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 An -08 - Diamonds and Jasmine

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Invité
Faye Morley

MessageSujet: An -08 - Diamonds and Jasmine   Lun 10 Aoû - 18:29
Alentours de Surat

Le soleil se couchait sur la mer, l'air chaud de l'été indien transportait une myriade de senteurs exquises aux narines curieuse de la jeune maîtresse, qui ne se lassait, de son perchoir, de regarder ce spectacle. Faye regardait, reniflait, ressentait, apaisée, alors qu'en bas au rez-de-chaussée, tous les domestiques de son père s'affairaient. Les canopées basses des arbres étaient taillées, des torches odorantes étaient plantées, des décorations étaient dressées en prévision de la grande fete donnée au domaine des Morley. Ce soir encore, son père offrirait ces pierres translucides et brillantes que tout le monde s'arrachait, dans ce pays lointain dont on lui comptait sans répit les « merveilles ». L'Angleterre.
Un jour, lui avait-on dit, elle y retournerait. Mais c'était ici que Faye, du haut de ses sept ans et demi, avait décidé de rester. C'était tout ce qu'elle connaissait, et l'image qu'on avait dépeinte de la mère patrie ne l'avait guère enchantée, c'était le moins que l'on pouvait dire : des villes partout, de la pluie, de la neige en hiver, et puis quoi encore ?
Il lui suffisait de regarder les arbres aux fleurs si jolies et parfumées devant ce crépuscule aux teintes chaudes pour se cramponner au rebord de sa fenetre. Si quelqu'un voulait l'emmener, il faudrait qu'il lui coupe les mains !

Puis son regard fut à nouveau attiré par le flot de domestiques enturbannés qui s'activait en contrebas. De son perchoir, elle eut dit une colonne de fourmis. On amenait des tables, des chaises, des nappes, l'argenterie... Bientôt, ce serait au tour des chefs de faire leur entrée, puis les invités, attirés par les senteurs de la pitance, ne se feraient pas attendre. Faye resterait ici. Père disait toujours que les discussions de grandes personnes pouvaient pourrir les oreilles des gentilles filles. La petite s'en fichait, leurs histoires de cailloux ne l'intéressaient pas de toutes façons. Elle voulait juste s'enfuir un peu, retrouver sa balançoire là-bas, sous le cerisier que son père avait fait venir du Japon. Profiter un peu de la fraîcheur de la nuit, s'allonger dans l'herbe et regarder les étoiles, pour finir, aller se baigner dans la mer comme les petits des domestiques.

« La maîtresse devrait prendre son bain. »

Faye se retourna et alla courir dans le sari d'Arjuni, la jeune fille qui lui servait de camériste. Du haut de ses dix sept ans, elle était sa confidente, sa seule figure maternelle dans le monde d'hommes dans lequel son père la tirait continuellement. La petite enfouit son nez dans le taffeta coloré, retrouvant cette senteur fleurie qu'elle aimait tant.

« Je veux que tu me parfumes les cheveux, Arjuni, lui dit-elle dans un urdu bancal. »

Son père avait interdit que Faye apprenne les langues locales. Il y en avait tellement, ç'aurait été difficile. Arjuni regarda autour d'elle, paniquée, puis lui répondit dans un anglais tout aussi branlant.

« La maîtresse ne doit pas parler la langue, et si le maître l'apprenait ? 
- Papa a d'autres chats à fouetter, rétorqua t-elle dans son anglais à l'accent tout à fait précieux. »


Comme elle l'avait prévu, Arjuni ne saisit pas l'expression.

« Puis-je porter un sari au moins ? Il fait chaud ce soir. »

Arjuni secoua la tete, torturée.

« Le maître ne veut pas que la maîtresse porte ces vêtements là. »

Le maître voulait que sa fille soit une vraie anglaise, une vraie anglaise qui n'avait pourtant jamais vu l'Angleterre.

« Barae meharbani, murmura t-elle en relevant sa petite tête sur sa servante, lui décochant un regard suppliant comme elle savait si bien le faire. »

Arjuni sembla hésiter un moment, aux prises entre déplaire à son maître qu'elle voyait relativement peu et sa jeune maîtresse au caractère déjà bien affirmé.

« D'accord, finit-elle par souffler. »

Faye fourra à nouveau son nez dans le sari en riant.

Il n'y avait rien que la petite appréciait plus que l'odeur du jasmin et du santal mêlées dans son bain. Sa longue chevelure embaumait agréablement l'air sans l'alourdir alors qu'Arjuni peignait sa toison rousse encore humide, Faye sagement assise par terre contre ses jambes. Dehors, la nuit était tombée et on pouvait entendre les éclats de rire des grandes personnes qui parlaient toutes anglais, trop fières pour s'intéresser à la richesse des autochtones.

« La maîtresse veut que je les tresse ? 
- Non, non, laisse-les, je préfère ! »


Faye se leva, plissant son petit sari de coton léger sur elle. Contrairement à ceux des femmes de la région, il était simple, couleur crème, sans fioritures, elle l'adorait. On était bien mieux sans tous ces froufrous, guipures et jupons ! Elle se trouvait parfaitement ridicule dedans, au milieu des servants en turbans, sari et pajamas. Elle trouvait tous les anglais ridicules de toutes façons !

Arjuni la couvait d'un air bienveillant. Faye alla la serrer dans ses petits bras, souriante, se demandant quel stratagème utiliserait-elle aujourd'hui pour échapper à la surveillance de sa chère suivante. Ce n'était pas bien compliqué, après tout.
Elle fit mine de jouer sur le rebord de la fenêtre avec une de ses poupées, quand, d'un geste ô combien maladroit, elle laissa choir son jouet dans le vide. Puis s'ensuivit cris et pleurs, suppliant qu'Arjuni aille chercher et « recoller » les morceaux de « Miss Macaron » qui s'était brisée en bas.
La jeune fille avait le choix entre l'entendre geindre (et Faye était très patiente à ce niveau là), ou aller chercher le jouet irréparable qui gisait deux étages plus bas, et ainsi perdre son adorable pupille des yeux.

Le choix fut vite fait : Arjuni s'élança dehors.

Mission accomplie. Faye ne regretterait rien, elle avait toujours trouvé Miss Macaron moche, de toute façon. Sournoise, elle se faufila au dehors, profitant de l'agitation dans laquelle le banquet de son père plongeait tous les serviteurs pour sortir par une porte dans les cuisines, empoignant quelques prunes juteuses au passage.

Une brise fraîche souleva sa chevelure rousse et parfumée. Enfin, un semblant de liberté. Quant à Arjuni, la petite savait qu'elle avait trop peur du Maître pour se risquer à lui dire que sa fille avait échappé à sa surveillance, qui plus est alors qu'il était en dîner d'affaires. C'était légèrement fourbe, Faye le savait, mais elle réparerait la faute avec un de ces regards suppliants dont elle avait le secret.

La petite haussa les épaules en souriant, mordant dans une prune sucrée, trottinant vers sa balançoire, camouflée derrière les branches chargées de fleurs pâles. Un jardinier avait juste pris le soin de couper quelques branches dans le rideau végétal, lui créant une entrée dans une tente de fleurs. Là, assise sur sa petite planche de bois, elle pouvait entrapercevoir les astres piqueter le ciel bleu roi entre les canopées. Elle se régalait des bribes de voix, mêlées à des notes de musique jouées au sitar.

