Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Ven 11 Sep - 0:42
Arrivistes. Parvenus.

Ces mots étaient sur toutes les lèvres, prononcés à voix basse, chuchotés derrière les éventails, ancrés dans les regards. Hildegarde les percevait distinctement. Autant de marques au fer rouge appliqués sur sa chair, de crachats qu'elle recevait sans mot dire, son sourire comme unique rempart. Un sourire faisant écho à celui de sa mère, Margareth Schmidt. Sourire hypocrite, poli, dévoilant les crocs qui ne mordraient pas. Du moins, pas en public.

La noblesse n'aimait pas fricoter avec la bourgeoisie. Parvenus que ces nouveaux riches, que ces êtres ayant bâti leur réputation sur le travail. Les nobles avaient beau se pavaner avec une élégance de paon, Hildegarde n'était pas dupe. Ses parents lui avaient appris à voir. Ce mépris, ouvertement affiché, n'était là que pour dissimuler la peur qui nouait les entrailles des nobles. Noblesse décatie à la richesse vacillante, prenant la poussière. Haute caste d'un autre temps qui, voyant son piédestal s'éroder, tentait de résister, vaille que vaille, face à sa chute.

Oh Hildegarde avait eu droit des compliments. Tout aussi faux que les sourires prodigués. Lorsqu'on la complimentait sur sa beauté, la jeune fille percevait l'intonation sous-jacente : « Si seulement elle avait pu naître défigurée. Elle n'aurait pas fait de l'ombre à ma fille. » Suivant docilement sa mère, Hildegarde l'écoutait lui narrer le portrait de chacun, lui prodiguer quelques conseils. Les sorties hors du pensionnat étaient monnaie rare, et Hildegarde allait veiller à ne pas gâcher cette soirée.

« Et n'oubliez pas que, si l'empereur nous fait l'insigne honneur de venir nous saluer, de lui présenter vos plus sincères hommages. Il en est de même pour l'impératrice, bien évidemment. »
« Je sais tout cela, Mère. »

Le mariage, Hildegarde en avait eu les échos comme tous les autres habitants de l'empire. Un mariage qui, selon la pensée commune, allait assurer la prospérité de l'empire et de la lignée impériale. Le pays était en liesse, et les festivités ne cessaient de se multiplier. Hildegarde se sentait elle-même grisée par toute cette effervescence.

« Pensez-vous que nous pourrons apercevoir la tsarine de Russie et sa fille ? »

Des invités de prestige, assurément. Au pensionnat, Hildegarde avait souvent soupiré, dramatiquement, de ne pouvoir être une petite souris pour aller espionner le château impérial, et apercevoir ces grandes dames d'Europe de l'Est. Ce rêve allait peut-être se réaliser ce soir-même.

Margareth serra la main de sa fille.

« Considérez vous satisfaite, et flattée, si vous pouvez en voir le profil. Rappelez-vous que nous ne sommes pas sur le sommet du panier de la mondanité... »

Hildegarde acquiesça, non sans une grimace. Le haut du panier, elle l'espérait bien l'atteindre un jour. Après avoir eu l'autorisation de sa mère, qui se permettait de lui laisser une marge de liberté tout en l'observant du coin de l’œil, la jeune Austro-Hongroise se rendit auprès du buffet. A quelques pas de là le piano de la salle avait été accaparé par une troupe de jeunes dandys, entourés de demoiselles en âge d'être mariées. Nul doute que des contrats seraient noués par les parents, à quelques pas de là, postés dans l'ombre, au rythme de la composition jouée par un des dandys. Un air guilleret, tout à fait approprié pour la situation.

Jetant un coup d’œil de chaque côté, certaine de ne pas être vue, Hildegarde se saisit d'une flûte de champagne, et en avala le contenu d'un coup sec. Avec la gloutonnerie pressée d'une enfant se gorgeant de chocolat, profitant de l'absence inopinée de sa gouvernante. L'alcool se déversa dans sa gorge, langue de feu qui lui fit monter le rouge aux joues. La chaleur du doux péché savouré avec délice. Les bulles lui montèrent au nez. Nez qui, malgré ses froncements, lâcha un éternuement malvenu.

Hildegarde se recula. Et se cogna contre une demoiselle dont elle évita la chute en lui agrippant le bras. Les mots se déversèrent hors de sa bouche, sans qu'elle n'en ait eu conscience.

« Je suis confuse... Veuillez me pardonner... »

Hildegarde relâcha la jeune femme, et ne put s'empêcher de l'admirer. Pâle comme les Vénus des tableaux, elle ne dégageait aucune chaleur, et semblait même taillée dans de la neige. Ses parures ne faisaient que renforcer cette impression, la rendant presque irréelle. Hildegarde se rendit alors compte qu'elle tenait toujours la flûte de champagne entre ses doigts. L'Austro-Hongroise la reposa vivement, comme si le verre lui brûlait les doigts. Ses mains se joignirent comme pour exécuter une prière.

« Ne dites rien à Mère, je vous en prie. »

Cette inconnue, elle s'en faisait déjà une confidente. Reliquat du pensionnat où les demoiselles se traitaient entre elles comme si elles étaient sœurs.

La robe de Hildegarde:
 
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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 11 Sep - 16:30
Mondanités


Il est de ces jours où nous nous préparons à les vivre depuis les confins de nos rêve de la nuit. Celui-là en était un: le couronnement du nouvel Empereur d’Autriche. Pas une simple tête d’affiche de plus à ajouter au bottin des nom et adresse à retenir pour les Bals, non, celui-ci était, pour ainsi dire, une part éloigné de la famille. Alliance entre Russie et Autriche perdurait depuis des lustres déjà et les jeunes héritiers avaient plus d’une fois échangés par missive autant qu’en personne. Les parties d’échec ne se comptaient d’ailleurs plus sur les deux mains. Une longue préparation en avait précédé le depart pour le Château mais toutes deux des femmes qui répondraient présentes étaient fins prêtes et à bord de leur attelage de chevaux immaculés, elles voyagèrent jusqu’à destination.

Dire que la Mère patrie qu’était la Russie autant que sa Souverraine avait toujours enveloppé son people de richesses à la beauté indéniable restait encore faible en comparaison aux merveilles qui nichaient au sein du pays du nouvel Empereur. Une sale de Bal digne d’aucune autre, vaste, lourdement décorée certes mais jamais à outrance ni désagréable à l’oeil, tous nageaient en pleine luxure dans ce parfait agencement artistique.

Le buffet offert attire rapidement plus d’une main et parmi ells, celle plus timide d’une jeune demoiselle étant parvenue à échapper aux manières trop formelles de sa mère. Son Altesse la Tsarine Ludmilla ne passait pas inaperçue dans sa robe de fines dentelles piquetée d’argenté et sa fille ou tout juste le temps de s’éclisper avant que cela ne soit plus possible, face à l’Empereur qu’elle aurait tôt fait de croiser un peu plus tard. Pourquoi précipiter les évènements après tout, chaque chose en son temps, le buffet d’abord.

Elle y arrivait, discrètement sous quelques murmures de Dames la reconnaissant sans doute. Sa main se tendit vers une miniardise bien familière et à la fois contreversée: le croissant. En format miniature, ils regorgeaient parfois de sucre à fruit, de pâte d’amande, pistache et autres noix. Les meilleurs restaient certainement ceux aux pommes confites et aux noix enrobe de ce feuilleté si délicat. Un veritable délice dont la fille de la Tsarine était sur le point de s’emparer….


Quand on la bouscula.

Aussitôt, une voix désagréablement familière retentit sur sa droite, faisant apparaître à son côté un homme plus grand que les autres. Son visage austere, perpétuellement traversé de ce froncement de sourcils singulier des tuteurs trop soucieux et ces yeux d’un brun chocolat pur ne se posèrent qu’un battement de cils sur la maladroit malotrue avant de se braquer, inquiet, sur sa protégée.

«Tsaverna, vous n’êtes pas blessée ?! Je vais de ce pas informer la Tsari... »

« Son Altesse ma mère est fort occupée à présenter, au nom de notre famille et de son peuple, nos hommages les plus distingués auprès de l’Empereur de ce pays…ne serait-il pas malvenu de l’en déranger pour un incident dont personne ne se trouve blessé ? le coupa-t-on aussitôt alors que la jeune demoiselle se redressait rapidement. »

Ce bref instant, une véritable joute visuelle s’engagea. L’homme, dans toute sa loyauté inconditionnelle envers la Couronne de son pays de neige, aurait facilement pu évoquer que l’étiquette de la Cour prévoyait un tel comportement dans une situation semblable, qu’il en allait de son devoir et bien plus encore... Il n’en restait pas moins le mentor de la demoiselle et à ce titre, connaissait parfaitement bien les remous du tempérament qu’il d’apparence calme de la jeune Dame. Autant que la signification du regard courroucé que la petite princesse braquai alors sur lui, le dissuadant finalement à ne rien ajouter de plus.


« Pardonnez-le, Razoom est homme à chérir plus qu’il ne le faudrait l’étiquette et les protocoles…il n’ira pas quérir pas votre mère je vous donne ma parole, assura-t-elle d’une voix assez forte pour être entendu de celui qui n’avait fait que deux pas vers l’arrière pour leur laisser un peu d’intimité.»

Elle se souciait peu, d’ailleurs, que le principal concerné se trouve toujours à portée d’oreille, on ne lui reprocherait pas ses paroles devant un tel public, ç’eut été un affront total venant d’une autre bouche que celle de son Altesse sa mère. Elle ne le savait que trop bien et ne ressentait aucune honte à en jouer pour faire clore le clapet de ce rabat-joie.

L’instant d’après, Svetlana offrait toute son attention à la pauvre demoiselle qui l’avait bousculée, s’enquérant à son tour de son état d’un simple examen visuel. Sa robe était tout au plus froissée mais il n’y avait là rien de bien choquant. Son regard remonta lentement jusqu’au visage, jeune et frais, de la bourgeoise à qui elle offrit le sourire de celle qui ne se soucie guère des titres malgré que le sien soit désormais presque marqué sur son front.


« Je m’appelle Svetlana, Svetlana Ivanova. Enchantée de faire votre connaissance, Demoiselle… ?»

D’une révérence égale à celle qu’elle aurait adressé à sa propre mère, le princesse glissa le pied, fléchi le genou en gonflant ses jupes avant de se redresser dans un même mouvement souple et élégant. Comme si cela ne suffisait pas à mettre sa vis-à-vis dans l’embarras…
Svetlana Ivanova
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Hildegarde Müller
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Sam 12 Sep - 22:44
Son Altesse sa mère ?

La gorge de Hildegarde se fit sèche. La chaleur du champagne avait disparu. Ne restait plus que l'inexorable attente, et les paroles échangées entre les deux acteurs dont l'Austro-Hongroise observait la scène, spectatrice anonyme. Lorsque la dame se présenta, un couinement de souris échappa à Hildegarde.

Elle se trouvait face à son Altesse, la princesse impériale de l'empire de Russie.

Une princesse, une vraie. De sang bleu !

Hildegarde se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas proférer de bêtises. Comme on lui avait appris depuis sa plus tendre enfance, la jeune bourgeoise plongea dans une profonde révérence, s'accordant quelques secondes de plus avant de relever la tête. Pudiquement, elle conserva le regard baissé, joignit ses mains sur ses jupes.

« Demoiselle Hildegarde Schmidt. Mes parents vous seront... Leurs noms ne vous diront rien votre Altesse. »

Pour la première fois de sa vie, Hildegarde se sentit presque honteuse de sa famille. Une dame de si haute position sociale ne pouvait, aucunement, porter la moindre considération envers une banale famille de bourgeois. Des parvenus. L'Austro-Hongroise se mordit la lèvre, cherchant un sujet de conversation pouvant plaire à son Altesse. La situation la grisait – elle en avait tant rêvé que, face à la réalité, elle ne savait plus comment agir.

« Que... »

Les premiers mots butèrent sur sa langue. Hildegarde s'obligea à relever les yeux, sans regarder en face, yeux dans les yeux, son Altesse Svetlana.

« Que pensez-vous de l'empire, votre Altesse ? Je crois bien que, aujourd'hui, il est entré dans une ère prospère pour nous tous. »

Hildegarde ne savait nullement qui était ce fameux Razoom, mais le suspectait d'être un chaperon particulièrement pointilleux. Une condition bien au-dessus de celui de simple valet. Par politesse, ne voulant pas le froisser, l'Austro-Hongroise tenta de le faire entrer au sein de la conversation.

« Monsieur Razoom, je suis d'ailleurs enchanté de faire votre connaissance. Ainsi que celle de votre Altesse, il va s'en dire. Savez-vous jouer du piano ? Je suis certaine que vous saurez nous régaler d'une composition. »




Avatar par Bianca Cavalli
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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Lun 12 Oct - 6:24
L’accrochage des deux jeunes Dames, aussi bénin fut-il pour chacune d’entre elles, n’en parut pas moins complètement déplacé aux yeux du mentor glaciaire qui les couvrait non seulement de son regard perçant mais aussi de son ombre pesante et menaçante. Ce n’est pas pour autant que Svetlana Ivanova se rétracta et elle tourna même volontiers le dos au mentor-mère-poule pour faire front à la demoiselle avec qui elle échangeait.

Il sembla que le nom évoqué était familier aux oreilles de l’Austro-Hongroise –encore heureux aurait dit certains- mais au grand damne de la princesse. Évidemment, il était toujours appréciable de constater que la notoriété de la famille royale russe passait largement les frontières du pays mais pour une fois n’aurait-elle pas pu se présenter comme n’importe quelles autres jeunes demoiselles à la Cour de l’Empereur ? Un soupir las fut retenu de justesse alors que sa répondante s’identifiait enfin, non sans un malaise tangible qui fit légèrement froncer les sourcils de la Tsaverna.


« Non, bien sur que non je ne connais pas votre nom… »

Le verdict était sans appel, franc et direct, froid et glacial. Pourtant, aucun dédain ne traversa alors le regard de la princesse, aucun jugement de classe. Un nom en valait autant un autre qu’il soit ou non de lignée royale ou noble. La famille était ce qu’elle était avec tous ses avantages et ses inconvénients d’ailleurs le sien lui sembla à l’instant dénombrer le plus de désavantages que le contraire. Se présenter en incognito était un rêve secret que Svetlana parvenait à peine à caresser même en rêve. Elle avait donc répondu le plus sincèrement du monde à la demoiselle mais non sans explication l’instant d’après, une légère moue contrite au visage trahissant son véritable ressentit.

«…pas plus que je ne connais la majorité des patronymes des gens ici présents. En vérité, je ne connais personne…si ce n’est sa Majesté Impériale et sa famille, avoua-t-elle à mi-voix, une fois de plus honteuse d’être limitée à ses royales fonctions. »

Son regard parcourut l’assemblée, la Tsarine était toujours aux côtés de l’Empereur aussi sa fille décida-t-elle de patienter encore un instant avant de se rendre à son tour pour lui présenter ses hommages et excuser l’absence de père le Tsar qui veillait seul sur le Royaume en leur absence. Elle préférait rester aux côtés de la demoiselle native plutôt que de s’aventurer entre les courbettes et les salutations à n’en plus finir qui parsèmeraient son chemin jusqu’au couple royal. Ce fut d’ailleurs le sujet de discussion que débuta la jouvencelle et après un coup d’œil aux alentours afin de s’assurer qu’aucune oreille indiscrète n’était à portée, Svetlana livra le fond de sa pensée.


« La richesse et la beauté de votre pays aurait très bien pu croître d’elles-même sans cette alliance. Après tout, le mariage n’est réservé qu’à ceux qui savent pertinemment qu’ils ne pourront régner seul mais entre vous et moi, un pays n’a besoin que d’un seul dirigeant. Une seule couronne. Le mariage n’est que le lit qui assurera une descendance… »

Loin d’être une insulte envers son bon ami l’Empereur, il était là le fond de la pensée de la petite princesse face à cette cérémonie encombrante que lui semblait être le mariage. Inutile d’ajouter qu’au moment où la Couronne se poserait sur sa tête, personne d’autre qu’elle ne l’aiderait à la porter. Ainsi était l’intime conviction de la future Tsarine. Dieu, si sa mère l’entendait parler de la sorte… ! Un son désapprobateur se fit justement entendre derrière elle mais évidemment, il ne s’agissait que de Razoom qui exprimait là son mécontentement face aux paroles trop peu délicates de son élève.

« Ce que l’Histoire nous a montré, et que sa Majesté semble oublier, est que le monde est ainsi fait et ce bien des années avant sa naissance. Si le mariage ne peut être fait d’amour, c’est le respect et la loyauté de chacun envers l’autre qui assure la stabilité et la prospérité d’un pays. Jusqu’à ce jour, très peu nombreux sont les patries dignes de ce nom ayant parvenue à tenir la route avec une seule Couronne… »

« Je doute que son Altesse ma mère apprécierait d’apprendre que vous n’avez rien de mieux à faire que d’interrompre une discussion privée pour me donner un cours d’Histoire, répliqua aussitôt Svetlana en dardant son regard glacial sur le Conseiller. »

Ce dernier eut à peine le temps de s’incliner en de plates excuses, la princesse de tendre le bras vers celui de son amie du moment dans l’intention de l’amener un peu plus loin de la poule qui lui servait de chaperon quand Hildegarde proposa d’interpréter une composition. Étonnés, l’un comme l’autre se dévisagèrent avant que la petite russe n’éclate d’un rire franc.


« Razoom…au piano !?, parvint-elle à articuler entre deux gloussements. Vous feriez mieux de lui tendre une épée qu’il aura tôt fait de faire chanter le pauvre instrument ! »

Autant dire qu’à cet instant, la délicatesse ne faisait pas du tout partie du vocabulaire de la princesse. Elle reprit tant bien que mal son souffle et un peu de contenance en dévisageant plus franchement son interlocutrice.

« Pardonnez-moi, ce n’est pas très digne de s’esclaffer ainsi mais sachez que Razoom ici présent est davantage un maître d’arme et un historien qu’un musicien. Si vous, en revanche, avez un morceau à nous proposer, je m’en porte garante et vous accompagnerez volontiers jusqu’au piano ! »

Fait étonnant, pas un seul instant Svetlana ne songea davantage à réquisitionner –ou à s’inquièter de- l’avis de l’Empereur. Après tout, si cette salle contenait bien un musicien de haut renom et au doigté frôlant dangereusement la perfection, c’était bien le jeune souverain du pays ! Ne restait plus à savoir s’il apprécierait que quelqu’un d’autre que lui ne joue sur ce piano.
Svetlana Ivanova
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Hildegarde Müller
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Mar 13 Oct - 0:06
Hildegarde dansa d'un pied sur l'autre tandis que la princesse russe et son chaperon devisaient avec une froideur typique de leur empire. Du moins leurs paroles sonnèrent ainsi aux oreilles de l'Austro-Hongroise. On aurait cru qu'ils se lançaient des stalactites à la figure, la bouche pincée, cachant leur douleur de recevoir douleur aussi givrante de la part de l'autre. Hildegarde préféra ne pas donner son avis sur le sujet de la conversation. Elle se contenta de faiblement sourire. C'est ainsi qu'on lui avait appris à agir lorsqu'elle ne savait quoi dire. « Un sourire évite de provoquer un silence. » lui avait-on expliqué au pensionnat. « Si l'on vous demande la raison de votre sourire, prétextez que vous étiez sous le charme de l'échange auquel vous assistiez. » Mais heureusement personne ne lui en fit la réflexion. Hildegarde aurait été en peine d'être convaincante. Elle était certaine qu'elle aurait paru gourde aux yeux de ces éminents Russes.

L'hilarité soudaine de la princesse Svetlana la prit au dépourvu. Elle ne sut si elle devait rire de concert ou se montrer contrite envers l'infortuné Razoom qui venait de recevoir là une pique spirituelle. Hildegarde avait déjà commis plus d'une messe-base – c'était un sport à part entière au sein d'un pensionnat pour jeunes filles. Mais jamais elle n'aurait osé dire un dixième de médisance à un homme comme Razoom. Un homme inflexible, taillé dans la glace.

« Pardonnez-moi, ce n’est pas très digne de s’esclaffer ainsi mais sachez que Razoom ici présent est davantage un maître d’arme et un historien qu’un musicien. Si vous, en revanche, avez un morceau à nous proposer, je m’en porte garante et vous accompagnerez volontiers jusqu’au piano ! »
« Bien volontiers... »

Elle avait le trac. Elle le sentait fourmiller dans ses doigts, faire trembler ses bras. Jouer était une chose. Une dame de son rang se devait de savoir manier l'instrument. Au moins assez pour égayer les soirées familiales, ou démontrer une certaine grâce afin d'attirer un prétendant. Hildegarde ne se débrouillait pas fort mal, même si elle préférait les compositions guillerettes à celles plus « pesantes » qui faisaient la joie des vieux membres de la famille. Si cela ne tenait qu'à Hildegarde le baroque et le classicisme seraient rangés aux oubliettes. Plus de romantisme !

Acceptant le bras de la princesse Svetlana, Hildegarde suivit le mouvement opéré tel un automate bien dressé. Le groupe de jeunes gens s'écarta de l'instrument, les jeunes gens ayant même l'obligeance de renfiler leurs vestes qu'ils avaient ôtés le temps de leur démonstration. Saluant l'assemblée qui, petit à petit, venait l'entourer, l'Austro-Hongroise prit place. Son cœur battait jusque dans ses tempes, semblant vouloir la rendre sourde aux murmures qui se propageaient d'une bouche à l'autre.

Hildegarde inspira un coup. Ses doigts se glissèrent sur les touches, exécutant les premières notes d'une sonate de Franz Schubert. Les premières notes se déroulèrent sans accroc jusqu'à la première fausse note. Une erreur commune pour une débutante mais qui fit rater un battement au cœur d'Hildegarde. Elle ne devait pas fauter. Pas ce soir-là ! Pas devant toute la cour viennoise, pas devant une princesse russe. Elle allait jeter l'opprobre sur sa famille, la honte sur ses parents ! Les murmures devinrent des sifflements de vipère à ses oreilles, la poussant à fauter une seconde fois, une troisième...

Hildegarde stoppa net sa composition, tentant de cacher ses mains tremblantes dans ses jupes. Elle n'osait pas même lever un regard. Le sang avait reflué de son visage, le rendant presque aussi blanc que du marbre. On aurait cru que la princesse russe venait de la changer en statue de glace.

Les murmures se turent, dans un seul souffle. Une voix impérieuse se fit entendre tout près d'Hildegarde.

« Vous disposez mal vos doigts. Soyez plus détendue. Et n'écoutez pas le public. Si l'on devait le croire, toute composition serait insatisfaisante. Ou alors elles sont toutes magnifiques. Rares sont ceux qui savent apprécier la musique véritable. »

Hildegarde tourna légèrement la tête, curieuse de connaître le propriétaire de la voix. L'Austro-Hongroise dut réprimer son mouvement de surprise. Sans quoi elle aurait ressemblé à un poisson hors de l'eau. L'empereur se tenait auprès d'elle ! Elle pouvait reconnaître le profil, diffusé dans toute la ville, du jeune homme. Hildegarde esquissa un début de révérence mais, déjà, l'homme l'avait oublié, allant saluer la princesse russe. Lui accordant le baise-main, il lui adressa quelques mots.

« Votre Majesté Svetlana Ivanova, vous voir est toujours un plaisir. Vous devriez faire connaître vos talents à la cour afin d'effacer ces notes discordantes. Voyez-y un cadeau pour célébrer mon mariage. »

Lentement, Hildegarde se leva de son siège et laissa sa place vacante. Tête baissée, elle n'osait plus regarder personne – hormis le bas de ses jupes.
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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 30 Oct - 22:59
La présence soudaine de l’Empereur près du piano ne passa pas inaperçu, autant pour le rassemblement que pour les deux jeunes femmes s’y tenant déjà. Il sembla d’ailleurs que la pianiste s’était tétanisée à l’instant même où elle avait identifié la voix. Il y avait de quoi ! Jouer sur un piano de sa Majesté Impériale à sa Cour même, peu avait cette audace en prétendant rendre hommage à qui que ce soit mais pas forcément par manque de talent… Un baise-main donné, Svetlana se fondit en une gracieuse révérence, tout sourire pour le souverain malgré que son oreille tiqua aux paroles assez rudes quoi que justes.

« Un plaisir bien partagé à me tenir à votre Cour pour cet évènement dont tout le monde parle, Votre Majesté Impérial. »

Tant de mots pour une simple formalité. Elle le saluait et le remerciait à la fois de lui avoir offert place pour la soirée. Des paroles bien banales quoi que très sincères qui en précédèrent d’autres moins attendues et quelques peu effrontées…

« Je vous prie d’accorder votre clémence à ma compagne, elle n’a fait que répondre à ma demande de l’entendre jouer, j’en suis entièrement responsable votre Majesté, la défendit-on avant qu’une main ne soit redirigé vers la dite jeune Dame qui méritait au moins des excuses. J’en profite d’ailleurs pour vous présenter Mademoiselle Hildegarde Schmidt, jeune femme de votre Empire et une amie de ma personne…que vous avez un brin brusqué. »

Un mensonge blanc pour ainsi dire. La Princesse n’aurait jamais osé hausser le ton face à l’Empereur qui était depuis plusieurs années déjà un ami très cher et un prochain homologue royal avec qui elle aurait certainement à traiter, toutefois, il semblait évident qu’elle n’avait guère apprécié les remarques qu’il avait posées à l’endroit de la pianiste. Bien entendu, Hildegarde elle-même n’avait formulé un quelconque mécontentement à cet effet mais entre têtes couronnées, ce genre d’échanges était souvent mieux accepté, pouvant même passer pour une petite pique amicale…

« Il semble évident que personne ici présent ne peut prétendre satisfaire complétement un auditoire bien que vos royales oreilles soient la dentelle la plus fine qu’un piano puisse espérer avoir comme écoute. Il faut néanmoins souligner le courage de Mademoiselle Schmidt et la remercier pour son extrait. »

Ou comment diriger toute l’attention sur celle qui paraissait vouloir se fondre dans le décor. Svetlana n’avait aucune mauvaise intention mais un élan de compassion et de solidarité s’était emparé d’elle sans qu’elle ne puisse le freiner outre mesure que de l’exprimer haut et fort. Quelques applaudissements se firent entendre pour accompagner le tout mais bien l’Empereur reprit la parole en invitant la Princesse à épater à son tour l’assemblée.

Bien qu’Hildegarde quitte le banc de l’instrument à cordes martelées, ce n’était pas du tout la destination de l’héritière russe. Au contraire, elle s’en éloigne de quelques pas, tournant à moitié sur elle-même come pour contempler les gens rassemblés. Un coup d’œil aux instrumentistes de l’orchestre qui semblent suspendus à ces gestes, l’accompagner au besoin car s’il est d’usage que les nobles et les royaux maîtrisent un quelconque instrument, on lui avait toujours dit que les piano n’appréciaient guère le froid. Ainsi lui sembla-t-il logique que jamais elle n’apprenne à en jouer. Au lieu de quoi, un tout autre art lui avait été accordé et après une profonde inspiration, elle entama a cappella…




La dernière note résonna dans l’air, le silence se poursuivant un temps après qu’elle ne soit plus audible avant que la Princesse ne ferme la bouche. Un sourire fin à l’attention de l’Empereur qu’elle savait grand amateur de ce compositeur et une révérence plus tard, elle regagnait les côtés de son amie de la soirée.

« J’espère ce cadeau être à la hauteur du bonheur et de la prospérité qu’engendreront votre union, Majesté. Ne m’en veuillez pas mais je prendrai congé, je ne voudrais pas être soupçonnée de vous voler à vos invités…ou de vous abandonner pour une Demoiselle à consoler. »

Une nouvelle pointe qui fit se tendre imperceptiblement la Tsarine aux côtés du marié. Aussi douce et belle puisse-t-elle sembler aux yeux de tous, son regard braqué sur sa fille unique avec cette nuance légère mais aussi glacial que le vent d’hiver ne laissait rien présager de bon. C’est donc avec un charmant sourire hypocrite que la Princesse s’en alla de ce pas, ne manquant pas par la même de diriger Hildegarde par le bras. Si elle devait fuir les foudres de sa mère, autant se donner la bonne excuse pour l’esquiver par une conversation en privé.

Un recoin tranquille avec banc et table de champagne s’avéra l’endroit idéal pour la pause forcée et Svetlana s’y installa sans plus attendre, le visage tourné très loin du déroulement de la salle, soit face à celui d’Hildegarde à qui elle chuchote sur le ton de la confidence.


« Enfin nous sommes seules, personne ne nous dérangera plus… »

Du moins, le crut-elle.
Svetlana Ivanova
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Hildegarde Müller
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Jeu 5 Nov - 21:52
Hildegarde était perdue. Déboussolée. Elle trouva, elle ne savait où, la force de s'asseoir sur le banc et rassembla ses jupons en même temps que ses esprits. L'Austro-Hongroise ne savait point par quel bout commencer. Elle avait perçu les rires lors de son effroyable démonstration, s'était crispée face aux murmures qui s'étaient élevés à chaque saillie spirituelle de la princesse impériale russe. Cette princesse même qui l'avait présenté comme une amie à l'empereur. Rien que cela ! Si cela était un jeu, il allait bien trop loin aux goûts d'Hildegarde.

Un jeu n'est plaisant que si tous les participants sont au courant de son existence.

Hildegarde releva la tête. Nerveusement la jeune fille remit une mèche de cheveux en place.

« Pourquoi ? » osa-t-elle demander en relevant la tête vers la princesse. « Pourquoi m'avoir présenté comme... votre amie ? Nous nous connaissons à peine... »

Une fille du peuple pouvait nouer une amitié avec la première venue. Pas une princesse. Pensant frôler l'incident diplomatique, Hildegarde s'empressa de se lever et de s'incliner.

« Non pas que je ne sois pas honorée d'un tel privilège, bien au contraire. Mais comprenez ma surprise... »

Je ne suis pas de votre monde. Je ne le serais jamais. Mais elle conservait ces réflexions pour elle. Hildegarde avait déjà posé un pied sur la surface glacée qui menaçait de rompre sous son poids. Et du poids elle en avait. Quinze ans et déjà toute boulotte, les joues pleines, le ventre rebondi, les hanches généreusement fournies. Hildegarde se renfonça dans le banc. Et agrippa une coupe de champagne avec la force emplie de détresse d'une noyée s'agrippant à sa bouée de sauvetage.

« Oubliez ce que j'ai dis... » Hildegarde fit tourner le champagne dans son verre, et en but une longue rasade. « Je dis souvent bien des bêtises quand je ne contrôle pas la situation. »

Le verre fut reposé, vidé de son contenu. Hildegarde dodelina de la tête, laissant le champagne lui griser l'esprit. Il lui faudrait des années pour s'habituer à sa saveur, pour ne plus être facilement emportée par un simple verre d'alcool. Hildegarde laissa sa tête basculer en arrière, son regard détaillant les décorations du plafond.

« Dites-moi... Comment est-ce la vie de princesse ? »

Le menton de Hildegarde frôla son épaule. Son regard semblait perdu, dans un lointain univers.

« Vous ne devez pas souvent vous amuser... »

Ces paroles n'avaient été presque qu'un chuchotement. Hildegarde, malgré son jeune âge, avait déjà une vision bien arrêtée des castes supérieures. La noblesse était si bien habituée à posséder tout ce qu'elle désirait qu'elle s'était enfermée dans une morosité crasse. Les royautés devaient soutenir une couronne bien trop lourde à porter, satisfaire le peuple et se ronger les sangs. En observant la princesse russe, Hildegarde ne voyait plus qu'une poupée de glace, un joli bijou qui devait se sentir bien seul.

Sinon pourquoi jouerait-elle à « amie amie » avec une bourgeoise qui lui était pratiquement inconnue?




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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 6 Nov - 3:02
En retrait sur le banc, les Demoiselles étaient enfin en paix. Du moins, jusqu’à ce qu’Hildegarde ne retrouve ses esprits et ne s’inquiète de ce qui avait été dit. Le reproche étonna d’ailleurs la princesse qui haussa alors un sourcil en tournant la tête vers sa vis-à-vis.

« Vous ne voulez pas être mon amie ? »

Une réponse qui était naturellement venue, trahissant bien là le fait que la situation n’était pas plus sous son contrôle. Elle réalisa seulement que s’accaparer de sentiments aussi singuliers sous prétexte de connaître le seul nom d’une personne ne suffisait pas en dehors des murs du Palais royal.

« Je ne voulais pas vous embarrasser… »

Une princesse ne s’excusait pas pourtant, Svetlana était bel et bien en train de le faire. Elle n’avait en aucun cas voulu se jouer d’Hildegarde mais à côtoyer la Cour et au souvenir de certaines mises en garde de sa mère, il était évident qu’elle savait exactement ce que redoutait sa compagne. Elle laissa donc le silence prendre place, ne confirmant ni n’infirmant les pensées qu’elle ne pouvait de toute façon pas entendre jusqu’à ce que la voix soit à nouveau audible, faible.

« Dites-moi... Comment est-ce la vie de princesse ? »
« Vous ne devez pas souvent vous amuser... »

Autant de mots qu’on ne lui avait jamais servis avant, la preuve que les coutumes populaires, pour ne pas dire normales, lui étaient complétement étrangères. Croyaient-ils tous que leur vie était différente parce que leurs parents avant eux avaient porté la Couronne ? Elle réfléchit un instant, désireuse de réponse le plus franchement possible, ne s’étant jamais posé la question.

« Elle est bien…j’imagine, un léger haussement d’épaule accompagna la déclaration toute simple, comme une certitude pour laquelle elle n’était même pas assurée de la véracité. Je ne manque de rien. Razoom m’enseigne ce qu’il y a à apprendre, à savoir pour mon futur rôle de Tsarine… »

Son regard se dirigea seul vers la présente Tsarine comme si évoquer soudain le moment où Svetlana devait prendre le relais signifiait souhaiter un quelconque malheur à sa mère. Non elle ne manquait de rien, sinon de présence à ses côtés. Un léger plis soucieux vint d’ailleurs barrer son front à cette pensée. Pouvait-elle la confier à Hilegarde ? Ou était-ce inconvenant qu’une personne de son rang trouve quelque chose à se plaindre de sa condition ? Elle poursuivit, à son tour d’une voix plus basse de peur que des oreilles indésirables ne surprennent les propos.

« Mon frère le Prince Matvei a dû quitter le pays il y a quelques années pour honorer un vieux traité de paix signé par feu le Tsar mon grand-père. Nous étions très proches et…si je devais manquer de quelque chose ce serait de lui. »

Affirmer une telle chose fut le déclencheur qui la rendit encore plus réelle, tangible. Svetlana était une enfant seule. Son sang ou son titre aurait pourtant aisément pu résoudre la situation mais à quinze ans plus que jamais, la disparition de son frère dans sa vie lui pesait lourdement. C’était ce jour seulement, inconsciemment poussée par ce désir de protéger Hildegarde des paroles de l’Empereur, qu’elle montrait réellement un désir de nouer des liens avec quelqu’un d’autre qu’un membre de sa famille ou une tête couronnée comme il était le cas de l’Empereur.

« Je n’apprécie pas les faux-semblants, les sourires hypocrites des gens qui vous saluent par mauvaises intentions ou intérêt personnel. Je crois que je m’en suis toujours cachée en restant à l’écart, isolée dans une solitude qui me convient pourtant. Matvei me faisait rire, nous étions inséparables en ce temps. C’était il y a quelques années déjà mais aujourd’hui…comment dire…les mots m’ont échappés vous concernant. Vous parler au début de cette soirée m’a semblé si aisé qu’il me parut impossible que nous ne puissions pas nous entendre par la suite. »

Voilà comment les choses se déroulaient dans la royale petite tête. Si deux personnes s’entendaient, qu’ils appréciaient mutuellement leur compagnie, ils étaient amis. Il sembla que cela n’était pas si simple mais Svetlana ne demandait qu’à apprendre cette chose que Razoom malgré toutes les classes suivit ne lui avait pas appris. Alors, comme pour s’assurer qu’elle était dans le droit chemin, la princesse répéta à nouveau, son regard déterminé planté dans celui de la Demoiselle.

« Vous voulez bien être mon amie ? »

Ou comment l’ignorance des convenances la mena à se comporter comme la parfaite enfant qu’elle n’était plus depuis longtemps…


[HRP: Excusez la tournure un peu enfantine mais étant donné les circonstances, Svetlana n'a pas vraiment eu la possibilité d'aborder un tel sujet et ses connaissances de la chose sont assez limitées ^^'']
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Hildegarde Müller
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Dim 8 Nov - 16:44
Sans un mot, Hildegarde se leva. Et tendrement, comme une soeur, elle enlaça la princesse russe. Faisant fi de l'étiquette, faisant fi des faux-semblants, faisant fi des regards qui auraient pu se poser sur elle. Qu'elles délivrent leurs venins ces vipères assoiffées de fiel. Hildegarde avait entendu la détresse de la princesse, et, du haut du puits où Svetlana s'était engouffré, elle lui tendait une main secourable.

« J'ai un frère, moi aussi.»

Hildegarde se détacha de Svetlana et lui prit les mains. Elles semblaient glacées malgré les gants que portait l'Austro-Hongroise.

« Il s'appelle Oskar, il est mon aîné de deux ans. Il rêve de devenir un jour magicien. Il pratique la magie tous les jours, au grand damn de notre père. » Hildegarde a un léger rire en évoquant ce souvenir. « Vous appréciez la magie ? Je pourrais vous faire une démonstration, si vous le souhaitez. »

Hildegarde enferma les mains de la princesse entre les siennes, tentant de les réchauffer.

« Vous savez, les gens ne seront pas vos amis parce que vous leur demandez. Un ami c'est quelqu'un avec qui vous partagez de bons moments, à qui vous pouvez vous confier ou demander conseil. »

Hildegarde eut un sourire canaille, celui là même qu'elle adoptait quand, au pensionnat, elle allait mener une petite plaisanterie.

« Pour les bons moments, on peut commencer tout de suite. »

Sans laisser à la princesse le temps de comprendre, Hildegarde l'entraîna à sa suite, louvoyant au sein de couloirs plus désertés, loin de la grande salle surpeuplée. L'Austro-Hongroise finit par stopper dans une petite salle dont une des portes donnait sur la grande salle principale. Regardant aux alentours si personne ne les observait, Hildegarde plongea deux doigts dans son corsage, et en retira un petit papier plié. La jeune femme expliqua à sa compagne le secret de ce petit emballage.

« Un mélange d'herbes aux effets détonnants. Rien de dangereux. Ceux qui en ingèrent une pincée voit leur peau changer de couleur. C'est toujours cocasse à voir. J'ai aussi un mélange qui fait pousser des furoncles, mais ce serait odieux à voir. »

Les doigts de Hildegarde se refermèrent sur le sachet.

« Il nous suffit d'en glisser dans quelques verres. Ou le punch. Voulez-vous voir la magie à l'oeuvre ? »




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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 27 Nov - 6:35
L’effet de surprise menait parfois à de grandes choses en ce monde, à la guerre, il pouvait parfois renverser des batailles, en amour, il procurait souvent un sentiment de bonheur. À l’instant, le geste d’Hildegarde avait été tellement spontané que Svetlana en était restée bouche bée, choquée à la rigueur mais pas de façon négative. Si elle resta un instant immobile, son corps lui sembla comprendre le message, se souvenir du réconfort d’être enlacée entre des bras, de la sécurité apportée. Elle se laissa aller, délicatement, à l’écoute de la voix de sa compagne qui lui confia aussi un peu de cet être qui partageait son nom et son sang, son frère.

« Je…connais peu de chose sur la magie, avoua-t-elle alors à voix basse. »

La princesse savait qu’elle existait, qu’il y en avait une bonne et une mauvaise, un peu comme les gens en réalité mais la voir à l’œuvre, même les magiciens n’étaient pas les premiers que l’on faisait venir à la Cour du Tsar alors autant dire que son champs de connaissance était plutôt limité. Elle n’eut pas le temps de demander comment la Demoiselle comptait lui démontrer cette chose – et surtout quoi précisément – qu’elle fut entrainée à l’écart, en dehors même de la salle de Bal !

Un brin étourdie, elle chercha du regard son amie pour tenter d’obtenir une quelconque explication. La malice qu’elle lut dans les yeux d’Hildegarde à la découverte dudit sachet lui était nouvelle, jamais une telle idée n’aurait pu lui traverser l’esprit et encore moins de partager son méfait avec une complice. Sans doute la solitude mentionnée plus tôt l’avait-elle aussi coupée des petits plaisirs innocent de l’âge rebelle, raison pour laquelle elle se montrait légèrement méfiante vis-à-vis de cette «expérience» que lui proposait alors sa compagne. Semer cette magie dans les coupes au risque qu’elles ne tombent entre les mains de sa mère, pire !, de l’Empereur ne lui plaisait pas particulièrement mais si elles pouvaient choisir…peut-être bien que ça pouvait être amusant.


« Je n’aimerais pas…que son Altesse ma mère soit touchée mais... »

La princesse hésitait, elle avait déjà le regard de la condamnée à l’idée de commettre son premier crime…heureusement qu’il était minime.

« …mais je veux bien tenter sur quelques dignitaires, gloussa-t-elle comme la gamine qu’elle était encore en réalité. Comment devons-nous procéder ? Je peux…subtiliser-un-plateau-et-le-ramener-vite-fait ? »

Plus aucun doute désormais que l’idée lui plaisait, elle en était même fébrile, excitée et un léger sourire ourla le coin de ses lèvres. Une sensation qu’elle avait jusque-là rarement ressentie, un engouement soudain pour quelque chose, pour quelqu’un. Hildegarde éveillait en elle les sentiments de la jeune fille fringante et espiègle qu’elle aurait dû être. Élevée depuis peu en enfant unique, elle avait vu son seul compagnon de jeu partir au loin pour ne revenir qu’une fois l’an, pas de quoi se réjouir tous les jours mais ce soir, les choses seraient différentes.

Sans plus attendre, Svetlana délaissa momentanément sa compagne, quittant la pièce pour revenir à la salle de bal, aviser l’un des serveurs au plateau de champagne qu’elle fourvoya volontairement en prétextant que sa mère, son Altesse la Tsarine, désirait quelques breuvages supplémentaires du sellier royal. Il s’empressa de laisser plateau et flûtes pleines pour se diriger vers la Dame de titre et la princesse n’attendit pas son reste pour s’en saisir et retourner à l’abri des regards vers son amie rebelle. Elle posa le tout sur une petite table non loin, le sourire victorieux.


« Mission accomplie ! À vous de jouer. »

Elle s’écarta d’un pas, toute son attention dirigée vers le petit sachet intrigant. Cela fonctionnait-il à tout coup ? À qui iraient ces coupes une fois le plateau revenu en salle ? La plaisanterie serait-elle bien accueillie… Autant de question qui ne pourrait trouver de réponse que lorsque la magie serait à l’œuvre et Svetlana attendit patiemment que la poudre fut distribuée, dissoute dans le liquide gazeux avant de pincer les lèvres, une curiosité angoissante la prenant soudain.

« Doit-on…en boire aussi ? »

Les convives risquaient certes d’être surpris, apeurés un peu aussi mais si elles connaissaient déjà les effets, la peur n’aurait plus de raison d’être. Elles pouvaient donc essayer, non ? Hildegarde la suivrait-elle dans cette idée ? Quoi qui se décide, elle était prête, plateau en main, à retourner dans la salle pour voir la magie à l'oeuvre. Ça ne pouvait qu'être rigolo n'est-ce pas ?
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Hildegarde Müller
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Ven 4 Déc - 17:36
Se retenant de fredonner une comptine, Hildegarde ouvrit le sachet et en dilua le contenu dans les verres ramenés par la princesse russe. L'Austro-Hongroise veillait à secouer, lentement, chaque verre afin d'accélérer le processus, posant un regard strict sur chacun, veillant à ce que le crime soit parfait. Ne laisse nulle trace. Le papier fut replié et regagna sa cachette initiale.

L'interrogation de la princesse Svetlana souleva un réel questionnement. Hildegarde tapota son index sur sa lèvre inférieure, pensive.

« Si nous sommes les seules à ne subir aucun dommage, les doutes se porteront directement sur nous. Il nous faut boire pour dissiper tout doute à notre égard. La faute pourra être rejetée sur un domestique. »

Vague haussement d'épaules fataliste. Les domestiques ne risquaient guère que quelques remontrances. Pas de quoi fouetter un chat. Dans toute sa naïveté de jeune pensionnaire, Hildegarde ne pouvait pas même songer à ce qu'un serviteur risquait de finir au labyrinthe pour avoir mal agi lors d'un jour de festivités importantes. Et si elle venait à l'apprendre, quelques jours après, elle hausserait les épaules. Les seules domestiques qui comptaient à ses yeux étaient ceux qu'elle côtoyait depuis son plus jeune âge au sein de la demeure parentale.

Les autres n'étaient que des inconnus. Des meubles.

Les doigts de Hildegarde saisirent un verre. Épinglée à sa robe, la broche brillait, éclairée par les lustres. Hildegarde y apposa ses doigts, sentant palpiter la magie en son sein. Artefact magique par excellence, elle permettait à la sorcière de mener ses potions. La jeune fille n'était pas encore au sommet de son art, et elle ne manipulait que partiellement la magie irradiant de l'artefact.

Hildegarde leva son verre, rayonnante.

« A l'Autriche-Hongrie. Que ce mariage soit prolifique et assure la pérennité de la dynastie. A la Russie. Que le règne de vos parents soit encore long et fructueux ! »

Des paroles qui n'auguraient rien de la suite des événements. Des paroles qui, si elles étaient entendues, n’émettraient aucun doute dans l'esprit de quiconque.

D'un geste, d'un seul, Hildegarde vida le verre d'un trait. L'Austro-Hongroise reposa le verre, avec une telle vigueur qu'elle manqua de renverser le plateau disposé à côté. Hildegarde inspira longuement.

« Voilà qui est fait. Alors, quelle est ma couleur ? J'apprécierais fort bien le vert. »

Pour me sentir comme Elphaba le temps d'une soirée. Mais cette confidence demeurerait secrète, pour elle seule. Elphaba était un sujet délicat qu'elle ne mentionnerait jamais à la légère.

HRP:
 




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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 8 Jan - 17:00
Les yeux grand écarquillés, Svetlana ne manqua pas un geste du ‘rituel’ de son ami, confronté pour la première fois à la magie et très curieuse –et aussi un peu suspicieuse- d’en voir le résultat. Une poudre à dissoudre, parfaitement incolore dans le champagne qui pétilla seulement un peu plus et faisant éclater ses bulles odorantes et la question suivante à savoir si les demoiselles devaient aussi boire et ainsi être sous l’effet du charme ou se contenter d’observer. La réponse d’Hildegarde lui sembla évidente aussi ne se posa-t-elle pas plus de questions quant au fait de faire porter le chapeau à un des domestiques de l’évènement.

Il était néanmoins temps de passer à l’acte et c’est non sans un frisson d’anticipation que Svetlana se saisit d’une des coupes enchantée, ses doigts dangereusement crispés sur le verre délicat en regardant sa compagne vider la sienne d’un trait. Sans hypocrisie aucune, la princesse se servait simplement de la bourgeoise comme d’une gouteuse par crainte de ressentir quelques effets indésirables ou non annoncés. La première coupe vidée ne sembla pourtant rien apporter de particulier et la princesse se désola un peu de ne pas trouver de flammèche ou d’étincelle comme dans les contes. Mais peut-être devait-elle aussi ingurgiter le liquide pour en voir les effets ? Elle inspira, prise d’un moment de doute. Et si cela n’était pas réversible ? Mais le contenu fut à son tour vidé et la flûte serrée de plus belle dans sa main.

Un hoquet suivit. De surprise, d’étonnement. Ses yeux s’écarquillant en dévisageant Hildegarde comme si elle avait eu une pustule au bout du nez. Puis un rire, bref et nerveux. C’était donc ça la magie ? Son amie n’en était-elle donc pas…une sorcière ? Une légère moue fronça son nez alors qu’elle repoussait tous les mauvais mots que l’on avait pu prononcer en désignant cette catégorie de personne. Son amie n’avait rien de dangereux –en apparence du moins- et ne semblait pas le moins du monde se servir de ses pouvoirs à mauvais escients. D’accord, leur petit secret n’était pas non plus de faire éclore un champ de fleurs en pleine salle de bal mais y avait-il un mal réel à vouloir plaisanter en toute innocence ?


« Vous…vous avez une couleur que je n’ai jamais vu. »

En effet, dans son monde d’eau et de glace du nord, beaucoup de blanc et de bleu prédominaient la palette des couleurs de son quotidien alors face à celle-ci, à la fois familière et terriblement différente, elle ne savait que faire. Comment traduire en des mots une chose dont on ne connaissait pas le nom ?

« Ce n’est ni bleu ni vert mais entre les deux, sa tête se pencha légèrement sur le côté comme pour mieux réfléchir, pour trouver le mot exact. Vous ressemblez aux pierres de la couronne de sa Majesté ma mère mais en différent. »

Ni bleu, ni vert, les pierres de la couronne royale russe étant des turquoises, la peau d’Hildegarde tirait légèrement vers l’aqua. Plus verte que bleue elle ne l’était pourtant pas complétement et rappelait l’eau très pure et chaude de certaines iles au sud-est du pays glacial dont quelques braves explorateurs avaient rapporté les mérites à la couronne russe.

La première découverte passée, ce fut sur sa propre peau que l’attention de Svetlana se tourna, posant sa flûte pour lever sa main à la hauteur des yeux avec une grimace déçue. Là où la peau de son amie était vive et coloré, la sienne se rapprochait davantage d’une neige sale que d’une pierre précieuse. En effet, la peau de la princesse était devenue grise. Pas cadavérique –et heureusement- mais pas aussi foncée que l’acier, elle était le gris brouillé des journées nuageuses annonçant la neige…ou une tempête à venir. La déception fut de courte durée et un haussement d’épaule fataliste balaya cette médiocre découverte pour revenir au plateau, comptant le nombre de verre. En tout, une douzaine de personne seraient affectées ce qui était bien peu pour tous ces invités mais assez pour bien rigoler. L’air de rien, Svetlana attrapa un serveur qui passait entre les deux pièces, lui indiquant que le plateau avait été oublié et qu’il faudrait le ramener dans la grande salle avant qu’elle n’invite sa compagne à la rejoindre pour reprendre place au sein de la soirée.

Attentive et beaucoup moins patiente que prévu, Svetlana scrutait la foule, un peu en retrait comme une nouvelle délégation venait présenter ses hommages aux nouveaux mariés, à la recherche de la première victime de la magie de son amie. Grande surprise, ce fut Razoom qui harponna au passage la première des flûtes enchantées en fouillant la foule du regard. Il tomba inévitablement vers sa petite princesse et cette dernière, pour laver tout doute, lui fit signe de la main comme si elle l’avait aussi cherché lors de son absence. Il n’y vit que du feu et porta la coupe à ses lèvres alors qu’un gloussement échappait à sa protégée, heureusement trop loin pour qu’il ne l’entende.

Le champagne magique fut rapidement dispersé à travers les convives qui un à un, ingurgitaient le précieux liquide sans se douter de rien… Seulement alors, le grand gaillard russe vit le premier la magie opérer…avec un étonnement frôlant la crainte. Si elle ne l’avait pas connu pour son sang-froid et son expression quasi placide, Svetlana aurait pu croire qu’il en avait même peur. Un regard tourné vers sa complice, la princesse était aux anges, ses yeux brillant de la même malice qui avait illuminé ceux de l’Austro-Hongroise et elle se cacha pour rire à la dérobée de toute cette effervescence nouvelle qui anima la Cour de l’Empereur.


« Je crois que nous avons réussi, ricana-t-elle avec un large sourire satisfait.

La question était. Et maintenant ?
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Hildegarde Müller
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Mer 13 Jan - 0:03
Trop bien discipliné pour relever les teints curieusement bigarrés des demoiselles, le domestique alla porter les flûtes de champagne à l'assemblée, louvoyant entre les groupes et couples qui se formaient au gré de l'avancée des festivités. Le rire de la princesse russe fut communicatif. Hildegarde pouffa derrière sa main gantée, observant la métamorphose des victimes de leur petite magie. Les mines si austères et placides se muèrent en lampions de couleurs. Rose fuschia, rouge brique, vert sapin, incarnat, orange... Les couleurs émaillaient l'assemblée, déclenchaient des rires et des cris outragés.

Hildegarde ravala son rire en percevant un cri qu'elle reconnut distinctement. Celui de sa mère. L'apprentie sorcière rentra la tête dans les épaules, comme si ce simple geste allait la rendre invisible aux yeux de la fureur maternelle. Margareth Schmidt avait-elle reconnu, dans ce breuvage de métamorphose, la main de sa cadette ? Hildegarde préféra ne pas tenter le diable en allant observer de plus près.

Elle devait se tirer de ce mauvais pas, et au plus vite.

Hildegarde plongea une main dans sa robe, ses doigts tâtèrent pour trouver une fiole. La sorcière la ressortit, fronça les sourcils en remarquant qu'elle avait totalement oublié d'y assigner une étiquette. La jeune fille haussa les épaules, déboucha la fiole et la lança le plus loin possible. Agrippant la main de Svetlana, elle l'entraîna quelques pas plus loin, l'obligeant à se faufiler derrière une sculpture ornant la salle. Une représentation de l'empereur de ce que Hildegarde croyait voir.

« Désolé. » souffla-t-elle à la princesse en la relâchant. « Mais si Mère apprend que j'ai fauté... »

Le mot « carotte » résonna sous la voûte de la salle, répété par de multiples bouches. Signe que la fiole avait atteint une cible. Hildegarde se redressa, jetant un regard dans l'angle formé par le bras tendu de la statue, et la jambe fléchie.

« Cette potion devrait susciter pas mal de réactions. J'ai perdu le contrôle. Ça me fait toujours la même chose dès que j'entends Mère... »

La jeune fille se haussa sur la pointe des pieds. La foule semblait se rassembler autour de sa victime qui geignait d'avoir perdu son magnifique nez. À main droite des deux demoiselles, le balcon s'offrait à elles, vide de toute présence.

« Et si nous allions prendre l'air ? » proposa Hildegarde à brûle-pourpoint. « Ou vous voulez tenter un autre tour ? Animer cette soirée d'une autre façon ? »

Précisions a écrit:
La potion lancée par Hildegarde est une potion de Noël. Elle change le nez d'une personne en carotte.




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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Ven 19 Fév - 18:59
Tout semblait se dérouler comme prévu. Le champagne fut distribué alors que les jeunes Demoiselles réintégraient la salle de réception mais les exclamations de joie et les rires de l’assemblée se muèrent rapidement dès les premières gorgées. Cris affolés, angoissés, quelques éclats de rire néanmoins bienvenus pour dédramatiser la situation mais sans doute venaient-ils des deux complices qui se cachaient tant bien que mal…

Elles auraient pu poursuivre encore un moment sans se faire remarquer mais Hildegarde s’affola soudainement, attirant l’attention –et aussi l’inquiétude- de la princesse russe. Ressentait-elle un effet indésirable de la potion ? Une angoisse soudaine ? Que deviendraient les invités dans ce cas ? Mais le problème semblait plutôt isolé et Svetlana assista, impuissante, à l’extraction d’une autre fiole au contenu tout aussi inconnu que la première. Qu’allait donc faire son amie ?

En moins de deux, la fiole fut débouchée, jetée dans la pièce et sa main emprisonnée avant d’être tirée. Loin, derrière une statue dont elle connaissait déjà les traits par cœur, une de Fried qu’elle espérait bêtement ne pas avoir touché par aucune des potions bien que…


« Pourquoi… ? »

Ce fut la première question qui lui vint à l’esprit. Oui pourquoi la panique, pourquoi la fiole, pourquoi la mère ? En quoi croyait-elle avoir fauté ? Svetlana n’y comprenait plus rien mais la position désagréable de leur cachette l’empêchait de penser convenablement. Aussi quand la proposition de sortir de cet endroit parvint à ses oreilles, elle s’empressa d’acquiescer, la laissant passer devant en soupirant dès qu’elle ne se sentit plus coincée. Un petit malaise qu’elle cachait bien depuis un temps. Elle détestait les endroit clos, étroit, comme si elle était emprisonnée dans la glace…

« Venez !, la guida-t-elle à son tour en reprenant sa main pour la mener au balcon et inspirer un grand coup l’air du soir. Puis elle se tourna vers Hildegarde, la dévisageant avec…curiosité. Qu’est-ce que c’était ? Mais plus important encore. Votre mère vous grondera-t-elle ? Elle ne nous a pas vu pourtant, serait-elle aussi…comme vous ? »

Le mot sorcière était revenue à son esprit mais une voix lui soufflait à nouveau que l’appellation avait quelque chose de dérangeant. Comme une accusation ou une étiquette d’animal de foire. La magie lui était tellement étrangère après tout qu’elle n’aurait même pas su prendre le relais sur Hildegarde lorsqu’elle le lui avait proposé. Qu’en savait-elle après tout ?

« Pardonnez mon manque de tact, je ne veux pas vous offenser je suis seulement confuse. Pourquoi cette panique ? Nous n’avons…rien fait de mal, si ? Je veux dire…, elle hésita un instant avant de se redresser autant que possible, le dos bien droit comme pour se donner de l’importance –ou du courage- en affirmant d’un regard décisif. Nous avons créé un divertissement anodin qui n’a blessé personne et…j’en prends le blâme s’il venait à tomber. Puis d’une voix plus douce, un sourire à demi désolé aux lèvres. Je ne veux pas vous causer d’ennuis. »

La magie lui était peut-être étrangère mais personne n’en savait rien alors user de son statut pour innocenter son amie ne la dérangeait pas plus que cela, au moins sa mère ne la gronderait pas, du moins le crut-elle.

« Est-ce un lègue de lignée ? Comment avez-vous appris la magie ? »

Les questions étaient simples, légères, posées sur le ton de la discussion banale bien que dans le regard égaré de la princesse se lisait une certaine convoitise, un intérêt certain bien que la crainte soit toujours présente. Le monde était si complexe, si plein de surprises…et d’interdit.
Svetlana Ivanova
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Hildegarde Müller
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Dim 21 Fév - 21:10
Arrivée au balcon, Hildegarde rejeta la tête en arrière et inspira longuement. L'air froid du soir lui picota la gorge, mais elle n'en eut cure. Ses mains s'affairèrent à redresser quelques mèches, rendant à sa coiffure toute son architecture lisse et sans défaut. La demoiselle de quinze ans finit par s'adosser à la rambarde du balcon, afin de répondre au mieux aux interrogations de la princesse de Russie. Elle semblait si naïve sur certains concepts du monde. Comme si elle avait toujours vécu au sein d'une tour de glace, et qu'aujourd'hui était la première fois où elle sortait de sa prison.

« Je ne suis encore qu'une demoiselle. Je n'ai pas promis ma mère de ne pas user de magie, mais... Certaines de mes facéties sont parfois mal comprises. Les adultes s'offusquent rapidement quand les enfants veulent jouer avec eux, prétextant qu'ils sont « toujours dans leurs pattes. » Mère m'a appris la magie, mais ne veut pas que j'en use à tort et à travers. »

Hildegarde tapa du pied.

« C'est injuste. La magie est si passionnante ! Les fées peuvent la manipuler avec aisance, et nous, les sorcières, nous ne faisons qu'essayer d'atteindre leur niveau. En vain. Mais ce que nous créons peut être si charmant ! »

Voilà un point qui intriguait Hildegarde.

« J'ai appris la magie par Mère, tout d'abord. Ses tours m'avaient toujours fasciné, et jamais elle ne refusa de me conter comment en user. Puis j'ai eu un précepteur lorsque je suis entrée en pensionnat. Ce sont des cours bien différents de ce qu'on apprend communément au pensionnat. Les exercices peuvent tant vous harasser que vous vous sentez vidée de tout énergie. »

Tout en parlant, le regard d'Hildegarde brillait. Aussi harassantes qu'étaient ces leçons, elles lui plaisaient. Bien plus qu'elle ne l'avouerait jamais.

