Et devant le broc d’eau, elle avait pensé à une fuite, à lui donner les ailes qu’elle n’avait pas alors pour s’envoler loin de la situation morbide qu’Hilda l’avait obligé à affronter.

Sa main se tendit pour caresser les plis de la robe de son amie. Le voyage avait duré plus d’une heure, dans des cahots propre aux chemins menant à Cologne. Mais malgré la fatigue, et la nausée qui menaçait de remonter dans sa gorge, Sigrid était ravie de retrouver les rues familières. Stupidement, elle se promit de ne jamais les quitter. D’asseoir son règne, son mariage, sa lignée, au sein de cette ville, d’en prendre le pouvoir. Et c’est souriante qu’elle tourna son visage vers Bonne-Maman, installée en face. Une Bonne-Maman endormie qui ronflait doucement, la main posée sur son ventre gonflé, repu.

Si Johan est dedans, peut-on dire qu’elle en est enceinte ?

L’humour noir la fit glousser, réveillant la femme qui jeta un regard hagard à la fenêtre. Et clama, chevrotante mais soulagée.

« Ah, nous sommes arrivés. »

~

Katerine fut avertie par les serviteurs du retour de sa fille en compagnie d’Hilda, et cette nouvelle la fit tressaillir, instinctivement. Abandonnant son chevalet, elle quitta sa pièce de travaux manuels pour rejoindre le couloir et descendre les escaliers. William était absent, au travail bien évidemment. Sigrid devait rentrer le soir – et dieu qu’elle avait insisté pour répondre à la missive de son ainée qui semblait dans l’urgence de sa visite. Le manque de cette amitié particulière qu’elles partageaient, sans doute. Mais de savoir Hilda à la maison lui laissait une drôle d’impression.

Evidemment, Katerine n’avait rien contre la mariée, bien au contraire. La jeune femme était considérée comme l’une des enfants des Ferenbach et la fée avait su veiller sur elle, comme sur Sigrid, la regardant grandir et constatant, avec amusement, qu’elle possédait parfois les tics de la petite blonde, quand ce n’était pas cette dernière qui employait les mêmes expressions que son ainée.

Néanmoins, les derniers évènements du labyrinthe l’avaient plongé dans une certaine angoisse tourmentée. Katerine ne se doutait absolument pas de la nature de sorcière d’Hilda mais elle avait peur que la magie de sa fille dénature leur lien au point que, sur un acte de colère, Sigrid n’en vienne à la transformer. Chaque fée possédait le don, inévitable, d’exaucer les souhaits. Mais elle pouvait, potentiellement, se révéler bonne à tout autre chose.

L’autre pouvoir de Katerine se trouvait dans le contrôle qu’elle pouvait exercer vis-à-vis de l’eau. Elle pouvait manipuler le liquide, le générer, le glacer ou l’ébouillanter à son bon vouloir, ce qui était toujours pratique pour garder les sauces au chaud et les thés toujours bien infusés. Mais celui de Sigrid était un véritable mystère.

Si la prétendante de Johan avait vu ses lèvres se transformer en sucre, c’était bien la morsure de Sofia qui avait abattu celui qui souhaitait recevoir la main d’Hilda. Un sortilège de sucrerie ou bien celui de faire bouger les choses ? Sigrid ne pouvait posséder les deux.

La porte s’ouvrit, au moment où Katerine descendait les escaliers, et Sigrid confia manteau et manchon à leur serviteur avait de tourner un visage réjouit quoiqu’un peu pâle en direction de sa mère.

« Maman ! » Soulagée, pour d’inexplicables raisons, Katerine s’avança pour l’enlacer et embrasser son front.

« Ma fille. Et Hilda. » Son regard bleu se glissa sur la silhouette de la nouvelle mariée, avec beaucoup de tendresse. « Comme je suis agréablement surprise de te voir, ma douce enfant. As-tu laissé ton mari à la maison pour quelques vacances innopinées ? Sigrid t’a-t-elle kidnappé ? » Il y avait peut-être une heureuse nouvelle à tout cela, et son regard glissa sur le ventre d’Hilda. Avant que l’enfant ne l’interrompe, d’une dénégation.

