Fin septembre 05. Crimes et châtiments

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Ronce de France
La belle au bois dormant
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Dim 13 Sep - 17:54
Les villes étaient fleuries comme si une fée s'était amusée à faire éclore le printemps en plein automne. Durant toute la traversée, Ronce n'avait cessé de voir une foule en liesse, des bals-musettes et artistes jouant du violon à chaque coin de rue. La résolution du Delirium avait apaisé les peurs, le mariage avait exalté la joie populaire. Fait couler l'encre de plus d'un roman de gare narrant des romances de couples fictifs (mais diablement ressemblants au jeune couple impérial). Et fait grincer les dents de plus d'un noble – surtout ceux ayant, pendant des années, tenter de coller leur fille dans les bras de l'empereur.

Ronce avait félicité le couple, sincèrement heureuse de voir un ami avancer vers un avenir prometteur. Tant de ses amis avaient disparus depuis le temps... Le roi d'Espagne, emporté par la maladie selon la rumeur. Iris Willemer, son Autrichienne, disparue sans aucune nouvelle, lui laissant l'amère impression que mère et fils ne s'étaient jamais rejoints. Esel Vermögen, comptable d'Emerald, envolé on ne sait où. Hilda Wagner, la seule encore officiellement vie, mais dont elle attendait les lettres, ne sachant où elle résidait.

Tous des fantômes. Elle seule demeurait. Immuable. Comme figée, à jamais, dans le temps.

A croire que je suis condamnée à tous les voir mourir.

Elle se sentait presque grand-mère face à tous ces enfants. Laissant un de ses fils batifoler avec sa nouvelle promise, la reine avait refusé de retourner en son royaume. Elle s'y serait sentie aussi recluse que le prince Ciel. Entourée de sa cohorte de gardes et de servantes, elle avait décidé de visiter l'empire. D'observer, découvrir, apprendre. En un mot : se changer les idées.

Aujourd'hui, le carrosse l'avait mené dans une ville de Galicie. Ville aussi bruyante que les précédentes, où chaque rue avait droit à son artiste – comme si un cirque avait décidé de faire de la cité son chapiteau, brisant la frontière entre l'art et le public. Entourée de deux gardes, la reine s'était posée pour observer un jongleur. Entre ses mains les balles colorées semblaient douées de vie propre, décrivant des paraboles improbables, rejouant la danse des planètes. Un petit singe, apprivoisé, secouait un chapeau vide pour recueillir les quelques pièces que le public voulait bien lui donner.

Ronce y alla de son obole, pliant les genoux pour déposer quelques pièces. Grand seigneur, le singe sourit de toutes ses dents et hocha la tête – comme pour la saluer.

Un rire féminin fusa aux côtés de la reine. Des doigts féminins lancèrent quelques pièces, à leur tour, et se permirent de gratter le haut de la tête du singe. Le regard de Ronce remonta, croisant le regard de la propriétaire de la main. Prunelles aussi sombres que du sang séché, le regard fascinait, déroutait. Avec le même magnétisme éprouvé face à une scène de crime – l'envie d'en voir plus tout en oscillant au bord de la nausée. L'inconnue avait des airs de noble, avec sa robe à la dernière mode, sa chevelure brune relevée en une lourde masse sur sa nuque. Une beauté comme on en voit dans les romans gothiques.

« N'est-il pas adorable ? »

La femme avait glissé ces quelques mots à l'attention du singe qui, en quelques bonds, rejoignit son maître qui saluait la foule. L'inconnue et Ronce se levèrent d'un même mouvement, la seconde se sentant, brusquement, sur ses gardes. Les hommes, dans son dos, demeuraient sur place, ne lâchant pas la femme du regard. L'inconnue plongea dans une révérence.

« Veuillez excuser mon audace, votre Majesté. C'est un honneur de vous rencontrer au sein des rues de ce modeste empire. Je ne suis qu'une humble voyageuse russe, la comtesse Elisabeth de Orlov. »

Mensonge que cela. Néanmoins Ronce ne pouvait nullement deviner que la véritable comtesse avait trouvé la mort, quelques jours plus tôt. La fausse comtesse se montrait des plus obligeantes, jouant son rôle à la perfection. La voyant approfondir la révérence plus que de raison, Ronce lui prit la main, et l'aida à se relever.

« Relevez-vous madame. Je vois que nous sommes, toutes deux, étrangères en ce pays. Que diriez-vous que nous marchions ensemble, quelques temps ? Nous serons sous la protection de ces deux hommes... » ajouta-t-elle en montrant ses gardes.

La comtesse baissa pudiquement les yeux, rougissante.

« Je ne saurais refuser quoi que ce soit à une dame comme vous, votre Majesté. Je réside ici depuis peu, mais je connais quelques bels endroits... Des lieux, bien entendus, digne de votre personne. »

La comtesse se mit aux côtés de la reine, et ouvrit la marche.

« Et n'ayez crainte pour votre sécurité, Madame. Je n'ai été victime d'aucune agression, ou même rapine en ces lieux. Nous pourrions même deviser au sein d'un café, si le cœur vous agrée. Juste entre dames... »

Peu à peu, l'araignée tissait sa toile.


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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Mer 16 Sep - 16:13

Kay s’était rendu dans une ville de la Russie, à la frontière avec son allié l'empire Austro-Hongrois. Il s’était rendu sur place pour un dossier sensible dont il était prioritaire sur le dossier « l'Éventreuse » . Apparemment elle avait encore tué, et toujours de manière aussi sanglante selon le premier rapport qu'on lui avait transmis.

— Cette catin... Elle a encore recommencé. Une mère et ses deux filles. En ce moment elle s'en prend de plus en plus aux femmes.

Kay avait bien lu le rapport dans le wagon de train spécial fumeur. Il avait fumé la moitié d'un paquet. Mais une fois sur place, sur la scène de crime, même lui grimaça. Cette garce s’était surpassé cette fois.

L'inspecteur demanda, à la police locale, les informations qu'ils avaient sur une potentielle piste sur la direction de la fuite de l'Éventreuse. Après une heure à discuter avec le commissaire local, une piste fut découverte en direction de l'Autriche-Hongrie.

— C'est mauvais. Avec le récent mariage du dirigeant du pays, elle va en profiter pour tuer des citoyens qui ne se méfieront pas. Envoyez immédiatement un oiseau mécanique avec les informations. Il faut prévenir le commissaire de la capitale et la Mère Patrie, qu'elle signale les informations à son homologue austro-hongrois.

Sans un mot de plus Kay prit la direction de la frontière, suivant la seule piste qu'il avait.

Une demi heure plus tard, l'inspecteur arriva dans une ville. Tout le monde était en fête. C’était toujours les festivité du mariage. Mais aucun d'eux n'avait idée du danger qui les guettaient tous. Kay était sur la grande place de la ville. Il balaya les rues du regard. Rien .

L'homme courrait dans toutes les rues. Rien, rien, ri... Kay se stoppa net pour faire deux pas en arrière. Deux corps mâles, tranchés de part en part, dans la ruelle, à côté d'un café. Avait-elle enfin commis une erreur ? Pas le temps de prévenir qui que ce soit. L'inspecteur ouvrit la porte et alla au comptoir.

— Un café s'il vous plaît... Je suis inspecteur et je suis à la recherche d'une femme. Voilà son portrait robot.

L'homme ouvrit grand les yeux. Elle était rentrée quelques minutes plus tôt avec une invitée de marque. Elles avaient toutes deux pris la direction du petit salon privé. Kay emboîta le pas jusqu'à la porte du petit salon, où il posa l'oreille contre la porte.

Des rires. Aucune parole plus haute que l'autre. Du moins pour le moment. Bien qu'il y avait apparemment une personne importante, dont il ignorait le nom. L'inspecteur ne pouvait pas prendre le risque de perdre la criminelle et d'avoir un cadavre de plus sur les bras.

Kay enfonça la porte à grands coups de pieds .

— Pas un geste l'Éventreuse !



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Ronce de France
La belle au bois dormant
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Ven 18 Sep - 23:13
Certaine d'être suivie de ses gardes, la reine ne s'était pas retournée une seule fois. Elle ne vit donc pas ses hommes se faire entraîner, par la fausse comtesse, dans une ruelle adjacente afin d'être saigné. L'action avait été si rapide, si prompte, que la reine, toute occupée à observer la devanture d'un café, n'y avait vu que du feu. De la poudre aux yeux. La comtesse s'était contentée de rajuster sa robe, comme si de rien n'était, dissimulant, sous ses vêtements, ces fameux appendices qui lui permettaient de tuer avec la vivacité d'un prédateur.

