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 Fin septembre 05. Enseignement. NC-16

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La belle au bois dormant
Ronce de France
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MessageSujet: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 8 Déc - 17:07

Fin septembre, une semaine après le voyage à Vienne.


La cour française bruissait d'une nouvelle rumeur. La reine avait invité un galant au château. Certaines dames menaient déjà des paris sur qui remporterait la main (ou la virginité) de la souveraine de France. Son médecin, fidèle comme une ombre, ou l'énigmatique galant qui, selon les rumeurs, était Russe ? Les paris montaient, et les prix atteignaient des sommets.

L'arrivée du lieutenant de police fut salué par quelques œillades derrière des éventails, et le sourire sincère de la souveraine. Cette dernière mena elle-même le Russe au sein des couloirs jusqu'à la chambre qui lui servirait de gîte. Presque modeste aux côtés d'autres chambres, mais tout en stuc, dorures – l'esprit Versailles.

Les bagages à peine déposés par les domestiques, l'inspecteur invita son élève à commencer les cours d'apprentissage. Efficacité russe, par excellence.

Rendez-vous fut donné dans deux heures.

Dans une des parcelles forestières du parc de Versailles.


Des mannequins bourrés de paille se tenaient parmi les arbres de la parcelle, plantés au sol fermement. On avait omis de peindre des cibles, un détail qui n'encombra guère l'inspecteur.

Vêtue d'une robe victorienne, de celles utilisées par certaines femmes pour manier l'arc lors de sorties printanières, Ronce se tenait à quelques pas des mannequins. Un membre de la garde royale demeurait présent, presque dissimulé dans l'ombre des pinèdes, surveillant. Attentif comme un molosse.

Ronce arma le Mauser comme lui avait appris l'inspecteur, quelques instants plus tôt. La reine inspira longuement, apaisant les battements de son cœur. C'est qu'elle craignait tant l'échec que, sans le vouloir, elle se laissait gagner par le stress.

Son doigt appuya sur la gâchette. La balle partit. Le mannequin bougea légèrement, tanguant sur son pied.

Ronce plissa les yeux.

« Je... Je l'ai touché ? »

Elle quêta l'avis de son professeur, attendant son verdict.


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Dernière édition par Reine Ronce le Dim 17 Jan - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 13 Déc - 20:29

Kay avait ramené la reine à son hôtel pour, ensuite, repartir directement en Russie par le premier train. Il avait une nouvelle mission et comptait bien la mener à bien jusqu'à son terme.

Il était de retour en Russie le lendemain matin. Il passa directement par le commissariat et, plus précisément, en direction du bureau du commissaire, en enfonçant la porte.

— Bonjour commissaire. Je viens vous dire que je prends mon solde de vacances. Après tout vous êtes toujours sur mon dos pour que je les prenne. Voilà, c'est le moment.

Le commissaire ne comprit pas le retournement soudain de l'homme, qui était connu comme étant un bourreau de travail. Quelle rose l'avait piquée ? Mais, en ce moment, les choses étaient plutôt calmes. Et ne pas avoir le lieutenant dans les pattes éviterait de faire remonter certaines merdes à la surface.

Kay avait fait demi tour et sortit du bureau, avant même que son supérieur lui dise qu'il pouvait prendre ses vacances. Kay alla voir son équipe qui resta sans voix à l'annonce de la prise de vacance de leur supérieur. Mais l'homme ne se formalisa pas des réactions et partit chez lui prendre quelques chemises et pantalons. Mais surtout une valise avec différentes armes, dont le Mauser pour la reine de France.

Une longue nuit de train attendait le lieutenant de police. Mais avant de monter dans ce dernier il prit soin d’envoyer un oiseau mécanique pour annoncer l'heure d'arrivée de son train en la capitale de France, et donc de l'heure à laquelle il devrait arriver au palais de la reine de France.

Le trajet se passa tranquillement et sans encombre. Il fut même en avance au château. De pas grand chose, mais il détestait être en retard, surtout quand il s'agissait de choses aussi importantes. Il avait un minimum le sens des bonnes manières. Enfin, vraiment un minimum.

Une fois aux portes du château de Versailles, deux hommes lui bloquèrent le passage. Kay sortit de son parka une lettre qu'il remit à un des deux gardes.

— Je viens spécialement de Russie pour faire le travail des incapables instructeurs du château sous ordre de la reine de France, la reine Ronce de France. Elle attend ma visite, en toute logique. Si une personne pourrait m'accompagner ou me faire accompagner aux portes du château de votre reine.

Kay regarda dans les yeux un des deux garde qui n'avait pas l'air d’apprécier le ton hautain du Russe. Mais, manque de chance pour ce garde, le papier que le lieutenant avait montré était on ne peu plus officiel. Mais il décida d’accompagner le Russe. On ne pouvais pas faire confiance à ces rustres, selon lui.

Mais une fois aux portes du château, ils purent apercevoir la reine qui les attendait. A quelque mètres de la reine le garde posa un genou à terre, alors que le lieutenant baissa juste légèrement le buste.

Le garde expliqua la situation à la reine qui lui demanda de se retirer. Mais le garde n'aimait pas d'avoir perdu face au Russe. Il demanda, au moins, à inspecter la valise. Après un soupir Kay ouvrit la valise avec un air blasé.

Le garde de la reine de France allait hurler qu'on attentait à la vie de la reine. Mais le lieutenant Russe prit une des armes dans la valise et passa derrière le garde, passant son bras autour du cou du garde et pointa l'arme sur la tempe du garde.

— Reste calme. Ces armes sont pour ta reine. Je lui ai ramené, personnellement, des armes pour ses leçons. Alors fais pas le con.

Kay relâcha l'homme et ramassa les armes tombées au sol, tout en pensant que si toute la garde de la reine était de cette trempe, il pourrait en tuer plusieurs avant de mourir. Aucun n'avait la rigueur Russe dans l’âme, c’était sûr.

La reine accompagna elle même le lieutenant, à travers un long couloir où les messes basse des dames de la cour allaient dans tous les sens.

Il posa ses affaires, dans ce que la reine de France appelait « une simple chambre », qui devait faire au bas mot trois fois la taille de son logement russe. Pendant deux longues heures il avait prit possession des lieux. Il passa le plus clair des deux heures à revoir le plan de leçon pour la première séance de tir de la reine.

Une servante de la reine vint chercher le lieutenant pour l'amener sur les lieux où la reine attendait. L'homme prit sa valise avec les armes.

Après être arrivé sur place le lieutenant salua de nouveau la reine et lui sortit l'arme qu'il avait amené spécialement pour elle. Il lui montra comment la tenir et comment tirer. Les explications sur la façon de recharger et le reste seraient pour plus tard.

— Allez-y. Je vous regarde.

La reine tenta de faire de son mieux. Mais le lieutenant venait de comprendre le travail qui l'attendait.

— En effet vous avez touché le bout du pantalon d'un homme. Autrement dit, vous ne lui avez rien fait. Nous allons tout reprendre à zéro. Ne bougez pas et laissez vous faire.

Kay passa dans le dos de la reine de France, ignorant toute distance minimale à respecter avec une personne de rang royal. C’était une leçon à graver dans le corps de la reine.

Le buste de l'homme était clairement contre le dos de la reine. Elle pouvait même peut être sentir son cœur battre. L'homme, d'une de ses jambes, fit écarter un peu plus ceux de la reine pour qu'elle est un bon appui. Ensuite ses bras remontèrent le long des flancs royaux de la reine pour prendre chaque poignet de la reine pour les réunir devant elle, pour que l'angle de ses bras, par rapport à son corps, fassent un angle droit parfait. Puis l'homme, qui était plus grand que la reine, abaissa la tête pour lui donner quelques explications supplémentaires par de petits murmures.

— Pensez que cet arme est une prolongation de vos mains. Qu'elle ne fait qu'un avec vous. Ne fermez jamais les yeux. Jamais. Il faut regarder votre cible. Au cas où vous louperez votre cible pour tirer une second fois.

Les doigts de Kay se superposèrent à ceux de la reine, se glissant sur la gâchette, appuyant sur le doigt de la reine qui pressa la détente. Il absorba le recul, aussi bien avec son torse, contre le dos de la reine, et aussi celui de ses bras, grâce aux siens qui maintenaient les bras de la reine sur place sans bouger d'un millimètre.

— Voilà comment vous devez faire. J’espère que vous n'avez pas fermé les yeux, cette fois, Majesté. Vous avez tiré en plein dans la tête.

Puis Kay recula pour se détacher de la reine et attendit si elle avait la moindre question.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Lun 21 Déc - 22:18
Une moue dépitée se traça sur le visage de la reine lorsque l'inspecteur répondit à son interrogation. La jeune femme savait, fort bien, que rien ne s'apprenait facilement. Mais ce n'était jamais plaisant de se sentir rabaissé au rang de simple novice. Un soupir s'échappa des lèvres de la reine. Soupir aussitôt ravalé lorsque l'inspecteur se rapprocha d'elle. Très près. Trop près. L'homme avait brisé la frontière invisible de l'intimité, y entrant de plein pied.

Même son frère le prince Ciel ou son médecin, Arsène Martès, n'avaient jamais été aussi proches de son corps. En fait seules ses caméristes avaient outrepassé les limites de l'intimité durant leurs fonctions exigeant une proximité toute proche avec leur souveraine. Des scènes toutes auréolées d'innocence féminine, dépourvues de toute présence masculine.

Ronce manqua de trébucher lorsque l'inspecteur lui écarta les jambes, de force. Sa chute ne fut stoppée que par les mains de l'homme, l'agrippant par la taille. Déboussolée par cette promiscuité, la reine ne savait plus quoi faire, ni quoi penser. Le sang battait dans ses oreilles, occultant tout bruit extérieur.

Elle sentit, distinctement, les poils de sa nuque se dresser lorsque l'homme lui parla au creux de l'oreille. Paroles qu'elle ne comprit à demi tant son esprit battait la campagne. Prolongation... de quoi ? Ronce n'osait rien dire, ne voulant pas passer pour une pauvre gourde. Muette, la reine se laissait manipuler comme une poupée de chiffon. Elle pouvait sentir les poils de la barbe de l'inspecteur frotter contre sa nuque. Sensation curieuse, inhabituelle... mais nullement désagréable.

Malgré les recommandations du Russe, Ronce ferma un œil. Par réflexe. La balle percuta le mannequin en pleine tête. Un tir parfait.

Lorsque l'inspecteur s'écarta d'elle, Ronce chancela sur ses pieds. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver son équilibre. Elle avait l'impression d'être descendue d'un manège. Une rougeur cuisait sa nuque découverte, marbrait ses joues. Ronce porta ses doigts à sa joue gauche. Sous le fin tissu de ses gants elle pouvait sentir la chaleur émaner de sa peau.

« Vous savez... » Sa voix vacillait, tendue. « … ce que vous venez d'accomplir... » Ronce regarda le mannequin, n'osant fixer l'inspecteur, yeux dans les yeux. Se sentant confusément honteuse de l'état où elle se trouvait. « … est particulièrement frustrant. »

Un esprit particulièrement retors aurait demandé des précisions sur la fin de cette phrase.

Ronce se recoiffa d'une main, et retourna à sa place. Ostensiblement elle veilla à ne jamais croiser le regard de l'inspecteur. Elle voulait réussir, elle devait réussir. Ne serait-ce que pour se sentir douée en quelque chose au moins une fois dans sa vie.

Tous ceux qui avaient croisés son chemin avaient tous eu un talent dans un domaine. Felipe de Marisma savait manipuler la mécanique, l'empereur Friedrich Franz Edelstein jouait comme un virtuose, Arsène Martès était un docteur exemplaire et créant de nouvelles avancées... Tous avaient un don. Tous, sauf elle. On ne pouvait pas même dire qu'elle était un exemple dans la gestion d'un pays.

La première balle manqua sa cible. Ronce recula de quelques pas en arrière, emportée par le recul. Elle fit signe à l'inspecteur de ne pas approcher. La reine se positionna comme lui avait expliqué son professeur. Mauvais réflexe, elle ferma un œil lors du tir. La balle toucha le mannequin au niveau du bras. Ronce ravala une injure. Essuyant ses paumes suantes sur ses jupes, la reine inspira longuement. Prit le temps de se positionner. Serrant les dents, elle se força à ne pas ciller.

La balle perça la tête, projetant de la paille au moment de l'impact.

Ronce baissa les bras et s'autorisa un sourire.

« Une première bataille gagnée. »

Elle se tourna vers l'inspecteur et se força à le regarder dans les yeux. Se mordit la lèvre pour ne pas flancher.

« Mais je suppose qu'il me reste encore beaucoup de chemin à faire. »

Pointe de déception dans la voix. Aucune guerre ne se gagne facilement.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mer 30 Déc - 22:02

Frustrant ? D'avoir effectué son devoir parfaitement ? Possible. Mais il fallait bien montrer un exemple à la reine de France. Et de ce qu'il voyait cela avait bien eu l'effet escompté. Elle s’était déjà remis en place, prête à tirer un coup.

La reine avait l'air concentrée, au point de ne même pas regarder le Russe. Peut être était-elle en train de repenser aux conseils qu'il lui avait chuchoté, et à la position qu'il lui avait donné il y a quelques minutes. Kay s'adossa contre un arbre, regardant le premier tir de la reine.

Par respect envers la personne qu'il avait en face de lui, il n’allait pas cacher son visage entre ses mains. Mais il ne bougea pas. La reine, d'un geste, lui interdit de s'approcher d'elle. Au moins l’échec ne la décourageait pas. Il y avait peut être là une lueur d'espoir. Deuxième tir. Elle ferma les yeux. Mais cette fois la catastrophe fut évitée, elle a failli le toucher. Le flair de l'inspecteur lui dit que la prochaine fois serait la bonne, et son intuition le trompait rarement.

Kay sortit de sa valise une Aranéide, invention techno-magie russe, utilisée en particulier par la police du pays. Il pourrait l'envoyer près des pantins de paille pour que la reine puisse voir les résultats, sans bouger de sa place.

Au moment où la balle toucha la cible Kay était à deux pas de la reine. Comment dire que quand la reine se tourna pour l'apercevoir il était directement dans le champ de vision de la reine qui était rouge pivoine. Sous la surprise peut être, ou la joie de réussir son tir.

— Je ne sais pas si c'est une bataille de remportée. Un coup sur trois, en étant si concentrée. C'est remarquable pour une première fois d'avoir su toucher en plein tête. Mais la bataille n'est pas encore gagnée votre Majesté. Peut être était-ce un coup de chance ? Je vais vous montrer votre objectif à atteindre.

Kay sortit son arme et, sans viser, il toucha la cible en plein cœur. Tout avait été parfaitement exécuté. Pour lui toucher une cible fixe était un jeu d'enfant.

— Voilà les progrès que j'aimerais vous voir accomplir à terme. Et nous aurons besoin de longues heures d'entrevues pour arriver à un tel résultat. Mais j'ai confiance en vous et mon intuition me dit que vous en êtes capables.

Bien sur il savait très bien qu'une telle maîtrise n’était pas accessible au premier venu. Kay s’était entraîné des années durant pour arriver à ce stade. Mais il valait mieux viser plus haut. Ainsi tout progrès, même minime, devrait la motiver d'avantage, gardant en tête qu'il y avait encore du chemin à faire.

Du moins en Russie c'est ainsi qu'ils fonctionnaient. À voir si la reine Ronce allait avoir le même état d'esprit. Puis, d'un seul coup, sans crier garde, un grognement brisa toute parole et interrompit la leçon.

L'inspecteur tenta de rester digne malgré la honte qui le gagnait. Il devait avoir un visage légèrement rouge. Son ventre venait de crier famine. Il est vrai qu'il n'avait rien mangé depuis la veille, trop occupé à réfléchir à la façon dont il allait devoir apprendre à la reine de France.

Aucun mot n'osait sortir de sa bouche. Il avait beau avoir la réputation d’être rustre, il était, pour cette fois, mal à l'aise.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 5 Jan - 1:03
La reine observa l'action de son professeur et ne cacha pas, cette fois, son sentiment. Ronce posa une main sur sa hanche, l'autre tenant toujours le Mauser.

« C'est vraiment, réellement, frustrant, vous savez ? » argumenta-t-elle. Du canon du Mauser, elle désigna le pantin. « Je me doute qu'il me faudra du temps pour exécuter pareil prodige. Je ne suis qu'une... Mais quelle est cette chose ?! »

Ronce venait de remarquer l'Aranéide dans la main du Russe. Le canon de Mauser cogna doucement contre la création, produisant un tintement métallique. Ronce rapprocha son visage de cet automate dont elle n'avait encore jamais soupçonné l'existence. L'homme lui expliqua, plus précisément, ce qu'était ce curieux objet. Nez presque collé aux pattes métalliques de l'Aranéide, Ronce l'observait comme une bête curieuse. Les explications données, la reine recula.

« Nous n'avons point cela en France. J'espère que vous n'en avez pas dispersé aux quatre coins de Versailles pour mener un espionnage politique. Ou espionner ma personne. »

Elle riait presque sous cape en disant cela, la figure mi-figue mi-raisin. La tsarine et elle n'avaient jamais été en très bons termes. Ronce n'aurait été étonné qu'à moitié de découvrir que la tsarine Svetlana avait profité de la présence d'un de ses hommes les plus proches pour pouvoir se rapprocher de la reine de France et en apprendre plus à son sujet.

Et si c'était cela ? Si l'homme, sous couvert de lui enseigner le maniement des armes à feu, menait une mission d'espionnage à son encontre ? La question méritait d'être posée, et étudiée.

Le grondement lugubre d'un estomac en peine coupa court à ces interrogations. Le regard de Ronce alla du ventre du Russe à son visage. Ses lèvres esquissèrent un sourire, un début de rire agita ses épaules qu'elle retint avant qu'il n'éclate.

Il faut dire que c'était toujours amusant de voir quelqu'un perdre de sa superbe.

« Je pense que la cloche annonçant la fin du cours a sonné. Que diriez-vous de continuer cette discussion autour d'un pique-nique ? C'est vous qui vouliez voir les beautés de la France. Ce sera un avant-goût du paiement que je dois vous accorder en échange de vos cours. »

Après avoir quêté l'approbation de son professeur, la reine quitta le terrain de tir déposant, au passage, le Mauser auprès des affaires de l'inspecteur.


« AUBEPINE ! »

La domestique sursauta si violemment qu'elle crut que ses seins allaient sortir de son corsage. La femme se précipita auprès de sa supérieure, Babiole. La camériste l'avait entraîné dans ses appartements, et transformait la chambrée en un ignoble capharnaüm. Aubépine devait se retenir, à grand peine, de ne pas ramasser les pots de poudre qui menaçaient de déverser leurs contenus sur le sol. Avec un cri de triomphe, Babiole fit volte-face, brandissant une cassette.

« Prenez, Aubépine ! L'instrument de notre plan se trouve en cette cassette. Infiltrez-vous dans les cuisines, usez si besoin est de vos charmes de provinciale sur la personne du petit mitron. Mais la nourriture du pique-nique royal ne doit pas vous échapper. Vous m'entendez ? »

Les mains d'Aubépine saisirent la cassette. La femme hocha la tête, pâle comme un linge. Les yeux de Babiole brillaient tels des escarboucles.

« Il en va de l'avenir du royaume. »


Organisées aussi efficacement qu'un régiment militaire, les cuisines de Versailles avaient su relever le défi de réaliser un pique-nique royal en un minimum de temps. Aubépine avait su se glisser dans les cuisines et distiller quelques gouttes d'une fiole dans la bouteille de vin, tout juste sortie de sa cave, et déposé dans le panier d'osier. Avec la mine d'une Chaperon Rouge ayant mené une bonne blague envers sa grand-mère, la domestique quitta les cuisines sur la pointe des pieds. En véritable petite chatte des faubourgs.

Le panier passa de main en main jusqu'à être déposé sur le drap que venait de tendre une domestique sur l'herbe verte, auprès du Grand Canal. Ronce avait déjà pris place, une ombrelle sur l'épaule afin de la préserver du soleil encore éclatant malgré la saison. Les feuilles mortes dérivaient sur l'onde du Grand Canal. Levant la main la souveraine fit signe aux domestiques de se retirer et la laisser seule.

L'ombre d'un homme se dessina bientôt, la recouvrant presque. Ronce jeta une œillade sous le pan de son ombrelle, masquant à demi son visage.

« Vous vous êtes fait attendre. Asseyez-vous donc. » enjoignit-elle d'un geste de la main. « J'espère que vous appréciez le vin français. J'ai demandé à ce que l'on vous serve un des meilleurs crus. Servez-vous, pour ma part je ne bois pas de vin. »

Du doigt, Ronce désigna le panier et la bouteille qui trônait, avec sa fière allure, parmi les denrées.


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Kay de La Reine des Neiges
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 5 Jan - 20:26

Kay ne pouvait ignorer le ventre vide qu’était le sien. Et la reine, sous son rire sincère, l'avait bien compris, lui proposant de passer à un repas en plein air. Pourquoi pas. Peut-être pourrait-il voir des choses qui lui étaient inconnues, dont la fameuse cuisine française de Versailles. Kay approuva, laissant la reine rejoindre ses dames.

Une des dames vint, discrètement, voir l'homme lui chuchotant, qu'à Versailles, il était de bon ton de se changer avant le repas. Sans un mot de plus cette femme, Babiole, repartait en courant auprès de sa reine.

Le lieutenant laissa échapper un soupir. Il rangea toutes les armes pour les amener dans les appartements que la reine lui avait alloué. Mais ce n'était pas simple, pour un étranger, de se retrouver dans Versailles. Il mit plus de 30 minutes pour retrouver le couloir de sa chambre. Non mais, vraiment, qui pouvait connaître les moindres recoins de ce lieu sans se perdre ? Pas Kay c’était sûr. Il ne savait même pas si il arriverait à l'heure pour le repas en plein air avec la reine, et il n'aimait pas être en retard.

Kay entra dans sa chambre, posa la valise avec les armes au coin de la porte quand il aperçut, sur le lit de la chambre, une tenue. Sûrement de la part de cette femme, Babiole. Kay soupira un grand coup. Que c’était compliqué tout ça. Il ne pouvait pas y aller directement ? Il n’était pas en avance et pensait bien encore se perdre pour aller au lieu de rendez-vous.



— Bon. Pas le choix.

Kay prit une cigarette, qu'il alluma, et commença à se mettre à poil, pour ensuite se diriger vers une petit bassine d'eau avec une éponge. Est ce qu'on lui demandait la grande toilette ? Au diable ce que cette Babiole voulait, il n'avait pas le temps. Un coup sous les bras et, hop, il enfila le pantalon, la chemise. Kay tira une grosse bouffée sur sa cigarette avant de mettre le reste de la tenue. 25 minutes plus tard, et deux cigarettes en moins, Kay sortit de la chambre habillé comme on lui avait demandé. Du moins c'est ce qu'il croyait.

Regardant autour de lui, dans ce long couloir, il n'aperçut aucune personne pour lui demander son chemin. C'est d'ailleurs à ce moment là qu'il s’aperçut qu'il était à peine peigné.

— Tsss. Bon pas le temps pour se pomponner à la Française.

Kay, qui avait les mains humide d'eau, passa ses deux mains dans les cheveux, les plaçant grossièrement en arrière. Puis il pressa le pas. Il ne savait pas si la reine l'attendait déjà. Il espérait qu'elle avait du aussi se changer, ce qui aurait du prendre plus de temps à la reine qu'à lui.

Kay marchait vite. Par où devait-il déjà aller ? Un domestique lui avait dit à droite, puis à gauche, encore à gauche. Ou était-ce là qu'il fallait continuer tout droit ?

— Raaah bordel. C'est trop grand ici. Comment je vais me repérer ? Où est ce foutu Grand Canal ?

Une domestique, qui passait par là et qui regardait l'homme avec de grands yeux, lui indiqua le chemin d'une voix timide. Kay la remercia d'une tape sur l’épaule, avant de dénouer sa cravate et courir doucement.

12 minutes plus tard il aperçut, de loin, une personne avec une ombrelle. Ce devait être la reine de France. Kay renoua correctement sa cravate, et arriva en marchant vite dans le dos de la reine.

À peine avait-il rejoint la reine qu'elle ne manqua pas de lui faire remarquer son retard.

— Ouai... Oui. Pardonnez-moi votre Majesté. Mais pour une simple personne comme moi, me retrouver dans votre grand Versailles est comme lâcher un poisson dans l’océan. J'ai eu toutes les peines du monde à vous retrouver. Mais maintenant je suis là, face à vous.

Kay avait pris place près de la reine, se posant contre l'arbre, assis en tailleur. Cette positon était vraiment inconfortable. Mais bon il ne pouvait pas s'asseoir comme lorsqu'il était en compagnie de sa brigade, en quête de beuverie.

En parlant beuverie, la reine avait fait amené un grand vin. Sa première pensée fut que ce devait ressemblait à du petit lait à côté de ce qu'il avait l'habitude de boire. Mais bon, l'intention était là.

Kay sortit la bouteille de vin qu'il posa à côté de lui, et sortit quelques club sandwich bien garnis. Kay en prit un, le plus gros, et le tendit à la reine.

— Tenez. Il faut que vous mangiez aussi. C'est mauvais de rester le ventre vide.

Kay prit, pour sa part, une demi-baguette jambon beurre et croqua à pleines dents, arrachant un sacré morceau. Ensuite Kay servit une limonade à la reine, car il avait aussi grand soif. Et, qui sait, peut être que ce vin ne serait pas si mauvais que ça.

Une fois la bouteille débouchonnée, Kay eut une brève envie de boire directement à la bouteille. Mais le regard de la reine sur lui l'en empêcha. Il prit un verre et le remplit correctement. Par contre qu'on ne lui demande pas de détailler les subtilités de cette foutue boisson. Il ne fallait pas pousser non plus.

— À vos futurs progrès, votre majesté Ronce de France.

Puis Kay but tout le contenu du verre, d'un seul trait. Ça ne lui provoqua, au premier abord, aucune grosse sensation, au contraire de la vodka qui, quand vous l'avalait, vous réchauffait tout le gosier.

Mais rapidement il sentit son torse oppressé. Un effet du vin ? C’était plus lent à agir que les autres boissons ? Il ne savait pas. Mais il sentit la chaleur monter. Son visage devenait rouge. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Le lieutenant desserra sa cravate.

— Excusez-moi mais votre vin me monte à la tête, je crois.

Kay se leva brutalement. Qu'est-ce que c’était que cette voix ? Ce n’était pas la sienne. C’était plus féminin, grave mais féminin. Alors qu'il se sentait étouffé, ou plutôt avait le torse compressé, Kay voulut prendre sa tête dans ses mains. Mais il aperçut des mains qu'il ne reconnaissait pas. Des mains plus fines. Pas comme celles de la reine, ni même d'une simple femme, c’était là des mains de femme, mais d'une femme qui avait de la poigne.

L'homme ne comprenait rien, et il avait du mal à respirer. Il ouvrit difficilement les premiers boutons de sa chemise. Il avait vécu plusieurs situations pour le moins étranges, mais ce qui lui arrivait était du domaine de la nouveauté.

Kay s'adossa contre l'arbre derrière lui et adressa la parole à la reine, d'une voix essoufflée.

— Que... m'a ton... fait boire ?

Kay ne le savait pas mais il venait de se transformer en femme, suite à quelque chose qu'on avait mélangé au vin.

hrp :
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 10 Jan - 23:39
La tranche de tomate s'extirpa du club sandwich et tomba pesamment sur les jupes de la reine laissant, sur son passage, une trace dégoulinante de jus. La souveraine était demeurée bouche béante, son cerveau tentant d'analyser et de comprendre toute l'incongruité de la situation.

L'interlocuteur en face d'elle avait changé de visage, tout d'abord. Les traits s'étaient brouillés tel un reflet dans l'eau sur lequel on aurait jeté de multiples cailloux. La mâchoire s'était adoucie, la pilosité s'était effacée, les cheveux bouclaient sur les nuques et de longs cils ourlaient un regard perdu et troublé. Le veston se tendait sous une poitrine féminine bien trop compressée dans des habits d'homme, non coupés pour accueillir des prothèses mammaires.

Sans cette intonation russe dans la voix, inchangée malgré tous ces bouleversements, Ronce aurait cru avoir affaire à une toute autre personne. La souveraine trouva enfin un élan de lucidité pour se lever, jetant à terre son sandwich qu'assaillit une cohorte de fourmis affamées.

« Monsieur Sokolov, calmez-vous ! »

Les mains de la reine saisirent les poignets de celui devenu femme. Ronce fut troublée, baissant le regard sur ses mains gantées. Elle arrivait à empoigner les poignets de la Russe alors que, quelques minutes auparavant, ça aurait été l'inverse. Froncement de sourcils. Ronce relâcha son emprise, et se pinça l’arête du nez.

« Je ne sais ce qui est cause de ceci. Peut-être le vin... »

La reine alla ramasser la bouteille et renifla la boisson en portant le goulot à son nez.

« L'odeur ne présente rien de particulier. Je demanderais aux domestiques d'y goûter pour voir si les effets sont les mêmes pour eux. »

Devait-on y voir une énième fantaisie des sœurs Vaublanc, extravagantes dames féeriques et instigatrices du charme ayant sévi durant le bal de Versailles ? L'hypothèse était si plausible que la reine se fit la promesse de mener une enquête. Reposant la bouteille dans son panier, Ronce se rapprocha de Kay. Déposa une main gantée sur le front avant de se rendre compte que la prise de température ne serait pas aussi efficace que peau contre peau. Néanmoins elle ne pouvait retirer ses gants sous peine de laisser échapper son don sur une tierce personne.

« Ressentez-vous quelque chose de... désagréable ? Hormis les changements de votre anatomie, cela s'entend. »

Ronce retira sa main, plissa la bouche.

« De toute évidence nous ne pouvons vous laisser ainsi. Pas dans une telle tenue. Une dame ne montre pas ses dessous. »

Du regard Ronce indiqua le veston et les trois boutons de chemise ouverts. Pas de quoi faire bruire des gorges chaudes dans Versailles – les décolletés étaient les plus échancrés de toute l'Europe. Mais une dame ne pouvait se balader ainsi, vêtue en homme.

« Nous ne savons combien de temps ce sortilège durera. Et nous ne pouvons révéler sa teneur à tout Versailles. Il en va de votre réputation. »

Et de la sécurité du pays. Que dirait la tsarine en apprenant ce fait ? Elle entrerait, probablement, dans une fureur glaciale. Mieux valait ne pas la titiller.

Reprenant l'objet du délit, Ronce saisit Kay par le bras, glissant le sien sur celui du Russe comme deux dames allant promener, bras dessus, bras dessous, dans les jardins de Versailles.

« Si quelqu'un vient à notre rencontre, ne parlez pas. Laissez-moi mener la conversation. »

Ronce réfléchit quelques secondes.

« Tatiana comme prénom, cela vous irait ? Il nous faut brouiller les pistes. Vous vous ferez passer pour une sœur, ou une lointaine cousine du lieutenant, profitant d'un voyage pour venir le voir. »

Elle ne put s'empêcher d'ajouter avec un sourire.

« Agissez comme un criminel devant mener le crime parfait. Ne laissez aucun indice sur votre véritable identité. »


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Kay de La Reine des Neiges
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 12 Jan - 1:11

Kay était un homme de sang froid. Mais il n'avait jamais vu, et encore moins subis, ce genre de situation. La première chose qui le ramena à la réalité furent les paroles de la reine de France. Elle avait raison. Il devait reprendre son calme, il devait reprendre le contrôle de ses réactions.

Kay laissa tomber ses mains le long de son corps, inspirant de grandes bouffées d'air, et expirant doucement. Il reprit vite le contrôle de ses émotions. Du moins jusqu'à se que la reine saisisse les poignets de Kay dans ses mains, des poignets de femme que la reine pouvait saisir si facilement de ses frêles mains.

Cette promiscuité, qui n’était pas de son fait cette fois, le perturba quelque peu. La reine avait pris une initiative à laquelle il ne s’était pas attendu. Mais il devait rester lui même. Même dans un corps pareil sont esprit, lui, était homme et non femme.

La reine ne pensa pas que le vin n’était pas responsable. Mais le lieutenant était sûr d'avoir l'arme du crime, un crime directement commis sur sa virilité.

— Majesté...

Cette voix... Grave mais pas la sienne. Une voix grave féminine. Cela allait être dur à supporter. À chaque parole son ego d'homme allait être malmené, il en était sûr.

— Majesté, si je puis me permettre, ne donnez pas ce vin aux domestiques. Il ne faudrait pas que ce qui m'arrive advienne à vos domestique. Si vous me le permettez j'ai en contact une personne qui connaît très bien les poisons et les plantes. Si vous me laissez faire peut être pourra-t-elle me dire si ce vin est bien la source de…

Kay n'arriva même pas à finir sa phrase. Il ne voulait pas reconnaître qu'il avait perdu toute sa virilité masculine. Mais la reine de France avait l'air de ne pas être plus perturbée que cela. Elle enchaîna les questions. Il aurait presque eu l'impression de subir un interrogatoire, mais cette fois dans le rôle du témoin. Mais encore une fois la reine brisa les barrières. Kay ne savait pas pourquoi mais il n’était pas habitué à ce genre de chose. Malgré la main gantée Kay sentit la chaleur apaisante de la reine. Sans véritable raison cette chaleur l’apaisait et lui permettait d'analyser la situation, plus ou moins calmement.

— Je…

Mais le lieutenant n’eut pas le temps de répondre, que la reine le regarda avec un air contrit et parla de dessous. Kay, par réflexe, plaça ses mains sur ses cuisses, ne comprenant pas les paroles de la reine vu qu'il avait sont pantalon.

Mais la reine regarda plus haut, bien plus haut. Kay baissa le regard et releva la tête, les yeux exorbités vers la reine de France.

— Putain majesté, j'ai des seins !

Mais les paroles du Russe ne choquèrent, apparemment, en rien la reine qui resta stoïque et continua à parler. Qu'il devait protéger la réputation du lieutenant ne sachant pas si le sort était à durée limitée ou non. Mais Kay pensa fortement que le premier qu'il le reconnaîtrait, avec cette apparence, et cette chose qui pendait de son torse, serait un génie.

La reine prit son bras. Il fallait croire que toute frontière entre eux était définitivement brisée, sans parler du grand sourire qu'avait la monarque. Peut-être préférait-elle la compagnie des femmes ? Sottise il en était sûr, ou voulait-il s'en persuadé du moins.

— Vous laissez parler ? Il y a-t-il une façon différente de parler quand on a un corps de femme ? Mais si c'est ce que votre Majesté désire.

Le début du calvaire. Mais bon on ne pouvait pas oublier des année d'habitudes. La démarche de l'homme, ou de la femme, selon le point de vue, n'avait absolument rien de gracieux ou de féminin. Il marchait comme il l'avait toujours fait mais au bras d'une femme, d'une reine même, mais dans un corps de femme.

— Ma qué ?

Il n'avait pas beaucoup de notion d'espagnol. Il ne comprenait même pas pourquoi il avait prononcé ces mots en espagnol. Mais il fut surpris à la demande de la reine. Il devait se comporter comme un criminel. Elle lui demandait d'accomplir le crime parfait, à lui, un lieutenant russe. Et, en plus, porter un nom de femme... Au moins la reine avait choisi un prénom russe.

— Si cela vous plaît, votre Majesté, appelez-moi donc Tatiana. J'essayerais de m'habituer à ce prénom, prétextant être ma propre sœur. Bien que je dois vous avouer que ça me trouble encore ce « jeu ».

Il devait avouer qu'il y aurait pu avoir bien pire. Il aurait put se retrouver dans le corps d'une femme à la poitrine prédominante, et avec un air candide. Il ne s’était pas vu mais, sur un des deux points, il était déjà sûr que ce n’était pas le cas.

— Une chose me perturbe Majesté. Je veux bien essayer de brouiller les pistes. Mais je n'ai aucune idée de comment doit se comporter une femme, ni même comment elle doit s'habiller ou comment elle fait pour s'habiller. De plus j'ai des habitudes d'homme, je ne sais pas si je pourrais réussir...

Kay était traîné par la reine qui était, on ne peut plus enthousiaste, quand deux femmes arrivèrent en courent vers la reine de France et « Tatiana ». Par réflexe, et se méfiant de tout le monde, le lieutenant prit la reine dans ses bras pour la serrer contre lui, prêt à dégainer son arme qu'il n'avait pas sur lui.

Kay reconnut l'une des deux femmes. Babiole, la femme qui lui avait demandé de se changer. « Tatiana » relâcha la reine en faisant une courbette.

— Veuillez me pardonner votre Majesté. Mon corps a réagi par habitude. Avec cette mésaventure, j'ai tendance à me méfier de tout le monde en dehors de votre personne. Mais je suppose que vous allez me dire qu'une dame ne doit pas agir ainsi.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Sam 16 Jan - 0:04
« Aubépine ! Qu'est-ce qui vous est donc passé par la tête ? »

La domestique se baissa juste à temps pour éviter de recevoir les lorgnettes de dame Babiole sur le front. La camériste tempêtait si fort que sa perruque manquait de tomber. Aubépine la remit doucement en place, la faisant bouffer comme un oreiller de plumes. La camériste tendit la main.

« Montrez-moi cette fiole. »

Aubépine plongea deux doigts dans son corsage et en ressortit la fiole. Du pouce, Babiole lissa l'étiquette sur la bouteille, dévoilant une écriture en pattes de mouche. La sienne.

« Ce n'est pas de l'aphrodisiaque ça, très chère, mais... » La fiole cogna contre le front d'Aubépine, lancée d'une main ferme. « Une potion de changement de sexe ! » siffla Babiole d'une voix basse, sifflante.

Aubépine se frotta le front, grimaçante, avant de récupérer la fiole qui avait roulé à terre.

« Pour ma gouverne les fioles étaient mal étiquetées. Vous devriez revoir ce point... »
« Il faut rattraper cette bévue. Remuez vos miches, ma fille ! »

Le duo rassembla ses jupons et remonta l'allée menant au Grand Canal que, depuis sa lorgnette derrière son buisson, Babiole avait observé sa Majesté la reine en compagnie du lieutenant. Comme prévu, les duos se rencontrèrent et manquèrent de foncer les uns sur les autres. La Russe eut le réflexe mécanique de jouer les gardes du corps ce qui fit tressauter les épaules d'Aubépine qui retint un rire. Babiole, elle, conservait le sourire mondain versaillais. Elle battit des cils deux fois avant de répondre.

« Votre Majesté, veuillez excuser ma curiosité. Mais qui est cette dame ? »

Le regard de Ronce voyagea de la Russe à sa camériste, le temps d'un battement de paupières.

« C'est... » La reine se félicita d'avoir vu ce point en amont, sans quoi elle aurait mis du temps à peaufiner un mensonge. « Dame Tatiana Sokolov, sœur du lieutenant Kay Sokolov. Elle a profité d'être en voyage dans les environs pour venir mener une visite familiale mais... »

Mais il fallait expliquer le port d'une tenue aussi peu approprié pour une dame. La tenue ne pouvait pas même passer pour une tenue d'équitation, ou pour rouler en bicyclette.

« Un malencontreux incident a empêché ses bagages de la suivre jusqu'ici. Un souci dans la correspondance, n'est-ce pas dame Tatiana ? » Ronce glissa un regard à la Russe, comme si elle quêtait une approbation. « Ma chère Babiole vous saurez, j'en suis sûre, trouver tenue convenable à cette dame. »

S'il y avait un sujet sur lequel Babiole se sentait aussi à l'aise qu'un poisson dans l'océan, c'était la mode. Non pas la mode victorienne, mais la mode rococo. La mode française avec ses rubans, ses crinolines, et ses falbalas. L'orgueil de Babiole se gonfla comme la gorge d'un coq prêt à chanter.

« Bien évidemment. Dame Tatiana, vous serez belle pour aller danser et cavaler dans tout Versailles. »

Babiole et Aubépine ouvrirent la marche, la première riant sous cape. Jamais encore elle n'avait vêtu d'homme s'étant changé récemment en femme. Une grande première. Quant à Aubépine elle se taisait, docile, se demandant combien de temps le philtre agirait sachant qu'elle en avait versé le contenu entier dans la bouteille.


Versailles, comme nombre d'autres demeures de haute instance, n'était qu'un labyrinthe de couloirs et de portes dérobés. La troupe veilla à éviter les allées les plus fréquentées afin d'éviter de multiples questions au sujet de Dame Tatiana que Ronce avait présenté comme étant « une dame d'une grande sensibilité, encore épuisée par son voyage ». Excuse parmi d'autres pour justifier le comportement parfois, décalé, de la Russe. Tout n'était pas justifiable sous l'étendard du décalage culturel.

Aubépine et Babiole menèrent les deux femmes au sein d'une chambre non utilisée, ramenant les atours exigés.

« De la clarté ! » énonça Babiole tandis que Aubépine étalait les vêtements sur le lit, ramenait des piles de linge. « Vous êtes brune, le sombre vous rendrait fade. Je pencherais pour du bleu. »

Aubépine déplia un paravent afin d'installer un peu de pudeur dans la pièce.

« Mais d'abord, il faut vous retirer tout ceci. N'ayez nulle gêne, Dame Tatiana, nous sommes entre femmes. »

Instant de flottement au sein de l'assemblée. Ronce se permit une remarque sentant, confusément, que la concernée dans l'affaire n'était nullement à son aise.

« Peut-être voulez-vous que je vous laisse seule avec ces dames ? Vous savez, elles ne feront pas de jugement et sauront vous mettre à l'aise. Dame Babiole m'habille et me déshabille tous les jours. »


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 17 Jan - 19:05
Kay, ou Tatiana comme la reine l'avait renommé récemment, suivait le duo de femmes qui, à son grand désarroi, allait devoir l'habiller en femme. Bien qu'il avait le fol espoir de se voir vêtir d'une tenue pour faire de la bicyclette, les mots de Babiole « Vous serez belle pour aller danser » lui firent douter de ce que cette femme avait en tête. Mais vu l'air résigné de la reine il n'avait apparemment pas le choix.

Le lieutenant suivit les servantes après avoir soupiré. Mais sa démarche était droite et carrée, celle d'un homme. Il ne connaissait que cette façon, et c'était surtout naturel pour lui. Mais, même pas une minute plus tard, la reine vint à son bras pour, il supposait, « essayer de rendre sa démarche moins virile ».

Les couloirs étaient longs et nombreux. Il ne se rappelait plus déjà comment revenir à leur point de départ avec tous ces détours pour, qu'apparemment, personne ne la voie ainsi... Ou plutôt qu'on ne voit pas une « dame » vêtu ainsi. Cela l'épuisait déjà d'être une « femme ».

Il était enfin arrivé dans une chambre. Le premier réflexe de l'homme, car malgré les apparences il était bel et bien un homme, fut de chercher une cigarette. Mais comme si le sort ne s'était pas déjà assez acharné contre lui il n'avait plus son paquet de cigarettes. Cette journée allait vraiment être très longue.

« De la clarté !  Vous êtes brune, le sombre vous rendrait fade. Je pencherais pour du bleu. »

— Heu, si vous le dites.

Tatiana, ou plutôt Kay, ne connaissait rien à ces histoires de mode ou de couleurs. Mais il portait souvent du beige et du gris. Il se demanda si cela était bien selon Babiole. Mais, au final, il en avait rien à faire. C'était des histoires de femme.

« Mais d'abord, il faut vous retirer tout ceci. N'ayez nulle gêne, Dame Tatiana, nous sommes entre femmes. »

Entre femmes... Elle en a de bonnes quand même. C'était facile pour elle de dire ça. Elle ne savait pas que lui n'était pas une femme. Il devait jouer la femme et donc il ne devait logiquement pas avoir de pudeur à se mettre nue devant la reine et ses servantes.

« Peut-être voulez-vous que je vous laisse seule avec ces dames ? Vous savez, elles ne feront pas de jugement et sauront vous mettre à l'aise. Dame Babiole m'habille et me déshabille tous les jours. »

Kay avait envie de hurler : « Ne me laissez pas seul avec cette furie. Elle va m'habiller n'importe comment et je risque de l'étrangler ». Mais il respira un grand coup se plaçant devant le paravent, étant à la vue de tous. Il retira veston et chemise laissant légèrement tomber cette chose qui pendait de son torse imberbe. La première réflexion qu'il eut pour lui ne fut pas le poids de cette masse mais l'étrange sensation de sentir le torse jouer autant sur son centre de gravité à cause de cette poitrine.

— Je préférais que vous restiez Majesté. Après tout nous sommes entre femmes. Pour être à l'aise votre présence m'est indispensable. Je ne saurais être à l'aise dans cette situation avec des personnes que je ne connais pas.

Kay se sentait quand même observé. C'était un étrange mélange de gêne et de self contrôle. Il n'était pas gêné d'être nu. Ce n'était pas vraiment son corps. Mais il ne savait pas comment réagir des différents frissons qui parcouraient cette nouvelle peau.

— Bien que je me sentirais moins mal à l'aise si je n'étais pas la seule à être dans cette situation.

Il ne réalisa que trop tard qu'en fait non, voir une autre femme nue n'était pas forcément ce qui l'arrangeait. Surtout si la reine avait envie de changer de tenue et d'être du coup nue à ses côtés et de lui montrer comment s'habille une dame.

— Mais je n'ai aucune idée de comment se vêtir de ce genre de chose. Je suppose que ce sont des robes françaises.

Une vaine tentative pour échapper à la robe balconnée du siècle dernier. Mais il douta que cela fasse reculer la Babiole. Kay continua à se déshabiller en retirant chaussures et pantalon, laissant apparaître des dessous masculins. L'excuse était quand même un peu grosse pour les vêtements. Il fallait espérer que les servantes ne demanderaient pas de précision sur ses dessous.

Mais il resta avec ses dessous. C'était suffisant, non ? Il n'allait pas devoir retirer cela aussi. Il était sûr que non. On n'allait pas lui infliger ça tout de même. Il n'allait pas voir comme première intimité féminine la sienne...

— Majesté ?

Kay pointa du doigt la pile de linge.

— Pour être franc... che je me sentirai plus à l'aise si vous en choisissiez une vous-même. En accord avec Babiole si cela est une nécessité. Mais j'ai quelque peu du mal à me visualiser dans ce genre de tenue.

Bon le moment fatidique où sa virilité allait être vraiment mise à mal était arrivée. S'il tenait la personne qui lui avait fait subir ça, il l'étranglerait jusqu'à faire sauter sa tête comme un bouchon de bouteille de champagne. Mais elle avait l'air de prendre un certain plaisir dans tout ça. Il allait subir cet affront avec le plus de dignité possible, même quand il se ferait toucher par ces femmes devant rester stoïque sous le prétexte d'être entre femmes.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 17 Jan - 21:16
Passé l'étonnement venait l'amusement. La situation réjouissait la reine. Il fallait avouer que voir le lieutenant russe se dépouiller de tout son orgueil avec la même docilité qu'il mettait à ôter ses atours avait de quoi amuser. Le professeur devenait l'élève, perdu dans un monde inconnu, rendant à la souveraine les rênes afin qu'elle mène à bon port toute cette folle aventure. Si Ronce avait su que les domestiques étaient déjà au courant des dessous de l'affaire, elle se serait laissée aller à l'hilarité, partageant avec ses pairs un moment d'amusement purement féminin.

Au lieu de cela elle veilla à ne pas détourner le regard à la vue du corps de Tatiana. Habituée qu'elle était à ce que les domestiques voient son corps nu, devant aussi bien veiller sur ses bains que la vêtir de ses dessous, Ronce n'avait aucune gêne auprès d'un autre corps féminin. Après tout, reine ou non, elles étaient toutes formées de la même façon.

Sans une once de pudeur, Ronce se rapprocha de Tatiana. Sa main se posa sur le bras de la Russe, ses lèvres se glissèrent tout contre son oreille.

« C'est frustrant, n'est-ce pas ? D'être à la merci d'un mentor bien plus doué que vous dans un domaine qui vous échappe. »

Vengeance mesquine, vengeance d'une enfant n'ayant pas apprécié de perdre à un jeu. Le sourire sur les lèvres de la reine avait la saveur d'un citron. Ronce osa même tapoter la joue de Tatiana avant de se tourner vers le lit, fouillant parmi les robes proposées. Tournant complètement le dos à la Russe.

« Aubépine. Aidez dame Tatiana à changer ses dessous. »

Une robe dans une main, Ronce leva le regard vers la concernée.

« Pour la mettre à l'aise avec nos atours typiquement français, mettez vous en dessous. »

Ordre de la reine qu'on ne pouvait discuter. Avec des gestes trahissant l'habitude, Aubépine dénoua les lacets de sa robe, la laissant s'étaler sur le sol en une corolle de tissus. En chemise, la domestique alla aider la Russe à en enfiler une, avec une patience presque assommante. Le corset fut ajusté, Aubépine tirant sur les lacets avec une poigne ferme. De son côté Ronce et Babiole comparaient les robes avec des commentaires à voix basse. Finalement la reine se retourna, tenant à bout de bras la robe choisie.

La robe
(à imaginer dans les tons bleus pâle)

« N'est-elle pas adorable ? Cela vous changera de vos atours habituels. Aubépine, doucement ! Dame Tatiana n'a pas l'habitude des corsets. Ils portent un vêtement assez particulier en Russie... »

Mensonge à demi-teinte. Ronce rendit la robe à Babiole, et alla prendre la place d'Aubépine. En un tournemain, Ronce dénoua les lacets, leur redonna un peu de lâche avant de les renouer pour ajuster le corset.

« Vous respirez, Tatiana ? Il faut souffrir pour être une dame, mais pas trop tout de même. Il ne vous manque que les bas. Je pencherais pour du blanc pour s'accorder avec la robe. »

Aubépine ramena les bas demandés et une chaise afin que la Russe puisse s'installer convenablement.


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Dernière édition par Reine Ronce le Mer 20 Jan - 21:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 19 Jan - 12:50

Lorsque la reine approcha près de lui, dans un premier temps, cela l'étonna. Elle lui caressa l'avant bras et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Est ce que le fait d'avoir un corps de femme rendait la femme plus sûre d'elle pour parler d'aussi près, voir intimement au lieutenant ?

C'est qu'après coup que les paroles de la reine prirent place dans son esprit, et il s'aperçut à quel point la reine était rancunière. Il ne l'aurait pas cru. Et si la séance de ce matin l'avait si frustré, il devait reconnaître qu'elle le surprenait pour la jouer si fine. Mais comme toute réponse il lui sourit d'un air serein.

Un sourire qui disait « J'apprendrais et je vous surpasserais dans ce domaine aussi ». Il était du genre à aimer les défis. Même si celui-là n'était pas vraiment de son goût il accepta de battre la reine à son propre jeu.

« Aubépine. Aidez dame Tatiana à changer ses dessous. »

À ce moment-là le sourire sur son visage laissa place à une stupeur qu'il n'avait pas prévu. Si ses yeux avaient pu ils auraient sortis de ses orbites. Il avait bien espéré ne pas subir ça mais elle devait lui faire une blague. Il en était sûr.

« Pour la mettre à l'aise avec nos atours typiquement français, mettez vous en dessous. »

Le seul réflexe qu'il eut face aux les paroles de la reine fut de plaquer une main contre son visage en guise de désarroi. Main qu'il laissa tomber quelques secondes plus tard avant qu'on ne lui demande ce qui n'allait pas.

C'est qu'il n'avait jamais vu de femme nue, ou en dessous, et là il était avec un corps de femme et une autre était en train de se déshabiller devant lui. Comme si de rien n'était. La reine avait la vengeance plutôt dure. Elle avait même l'air de s'amuser dans ce rôle. Ah les femmes...

Kay essayait d'éviter Aubépine du regard. Allez savoir si voir une femme en dessous n'allait pas faire monter en lui certaines envies lubriques. Même si rien ne se dressait entre ses cuisses pour le coup, allez savoir s'il ne ferait pas autre chose.

Bien qu'il essayait de ne pas voir cette femme à moitié nue quand il sentit ses dessous descendre de ses jambes, il ne put s'empêcher, par réflexe, de regarder vers le bas. Il avait beau être avec un corps de femme, sa pensée restait masculine. Voir une femme en dessous, à genoux, en train de lui retirer ses dessous c'était plutôt perturbant. Mais pas plus perturbant que le vide entre ses jambes...

Heureusement la femme avait l'air de savoir ce qu'elle faisait. Mais le regard d'Aubépine cachait quelque chose, il en était sûr. Mais elle continua à l'habiller avec des dessous féminins. Si un collègue de boulot savait ça il rirait aux éclats en le traitant de pervers travesti. Bien sûr Kay lui aurait foutu une bonne droite pour lui apprendre qui était le chef. Mais pour le moment il n'avait pas le choix : ordre de la reine. Il devait s'habiller en femme. Le moment était venu de mettre le corset. Kay pesta, disant que ce n'était pas obligatoire. Mais Aubépine savait taper où ça faisait mal. Elle demanda à la reine de France de bien vouloir dire à dame Tatiana d'arrêter de faire l'enfant.

Un long soupir à cette réflexion lui fit perdre quelques secondes d'attention et cela suffit à cette maudite femme Aubépine pour lui passer les bases du corset.

— Non mais vous n’êtes pas oblig...

Le souffle lui manqua. Déjà que sont torses était emplie d'une chair par forcément confortable on venait de lui compresser le tout à lui en couper le souffle. C'était encore pire qu'une crise de toux quand il avait trop fumé.

Il n'arrivait pas à reprendre son souffle. C'était trop serré. Cette femme était folle.

« N'est-elle pas adorable ? Cela vous changera de vos atours habituels. Aubépine, doucement ! Dame Tatiana n'a pas l'habitude des corsets. Il porte un vêtement assez particulier en Russie... Vous respirez, Tatiana ? Il faut souffrir pour être une dame, mais pas trop tout de même. Il ne vous manque que les bas. Je pencherais pour du blanc pour s'accorder avec la robe. »

Kay ne comprenait rien à ce que disait la reine. Il était trop occupé à maudire cette femme qui était en train de lui bloquer la respiration. Mais la reine prit place derrière Tatiana et déserra les liens. Dans le même temps l'air gonfla ses poumons, les paroles de la reine arrivèrent à son cerveau. Il ne put garder la remarque pour lui.

— Non sans blague, ça va me changer, vous croyez … Et oui difficilement avec cette masse compressée, mais oui.

L'annonce des bas l'avait achevé également. Une robe pouvait presque passer mais des dessous de femme, un corset et des bas... Il avait eu raison, quelque part, de dire à la reine de rester. Si elle n'était pas restée il aurait sûrement jeté les deux autres femmes sur le lit et se serait enfui dans les couloirs de Versailles en dessous de femme.

—Par contre, votre Majesté...

On pouvait sentir toute l'ironie qu'il pouvait faire preuve dans sa voix.

— Vous êtes sûre que tant de choses me sont indispensables ? J'insiste, vous savez. Je n'ai pas besoin de ça.

Mais on ne lui laissa pas le choix. Comme si ces trois femmes avaient mené le coup ensemble. Trois coupables qui se jouaient de lui et ce n'était pas des plus confortables comme situation. Il saurait se venger le moment venu. La vengeance est un plat qui se mange froid, et en Russie le froid ça le connaissait.

Quand Babiole lui prit la jambe droite pour lui enfiler le premier bas il découvrit la sensation d'une jambe sans aucun poil. C'était plutôt sensible. Comme le reste de ce corps de femme. Elle continua en enfilant le deuxième.

Tatiana se trouve tellement ridicule en dessous de femme. Quand il s'aperçut dans le grand miroir de la chambre, certains le trouveraient peut-être beau. Mais lui se trouvait juste ridicule ainsi vêtu. Il en venait presque à vouloir mettre cette maudite robe pour ne plus voir tout ça.

— Dites, votre corset là, ce n'est pas pratique. Je n'arrive même pas à me plier correctement pour ramasser quelque chose sur le sol. Il ne reste que cette robe ou je vais devoir mettre d'autres choses ?

Kay espérait pouvoir mettre cette maudite robe, des chaussures pas trop féminines et aller fumer une cigarette. Il en avait tellement besoin. Ça ou un bon whisky

— Et vous Majesté vous restez ainsi vêtue ? Et est-ce vous qui me ferait l'honneur de m'enfiler cette... robe.

Sa voix sonnait comme un défi lancé à la reine. Était-elle capable d'en faire autant que lui qui avait été mis à nu devant trois femmes ? Il ne voulait pas voir la reine en petite tenue. Il n'était pas aussi goujat que ça. Il ne la regarderait même pas. Non pas qu'il n'éprouvait rien la reine, si elle serait en fine tenue. Mais c'était par respect pour la personne qu'elle était. Car, il fallait le rappeler, il était bien un homme sous ce masque de femme.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mer 20 Jan - 21:58
La prochaine personne qui osait asséner à la reine que les femmes ne savaient que se plaindre risquait de subir un contre-coup incisif. Le lieutenant russe était en train de lui prouver l'inverse – ou était-ce les effets secondaires du philtre que de lui infliger, en plus d'un corps, la pensée d'une femme ? Toujours est-il que l'individu ne cessait de geindre et de se dérober au cérémonial de l'habillement. De quoi émousser la patience de la reine qui devait se retenir, à grand peine, de lever les yeux au ciel.

« J'insiste. » Le ton était incisif. « Une dame se doit de porter tous les atours nécessaires à sa condition. »

Babiole ajouta, finaude.

« Ici, Madame, c'est Versailles. »

La camériste amena la robe, la disposant pour aider la Russe à l'enfiler. Dans un même accord Babiole et Ronce haussèrent un sourcil face à la remarque de dame Tatiana au sujet du corset.

« Une dame ne se baisse pas voyons ! » gourmanda Babiole. « Un homme ramassera votre mouchoir pour vous avec formule de politesse aux lèvres, et un sourire charmant au demeurant. » La camériste se pencha vers Ronce, lui soufflant à l'oreille. « Grand Dieu, la Russie doit être un pays si rustre si une dame doit se baisser elle-même pour rattraper un bien perdu. La galanterie se perd... »

Ronce hocha la tête comme pour confirmer les propos de la dame alors qu'il n'en était rien. Vêtir Tatiana en dame ne suffirait pas à parfaire l'illusion. Elle allait devoir lui délivrer quelques leçons particulières, en toute intimité. Lui apprendre à être une femme, à penser et agir comme tel. Des leçons qu'on apprenait durant toute une vie et non en une poignée d'heures.

— Et vous Majesté vous restez ainsi vêtue ? Et est-ce vous qui me ferait l'honneur de m'enfiler cette... robe.

Par réflexe, Ronce baissa la tête pour jeter un œil à sa robe. Ses yeux captèrent immédiatement la traînée sanglante laissée par la tranche de tomate quelques instants auparavant. Ronce fronça les sourcils, agacée de voir une robe gâchée et envoyée à la blanchisserie pour si peu. Néanmoins une reine ne pouvait se permettre de se présenter dans des habits tâchés devant la cour.

Babiole remarqua aussi le désagrément et, s'excusant, partit quérir une des robes de Madame la Reine. De la main Ronce fit signe à Aubépine de s'approcher d'elle.

« Nous allons finir d'apprêter dame Tatiana. Je me changerais ensuite. Derrière le paravent. » crut-elle bon de préciser.

Aubépine s'occupa de tenir la robe tandis que Ronce manipulait Tatiana. La reine dicta à la Russe comment se mouvoir, où glisser ses jambes et bras et dans quelle position, les bougeant à sa place si besoin était. C'était comme manipuler une poupée à taille humaine. Lorsque Aubépine ferma le dernier bouton, Ronce posa ses mains sur la taille de la Russe, la faisant tourner légèrement pour l'observer sous toutes les coutures.

« Babiole a le compas dans l’œil ! Vous êtes sublime ! » Entendant la porte s'ouvrir, Ronce se retourna, son regard croisa celui de la camériste. « Ah exactement à l'heure ! Aubépine, venez me changer. »

D'un pas agile Ronce se glissa derrière le paravent et se laissa dévêtir par la domestique, levant les bras pour l'aider à retirer ses vêtements. La robe tâchée fut jetée sur le sommet du paravent, les jupes caressant le sommet de la tête de Tatiana. Une poignée de minutes s'écoula avant que Ronce ne ressorte, toute vêtue de frais.

« Mesdames. » Son regard alla de Babiole à Aubépine, cette dernière se rhabillant. « Je vous remercie de votre aide. Le reste repose entre mes mains. »

La main de Ronce pressa celle de Tatiana, l'entraînant hors de la chambre, laissant la camériste et son acolyte remettre de l'ordre et mener les vêtements salis à la blanchisserie. Quelques pages et valets jetèrent des regards curieux sur le duo qui rejoignait les appartements de la reine. Mais nul ne broncha – on ne discutait pas les lubies d'une souveraine, pas même quand celle-ci menait une inconnue dans sa chambrée. Ce fut dans l'intimité de cette pièce que Ronce ordonna à la Russe de s'asseoir devant une coiffeuse.

« Il faut discipliner cette masse. » indiqua-t-elle en posant sa main dans les cheveux de Tatiana. « Et nous allons profiter de cet intermède pour mettre quelques données en place. Nous ne savons pas combien de temps l'effet du... vin durera. Vous devez apprendre à agir en dame. »

Brosse en main, Ronce entreprit de dénouer les cheveux de la Russe comme le faisait sa domestique.

« Vous devez éviter les longues enjambées. Une dame ne se presse pas outre mesure. Elle marche à pas mesurés, le dos droit, mais souple. La rigidité n'est pas féminine, mais masculine. Une dame sourit toujours et ne prononce aucune insulte. Elle remercie, fait de l'esprit, mais jamais trop. »

Reposant la brosse sur la coiffeuse, Ronce saisit des épingles de cheveux et tenta de former un chignon. Mais il y avait une différence notable entre être coiffée et coiffer quelqu'un. Le chignon n'atteignait pas la forme académique escomptée, formant un fouillis de boucles sauvages. Ronce hocha néanmoins la tête, certaine que cela allait faire l'affaire.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mer 27 Jan - 23:59
Kay croyait commencer à comprendre la frustration que la reine avait mentionnée plus tôt. Se faire manipuler comme une poupée sans savoir pourquoi, et sans avoir la moindre explication : il est vrai qu'il enseignait de la sorte. Et il ressentait cette frustration alors que la reine était en train de lui enfiler une robe. Le lieutenant soupira. Mais la reine avait bien fait comprendre plus tôt que c'était un ordre royal de se vêtir ainsi, du moins le temps que son corps restait ainsi.

Tout était enfin fini. On l'avait vêtu comme une femme de France, ou une dame, s'il en croyait les paroles de Babiole. Kay regarda Tatiana dans le miroir qui était en face de lui, alors qu'il était de dos au paravent pendant que la reine de France se changeait. Totalement ridicule. C'est ce qu'il pensait de lui-même. Fort bien habillé comme il faut, mais pour une femme. Une femme qu'il se refusait d'être mentalement. Sa fierté et son orgueil de mâle mal placé souffrait à la vue de Tatiana dans le miroir.

Mais brusquement il ne vit plus rien. Le bas de la robe de la reine était tombé sur sa tête. Le lieutenant sortit la tête des jupons de la reine, les cheveux en bataille. Très peu de temps après, la reine sortit, vêtue d'une nouvelle tenue flambant neuve. Kay devait reconnaître que la reine savait se faire vêtir en mettant ses charmes en avant, ou plutôt la camériste Babiole qui choisissait de telles robes. Mais la reine prit la main du lieutenant comme s'ils se connaissaient depuis des années.

— Comment cela, entre vos mains? Ce n'est pas fini ?

Mais elle ne lui répondit pas. Elle emboîta le pas que Tatiana du suivre de sa démarche qui n'était pas féminine pour un sou. Et, surtout, il devait s'habituer à marcher avec ces chaussures, cette robe, ces dessous qui lui frottaient la peau et le chatouillaient légèrement.

Tous les regardaient, rougissant à chaque fois qu'ils croisaient le regard de Tatiana et de la reine. Était-il une si belle femme ? Ou était-ce pour une raison qu'il ignorait ? Mais Kay ne pu se poser la question plus longtemps. Ils étaient arrivés à destination. Et quand la reine ouvrit les portes il crut comprendre qu'il se trouvait dans la chambre de la souveraine. Était-ce là une invitation particulière ? Surtout qu'il repensa aux paroles de la reine : « Tout est entre mes mains maintenant. »

La reine avait-elle un quelconque projet, voire envie quant à ce que représentait Tatiana ? Mais non. Son esprit de mâle avait du trop le travailler. Elle le somma juste de s'asseoir devant une coiffeuse. La reine elle-même allait le coiffer dans la chambre royale ? Il ne savait pas s'il devait considérer cela comme un honneur. Mais en tout cas il doutait que beaucoup d'hommes avaient dû pénétrer en ce lieu.

— On dirait que vous vous amusez votre Majesté. Est-ce si plaisant de coiffer une « femme » ?

C'est ce que les femmes appelaient « se faire pouponner ». Enfin il croyait que c'était ce terme. La reine le coiffa. Il n'était pas expert dans la matière, mais pour une tête de femme cela devait sûrement être bien et devrait faire de lui une femme aux yeux des autres. Surtout que ça devait bien parler comme des pies à la cour de France : une femme dans les appartements de la reine. Enfin une « femme ». Que diraient-ils s'ils savaient tous que c'était un homme qui était seul avec la reine dans sa chambre ?

Tatiana se releva, écoutant les indications de la reine.

— Vous savez bien que je suis reconnaissant de tout ça. Je dois vous avouer être mal à l'aise ainsi vêtu. Les dessous de femme me font quelque peu honte dû au contact de ces derniers sur ma peau.

Au final cette paire mammaire qu'il avait eu avec ce corps et le corset le dérangeaient moins que les dessous du bas du corps. Rien que d'y penser il était rouge pivoine.

— Prions pour que ce vin ne m'ait pas définitivement transformé en femme. Je ne sais pas si je saurais m'y plier à vie…

Les instructions, ne serait ce que pour marcher, lui paraissaient déjà trop nombreuse. Mais réalisables s'il marchait au ralenti. Cela provoquerait l'effet demandé pas la reine. Par contre pour le franc parler cela lui demanderait un effort presque surhumain. Si cette transformation perdurait, il n'était pas sûr de pouvoir tenir sa langue.

— Quand vous dites aucune insulte, est-ce que si je dis à quelqu'un de la fermer, cela est une insulte ? Même si je le dis avec le plus beau sourire dont je ferais preuve pour être une dame ?

Pas dit que ses sourire ne ressembleraient pas à des sourires nerveux et forcés. Après tout il n'était ni habituer à ça, ni acteur d'opéra.

— Bon je vais essayer de marcher pour voir.

Tatiana fit quelques petits pas gardant la tête haute, essayant de sourire comme il pouvait. Il fit quelques pas, mais trébucha et tomba de tout son long sur le lit. Sur le lit royal de la reine de France. Si certains entraient à ce moment précis ils iraient sûrement imaginer que la reine amenait des femmes dans son lit.

— Je crois que cela ne va pas être évident votre Majesté... Je préfère vous apprendre à tirer, vous savez.


La reine avait passé presque toute l'après-midi à instruire, d'une main de fer, les bases de ce qu'est une dame de la cour de Versailles. Que c'était horriblement ennuyeux autant de règles. Il avait promis de faire son possible.
La reine l'avait appelé dame Tatiana tout le long de la séance d'entraînement, pour qu'il s'habitue à son nouveau prénom en vue de la soirée. L'inspecteur avait protesté fermement. Il ne se voyait pas affronter la foule ainsi vêtu. Mais la reine avait insisté et lui avait demandé cela comme une faveur.

Il avait même émis l'hypothèse que, s'il reprenait sa véritable apparence devant tout le monde, cela serait une catastrophe. Mais la reine lui demanda de lui faire confiance, qu'elle resterait à ses côtés. Kay regarda la reine dans les yeux et passa sa main dans sa nuque avant d'abdiquer et accepter.

Le soir était venu. Kay, toujours dans la même robe, était sorti de la chambre royale en compagnie de la reine de France. Il suivit la reine, essayant de calquer son pas sur le sien pour garder un rythme de pas de femme. Et bon dieu que c'était lent de marcher telle une femme.

Mais ce qui était encore plus dur était d'écouter toutes ces pies, tout en gardant le sourire aux lèvres. Ces pies qui parlaient à peine discrètement, en disant que la reine avait un nouveau passe-temps avec les demoiselles.

Après de long couloirs de grandes porte s'ouvrirent devant la reine et la femme qui était au bras de la reine. Tout mouvement s'était arrêté et tout regard était posé sur les deux femmes. Kay alla chuchoter quelques mots à l'oreille de la reine.

— Heu... Dites-moi. C'est normal cette réaction votre Majesté ? Je crois qu'ils nous regardent tous. J'ai fait quelque chose de mal déjà ?



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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Ven 29 Jan - 19:54
— On dirait que vous vous amusez votre Majesté. Est-ce si plaisant de coiffer une « femme » ?

La question la déconcerta. Ronce se laissa le temps de ramasser une épingle à cheveux tombée à terre pour réfléchir à sa réponse.

« Disons que... Je suis bien trop habituée à être soignée par mes domestiques pour en faire profiter une consœur. Je n'ai ni sœur, ni cousine avec qui discuter chiffons tout en nous coiffant mutuellement les cheveux. Il en est de même pour les amies proches. »

Ronce secoua la tête, se reprenant. Ses dernières paroles s'étaient teintées d'un semblant de déception et il était hors de question de se laisser aller gagner par une quelconque faiblesse sentimentale. Libérant Tatiana, Ronce s'assit sur le bord d'un siège l'écoutant faire part de ses doutes et interrogations. La reine lui tapota la main.

« Voyons aucun sort n'est irréversible. Au besoin nous ferons appel à une fée ou une sorcière. Triée sur le volet, cela va de soi. »

Cela restait déconcertant de voir le lieutenant, habituellement si sûr de lui, s'épancher ainsi. Le changement de corps semblait avoir ouvert des failles au sein de son imposante carcasse de glace. Chose normale, après tout, songea Ronce. Elle-même aurait mal vécu un tel bouleversement. Engoncée dans des vêtements qu'elle n'avait jamais porté auparavant, elle aurait eu une démarche empruntée, et aurait du mal à s'affirmer.

Aussi patiente qu'une mère devant répondre aux questions de son enfant, Ronce répondit à celles de la Russe. Non, une dame ne pouvait pas dire à quelqu'un de « se la fermer », mais elle pouvait l'ignorer superbement. Lorsque Tatiana tomba sur le lit royal, Ronce la releva, la tenant par les mains. On aurait dit qu'elle l'aidait à patiner.

« Laissez-moi vous apprendre. » Ronce l'encouragea d'un sourire. « À mon tour de vous enseigner quelque chose. »




Chaque soir à Versailles était jour de fête. Tradition initiée par le roi Jour et qui n'avait pas cessé depuis lors. Dimanche était soir de jeu. Ronce guida Tatiana jusqu'au salon des jeux, gardant une main posée sur le bras de la Russe, la guidant pas à pas.

Comme de juste les joueurs cessèrent toute action lors de l'entrée de la reine. Chacun s'inclina, dans un même mouvement. La question innocente de la Russe manqua de faire éclater de rire Ronce. Elle chuchota sa réponse à l'oreille de la Russe.

« Vous êtes en compagnie d'une souveraine. Il est normal, qu'à son entrée, chacun la salue dans un silence respectueux. Ne vous inquiétez pas. Tout ceci est parfaitement normal. »

Ronce offrit son sourire mondain à l'assemblée.

« Jouez, jouez donc ! Dame Tatiana Sokolov est venue nous gratifier d'une visite à Versailles. Soyez magnanimes, c'est sa première visite parmi nous. »

Dans une envolée de tissus froufroutants les nobles Versaillais retournèrent à leurs agapes. Les mises se multipliaient sur les tables, les poings frappaient à chaque défaite. On riait, pestait, brassait les cartes, implorait la chance, vidait des flûtes de champagne ou dévoraient des confiseries entre deux parties. Ronce saluait les tables, commentait quelques parties. Elle évoluait au sein de la salle comme un poisson louvoyant entre les récifs de sa mer natale.

Une comtesse finit par lever la tête de son éventail de cartes.

« Votre majesté, si nous initions dame Sokolov au pharaon ? »

La proposition provoqua une vague de hochements de tête et de chuchotements approbateurs. Un homme se leva même de la table, s'inclinant tel un grand prince vers la dame Sokolov.

« Je m'engage même à fournir à notre invitée de quoi miser pour sa première partie. »

L'homme releva légèrement la tête, jetant une œillade à la dame, sourire au creux des lèvres. De toute évidence il semblait conquis par la charmante personne qu'était Tatiana Sokolov. Ronce ravala le rire qui la tenaillait. Face au regard interrogatif de la dame russe, la souveraine répondit :

« Une dame ne peut refuser une invitation. »

Ce qui était faux, évidemment. Mais cela le lieutenant ne pouvait pas le savoir.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Lun 1 Fév - 17:47
Avec tout ça Kay avait presque oublié qu'il était en compagnie de la reine de France. Elle se comportait plus avec lui comme une amie. Cela expliquait la réaction des gens à leur entrée et cela continuerait sûrement toute la soirée. Il en était désespéré d'avance.

« Votre majesté, si nous initions dame Sokolov au pharaon ? »

Kay camoufla le bas de son visage derrière l'éventail que la reine lui avait donné, peu de temps avant de rejoindre la fête. Il haussa un sourcil d'incompréhension et aussi pour faire comprendre qu'il n'en avait pas envie. Mais le pire était à venir. Un homme posa un genou à terre et proposa de faire entrer le lieutenant, sous couverture de dame Tatiana, en lui payant la mise d'entrée, tout en prenant la main de Tatiana et en lui faisant un baise main. L'éventail cacha un sourire crispé au contact du souffle de cet homme contre sa main. Kay dut fermer les yeux quelques secondes, avant d'entendre la reine lui dire qu'il ne pourrait pas refuser. Il ouvrit de nouveau les yeux. Il accepta, à contre cœur, mais en retirant sa main de celle de cette... homme.

Le lieutenant allait, par réflexe, relever ses manches comme quand un de ses collèges de boulot lui proposait un concours de bras de fer. Mais les yeux de la reine, qui le surveillait, lui firent comprendre que non, cela non plus une dame n'avait pas le droit. Pas grave. Il montrerait comment un Russe défend son honneur, même dans les situations les moins aptes pour sa personne.

Il fallut quelques parties pour que Kay comprenne les règles de base de ce jeu français.

— Votre majesté. Me ferez-vous l'honneur de vous asseoir à mes côtés pour me tenir les cartes, alors que je joue ? Ainsi vous pourrez me reprendre si j'ai mal compris certaines règles de ce jeu. Je ne suis qu'une pauvre femme russe qui n'a jamais joué à ce jeu, après tout.

On aurait presque cru croire, à ces paroles, que l'homme prenait du plaisir. Mais tout cela était une stratégie basique pour tromper tout ennemi. Il avait très bien compris les règles et fait quelques repères sur des cartes, avec des pliures, une légère griffure... Il allait bien, au moins, tirer un avantage de ce maudit corps. On le prenait pour une faible femme, alors que son âme était celle d'un homme habitué aux basses magouilles, et aux criminels qui usent de stupides subterfuges. Personne ne s'attendrait à ce que la femme, que la reine leur avait présenté, serait en réalité un esprit fourbe et réfléchi.
Une heure était passée. Tatiana ne jouait plus elle-même. Elle indiquait juste à la reine quelle carte jouer, laissant toute la gloire à cette dernière. Et bien que cela, des fois, pouvait paraître insensé, la stratégie que Tatiana avait mise en place était infaillible. En particulier pour l'homme qui l'avait invitée. Kay s'était fait un malin plaisir de faire en sorte de le plumer. Vengeance personnelle pour cet horrible baise main. Bien que ce noble français ne pouvait pas savoir qu'il avait fait cela à un homme, le lieutenant n'avait pu se retenir de lui en faire voir des vertes et des pas mûres pendant cette partie.

— En effet, votre Majesté, ce jeu est plutôt distrayant. Ce fut un plaisir, je vous remercie.

Tatiana se releva en tendent sa main à la reine de France, pour l'inviter à se relever. Le lieutenant laissa les mises gagnées. En vérité il ne jouait pas pour l'argent, mais plutôt pour le plaisir de gagner. Après avoir fait quelques pas avec la reine, Tatiana souffla quelques mots à la reine.

— Dites-moi, votre Altesse royale, tout cela m'a donné faim et les plateaux sont tous vides. Est-ce que cela vous dirait d'aller en cuisine faire un petit quelque chose ?

Puis avant même que la reine puisse répondre il ajouta :

— Ne me dites pas qu'une dame ne doit pas cuisiner. Une dame cuisine plus qu'un homme. Alors allons-y.

Kay attendit la réponse de la reine pour, ensuite, suivre la reine qui avait l'air toute aussi excitée qu'une enfant qui s'apprêtait à faire une bêtise. Une fois à la cuisine, Kay avait les yeux prêts à sortir de ses orbites. Il n'avait jamais vu une cuisine aussi immense. Tatiana lâcha la main de la reine regardant ce qu'il y avait comme ustensiles et ouvrit le garde manger comme s'il était chez lui.

— Il paraît que vous raffolez des pâtisseries. Nous allons faire des éclairs au chocolat. Vous avez tout ce qu'il faut pour en faire. Mais, avant toute chose, il nous faut de quoi nous protéger.

La main sous le menton son regard balaya la pièce jusqu'à trouver ce qu'il cherchait.

— Voilà des tabliers de soubrettes. Il ne faudrait pas salir vos vêtements. Babiole pesterait sûrement si ça devait arriver.

Kay posa un des deux tablier sur le plan de travail et demanda à la reine de tendre les bras puis de se retourner, pour lui serrer le tablier dans le dos, le souffle de l'homme dans la nuque de la femme, et lui demandant en toute innocence au creux de l'oreille.

— Alors, aimez-vous les éclairs au chocolat ? Vous ne m'avez pas répondu.

Kay, une fois le nœud fait, recula de quelques pas, préparant tous les ingrédients dont il avait besoin. Farine, lait, beurre, chocolat noir, œuf, sucre, de l'eau, sel, huile.

Il paraissait sûr de lui mais, en réalité, il en menait pas large. Il ne connaissait que, de mémoire, cette recette. Il ne l'avait jamais pratiqué. Il devrait prier pour que tout se passe bien, tout en gardant son masque, sûr de lui, en toute circonstance.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 2 Fév - 23:20
À la table de jeu l'ambiance s'était teintée d'une lourde chape de plomb comme si un orage était sur le point d'éclater. Personne n'osait mot dire mais tous observaient la Russe par-dessus leurs éventails de cartes. Nul n'était dupe. Même si la reine tenait les cartes ce n'était pas elle qui menait la danse. Néanmoins personne ne pouvait répliquer. On pardonne tout à une reine, même d'user de tricheries ou de l'aide d'un tiers. Grand seigneur, Tatiana laissa les mises gagnées que la reine remit en jeu entre les derniers participants qui allaient se battre, tels des vautours sur un cadavre, pour prélever leur pitance.

Les compliments de Tatiana ne trompèrent nullement la souveraine. Celle-ci dissimula son sourire derrière son éventail.

« Si vous cherchez une reconversion, croupier dans les salles de jeux américaines pourrait vous convenir. »

Néanmoins l'invitation de la Russe la déconcerta. Aller en cuisine ? Quelle idée saugrenue ! Elle était reine, elle n'avait qu'à claquer des doigts et les domestiques s'empresseraient de lui fournir ce qu'elle exigeait. Néanmoins se rendre sur les lieux par soi-même, aller quérir la nourriture à même la cuisine comme une simple souillon... C'était si déconcertant, si hors-normes, que Ronce accepta. Avec la mine d'une conspiratrice. La mine d'une enfant allant s'amuser. La charge de princesse, couplée à celle d'unique héritière viable à monter sur le trône, Ciel étant écarté à cause de sa maladie, ne lui avait nullement permis de vivre une enfance emplie de bons souvenirs et, surtout, d'innocence. Toujours elle avait du penser au lendemain, se préparer pour le jour où la France s'endormirait, pour le jour où elle se réveillerait, seule, sans père ni mère pour la guider.

Pour un soir, un soir seulement, elle pouvait se permettre de s'amuser. N'est-ce pas ?

Curieusement les cuisines se révélèrent être vides. Un fait qui fit hausser un sourcil à la reine. Les cuisines étaient toujours occupées, avant même le lever du soleil et bien après le coucher. Surtout lorsque des soirées étaient données et qu'un noble pouvait demander, à tout heure, de quoi grignoter. Personne n'aurait pu deviner, à moins d'être omnipotent, que Babiole et sa chère Aubépine avaient fait sortir les commis de cuisine, et leurs amies les soubrettes, des cuisines pour laisser champ libre au duo. En oubliant, derrière eux, les tabliers qu'avaient ôtés deux soubrettes pour mieux jouer à « Viens m'enfariner les miches ».

Trop surprise de se retrouver ici, et sans nulle autre présence que celle de Tatiana, Ronce ne reprit pied que lorsque la Russe noua le tablier dans son dos. Ronce sursauta en sentant le souffle de la Russe dans sa nuque. Décidément à croire que le lieutenant le faisait exprès ! Les mains de Ronce lissèrent le tablier, couvrant ses gants de farine.

« Vous savez cuisiner, vous ? Et de la pâtisserie ? »

Ronce secoua légèrement la tête, se reprit.

« Non pas que... Enfin... La cuisine est surtout affaire de femmes, ou d'hommes ayant longtemps étudié. Disons que j'ai du mal à vous imaginer pétrir la pâte. » Le regard de Ronce glissa sur les mains de Tatiana. « Mais c'est vrai que dans votre corps originel vous aviez de grandes mains fermes. Très pratiques pour les arts manuels. »

D'une certaine façon, elle venait là de faire un compliment. Ronce rejoignit Tatiana pour se placer à ses côtés, jaugeant la femme de haut en bas. Un sourire amusé se dessina sur son visage.

« Vous savez, je viens de vous imaginer en homme avec le tablier et... C'était assez cocasse. »

Riant sous cape de sa propre image mentale, Ronce tâcha de reprendre son sérieux. Ses mains touchèrent les ingrédients, soulevant des pots et des sachets, manipulant vaguement des ustensiles qu'elle n'avait jamais pris en main.

« Donc vous savez cuisiner des éclairs au chocolat. » Ronce se retint de demander de plus amples explications sur ce talent apparu de façon inopinée. « Je suis friande de pâtisseries et de sucres. Mère voulait me les interdire sous prétexte que ce n'était pas une nourriture très chrétienne. Depuis que je suis reine, je m'en suis jamais privée. »

Air de nostalgie en songeant à ce passé de près d'un siècle.

« Je n'ai jamais cuisiné. Une reine n'a pas besoin de savoir comment faire. Il faudra me guider, et m'expliquer... Professeur. »


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Kay de La Reine des Neiges
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Jeu 4 Fév - 23:42
Tatiana sourit à la reine, bien que le compliment sur ses mains lui rappela à quel point dans ce corps il n'était plus lui-même.

— Même un homme doit mettre un tablier en cuisine, vous savez. Même si celui là me rendrait ridicule. Mais il vous va bien à vous.

Bon c'était plutôt gênant et étrange comme pensée de l'imaginer, avec son gabarit de russe, avec juste un tablier et rien d'autre...

« Je n'ai jamais cuisiné. Une reine n'a pas besoin de savoir comment faire. Il faudra me guider, et m'expliquer... Professeur. »

Tatiana regarda la reine dans les yeux quelques instants. Il avait cru entendre un petit gémissement quand elle avait prononcé le mot « professeur ». Cela l'avait perturbé et la reine avait dû le voir sur sont visage. Mais il devait avouer que quelque chose, dans ce ton de voix, lui avait plu.

— Vous préfériez peut-être attendre que je cuisine tout, tout seul, et vous serve ? Mais cela sera moins plaisant, j'en suis sûr. Surtout que cette recette je ne connais que la théorie. Ma mère adorait cette pâtisserie et la faisait souvent, alors que je jouais avec mes soldats de bois russes. Je dois donc avouer que deux mains ne seraient pas de trop pour pétrir la pâte, pendant que je préparerais la crème qui sera à l'intérieur.

Kay commença à donner quelques instructions à son royal commis sur la façon de faire la base de la pâte, pendant que lui serait occupé à faire l'appareil de la crème pour les éclairs. Il devait être aussi prudent qu'avec un criminel. Il devait maîtriser cette préparation comme il maîtriserait un criminel, pendant un interrogatoire, qu'il devait « cuisiner ».

Il avait fait fondre le chocolat. Maintenant il devait battre des jaunes. Ce que c'était pénible avec ces bras de femmes. Pénible et légèrement douloureux pour rien. Heureusement que cette transformation ne lui avait pas mis des bras trop frêles. Mais ils restaient bien moins massif que ses bras d'homme.

Il continua d'ajouter les autres ingrédients, aussi délicatement qu'un grizzli, pour arriver à une chose qu'il pensait homogène. Il jeta un œil à la reine qui avait sorti la pâte pour la pétrir un peu. Ça ne ressemblait pas à ce qu'il se rappelait de la pâte de son enfance.



— Ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre.

Tatiana se plaça derrière la reine et prit les mains de la reine dans les siennes. Il et pressa la patte doucement, mais fermement. Il du se coller au corps de la reine pour pouvoir faire correctement les mouvements. Ainsi la tête de Tatiana se retrouva à côté des joues de la reine de France.

— Vous voyez. Il faut la tenir fermement et doucement. La faire passer devant pour revenir en arrière, et cela en mouvement régulier et délicat.

Kay continua un peu les mouvements avec la reine. Une fois leurs doigts s'étaient entremêlés, mais il avait replacé ses mains au-dessus de celle de la reine, suivant le mouvement des mains royales. Avant de se reculer en adressant quelques mots à la reine qui ne pouvait voir qu'une partie du visage concentré de Tatiana.

— Comme cela c'est bon. Vous allez devenir une experte de ce mouvement.

Il se recula essuyant ses mains dans un torchon qui était derrière eux. Il se replaça à côté de la reine, là où sa crème était prête avec un reste de chocolat qu'il avait mis dans de petits récipients. Mais à bien y regarder il en avait mis partout sur le côté opposé de la reine. On appelait ça travailler comme un porc. C'est la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il plaça un grand torchon pour cacher plus ou moins tout ça.

— Dites-moi j'aurais besoin de savoir si la saveur est à votre goût, ou si je dois changer. Mais vous ne devez pas arrêter de pétrir.

Le lieutenant passa son index dans la crème chocolatée et le tendit à la reine.

— Goûtez-moi cela et dites-moi ce que vous en pensez. Si je dois modifier quelque chose. Mais surtout continuez à utiliser vos mains.



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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 7 Fév - 22:29
Porter des gants n'aidait pas la reine à manipuler correctement la pâte. Néanmoins elle ne pouvait les retirer, sinon la pâte serait devenue poussière, et qui sait ce que son pouvoir allait pouvoir engendrer comme catastrophes. Ronce se sentait plus gauche qu'une paysanne menant sa première fournée. Une mèche tomba sur son front qu'elle tenta de repousser en soufflant dessus.

Des mains se glissèrent sur les siennes. Des mains de femmes, légèrement plus grandes que les siennes, dont les doigts s'entremêlaient aux siens. Dans la confusion, son esprit s'emballant, Ronce imagina des mains plus masculines. La silhouette de Tatiana s'effaça, celle de Kay l'enveloppant toute entière. Il lui sembla même sentir l'eau de cologne que portait le lieutenant. La rêverie lui arracha un sourire. Ses mains suivaient les mouvements qu'on leur imposait, par mécanisme.

Un soupir lui échappa lorsque Tatiana s'écarta d'elle. La chaleur diffusée par la Russe avait disparu, et toute sensation agréable avec. Un frisson glissa le long du dos de la reine qui se mordit la lèvre, se contenant.

Quelque chose cognait dans sa poitrine. Un oiseau frappant la vitre de sa prison. Comme à chaque fois que quelqu'un lui plaisait, chatouillant son cœur d'artichaut. Comme sous l'effet de ce charme, lors du bal, où elle avait joué cartes sur table au risque de tout perdre.

Une sculpture au chocolat, aussi belle soit-elle, ne valait pas une épaule sur laquelle s'appuyer.

Ronce se remit à pétrir la pâte, appuyant plus fermement sur ses appuis. Et si elle jouait à nouveau cartes sur table ? Perdrait-elle encore ou raflerait-elle la mise ? Devait-elle suivre le sentiment ou se ranger à la raison ? Elle ne savait pas. Elle n'avait personne à qui confier de tels sentiments, à qui demander conseil. Son frère était bien trop jeune, ses amies disparues ou trop lointaines pour être contactées. Elle ne devait compter que sur elle-même, saisir sa chance ou la laisser filer.

Quinte ou flush.

La voix du Russe l'interpella, ralentissant ses gestes. Ronce les reprit en entendant le lieutenant lui indiquer de ne pas arrêter. Toute concentrée qu'elle était sur sa tâche, Ronce commençait à suer, peu habituée à mener de tels efforts. Des mèches sortaient de sa coiffure, formant une pluie de points d'interrogations. Elle tourna un visage rougi par l'effort vers Tatiana, ses yeux louchant sur l'index tendu.

Même si elle n'était pas experte en la matière, elle commençait à se demander si Tatiana ne la cherchait pas. Ou peut-être n'était-ce qu'un agissement involontaire dû à son changement corporel. À nouveau la silhouette du lieutenant se superposa à celle de Tatiana, semant le trouble dans l'esprit de Ronce.

Ronce tendit le cou et goba le doigt de Tatiana. Sa langue glissa sur la peau, avalant tout rond la crème. La reine claqua de la langue.

« Ma foi ce n'est pas mauvais. Vous avez d'autres talents cachés de ce genre ? »

Du revers du poignet, Ronce essuya son front.

« Combien de temps dois-je encore pétrir ? Peste, je dois sentir aussi mauvais qu'un palefrenier un jour d'été. Veuillez à ce que tout ceci reste entre nous. Ma réputation est déjà entachée par les rumeurs, inutile d'en rajouter... »

Les doigts malaxaient la pâte en avant, en arrière, la roulant sur la table. Quelques secondes passèrent avant que Ronce ne reprenne la parole.

« Vous savez j'aurais aimé faire cela avec mon frère. Le prince Ciel. Nous n'avons jamais passé trop de temps ensemble. Lui était confiné dans sa chambre et moi j'avais la lourde tâche d'assurer la future régence que tous sentaient inéluctable. Puis il y eut le Grand Sommeil, le réveil, la montée sur le trône... Et le temps m'a filé entre les doigts. Parfois, je pouvais aller le voir, lui lire une histoire. » Un soupir. « Être sœur et reine sont deux statuts difficiles à assumer pour une seule personne. »

Un rire forcé franchit ses lèvres. Le regard brillait de larmes contenues.

« Je dois vous ennuyer avec mes histoires. Des histoires de bonne femme. »


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mer 10 Fév - 23:14

La reine tendit le cou en direction de Kay. Il ne s'attendait pas à cette sensation. C'était troublant, délicieusement troublant. Il pensa même que la reine taquinait son côté homme, sous cette apparence de femme. Et pour le coup il était presque content de ne pas être un homme. Il n'aurait pas forcement su cacher l'effet que la reine lui faisait en cet instant même. Mais les sensations étaient bien là, malgré tout, bien présentes sous différentes manifestations qui le perturbaient au plus haut point.

Heureusement la reine avait fermé les yeux au moment où elle avait, inconsciemment ou pas, réveillé certaines choses chez le lieutenant, qui ne comprenait pas vraiment ces réactions de corps féminin, sous des désirs purement masculin qu'il n'avait encore jamais assouvi.

Ainsi quand la reine claqua la langue pour donner son verdict c'est d'une voix, légèrement troublée, qu'il lui répondit que cela était parfait pour lui aussi. Allez savoir s'il parlait de la crème ou de la langue de la reine. Son esprit avait un peu cédé à la tentation.

— Vous pouvez arrêter. Il va falloir leur donner une forme. Je vais m'en occuper si vous voulez. Je ne parlerais pas de vos talents de pétrisseuse et de goutteuse. Cela restera juste entre nous. Vous avez ma parole et les Russes n'ont qu'une parole.

Alors qu'il donnait forme à la pâte la reine reprit immédiatement la parole. Il écoutait, d'une oreille attentive, alors qu'il mettait au four la pâte à chou. Kay ne sourit pas à la boutade de reine. Au contraire il approcha de cette dernière, essuyant du doigt les larmes naissantes sur l'œil gauche de Ronce.


— De ce que je peux voir en ce moment je suis sûr que vous vous sous-estimez. Vous êtes bien ici avec moi à faire autre chose que votre rôle de reine. Je vois plutôt une femme pleine de joie et qui profite du moment présent. Si vous le voulez nous recommencerons avec votre frère. Mais avec mon autre apparence cela me plairait plus.
Votre royaume est prospère, ce qui prouve que vous êtes une bonne reine. On vous à peut-être aidé. Mais en ce monde rien ne peut être fait seul. Par contre être capable de rester soi-même avec une si grande pression sur vos épaules, voilà une chose qui est admirable. Du moins à mes yeux. Je vous trouve admirable. Vous n'êtes pas parfaite. Vous le dites vous-même. Mais, à mes yeux, la perfection est le plus gros défaut qu'il peut y avoir en ce monde et moi je vous trouve belle comme vous êtes.


Kay avait peut-être trop parlé sous le coup de l'émotion. Voir la reine ainsi lui avait-il fait réaliser certaines choses ? Sûrement. Mais il n'était que Kay Sokolov et elle était la reine Ronce de France. Il resterait à sa place comme on lui avait toujours fait comprendre. Il lui fallait quelque chose pour ce qu'il voulait dire à la reine. De plus il restait du temps : 12 minutes de cuisson.

Les chocolats voilà ce qu'il lui fallait.

— Attendez quelques secondes.


Tatiana sortit les chocolats qu'il avait laissé reposer un peu plus tôt, et les présenta à la reine.

— Le chocolat soigne tous les maux il paraît. Prenez. Je les ai fais avec les uniques moules qu'il y avait à ma portée, pendant que vous vous occupiez de la pâte. C'est ma petite surprise pour vous. Du coup vous pouvez me confier ce que vous voulez. Je vous écouterais attentivement, tant qu'il restera de ces chocolats.

Kay jeta un œil au four, toujours pas prêt. Et le regard de la reine sur lui ne l'aidait pas à rester concentré. Pas avec cette sensation en lui. Mais il resterait maître de lui. Il le fallait.

— Mais je ne veux rien vous imposer. Peut être préférez-vous parler autre part ? Ou finir les pâtisseries avant et déguster tout cela en parlant ?


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 14 Fév - 22:39

Ronce ne put réprimer un « Yeurk » en voyant l'état de ses gants. De la pâte était collé aux doigts, et ils étaient intégralement recouverts de farine. La reine tapa ses mains l'une contre l'autre, projetant des nuées de poudre de farine qu'elle eut l'idiotie d'aspirer en gardant la bouche ouverte. Ronce toussa, tapotant ses gants dans un chiffon pour retirer le maximum de dégâts. Mais elle allait probablement devoir changer incessamment de gants. Ceux-là étaient bons pour la blanchisserie.

La reine ne put réprimer un bond lorsque Tatiana vint essuyer ses larmes. Ses cils battirent la mesure, tandis que son esprit tentait de comprendre ce qui se passait. Ronce aurait souhaité trouver une parole avisée à sortir, un trait d'esprit pour changer le ton de la scène, mais rien ne lui venait à l'esprit. Il n'y avait que dans les romans que les personnages savaient répliquer. Ça et les pièces de théâtre.

« Je vais finir par croire que cette transformation a éveillé votre part féminine. »

La sensibilité est propre aux femmes, n'est-ce pas ? Mais la boutade tomba à l'eau, et Ronce ne put que recevoir, avec étonnement, les chocolats que lui tendait Tatiana. Cela sonnait presque comme l'offrande d'une jouvencelle à l'aimé de son cœur. Une petite attention d'une pensionnaire encore mal dégrossie. Ronce ne savait plus quoi penser. La tête lui tournait. Ronce porta une main à son front, perdue.

« Merci... »

Elle releva la tête, proprement déboussolée.

« Vous voulez que nous allions discuter comme deux amies de longue date en nous gavant de sucreries ? C'est... Enfin Kay... Tatiana ! » La reine s'était rattrapée, craignant de dévoiler le pot aux roses en se trompant de prénom. « Ma foi, je pense que nous n'en sommes plus à une extravagance près. »

Les éclairs dûment cuits, les deux femmes quittèrent la cuisine laissant, derrière elles, un champ de bataille que les marmitons allaient devoir astiquer sous peine de représailles alors qu'ils n'en étaient nullement les auteurs. La reine regagna sa chambre, prenant place sur son lit en compagnie de Tatiana, s'épanchant entre deux bouchées de sucreries. Parlant de tout et de rien. Du prince Ciel et de sa maladie. De la fée Farah et de sa malédiction. De Felipe de Marisma et des visites qu'ils avaient échangés (Ronce veilla, néanmoins, à taire tout soupçon sur les relations cachées qu'avait pu avoir le souverain) Sur ses rencontres et ses déboires.

Plus elle s'épanchait, plus elle se vidait, et son corps se faisait léger, fragile. C'était comme vider une gigantesque baignoire. On ne prenait conscience de ses dimensions que vidée. Ronce avait la singulière impression de se vider comme cette baignoire. Un soupir sortit d'entre ses lèvres, provenant du plus profond de son être.

« Merci... de m'avoir écouté. » La reine se leva du lit, jeta un œil à l'horloge. « Il est déjà bien tard, ou tôt, ça dépend le point de vue. Je vais demander aux domestiques de vous mener à votre chambre. Une suite peu loin de la mienne, habituellement réservée aux invités prestigieux. La sœur du lieutenant russe mérite bien cela ! »

Rendez-vous fut donné de se retrouver le lendemain matin. Avant de se séparer, Ronce serra les mains de Tatiana entre les siennes, les pressant légèrement. Un geste qui sonnait presque comme un au revoir.


« Dame Tatiana est-elle levée ? » fut la première question que posa Ronce tandis que Babiole et Aubépine l'habillaient de frais.

« Non madame. » répondit Babiole. « Nous avons eu beau frapper, elle n'a pas répondu. »
« Elle ne doit pas être habituée à se lever tôt. Ou la soirée d'hier l'a fatigué plus que de raison. »

Il fallait dire que Ronce aimait se lever aux aurores, voire avant même que le soleil ne se leva. Le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt, selon le roi Jour, une phrase que Ronce avait tâché de suivre à la lettre. Coiffée, habillée, la souveraine alla auprès de la suite de la dame Tatiana, accompagnée de sa camériste et d'Aubépine. Cette dernière frappa à la porte. Nulle réponse. Aubépine se tourna vers la reine qui, d'un signe de tête, fit comprendre qu'on pouvait entrer. Certes il était inconvenant d'entrer dans une chambre sans l'accord de l'occupant, qui plus est une dame. Mais il était encore plus inconvenant de ne pas entrer dans une chambre où pouvait se trouver une personne, se sentant si mal, qu'elle était incapable de répondre.

Au début Ronce ne discerna que vaguement que quelques formes au sein de la chambre plongée dans le noir. La lumière se fit lorsque Aubépine tira les rideaux et poussa un cri de stupeur. Ronce se rapprocha du lit.

Au sein des draps reposait Kay Sokolov. Dormant du sommeil du juste. Ronce masqua un rire derrière son gant à la vue du visage endormi du lieutenant, tout piqueté de barbe et marqué par les draps. Son regard descendit et se détourna promptement en remarquant que les draps révélaient plus que ne devrait voir une femme encore non mariée.

« Majesté ? »

Aubépine et Babiole observaient la reine avec de fausses mines étonnées. Babiole avait profité de la confusion de la reine pour s'autoriser une prière silencieuse à Dieu, le remerciant d'avoir fait cessé le philtre au bout d'une journée. Ronce se racla la gorge, reprenant les commandes.

« Allez donc quérir les vêtements du lieutenant dans sa précédente chambre. Il lui faut de quoi s'habiller ! »
« Vous allez rester ici, votre Majesté ? »

La question était tout à fait pertinente. Une demoiselle ne pouvait pas rester en présence d'un homme à demi-nu. Ronce posa ses mains sur ses hanches, tâchant de demeurer sûre d'elle et maîtresse de la situation.

« Une reine fait ce qui lui chante, et ce n'est pas une camériste qui va lui dire ce qu'elle doit faire ! »
« Je crois qu'il se réveille, votre Majesté... » glissa Aubépine en catimini.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Dim 21 Fév - 16:39
Kay avait donc passé la nuit à devenir le confident de le reine. Ce n'était vraiment pas sa tasse de thé. Mais il savait se montrer patient, surtout quand la reine avait l'air d'avoir réellement un grand besoin de se confier à quelqu'un pour aller mieux. Comme si elle ne s'était pas confiée à quelqu'un depuis son réveil.

Le lieutenant avait l'habitude d'écouter. C'était une facette de son métier. Mais là il comprit que c'était différent. Ainsi il avait écouté et essayé de donner son avis quand la reine le lui demandait. Il ne ferait pas ça avec tout le monde. Mais une chose en lui l'avait poussé à écouter toute la soirée. Des fois le lieutenant s'était relevé, faisant quelques pas, en s'excusant auprès de la reine, car il avait besoin de se dégourdir les jambes. Mais le véritable défi avait été de passer tout ce temps sans fumer une seule cigarette. De toute façon il était sûr que la reine lui aurait dit qu'une femme ne devait pas fumer. Du coup il était face à la reine. Des fois l'idée saugrenue de lui prendre la main, pendant qu'elle parlait, lui effleura l'esprit. Mais cette idée était incongrue et il ne comprenait même pas pourquoi son cerveau avait pensé à ce geste.

La soirée se finit sur un geste qui l'étonna. Un geste qu'on pouvait avoir avec un proche : un sourire, un peu maladroit, de la part de Tatiana pour la reine de France.

— Bonne nuit Ronc... Votre majesté royale Ronce.

Il avait failli appeler la reine comme s'ils étaient intimes. Il fallait espérer que la reine ne lui tienne pas rigueur de cette langue qui avait fourché.

Spoiler:
 

On l'avait conduit dans une chambre, non loin de celle de la reine, comme elle lui avait soumis l'idée avant de se quitter. Le lieutenant était seul avec ses vêtements féminins. Un grand soupir résonna dans la chambre. Comment allait-il retirer tout ça ? Il avait bien pensé à tout arracher. Mais la reine lui piquerait sûrement une colère noire d'avoir mis en lambeaux une de ses robes. Il allait devoir retirer seul les vêtements de femme qu'on lui avait mis.

Et ce n'était pas sans peine.

Il avait commencé par ce qui était le plus simple : chaussures et bas. Des bas qui lui provoquèrent un frisson dans tout le dos quand il les fit glisser le long de ses mollets. C'était une étrange sensation. Mais ce n'était rien à côté de la bataille à venir pour enlever la robe. Il en était même tombé par terre, en essayant de l'ouvrir, en perdant l'équilibre. Ce n'est qu'au bout de deux heures et dix minutes qu'il réussit à se libérer, on ne sait comment, de cette prison qu'était une robe et du corsage. Il comprenait à quel point ses poumons étaient importants. Même fumer était moins nocif pour la santé que les corsets. Même si ça restait charmant au regard, il ne verrait sûrement plus jamais les corsets de la même façon.

Il jeta tous les habits, sur une chaise qui était face à une coiffeuse. Mais le lieutenant avait un autre soucis. Il n'avait aucun vêtement à lui ici et il ne pouvait pas dormir nu. Quoi que l'idée fut quelque peu envisageable, mais la voix de la reine résonna dans sa tête : « Une femme ne doit pas dormir nue. C'est indécent ! » Après un soupir, pour abdiquer, il reprit la chemise qu'il avait porté sous la robe et l'enfila pour aller dormir. Il n'était plus à ça près. Il se consola en se disant qu'il ne verrait pas son corps d'homme ainsi vêtu. C'était la seule consolation qui lui restait.


La nuit avait été agitée. Le lieutenant avait mal dormi, ressentant certains malaises. Il avait eu chaud. Ce qui avait eu, pour conséquence, des draps en pagaille qui ne couvraient plus que le bas de son corps depuis le bas des reins. La chemise de nuit laissait dévoiler la moitié de son dos, de son épaule droite au flanc gauche, tenant le reste de la chemise de nuit dans ses bras, comme un oreiller.

Quand on frappa à la porte de sa chambre, ou bien même, quand les trois femmes entrèrent, le lieutenant n'avait tout simplement rien entendu. Au contraire il serrait encore plus fort son oreiller/robe de nuit dans ses bras.

Par contre quand les rideaux furent tirés, ses yeux s'ouvrirent d'un seul coup, les pupilles totalement dilatées, ne comprenant pas trop ce qu'il se passait.

— Mais qui a eu cette foutu idée...

Il commença à retrouver la vue et aperçut la silhouette de la reine, avec qui il devait surveiller son langage. En second lieu, il remarque que sa voix n'était plus celle d'une femme. Il jeta un regard à son corps, en levant les draps, apercevant ses mollets poilus. La culotte pour femme s'était craquée sur les côtés. Les dessous avaient du craquer au moment où ses hanches n'étaient plus celles d'une femme.

Kay se leva, avec sa carrure d'homme, laissant tomber d'un seul coup la chemise jusqu'aux chevilles. Il prit la reine dans ses bras, plaquant la reine de la France contre son torse, foutant tout protocole en l'air. Respecter ce dernier ne lui était vraiment pas venu en tête sur le moment.


— Majesté ! Je suis redevenu moi même. Les effets du vin se sont dissipés !

Puis le contact proche avec la reine lui fit prendre conscience du geste qu'il venait de commettre et recula d'un pas.

— Excusez-moi. Un petit écart de ma part. Cela ne m'était pas arrivé, depuis longtemps, de ressentir un tel sentiment de plaisir.

C'est à ce moment là que Babiole était revenue avec les vêtements de Kay, qui se glissa derrière un paravent pour se changer.

— C'est une bonne chose que ce philtre ait pris fin. Être une femme, quand on n'est pas habitué à ces rituels, est une expérience particulière. Et, je dois vous l'avouer, quelque peu humiliante. Mais j'aurais appris certaines choses que je n’oublierais pas.

La chemise sur le haut du paravent, le lieutenant commença à s'habiller, ignorant que le paravent laissait apparaître sa silhouette à cause de la forte lumière entrant dans la pièce. Une dizaine de minutes plus tard il sortit, fier comme un poux d'être de nouveau lui-même, et dans des habits qu'il n'aurait jamais pensé autant aimé un jour. Il ne manquait plus qu'une clope, et un café-vodka pour bien commencer la journée.

Mais peut-être pas tout de suite. La reine était là et l'attendait. Elle était venue dans sa chambre. En y réfléchissant c'était bizarre qu'une reine soit venue dans la chambre. Une autre question lui vint en tête : depuis combien de temps elle le regardait dormir ? Pas le temps de réfléchir à tout ça, autant demander directement. C'était plus simple.

— Veuillez m'excuser. Je crois que j'ai eu le sommeil agité. Sûrement en reprenant mon apparence. Je ne vous ai donc pas entendu entrer. Vous n'attendiez pas depuis longtemps j'espère ? Vous n'avez rien prévu avec ma « sœur » pour aujourd'hui, j'espère..

Petite blague pour détendre l'atmosphère. Il ne voulait plus jamais redevenir Tatiana. Bien que sous une telle couverture il pourrait infiltrer, sûrement, certains réseaux criminels. Mais, pour le moment, il préférait jouir du plaisir d'avoir récupéré sa véritable apparence.


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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Mar 23 Fév - 0:00
La reine s'était figée, instantanément, fermant les yeux dans le même réflexe. Seigneur, Jésus, Marie, Joseph ! Un homme la prenait dans ses bras. À la rigueur ça, encore, ce n'était pas ce qui l'avait le plus perturbé. Non, ce qui la gênait, la figeait aussi efficacement que si elle s'était trouvée face à un grizzly, c'était de se trouver dans les bras d'un homme portant une chemise de femme et donc potentiellement en sous-vêtements. Une promiscuité qui la bloquait. Ronce avait fermé les yeux telle une enfant croyant que, ainsi, si elle ne voyait plus les autres, personne ne la verrait non plus.

Elle était perdue, plongée jusqu'au cou dans un tourbillon de sentiments et de sensations qui lui échappait. Elle était une reine, et pourtant elle était figée par une simple promiscuité physique. Mais une dame ne pouvait pas voir un homme, ainsi, dans une telle intimité, sans recourir aux voies du mariage par la suite.

Ronce ne reprit son souffle que lorsque le Russe la lâcha. La reine tourna sur elle-même, se tenant dos à l'homme.

« Oui c'était tout à fait inconvenant. Ne recommencez pas. »

Ses joues la cuisaient ardemment. Ronce jeta un regard noir à Aubépine et Babiole qui ricanaient. Tournant la tête, la reine reprit instantanément sa position initiale, en apercevant l'ombre chinoise qui se dessinait derrière le paravent.

Seigneur, les gens n'en avaient pas assez de jouer avec ses nerfs ?

La reine finit par refaire face au lieutenant après avoir vérifié, par un rapide coup d’œil, que l'homme avait repris tenue plus décente. Remarquant un détail dans la tenue, Ronce se rapprocha de Kay. Les mains de la reine saisirent la cravate du Russe, tirant plus fermement sur le nœud pour le renouer.

« Vous l'aviez mal fait. » Ronce réajusta la cravate. « Je vous préfère ainsi. » En homme. « Je n'avais rien de prévu avec votre sœur. Mais j'aimerais reprendre nos leçons de tir... »

Ronce attrapa le bras du lieutenant russe l’entraînant, bras dessus bras dessous, hors de la chambrée. Sous le regard amusé et complice de Babiole et d'Aubépine.


Les jours avaient passés. Les leçons s'étaient succédées. La reine s'était améliorée, mais non pas au point d'atteindre le niveau d'un soldat. Au moins savait-elle viser correctement, et pouvait désormais se défendre avec plus d'aplomb. Les leçons avaient perdu presque de leur rude saveur scolaire dans l'esprit de Ronce. Elle y trouvait là de quoi s'épancher, laissant s'écouler toute sa colère et les sentiments tumultueux qui lui comprimaient le cœur dans l'épuisement physique du tir. Elle ressortait de chaque leçon épuisée, mais heureuse. Pantelante de désir non assouvi, dompté par le contrainte de la bienséance.

Toute bonne chose avait une fin.

La souveraine avait organisé une soirée pour fêter le départ du lieutenant. Il avait été là depuis plusieurs semaines, déjà, faisant presque partie intégrante du décor versaillais. La cour bruissait de ses commérages continuels. Certaines dames jouaient les éplorées, tentant de profiter de cette ultime soirée pour approcher le si frigide Russe.

Ronce ne leur avait adressé ni œillade, ni même une once d'attention, tant elle était habituée à de tels comportements. Glissant auprès du Russe, elle effleura sa main de ses doigts gantés, lui soufflant de la suivre.

Le froid nocturne de Versailles l'accueillit, mais ne ralentit en rien son pas. Ronce stoppa dans la pénombre des jardins. Les lumières et les échos de la fête parvenaient jusqu'à eux, malgré l'éloignement. La brise arracha un frisson à la souveraine. Ou était-ce l'appréhension du moment ? Les deux, qui sait.

« Approchez-vous. » indiqua-t-elle au lieutenant, du ton inflexible de la souveraine donnant un ordre.

Elle leva les yeux, courba la nuque en arrière pour pouvoir dévisager l'homme au sein de l'obscurité. Dans la lumière crue des lustres, elle n'aurait pas pu ouvrir les vannes de son cœur.

« Je sais que c'est là votre dernier soir parmi nous. Mais je dois vous avouer une chose, au risque de comprendre la douleur que ressent quelqu'un qui se reçoit une balle dans le cœur. »

Ou du moins une douleur proche. Ronce inspira brièvement.

« Aussi curieux que cela puisse être, malgré les rumeurs, je n'ai jamais eu un amant. Je n'ai jamais su ce que pouvait ressentir une femme dans les bras d'un homme. Et ces jours passés à vos côtés... Ces heures à suer auprès de vous, à apprendre, à vous écouter, à simplement parler... J'ai l'impression que vous avez ouvert quelque chose en moi. Réveiller quelque chose qui me terrifie, mais que j'ai envie de connaître. »

Les mains de Ronce saisirent la cravate du Russe, tirant dessus, obligeant le lieutenant à se baisser. Elle se leva sur la pointe des pieds. Ses lèvres effleurèrent celles de Kay.

« Je vous aime. »

Et scella cette phrase d'un baiser.


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Kay de La Reine des Neiges
Kay de France
✦ Double-compte : Chester//Alexender//Friedrich F Edelstein//Nikolas Klaus//Hanako/Hideo



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Lieutenant de la police
✦ Pouvoir: Kay peut percevoir les défauts, les sombres aspects des gens
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Sam 27 Fév - 21:17

Le lieutenant n'avait pas vu le temps passer. Le cours du temps lui avait échappé. La reine était une élève très appliquée, mais aussi une personne joyeuse. Les leçons n'avaient pas la même saveur qu'en Russie, et pourtant il n'épargnait pas toujours la souveraine dans son apprentissage.

Mais il devait s'avouer qu'il attendait les heures de leçons. Versailles et Paris c'était bien. Mais, pour lui, visiter seul Paris ce n'était pas son truc. Et Versailles, c'était Versailles : potins à longueur de temps, et surtout un putain de labyrinthe où il se perdait presque à chaque fois. Il s'était même surpris à pensé qu'il n'avait pas envie d'apprendre à connaître les couloirs de Versailles. Cela lui donnait une raison de passer plus de temps avec la reine, même en dehors des leçons, afin qu'elle puisse lui montrer les beautés de Versailles, tout en lui apprenant les couloirs complexes du palais, comme une leçon qu'elle lui donnait en retour. Il avait même pris goût à certains gestes que certains auraient qualifié de trop proche avec Ronce de France.

Mais tout cela allait prendre fin demain matin. La période convenue pour l'apprentissage de la reine prenait fin. Mélange bizarre d'un sentiment d'inachevé et de regret. Mais de quel regret ? Il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Une chose avait échappé au lieutenant. Il lui manquait une seule pièce du puzzle pour que tout soit clair dans sa tête de flic. Mais pour le moment la reine lui avait demandé d'être prêt, pour une heure précise, dans la salle de bal. Bien sûr la camériste de la reine, Babiole, avait déjà fait apporté, dans la chambre du lieutenant, une tenue appropriée pour le bal de ce soir. Plus aucun doute. Demain il devrait quitter Versailles et retourner en Russie. C'était bien la première fois de toute sa vie qu'il avait un sentiment de mal être à retourner dans le pays de la grande Mère Patrie lui, dont on disait être un patriote, avait du mal à comprendre ce malaise.


Une heure plus tard Kay était habillé avec les vêtements qu'on lui avait préparé, peigné et parfumé avec une pointe d'eau de cologne. En sortant ainsi préparé, Kay aperçut un serviteur de la reine, qui attendait le lieutenant, afin de lui montrer l'endroit où aurait lieu la fête de ce soir. Sûrement une attention de la reine, qu'il appréciait particulièrement.

Une fois arrivé sur les lieux tout le monde le regardait. Les hommes étaient quelque peu méprisants et méfiants alors que beaucoup de femmes avaient les yeux pétillants, et venaient voir le lieutenant. Elles parlaient, mais parlaient tellement et toutes en même temps. Il n'avait qu'une envie : hurler un bon gros « Silence les péronnelles ». Mais non, la reine n'apprécierait pas les vagues pour son dernier jour à Versailles. Ainsi Kay essayait de ne pas perdre la face à toutes ces donzelles qui étaient bien trop tactiles avec sa personne.

Mais comme une sauveuse inattendue, la reine approcha du lieutenant et des quelques femmes qui firent silence à l'approche de cette dernière, qui demanda au lieutenant de la suivre et plutôt deux fois qu'une. Il préférait largement la compagnie de la reine à celle des pies. Mais une chose le surprit : c'était la douceur du geste de la reine.

Le lieutenant suivit la reine jusqu'au bord des jardins. Il faisait frais mais rien de bien dur pour quelqu'un qui a vécu toute sa vie en Russie. Puis la reine déclara plusieurs choses intrigantes. Elle avait des révélations à lui faire. Du genre qu'elle ne pouvait pas dire face à la foule ? Des choses qui pourraient la faire souffrir.

« Aussi curieux que cela puisse être, malgré les rumeurs, je n'ai jamais eu un amant. Je n'ai jamais su ce que pouvait ressentir une femme dans les bras d'un homme. Et ces jours passés à vos côtés... Ces heures à suer auprès de vous, à apprendre, à vous écouter, à simplement parler... J'ai l'impression que vous avez ouvert quelque chose en moi. Réveiller quelque chose qui me terrifie, mais que j'ai envie de connaître. »

Kay écoutait attentivement. Dans sa tête le lieutenant voyait une pièce du puzzle doucement tomber sur le puzzle du mystère auquel il pensait plus tôt. Et quand la pièce du puzzle prit place parfaitement dans l'emplacement qui lui était dû, Kay avait été surpris d'être tiré vers le bas, ou plutôt, à hauteur de la reine avec ces trois mots que la reine prononça.

« Je vous aime. »

Mais sans même avoir le temps de réagir, accusant toutes les informations que son cerveau analysait, il sentit les douces lèvres de la reine, ou plutôt de Ronce de France. Tout cela alors que le puzzle était là, maintenant clair et limpide à ses yeux. La dernière pièce : le regard aimant et souriant de la reine à son attention. Tout était clair comme de la vodka maintenant. Il n'avait jamais pensé qu'il avait pu faire un tel déni sur tout ça, sous prétexte de ne pas avoir tous les éléments de « l'enquête ». Mais quand il repensa à ce jour dans les cuisines de Versailles et de la nuit qui avait suivi, il comprit, qu'à ce moment là, les choses avaient déjà commencé pour lui. Mais que son esprit retors s'était refusé à vraiment le comprendre.

Maintenant il devait répondre à la reine qui avait relâché la cravate et rompu le contact des lèvres.

— Votre Majes... Ronce de France. Je ne suis pas très doué pour les déclarations sentimentales. Aussi laisse-moi, s'il te plaît, te répondre comme je le peux.

Après avoir dit ça, et sans attendre une réponse de Ronce, le lieutenant plaça ses mains sur les hanches de la reine avant de courber le dos et l'embrasser à son tour, d'un baiser qui pouvait être quelque peu maladroit mais sincère, de quelques longues secondes. Avant de rompre le contact, pour relever ses bras afin de serrer Ronce dans ses bras, contre lui, dans une étreinte chaleureuse, lui murmurant à son tour à l'oreille de la concernée.

— C'est réciproque... Je vous aime aussi.

À vrai dire il n'était pas doué pour parler sentiments. Ce n'est pas comme si les occasions s'étaient bousculées. Mais il ne voulait pas dire de choses maladroites. Enfin plus qu'il en dirait déjà sans le vouloir.

— Vous avez tenu parole. Maintenant je peux dire que j'ai vu toute la beauté de la France.

Le lieutenant en perdait son vocabulaire. Comment devait-il parler après une telle déclaration ? Il devait toujours la vouvoyer, ou il pouvait la tutoyer ? Du coup les deux se mélangeaient pour donner des phrases mal construites. Mais plutôt que de continuer à parler il préférait garder encore quelques instants la reine contre lui. C'était là mieux que toutes les paroles qu'il prononcerait.


☆ For Mother Russia ☆
 
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La belle au bois dormant
Ronce de France
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   Lun 29 Fév - 22:48

« Vous... Vous me serrez un peu trop fort... »

Ce furent les premières paroles que sut prononcer la souveraine après cet échange. Ronce se décolla légèrement du lieutenant pour se retrouver face à lui, mais néanmoins toujours prisonnière de son étreinte. C'était étrange la vie, tout de même. Le hasard (ou allez savoir, le destin) les avait réunis sans qu'ils s'y soient préparés et, les voici, quelques jours plus tard, au sein du parc versaillais à s'échanger des mots d'amour maladroits comme deux jeunes jouvenceaux.

La reine Aurore, à cette vue, aurait prié tout le panthéon des Saints, et le roi Jour aurait, probablement, veillé à ce que le lieutenant ne réapparaisse plus jamais au sein du pays.

« Vous n'aviez qu'à me trouver un prétendant avant votre départ. » songea aigrement Ronce. « Me fiancer avant le Grand Sommeil pour, qu'à mon réveil, je puisses transformer le fiancé en époux et roi. »

Mais ils ne l'avaient pas fait, préférant fuir la malédiction en songeant égoïstement à leurs personnes. Leurs fantômes pouvaient bien tempêter, Ronce n'en avait plus cure. Elle avait veillé à conserver le rôle qu'on lui avait octroyé, à mener ce pays du mieux qu'elle pouvait. Et à quel prix – ses amis disparaissaient un par un, et ses prétendants finissaient, toujours, par chercher le bonheur ailleurs.

Alors, pour une fois qu'un homme était réceptif à ses avances....

« Lieutenant... » C'était impossible, elle ne se voyait pas le nommer par son prénom. Pas encore. « Pour le tutoiement, entre nous... Cela ne me gêne pas. Mais, en public, évitez de me donner du « tu ». Inutile d'ajouter l'incident diplomatique dans toute cette histoire. Mais... Merci. »

Un temps. Ronce se frappa le front.

« Mais pourquoi je vous remercie ? On remercie pas quelqu'un qui vous apprend que ses sentiments sont réciproques. Je... Je suis désolé. Je suis potiche... »

Des voix se firent entendre, interrompant abruptement Ronce. La souveraine releva la tête. Ses yeux s'arrondirent à la vue des silhouettes sortant du palais, dessinant des ombres chinoises sur les façades vitrées de Versailles. Ni une ni deux, la reine agrippa une des mains du lieutenant et le força à la suivre dans la cachette la plus proche et la plus sûre qu'elle puisse trouver : un des bosquets émaillant le jardin. S'agenouillant derrière, Ronce posa sa main sur les lèvres de Kay, lui intimant le silence. Les voix se firent plus précises tandis que les nobles s'approchaient, marchant d'un pas peu sûr – à les entendre ils avaient trop profité de l'alcool de la soirée.

« Je vous assure qu'ils sont partis par là. »
« Vous pensiez voir quoi ? Notre souveraine jouer à colin-maillard ? »
« Avouez que ça aurait été distrayant. »

La suite de la conversation se perdit alors que le duo s'éloignait, semblant se diriger vers le Grand Canal. Peut-être pour piquer une tête et se réveiller de toute cette torpeur alcoolisée. Ronce attendit encore quelques instants avant de retirer sa main de Kay.

« Les commérages vont encore aller bon train. »

Ronce eut un haussement d'épaules fataliste.

« Au moins cette fois-ci, elles auront une part de vérité. Mais, après tout, vous ne les entendrez pas beaucoup. Vous repartez demain, après tout. Vous avez un travail à reprendre, des priorités... » Les mains de Ronce retombèrent sur ses jupes. « Je ne peux pas vous retenir indéfiniment à Versailles. ... Même si je le voudrais. »



© Avatars par Ofelia et leurs auteurs respectifs.

♔ Reine de France ♔


Dernière édition par Reine Ronce le Mer 2 Mar - 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fin septembre 05. Enseignement. NC-16   
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Fin septembre 05. Enseignement. NC-16

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