« Nous avons besoin de te parler maman, seules à seule. »

Katerine fronça les sourcils.

« Que de mystères. Mais bien sûr, je comprends. Arthur nous amènera du café et des viennoiseries et Beatriz te refera tes tresses. Tu es dans un état –
- Non mère. Par seules à seule, j’entendais bien sans la présence de nos serviteurs. Il y a quelque chose que je dois te confier. » D’un doigt, Sigrid caressa Sofia et ce geste, anodin, fit tomber une lourde pierre d’angoisse supplémentaire dans le ventre de Katerine.

« … Bien. Montons. »
Et ce regard inquiet se tourna vers Hilda. La jeune mariée n’était en rien coupable de leur situation actuelle. Mais Katerine s’intriguait de connaitre les tenants et aboutissants de sa venue. Quelque chose lui disait que la réponse ne serait en rien agréable.

~

Impression certifiée quand Sigrid, assise dans son fauteuil, tapota la main d’Hilda pour l’encourager. Katerine avait tout de même insisté pour faire monter des boissons chaudes mais aucun serviteur n’était resté pour témoigner de leur étrange conversation. Grande, fière, blonde et pâle, la fée attendait le conte de sa fille mais ce fut Hilda qui fut conviée, d’un petit rire contrit, à tout raconter.

« Car nous avons découvert quelque chose, nous concernant toute deux. Et comme j’écoute aux portes, je ne te cacherai pas, maman, que je dispose moi-même de quelques informations que tu as su, à ce jour, parfaitement me dissimuler. Mais soit, je ne t’en veux pas. Puisqu’aujourd’hui nous avons besoin de tes leçons. Et après nous te confierons une triste nouvelle. Car ma bonne sœur bien aimée m’a fait mandaté pour une accablante raison. Johan, le beau Johan, a disparu… »









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Hilda Wagner

MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Dim 21 Fév - 18:47
Assise en face de la mère de Sigrid, Hilda restait coite. Malgré l'impatience de son jeune âge, de l'urgence qu'elle ressentait à maîtriser sa magie, Hilda attendait que Sigrid finisse de parler. Elle lui faisait confiance à sa petite sœur.

(petite tape sur la main)

« Je repense à tout ce qui s'est passé ces dernières heures. Des heures qui paraissent être des journées tellement il s'est passé de choses. Je ne sais pas par où commencer. J'ai ressenti énormément de réactions différentes. Je me suis attelé à tant de tâches diverses. »

Parce qu'elle était en présence de femmes de la haute société, et parce que Katerine avait insisté pour faire monter des boissons chaudes, Hilda trempa ses lèvres dans le thé encore trop chaud. Une pause nécessaire pour lui donner le temps -naturel- de réfléchir à ce qu'elle allait dire.

« J'aimerais vous parler de ce qui nous a amené ici. Cette partie de l'histoire qui veut que, comme de curieuses petites filles, nous allions à la rencontre de notre maman pour qu'elles répondent à toutes nos questions. Si c'était possible, je vous cacherais la vérité en vous racontant une histoire de demi-vérités. Mais je ne le peux pas. Tout est lié. »

Elle tourna la tête vers Sigrid, y puisant une force qui lui était nécessaire. Bien que sa résolution était aussi froide et intangible que l'acier.

« Je me suis découvert des pouvoirs de sorcière. Ensemble, Sigrid et moi avons tenté d'en apprendre plus. Les quelques expériences que nous avons vécus m'ont laissé un goût amère dans la bouche. Car je n'ai toujours pas compris comment contrôler cette puissance cachée. »

Hilda se demanda quelle quantité de sa vie et de révélations devait-elle narrer ici et tout de suite. Elle tourna une nouvelle fois la tête vers sa petite sœur et choisit.

