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 [Novembre 05] Projet "Paradise"

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Arsène Martes

MessageSujet: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Dim 7 Fév - 18:53
“Ce que nous recherchons, c'est le fruit défendu. Sans lui, le Paradis n'est pas pour nous le paradis.”
Alexandre Pouchkine


Tout s'était relativement bien déroulé jusqu'à Bruges. L'enveloppe contenait autant de billets que Galaad ne l'escomptait pour son équipe, comme si Mr. Glover avait su décrypter ses pensées les plus profondes. Ce fut sur le débarcadère que les choses se compliquérent. Le comité d'accueil s'était montré peu commode et pas d'une urbanité des plus développées. On les avaient délesté de leurs bagages et on leur avait bandé les yeux. Leur têtes furent libérées des sacs noirs pour mieux apprecier leur cabine de train, sans fenêtre ni hublot sur l'extérieur, et la compagnie musclée et silencieuse de leurs gardiens. Le voyage prit presque une journée. Le protocole d’aveuglement digne des meilleurs kidnappeurs fut reproduit pour les déplacer à nouveau en automobile puis à pieds. La jeune femme et ses hommes sentirent nettement les grilles de fer se refermer sur eux et la gravité se dérober autours de leur petit groupe. On les faisait descendre à plusieurs kilomètres, probablement sous terre.

Alors seulement, on libéra leurs yeux.


L'endroit, une ancienne mine à n'en pas douter, avait été agrandie et aménagée pour y loger un laboratoire d’ingénierie dernier cri, assorti d'une usine et d'un entrepôt. Mais pour l'heure, ce qui s'offrait aux yeux émerveillés des délégués du Walls Workshop Ltd c'était un dédales de couloir et de tuyauteries, parcouru par des hommes qui avaient tout l'air d'ouvriers. Ils se trouvaient effectivement sur le pas d'un ascenseur et furent apostrophés par un homme en salopette, de haute stature, la moustache épaisse, le poil roux, une quarantaine d'années flamboyante. Un gros tas de barbaque avec un regard perçant et un sourire bonhomme.


image de Nesskain

- Bonjour ma P'tite Dame, dit-il en s’adressant derechef à Galaad, en contournant la personne qui aurait pu jouer son leurre. Avez-vous fait bon voyage ? Pardonnez la rudesse des précautions employées, mais c'est que notre petite entreprise aime à rester discrète.

Il eut un reniflement qui, bien que peu distingué, ajoutait à la familiarité sympathique du personnage. Il poursuivit en anglais, mâtiné d'un accent allemand percutant.

- On a d'ailleurs fait fouiller vos bagages. Vous les retrouverez dans vos chambrées. On vous a mise dans une individuelle, mamezelle. Faut quand même c'qi faut pour une dame. et puis Jahquil me ferait la peau si j'vous traitais pas comme une princesse.

Il eut un rire sonore.

- Vous lui avez tapé dans l'oeil à ce foutu serpent !

Le colosse tendit finalement une poigne ferme à son interlocutrice et lui sera la pogne sans crier gare. La main menue de la demoiselle sembla disparaitre dans l'immense paluche, pleine de callosités, du rouquin.

- Mon nom est Stanislas Schmidt. C’est moi qui tient cette baraque. Venez, on va vous conduire à vos piaules et vous laisser vous rafraichir. Le diner sera servit dans peu de temps.

Il pivota, présentant son dos immense sous sa chemise légère et collée de sueur par endroit - il régnait une chaleur d'étuve ici bas. D'un bon pas, il se dirigea dans le dédale, ne doutant aucunement qu'on le suivait. L'escorte des voyageurs s'assura que ce fut le cas.

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MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Lun 15 Fév - 10:12
Préparer une équipe en moins d'une semaine, finaliser la partie technique des projets en cours avant commercialisation, lancer les commandes à différents fournisseurs pour les suivants, convaincre et rassurer Percy quant à son absence, préparer ses bagages pour une durée indéterminée avait réclamé à Jane Walls des nuits courtes et des journées chargées. Aussi la majorité du voyage en dirigeable fut dédiée à une tâche unique : Ronfler. Dans la cabine partagée avec toute l'équipe, Bors et sa petite protégée dormaient de concert. Même les hommes, peu coutumiers de transports oisifs, s'étaient glissés dans le sommeil et le repos.

