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 Diriger, c'est se dévouer à un rêve Ѫ Tsogtou-taïdjii

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Isli
Tsurugul Khan
✦ Libre pour RP ? : A venir

✦ Double-compte : Jan / Ofelia / Morelia



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Dirigeant de la Mongolie
✦ Pouvoir: Echolocalisation
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Diriger, c'est se dévouer à un rêve Ѫ Tsogtou-taïdjii    Sam 6 Fév - 18:42
Il était une fois...

Derrière l'écran
FEAT Jeong Soo-young

Pseudo - M.
Avatar - Un portrait de Tinyred16 sur la base d’une commande d’un OC de PapaSam « Jaguar King » et des OC de Phobs et de ChopStuff pour le reste
Comment as-tu connu le forum ? - Troisième compte en ces terres (5ème officieusement)
Suggestion, réclamation, un petit mot ? - A MOI L’ASIE

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Rapide portrait


Personnage de conte - Isli de « Isli et Tislit » des contes berbères
Nationalité / Origine - Mongole
Profession - Khan (dirigeant) du pays
Groupe - Royauté
Pouvoir - De par son hybridation avec une chauve-souris, Tsurugul a un pouvoir d’écholocalisation. Il lui suffit de claquer la langue pour repérer toute forme de vie présente à ses côtés. Cette écholocalisation lui permet de situer des êtres vivants dans un rayon de 300 mètres, et cela même à travers les murs d’une maison. A contrario, il ne distingue que très mal les formes et les objets les entourant, se cogne donc souvent quand il n’a pas sa canne et peut vite se retrouver coincé dans une pièce fermée car il n’aura pas décelé d’autres ouvertures. Fort heureusement, il a un très bon sens de l’orientation.

particularités


Du temps de Misheel et des Fiançailles d’Espoir, il était encore fier et beau, le prince brillant. Tsurugul portait les cheveux longs, comme les hommes de sa famille, mais nulle barbiche et nulle moustache n’ombrageait encore son visage adolescent qui ne cessait de sourire. De haute taille, le port altier, il avait l’adresse des archers mongols, les mains larges des combattants à l’épée courte et la musculature discrète de ceux qui pouvaient donner leur vie sans craindre la Grande Obscurité. Il pouvait tirer une flèche dans dix encoches séparées par dix lits de rivière et atteignait encore sa cible, qu’importe son temps de visée, sans hésitation. Son adresse était connue de tous, ses capacités redoutées des armées adverses, qu’elles soient Oïrats ou étrangères. Sur son cheval, nul homme ne pouvait le dépasser en rapidité et il fendait l’air, menant ses hommes sans penser à la Mort, faisant la fierté de Lingdan, son père.

Tsurugul rappelait immanquablement son aïeul, Genghis Khan, et hormis la finesse de ses yeux sombres qu’il tenait de la première épouse de Lingdan, il était le portrait de sa lignée, la continuité de Genghis, de Khubilaï et de Tumen qui, tour à tour, avaient servi la Mongolie.

Mais le Tsogtou-taïdjii n’existe plus que dans les reflets effacés des anciens portraits. Le nuage s’est abattu sur le pays, quand Misheel a préféré la mort au désespoir du rejet matrimonial. C’est en salant le lac d’Uvs Nurr de son chagrin que la fée, rendant son dernier soupir, condamna son ancien fiancé à perdre la vue et maudit sa lignée jusqu’à ce que chacun meurt ou soit tué, pour que rien ne subsiste de l’héritage de Lingdan Khan.

Depuis ce jour, Tsurugul ne voit plus. Et qui pourrait se prétendre Khan et combattant sans yeux pour contempler et veiller son pays ?

Au-dessous des yeux délavés par la malédiction de Misheel ne brille ni sourire, ni douceur, ni bonté. Froid, intransigeant, inflexible, guerrier, il s’est efforcé à maintenir ses entraînements jusqu’à ce que son handicap le laisse aussi nu qu’un nouveau-né.

C’est avec acharnement que Tsurugul s’est tourné vers la méditation de sa religion bouddhiste pour s’apaiser et ouvrir son troisième œil, en vain. C’est avec entêtement qu’il s’est tourné vers la magie pour vaincre la malédiction de Misheel et reprendre la tête de son pays. Et c’est avec arrogance qu’il a finalement succombé à l’hybridation pour retrouver la vue et ses capacités de guerrier.

Mais Misheel n’en avait pas fini avec lui, même dans la mort.

Et l’hybridation laissa son corps meurtri, tordu, brisé, dévoré par le don.

Aujourd’hui, Tsurugul ne voit que grâce à l’écholocalisation. S’il peut encore tirer une flèche et atteindre sa cible, il est bien moins meilleur qu’avant. Et monter à cheval est un supplice pour son corps malmené. Car en dessous de sa tunique mongole, sa peau apparaît comme du cuir noir où des pelures de poils bruns surgissent à des endroits inopinés. S’il ne boite pas, ses hanches et ses genoux le malmènent à le faire parfois hurler de douleur et ces souffrances presque fantomatiques ne trouvent aucun apaisement dans les médecines actuelles. Il avance, sur des pattes de chauve-souris que d’aucun ne pourrait contempler. Horreur redoutée de ses concubines, quand elles parviennent à survivre au sort que leur réserve la malédiction qui pèse sur leur gynécée.


caractère



Tsurugul est un jeune prince amer, décidé à se venger de la Chine qu’il tient comme responsable de l’échec de son mariage, de la mort de son père et de la pauvreté progressive de son peuple, submergé par les taxes commerciales mandchous. C’est un homme seul et blessé en perpétuel conflit avec les Oïrats qui, n’ayant supporté le suicide de l’une de leurs héritières et la mort de leur chef, entretué avec Lingdan, cherchent à le détrôner. Un homme ayant perdu son seul amour qui tourne parfois ses pensées vers le lac où Misheel a succombé, sans savoir comment se faire pardonner, comment se rattraper, comment vivre avec sa culpabilité.

La Mongolie étant principalement connu pour la fiabilité et la force de ses armées, Tsurugul se complaît à des entraînements archaïques mais efficaces qui ne laissent à ses soldats que leurs arcs et leurs épées courtes. Il a en horreur la technologie et considère les androïdes comme l’œuvre de l’arrogance humaine défiant Bouddha. C’est un prince de magie et c’est bien cette dernière qu’il respecte et encourage. Il est bien plus intrigué par l’idée de lier le modernisme et la technologie à la magie que de voir la première tenter de surpasser la seconde. Au sein du corps d’armée mongole et notamment de ses gardes rapprochés, l’hybridation est de rigueur et il n’est pas rare, pour un hybride étranger, de choisir l’exil vers la Mongolie qui se montre aussi tolérant et curieux que son vague voisin, le Japon. Si le statut de Tsurugul est tût, les rumeurs vont souvent bon train mais il n’est pas rare de voir le prince se fermer, froissé de ses allusions qu’il ne tient pas à étayer. Il considère son propre échec comme une monstruosité et répugne à s’assumer comme tel.

Décrit parfois comme arrogant, parfois comme un sage, il passe de longues heures à méditer selon les préceptes de sa religion, mais ces moments de calme et de réflexion sont bien souvent interrompus par ses douleurs fantômes. Aussi psychosomatiques qu’issues du résidu de l’hybridation, ces souffrances lui montent dans les jambes, enflammant ses genoux comme des pommes de pin lancées dans de la lave, et le laissent bien souvent à terre, haletant, le regard hagard et proche de l’évanouissement. Ces douleurs s’intensifient quand le temps se fait humide et beaucoup de concubines voudraient se refuser à côtoyer le prince à ces instants, car la douleur le rend aussi colérique que mauvais. La plupart de ses décisions extrêmes concernant des jugements rendus à l’égard des prisonniers viennent de ces instants où le mal semble gonfler en lui à l’exploser de haine. Dans ces cas, seul le froid l’aide à évincer la douleur.



passage sur la piste



Misheel était belle, et si la ressemblance physique était frappante entre eux au point qu’on aurait pu les prendre pour frère et sœur plutôt que cousin, Tsurugul était capable de remarquer la moindre distinction entre leurs deux visages, pour les veiller et les chérir comme n’importe quel trésor. C’était une combattante Oïrat comme seuls les indépendantistes mongols savaient les faire : fière, arrogante, joueuse, taquine et pourtant éduquée pour servir son clan, sa maison, son mari, ses enfants et son épée. Capable de mettre à terre un homme menaçant, elle ne manquait pas de faiblesse sentimentale et était certainement la plus expansive du jeune couple. Elle était fée, de la lignée de Mandukhaï Khatun, la légendaire chaman mongole qui, des siècles auparavant, avait pu épouser Khubilaï Khan, le petit-fils du grand Genghis, demeurant à ses côtés et le conseillant dans les lois éditées, chassant les Oïrats Mongols jusqu’à retrouver l’unité complète de leur pays. Leurs fils s’étaient entretués à leur tour pour obtenir le trône à la mort de Mandukhaï mais son portrait demeurait encore comme la femme mongole la plus importante de l’Histoire. Misheel lui ressemblait.

Et Tsurugul l’aimait, comme il n’avait jamais personne, ni ses sœurs, ni son père, ni même sa mère, la première concubine du gynécée de Lingdan. Il pouvait passer des heures à l’écouter babiller, à l’entendre lire des histoires perses ou chinoises, voire même les légendes de leur propre pays. A échanger des idées de prénoms pour leurs futurs enfants, même si le chaman aurait le dernier mot sur l’identité du premier héritier de l’Alliance. A la voir manipuler la magie. Il l’aimait et aurait donné sa vie pour elle, pour celle qui avait su le surnommer Tsogtou-taïdjii, le prince brillant.

Au départ, Tsurugul avait craint l’idée de son père, de le marier de force à l’une de ses cousines pour réunir enfin les deux héritages de Genghis Khan. La Mongolie avait toujours subi les batailles entre les frères ennemis, qu’ils soient les fils de Genghis Khan ou ceux de Khubilaï Khan. En tout temps, l’unité mongole n’avait jamais réussi à perdurer plus de cinquante ans et la finalité de la gestion du pays allait toujours à l’héritier qui s’alliait avec les Mandchous.

A force de pactes avec la Chine, cette dernière avait fini par prendre une ampleur colossale du temps de Lingdan, le père de Tsurugul. Mais Lingdan avait un autre projet, en ralliant les indépendantistes Oïrats à ce mariage, effaçant enfin les frontières obscures entre la Mongolie du Nord et celle du Sud. Un projet qui retrouverait la stabilité de leur pays, sans guerres internes, sans tensions. Mais le jeune prince n’avait jamais pensé tomber sincèrement amoureux de Misheel.

Pourtant leur coup de foudre fut réciproque au premier regard. Encouragés par les deux amoureux, Lingdan avait serré la main de Davaa, son cousin et chef Oïrat et tous deux avaient commencé à mettre en place en plan d’action visant à retrouver le pouvoir sur les contrées de l’Est, aux territoires du Kazakhstan gouvernés par l’Empire Russe.

Fut-ce le mot de trop, ou l’apparition de cette noble chinoise qui, ignorant tous des fiançailles du prince, vint un jour au palais d’Hohhot pour se présenter comme porteuse d’un nouveau pacte entre les mandchous et les mongols, l’histoire veut que les tensions revinrent à séparer les deux cousins dans un dernier éclat de voix.

« Tu n’épouseras pas Misheel. » Clama un soir Lingdan, énervé de l’entêtement de Davaa à refuser l’aide Mandchou.

« Mais père, je l’aime.
- L’amour n’a que peu de place dans les alliances. Tu es un Khan, un combattant. Tu dois accomplir ton devoir d’homme pour redonner à ton pays, à ton empire en devenir, ses forces et sa puissance. En épousant Ping Ming-Yue, nous pourrons négocier les taxes mandchoues et demander la venue de soldats pour prendre le Kazakhstan tout en écrasant définitivement les Oïrats récalcitrants. »

Tsurugul s’était donc plié à la volonté de son père, craignant néanmoins la réaction de Misheel. Pourtant, pas un seul instant il n’avait pensé que sa dulcinée, sa promise, ne vive ce refus comme une trahison de sa part, préférant se noyer dans le lac de son territoire Oïrat plutôt que d’y survivre.

« Tu devras payer le prix de tes mensonges, Tsurugul.
Jusqu’à ce que ta lignée s’efface.
Jusqu’à ce que la nuit engloutisse tes héritiers
et ceux de ton nom. »


~~~


« Une autre concubine vient de succomber, et l’enfant qu’elle portait n’a pu être sauvé. »

Il se tient en retrait de son Khan, assit en tailleur au sol. Il se répugne à trouble la méditation de son dirigeant, mais voilà bien quatre heures que le glas a été sonné pour Temüjin et le garçon qu’elle devait mettre au monde. Le corps gît, dans un bain de sang et de vomissures et les serviteurs trépignent de ne pouvoir débarrasser le gynécée de la concubine de Tsurugul Khan.

A la lueur des bougies qui éclairent le temple de Bouddha, le conseiller peut voir la pelure dépasser de son col entrouvert. Le prince brillant n’a pas dû s’en rendre compte et son second se gardera bien de lui en faire la remarque. Car si la douleur n’a pas su le délaisser pour lui offrir des heures de répit sans tremblements, c’est sur sa pauvre tête que le courroux tombera à l’en faire décapiter. Tsurugul est parfois patient et sage mais quand la souffrance monte, rien ne saurait entraver sa haine et Wu Ming a déjà été témoin des ravages de sa colère. Il sait pourtant que rien, dans sa déclaration, ne saurait lui coûter la vie. Ce n’est pas la première concubine qui succombe de la malédiction ni le premier héritier que Tsurugul perd. Le Khan commence à s’y habituer et le soupir qu’il pousse en rouvrant ses yeux délavés laisse présager qu’il s’attendait à l’annonce, cela au moment où le rhume a encerclé la gorge de Temüjin, dix lunes auparavant.

Elles tombent malades, toutes, les unes après les autres. Du même mal qui a emporté son frère et ses sœurs. Puis les femmes de son père, après la mort de ce dernier. Il revoit sans mal les corps ensanglantés de Lingdan et de Davaa, au jardin du palais bleu. Il leur avait fallu chasser les Oïrat, venu exiger réparation à la mort de Misheel et de leur chef bien-aimé. Maintenant, les indépendantistes demeuraient retranchés au nord, comme à leur habitude. Mais les mouvements des armées d’Altan, leur nouveau dirigeant, présumaient d'une attaque d’ici peu. Ça, et les taxes mandchoues qui venaient encore d’augmenter pour leurs commerces, ne facilitaient guère son règne.

Au-delà des murs, le peuple s’affame et se réfugie dans la peur agressive, Tsurugul le sent autant qu'il en est le témoin. Bientôt ils en voudront à l’aveugle qui les dirige de ne pas savoir les protéger. Il est donc temps de trouver l’absolution et la survie sur un autre chemin.

« Faites brûler les corps. Dispersez les cendres au jardin. Tamisez les lumières pour deux jours. Gravez son nom au mur du Gynécée et déposez des fleurs blanches.
- Des fleurs blanches ?
- Temüjin aimait les gentianes. »

Il se relève, vaillamment, sans l’aide d’une canne ou d’un quelconque appui. Bouddha sait que les médecins le lui conseillent depuis l’échec de son hybridation, mais Tsurugul refuse de paraitre faible, ou impotent. Le conseiller s’incline, respectueusement.

« L’enfant, devons-nous lui donner un nom ?
- Lingdan, le sixième.
- Bien mon seigneur. »

Misheel en aura donc emporté six dans sa noyade. Six innocents, six flétrissures qui seront certainement suivies de six autres, d’une centaine, de mille enfants morts avant d’être nés. Tsurugul ignore encore combien de temps il faudra pour que la malédiction s’assèche, comme une flaque en plein désert. Mais il sait qu’il devra y survivre, puisque tel est son souhait, et il peut imaginer sans peine ses dernières paroles de suicidée. Sa vengeance sera son propre tourment et son esprit le dévorera comme un chat jouant avec une souris, jusqu’au dernier coup de crocs.

« Tu te lasseras avant moi… » Le conseiller tressaille, et s’éloigne à pas prudent. Le laissant à l’observation silencieuse de son temple. L’écho ne lui renvoie aucune forme de vie, que les silhouettes grisâtres de meubles informes.

Mais dans le silence de son monde, il peut discerner le tremblement redoutable d’un rire moqueur de femme.


Spoiler:
 


(c) fiche crée par rits-u sur epicode





Dernière édition par Tsurugul Khan le Mer 25 Mai - 23:10, édité 2 fois
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La belle au bois dormant
Ronce de France
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✦ Double-compte : Alice Liddell, Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Ragnar Mjöllnir, Orendi


MessageSujet: Re: Diriger, c'est se dévouer à un rêve Ѫ Tsogtou-taïdjii    Sam 6 Fév - 19:12
La bienvenue !

Je ne sais pas comment tu fais, mais à chaque fois on est transporté dans l'ambiance du lieu, du pays, complètement immergé dans sa culture. J'ai envie d'aller en Mongolie par ta faute. J'aime beaucoup Tsurugul Khan, la malédiction lancée par sa première fiancée (avec Ofelia et son don, Jan et Sigrid, tu as tiré le tiercé gagnant de la malédiction). J'ai hâte de voir son parcours, comment il va s'extraire de cette malédiction, de ce combat qu'il mène avec Misheel. (D'ailleurs, d'une certaine façon, ça m'a fait songer à la dualité entre Izanami et Izanagi, l'un promettant de tuer des âmes, l'autre d'en créer plus, pour enrayer la mort)

Trève de blablas, je te laisse rejoindre tes steppes ! :batman:


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