« Ma petite et forte Sigrid, je pense qu'avant d'aller plus loin, nous devrions chacune exposer notre magie. De cette façon, nous nous sentirions plus à l'aise. Comme si nous étions en possession d'un secret qui lie plus fortement des personnes entre elles. »

Pour appuyer sa réplique, Hilda trempa à nouveau ses lèvres dans la tasse de thé chaud. Laissant ainsi l'opportunité aux Ferenbach de parler.
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Jeu 3 Mar - 21:03


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



La cuillère en argent ne tournait plus dans la tasse de Katerine. Saisie par l’importance de la révélation, la fée se contenta de fixer les deux jeunes filles d’un air calme mais néanmoins surprit, les pupilles rétractées d’une terreur toute animale. A cette vérité qu’on lui confiait, les pièces du puzzle finissaient enfin par s’emboîter. Et la mère de Sigrid soupesait enfin le poids des aveux à venir, que cela soit concernant Johan, soit concernant les lèvres sucrées de cette pauvre Bruna.

La gorge nouée, Katerine reposa sa tasse, portant une main à sa tempe pour pouvoir réfléchir et mieux se concentrer. Hilda attendait une réaction digne de son âge et de son rang, pas de la panique. Et devant le regard inquiet de Sigrid, la femme leva une main, sage et calme, pour apaiser ses craintes et lui demander, silencieusement, quelques minutes de silence.

Rythmées par le tintement des secondes d’une vieille horloge en bois, ces minutes s’étirèrent avant de claquer, par sa voix. Katerine avait moult questions en tête pourtant la plus importante vint en dernier dans ses pérégrinations mentales. Tendant la main pour saisir la patte d’une Hilda désormais veuve – ça elle en était certaine – la fée se mit à murmurer.

« Ce que tu me confies ici, et quoique tu doives le porter avec fierté car la magie est précieuse et riche pour ceux qui veulent s’en montrer dignes, tu ne devras jamais le répéter. Garde tes pouvoirs aussi secrets que possible. Ne t’amuse pas à des démonstrations pour épater les foules. Car pour quelques regards épatés devant tes prodiges, mille suivront dans l’intention de s’en servir pour nuire. Et tu ne pourras pas y échapper. Voilà la première leçon que je te donne. La seconde est celle-ci : »

Inspirant calmement, Katerine dégagea le col de sa robe. Vérifia l’absence de tout témoin, même serviteur. Et frotta ses poignets machinalement.

« Une fée met au monde une autre fée, dans la grande majorité des cas. La magie se glisse dans le sang et fait naître le pouvoir en son cœur. La fée est magie. Quand la sorcière se voit confier la possibilité de l’atteindre et de s’en servir. Voilà la différence entre Sigrid et toi. » Son regard caressa le faciès apaisé de sa fille. Plus tard, elle lui présenterait ses excuses pour tant de secrets. Car elle se rendait bien compte aujourd’hui de sa stupidité à dissimuler à Sigrid sa véritable nature.

Un secret trahit dans une macabre découverte qui n’allait pas en s’arrangeant.

« Tu dois absolument en parler à ta mère Hilda. Si ce n’est pas elle qui t’a confié ce prodige en étant elle-même sorcière, c’est certainement ton père, ou l’un de ses aïeuls. Dans ta famille, certains ont pu faire preuve d’étranges capacités. Insiste auprès de ta mère, mais là encore, demeure prudente. Nous ne savons jamais de quoi il en retourne, même chez nos proches. »

Sigrid opina du chef durement. Et cet acquiescement la blessa.

« En dernier point, mes filles, mes pauvres petites, vous devez me dire la vérité. » Et Katerine, perdant toute superbe et tout charisme, se mit à trembler.

« Qu’avez-vous fait de Johan ? »







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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Lun 14 Mar - 17:50
La maman de Sigrid était une femme de ressources. Hilda était contente de parler de sujet si intime avec cette femme. Pour cette raison, la voir trembler alors qu'elle demandait ce qui était arrivé au beau Johan lui fit de la peine. Pourtant, elle ne baissa pas la tête, pas plus qu'elle ne cilla des paupières. Ses yeux fixèrent ceux de Katerine et elle lui répondit :

« J'ai tué Johan. »

Quatre petits mots qui pesaient tellement lourds. Hilda ne s'était même pas poser la question de savoir comment elle allait présenter la chose. Elle croyait en la confiance qui reliait ce cercle de -magie- femmes.