Le réveil à Bruges fut brutal. Dépouillés de leur bien, avec des clients aussi amicaux qu'un contingent de l'armée roumaine face à un groupe de fées, Bors et ses acolytes faillirent en venir aux mains. Jane en tête. La petite demoiselle n'appréciait guère être traitée comme du bétail vers l'abattoir sous prétexte du coté "top secret" du travail. Il avait fallu que le colosse noir hausse la voix et aboie des ordres, rappelant surtout qu'il y avait un pactole à la clé pour que la clique se calme. Pour retenir Vermine se fut nettement plus compliqué. Salomon souleva la menue Walls pour l'empêcher de foncer dans le tas pour récupérer sa trousse à outils, ses notes surtout, dans une foire d'empoigne digne d'une furie. L'ancien esclave avait même dû se résoudre à copieusement tordre le bras de sa protégée pour l'empêcher d'appeler à elle la fureur de ses ancêtres et sa rapière. Encore échaudée par sa rencontre brutale avec l'espionnage industriel, l'exilée avait régressé à la sauvagerie de Vermine des premiers mois après son réveil. A quelques mots soufflés dans son oreille, Galaad avait sombré dans un complet silence, le maintien tout Ithier, dos droit, fier, tendu et prêt à l'attaque.

Du moins jusqu'à leur arrivée sous terre. Aussitôt les yeux libérés, pas encore réhabituée à la luminosité même artificielle des lieux, Jeanne détonait avec un teint parfaitement blafard au contraire de son habituel hâle. Elle considéra, toujours muette le gardien des lieux aussi titanesque que Bors. Celui-ci s'était d'ailleurs dressé entre la jeune femme et le roux. Évincé, il s'était interposé à nouveau, armé d'un blanc sourire.


Salomon Bors

- Bonjour. Le voyage ne fut pas bon, non. Nous avions acceptés les clauses de confidentialités, pas celles d'être déportés comme des animaux.

Salomon soupira, un peu comme un grognement dégouté, avant d'enchaîner sans se départir de la politesse révérencieuse qu'un esclave apprenait à servir à son maître.

- Merci pour l'attention pour Miss Walls. A l'avenir, si vous désirez nous fouiller pour s'assurer que nous n'espionnons pas votre affaire, nous serons ravis de montrer pattes blanches et ainsi éviter que vous ne perturbiez nos rangements et notre matériel.

Sans compter le fait que le Baron détestait vraiment qu'on touche à ses carnets, au point de les avoir enchanté pour les rendre illisibles pour tout autre que lui-même. Dans les bagages de Bors et des hommes, rien de particulier ne fut découvert, hormis peut-être une bouteille de whisky, une boîte de cigare, des revues pornos en plus des outils et vêtements. Oh, leurs armes à feu et quelques couteaux, comme tous bons américains de quartiers aussi "vivants" que celui de l'atelier en portaient - ou comme d'anciens pirates des airs - , avaient été remises à l'accueil en guise de bonne foi. Les deux bagages de Galaad par contre furent autrement plus copieux. En sus d'effets tous féminins et de tenues suffisantes pour une coquette, son matériel de travail de base commun à tout bon ingénieur - outils et bésicles -, elle trimballait un miroir à main communiquant, un corbeau mécanique, de la poudre bleutée dans plusieurs sachets, une autre blanche dans sa trousse de toilettes avec savons et fanfreluches, deux carnets illisibles, du matériel pour faire des plans et écrire, plusieurs livres, un baudrier d'outils, en cuir assez épais, un peu particulier vu qu'il pouvait visiblement accueillir une arme et dissimuler un objet dans sa longueur, ce qui ressemblait à une autre trousse à outils dans ses vêtement mais miniature, une tenue masculine chaude et épaisse, une série de foulard, une recueil de poésies françaises, une bible, une paire de patins à roulette, d'autres bibelots mais finalement une paire d'ailes techno-magiques réduites en taille grâce à de la poudre à rapetisser, comme la majorité du foutoir dont elle s'embarrassait au final. Dans un gros tube en cuir, des plans enroulés, des esquisses sur la thématique robotique étaient, eux, parfaitement lisibles et signés de la main du Baron Périlleux.

Livide, Jeanne n'ajoutait rien, concentrée sur le vide. Pour ne pas vomir sur les chaussures de ce Schmidt et lui carrer un coup de pied dans le tibia parfaitement mesquin mais ô combien salvateur. Sa bonhomie apparente échappa complètement à la demoiselle amorphe. Elle ne réagissait guère à ce qu'il lui disait directement, enregistrant néanmoins le tout comme un rêve brumeux. Soudain, d'une main, elle s'agrippa au bras de Salomon, froissant sa veste. Avec une lenteur surnaturelle, elle tourna de l'oeil et piqua du nez vers l'avant. Lestement pour un aussi gros bestiau, Bors récupéra la provençale et la nicha dans ses bras comme une princesse délicate.

