"L'enthousiasme est à la base de tout progrès.”

 :: L'Amérique :: États-Unis Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Dim 11 Oct - 17:24


“Dans les airs une machine cesse d’être un assemblage mécanique ; elle s’anime et exprime le tempérament du pilote.”

Ross Smith



Jahquil Glover
"L'enthousiasme est à la base de tout progrès.”



Un jour se présenta à la porte de Wall Workshop LTD, un drôle d'équipage : un homme, noir, habillé en dandy d'un costume clinquant rehaussé de gri-gris, flanqué d'un chinois aux dimensions imposantes digne d'une armoire à glace et d'un blanc-bec livide à la moustache gominée et au regard tombant. Jahquil Glover appuya sur la sonnette de l'imposant bâtiment. Il affichait des lunettes aux verres fumés de rouge et son sourire se découpait comme une abime immaculée au milieu du lac chocolaté de son visage. Malgré sa couleur de peau qui aurait du lui enseigner l'humilité, il se comportait comme un prince exotique en goguette.

Monsieur M. lui avait donné carte blanche. Le projet "Eclipse" connaissait des ralentissements en Allemagne, il était temps de contourner les difficultés et de recourir à un "plan B". La débrouillardise avérée du fils de vaudou n'était plus à prouver. Le peu de scrupules de Percy Walls non plus. On parlait beaucoup en sus du personnel de l'entreprise. Et après un mois d'observation et d'enquête, Glover en était arrivé à la conclusion que le bon Percy n'était pas le véritable cerveau de l'affaire. Encore moins le gros Bors. Il y'avait donc une autre tête à cette hydre mécanique.

On vint leur ouvrir. Glover afficha un sourire clownesque. Ses doigts intégralement bagués dansèrent dans les airs .


▬ Bonjour, mon frère, poète du cambouis... Dis à tes maitres que je représente un client, un client...

Ses yeux roulèrent dans ses immenses orbites blanches. Il eut une sorte de haussement décadent d'épaule, comme un mouvement de danse, avant de ponctuer en roucoulant presque.


▬...Intéressant !

Claquement de langue fouettant ses dents, dont une en or.






Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Galaad
Invité
avatar
Galaad
Dim 11 Oct - 19:44
Des clients bizarres, j'en avais vu traîner autour de l'atelier. Entre quelques androïdes, des pirates des airs, des prostituées, des nègres ou encore ces saletés de ritals, j'avais l'embarras du choix dans la déchéance humaine. Mais le quartier était comme ça, mal famé, loin des préoccupations des nantis et grouillant d'une vie répugnante. Si Strocker m'avait moins bien payé, j'aurai mis les bouts depuis longtemps pour échapper à l'odeur nauséabonde des lieux. Toutefois, aujourd'hui, Walls creusait plus bas encore dans les couches sociales : Un chinetoque, un autre rital gominé et un autre nègre qui ne connaissait pas sa place, habillé comme un pape de couleurs braillardes. Faisant office de porte-parole pour son groupe hétéroclite, il clama, grandiloquent, quand l'employé lui ouvrir la porte, représenté un client intéressant. M'a fallu me décaler un peu plus derrière ma fenêtre pour arriver à le distinguer, le nouvel apprenti de Walls, un gamin de dix-sept ans nommé Erik Lake. Roux comme il était, je suspectai que Walls y était pour quelque chose dans sa conception, probablement avec une dégénérée irlandaise comme lui, qui lui avait finalement envoyé le fardeau à travers l'océan. Impossible qu'il ait engagé le morveux pour ses compétences, gauche comme il était, il répondit piteusement en bafouillant au singe :

- M'sieurs Walls et Bors, ils sont sur un chantier aujourd'hui. J'... j'peux prendre un message ?