« Pour être plus exact, et parce que je ne veux pas laisser le doute subsister. Je n'ai pas tué Johan volontairement. En fait, je dis que c'est moi qui l'ait tué parce que la logique le commande. A mon réveil, dans notre petite maison éloignée de tout, j'ai découvert le corps froid de mon beau Johan. De son oreille coulait un sucré liquide. »

Hilda préféra ne pas dire tout haut qu'elle avait plongé son doigt dans le liquide pour découvrir qu'effectivement il était sucré. Le fait d'avoir tué l'amour de sa vie la condamnait déjà. Elle ne voulait pas devenir un monstre qui n'obéissait plus à aucune règles, se délectant d'une forme de cannibalisme des restes de son mari.

La cuillère tourna dans la tasse de thé. Elle porta la porcelaine à ses lèvres et en avala une lampée. Le silence régnant toujours, elle reprit la parole. Elle avait beaucoup de questions et de pensées.

« Katerine, vous m'avez dit tout à l'heure que je devais être fier de ma magie. Que je ne devais pas l'exhiber aux yeux de tous. Ne vous inquiétez pas, j'ai reçu une bonne éducation. Je ne suis pas une de ces filles à papa qui commère sur les mérites de leur homme ou de la taille de la pierre précieuse qui habille leur doigt. »

Hilda observa ses mains. Ce devait être la solution à son problème. C'était forcément le passage, l'intermédiaire pour que la magie à l'intérieur de son cœur devienne une réalité meurtrière et sucrée. Mais comment s'en servie ? Par le biais de figures acrobatiques, d'une géométrie complexe réalisée par ses phalanges ?

« Là où je veux en venir, Katerine, c'est cela : une fois que j'aurais compris comment utiliser ma magie, et vous savez très bien que j'y arriverais, qu'est-ce qu'il me faudra en faire ? Dois-je la cacher, l'étouffer et faire comme si c'était des vergetures ? Qu'en faites-vous de votre magie ? Vous sert-elle seulement à garder à température vos plats ou sert-elle de plus grands desseins ? »

Hilda observa Sigrid. Elle l'observa alors qu'elle se remémorait d'autres paroles de Katerine. Bien que plus jeune qu'elle, Sigrid lui ressemblait de beaucoup. Elles étaient toutes les deux des femmes. Elles avaient toutes les deux un don pour maîtriser et utiliser ce que beaucoup décrivaient comme de la magie. Alors...

« Katerine, une chose encore. A propos de ce que vous avez dit. Sigrid et moi nous ressemblons beaucoup. Nous nous aimons comme des sœurs et nous considérons comme telles. Nous sommes toutes les deux des femmes. Nous avons toutes les deux la possibilité d'utiliser la magie. Alors, qu'est-ce qui fait que nous sommes différentes ? Je ne comprends pas ce que signifie qu'une fée est la magie. Sigrid est une belle jeune femme avec qui je parle, que je peux toucher. Ce n'est pas un phénomène ésotérique impalpable faites de runes et de symboles étranges. »

Pour Hilda, la conversation avec les deux femmes Ferenbach commençaient juste. De la façon dont s'était partie, elles parleraient de longues heures. Des heures très intéressantes et instructives.
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Sam 19 Mar - 16:17


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



La tasse de Katerine se mit à trembler dans sa soucoupe et le regard de Sigrid se fit soudain nerveux. Sa mère était blême, comme endossant la responsabilité des mots prononcés quant au sort de Johan. Et comme à chaque fois que la fée perdait le contrôle, le thé se mit à bouillir dans la porcelaine, en glouglou presque chimiques qui l’obligèrent à délaisser breuvage et détente pour mieux se concentrer sur les deux jeunes filles face à elle. Inspirant doucement par le nez, Katerine choisit finalement de ne pas interroger Hilda quant au sort réservé au cadavre de son mari, l’esprit engloutit dans cette vision involontaire du garçon à la tête de sucre. Elle avait bien vu l’horreur sur le visage de Bruna et imaginait sans peine les restes de Johan, gélifié dans une pâtisserie ou durci dans du caramel. Un hoquet guttural se bloqua à sa gorge, et fut presque aussitôt digéré.

