Un sapin dans la jungle [Novembre 05]

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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Dim 20 Déc - 14:04


Le miroir ardent d’Inti

with Sappa



La chaleur était étouffante, humide comme les vapeurs d’un bain dans une pièce trop étroite. Sous sa robe noire, Ofelia peinait à respirer et se félicitait mentalement de ne pas avoir mis de corset avant de s’enfoncer dans la jungle brésilienne. Sa poitrine juvénile se tendait à travers le tissu froissé d’une robe d’un noir d’encre brodée de sapins de noël rouges et verts, une tenue sur laquelle son guide avait tiqué mais sans faire le moindre commentaire – et d’ailleurs, il n’en ferait plus. Sitôt son argent empoché, ce dernier s’était esquivé, peut-être victime de la malchance quotidienne de la jeune espagnole ou, plus vraisemblablement, dans l’unique but de la livrer aux bêtes de la jungle sans le moindre remord. Méchanceté de caractère ou simple avarice, il avait pris le soin de lui dérober sa bourse avant de filer à l’anglaise – un comble pour ce brésilien. Désormais seule et sans argent, Ofelia s'entêtait à continuer sa route malgré la difficulté. Il n'y avait de toute façon pas le choix.

Elle s’était entêtée à garder sa valise rouge et la trainait péniblement sur le chemin dense qu’elle s’était choisie, se servant de son petit couteau pour tailler une route plus pratique dans la verdure avoisinante. Mais son canif ne pouvait rien face à la nature luxuriante, aux lianes épaisses et aux bruits sourds. Tout autour d’elle, cela bruissait, piaillait, grondait. Malgré le soleil haut de ce début de journée, il faisait sombre dans la jungle, une obscurité due à la densité des fourrés et du sommet des arbres. Qu’ils étaient grands d’ailleurs, plus haut que les maisons de villages dans lesquels Ofelia avait mené sa quête, au hasard de ses voyages.

Elle qui n’avait connu, enfant, que la Scandinavie et ses paysages escarpés aux neiges éternelles, découvrait avec angoisse et émerveillement le dépaysement brésilien. Le navire volant l’avait embarqué quatre jours auparavant, en France. Billets en poche, la malchanceuse avait écrit une longue lettre expliquant à son père adoptif ses progrès concernant sa quête. Une légende inca parlait d’un miroir ardent placé au centre du temple d’Inti. Brillant comme le soleil, il éclairait la pièce sans l’aide d’aucune chandelle ni même bougie et faisant apparaître, disait-on, ce que les hommes et femmes s’y reflétant désiraient au fond de leur cœur. Légende ou faits avérés, Ofelia n’était pas prête à laisser passer sa chance, surtout en ayant vécu avec le Père Noël en personne et ayant appris à ses côtés foule de sortilèges.

Il y avait donc une chance pour elle de briser sa malédiction et, comme elle l'écrivait dans sa lettre, elle espérait pouvoir revenir à l'orphelinat Klaus sans plus tarder pour terminer ses jours aux côtés de son père.

C'était sans compter sur la jungle qui semblait décidée à la garder avec elle.

Faisant pause brièvement, la jeune fille sortit de sa poche sa montre-boussole, récemment réparée. Le temple se situait plus au nord et après une seconde d’observation, elle bifurqua sur la gauche, soufflant avec peine, les cheveux devant les yeux et les pans de sa robe s’écorchant aux branches étroites entre lesquelles elle peinait à se faufiler.

Juste avant que son pied ne dérape sur une racine. Et qu’elle ne tombe de tout son long dans un renfoncement boueux, à l’odeur putride de feuilles décomposées.

« Outch ! »


Ecartant son visage en respirant par la bouche, Ofelia grimaça, nauséeuse, lâcha sa valise qui demeura plantée dans la boue, agrippant les troncs les plus proches pour se redresser.

Sa robe était définitivement fichue. Et elle était sale jusqu’à la gorge, poisseuse, trempée.

« Boules de Noël ! » Pesta-t-elle en espagnol avant d’écarter les mèches visqueuses de sa tignasse, dégageant son pied et manquant d’y perdre sa botte. « Sapin ! Mince ! » Habituellement, elle n’était pas sujette aux sautes d’humeur mais les circonstances la rendaient nerveuse. Sa malchance ne se retournait que rarement contre elle. Mais quand cela commençait, c'était de mal en pis jusqu’à ce qu’une victime n’attire l’attention de sa malédiction.

Arrachant ses pieds à la mare, elle se pencha, peina, gronda, et dégagea enfin sa valise. Avant de retomber sur les fesses, sous l’effort. Et grimacer de douleur quand une racine s’enfonça dans ses reins.

Mais un bruit sourd la figea bien vite sur le sol. Un craquement de branche sur laquelle on marchait. Peut-être son guide, peut-être une bête sauvage. Dans le doute, elle arracha à l’arbre le plus proche une branche de taille médiocre qu’elle plaça devant elle, en signe de défense. Son teint blême malgré sa peau olivâtre et ses yeux clairs rivés sur l’ombre qui semblait s’avancer droit sur elle, Ofelia attendit que le sort s'acharne, avec un défaitisme presque laconique.






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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 20 Déc - 19:51
Le monde était fou à lier. Le monde ne pouvait simplement pas s’empêcher d’agir de manière plus étranges au fil du temps. Le Roi du Brésil n’aimait décidément que peu le monde d’occident. Il avait mis les pieds en Roumanie en plus de cela, pousser par l’envie de s’ouvrir un peu plus au monde que Coya Ameyal semblait vouloir. Or, avait-elle oublié les massacres menés par ce royaume gris à l’encontre des êtres magiques ? Qu’importait, c’était du passé de deux mois. Il fallait enfin respirer l’air des contrées des terres incas. Ils s’efforçaient de rester neutre et de ne pas se mêler des enfantillages de ces pays qui se disaient « civilisés », ces mêmes qui disaient les Incas « sauvages ». Certes, cependant, un fou ne dit-il pas être sain d’esprit et que c’est le monde qui est fou ? Pourquoi cette logique ne s’appliquerait-elle pas au cas de l’Occident ?

Sappa Inca Sumainka aspira un grand coup sur sa feuille roulée. Il était heureux sur ses terres, ses terres saines de toute haine envers la magie. Si l’on ait la magie, alors on ait la Terre et l’existence qu’elle nous accorde à passer sur elle, sous sa protection.

Il était dans la jungle, et avait décidé qu’il devait remettre son rôle de guerrier au goût du jour. Il comptait s’entrainer en allant se frotter à un des temples délaissés lors d’une ancienne dynastie. D’excellents lieux d’entrainements. Combien de dirigeants d’Occident pouvait se venter d’avoir déjà plus d’une tête réduite à son actif, combien savait être un guerrier ? Qu’importait, il ne fallait pas s’attarder à cela. Il était juste temps de se refaire une santé.
C’est donc armé d’un sabre à dents richement décoré qu’il évoluait sur le chemin des anciens temples, suivit de quelques gardes et d’un prêtre.

Fier, il s’enfonçait dans les profondeurs, ses gens étaient au courant de son escapade et prévoyaient déjà le nectar qui lui redonnera sa forme adulte s’il venait à être blessé.

Il stoppa net, entendant des bruits venant d’un côté latéral.

Le Phénix mortel, car le dieu qu’il était se trouvait être encore dans sa forme charnelle, décida de tourner son chemin afin de rejoindre l’élément perturbateur. Un petit amuse-bouche avant de s’attaquer aux épreuves du temple.
Il fit signe à la petite troupe qui l’accompagnait, et dont le prêtre demeurera en dehors du terrain d’entrainement, d’attendre pendant qu’il allait voir. Il demanda aussi à l’un des gardes de lui envoyer sa lance.

En s’approchant, il pointa l’objet sur la source de son intérêt à faire un détour. Cependant, il ne s’agissait pas d’une bête, ou d’un Maya s’étant approché de trop près –ce qui aurait été mauvais signe et donc l’entrainement aurait été remis à plus tard-. Non, il s’agissait d’une demoiselle, d’occident. Encore l’occident.

Sappa Inca Sumainka retira l’arme, il n’était nullement important de rester en position offensive pour le moment.
Il tchipa, son esprit n’étant pas en réel accord à ce qu’un être venant de ces contrées trop pâles soit si proche du passé du royaume inca.

Il se passa la main sur le visage, geste accompagné du bruit que firent ses multiples bijoux, objets trop extravagant selon les goûts des peuplades dites « civilisées ». Il prit la peine de ne pas trop déformer ses peintures au visage.

Impossible pour le dieu sous carcasse de chair de cacher son air dubitatif en voyant la tenue de la fillette. Elle devait avoir endurer sa marche.

Dans un espagnole teinté d’un léger accent de la langue inca, il finit par s’adresser à l’étrangère.

- Ne restez pas là, vous allez finir dévorée par des sables mouvants.

Il glissa son regard sur le bâton qu’elle tenait.

- Même un lama ne serait pas effrayé par cette arme.


Un soupir, il imaginait déjà sa femme et sœur lui faire entendre sa langue tchiper alors qu’il laisserait une jeune fille perdue dans ces conditions sans même l’aider.

Le Roi Inca lui tendit alors la main afin de l’aider à se relever.

- Je m’appelle Sumainka, et je ne mange pas les gens.

Léger sourire en coin, il savait parfaitement ce que le monde extérieur pensait des Incas, des cannibales dévorant les visiteurs. Alors, il allait au moins déjà rassurer l’étrangère en commençant par lui dire qu’il ne mangeait pas d’humain. Enfin… pas en entier, juste les cœurs. Mais valait mieux ne pas le dire, de toute manière, ça ne s’adressait pas à la situation actuelle. Elle n’était pas un sacrifice.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Lun 21 Déc - 12:47


Le miroir ardent d’Inti

with Sappa



Ce n'était pas une bête, mais un homme, armé, peinturluré et très, très grand. Tombée au sol, Ofelia du lever le nez pour pouvoir contempler sa stature dans son entièreté et plissa les yeux quand un rare rayon de soleil vint éclairer les bijoux en or que l'inconnu portait. C'était un inca, bien évidemment. Semblable aux gravures que Père Klaus lui avait montré dans ces livres de science qu'il possédait et qui avaient fait leur plaisir lors des longues veillées d'hiver. A dire vrai, l'homme ressemblait même à l'un de ces dieux étrangers et si Ofelia s'était préparée à rencontrer de tels personnages, elle demeurait tout de même saisie par l'apparition, par sa surprise, son émerveillement, que par les sables qui se refermaient peu à peu autour de ses fesses.

Mais elle ne remarqua pas le sol qui s'enfonçait sous son poids, ses yeux cillant avec crainte sur la pointe aiguisée de la lance. Heureusement, l'étranger - mais n'était-ce pas elle, de fait ? - ne semblait clairement pas menaçant et abaissa son arme, émettant un bruit entre ses lèvres qui rappela à la jeune fille les pépiements chuintants des perroquets qu'elle venait de croiser.

L'apprentie sorcière tenait toujours le bâton pointé en direction de la menace et sursauta vivement en l'entendant parler dans sa langue. Rougissant, prise en faute.

« Je ne pensais pas m'attaquer à un lama... »
Marmonna-t-elle faiblement, un peu honteuse et rejetant le bâton dans les fourrés, regrettant presque aussitôt cet acte. De toute façon, elle ne savait pas se battre, mais le fait de ne plus avoir d'arme, même improvisée, ne l'aida pas à se rasséréner. Machinalement, elle vérifia la présence de son petit canif, absent à sa main, et trainant à presque six pas de là.

Tendant la main pour le ramasser, elle sentit le sable tenter de la retenir. Grogna, pesta. Avant de prendre conscience de l'aide que l'inconnu lui offrait. Gênée, elle le remercia du bout des lèvres, lia ses doigts aux siens, s'arracha à l'emprise du sol. Et secoua sa robe - bien qu'inutilement - pour nettoyer ses mains sales, y laissant de nouvelles traces de boue.

« Je m’appelle Sumainka, et je ne mange pas les gens.
- Oh de toute façon, dans l'état dans lequel je me trouve, il vaudrait mieux me décrasser d'abord. » Et en soupirant elle fit une petit révérence, comme son père lui avait appris. « Je me nomme Ofelia Ay, de Noël. » Son ton poli était en parti gâché par son regard distrait. « Je vous remercie pour votre aide, monsieur Sumainka. Je me suis perdue dans cette jungle et je commençais à m'inquiéter. Si vous aviez l'obligeance de m'indiquer ma route, vous seriez fort sym - Ah pomme de pin ! »

La valise était entrain d'être avalée par la bouche vorace des sables mouvants. Ofelia se tourna, vive, en saisit la poignée. Et l'arracha de nouveau à la terre avant de la poser prudemment sur une racine.

Autour d'eux, des moustiques commencèrent à affluer. Attirés par les écorchures sanguinolentes et l'humidité de l'air. Les premiers d'une longue série de petites malchances à venir.




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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mar 22 Déc - 10:53
Les informations données par la jeune fille s’enregistrèrent dans l’esprit du Roi des Incas. « De Noël », il avait déjà entendu ce terme auparavant. Mais encore, venant la bouche d’un Occidental. Il lui semblait que cela avait un rapport avec un prénom, mais aussi avec une fête.

Tandis qu’il méditait sur les origines, il se reconcentra sur la suite des paroles. Elle était donc perdue, mais elle ne put finir sa phrase que Sappa Inca Sumainka la vit sauver la valise. Les sables son gourmands. Et pendant que l’objet était rescapé, le dirigeant eut l’oreille attirée par des bruits. Des moustiques apparemment. Le Phénix mortel fronça les sourcils d’étonnement. Il fallait au moins ne pas s’éterniser. Il y avait quelque chose d’étrange, de coutume, les abords de la zone des temples abandonnés étaient plus ou moins préservés de ces espèces.

- Venez par là, s’attarder n’est pas une sage décision.

Il commença sa marche mais se retourna vite.

- L’autre chemin sera plus dégagé pour vos conditions vestimentaires.


Un garde arrivait vers Ofelia et Sumainka, il parla dans la langue inca à son roi. Demandant ce qui se passait, tout simplement. L’époux et frère de la reine répondit de mots qui signifiaient une phrase de sens positif, pas d’inquiétude à avoir si ce n’était les moustiques.

Puis la marche reprit, et le Roi de ces terres s’adressa encore à l’étrangère dont il connaissait dorénavant le nom.

- Que fait une personne étrangère à ces terres, et à son terrain, cherche au milieu de la jungle ?

Le chemin où ils arrivèrent était de terre, pas le luxe pavé, mais un passage était déjà plus dégagé. Parfois, il suffisait de connaître le Brésil pour savoir que des routes existaient. Enfin, certes, d’un côté, le Roi avait un malin plaisir à embêter les marchand d’occident à ne pas spécifier l’existence de sortes de petites routes. N’étaient-ils pas des sauvages ? Les sauvages n’ont pas de savoir-vivre.

Un temps, le Roi observait le monde autour de lui. Il dit rapidement à ses hommes qu’il exigeait d’accélérer la marche vers le temple.
Ensuite, il se tourna encore vers Ofelia. Il se permit de prendre une feuille de coca, juste après avoir rendu la lance à un des hommes de la troupe qu’ils avaient finalement rejoint. Ses cicatrices commençaient à lui faire mal, pourtant il avait eu un peu plus de chance en ce jour concernant son état. Il alluma la préparation en plaquant le bout sur une des marques luisantes comme le feu du Phénix.

- Excusez, Ofelia, il fallait dire qu’il tardait d’avancer. Les moustiques semblent vouloir plus faire la fête que de coutume.

Un temps.

- La direction que nous prenons mène à un temple, l’entrainement du Phénix doit se faire.

Sappa Inca Sumainka était peut-être un peu froid dans sa voix, habitude de méfiance envers les gens venus de ces peuplades pâles.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
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Mar 22 Déc - 13:26


Le miroir ardent d’Inti

with Sappa



Chassant les moustiques d'une main lasse, Ofelia emboita le pas au souverain méconnu. Malgré ses bijoux en or et ses peintures raffinées, elle ne se doutait pas de son identité ni du pouvoir qu'il possédait en ce pays. Pour la jeune fille, il n'était qu'un inca parmi tant d'autres, au demeurant fort sympathique et à l'apparence intrigante. Néanmoins, cette certitude se troubla à la vue du conseiller. Croisant son regard curieux, elle se permit une nouvelle révérence, les mains fermement accrochées à sa valise toute crottée. Elle ne payait pas de mine, avec son regard effaré, son teint pâle et sa robe salie, et n'eut pas la présence d'esprit de lui sourire, écoutant l'échange qu'elle ne comprenait décidément pas.

Ce fut Sumainka qui la devança dans ses interrogations, et pressant le pas pour suivre son allure, elle cilla de gardes en gardes, nerveusement, avant de répondre à voix basse, comme honteuse d'avouer le but de sa visite.

« Je cherche un miroir. Un grand miroir magique. Je voyage depuis des mois dans le but de le retrouver et mes lectures m'ont appris que Inti, la divinité Inca, possédait au sein de son temple un miroir ardent, fait de feu et d'or, pouvant exaucer les souhaits. Je ne sais si c'est une rumeur, mais dans le cas où cela serait un mensonge, je tiens tout de même à m'y refléter. »


A la lumière du soleil sur le chemin dégagé, elle prit conscience des différentes cicatrices qui zébraient le corps de son interlocuteur. Marques vives, pour personnalité de guerrier sans doute. Il fit mention d'un temple et, malgré sa curiosité accrue, Ofelia eu un sourire enjoué, le regard enthousiaste.

« Je ne tiens pas à troubler l'entrainement de ce phénix. » Elle n'avait pas encore fait le lien entre le surnom, le titre du roi de ce pays et son accompagnateur, continuant sur sa lancée, manquant de trébucher sur un caillou dérobé - autre malchance. « Ni à déranger qui que ce soit. Ni à être impolie. Mais s'il m'était possible d'entrer dans le temple, cela serait merveilleux. Et je saurais rembourser ma dette. En bien comme en autre chose. Même si mon guide m'a volé ma bourse. » Piquant du nez, elle haussa les épaules.

Sentant aussitôt les effluves de la feuille de cola lui chatouiller le visage, Ofelia releva les yeux, surprit son geste de fumeur, eu peur de comprendre ce qu'elle venait seulement d’apercevoir - venait-il réellement de l'allumer à son propre corps ? Et plissa les yeux de dégoût quand une limace, sortie de nulle part, grimpa lentement les doigts de l'inca, mordillant la cigarette improvisée.

Souhaitant changer de sujet, pour ne pas que l'homme ne réfléchisse de trop à l'apparition de cet autre désagrément, elle claqua son cou pour écraser un moustique bourdonnant et demanda, d'une voix presque incertaine. La froideur de son nouveau guide la prenait à peine au dépourvue. Il agissait en actes de bien et cela seul comptait.

« Seriez vous quelqu'un d'important ? Un haut dignitaire de ce pays ? Je vous vois bien entouré de gardes et vous ne semblez pas être un prisonnier. »
Et presque timide, elle ajouta. « Puis votre visage me rappelle des dessins de Père. Il possède un ouvrage très bien fait sur la civilisation inca et ses légendes, comme le Quetza-... Quetzacoalt ? »



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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mar 22 Déc - 14:27
Inti et son fameux miroir, voilà ce que la jeune Ofelia venait chercher. La jeune fille lui avait semblé bien maladroite d’ailleurs, mais le seigneur du pays ne s’y attarda pas. Les gardes se regardèrent, ils comprenaient eux aussi l’espagnol après tout. Il le fallait. Sumainka réfléchissait sur la légende mentionnée.
Puis il écouta encore lorsque la petite, qui n’avait en tout cas pas la taille d’une enfant de douze années. À première vue, le Roi pensa qu’elle avait dans les environs du même âge que celui que sa sœur avait lorsqu’ils se sont mariés. Un sourire amusé marqua ses lèvres lorsqu’elle parla de ne pas déranger l’entrainement du Phénix. Elle devait peut-être imaginer le majestueux être s’engouffrer et se battre dans un temple. Elle ne s’attirait pas les foudres du dirigeant, il lui vouait sans la connaître déjà plus d’estime qu’à d’autres Occidentaux.

Tandis qu’elle poursuivait, posant des questions, le Phénix de chair fronça les sourcils en voyant la présence d’une limace sur ses doigts. Il observa vaguement le sol, il secoua la main afin de s’en débarrasser. Depuis quand était-il devenu un perchoir à bestioles ? N’était-il pas un dieu ?
Qu’importait, il n’était pas un de ces rois précieux aux traits cadavériques.

Les blessures brûlaient, c’en était plus désagréable que de coutume. Mais le Roi du Brésil y était habitué depuis déjà bien longtemps. Le prêtre dans les rangs ne dit rien, ne montra pas même d’émotion particulière, cependant, il ressentait quelque chose qui émanait de l’étrangère. Il n’en fit cependant pas part aussitôt. Les terres des temples abandonnées jouaient parfois des tours.

Le guerrier et roi entendit les mots prononcés par Ofelia. Il souffla dans les airs, évitant d’envoyer au visage la fumée apaisante. Mais dérangeante parfois pour ceux qui n’avalaient pas de ce spectre gris d’habitude.

- Bonne observation, Sappa Inca Sumainka est le titre complet qui est dû de droit divin à ma personne. Roi des Incas, du Brésil. Divinité sous une enveloppe de chair.

Il reprit un peu de sa feuille se consumant. Ses cicatrices brillantes comme les flammes du Phénix confortaient encore plus le peuple Inca dans sa croyance mettant les dirigeants comme étant des dieux.

- Les livres parlent déjà de moi ? L’Occident me flatte, ce qui est presque étonnant.

Sourire amusé, en coin.

Il fit signe à sa troupe d’avancer, il suivit le mouvement. Faisant aussi un geste à l’adolescente afin qu’elle se mêle à leur groupe.
Le Roi comptait avancer, et vérifier aussi par lui-même si Inti avait laisser un tel objet dans un temple datant d’une ancienne dynastie. Pourquoi ne pas avoir remis ce trésor aux constructions érigées par les ancêtres de sa lignée ? Peut-être était-il tant de faire un peu de ménage.

- Allons voir ça.

Un regard au prêtre, et ce dernier fouilla dans ses sacoches. L’une renfermait le breuvage permettant à Sumainka de ne pas demeurer enfant après ses blessures, et donc de reprendre sa forme initiale une fois le soleil du nouveau jour relevé. Une fois qu’Inti se lève.
L’autre sacoche contenant des éléments sacrés servants à pratiquer des rituels, des incantations afin d’invoquer la bienveillance des dieux pour leur représentant de chair, Sumainka.

Un moustique se brûla à une des cicatrices brillantes telles des cendres du dirigeant brésilien. Ce dernier ne le sentit pas, mais il ne comprenait pas pourquoi tant d’insectes semblaient les coller.

Bientôt le temple se montrait, en ruine, délaissé. Les Incas pouvaient y remarquer la patte du temps passé, le Roi afficha un sourire intéressé. Sûr de lui.

- Ofelia, pourquoi ce miroir vous attire ?

Demanda Sappa Inca Sumainka avant de gravir les marches qui s’offraient à la suite de l’expédition.
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Ofelia Ay
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✦ Double-compte : Jan / Louie

Mar 22 Déc - 18:34


Le miroir ardent d’Inti

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Inconsciente de la perspicacité du conseiller à son sujet, Ofelia avançait, encouragée par les propos, et l'attitude de Sumainka. Curieuse de connaitre son rôle au sein de ce pays, elle lui souriait avec hésitation, le regardant fumer cette drôle de feuille après en avoir chassé la limace. Il avait une certaine prestance nonchalante à laquelle les européens ne l'avaient pas habituée. Elle en était fascinée.

Mais la jeune espagnole se figea bien vite. Le regard exorbité, le visage un peu blême. Elle s'était attendue à un statut digne d'un général. Pas à cette vérité là.

Le roi. C'était le roi de ce pays. Le roi de tous les brésiliens qu'elle avait rencontré jusqu'ici, de tous les incas. Elle qui venait d'un orphelinat de Scandinavie, qui n'avait jamais rencontré plus riche que quelques bourgeois, voilà que sa première véritable confrontation en terre étrangère se faisait avec le dirigeant en personne.

Une divinité même, respectée pour sa magie, pour sa naissance. Etait-il enchanteur comme l'était son cher père Noël ? Elevée dans la foi catholique, éduquée dans la crainte du spiritisme et de la sorcellerie, elle faillit commettre l'impair de le questionner au sujet de ses Dieux païens. Mais craignant de le froisser, et incapable au fond de savoir si ses propos étaient fondés, Ofelia ravala sa langue, baissa à nouveau le nez, toute interdite.

Avant de chuchoter.

« C'est un honneur d'être conduite au temple d'Inti par l'un de ses descendants. Car c'est bien ce que les livres disent à votre sujet ? Que vous êtes le fils de ces dieux, ou leur réincarnation. Excusez moi si je me trompe. Ma mémoire n'est pas très bonne et j'ai lu tant de livres parlant des royaumes d'Ailleurs que les mythologies s'entrecroisent dans mes souvenirs. »


Au-dessus d'eux, le ciel commença à se couvrir. Quelques nuages clairs tout d'abord, qui finirent par grisonner, s'assombrir. Apportant avec eux les pluies humides d'un été indien. La chaleur s'intensifia, étouffante. Et Ofelia s'éventa avec sa main dans le but de se rafraichir.

Un moustique grésilla à la peau de l'inca. Et elle observa le phénomène, opinant mentalement du chef. C'était définitivement un magicien, comme son père. Un homme possédant des pouvoirs puissants - et pourquoi pas ? N'était-elle pas maudite elle-même ? N'avait-elle pas vu, de ses propres yeux, des trains de bois voler quand son père faisait tout pour l'enchanter dans ses moments de tristesse.

Et de se rappeler de ces tonitruants et rassurants « Oh oh oh » l'émotion vint lui piquer le nez.

« Ainsi donc c'est vous, le phénix. » Et pour assurer ces propos, la pluie se mit à tomber tandis qu'ils grimpaient les escaliers de ce temple en ruine. Une goutte grésilla sur les cicatrices vives du dirigeant. Et Ofelia oublia sa joie d'être bientôt face au miroir ardent pour guetter la fumée qui lui sortait de la peau. « C'est extraordinaire tout de même. C'est bien la première fois que j'ai la chance de rencontrer un puissant. »

Et toute heureuse, y voyant comme un signe, elle répondit à sa question.

« Je n'ai pas beaucoup de chance en vérité. Cela depuis que je suis enfant. Je traine la guigne comme une autre valise. Et cette guigne se colle à ceux qui m'approchent. Moi je ne peux rien y faire. Mais je rêve souvent d'un miroir qui saurait briser ce mauvais sort. Je serais bien heureuse, si cela arrivait. »


La pluie s'accentua soudainement. Et la boue sur son menton glissa, en larmes épaisses, jusqu'au col de sa robe noire. Vivement, elle éternua.

De la chance certes, mais pas non plus à chaque fois.



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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mer 23 Déc - 10:00

Les paroles dites montraient une bonne éducation, du moins, une bonne conscience du reste du monde. Un avantage que certains ne pouvaient pas se vanter. Pour le peuple Inca, peuple qui se voyait au-dessus des autres, la confrontation avec le monde d’Occident pouvait donner l’impression de parler à un mur. Autant dans les deux camps. Le Roi est un fervent conservateur en réalité. Conforté dans ses idées par les images que le reste du monde lui renvoie.

Mais revenons sur la jeune fille, qui serait adulte selon la vision du Brésil. Revenons sur les dires prononcés.
Le Seigneur des terres du Soleil acquiesça.

- Le Peuple Inca est descendant du Soleil, Inti.


Une jeune étrangère plus cultivée que des grands du monde d’où elle venait. Il y avait peut-être une chance dans le futur, pour ces pays, de dorer un peu leur image. Peut-être. Rien n’était sûr. Encore moins avec la tête de mule que pouvait être le Phénix des mortels.

Le Roi releva la tête en voyant la divinité dorée se cacher derrière les nuages sombres. Un changement aussi radical, il tourna la tête, s’adressant du regard à ses hommes. Ils semblaient aussi surpris que lui. Un signe des dieux ? Le Roi n’y croyait pas. C’était lui, le dieu.
Celui qui portait le feu du Phénix sacré en lui.

Il se reconcentra sur les marches.

Aux mots qui suivirent, venus d’Ofelia, ceux d’avant qu’elle réponde, puis la réponse, Sumainka adressa un autre sourire discret parmi ses parures et peintures. Elle parlait de choses intéressantes.

La pluie, il la remarqua. Il entendit le bruit de l’eau mourant sur ses cicatrices à jamais brûlantes et brillantes. Le voilà qui fumait d’une eau fantôme, il en avait même abandonné sa feuille de coca. Trempée, elle ne servait plus qu’à être mastiquée.

L’entrée se montra, des colonnes sculptées, racontant l’ancienne dynastie. Celle-ci était plus vieille que celle de Sappa Inca et Coya. Un reversement de pouvoir passé ? D’où l’intérêt de laisser le bâtiment abandonné. Le Roi se demanda si les Incas de ce temps passé n’avaient pas craint des représailles de la divinité ? Il s’agissait tout de même d’Inti.
Puis, Sappa Inca Sumainka se souvint du temple choyé que la dynastie dont il était issu avait bâti et couvert d’or. Avant d’abandonné, ils avaient sans doute offert le nouveau domaine à Inti. Si ce dieu adressait ses foudres au peuple du Brésil, jamais ils n’auraient pu s’affirmer face à l’Espagne.

Arrivé dans l’entrée, le Roi observa rapidement les lieux. Fixant l’obscurité, mais cette nuit ne dévorait pas la lumière habitant les marques du dirigeant.

- Le miroir, son existence n’a pas été prononcée.

Il se tourna vers Ofelia, il vérifiait ses dires dans le regard du prêtre qui accompagnait la troupe et qui, en arrière, commençait un rituel demandant à Inti de leur permettre d’entrer dans l’ancienne demeure.

- Mais par ignorance de son existence, alors peut-être vous le trouverez et nous le verrons aussi.


Ses yeux un peu jaunâtres se portèrent sur l’extérieur presque invisible, car couvert par la pluie battante.

- En général, la malchance n’est pas une amie à emporter dans un temple. Parfois les pièges se réveillent. Qui sait ? Peut-être les fantômes de l’ancienne dynastie n’ont pas été correctement enfermés dans les têtes réduites.

Un sourire presque arrogant, le Roi Phénix était un guerrier. Et cela ressemblait à un défi qui ne ferait qu’accroître sa grandeur. Le Roi et guerrier Sumainka pouvait même battre les temps anciens qui n’appartenaient pas encore à sa famille. Cela ne pouvait qu’appuyer encore plus sa puissance de dieux.

- Le Phénix peut se battre contre le passé, malchance ou non, il renaît de ses cendres. Mais est-ce que vous, Ofelia, êtes assez déterminée ? Un trésor Inca ne s’acquiert jamais facilement. Même l’Espagne n’a pu obtenir les terres des Incas.

Air arrogant envers le défi qui se montrait, mais qui visait à voir tout sauf la résignation de l’étrangère. Mais quelque chose disait au Roi qu’elle n’allait pas reculer.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
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Mer 23 Déc - 12:39


Le miroir ardent d’Inti

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Son attitude pouvait prétendre à l'arrogance, par sa dignité, sa démarche et la manière dont il observait ses hommes et le monde qui l'entourait. Mais loin de s'en agacer, Ofelia était profondément impressionnée par l'apparence du Roi, par ce qu'il extériorisait dans son paraitre plus que dans ses mots. Et elle sourit, à la fois amusée et soulagée de l'avoir croisé au détour de la jungle, affrontant à son tour l'obscurité du temple en ruine, tandis que l'orage, derrière eux, se mettait à rugir.

Bien que nerveuse de sa réaction, elle fut soulagée par ses propos, délicats et compréhensifs malgré la situation. Peut-être ne se pensait-il pas la victime potentielle de son mauvais sort, et elle se garderait bien de le détromper. Car malgré son honnêteté et son absence de malice, Ofelia demeurait convaincue de l'utilité du roi à ses côtés. Non parce qu'il pouvait lui servir, mais parce qu'à avancer ainsi, comme une égale ou une invitée, elle se sentait protégée.

« Si ma démarche peut vous aider à trouver l'un des trésors de votre ancêtre divin, cela serait merveilleux, votre Altesse. »
Éternuant une nouvelle fois, elle sortie de sa poche un mouchoir de tissu miraculeusement épargné. Et essuya délicatement son nez parmi des broderies de boule de noël. Le coton sentait encore l'odeur de pain d'épice et de cannelle de l'orphelinat. Et elle l'inspira, malgré ses yeux humides du rhume qui se profilait. Pour se donner courage.

« Je savais bien que je risquais de croiser des pièges. Il existe en Egype des temples inviolés où repose les Pharaons des siècles précédents. Et pour préserver leurs tombeaux de l'assaut des voleurs, ils ont installé de nombreuses pièges. J'ai voulu lire la description de certains d'entre eux, mais pour les connaitre, il a bien fallu en être la victime. Tout cela m'a glacé le sang. »


Puis à nouveau plus bas, jetant un regard en arrière sur les hommes, surpris par la pluie, qui les secondait, elle continua.

« J'espère ne pas risquer votre vie ni celle de votre délégation, votre altesse. »
Pourtant, Sumainka semblait prendre l'aventure pour un défi personnel, au vu de son sourire confiant. Si elle voulu croire en la toute puissance de sa magie, Ofelia se permît une prière, jamais inutile dans ce genre de cas. Dieu s'était peut-être détourné d'elle, et jugerait sans doute durement celui qui se prétendait son égal dans ses croyances païennes, mais si, comme elle en était persuadée, Dieu était un grand sorcier, alors peut-être se montrerait-il clément et éviterait que sa malédiction ne leur cause trop de soucis.

Dieu, parfois, était mystérieux. Et incompréhensif. Mais Ofelia gardait espoir. C'était bien là tout ce qui lui restait avec sa détermination.

Aussi, c'est innocemment mais profondément sincère, qu'elle répondit à Sumainka :

« L'Espagne n'a pas été bien bonne, ni envers vous, ni envers moi. A vous, ils vont essayé de vous conquérir en vain. Et à moi, ils ont préféré me chasser et en me promettant de me condamner si, par malheur, je tentais de revenir au pays. Alors peut-être qu'Inti acceptera de me montrer son miroir. Puisque je ne veux rien posséder ici. J'attends simplement une aide. »


Croisant les doigts sur sa valise, elle se tourna à nouveau vers l'entrée du temple. Éclairée par la lueur diffuse et rassurante des cicatrices brûlantes du Sappa Inca.

« Ce n'est pas seulement pour moi que je le fais. Mais pour tous ceux que j'ai blessé avec ma malchance. Mon père. Les enfants de l'orphelinat. Et tout ceux que je croise, et croiserai sans doute si je ne fais rien pour y remédier. Pour eux, je dois avancer. Et en votre compagnie, votre altesse, je sais que je serais bien entourée. Même si moi, je n'ai rien d'un phénix et ne saurait pas renaître. Au moins aurais-je tenté d'accomplir quelque chose de bien. »


Et elle partirait avec la seule déception de ne plus jamais revoir Nikolas. De ne plus entendre son rire, de ne plus se cacher dans son atelier, rester entre ses jambes au son de ses outils qui taillaient le bois, s'endormir contre ses pieds comme dans un berceau de duvet, avant de se réveiller à l'odeur alléchante d'un chocolat chaud à la crème.

Pouvait-elle lui demander, à ce roi étranger, de prévenir son bienfaiteur de sa disparition si quelque chose se passait mal au sein du temple d'Inti ?

Ofelia n'osa pas. Et attendit simplement le signe du prêtre qui, rouvrant les yeux, autorisa le passage à l'intérieur du temple. Par réflexe, elle voulut tendre la main pour saisir le bras du phénix. Mais se rappelant rapidement son rang et son pouvoir, elle demeura tête basse, ombre noire et boueuse parmi d'autres ombres. Le regard effarouché d'une biche aux abois. Mais ses pas continuant d'avancer dans la bonne direction. Celui de son possible salut.



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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mer 23 Déc - 14:15
La conscience de ce dans quoi elle s’aventurait semblait être présente dans l’esprit de l’étrangère.
Bien, la détermination demeurait. Il fallait être digne pour se présenter ou se dresser face aux dieux, leur donner envie de voir les vivants évoluer. Ils n’ont que faire des lâches.

- Les Pharaons et nous avons des points communs, nos origines pourraient s’être croisées il y a de ça bien des millénaires. Le Soleil est présent autant pour nous que pour eux.

Les pensées du Roi dépassaient son esprit, il se demandait comment leurs peuples auraient pu se mêler. Seules les plus anciennes dynasties pouvaient y répondre, et cela remontait déjà bien loin. Plus loin que le temple qu’ils foulaient à ce moment. Mais là n’était pas question d’Histoire, là n’était pas question d’un déluge que les ancêtres avaient pu prévoir. Là n’était pas question de l’origine de la famille de Sumainka et des différentes autres. Cependant, les malédictions demeuraient le péché-mignon des Egyptiens et des Incas. Non ? Du moins, de leurs dieux.

Les paroles d’Ofelia montraient de sa volonté, selon le Roi en tout cas.

Il acquiesça donc les mots. Et s’enfonça un peu plus. Avec la bénédiction d’Inti.
Le bruit de la pluie résonnait, et le jeune Roi observait les murs, les écrits. Il pesta en Quechua lorsque la nuit lui semblait trop sombre pour les fils du Soleil. Il fit signe à un de ses gardes, celui qui portait les torches alors que les trois autres ne s’occupaient que des armes, d’allumer.
Pendant que l’homme cherchait s’il y avait des brasiers à faire revivre. Sumainka s’occupa à nouveau de son invitée, si on pouvait le dire ainsi.

- Pour une cause aussi ensoleillée, que sans doute ma sœur aurait béni en plus, l’essence de la Terre ne peut que vous encourager.


La lumière vint, suivant la longueur du mur droit, une ligne de flammes. Cette structure était étonnement en bonne état, mais sans doute pas pour longtemps. Les gardes se partagèrent déjà les torches afin de les allumer lorsque la ligne de feu disparaîtra de son perchoir mural.

- Il n’est pas obligé d’être un phénix pour accomplir de grandes choses, parfois les axolotls permettent la survie d’un peuple.

Peut-être la jeune fille ne pourrait pas comprendre, mais le Sappa Inca se permit de parler de ce petit être au vue de la connaissance d’Ofelia. La Légende disait que le Roi Inca pourrait se transformer en axolotl pour fuir si son peuple était pris d’assaut. Cependant, cela là ne serait pas un pouvoir accordé afin de préserver la vie du souverain, mais plutôt afin qu’il puisse revenir et récupérer son dû.
Certes, Sumainka ne se transformait pas en ce petit être.

Il faisait de plus en plus frais, et bientôt d’autres escaliers se montrèrent, invitant à descendre. La pluie se faisait plus lointaine encore, et le dirigeant ne trainait plus avec lui cet halo d’eau s’évaporant.
Il fit tourner son épée à dents, confiant.

La sensation de ses vêtements mouillés le dérangeait, mais impossible de s’y attarder. L’entraînement serait bien plus intéressant que ce qu’il avait imaginé. Coya aurait exprimé son désaccord peut-être, ou peut-être pas. Elle était aussi insouciante qu’une enfant après tout.
Le Roi observa les murs, il s’intéressa à celui qui s’opposait à la lumière, celui de gauche.

Il observa jusqu’où allait la ligne de flammes, elle descendait encore, montrant les marches. Pas encore de piège ? Pas sûr. Les lubies variaient suivant ceux qui bâtissaient les temples en questions. La famille de Sumainka avaient de préférence nettes en lien avec la magie.
Le Roi ne put se retenir de tchiper.

- Il y a étrangement peu d’or sur ces murs…

Soit les codes architecturaux de la dynastie possédant ce lieu gardait l’or à l’intérieur plutôt que dès le début, soit les lieux avaient déjà été profanés. Le souverain n’aimait pas ça, mais appréciait si des cadavres leurs montreraient de par leur mort l’emplacement des pièges, ou des sortilèges.

Sumainka ne voyait pas de trace particulière, il décida alors de longer le mur. Epée face à lui, il ne ressentait pas encore la magie des lieux, lui qui baignait dans un pays favorisant l’essence de la Terre.

- On peut y aller, le temple nous avalera, mais nous digèrera une fois dans son ventre.


Il tendit la main à la jeune fille qui ne se débarrassait jamais de sa valise, c’était qu’il sentait qu’il allait s’amuser. Et les dieux aussi.

Heureusement qu’il avait pensé à faire porter ses têtes réduites par un des gardes, elles devraient au moins aspirer les esprits vengeurs.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
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Mer 23 Déc - 15:22


Le miroir ardent d’Inti

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Les connaissances d’Ofelia étaient malheureusement limitées. Aussi demeura-t-elle perplexe à la mention de l’Axolotl. Selon les paroles du roi, cet animal, de petite taille, avait une mission essentielle au sein de la mythologie inca. Sumainka essayait-il de lui faire comprendre son importance au sein de sa propre existence, de lui redonner foi en sa destinée ? Ofelia l’ignorait mais était tout de même reconnaissante de cet effort. Et elle le remercia dans un dernier murmure avant d’observer les murs à son tour. Des écritures se succédaient, dans une langue étrangère ornée de petits dessins. La ressemblance avec l’Egypte était flagrante dans ces ornements, ces peintures narrant l’histoire d’Inti. Ses yeux verts cherchèrent une trace du miroir ardent, sans la trouver. Et à son tour elle tendit la main pour caresser la fresque, récoltant seulement de la poussière humide, noire, semblable à de la cendre.

Voyant Sumainka armé de son épée, son regard se fit inquiet. Sa malchance pouvait blesser le roi d’un simple geste malheureux. Elle ne craignait pas la maladresse du seigneur, ce dernier semblant aguerrit aux préceptes de la guerre. Seulement l’éclat aiguisé des dents de son sabre, et du hasard.

Au tchipement familier, qu'elle commençait à apprécier, l'apprentie sorcière revint se placer à ses côtés, le visage éclairé par les nombreux flambeaux allumés par les gardes. Le prêtre semblait l’affut du moindre signe divin venant du temple en ruine et le fait qu’ils demeurent en retrait la conforta dans l’idée que seul Sumainka pouvait réellement affronter le danger présent entre ses murs, la défendre. Ses gardes comptaient sur le pouvoir du Phénix pour vaincre une présence spectrale. Elle pouvait en faire de même.

« Croyez-vous que des voleurs ont pu s’aventurer jusqu’ici pour voler et vandaliser ce lieu ? » Des espagnols ou des ennemis du peuple Inca. Levant les yeux au mur, elle chercha une trace d’or à son sommet, n’en trouva pas.

Et prit conscience de la main tendue du roi. Troublée, elle sembla hésiter, vacillant sur ses jambes. Tremblant autant de froid que de nervosité. Mais aussitôt elle raffermit sa prise sur la poignée de sa valise, et tendit sa main gauche au phénix, liant ses doigts aux siens. Sa paume était chaude, presque brûlante. Elle se rapprocha donc machinalement pour profiter du feu sacré qui pulsait en lui, pensant confusément au feu de cheminée de l’orphelinat. Ses vêtements étaient aussi trempés que les siens, remarqua-t-elle tristement.

« Faites attention votre altesse… »
Lui recommanda-t-elle d’une voix douce, concernée par son bien-être. Les gardes derrière eux, à quelques pas seulement, ils entreprirent de descendre une à une les marches de l’escalier. Consciente qu’elle pouvait trébucher et glisser à tout instant, entrainant ainsi Sumainka, elle fit attention à chacun de ses pas tandis que l’obscurité s’essayait à les avaler.

Certaines marches étaient fissurées. Des racines en sortaient, comme un nœud de cheveux, une main de verdure aux doigts fourmillant sur le sol en quête de vie. Des lianes tombaient du plafond, effleurant leurs cheveux, peu à peu entremêlées d’épaisses toiles d’araignée. Peu impressionnée par ces dernières, Ofelia souffla pour les écarter. Guettant le saut ou la morsure d’une mygale. Relevant donc la tête elle ne vit pas le carré plus sombre devant elle.

Posa son pied dessus. L’enfonça dans un clic.

Et poussa un cri, levant sa valise aussi vivement que les murs se percèrent pour laisser passer des flèches empoisonnées.

Deux s’enfoncèrent dans la malle, rouge. Plutôt que dans le cou de Sumainka. Et Ofelia, agitée de spasmes nerveux, les lèvres béantes de bégaiement sourds, rabaissa avec prudence sa valise.

« Oh mon dieu » Chevrota-t-elle. « Vous n’avez rien ? »





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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mer 23 Déc - 18:25
Assuré, la marche commença dans la gorge du temple.

- Possible, mais les cadavres devraient alors nous montrer les pièges. Peu sont capable d’en sortir vivant sans la bienveillance du temple lui-même et des dieux.

Ils s’agissaient de trésors qui n’appartenaient directement à Sumainka, puisque placés en ces lieux durant un autre règne. Cependant, s’y aventurer et vaincre le défi, c’était aussi s’approprier de manière juste le tribut.

Puis la mise en garde de la jeune fille était justifiée, même si la source de danger était du même peuple qu’eux –mis à part l’étrangère- il ne fallait pas baisser la garde.

Puis un claquement, des gestes rapides.
Les gardes levèrent leurs petits boucliers circulaires, il fallait privilégier la défensive sur l’attaque. Le prêtre demeurait toujours en arrière.
Quant au Roi, il put lever le sabre de manière détourner une ou deux flèches. Il n’avait pas compté. Puis il vit les deux autres plantées dans la valise rouge. Un rire.

- Elle a de bons réflex pour une occidentale. Aucune nouvelle cicatrice n’est apparue.

Il ne donnait jamais raison au monde extérieur, les Incas étaient supérieurs. Mais il avouait qu’Ofelia avait bien réagi.

- La balance s’équilibre. La protection par la bénédiction d’Inti et vos malheurs, on arrive à une force neutre.
Le Phénix mortel observa par où ils étaient passés, la dalle.


Un des gardes fit remarquer à son grand chef que les flèches étaient empoisonnées, à en juger par l’odeur très acide.
La chose se montrait peu docile, un défi haut mais qui avait donc de l’intérêt.

Le Roi des Incas observa le chemin obscur qui s’offraient à eux, il voulu déchiffrer les gravures sur les murs en mauvais états, mais il s’agissait d’un vieux langage. Un dialecte ancien du Quechua actuel.
Il se retenu de tchiper cette fois-ci. Il ne put que retenir un signe, celui de la « Terre ». Le regard reparti au sol, vers cette fameuse dalle.

Il s’adressa ensuite aux autres âmes.

- Là, ça le signe de la « Terre ».

Sumainka désigna ensuite de son sabre la pièce de pierre qui avait déclenché les flèches.

- C’est au sol que les interrupteurs sont… du moins, pour cette zone.

Un temps, il ne faisait que supposer. Il fallait bien que ceux qui s’occupaient du temple par le passé, puissent se déplacer dans ces lieux sans risquer de mourir. Des aide-mémoires étaient nécessaires.

Il attendit un les approbations des gardes et du prêtre. Il adressa aussi un regard à Ofelia, faisant comprendre qu’il lui demandait aussi son avis. Là se jouaient leurs vies à tous. Ils devaient tous avancer dans la même pensée. Les gardes suivaient les dires du Roi, et l’homme des dieux scrutait avec grande attention les écrits.
Il parla dans sa langue natale, Sumainka afficha un air dubitatif, puis il traduit pour la jeune fille.

- Il a dit qu’il pensait qu’il faudrait sans doute s’attendre à voir des mots différents selon les lieux. En gros, qu’il va nous falloir chercher les mots qui nous sauverons la peau sur les murs.

Un temps observant vaguement les autres écrits anciens.

- Mais vous, qu’en pensez-vous ?

Il demandait l’avis de l’étrangère. Voilà qui fit naître de l’étonnement, mais cohérent. Sumainka aurait sans doute choisi de se servir de l’étrangère comme d’un bouclier si elle avait manqué de respect. Pas un respect d’étiquette, ça c’était pour les Occidentaux, mais un simple respect du pays sur lequel ils avaient leurs pieds.
Pour le moment, il l’aimait bien cette Européenne.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
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Mer 23 Déc - 19:37


Le miroir ardent d’Inti

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Le rire de Sumainka ne la détendit qu’à peine et à gestes tremblants, Ofelia arracha de sa valise les deux flèches, prenant garde de les saisir par les plumes et d’éviter la pointe toujours empoisonnée. Elle était véritablement fâchée de voir ainsi le bagage offert par Nikolas être abimé de la sorte. Mais il valait mieux que cela soit cet objet qu’un être humain. Se tournant pour observer les gardes après avoir jeté les deux fléchettes à terre, soulagée de voir qu’aucun d’entre eux n’avait été touché, elle dégagea son pied de la dalle, laissant le roi l’observer avec une attention accrue. Ses paroles lui firent lever un sourcil sceptique, mais encouragée par la pensée d’une bénédiction positive sur le temple, Ofelia finit par sourire.

« Vous pensez réellement que cet équilibre est de vigueur ? »
Cela expliquait l’absence de blessure sur son altesse et son cortège. Sa rapidité de réaction, elle qui n’avait jamais eu d’adresse. Encouragée, elle se pencha à son tour sur la dalle. Et fouilla le sol prudemment, écartant de la pointe de sa semelle des amas de feuilles mortes et de poussière qui leur masquaient la vue.

« Vous avez raison votre altesse ! J’en vois un autre ! »
Mais la lumière n’était pas suffisante pour distinguer les autres clairement. Aussi revint-elle vers les gardes, enjambant un autre interrupteur de pierre, comme Sumainka l’avait si justement nommé.

Le prêtre parlait en quechua, aussi demeura-t-elle silencieuse, consciente que sa place d’étrangère ne lui donnait pas la possibilité de s’investir dans l’échange. De plus, Ofelia ne se trouvait pas assez intelligente pour formuler un commentaire correct sur la situation. La peur lui faisait encore battre le cœur à tout rompre, mais elle se sentait toute chose, comme en proie à une autre nervosité digne des matins de noël. L’excitation de savoir qu’elle touchait certainement au but.

Ayant vécu son enfance à l’orphelinat, le quotidien ne manquait pas d’événements magiques, de par sa formation et de l’attention de son bienfaiteur. Mais jamais, non jamais, elle n’avait vécu une telle aventure auparavant. Et cela lui plaisait, épanouissant son visage d’un nouveau sourire radieux quand Sumainka, se tournant vers elle, lui résuma les injonctions du prêtre et demanda à connaitre ses pensées.

« Votre altesse est trop bonne de me demander mon avis. »
Avec une autre petite révérence, Ofelia se prit au jeu de la réflexion. Pinçant un peu les lèvres, pensivement, elle opina du chef. « Je pense que vous êtes les plus à même à connaitre les pièges de ce temple et les indices qui sauront les éviter. Inti a fait de sa demeure un tombeau pour ceux qui oseraient lui manquer de respect et profaner son lieu de culte. Mais ici, nous venons en paix. Nous ne cherchons rien à voler. Alors je pense, oui je le crois sincèrement, que nous saurons avancer sans crainte si nous demeurons ouverts aux choses sortant de l’habituel. »

Et ce fut à son tour de lui tendre la main. Le regard à peine plus brillant, les joues marquées de rouge. L’adrénaline lui courait dans le sang sans pour autant la pousser à l’imprudence. Elle laissa les gardes les éclairer, et recommença à avancer sans attendre la poussée de Sumainka.

Evitant une dalle, puis une autre. Grimaçant quand une nouvelle toile d’araignée s’accrocha à sa chevelure dénouée, la salissant d’autant plus. Avec ce rideau blanchâtre, elle paraissait presque spectrale aux côtés du phénix. Mais guidée par la lumière de ses blessures, elle put descendre les escaliers sans encombre.

Faisant alors face à un couloir divisé en quatre branches. Quatre routes potentielles pour un seul miroir. Trois qui les guideraient vers une mort certaine s’ils ne faisaient pas attention. Les dessins étaient plus effacés ici, brouillés par l’humidité de l’air. Et quand Ofelia baissa les yeux, elle fronça les sourcils de voir les ombres tanguer, comme si le sol, au lieu d’être fait de pierre, était une mer noire agitée.

Puis elle comprit.
Des chenilles.

Des centaines, voire même des milliers de chenilles venimeuses couraient sur le sol, dévoraient les racines insolentes qui tentaient d’envahir le territoire. Et grimpaient déjà les dernières marches dans leur direction, levant leurs têtes aveugles vers ces incongrus invités.





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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Sam 26 Déc - 19:00
Et la quête poursuivit. Le Roi suivit en acceptant évidemment la main tendue vers lui. La petite offrait après tout un entraînement des plus intéressant au Phénix. Enfin, « petite ». Il ne pouvait pas s’empêcher de la voir comme une enfant alors qu’elle avait l’âge de sa femme lors de leur mariage. En fait, c’était peut-être dû au fait qu’elle soit des pays d’Occident. L’inhabitude d’en voir au quotidien peut-être. Qu’importait ? Rien. En fait, ce n’était absolument pas ce qui trotta dans l’esprit de l’Inca. Ce qui lui trottait dans l’esprit avait surtout le nom de « pièges ». Voilà ce à quoi il pensait réellement, et les avis des différentes personnes ici donnaient des points de vue à ne pas mettre de côté. Beaucoup était possible sur les terres de magie. Les temples renfermaient des mécanismes, mais ces derniers n’avaient rien de la technologie qui prenait de plus en plus d’envergure sur les pays étrangers.

En fait, ce qui inquiétait le Phénix des mortels se tournait sur la puissance magique qui pouvait se terrer dans les ombres de l’ancienne maison d’Inti.

Puis vint la suite.
Quatre couloirs. Sans aucun doute, l’un deux serait le bon. Alors que les autres les dévoreraient. Mais est-ce que le temple lui-même s’en prendrait à des personnes appartenant à son monde ? Celui des Incas ? Possible. Puisque ce temple venait d’une dynastie qui avait peut-être été annexée par celle des ancêtres Sumainka. Peut-être que non ? On ne le savait pas et on ne pouvait pas non plus le prédire.

Le sol.
Ce n’était pas des dalles cette fois-ci, mais des chenilles. Elles avaient l’air vorace. Sappa Inca Sumainka fronça les sourcils à cette vue, avant de lever les yeux d’un air grave sur les différents chemins.

- Il faudrait les brûler. À en juger par leurs couleurs, le venin doit les habiter et se propager sur leurs ennemis par le simple touché.

Un ton monotone, mais sûr. Ce n’était pas un jeu à ce moment. Et puis, impossible de savoir quel chemin emprunté, et courir bêtement n’aiderait en rien à leurs chances de survie.
Sumainka fit signe à un de ses hommes de s’avancer avec la torche. Il ne vit aucune inscription sur les murs, aucune inscription lisible.

- Est-ce que ces temples d’avant étaient construits comme ceux que nous connaissons aujourd’hui ?

Question qu’il adressa à nouveau au prêtre qui laissait son regard vaguer sur les alentours avant de répondre à son roi. Il répondit dans un espagnol avec un fort accent que si les dynasties avaient pu changer, les temples, eux, et les traditions demeuraient les mêmes dans leurs fondements. Mis à part les détails de goûts sur l’esthétisme.
Le prêtre avait bien voulu épargné au roi de devoir traduire pour Ofelia, mais maintenant, le dirigeant Inca observait les possibilités et la mer d’insectes qui montaient à eux.

Il fallait se dépêcher.

Les racines ne semblaient plus aussi divertissantes que les humains, et dieu, qui se présentaient en ces lieux.

Il tenta de se souvenir si les ceques avaient quelque chose à voir avec ce stade du chemin, mais le nombre élevé n’aidait en rien face à quatre possibilité. De plus, impossible de savoir si le calendrier était d’actualité lors de la construction du temple.

- C’est le deuxième en partant de la gauche. C’est sur celui-ci qu’il faut miser, parce que ce nombre est la fin du nombre de ceques. En divisant on trouve la source, donc en divisant les deux partenaires, on obtient la source : Inti.

Il chercha tout de même l’approbation du prêtre, on lui avait appris que ce genre de situation revenait aux yeux des hommes servant les dieux.
La logique émise était satisfaisante apparemment. Restait plus qu’a espéré que l’architecture correspondait à ces lubies religieuses et traditionnelles. Que l’on retrouvait aussi dans le Dôme d’Or.

Le Roi était confiant, et peu importe ce qui les attendrait, il saurait l’affronter.
Mais le problème pour le moment se constituait des chenilles. Bien qu’il faille savoir tout de même vers où courir.
Ce fut toujours aussi déterminé, que Sumainka se retourna afin de se diriger, prenant garde aux dalles des escaliers, vers les supports qui portaient des lignes de flammes. Il entreprit d’en démonter une partie, un garde vint le seconder disant aux autres de s’écarter.

La sculpture céda et tomba dans un grand bruit au sol. Quelques cendres encore brûlantes s’éparpillèrent au sol de pierre, mais l’épreuve des dalles n’étaient plus à refaire. L’acquisition descendit d’elle-même, par la force de la gravité, le long des escaliers, jusqu’aux bas.
Sumainka laissa échapper un juron en quechua, il n’avait aucune idée de comment il s’était infligé par mégarde une entaille sur le dos de la main gauche avec son arme. Il rangea cette dernière et vit son propre sang brûlant couler un peu avant de voir la brillance de sa plaie qui « cicatrisait ». Un soupir, être le Phénix n’était pas un avantage. Puis il rajeunit un peu tandis qu’il revenait vers ses acolytes dans cette quête.

Le voilà plus jeune de cinq ans. Ce n’était encore pas trop handicapant.

- Avec ça, il faut utiliser les cendres. Les jeter où nous voulons aller, dégager le passage le temps d’attendre l’autre côté. Utilisez aussi les amadous, on en a assez pour en user de cette manière.

Déterminé à surmonter cette épreuve, convaincu qu’Inti ne laisserait jamais les siens mourir en ces lieux, le Roi connaissait l’issue de cette aventure. Avec ou sans miroir, ils seraient en vie quoi qu’il arrive.
Les gardes entreprirent alors de verser des ces cendres sur le chemin qui aurait finalement été choisi.

Sumainka tapota la tête d’Ofelia de sa main sans blessure.

- On trouvera le cœur du temple, et ce ne sont pas des chenilles qui vont nous en empêcher, non ?


Spoiler:
 
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Sam 26 Déc - 19:47


Le miroir ardent d’Inti

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Ofelia eut une exclamation de dégoût à peine étouffée. Et remonta d’une marche, craintive face au nombre de chenilles. Elle était bien plus effrayée par leur poison potentiel que par leur présence au grand nombre, n’étant pas du genre à sourciller face aux insectes ou autres créatures rampantes qui apeuraient les jeunes filles de l’orphelinat. Et les sourcils froncés, elle se demanda comment passer au-dessus de cette masse grouillante sans se blesser.

Fort heureusement, Sumainka eut la solution. Tout aussi nonchalant, voire laconique, il donna ses ordres pour brûler ces bêtes. A ses réflexions concernant le chemin à prendre, Ofelia laissa, là encore, le prêtre parler et donner ses idées. Elle n’était pas au fait de l’archéologie Inca, ni de leurs croyances. Et se contenta d’espérer que la bénédiction d’Inti arrive à inverser sa malchance concernant la suite de leur quête. Il y avait trois risques sur quatre de tomber dans un nouveau piège mortel. Mais la quatrième voie ne serait certainement pas plus calme ou rassurante.

Toujours proche du roi, elle le laissa remonter en compagnie de ses gardes. Demeurant aux côtés du prêtre qui, tout en observant les faits et gestes de son altesse, cillait régulièrement en direction d’Ofelia, fixant son visage, ses réactions, et la chose qu’il sentait croître en elle, aura néfaste et noire comme la nuit. L’enfant, malgré son apparente innocente, ne lui inspirait pas confiance. Et posément il se tint prêt à invoquer les dieux et les esprits de son peuple pour la contrer si une attaque devait survenir. Malgré les ordres du Sappa Inca, il ne souhaitait en rien voir cette petite fille occidentale faire face au miroir d’ardent de leur divinité.

Mais s’en tint au silence le plus respectueux. Il n’était pas encore temps d’agir.

Les luminaires basculèrent, enflammant les chenilles après avoir dévalé les escaliers. Un vent chaud vint soulever les cheveux sombres de l’orpheline qui rejoignit Sumainka, un vague sourire aux lèvres. Le chemin fut dégagé par les gardes, et plissant les yeux de manière appréciative sous le geste du phénix, elle finit par remarquer le changement physique de son protecteur.

« Votre altesse… »
commença-t-elle, alors que le prêtre s’approchait, pour contempler la nouvelle cicatrice apparue sur le dos de la main du grand roi. Sumainka paraissait plus jeune, bien que le changement soit infime. Si elle-même faisait parfois plus jeune que ses 16 ans, le dirigeant brésilien semblait se rapprocher de sa tranche d’âge. Une conséquence du feu qui l’habitait sans doute. Mais la coupure à sa main était encore celle de la malédiction pesant toujours sur leurs vies.

Le mauvais sort d’Ofelia n’abandonnerait pas une aussi riche victime. Et cela la désola.

« Est-ce cela à chaque fois, votre altesse ? Vous vous blessez, et vous rajeunissez ? »
C’était un miracle, une preuve tangible de son pouvoir. Mais aussi un fardeau. Au vu du nombre de ses cicatrices quel âge avait-il en réalité ? 95 ans ? Bi-centenaire ? Ou bien retrouvait-il son âge véritable une fois le feu consumé. Renaissant, comme tout bon phénix, de ses cendres à peine froides.

« C’est extraordinaire tout de même. Vous êtes extraordinaire. »
Et elle se promit d’en parler à son père, tout en prenant la route du deuxième chemin.

Les cadavres des quelques chenilles restantes crissèrent sous ses semelles. Dans l’obscurité, le feu du phénix fut un repère. Mais l’odeur humide d’un point d’eau fut soudain parfaitement perceptible. Se concentrant sur chacun de ses pas pour ne pas déclencher un piège, Ofelia ralentit sa marche à l’entente d’un clapotis persistant.

Une lumière, verdâtre, éclairait la fin du tunnel. Et quand ils franchirent ce dernier, déchirant devant eux d’épaisses toiles d’araignée, tous purent voir un immense bassin où les lianes plongeaient, assoiffées.

Des dalles de pierre formaient un chemin qui lui rappela un jeu d’échec, en plus fracassé. La moitié des symboles les ornant étaient effacés et le Prêtre siffla entre ses dents, un son qui prouva à tous qu’il ne pouvait en déchiffrer certains. Ofelia, le regard soudain plus ferme, en délaissa l’enfance et ses craintes pour s’avancer. Sous l’hésitation des gardes qui pensèrent l’arrêter.

Mais elle ne franchit pas la première dalle. S’abaissant vers l’onde, elle fixa l’étendue d’eau, posa la valise à ses côtés. Et l’ouvrit calmement. A l’intérieur, une foule d’objets occidentaux apparurent sous leurs regards. Vêtements, en grande partie. Un livre, de sorcellerie évidemment. Un album photo. Quelques grigris. Fouillant les tissus, le bric à brac de l’orphelinat et ses propres souvenirs ramassés au fil des mois, Ofelia chercha, pesta, et finit par arracher au ventre de la valise un simple bonhomme de neige de porcelaine.

Soufflant dessus, elle murmura quelques mots étrangers, apparemment du russe. Tendit la main vers l’eau. Et y déposa la statue.

Loin de couler, l'artefact se figea. Et à sa base, envahissant peu à peu le bassin, une glace épaisse se forma. Véritable patinoire, scintillante comme un diamant et solide comme la pierre, elle pouvait désormais les laisser franchir ce nouveau pièce en direction de la prochaine salle. Ofelia se garda bien de retirer le bonhomme de neige, se redressa, et fit face au phénix, osant une plaisanterie.

« Votre altesse, prenez garde à ne pas glisser sur la glace, ou votre chaleur pourrait la faire fondre. Si vous voulez bien me donner le bras, je vous guiderais. »


Presque fière d’elle, elle ne remarqua pas le regard soudain noir du prêtre, toujours méfiant. Et ne comprit pas ses mots quand ce dernier s’adressa à Sumainka, en Quechua.

« Cette enfant est née de la magie. Joue avec elle avec insolence. Méfiez vous mon Roi. La magie pourrait se retourner contre elle et nos Dieux la punir pour son arrogance. »





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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 27 Déc - 22:28
Un sourire défiant presque les anciens ayant bâtis ce temple s’afficha sur le visage, en parti décoré de peintures, du dirigeant rajeuni. Son raisonnement marchait, on ne peut duper un Inca sur son terrain.

À l’interrogation de l’étrangère, le Roi acquiesça sans se défaire de son expression outrageusement sûre d’elle.

Chaque fois que la chair du phénix était à vif, à sang, il rajeunirait. Une renaissance en quelque sorte, et il lui faudra boire une préparation spéciale afin de retrouver son âge normal. Et ce, avant que la lune ne se lève.

Et à la remarque sur son côté extraordinaire, Sumainka répondit sur un ton de plaisanterie :

- Evidemment que je suis extraordinaire, ne suis-je pas un dieu ?

Ça l’amusait bien, le Roi.
Au moins, cette occidentale ne dérangeait pas les pensées du seigneur de ces terres magiques. Ce qui paraissait rare, le monde de l’extérieur ne trouvait que peu de grâce aux yeux du Roi Inca.

Ce fut donc d’un pas décidé, sans hésitation, digne d’Inti, que la marche poursuivit jusqu’à la lumière verdâtre. Un tableau étrange, mais qui semblait si familier en même temps.
Le prêtre fit comprendre que les inscriptions étaient indéchiffrables pour lui. Ce qui n’étonna pas la royauté, ils avaient pu constaté que la langue utilisée avait déjà bien trop évoluée entre leurs époques. Mais qui ne tente rien n’a rien.

Il observa à nouveau les alentours, cherchant à nouveau les indices que leurs prédécesseurs leurs auraient laissé.
Cependant, Sappa Inca Sumainka fut tiré de ses réflexions par Ofelia qui semblait chercher quelque chose dans sa fameuse valise de couleur ardente.

Il observa, encore.
Des objets venus des autres terres, celles qui pleuraient sans doute le sang de leur mère, la magie.
Mais il devait tout de même admettre qu’il semblait que des terres comme celles du nord de l’Europe, respiraient encore l’essence d’origine.

Il fut intrigué par ce que la jeune fille sortit, bien que le grimoire restait ce qui était le plus proche des pensées pro magie du Brésil.
Ce qui attisa le plus la curiosité du phénix des mortels, fut le bonhomme de neige en porcelaine. La neige pouvait tomber sur les Andes, mais il n’y avait pas de pareilles petites sculptures. Aussi, le Roi ne devina donc pas qu’il s’agissait d’un bonhomme de neige en fait.

Sumainka observa, encore et toujours l’observation cette fois-ci, la glace se construire sur le terrain qui ne leur permettait pas d’y mettre pied quelque temps auparavant. Un sourire en coin.
Il répondit d’un bref rire amusé à la réplique d’Ofelia, lui donnant alors le bras tout en ajoutant :

- Cette glace est plus sûr que les dalles de pierre.

Sumainka tourna cependant la tête lorsque le prêtre lui adressa ses pensées. Un temps, puis il observa sa guide des eaux maintenant glacées et figées.

- Comment notre peuple a-t-il assis son existence face aux étrangers d’Espagne ? Par notre puissance magique. Ils allaient bafouer nos terres de leur égo, et ce fut l’essence de la Terre qui nous aida. L’essence de la Terre est la même dans le monde. Ce ne sont que les mœurs de ces peuples qui la font souffrir.

Son regard se fit plus dur. Il était le Sappa Inca Sumainka, un grand guerrier, et les cœurs des sacrifiés lui étaient même accordés par les dieux.

- Je suis l’un des dieux, et la magie est sous la protection de la Terre. Réchauffée par Inti. Jusqu’à aujourd’hui, mes pensées ont toujours été une avec celles des dieux. Ce n’est pas la magie, l’ennemie. C’est ceux qui la persécutent ou qui ne savent pas en faire usage correctement.

Un regard à Ofelia avant de faire un geste de la main, demandant au serviteur des dieux de donner le breuvage au Roi.
Ce dernier s’exécuta, dévoilant une fiole emplie d’un liquide épais et rouge extrêmement sombre. Sumainka s’en saisit et le stocka parmi ses vêtements colorés. Pour plus tard, si une autre blessure venait à être faite, ça ne valait pas la peine de contrer les effets de son « don » maintenant.

Le prêtre finit tout de même par un simple « demeurez vigilant, vous n’avez justement pas de preuve qu’elle en use correctement. ».

Le dirigeant se laissa alors guider par la jeune fille, puis après quelques pas concentrés, il regarda en arrière à nouveau.
Dans un espagnol, avec un léger accent, le Roi des Incas ajouta à l’intention du prêtre, lui faisant comprendre dans son regard qu’il lui vouait bien entendu tout son respect.

- Cette magie ressemble à celle d’Ameyal, il y a cette pointe enfantine, qui peut servir à amuser.

Des paroles qui cherchaient plus à tranquilliser le prêtre qu’à le provoquer, le Roi ne jouait pas à la provocation. Il avait toujours été accroché aux traditions les plus anciennes. Mais il ne trouvait pas où les rites et traditions pouvaient ne pas aimer la magie venue d’une étrangère qui, au moins, trouvait grâce aux yeux du dirigeant si peu indulgent envers l’Occident.

La troupe s’avança, doucement, prenant garde aux chutes.

Le Sappa Inca Sumainka fixait l’autre côté, tentant de ne pas perdre l’équilibre.
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Ofelia Ay
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Dim 27 Déc - 23:41


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Le prêtre ne semblait pas confiant et son regard, sceptique, presque froid, se posa sur Ofelia qui en perdit son sourire fier. Pourtant certaine que son tour de magie allait être salué par les brésiliens et notamment par leur Roi, elle fut déçue par la réaction du religieux. Presque mal à l’aise par sa réaction physique, clairement négative. Mais c’était sans compter sur le dirigeant Inca qui, reculant pour se placer presque devant elle en signe de protection, lui apporta son soutien le plus total. Et tendant son bras pour qu’elle puisse le saisir, répliqua toujours en Quechua mais d’un ton assuré qui lui redonna confiance. Sumainka était de son côté – quoique cela soit surprenant au vu de leurs différences. Et le regard d’Ofelia brilla de contentement. A nouveau fasciné par ce puissant qu'elle pouvait côtoyer, respecter et se faire respecter de lui sans qu'il ne fasse mine de la rabaisser à chaque phrase. Il avait l'arrogance d'un chat, la fierté d'un paon, les pouvoirs d'un Dieu, et son indolence insolente avait de quoi la troubler.

Sumainka n'était pas comme les autres.

Ce fut la brûlure d’une cicatrice qui la ramena sur terre. Et prudemment, elle relâcha son bras pour prendre une paire de gants en cuir qu’elle enfila malgré la chaleur humide du temple. Cela serait bien plus utile pour le toucher sans se blesser d’avantage. Ofelia manqua donc l’échange entre le prêtre et le Sappa Inca, comme la vision de la fiole qui l’aurait sans doute fait tressaillir.

Revenant près de la glace, sa valise dans une main, et l’autre tendue vers Sappa, elle murmura doucement.

« Il vous faut glisser, votre altesse. Un pas après l’autre. Comme ceci. »
Et posant pied sur la glace, presque gracieuse, elle se mit à évoluer sur la patinoire, se servant de ses semelles lisses comme des lames d’un patin. L’avancée n’était pas très efficace mais au moins elle l’empêchait de glisser. Aussi revint-elle près de Sumainka et l’aida à avancer, tout en écoutant sa phrase – espagnole cette fois – faisant mention d’un nom qu’elle ne reconnu pas.

Ameyal. Sa sœur peut-être, ou bien son épouse. Sa femme avait sans doute des pouvoirs comme lui-même en possédait, et était certainement considérée comme une autre divinité. Comment le peuple brésilien traitait-il les femmes ? En occident, elle avait pour habitude d’être considérée comme une excentrique, faute à ses vagabondages sans chaperon, mais son jeune âge la protégeait encore. Nikolas l’avait toujours traitée comme n’importe lequel de ses enfants garçons, lui réservant un sort égal en terme de tâches comme en terme d’affection.

Mais les femmes et les hommes étaient différents – naissaient différents. La femme était née de l’homme, et la femme devait se soumettre à l’homme. Devait être mère, avant tout, et accomplir son devoir d’épouse faute de pouvoir s’accomplir. Qu’en était-il en ces terres étrangères ?

Et Ofelia de s’imaginer une dirigeante Inca, forte fière et indépendante. Charismatique et obéie de ses sujets, comme l’était la reine de France ou l’impératrice russe.

Comme elle aurait aimé leur ressembler.

« Vous vous en sortez très bien votre altesse. »
Sous leurs pieds, la glace craqua mais sans se fendiller. Et elle surveilla les gardes d’un regard alerte, à chaque fois que ces derniers manquaient de trébucher. Fort heureusement pour eux tous, il leur fut facile de traverser et de rejoindre la berge d’en face. Un nouveau tunnel se présenta alors à eux, une lumière dorée brillante à sa fin.

Le cœur battant d’espoir, Ofelia se permit de croire qu’elle touchait enfin au but. Et manqua d’avancer, avant que le prêtre ne la devance cette fois. S’approchant près du mur. Décryptant de nouvelles inscriptions.

Semblables aux hiéroglyphes, les dessins à moitié effacés se succédaient, scènes d’empalement atroce qu’Ofelia ne put fixer sans frissonner d’horreur. Là, une pique sortait du sol pour mieux s’enfoncer dans la gorge d’un homme vêtu de plumes. Là, une autre transperçait le dos d’un soldat étranger.

« La route est piégée, votre Divine Altesse. Elles sortiront des dalles si vous n’êtes pas pur. Si votre cœur n’est pas celui d’un descendant d’Inti. »


Sur les dalles en face d’eux, des lettres étaient gravées au sol. L’énigme cette fois était bien plus simple. Celui qui connaissait le nom des divinités par leur ordre d’apparition de la mythologie incas pouvait passer et rejoindre le Miroir.

A celui qui se trompait, la mort était assurée.






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Sappa Inca Sumainka
Lun 28 Déc - 23:00
La traversée de la glace avait de quoi être amusante, mais vite, il avait fallu acquérir à nouveau la concentration.
Les gardes suivaient, le prêtre de même. Le Roi laissa alors le serviteur des dieux examiner et apporter sa connaissance.

Aux paroles dites, le dirigeant du Brésil laissa vaguer son regard sur les murs puis le sol, il fallait simplement appliquer ce que tous fils d’Inti pouvaient. Connaître la mythologie. Encore un sourire se montra sur le visage du Phénix. Les Temples piégés paraissaient comme des lieux mortels et ne visant qu’à tuer quiconque bavait à l’idée d’emporter le trésor. Là n’était que la vision des étrangers. Un Inca sait que les Temples protègent simplement les reliques de leur peuple, ne permettant qu’à ceux de leur sang d’y parvenir. Un enfant, bien éduqué, pourrait s’en aller dans les gorges des maisons des divinités afin de contempler la puissance de ses ancêtres.

Inti veillait sur eux, les temples n’étaient jamais une question de chance. Sans doute, le plus dangereux se résumait aux blessures par inattention, malchance née de la malédiction de la jeune fille à leurs côtés.

Alors Sumainka s’avança, observant le passage, son regard s’éclairait lorsqu’il reconnaissait les noms des divinités qu’on lui contait durant son enfance, celles qu’il avait apprises durant son éducation.
Ce fut donc en quechua qu’il adressa des paroles au prêtre et aux gardes, le seigneur de ces terres voulait toujours rassurer les siens. C’était en partie pour cela qu’il se montrait dur face aux agissement de l’occident.

- Vous savez aussi bien que le Phénix, que le Roi connaît ses leçons par cœur. Prêtre, gardes, si nous sommes encore là, c’est que les dieux le veulent. De plus, ils me laissent les cœurs des sacrifiés qui leurs sont offerts.

N’était-ce pas une preuve d’égalité entre les divinités et le Roi ?

Puis ce fut à Ofelia qu’il parla, en espagnol.

- La guide des glaces va se faire escorter par celui des terres sacrées de la magie elle-même. Mon cœur est aussi celui des fils déjà retournés aux dieux, alors nulle ne peut être plus Inca que je lui suis.

Il le disait ainsi, cependant, il se savait moins extrême que la Scandinavie. Mais la technologie délaissant totalement la magie ne serait jamais au-dessus du sang de la Terre, sans doute Inti le souhaitait tout autant. La magie est un présent des dieux et de la planète qui héberge les Hommes.

Premiers pas, la mythologie était acquise. De plus, la crainte de mourir ou d’échoué n’était pas présente dans l’esprit du Sappa Inca. Juste la belle et grande histoire dont son peuple est si fier. Eux, les descendants d’Inti. Inti est bon, alors si le sang de la Terre fut usé à mauvais escient, un dieu accordera son aide au mortel innocent. Car les démons et monstres demeurent et se jouent de cette puissance à portée de leurs griffes. Les dieux combattent les démons et leurs œuvres.
Le pouvoir rend les hommes fous, même le plus sage des rois y est exposé, alors la magie peut rendre la plus sainte des fées mauvaise.

D’autres pas, la troupe suivait en connaissance de leurs protecteurs fiers.

Ce fut à la dernière marche, un pas avant de rejoindre une sale qui faisait déjà parvenir une grande chaleur, qu’une des cicatrices du roi se mit à brûler ardemment. Plus que de coutume, au niveau du mollet.
Sumainka perdit l’équilibre de sa propre personne sous le coup de la douleur aigüe, elle l’était même plus que l’arme qui le lui avait infligée. La force avait été coupée, menant le seigneur du Brésil par le bas. Le Phénix perdit sa hauteur.

La main qu’il utilisa pour se retenir enfonça l’interrupteur d’un piège, une pique acérée transperça l’avant-bras du dirigeant qui serra les dents avant de pester en quechua. Il trouvait que cela était idiot. Par quel malheur la blessure s’était-elle faite plus ardente que jamais ?
Prenant une grande inspiration, alors qu’un garde se précipita, prudemment, afin de libérer le Roi de l’emprise de la pointe le perçant.

Une fois libre de ses mouvements, ils ne s’attardèrent pas sur le passage.

Sumainka fronça les sourcils en constatant que sa cicatrice, source de son malheur, se calma presque aussitôt. Là n’était pas un message des dieux. Son don n’était pas le biais des signes divins. Le garde examinait la plaie dans le bras gauche, il faudra la soigner, mais le roi s’était déjà remis de bien pire. En témoignaient certaines cicatrices, celles dans le dos étaient particulièrement impressionnantes.

La sensation de la main et sa maîtrise étaient intactes, bien que la douleur soit évidemment de la partie. Le Phénix était un guerrier, il ne fallait pas l’oublier, il se dégagea d’ailleurs bien vite de l’inquiétude du garde. Serrant la blessure de son autre main, Sumainka rajeunissait d’encore cinq années à peu près. Le rajeunissement agissait de manière aléatoire, parfois par tranches de cinq, parfois plus par fois moins, parfois les années retirées n’étaient pas égales entre les blessures

Un peu plus petit, un peu moins de muscle, les traits changeaient déjà plus que lors du dernier rajeunissement.
L’évènement était normal pour les gardes et le prêtre, habituel même. Lors des guerres, le roi participait. Cependant, il n’avait rien d’un homme maladroit de coutume.

- Allons-y, je sens déjà la chaleur de la terre ne pas être loin.

Un dernier regard à la troupe, le même que celui qui fut déjà là durant tout le long de l’expédition. Destinant un message en espagnole à tous.

- Le breuvage sera bu avant le lever du soleil, n’ayez pas d’inquiétude.

Fier, Sumainka savait gérer son don.
Il se voulait rassurant pour ses hommes, mais aussi pour Ofelia, qu'elle n'aille pas croire que c'était à cause d'elle. Peut-être que ça l'était, mais Sumainka était un guerrier, il était assez fort.
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Ofelia Ay
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Lun 28 Déc - 23:37


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Ofelia ne connaissait aucun des noms inscrit au sol, et tourna un regard hésitant vers le visage du roi. Aussitôt rassérénée par son assurance tandis qu’il semblait reconnaître ses ancêtres et ainsi avancer, avec succès, dans leur entreprise. Levant le bras pour s’adresser au prêtre, il ne tarda pas à lui traduire ses paroles et ses mots, enjoués et confiants, lui firent hocher la tête avec approbation. Ce fut donc sans trembler qu’elle se détacha de son bras pour mieux prendre sa main. Et suivit chacun de ses pas tandis que le phénix, droit et fier, se glissait dans le tunnel, le pied sur chaque dalle, les regardant à peine.

Tandis qu’elle fixait son dos, ses dreads et les breloques qui les décoraient, Ofelia se surprit à le croire, dans sa divinité. Se surprit à penser que son père et Sumainka étaient de ces hommes que l’ordinaire n’arrêtait pas. Que le tragique n’ébranlait que peu pour mieux les faire se redresser. Qu’ils étaient assez forts pour combattre ou dénier les armes à leurs ennemis, et ainsi régner avec sagesse, que cela soit sur un orphelinat et offrir la joie à des centaines d’enfant de toutes terres, ou sur un pays.

Et elle en souriait, la jeune fille. Sautillant derrière lui de marche en marche. Sans plus penser à ses propres malheurs. A sa malédiction qui, ayant trouvé sa proie, s’empressa de glisser telle une ombre noire, jusqu’à la lumière de ses cicatrices. Et relevant les babines, le mordit si fort à la cheville que toute sa silhouette en fut ébranlée.

Elle le vit vaciller, son roi. Et tendit la main en vain pour le rattraper. Aussitôt celle du phénix posée au sol, la dalle fut transpercée d’une lance qui se planta dans son bras, le traversant de part en part.

Avec un cri effrayé, Ofelia s’immobilisa pour ne pas commettre plus d’erreurs. Sentit la nausée envahir sa gorge tandis qu’elle fixait la lame cramoisie et le sang qui bouillonnait de la plaie. Et porta les mains à son visage, choquée par la violence de la blessure, aussitôt repoussée par le prêtre qui la rejeta du tunnel, la laissant gagner la salle d'or, pour mieux s’occuper du dieu.

La lance fut brisée, le bras relâché et Sumainka rajeunit, effleurant son âge tandis que ses lèvres se plissaient de douleur, bien qu’il n’en laissa rien paraître de trop clair. La bouche tremblante, les larmes aux yeux, Ofelia laissa les gardes tournoyer autour de lui, le prêtre lui conseiller de prendre la fiole, toujours en langue Quechua.

Puis elle se pencha. Et déchira un large pan du bas de sa robe, se faufila entre les brésiliens, jusqu’à son bras blessé. Se refusant de sangloter, à grande peine.

« Pardon, pardon je vous demande tellement pardon… »
Et lui offrant, en quelques tours de main, un pansement noir de noël. Ca ne suffirait que peu, et déjà elle sentait la chaleur de son corps se révolter pour cicatriser. Mais elle ne pouvait supporter tout ce sang. Le nettoya de sa robe, la tâchant encore plus. Sans oser relever les yeux sur la divinité.

Il avait dit qu’Inti les protégerait. Equilibrerait le sort. C’était sans compter sur le chat noir.
Et un vent souffla, glacial d’hiver, avant de s’apaiser.

« C’est elle, Votre Altesse. C’est elle qui a causé cela. Les dieux, vos ancêtres, ne la veulent pas ici. S’ils acceptent votre présence, ils sont troublés de votre protection à l’égard de cette blanche. Elle est fille de ceux qui ont voulu nous asservir. Elle est fille d’une magie trop immature pour être contrôlée. Et pour cela, Seigneur, elle a été maudite. C’est la marque noire que je vois sur son front. Elle n’a pas à se contempler dans le miroir ardent. Elle pourrait le briser, le salir. »


Et derrière eux justement, il se présentait. Non pas un miroir de fer, mais bien de feu. Une lumière si vive, si brûlante, qu’elle semblait être figée dans son propre soleil. Et reflétait ses alentours tel un lac de lave bien lisse. Il semblait presque formé d’or.

Des marches menaient jusqu’à lui, au nombre de vingt. Et des rigoles d’eau croupie prenait une teinte rougeoyante à être exposées à sa vigueur. Ofelia tourna la tête, lui faisant enfin face. Et leva la main, éblouie.

Ils avaient surmonté les épreuves. Mais le prêtre n’allait pas coopérer à la tâche, pas maintenant qu’il avait la preuve de son poison envers son Roi. Levant le bras, il tint prêt les gardes à l’ordre qui viendrait du Sappa Sumainka. Pensant, avec satisfaction, que l’occidentale saurait être purifiée. Tout du moins son cœur.

Et cela au moment du prochain sacrifice.





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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Mer 30 Déc - 0:20
L’inquiétude s’agitait, ce n’était qu’une lance. Par « chance », seul la chair avait été tranchée, permettant toujours les mouvements de la main du Roi. Selon lui, cet équilibre dont il parlait auparavant était toujours d’actualité. Sinon, ce serait douter d’Inti. Ce que le Phénix ne faisait pas. Il demeurait sûr, aussi sûr qu’il savait son Ara rouge depuis sa naissance.

La jeune fille, qui était cette fois-ci plus ou moins d’âge égale en apparence, voulu bander la plaie, nettoyer le sang. Sumainka la regarda faire, la laissant faire. Elle avait besoin de « rattraper » la faute qu’elle s’était inventée, selon le Phénix mortel. Il ne pouvait pas nier, il le pensait, que la malédiction avait décidé de mordre l’ancienne cicatrice.
Il avait un regard grave, il voulu prononcer des mots alors qu’il remarquait que l’étrangère n’osait pas affronter les iris du blessé. Il ne l’était pas tant que ça d’ailleurs, il avait eu de la « chance ». À nouveau, selon lui, Inti demeurait une divinité désireuse de laisser la magie reprendre ses flux d’origine, laisser une malédiction être corrigée.

Les paroles du prêtre raisonnèrent dans l’esprit du Sappa Inca. Il les écouta, attentivement, sans quitter Ofelia des yeux, qu’elle le regarde ou non.

Toujours son air penchant sur le neutre mais gardant cet air digne que portait le Brésil. Il ne dit pas un mot, se contentant de se remettre droit, debout. Les prunelles émerveillées par l’apparition du lieu qui était bel et bien ce qu’ils cherchaient. Même de ces quelques centimètres en moins, Sumainka pouvait voir par dessus la tête d’Ofelia.

Dans son esprit, le roi des Incas adressa une prière à l’entité divine. Lui accordant à nouveau tout son respect, sa reconnaissance.

Sumainka tchipa, sa prière faite. Adressant cette onomatopée au prêtre qu’il trouvait de plus en plus trop proche de vouloir décider et non de conseiller.

Il fouilla dans ses vêtements qu’il rajusta, usant exprès son membre blessé, pour prendre la fiole et l’ouvrit.
L’odeur de sang, d’herbes sacrées, se propagea dans la zone proche du seigneur des terres des Incas. Le liquide épais et foncé fut avalé d’une traite mais lentement. Un peu de rouge profond colora en partie les lèvres du dirigeant. Ce dernier jeta le petit récipient. Ça ne le rendrait pas à nouveau adulte, mais la lune lui rendrait sa renaissance.

Un soupir s’échappa. Alors qu’il basculait la tête en arrière, observant les pierres dorées briller sous les reflets des flammes. Il s’exprima alors en espagnol, afin de ne pas laisser la concernée de côté.

- Ne penses-tu pas, prêtre, qu’Inti puisse se débarrasser de lui-même les êtres qu’il juge impur ? Serais-tu en train de dire qu’Inti n’est pas assez puissant pour se révolter ? Je n’entends que blasphèmes envers les dieux.

Puis il se tourna, rabaissant la tête, observant sa main gauche. Chaque doigt fut bougé, de même pour le poignet et l’épaule.

- N’est-ce pas une chance que mon bras puisse encore bouger ? N’est pas une chance que les lames ne furent pas empoisonnées cette fois-ci ?

Un regard dur se figea sur le prêtre, alors que le roi enroulait la prise de sa main droite autour de sa plaie qui se cautérisait, toujours couverte du bandage de fortune. Il serrait de plus en plus fort. Il prit cet air hautain, celui du dirigeant que les dieux approuvaient depuis le jour de sa naissance.

- Tu doutes d’Inti. Tu doutes de tes frères. Ta chair ne mérite pas le sacrifice aux dieux, ils le prendraient comme un affront.

Un temps.

- Les légendes incas ne se laissent abordé que par ceux qu’elles jugent dignes de les approcher. N’est-ce pas Inti qui a décidé de nous faire rencontrer Ofelia ? N’oublie pas que tu sers les dieux, que tu ME sers.

Un sourire en coin. Un ton autoritaire qu’il appuyait plus spécifiquement à la fin de sa réplique.

- Nous ne sommes pas de ces barbares d’occident, ne l’oublie pas. Tu sais à quel point les dieux sont proches de moi et de mes pensées, n’oublie pas que j’ai en moi les cœurs des dignes sacrifiés. Cesse de douter.

Les gardes baissaient leurs armes, et Sumainka rejoignit Ofelia.

- Peut-être qu’Inti voulait voir le Phénix renaître au réveil après avoir vu la magie Inca atteindre même celle de ceux qui se sont éloignés.

Il prit l’étrangère par l’épaule, de son bras droit. Rythmé par les bijoux s’entrechoquant. Les yeux rivés sur le miroir sacré, puis il les baissa ne fixant que les marches.

- Vas-y. Peut-être Inti pourra quelque chose pour toi, peut-être que les dieux t’enverront autre chose afin de t’aider. Les solutions ne se présentent jamais toute faites comme les machines d’occident.

Il poussa légèrement la jeune fille en avant, sans lever le regard au miroir. Il surveillait aussi les agissements du prêtre qui s’était fait plus discret. Sumainka ne le pensait pas mauvais. Oui, Sumainka demeurait lui-même, juste envers les siens, beaucoup plus sévère envers ceux d’au-delà des frontières.
Ofelia faisait partie de ceux qui n’avaient rien à se reprocher.

Spoiler:
 
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Ofelia Ay
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Mer 30 Déc - 1:15


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with Sappa






Les lances des gardes étaient pointées dans sa direction. Et la peur au ventre, Ofelia tourna son regard sur chacun des incas l’entourant, avant de relever ses yeux sur leur roi. Elle devinait sans peine qu’à un ordre du phénix, son peuple la punirait pour sa malédiction. Les mains moites, l’anse de sa valise manquant de glisser de ses doigts gourds, elle ne put penser à un seul sortilège, un seul acte qui pourrait la tirer de ce pétrin. Car malgré les promesses faites à Nikolas, malgré sa détermination et ses idées, Ofelia demeurait une simple jeune fille, une apprentie, un peu commune. Triste et nerveuse. Incapable de réagir dans l’urgence. Incapable de lever la voix pour se défendre. Se condamnant même, par des pensées amères et noires.

Mais le phénix portait une lumière qui pouvait déchirer ces ombres. Les chasser, loin dans les recoins de sa tête tourmentée et coupable. Alors, redressant la tête, il parla pour elle. Dans cette langue qui lui avait toujours été plus familière que le russe ou l’allemand. Parla en son nom et fit ployer l’échine du prêtre, baisser les mains des gardes.

Et tandis qu’elle l’écoutait condamner le blasphème du religieux, tandis qu’elle écoutait la divinité remettre à sa place l’homme, bercée par les mots sages du phénix, Ofelia cilla. Pour observer la fiole vide abandonnée au sol. Une fiole pleine de sang qu’il avait bu d’une traite, dans un rite obscure qu’elle ne comprenait pas. Il y avait toujours le pansement autour de son bras, sa blessure, la malchance.

La chance aussi
. La lame neutre. La blessure sans gravité. Son pouvoir de guérison. Son visage d’enfant et ses yeux sur elle. Sur sa mission. Sur son devenir. Sur la petite Ofelia, malingre jeune fille, malchanceuse espagnole, chassée de partout.

Saurait-il la garder un peu plus longtemps que les autres, l’inca ?

- Peut-être qu’Inti voulait voir le Phénix renaître au réveil après avoir vu la magie Inca atteindre même celle de ceux qui se sont éloignés.


Le miroir, juste derrière elle, jetait des éclats sur chaque bijou, chaque dorure ornant sa chevelure Confusément, l’orpheline pensa à l’étoile de noël. Puis elle sentit sa main sur son épaule, tandis qu’il la ramenait à la raison.

Car c’était à elle d’agir. A elle de trouver ce pour quoi elle avait quitté les siens.

Alors souriante, et les larmes lui brouillant la vue, Ofelia hocha la tête. Deux fois. Et se détourna. Posa la valise au sol, au bas des marches. Leva la tête pour fixer le miroir d’Inti, plissant des yeux pour se faire. Dans son dos, le prêtre, toujours tête baissée, demeurait immobile, méditant sur les paroles de la divinité. Sans plus oser attaquer celle que le phénix protégeait. Les gardes n’auraient de toute façon pas obéit.

Ofelia se figea à la onzième marche. Se tourna vers le phénix, qu’elle surplombait. Et lui offrit son premier véritable sourire enjoué.

« Merci. »


Avant de franchir les neuf dernières.

Levant la main pour ne plus être éblouie par le reflet, elle sentit la chaleur du feu sur son visage. Les joues consumées, le souffle coupé par la nervosité, elle finit par lever des yeux séchés sur cette lumière trop intense. Le miroir était grand, bien plus grand qu’elle. Et montait, haut, presque à lécher de ses flammes le sommet du temple.

Et devant elle, une jumelle lui fit face. Même posture, même air interloqué, même crainte dans le regard brouillé. Elle se tut, tout d’abord. Pour entendre la voix du père des Incas, de l’Origine. Mais il n’y eut rien que le souffle du feu et l’attente.

« Inti. Dieu Inti. »
Murmura-t-elle doucement. Mais le miroir ne trembla pas.

« Exauce mon souhait s’il te plait. Je voudrais - »


Rentrer chez moi
, telle fut sa première pensée. Et descendant du plafond, silencieux et léger comme une plume, il n’y eut un flocon de neige. Survivant à la chaleur, se posant sur le dos de la main.

Dans son dos, frères et sœurs suivirent. Se posèrent sur les ruelles d’eau croupie qui se figèrent de glace. La buée échappa à la bouche des gardes. Et le prêtre se mit à prier.

« Je voudrais. »
Elle balbutia, sourit. Incrédule. « Je voudrais guérir. »

Plus de pain retourné sur la table. Plus de sel renversé. Plus de chat noir traversant de gauche à droite de la route. Plus d’échelle contre les murs. Plus de voiture de bois en haut des escaliers. Ni d’eau glacée dans les bains. Ni de poux dans les cheveux. Ni de griffures aux aventures des bois. Ni de miroir brisé.

Plus rien des blessures. Des chaises retirées loin de la sienne. Plus de pleurs au moment du coucher. Plus de fuite. Plus de regard craintif. Plus de rasoir qui entaille la joue de papa et de grigris pour faire cesser la malédiction qui se moque.

Et justement, plus de malédiction.

Le miroir frissonna. Et son reflet baissa la main, se posa tranquille face à elle. Le regard calme. Le visage serein.

« Je voudrais guérir »
répéta-t-elle. Mais les lèvres de son reflet demeurèrent closes. Et Ofelia ne comprit pas. « Je veux que ça s’arrête. » Inspirant brusquement, elle attendit. Demanda, poliment.

« S’il vous plait ? »

Mais il n’y eut rien. Rien à fixer que son reflet. Alors Ofelia cilla. Parce que c’était trop dur à contempler. Ce visage ingrat, ces cheveux filasses, cette robe noire et tout ce qu’elle représentait. Elle se posa en elle-même, les pensées calmes malgré le nœud de son ventre.

Rien. Pas de courant d’air. Pas de lumière. Pas d’écho. Pas de poids retiré de ses épaules.

Maladroitement, elle se tourna. Fixa Sumainka. Fixa le prêtre. Fixa les gardes.

Alors le plafond grinça. Une faille se rouvrit. Et un caillou s’échappa de la toiture, tombant sur l’épaule de l’un des soldats. Qui grimaça. Qui dit aïe.

Simplement.

Et dans le reste des rigoles, quelques vagues flocons de neige commencèrent à fondre.

Ofelia se racla la gorge. Ne chercha pas à retrouver son reflet. Raide, elle redescendit les vingt marches. Manqua de trébucher sur la troisième. Se pencha. Ramassa sa valise. Rejoignit Sumainka. Le visage froissé de douleur.

Un son échappant à ses poumons, proche du feulement d’un chat étouffé.

« Ca a pas marché. »

Et elle eut un hoquet de douleur, sanglotant.

Encore un voyage, pour rien.

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Sappa Inca Sumainka
Invité
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Sappa Inca Sumainka
Mer 30 Déc - 19:47
Le trésor d’Inti était impressionnant, sa puissance serait peut-être parfaite pour corriger le mal qui s’était amusé à prendre pour cible une jeune fille.

Alors ils la laissèrent faire, se présenter au miroir.
Sappa Inca Sumainka ne pouvait pas assurer une réussite, évidemment. L’aide venue des dieux n’était que rarement donnée aussi simplement. Parfois, elle ne visait qu’à montrer le bon chemin. Mais le devoir de parcourir et d’affronter ce qu’y s’y trouvera ne reposait que sur les mortels.

Il n’écoutait pas les mots prononcés par Ofelia, ça ne le concernait pas. Même si elle s’adressait au dieu des Incas, il en était ainsi. Selon le Roi.

Alors l’attente était reine, laissant la magie faire.

Puis elle revint, il n’avait pas besoin d’être devint pour comprendre que l’étrangère n’avait pas reçu l’aide qu’elle espérait.
Elle voulait guérir, mais Inti ne le lui a pas accordé. Pourquoi donc ? Le seigneur du Brésil attendit simplement, laissant l’Espagnole revenir.

Aux mots qui firent raisonner les tympans du Phénix, au ton utilisé. La douleur était présente, et elle n’allait pas être apaisée par une feuille de coca.

Sumainka la prise alors dans ses bras, le feu du Phénix serait peut-être plus rassurant que celui du soleil.
Il pensa qu’avoir sa forme normale aurait pu être mieux pour consoler, lui-même était enfant, il aimait aller chercher les bras de ses parents. Pour être consolé. Bien sûr, entre temps, il avait grandi, il était devenu guerrier et donc… nullement besoin de chercher du réconfort.

- La solution n’est jamais offerte sur un plateau doré, seul le chemin y menant sera montré.

Un temps, le temps d’apaiser la déception. Puis il fallait simplement repartir, regagner le Dôme d’Or.

- On va retourner à la cité, il faut se reposer.

Alors que le dirigeant du Brésil relâcha Ofelia, il la garda vers lui pour sortir du Temple. Et retourner au palais.

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Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Jan / Louie

Mer 30 Déc - 20:16


Le miroir ardent d’Inti

with Sappa



Elle tentait de retenir ses larmes, fâchée apparaître si misérable devant une altesse d’ordre divin. Mais là encore, Sumainka fit preuve de calme et de sagesse. Plus que l’arrogance, plus que de la garder à son rang, le phénix étendit ses bras autour d’elle. Et, calmement, l’enlaça. L’appuyant contre son torse ou cachée à la vue de tous, elle put pleurer un peu. Ses larmes grésillèrent sur les cicatrices encore chaudes, et sa joue manqua même de se brûler à une plaie brillante comme le soleil. Pourtant, elle ne s’en plaignit pas. Ne recula pas, pas avant d’avoir repris son souffle. Pas avant d’avoir essuyé son visage. Pas avant d’avoir profité de ce soutien inattendu. De sa force, malgré ce corps manipulé par sa magie.

Et quand elle le fit, quand elle recula, à peine, elle le regretta. Un peu.

De la chance. Si elle devait en avoir une aujourd’hui, elle ne reposait pas dans la bénédiction d’Inti mais bien dans la présence de Sumainka. Soupirant, reniflant, Ofelia toussota. Échappa aux coup d’œil inquisiteur, même désapprobateur, que le prêtre lança sur cette étreinte, protégé du regard de son altesse en demeurant ainsi en retrait. Et releva à peine la tête, calant ses mèches derrière ses oreilles et évitant, à grande peine, de se ronger l’ongle du pouce comme elle en avait si stupidement l’habitude.

« Vous parlez comme mon père. »
Murmura-t-elle, osant enfin mettre en avant cette ressemblance entre les deux hommes, malgré leur apparente dissociation. Et soudain éreintée, elle eut un soupir, massa sa tempe, tenant toujours sa valise à bout de bras.

« Vous avez raison bien sûr. Il y a encore de la route à faire. Mais parfois, le chemin est si long. »
Pourtant, elle n’avait jamais été de nature impatiente. Acceptant docilement son sort, faisant de son mieux pour passer les barrières de sa vie et aller de l’avant. Seulement, il y avait des jours, des heures, de simples moments où Ofelia, agacée, épuisée, baissait les bras et se laissait aller au pessimisme.

En février, elle aurait 17 ans. 11 années enfuies depuis la venue de Klaus à Madrid, dans l’orphelinat chrétien pour jeunes filles où il était venu l’arracher à sa solitude. 11 années de bonhommes de neige, de noëls quotidiens et de berceuses tendres. 11 années de coups sourds grandissants de ce chat noir fou furieux qui se battait dans sa poitrine. 11 années, et tant d’autres auparavant depuis qu’elle avait pris conscience de son malheur.

Devait-elle compter les 17 autres qui suivraient ? Comme des marches à gravir, toujours trop hautes, toujours trop espacées.

Combien de temps tiendrait-elle avant d’abandonner. De prendre une décision plus simple pour tout arrêter.

La bile lui monta à la gorge, et effrayée par la tournure de ses pensées, Ofelia se racla la gorge, cilla.

Et se figea.

« La cité ? »
Relâchée par Sumainka, qui ne recula par pour autant, elle ouvrit de grands yeux curieux. Soufflée. « Vous m’invitez chez vous votre altesse ? » A Coceres, le petit village où elle s’était installée pour mieux commencer ses recherches, plus rien ne l’attendait. Ni effets, toujours entreposés dans sa valise. Ni amis, puisqu’étrangère et espagnole elle avait été mise de côté.

Elle s’était attendue à devoir repartir sur les routes, trouver refuge dans une chaumière, payer avec quelques potions, un charme, vendre sa magie. Mais voilà qu’un roi semblait lui offrir le toit de son propre palais.

Quand elle raconterait ça aux autres orphelins en rentrant…

« Si c’est le cas, j’accepte bien sûr, je n’ai – aucun autre endroit où aller. »
Etreignant la main de Sumainka, une habitude vite prise envers le dirigeant, elle inspira pour se donner courage. Et murmura. « S’il y eut une chose de bien en venant ici, et cela malgré la malchance qui s’est abattue sur vous à maintes reprises, ce fut de vous connaitre. Votre Altesse. » Un remerciement lui brûla les lèvres, mais Ofelia le tut. Quelque chose lui disait qu’elle n’a pas cessé de le faire, sitôt commencé. Et qu’il lui faudrait bien plus qu’un sortilège pour payer sa dette envers le phénix.

« Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. »
Puis, souriante mais hésitante, elle ajouta. « Mais j’espère quand même que vous retrouverez vite votre véritable apparence. » Sur chaque mur de chaque piège, un loquet se trouvait, poussiéreux mais bloquant chacun des traquenards qui pouvaient encore les menacer. Les gardes s’en occupèrent, neutralisant la suite de chemins qui les avaient conduit jusqu’ici.

Mais Ofelia garda sa main dans la sienne tant que Sumainka daigna lui offrir. Pas seulement pour être rassurée.

Juste pour le plaisir de se sentir, pour une fois, accompagnée.

Et tant pis pour la pierre qui chuta sur son épaule, tant pis pour la liane épineuse qui se glissa sous son pied au hasard d’une mauvaise interstice. Tant pis pour la glissade sur la glace, qu’elle ne put empêcher. Pour le rhume que l’un des gardes attrapa. Pour l’allergie qu’un autre fit en respirant trop près la poussière d’une toile d’araignée.

Tant pis pour le regard du prêtre qui ne fut pas fâché du refus d'Inti, et songeait encore à chasser au plus vite l'occidentale intrigante qui avait su tromper le phénix.

Tant pis.

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