- Miss Walls a la santé fragile.

Informa-t-il leur hôte de l'évidence, sur le ton de l'habitué. Sur un ton commercial, il rassura.

- Nous vous inquiétez pas pour notre contrat. Rien ne nous empêchera d'effectuer ce devis comme promis : Elle récupérera vite une fois rafraichie.

Emboitant le pas au maître des lieux, toute la troupe suivit à l'annonce bienvenue du repas. Les employés Walls, une fois assurés que la petite patronne n'avait rien de grave, chose que Bors confirma d'un hochement de tête, reprirent des babillages plus civils, s'étonnant des lieux, fouillant du regard. Le plus grand gueule raconta même qu'il avait bossé une fois dans une mine. Après tout ce voyage et la tension liée, tout le monde semblait se réjouir d'un repas chaud et d'une toilette plus décente.

** ** ** ** **

Lorsqu'il fut temps de passer à table, Jane Walls vêtue de frais, se joignit à la tablée qu'elle rassura d'un sourire pâle. Visiblement, aujourd'hui ne serait pas un jour où elle brillerait de sa vivacité coutumière. Se retrouver piéger sous terre oppressait la nymphe plus que de raison, en sus de ses ennuis d'anémie chronique. Une fois des nouvelles de son équipe prise et quelques mots échangés dans un anglais tenant plus du patois que la langue officielle, elle s'approcha de Schmidt seule et inclina légèrement la tête en guise de salut avant de tendre sa main pour une poignée de main tout ce qu'il y a de plus courante... entre deux hommes.

- Jane Walls, enchantée Herr Schmidt et désolée pour tout à l'heure : J'ai très mal supporté le trajet.

Lâcha-t-elle sans rougir et sans amoindrir le comportement dérangeant de son employeur. Le coté commercial ? Galaad agissait volontiers comme un panneau publicitaire ambulant, vantant les mérites de son atelier mais la devise des Ithiers l'empêchait de sombre dans du mercantilisme crasse au détriment de la Vérité

- Heureusement, mon matériel parait entier et intouché.

Le fait que son interlocuteur le dépassait de plus d'une tête, que ses bras soient aussi épais que ses cuisses - voire sa taille en fait - ? Pas un seul instant, ce genre de détails ne tracassait la jeune femme. A l'invitation de son hôte, elle prit place face à lui, évidemment rejointe par Bors gardant le silence.

- Parlez-moi plus en détail du projet.

Les civilités ? La politesse élémentaire supplémentaire ? Après le trajet, Jeanne s'en dispensait également. Il faudrait sans doute plusieurs jours sans incident pour que l'animosité latente ne régresse complètement. Au moins, elle n'avait pas encore tenté de planter le bout de ses bottines pointues dans le fondement. Une sacrée avancé depuis la réaction première à Bruges !

La tenue une fois rafraîchie du voyage:
 


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Lun 21 Mar - 12:43


Stanislas vit reparaitre les deux énergumènes à sa table. Ses hommes en bon enfants de Rostrhamus n'avait aucunement fait sentir de différence à la jeune femme et à son nègre : la couleur comme le sexe n'étaient pas, pour eux, de pertinentes données. C’est donc avec une grande simplicité qu'il serra la pogne de la petite demoiselle dans sa large paluche d'ouvrier.

- Jane Walls, enchantée Herr Schmidt et désolée pour tout à l'heure : J'ai très mal supporté le trajet.
- Fräulen Walls ! Répondit-il sans relever sa petite pique. Joignez-vous à moi !

Il l'invita à s'asseoir à son coté sans galanterie excessive - Il aurait fait de même pour un collègue masculin. Il servit une peinte de bière à l'ingénieure et fit signe à Wilfried, le cuisinier de service, de donner à la dame sa plâtrée de saucisses à la purée de fèves et aux champignons. Il ne laissa bien entendu pas Bors en reste.

- Y'a du café si vous préférez, vous les amerloques, vous buvez du café avec tout y parait !

Il eu un rire grondant comme toutes les personnes de sa stature et son hilarité fit plisser les pattes d'oie au coin de ses yeux. Un rire bonhomme pour un mec sympathique, en somme.

-...Heureusement, mon matériel parait entier et intouché. Parlez-moi plus en détail du projet.
- Vous êtes du genre besogneuse et directe ! Parfait.


Il finit de saucer son assiette avec une grosse miche de pain qu'il avait rompu pour eux quelques secondes plus tôt.

- Je suppose que vous connaissez la technologie robotique classique actuelle. L'Allemagne tout entière regorge de ces armures d'acier géantes pour soldats. Ce sont en générale des objets lourds, peu véloces et pas toujours fiables.

Il s'essuya la bouche avec sa serviette à carreaux, épongeant l’excédent de gras faisant luire sa moustache.

-Nous avons suivi de près vos recherches sur le le projet Icarus. Vous êtes très novatrice en matière d'idées comme de moyen employés pour la mise en œuvre. Vous avez donné un vrai sens au mot "aérodynamisme". Malgré l'académie russe de Technomagie, rare sont les brevets vraiment exploitables. Les vôtres sont simples, gracieux, pas trop gourmand en terme de matos. Quoi qu'il en soit vos créations se basent toutes sur un hôte humain.

Il la toisa du regard qu'il avait étonnamment intelligent pour une telle proportion de muscles. D'après son discours et le champ lexical employé, il était notable que le colosse avait l'habitude de manipuler de la mécanique.

- Nous avons récemment mis la main sur les plans secrets d'un automate robotisé volant de nouvelle génération, agissant sans pilote à l'intérieur de son cockpit. Un robot télécommandé en somme.

Il laissa l'information infuser dans la caboche de son interlocutrice quelques instants. Il s'accouda pour mieux se pencher vers elle.

-Votre prédécesseur est mort lors du test d'application pratique du prototype, néanmoins il a pu ironiquement prouver, avant d'y passer, que le procédé était réalisable. Ce qu'il nous manque à présent c'est le chainon manquant entre le pilote à distance et le robot. Une cervelle suffisamment bien faite saurait reprendre les recherches établies en l'état et trouver comme qui dirait, le truc qui déconne.

Il eu un sourire malin un brin déstabilisant.

- Vous pensez pouvoir relever ce genre de défi ?



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MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Dim 3 Avr - 19:22
Pourquoi diable ingurgiterait-elle du café avec tout ? Galaad adorait le thé et les sucreries mais, hormis un café par jour après le repas, elle n'en consommait pas à toutes les sauces. La petite demoiselle faillit rétorquer sur le sujet, arrêtée dans son élan par un déni de la tête de Salomon. Installée à table à coté du géant roux, elle ne semblait pas éprouver de malaise particulier malgré la carrure titanesque de celui-ci. Sans ignorer le formidable opposant que celui-ci ferait en cas de conflits, la française ne sombrait guère dans les craintes irraisonnées, indignes des Ithiers. D'autant plus que tout le monde sur les navires fréquentés pesait au moins le double de son propre poids pour une carrure dépassant allégrement le leste Vermine. "'Sert à rien d'faire la chochotte et d'avoir l'genoux qui s'cognent pour rien" résumait assez bien l'état d'esprit. Elle attaqua son assiette avec un certain appétit pour une jeune femme, les repas manqués des derniers jours expliquant plus aisément que l'anémie chronique son évanouissement précédent.

Elle écouta les explications suivantes tout en continuant à manger, s'interrompant principalement pour prendre quelques notes sur son carnet ou une gorgée de bières pour faire descendre les saucisses. Apparemment, la cuisine germanique plus riche en goût que les insipides ragoûts et nourritures américaines, hormis les cupcakes et les brownies, flattait son palais malgré le coté rustique du plat. Elle songea un instant aux mets mitonnés de son enfance et aux présentations prétentieuses de la noblesse : Elle en regretta surtout la présentation colorée face aux nuances de brun de son assiette. Probablement que la chaire à saucisse camouflait le goût de cendre d'une viande produite dans un pays aussi industrialisé. Les autres considérations, heureusement, s'arrêtaient surtout sur les propos de Schmidt.

- Première chose avant tout, même si j'vous remercie pour vos compliments sur mes travaux, j'aimerai que le point soit clair. Tout comme nous respectons les clauses de confidentialités, le fait que je sois l'instigateur des projets libellés "Baron Périlleux" doit rester entre nous.

Lorsqu'elle se tut, Bors reprit.

- Deuxièmement, pour rappeler les termes du contrat, le produit fini "les robots automnes télécommandés" vous appartient dans sa globalité. Néanmoins, toutes les découvertes et les technologies développées pour mettre en lien les robots avec leurs pilotes à distance seront utilisables à discrétion par le Baron Périlleux et Walls Workshop. De même pour ce qui est des inventions qui pourraient s'inspirer de ce que nous apprendrons ici. Cela a motivé un rabais conséquent à nos tarifs, il me semble important de le rappeler avant que Miss Walls ne reprenne.

Coupée dans son élan argumentaire, Jane laissa planer un long silence gêné. Finalement, elle s'éclaircit la voix et repoussa son assiette vide. D'un signe de la main, Bors déroula sur la table une grande feuille blanche vierge et la demoiselle sortit son matériel à écriture. Après quelques coups de crayons rapides, elle avait croqué trois fois la silhouette d'un robot standard, légèrement affiné grâce à l'absence de pilote, suspendu comme une marionnette à une croix.