« Étouffer la magie serait renier la possibilité que l’on t’a donné de pouvoir la comprendre. Et si tu ne maîtrises pas très vite tes pouvoirs ou si tu les enfermes, ils reprendront bien vite le dessus sur toi. » Agitant sa main tandis que les volutes du thé se dispersaient dans l’air, Katerine osa un nouveau regard sur sa fille. Et murmura. « Mon éventail, s’il te plait. »

Ordre auquel la petite nattée finit par obéir, avec une moue désappointée.

« Dans votre chambre, mère ? » Katerine opina du chef. « Vous faites cela pour m’éloigner et ne pas entendre la vérité quant à ma véritable nature ? » Et sa mère cilla, de gêne, avant d’assentir de nouveau.

« Tu mérites bien mieux que quelques réponses volées au cours de cette discussion et je dois m’entretenir avec Hilda en particulier. Prends ton temps pour retrouver mon éventail. »

Claquant des talons au sol, Sigrid vint tout de même embrasser Hilda sur la tempe. « Qu’importe ce que tu es, et ce que je suis, tu es et resteras toujours ma sœur. » Avant de quitter la pièce, dans un drapé de dignité bafouée, celle d’une enfant encore capricieuse, bien malgré elle. Katerine attendit que les pas s’éloignent, consciente que Sigrid pouvait parfois se montrer d’une curiosité affligeante, preuve en était avec sa remarque, pour épousseter sa robe, les épaules tressaillant de nervosité.

« Sigrid est née de la magie mais cela ne l’empêche pas d’être un être humain qui vieillira comme moi-même je le fais. Nous pouvons parfois rallonger notre espérance de vie mais ça n’importe peu dans l’état actuel des choses. Ce que je souhaite te signifier, par cette vérité, c’est que Sigrid peut faire ce qu’elle veut de la magie. Si son pouvoir est fixé à une seule compétence, elle peut toutefois réaliser autant de souhaits qu’elle le désire, en demander un paiement, ou se jouer des formulations pour tromper celui ou celle qui s’essaierait à exiger ce qu’elle lui refuse. Elle vit dans la magie, en fait partie, en est son instrument comme… la baguette d’une sorcière. Mais la baguette d’une sorcière n’est pas infinie et les compétences de cette dernière sont-elles, limitées. Tu ne pourras maitriser qu’un seul type de magie, en plus de ton pouvoir. Et il te faudra faire en sorte de maitriser celle qui te ressemble le plus, celle qui est liée à la blanche, la pure. La véritable magie du bien. »

Pas celle qui transformait les jouvencelles et les maris en bonbons fondants sous la langue. Le regard de Katerine fut à peine plus dur, formel.

« Les sorcières ont été reconnues pour leur malveillance car seules les sorcières du mal tentaient d’asservir et de contrôler les êtres humains. Les bonnes sorcières, mêlées aux contes de nos ancêtres, étaient appelées des « bonnes fées » car on pensait, injustement, qu’une fée ne pouvait faire que le bien, ou se servir du mal pour donner une leçon à une mauvaise personne. C’est une erreur. Toi comme moi pouvons causer de grands désastres. Mais c’est notre volonté et le respect de cette magie qui nous pousse à nous contrôler et à agir au mieux pour nous, comme pour les autres. C’est ainsi que j’entends désormais éduquer celle que tu considères comme ta sœur. Et c’est ainsi qu’il te faudra apprendre la magie car je n’accepterai pas que tu entraines Sigrid sur la mauvaise voie. Surtout que l’une comme l’autre, vous ne semblez pas de trop ébranlées par la disparition de ton époux, Hilda. »

La dernière phrase venait de claquer, sèche et glaciale. Katerine ignorait tout des tenants et aboutissants de la scène dans la maison de la sorcière. Mais elle pressentait quelque chose de putride, à la manière dont Sigrid s’était montrée proche et bien plus intéressée par cette discussion que par sa propre sécurité vis-à-vis des autorités, mais aussi au regard qu’Hilda lui lançait, brûlant de fièvre de comprendre, affamé de connaissances sur elle-même.

Et sans trop de regrets.








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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Mer 30 Mar - 19:27
Hilda était désormais seule avec Katerine. Encore maintenant, alors qu'elle l'écoutait, elle sentait le baiser de sa petite sœur. Une marque d'affection qui ne semblait pas vouloir s'en aller. Hilda avait la désagréable impression « d'un dernier baiser d'adieu »... Comme si quelque chose de mauvais allait survenir.

« Katerine, j'imagine que vous avez déjà perdu des êtres chers et proches. Alors, s'il vous plaît, je ne vous permets pas de mettre en doute mes sentiments. »

Hilda observa Katerine. Aucune colère dans sa voix. Aucune impatience dans ses gestes. Hilda n'avait pas un cœur de glace mais une volonté de fer.

« Si Sigrid est magie et qu'elle peut en faire ce qu'elle veut. Cela signifie-t-il qu'elle peut m'aider dans mon apprentissage magique ? Apprentissage qui semble plutôt restreint à vous écouter. Etant une sorcière, je ne pourrais dompter qu'un seul versant de la magie ? Soit, ça ne me dérange pas. Après tout, l'être humain pourrait être boulanger, vendeur ou encore criminel. Pourtant, il ne choisit qu'une spécialisation. Notre vie est si courte et il y a tellement de possibilités. »

Plus elle parlait, plus Hilda découvrait l'origine de son mauvais pressentiment. Sa main effleura sa joue qui avait été baisé des lèvres de sa petite sœur.

« Katerine, vous dites que vous allez apprendre à Sigrid la magie blanche. Celle qui est bonne. Celle qui est pure. Mais, et je suis désolé de vous le dire, je suis en désaccord avec vous. Je ne suis pas convaincu que la magie blanche soit la seule et l'unique. J'ai l'image du soleil en tête. Les êtres humains ont besoin de la chaleur pour vivre et se sentir à l'aise. Dans cette même idée, ils redoutent la lune qui émet une chaleur froide et fait naître les peurs et les cauchemars. Pourtant, combien de femmes se promènent-elles avec une ombrelle de peur des rayons du soleil ? Combien d'explorateurs ont soufferts de la tyrannie de l'astre en plein désert ? Au contrario, combien d'amants ont donné preuve de leur amour pur et charnel alors que la nuit était noire ? »

Hilda quitta le confort de son siège. Elle toisa Katerine de toute sa hauteur. Et ajouta finalement :

« Katerine, comme vous le comprenez dès à présent, je ne me refuse pas la possibilité de frayer avec la magie noire. Je ne suis pas une meurtrière et ne souhaite pas me complaire dans les malheurs. Mais le monde est ce qu'il est. Il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui et je suis prête à marcher dans ce genre de chemin. »

Inconsciemment, ses mains lissèrent sa robe noire. Habits de deuil. Mais, également, habits légendaires de la terrible sorcière maléfique.

« Katerine : dois-je prendre le chemin de la sortie et ne plus jamais revoir Sigrid ? »
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Dim 10 Avr - 18:15


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



Il n’y avait aucune colère dans la voix de Hilda mais soudain, Katerine eut l’impression qu’elle avait affaire à une femme de son âge et non plus une jeune femme, tout juste mariée et déjà veuve, qui s’essayait non pas de lui donner des leçons sur une existence déjà accomplie que de l’entrainer sur d’autres voies. Avec peine, elle l’écouta parler de la magie noire, fermant brièvement les yeux, d’une tristesse et d’une déception qu’elle ne put se résoudre à dissimuler. Il y avait de la peur, dans son cœur de mère. Une peur animale que l’on tente de s’en prendre à fille. La situation était déjà assez compliquée pour que Sigrid y soit d’autant plus menacée par les choix de vie de sa sœur. Aussi, quand Hilda s’en vint à poser l’ultime question, Katerine ne put que se résoudre à chuchoter :

« Tu connais déjà ma réponse. » Sa voix se brisa, ses yeux se rouvrirent. Et ce fut un sourire désolé qu’elle offrit à Hilda, en plus de quelques explications misérablement balbutiées.