Le gamin était probablement impressionné par les bésicles ou la posture du loustic ou alors la carrure du jaune menaçait de le faire mouiller son pantalon. Ce que je ne donnerai pas pour pouvoir quitter mon poste et rassembler quelques gars pour rosser ces saletés d'étrangers ! Hélas, je devais reporter ce genre de réjouissances pour continuer ma veille. Strocker suspectait Walls de cacher une grosse nouveauté dans sa manche. Il voulait mettre la main dessus au plus vite et réclamer les brevets avant que ce fichu "Baron Périlleux" puisse s'approprier les droits et la paternité d'une autre avancée technologique juteuse sur le marché. Depuis ma fenêtre, je pouvais voir Lake se balancer d'un pied à l'autre, terriblement mal à l'aise. Heureusement pour lui, la gonzesse se pointa pour prendre le relai. Enfin, "gonzesse", je ne suis toujours pas certains qu'on puisse vraiment la qualifier ainsi : Dans ses habits du dimanche, bien policée, elle présentait comme une parfaite demoiselle avec des manières, gracieuse même. Mais une femme comme il faut ne travaillerait pas dans un atelier entouré d'hommes. Et surtout, elle n'aurait pas réussi à se débarasser du gaillard que j'avais envoyé pour lui soutirer, en la malmenant, des informations sur le fameux projet et ce qui se trame dans le second entrepôt. Regardez-la, avec son tablier en cuir, les lunettes enfouies dans sa tignasse remontée en chignon et les mains, les joues couvertes de cambouis ! Une honte ! Dire que Strocker songeait à l'épouser, pour dominer encore plus Walls en prenant sa soeur. Peut-être qu'il réussirait à dompter cette amazone-là, cette "féministe" comme les appellaient ce courant montant répugnant. Elle sourit à ce nègre avec politesse comme s'il était aussi blanc que moi et inclina poliment la tête.

- Comme l'a dit Lake, Percy et Salomon sont absents. Mais, si ça vous dérange pas d'discuter avec une femme, j'peux peut-êtr' vous aider en écoutant vos demandes pour les transmettre à mon frère.

Sans peur ou dégoût, une dame aurait dû être dégoûtée, elle s'écarta légèrement sur le coté, laissant la place au trio s'il désirait entrer. Lake, un peu paniqué, lui jeta quelques regards en coin avant qu'elle ne l'apaise d'un geste de la main et ne ferme la porte derrière les émissaires du soi-disant client intéressant.

Entrée 128 du journal de surveillance de Maxwell Roberts


- T'devrais aller t'occuper d'la commande pour Albano. T'as intérêt à avoir fini avec qu'l'boss sinon il va t'en coller une. Si t'as des questions, demande aux autres dans l'atelier, j'serai occupée avec ces messieurs.

Ainsi Jane congédia Erik, le rassurant d'un sourire. Percy lui avait confié, outre ses tâches mécaniques, le périlleux exercice d'assurer la sécurité de sa "soeur". Récalcitrante à se laisser couver du regard par un morveux plus jeune qu'elle et parfaitement inapte au combat, Galaad ne l'entendait pas une seule seconde de cette oreille-là. N'osant pas rétorquer quoique ce soit, le jeune roux s'en retourna à l'entretien des armes d'Albano. La porte d'entrée refermée, Jane prit la tête du curieux trio pour les mener vers le bureau de Walls. Sobre et presque rangé, l'office ne débordait pas de décoration : Deux fenêtres donnant vers la cour intérieure, un autre donnant sur l'atelier illuminait un bureau titanesque trônant au centre de la pièce. Trois chaises simples vers l'entrée accueillaient tandis que le boss se réservait un confortable fauteuil en cuir bordeaux. Sur le mur du fond, une bibliothèque renfermait des ouvrages techniques tandis que les autres annonçaient les diplômes de Walls et les brevets détenus par l'atelier. Sous les fenêtres, des commodes à dossiers d'un métal vernis grisâtres affichaient leurs étiquettes jaunis frappés d'un lettre ou parfois d'un nom particulier. Jane rassembla les différents papiers traînant sur le bureau et tapota doucement sur le bois pour les arranger correctement. Tandis qu'elle les enfermait dans un des tiroirs du meuble, elle invita la troupe à prendre place.

- Je vous en prie, installez-vous.

Attrapant le cendrier, la bouteille de whisky et le verre aussi vide l'un que l'autre, elle vida le reste du bureau de tout intérêt hormis le nécessaire à écriture et un carnet.

- Si vous voulez bien m'pardonner un instant, j'vais aller m'débarbouiller un peu avant qu'on puisse discuter.

Sans réellement attendre la réponse, elle quitta le bureau, les laissant seuls. Dans l'atelier, les quelques employés présents, trois Lake compris, se rassemblèrent brièvement et jetèrent un coup d'oeil vers la fenêtre donnant sur le bureau. Galaad déposa le cendrier et la bouteille dans la cuisine jouxtant le petit réfectoire avant de monter les escaliers quatre à quatre pour se laver sommairement dans sa chambre. Résistant, le cambouis récalcitrant nécessita bien cinq minutes de frottement pour finalement permettre à la demoiselle de retrouver figure plus amène pour un éventuel client. Heureusement, aujourd'hui, Galaad revenait de confesse et se parait d'atours plus flatteurs que son habituelle tenue de travail. Percy l'aurait sans doute passablement enguirlandé d'avoir risqué de ruiner la robe en se mettant directement à l'ouvrage de retour de l'Eglise.