- Pour résumer grossièrement, votre robot est une marionnette. Vous avez besoin des fils pour que le marionnettiste puisse le contrôler de la manière la plus expressive et précise possible.

Le ton de Galaad avait gagné un coté presque acéré et un accent français plus prononcé.

- Pour diriger correctement le pantin, il est nécessaire de voir, entendre et même ressentir son environnement, de pouvoir diriger indépendamment les différents membres avec précision mais n'avoir qu'un mouvement simple et aisé à effectuer pour quelques actions standards, comme marcher, activer ou prendre.

Nota-t-elle dans une liste par point en en travers du bas de page.

- Bien qu'un système de câbles et courroies faciliterait le pilotage, il contredit parfaitement la volonté d'indépendance et de relative sécurité des pilotes. Donc... Pas de câble comme le télégraphe ou téléphone de Bell.

D'un coup de gomme, les ficelles disparurent.

- Pour les remplacer, sans plus de recherches préalables, je ne vois qu'une seule découverte purement scientifique à ce jour : les ondes radioélectriques.

Le dessin tout à droite reçut le titre de "solution basée sur les ondes radios et la mécanique".

- Autre possibilité : la magie. Faire communiquer deux objets est un concept relativement bien connu avec diverses inventions de ce type.

Le croquis tout à gauche gagna l'intitulé "solution magique". Dans la foulée, les deux catégories se virent pourvu d'un listing surmonté d'un plus et d'un moins.

- Avantage des ondes radio : N'importe qui peut être pilote. N'importe qui peut fabriquer les éléments. Vous fractionnez votre production à l'envie pour éviter le vol, faire appel à des artisans aux compétences complémentaires pour tout rapatrier ici seulement au moment du montage final. Le second avantage réside dans la stabilité du procédé. En elle-même, les ondes électromagnétiques ne sont pas directement explosives et n'entrent pas en conflit avec le robot. Les coûts de productions n'engendrent guère plus que du métal supplémentaire pour les appareils spécifiques à l'émission et la réception des ondes.

Griffonna-t-elle dans la colonne correspondante.

- Inconvénients des ondes radios : La portée. A notre époque, à ce jour, les spécialistes du domaine n'ont pas réussi à excéder les deux kilomètres pour une transmission vocale. Au vue des quantités d'informations à transmettre entre les deux appareils pour fonctionner à un niveau standard et le fait que je suis pas une physicienne travaillant sur l'électromagnétisme ou les ondes, il me parait impossible de dépasser les 50 voir 100 mètres de portée. La pose d'antenne relai intermédiaire pourrait augmenter la portée à +50/100 mètres à chaque antenne. Second point négatif : La propagation des ondes radios est soumise à des impératifs climatiques, les précipitations diminuent la portée et la clareté de l'onde, et de terrain, certains matériaux empêchent la propagation des ondes ou les ralentissent et modifient le signal. Sans compter qu'il est techniquement possible de perturber la communication émetteur-récepteur en utilisant la même longueur d'onde. Techniquement, dans le pire des scénarios, quelqu'un pourrait prendre le contrôle du robot. Une sorte de... piratage.

Sur son dessin, elle précisa que le robot était le récepteur, que la croix de bois du marionnettiste était le récepteur, plaça une antenne avec un croquis pour signifier son rayonnement supplémentaire, des flèches pour la portée de communication afin de rendre le tout très lisible pour quelqu'un n'ayant pas suivi la conversation.

- Avantage de la magie : Portée illimitée ou peu s'en faut.

Une pause.

- Malgré tout, les inconvénients sont tels que je me dois de les souligner clairement : la magie s'accorde très mal avec des inventions manufacturées utilisant des énergies tiers, surtout aussi consommatrice et potentiellement génératrice de pollution comme un robot. L'instabilité pourrait résulter à une explosion dont j'ignore les conséquences exactes. Deuxièmement, la nature magiqu de l'objet en restreint la versatilité de production et d'utilisation. Produire un récepteur et un émeteur devra être confié à une personne capable de manipuler la magie avec une précision d'horloger. Graver les différents circuits magiques permet de réduire la quantité de magie effectivement nécessaire à la création mais demandera approximativement une semaine par robot. Je parle là que du lien à établir entre émetteur e récepteur. Les systèmes embarqués permettant la navigation à distance prendront sans doute au moins autant de temps à créer et il faudra ensuite s'assurer que les différents sorts ne s'annulent pas ou n'entrent pas en conflit.

Sur la feuille, elle traça une nouvelle ligne dessous du projet "magique", un sorte robot à l'allure quasi humaine parcouru de symboles impossibles à reconnaitre.

- Alternative : Reprendre depuis le début avec un projet purement magique, similaire à mes animechanic ou avec un apport énergétique propre, naturelle ou magique. Cela reviendrait grossomodo à créer des golem assemblage mécanique et de lier le contrôle à un objet au lieu d'un lanceur de sort. Je vous le déconseille fortement, l'utilisation pour des êtres non magiques pourrait avoir des conséquences sur le long terme. Sans compter la période de développement conséquente et vos travaux préalables rendus caduques.

Le croquis se vit décorer d'un gros panneau "warning". Toutefois le Baron Périlleux, lui, n'oubliait pas la possibilité pour ses propres inventions.

- Le plus viable serait une solution hybride entre les ondes radioélectriques et la magie. La façon, les proportions demanderont un temps de développement et une certaine minutie dans les dosages. Les problèmes liés à l'utilisation de la magie avec des projets mécaniques subsisteront, mais j'ai acquis de la prudence à force d'expérience.

Une main un peu nerveuse lissa un sourcil. Heureusement, Galaad avait l'intelligence de faire des tests constants pour éviter des explosions conséquentes mais les ateliers Walls avaient connus quelques incidents magiques mineurs amusants. La partie médiane fut titré "Solution hybride, mêlant Ondes et Magie" avec un gros point d'interrogation suivi de "dosage ?".

- Avec des recherches adhoc, il devrait être possible de limiter les empiècements effectivement magiques et donc de ne pas augmenter de manière trop conséquentes les coûts et temps de production. Une moins grande puissance magique limite les conséquences potentiellement nocives pour un pilote sur long terme. Il n'y a aucun test à ce jour sur les conséquences physiologiques des ondes sur le corps humains, peut-être qu'un scientifique s'arrêtera sur le sujet dans les prochaines années mais là on sort de loin de mon domaine de compétences.

Jeanne releva alors le nez vers Schmidt. Le plan contenait toute l'explication de manière claire, la jeune femme ayant visiblement l'habitude de présenter ses projets à ses collègues de manière à prendre des décisions communes et réfléchies. Bors étala une seconde page vierge et Galaad relâcha sa plume qui retraça une copie conforme du plan sur celle-ci.

- Je vais donc me concentrer sur ce consensus là à moins que vous et vos patrons n'en décidiez autrement. Cela veut dire que je vais travailler en parallèle sur les ondes et l'approche magique pour arriver à un dosage précis pour stabiliser au mieux la magie. Avant d'établir une liste plus précise de ce que je dois développer en amont pour que le basique de l'appareillage fonctionne, il me faut maintenant voir les plans et les restes de votre prototype.

Le sourire mangeait l'entier de la frimousse tâchée de son, avec une passion débordante de curiosité, l'esprit en éveil parfaitement hameçonné par le défi. La copie fut roulée soigneusement et tendue au colosse tandis que Bors récupérait l'original.


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Jeu 21 Avr - 9:06


Stanislas opina du chef sans sourciller. Il leur offrit un sourire accorte qui pouvait laisser croire qu'il n'avait rien comprit à leurs doléances. En réalité, il n'en était rien. L'ouvrier était souvent réduit - à l'instar du sexe de Galaad et de la négritude de Salomon - à son apparence : un gros tas de viande musculeuse bas de plafond. Mais le grand rouquin était un homme bien loin des clichés de sa condition : intelligent, charismatique, patient. Et contre toute attente éduqué plus finement qu'il n'y paraissait. Stanislas était un autodidacte, de la race de ces hommes qu'on attend pas et qui sorte du rang par la force de leur audace.

- Nous sommes entre gens de bonne intelligence, Fraülen Walls. Nous cultivons notre jardin secret, comme vous avez pu le constater, nous n'allons donc pas bêcher dans celui des autres. Vous vous appellerez comme bon vous semble, cela n'a pas grande importance pour nous.

Il pivota vers l’acolyte du Baron Périlleux.

- Par ailleurs, Her Bors, Nous ne sommes pas là pour faire de l'argent. Si vous désirez bénéficier des gains que pourrait vous offrir vos découvertes, grand bien vous fasse. Ce n’est que justice.

Sourire amusé.

- Nous ne souhaitons pas vous exploiter mais travailler en collaboration avec vous.