« Je ne tiens pas à la voir prendre les mêmes chemins que toi. Tu ne sais pas encore quels seront tes choix mais je devine que tu ne t’en tiendras pas à de la simple curiosité. Il y a une force en toi une soif de magie qui ne peut être apaisée. Tu viens de découvrir ton don et tu veux déjà tout entreprendre avant de t’assurer ta spécialisation. Et ton pouvoir peut être un pouvoir de mort comme un pouvoir de changement, à l’odeur sucré de bonbon. Tu as déjà tué deux fois. Et la police viendra sans doute bien vite t’interroger quand ils se rendront compte de la disparition de Johan. C’est sur cette voie que tu souhaites entrainer ta sœur ? Comptant sur son amour comme seule protection contre le monde ? Les choses ne fonctionnent pas ainsi. »

Katerine se leva, dans un froissement de robe. Et les mains tendues, elle supplia.

« Elle est encore dans ma chambre, à chercher un éventail qu’elle ne trouvera pas puisqu’il est ici, dissimulé dans les replis du fauteuil. Elle va s’entêter, comme elle le fait chaque fois. Tu as dix minutes devant toi pour quitter cette pièce et notre vie par la même occasion. Pars, je te laisse le fiacre et son cocher pour t’emmener là où tu voudras. »

Puis plus bas.

« Mais je te refuse l’adieu que tu voudrais lui donner. Je le lui refuse au risque de. Ma pauvre enfant. Ma pauvre fille, sache que je t’aime, mais si tu tentes quoique ce soit, je te montrerai ce que vaut une fée par rapport à une sorcière… »

Ses yeux s’embuèrent.

« Obéis-moi sans esclandre. Va-t-en… »


Spoiler:
 








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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Sam 23 Avr - 14:09
Il ne faut jamais parler à la légère. Les mots ont une puissance non négligeable. En quelques minutes, Hilda affronta plusieurs émotions et aboutit à une situation de non-retour.

D'abord, elle aurait voulu dire à Katerine que ce n'était pas malin d'énerver Sigrid dans la recherche d'un éventail qu'elle ne pourrait trouver. Elle n'eut pas le temps de lui dire que son sourire était déjà mort-né.

La colère alimenta alors son cœur lors de quelques battements. Certes, elle comprenait que la nouvelle voie qu'elle empruntait ne serait pas celle d'une princesse de conte de fée (quoique, cela dépendait de quelle version on prenait...) mais Katerine ne connaissait pas sa sœur comme elle la connaissait. Sigrid avait une grande puissance en elle. Elle était beaucoup plus mature que ce que sa mère imaginait.

Mais la colère ne dura pas. Comment Hilda, qui avait toujours été une grande sœur pour tous, qui avait un tempérament chaleureux ; comment pouvait-elle résister au spectacle d'une mère qui chasse sa presque-fille, les yeux embués de larmes retenus à grands peines ?

Alors le temps sembla se figer pour Hilda. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle même faire ? Le temps semblait toujours immobile tandis que ses pensées voyageaient à la vitesse de la lumière. Elle avait la sensation que deux semaines étaient passées alors que ce n'était qu'une minute.

« Je m'en vais, Katerine. Mais je veux seulement que vous sachiez ceci : en ce jour, je perds une sœur et une mère. »

Hilda ouvrit la porte et s'immobilisa. Elle se retourna vers Katerine et ajouta :

« Katerine, je comprends et partage vos sentiments. Mais permettez-moi d'ajouter une dernière pensée : en me chassant de chez vous, vous m'avez éloigné de votre lumière. Sans vouloir vous culpabiliser ou rejeter la faute de mes prochains actes, en m'éloignant de votre sagesse et de votre expérience, en fuyant ma forte petite sœur, vous me poussez vers ces ténèbres criminelles. »

Le corps de la sorcière noire passa la porte. Katerine dans la pièce et Hilda dans le couloir, cette dernière ajouta finalement :

« Adieu Katerine. »

Puis Hilda s'en alla...
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MessageSujet: Re: [An - 20] Nous sommes des êtres de magie   Sam 30 Avr - 14:55


Nous sommes des êtres de magie

with Hilda (an -20)



Katerine se tenait droite, les poings serrés, se retenant à tout prix de prendre cette jeune fille au cœur brisé dans ses bras, de céder à sa propre pulsion de mère. Face au regard bleu et déçu, face à ces propos qui la heurtaient, elle ne put que relever le menton, avant de secouer la tête, lentement, de gauche à droite, en signe de dénégation.