En tout et pour tout, l'absence de Jane ne dura pas dix minutes. De retour, elle prit directement la parole.

- Merci d'avoir patienter. J'suis Jane Walls, - pause brièvement hésitante - la soeur du maître des lieux. Mon frère m'fait confiance pour traiter certaines d'ses affaires. Aussi, j'vous écoute.

La présentation faite, elle s'installa directement dans le fauteuil de cuir, les mains sagement croisées sur bureau. Avoir peur d'être seule, faible femme, avec trois hommes inconnus, dont un noir et un asiatique ? Pas la moindre ombre d'hésitation de perceptible sur ce sujet. Bravoure, naïveté ou inconscience ?

La tenue un peu élimée:
 
Galaad
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Dim 3 Jan - 12:25
Jahquil Glover
"L'enthousiasme est à la base de tout progrès.”




Jahquil eut un de ses sourire charmant ronflant un peu des mécaniques. Ses épaules, d’ailleurs, effectuèrent un roulis houleux, donnant à sa silhouette la vague impression de tanguer sur ses appuis. Ce gus avait tout l’air de la petite frappe de gang, sur de son assise dans les ruelles sombres de la Nouvelle-Orléans, que du négociateur commercial.

▬ Ça nous dérangions point du tout ma p’tite dame !

Il la gratifia d’un baise-main parodique et d’un rictus qui dévoila de nouveau ses dents en or, puis il suivit la donzelle, flanqué de ses deux acolytes. Avant de franchir la herse, il se tourna vers la rue, leva le nez vers un point précis dans les hauteurs, ciblant une fenêtre bien particulière. Il fit un clin d’œil à destination de l’espion industriel bien planqué. Les loas lui avaient-ils soufflé cette informations ? Les esprits seuls le savaient.


***



▬ Je vous en prie, installez-vous. Si vous voulez bien m'pardonner un instant, j'vais aller m'débarbouiller un peu avant qu'on puisse discuter.


▬...Laisse donc la bouteille de skotch poupette…. Faut ben ça pour m‘humecter le palais avant d‘exposer.

Galaad s’éclipsa de la pièce sans mot dire. Le gorille asiatique reprit le whisky consciencieusement posé sur l’étagère pendant que l’hidalgo blafard fixait des espèces de gri-gris vaudous partout dans la pièce. Lorsque la jeune femme revint, le chinois se tenait devant la porte comme un videur de cabaret et le simili croque-mort, était debout derrière le nègre. Ce dernier avait posé son cul dans le fauteuil qu’on lui avait désigné, comme un prince de Cours des Miracles, décontracté et fendu d’une banane de nacre et d’or.


▬Merci d'avoir patienter. J'suis Jane Walls, la soeur du maître des lieux. Mon frère m'fait confiance pour traiter certaines d'ses affaires. Aussi, j'vous écoute.


▬ La fameuse frangine , hey… Glover eut un ricanement goguenard . Bien, bien... « Little Sista », c‘donc toi l‘âme de c‘te grosse boite de métal, hum… Je suis Jaqhil Glover, appelle moi "Glover" ou "Glovy" si on d'vient plus intime ! J‘represente les intérêts d‘un commanditaire européen, une de ces saucisses allemandes , v‘voyez ? Ils ont perdu leurs ingénieurs lors d‘un essai standard d‘leur prototype, un d’ces trucs révolutionnaires qui fait mousser les p‘tit génies dans ton ge…. Il s’interrompit avec un sourire. Mais j’vois qu’j’raconte tout à l’envers. T'sais ce qu’est un « robot » j’imagine ?….




Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Galaad
Invité
avatar
Galaad
Mar 5 Jan - 17:06
Une sonnette d'alarme résonnait quelques parts dans la caboche pourtant atrocement naïve de Jeanne. Ces types-là étaient plus dangereux que les ritals. Ces types-là allaient lui attirer des sérieuses emmerdes. Cela n'avait pourtant rien à voir avec les origines relativement exotiques. Non, dans les manières doucereuses de l'homme des îles, quelque chose lui rappelaient les reptiles du zoo. Et cela hérissait les petits cheveux sur sa nuque plus sûrement qu'une peau d'une autre couleur.

Puis, ils l'avaient appelé "Poupette". Vermine, en elle, se cabrait dans l'étau d'un sourire un figé qu'elle leur adresse. "J'suis pas une pédale" beuglait-il courroucé. Mentalement, Jane lui coulait un regard blasé qu'on pourrait résumer par un très à propos "sérieusement ?". En se frottant le visage pour en retirer le cambouis, le Baron Périlleux en déduit qu'il devrait peut-être prendre aux sérieux les histoires d'hystérie féminine du docteur tant la pensée précédente avait été à la limite de la schizophrénie. Alors, elle glissa dans sa poche le petit sachet de poudre blanche, son fameux traitement qu'elle n'avait toujours pas touché.

** ** **

Après la présentation, le fameux Glover ricana et la taquina. Malgré la provocation évidente, rapport à la mention d'une possible intimité prochaine, Jane rougit légèrement. Non pas qu'elle ait imaginé quoique ce soit d'inconvenant, mais devant une telle audace, une demoiselle sans expérience ne pouvait pas rester complètement de marbre. Vermine hurlait plus encore qu'elle avait qu'à lui carrer son poing dans la gueule s'il réitérait des propos pareils, mais elle le gardait bien calme en fixant les grigris fixés dans sa demeure. Sa tension grimpa d'un cran supplémentaire.

- Enchantée.

Répondit-elle enfin avec une politesse exemplaire à Glover et prit place dans la siège en cuir de Percy.

- D'abord, j'aimerai que vous cessiez de modifier notre décoration avec vos... objets. Merci de les retirer.


Sourire calme et aimable. Elle n'avait aucune idée de ce qu'ils faisaient exactement bien que son oeil féerique ne put que chercher à y déceler la magique et ses éventuels effets.

- Un robot. Oui, j'ai lu quelques articles à ce sujet et mon frère m'en a expliqué les processus détaillés.

Mentit-elle avec affront et sans la moindre honte pour une fois.

- Ton employeur cherche donc des ingénieurs pour remplacer leur équipe perdue. Pour quelles tâches exactement ? Qu'est-ce qui leur est arrivé ?


Au tutoiement, elle ne résista pas plus longuement et la curiosité fit le reste car elle se détendit légèrement l'espace de quelques secondes.
Galaad
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Sam 9 Jan - 12:34
Jahquil Glover
"L'enthousiasme est à la base de tout progrès.”




Jahquil ne sembla pas s’offusquer du tutoiement. Au contraire, il posa un coude sur le bureau pour mieux réduire la distance avec son interlocutrice.

▬ Ça j‘peux point, ma toute belle, c‘est la garantie qu‘on nous écout‘ra pas. Mes petites chiffonnettes protègent nos jolis secrets. Quiconque voudra coller l‘oreille à la porte comprendra rien à no‘t p‘tite conversation. Étant donné l‘espionnage industriel dont vous faite l‘objet il pointe du pouce dehors Faut êt’prudent, croyez-pas !?

Sourire en or.
Il coinça son menton dans sa paume de main pour poursuivre.


▬ T‘es calée comme y faut sur l‘bastringue, alors ? C‘parfait. Y‘a eu un accident lors d‘un essai d‘prototype. Le robot il a volé…. Pis un truc dans l‘moteur, un machin d‘surchauffe… ça a explosé pendant qu‘l‘ingé tentait d‘le faire atterrir. L’est mort écrasé sous son engin. Ceci étant, l‘projet est pas loin d‘aboutir et mon commanditaire est tenace. Il la veut son innovation. Alors comme les pièces d‘une machine usée, y cherche un gus et une nouvelle équipe avec un cerveau tout neuf. Il cherche un inventeur créatif, qui pourrait non seulement continuer l‘boulot mais poser ça touche perso au bouzin pour l'sublimer.

Il pointe son index sous le pif de Galaad avec un plissement d‘yeux malicieux.

▬ Il veut quelqu’un prêt à marquer l’Histoire !

Avec un reniflement il se cale au fond de son siège en se renversant soudain en arrière.

▬ Si t’en es, faudra aller en Allemagne et signer une close confidentialité, toi et ton "frangin", et qui qu'tu ramèneras pour bosser. Vous recevrez un paquet d'oseille pour le taff en plus , bien entendu, des frais d'voyage, d'bouffe et d'logement. Alors ? T'en dis quoi, Princesse ?



Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Galaad
Invité
avatar
Galaad
Mer 13 Jan - 19:07
Espions industriels ? Qu'est-ce qu'il jactait l'Glover ? Elle n'y entravait strictement rien. Brièvement niaise, elle coula un regard à chacun des trois mâles présents, aux "chiffonnettes" et à la fenêtre donnant vers l'atelier. Un sourcil se haussa et tout bas elle lâcha un "whaaaaat the f... " comme Vermine le ferait en fronçant les deux circonflexes au-dessus de ses prunelles turquoises. Elle allait poser la question plus en détail quand une cloche tinta enfin dans la partie de sa caboche qui traitait les blablas de mises en garde de Percy. Les types qui voulaient voler les secrets du Baron Périlleux pour les revendre à leur nom ! L'imagination de l'exilée cavala en se figurant les "espions" comme ceux de la cour de feu le Roi Jour, grandiloquents, des rapières et des perruques pour cacher les missives volées à un membre de la cour l'impliquant dans un terrible complot. A regret, elle chassa le romanesque de l'image pour se les figurer plutôt comme des croque-morts dans une foule anonyme. Nettement moins amusant et fichtrement plus effrayant. Les épaules de la demoiselle roulèrent alors brièvement pour se débarrasser de la désagréable sensation avant d'en revenir à ses potentiels futurs clients.

- T'sais si vous avez gardé les plans ou s'y zont cramé avec tout l'reste du bordel ? Z'avez un rapport exact sur les circonstances d'l'accident ? L'état d'robot avant l'test ? Faudra plus d'temps, donc d'fric, si vous avez tout perdu, s'il faut "rétro-ingénieurisé" une épave, s'il faut déchiffrer les plans à moitié esquintés ou s'il faut deviner pourquoi ça a pété alors qu'on z'étions pas là.

A la suite, elle agita la main presque avec dédain.

- On s'en cogne pas mal d'marquer l'Histoire. S'il y a du blé à la clé, suffisamment, on s'investira pour qu'ça marche mais c'que vous en faites, on veut pas l'savoir. L'Allemagne, c'est trop l'grive pour qu'ça soit des choses qu'veulent savoir les honnêtes gens.


Le phrasé de la concernée avait décru en qualité pour la simple et bonne raison que l'Baron Périlleux examinait déjà des pistes en pensée, des idées sur le pourquoi du comment la machine s'est écrasée etc.

- M'faudra un montant, un délai aussi, pour qu'j'expose ça à mon frère. Je peux pas prendre de décision qui engage l'entreprise à ce point-là. Me faudra également une estimation du nombre de personnes nécessaires à emmener avec nous, à vos frais aussi naturellement, pour mener à bien le projet. En bref, me faut des détails techniques sur laquelle basée une décision.


Lentement, elle ouvrit le carnet posé sur le bureau et commença à gribouiller quelques notes.

- Après, si t'en sais trop rien, on peut s'déplacer à vos frais pour faire un devis plus précis, en signant la clause de confidentialité avant si ça peut vous rassurer. Mais sans détail, Percy l'acceptera rien définitivement.

Sur le papier, le bec métallique grattait le début d'un prototype...
Galaad
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Lun 25 Jan - 13:00
Jahquil Glover
"L'enthousiasme est à la base de tout progrès.”




▬ Oh, poupée-farine, ma petite soeur blanche, calme donc cette langue qui galope dans ton joli gosier. Hum ?

Jahquil pencha la tête d'un tête d'un coté puis de l'autre, comme s'il se dandinait sur un rythme musical imaginaire. Il finit par dodeliner de la caboche avec un sourire requin.

▬ Moi, mon boulot, c'est de t'intriguer. Mais j'ai pas toutes les paroles de la chanson, tu vois ? Tes questions, bébé, faudra les poser là bas, en Allemagne.... Voyage et devis donc ? Okaaaay !

Il frappa trois fois dans ses mains et conclut par une arabesque conjuguée de ses index pointés.

▬ Affaire conclue, chérie.

Il frappa ses paumes sur le bureau et se leva. Comme si la chose avait été réglée d'avance, le gus gominé derrière lui tendit une enveloppe à Galaad.

▬ Le nombre de billets necessaires pour le navire volant de vendredi soir. Vous ferez escale en Luxembourg-België avant de poursuivre en train vers le cœur de l'Allemagne. Terminus Stuttgart.

Jahquil claqua des doigts. Le chinois retira les poupées vaudous de la place. Le nègre effectua une courbette théâtrale un peu comique.

▬ Chérie, ce fut un plaisir.

Il ponctua d'un baise-main grandiloquent avant de quitter finalement le bureau.

▬ On se reverra. Fit-il avec plus de sérieux, tout en rajustant son haut de forme rapiécé.D'ici là, je sais que j'vais te manquer, beauté

Et Mr. Glover échappa à la vue de la jeune Galaad pour ne plus reparaitre avant longtemps.

HRP:
 



Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Galaad
Invité
avatar
Galaad
Sam 6 Fév - 23:05
Férocement, la petite française rougit à nouveau jusqu'à la pointe des oreilles. Il avait l'chic, l'Glover, pour la taquiner avec ses petits surnoms comme si elle tapinait la jarretière dévoilée aux regards des passants. Jane fixa alors la table, les lèvres réduites à une ligne tant elle les pinçait. Ce serpent se fichait d'elle et sa fierté de petite noble le vivait très mal. Néanmoins, elle accueillit avec une sorte de soulagement le fait qu'il ne savait au final... rien d'intéressant sur le contrat. Si elle avait dû travailler quotidiennement avec lui, elle n'était pas certaine qu'elle aurait eu l'envie de relever le défi. Quand bien même son intérêt tout créatif et scientifique avait été réveillé avec brio et qu'elle cogitait déjà à mille et une manière de réussir là où d'autres avaient échoué.

- Affaire conclue.

Concéda-t-elle en se redressant et recueillant l'enveloppe. "Vendredi" répéta-t-elle. Vendredi, cela exigeait beaucoup de travail en amont. Oh, ils avaient des billets pour une fois et ne travailleraient pas pendant le voyage. Ce qui ressemblait fichtrement à des vacances. "Oh non" se rappela-elle. Le dernier trajet en cabine l'avait guéri des voyages mondains avec les pipelettes insupportables et le qu'en dira-t-on ambiant. Ils devraient aussi engager quelques hommes pour l'occasion, les ateliers ayant suffisamment de travaux en cours pour la présentation prochaine de inventions du Baron Périlleux. Oh, ils y arriveraient bien, il suffirait d'engager dans les plus petits ateliers alentours comme pour d'autres gros projets. Percy, naturellement, ne pourrait pas directement l'accompagner mais il suffirait de lui faire des rapports réguliers grâce aux miroirs communiquant et lui envoyer les plans grâce à son corbeau mécanique.

Avec naturel, Galaad répondit aux courbettes par une révérence de cour gracieuse.

- Plaisir partagé.


Se surprit-elle à rétorquer. Saleté de serpent. Il faudrait vraiment l'éviter par la suite. L'exilée se renforgna d'autant plus lorsqu'il affirma avec son panache apparemment coutumier qu'il allait lui manquer. Cela ne manqua pas de provoquer une nouvelle bouffée de rougeurs et elle détourna purement et simplement la tête comme une adolescente. Comme rarement, elle maudit l'absence d'éventail, derrière lequel elle aurait pu se dissimuler un peu, pour une femme du peuple durant ce nouveau siècle.

Le groupe curieux fut raccompagné jusqu'à la porte afin de s'assurer qu'aucun ne s'égare "comme par hasard". Erik se rapprocha alors de Jane, en tentant tant bien que mal de jouer son rôle de mâle en l'absence de Percy.

- Y voulaient quoi ?
- T'occupes, gamin. R'tourne bosser. Tout va bien.

Lui sourit-elle aussi convaincante que possible. Le regard turquoise remonta le long de la façade du bâtiment en vis-à-vis. Espion industriel avait dit Glover. Maxwell Roberts, surpris de voir la demoiselle le fixer, n'eut guère le temps de feindre une autre occupation qu'un malaise le prenait soudainement. Comme une brique, il chut sur le plancher. Outils battant ses jambes malgré les jupons, Galaad traversa la rue pour aller régler le problème d'espionnage plus définitivement : Personne ne touchait à ses inventions. Le Baron Périlleux ne goûtait pas à être déposséder de ce qui était sien et les ennemis des Ithiers seraient toujours châtiés par leur justice. Aujourd'hui Roberts. Demain ça serait ce pédant ayant pris la vie des siens et son Aubagne adorée.


- - - THE END - - -
or to be continued ...

Galaad
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Amérique :: États-Unis-
Sauter vers: