Fin septembre 05. Esprit, es-tu là ?

 :: L'Europe :: Russie Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
Dim 1 Nov - 20:18







Le cimetière Tikhvine est connu de tous les habitants de la sainte ville de Saint-Petersbourg. Y sont enterrés les plus grands artistes que la terre russe a porté, en guise d'insigne honneur dans la mort. Néanmoins, depuis l'enterrement d'Ivan Tsarévitch, compositeur talentueux, le cimetière n'est plus aussi apaisé, et apaisant, qu'auparavant. Les Russes, pourtant connus pour être un peuple fort, n'osent plus s'y rendre : le cimetière serait hanté, selon leurs dires. Nombreux sont ceux certifiant qu'ils ont vu des esprits, et ce même en plein jour. Les témoignages divergent sur leurs apparences. Spectres sans aucune consistance, lugubres Revenants poussant des cris de corbeaux, Manes étranges dont la figure rappelle la Faucheuse...

Le cimetière est déserté par les vivants. Les fleurs mortuaires disparaissent, n'étant plus remplacées. Le fossoyeur lui-même n'ose plus y mettre un pied, se signant sans cesse, implorant la grâce divine. Les détracteurs de Tsarévitch se gaussent de cette histoire. L'artiste était connu pour la force de ses requiems, et l'aspect mortuaire de ses compositions. Faut-il y voir, dans ce spectacle spirituel, son ultime œuvre ?

Aurez-vous le courage de vous rendre dans ce lieu de mort où murmurent les fantômes ?

Pour toute question, rendez-vous dans le debriefing.


©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 1 Nov - 22:58
— ...et c'est pour ça que même pour la mémoire de nos morts, on retournera pas là-bas tant que ces fantômes seront à la frontière entre les deux mondes. Enfin c'est ce qui se dit depuis quelques temps...

Je vois...

Les bars ne sont jamais plus accueillants qu'aux heures tardives de la soirée. Un endroit où les rencontres le temps d'une conversation avisée -ou non- avaient lieu, où l'on s'échangeait les opinions à force de mots ou de poings selon le degré d'alcool ingéré, et surtout, là où l'on pouvait entendre les rumeurs circulant en ville.
C'était sans autre intention que de prendre du bon temps que Mads sortit ce soir-là. Deux semaines qu'il était arrivé à Saint-Pétersbourg et déjà il reconnaissait quelques habitués et s'entendait avec deux trois hommes qu'il avait croisé plusieurs fois. L'histoire que comptait le barman avait réussi à capté son attention et, engaillardi par les quelques verres qu'il s'était offert, il se moquait gentiment de tous ceux qui y croyaient, pis encore de ceux assurant :

— Je les ai vu moi ! Ils n'ont pas de corps et ne touchent même pas le sol quand ils se déplacent !

Ah oui ? Je demande à voir.

— Je te déconseille d'y aller, gamin. Ces choses sont peut-être dangereuses. On ferait mieux d'attendre que l'histoire remonte à notre Tsarine et qu'elle envoie dans sa grande bonté quelqu'un s'en charger !

C'est bon, assura Mads en laissant de quoi payer ses consommations sur le comptoir, descendant de son tabouret avec un sourire aux lèvres. Je me contenterai de faire le tour...


En se rendant au fameux cimetière, il ne put s'empêcher de s'auto-féliciter pour son initiative de s'être fabriqué un manteau pour affronter le froid du dehors. Il avait eu la chance de rentrer dans la bonne boutique de fourrures tenue par une charmante jeune femme qui avait su le conseiller à merveille sur que choisir pour faire la doublure intérieur de son vêtement. Vashka. La baronne Von Kursell. Il n'avait dit qu'à elle qui il était réellement en lui précisant bien de ne rien avouer de sa présence dans l'enceinte de la ville. Il rencontrerait sa tante la Tsarine en temps et en heure, mais quelque chose le tenait encore à distance du palais de glace... Peut-être l'appréhension ? Non ! Et puis quoi encore ? Lui, avoir peur d'une bonne femme ? Certainement pas !

Il n'était pas non plus effrayé le moins du monde par la potentielle présence de fantômes ou autres banshees dans le coin comme il arrivait audit cimetière le pas assuré. Des histoires à dormir debout, il en était presque certain.
Les petits chemins de terre dessinés entre les tombes et mausolées rendaient son avancée peu audible malgré le fait qu'il marchât toujours aidé de sa canne comme appui obligatoire. Là, le seul détail qui retint son attention fut l'état général du cimetière : les bouquets sur les tombes étaient fanés ou poussière, les allées mal entretenues... Alors personne n'était venu ici depuis quelques temps s'il comprenait bien.

Pourquoi dans ce cas distinguait-il une silhouette plus loin, venant vers lui ? Et surtout...pourquoi lui semblait-elle familière ?
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Jeu 5 Nov - 5:51
Le Duc de Straus. Homme important de par son titre autant que par sa fortune, les deux allant souvent de paires de nos jours, mais encore plus par son authenticité. C'était cette raison première qui m’avait fait accepter de lui venir en aide la première fois, il y avait de cela un an et demi déjà. Mon nom était alors à courir lentement sur les lèvres de l’élite de la Cour de son Altesse la Tsarine et avec lui, quelques rumeurs plus ou moins fondées. Parmi celles-ci, le murmure de ma fonction présumée : sorcière, ou plus joliment appelé, la Baronne de l’Amour.

Ce nom avait mené à moi le Duc de Straus, homme fort respecté par les banques fiables et fortunées qui portaient son nom et pour sa jeune épouse qui avait été longtemps courtisée et prisée chez les petits nobles du pays. Néanmoins, l’homme ne pouvait être parfait et on disait –avec raison- que les manières rustres du Duc avaient plus d’une fois fait fuir sa chère et douce. Un fait m’était pourtant rapidement apparu, le Duc était l’un –sinon le premier- des hommes les plus éperdument amoureux qu’il m’ait été donné de rencontrer. Si la fidélité et le dévouement devait porter un même nom, ce serait le sien.

Voilà pourquoi je lui avais rendu visite ce soir, à sa demande bien entendu, pour un petit «rendez-vous» discret. Bien loin de ce à quoi vous pensez certainement car il ne s’agissait là aucunement de remplacer sa chère perdue mais bien de lui fournir de quoi la retrouver. Certes, depuis ma grossesse il m’était apparu que je ne pouvais plus user de magie, Nikolas m’ayant prévenu que la vie grandissant en moins devait précisément s’en nourrir mais mes ressources ne s’arrêtaient pas que là. Les herbes et les porte-bonheur ne m’effrayaient plus autant qu’avant et j’avais confié au Duc un puissant talisman permettant de retrouver ce qui était perdu…

La soirée s’était parfaitement bien déroulée mais au temps de partir, les nausées me prirent en traîtresses, me faisant catégoriquement refuser d’être raccompagnée en fiacre et ainsi chahutée par les routes de terre menant au Domaine. Au lieu de quoi, j’avais opté pour une marche, longue certes et dangereuse pour une femme seule dans ma condition mais qui donc penserait à attenter à quoi que ce soit alors que j’allais couper par le cimetière Tikhvine pour prendre une ligne droite…

Peut-être aurais-je du me méfier un peu plus car à peine les bottines placées sur l’allée de dalle du premier lot que le vent apportait à mes oreilles d’étranges sons…des murmures ? Des craquements ? Et ce son régulier, posé, celui d’une marche lente et hasardeuse avec un objet…qui devait certainement être une canne. Une canne… ? Je fronçai légèrement les sourcils, apercevant au loin une silhouette dans la pénombre. Un brin de panique m’emplit. Si cela se trouvait, j’allais belle et bien être attaquée, pire encore…

Et la silhouette restait là, comme à m’observer en me mettant encore plus mal à l’aise et méfiante. Une méfiance qui ne sembla pas retenir mes pas à aller à sa rencontre et une vive surprise s’empara de moi alors que je reconnaiçais…


« Votre Ma… Mads ! Non je veux dire, Sir ! Enfin… »

Et voilà que de toutes les personnes possibles de rencontrer en pareil lieux et temps, nul autre que cet homme. Un client que j’avais dû servir au Comptoir von Kursell en raison d’une épidémie de grippe qui avait fait prendre à mes employés congé. Un acheteur pour le moins surprenant, intéressé…et intéressant. Il m’avait confié alors que je le conseillais sur les fourrures adéquates à la doublure de son manteau, être le Prince héritier de la Couronne russe. Si l’information m’avait d’abord semblé impossible…pouvais-je réellement prendre le risque de manquer de respect à un membre de la famille royale en lui demandant plus amples informations ? Je paraissais peut-être naïve mais quel intérêt à inventer un tel mensonge connaissant les…ouï-dire sur sa Majesté Impériale notre Tsarine Ivanova.

Je l’avais cru et il se trouvait ce soir devant moi, en pleine nuit, dans ce cimetière… Le destin faisait drôlement les choses.


« Pardonnez-moi je…je suis confuse. Que diable faites-vous dans un endroit pareil ? »

La question m’avait glissé des lèvres mais plus important encore, il aurait eu toutes les raisons du monde de me la retourner que je n’aurais même pas su quoi lui répondre en vérité. Pourvu que le hasard de cette rencontre ne retienne davantage son attention que mes bafouillements honteux et ma maladroite révérence entre deux épitaphes gravées.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sam 7 Nov - 11:35







Les pas résonnent dans le la dernière demeure de ce qui sont morts. Les pas ne sont pas ceux d’esprits, mais ceux de cœurs en vie. Les tombes sont muettes et vieillies par l’abandon né de la peur des vivants. Les sont muettes mais pas sourdes, pour le moment. Elles entendent dans leur pierre les battements des valves de l’organe vital que chacun de ces deux âmes possède encore. Boum boum, ils résonnent comme les pas, mais plus puissant pour les non-vivants, au travers des pierres tombales, jusque dans la terre à laquelle les corps sont retournés. Peut-être les os sont encore là ? Peut-être un peu de chair ? Peut-être que de la terre.

Des murmures sonnent dans les airs, ou dans le sol. Chuchotant un chant de leur voix étranges. Pas encore de morts blancs, mais vite, le cimetière exige la disparition du rythme des cœurs pompant leur vie. Une vie que beaucoup ici, n’ont plus, et peut-être jalousent.

Les tombes sont muettes, mais ont bonne mémoire. Sur leur corps, les noms, les dates et un peu d’histoire sont gravés. Pour espérer qu’on ne les oublie pas, mais alors, pourquoi s’attaquer aux vivants ?

La pierre la plus récente n’est pas loin des deux vivants, le nom d’un compositeur y est écrit.

L’air devient plus lourd, des regards sont portés sur Mads et Vashka. Des regards encore invisibles pour certains, alors que d’autres revêtent déjà une apparence encore brumeuse. Aucun ne montrent encore des traits distinctifs.
Des regards sombres. Des murmures. Et les battements des vivants. Les voilà réveillés, ceux qui devaient à jamais dormir.

Puis, soudain, une ombre noire met fin à ces murmures. Les esprits sont encore là, mais se cachent. Le Mane est là, alléché par la présence des âmes éveillées, c’est derrière juste à l’entrée du cimetière qu’il apparaît.

Les morts qui ne dorment pas attirent ces êtres sombres, pareils à la Faucheuse. Les morts sont éveillés, ils ne voulaient pas l’être et risquer d’être dévorés.
La créature se tient là, sondant les tombes, puis ceux qui ont encore la vie en eux.




©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 8 Nov - 19:31
Vashka Von Kursell. Si confuse qu'elle en appela Mads par son prénom. Ce dernier lui sourit en esquissant un geste de la main signifiant qu'elle pouvait s'apaiser, qu'il ne s'offusquait pas de ce genre de choses. Dans le cas présent, il se sentit même au contraire galvanisé par cette familiarité ayant échappé à la sublime baronne.

Je ne fais que vérifier les théories profanes associées à ce lieu, expliqua-t-il succinctement après lui avoir fait un baise-main.

Il resta à distance en s'exprimant, de peur que son haleine quelque peu alcoolisée ne parvint à la belle.

Et puis j'aime beaucoup les cimetières.

Confidence pour le moins étrange mais trouvant ses raisons dans le silence quasi parfait qui régnait en ces lieux. Silence de mort... Plutôt silence des morts.
Enfant, quand la compagnie des vivants et leurs galops incessants lui pesait trop, Mads s'exilait sur ces terres jugées sacrées par les cultes ancestraux. Juste pour le silence. La Mort étant passée, sa venue n'était plus annoncée, et le blond pouvait rester des heures à dessiner assis contre des pierres tombales simplement pour ne plus avoir l'esprit martelé de chevaux lancés au triple galop.
Loin, très loin celui de Vashka faisait frémir son tympan désormais sensible à ce genre de son...mais un second battait légèrement en décalé, plus faible encore, mais bien là. Mads regarda rapidement autour d'eux avec une soudaine pensée d'appréhension... Mais il ne vit personne. Son regard se porta comme de lui-même vers le ventre de la femme à ses côtés et il se perdit un instant à écouter tout en sachant qu'il n'en identifierait pas la provenance...

Puis des murmures. Des sons incompréhensibles qui lui firent froncer les sourcils alors qu'il interrogeait Vashka du regard.

...Vous entendez ça ?, murmura-t-il presque, comme par inquiétude de troubler l'étrangeté s'installant autour d'eux.

Gardant les yeux sur le visage de la baronne par peur de croiser des regards qu'il sentait tournés vers eux, il prêta plutôt son attention auditive aux voies singulières s'élevant des tombes et fut abasourdi par le silence revenant brutalement en maître. De quoi faire se hérisser les poils de sa nuque. Ou peut-être fut-ce la silhouette qu'il crut un instant halluciner à l'entrée du cimetière ?

Il y a quelqu'un là-bas...

Cette fois, il parla si bas que seule Vashka pouvait l'entendre.
La sombre apparition ne lui disait rien qui vaille ; courageux mais pas téméraire, il repoussa bien vite l'idée que c'était un simple et honnête homme venu se recueillir sur une tombe. L'atmosphère était trop pesante d'un coup...

Nous ne devrions pas rester ici.

Il se saisit de son poignet en gardant un œil sur la silhouette, tirant doucement la jeune femme après lui pour partir par où lui était arrivé.
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Lun 16 Nov - 10:16
Une rencontre pour le moins hasardeuse et d’autant plus surprenante que par l’endroit et l’heure où elle se déroulait. Le Prince Ivanova était-il donc un homme superstitieux ? Fort galant il me devait de le reconnaître à ce baise-main qui aurait légèrement rosit mes joues si cela avait pu être visible dans la nuit noir du cimetière. Je lui offris néanmoins un sourire, fort heureuse de le retrouver en ne pouvant m’empêcher de hausser un sourcil à la déclaration suivante. Aimer les cimetières ?

« La ville vous semble-t-elle à ce point bruyante que vous en veniez à vous réfugier là où le silence veille au repos éternel ? Vous ne devez pas encore avoir mis les pieds à la Cour de son Altesse Imp… »

Le titre s’étouffa dans ma bouche, le regard insistant du Prince sur mon ventre me rendant soudain nerveuse et j’eus un pas de recul instinctif pour m’écarter. Mouvement qui fut aussitôt fait à l’inverse dès que la chose parvint à mes oreilles. Je sursautai vivement à l’entente du son. Des sons. Était-ce le vent ? Mais comment la seule brise pouvait sembler si…omniprésente ? Les voix, oui s’en étaient vraiment, nous entouraient, faisant se hérisser mes cheveux depuis ma nuque.

Il y a quelqu'un là-bas...

Non, surtout pas. Je ne voulais pas entendre cela. Ça ne pouvait pas…être possible ? Allons ! Nous étions dans un cimetière, pourquoi quelqu’un n’aurait-il pas le droit de s’y rendre sous prétexte qu’il était en pleine nuit et que d’étranges murmures vibraient dans l’air. Mon cœur s’affola, la panique s’empara de moi à l’idée que cette personne, cette silhouette que je ne voulais pas voir pouvait être…autre chose…

L’empressement soudain avec lequel Mads souhaita quitter les lieux, s’éloigner du moins, fut contagieux, laissant mon cœur se débattre davantage dans ma poitrine alors que mes pieds semblaient décidés à le suivre, le devancer presque. Je me résolus à jeter un regard derrière, ne pas s’affoler plus qu’il ne le fallait si ça se trouvait ce n’était qu’un veuf venue pleurer sur une tombe. Alors pourquoi cette silhouette me semblait-elle brouillée ? Mes yeux versaient-ils des larmes que je n’aurais su expliquer ? Ou bien l’homme en question n’en était pas un. Pas un qui puisse du moins prétendre pouvoir marcher sur la terre…plutôt que de s’y trouver en dessous dans un cercueil.

Poussée par l’angoisse du moment, je suivis mon compagnon improvisé en marchant dans ses pas, manquant bien même de lui piler sur un talon à quelques reprises. Je ne réalisais pas plus que nous prenions un chemin complètement différent de celui que j’avais envisagé au tout début de mon entrée dans le cimetière et seulement après quelques foulées je le retins légèrement.


« Où m’amenez-vous ? Ne devrions-nous pas…attendre ? »

Mais attendre quoi au juste ? Que la silhouette se précise ou qu’elle ne se floue davantage ? Un gaz s’était-il échappé d’une vieille tombe à nous en causer quelques hallucinations ? Je tentai de bien faire, de prendre sur moi un peu de courage mais je n’eus pas la force de me retourner, seulement de me pétrifier à la brise mortuaire qui semblait flotter dans l’endroit. Nous poussait-elle à l’extérieur ou tentait-elle de nous retenir ?

« Est-ce qu’il nous poursuit ?, soufflais-je alors que mes doigts se resserraient promptement sur ceux du Prince comme si cette simple question nous ferait nous séparer l’un de l’autre. »

Allait-on nous arracher à notre chaste étreinte ? Allions-nous être séparés, se volatiliser, être persécutés ? Mon anxiété prenait une ampleur démesurée que je ne savais contrôler, une seule pensée me venait alors à l’instant : aucun mal ne devait être fait à l’enfant que je portais. Sans doute pour cette raison que je parvins à puiser dans ma force intérieur pour rester calme et continuer de marcher jusqu’à ce que nous ayons presque atteint la sortie. Alors seulement, l’ironie de la situation me fit échapper quelques mots.


« Je crois…que je vais commencer à croire aux revenants… »

J’avais beau être une sorcière, je n’avais encore jamais eu à faire avec des esprits et bien que j’aurais voulu me montrer plus raisonnable, plus rationnelle…il s’agissait bien là de revenants non ? Avions-nous inconsciemment profané les lieux ? Notre châtiment allait-il tombé de ces ombres spectrales que je croyais se dessiner autour de nous ?
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sam 21 Nov - 12:26







Les yeux des tombes suivent la progression des vivants, toujours cachés, apeurés de leur prédateur. Si seulement leur Sommeil n’avait pas été éveillé, si seulement, leur dernier compagnon n’était jamais arrivé, ils auraient pu dormir et fuir le Mane. Fuir comme ces deux cœurs battants. Que viennent-ils faire ici ? Quelle âme viennent-ils se souvenir ?

L’ombre de cette Faucheuse suit les âmes enveloppées de chair, de son regard uniquement. Elle n’attaque qu’en nécessité, ceux qui ont encore du sang. Ce n’est pas un être assoiffé. Seule les esprits éveillent son appétit, le Mane disparaît, aux yeux des vivants. Mais as présence se sent encore. Par où était-il allé ? Un bruit étrange comme un souffle qui s’essouffle, retendit à la fois lointain et proche. Au fond du cimetière, un esprit a été trouvé, et dévoré.

Âmes en colère, en colère de n’être point endormies en terre. Qui les a réveillées ? Qui les a condamnées ?

Un chuchotement, un air froid fait vibrer le tympan de Vashka, elle qui porte deux vie. Un vivant qui n’a pas encore vécu, certains y seront bienveillants alors que d’autres jalouseraient cette petite flamme de vie.

Les paroles lentes s’étendent aussi à Mads, lui qui semble être le compagnon de fortune, peut-être ces deux cœurs, ces trois cœurs, allaient-ils pouvoir aider ?

La voix qui se dessine dans les mots de murmures, semble féminine.

« Sans dormir… la peur et la jalousie… nous dévorent. » La peur des Manes, la jalousie des vivants. Fuir l’un, se venger de l’autre. Ils ne savent pourquoi, mais un sentiment se love dans leurs âmes.
« Pitié, cœurs battants, retirez ce qui nous tient éveillés. Ce qui nous emplit d’une haine qui n’est pas notre… » La voix est faible, la voix d’une vieille femme peut-être.

Des autres voix semblent s’élever autour d’eux, les formes deviennent un peu plus nettes, mais toujours brumeuses. Les têtes guettent le retour du Mane.

De la brume forme, aux côtés de Vashka, une main floue, une main qui montre une direction. Par où les corps en vie sont entrés, quelque chose, une fine fumée bleutée semblait vaguement indiquer un chemin.

Faut-il suivre ce que le fantôme, tente de montrer ?
Les autres esprits, ceux qui paraissent jeunes malgré leur forme vaporeuse, commencent à s’agiter. La jalousie des battements des cœurs vivants est plus forte, alors que ceux qui paraissent plus anciens ne se parent que d’une aura froide.

Pourquoi cette différence ? Pourquoi l’esprit d’une vieille femme souhaite aider ? Elle est plus lucide peut-être.
Non, les âmes savent toutes que cette haine ne leur appartient pas, elles savent toutes que les étranges symboles sur les tombes, parmi les lettres, jouent de leur magie.

Les plus anciennes âmes sont justes trop fatiguées pour poursuivre une haine, qu’elle soit la leur ou non.

La température chute encore un peu, la main disparaît.

Plus loin, à l’opposé, un autre souffle est avalé. Les murmures se taisent, tous regardent dans la direction sombre. Veillant au retour du Mane.



©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 6 Déc - 13:43
...Il a disparu, constata Mads qui, arrêté par la baronne, ne put que se retourner vers elle et regarder par-delà son épaule.

Plus aucune trace de l'apparition. Un coup d’œil à droite, à gauche, et un frisson s'emparait de lui.
Disparu. Littéralement envolé.
Si Vashka serrait ses doigts pour se donner du courage, le jeune homme fit de même en réponse, s'interdisant de céder à la panique ne serait-ce que pour apparaître comme appui assuré à la dame. Ou peut-être était-il trop imbibé pour avoir peur ? Car il s'arrêta de nouveau et cette fois bien par curiosité ; la voix se précisant dans l'air l'interpella. Retirez ce qui nous tient éveillé. Comme un tintement de cloche qui frémit dans son esprit et le rappela à des paroles entendues sans y avoir grandement prêté attention un peu plus tôt, voire quelques jours auparavant. Il y avait un fautif. Quelque chose de changé dans ce cimetière depuis peu et il semblait à Mads qu'une femme avait évoqué la mise en bière d'un homme en particulier.

Plongé dans ses pensées, il n'aperçut la main fantomatique qu'un instant avait qu'elle ne disparaisse en volutes qui amenèrent avec elle une subite prise de conscience de l'intensité du froid de l'air ambiant. Nouveau frisson. Nouveau regard plus loin dans le cimetière, dans la direction indiquée.
Sa main lâcha celle de la baronne et il esquissa quelques pas pour suivre cette étrange phénomène de brume au sol, s'éloignant des grilles du cimetière qui se trouvaient à une dizaine de mètres. Et de la sortie par conséquent.

Je vais voir...

Mads n'avait aucune idée de ce dans quoi il s'engageait mais le sentiment d'avoir pour mission d'aider ces...gens assurait ses pas alors qu'il s'éloignait doucement de Vashka.
Pire que des inconnus, des morts. Mais si les personnes ayant croisé ces fantômes en avaient eu peur, peut-être était-ce parce qu'ils n'entendaient pas ce qu'on leur demandait ? Lui-même et la baronne venaient d'ouïr exactement la même chose -certainement- ; aussi ne se voyaient-ils pas confié une mission de la part de ces spectres ? N'étaient-ils pas pour ainsi dire spéciaux ? Le cœur en éternel manque de reconnaissance du jeune homme raisonna ainsi, et probablement à tort.

Les pas qui se firent entendre derrière lui ne l'alarmèrent guère puisqu'il soupçonna la présence de la baronne sur ses talons. Une femme comme elle n'était pas le genre à rentrer chez elle sitôt le danger apparu ; elle était forte, et Mads l'avait senti dès leur première rencontre. Quelque chose chez elle inspirait la délicatesse et la force, comme ces carrés de soie que sa mère confectionnait à la demande de Matvei. Doux au toucher mais aussi résistants que de la corde.

La Russie est-elle un pays de magie ?, demanda-t-il sans se retourner de peur que la faible brume bleutée au sol ne disparaisse dès qu'il tournerait les yeux.

Croire aux revenants. Bien sûr la Mort attendait chacun des êtres errant dans ce monde mais le fait qu'ils fussent ici autorisés à apparaître aux vivants, à communiquer avec eux, n'avait rien de normal. Et quels étaient les deux domaines actuels à pouvoir influer sur l'ordre naturel des choses ?
La magie et la science.

Ces entités ne sont pas revenues toutes seules.
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Lun 21 Déc - 3:52
J’étais nerveuse, effrayée même par l’apparition que je crus, un instant, fruit de mon imagination. Mais à bien y regarder, ça ne l’était pas, seulement brumeux, comme évaporé dans l’ombre de la nuit. Une apparition brève qui disparue entre deux battements de cils, me laissant la désagréable impression que la silhouette aurait pu frotter dans les airs ou se retrouver derrière moi à tout moment.

Pas étonnant qu’au moment où Mads se mit en marche à pas hésitant vers la sortie je le suivis de près, peu désireuse de me retrouver seule au milieu de tous ces êtres plus ou moins visible et tangible. Je le suivais à la trace et en conséquence, la trace suivie était celle de l’énergie de magie d’un esprit…


La Russie est-elle un pays de magie ?

Surprise, mon premier réflexe eut été de lui demander comment il pouvait douter de la magie présente dans son propre pays. Seulement alors, quelques bribes de la conversation que nous avions eue dans l’arrière-boutique le jour de notre rencontre me revinrent : le Prince n’avait pas encore obtenu audience auprès de sa tante, la Tsarine. Sans doute n’avait-il pas encore été reconnu comme tel ? Ou alors son père l’envoyait en porte-parole ?

J’ignorais les secrets de la Couronne et n’escomptais pas forcément y avoir accès, j’avais bien trop à faire avec mes propres soucis de descendance pour me soucier des histoires des autres. Néanmoins, j’en compris que Mads n’était –tout compte fait- peut-être jamais venu en Russie jusque là ? Ne m’avait-on pas dit que le frère de la Tsarine avait été le sacrifice de la paix étant enfant ? Envoyé à l’étranger pour y servir au nom de la patrie ? Son fils pouvait bien y avoir grandi non…


« Oui…sa Majesté Impériale a inauguré l’année dernière l’ouverture de l’Université de Techno-Magie, invitant inventeurs et sorciers de tous les continents à venir y travailler. »

Pour ne nommer que cela. Le fait même que les voix nous étaient parvenues démontrait une étrangeté certaine que l’on pouvait aisément associer à la magie mais plus encore, je la recelais en moi, par mon état de sorcière autant que celui de mère d’une future créature magique.

Ces entités ne sont pas revenues toutes seules.

L’ironie me frappa seulement à cet instant. Non seulement des vivants marchaient sur leur lieux de dernier repos mais l’un des deux marcheurs, non suffisant d’être sorcière, portait en elle la vie…magique…qui aurait dû être depuis longtemps morte… La parfaite contradiction, la parfaite offense aux somnolants sous leurs pieds qui me fit alors prendre une peur panique.

« Je…je ne crois pas…que l’on devrait s’attarder. Il faut partir… Il faut partir, insistais-je d’une voix autoritaire que je ne me connaissais pas mais comme si cela ne suffisait pas, je vins dans le dos du Prince, saisissait son bras valide, à moitié pour le trainer à moitié pour me soutenir moi-même. Je suggères…que nous les laissions en paix. Nous ne devrions pas être là, notre présence éveille leurs réminiscences, repris-je cette fois d’un murmure, presque peureux. »

Ma main glissa à la sienne, le seul ancrage auquel j’arrivais visiblement à m’accrocher sans m’affoler. La sortie était là, à quelques dizaines de pas, pourquoi n’y allions-nous pas ? Pourquoi avais-je ce nœud au ventre, nos pire, aux entrailles, là où il ne fallait pas, à cette source de vie et de magie qui semblait se retourner à la perception du danger. Pouvait-on réellement être blessés ?


« Mads je vous en prie...inutile de jouer les héros…vous n’êtes pas homme étourdis et assez avisé pour mesurer le danger… »

Oui le danger, je le pressentais ainsi du moins mais sans doute mes propres perceptions étaient-elles aussi brouillées par mon cœur de jeune mère en crainte constante pour la vie de son enfant à venir. Qui de nous deux alors se montrait le plus raisonnable ? Et si nous pouvions réellement faire quelque chose pour ces esprits ? Mais quoi donc ? Qu’attendaient-ils de nous ?

«Soyez plus clairs…, ma voix s’érailla d’abord avant que je ne redresse la tête, ma main ne lâchant pas celle du Prince comme si la force nouvelle m’emplissant y passait comme un pont. Nous ne vous voulons aucun mal et si…nous pouvons aider nous le ferons…dites ce qu’il faut faire. Qui a troublé votre sommeil ? »

Deux fous dans la nuit, s’adressant aux ombres d’une terre de repos en se dressant contre les ténèbres. Qui de la nuit ou de la vie l’emporterait sur l’autre ?
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Dim 27 Déc - 10:54







Les morts ne sont plus que fumée, brouillard froid et désespéré. Si les cœurs battants suivent le chemin créé par l’âme qui fut il y a déjà bien des années, ils verront la tombe. Une tombe récente, les dates confirment que la mort n’est venue qu’il y a peu de temps. Le nom qu’ils y liront sera celui du compositeur. Celui qui dérange le repos de ceux qui veulent dormir et échapper ainsi au Mane.

Un souffle glacé, mais dénué de malveillance car la vieillesse n’en laisse plus la force, tente de donner les explications. Mais la force manque. Et les esprits craignent le Mane qui vient d’avaler un autre des leurs.

« Ivan… a laissé un cœur battant… noyé de haine. Son corps pue... la rancune de ce cœur déchiré. »
Voilà les mots du fantôme qui disparaît ensuite dans un vent glacé.
Entre les arbres, parmi les tombes, celle du compositeur est la plus récente. Mais la terre bouge autour des autres pierres tombales.

Les esprits sont privés de repos, les corps en sont tout autant. Une main commence à se montrer à l’air pensant qui règne en ces lieux.
Le cadavre maudit d’Ivan est comme une mauvaise herbe, mais son esprit aussi n’est pas mieux loti. Apeuré, caché du Mane, caché des autres revenants lui étant aussi bien malveillants. Il vit un enfer, certains diront qu’il l’a mérité.

Doucement, les corps se mêlent au peuple de la nuit. Les mains putrides touchent maintenant l’air froid du cimetière. Des râles se réveillent. Et les portails au loin ne permettent pas la fuite. Quelque chose a fait retentir les grillages claquer de leur métal. Un autre cœur battant ?

La pierre marquant le sommeil éternel du compositeur, a sur elle une couronne de fleurs séchées et d’épines.



©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 3 Jan - 16:38
Mads je vous en prie...inutile de jouer les héros...vous n'êtes pas homme étourdi et assez avisé pour mesurer le danger...
Ces spectres sont incapables de rester en forme. Ils sont totalement intangibles, ils ne nous feront rien.

Et d'autant moins s'ils s'évertuaient à les aider.
Sans ralentir malgré les réticences de la belle baronne, Mads profita que celle-ci s'accrochât à lui pour l'entraîner à sa suite et ne pas céder à faire marche arrière. La brume au sol était continue, à peine éparse ; elle les mena sans mal ni doute possible à une tombe auprès de laquelle le jeune homme s'accroupit pour y lire les inscriptions.

Tsarévitch...Ivan...

Voilà le nom qu'il n'avait pas pu se rappeler quelques instants plus tôt ! Maintenant qu'il l'avait sous les yeux, il se souvint de ce premier soir où il avait entendu parler de toute cette histoire. Un homme qui se disait conteur -un colporteur de rumeurs plutôt- avait pris la parole et s'était exprimé quant à ce compositeur désormais mort et enterré. Et si Mads avait fait plus attention, peut-être aurait-il pu donner un sens à ce que leur confia encore une voix du néant.
Du bout des doigts de sa main gantée il attrapa la drôle de couronne d'épines et de fleurs. Sans connaître les mœurs d'ici, il était à peu près sûr que ce n'était pas là une composition à déposer sur une tombe quand le geste se veut respectueux du défunt. Aussi la laissa-t-il à même le sol à côté de l'édifice sépulcral.

Ivan...a laissé un cœur battant...noyé de haine...

Vashka..., appela Mads en se redressant pour regarder du côté de la baronne.

Un bruit sourd attira son attention alors que ses yeux crurent distinguer du mouvement près des tombes alentour. Sous la lumière pâle de la lune, difficile de discerner exactement de quoi il s'agissait mais...la terre bougeait. Non ; quelque chose en sortait. Quelque chose qui grouillait et se mouvait...de manière disloquée ? L'effroi se peignit sur les traits du jeune homme qui attrapa le bras de la baronne pour la tirer en arrière et se positionner devant elle.

Restez derrière moi...

Attrapant le pommeau décoratif de sa canne, il en dégaina une fine épée qui apparut comme un éclat de lumière dans la pénombre régnant sur les lieux. Pas une arme réellement faite pour attaquer mais plutôt pour tenir en respect et éventuellement blesser au besoin.
Hors de question de rester ici. Même sans vouloir admettre ce qu'étaient ces créatures dont les gémissements à glacer le sang s'élevaient peu à peu, nulle nécessité d'être un érudit pour comprendre que la situation était critique.

Le claquement métallique des grilles se refermant attira de justesse l'attention de Mads qui perçut dans la zone que lui et Vashka venaient de quitter...quelqu'un. Quelque chose de faible, un galop à peine audible mais bien présent. Si personne n'était plus censé approcher de ce cimetière...qui se trouvait là-bas ?

Ivan...a laissé un cœur battant...noyé de haine...

Une seule façon de le savoir.

Vashka, suivez-moi, ne me lâchez pas d'une semelle ! Il y a quelqu'un là-bas...quelqu'un de vivant !

Au pas de course, aussi vite que lui permit son appui défectueux, Mads reprit en sens inverse le chemin qu'ils venaient d'emprunter en tentant de repousser les créatures s'approchant d'un peu trop près. Fort heureusement le trajet était court mais arriveraient-ils à temps pour ne serait-ce qu'apercevoir quelque chose ?
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Ven 29 Jan - 20:25
Extrapoler sur la possibilité ou l’impossibilité de ces êtres soi-disant intangibles à agir directement sur les vivants par volonté ou sentiment ne me disait pas tant que cela au vu de la situation actuelle. Arguer qu’ils étaient sans malice ou sans pouvoir sur nous ne risquait-il pas plutôt de les mettre en colère ? De les pousser à nous détromper au risque de –précisément- nous bousculer et nous atteindre physiquement ? Je voulus calmer Mads mais son mouvement un peu plus avant et moi dans son dos me menèrent plutôt à le suivre sans prononcer un mot jusqu’à nous arrêter à nouveau. Devant une stèle. Fraiche…

Un frisson certain me parcourut l’échine, je savais consciemment me trouver dans un cimetière et avoir choisi cette route plutôt qu’une autre avant de rencontrer hasardeusement Mads mais faire face de si près à la Mort, à sa représentation du moins ne m’invitait pas à m’y attarder…ce qui semblait pourtant être le cas de mon compagnon qui s’y était penché, avait lu, prononcé le nom y étant gravé… Un nom familier bien entendu, de culture mais aussi de rumeur. On avait médit à grands mots sur le compositeur mais était-il le responsable de cette animation surréelle à l’instant ? Mon nom prononcé par la voix du Prince me fit comme éveillée d’un mauvais rêve. Non en réalité, j’y étais toujours plongée alors que mon attention se dirigeait au même endroit que lui, avec la même terreur dans les yeux.


« Qu’est-ce que… »

Je ne parvins pas à terminer, seulement à laisser échapper un cri les grilles claquèrent alors qu’une…main ? sembla se faire voir au travers de la terre…

Un cauchemar, voilà ce que nous vivions !

Autant dire que je ne me fis pas prier pour suivre –non courir plutôt- aussi vite que mes jupes me le permirent à la suite de l’épéiste improvisé. Direction la sortie, je ne demandais pas mieux mais qu’allions-nous seulement y trouver ?


« Mads.. ?, ma voix me paraissait affreusement éraillée, aussi sèche qu’aurait dû être la vie anormalement grouillante sous nos pieds. Qui est là ?, Je m’adressais à la nuit, aux ombres y jouant. S’il-vous-plaît nous…nous voulons simplement partir… Ne nous faites pas de mal je… »

Nouvelle cassure montant dans les aigues celle-là. Je porte un enfant, allais-je dire avant de me retenir, seule une main posée nerveusement sur le renflement de mon ventre trahissant mon inquiétude. Si seulement nous pouvions seulement partir…j’en avais la tête qui tournait, le vent semblant s’en moquer à mon oreille. Je perdais la tête, mon cœur s’emballait, ma vision se brouillait. C’était trop, beaucoup trop d’émotion pour un même moment. Ma main se serra sur le bras de mon protecteur, le retenant pour le ralentir, m’y accrochant pour mieux partir. Quelle honte d’avoir une telle frayeur mais qui pourrait m’en tenir rigueur ? Les esprits étaient retournés, les corps agités, il aurait fallu quelque chose…pour les calmer… Quelque chose comme…

Sans réfléchir, et sans préavis, mes pas prirent le chemin emprunté, quitter la proximité du portail, abandonner Mads pour revenir à la tombe. Yvan et les morts-vivants. L’appellation aurait pu me tirer un rire si je n’avais pas été si nerveuse et désespérée de tenter de trouver une solution. De ma bourse de peaux que j’emportais avec moi où que j’aille –ce soir encore plus étant donné la raison première de ma présence ici c’est-à-dire ma récente visite au Duc de Straus pour le marchandage d’herbes apaisantes à l’intention de sa femme- je tirai quelques feuilles que je pris dans ma main pour les malaxer brièvement. L’odeur particulière s’en dégageant ne laissait aucun doute sur sa nature : belladone, que je déposais –jetai plutôt- sur la terre retournée de la tombe.


« Par la terre d’où tu es né, de celle qui toutes ces années t’aura supportée, du pilier devenu qui t’aura laissé tomber pour qu’en ce jour elle puisse mieux t’y retrouver. Honore la terre de ta vie ensevelie, laisse-la apaiser ton tourment pour qu’à jamais tu y reposes sereinement. Ivan Tsarévitch, je vous en conjure, calmez vos peurs, étouffer votre fureur et laissez les vivants libres dans leur bonheur. »

Ma voix n’était plus mienne, mon souffle emporté par le vent, mes mots éparpillés dans la nuit nous entourant comme une prière, une incantation qui aurait échappé à la vigilance de mon esprit. Pourtant il n’en était rien, aucune magie ne s’était prononcée comme je n’en possédais plus une once depuis que je portais en moi cet enfant qui en consommait chaque parcelle. J’étais seulement perdue, dans cette terreur, dans ce besoin soudain vif d’apporter mon aide, de tenter n’importe quoi. Ne disait-on pas que la plus puissantes des magies était celle des sentiments ? Et l’espoir n’était-il pas, à lui seul, un des moteurs de plus d’un miracle ? Et si cela était suffisant à faire cesser ce cauchemar… Qui ne tente rien n’a rien.

Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Dim 7 Fév - 16:25







Les gémissements des corps s’ajoutent. Rythmant l’aura putride de cette nuit, les fantômes ne sont plus que brume, se voilant peut-être les yeux afin de ne jamais voir ce que leur corps sont devenus. Afin de garder d’eux une image humaine, un minimum.

L’odeur, les mots de Vashka semble ralentir les chairs en putréfaction. Pour le moment, les muscles qui meurent doucement se détendent.

Mads peut voir une ombre, une silhouette. Cette dernière sait que les intrus ne pensent plus êtres seuls. Le Mane erre, on l’entend dévorer une autre âme, un autre fantôme. Voilà qui indique aux cœurs battants que la créature est à l’opposé, laissant peut-être du temps.

Une ombre encapuchonnée apparaît soudainement face à l’homme, une femme apparemment. Des mèches grises dépassent de la cape noire, elle laisserait penser à une veuve pour être ainsi vêtue. Peut-être les visiteurs verront-ils même la dentelle cachant aussi les yeux de la personne qui se montre ici.
Lentement, elle avance jusqu’à la tombe. Se baisse avec peine afin de reprendre la couronne étrange et de la remettre en place.

Les yeux rivés sur la pierre, elle laisse enfin entendre sa voix fatiguée.
Croisant les mains.

- Les étrangers ne devraient pas se mêler à ce cimetière. Vous êtes bien ignorants de vous y risquer.

Tout semble s’être calmé, comme si tout s’arrête pour laisser parler la vieille femme encapuchonnée.



©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Jeu 11 Fév - 17:55

Mads sentit l'absence de Vashka derrière lui avant même qu'il ne se retournât pour la voir s'éloigner. Que faisait-elle là-bas ? D'où il se trouvait il ne pouvait espérer voir ce qu'elle trafiquait sur la tombe et se résolut de toute manière à atteindre la grille pour voir qui était entré. Mais alors qu'il se retournait...

Sursaut.
Son regard se porta vers le bruit qui le surprit. Des râles certainement pas humains, plus loin dans le cimetière. Il vit par la même occasion les morts sortant de terre être ralentis...mais l'odeur de terre retourné et de chair pourrie avait déjà emplie l'air, saisissait à la gorge. Les gémissements sans fin des ectoplasmes, le faible galop de Vashka, celui, plus présent, de la personne autre qu'eux présente en ces lieux, des grondements, d'autres plaintes, encore des râles, des murmures, encore ces voix, toujours ces voix...! Une cacophonie rythmée à ses tympans par la basse des battements affolés de son propre cœur. À l'en faire grincer des dents.

Inspiration... Souffle.
Plus vite il poserait des questions au troisième humain du cimetière et plus vite ils pourraient apaiser les lieux.
Quelques secondes pour reprendre ses esprits et il fit à nouveau un pas vers l'avant...

Pour se trouver nez à nez avec un revenant.
Son sang se glaça dans ses veines. il leva l'épée entre lui et l'apparition par pur réflexe...et peur. Un instant de flottement et il croisait le regard de ce qu'il jugea n'être qu'une vieille femme. Quelle idée d'être habillée ainsi dans un endroit pareil ! Une crispation nerveuse de la mâchoire et il abaissa son arme, s'écartant du chemin pour la laisser passer. Hébété, il la regarda le dépasser pour s'en aller de nouveau vers la tombe. Était-ce...la responsable de tout ceci ?

Attendez !, la héla-t-il en s'engageant à sa suite, pas bien plus rapide qu'elle.

Il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'arrête mais souhaitait juste indirectement prévenir Vashka de la présence de cette inconnue. Le regard mobile, à l'affût des corps et des brumes, Mads rejoignit à son tour la tombe, notant l'application de la bonne femme à ramener la couronne à sa place.

Nous ne sommes pas plus étrangers que vous ici.

Épée toujours à la main, il vint se poster auprès de la baronne, cherchant inconsciemment à se rassurer par sa présence. À sa manière de tenir sa lame, il était prêt à la protéger, se donnant contenance pour se tenir ainsi statique auprès d'elle.

Qu'est-ce qui se passe ici ? C'est quoi le problème avec cette tombe ?!

Il sentait sa jambe valide trembler à mesure que son courage le quittait ; il pouvait presque toucher l'air tant celui-ci était lourd, oppressant.
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 6 Avr - 0:54
Debout devant la tombe, les lettrines du sombre épitaphe semblent danser un instant devant mes yeux. Était-ce les vapeurs du mélange d’herbe qui m’étourdissaient ou cette peur sourde qui pulsait dans mes veines et à mes tempes dans une pression de plus en plus insoutenable…ou cette formule, toute simple, ayant puisé dans –rien- le tout petit reste de magie en moi ? Je n’aurais pu dire mais à devoir me retenir sur quelque chose, je préférais encore faire un prudent pas à reculons plutôt que de toucher la tombe maudite. Les choses avaient-elles disparues ?

Attendez !

L’éclat de voix me fit sursauter, accélérant plus encore les battements de mon cœur si c’était possible. La voix de Mads que je vis se précipiter à ma rencontre et…qui était-ce ? Mes yeux se plissèrent avant de s’écarquiller d’étonnement. De stupeur ? Quelles étaient les chances qu’une vieille femme ne viennent, ne se présente au moment même, à l’endroit même ou nous étions alors que tout…cela se produisait à la fois ?

À en juger par le ton, les paroles et les gestes de Mads, il n’en pensait pas moins que moi et je fus presque soulagé de le voir faire écran de son corps bien que…que pouvait une vieille Dame contre nous dans un sens ? Partagée, mon sens des convenances m’empêcha de le laisser ainsi la menacer –ou risquer de la blesser en faux mouvement- et me déplaçai donc doucement à ses côtés, osant même poser une main, certes froides et tremblotantes, sur son bras en me voulant rassurante pour tenter de l’apaiser.


« Gardez votre calme je vous en prie, chuchotais-je alors bien que je ne sois pas plus à l’aise avec la situation que lui. Excusez mon compagnon, Madame, mais je ne crois pas qu’il soit très prudent pour vous non plus de rester dans cet endroit. »

Comment exposer les faits sans l’effrayer ? Savait-elle seulement ce qui avait précédé son arrivée ? J’essayais de réfléchir calmement et rapidement mais tout ce qui me venait se résumait aux paroles qui avaient été prononcées. Que se passait-il ici ? Que savait-elle ?

« Nous ne sommes que de passage…pour une marche…en toute innocence !, me sentis-je obligée d’ajouter pour enrayer tout quiproquo. Nous ne faisions que traverser quand…des revenants nous ont attaqués. »

Autant dire les choses comme elles étaient. Des revenants, pas seulement des esprits, ils étaient tangibles ! Avaient tenté de nous agripper ! Je ne savais qu’en penser et peut-être cette vieille nous prendrait-elle pour plus fous que nous l’étions…ou qu’elle ne devait l’être aussi ? Mais la voir venir sur cette tombe précise avec tant de…délicatesse ?, me fit soudain douter. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

« Pardonnez mon indiscrétion mais…que savez-vous de Ivan Tsarévitch ? C’est sa tombe qui…est ici. Seriez-vous…, j’hésitais sur le choix de mes mots, lançant un regard de côté à Mads comme pour chercher le courage de me rendre au bout. Ce pourrait-il que… Seriez-vous sa veuve… ? »

D’aussi loin que je me souvienne, je n’avais pas entendu d’une femme à cet illustre compositeur mais j’étais bien placée pour savoir aussi que l’on ne disait pas tout dans la grande société. Et les artistes étaient d’éternels cachotiers n’est-ce pas ?
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Jeu 14 Avr - 19:02







L’agitation, la méfiance, ou la peur. La vieille femme ne relève pas les yeux, mais elle écoute les paroles des visiteurs. La question du jeune homme est juste. Que ce passe-t-il avec cette tombe ? Puis la femme ajoute, avec diplomatie, de ce qu’en pense la supposée veuve. Un léger sourire se plaque sur ses lèvres lorsque Vashka pose une autre question intéressante. Etait-elle la veuve d’Ivan ?

Si seulement.

Un soupir habite les airs, le cimetière semble se glacer un peu plus encore. Comme si le souffle fut le même que l’atmosphère de ces lieux.

- Cette tombe est simplement maudite. Vous l’avez constaté vous-même il me semble.

Un cri comme murmuré se fait entendre, mais la vieille n’y prête pas attention. Le Mane a trouvé une autre victime parmi les esprits réveillés.

- Ivan Tsarévitch, grand compositeur, ne fut guère mon mari. Contrairement à ce qui avait été convenu.

Un contrat.
Jamais celle qui aurait pu être la veuve Tsarévitch ne lève la tête, les yeux rivés sur la tombe. Les yeux accusateurs. Qui est-elle ? Qui est Tsarévitch ? Si ce n’est pas l’alliance qui mène encore cette dame en ces lieux, alors qu’en est-il de la véritable raison ?

Des gémissements plaintifs, doucement, se font entendre. Le talon de la femme frappe doucement le sol, comme pour faire taire les fantômes trop pleurnichards à son goût.

- Vous devriez partir maintenant, et ne plus toucher à cette couronne qu’il a méritée.

Le ton est neutre, sans émotion. Du moins, sont-elles refoulées ?
Encore, les plaintes des esprits apparaissent, ils n’en peuvent plus de ne pas dormir. Et de fuir le Mane.
Si la femme les laissera partir, les êtres du cimetière n’en feraient pas autant. Ils veulent dormir.



©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 19 Juin - 17:43
Mads se tut, laissa la baronne parler pour eux, et se contenta de garder son épée figée vers la dame en noir. Les deux femmes semblaient s’entendre, Von Kursell comprendre certaines choses qui restèrent obscures à l’esprit dispersé du Prince. Pas la veuve de l’artiste mort, « contrairement à ce qui avait été convenu »… Un amour brisé ? La richesse de ce pauvre homme léguée à celle qu’il avait vraiment aimée plutôt qu’à celle qu’on lui avait promis en mariage de raison ?

Il retint simplement que la vieille dame les chassait. Et s’y opposa.

Tant que nous sommes ici, s’il y a quoi que ce soit que nous puissions faire pour laisser les spectres retrouver la paix, autant s’y atteler puisque vous nous aiderez.

Catégorique, ses sourcils froncés et son ton assuré n’étaient que façade. Une manière de pallier à la peur qui le faisait frissonner à chaque râle fantomatique un peu trop proche, ou hurlement dans le lointain du cimetière.

Comment est mort Tsarévitch ? Et en quoi mérite-t-il cette couronne ?

Plus lui et Vashka passeraient de temps plantés là, plus ils courraient le risque que les non-morts se meuvent à nouveau. Et que les restes ectoplasmiques des défunts se retournent contre eux.
L’inconnue semblait étendre autour d’elle un champ qui les gardait tous les trois de plus de tourment…pour le moment. C’était une bonne raison pour tenter de la retenir le plus possible auprès d’eux, en plus du fait qu’elle en savait certainement plus sur cette étrange affaire.
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Dim 24 Juil - 17:47
La vieille Dame semblait bien avoir un pouvoir quelconque sur ce qui nous entourait et je notai à la façon dont Mads tentait de la retenir, qu’il devait l’avoir compris lui aussi. Pourtant, cela ne m’encouragea guère à poursuivre la discussion. Il semblait que certains cris ou soupirs étaient tout près de nous et dans la panique qui commençait à m’emplir, je ne songeais plus qu’à une chose : fuir. Seulement le prince ne partageait pas mon avis et plutôt que de réfléchir à une retraite, il proposait son aide à la Dame au tombeau…

« Vous dites que la tombe est maudite… Est-ce un sortilège ? Peut-on l’en libérer d’une quelconque manière ? »

Je n’avais jamais eu l’habitude de faire étalage de mes capacités, en général, les gens venaient d’eux-même me trouver pour demander mes services mais si le peu de magie autre que celle du domaine dans lequel j’excellais pouvait nous permettre de mettre un terme à tout ceci… J’attendis une réponse, me tenant prudemment derrière mon compagnon et son épée au point que mon corps le touchait presque tellement mon insécurité était grandissante.

« Nous ferions peut-être mieux de partir… Mads, murmurais-je alors à son oreille. »

Si nous rebroussions chemin maintenant et courrions sans nous arrêter, les créatures n’auraient peut-être pas le temps de nous intercepter en chemin et une fois hors du cimetière, il faudrait regagner une rue éclairée pour être enfin en sécurité. De là appeler une voiture et foncer au Domaine sans même regarder en arrière. J’imaginais ce scénario comme celui de notre fuite mais l’expliquer au long serait une perte de temps et un risque de froisser la Dame qui comprendrait bien vite que l’on cherchait à la fuir. Aussi je repris sur le même ton bas à l’attention du prince.


« Cette histoire ne nous concerne pas, partons pendant qu’elle se montre encore clémente. Nous trouverons refuge chez moi !, le pressais-je un peu plus promptement. »

Tant pis pour l’image de femme faible et apeurée que je laissais, je l’étais à ce moment et l’assumais autant que possible pouvait se faire. Je voulais partir et ce besoin se faisait ressentir avec beaucoup plus d’urgence qu’un peu plus tôt à mon arrivée. Je souhaitais simplement que cette fois, le Prince m’écoute.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Dim 24 Juil - 19:46
La vieille femme a un rire. Un rire bas, qui couine autant qu'une vieille porte mal huilée. De ses mains elle rabat sa capuche dévoilant son visage sans la moindre honte. Celui d'une dame qui fut belle jadis, rongée par le temps et la magie mais, et surtout, par la rancoeur.

« Ivan Tsarévitch devait m'épouser. Une promesse faite dans le sang et les larmes. Il ne l'a jamais respecté. »

De la tombe du compositeur émana un gémissement presque humain. Les doigts de la vieille femme touchèrent la couronne d'épines, la caressant comme un bien précieux.

« Vous êtes une femme vous aussi. » souligna-t-elle en posant son regard sur la baronne. « Je me suis juré de le faire souffrir autant qu'il m'a fait souffrir. Que son âme demeure figée à son cadavre pourrissant. Qu'il gémisse sans jamais trouver le repos. Tout comme moi je me suis lamenté durant des lunes tandis que, lui, prenait du bon temps. »

Le crachat résonna aussi puissamment qu'une gifle. La salive de la vieille femme souillait la tombe. Les plaintes des spectres se firent entendre, leur présence se fit plus... matérielle. Silhouettes éthérées, elles se regroupaient auprès de Mads et de Vashka. Leur colère était, toute entière, tournée vers la vieille femme. Leurs doigts se tendaient vers elle, la désignant comme la coupable. Elle les toisa, dédaigneuses.

« Vous êtes morts. Peu me chaut vos récriminations. Partez donc, vous deux. » ajouta-t-elle à l'adresse de Mads et de Vashka. « Que vous incombe le sort des morts ? Vous êtes de ceux qui fleurissent les tombes de leurs disparus chaque dimanche ? Partez. Mais si vous touchez à cette couronne, je vous en empêcherais. »

Citation :
Pour toute question, rendez-vous dans le debriefing. Si vous voulez attaquer la vieille dame, hésitez pas - elle est là pour ça.



©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Mads M. Ivanova
Invité
avatar
Mads M. Ivanova
Dim 28 Aoû - 18:55
Partir ? J’aurais écouté Vashka si la vieille femme ne nous avait pas presque immédiatement invité -avec insistance- à le faire. Les morts étaient bruyants et un peu plus réels à chaque seconde, pressant, comme l’air qui semblait se charger de leur courroux.

Cette femme était bel et bien responsable de tout ce cirque.
La couronne devait être la clef…
…et par conséquent détruite !

Au final, les spectres ne représentaient pas une menace. Mads se sentit presque galvanisé d’être entouré par eux, faisant face à la sorcière décrépie non plus à deux, mais dorénavant à dix, douze…
Ces êtres silencieux que le jeune Prince respectait et craignait à la fois pour en avoir vu dans nombre de cimetières dans son village natal, en Scandinavie, là où la magie infeste naturellement le sol. Ces êtres sans galop dont la compagnie était agréable, à bien y réfléchir…comparé à celle des vivants.

Et surtout des vivants presque morts…comme la femme se dressant entre eux et la tombe. Oh il l’entendait parfaitement, ce cheval à la cadence régulière mais aux roulements de sabots de plus en plus proches. Elle allait mourir ce soir.

Vous pouvez toujours essayer.

Arme au clair, il n’eut pas à dégainer avant de s’élancer sur elle. L’effort se trouve dans le maintien de l’équilibre alors qu’il fonce droit vers la fauteuse de trouble, épée en avant, délaissant Vashka et les esprits derrière lui.
La lame atteint son objectif.
Elle se fiche dans l’abdomen du maigre corps, de sorte à ce que sa pointe ressorte de l’autre côté, rouge et brillante sous la lueur de la lune à peine voilée par les nuages.

Oh.


Oh.
Mads n’en revint pas lui-même et se détacha presque aussitôt de l’ensorceleuse en tirant sa lame avec lui, fit un faux-pas et bascula en arrière pour atterrir sur les fesses…à portée de main de cette maudite couronne.
Pas même une seconde de réflexion qu’il la saisit, lâchant son épée, pour prendre les ronces à pleines mains et rompre l’anneau qu’elles formaient, serrant les dents à la piqûre des épines dans sa peau.


Hrp:
 
Mads M. Ivanova
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 1 Fév - 20:54
Suivre les recommandations, voilà ce dont je mourrais d’envie et que je partageai -pour la énième fois- avec mon compagnon d’infortune. Rentrer. Faire demi tour. Quitte cet endroit qu’importait en réalité si cela signifiait être loin, très loin d’ici. Pourtant j’y étais toujours, entourée de ces choses, ces…êtres qui geignaient de douleur, de frustration en faisait se hérisser tous les poils de mon corps.

Encore plus de voir le Prince…empaler la vieille Dame et me tirer un cri d’horreur… Par tous les Dieux ! Il venait… Il avait… Il retomba en arrière, semblant lui-même -autant sinon plus- sous le choc que je ne pouvais l’être. L’épée était d’un rouge macabre dans les ténèbres de la nuit et des tremblements incontrôlés me saisirent de toute part alors que mes pieds marchaient tout de même en direction de l’épéiste…avant de m’écrouler, à genoux, à ses côtés.


« Mads vous…vous êtes fou… »

Pourtant, si cela se trouvait juste, il venait peut-être bien de nous sauver. Tous les trois… D’ailleurs ma main se posa inévitablement sur mon ventre, sous les épaisseurs de mon manteau alors que mes yeux se posaient avec effrois sur celle qui avait tenu l’épée. Puis sur la femme. Avait-elle seulement crié ? Je ne l’avais pas entendu. Ou alors mes oreilles n’avaient perçu que ma propre exclamation. Le silence se fit -il me semble- ou alors ce furent ses mêmes oreilles qui se mirent siller, annihilant tout autre bruit aux alentours.

Mes yeux ne purent que rester fixés sur cette femme, saignant -?-, s’écroulant -?-, le tableau semblait incertain…mais je priais de toutes mes forces pour que ce cauchemar prenne enfin fin.


HRP:
 
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Jeu 2 Fév - 0:03
Le croassement d'un corbeau résonna lorsque la lame de Mads empala la sorcière, luisante de sang. Des souffles s'épanchèrent, un concert de soupirs comme si milles gorges exprimaient un même élan de soulagement. Une voix perça ce brouhaha, éclatant de la tombe sur laquelle gisait les restes de la couronne – résidus d'épines dénués, désormais, de tout maléfice.

« Merci. » souffla la voix avant de s'éteindre, mouchée comme une bougie. « Merci. » répétèrent les morts avant de s'éteindre, de retrouver le repos. Le corbeau croassa une seconde fois avant de s'envoler, ses ailes brisant le silence ouaté du cimetière.

Les morts étaient retournés aux caveaux. Et déjà la neige retombait, recouvrant le corps de la sorcière tel un linceul.

Citation :
Félicitations vous avez terminé la quête ! Par contre je vous avoue que je n'ai aucune idée du lot à vous offrir. Du coup envoyez un MP à Ronce avec plusieurs propositions et je vous donnerais un lot. Merci à vous de votre grande patience !


©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Russie-
Sauter vers: