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 L'Infanticide.

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La lavandière de nuit
Ginger Wealth
✦ Libre pour RP ? : Voui.



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Blanchisseuse.
✦ Pouvoir: Aucun.
✦ Bric à brac:
MessageSujet: L'Infanticide.   Jeu 10 Déc - 22:07
Il était une fois...

Le reflet dans l'eau sale
FEAT Jeong Soo-young

Pseudo - Jill Boly. Onagre.
Avatar - Gilbert Nightray in Pandora Hearts.
Comment as-tu connu le forum ? - J'ai été guidée par une petite belette furtive. c:
Suggestion, réclamation, un petit mot ? - (Patience ! je découvre.)
J'ai une question sur le contexte du forum : il est au niveau mondial, mais comment les personnages se rencontrent-ils ? Être sur un continent ou un pays précis les condamne-t-ils à ne rencontrer que des personnages du même coin de monde (si on prend l'exemple des USA cela reste vaste) ou y a-t-il une magie qui fait tout communiquer ?

Mon image

« Margot au lavoir


Personnage de conte - Lavandière de nuit.
Nationalité / Origine - Citoyenne américaine résidant aux USA, du côté de Brooklyn (New York).
Profession - Blanchisseuse. Lavandière. Laveuse.
Groupe - Autres.
Pouvoir - Celui de savoir effectuer un travail épuisant douze heures par jour pour pas grand'chose, dans des locaux insalubres ; et de survivre grâce à ça.

A grands coups de battoir

Ginger Wealth (née Fortune) a environ vingt-quatre ans. Elle a épousé Edward Wealth, plus connu sous le surnom d'Eddie, et ensemble ils ont une petite fille de trois ans, Melanie - surnommée Mel.
Ginger est une ouvrière de prime abord peu singulière. Dans la foule de ses congénères à Brooklyn, elle ne tranche pas. Oh, il y a peut-être ce long manteau noir qu'elle porte souvent, et qui avec le temps s'est usé. Il est râpé sur le côté droit et se décolore peu à peu. Il y a peut-être ses cheveux brun foncé coupés court, qui ondulent et rebiquent dans tous les sens. Il y a peut-être cette fine cicatrice qui lui zèbre la joue - mais il faut être observateur pour l'apercevoir. Il y a peut-être son visage fermé, ses yeux marron qui ne s'illuminent pas souvent ; mais toutes les ouvrières ont cet air-là quand la semaine a été rude, quand la paie a été tardive ou mauvaise, quand l'époux est resté un peu trop longtemps au bar, quand l'enfant a fait une bêtise.
Pourquoi vouloir chercher Ginger Wealth, pourquoi vouloir la distinguer, d'ailleurs ?

Va laver son cœur

« Les véritables lavandières sont les âmes des mères infanticides. Elles battent et tordent incessamment quelque objet qui ressemble à du linge mouillé, mais qui, vu de près, n’est qu’un cadavre d’enfant. Chacune a le sien ou les siens, si elle a été plusieurs fois criminelle. Il faut se garder de les observer ou de les déranger ; car, eussiez-vous six pieds de haut et des muscles en proportion, elles vous saisiraient, vous battraient dans l’eau et vous tordraient ni plus ni moins qu’une paire de bas. »

George Sand.

Ginger Wealth est modeste. C'est là le premier adjectif qui vient pour la décrire, modeste. Elle vit au rez-de-chaussée d'un immeuble modeste, dans un deux-pièces meublé modestement, avec son époux et leur fille. Chaque matin, Ginger est la première debout, elle s'habille dans la froideur du jour naissant, elle réveille Eddie qui ronfle du côté droit du lit, puis Mel qui n'a que trois ans et n'aime pas particulièrement se lever tôt. Ginger prépare le petit-déjeuner qui n'est pas moins modeste que ceux qui l'avalent, encore mal réveillés, les cheveux ébouriffés, les yeux étrécis. Elle oblige sa fille à s'habiller, Eddie à se peigner un peu, puis tous les trois s'élancent dans la longue journée qui les attend.

Ginger est blanchisseuse depuis ses dix ans, elle connaît son métier, elle sait enseigner les bases aux apprenties ignorantes, elle sait plier le linge dans les règles de l'art, elle sait repasser les cols en dentelle, elle sait éviter d'arracher les boutons des chemises d'homme, elle sait respecter les plis des robes des dames, on ne va pas lui apprendre. Ginger parle peu, de toutes manières son patron les a à l’œil, ses collègues et elle, et elles ont intérêt à ne pas prononcer plus de mots que nécessaire. Ginger est une habituée. De l'eau qui durcit et gerce les mains, du vacarme des machines, de l'air saturé de vapeur, de l'odeur aigre de tissu sale, des blessures, de la toux, des plaintes des ouvrières, de leurs cris. Cet univers ne l'effraie plus, elle est accoutumée, elle nage dedans depuis quatorze ans, elle connaît.

Ginger est calme. Elle s'emporte rarement, en d'occasionnels accès de colère où elle maudit le monde entier, jette à terre ce qui lui tombe sous la main puis sombre dans un silence lourd. La plupart du temps, toutefois, elle est posée. Elle n'a pas souvent d'ennuis avec ses supérieurs car elle se plaint peu, ne réclame pratiquement jamais, elle sait se taire. Ce n'est pas pour autant qu'elle semble d'accord avec tout, car son visage a souvent une expression dure, désapprobatrice, sans qu'elle dise quoi que ce soit. Elle n'a pas souvent d'ennuis avec ses collègues parce qu'elle s'isole, ne se mêle guère à leurs discussions ni à leurs groupuscules. Ginger est une solitaire et une amatrice du silence. Ce n'est pas qu'elle n'apprécie pas de dialoguer, au contraire, une conversation lui fait souvent plaisir ; et elle est loin d'être une interlocutrice inintéressante. Elle possède des rudiments de culture, elle sait lire et écrire et n'est pas une idiote finie. Mais quelque chose en elle repousse. Elle est si noire, là, dans son long manteau élimé, avec une cigarette entre ses doigts brunis aux ongles rongés ; elle est si peu attirante, avec ses cheveux emmêlés, ses yeux cernés qui semblent chargés de reproche ; elle est légèrement effrayante, avec les histoires qui circulent sur son compte.

Ginger est une alcoolique. Il est fréquent de la voir, le vendredi soir, jour de paie, avec un verre de liqueur. Son visage pâle se teinte alors de rose, ses yeux brillent, sa langue se délie et un flot de paroles sort de sa bouche, des inepties la plupart du temps, mais sa voix d'ordinaire murmurante, peu élevée, devient forte et assurée, et c'est un tel prodige qu'on reste à l'écouter. Elle semble vivante, enfin vivante. Seul l'alcool lui procure cette vivacité et ce bonheur.

Parfois, quand elle est avec sa fille et qu'elles jouent ensemble, Ginger prend également vie, mais elle travaille tellement que ces moments sont rares.


Tout noir de douleur »

« Nous avons entendu souvent le battoir des laveuses de nuit résonner dans le silence autour des mares désertes. C’est à s’y tromper. C’est une espèce de grenouille qui produit ce bruit formidable. Mais c’est bien triste d’avoir fait cette puérile découverte et de ne plus pouvoir espérer l’apparition des terribles sorcières, tordant leurs haillons immondes, dans la brume des nuits de novembre, à la pâle clarté d’un croissant blafard reflété par les eaux. »

George Sand.

Ginger est une fille d'immigrés irlandais, Josephine O'Neill et Francis Fortune ; lesquels ont débarqué à Brooklyn avec l'espoir naïf d'une vie meilleure. Il en fut pour leurs frais, leur existence de citoyens américains s'avérant par la suite pénible, misérable, avec des relents d'alcool et de tabac, des désirs inassouvis et des haines refoulées. Josephine et Francis se rencontrèrent sur un marché à Brooklyn, se trouvèrent à leur goût, et s'épousèrent rapidement quand le ventre de Josephine s'arrondit. Ils eurent la bagatelle de cinq enfants, prénommés Francis Jr, Ginger, Carole, Henry et Johnny. Josephine Fortune née O'Neill avait de la famille à New York, des cousins qui déclarèrent que leur parente était devenue une vraie Américaine lorsqu'elle leur annonça qu'elle appelait sa fille aînée Ginger, « un nom plus adéquat pour une jument que pour une chrétienne ».

Durant toute son enfance, Ginger a vu ses parents soupirer en regardant au loin, évoquer des souvenirs de l'Irlande natale, maudire l'Amérique qu'ils avaient pensé être un refuge (jamais ils ne digéreraient leur désillusion) et regretter le pays aux vertes campagnes, à l'air pur, aux falaises immenses. Elle-même n'a jamais vu l'Irlande, mais se la représente comme un paradis, étonnant paradoxe entre les parents et leur fille.
Ginger a fréquenté l'école de six à huit ans, suffisamment longtemps que pour savoir lire, écrire et compter, puis elle a accompagné, jusqu'à ses dix ans, Josephine lorsque cette dernière s'occupait du ménage de gens plus aisés. Ensuite, Josephine est morte d'une pneumonie, un soir d'automne, et Ginger est entrée comme apprentie dans une blanchisserie.

« C'est bizarre mais j'ai du mal à me souvenir de quand je ne travaillais pas à la blanchisserie. C'est comme si j'y avais toujours vécu. Ça fait quatorze ans que j'y suis, c'est vrai, mais il y avait un avant quand même, n'est-ce pas ? Pourtant je ne m'en rappelle pas bien. Lorsque j'ai débarqué ici vous m'auriez vue. J'avais dix ans, j'avais peur de tout, de tous ces gens, de toutes ces adultes, de tout ce bruit. Maintenant je ne remarque même plus. Le premier jour je me souviens, Mrs Temple m'a dit que j'étais si chétive que j'aurais bien de la chance si j'arrivais à porter un mouchoir, et c'est vrai qu'au début c'était dur, mais je me suis habituée. En même temps avec la mort de ma mère, il n'y avait plus que Frank et moi pour apporter de l'argent au logis. Le vieux ne foutait rien. Vous ne l'auriez jamais vu travailler, ce fichu saligaud. Se plaindre, il savait faire, et si ç'avait été rémunéré il aurait été milliardaire. Bref, mon frère et moi on était les seuls à nourrir la famille. Carole était trop petite, sept ans, et les deux garçons avaient cinq et un an. On ne pouvait pas leur reprocher d'être improductifs, encore que Carole était assez débrouillarde pour compléter la paie de la semaine. Elle se mettait de la cendre sur le visage et aussi sur celui de Henry et Johnny et ils allaient sur la rue mendier. Carole tenait le bébé et elle chantait les chansons tristes de notre mère, et Henry tendait la main. Ça nous aidait pas mal, il faut l'admettre. Puis le cousin de notre mère, Timothy O'Neill, est venu un jour en visite, il nous a demandé pourquoi il n'y avait pas de feu dans l'âtre alors qu'on était en novembre, pourquoi Carole et Henry n'avaient pas de chaussures, pourquoi Johnny était aussi sale, pourquoi Frank et moi avions la responsabilité de la famille entière et où était notre père ? On a dû tout lui expliquer, le vieux soûlard et tout, et c'est comme ça qu'on est partis de chez nous et qu'on s'est retrouvés séparés, Carole et moi chez une cousine, Henry chez Timothy, Johnny chez un ami du vieux, et Frank qui a fugué. La cousine Patsy était gentille avec nous, mais quand ça n'allait pas, qu'il pleuvait, qu'on en avait marre, qu'on se sentait tristes, je racontais à Carole l'histoire de l'Irlande, comment c'est si beau là-bas, comment un jour on irait là-bas tous ensemble, tous les cinq, on traverserait l'océan et on irait vivre à la campagne, on aurait une ferme, des poules, des moutons et un cheval chacun et on n'aurait besoin de personne sinon de nous pour vivre. Vous ne pouvez pas savoir comme ça faisait du bien d'imaginer tout ça. Carole complétait ce que je disais, c'était notre secret à nous, ça nous aidait à vivre. »

Ginger n'a pas de souvenirs ordonnés de son adolescence. Elle peut se revoir, avec une collègue de la blanchisserie, Eugenia Cooke, fumer dans la rue, assises sur les marches de l'entrée du lavoir, durant la courte pause de midi. Elle peut se revoir, écoutant les conversations et les plaisanteries de ses congénères adolescentes, trop timide pour y prendre part, mais en ayant secrètement envie de se joindre à elles. Elle peut se revoir, en hiver, enduire de pommade à l'odeur forte les engelures causées par l'eau glacée sur ses mains et celles de sa sœur Carole, entrée à son tour à la blanchisserie à onze ans. Elle peut se revoir, au centre de New York, rendant visite à son frère Frank, lequel vivait chez des connaissances, changeant de foyer tous les trois jours. Il fila pour le Canada à dix-sept ans, et plus jamais Ginger n'eut de ses nouvelles. Elle peut se revoir, renonçant aux jeux et aux histoires merveilleuses, déclarer à une Carole interloquée qu'elle était désormais adulte et en avait fini avec la vie de gamine. Elle peut se revoir, à quinze ans, parmi les ouvrières, se tenant droite et digne comme une femme respectable, désireuse d'être rapidement adulte et d'en terminer avec les changements étranges qu'elle constatait sur elle-même. Elle peut se revoir, à seize ans, se faire attraper par la cousine Patsy, armée d'une paire de ciseaux ; et ses longs cheveux bruns constamment emmêlés, avec l'odeur des produits de lessive qui y était perpétuellement accrochée, être coupés de façon impitoyable. De grandes mèches marron tombaient sur ses genoux ou glissaient sur le carrelage, mortes, sans grâce. Au début humiliée par cette coupe forcée, horrifiée par le résultat (elle avait l'habitude de se cacher la figure sous les mèches, acte impossible désormais), elle peut se revoir ensuite, trouvant finalement des avantages aux cheveux courts, qui étaient moins pénibles à entretenir et moins gênants pour le travail.
Elle peut se revoir à la fenêtre de la chambre, à trois heures du matin, insomniaque, observant la ville, le front appuyé à la vitre, attendant fiévreusement quelque chose, mais quoi ?

A dix-huit ans, Ginger rencontra un prénommé Régis, un garçon d'un an son cadet, qu'elle fréquenta quelques temps. Elle avait envie de partir. Elle en avait assez d'être dépendante de la cousine Patsy, il était temps pour elle d'être autonome. Elle ne se souvient pas d'avoir été amoureuse de Régis. Il la faisait rire, avec son accent français, sa maladresse et son air de ne jamais être à sa place nulle part, mais elle n'était pas folle de lui. Toutefois, elle aimait bien l'écouter le vendredi soir, quand ils se retrouvaient dans un coin de Brooklyn, avec une réserve d'alcool, quand ils descendaient une bouteille de whisky en une heure et que Régis s'échauffait, parlait politique, traitait le gouvernement de tous les noms, et promettait la venue d'un jour meilleur, d'un jour où les ouvriers dirigeraient les patrons et se vengeraient. Il citait des auteurs, pour Ginger d'illustres inconnus, clamait des passages entiers de livres ''à révolte'', et essayait de convertir Ginger au communisme. Cette dernière n'était pas particulièrement engagée, mais elle appréciait de l'entendre parler de la sorte, mêlant dans l'ivresse des mots anglais et français, elle le trouvait attirant et intéressant. Régis dut quitter New York deux semaines plus tard, et il laissa derrière lui une Ginger enceinte d'un mois.

« Ce n'est pas ma faute. Ça, je tiens à ce que vous le sachiez. Si Régis était resté, je n'aurais jamais fait ça. On se serait mariés, peut-être, et on aurait été une famille. On aurait su se débrouiller. Mais toute seule, comment j'aurais fait ? Je n'avais que dix-huit ans. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'un môme ? La cousine Patsy, je ne suis pas persuadée qu'elle m'aurait gardée, et dans la rue avec un bébé, je fais quoi ? De toutes manières je n'en voulais pas. Ça me faisait peur. Je ne saurais pas vous dire pourquoi. Je ne voulais pas, c'est tout, et je me suis maudite d'avoir suivi Régis dans cette histoire. Je l'ai aussi maudit d'être parti en me faisant ce coup-là. Enfin, il a bien fallu s'en débarrasser. La fille de Patsy, Julia, m'a vraiment aidée. Elle s'est occupée d'acheter le produit et elle n'en a touché mot à personne. Après je me suis demandé si elle n'avait pas vécu la même chose, mais si c'est le cas elle a toujours démenti.
Ne m'accusez de rien si vous ne savez pas ce que c'est. Evidemment que j'aurais préféré ne jamais vivre ça. Cette nuit-là a été la pire de ma vie, et je regrette vraiment que Carole ait dû y assister. Elle n'avait que quinze ans et je crois bien que je l'ai terrorisée, la pauvre, quand je hurlais tellement la douleur était forte, avec tout ce sang qui coulait. Tenez, je ne veux même pas y songer. C'est fini. C'est de l'histoire ancienne. J'ai survécu, voilà, même si parfois je me demande si je n'aurais pas préféré mourir aussi. Les jours d'après ont été durs. Et je n'ai jamais réussi à oublier. Carole, Julia et moi, on n'en a jamais parlé. Peut-être qu'on aurait dû, qu'on devrait. Mais ça fait six ans aujourd'hui. C'est vieux. »


Après avoir avorté, Ginger ne se sentit plus la même. Elle ne sut pas cerner ce qui avait changé en elle, mais quelque chose avait cassé. Elle s'isolait davantage des autres ouvrières, fumait de plus en plus, se sentait terriblement seule le vendredi soir, à présent que Régis n'était plus là pour la faire rire et rêver avec ses idées de monde meilleur. Fréquemment, la nuit, elle se réveillait vers trois heures du matin, et ne parvenait pas à se rendormir. Elle allait à la fenêtre et regardait Brooklyn endormi, silencieux, en écoutant Carole respirer doucement, regrettant de ne pouvoir être elle aussi endormie et apaisée. Durant ces moments-là, Ginger était parfaitement éveillée, et le lendemain après-midi, une fatigue lourde lui tombait dessus, rendant ses gestes imprécis et ses yeux vitreux. Craignant d'être licenciée pour son travail qui en pâtissait, devenant moins irréprochable, Ginger entreprit, certaines nuits, de laver du linge rapporté de la blanchisserie, dans la rue déserte. La lumière sale des lampadaires l'éclairait, courbée sur sa bassine en fer-blanc, à quatre heures du matin, solitaire et absorbée par l'eau savonneuse.

A vingt ans, Ginger Fortune fit la connaissance d'Edward Wealth, qui rougissait quand elle passait devant lui, l'arrêtait en pleine rue et lui parlait d'une voix tremblante, tout intimidé par cette fille mal peignée au regard triste et dur, qui l'attirait. Eddie, comme l'appelait toute la rue, n'était pas une graine de politicien engagé comme Régis. Il venait d'une famille pauvre dont le nom était trompeur, ne savait ni lire ni écrire, n'était pas remarquablement intelligent, un peu porté sur la boisson, mais il était si gentil, honnête et travailleur, que Ginger se prit d'affection pour lui et accepta de l'épouser. Elle put enfin quitter la cousine Patsy, emménager dans un appartement au rez-de-chaussée d'un immeuble modeste, et c'était là tout ce qu'elle demandait. Quatorze mois après le mariage, une petite fille vint au monde, que l'on prénomma Melanie comme sa grand'mère paternelle. Eddie disait à ses amis qu'il était content, il avait un emploi, une épouse, un bébé, un logis, des chaussures aux pieds et des vêtements propres sur le dos, un dîner chaud qui l'attendait le soir, une paie qui lui permettait de boire un petit verre le vendredi soir avec les copains, et vraiment, qu'est-ce qu'un homme pourrait souhaiter de plus ?

« Le soir, je viens border Mel dans son lit, et elle est comme moi, elle ne dort pas bien. C'est moins fréquent, mais ça m'arrive encore de me réveiller en pleine nuit sans savoir me rendormir. Souvent, ça arrive à Mel aussi. Alors je me lève, je viens près d'elle, j'allume la bougie et je lui raconte des histoires. Je ne savais pas que j'en étais encore capable. Je lui raconte l'Irlande, comme avec Carole, et elle m'écoute et me regarde. Elle a de si beaux yeux gris. Elle est toute blonde comme son père et Eddie affirme qu'elle a mon sale caractère. Je ne sais pas si c'est vrai. En tout cas, je suis contente qu'elle soit là. Parfois, c'est vrai, elle m'agace, le soir quand je suis crevée, j'ai moins de patience, parfois je lui crie dessus, et après je m'en veux. Je ne devrais pas agir comme ça. Mais ça vient tout seul, je ne réfléchis pas.
Mel est encore toute petite, elle a trois ans, mais quand elle aura l'âge de comprendre je lui dirai. Je lui dirai que quand j'ai su que j'étais enceinte d'elle, je n'ai pas eu peur, et je voulais vraiment la voir naître. »

(c) fiche crée par rits-u sur epicode


Dernière édition par Ginger Wealth le Ven 11 Déc - 20:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Jeu 10 Déc - 22:35
Bienvenue compatriote des USA 8D

D'abord, je vais répondre à ta question ^^ Et bien, le monde est ouvert. Les personnages peuvent voyager par des moyens de transports comme des navires-volants, des dirigeables, des trains, des automobiles, ...
Donc, rien n'empêche un Allemand de visiter les terres du Brésil en compagnie d'un Inca et d'un Français. (j'ai réuni trois pays je suis heureux)

J'espère t'avoir éclairé :3

Et sinon, j'ai bien hâte de voir la suite de ta fiche **

Et encore, si tu as d'autres questions, n'hésite pas o/ Ronce, Arsène, Nikolas et moi-même sommes là 8D (ça vaut aussi si je n'ai pas été très compréhensible pour mon explication u.u x))


Dernière édition par Pitt le Jeu 10 Déc - 22:48, édité 1 fois
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La belle au bois dormant
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Jeu 10 Déc - 22:42
Je suis la belette furtive.

Bienvenue Ginger !

La lavandière de nuit est un choix très intéressant, et j'aime déjà les bribes qu'on a sur le personnage. Tu arrives à poser déjà toute une ambiance, en peignant un portrait de famille tout en douceur et légèreté.

Pour répondre à ta question concernant le contexte, tout est prétexte à mener des rencontres, des voyages afin de permettre à des personnages de se croiser. Tu peux très bien créer un perso américain et le faire voyager en Europe, ou même en Asie. (En cas de doute, on a créé un sujet afin d'aider les joueurs à trouver une "situation rp" s'il y a blocage) Mais entre le train, les navires classiques et volants, tu as déjà de quoi exploiter comme moyens de transport pour les voyages.

Si tu as des questions, des doutes, hésite pas à m'interpeller ainsi que tout le reste du staff ! :aristo:

Edit. Pitt avait répondu avant moi, et je confirme tout ce qu'il a dit !


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Le Père Noël
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Jeu 10 Déc - 22:57
Bienvenue Ginger !

Voila un conte que je ne connaissais pas. C'est toujours un plaisir de voir de nouveaux contes.

Ton personnages est sympathique, j'ai hâte de voir la suite. Courage pour la fin de ta fiche.

Et comme l'ont dit Pitt et Ronce, à la moindre question n’hésite pas à venir nous voir.


☆ Santa Klaus ☆
Défis:
 
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Ginger Wealth
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 20:27
Merci pour votre accueil ! Very Happy La présentation de Ginger est achevée, j'espère qu'elle vous plaira !

Merci également pour vos éclaircissements, je suis déjà moins dans le flou. :mustache: Toutefois, je me demande encore, les fameux voyages, sont-ils à portée de tous ? Parce que, traverser le monde ça coûte. (au revoir l'aspect féerique !) Et le trajet dure-t-il aussi longtemps que dans la réalité ? (aller de l'Amérique à l'Asie prend facilement plusieurs jours en bateau, voire des semaines, ce qui suppose une bonne raison de s'y rendre ?)
Je vous admets que je n'ai encore jamais joué sur un forum au monde "large" (je veux dire, autre qu'une île ou quoi) donc je suis un peu perdue sur le comment nos personnages peuvent se croiser et interagir. :ello:




Autrement :
 
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 21:18
J'aime beaucoup le passage sur la piste 8D

Ensuite, pour les voyages, eh bieeeen... C'est sûr que la première classe d'un navire-volant de luxe n'est pas accessible à n'importe qui u.u Mais il y a tout de même toujours des moyens de voyager, les 2e classes (voir même 3e peut-être) seront meilleures marché.
Mais tout se prête au contexte que l'on met en place en rp, tu pourrais très bien dire que Ginger s'est arrangée avec l'équipage d'un navire marchand (par exemple). Y a toujours moyen, que ce soit légal ou non 8D

Quant au temps de voyage, c'est vrai que cela ne prendra pas les environs de 9-10h d'avion irl pour relier New-York et l'Europe. Etant donné les inventions de ce joli monde, peut-être que les Dirigeables et navires-volants (ou classiques évidemment) peuvent permettre des voyages d'une ou deux semaines. On ne va pas chronométrer avec précision le temps qu'il aura fallu afin de bouger. Je dirais que tant que la distance Asie-Allemagne n'est pas faite en un jour... ça va ^^ Ca ne doit pas te gâcher la vie au rp tout de même. Et puis... franchement je ne suis pas assez doué en physique pour donner le temps exacte qu'il faudra à un transport pour parcourir une distance donnée (sachant la technologie particulière de ce monde et en prenant en compte le frottement de l'air xD).

Je ne sais pas si j'ai été assez clair x) Mah, au pire, Ronce sera là pour me corriger si je m'égare carrément à l'Ouest. :dance:
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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 21:46
J'approuve tout ce que vient de dire Pitt !

J'adore Ginger, c'est définitif. Le bout d'histoire se lit d'une traite, sans reprendre son souffle. J'aime vraiment comment tu dépeins l'univers où évolue Ginger, ce parfum d'époque, l'Amérique et ses promesses, le côté populaire avec sa misère et ses petits bonheurs. D'une certaine façon, ton écriture m'a fait songer à du Zola, va savoir pourquoi (peut-être le portrait de la communauté populaire).

En tout cas je suis heureuse de t'accueillir parmi nous, et j'ai hâte de voir Ginger évoluer parmi nous ! Comme on n'a cessé de le dire (mais on le répète jamais assez) n'hésite vraiment pas si tu as des questions !

Validé avec les honneurs !
Maintenant que les portes de l'univers du forum te sont ouverts, voici quelques clefs pour t'aider à ne pas te perdre.

✘ Pour trouver un compagnon de RP.
✘ Le mémoire qui te permet de rédiger un suivi du parcours de ton personnage.
✘ Les réseaux sociaux pour mener des relations épistolaires, par exemple.
✘ Actuellement, nous avons un RP libre accessibles à tous : Le festival des fantômes.
✘ Tu peux aussi accomplir une mission.

Passe un bon séjour parmi nous.


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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 22:06
Merci pour tes explications, Pitt, elles sont claires et répondent à mes interrogations (la preuve, je n'ai plus de question à poser - momentanément XD). Tu m'as fait sourire avec ton recours à la physique !

Je suis ravie que Ginger te plaise, Belette Ronce ! Smile
Je t'avoue que ce personnage est (très) inspiré de Gervaise Macquart, l'héroïne de L'Assommoir de Zola, pour laquelle j'éprouve beaucoup d'affection. Je pense que Zola figure parmi mes auteurs favoris du moment !




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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 22:43
Tu vas rire mais j'ai tellement songé à ce personnage en lisant ta fiche. Tu me donnes envie de relire le roman ! (J'en ai que de bons souvenirs) La référence fonctionne bien, comme tu le vois !


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MessageSujet: Re: L'Infanticide.   Ven 11 Déc - 23:02
OH MON DIEU.








Depuis le temps que je cherche quelqu'un qui a lu & apprécié ce livre. Tu as illuminé ma soirée ! :jump:




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