Les chose mises au clair, Stanislas se plongea dans les explications de la jeune femme. Il ne l'interrompit à aucun moment, la laissant dérouler les raisonnements et les calculs de son esprit brillant. Car elle l'était, c'était indéniable. Il comprenait le choix de Jaquil : elle pouvait tenir tête à son esprit retors et elle était loin d'être vilaine. Glover avait vraiment un gout particulier pour les femmes de caractère.
En parallèle de l'exposé, l'enfant de Rostrhamus traçait des plans et des perspectives mentales, tel un architecte minutieux. L'une de ces conjectures prenait des proportions dantesques. Il fit frisoter sa moustache entre le pouce et l'index durant tout l'entretien, pensif.

-....Avant d'établir une liste plus précise de ce que je dois développer en amont pour que le basique de l'appareillage fonctionne, il me faut maintenant voir les plans et les restes de votre prototype.

L'allemand avisa la bouille de la donzelle. Il y avait clairement là, délit de gourmandise. La jeune femme pétillait littéralement d'excitation et d'envie à l'idée de juger "la bête" sur pièce. Le colosse se leva avec énergie, accompagnant l'enthousiasme de l'ingénieure. Il lui tendit une énorme main caleuse et abimée. Des mains de mécanicien.

- Allons-y de ce pas, Baronne.

C'était un entre-deux acceptable selon lui entre la vérité et les faux-semblants.


Stanislas les mena hors du réfectoire, dans une série de dédales métalliques plus semblables les uns que les autres : de la tuyauterie à perte de vue, de la vapeur, des jauges, des portes à vis, quelques tas de charbons, de la roche apparente par endroit et parfois, par hasard, un numéro peint. Si au départ l'édifice paraissait désert, il apparaissait de plus en plus peuplé mesure qu'ils progressait dans leur déambulation. Ces boyaux étaient foulés par tout type de gens, la plupart allemands mais pas seulement, tout sexe confondu aussi. Ainsi Galaad pu croiser plusieurs ouvrière et mécaniciennes en tenue d'homme. Il y avait cette odeur de vapeur, d'huile et fonderie si typique des grandes usines métallurgique. Les couloirs devinrent de plus en plus large et donnaient l'impression de descendre de plus en plus profond... jusqu’à l'Enfer peut-être bien.
Finalement ils déboulèrent dans une gorge haut de plafond sillonnée par plusieurs passerelles. L'éclairage au gaz donnait une lumière fantastique à ce qui se logeait sous leurs pieds. Un atelier de grande échelle et plusieurs fourmis besogneuse s'acharnant sur le cadavre d'une chose de métal et de boulons.

Le robot en question et son échelle de taille:
 

Stanislas désigna un ascenseur à manivelle.

- Si vous voulez vous donnez la peine d'aller au chevet de votre futur patient...

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MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Lun 16 Mai - 22:04
Les bases jetées, il ne subsistait plus que l'exaltation trépidante à se plonger, corps et âme, dans l'inconnu, une nouvelle invention ! Sans le grand sommeil, sans la traîtrise du réveil, Galaad aurait probablement assumé son rang et sa place dévolue par la société en devenant l'épouse modèle d'un aristocrate sans imagination. Après des années à étouffer, un jeune marin baroudeur lui aurait sans doute ravie son coeur et elle se serait lancé à corps perdu dans l'exploration des contrées lointaines encore inconnues. D'une certaine manière, le grand sommeil avait été une sorte de cocon douillet duquel elle s'était extirpée dans la douleur et le sang pour devenir ce qui elle était vraiment. Sans crainte aucune, elle afficha un nouveau sourire pour le titanesque roux et glissa sa main, tout aussi calleuse, dans la sienne. Avec la grâce d'une nymphe, si incongrue dans ce souterrain, elle se redressa et babilla de détails techniques sans importances pour l'un ou l'autre des projets discutés juste auparavant.

Toutefois, au fur et à mesure, qu'ils s'enfonçait dans les entrailles de la bête, la part féerique de la jeune femme l'obligea à se raccrocher au bras de Salomon. Elle aimait pourtant ces dédales de métal, les bruits des rouages affairés, le martellement constant ou les sifflements divers. Habituée, elle savait que les habitants des lieux connaissaient chaque soubresaut de leur demeure. Chacun de ses soupirs leur indiquait son état. Les silences devenaient inquiétants, comme l'absence d'un souffle ou d'un battement de coeur. Le Baron écoutait ses créations de la même manière. Maternelle, elle en interprétaient les propos afin de définir les besoins de ses "enfants". Toutefois, la vapeur s'échappant des tuyau et la moiteur constante n'avaient rien à voir avec son état d'étourdissement ou presque. Non, Galaad se sentait brusquement oppressée et coupée de tout. Comme si une part d'elle-même agonisait en continue. Les doigts se crispèrent un peu plus sur la manche de Bors.

