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 [Perse] Shâh Nâmeh : Ombres et Lumières

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L'ombre
Jahan Shah Farvahar
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MessageSujet: [Perse] Shâh Nâmeh : Ombres et Lumières   Dim 3 Jan - 21:16
22 décembre 05, le lendemain du Shab-e Yalda

Depuis la création du monde, nous avons toujours combattu les envahisseurs qui gangrénaient nos terres. Nous nous dressions fiers de nos origines, de notre terre bénie gorgée de soleil et de magie. Peu importait le mal. Peu importait le sang versé. Peu importaient les conquérants éphémères. Les Empires pouvaient s'effondrer. Les Sables et la Nuit pouvaient bien nous dévorer. Nous étions les fils d'Iran. Nous nous redressions toujours. Fertiles et forts comme notre Terre, Sages et Vifs comme notre Eau, Inéluctables et Insaisissables comme les Vents et aussi Ardents et Puissants que le Soleil.

Aujourd'hui, après le Shab-e Yalda, nous prouvons que cette croyance n'est pas une légende.
Aujourd'hui, comme le Soleil, nous renaissons et croissons pour reconquérir ce qui est nôtre.
Aujourd'hui, nous libérons les nôtres et la Magie opprimée par le séculaire ennemi Ottoman.
Aujourd'hui, nous détruisons nos opposants.
Aujourd'hui, nous partons en guerre.

Entendez, frères et soeurs, mes mots : Nous sommes les dignes Fils de Zal. Nous ne courbons l'échine devant aucun maître. Nous contemplons l'Avenir le regard haut, sur les bases solides de notre passé et de nos traditions.

Voyez, frères et soeurs, le poids de notre Vengeance : La Tête du Vieux Sultan arrachée à son empire décati. Son jeune héritier, le Sultan Tayeb, forcé de signer des traités avilissants et de démembrer son Empire de crainte de notre puissance. A l'Ouest, le Tigre et l'Euphrate, enfin, retrouvent la paix. Nous y reconstruirons la splendeur que mérite notre Empire et dresserons à nouveau les Tours de Babel et la luxuriance des Jardins Suspendus de Babylone. A l'Est, les Anglais déguerpissent grâce aux efforts de nos soldats, aux sacrifices de notre peuple et nos braves. L'Indus est nôtre. Rien, ni Personne, n'en chasseront plus jamais les rires de nos fils et filles. Au sein de notre amie l'Inde, un ami s'est imposé à l'ennemi. L'Autriche-Hongrie, malgré nos différences, est un interlocuteur respectueux avec lequel nous avons des chances de construire une paix durable et une collaboration loyale ainsi qu'avec la Russie.

Sentez, frères et soeurs, ce Souffle Neuf. Emplissez vos cœurs d'allégresse. Ce vent du changement et de renouveau s'ancre sur nos richesses et notre culture. Nous n'avons pas à copier l'Occident et ses Industries noyant le Ciel dans une fumée âcre et la grisaille. Tous ensembles, humains ou djinns, hybrides ou sorciers, nous construirons l'Empire qui saura respecter Nature et Magie. Nous nous réinventerons sans cesse pour toujours évoluer en choyant notre Passé.

Goûtez, frères et soeurs, à ce jour joyeux. Festoyez car aujourd'hui la Lumière l'emporte une fois de plus sur les Ténèbres. Réjouissez-vous car aujourd'hui un père retrouve son fils disparu et l'Empire son prince. Célébrez le retour en Iran de Mirza Atêsh Jahan Bahadur, auréolé de ses victoires sur l'Empire Ottoman. Avec impatience, préparez-vous car à Norouz, il deviendra Atêsh Jahan Shah Farvahar, Khudavendigar et Empereur de Perse ainsi que la Magie et les Dieux l'ont décidé à sa naissance et qu'il l'a conquis de ses propres pouvoirs, esprit et cimeterre.


*****

Au sein de la cour officielle du titanesque palais de Golestan, malgré la foule rassemblée, je n'avais d'yeux que pour un seul homme. Debout devant le Trône Solaire - ou du Paon comme les jaloux Occidentaux le surnommaient - se tenait mon Père, les bras ouverts pour m'accueillir. Depuis douze ans, j'attendais cet instant avec impatience et les derniers mois, le sachant si proche mais ne pouvant encore me présenter devant lui, furent les plus difficiles à supporter. Pourtant, je n'eus guère de temps pour moi en six mois en raison des circonstances plus intenses qu'une tempête de sable.

En Juillet, suite aux manœuvres politiques de l'Autriche-Hongrie, les Anglais quittaient l'Inde en masse. Malgré quelques troupes récalcitrantes, certains anglais pensaient pouvoir se servir en Perse une fois l'Inde perdue, les troupes perses repoussaient ou anéantissaient les reliefs occidentaux à notre frontière est. Après des années de conflits, les guérillas cessaient enfin dans la vallée de l'Indus. Quelque part dans les ruelles miteuses de la capitale française, je délirais et prédisais l'Apocalypse à un pauvre Francisco malmené par mes caprices. Le délirium menaçait à chaque instant de me voler mon avenir sans jamais me réconcilier avec le passé.

En Août, l'Espoir d'un vaccin me fit quitter mon repli pour le Brésil. A défaut de la capacité à donner un don - et donc engranger facilement de l'or - le madrilène et moi nous nous retrouvions sur le pont du Souffle Gris où le Capitaine accepta de nous faire traverser l'Océan contre quelques basses besognes de l'Ombre. Chose qu'affamé, je m'empresse d'accepter. Sous le Grand Dôme d'Or, enfin, le vaccin me permit de retrouver la santé. Ignorant les nouvelles détaillées du pays et de la nouvelle présence occidentale si proche du golfe persique, j'embarquai à bord du March pour une nouvelle aventure avec la Reine d'Orage et son consort Smiley. La dernière me promis-je avant de retrouver les miens et mon pays.

Début septembre, alors que j'étais sur le sentier du retour, les Vents me guidèrent à proximité de Salem. La corruption de la zone me retourna tellement l'estomac que je décidai d'un détour pour tenter de régler le souci, comme le dictait mon devoir de djinns... et la perspective de retourner auprès de miens avec un savoir voire une puissance supplémentaire n'avait rien de négligeable. Le déroulement des événements me donna au moins partiellement raison et j'eus la chance de retrouver Rühigfeuer. Si je l'avais pu, sans doute aurais-je entraîner l'allemand dans une aventure plus folle encore, mais Sigmund n'avait pas grand-chose d'un guerrier et je préférai le savoir loin des tensions.

Plus surprenant encore, je reçus une invitation au mariage son altesse impériale Friedrich Franz Edelstein. Flatté, j'acceptai évidemment celle-ci et embarquai une nouvelle fois pour une destination autre que ma terre natale. Pourtant, tous ces détours se révéleront finalement utiles. Juste avant qu'un navire volant ne me mène jusqu'à la célébration, les journaux de New York me permirent de me remettre à la page. Les rapports du tisserand et notre réseau de contact comblèrent le reste. Je me retrouvai alors devant un choix : M'immiscer dans la politique sans comprendre tous les tenants et aboutissants de la présence luxembourgeoise en Orient, sans savoir les désirs de mon Père sur le sujet... ou d'agir selon ma conscience et le devoir qui m'incombait.

Après le mariage que j'utilisais principalement pour tisser des contacts, devais-je avouer, l'Empereur Austro-Hongrois m'accorda de son temps durant lequel nous esquissâmes les contours d'un traité. Naturellement, ces prémices-là durent être entérinés par des documents plus détails et signés par l'Empereur perse actuel. Toutefois, cette base nous permit de retirer le gros de nos troupes de la vallée de l'Indus pour concentrer nos efforts à la frontière ottomane. Afin de faire reconnaître, je me dirigeai en Inde vers le fief de mon oncle Kamal, le frère de Mère. Bien que je n'ignorai pas la répugnance de son clan face aux Occidentaux et que je saisissais d'avance son rejet d'un pan de mon plan, je misai sur son bon sens pour comprendre que mon accord ne modifierait en rien ses propres stratégies face aux nouveaux arrivants. Je l'exhortais à un peu de patience pour éviter de gâcher toute chance de résolution pacifique de la situation ou du moins d'une situation satisfaisante pour les locaux et potentiellement bénéfique d'un point de vue financier. Peut-être que l'Autriche-Hongrie agirait en partenaire appréciant la richesse culturelle de l'Inde plutôt que tenter de noyer le pays sous une vague d'occidentalisation forcée. Kamal excusa mon excès de confiance par ma jeunesse mais, après négociations, accepta de m'apporter son aide.

Octobre débuta par une recrudescence d'attentats et batailles dans les bassins du Tigre et de l'Euphrate. Non enlisés dans cette séculaire bataille de positions, les bataillons de l'est apportèrent un renouveau stratégique appréciable et profitable pour les forces mobiles djinns. Tandis que Kamal, mon éphémère émissaire, rencontrait mon Père, je continuais à rassembler des alliés. Clans djinns, assemblées rencontrées durant mes voyages ou encore réseau de contact tissé par le madrilène - à demi perse ne vous l'avais-je jamais précisé ? - je me constituai une équipe discrète et efficace. De concert, nous frappions en un éclair certaines positions stratégiques, armement et armée principalement, pour épargner le peuple de notre mieux et affaiblir les Ottomans. Nous renversions quelques satrapes locaux, corrompus par le pouvoir de Constantinople pour permettre à l'armée perse régulière de prendre la position.

Kamal, accompagné d'une délégation de l'Empereur Perse, me rejoignit quelques semaines plus tard pour officiellement reconnaître mon statut. Revoir Tanvir revigora encore mes convictions. Bien que nous n'avions guère eu le temps de fêter dignement ces retrouvailles-là, pressés par un échéancier précis, le bras-droit de père me considéra avec fierté et agréa rapidement sur le plan. Il reprit la tête de mon groupe de choc et je volai à toute vitesse vers l'Autriche-Hongrie pour signer officiellement le traité et coordonner les actions du mois suivant.

Début novembre, quelques jours à peine après mon détour austro-hongrois, à l'aide du Souffle Gris et de Solal, nous abattions le courroux des djinns sur le coeur de l'Empire Ottoman. Des centaines d'esclaves libérés, des troupes d'élite et la Maison du Vieux Sultan décimés signalaient le début du harcèlement de frontières de la carcasse ottomane pour notre allié européen et notre victoire dans la vallée du Tigre et de l'Euphrate. Consciencieux, je plaçais sur le trône ottoman Tayeb. Durant plusieurs semaines, je repris ma place d'Ombre fidèle afin de lui faire signer de nombreux ordres démantelant une large partie de son Empire. Ses troupes reçurent l'ordre de se replier dans la zone turque, relâchant ainsi leur joug sur la gorge perse et sur les tribus djinns locales. A elles d'en profiter, avec l'aide ou non de l'Empire Perse. Lorsque mon souverain fantoche, brisé par la perte de siens, fut couronné par les vautours avides de son propre peuple, l'Ombre avait accompli la mission confiée lors de son asservissement : le placer sur le trône.

Depuis que j'esquissai ce plan, depuis mon retour à la liberté, je m'étais figuré que me servir ainsi de mon prince, de mon Tayeb, avec qui nous n'avions formé qu'un pendant des années, me torturerait douloureusement. Pourtant, dans une chambre du Topkapi, devant un étui de violon vide, j'avais déjà enterré ces sentiments-là. Abigale morte, notre aimée, notre mère, nous n'avions plus rien à partager. Il n'était plus la Lumière. Je n'étais plus l'Ombre. Tayeb n'était rien de plus qu'un nuage qu'il fallait dissiper, un ennemi des miens. Je mentirai en affirmant que je ne ressentis rien lorsqu'il éclata en sanglots en constatant le massacre. Je le consolai encore et le berçai des mots mielleux suppurant de fiel. La Honte me rongea brièvement mais il me suffit de regarder les cicatrices sur le corps et le visage de Khâlis pour en oublier la saveur. Les enfants en sécurité, la guerrière efrit n'avait, presque, plus quitté mes côtés.

Fin novembre, au sein de son clan, avec la bénédiction des siens, nous nous unissions et elle devenait ainsi la première de mes épouses. Pas l'épouse d'un autre dont j'étais l'ombre d'un mari. Ma femme. Ma flamme. Pas une potiche occidentale bonne à pondre des héritiers : une compagne et camarade d'armes. Elle commandait même à une troupe de guerriers et avançait nos pions sur notre échiquier tandis que je tirais les ficelles depuis Constantinople. Assiégé de toute part, par la Perse, par l'Autriche-Hongrie, les solutions de Tayeb s'amenuisaient de jours en jours. Grâce à mes conseils mal avisés pour lui - et extrêmement judicieux pour notre coalition - sa marge de manœuvre, ses pions et ses alliés se réduisait à peau de chagrin. Il ne faudrait guère de temps pour que nous ne portions à l'Empire agonisant un coup fatal.

Évidemment, tout ne se déroula pas sans accro. En sus des différentes pertes, de désillusions plus ou moins désagréables et de régions, hors du giron perse principalement, secouées par des luttes de pouvoirs claniques ou d'anciens seigneurs ottomans, il me fallait mâter quelques irréductibles avant de célébrer ma victoire. Des dirigeants régionaux ottomans ou perses traîtres s'étaient massés insidieusement à Erbil et ses environs dans l'espoir d'y tailler dans les terres fertiles un petit royaume indépendant. Chose parfaitement inacceptable évidemment. Aussi, sur le chemin de Téhéran, notre bataillon s'y arrêta afin d'en reprendre le contrôle. Complexifiant une situation déjà tendue, des navires volants occidentaux, et surtout espagnoles, y faisaient escale de crainte des combats plus à l'ouest. Malgré une étrange malchance, nous tirâmes finalement notre épingle du jeu tout début décembre. Afin de sécuriser la zone et donner la chasse aux récalcitrants, j'y séjournai quelques temps avant d'y laisser un groupe loyal et efficace.

A notre arrivée à Téhéran, le matin du 21 décembre occidental, nous apprenions que l'Empire Ottoman acceptait la proposition Perse et passait sous notre protectorat en échange d'une souveraineté absolue sur le territoire turque. Les territoires européens étaient entièrement cédés à l'Autriche-Hongrie tandis que ceux sur la Péninsule Arabique se retrouvaient temporairement en jachère. Entre les anciens ponctifes ottomans, les clans djinns ou les assemblées humaines, quelles soient liées à une religion ou un envahisseur occidental, personne ne pouvait prévoir, à ce jour, ce que le futur leur réservait. De nouveaux plans de ma part ? Bien évidemment ! Mais pour le moment, après le Shab-e Yalda, je pouvais simplement savouer mon triomphe et mon retour auprès des miens.

Suspendu l'instant dura une éternité. Les tambours et les vivats de la fin du discours ne couvraient pas le bruit de martèlement de mon propre coeur. Francisco, mon fidèle tisserand, engoncé dans son nouveau costume d'ambassadeur s'éclaircit la gorge et me poussa légèrement d'une main à plat dans mon dos.

Pendant ce moment, je n'avais rien de l'Ombre.
Je n'avais rien d'un prince.
Je n'étais même plus un sylphe.

J'étais juste un gamin devant son héros.
Juste un enfant retrouvant son Père.




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MessageSujet: Re: [Perse] Shâh Nâmeh : Ombres et Lumières   Mar 30 Aoû - 19:42
Le calme des retrouvailles ne dura que trois semaines. A peine avais-je embrassé les membres de mon clan, entamé quelques cérémonies de passages dont les agissements ottomans m'avaient privé, que Tayeb, mon sultan marionnette, se faisait renverser par des mécontents de sa politique. Si le fait restait sans surprise, j'avais espéré que le subterfuge me laisserait plus de temps pour mettre en ordre mes affaires privées.

Le Second Mariage, Leilie, princesse kurde d'Erbil (janvier 06)
Mon union avec Leilie, fille du nouveau dirigeant d'Erbil, prit place plus rapidement qu'escompté. Suivant les traditions, je me rendis avec mon clan au domicile de ma promise. Nous y célébrâmes alors notre union à proprement parler dans sa demeure auprès des siens. Après les bénédictions de l'Imam, le sucre fut frotté et nous échangeâmes le miel, l'haoma et le noghl, les amandes enrobées de sucre. Les festivités durèrent trois jours durant lesquels nous avons surtout fait figuration sans pouvoir réellement nous parler ou échanger plus de quelques mots courtois, toujours sous le dais nuptial, accueillant les présents et les félicitations. Puis, en cortège, les femmes de mon clan amenèrent Leilie dans le harem du Palais Golestan. Elles y célèbrent là l'arrivée d'une nouvelle compagne tandis que les hommes fêtaient à nouveau l'alliance entre nos familles.

A la nuit tombée, Leilie fut dépouillée de ses robes par les domestiques et ses bijoux furent entreposées dans son coffre, avec le reste de sa dot. Après un bain de vapeur, hormis sa chevelure, cils et sourcils, tous les poils de son corps furent traqués et éliminés. Les domestiques la massèrent et l'oignirent d'huile parfumée et pailletée d'or. Bavassant les courtisanes et domestiques lui donnèrent mille et un conseils sur le déroulement de la nuit de noce. Tant et si bien que l'innocente se figura bientôt que j'allais la dévorer comme une bête sauvage. Seulement recouverte d'une mante, elle fut conduit jusqu'à mes appartements et laissé là, seule, nue et parfaitement terrorisée.

Je n'arrivais guère que vers minuit, réussissant enfin, sous les vivats et les propos graveleux sur mon empressement à rejoindre mon épouse, à me soustraire aux festivités. Lorsque j'ouvris la porte, Leilie sursauta. Elle attendait depuis près de deux heures, sans oser s'asseoir sur le lit. Transie de froid, janvier se chargeait de l'air glacial des montagnes enneigées, la pauvre tentait tant bien que mal de camoufler ses lourds seins ronds et son intimité derrière l'épais rideau nocturne de ses cheveux. Après plusieurs jours de festivités, j'étais éreinté. Je n'avais que l'envie de me nicher dans les coussins et de roupiller comme un malpropre sans un regard pour la muette aussi magnifique soit-elle.

Mais il le fallait. Ravir sa virginité à une demoiselle soi-disant comme il faut m'amusait fortement. Ravir sa virginité à son épouse par devoir n'avait rien de trépidant. Néanmoins, il était attendu que nous consommions notre union ce soir-là. Ni elle, ni moi, n'avions le choix. Ne pas remplir le devoir conjugal créerait des problèmes ou au mieux des rumeurs. Sa famille - et les Kurdes par extension - s'imaginerait que la demoiselle n'est pas à mon goût et en prendrait ombrage, ce qui pouvait aller jusqu'à briser une alliance. Ou alors cela pourrait mettre en doute ma capacité à être un homme, donc un shah et diriger l'empire. Pour elle, cela pourrait aller jusqu'à remettre en doute sa pureté et attirer les foudres de mon clan, sans oublier mon éventuelle colère de futur Shah d'Iran.

Aussi, devions-nous répondre au poids du devoir et des traditions pour une chose aussi simple que faire l'amour. Brièvement, je ne pus m'empêcher de lâcher un bref rire sarcastique en me figurant que Triste-Robe devait imaginer la chose de manière bien plus romantique et que ça briserait probablement le coté "conte de fée" de la noblesse. Leilie se tassa légèrement sur elle-même, parfaitement apeurée à l'idée que je puisse lui faire subir les outrages décrits par les courtisanes. Fuyant mon regard, ses yeux papillonnaient de détails en détails tandis qu'elle étreignait plus étroitement encore ses cheveux pour dissimuler ses formes. Pour une étrange raison, à son image se superposa brièvement celle d'Ofelia surprise dans une tenue pas si éloignée. Une brève bouffée de tendresse et un rire doux envahirent ma gorge. Glissant mes doigts dans ses cheveux avec délicatesse, je murmurai tout bas, à ma beauté perse, quelques mots de miel. Ainsi, à force d'attentions et de délicatesse, le protocole nous écrasa un peu moins de tout son poids.

Alliance et Institution du Protectorat sur le Sultanat d'Oman - Fin Janvier - Début Février 06
Après quelques jours durant lesquels j'ai pu enfin découvrir les charmes de Leilie, tant physique que son esprit amoureux de la musique et des arts, Père et moi nous nous dirigeâmes avec une délégation d'hommes, dont Khâlis, vers le sultanat d'Oman. Mascate et son port jouissait d'une certaine influence sur le commerce sur l'Océan indien, chose que l'avènement des navires volants n'avait pas modifié. Le Sultanat avait été, dans le passé, une satrapie de l'Empire Perse et des liens culturels subsistaient toujours.

Si le sultan n'avait guère envie des ingérences perses sur son territoire, son intellect et esprit de conservation le poussait néanmoins à accepter certains compromis. Avec la présence occidentale sur le seuil de sa porte, au Yemen, ou même la présence tranquille du géant austro-hongrois en Inde, le Sultanat craignait la convoitise des colonialistes, mais aussi celles des troupes ottomanes en débâcle, des djinns exilés pressés de retrouver un foyer où s'établir - et pas très concernés par les frontières comme je le suis moi-même en privé - . Dans ce genre de situation, il était important d'avoir des alliés : L'Empire perse disposait du pouvoir et des relations nécessaires. Il haïssait autant qu'eux les Ottomans et disposait d'une certaine autorité sur les clans djinns. En somme, nous étions l'allié aux bras grands ouverts rêvé pour que le sultan se réfugie dans notre ombre.

Puis, je voulais Oman. Pour verrouiller le golfe persique, il me fallait en posséder le contrôle des portes, le détroit d'Ormuz, mais aussi le golfe d'Oman en aval. Oman avait des richesses, épices et autres encens en tête, l'art de vivre similaire, les religions et des forces armées déjà renforcées après avoir vu le Yémen conquis par la Luxembelgie. En négociant avec certaines tribus djinns en leur attribuant des territoires inadaptés aux humains, mais parfaitement viable pour ceux pouvant faire appel à la magie, nous devrions pouvoir en faire une place forte pour garantir une présence pro-magie et native.

Avec force discussions, en garantissant que le Sultan conservera le pouvoir régional tant qu'il respectait nos conditions, en acceptant l'insigne honneur de me marier à une de ses filles, l'aînée déjà veuve et défraîchie, et à prendre sous mon aile son plus jeune fils, un jeune hybride, comme conseiller - et espion pour son père naturellement - nous parvenons enfin à un accord avec les premiers jours de février et le Sultanat d'Oman passe sous protectorat perse en devenant une nouvelle satrapie.

Intégration/Protectorat sur les 8 Emirats et le Royaume de Bahreïn - Février 06
Après la dislocation de l'Empire Ottoman, du moins son emprise sur certains territoires, plusieurs courriers nous sont parvenus de la part de plusieurs émirs. En échange de l'aide de l'armée perse pour repousser définitivement les ottomans et asseoir au pouvoir leurs illustres séants respectifs, ils acceptaient tous de se soumettre à la domination perse.

Si cela voulait dire plus de territoires à protéger en cas de problème, cela signifiait aussi plus de terres et de richesses pour résister aux ottomans, aux anti-magies et aux colonisateurs, qu'ils soient politiques ou religieux. Les clans djinns de la péninsule arabique avait bien besoin de zones où ils puissent être en sécurité et l'immigration au sein de mon empire nécessitait d'être dissoute sur un plus grand territoire si je voulais réussir à les intégrer sans créer des lieux de non-droits.

Aussi, le mois de février fut principalement dédiés à une série de rencontres succédées ou précédées de frappes locales pour anéantir les poches ottomanes, en nous alliant avec les clans djinns ou nomades locaux pour renforcer notre action militaire. Ainsi, nous avons fait des huit émirats de Qatar, Abou Dhabi, Ajman, Charjah, Dubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn, ainsi que du royaume de Bahreïn, une satrapie de l'Empire Perse dirigés par plusieurs émirs et un roi.

Conquêtes par la force du littoral du golfe persique : Fin janvier - mi-mars 06
Tandis que Père et moi négocions les différents traités et notre emprise sur les émirats, Tanvir dirigeait plusieurs compagnies pour harceler différentes autres cités encore au prise avec des ottomans sur le littoral du golfe persique. Coupés du gros des forces ottomanes déjà en train de reprendre du poil de la bête avec l'arrivée de ce nouveau sultan, la résistance campait sur des positions précises. L'usure fonctionnait parfaitement en notre faveur mais il ne fallait pas se hâter inutilement et prendre son temps pour limiter les pertes civiles au maximum. Tanvir avait le doigté et la finesse nécessaire pour ce genre d'ouvrage. Aussi, après nos péripéties dans les émirats, nous n'eûmes, au grand mécontentement d'une Khâlis d'une humeur plus massacrante que jamais, que quelques batailles de moindres échelles à nous mettre sur la dent.




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[Perse] Shâh Nâmeh : Ombres et Lumières

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