Dès le seuil franchi, le gérant du café avait exécuté milles courbettes, ne tarissant pas d'éloges et d'affabilité face à une cliente aussi prestigieuse. Ce fut ainsi que Ronce et son invitée du jour purent bénéficier d'un salon privé, loin de la populace. Une petite salle confortable, propice aux confidences entre dames. Ronce babilla pour deux, enhardie par l'ambiance des lieux, la chaleur du thé offert, et le sucré des mignardises accompagnant la boisson. La comtesse la régalait d'anecdotes, déclenchant les rires des deux femmes.

La porte claqua contre le mur, déclenchant le sursaut de Ronce. Le thé jaillit de la tasse, tâchant ses jupes. Ronce pesta, en même temps que la comtesse. Néanmoins la réaction de cette dernière n'avait pas la même origine. Elisabeth veillait à ne pas regarder l'inspecteur dans les yeux, de crainte de dévoiler sa nature. Même si l'homme était certain de l'avoir retrouvé, il lui fallait continuer à jouer le jeu, afin de...

La reine se leva d'un bond, au risque de faire tomber la table basse disposée juste devant leurs fauteuils.

« Comment osez-vous ?! Baissez cette arme, immédiatement ! »

Ronce fit le tour de la table, se campant face à Kay, mains sur ses hanches. Au risque d'avoir le pistolet pointé sur elle, et de se prendre une balle si jamais l'index de l'inspecteur était pris d'une soudaine envie d'appuyer sur la gâchette.

« Monsieur. Vous devez faire erreur sur la personne. Cette dame est la comtesse Elisabeth de Orlov. Et je ne sais où vous avez été éduqué mais il est fort malpoli d'ouvrir une porte de la sorte... »

Pinçant le tissu entre ses doigts, Ronce releva légèrement ses jupes.

« De plus, par votre faute j'ai ruiné une robe fort coûteuse. Et je ne pense pas que vous ayez les moyens de payer la robe d'une reine. »

Ronce relâcha sa robe. Son index se posa sur le veston de l'homme et, malgré leur différence de taille, la reine veillait à conserver tout son aplomb. Dans son dos, la comtesse se régalait et veillait à dissimuler son sourire derrière sa main.

« Mais je sais être magnanime. Offrez vos excuses à la comtesse, et nous en resterons là. A moins que vous ayez une explication pour justifier votre arrivée impromptue en ces lieux. »

En grande reine, Ronce tourna le dos à l'homme dans une envolée de jupes, reprenant place dans son fauteuil. La femme croisa les bras, et fit un signe du menton pour inviter l'inconnu à parler.


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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Lun 21 Sep - 10:34

Kay avait fait une entrée surprise qui avait l'air d'avoir eu son petit effet. Mais, à sa grande surprise, l'invité de marque n’était pas n'importe lequel. Rien de moins que la reine de France, Ronce de France. Et alors que cette putain d'Éventreuse était là, sous ses yeux à se moquer de lui de manière discrète, la reine de France s'approcha de lui, lui reprochant son comportement.

Était-elle ne serait-ce qu'un minimum consciente de la situation dans laquelle elle se trouvait ? Il en doutait, vu comment elle se souciait de ses atours en le touchant du bout du doigt pour lui reprocher la chose.

Le lieutenant haussa un sourcil, consterné par la réaction et le partis pris de cette femme. Même avec tout le respect qu'il lui devait vu son rang, il ne pouvait obéir à la reine de France. S'il le faisait elle pourrait en mourir. Il devait faire vite et bref.

— Sa majesté Ronce de France, veuillez m'excuser. Moi, lieutenant russe Kay Sokolov de la capitale du même pays, ne peut vous obéir. La personne que vous présentez comme comtesse Elisabeth de Orlov n'est autre qu'une tueuse en série, surnommée l'Éventreuse. Je vous passerais les détails de ses crimes. Je vous en parlerais après l'avoir arrêté si vous le désirez. Mais elle n'est en rien cette comtesse. Pour la simple et bonne raison que cette personne a été retrouvée morte à la frontière russe.

Le lieutenant ne lâcha pas du regard la tueuse, tapie dans l'ombre de la reine. Il ne manquerait plus que ça à sa carrière tiens : n'avoir pas pu sauver la reine de France. Quant à sa robe, il ne préférait rien dire. Non, il n'avait pas les moyens de la rembourser. Mais sa vie était peut être plus importante, non ?

Mais la reine voulait des preuves. Il en avait peu. Mais peut être cela pourrait éloigner la reine de la portée de l'Éventreuse. Il serait plus libre de ses actes pour arrêter cette catin qui aimait le sang de vierges.

— Des preuves Majest, les voici. J'ai le certificat de décès de la vraie comtesse. Ainsi que le portrait robot et l'avis de recherche concernant l'Éventreuse. Tout est là dans cette enveloppe, que je pose sur cette table.

La table était à moins d'un mètre de lui. S'il pouvait faire en sorte que la reine reste si près de lui peut être que tout se passera bien.

— Et puis, votre majesté Ronce de France, avez-vous pensé à vos gardes ? M'auraient-ils laissés entrer ainsi, sans raison ? Mais je crains qu'ils ne pourront plus jamais agir. Je vous conjure de me croire. Je ne veux que faire mon travail et que votre vie soit saine et sauve, pour votre bien et celui de votre peuple.

Mais Kay avait du mal à regarder la reine dans les yeux. Elle ne l'intimidait pas, loin de là. La Mère Patrie était bien plus intimidante que son homologue Français. Mais il ne pouvait lâcher, une seconde, le regard de la criminelle qui était en face de lui. L'inspecteur Sokolov eut un regard un peu plus noir envers la criminelle et lui adressa quelques paroles.

— Je sais qui tu es. J'ignore ce que tu veux. Mais si c'est une rançon que tu veux, je te dis, tout de suite, que je n'ai pas d'argent. Mais ce que j'ai en revanche, ce sont des compétences très particulières. Je les ai acquises au cours d'une longue, très longue carrière. Et ils font de moi un véritable cauchemar pour toi. Si tu la relâches maintenant on oublie tout. Ça s’arrête là. Je te laisserais tranquille. Je ne te poursuivrais pas. Mais si tu la garde, je te rechercherais, je te trouverais, et je te tuerais.


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Ronce de France
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Mer 23 Sep - 23:21
La reine se leva de son siège. D'une main elle se saisit de l'enveloppe jetée sur la table basse, détonante de simplicité au sein des reliefs de la ripaille distinguée menée quelques instants plus tôt. La chaleur du salon semblait avoir descendu de quelques degrés, comme si l'inspecteur avait emmené avec lui le froid de son pays. L'enveloppe fut ouverte, retournée, son contenu dispersé comme feuilles au vent sur la table. Le certificat demeurait illisible pour Ronce – elle n'avait jamais su piper mot à l'alphabet cyrillique. Néanmoins les images demeuraient toujours plus limpides que des mots. Le portrait, croqué au crayon, représentait, trait pour trait, la prétendue comtesse.

Un frisson glissa le long de l'échine de Ronce. Le souffle de la comtesse venait de frôler sa nuque. Un geste presque sensuel s'il n'y avait pas eu cette fugitive impression que ce souffle ressemblait, trait pour trait, à celui d'un prédateur. La joue de la comtesse frotta contre celle de la reine tandis que son bras se dépliait pour arracher l'avis de recherche des doigts de la reine. Ses lèvres pleines esquissèrent un sourire qui aurait pu être ravissant, si l'on ignorait la lueur brillant au sein du regard. Promesse de mille souffrances.

Le papier se déchira entre les doigts de la comtesse, tomba en menus confettis sur le sol.

« Du papier. C'est avec cela que vous pensez m'arrêter ? » Le nez de la comtesse se fronça, reniflant une odeur qui ne lui plaisait guère. « Du vulgaire papier ?! » éructa-t-elle avec toute la hargne d'un rival injustement blessé.

Le rire grimpa dans les aigus, poussant la reine à serrer les dents. De quelques pas elle s'écarta de cette femme. En quelques bonds cette dernière se jeta sur elle, la serrant dans ses bras. Des bras multiples. Pattes d'insectes à la chitine glacée, aux piques dangereusement affûtées. Pattes de mante religieuse à taille humaine, sortant du dos de l'Éventreuse avec une grâce repoussante.

La reine devint bouclier, enserrée par les pattes de l'hybride. Hybride qui se trémoussait presque sur place, enhardie qu'elle était par la tournure des événements. Elle eut un rire haut perché de noble dame.

« Me chercher, me trouver et me tuer ? Rien que cela ? » Rire. Puis, soudain, le masque tomba. L'Éventreuse eut un mouvement de nuque, redressa le buste. « Bonne chance. »

Les pattes de la femme agrippèrent plus fermement la reine. Ronce en lâcha des hoquets de douleur. La femme l'épinglait de ses pattes, transperçant tissu et chair dans un même mouvement. Les pattes enserraient sa taille, avaient bloqué une jambe et un bras. Ronce tordit son bras libre – heureusement le droit, l'épaule du bras gauche n'aurait pas supporté une telle contorsion. Plantant ses dents dans le tissu, la reine arracha le gant, au risque de se mordre elle-même.

L'Éventreuse avait déjà quitté le salon, atteint le couloir menant au café. Elle n'était pas femme à sortir par les coulisses. Elle demeurait une actrice de premier rôle. Elle devait se rendre sur scène, se montrer à toute la population, exhiber sa proie et l'achever sous les yeux révulsés de l'assistance, imprimer son image dans tous ces esprits.

Une serveuse hurla à sa vue. L'Éventreuse n'avait jamais su apprécier les hurlements – surtout celui des femmes et des enfants. Bien trop aigus, ils vous chauffaient les nerfs à blancs. Le hurlement s'acheva sur un gargouillement. Les mains de la serveuse agrippèrent la patte qui venait de transpercer sa gorge tentant, mollement, de la retirer, avant d'abdiquer. L'Éventreuse la retira d'une saccade, projetant des gouttelettes carmines tout autour d'elle.

Un nouvel hurlement retentit. Le sien.

Sous les doigts de Ronce, les chairs fondirent. L'hybride se mit à flétrir, son corps devenant le reflet de sa nature profonde. Fleur de pourriture, dévorée par les vers et les asticots. Sa bouche s'ouvrit béante sur des plaies sanguinolentes. A ses pieds chutèrent des dents dévorées par des caries millénaires, des cheveux rongés par le temps.

De ses dents encore intactes l'Éventreuse mordit cette main qui s'était plaquée sur son visage. Ronce lâcha un cri, bascula sur le sol. De ses pattes devenues squelettiques, la tueuse se redressa. Le temps avait rongé qu'une partie de son corps, offrant un contraste saisissant. Le visage d'une vieille femme, rongé par les rides, au cou décharné, juché sur le corps svelte d'une femme aux formes encore pleines. Même rachitiques, réduites à leurs plus simples expressions, ses pattes demeuraient dangereuses.

« Comment... » Sa voix gronda, sourde. Ses pattes martelèrent le sol tandis qu'elle avançait, pas à pas, tentant de clouer au sol cette reine qui avait osé la toucher. Cette reine qui tentait de la fuir en reculant, fesses contre le sol. Comme une gamine éplorée n'osant pas tourner le dos au monstre caché sous son lit. « … osez vous ? Je vais vous vider de vos royales entrailles, et promener votre tête dans toute la ville ! Qu'en dites-vous votre Majesté ? Cela ferait un bel événement à la une des journaux ! »

Cinglant comme un fouet, la patte se planta entre les cuisses de Ronce, accrochant les jupes.


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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Sam 26 Sep - 18:47

Alors que la souveraine Ronce de France regardait le contenu de l'enveloppe, Kay était sur ses gardes. Il commençait à bien connaître l'Éventreuse pour savoir que ce n’était pas ça qui l’arrêterait. Mais il devait, avant tout, convaincre la reine. Sinon allez savoir si la folie de se mettre entre lui et cette criminelle ne lui prendrait pas. Et tirer sur une telle personnalité, non merci. Il ne voulait pas mettre fin à sa carrière si brusquement, tout en regrettant d'avoir tué cette femme.

Mais l'inspecteur était fatigué. Nuit blanche, tout ce voyage... Kay ferma les yeux pendant, tout au plus, deux secondes. Mais cela suffit pour cette catin sanglante de s'approcher d'une promiscuité auprès de la reine qu'il jugea déplacée. Il espérait que la reine n'aurait pas un mauvais réflexe du à cette proximité sûrement inhabituelle pour cette dernière. Kay ne voulait pas que la monarque soit blessée. Il ne voulait pas que l'Éventreuse tue à nouveau.

— Du simple papier. Es-tu sûre que ce papier n'est que du simple papier, et non une nouvelle invention de l'université de la Russie ? Un papier explosif, par exemple !

L'inspecteur regarda la reine dans les yeux. Il bluffait, bien sur, pour le papier. Et elle le savait très bien qu'il ne prendrait pas le risque de blesser la reine. Saleté de gourgandine. Elle ne payait rien pour attendre. Kay pesta, d'un claquement de langue, aux moqueries ouvertes sur ses capacités à traquer cette saleté de monstre.

Mais ce léger moment d’inattention lui valut un aller-simple contre le mur grâce à un des bras hybrides qui l'avait frappé de plein fouet. Kay se retrouva au sol. Son arme était à un mètre de lui. L'inspecteur, saisi par les cris qui résonnaient dans son esprit embrumé, attrapa sa tête des deux mains, et se releva.

— Putain de monstre. Je vais te faire la peau. Crois moi. Je vais te buter saleté.

Kay ramassa son arme et accourut dans la salle du comptoir. Une serveuse nageait dans son propre sang. En regardant un peu plus loin, il vit l'Éventreuse hurler sous le toucher de la reine. Kay n’en revenait pas.

— Eh bien. Sacré bout de femme que la reine Ronce de France., murmura-t-il.

Mais pas de temps à perdre. L'Éventreuse avait commencé à passer à l'action. Kay courut en direction de l'Éventreuse qui tourna la tête dans la direction de l'homme. Le visage hideux de la tueuse se dirigea vers lui. Elle avait le visage d'une vielle et moche sorcière. Elle qui, selon les rumeurs, voulait la beauté éternelle, c’était foutu. Finissant sa course à quelques centimètres de la tueuse, le pied de l'inspecteur de police se leva pour donner un grand coup de pied dans les côtes de l'hybride.

— Olé ! Pas que j'aime taper une femme... Mais un monstre comme toi est une insulte aux autres femmes du monde entier.

La criminelle était parti voler dans une table et deux chaises, non loin d'eux. Kay frotta la manche de son avant-bras droit contre sa mâchoire. Il ne savait pas si elle était hors d’état de nuire. Mais il avait un minimum le sens de priorité. Enfin, pas toujours. Mais Ronce de France était à ses pieds, jupons déchirés et dessous à la vue de tous.

Détournant le regard, l'inspecteur fit le tour de la reine pour l'aider à se relever, en étant dans son dos, plaçant ses mains sous les aisselles de la monarque.

— *tousse* Comment vous portez-vous votre majesté Ronce de France ? Où êtes-vous blessée ? Je peux soigner vos blessures. Ou aller vous chercher des vêtements en meilleur état si vous le désirez.

L'Éventreuse était dans son coin à reprendre ses esprits. Elle ne s'attendait pas à un tel coup venant d'un homme sur une dame. Elle voyait cette scène qui lui donnait envie de vomir, entre l'inspecteur et la reine. Elle se demanda si elle devait persister à les tuer, doucement et lentement, se baignant dans leur sang. Ou fuir pour se venger d'eux plus tard.



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Ronce de France
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Sam 3 Oct - 1:02
Olé ? Ce n'était pas espagnol comme mot, ça ? Ronce s'étonna elle-même d'avoir une telle réflexion au vu de la situation. Comme si elle pouvait se permettre un jugement sur le plan linguistique. Et dire qu'elle n'avait même pas bu du champagne cette fois. L'attaque de cette hybride l'avait perturbé bien plus qu'elle ne l'aurait cru.

Deux mains se glissèrent sous ses aisselles, la soulevant aussi aisément qu'on aurait soulevé un enfant. Les pieds de Ronce patinèrent quelques courts instants dans le vide avant de reprendre leurs aises sur le plancher. Ses mains lissèrent les jupes pour les tendre et masquer à, dieu sait qui, la vue de ses bas.

« Je pense, monsieur, que nous devons revoir l'ordre de vos priorités. Ma toilette attendra. De même que mes blessures. » Un souffle repoussa une mèche qui s'était collée sur son visage. « Cette femme... » D'un index accusateur, elle désigna l'Éventreuse. « … doit être arrêtée sur le champ ! »

La concernée cracha aux pieds de la reine. Un long filet de salivé teinté de sang. Du revers de la main, l'Éventreuse essuya son menton.

« Et parce que vous ordonnez vous pensez être exaucé ? » Une de ses pattes fouetta l'air d'un geste négatif. « Non, non. Vous avez gagné une bataille, mais non la guerre... »

Plantant ses pattes dans le sol, l'Éventreuse bandit ses muscles. Prête à sauter à la gorge de la reine et de son garde du corps. Un tonitruant « Polizei ! » résonna depuis la rue. L'Éventreuse décocha une insulte en russe. L'hybride s'élança vers la porte, aidée de ses appendices. Arrivée à la sortie, elle lança quelques dernières paroles.

« Dormez bien entourée, votre royale Majesté. Je ne laisse jamais une proie fuir bien longtemps. Et à très bientôt, inspecteur de mon cœur ! »

L'Éventreuse mima un baiser à l'attention de Kay et disparut, courant de toutes ses multiples pattes, aussi vive qu'une araignée. Un bataillon de policiers se ruèrent à sa poursuite, tandis que d'autres passèrent les portes du café, au risque de s'écrouler les uns sur les autres. Revolver en main, l'un des officiers mit en joue Kay.

« Monsieur, veuillez vous éloigner de sa Majesté. Les mains en l'air, pas de gestes brusques ! »

Ronce s'interposa entre l'officier et l'inspecteur. Geste qui fit hausser un sourcil au premier.

« Madame, cet homme peut être dange... »
« Cet homme, monsieur l'officier, m'a sauvé la vie. D'une criminelle que vos collègues vont, j'espère, capturer. Cet homme est lieutenant russe, et je pense qu'il peut tout à fait vous le prouver en vous montrant sa carte. »

Ronce appuya ses paroles d'un sourire mondain, dénué de chaleur.

« Une erreur serait regrettable pour votre parcours professionnel. Une rétrogradation est si vite arrivée. Surtout quand on rapporte la faute à l'empereur avec lequel je suis très amie. »

Un blizzard presque russe souffla sur la place. L'officier eut un raclement de gorge gêné. Sa moustache palpitait de nervosité.

« Hm, hm, fort bien. Si vous vous portez garante de son innocence... Nous... Nous allons procéder à l'inspection des lieux... Si vous voulez bien... »
« Mais bien volontiers. »

Appuyant ses paroles d'un sourire, Ronce laissa la police mener sa petite affaire. Lorsque Kay la rejoignit sur le pas de la porte, Ronce lui posa la main sur le bras pour l'obliger à rester.

« Grâce à vous j'ai échappé à une dangereuse criminelle. Que puis-je faire pour vous remercier ? Je ne peux décemment pas vous laisser repartir ainsi. Ce ne serait pas galant. »


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Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
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Mer 7 Oct - 20:58
Voila qui surprit le lieutenant. Il pensait qu'en règle général les têtes des royaumes et empires pensaient avant tout à leur personne, et à leur image. Hors la reine de France n'avait pas l'air d’être de cette catégorie. Kay pensait que les blessure pouvaient être plus graves qu'elle ne le pensait et il voulait savoir si les jours de la monarque étaient comptés. Car il connaissait bien la bestiole qui les avait attaqué, et elle ne faisait jamais rien à moitié.

Mais au moment où il voulut parler face à la reine Ronce de France, cette putain de tueuse refit surface. Kay eut un réflexe qui ne laissait aucun doute sur sa profession. Il leva aussi vite son arme en direction de la tueuse.

— Ne bouge pas ca... heu l'Éventreuse.

Kay avait ravalé ses paroles rapidement. Il ne pouvait pas parler comme avec ses collègues de boulot, en présence de la reine de France. Il n'avait peut être pas l’éducation d'un noble. Mais il avait un minimum de connaissances de comment parler à une royauté. Merci aux entretiens avec la Mère Patrie pour cette formation sur le langage à utiliser.

« Dormez bien entourée, votre royale Majesté. Je ne laisse jamais une proie fuir bien longtemps. Et à très bientôt, inspecteur de mon cœur ! »

Kay haussa un sourcil. Inspecteur de mon cœur ? Foutaises. Plutôt voir un couple de trolls copuler que d'avoir un quelconque lien avec cette saleté.

— Moi vivant tu ne toucheras pas à un cheveu de cette femme ! Je te mettrais en prison avant même que tu ne puisses la toucher. Et je suis répugné à savoir que je suis l'objet des fantasmes d'une criminelle comme toi.

Mais elle ne l’écoutait déjà plus et commençait à fuir, Kay s’apprêtait à tirer quand, dans un grand fracas, la police locale le confondit avec la personne responsable de tout ce foutoir.

— Mais qu'est-ce-que vous me rac...

Contre tout attente Ronce de France lui coupa la parole, se mettant entre lui et l'agent de police austro-hongrois. Prenant sa défense contre les accusations menés à l'encontre du lieutenant russe. Elle alla même jusqu'à menacer l'officier en faisant jouer ses relations. L'officier, qui était face à elle, ne savait plus où se mettre. Et accessoirement le russe non plus. Il n'en revenait pas et pensait qu'il avait l'air bien con derrière la reine, avec une tête de six pieds de long quant au comportement de la reine à son égard. Il devait se l'avouer que cela n’était pas désagréable. Il en vint même à penser que cette femme dégageait une certaine chaleur protectrice.

Le policier demanda les papiers de Kay. Routine de sécurité. L'homme pouvait comprendre les précautions. Après tout il n’était pas en présence d'une simple noble, mais plutôt face à une reine qui avait son petit caractère. Kay sourit à cette pensée et ponctua d'un murmure :« Ah, les femmes je vous jure. »

Kay donna les informations vitales sur l'Éventreuse, précisant que c’était son affaire, qu'il la pourchassait depuis des années, et qu'il exigeait une copie du rapport de l’état des lieux sur son bureau en Russie, le plus tôt possible.

Le gradé Austro-hongrois soupira tout en agitant le bras d'un air de dire « Ouais, ouais on a compris. Fais pas chier tu es pas sur ta juridiction. »

Kay avait besoin d'un petit remontant. Vu l’état des lieux un whisky était pas vraiment envisageable. Deuxième option : une cigarette. On ne pouvait pas lui refuser ça, dans un coin, à l’abri des regards, après tout ce qu'il venait de se passer. Kay, d'un pas pressant, prit la direction de la sortie quand il aperçut la reine de France attendre sur le pas de porte.

Au moment où il s’apprêtait à présenter ses hommages, pour vite avoir son petit plaisir personnel, la reine posa sa main sur le lieutenant et lui adressa quelques mots. Le russe s’inclina légèrement devant la reine.

— Je dois vous avouer, votre Majesté, que je ne m'attendais pas à vous trouver avec cette criminelle. Mais tout finit bien. Je suis désolé pour vos atours. Mais si vous insistez, peut-être pourriez vous m'accorder un café. Il parait qu'il y en a de très bons dans ce pays.

Mais Kay ne pensa même pas que sa demande pour être seule avec la reine de France était déplacée. Mais il pensa plutôt à la tenue vestimentaire de la reine qui pourrait nuire à son image.

— Excusez-moi pour cette demande. Je comprendrais que vous refusiez. Je peux comprendre que, en plus de voir sa majesté Ronce de France vêtue d'atours déchirés, et en compagnie d'un personne qui n'est même pas noble, peut vous poser préjudice.

Malgré tout Kay prit le bout des doigts de la reine et la fit sortir avec galanterie de l’endroit où il était. Ce lieu, actuellement, n’était pas l'endroit où on devait voir une reine.



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Ronce de France
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Ven 16 Oct - 21:49

« Du café ? »

C'était si saugrenu que Ronce ne put s'empêcher de rire. La reine porta sa main devant sa bouche, tentant de masquer sa brusque hilarité. C'était si surprenant, si imprévu qu'elle n'avait pas su se retenir.

« Oh pardonnez-moi. » Ronce essuya une larme qui perlait au coin de son œil. « Je m'attendais à ce que, pour avoir sauvé la vie d'une souveraine, et ainsi sauvegardé le régime politique en place, vous me demandiez un anoblissement, une récompense... Mais sûrement pas... un café. Vous devez être particulièrement humble. »

Ou qui ne savait nullement profiter des chances qui lui étaient offertes.

La répétition des remarques du lieutenant concernant sa tenue poussèrent Ronce à la détailler davantage. Les jupes étaient en lambeaux, une manche pendait comme un fanion troué par les balles ennemies et il lui manquait un gant. Ronce eut une moue perplexe.

« Mh. Effectivement, tout ceci est fort embêtant. Il ne serait pas décent que je me montre ainsi, aussi négligée... L'on croirait que j'ai affronté des animaux sauvages ! »

Ronce porta sa main à ses cheveux, tentant de se recoiffer. Sans succès. Les boucles tombaient, éparses, profitant de leur liberté retrouvée pour manquer à toute règle de discipline. Décidément, elle devait être affreuse. La reine fronça les sourcils.

« De toute évidence, il me faut me rendre à mon hôtel. Je vous promets que je ne serais pas longue. »

Lorsque le lieutenant lui prit la main, Ronce veilla à ce qu'il se saisisse de celle qui demeurait gantée. Ça aurait été regrettable de le faire vieillir par mégarde. Bien évidemment les regards ne manquèrent pas de se porter sur eux. De même que les murmures propagées au sein de la foule. Ronce demeura la tête haute, aussi digne que pouvait l'être une reine. Ignorant sa tenue, ignorant les remarques, faisant front. Le chemin jusqu'à l'hôtel parut presque éternel. Lorsque la reine en franchit les portes, le soulagement manqua de la faire soupirer d'aise.

Au lieu de cela ses doigts se détachèrent de ceux de Kay.

« Merci à vous, lieutenant. » Elle baissa légèrement la tête, en guise de salutation. « Prenez tous vos aises en m'attendant. Il me semble que cet hôtel dispose d'un bar et d'un fumoir. Profitez-en. Je ne serais pas trop longue. »

Sur ces dernières paroles, Ronce quitta le lieutenant et s'engouffra dans l'ascenseur. Premier étage, deuxième, troisième... Les portes s'ouvrirent sur l'étage réservé aux personnes influentes, au carré VIP, à la crème sur le gâteau de l'humanité. La reine entra au sein de ses appartements, sans frapper – après tout elle était comme chez elle. Ses domestiques levèrent instantanément le nez de la partie de cartes qu'ils étaient en train de disputer. La camériste eut un cri de stupeur.

« Par tous les saints ! Votre Majesté, que vous est-il arrivé ? »

La reine tenta d'expliquer au mieux, assaillie qu'elle était par la camériste qui déplorait chaque accroc fait sur la robe. La femme stoppa net à la fin de l'explication, au risque que sa poitrine ne jaillisse de son corsage à la française.

« Pouvez-vous me décrire cet homme ? »
« Euh... » La question la prenait totalement dépourvu. « Grand, russe, cheveux bruns, une barbe de trois jours, large d'épaules... »
« Probablement un ancien militaire. » la coupa la camériste, sans vergogne. Claquant des doigts, elle fit signe à son assistante qui courut fouiner dans les bagages. La camériste mena sa souveraine au centre de la pièce, l'aidant à se déshabiller. « Nous allons réparer tous ces dommages. AUBEPINE, LA ROBE. »

L'assistante Aubépine rejoignit l'effeuillage, aidant à vêtir la souveraine tandis que la camériste ramassait les atours jetés à terre. Ce ne fut qu'après avoir été consciencieusement coiffée (tâche à laquelle Aubépine excellait, sachant faire briller une chevelure comme personne) et parfumée que Ronce remarqua la coupe de la robe.

« Mais n'est-ce pas trop... provocant ? »

La camériste plissa la bouche.

« La mode française n'est nullement provocante, mais sensuelle. Puis c'est la seule robe propre qui vous restait, votre Majesté. Les autres ont fini à la blanchisserie. »

Mensonge que tout cela, mais la camériste savait qu'Aubépine se tairait sur le sujet. Complice avisée du crime perpétré.

Ronce rejoignit donc le rez-de-chaussé de l'hôtel, vêtue d'une robe qui, malgré sa coupe dix-neuvième siècle, s'offrait le luxe d'un corsage presque français. Coupe qui ne manqua pas d'attirer le regard de quelques clients. Une réaction typique qui, Ronce espérait, un jour cessait d'être. C'était toujours perturbant d'être dévisagé comme un être à part, semblant venu d'un autre temps. (Ce qui, au final, n'était pas loin de la réalité)

Sous l'injonction de la souveraine, le réceptionniste alla frapper à la porte du fumoir.

« Monsieur Sokolov. Sa Majesté Ronce de France vous attend. »

Lorsque le lieutenant la rejoignit, la reine s'excusa du temps pris.

« Mais votre attente sera comblée, Monsieur. Je connais un fort bel établissement à quelques pas d'ici. Je pensais m'y rendre mais... Nous-Savons-Qui m'a mené divaguer ailleurs. Nous pourrons deviser en tête à tête en toute intimité, loin de la foule, si cela vous agrée. »




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Kay de France
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Sam 17 Oct - 18:33
Kay avait dit, machinalement, ce qu'il avait le plus envie, sans chercher à réfléchir outre mesure. Mais quand la reine Ronce de France se moqua gentiment de lui, son orgueil fut légèrement touché. Oui il aurait pu demander bien mieux à bien y réfléchir. Mais bon les choses simples peuvent être les meilleures.

La souveraine comprit enfin que sa tenue était, comment dire, en lambeaux ou peu convenable. On pouvait apercevoir les dessous royaux de la reine. Pas que cela dérangeait Kay. Enfin quelque peu quand même. Mais bon, ce n’était pas digne d'une dame de son rang d’être vêtue de la sorte. De plus on serait capable de lui mettre la robe en lambeaux sur le dos, l'accusant d'avoir agressé la reine.

« De toute évidence, il me faut me rendre à mon hôtel. Je vous promets que je ne serais pas longue. »

— Je crois que cela serait mieux en effet. Je vais me permettre de vous suivre jusqu'à votre hôtel. Au cas où la meurtrière reviendrait. Si cela ne vous dérange pas, bien entendu.

La reine acquiesça et prit la main tendue pour avancer. Une fois dehors tous les regards se tournèrent vers la souveraine et le lieutenant. Ronce prit le bras de Kay avançant comme si de rien n'était. Comme si les paroles et les regards glissaient sur elle. Voilà une belle preuve de self-control qu'elle lui donnait. Lui qui n'avait qu'une envie : gueuler un grand coup sur la populace afin qu'elle foute le camp.

Une fois à l’hôtel la reine prit congé de sa présence, sans oublier de lui préciser qu'il y avait un fumoir. Que Dieu la bénisse. Avait-elle lu dans ses pensées ? Peu importait. À peine la reine fut-elle partie qu'il courut jusqu'au fumoir, où il s'empressa de sortir son paquet de cigarettes...

La rage gagna son cerveau. Dans le feu de l'action avec l'Éventreuse son paquet s'était vidé, et était aussi plat qu'une crêpe. À ce moment là il se souvint que la reine lui avait parlé d'un bar. Kay alla vite fait bien fait au dit bar où il demanda un paquet de cigarettes. Kay voulut payer. Mais on lui affirma que c'était un cadeau de la maison, qu'il était le compagnon de la reine. C'était la moindre des choses.

Le russe ne comprit pas tout. Mais soit, il n'allait pas refuser. Une fois de retour au fumoir, l'homme s'adossa contre le mur, prenant une bouffée de nectar goudronneux, relâchant tout doucement la fumée.

— Ahh une bonne blonde. Vive la France.

Vive la quoi ? Mais rien du tout vive la Mère Patrie ! Bien qu'il devait ce petit plaisir à la reine Ronce de France, ce n’était pas une raison pour dire de telles choses. Quelques minutes plus tard on vint le chercher pour lui dire que la reine Ronce n'allait pas tarder à l'attendre dans le grand hall.

Kay n’était ni noble, ni bourgeois. Mais il avait appris, lors de ses appels à la cour de la Tsarine, à être présentable, Mais il n'avait pas d'autres vêtements sur lui. Il était venu comme ça pour traquer une criminelle. Il n'avait en rien prévu un entretien avec la reine Ronce de France.

Le réceptionniste regarda le lieutenant de la tête aux pieds, pouffant quelque peu comme pour lui dire qu'il n'était pas digne de la reine. Le réceptionniste ouvrit la porte et fit quelques gestes invitant le maître d'hôtel à entrer, tenant une tenue.

Kay regarda l'homme, haussant un sourcil.

— C'est une blague ? Vous êtes pas sérieux là, hein ?

Le maître d’hôtel demanda au réceptionniste de surveiller la porte. L'individu avait une carrure pratiquement semblable à celle de Kay, assez déroutante au vu de son travail.

« Il faut être galant pour accompagner une reine, mon cher monsieur. Je vais vous habiller et vous raser, vous mettant sous votre meilleur jour. »

— Foutaises. On est pas à un bal, bordel.

Le maître d'hôtel tapa la main qui tenait encore la cigarette de l'inspecteur.

« Un peu de tenue, je vous prie. »

Kay avança face à l'homme pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas pousser le bouchon un peu trop loin. Mais le maître d’hôtel en avait vu d'autres. Il ne plia pas, ne recula pas et se mit face à l'inspecteur. Kay sortit son arme, la pointant sous la gorge du maître d’hôtel. Ce dernier ne sourcilla pas. D'une clef de bras il mit l'inspecteur par terre. Surpris, Kay abdique.

— Ouais allez. Fais-toi plaisir. Qu'on en finisse vite de tout ce foutoir. Sinon elle va attendre. Et tu vas me dire qu'on fait pas attendre une reine.

Une quinzaines de minutes plus tard Kay se sentait comme un pingouin, engoncé dans son costume, rasé de près et peigné. Le réceptionniste, qui gardait la porte, annonça que la reine était arrivé.

« Allez-y monsieur. Faites de votre mieux. Nous comptons sur vous ! »

— Compter sur moi ? Qu'est ce que…

Le maître d’hôtel poussa l'inspecteur dehors pour qu'il rejoigne la reine. Quand il l'aperçut de loin, il trouva la robe, comment dire, provocatrice, ou plutôt sensuelle. Est-ce qu'elle s'était imaginé des choses et avait demandé au maître d’hôtel de le revêtir ainsi ?

À voir le regard de tout le monde il doutait. La reine laissait montrer sa gêne dans cette robe bien française. Il n'en doutait pas au vue du balconnage et du provoquant corsage.

— Je vous ai fait…

« Mais votre attente sera comblée, Monsieur. Je connais un fort bel établissement à quelques pas d'ici. Je pensais m'y rendre mais... Nous-Savons-Qui m'a mené divaguer ailleurs. Nous pourrons deviser en tête à tête en toute intimité, loin de la foule, si cela vous agrée. »

Tout le monde avait décidé de lui couper la parole, ou merde ? Mais une minute... « Attente comblée », « tête à tête », « en toute intimité, loin de la foule »... Dans quoi il s'était embarqué ?

— Heu comment vous dire…

Kay était gêné par la robe qui mettait en valeur la femme qu'il avait en face de lui. Cela lui ferait presque oublier qu'il s'agissait de la reine de France. Mais il était aussi gêné par sa propre tenue. Il n’était pas habitué à en porter de pareilles. Les regards se faisaient de plus en plus intenses et inquisiteurs sur la reine. Quelques mots, prononcés à voix basse, énervèrent de plus en plus Kay. Comme si la reine avait besoin de s'habiller d'une quelconque façon pour avoir un homme. Elle était reine. Elle pouvait avoir qui elle voulait, ou presque. Mais les messes basses continuèrent. La reine avait la tête basse et les joues rouges.

— Ça suffit.

Kay attrapa la main de la reine, non pas le bras comme tout à l'heure, les doigts entrecroisés, et la fit sortir de ce lieu de vipères, passant outre les bonnes manières. Il obligea la reine à lui emboîter le pas pour arriver dans un coin de la ville plus peuplé. Mais il y avait là des gens qui voyaient là que deux nobles, ou peut être la reine et un amant, et qui n'oseraient rien dire.

— Veuillez pardonnez mes manières. Mais je ne supportais plus les médisances à votre égard. Nous pouvons aller dans ce fameux café que vous m'aviez proposé. Je vous suivrais. Je ne connais pas du tout cette ville. Je suis à votre entière disposition pour la suite de la journée.


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Ronce de France
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Jeu 22 Oct - 21:09
« Mais... Mais attendez ! »

La brusque réaction du lieutenant la prit au dépourvu. Ronce avait passé l'âge de se faire tirer par la main par un compagnon de jeu insouciant. De sa main libre Ronce agrippa ses jupes, les relevant pour s'empêcher de marcher dessus par inadvertance. Elle serra les dents. L'homme avait eu la malencontreuse idée de l'agripper par le bras droit. Ce bras demeuré blessé depuis l'incident en Autriche-Hongrie l'an dernier.
Desserrant les dents, Ronce protesta.

« Arrêtez ! Mais arrêtez vous ! »

Le lieutenant l'avait-il entendu ? Au moins stoppa-t-il sa course effrénée. Ronce le heurta à l'épaule, et lâcha un couinement de douleur. Son nez la lançait, comme si elle s'était jetée tête la première contre un mur. Le Russe devait être taillé dans la glace.

— Veuillez pardonnez mes manières. Mais je ne supportais plus les médisances à votre égard. Nous pouvons aller dans ce fameux café que vous m'aviez proposé. Je vous suivrais. Je ne connais pas du tout cette ville. Je suis à votre entière disposition pour la suite de la journée.

La reine ôta sa main de celle du lieutenant. Le geste était louable, mais quelque chose dans les propos de Kay ne lui plaisait pas. Peut-être cet esprit chevaleresque, cette volonté d'homme de sauver la demoiselle, de la protéger.

« Monsieur, je comprends vos intentions. Mais je ne suis pas de sucre. Je suis une reine. Pensez-vous que ce sont là les premières médisances que j'ai entendu ? J'en suis bercé depuis mon enfance, et elles n'ont cessés de croître depuis mon couronnement. Ce n'est là que des bribes. Si vous saviez tous ce que l'on a pu dire sur moi, ou écrit. »

Une femme sur le trône a de quoi faire jaser. Surtout si elle n'a aucun époux. Certaines médisances avaient été jusqu'à la dépeindre comme une femme pétrie de vices sexuels, incluant son frère, des domestiques et des visages connus. De basses et nuisibles critiques.

Ronce eut un mouvement d'épaules comme pour rejeter toutes ces remarques emplies de fiel.

« Mais qu'importe. Je vous ai promis un café. Et j'honore toujours ma parole. »

Une reine se doit de tenir ses engagements.

Ronce mena le lieutenant jusqu'à l'établissement dont elle lui avait fait mention. Un café empli de monde où l'on discutait de la dernière affaire qui venait de fraîchement avoir lieu, au sein même de la ville. Une attaque criminelle, au sein d'un autre café, à quelques rues d'ici, vous rendez-vous compte ? On y aurait vu la reine de France. Si si, c'est un ami à moi qui me l'a dit. Mais n'est-ce pas la reine qui vient d'entrer ? Ça pérorait pire que dans un poulailler, cancanant à qui mieux mieux, théorisant sur le peu d'informations en sa possession, observant la reine et son chaperon avec des yeux grands comme des soucoupes.

Un salon privé ? Mais bien sûr votre Majesté, nous avons cela. Suivez-moi je vous prie. Et Ronce de répéter le même schéma qu'auparavant, mais nantie d'un autre chaperon. La porte close derrière eux, les denrées déposées sur la table, Ronce prit place. Mais ne toucha nullement à sa boisson. Elle avait des choses bien plus importantes à se préoccuper.

« Quand vous aurez bu votre café, j'aurais une demande à vous faire. »

La reine laissa le temps à son interlocuteur le temps de réagir avant de continuer.

« L'incident duquel vous m'avez tiré n'aurait pas du survenir. Si mes gardes avaient été en vie... » Ronce plissa la bouche. Elle allait devoir récupérer ce qui restait des corps, et déclamer quelques paroles à des veuves et orphelins. Une scène qu'elle n'appréciait jamais d'avoir en face d'elle. « En tant que reine, je dois pouvoir compter sur ma garde. Néanmoins elle peut s'avérer avoir ses limites. Vous êtes lieutenant de police. Vous savez manier une arme à feu. Connaîtriez-vous quelqu'un qui serait apte à m'apprendre leur maniement ? Un collègue, par exemple. »

En France un précepteur lui avait appris le maniement de la rapière. Une arme futile comparée à la technologie du XIXe siècle. Ronce savait, instinctivement, comment tenir une arme à feu. Mais là s'arrêtait ses connaissances. Le reste reposait sur l'instinct. Et l'instinct n'est pas un gage de sécurité.


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Kay de France
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Sam 21 Nov - 17:42

Kay avait agi par instinct. Il n'avait pas pensé que cela serait rabaissant pour la reine. Ce que cette dernière avait cru bon de souligner. Elle aurait peut être préféré qu'il aille les trouver, les remettant à leur place, car on ne parle pas à une reine de la sorte. Quelques mots sortirent, à peine audibles, de la bouche de l'homme.

— Ce n'est pas parce qu'on est habitué qu'on doit accepter les coups de bâtons...

C'est dans un silence presque pesant que la reine amena Kay dans un établissement, où sa surprise fut grande. Un lieu « en toute intimité, loin de la foule ». Ils ne devaient pas avoir la même notion de toute intimité et loin de la foule. C'est la première chose qui était venu à l'esprit de l'inspecteur.

La salle, qui était si bruyante à leur arrivée, avait laisser place à un silence, perturbé par quelques murmures qui concernaient, bien évidemment, la reine de France et cet homme, inconnu pour toute personne de la ville. Après un haussement d’épaule l'inspecteur laissa parler. Comme elle l'avait dit, elle avait l'habitude de ce genre de choses. Même si lui aussi avait l'habitude de faire parler de lui, ce n’était pas pour autant qu'il appréciait la chose.

Alors qu'il avança pour aller dans le salon privé avec la reine, quelques mots parvinrent à ses oreilles.

—Hey, tu crois qu'il va aller visiter sous les jupons de la reine des vierges là-bas ?

Kay s'excusa auprès de la reine. Il arriverait dans une minute. Kay approcha de l'homme et prit la choppe de bière pour la lui renverser sur la tête, et le regarda droit dans les yeux.

— Mon gars tu vas de suite arrêter tes affronts. On t'a jamais appris à respecter les souverains ? Et la loyauté envers ceux grâce à qui tu vis en paix ?

Kay lâcha la choppe sur la table.

— Tu as de la chance que j'accompagne sa Majesté. Sinon cette choppe aurait fini à un autre endroit, et ça t'aurais sûrement pas plu. Si j’entends encore un connerie du genre, c'est toute ma brigade russe qui viendra te trouver. J’espère que c'est bien clair.

L'homme était partagé entre haine et peur. Il avait bien compris que l'inspecteur était du genre à tenir parole et que, pour lui, le respect avait une certaine importance. Ironique quand on savait comment il traite certains criminels ou bleus au commissariat.

Kay frappa à la porte avant d'entrer et rejoindre Ronce de France.

— Excusez-moi votre Altesse royale. Petite déformation professionnelle. Je me suis permis de donner quelques consignes au gérant des lieux au cas où notre criminelle reviendrait a l'assaut. Je suis tout à vous maintenant.

Jolie petit mensonge/ Mais il se doutait que la reine lui ferait un sermon s'il lui avouait tout, bien qu'il avait fait cela pour elle, quelque part.

Puis une nouvelle surprise. La reine de France avait une faveur à lui demander. Kay reposa son café, en se demandant bien ce qu'elle pouvait demander à une personne telle que lui. Il voulut lui poser la question. Mais elle ne lui laissa guère le temps et enchaîna. L'inspecteur croisa les bras et regarda dans les yeux la reine de France qui lui exposa sa demande.

Tout bêtement la première chose qui lui vint à l'esprit était qu'elle n'avait pas à apprendre ce genre de choses. Mais que sa garde mériterait un entraînement militaire peut être plus ferme. Même si, pour cette fois, la garde n’était pas tombée sur n'importe quelle criminelle. La garde de la reine devait être l’élite pour l’accompagner, et la protéger correctement face à n'importe qui.

Kay plaça sa main au niveau de sa mâchoire inférieure en réfléchissant. À quelle personne de confiance il pourrait confier une telle chose. Connord ? Non. Brave mec mais aux tendances particulières, ainsi que des dépendances peu recommandables. Le commissaire, alors ? Carrément pas, même pour tout l'or du monde. Il ne mettrait pas volontairement une personne importante dans les mains de cet homme pour un apprentissage. Il serait capable de faire pleurer des larmes de sang même à la plus solide des royautés.

Il en vint à la conclusion suivante : on n'est jamais mieux servi que par soi-même. On le bassinait toujours pour qu'il prenne des vacances. Ce serait des vacances vu comme un boulot pour lui, une mission. Voilà comment passer de bonnes vacances rentabilisées.

— Je connais quelques personnes. Mais je peux me mettre à votre service si vous le désirez. Ce serait un honneur de vous servir, même temporairement. Je dois justement être en vacances à partir de demain. Cela pourra donc ne poser aucun problème si vous désirez que ce soit moi qui vous forme sur comment tirer.

Kay passa sa main sous son veston et sortit une arme de son holster.

— Ne vous inquiétez pas, c'est une arme de service. Si vous désirez que je vous enseigne comment tirer, j'aimerais connaître en premier lieu comment vous tenez une arme. Ainsi je pourrais réfléchir à comment vous former. Et ne vous inquiétez pas, l'arme est actuellement déchargée.

Kay posa l'arme, laissant le choix à la reine d'accepter ou refuser. Il espérait juste que l'arme était bien déchargée. Mais vu le poids de cette dernière, normalement oui.

— Mais si je peux me permettre une petite pensée personnelle, vous avez l'air d'avoir de fines et jolies mains. Si je vous forme je m'en voudrais de les abîmer. Je vous conseillerais une arme différente et plus légère qui a moins de recul que ce Borchardt C-93. Pour vous un Mauser C96 serait peut être plus adéquate.


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Ronce de France
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Jeu 26 Nov - 18:04
Ronce eut un sourire. Celui d'une mère amusée par les inquiétudes d'un enfant. Elle tendit ses mains, écartant les doigts. Le tissu des gants était d'un blanc crème.

« Vous voyez ces mains gantées ? Jamais vous n'en verrez la chair. Seules mes caméristes les ont vues. Elles me tendent obligeamment les gants sur un coussin pour que je puisse m'en saisir sans craindre de les toucher par mégarde. Car, par cette chair, je peux transmettre la Mort. »

Le regard de Ronce ne cilla pas, tandis qu'elle continuait son récit.

« Avant, j'endormais une personne simplement en la touchant. On tissa des gants magiques pour empêcher le don d'agir, le canaliser. Feue l'impératrice Svanhilde de Scandinavie m'ôta ce don, en vertu de ses pouvoirs féeriques. Pouvoir toucher à nouveau, sentir le froid et la chaleur sous la paume de mes mains, pouvoir embrasser mon frère sans aucune barrière... Ce fut comme redécouvrir le monde. »

Les doigts se reployèrent, le tissu crissa.

« Jusqu'au jour où cette djinn revint à Versailles. Elle me doua... de vieillir tout ce que je touchais. J'ai ainsi tué un homme, manqué de tuer cette criminelle qui nous a affronté tantôt. Je pourrais vous tuer simplement en apposant mes mains sur vous. »

Les mains de Ronce se reposèrent sur ses jupes, loin de tout contact.

« J'ai déjà du sang sur les mains. Et je dois continuer à les entacher. Pour le bien de mon peuple, et de mon royaume. Que vaut la souveraine qui se retranche dans son palais, demeure sourde aux supplications de son peuple, et refuse de se salir en se prenant pour un cygne pur ? »

La réponse était évidente, et n'avait pas besoin d'être formulée.

La main droite de Ronce se referma sur la crosse du Borchardt C-93. Sa bouche se plissa en sentant le poids de l'arme peser sur son bras. Visant le mur se trouvant à leur droite, Ronce referma ses doigts sur la gâchette, soutint son bras de sa main gauche.

« Je ne sais si votre... Mauser est plus léger. Mais si c'est le cas, je pense fortement qu'il sera plus adéquat, en effet. Celui-ci pèse lourdement. Une arme d'homme. »

Ronce reposa l'arme sur la table basse, massant son poignet.

« Quel est le prix de votre enseignement ? Je me doute que vous n'allez pas faire cela en toute gratuité. »

Rien n'était gratuit en ce monde.


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Kay de France
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Lun 7 Déc - 11:02

Kay comprenait ce que la reine de France voulait dire. Elle avait une malédiction qui pouvait tuer n'importe qui, de ses propres mains, rien qu'en touchant une personne de ses mains. Mais il comprit aussi qu'elle ne pouvait toucher personne qu'elle aimait de ces même mains. Il n’était pas du genre sentimental, mais il comprenait que ce n’était pas ce qu'une reine comme elle préférait.

Mais, selon lui, il y avait une différence entre toucher quelqu'un et le tuer, quitte à le faire devenir poussière. Viser la personne, presser la détente de l'arme, sentir la balle sortir du canon de l'arme, subir la douleur du recul et voir la personne en face, avec de la chance, juste souffrir ou mourir dans une lente agonie car un organe vital avait été touché. Personnellement, pour lui, le pouvoir de la reine était plus simple. Si on retirait qu'elle ne pouvait toucher aucun proche. Les armes à feu étaient, quelque part, la représentation de la folie de l'homme à vouloir blesser les autres pour leur propre bien. Bien qu'il était mal placé pour penser ça, vu qu'il en avait tué plus d'un pendant ses diverses opérations de police.

Mais si la reine le voulait il lui apprendrait à tirer à l'arme à feu. Mais il persistait à penser que de telles mains ne devraient pas être utilisées pour ce genre de choses. C’était plus pour les bons à rien et brutes comme lui, avec de grosses mains pleines de sang depuis des années, et pour des meurtres qu'il avait conscience de commettre, et non pas par réflexe défensif.

Mais les paroles de la reine touchèrent l'homme.

« J'ai déjà du sang sur les mains. Et je dois continuer à les entacher. Pour le bien de mon peuple, et de mon royaume. Que vaut la souveraine qui se retranche dans son palais, demeure sourde aux supplications de son peuple, et refuse de se salir en se prenant pour un cygne pur ? »

Des paroles qu'il pouvait comprendre, mais qu'il n'aurait peut être pas voulu entendre. De cette femme émanait une bonté, une bonté qui, selon lui, ne devrait pas être entachée par ces choses. Mais après tout il n’était qu'un Russe, un étranger. Dire ce genre de choses à une personne de cette envergure ne serait peut être pas correct ?

— Puis je vous dire le fond de ma pensée ? Vous êtes une bonne reine. Une reine qui fait preuve de grande bonté. Tuer par auto-défense avec une malédiction non désirée, et presser une détente pour tuer et voir mourir, doucement, une personne sont deux choses différentes. Mais je comprend votre volonté de vouloir défendre votre peuple, et je trouve cela admirable. Mais je persiste que des mains comme les vôtres ne sont pas faites pour cela. Il y a des gens comme moi pour ce genre de choses. Votre bonté ne doit pas être entachée de sang et de poudre qui resteront sur vos mains. Mais je ne doute pas que vous seriez capable de vous servir d'une arme, avec une telle volonté.

Kay essayait de conserver un ton respectueux. Il n'avait pas l'habitude de faire attention à ses paroles. Même la Tsarine ne lui tenait que, rarement rigueur, de sa langue qui fourchait. Mais la reine ne le connaissait pas depuis aussi longtemps et ne pardonnerait peut être pas ce genre d'écart.

— Bien sur cette arme, perfectionnée par un autrichien, a été développée dans le but d’être utilisée par des hommes. Mais certaines femmes des services de police l'aiment aussi. Mais, en général, elles se rabattent sur le Mauser qui est plus léger, avec un recul moins important. Je peux vous procurer cette arme dans de courts délais, à moins que vous préfériez le faire vous même, votre Majesté.

Kay n'avait pas pensé à un payement. Il était, pour lui, naturel de servir ceux qui veulent la paix. Il l'avait toujours fait, à sa manière, depuis toujours, en Russie. Du coup aucune chose ne lui vint en tête. Mais il avait une question à poser à la reine de France, en espérant qu'elle ne la trouve pas déplacée. Mais cela lui permettrait de gagner du temps pour répondre à la question.

—J'aimerais vous poser une question, en espérant que cela ne soit pas déplacé. Si c'est le cas, je m'en excuse d'avance, et vous demande de me pardonner.
En vous écoutant parler de votre malédiction, et de cette Farah qui a changé le don que l'ancienne impératrice de Scandinavie vous avez donné, une question m'est venue. Quand cette maudite femme vous a maudit de nouveau, n'avez vous pas chercher à trouver une fée du royaume de Scandinavie pour modifier à nouveau votre malédiction, comme l'avait fait la regrettée impératrice ?


Kay reprit son arme sur la table et la rangea dans son holster. Il répondit à la dernière question de la reine alors qu'elle avait l'air de réfléchir à la question de l'inspecteur.

— Quant à la question du payement, je n'ai jamais songé à faire payer de telles choses. Surtout pas pour une personne qui veut défendre son peuple avec tant de bonté. Et si vous tenez vraiment à me payer, le gîte et le couvert me suffiront. Ainsi que vous me faites découvrir, quand vous aurez le temps, les bonnes choses de votre royaume vous même. Si cela vous convient, je ne demanderais rien de plus.

Demande bien étrange, même pour lui. Mais il sentait que cette reine pouvait lui apprendre des choses de son côté. Bien qu'il aurait bien demandé un traité de paix entre son pays et la France. Mais il ne pouvait parler au nom de la Mère Patrie, sans sont accord sur la chose. Tout était entre les mains de la reine de France si elle le désirait. Il pourrait, dès qu'elle le souhaite, commencer les leçons.


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Ronce de France
La belle au bois dormant
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Mar 8 Déc - 0:25

« Je veux la tuer. »

Les mains de la reine se crispèrent sur ses jupes. Sa respiration se faisait fébrile. La silhouette de Farah était si nette, en son esprit, qu'elle était certaine d'en sentir l'aura dans la pièce. Certaine qu'elle se trouvait là, quelque part dissimulée dans un recoin, souriant face aux tourments de sa victime. Ronce leva brusquement la tête, la peur au fond des yeux. Mais rien ne frappa son regard. Rien que le vide, l'insondable vide. Point de djinn, point de cafard grouillant hors du corps éventré d'une domestique. Rien que le vide et le silence.

Ronce porta ses doigts à ses tempes, sentant une sueur glacée les imprégner. La sueur de la peur. Son cœur palpitait à tout rompre. Elle demeurait une enfant terrifiée par les monstres dissimulés sous le lit.

« Je me suis mal exprimée... » Les yeux mi-clos, la reine expira lentement. « Je dois la tuer. J'en ai fais le serment face à elle. Je ne puis déroger à mes devoirs. »

Elle l'avait juré devant la djinn, devant les domestiques mais, surtout, devant son cadet le frère Ciel. Si il existait une personne pour laquelle la reine était prête à sacrifier couronne et vie, c'était son frère. Tout ce qui restait de sa famille. Un être pour lequel elle ne souhaitait que le meilleur.

Ronce soupira, refoulant tous ces sentiments qui, dès qu'elle songeait à son cadet, remontaient à la surface. Il était son point faible, son talon d'Achille. Néanmoins, en tant que reine, elle ne devait rien montrer. Demeurer forte, rocher indomptable face à l'océan déchaîné.

« Mais je vous suis grès de votre sollicitude. »

La reine hocha la tête face aux explications techniques du policier. En quelques mots brefs, elle lui permit de s'en occuper lui-même. Novice comme elle était dans ce sujet, elle aurait été fort capable de s'embrouiller et de se retrouver avec une arme qui n'était pas celle demandée. Il fallait les experts évoluer dans leurs domaines.

Quand le Russe se permit une interrogation sur le changement de don, Ronce blêmit. Elle n'avait pas songé à retourner auprès de la Scandinavie, à demander assistance. Elle voulait tant se charger elle-même de ce qui lui arrivait qu'elle avait oublié qu'elle pouvait faire parler ses relations. La reine se prit la tête entre les mains, honteuse d'avoir commis une telle erreur.

« Oh Seigneur... »

Si elle avait pu, Ronce serait devenue aussi petite qu'une souris et se serait réfugiée dans un trou. La reine releva la tête, blanche, ne sachant plus où se mettre. Elle parla d'une petite voix d'enfant prise en faute.

« Je n'y ai pas pensé... »

La reine tenta de reprendre contenance, se redressant dans sa chaise.

« Mais... » Haussement d'épaules. « Quoi qu'il en soit, l'impératrice n'est plus. Je ne sais si une fée serait assez puissante pour ôter ce pouvoir. Farah est une djinn qui vit depuis des siècles. »

Ses doigts s'entrecroisèrent tandis qu'elle joignait les mains.

« Mais je vais réfléchir à votre suggestion. En lançant un appel peut-être. Mais passons. » D'un signe de main, la reine fit comprendre que le sujet était clos. « Je vais demander à mes domestiques d'apprêter les préparatifs de départ. Que je puisse revenir en France au plus vite afin de préparer votre arrivée. Le gîte et le couvert, c'est peu demandé. Je ne pensais pas les Russes si humbles. »

La reine se leva, saluant le policier d'un hochement de tête.

« Je veillerais à ce que votre séjour soit à la hauteur des cours que vous m'offrirez. Si ce n'est point trop abusé de votre gentillesse, vous pourriez même instruire quelques membres de ma garde. Ils ont besoin de se mettre à niveau, et de suivre les leçons d'un homme de votre trempe. Enfin, ne me les abîmez pas trop. En France, nous ne sommes pas taillés dans la glace, contrairement à la Russie. »

Ronce s'amusait de son propre trait d'esprit.

Les dates furent discutées, ainsi que les ultimes préparatifs. Kay devrait envoyer une missive à la reine dès qu'il se mettait en route afin que tout soit prêt à son arrivée. Les cours commenceraient dès que le policier le souhaiterait – autrement dit le jour même de son arrivée.

La souveraine et le policier se quittèrent au pied de l'hôtel où séjournait la reine, non sans propager de nouveaux commérages. C'est que la reine en suscitait dès qu'un homme osait l'approcher de trop près.

Le retour de la Reine dans ses quartiers provoqua une agitation fébrile au sein de ses caméristes qui ne tarirent pas en questions, et poussèrent, unanimement, un couinement de victoire en apprenant la conclusion de l'affaire. Leur plan se déroulait mieux que prévu.

Fin


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