Apaisée, la petite se mit à se balancer légèrement, improvisant quelques paroles sur l'air de sitar de sa voix claire et fluette.
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L'ombre
Jahan Shah Farvahar
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MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Dim 16 Aoû - 1:02
A force de marcher, mes ampoules avaient des ampoules. Je n'avançais plus assez vite au gré de Papa qui pestait sans cesse. Peut-être que ne pas vouloir mettre de chaussures pour un si long trajet n'était pas la plus grandiose de mes idées. Néanmoins, plusieurs mois alité, suite à ma rencontre avec un certain serpent, avaient aiguisé mon envie de sentir la terre sous mes pieds et nous quittions enfin le sanctuaire pour voyager ! Pouvait-on sérieusement blâmer un enfant de pas encore huit ans pour vouloir vivre un peu ? De guerre lasse, ennuyé par les soupirs agacés de Papa et mes gémissements de douleurs à chaque pas, Tanvir me souleva sur ses épaules.

Juché aussi haut, les deux mains autour du turban clair de mon porteur, le monde s'offrait à mon regard : Aux étendues ocres de nos précieux déserts succédaient l'écrin luxurieux des forêts indiennes. Nous nous étions faufiler par les sentiers des sylphes lovés contre des escarpements rocheux afin d'éviter les zones conflictuelles, là où les anglais cherchaient à voler la richesse de nos terres pour leur seul profit. Si les sylphes ne s'attardent guère à qui laboure la terre, la tribu efrit habitant sur la frontière goûtait peu à l'irruption des forces humaines occidentales dans ses affaires. Hélas, avec le conflit constant à la frontière ottomane, les djinns ne pouvaient pas se permettre d'engager des forces dans des secondes batailles. Forces magiques et humaines locales menaient, conjointement, alors une guerre d'attrition, dérobant leur matériel aux occidentaux perdus dans la moiteur de nos forêts, la sécheresse de nos déserts et accablés par le Soleil.

Après deux-trois massages des pieds grâce à des herbes médicinales et quelques jours dans des chaussures, je gambadais et dégringolais gaiement avec les éboulis rocheux avec Yâh, mon caracal. Cadeau de rétablissement d'un ami de papa, l'animal m'avait été offert quelques mois auparavant lorsqu'on me confinait encore à mon lit. A peine sevré, avec ses grands yeux turquoises et ses oreilles noires et touffues, il avait veillé sur moi, sentinelle somnolente, se glissant sous la couverture pour dormir sur mon torse. Pour ce voyage, encore petit, il passait la majorité de son temps niché dans un baluchon d'étoffe sque je portais contre mon ventre pour ne pas épuiser ses petites pattes. Yâh était un trouillard la majorité du temps. Il n'aimait pas les étrangers et feulait dès qu'on s'approchait trop de nous. Toutefois, il adorait jouer. Aussi la course folle pour regagner la plaine, non loin de la cité de Surate en Inde, lui convenait particulièrement. Même Papa, devant nos pitreries, s'était peu adouci et riait enfin. J'étais content. Papa avait été fâché presque tout le temps depuis que je m'étais fait mordre. Tanvir me rassurait en disant que c'était parce qu'il avait eu peur de me perdre et qu'il se sentait coupable de m'avoir laissé seul. Mais je trouvais ça impossible : Mon Papa n'avait peur de rien.

Notre présence en Inde, dans cette cité précise, avait de multiples raisons. Premièrement, nous devions assister à un mariage, celui de mon oncle, le frère de Mère, avec une riche humaine. Mère, naturellement, n'assistait pas à l'événement qu'elle qualifiait d'hérésie et déchéance pour son sang. Père confia à Tanvir que sa Première épouse n'arrivait pas à saisir que la guerre hurlait à nos portes et que les pouvoirs à cumuler ne devaient plus être purement magiques. A cet instant, je ne comprenais pas exactement tout ce que cela sous-tendait : le besoin de contacts à l'étranger, de soutiens financiers et du commerce pour soutenir l'effort de guerre, l'afflux des clans ottomans exilés, à mon âge, tout cela était encore trop complexe. Mais je comprenais déjà que l'union était pour le bien du clan, quand bien même on m'avait rabâché les oreilles pendant tout le trajet sur un point de détail très important : Eviter au maximum d'utiliser la magie.

La seconde raison du voyage était un passage vers un des temples de la région. Toutefois, lorsque nous nous rassemblions autour du feu, les adultes n'en parlaient guère. Papa précisa simplement qu'il était question d'y voir quelqu'un. De fait, je ne savais pas pourquoi l'objectif justifiait un voyage de notre part simplement pour "voir". La troisième et dernière raison, officiellement, m'intéressait beaucoup plus : Si je me comportais bien durant le séjour, que j'obéissais aux ordres, Papa m'emmènerait avec lui en Occident. Un grand voyage de plusieurs mois, voire d'un an complet à sillonner des payages neufs, à rencontrer des gens très différents et visiter les autres lieux magiques du monde. Peut-être que cet raison-là avait été ajoutée par la suite, juste avant de pénétrer dans la cité occupée par les Anglais pour que je me tienne tranquille. Peu importait la véracité de l'affirmation, la stratégie fonctionnait à merveille ! Sage comme une image, un vrai petit ange diraient les chrétiens. Pas une seule fois, je ne fis appel à la magie, même pas pour une petite farce de rien du tout. Je ne cherchais même pas à me cacher dans l'ombre des gens pour leur emprunter à très longue durée des bibelots. Tellement sage que, lorsque le père de la mariée nous convia, après les festivités de l'union, à une soirée organisée par son partenaire commercial, un riche anglais, j'eus le droit d'accompagner mon oncle, mon père et lui-même à la fête.

Qu'est-ce que je m'y ennuyais ! Mes vêtements me pesaient sur la peau et m'étouffaient. J'étais attifé d'une longue tunique, avec des manches couvrantes, bordeaux avec, sur le haut du col, des broderies d'or. Un sherwani que ça s'appelait. En bas, je portais un sarouel blanc, mais pas ample comme d'habitude, il me serrait sur les mollets et ça ne laissait pas passer le vent de la même façon. Aux pieds, mes babouches assorties au haut rebiquaient moins qu'à l'accoutumée. Comme il ne fallait pas que nos hôtes découvrent que nous étions perses ou sylphes, Papa et moi, nous avons dû retirer nos chèches. Voir Papa, sans foulard sur la tête en présence d'étrangers et à l'extérieur, affublé d'une coiffure de tresses enroulées en chignon avec un seul bijou accroché pour trôner sur son front, me fit beaucoup rire. L'hilarité secoua encore plus mes épaules quand un serviteur proposa de le raser. A dire vrai, Papa l'avait tellement mal pris que le pauvre bougre en avait eu la frayeur de sa vie. En revanche, j'appréciai beaucoup moins lorsqu'il fut mon tour de me faire torturer de la même manière. J'avais l'impression d'être une fille ! En voyant me mine dépitée, le rire-tempête de Papa avait résonné dans toute la demeure.