« Si tu dois sombrer vers les ténèbres, tu ne t’en prendras qu’à toi-même. Et tu le feras seule. » Répéta-t-elle, comme un murmure, une manière de se convaincre de laisser l’enfant partir et devenir femme. Elle était meurtrière – d’un double assassinat et sa fille avait déjà été beaucoup trop complice de ces crimes pour qu’elle puisse les protéger toutes deux. Sigrid aurait un alibi. Et elle trouverait de quoi la convaincre, quitte à user de la magie pour se faire, cela elle se le promettait.

La porte se referma sur le passage de Hilda, comme une page trop vite tournée. Et la mère s’effondra dans son fauteuil, soupirant, la main sur la tempe, guettant les pas qui s’éloignaient à l’exact opposé des chambres, ne pouvant que la rassurer sur l’obéissance de la sorcière.

Elle s’accorda quelques minutes avec elle-même avant de pouvoir affronter la nature féérique de Sigrid et ses questions. Quelques minutes seulement.

Quelques minutes, de trop.


~



Le fiacre était devant la porte, cocher aux rennes, rue déserte. Le majordome ouvrit la porte à Hilda et dans son regard, il y eut comme une ombre, un soucis, une question. Il ne se permit pourtant pas de la questionner et la salua, comme la dame qu’elle était, avec respect et discrétion, avant de refermer cette dernière porte sur sa vie et celle des Ferenbach.

Cela semblait être tout. Dehors, la nuit tombait. Les chandelles étaient allumées et les allumeurs de réverbères avaient fait leur office. Il lui fallait rentrer, quelque part, mais où mis à part sur le lieu du crime ?

C’était certainement une mauvaise idée, pourtant, le cocher ne lui demanda pas l’adresse. Se contentant de lui ouvrir la porte du fiacre, avant de s’écarter, les poches tintant lourdement d’une bourse qu’on venait de prendre soin de lui donner.

« Tu en as mis du temps ! » Clama alors une voix à l’intérieur.

Sigrid en eut le regard étincellant, savourant sans doute l’étonnement de sa sœur.

En face d’elle, deux valises. Pour ne pas attirer l’attention des fenêtres de la grande maison.

« J’ai compris que je ne te reverrai pas quand elle m’a demandé l’eventail. J’ai cherché. Je ne l’ai pas trouvé. Alors j’ai pris le temps d’emmener quelques affaires en plus de mes économies. … Je dois bien avouer que j’ai fais un bref passage dans le bureau de mon père pour les compléter. Monte vite, cale toi contre moi. J’ai un plaid et la nuit est bien froide. »


Elle eut un rire, discret. Ses tresses s’agitèrent dans la pénombre. Son regard fut tout de même mortellement sérieux.

« On m’a menti et je ne pardonne pas. Et je ne souhaite pas le faire non plus. Je t’ai dis que nos vies étaient liées et que je serais toujours là pour toi si tu le souhaites. C’est encore le cas ce soir. Maintenant nous allons nous rendre à Varsovie. Nous prendrons des hôtels et tu joueras mon chaperon. Nous voyagerons en paix – Ludovic a été grassement payé pour cette commission, néanmoins, nous changerons bien vite de cocher, pour ne pas que les autorités nous suivent quand ma mère aura décidé que ma fugue a trop duré. »

Calmement, elle lui prit la main. La serra, avec affection.

« J’ai choisis mon chemin. Et il est avec toi. »


~



Si le livre est refermé, un autre s’ouvre soudain. Dans la décision que prend la fée, et sur laquelle on ne la fera pas revenir. Ni arguments, ni conseils, ni peur ne la feront se retourner et c’est tendrement qu'on la trouve, dans les cahots, blottie contre Hilda, la joue contre son sein, à écouter ses battements de cœur.

Dans le fond, Sigrid n’est encore qu’une petite fille mais elle a choisi la manière dont elle veut apprendre et grandir.

C’est aux côtés d’une sorcière. Leur apprentissage commence maintenant.
La suite est à écrire.




~


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