Entre les murs dorés (05)

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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 3 Jan - 19:52
Le retour s’était fait sans encombre. Du moins, sans compter les petites agressions nées de la malédiction qui pesait sur la jeune fille qui marchait parmi les Incas.

Ce que le Roi n’aimait pas dans sa condition actuelle, à savoir une apparence d’à peu près quinze ans, c’était qu’il était moins imposant. Il se consolait en se disant que son ara n’était pas encore plus grand que lui, et que son invitée n’était pas non plus plus grande. Heureusement.

Il y avait toujours cette pointe de mégalomanie qui s’électrisait à chaque fois que le Sappa Inca était sous l’emprise du contre coup de son pouvoir.

La marche se poursuivait, rejoignant le chemin principal, en tête de troupe le dirigeant du pays ainsi que la petite sorcière. Car il fallait comprendre qu’elle l’était, après son tour de magie intéressant au temple.
Au moins, la pluie semblait s’être dissipée. Du moins, elle le fut durant quelques instant avant de revenir. Cependant… le ciel demeurait bleu en grande partie, laissant le soleil se montrer et faire briller les gouttes. L’équilibre que le roi pensait existant entre la protection d’Inti et le malheur d’Ofelia paraissait des plus réels pour lui.

- On y est bientôt, il nous faut encore passer les grandes portes et la cité se montrera.

La foule s’écartait, les gardes encadrant la troupe. Ils remontèrent l’allée principale, passant quelques ponts qui laissaient les eaux passer par des canaux. La nature omniprésente même dans la capitale, colorait les bâtiments et les rues de verts et d’autres couleurs de fleurs exotiques.

Puis enfin, les derniers murs avant d’arriver aux escaliers menant au Palais. Un peu à l’effigie d’un grand temple, car les souverains sont des dieux, le Dôme d’Or se présentait de ses parois dorées, décorées. L’or y était partout, ainsi que se mêlait toujours la nature par des jardins suspendus ou des terrasses intérieures. Jamais il ne fallait oublier que le Terre demeurait tout autant reine que les souverains Ameyal et Sumainka.

Arrivé dans l’un des jardins, Sumainka tendis le bras avant de s’adresser aux serviteurs tandis que des esclaves débarrassaient leur roi de son arme.

- Prévenez Ameyal que nous aurons une invitée ce soir.

Puis il donna congé aux gardes et au prêtre avant de poursuivre ses mots à l’attention d’Ofelia.

- Maintenant, on ne s’occupe plus du miroir. J’ai un fidèle ami à te présenter avant que ma Sœur ne nous rejoigne. Et fais comme chez toi, il n’y a pas de piège ici.

Il siffla, puis d’un arbre, survint un grand volatile qui vola pour venir se poser sur le bras du roi. Un ara rouge. Ces énormes perroquets vivant aussi longtemps qu’un Homme.
Le phénix des mortels lui dit simplement « bonjour » en quechua puis l’approcha un peu de la jeune fille qui portait malheur.

- Voilà Rojo, il est avec moi depuis ma naissance. Il ne sait dire que des mots en quechua par contre.

Maintenant, il n’était plus question de danger, de faire attention au moindre détails. Juste de se reposer un peu, et de passer à autre chose. Les dieux avaient d’autres projets que de donner une solution simple et directe. Ils aimaient s’amuser, ne donner qu’aux méritants.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Dim 3 Jan - 20:32


Entre les murs dorés

with Sappa



Il leur avait fallu rebrousser chemin, mais avec l’aide des gardes et des loquets verrouillant chacun des pièges, le retour s’était fait sans encombre. Peu à peu, Ofelia avait su retrouver son sourire, remportant le bonhomme de neige ayant gelé la glace une fois cette dernière franchie. Son état était toujours déplorable et elle ne rêvait que d’un bain chaud, espérant que les coutumes locales des incas puissent le permettre. Mais au fur et à mesure qu’ils s’avançaient sur le chemin du palais, la magnificence du territoire brésilien lui sauta aux yeux, la réduisant au silence. Au départ curieuse de chacune des effigies dorées, de chacun des visages, rôles et métiers de ceux qu’ils pouvaient croiser, Ofelia finit par cesser ses questions, tournant un regard émerveillé sur chaque détail de ce nouveau monde.

Avant d’être soufflée l’architecture du Dôme d’Or. Ainsi donc, ce n’était ni une exagération de ses livres, ni un mythe. Il brillait, sous le soleil retrouvé, séchant ses gouttes de pluie sur chacune des marbrures hors de prix. Un seul pavé de ce lieu saint pouvait très certainement l’emporter autour du monde pour un voyage sans fin, et en première classe s’il vous plait. Mais plus que la concupiscence, ce fut avec les pensées d’une petite fille plongée en plein conte de fée qu’elle chuchota à Sumainka.

« Vous êtes un très, très grand roi. »
Ils faisaient pâle figure, ceux d’occidents, avec leurs châteaux tout tordus et leurs grands territoires de plaines et de montagnes. Même Versailles, dont elle connaissait pourtant les décors grâce à la bibliothèque de son père, lui semblait bien peu de chose à côté du palais brésilien.

Laissant le phénix s’adresser à ce qu’elle prit pour des serviteurs, et non des esclaves, son sourire finit par s’agrandir à l’entente de ces quelques mots.

« Vous avez une sœur qui vit ici ? C’est un très grand honneur pour moi de la rencontrer. Est-elle reine aussi ? Dirige-t-elle le pays ? » Puis, contrite, elle baissa finalement la tête, remarquant sa tenue, la valise déposée à ses pieds aussi boueuse que le reste de ses vêtements. « Enfin, peut-être vaudrait-il mieux pour moi que je puisse me changer. Je n’aimerais pas fâcher votre sœur en apparaissant si débraillée. »

Seulement, Sumainka semblait avoir d’autres projets plus pressent en tête pour sa jeune invitée. Amusée par ses paroles, rassurée aussi par ses attentions, Ofelia finit par croiser les mains devant elle, sagement. Et pencha la tête de côté, promettant solennellement.

« Je ne m’occupe plus d’aucun miroir. »
Pieu mensonge. Elle se savait incapable de résister à un reflet, l’espoir battant toujours follement dans sa poitrine. Sumainka, par quelques mots, avait su la remettre sur le chemin de sa quête. Elle ne pouvait l’abandonner, même pour un phénix. Même pour un Dieu.

Surtout pas avec son soutien.

Un sifflement de Sumainka suffit néanmoins à lui changer les idées. Et ce qu’elle prit tout d’abord pour un autre oiseau de feu, se posa sur le bras du roi, ployant la tête de gauche à droite pour observer l’inconnue de son œil rond et noir.

« Un ara… » Ofelia voulu tendre la main pour le caresser. Cessa son geste, non pas par timidité mais par crainte de déclencher un autre malheur – sa malédiction s’étant déjà montrée beaucoup trop clémente le long du chemin. Et bredouilla. « Il est bien plus coloré que les images de mes livres. » Mais tout l’était bien plus ici. « Bonjour Rogeo. Rojo c’est ça ? » Un coup d’œil à Sumainka, elle tenta d’imiter son accent. « Rôjô. Bonjour. Ailly Punchao » Et continuant sur sa lancée, essayant de se rappeler d’une autre phrase entendue pendant son séjour, elle fit une petite révérence. « Imaina caskanki ? Moi c'est Ofelia. Tu pourrais le dire ? O-fe-lia ? »


Spoiler:
 





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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 10 Jan - 11:21
Le roi des Incas ne pouvait que sourire à la jeune fille qui s’essayait au quechua, elle s’en sortait plutôt bien pour une occidentale.

L’ara répondit, mais sa manière de « parler » était déjà bien difficile à comprendre parfois même pour un Brésilien pur souche. On devinait un « Ailly Punchao », mais bien vite, l’animal s’en vola. Peut-être sentant le mauvais sort habitant Ofelia. Sumainka pu reposer son bras, le laissant pendre le long du flan.

- Les animaux sentent la magie, sans doute Rojo s’inquiète de ta malédiction. Bah, ici au moins, il n’y pas de piège pouvant nourrir l’inspiration de ta bête noire.

Le Phénix quitta enfin des yeux le chemin que faisait son ara pour se reconcentrer sur son invitée.
Ses vêtements étaient dans un sale état. Il repensa aussi, enfin, aux paroles dites par la jeune sorcière avant l’arrivée de Rojo.

- Ma Sœur dirige aussi le pays, c’est la Reine des Incas. Elle n’est pas aussi protocolaire que celles d’occident, elle ne t’en voudra pas d’être dans cet état. Cependant, elle m’en voudra à moi.

Un rire amusé. Parfois la relation entre le Roi et la Reine avait tout de celle entre un frère et une sœur, ce qui était légitime.

- Tu as de quoi te changer ?

Il observait la valise, se disant qu’elle devait en avoir, il pensait en avoir vu lorsqu’elle l’avait ouverte. Puis, le dirigeant se dit qu’il pourrait au moins lui proposer d’autres vêtements. Cependant, son esprit tiqua un peu à l’idée de donner des possessions incas. Heureusement que c’était d’Ofelia dont il s’agissait. Et elle avait dit qu’il était un grand roi. Les Dieux doivent se montrer reconnaissants, et puis ce n’était pas comme si la demoiselle était comme les autres étrangers. Elle avait même le droit de fouler les dalles du Dôme d’Or, le palais légendaire d’El dorado.

- Ou bien tu voudrais des vêtements incas peut-être ?

Autant demander, car cela n’avait rien à voir avec les mœurs habituelles d’occident. Eux qui emballaient leurs femmes au travers mille couches rigides, les coutures brésiliennes pouvaient se montrer intimidante pour une jeune fille venant de l’autre bout de la Terre.

- Je comprendrais si tu ne voulais pas porter nos vêtements. Je ne me vexerai pas, j’ai déjà vu la mode des contrées éloignées, la différence est frappante.

Haussement d’épaule, toujours souriant.
Il remit d’ailleurs son propre habit en place, c’était que la taille n’allait plus vraiment avec son apparence de quinze années environ.

- De toute manière, je dois aussi passer à mes appartements. Je sens que la dissidence de ces tissus va m’énerver.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Dim 10 Jan - 18:35


Entre les murs dorés

with Sappa



L’ara eut un caquètement grinçant, claquant les deux parties de son bec en tchipant. Les plumes carmines de sa gorge s’ébouriffèrent, et tandis qu’il ébauchait une réponse en Quechua, ses ailes s’agitèrent nerveusement. Installé sur le bras du Dieu, il jugeait l’enfant de son œil rond et noir comme la nuit. Et finit par s’arracher à la scène, prenant son envol sans l’ombre d’une hésitation. Déçue, Ofelia l’observa s’en aller et baissa le nez quand Sumainka confirma sa pensée. L’oiseau avait senti la présence du chat noir et n’avait pas insisté pour demeurer à ses côtés, craignant sans doute le pire pour sa vie.

« C’est sans doute plus sage. »
Soupira-t-elle tristement. Se penchant pour ramasser sa valise malgré son bras endolori. Elle commençait réellement à fatiguer. « Et il n’y a pas besoin de pièges pour qu’elle agisse. Parfois, même dans une pièce vide, elle trouve le moyen de faire du mal. » Mais il ne fallait pas se plaindre. Elle avait la possibilité d’entrer au Dôme d’Or, comme une invitée respectée. Il lui fallait donc faire honneur au lieu dans lequel elle se trouvait.

« J’ai de quoi me changer »
S’essaya-t-elle à sourire, tout en répondant aux questions aimables de la divinité phénix. « Bien évidemment, je suis ici en tant qu’étrangère et je me plierai à vos coutumes si je dois, par exemple, porter une tenue particulière face à vous et à votre sœur. » L’idée l’enthousiasmait. Elle n’avait pas pensé que les Incas dirigeaient selon les règles de leur fraternité. Et se hâtait de rencontrer cette mystérieuse Ameya dont l’imaginaire lui dressait un portrait flatteur de conquérante.

« Vous changer ne vous fera pas grand mal effectivement. »
Continua-t-elle sans se moquer. « J’espère que vous retrouverez bien vite votre âge véritable et que tout cela n’aura été qu’une aventure de plus dans votre existence, votre majesté. » Malgré le jeune âge apparent de Sumainka, Ofelia ne parvenait pas à le considérer comme un égal, et demeurait encore impressionnée par sa compréhension, son ouverture d’esprit, elle qui ne se doutait pas des hésitations mentales du dirigeant et de son dégoût des occidentaux.

Elle ne se pensait pas plus respectueuse qu’une autre à agir et parler ainsi. Ofelia avait simplement reçu une bonne éducation et plus ils avançaient sur le chemin menant au Dôme d’Or, plus les notes qu’elle prenait en vue de l’écriture de sa lettre se multipliaient.

« J’aime votre pays en tout cas. Là d’où je viens, en Scandinavie, les terres sont blanches ou grises, des monts escarpés les déchirent, parfois espacés entre de larges plaines de neige. Il y fait souvent froid et humide mais j’ai grandis dans un Orphelinat où l’on prenait soin de nous. Connaissez-vous Noël, votre altesse ? Je me doute que vous en avez déjà entendu parler. »
Précisa-t-elle pour ne pas sous-entendre que le roi était un ignorant. « Mais peut-être n’êtes-vous pas allé en occident à cette période. C’est magnifique. Les rues semblent réchauffer de couleurs irréelles. De fête et de rires. Et tous se réunissent le cœur plus léger, enclins à s’aimer et aider son prochain. Noël est ma période préférée, nous nous en approchons à grand pas. Et je sais que dans le hall de l’orphelinat, mon père a déjà placé le sapin, accrochant les décorations un peu partout. Qu’il fasse si chaud, si beau, que tout soit vert et fleuri autour de moi, je n’en ai pas l’habitude. Mais je n’ai pas non plus l’habitude des palais recouverts d’or. Que c’est beau chez vous, votre Altesse. Et j’espère pouvoir faire bonne impression à votre sœur. »

Elle mettrait sa plus jolie tenue – noire – s’efforcerait à sourire – un peu – et présenterait ses révérences à la reine, ainsi qu’à leurs proches. Le palais était si grand qu’il devait sans doute y loger avec le reste de sa famille. Et cette pensée lui fit poser une autre question, du bout des lèvres.

« Aurais-je aussi le plaisir de rencontrer votre épouse, et vos enfants ? J’imagine qu’un Dieu tel que vous a dû être marié. A moins que cela ne soit pas le cas, puisqu'aucune... »
Elle chercha ses mots. « ... mortelle ne saurait prétendre être votre égale et je m’excuse d’avance de cette question indélicate. »

Il était délicat de faire avec les us, croyances et coutumes des étrangers sans trop batailler. Derrière eux, les gardes continuaient de les encercler, bien que le prêtre, silencieux, commençait à s'impatienter. Il ne fallait pas compter sur Ameya pour juger cette enfant maléfique à la hauteur de son blasphème. Et il s'insurgeait mentalement, intimement convaincu que le Dieu se faisait manipuler par la figure naïve de l'occidentale. On ne pouvait remettre en question le savoir et le pouvoir des divinités incas. Mais nombre de fois ces dernières avaient été testées, dupées par les ombres qu'il lui fallait demeurer prudent.

A ses côtés, un garde trébucha, le cuir de ses chaussures claquant dans l'air. Sa lance s'abaissa, effleura l'épaule de son pair le plus proche. Éraflant la peau de ce dernier. La coupure, bien que minime, froissa l'esprit du prêtre qui manqua de tchiper, mécontent. Tandis qu'Ofelia se tournait, le regard nerveux, essayant de prendre en compte l'ampleur de la scène sans paniquer.

« Votre altesse, l'un de vos gardes est blessé je crois... »
Et les gardes, dignement, s'essayèrent à garder leurs positions malgré le malaise évident.




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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 17 Jan - 16:01
Les animaux suivaient l’instinct, et non la raison ou la haine. Laissez-leur juste le temps de savoir comment réagir, ils s’approcheront plus tard de ceux qui ont été maudit. Ils sauront que ceux-ci ne sont pas tous victime de la Terre, mais d’être malveillants.

Sappa Inca Sumainka fronça les sourcils à la précision d’Ofelia. Pas besoin de pièges, même une pièce vide ferait du mal… Voilà une réalité bien triste.
Le roi avait tout de même confiance en Inti, la divinité elle-même bénissait le Dôme d’Or. S’il ne serait question que de coups pris par des maladresses provoquées par la malédiction, cela ne dérangerait pas un guerrier. Non ?

Puis un sourire vint parmi les dessins sur le visage du dirigeant, elle avait donc de quoi se changer. Voilà qui était mieux pour une invitée. La suite lui fit répondre, bien évidemment.

- Ne t’en inquiète pas. Nous allons t’amener à une chambre d’invité, des servantes y déposeront une tenue inca. À toi seule de décider si tu souhaites la porter. Inti t’as laissé entrer dans son ancien temple, tu as déjà prouvé ton respect envers nous.

Un temps, un léger rire amusé.

- Il me semble que ma Reine n’avait pas forcé celle de France à se vêtir en Inca, alors je ne te forcerai pas. Il s’agit de vêtements bien différent de ceux d’Occident. Et certes, je me hâterai de changer les miens d’ailleurs… Quant à mon apparence, demain elle sera à nouveau au bon âge.

Les couloirs défilaient, ils se dirigeaient où il comptait laisser une pièce pour son invitée.
Le Roi des Incas aimait toujours quand un étranger exprimait aimer le Brésil, toujours une victoire sur l’arrogance des terres d’Occident.
La description que la jeune fille sortait de sa voix laissa imaginer à Sumainka des terres un peu pareilles aux sommets des Andes.
Mais avec plus de forêts, des forêts évidemment exotiques pour le dirigeant.

- J’en ai déjà entendu parlé, mais jamais la vue de cette fête ne m’a été montrée.

Fin sourire. Il ne voulait pas dire qu’il ne s’était jamais réellement attardé sur les coutumes des étrangers, ils perdaient de son estime mois après mois.

Puis un air surpris passa sur les traits du Roi rajeuni. Il ne put retenir un rire. Il avait en effet oublié que sans doute, à aucun moment, la jeune Ofelia n’avait imaginé qu’Ameyal soit l’épouse du Roi.

- Ameyal est ma sœur, la Reine du Brésil, et mon épouse.

Le roi était presque amusé de pouvoir le dire à un esprit qui devait peut-être ne pas s’y attendre, mais vite, un bruit le sortit de son amusement.
Se retournant, faisant raisonner dans la pièce les multiples ornements de ses dreads qui s’entrechoquèrent, il fit son regard plus dur face à la scène. Si le prêtre manqua de tchiper, Sumainka ne s’en priva pas.

Il fit légèrement craquer ses épaules lorsqu’il les releva un peu, pour démontrer discrètement au prêtre qu’il risquait de prendre pour un blasphème si l’homme des dieux venait ne serait-ce qu’à penser le Roi Phénix faible.

Les gardes étaient des guerriers, ils savaient faire face à bien pire qu’une coupure superficielle.

- C’est un guerrier, il a déjà combattu contre les Mayas à mes côtés. Ce peuple lui a déjà infligé bien pire.

Sec. Le regard sur le prêtre. Sumainka était froissé. Pas qu’on pense du mal de son invitée, mais qu’on puisse douter de lui. Un prêtre qui doute de son dieu, voilà qui était très insultant pour la divinité phénix.

Les cicatrices grésillèrent.

Peut-être avait-il l’apparence d’un jeune garçon, le dirigeant ne restait pas moins un guerrier et un roi respecté.

Puis il montra une porte dorée et décorée, des femmes attendaient et s’inclinèrent à l’arrivée de la petite troupe.

- Voilà tes appartements, Ofelia. Ces femmes savent évidemment l’espagnol, et elles te donneront ce que tu leur demanderas. Il doit même y avoir de quoi de laver. Je te reverrai plus tard, prends ton temps.

Sumainka croisa les bras, il comptait ensuite rejoindre ses appartements royaux et changer de vêtements lui aussi. Il règlerait les doutes trop présents par après.
Puis il sembla réfléchir, se disant que les servantes risquaient peut-être beaucoup à cause de la malédiction.
Leur sort était déjà plus inquiétant que s’il avait été question d’esclaves.

Sumainka prit alors un de ses colliers qu’il retira, une amulette d’Inti. Il la portait pour ses escapades dans la jungle, il n’en avait pas besoin dans son Palais.
Il la tendit à Ofelia.

- Un porte-bonheur d’Inti. Peut-être qu’à toi, il équilibrera la balance. De la chance d’un côté, du malheur de l’autre. Les forces deviennent neutres. Ni chanceuse, ni malchanceuse. Ne serait-ce que pour ceux qui t’entourent.

Un sourire qui se voulait sympathique, ou rassurant. Il fallait qu’elle y croit, si l’on ne croit pas à la chance, alors elle ne pourra pas même exister.

Un regard au prêtre. Sumainka n’accepterait aucun jugement venant de celui-ci.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
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Dim 17 Jan - 16:31


Entre les murs dorés

with Sappa



Le sang perlait sur l’épaule du garde, mais contrairement au prêtre dont le regard, lourd de sens, se posait d’avantage sur la silhouette de la corneille, Sumainka s’en désintéressa, rassurant son invitée en ne prêtant qu’une vague attention à la blessure de son soldat. Malheureusement pour le religieux, c’est contre lui que sa colère se retourna, avec une fermeté silencieuse qui réduisit le croyant au silence. Mais le Phénix s’en détourna, pour mieux désigner la porte vers laquelle ils s’étaient finalement dirigés : des appartements pour l’invitée de la divinité.

Surprise par la magnificence de ce simple obstacle, et par le nombre de servantes inclinées devant eux, Ofelia en oublia ses préoccupations concernant l’état du garde ayant repris position dans le dos de son souverain et se laissa mener par sa nervosité à l’égard des femmes de chambre.

« Il vaudrait mieux que certaines renoncent à entrer dans la chambre avec moi. Bien sûr, j’aurais besoin d’un peu d’aide pour mes robes, pour ne pas apparaître débraillée devant ces Seigneuries. Mais je crains de leur causer du tort, si elles restent à mes côtés… »
Quelque chose la troublait, sans qu’elle ne put encore mettre les doigts dessus. Mais ses interrogations furent balayées par un geste de Sumainka qui, lui tendant un collier, voulut lui offrir ce porte-bonheur.

Aussitôt, ses craintes se changèrent en panique.

« Oh non, non ! »
Et l’éclat de voix, surprenant tout le monde, obligea les gardes à se ravancer, sourcils froncés. Le visage blême, la peur dans le regard, Ofelia leva les mains, secouant la tête en signe négatif tout en reculant d’un pas. « Cela va la fâcher. C’est toujours ainsi. Mon père a tenté, bien des fois, de m’offrir ce genre d’amulettes pour contrer le sort. Mais c’était toujours pire. Et ça le sera. Je vous en prie, votre Altesse. C'est très, très aimable à vous mais. Je ne veux pas l’encourager. »

La bénédiction d’Inti et le pouvoir du Phénix avaient réussi à contrebalancer sa malédiction, la rendant moins agressive, ou en tout cas moins effective au sein du temple. Mais Ofelia sentait déjà le chat noir faire ses griffes en son cœur, feulant à l’égard du porte-bonheur. Ramenant sa valise contre elle, elle s’inclina. Et chuchota rapidement.

« Deux demoiselles me seront bien utiles pour m’aider mais je vous en supplie, renvoyez les autres. Je vous retrouverai plus tard. Je suis confuse. Je suis désolée. Mais je dois agir ainsi, comprenez… »


Tendant la main en arrière, elle chercha la poignée de la porte. Et promit, du bout des lèvres.

« Je ne ferai rien pour vous nuire. Je vous suis redevable à jamais Sumainka. »


Avant de disparaitre dans les appartements, ombre noire déroutée vite suivie par quelques femmes. Il lui fallut reprendre son souffle, essuyer ses larmes, reprendre confiance et calme pour finalement déposer sa valise, noter la richesse de ce nouveau paysage, les objets en or et les fresques murales. Le lit était en soie, les coussins brodés de perles et de morceaux de diamant. C’était inouïe et elle eut l’impression de salir les tapis à chaque pas, crottant les tissus, embaumant la pièce de son habituel parfum boueux.

Pour finalement tiquer, en fronçant les sourcils.

« Ai-je bien entendu une affiliation maritale avec sa sœur ? »



~


Les servantes étaient nerveuses, et jetaient des regards anxieux sur l’occidentale vêtue de noire qui s’évertuait à coiffer son épaisse chevelure devant un miroir gravé d’or. Elle prêtait une attention toute particulière à son reflet, une attitude que les femmes ne lui reprochèrent pas, peu conscientes de ce concept qu’était l’arrogance, pêché chrétien par excellence. Ofelia avait presque hésité en voyant la tenue, clairement inadéquate en pays occidentale, la transparence et la légèreté des tissus tranchant avec ses coutumes vestimentaires. Mais plus que la nudité apparente des soies enchevêtrées, elle s’était résolue à ne pas porter cette robe jaune et émeraude – trop colorée. Optant pour l’une de ses tenue noires, brodée cette fois de sapins de noël. Coiffant ses cheveux en une tresse stricte, et dégageant son visage de toute mèche rebelle, elle se leva.

Lavée, parfumée, pomponnée, l'espagnole avait vu les servantes se brûler, se piquer, trébucher, se bousculer, rattraper verres et miroirs, manquant de glisser sur l’eau ou sur le savon, et cela pendant les deux heures qui avaient suivi son repos. Il faisait nuit désormais et Ofelia pouvait sentir le parfum humide des fleurs, à travers les fenêtres grandes ouvertes de sa chambrée. Il faisait bon. Les oiseaux pépiaient avant leur sommeil. Et le calme régnait au-dessus du dôme d’or.

Le pire était sans doute à venir.

Mais elle ne pouvait manquer le repas entre ses altesses et elle-même. Finit par se diriger vers la porte, les servantes évitant aussitôt de se trouver sur son passage tandis qu’elle se dirigeait vers la porte. Ofelia avait demandé, calmement, à ce que sa future présence soit annoncée à Sumainka. Elle ignorait si le Phénix ferait un détour pour venir la chercher à sa chambre, en doutait. Et se résignait déjà à suivre les gardes, troublée par des considérations toutes personnelles.

Sumainka avait parlé de sa sœur, en tant qu’épouse. Et si l’occident l’avait préparé à des mariages arrangés entre cousins, cela poussait la tradition un peu trop loin pour son esprit jeune et innocent. Elle avait du mal à ne pas éprouver de dégoût – même de la déception – à l’idée du couple royal que cette fraternité formait pour le Brésil. Mais Ofelia s’était promise de n’en faire ni mention, ni remarque, que cette dernière soit physique ou mentale. Cela ne la concernait en rien. Cela ne changeait rien en l’appréciation qu’elle tenait envers Sumainka. Et Ofelia se hâtait déjà de rencontrer Ameyal. La sœur. La femme.

La mère ?


Grimaçant légèrement, elle défroissa sa robe. Trébucha sur le tapis. Se rattrapa au mur. Et ouvrit la porte sans aide. Pour sortir dans le couloir.

Le tout maintenant étant de ne commettre aucun impair.



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Sappa Inca Sumainka
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Sappa Inca Sumainka
Dim 31 Jan - 14:14
Etonné, Sumainka ramena l’amulette vers lui. Mais les explications de la jeune fille avaient de quoi être justes.
Il s’agissait d’une malédiction des plus agressive apparemment. Une conséquence de la magie sur les peuples qui bafouaient la Terre ? Le sang même de leur monde ?

Puis le roi acquiesça simplement de la tête lorsqu’elle avait dit que deux servantes suffiraient.

Et les dernières paroles finirent de faire froncer les sourcils du dirigeant Inca, qui remettait alors l’objet autour de son cou.
Ces mots lui avaient semblés tristes, enfin, il ne saurait dire pourquoi, mais cela raisonnait comme de la peine pour la demoiselle.

Peut-être avait-elle fait souffrir de bien pires sorts à ceux qu’elle avait affectionnés, allant en crescendo, de pire en pire.
Sumainka pensa que pour qu’une personne fasse un tel sort, user de l’essence de la terre afin de faire du mal sans véritable raison. Du moins en apparence.

Les peuples d’occident perdaient donc encore plus d’estime aux yeux du Roi du Brésil. Il s’efforçait à rester en dehors des enfantillages de ces contrées. Mais il grinçait des dents à voir les agissements de ce monde à part.

Un jour, la Terre leur fera sans doute payer.
Qu’un homme aboutisse au Delirium n’était donc pas déjà un signe pour ce monde ?

Lorsque le Phénix mortel se retourna, la porte une fois refermée, il manqua de trébucher.

~~~

Le roi pu s’accorder un temps de repos après avoir renvoyer ses gardes à autre chose et le prêtre à aller prier. Ce dernier devait offrir une offrande, animale cette fois, pour remercier Inti d’avoir bien voulu accorder sa bienveillance.

Sumainka avait laisser échapper un ronchonnement, en devant changer de tenue pour en choisir une qui serait plus appropriée à sa taille actuelle. Un peu moins imposante que celle de sa personne adulte.
Ça pouvait l’agacer en partie.
Mais il s’y faisait. Demain, il retrouverait son apparence normale, voilà qui devait le réjouir.

Parfois, il se demandait si ce pouvoir pourrait le préserver de la mort en plus de la vieillesse. Mais jamais il ne s’attardait à ces pensées, l’idée de rejoindre les dieux dans leur monde était plus attirante que l’éternité sur les terres pleurant la souffrance que des peuples créent.
Il faudra d’ailleurs un jour régler le différent avec les Mayas et Aztèques. Quelle était la véritable cause de leur présence sur les terres des Andes ? Les peuples colonisateurs d’Occident en Amérique du Nord, s’approchant même jusqu’en Centrale, là où les Mayas et Aztèques demeuraient.

Le soir venu, après avoir effectué quelques besognes de roi, et une mangue aussi. Sumainka n’avait pas croisé Ameyal pour le moment, elle devait être en vadrouille quelque part dans le palais, ou les alentours sous forme d’on ne savait quel animal.
Il faudra lui expliquer pourquoi son frère et mari avait le corps si rajeuni.

Sumainka fit parvenir à la reine qu’il la rejoindrait dans la salle à manger avec leur invitée. Puis le seigneur des Incas commença sa marche pour aller accompagner Ofelia, s’il arrivait malheur, il était sûr qu’il saurait survivre.
Un peu l’idée de protéger les sujets et esclaves. Même si ces derniers pouvaient être facilement remplaçables.

Il vit la porte de la chambre de son invitée s’ouvrir et interpela aussitôt.

- Tu as faim j’espère.

Sourire bienveillant.

- Je t’accompagne, j’aimerais éviter que tu te perdes-

Phrase en suspend. Le roi s’était encoublé et avait failli renverser un des objets dorés portant des flammes. De justesse, il avait tout rattrapé.
Doucement, il s’éloigna et remis ses multiples bijoux encore plus extravagants que ceux d’avant. Il n’était pas en entrainement cette fois, il pouvait se permettre des vêtements encore plus filés d’or et de parures plus précieuses. Reprenant encore plus son attitude de roi du Brésil, les terres de l’or et des pierres rares. Roi d’El dorado, selon les occidentaux.

- Voilà, suis-moi, Ameyal doit nous attendre, je suis certain qu’elle sera ravie de te rencontrer.

D’un signe de main, il lui indiqua la direction.

La salle à manger était bordé de serviteurs, de plantes débordant de vases incrustés aux murs odieusement dorés.
Le Brésil ne cachait pas sa richesse, et sa fierté face au monde extérieur. Reflet peut-être du roi qui avait toujours le menton haut lorsqu’il était confronté aux peuples d’occident.

Jamais il ne se laissait marcher dessus.
Sappa Inca Sumainka
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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Jan / Louie

Jeu 4 Fév - 17:27


Entre les murs dorés

with Sappa



La voix de Sappa la héla aussitôt qu’elle fut dans le couloir. Et surprise, Ofelia tourna un visage enchanté à son égard sans reprendre, tout d’abord, la distance nécessaire entre eux. Retenant toutefois une exclamation de surprise, elle eut le réflexe de s’incliner, avant de le détailler, aussi discrètement que possible. Le Dieu apparaissait toujours aussi jeune que lorsqu’il l’avait laissé, mais malgré ses traits adolescents, il demeurait aussi charismatique et digne que lors de sa première vision, au sein de la jungle. Ses habits richissimes trahissaient son rang, tout comme ses bijoux, et elle se surprit à être fascinée par les diamants et les dorures de ses parures pendant à son cou. Sumainka semblait même s'être fondu dans de l'or.

« Vous êtes bien aimable d’être venu me chercher, Votre Majesté. »
Mais la divinité n’eut que quelques secondes pour répondre, avant d’être atteint, une énième fois, par sa malédiction. Feulant de rire, le chat en elle s’ébroua de le voir heurter les décorations et Ofelia s’avança d’un pas pour lui prêter main forte, le regard toujours aussi contrit, la mine à peine plus froissée. « Tout va bien ? Pardonnez-moi. » Mais l'espagnole ne faisait que cela, s’excuser à long terme. Ca en devenait clairement désagréable, même pour elle.

Avec un rien d’arrogance, le phénix se reprit sans paraitre se formaliser de l’incident et l’orpheline lui emboita aussitôt le pas, les mains sagement croisées devant elle, son regard cillant aux murs richement décorés du palais brésilien.

« Vos servantes m’ont bien aidé, même si certaines ont manqué de se blesser à mon contact. J’ai tenté de leur présenter des excuses mais je ne sais pas si elles ont bien compris. Elles ont été d’une patience d’ange – je veux dire, elles ont été très tolérantes envers moi. »
Triturant ses doigts nerveusement, Ofelia se remit à penser au lien entre Ameyal et Sumainka. Commença à formuler une question quant à leur mariage, la trouva déplacée, et choisit une autre voie.

« C’est encore une fois un honneur que de pouvoir saluer votre épouse et partager un repas en votre compagnie. Aurais-je le plaisir de rencontrer aussi votre descendance ? »
L’idée la mettait mal à l’aise mais d’un regard dans un miroir accroché au couloir, Ofelia surveilla autant son reflet que la pâleur de son visage. Hors de question de paraitre dérangée par les circonstances de leur union. Elle n’avait pas à juger de leur relation incestueuse. Elle n’était personne.

« J’ai observé le crépuscule à ma fenêtre, tout en me préparant au diner. Et je me disais qu’il serait merveilleux de pouvoir le contempler au cœur de l’un de vos jardins. Vos fleurs embaument en cette saison et les bruits de la jungle forment un chant qu’aucun orchestre ne sauraient envier. Nous pourrions, si vous l’acceptez, pique-niquez sur l’un de vos parterre ? Sans serviteurs, un repas tout simple où je pourrais vous montrer ce que mon père m’a appris de la magie du nord. »


C’était peut-être une demande un peu trop osée pour une simple orpheline en vadrouille, mais il lui tenait à cœur de partager un instant avec le roi inca sans le protocole, sans la présence du prêtre ou même de cette sœur qu’il avait épousé. Une manière, non pas de le séduire – car fi, elle était à mille lieux de ce genre de pensée – mais simplement de le remercier. Et peut-être même rire de leur mésaventure au cœur du temple d’Inti, sait-on jamais.

« J’ai une nappe en vichy. C’est fort joli. C’est un peu comme en France, j’y ai vu des peintures. Il faut s’asseoir par terre et manger dans des assiettes que l’on porte à sa bouche faute de tables. A l’orphelinat, nous jouions souvent à la dînette française. Quoique, pour vous, cela doit vous sembler bien retors et fort ennuyeux… même un peu immature je suppose. »


Baissant un peu le nez, Ofelia passa un doigt dans sa chevelure pour rattraper une mèche échappée. Et ne prit pas garde à la flammèche d’un flambeau qui, craquant dans son foyer, laissa échapper une étincelle qui s’approcha dangereusement de sa robe.

Spoiler:
 



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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Mer 6 Avr - 16:21
HRP:
 

Spoiler:
 
Les couloirs de la suite royale étaient rythmés de pas précipités depuis une bonne demi-heure. Il fallait trouver de quoi vêtir la reine, et si cette tâche pouvait s'avérer aisée le plus souvent, il arrivait, comme en ce jour, que la Coya ne soit pas de bon poil (ou plutôt de bonne plume).

— Non! Pas de couleur, j'ai dit! s'écria-t-elle alors qu'on lui présentait pour la énième fois des tissus colorés.
Ameyal s'était mise en tête de porter une robe semblable à celle de la dame présentée sur la photographie qu'elle s'évertuait à montrer à ses servantes. Un morceau de papier qu'elle avait trouvé, gisant par terre, durant l'exposition universelle de l'an 4, et qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de ramasser, emportée par la curiosité.

— Votre Majestée, cette robe est noire et triste, expliqua timidement l'une des servantes. Nous ne sommes mêmes pas sûres de pouvoir imiter ce style avec nos tissus... et vous aurez chaud là-dedans.

Soudainement silencieuse, la reine contempla encore une fois la photographie. Bien qu'elle détestât avoir tort, elle était bien obligée de donner foi aux arguments cités par la jeune fille. Lorsqu'elle avait appris qu'une Européenne était en visite au Dôme d'or, Ameyal avait brusquement eu cette idée saugrenue de s'apprêter à l'occidentale, juste pour montrer qu'elle connaissait bien ces contrées.
Mais elle devait bien l'admettre: c'était ridicule.

D'un claquement de main, sa voix résonna fortement.

— Très bien. Alors je veux du jaune chaud, et du bleu foncé. Et n'oubliez pas les bijoux. Vite! on m'attend.


♒♒♒


Réajustant ses boucles d'oreilles, appuyée contre un mur de la salle à manger, la reine du Brésil attentait le roi et son invitée.

Curieuse de rencontrer cette mystérieuse convive, elle commençait à s'impatienter; s'il advenait qu'elle dût attendre trop longtemps, la reine risquait fort d'être de mauvaise humeur, ce que les servants présents dans la salle savaient très bien. On lui proposa donc, pour éviter l'énervement, des mets pour patienter.

D'un haussement de main, Ameyal refusa le plateau.
Son visage s'illumina d'un grand sourire, alors qu'elle entendait des voix s'approcher. Elle se redressa et ordonna aux servants de se mettre en place, puis elle se plaça droit en face de la porte fermée, s'attendant à voir ceux pour qui elle patientait depuis tout ce temps -en fait, seulement depuis quelques minutes, mais la patience ne faisait pas partie de la personnalité de Coya Ameyal.

Et ce qu'elle vit apparaître une fois la porte ouverte effaça immédiatement son sourire, laissant place à deux gros yeux pleins de confusion.

— Su...

Tout le personnel resta silencieux. Même les oiseaux semblaient s'être tut, comme s'il s'étaient accordés aux émotions de la reine. Après être restée bouche bée durant de longues secondes, celle-ci inspira, puis soupira profondément avant de continuer.

— Sumainka... finit-elle, dans un quasi-chuchotement. Voilà pourquoi je n'ai pas reconnu ta voix derrière la porte.

Ameyal ponctua sa remarque par un haussement de sourcil, et dévisagea son mari qui ressemblait actuellement plus à un adolescent tout juste pubert qu'à un grand roi et puissant guerrier. Malgré sa petite taille, la reine dépassait légèrement Sumainka; ce détail la perturba d'autant plus.

Après un dernier regard désapprobateur -Ameyal n'aimait pas du tout voir son frère dans cet état, car cela signifiait forcément qu'il avait fait quelque chose de dangereux-, la reine brésilienne se tourna vers la jeune fille qui accompagnait son époux et le sourire regagna ses lèvres.

— Bonsoir! j'ai cru comprendre que vous parliez espagnol. Je suis la reine des Incas, et son épouse, même si cela ne se voit pas vraiment. Désignant Sumainka, Ameyal avait pris soin d'appuyer sur ces derniers mots. Vous pouvez m'appeler Coya Ameyal. A qui ai-je l'honneur?

La robe noire portée par la jeune fille attira l’œil de la reine. Et dire qu'elle avait faillit porter quelque chose qui y ressemblait. Drôle de coïncidence.
Coya Ameyal
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Narrateur
Conteur d'histoires
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Mar 17 Mai - 21:38

Entre les murs dorés, l’El Dorado avait accueilli un peu du monde qu’il frôlait à peine. Un moment calme sous la chaleur d’or, après avoir bravé un temple ancien. Roi, Reine et Invitée précieuse, profitèrent du repas malgré les quelques mauvais tours que jouait le chat noir collé à Ofelia, malgré la surprise de voir un souverain une fois encore rajeuni. Plats retournés, verres renversés, cela ne délogea pas la bonne entente. Le sol n’était que plus coloré, salé et sucré.

RP terminé


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
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