A la fête, il n'y avait pas d'autres enfants. Les adultes discutaient entre eux. La plupart du temps, ils parlaient une langue que je peinais à comprendre. Parfois même, près de certains groupes, je ne comprenais rien du tout ! Heureusement, Yâh m'accompagnait. Papa avait autorisé le félin à rester auprès de moi. Tout bas, il lui avait ordonné de faire très attention à ce que je ne file pas sinon il finirait chez les Efrits. Je n'avais pas trop envie qu'ils tentent de griller Yâh à la broche pour le manger, alors je restais longuement assis en balançant mes pieds dans le vide, sur un banc. Des gens, curieux, venait parfois me saluer. Les spectres posaient souvent les mêmes questions : Quel royaume, les richesses de nos terres, si je voulais voir l'Angleterre pour y apprendre à être un gentleman. Alors je répondais poliment comme on m'avait appris pour ici, que Papa était le Roi d'une petite principauté - qui n'existait pas - au nord de la Perse, que j'étais l'héritier, que nos terres étaient les plus magnifiques et riches du monde, mais que je ne voulais pas venir en Angleterre parce que je préférais la Russie. Les Spectres suaient alors un petit peu et rajoutaient pleins de courbettes pour s'adresser à moi, vantait à nouveau les qualités de son pays pour le plus courageux. Les autres, des pas aristocrates, s'arrêtaient assez vite et je pouvais caresser tranquillement Yâh qui faisait ses griffes sur le banc. Aucun envahisseur ne connaissait bien les environs comme l'avait dit les hommes de Papa, personne ne savaient donc que notre fameuse principauté n'était qu'une petite ville à la frontière russe et persique.

Après deux heures à me débrocher la mâchoire d'inactivité, une domestique, une belle dame, celle qui traduisait les anglais pour moi, en sari avec des longs cheveux qui sentaient vraiment bon, me chuchota qu'il y avait une balançoire cachée au fond du jardin. Après avoir informé Papa, je pris congé poliment du spectre qui organisait la fête, en m'inclinant - mais pas trop - comme on m'avais appris à le faire. Yâh sur les talons, j'explorai les jardins à la recherche de cette fameuse cachette. Le caracal, ce trouillard, sursautait devant certaines fleurs ou en contournait d'autres de très loin. Très colorées, les plantes dégageaient un parfum capiteux qui tournait un peu ma tête. Yah éternua à de multiples reprises avant de me grimper dessus pour revenir se lover contre moi dans ma ceinture de soie blanche, trop terrorisé par le terrible ennemi végétal. En ayant un peu marre de chercher, je grimpais tranquillement à un arbre, au mépris total pour les belles étoffes de ma tenue pour me nicher sur une branche. Je n'avais nul besoin d'une planche en bois pour faire balançoire ! Il suffisait de basculer en arrière, les genoux bien accrochés à la branche pour se balancer la tête en bas ! Le petit exercice dura le temps que le sang me monte un peu à la tête et qu'un son incongru ne capte mon attention : Quelqu'un chantait un peu plus loin !

Me redressant un peu, je me laissai porter par le vent pour retomber sans problème. Farfouillant dans les plantes, je finis par découvrir une entrée, ou plus vraisemblablement, je m'en créai une. Là, à quelques pas, se tenait une étrange créature. Une princesse spectre supputai-je ! Même si elle portait la tenue des femmes ici, son visage claire avait pleins de petites étoiles sur son nez et ses cheveux une teinte de flammèche. Elle ne venait assurément pas d'ici. L'impression était renforcée par les paroles de sa chanson que je ne comprenais pas du tout. Pendant plusieurs minutes, j'observai en gardant un parfait silence comme Tanvir m'expliquait qu'il fallait faire si on m'ordonnait de me cacher. Tanvir oubliait souvent que je suis vraiment très doué pour me cacher et que je réussissais déjà à les espionner Papa et lui sans qu'ils n'en sachent rien. Même qu'une fois, j'étais entré dans son ombre à Tanvir et qu'il était entré dans la tente de Samira, celle qui était très belle et dont tous les garçons étaient amoureux, qu'il lui avait dit qu'il l'aimait et qu'ils avaient enlevés tous leurs vêtements pour se glisser dans le lit. Après je suis parti parce qu'il faisait des bruits un peu bizarre. Quand j'ai tenté de dormir tout nu avec Negin, elle était très fâchée elle ! Elle m'a dit qu'on devait pas faire ça avec sa soeur. Je n'ai pas très bien compris pourquoi sur le moment parce qu'elle me disait que ça s'appelait "faire l'amour". Je l'aimais très fort Negin, je ne voyais pas pourquoi je ne pouvais pas faire de l'amour avec elle. Après j'ai grandi et j'ai compris ce que ça voulait dire en vrai.

Au bout d'un moment, j'en ai eu marre d'écouter la princesse spectre chanter. Sa voix sublime vibrait dans la nuit, mais rester seulement à écouter, ce n'était pas très drôle. Alors, je me suis relevé et j'ai touché ses cheveux-feu du bout de doigts en chantonnant, sans parole, avec elle. Quand je me suis rendu compte que ses flammes ne brûlaient pas, j'y ai glissé toute la main et me suis exclamé tout haut, dans la langue d'ici :

- Un feu qui brûle pas ! Comment tu fais ça Princesse Spectre ?


Il y avait forcément de la magie là-dessous !




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Invité
Faye Morley

MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Mer 19 Aoû - 1:33
L'herbe luxuriante lui chatouillait les pieds alors qu'elle continuait à se balancer légèrement, absorbée dans sa chanson sur les prunes et le chocolat, le nez levé vers le ciel. Est ce qu'il y avait d'autres mondes tout là-haut ? Peuplé de petites personnes ? Est ce qu'ils avaient du chocolat ? Est ce qu'ils avaient quelque chose de meilleur que le chocolat ? Non, ce n'était pas possible, rien n'était meilleur que le chocolat.

Sa chanson reprit de plus belle, une véritable ode à la mélisse sombre amère et sucrée à la fois, s’arrêtant parfois pour croquer dans une prune.
Là-bas, à l'autre bout du jardin, elle pouvait entendre les éclats de voix et de rires. Ah, qu'elle aurait voulu un compagnon de jeu, pour tromper son ennui ! Elle regardait et parlait aux étoiles tous les soirs, mais celles-ci ne lui répondaient pas. Elles étaient belles, mais pas intéressantes, un peu comme les épouses des amis de son père. Plus leurs toilettes étaient somptueuses, plus elles avaient l'air idiot.

Sa chanson se fit alors une ode aux volatiles aux plumes luxuriantes et au chant fort joli, mais au crâne de piaf.

Puis de nouveau, ses pensées divaguaient sur le chocolat, et un ou une amie avec qui le partager, faire des bêtises. En faire toute seule, elle savait faire, mais à deux, cela devait être bien plus amusant !

Son chant s’arrêta sur une note aiguë alors qu'elle avait senti une main curieuse glisser dans ses cheveux, juste au dessus de sa nuque. Elle fit volte face sur sa balançoire, tombant nez à nez avec un garçon au teint sombre, rehaussé par la blancheur de sa chevelure et l'éclat doré de ses pupilles.

«  Un feu qui brûle pas ! Comment tu fais ça Princesse Spectre ? »


Son urdu était parfait, mais son accent avait un elle-ne-savait quoi de différent. Ce n'était pas comme quand Arjuni ou les autres domestiques parlaient, celui-ci avait quelque chose de chantant. Faye ne savait pas qu'il y aurait des enfants lors de cette soirée, personne ne l'avait prévenue.