« Apprendre la magie, en soit, tout le monde peut le faire. Certains ont plus de dispositions que d'autres, comme certains sont plus doués en équitation, ou en broderie. N'y a-t-il donc pas de magie en Russie ? J'étais pourtant persuadée. Je serais incapable de vivre dans un monde sans magie, ce serait... un monde creux. »




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Svetlana Ivanova
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Svetlana Ivanova
Mar 16 Aoû - 18:54
Les paroles affluaient de la bouche d’Hildegarde avec tant de facilité et d’émotion que Svetlana ne put rester qu’à écouter, qu’à apprendre, qu’à comprendre ce qu’elle disait de cette magie soi-disant si merveilleuse. Il est vrai qu’elle avait bien eu quelques gloussements à la vue des nobles réunis à la peau changeante de couleur mais la plaisanterie avait pris une autre tournure les menant au dehors, dans l’expectative. Puis les questions étaient venues, toutes naturelles et innocentes, les questions d’une novice du sujet et dont Hildegarde ne tarderait certainement pas à identifier comme étant la Princesse russe.

Cette dernière écoutait d’une oreille attentive, tentant -vainement- de comprendre ce qu’on lui expliquait. Bien entendu, Svetlana imaginait sans trop de mal que de jeunes enfants puissent être turbulents et indisposer les adultes mais son amie n’était-elle pas -au moins autant sinon plus ?- âgée qu’elle. Comment pouvait-elle se comparer à ces jeunots ? Elle ne désirait aucunement lui faire la morale mais ses pensées lui échappèrent un instant, dévoilant la différence les opposant -ou l’incompréhension de Svetlana- sur le concept d’amusement


« Loin de vouloir vous brimer dans votre expression, je crois plutôt que vos parents tentent de vous inculquer la bienséance comme toute demoiselle de notre range devrait la connaître…et s’y tenir. Il est de votre devoir de faire honneur à votre rang et à votre noble famille. »

Loin d’être un sermon mais exprimé sur le ton automate d’une jeune femme ayant -un peu trop ?- bien appris sa leçon, la future Tsarine hocha la tête comme pour renforcer l’idée qu’il s’agissait là de la seule bonne marche à suivre. La réalité devait pourtant sembler bien triste aux yeux d’Hildegarde qui pouvait aisément mesurer à quel point la Princesse n’avait jamais pu-du-voulu déroger de toute cette étiquette qu’on lui enseignait depuis qu’elle savait marcher. Par faute de compagne de jeu ? Très certainement mais son bien-aimé frère ayant quitté trop tôt le nid familial et les trop rares visites qui leur rendait au Palais trop courte pour véritablement en profiter, elle avait grandi isolée des autres gens de son âge et beaucoup trop rapidement évolué parmi les adultes de la Cour. Toutefois, entendre son amie s’exprimer avec autant de passion et d’intérêt dans la voix en ce qui concernait le pensionnat et les études de la magie donnait presque envie d’y participer bien qu’encore une fois, de lourdes lacunes venaient ponctuer les connaissances de la demoiselle impériale.

« Bien sur qu’il y a de la magie en Russie !, s’exclama-t-elle d’une voix pourtant mal assurée, répondant par l’affirmative surtout par peur que son merveilleux pays ne paraisse soudain bien fade à sa vis-à-vis. Son Altesse ma mère affirme que la magie habite chaque être, chaque chose de ce monde…mais je ne l’ai jamais vu, lâche-t-il un peu plus bas comme honteuse de douter des paroles de la Tsarine, ou plutôt de ne pas avoir les qualités requises à voir cette chose si singulière. »

Son regard s’attarda un instant au décor nocturne, se perdant dans la vue sublime que leur offrait le balcon avant de rapporter son attention sur Hildegarde et de reprendre, la tête légèrement courbée par le poids de ce qu’elle allait dévoiler….


« On me répète que la magie règne sur ce monde mais je n’avais encore jamais rencontré de fée ou même de…sorcière. Vous êtes la toute première. Elle eut un sourire gêné en relevant les yeux comme en la découvrant pour la première fois. Je ne comprends pas toujours pas l’influence que la magie peut avoir sur nous ni même toutes les possibilités qu’elle nous offre mais vous entendre évoquer le pensionnat et assister de loin son Altesse à ses recherches me fait bien réaliser ma profonde ignorance…et mon désir d’en apprendre davantage. »

Une demande à demi formulée à l’attention de la jeune bourgeoise qui -peut-être- pourrait lui servir de mentor à l’instar de son précepteur… ? Hélas, la soirée tirerait inévitablement vers sa fin, une seule nuit étant insuffisante à combler son attente, et un soupir échappa aux lèvres impériales à cette pensée. Si seulement elles pouvaient…

« Consentiriez-vous à m’écrire ? Ma demande est certes un peu cavalière mais je me refuse à quitter ce Château sans la promesse de pouvoir en apprendre davantage. Qu’importe la fréquence, il me tarde de lire vos exercices et vos impressions…qu’en pensez-vous ? »

Svetlana Ivanova
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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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✦ Libre pour RP ? : Libre !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Shísān Wǔ, Orendi

Mar 16 Aoû - 22:07
Qu'elle était glacée cette princesse. Froide et lointaine telle une statue. Hildegarde se retint de poser sa main sur la joue de la princesse pour vérifier que du sang coulait dans ses veines, qu'il y avait une once de chaleur dans ce corps. On aurait pu croire que la princesse impériale n'était autre qu'une hybride de glace, un être façonné par la Tsarine. Une enfant de neige. Snégourotchka.

Hildegarde savait que les règles et l'étiquette étaient importantes. Mais parfois, oui, elle l'avouait, elle aimait sortir du sentier battu. Après tout elle n'avait que quinze ans, elle voulait profiter des quelques années qui lui restaient pour s'amuser. Avec des petites niches qui ne porteraient atteinte à l'honneur de personne. Néanmoins la jeune fille ouvrit de grands yeux face à la confidence de la princesse. Sa première sorcière ? Mais elle avait vécu véritablement enfermée ! Hildegarde n'aurait su dire à partir de quand elle avait été témoin, pour la première fois, de l'existence de la magie. Il lui semblait qu'elle avait toujours baigné là-dedans.

« Dites vous que je suis la première rencontre d'une longue liste. Sorcières, fées, hybrides, créatures ne manquent pas en ce monde. Vous en ferez la découverte. Si cela se trouve, vous en fréquentez depuis des années sans le savoir ! »

Après tout, toute famille noble et tout palais conservent, en son sein, des secrets.

La main de Hildegarde se raccrocha à la rambarde du balcon pour éviter la chute générée par l'ultime interrogation de la princesse. Elle lui demandait d'entretenir une relation épistolaire avec elle. La seule personne, en ce château, pouvant se vanter de mener déjà tel échange n'était autre que l'empereur en personne. Hildegarde plongea dans une profonde révérence, la nuque rougie par la gêne et la flatterie. Le geste lui permit de soutirer quelques secondes vitales afin de retrouver ses sens et les paroles dignes à un tel événement.

Elle se releva lentement, s'attendant à tout instant que la princesse ne retira sa proposition.

« Votre Altesse impériale, c'est là un insigne honneur dont je ne m'en sens point digne. Mais que je ferais fort d'honorer. Car c'est un honneur inestimable que de pouvoir vous écrire et échanger avec vous. »

Si elle racontait cela à ses amies de pensionnat, elle provoquerait plus d'une jaunisse.

Il lui faudrait, néanmoins, taire sa piètre prestation au piano auprès de l'empereur.

Hildegarde croisa ses mains sur ses jupes. Elle ne pouvait prendre celles de Svetlana entre les siennes – geste convenables entre amies du même rang, mais totalement impromptue dans le cas présent. Une voix grave d'homme se fit entendre à quelques pas d'elles. La silhouette de Razoom se détachait dans l’entrebâillement de la porte-fenêtre donnant sur le balcon. Hildegarde n'était pas dupe. Cette présence signait la fin des festivités. Une nouvelle fois, elle s'inclina devant la princesse impériale.

« Je crois qu'il est temps de nous séparer. Je serais ravie de vous conter ma maigre expérience sur la magie. Je vous enverrais quelque cadeau si vous le désirez. »

Déjà l'esprit de Hildegarde feuilletait et compulsait les recettes qu'elle avait apprises. Des cadeaux qui apporteraient le sourire à la princesse et feraient, doucement, fondre la gangue de glace qui enfermait son cœur.

Penchant la tête en un ultime salut, Hildegarde quitta le balcon à pas feutrés passant auprès de Razoom dont elle sentit le regard pénétrer au plus profond de sa chair. Oh elle le sentait. Si elle portait atteinte à la princesse, un jour, cet homme la tuerait.

Spoiler:
 




Avatar par Bianca Cavalli
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