Juillet 4 - Marchandages

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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Mer 9 Sep - 22:13
Emerald était en deuil. Le vert était noyé par la crêpe noire des veuves. Veuve, Hildegarde l'était aussi. Doublement endeuillée, elle s'était calfeutrée dans sa demeure dès que les offices avaient été terminés. Un mois avait passé depuis la tragédie. Un mois à errer dans la demeure, tel un fantôme, sous le regard compatissant, ou critique, des domestiques.

Il avait fallu qu'Elphaba revienne dans sa vie pour que l'Austro-Hongroise revienne d'entre les morts. La sorcière avait du la secouer, lui mettre pratiquement des coups de pied aux fesses pour qu'Hildegarde revienne à elle. Retrouve toute sa verve, et toute sa combativité.

Tu leur donneras pas ce plaisir Hildegarde. Tu vas pas leur laisser l'occasion de te marcher sur les pieds. Plus d'époux, plus d'enfant. C'est un drame, soit. Mais tu es libre. Plus libre que tu ne l'as jamais été. Sèche ces pleurs de veuve, et reviens sur scène.

« Car le spectacle n'est pas terminé. » prononça, tout bas, Hildegarde à son reflet, reprenant les paroles de sa vieille amie.

L'actrice était remontée sur scène. Le grand magasin avait rouvert, rappelant en son antre des clients, toujours aussi pressés de se gorger de produits, de colifichets, à ne plus savoir qu'en faire. Les articles pour veuves se vendaient comme des petits pains : chapeaux à crêpes élégants, bouquets de fleurs mortuaires, petits flacons pour rendre les yeux larmoyants afin de faire naître les larmes exigées par la convenance... Hildegarde observait tout cet impressionnant manège, sanglée dans sa robe de deuil, se penchant sur la balustrade avec des airs de corbeau ayant trouvé dîner à sa convenance.

Néanmoins, même si la ville reprenait doucement vie, que justice avait été déclamé, les ennuis n'étaient point terminés. La sécurité avait été doublement renforcée, et d'autant plus avec les contacts extérieurs. L'empire Russe lui-même avait renforcé les mesures entourant ses livraisons à la ville. Il serait inconvenant que des biens de grande valeurs finissent aux mains de pirates, ou de terroristes.

Hildegarde dut, ainsi, aller par elle-même se rendre au port pour navires volants, à l'ouest de la cité, celui utilisé exclusivement pour les navires de marchandises. Autant dire qu'Hildegarde avait du louvoyer au sein des rues de la partie industrielle de la cité, son mouchoir parfumé plaqué sur le nez pour ne pas suffoquer. Peste, cela sentait bien pis que les décoctions qu'elle menait dans sa demeure.

Même si le navire ne possédait, en son sein, qu'une cargaison de marchandises, il demeurait superbe. Un bijou de techno-magie. Hildegarde souleva sa crêpe d'un doigt, afin de mieux voir jusqu'où montait le plus haut mât. Si elle n'avait pas été une dame bien élevée, elle aurait lâché un sifflement d'appréciation. Au lieu de cela, elle monta la passerelle, posant pied sur le navire. Ses bottines claquèrent sur les planches, tandis que la dame faisait les cent pas.

« Messieurs. Qui est donc le responsable sur ce navire ? J'entends par là, le responsable des transitions, et non le capitaine. Je n'ai aucune question à poser concernant la navigation. Je suis une dame fort occupée, j'ai un commerce à faire fructifier, voyez-vous... »

Une porte de cabine finit par s'ouvrir, laissant en sortir un homme. Grand comme seuls peuvent l'être les Scandinaves et les Russes. Le nez d'Hildegarde se fronça. Cet homme suintait l'alcool, la cigarette et... la sueur. Peste, lui avait-on envoyé un de ces soudards qui peuplaient les tavernes de l'empire Russe ? La tsarine aurait-elle eu l'outrecuidance d'envoyer son dernier amant en date en voyage d'affaires ?

Bon, de toute évidence, il tient un minimum debout.

Le sourire de circonstance orna le visage d'Hildegarde. Grand seigneur, elle alla s'incliner auprès de l'homme.

« Monsieur. Bienvenue en la belle cité d'Emerald. Hildegarde Müller, propriétaire du grand magasin La Voie pavée d'Or. Votre commanditaire a du déjà vous parler de mon époux feu Gerhard Müller. Que Dieu ait pitié de son âme. »

Le bras d'Hildegarde agrippa celui de l'homme, les obligeant à marcher bras dessus, bras dessous.

« Mais passons tout cela. Le deuil est encore frais, et je ne veux point trop m'appesentir sur ce sujet douloureux. Si nous parlions de ces marchandises ? Que nous proposez-vous aujourd'hui ? »

C'est que, jusqu'à présent, tout était livré directement à l'arrière-cour du magasin. Hildegarde était bien curieuse de fouiner dans les cales de ce navire. Ce serait comme jouer à colin-maillard. Sans les yeux bandés.

La robe de deuil:
 
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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Dim 13 Sep - 20:35

On avait affecté Kay à la protection rapprochée d'un convoi d'objets d'arts, et de certaines nouvelles inventions de l’Académie de Techno-Magie de la Mère Patrie.

L'inspecteur avait fortement protesté. Il avait une affaire de meurtres bien plus importantes sur le feu, et il n'avait pas de temps à perdre à jouer au protecteur de marchandises. Mais son supérieur lui demanda de fermer son grand clapet. Après les attentats sur la cité volante verte d'Emerald, les transports devaient être sécurisés avec des agents qualifiés. Et il faisait parti de la liste des agents de réserve en cas de besoin. Il n'y avait rien d'autre à redire. C’était un ordre qui venait d'en haut.

Une semaine plus tard le voilà à bord d'un navire volant, fumant une cigarette, dans le fumoir à bord du bateau. Il avait passé la sécurité au peigne fin, et posté son équipe à la surveillance de la marchandise. Mais l'inspecteur n'aimait pas spécialement l'air du ciel. Peut être un air trop pur pour ses poumons habitués à la fumée des cigarettes.

Le voyage dura plusieurs jours. Plusieurs jours d'un foutu calvaire qui devrait être remis pour le retour, alors qu'il avait du travail bien plus important sur le sol de sa chère Mère Patrie. Pour passer le temps Kay avait pris un dossier d’enquêtes pour le relire. Et peut être voir si un détail lui avait échappé. Mais non cette catin d'éventreuse était toujours en liberté.

Un homme vint annoncer à l'inspecteur que la ville d'Emerald était en vue. L'arrivée était pour H-1. Kay avala son café noir, d'une traite, et écrasa sa cigarette pour se lever et monter sur le pont, sa parka beige sur le dos.

— Annoncez à tout le monde d’être sur ses gardes. Nous ne savons pas l’accueil que nous réserve cette ville. Faites comme si chaque personne qui monte à bord est, potentiellement, un criminel à surveiller. Je compte sur vous tous. Je vais sûrement avoir fort à faire avec l'envoyé de leur foutue ville.

Arrivé à l'heure H tout le monde était à son poste. Kay avait faire une dernière fois le tour pour vérifier la cargaison. Il ne manquait rien et il n'y avait aucun passager clandestin. Kay retourna dans sa cabine pour renouer sa cravate, et être un minimum présentable. Il représentait la Mère Patrie après tout.

Une fois accosté, Kay sortit de la cabine et une femme vint l’interpeller. Sa première réaction était de froncer les sourcils et le nez. Cette femme empestait le parfum. Un parfum rococo, et trop fort à son goût. Puis elle se présenta et... OH MON DIEU. Qu'est-ce qu'elle parlait vite, et d'une petite voix aiguë... La journée allait être dure. Une clope. Il lui fallait une cigarette. Il prit le paquet dans, sa poche avant de se rappeler qu'on ne fumait pas en présence d'une dame, aussi irritante soit-elle.

— Bonjour, ravi de vous rencontrer. Je suis l'inspecteur Kay Sokolov et protecteur de la garnison. Et pardonnez-moi mais, non, je n'ai jamais entendu parler de feu votre époux...

Mais il n'avait même pas fini de parler que la femme lui avait pris le bras et le traînait de force. Il essaya bien de rester sur place mais la femme l’entraîna de force, d'un air nonchalant.

Et oui passons sur le deuil. Il n'avait vraiment, ni le temps, ni l'envie, de servir de mouchoir pour essuyer les larmes d'une bourgeoise en deuil. Ce genre de choses avait peu de prise sur lui. Les familles qui pleurent leurs défunts étaient limite devenus une routine pour l'inspecteur russe.

— N'avez-vous pas jeté un œil au bon de commande ? J'en doute fortement madame. Je pense que vous voulez surtout savoir si « cette chose » est bien arrivée intacte. Et bien oui votre commande à l'Institut de Techno-Magie a pu fabriquer cette chose que, selon votre demande, vous « désirez tant ». Mais pour plus de détails il va falloir respecter le protocole et signer les papiers. Je ne peux vous en dire plus sans cela.

Kay restait droit et menait toujours ses missions à bien. Même si cette mission n’était, pour lui, qu'une perte de temps il la mènerait correctement jusqu'à son dénouement.

— Voulez-vous signer les papiers à bord ? Ou avez-vous un café ? Ou vous désirez parler avec un confort autre que celle d'un simple bateau de marchandises ?

En fait c’était surtout que l'homme était stressé. Le grand inspecteur qui traquait les criminels, utilisant des basses méthodes pour avoir des informations, était mal à l'aise devant une simple bourgeoise de la cité volante. Et cela avait, pour effet, de vouloir fumer une cigarette dans l'urgence. Mais il ne pouvait ni le faire ici même, ni s’éclipser pour aller fumer. A défaut il lui fallait une dose de café noir, ou mieux un verre d'alcool.



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Dim 20 Sep - 23:49
Tant de rigueur, vraiment. Il y avait là de quoi refroidir le cœur d'une jeune fille. Hildegarde n'en relâcha pas l'homme pour autant. C'est qu'elle avait passé l'âge d'être facilement impressionnable. Elle avait côtoyé, pendant des années, la noblesse la plus imbue de sa personne de tout le continent européen. Aujourd'hui elle devait subir le babillage agaçant de la ville de Emerald. Sans compter les caprices d'une clientèle toujours exigeante. Elle avait du présider les offices d'un double enterrement, avait senti son fils la repousser, sortir de ses entrailles. Elle en avait vu tant et plus. Ce ne serait sûrement pas quelques rudes propos qui allaient lui faire perdre sa superbe.

Comme peint sur son visage, son sourire ne la quitta pas.

« Mon bon Sokolov. Je ne suis pas faite de sucre. Je serais même fort charmée de procéder à toute la paperasse administrative au sein de ce navire. Allons donc. Guidez-moi à la cale, voulez-vous. »

Relâchant l'homme, Hildegarde lui emboîta le pas, prenant le temps d'observer le décor qui l'entourait. Une succession de marches et de couloirs aux murs lisses, dépouillés de toute décoration. Fonctionnel avant tout. Après tout, le navire avait été érigé pour transporter des marchandises, non pour mener en croisière des passagers.

L'éclairage électrique tremblota quelques instants, éclairant la cale par à-coups avant de se stabiliser. Le lieu sentait le renfermé. De multiples caisses en occupaient la surface. Hildegarde se rapprocha d'une pile, après avoir demandé son guide où se trouvait sa commande. Bien entendu, les caisses étaient solidement fermés, les planches clouées.

« Est-il possible que vous en ouvriez une, que je puisse observer son contenu ? »

Hildegarde appuya sa demande, d'un sourire entendu.

« Un grand gaillard comme vous ne devrait rencontrer aucune résistance. »

Et, si besoin, il ferait appel aux gros bras présents au sein de l'équipage.




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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Lun 28 Sep - 1:02

Mon bon Sokolov ? Ils n'avaient pas élevé les cochons ensemble, de ce que savait le Russe, pour se permettre de telles familiarités vis à vis de sa personne. Cette journée allait être longue, très longue, trop longue pensa-t-il. Surtout que ce qu'elle prenait pour de la pitié n'était plutôt un effort qu'il faisait pour paraître plus gentleman. Cela ne tiendrait qu'à lui, il ferait signer les papiers, ferait tout décharger et basta, affaire classée. Mais bon les femmes, un si grand mystère en ce monde.

Kay voulait juste que la pie arrête de jacasser. Sa voix fine et rapide était comme un grincement de dents dans la tête de l'inspecteur. À se demander si cette dame n’était pas, en réalité, une hybride pie.

Une fois dans les cales il se passa ce que l'homme redoutait. Non seulement avec sa belle robe elle faisait tâche dans le décor. Mais les marins de l'air étaient souvent des hommes.Et une femme attisait les plus bas instincts des plus primitifs d'entre eux.

L'homme soupira quand ils arrivèrent à bord. Il espérait qu'elle n'allait pas se perdre. S'il arrivait quelque chose à cette bourgeoise, on allait lui passer encore un savon.

— Dites-moi mademoiselle Muller. Je n'ai pas le droit d'ouvrir ceci dans la cale. Si quoi que ce soit arrivait à la marchandise j'en serais directement tenu responsable. Mais si vous signez cette décharge je pourrais peut-être faire quelque chose pour vous ouvrir cette caisse. Ici même.

L'homme était peut être trop droit. Déformation professionnelle ? Allez savoir. C’était pourtant lui qui avait la réputation d'avoir une méthode de travail « hors norme », ou encore « aux méthodes peu orthodoxes ». Mais là il était en territoire inconnu et ne pouvait pas prendre n'importe quel risque. Et ce genre de flatterie, si simplette, n'avait aucun impact sur le policier.

— De plus je trouve qu'un lieu comme celui-ci ne convient pas à une dame de votre rang. Votre peau si pâle, les cales et le sombre ne vous sied pas du tout.

Oups il avait émit une avis personnel. Ce genre de chose contre lequel on l'avait souvent mis en garde. Il avait une franchise trop honnête , trop abrupte. Et cela ne plaisait pas à tout le monde. Kay devait noyer le poisson. Il devait proposer autre chose pour faire oublier ses paroles.

— Désirez-vous un café ? Nous en avons du très bon dans ma cabine. Nous pourrions parler de vos marchandises, plus calmement. Qu'en pensez-vous ?


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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Sam 10 Oct - 22:59
Hildegarde avait tendu la main dès que le russe avait mentionné la possibilité de signer une décharge. Allons, pressons, signons, ouvrons, déchargeons ! On devrait bannir les rituels administratifs. Et après le commun se permettait de critiquer les rituels magiques. De la bagatelle à côté d'un dossier à remplir, et faire transiter à travers de multiples services avant que de, enfin, recevoir le tampon estampillé.

L'Austro-Hongroise eut beau attendre, la décharge ne vint jamais. Au lieu de cela, la veuve eut droit à des... expressions d'inquiétude ? Hildegarde ne sut comment les interpréter. L'homme la traitait avec rudesse depuis le début – une attitude qu'elle semblait provoquer chez tous les hommes passé dix minutes de conversation. Et le voilà qui se permettait quelques remarques qui pouvaient passer pour... de la séduction ? L'Austro-Hongroise en rit sous cape.

Amusant, amusant, distrayant. Voilà une histoire qu'elle irait raconter à sa farandole d'adorables mignonnes.

« Sachez que j'aime le café point trop amer. Allons donc discuter dans un lieu plus... approprié à ma personne. »

Cette fois-ci Hildegarde se retint de reprendre le bras du Russe. Ah, un Russe. Cela lui rappelait ce charmant cuisinier, ce Makarov. Charmant homme, et détenteur d'un talent divin pour flatter les papilles. Rien que d'y songer Hildegarde avait l'eau à la bouche. Flûte ! Si le café n'était pas accompagné de biscuits, elle ne pourrait retenir les grognements de son estomac insatisfait.

La cabine où ils prirent place était aussi sommaire que l'ensemble du bâtiment. Hildegarde nota la présence d'une valise fatiguée, si harassée par les multiples voyages subis qu'elle béait, ouverture toute grande, déversant son contenu sur le lit défait. L'Austro-Hongroise embrassa les lieux du regard. Ce devait être à cela que devait ressembler une garçonnière. Il y avait même l'odeur de la fumée de cigarette continuant de planer dans l'atmosphère confiné. Hildegarde glissa un mouchoir parfumé sous son nez, inhalant l'odeur pour ne pas dévoiler son impression quant à l'odeur de la cabine. Néanmoins elle crut bon de se fendir d'un « Charmant » avant de prendre place sur sa chaise.

Le mousse du navire apporta le service à café, s'effaçant après une courbette maladroite. On aurait cru que c'était là la première femme qu'il voyait – si on éclipsait évidemment sa mère, et ses potentielles sœurs. Ouvrant le sucrier, Hildegarde préleva un, deux, trois sucres et les fit fondre dans sa tasse avec de grands mouvements de cuillères.

« Comme vous le savez, monsieur Sokolov, ces marchandises sont d'un très grand prix. J'y tiens autant que sa Majesté impériale la Tsarine. Que Dieu la soutienne. Je suis toute confiante en sa personne, mais ma confiance ne s'étend pas jusqu'au commun. Comprenez-moi. Je suis une dame qui a une affaire à faire tourner... » Hildegarde croqua un des biscuits apportés avec le café. « Je ne puis rien laisser en doute. Je me dois de tout vérifier, de tout... »

Les mots se perdirent. La langue de Hildegarde se fit pâteuse. L'Austro-Hongroise finit d'engloutir son biscuit, haussa les sourcils. Elle se sentait étrange, plus... guillerette que d'habitude. La femme cligna des yeux. Elle n'avait pourtant inhalé aucun produit en particulier. Les effets qu'elle ressentait ressemblaient à ce qu'elle avait pu éprouver, parfois, lorsque, penchée sur ses mixtures, elle respirait les fragrances d'une herbe hallucinogène.

Hildegarde se rejeta dans sa chaise. Les doigts de ses gants, caressant son front, se recouvrirent de gouttes de sueur.

« Quelle chaleur... N'y a-t-il aucun moyen d'ouvrir les fenêtres ? L'on étouffe... »

Tout en implorant cette grâce, Hildegarde avait ouvert les deux premiers boutons fermant son col. La femme finit par ôter chapeau et voilette. Un rire la secoua.

« Monsieur Sokolov... Vous avez... Vous avez un boudin à la place du nez... »

Que c'était cocasse!




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Kay de France
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Sam 24 Oct - 0:32


Kay et la pie arrivèrent dans la cabine qui lui était réservé. Ce qu'il redoutait arriva. À peine arrivée la péronnelle regarda la cabine de long en large de son regard inquisiteur. Le café fut servi. Les choses sérieuses allaient peut être enfin pouvoir commencer.

« Quelle chaleur... N'y a-t-il aucun moyen d'ouvrir les fenêtres ? L'on étouffe... »
— Pardon ?
« Monsieur Sokolov... Vous avez... Vous avez un boudin à la place du nez... »

Cela en était trop. On pouvait voir le visage de l'inspecteur tourner au rouge lave. Kay se leva d'un geste brusque, et attrapa la table sur le côté, l'envoyant balader d'un geste sec, brisant la vaisselle et laissant le café couler sur le sol.

L'inspecteur approcha devant la femme de son mètre quatre-vingt seize, la tête en direction de cette foutue péronnelle. Si elle imaginait Kay cracher des flammes et avec de la fumée sortant de ses oreilles, elle n’était pas loin de la vérité.

— Je ne te permets pas de me critiquer de la sorte, la bourgeoise de bas étage aux pis de vache imposants. J'ai été bien clément de perdre mon temps pour ta saleté de commande de merde. Alors que j'ai bien mieux à foutre que de m’occuper d'une péronnelle comme toi pour son stupide magasin. Je traque des criminels moi. J'ai pas que ça à faire que de faire le toutou à sa madame.

L'inspecteur avait du sûrement postillonner sur cette foutue pie. Mais il en avait que faire. Elle avait passé son seuil de tolérance, et pas qu'un peu. Kay fit quelque pas sur le côté et ouvrit un petit bar, marmonnant plus ou moins fort.

— Non mais pour qui elle se prend la gourgandine. Elles se sentent plus pisser dès qu'elles ont un titre ou quoi ? Elle mériterait les menottes pour outrage à agents et de la laisser attacher à sa fameuse cargaison pendant que les hommes de bords lui tournent autour, à cette comtesse hygiénique. Enfin s'ils s’arrêtent à ça, et je m'en foutrais bien.

L'inspecteur se servit un whisky pur. Il fallait bien ça pour qu'il tente de reprendre ses esprits. Il fallait continuer la confrontation. Kay se retourna, le verre à la main.

— Alors elle s'est calmée la pie extravagante ?


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Hildegarde Müller
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Jeu 26 Nov - 18:26
Calme.

Hildegarde ne cilla pas, demeurant de marbre face à l'explosion vindicative du policier. Elle eut un regard presque apitoyé face au café dégoulinant sur le parquet ciré, et les petits biscuits brisés sous les pas virulents du russe. Les insultes glissaient sur elle sans l'atteindre. Alors que Kay lui tournait le dos, la sorcière renifla la boisson. La senteur de caféine demeurait la plus forte, mais le nez de la sorcière décelait des fragrances plus subtiles.

Elle entendit, plus qu'elle ne vit, le policier se retourner vers elle.

— Alors elle s'est calmée la pie extravagante ?
« Datura, jusquiame, mandragore. »

Retournant sa tasse, Hildegarde versa le café sur le parquet. L'Austro-Hongroise descendit de sa chaise, la mine fermée. Elle semblait aux antipodes de la femme qu'elle avait été jusqu'à présent. L'extravagance et les sourires avaient laissé place à une mine sérieuse, un regard concentré. Un pli se dessinait entre ses sourcils. Ramassant son chapeau, Hildegarde l'épousseta avant de le remettre sur sa tête.

« Ce sont là les composés de base pour toute potion impliquant des hallucinations. Fort heureusement, je n'en ai goûté que peu de ce breuvage. Et vous, n'avez pas eu le temps d'en boire. »

Par souci de sécurité, la femme arracha le verre de whisky des mains du policier et le renversa sur le sol.

« Pas de risque inutile. Ce whisky est peut-être, lui aussi, drogué. » Hildegarde extirpa d'une poche des sachets de papier repliés. Elle en tendit un à Kay. « Avalez en le contenu. Cette poudre permet d'estomper les effets indésirables des psychotropes. Je vous préviens, le goût est particulièrement amer. »

Hildegarde déplia son propre sachet, avalant la poudre avec une grimace écœurée. Elle ne s'y habituerait jamais.

« De toute évidence quelqu'un veut empêcher la transaction. N'avez-vous rien noté de curieux lors de votre voyage ? Une attitude bizarre, des paroles à l'encontre d'Emerald ou de la tsarine ? »

Un début d'excitation se fit entendre dans la voix d'Hildegarde. C'est que, si ses suppositions se révélaient fondées, elle se retrouvait embarquée dans une aventure digne d'un roman policier.




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Kay de France
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Dim 3 Jan - 1:32
Qu'est ce que cette péronnelle racontait ? Du poison dans le café ? Mais qui oserait toucher à ce saint nectar ? Et non, en effet, il n'avait pas eu le temps d'y toucher vu comment elle réussissait à le faire sortir de ses gonds. Elle avait eu de la chance qu'il ne lui lance pas la table dessus.

Kay n’était pas tout à fait calmé. Il lui fallait son remontant, son whisky. Kay commença à lever son bras quand la péronnelle prit son verre de sa main et le renversa sur le sol. Les yeux devaient être rouges, et prêts à sortir de ses orbites. Son cou gonflait comme si il doublait de volume à chaque respiration. Il s'imagina serrer le cou de cette pie jusqu’à ce que la tête saute, comme un bouchon de bouteille de champagne.

Mais sans même sans soucier la femme tendit à Kay une drôle de poudre. Mais l'homme n'avait pas bouger d'un pouce, imaginant toujours la tête de la femme en train de voler dans les airs, avec Kay qui s'amuser à faire un tir au pigeon avec.

Le nom de la Tsarine le fit revenir à lui. Il prit la poudre, la rapprocha de son nez et inspira d'un grand coup la poudre qui lui fit tirer la grimace.

— C'est vraiment ignoble votre truc. Quelle idée de faire respirer des choses pareilles aux gens. Alors que je n'ai pas eu le temps de boire quoi que ce soit…

Cette horrible poudre lui démangeait le nez. Du coup tout mot, qui sortait de la bouche de l'homme, était déformé comme si il parlait avec un rhume.

Sabeté de poudre ça démange. Si quiconque avait parlé de la Sainte Mère Patrie en mal, il serait attaché à ce porte manteau, rué de coups et blessures. Ainsi que des bâtons de métal plantés dans les jambe reliés à l’électricité pour lui faire cracher pour qui il travaillait. Personne ne dit de mal de la Mère Patrie en ma brésence, BERSONNE.

Kay frotta son nez qui le démangeait atrocement.

Bous concernant je n'ai rien entendu. Je n'avais que votre description et votre nom. Mais peut être avez-vous des bersonnes qui vous en beulent en Russie, ou quelque bart en Europe ? J'ai besoin de toutes les informations que vous pouvez me fournir. Après tout enquêter est mon métier. Je ne suis pas un simple livreur. Je vous écoute. Avez vous des personnes qui vous envient votre commerce ? Avez vous des personne qui vous haïssent à vouloir votre mort, et la mienne en dommage collatéral ? Avez vous blessé ou commis un impair envers quiconque qui vous revient en mémoire ?




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Hildegarde Müller
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Mar 19 Jan - 22:52
Hildegarde leva un sourcil interloqué en voyant le Russe inspirer la poudre au lieu de l'ingérer comme elle l'avait fait. Elle ne put s'empêcher de commenter ce geste particulièrement stupide.

« La poudre s'avale par la bouche, non par les voies nasales. Si vous subissez des saignements intempestifs ou des effets secondaires indésirables, vous ne vous en prendrez qu'à vous-même. »

Hildegarde reprit place sur son siège, croisant les bras. Elle écoutait d'une oreille attentive les paroles du lieutenant, se retenant de rire en percevant son accent nasal. On aurait dit qu'il était atteint d'un rhume carabiné. La sorcière lâcha un soupir.

« Ce n'est point parce que personne n'a rien dit, que personne ne le pense. Ces gens ne sont pas assez idiots pour clamer haut et fort leur opinion, au risque de subir les... » Hildegarde eut un geste vague de la main. « … supplices que vous avez décrits. »

La sorcière rejeta la tête en arrière, scrutant le plafond.

« Ou leur opinion controversée ne concerne pas votre Mère Patrie, comme vous l'appelez, mais Emerald. La ville est souvent décriée. »

Hildegarde rebaissa la tête, les talons de ses bottines claquant contre le parquet.

« Mon cher des ennemis je dois en avoir une bonne dizaine. Des rivaux commerciaux qui n'ont pas supporté que je tienne la tête de la boutique après la mort de feu mon époux. Ou qui n'ont pas apprécié que je m'allie pas à eux par les voies d'un mariage. Mais de là à vouloir notre mort, ce serait très disproportio-nééééé. »

La pièce venait de basculer envoyant rouler Hildegarde contre un mur. Une main se plaqua sur son chapeau et la femme dégagea, d'un geste ferme, la voilette qui lui masquait le visage. Le bourdonnement des machines se faisait entendre. Sous ses pieds le parquet vrombissait.

« On nous capture ! Un kidnapping ! »

La pièce se redressa, retrouvant sa stabilité initiale. Hildegarde se releva, chancelante, épousseta sa robe.

« Si le capitaine n'est pas dans le coup, nous sommes victimes d'une mutinerie. Il nous faut des armes. »

Mains sur les hanches, Hildegarde toisa le lieutenant.

« Vous n'allez pas laisser une dame combattre seule une bande de malotrus ! »





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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Sam 6 Fév - 11:46
Kay:
 

Kay aurait bien aimé avoir l'information plus tôt sur la façon de prendre la poudre. Cette femme devait être une bien piètre pédagogue pour prendre le médicament elle-même avant d'expliquer. Mais bon ce qui était fait était fait, il y avait pire. Ce n'était pas comme si on lui avait coupé un bras ou une jambe.

— Certes ils n'iront pas le crier haut et fort. Mais après avoir pu observer, par mon boulot, un tas de criminels, il y a une chose qui ne trompe jamais : c'est le comportement. Le regard fuyant au moment où vous tournez la tête en leur direction. De plus, hormis les criminels de grand nom, la plupart savent à peine cacher leur envie de vous tomber dessus pour que ça vous serve de leçon de mettre votre nez dans leurs affaires. Mais, malheureusement pour eux, je ne suis pas du genre à me laisser intimider pour si peu. L'être humain est si imparfait pour une personne au regard de verre.

Il faisait allusion ici à son propre pouvoir qui lui permettait de voir les défauts chez un être vivant, depuis que ce morceau de miroir avait « fusionné » avec son œil.

— Quant à vos ennemies j'aimerais que vous me donniez quelques informations sur ceux qui vous semblent évident à vos yeux...

Mais tout se bouscula et le lieutenant perdit l'équilibre, allant se fracasser contre une armoire en bois. Son dos avait pris un sacré coup. Il peina à se relever alors que la péronnelle criait.

— Ruvick, arrête de faire le con avec la gravité !

Ruvick était le pilote du navire volant et il aimait les manœuvres acrobatiques, qui donnaient l'impression qu'il jouait avec la gravité. Ce qui avait pour effet d'agacer potentiellement le lieutenant. La péronnelle revint, parlant plus vite et plus fort à chaque minute qui passait, alors que son dos lui faisait toujours mal.

— Oh, on se calme ma grande. Le capitaine aime souvent jouer les acrobates. Mais il n'est pas du genre à faire une mutinerie. Mais ça peut venir du reste de l'équipage. Alors on se tait la péronnelle et on me laisse réfléchir.

Kay se dirigea vers le lit. Il leva, à bout de bras, le matelas et sortit une arbalète et un shotgun. L'inspecteur retourna vers la femme et lui tendit l'arbalète, arbalète qui avait des carreaux bien plus gros et bien plus grands que la normale.

— Vous savez vous servir de ça ?

L'inspecteur donna l'arme à la miss pipelette, mais un carreau passa à moins d'un mètre de sa tête.

— On va oublier l'arbalète. Donnez-moi ça et prenez cette arme. C'est presque aussi dangereux. Mais, hormis le recul, ça devrait aller. Mais surtout ne pointez jamais ça sur moi. Je suis coriace, mais pas au point de ne rien avoir avec un tel coup à bout portant.

Kay se plaça non loin de la porte avant de donner un grand coup de pied dans celle-ci, qui s’ouvrit dans un bruit fracassant.

— Ne bougez pas sans mon aval !

Kay avança doucement rien à l'horizon. Le calme total. Un trop grand calme même. Il avança de quelques pas. Il sentait une présence, mais ne voyait rien dans le couloir. Ce qu'il ignorait était qu'une créature était entrée par le plafond et tomba sur le sol, faisant face à Hildegarde. Il eut juste le temps de se retourner pour voir la créature tomber sur le sol.



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Hildegarde Müller
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Mer 17 Fév - 0:10
Hildegarde leva les yeux au ciel une énième fois. Les Russes manquaient clairement de tact, et de clairvoyance.

« Nous sommes arrimés à un port d'Emerald. Comment diable votre capitaine pourrait-il exécuter une telle manœuvre ? À moins que son navire ne soit plus arrimé, mais soit retourné au sein des voies aériennes, loin de la ville. Vous m'écoutez quand je parle ?! »

De toute évidence, non. Sans lui demander réellement son accord, il lui mit de force, entre les mains, une arme que Hildegarde jugea être de destruction massive. La femme dut plier les genoux pour ne pas s'écrouler sous le poids de l'engin qui pesait plus d'une tonne. (Du moins selon son propre barème de mesure) En cherchant à mieux le saisir, son index glissa sur la gâchette. Le carreau se planta, en vrombissant, dans le mur lui faisant face, manquant de faucher l'inspecteur au passage.

« De toute évidence... non. »

Hildegarde avait annoncé cela avec détachement comme si elle venait de déclarer tout de go que, non, elle n'avait aucun talent pour le crochet. La femme s'autorisa un soupir de soulagement lorsque Kay la délesta de son arme, avant de s'étrangler en saisissant le fusil à pompe.

« Par toutes les partitions de Schubert, vous me prenez pour qui ? Un de vos hommes de main ? »

Si elle n'avait pas porté de gants, ses mains auraient été couvertes de sueur. Entre deux halètements, Hildegarde finit par saisir correctement le fusil, suivant le lieutenant à pas mesurés.

Une silhouette traversa son champ de visions.

Hildegarde lâcha un cri, et tira par pur réflexe. La balle ricocha contre le métal du Cracheur. Son œil se fixa sur la sorcière, la pupille s'arrondit comme celle d'un chat prêt à bondir sur sa proie. La sorcière recula d'un pas, complètement perdue. Elle n'avait jamais réellement combattue, et encore moins avec une arme à feu. Comme premier baptême c'était assez risqué.

Les pattes du Cracheur jouèrent une musique dissonante, tandis que la créature s'avançait vers Hildegarde. Un parfum de thé au jasmin flotta dans l'air. Une goutte brûlante tomba aux pieds de la sorcière. Le canon de son arme pratiquement collé à l’œil du Cracheur, Hildegarde tira.

Sang et corps vitré furent projetés Hildegarde, l'éclaboussant de bas en haut jusqu'à la pointe de ses bottines. D'un air hagard la sorcière observa le corps du Cracheur s'écraser à terre, subir les derniers spasmes avant la fin. Le spectacle lui paraissait presque aussi ragoutant que celui des fœtus qu'elle retirait hors des entrailles de leurs mères.

Hildegarde sortit un mouchoir de sa poche pour s'essuyer le visage, étalant plus les sucs qu'elle ne les retirait vraiment.

« Je... Il y en a-t-il d'autres ? » s'enquit-elle d'une voix chevrotante, encore sous le choc. « D'où a-t-elle pu surgir ? D'un des chargements du navire ? »

Hildegarde fixa son regard sur le Russe, espérant de tout cœur qu'il répondrait négativement à cette question. Ce n'aurait été que folie d'apporter une telle créature à Emerald.

L'ascension jusqu'au pont principal se fit sans aucun autre heurt, hormis quelques balancements secs de la part du navire. Hildegarde se cogna plus d'une fois contre un mur, grimaçant à chaque fois. Son épaule droite l'élançait plus particulièrement, sollicité durement par le fusil qu'elle devait tenir. Arrivée sur le pont principal, ce fut une vision fantasmagorique qui lui fut offerte. L'équipage était en proie à de multiples Cracheurs sortis d'on ne sait où. Le thé embaumait l'air, et les cris des blessés et brûlés ponctuaient les échos de la bataille.

Hildegarde lâcha le fusil à pompe à ses pieds, dans un vacarme de métal.

« Ce n'est sûrement pas avec des armes conventionnelles que je m'en tirerais. »

La sorcière plongea ses mains dans ses poches, en extirpa de nouveaux sachets pliés marqué de symboles qui étaient aussi clairs à ses yeux que des indications en allemand. Elle en tendit quelques-unes au lieutenant.

« Ne les inhalez pas ! Jetez-les à la figure de ces créateurs. Ce sont des poudres aveuglantes. Leur point faible étant leur œil... Inutile de vous faire un dessin. »

Hildegarde prit la peine de faire la démonstration. Avisant un Cracheur qui fonçait sur eux, la sorcière lança un des sachets. Le papier se déplia, la poudre fut projetée sur l’œil qui, instantanément, se mit à rouler au sein de l'orbite métallique. Le Cracheur émit des glougloutements furieux, ses pattes s'agitant de façon sporadique.




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Kay de France
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Mar 23 Fév - 0:18
Kay avait lâché un « Oh putain de merde, on se croirait en Allemagne. » à la vision de cette horde de Cracheurs. Mais Kay était content. Bien sûr c'était un beau bordel ce qu'il se passait. Mais voilà quelque chose pour lui, quelque chose qui allait bouger. Enfin de l'action. Il en avait plein le cul de la diplomatie et de la paperasse à deux balles.

« Ne les inhalez pas ! Jetez-les à la figure de ces créateurs. Ce sont des poudres aveuglantes. Leur point faible étant leur œil... Inutile de vous faire un dessin. »

Au même moment une « flèche » était décochée de l’arbalète pour se planter en plein dans l’œil d'un Cracheur.

— J'ai vu tout à l'heure. Ne vous en faites pas pour moi. Je vais réussir à en tuer un petit nombre en vous protégeant. Je prends votre boule. Mais je préfère me battre avec des armes que j'ai l'habitude de manier.

Kay se baissa pour ramasser le shotgun que la femme avait laissé tomber, pour l'accrocher à un système qu'il avait dans le dos. Il avait souvent ce genre de petits accessoires qu'il utilisait pour les grandes affaires criminels qui lui demandaient de se balader avec plusieurs armes.

— Bon. J'espère, ma p'tite dame, que vos jupons ne vont pas trop vous empêcher d'avancer. On va pas avoir le temps de faire du surplace hein. On va se bouger les miches pour pourvoir détacher le bateau. Il ne faut pas que ces sales...

Un Cracheur tomba devant Kay et Hildegarde. Le lieutenant bouscula Hildegarde, qui tomba sur le sol, pour décocher une « flèche » qui traversa de part en part la créature sans toucher son œil. Mais ce réflexe n'avait pas pu être aussi rapide que voulu. Le lieutenant s'était pris un jet de thé sur son bras gauche.

— Saloperie. J'vais tous vous faire la peau.

Kay arracha la manche, en grande partie brûlée par le thé, laissant tout son bras, jusqu'à son épaule, sans aucun vêtement. Puis il tendit la main à Hildegarde.

— Bon faut qu'on se bouge. Pas trop de bobo ? On doit se dépêcher d'aller aux amarres pour éloigner le navire de la ville.

Si la veuve était prête ils se dirigeraient dans la direction indiquée, pour réussir à faire s'éloigner le navire de la ville, grâce au vent. En espérant qu'aucune de ses saletés avait rejoint le pont pour entrer dans la cité volante.


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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Dim 28 Fév - 22:27
« Ce n'est pas une boule, mais de la poudre ! Mon pauvre ami, vous devez être atteint de surdité. »

Ce qui n'empêcha pas la sorcière de fourrer, de force, quelques sachets dans les poches du gilet du Russe. Il serait bien content d'en avoir sous la main si jamais il se retrouvait démuni, faute de munitions suffisantes. La sorcière évita la charge d'un Cracheur en courant sur le côté, laissant le soin à un membre de l'équipage de débiter l’œil en rondelles sanglantes.

L'Austro-Hongroise se permit de hausser un sourcil en voyant le Russe déchirer la manche de sa chemise.

« Vous avez raison de faire ça. Elle était vraiment de trop mauvaise qualité. Où sont donc les... amarres du navire ? »

La main gauche de la sorcière agrippa ses jupons, les remontant pour qu'ils na la gênent pas dans sa course. Si elle avait eu de quoi, sous la main, elle les aurait attachés pour avoir plus d’amplitude de mouvement. Néanmoins la situation ne permettait pas de trop s’appesantir en réflexion. Les amarres – elle devait trouver les amarres. Jupons relevés, Hildegarde courait de plus vite qu'elle pouvait sur ses courtes jambes, haletant comme un petit chien.

Sur le quai les badauds observaient la scène, commentant sans agir. Préférant, de loin, demeurer spectateurs que devenir acteurs et, ainsi, de potentiels blessés.

À la vue des cordages, plus épais que des bras d'homme, Hildegarde eut un soupir de découragement. Comment voulez-vous, avec sa force de femme, qu'elle puisse rompre une telle corde ? Un Cracheur claudiqua vers elle, sa porcelaine ébréchée à plusieurs endroits. Sans réfléchir plus avant Hildegarde saisit la anse de la créature, et la poussa en avant.

« Du thé ! » Elle hurlait ce mot comme si la solution se trouvait là, dans ce breuvage au parfum entêtant de jasmin. « Il faut verser le thé sur la corde ! »

Hildegarde s'arc-bouta sur ses pieds, poussant de toutes ses forces. Le Cracheur tenta de protester – en vain. Le thé dégoulina sur la corde, répandant une fragrance de brûlé. La corde céda, brin par brin, avant de claquer comme un fouet, manquant de cingler les visages des badauds attroupés aux abords du quai. Les mains d'Hildegarde se refermèrent sur l'anse du Cracheur, tirant dessus.

« Les autres amarres ! Vite, vite ! »

Lorsque la dernière corde d'amarrage céda, Hildegarde tomba sur les fesses, les muscles fourbus. Ses doigts s'ouvrirent et se replièrent, picotant en sentant l'afflux du sang revenir dans ses membres. Hildegarde se remit debout, époussetant sa robe.

Les cadavres de Cracheurs commençaient à s'accumuler sur le pont. Les bottines de la sorcière trempaient dans le sang – de Cracheur, d'humain ? Impossible à définir. Hildegarde n'eut qu'un froncement de sourcils à cette vue.

« Ces bottines m'ont coûté une fortune. Ainsi que le manteau. » Hildegarde poussa un soupir. « Que proposez-vous pour terminer la... dératisation ? Décimation ? Oh. Mais j'y songe ! Vous disiez que le capitaine aimait faire des cascades ? »

Hildegarde frappa ses mains l'une contre l'autre.

« Tous les hommes doivent retourner dans le navire. Fermer les portes. Et vous... » Hildegarde posa son index sur le torse de Kay. « Vous allez dire au capitaine de faire ses figures. Les Cracheurs devraient tomber à la renverse. Allons, dépêchons ! »

Et sans attendre la réponse du lieutenant, Hildegarde se rua vers la cabine du capitaine.




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Kay de France
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Ven 4 Mar - 23:20

Kay commençait à avancer aux côtés de la péronnelle. Son idée était loin d'être idiote, cette fois. Mais son plan venait d'être remis en cause par une dizaine de Cracheurs qui les avaient pris en chasse.

— Putain de merde. Hey la petite dame! Continuez d'avancer. Je vais me faire ces saloperies.

Kay savait très bien qu'il n'était pas en position de force. Mais là il ne s'agissait pas de tous leur faire de l'œil. Juste de gagner du temps. Rien de tell pour ça que ce que la petite dame lui avait donné. Il prit un des sachets de poudre, puis ferma les yeux pour jeter, contre le sol, la poudre qui laissa apparaître un grand flash blanc que l'inspecteur ne put voir.

Mais quand il releva les yeux il vit tous les Cracheurs qui marchaient bizarrement, se rentraient dedans, leur grand œil à moitié fermé.

— C'est pas de la camelote qu'elle m'a donné la petite dame. Faudrait peut-être que je la remercie pour ça.

Mais le lieutenant haussa les épaules. Il avait mieux à faire que de penser à la veuve qui allait, d'un moment à l'autre, faire retourner le navire en entier. Car ce salaudde Ruvik n'allait pas demander son reste pour s'amuser de la sorte.

Ainsi Kay plaça la dernière « flèche » sur Agony et approcha d'un Cracheur qu'il empala, sans une once d'état d'âme, dans un cri de vapeur bestial. Le sang coula par le bec de la théière.

— Olé. Et d'un sur dix. Combien je vais réussir à en buter avant le numéro de l'autre enfoiré ?

Deux autres Cracheurs approchèrent Kay. Le premier se prit l'arbalète que le lieutenant avait lancé sur le Cracheur, alors que le second venait de se prendre une salve de shotgun à bout portant. Les bras du lieutenant étaient costauds, mais le recul était quand même là pour lui aussi.

Mais, d'un seul coup, le policier tomba sur le sol. Un Cracheur lui avait sauté dans le dos et ses putains de pattes en métal lui rentraient dans la chair. Ce qui était plutôt désagréable. En plus son arme avait glissé plus loin et la poudre de la femme était bloquée sous son torse.

— Bon la péronnelle c'est quand tu veux, bordel.

Mais rien n'arrivait. Au contraire le Cracheur sur son dos commençait à verser du thé, le long de son bras. Le lieutenant hurlait. Il ne tiendrait pas longtemps à ce petit jeu là. D'un seul coup le Cracheur stoppa son action. Le lieutenant était en train de doucement glisser sur le sol, avec le Cracheur sur le dos pour finir, tête la première, contre le bord du navire avec un Cracheur qui était tombé par dessus bord.

— Putain ça fait mal ! Vous en avez mis du temps !

Mais le navire commençait à se retourner de plus en plus. Kay n'avait rien sous la main. Il pouvait à peine éviter les marchandise sur le pont qui tombaient, ou glissaient dans sa direction. La seule chose que le lieutenant pu faire fut de courir et de s'agripper au mat de toutes ses forces. Sa vie en dépendait, surtout qu'il était accroché au mat, la tête à l'envers.

— Je te hais Ruvik. Je te hais la péronnelle. Si je crève je viendrais vous hanter. Vous pouvez en être sûr.

Le navire retrouvait sa position initiale, ayant perdu les Cracheurs, mais aussi la plupart des marchandises. Mais le lieutenant ne lâcha pas son mat avant quelques minutes pour souffler, assis au sol contre le mat. Ce serait elle qui viendrait à lui. Il en avait marre de cette foutue mission. En attendant qu'elle arrive il resterait là sans bouger, parole de russe.


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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Sam 5 Mar - 17:04
Hildegarde était entrée au sein de la cabine comme si elle poussait la porte de la demeure d'une vieille connaissance, ou entrait dans une boutique. Ne manquait que le tintement du carillon pour accompagner le « Bonjour ! » rayonnant de l'Austro-Hongroise. Le capitaine eut un sursaut, se retourna en déposant un regard écarquillé sur l'intruse.

« Qu'est-ce que... »
« Trêve de bavardages capitaine ! J'ai une mission à vous confier. »


Hildegarde ressortit, chancelante, de la cabine, la nausée lui nouant l'estomac, le cœur au bord des lèvres, des hématomes sur tout le corps. Même en s'agrippant, au mieux, elle n'avait pu éviter les secousses et les coups transformant son corps en un champ de bataille. Malgré sa mise – cheveux défaits, chapeau de travers, robe froissée – la veuve tâcha de rassembler les morceaux, épars, de sa dignité et commanda à un des employés du navire d'aller lui quérir les papiers nécessaires au transfert des marchandises.

« Je sais fort bien, mon brave, que vous avez perdu une grande partie de la cargaison. Peste, je dois tout de même récupérer ce qu'il reste. Soyez un chou et allez me quérir ces papiers, pendant que vos collègues arriment le navire à bon port. »

Lorsque l'homme lui remit les papiers, Hildegarde griffonna afin d'ajouter quelques détails au sujet du transfert. Comme de conseiller, pour les futurs échanges, de veiller à ne transporter, à son bord, aucune créature potentiellement dangereuse. Sa partie remplie, l'Austro-Hongroise rejoignit le Russe, qui n'avait pas quitté son poste au mât.

« Signez donc ici. » indiqua-t-elle en tapotant l'encart de l'index. « Pas avec votre sang, voyons ! Je ne viens pas quémander votre âme. Bon, je suppose que cela fera l'affaire. »

Hildegarde prit une des copies du papier, laissant le double à Kay, pliant le papier pour le mettre, de force, dans une de ses poches. L'Austro-Hongroise lui saisit la main pour la secouer, en un simulacre de poignée de main.

« Ce fut un plaisir de faire affaires avec vous. Même si j'espère ne pas répéter l'expérience... Prenez soin de vous ! Oh, et si un jour vous voulez être habillé décemment, venez à ma boutique. Vous en avez grandement besoin. »

Hildegarde fit volte-face et, du haut de ses bottines, remonta le pont en hélant chacun des employés du navire afin de l'aider à rapporter les marchandises jusqu'à son grand magasin. Avant de descendre du navire, la veuve eut un soupir.

« Tout ceci m'a épuisé... Je me ferais bien un thé, ce soir. »

Fin.




Avatar par Bianca Cavalli
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