L'espace d'une seconde, la gamine se perdit dans la contemplation de cet autre, au regard si intrigant, et aux cheveux clairs si particuliers.

« et toi, comment tu fais pour avoir des cheveux tout blancs alors que t'es pas tout vieux ? »

Puis elle se leva, vive, énergisée par la présence de ce garçon qui représenterait un meilleur compagnon de jeux qu'Arjuni ou les innombrables Miss Macaron alignées dans sa chambre, dures et froides et inexpressives. Lui avait-il suffi de souhaiter un camarade pour que les étoiles tout là-haut exaucent sa prière ?

Faye regarda le garçon aux cheveux de neige, un petit sourire taquin aux lèvres, déjà joyeuses à l'idée de ne plus etre entourée de grandes et fades personnes, à l'entrée de la tente de fleurs.

« Je te dis comment je fais... Si tu m'attrapes ! Chiche ? »

Après un regard pétillant et invitant, elle s'élança dans les jardins, son rire vibrant entre les corolles colorées.
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L'ombre
Jahan Shah Farvahar
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MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Sam 22 Aoû - 17:41
Tandis que la fille m'observait, je restai bien calme, comme Papa m'avait ordonné de faire. Ennuyeux, faire des grimaces aurait été bien plus drôle ! A sa première question, je n'eus pas le temps de répondre qu'elle avait déjà enchaîné sur la suite. Quand elle parlait la langue de mère, les sonorités roulaient différemment de l'enseignement reçu. Peut-être cela venait-il de la région différente ou peut-être de la bouche spectrale mais je devais me concentrer un peu pour tout saisir.

- Je suis pas vieux !

Grondai-je tout de même, les bras déjà croisés, une moue sur les lèvres. A la provocation, je ne pouvais rester de marbre et sage : Impossible de laisser un spectre gagner ! Surtout pas sans faire semblant de se battre au moins un petit peu. Heureusement, Papa et Tanvir m'avaient répété tellement de fois qu'il ne fallait pas utiliser la magie à tord et à travers ici, que je retins le réflexe premier d'enchanter ses chaussures pour qu'elles ne capturent et enracinent ses pieds dans le sol. Avec Samir et mes camarades de jeu du clan, nous avions naturellement d'autres règles où la magie rentrait en ligne de compte. Les humains, eux, ne pouvaient pas enchanter une écharpe pour qu'elle devienne des ailes, ni des chaussures pour bondir très haut, ni comprendre la nature pour savoir comment grimper tout en haut d'un arbre ou d'une paroi rapidement en s'aidant de l'écorce ou de la pierre.

- Chiche !

Acquiesçai-je, l'orgueil tout gonflé de la jeunesse et la fierté des sylphes. Tacitement, j'acceptai la règle de jouer "en humain". Bien loin de ressentir du mépris pour eux, j'étais triste de leur sort. Au sein du clan, nous avions une ancienne légende qui racontait comment la quatrième tribu djinn, liée à la terre, fut punie par les dieux, ou la Magie selon les versions, pour avoir voulu s'ériger en dieux à leur tour, bafouant nature, magie et les antiques lois. Les plus pieux de cette tribu, privés de magie, aveugles aux merveilles du monde et sourds à la mélopée des cieux, furent épargnés de la destruction et devinrent les premiers humains. Si la plupart des clans djinns oublièrent leurs anciens frères, notre clan aurait accepté de leur accorder un semblant de protection en échange d'offrandes précieuses. Peut-être était-ce pour ça que le nom du clan désignait des sortes d'ange-gardiens dans une religion perse. Néanmoins, avec certitude, cela expliquait pourquoi je daignais jouer avec une petite humaine en me mettant sur un pied d'égalité avec elle. Je m'élançai alors à sa poursuite.

Louvoyant entre les haies, je trottinai après elle. Vêtue de son sari, elle peinerait sans doute plus que moi à grimper et à gagner une pleine vitesse. Yâh, dérangé dans sa sieste, miaula sa désapprobation et planta ses griffes à de multiples reprises dans mon ventre pour refaire sa place et son petit "nid". "Aïe" lâchai-je alors, l'extirpant de sa cachette. "Arrête" continuai-je, rassemblant un peu d'autorité en tapotant sur le bout du nez du caracal d'un index. L'animal feula. "Hé... Tu me parles pas sur ce ton, Yâh". Changeant de stratégie, le félin cligna les paupières sur ses grands yeux turquoises et frotta son museau contre mes doigts. Attendri, j'en oubliai un temps le jeu avec la Princesse Spectre et l'affront de mon compagnon pour le grattouiller complaisamment. Le manipulateur s'allongea sur le dos dès que je l'eus posé au sol, quémandant encore plus attention en ronronnant.

Sitôt que la demoiselle s'approcha de nous, le piège tendu se referma sur elle ! Yâh tournicota autour d'elle tandis que je lui prenais simplement la main.

- Je t'ai eu !

Triomphai-je. Le mignon appât à fillettes miaulait en se frottant à ses jupes.

- Raconte-moi pour tes cheveux ! Je veux savoir !

Certes, le moyen détourné et imprévu à l'origine n'était pas forcément le plus glorieux pour capturer une fille plus jeune que moi, mais j'avais rempli ses conditions ! Elle n'avait qu'à fixer des règles plus précises si elle ne voulait pas qu'on utilise des tactiques à son encontre. Yâh se cachait maintenant derrière mes jambes en bon trouillard.

- Qu'est-ce que tu fais dans ce pays, Princesse Spectre ? C'est la maison de ton papa ?

Désignai-je du pouce la demeure. Yâh retâtait le terrain en la reniflant dès que je détournai son attention. Les poils en plumeau au bout de ses oreilles sombres s'agitaient d'inquiétude et d'excitation mêlée à chaque tentative d'approche discrète. Probablement qu'il sentait l'odeur de la nourriture sur les vêtements et les mains de la demoiselle et que cela le rendait un peu plus hardi qu'à l'accoutumée.




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Faye Morley

MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Mar 29 Sep - 20:54
La fillette regarda derrière elle, s’étonnant de ne plus sentir le jeune garçon aux cheveux blancs sur ses talons. L’avait-elle déjà distancé ? Perdre son nouveau compagnon de jeux si tôt n’était pas vraiment le but de la manœuvre, aussi se décida t-elle à revenir sur ses pas, écartant les branches des saules. Non loin, elle l’entendait parler, dans une langue qu’elle ne comprenait pas. Mais à qui pouvait-il bien s’adresser ? Les adultes ne viendraient certainement pas par ici.

Ses yeux ne purent que s’ouvrir grand quand elle remarqua que son camarade n’était pas seul : il offrait ses attentions à un petit félin au pelage roux et aux grands yeux turquoise, qui s’étirait de bonheur en ronronnant. C’était la première fois qu’elle voyait un tel chat d’aussi près ! Son père n’avait jamais voulu d’animaux dans sa demeure. Oubliant leur jeu, elle s’approcha en riant légèrement, avançant sa main pour effleurer la boule de poils.

« Je t’ai eu ! »

Son camarade saisit la main tendue avec un sourire triomphant, alors que Faye le regardait, médusée, partagée entre etre offusquée d’avoir été roulée et être attendrie par la petite chose ronronnante qui se frottait contre ses chevilles.
Et voilà qu’à présent, il exigeait sa récompense ! La petite rousse finit par souffler, agacée qu’on se soit jouée d’elle. Elle fixait le garçon aux cheveux blancs, sourcils froncés, ses yeux vert lançant des éclairs, les joues gonflées, espérant lui faire regretter son petit tour par un regard si méchant. Ca marchait, d’habitude. Il lui fallait essayer !

Elle allait lui donner satisfaction quand il enchaîna avec une autre question, la faisant rouler des yeux et taper légèrement du pied en soupirant. Il était vraiment trop impatient !

« J’allais te répondre, là ! Si tu veux une autre réponse, il va falloir la mériter. »

Faye releva le menton avec un sourire canaille en le regardant, sa petite main blanche toujours dans la sienne. Puis elle l’attira derrière le rideau de branchages, écartant légèrement un pan pour qu’ils aient vue sur le banquet.

« Tiens. Tu vois la dame assise là bas ? Celle avec les cheveux tout blancs comme toi ? »

Elle lui montrait une dame ridée à l’air sévère assise en bout de table. Sa tenue n’était pas commune, et comparée aux autres toilettes bigarrées, la sienne faisait … austère. Mais plus que les plus riches parures de l’assemblée, c’étaient ses yeux qui brillaient. Comme elle les regardait, tous ! Ils semblaient indignes de sa présence, de son regard même, et elle les punissait en les couvant de ses yeux de glace. Isolée, ne leur parlant pas, elle se drapait dans sa sage dignité de doyenne.

« C’est ma Granny. Tu vois, avant, elle avait les cheveux comme moi, et ma maman aussi. Elle m’a dit que c’est un cadeau qu’un magicien a fait à mon arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière… »

Elle reprit son souffle.

« … Arrière granny parce qu’elle était vraiment très gentille et très forte, et très belle aussi. Granny me dit que toutes les filles de notre clan ont les cheveux comme ça. Et que moi aussi j’aurai une fille avec des cheveux de feu. Même si je sais pas comment encore, il faut que je la trouve mais Granny m’a dit que c’est pas pour tout de suite. »

Faye se redressa.

« Voilà, tu sais. Maintenant à ton tour ! Pourquoi tes cheveux sont blancs ? »

La rouquine vit le caracal tenter de l’approcher à nouveau, et tendant sa main libre, essaya de le caresser. Le bond que fit le félin à son approche fut presque comique, et ne put que la faire rire aux éclats.

« Mais t’es une vraie poule mouillée ! »

Le chaton feula, ne semblant pas apprécier que l’on se moque de lui, la faisant rire de plus belle et tirer la langue vers lui, narquoise.

Des exclamations de stupeur s’élevèrent de l’autre côté du jardin, captant l’attention de Faye, qui s’approcha en tenant toujours son compagnon par la main. Les invités se mirent à applaudir, et pour cause, une énorme pièce montée en forme de paon avait fait son apparition, soutenue par quatre porteurs en turban. Le corps du volatile était composé de petits choux enrobés d’appétissant caramel, et le plumage bariolé de feuilles et de fruits, le tout surplombé d’effets pyrotechniques du meilleur effet. Son père avait toujours aimé en mettre plein la vue, et ça fonctionnait ! La seule qui n’avait pas les yeux ronds comme des billes était sa Granny.

Une fois l’oiseau de paradis déposé sur une table dont la nappe touchait le sol, Faye regarda son camarade avec un œil pétillant et un sourire de gavroche. Pas même besoin de parler, son regard était pétri de gourmandise : l’appel des pâtisserie se faisait pressant, conjugué à un autre, celui de l’espièglerie pure. Le problème c’était que même la petite fille ne savait encore comment répondre à ce dernier.
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Jahan Shah Farvahar
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MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Dim 4 Oct - 11:14
Aux yeux fâchés, aux joues gonflées, je répondis par une grimace, louchant, la langue tirée brièvement. Quelle étrangeté cette princesse spectre ! Malgré son teint clair et le feu dans ses cheveux, elle ressemblait presque à une fille du clan. Presque, parce que bon, les filles du clan, elles rougissent souvent quand elles me parlent et après elles rigolent bizarrement. Alors, je me suis penché sur le phénomène et j'ai observé pleins de filles, même les vieilles : Celles de mon âge rigolent et vont se cacher. Celles qui sont plus grandes mais pas encore femmes, elles m'observent sans me parler - mais elles font pareils avec tous les garçons -. Celles qui ont l'âge de Negin courent toutes après Tanvir et elles veulent tout le temps que je leur raconte s'il a une amoureuse - moi, je leur dis pas qu'il dort tout nu avec Samira sinon elles pleurent et j'aime pas trop ça quand les filles pleurent -. L'âge d'après, elles veulent tout le temps que je joue avec leurs enfants, surtout si c'est des filles en me disant qu'elles sont fortes et très belles, et me parlent beaucoup de Papa, et les vieilles, elles, me font asseoir pour écouter des histoires de gens qui sont morts depuis longtemps tout en me gavant de biscuits au miel. J'aime bien les biscuits au miel, alors je les écoute. En conclusion, les filles sont bizarres, mais j'aime bien les faire rigoler surtout Negin.

Planqués derrières la haie, nous observions, main dans la main, les adultes. Elle me désigna une vieille toute grise et ridée qui avait l'air très fâchée d'être ici. Appliqué, j'écoutais les explications, sourcils un peu froncés. En gros, leur lignée n'avait que des filles avec des cheveux de feu à cause d'un sort lancé par un magicien. Mais une question autrement plus importante me brûlait les lèvres.

- C'est quoi une Granny ? On dirait un nom de pommes...

Lâchai-je finalement avec une moue en coin. Je me doutais un peu ça avait un rapport avec un ancêtre, une grand-mère, mais le terme sonnait bizarre à mes oreilles. A la suite, j'enchaînai avec une certaine fierté.

- Moi, je sais comment on fait pour avoir des enfants ! Il faut "faire l'amour". C'est Negin qui m'a dit ! Mais attention, il ne faut surtout pas faire ça avec sa soeur ! Mais avec Samira, c'est d'accord apparemment.

Une nouvelle moue contrariée.

- Enfin, je ne comprends pas encore tout très bien.

Alors que j'allais répondre à sa question, voilà qu'elle asticotait ce pauvre Yâh à moitié terrifié. Après un bond impressionnant, il planta ses griffes dans ma tunique qu'il grimpa au mépris total de l'étoffe précieuse. Avec un coup de main, il se nicha à nouveau dans la ceinture en tissu, tout tremblotant. Un peu agacé, un caracal était supposé être un chasseur courageux et pas un trouillard, je gourmandais Yâh de quelques mots dans ma langue pour craquer ensuite devant son regard dépité. Saleté de manipulateur...

Soudainement, un drôle d'oiseau apparut dans le jardin des adultes. Tout bariolé, il projetait des étincelles et des flammes pailletées. Une odeur entêtante de sucre noya ma bouche de salive. Même Yâh humait l'air, galvanisé par la gourmandise. Mère, elle dit que le jahanshah ne doit pas manger des sucreries parce que ça cache le poison. Alors je n'aime pas trop ça, à part si c'est au miel. Mais il fallait que je goûte à un oiseau de feu sucré ! Apparemment, la princesse Spectre ressentait le même appel du ventre. Sans crier gare, nos mains toujours jointes, je l'entraînais dans le jardin, passant à travers la haie non sans en récolter une nuée de fleurs et de feuilles au passage coincée dans nos vêtements et cheveux. Entre les jambes adultes, nous louvoyions comme dans une forêt épaisse constituée d'étoffes soyeuses et chatoyantes. Grâce à une chance insolente, j'évitai la collision avec un serviteur au plateau chargé de verres de cristal. Déstabilisé, je me rattrapai néanmoins à la robe qui enfermait une grosse dame dont le corps semblait chercher à déborder de sa prison de tissu. Pas de crac malheureux, juste ma main sur son imposant derrière une brève seconde, elle vira alors au rouge et j'ai cru un instant qu'elle allait exploser comme quand on laisse une marmite trop longtemps sur le feu. Mais non, en nous dévisageant, Princesse Spectre et moi, elle resta simplement toute rouge, parfaitement étonnée et gênée, s'éventant soudainement plus largement de son éventail. Quand je lui racontai l'histoire plus tard, Tanvir se mit à rire très fort en expliquant que son mari ne devait plus la toucher souvent à cet endroit-là. Je n'ai pas trop compris mais comme tout le monde riait, j'ai ri aussi.

Après le petit incident, j'arrêtai de courir pour éviter de me faire gronder par Papa : J'avais promis d'être sage. Un homme doit toujours tenir ses promesses, sinon il est faible. Papa discutait avec mon Oncle et comme la Granny, il arborait toujours un air stoïque, voire même légèrement agacé. Pourtant, je n'avais pas fait de bêtises. Imitant Yâh, j'approchai de lui et tirai légèrement sur son sherwani. Mes yeux d'or tout illuminés d'envie, presque solonnel, je lui demandai :

- Bâbâ ? La Princesse et moi, nous avons le droit d'avoir chacun un gros bout de l'oiseau ?

L'attention détournée de sa discussion tout bas avec mon oncle, son regard se posa longuement sur moi, puis sur ma camarade de jeu. Nos mises brouillon, surtout les fleurs coincées dans ma tignasse suspectai-je, lui arrachèrent un bref sourire amusé. Il s'inclina poliment devant la petite princesse spectre.

- Si les parents de la princesse lui autorisent de manger des sucreries, oui. Seulement quand elle aura mangé, tu pourras aussi en avoir une part... si tu ne dis rien à ta mère.

Me taquina-t-il. Puis, je savais bien que la politesse voulait que je ne mange pas avant mon hôte. Précaution simple pour s'assurer que la nourriture n'était pas empoisonnée. Je me rappelai bien de cette règle-là ! J'étais pas idiot non plus. Puis, j'allais surtout pas le dire à Mère. Elle trouverait déjà sans doute pleins de choses à redire sur les leçons que je n'aurai pas assez bien appris selon elle, parfaitement pour le reste du monde, quand elle m'accordera un entretien. Je reportai alors mon attention sur la princesse spectre, impatient et parfaitement inconscient, pour l'instant, des regards posés sur notre étrange duo.




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Faye Morley

MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Dim 18 Oct - 19:24
Faye ne put que suivre son compagnon de jeu dans la melée des invités, prise dans une nuée d’étoffes légères et colorées, de taffetas, de velours, de parfums capiteux presque suffocants mélangés aux arômes de sueur et de nourriture.
Lorsqu’ils s’arretèrent au niveau de la table des invités, la fillette retint son souffle quand elle le vit s’adresser à ce qui semblait etre leur chef. Il avait fière allure, et quand il posa son regard doré et perçant sur elle, elle se sentit comme hypnotisée. Il inclina respectueusement la tete vers elle, et Faye n’y répondit qu’après quelques secondes, intimidée.

Son père la croyait dans sa chambre, aussi arriver jusqu’à l’oiseau de choux et pouvoir s’en repaître sans se faire voir serait un défi qu’elle voulait relever. Elle sourit malicieusement à son camarade et ce fut à son tour de se faire promener.

« Il doit etre trop bon ! »

Faye riait, puis s’arreta net en poussant un cri.

« Mon papa ! »

Puis elle se mit à le tirer de plus belle, faisant des détours tout en gardant le regard tourné vers un homme richement habillé dans un costume de velours vert profond impeccablement coupé, son bouc parfaitement sculpté qui discutait avec des invités.

« Viiiiite ! »

Agile et vive, elle attira son compagnon jusque sous la table sur laquelle reposait l’oiseau de feu, cachés par la longue nappe blanche qui touchait le sol.

« Il faut pas que mon papa me voit, sinon il va me renvoyer dans ma chambre et j’ai pas envie… »

Faye le surveillait, jetant un œil entre deux pans de la nappe. Quand il fut suffisamment loin, la fillette respira un peu mieux. Elle regarda son compagnon avec son sourire jovial.

« Moi j’ai bien envie de croquer dans cet oiseau, et toi ? »

Comme toujours, elle ne lui laissa pas le temps de répondre, pour aller relever la nappe de l’autre côté de la table, ou les invités ou les serviteurs ne pourraient la voir alors qu’elle se hissait à demi pour atteindre les assiettes déjà préparées.

« Tadaaaa ! »

La fillette revint avec deux assiettes de choux à la crème recouvert de caramel doré, et en tendit une à son compagnon.

« Bon appétit ! »

Affamée, Faye prit un petit chou avec ses doigts et le dégusta avec déléctation, se léchant meme les doigts. Puis elle remarqua que son compagnon ne s’était pas jeté sur sa nourriture, contrairement à ce à quoi elle s’était attendue.

« Qu’est ce qu’il y a ? T’as pas faim ? Pourquoi tu manges pas ? »
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MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Jeu 22 Oct - 18:20
Nous nous retrouvions à fuir son père afin qu'elle puisse rester parmi les convives. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi son papa la renverrait dans sa chambre alors qu'il recevait des invités de manières informelles. Probablement que ça avait attrait au fait que les spectres traitaient leurs femmes bizarrement. Il existait peut-être une règle qui obligeait les filles à rester cacher en présence d'étrangers. N'ayant aucune envie qu'on me retire ma compagne de jeu, je me pliais de bonne grâce au fait de me cacher sous une table nappé de blanc.

- Tu sais, si tu veux pas qu'on te trouve, faut pas crier.

Lui chuchotai-je toujours perturbé par son manque de logique. Notre abri ressemblait un peu à une tente à l'étoffe trop élimée. Il manquait surtout de coussins à mon goût. Tandis qu'elle récupérait des assiettes, je m'installai en tailleur sagement. Pas de magie, j'avais promis. Pas moyen donc de rentre notre cachette plus amusante.

Je prends mon assiette entre les mains en la regardant un instant avant de la poser sur mes pieds joints pour éviter que le plat repose au sol. Yâh huma le plat et sortit la tête de sa cachette. Le caracal se pourléchait les babines et seule ma main lui barrait le passage vers ce qu'il considérait être sa récompense. Récompense pour quoi ? Je me le demandais bien. Peut-être pour sa couardise légendaire. Patiemment, j'attendis que la demoiselle finisse sa première sucrerie et se lèche les doigts avant d'étendre à mon tour les miens autour de la petit sphère gourmande. Interloqué à sa question, je la dévisageai les yeux ronds.

- Bah parce que tu n'avais pas mangé. Je ne suis pas un sauvage.

Comme elle ne semblait pas comprendre, je continuai mon explication.

- Comme c'est ta maison, je ne peux pas manger sans que tu en donnes l'autorisation en prenant ta première bouchée. Parce que... je ne sais pas si tu veux prier tes dieux ou tes ancêtres pour les remercier pour la nourriture, si ton clan a des rites spéciaux comme se laver les mains avec de l'eau avec des pétales de roses, pour être sûr que tu ne te prives pas pour me recevoir et d'autres trucs.

Je n'allais pas lui dire qu'il fallait aussi s'assurer que la nourriture n'était pas empoisonnée, ça ne serait pas poli. Puis, je ne mentais pas ! Pour un nomade, la coutume découlait de l'impératif de ne pas froisser un hôte en oubliant de remercier ses dieux, en commettant un impair quelconque dans l'étiquette locale. Sans plus tergiverser, je portai le dessert à mes lèvres et y croquai.

- Oh ! C'est des nan khamei !

M'exclamai-je. La crème remplissait ma bouche et le caramel croquant s'y mélait comme si les deux textures rivalisaient pour taquiner mon palais. Hé, j'en avais déjà piqué quelques uns à Negin, mais il fallait pas dire à Mère ou Bâbâ. Et surtout pas Negin. Negin adore les sucreries. Surtout le baghlava. Moi aussi. Y a du miel dedans. Et le miel, c'est bien. Alors elle me grondait d'avoir été gourmand et peut-être qu'elle pleurerait. Il fallait pas qu'elle pleure. Je croquai dans un second chou et offrit la seconde moitié à Yâh qui s'empressa de lécher la crème dans la petite coquille de pâte croustillante.

- Tu veux faire quoi maintenant ?

Un autre chou à la crème englouti.

- T'as des jeux amusants ?

A dire vrai, je ne savais pas trop ce que je pouvais faire avec une fillette-spectre plus jeune que moi. Les jeux habituels me paraissaient impossible sans magie et bien trop sportif pour une demoiselle. Voilà pourquoi je me renseignais. D'un miaulement autoritaire, Yâh réclama la suite de son repas.

- Non, t'as assez mangé. Tu vas devenir plus gros qu'un éléphant !

Le taquinai-je en tapotant son museau en douceur. Je mangeai le dernier chou en me forçant un peu, pas habitué à manger autant de douceurs. Un peu écœuré même, en toute honnêteté. Tout ça ne valait pas un peu de miel !




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Faye Morley

MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Mar 15 Déc - 22:48
"T'as des jeux amusants ?"

Faye accorda un instant de réflexion à cette question. Il était hors de question pour eux de s'ennuyer. Ils s'étaient trouvés dans cette soirée barbante réservée aux grandes personnes, et s'ils ne s'amusaient pas, ce serait vraiment le bouquet.
La fillette se tapota le menton de l'index d'une manière tout à fait précieuse, regardant le plafond de leur tente improvisée, pensive. Puis son regard s'illumina soudain, son index se dressant dans l'air.

"Ah-ha ! On pourrait jouer à lire sur les lèvres !"

Sans même attendre, elle écarte d'un centimètre les pans de la nappe pour montrer une dame à l'auguste rondeur attablée devant une pile de choux à la crème tout en discutant avec un homme à sa droite. Faye s'éclaircit la gorge et prit une voix volontairement haut perchée et déclama avec un accent bourgeois forcé :

"Oh mon cher ami Charles, j'ai déjà craqué deux robes ce soir, mais ces petites pâtisseries sont vraiment dééééééééélicieuuuuuses, om nom nom nom..."

Qu'elle ponctua de grognements de porcelet avant de s'esclaffer avec son comparse. S'ensuivirent d'autres petites farces de ce genre, souvent assassines envers leurs victimes, mais qui faisaient rire les deux galopins à s'en tenir les côtes.

Profitant d'un moment d'accalmie, la jeune et intarissable Faye releva son index inquisiteur et regarda son compagnon, l'oeil pétillant de malice à faire jalouser une petite étoile.

"Ou alors on pourrait jouer... Au doigt magique ?"

Son comparse perse haussa un sourcil, ne sachant visiblement pas comment réagir.
Peut être que les garçons de son pays ne jouaient pas avec des filles, ou peut être qu'il la prenait vraiment pour une princesse, pensait la fillette, mais cela ne la freina pas pour autant lorsqu'il fallut fondre sur lui pour lui chatouiller le cou et les côtes.

Les deux chenapans se livrèrent une bataille endiablée, se débattant sous la table. On entendait parfois entre les éclats de rire les miaulements outrés de Yâh.

C'est qu'il était agile, le bougre ! Il s'esquivait comme une anguille en riant de bon coeur, et Faye se prit au jeu, essayant d'avoir le dessus. Son compère ne se laissait pas faire, et leur jeu de mains se transforma bientôt en véritable lutte. Ils roulèrent au sol, changeaient de sens, pris dans leur jeu, tant et si bien qu'ils ne virent pas qu'un pan de nappe s'était coincé sous eux.

Et ce qui devait arriver arriva :

Un énorme fracas de verre brisé et de cris de surprise, suivi d'un silence de mort.

Les deux gamins arrêtèrent immédiatement de se débattre en voyant leur cachette détruite, le bel oiseau de pâtisseries écrasé au sol, et tous les regards de l'assemblée rivés sur eux. L'extrême majorité de ceux ci étaient réprobateurs, sauf ceux de certains perses - pas celui du "Bâbâ" de son compagnon -.
Faye pointa discrètement Atêsh du doigt dans une vaine tentative de "c'est lui qu'a commencé", mais n'en menait pas large.

Elle se surprit même à trembler quand elle vit la moustache frémissante de colère de son paternel, et se tassa instinctivement sous la table maintenant nue.
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MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Mer 30 Déc - 11:42
Si le premier jeu me parut assez évident et j'y participais même activement en singeant les messieurs occidentaux en parlant avec fort éloquence de leur manque de cheveux et de la lune se reflétant sur leurs crânes lustrés, le second jeu me laissa plus dubitatif. Le doigt magique ? Mais pourquoi me gratouillait-elle les côtes en se bidonnant comme une barrique ? Qu'est-ce qu'il y avait de magique là-dedans ? Circonflexe et circonspect, un sourcil se haussa. De simples chatouilles ! Quelques secondes pour ajuster son geste furent nécessaires à ma compagne pour qu'elle ne trouve le point faible dans mon armure de calme. J'éclatai alors de rire et me tortillai en tous sens pour échapper à son opinâtreté à la tâche. Malgré une hésitation à toucher une princesse spectre, je montais à l'assaut de ses propres défenses dans une série de gratouilles taquines tout en crescendo.

Après une phase dubitative, Yâh miaulait à qui mieux mieux. Parfois, dans un regain de courage, il quittait le confort rassurant loin dans mon dos pour montrer sa désapprobation, timidement, de quelques feulement outrés et de de cavalcades vaines pour nous séparer. Hilare, je manquai de peu de l'écraser lorsque je m'écroulai sur le dos. Le petit caracal en profita, pressentant une nouvelle catastrophe, pour filer sous le drapé de la nappe pour se réfugier dans les bras de Bâba. Interrogé d'un regard sévère par mon père, il se tassa soigneusement à ses pieds, oreilles basses jusqu'à ce que mon oncle, craignant pour sa petite carcasse ne le ramasse. Impossible, même pour un guerrier, de rester de marbre devant les plumeaux de poils sombres tressaillants, au petit miaulement plaintif ou aux grands yeux humides : Yâh était un manipulateur né, dans la plus pure tradition féline, et mon oncle n'avait pas encore succombé à ses charmes assez souvent pour savoir comment les contrer.

Le drame arriva vite. L'étoffe recouvrant la table se coinça, je-ne-sais-comment, sous mon dos et, lorsque je tentais d'inverser la vapeur en torturant les flancs de la princesse spectre, tout s'écroula ! Le paon s'écrasa en une miriade de petits nan khamei dont la crème onctueuse se répandant comme autant de tâches sanguinolentes, preuves de notre assassinat aviaire. Negin pleurerait si elle savait que j'avais gâché autant de pâtisserie en faisant l'imbécile. Tétanisé, je fixais la créature sucrée comme si je craignais qu'elle ne revienne des morts. Lentement, très lentement, je tournais mon regard vers Bâba. Ses sourcils tricotaient à tout va, hésitant entre plusieurs humeurs : Dans le désert, la nourriture revêt un caractère quasi sacré. Mais dans le désert nous pouvions aussi utiliser la magie pour réparer les petites bévues de ce type. Probablement aurait-il ri en me grondant pour la forme et la véritable punition aurait eu lieu lors de ma visite à mère. Là, il hésitait. Je devais le prendre de vitesse. Trouver une solution, il fallait que j'en trouve une si je voulais parcourir le monde à ses côtés. Il avait promis de m'emmener si j'étais sage.

Tellement obnubilé par une manière de ne pas me voir priver d'une occasion d'être au coté de Bâba, j'en oubliai la présence de ma camarade. Fourbement, elle me désignait du doigt. Fronçant les sourcils, je lui jetais un regard mécontent et blessé. Elle n'avait aucun sens de la communauté ! Elle rejetait directement la faute sur moi alors qu'elle était l'instigatrice de tout le problème au final ! Lentement, je m'extirpais de notre cachette. D'un revers de main, j'époussetai ma tenue avant de me diriger directement vers le maître de maison et sa moustache tressautant de colère. Une inspiration profonde me donna le courage nécessaire pour m'incliner bien bas, ramenant une main vers mon coeur.

- Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour avoir détruit votre magnifique paon : Nous n'aurions pas dû jouer sous la table. Je suis le plus âgé de deux, alors... j'aurais dû l'arrêter. Est-ce que vous désirez quelque chose de particulier en guise d'excuse ?


Reconnaître ses tords entraient dans les devoirs d'un prince. Réparer les préjudices aussi. J'alliais les deux. Naturellement, il ne fallait pas non plus prendre tout le blâme et se mettre en position de faiblesse mais dans ce cas précis, la petite maîtresse de maison devait être défendue car plus faible. Je n'osais glisser un regard vers Bâba pour guetter son approbation. Sa grande main se nicha toutefois sur mon épaule en guise de réponse et sa haute stature dans mon dos m'emplissait de fierté comme à l'accoutumée. Mon regard se leva vers lui, illuminé d'une admiration sans borne : Mon père, mon héros. Après un sourire rassurant à mon égard, il braqua son regard sur l'anglais et le toisa un instant comme s'il le défiait ou le mettait en garde.




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Faye Morley

MessageSujet: Re: An -08 - Diamonds and Jasmine   Lun 4 Jan - 19:42
Faye ne quitta pas son camarade de jeux des yeux, alors qu'il se tenait fièrement devant son père, bientôt rejoint par l'homme qu'il appelait "Bâbâ". Son paternel à lui, sans aucun doute. Dans ses yeux de petite fille, les deux hommes semblaient de puissance égale, mais elle craignait les colères de Richard Morley.
A ce moment précis, il regardait son camarade avec un sourcil haussé, visiblement surpris de voir une telle noblesse de la part d'un si jeune garçon. Faye sentit le rouge lui monter aux joues, soudainement honteuse d'avoir voulu lui faire porter le chapeau.
Richard Morley regarda Bâbâ, se lissa la moustache avec un léger sourire, avant de s'incliner devant le jeune garçon.

"Voilà des excuses dignes d'un gentleman. Ton père doit être fier de toi. C'est d'autant plus noble de vouloir porter la culpabilité de ma petite Faye... Elle peut être une véritable plaie. Mais elle ne nous embêtera plus. Elle n'aurait même pas du être là."

La jeune Faye accusa le coup en silence, rouge de honte, se contentant de se relever alors que son père l'appelait d'un seul geste de l'index. Baissant le nez, la petite de sept ans s'avança vers son père en traînant les pieds.

"Tu vas t'excuser auprès des invités, surtout auprès de ce jeune homme qui est prêt à porter le chapeau pour tes bêtises. Après, tu retournera dans ta chambre pour y rester. Je penserai à une punition plus tard."

Faye garda le nez baissé. Elle détestait s'excuser auprès de quiconque, et n'aimait pas du tout qu'on lui enfonce le nez dans son désordre. Mais sachant qu'elle n'échapperait plus à une punition, elle prit une grande inspiration quasi théâtrale avant de déclamer d'une voix aussi claire que possible.

"Je demande pardon pour être sortie de ma chambre et d'avoir voulu jouer avec un garçon. Maintenant le paon est cassé et les invités n'ont plus de dessert..."

Puis ajouta plus bas un "Même si un gâteau au chocolat aurait été meilleur" seulement audible de Bâbâ, Richard et du jeune garçon. Richard claqua la langue d'agacement tout en appelant Arjuni d'un claquement de doigt, lui faisant bien comprendre que la jeune Morley ne devait en aucun cas sortir à nouveau de sa chambre.

Faye prit la main de sa suivante et jeta un air sincèrement désolé à son compagnon de jeu alors qu'Arjuni la tirait vers la maison. Puis, n'étant pas décidée à ce qu'ils se quittent de cette façon, lâcha la main de sa geôlière pour revenir vers Atêsh et déposer une bise sur sa joue puis lui sourire avant de s'incliner devant Bâbâ respectueusement.
Puis Arjuni la rattrapa et l'attira avec elle dans la maison.

La jeune fille lança des regards à son compagnon avant qu'il ne soit hors de vue.

Retour à la case départ.

Arjuni la tira jusque dans sa chambre du troisième étage, et Faye alla s'accouder à la fenêtre. Ce n'était même pas la peine de penser ne serait-ce qu'à l'ouvrir. La fillette regarda son père discuter avec Bâbâ, tandis que des serviteurs ramassaient les débris du paon. Les discussions reprenaient lentement à nouveau, et la petite chercha à attirer l'attention du jeune garçon en toquant à la vitre. Sûrement pour rien, il était trois étages plus bas et elle entendait la musique reprendre.

"Maîtresse !"

Arjuni l'éloigna de devant la fenêtre et tira les rideaux de coton léger, réduisant le monde extérieur à des formes et des ombres.

Faye se rendit à l'évidence, assise sur son lit, la fête était finie pour elle ce soir.
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