En son for intérieur, Galaad luttait. Une part d'elle lui criait de s'enfuir aussi vite que possible, loin, dans des terres moins souillées. Peut-être pourrait-elle se réfugier auprès de Vashka, dans son beau manoir. Elle pourrait y mener une vie pure, une vie saine, tout en continuant à faire progresser la techno-magie. La jeune femme ne l'analysait pas de manière aussi pointue, pas aussi précisément. La pensée restait diffuse, comme une lubie fiévreuse. La vue des femmes travaillant de concert avec les hommes, puis surtout du gigantesque robot étalé sous son regard donnèrent le petit coup de pouce nécessaire à sa volonté pour chasser le mal technologique des fées dans un recoin de sa caboche. Durant le reste de son séjour sous-terre, la faiblesse deviendra sa compagne fidèle, l'obligeant à avaler des fortifiants chaque matin pour être aussi vive que possible. Mais, pour l'instant, son indomptable ténacité, la présence d'autres femmes et la découverte de l'engin la remirent suffisamment sur pied pour qu'elle n'accomplisse ses tâches du jour.

Il était énorme. Il devait peser trois tonnes. Qu'est-ce qu'il manquait d'aérodynamisme ! Le gigantisme de l'objet la laissa parfaitement pantoise. Quelques regards nerveux furent échangés entre le colosse noire et l'exilée. L'un comme l'autre commençaient à se rendre réellement compte des implications de l'acceptation du contrat. Ils grimpèrent dans l'ascenseur au coté du roux afin de descendre lentement vers le plancher, de plus en plus écrasés par le gigantisme du robot.

- Il y a beaucoup de mécanismes non-protégés.

Lâcha-t-elle en premier.

- L'armure extérieure est mal conçue. Le manque d'aérodynamisme est terrifiant. Je ne pourrais pas faire décoller un engin pareil sans une quantité de magie proprement phénoménale. Au mieux, je devrais pouvoir le faire bondir très haut en utilisant des propulseurs au niveau des bottes. Nécessitera l'adjonction de stabilisateurs sur les bras. Impossible également de le rendre submersible sans reprendre sa structure dans son entier. Néanmoins, je salue la taille qui nous aidera probablement à y voir plus clair dans les différents mécanismes à intégrer, pas besoin de miniaturisation.

Le diagnostic, sans appel, avait été prononcé sans méchanceté aucune. Il était énoncé avec l'assurance du Baron Périlleux, habitué aux ossatures fines et une meilleure pénétration dans d'air. Walls Workshop Ltd ne disposant pas de fonds illimités, surtout avec autant de projets menés de fronts dont le coûteux Blackhawk qui ne rapportait pas un sous depuis quatre ans, Jane calculait son utilisation de matériaux au gramme près. Aussi, avait-elle développé un goût prononcé pour une certaine élégance dans ses mécanismes souvent épurés et inspirés de la nature.

Arrivée en bas, elle se dirigea d'abord vers un établi qui contenant les plans qu'elle consulta avec un silence religieux pendant plus de vingt minutes. Puis seulement, elle se rendit au chevet de son patient. Elle lui tapota les pieds plusieurs fois.

- Il me faudra l'exact même alliage que l'appareil, de quoi construire plusieurs miniatures pour différents tests ainsi qu'une dizaine de plaquettes pour vérifier comment s'intègre la magie à l'appareillage. Il n'y a que rarement des problèmes avec le matériel brut, mais je préfère toujours mener certains tests pour la sécurité des mécaniciens.

Les mains nouées dans le bas du dos, elle se retourna ensuite lestement vers le colosse roux.

- J'aimerai rencontrer mes collègues aussi. Savoir leurs noms et leurs spécialités pour travailler en bonne intelligence.

Elle étala alors son plus fameux sourire, celui dévorant jusqu'aux prunelles turquoises d'une lueur joyeuse.


Remarque HRP : Les dialogues de Galaad sont en teal et les mots en français dans les discours en anglais ou espagnol seront signalés en italique.

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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Novembre 05] Projet "Paradise"   Sam 18 Juin - 15:47



Stanislas écouta avec attention le diagnostic détaillée de le jeune femme, lissant sa moustache de temps à autre. La gamine était vive, directe, perspicace et précise, en un mot : passionnée. C'est cette passion exacerbée et aveugle qu'il exploita tout au long de son séjour.
L'Allemand mis à profit cet enthousiasme créatif débordant, l'accompagnant avec délicatesse et doigté, là où il le désirait, finement, sans éveiller sa méfiance. Il avait d'ailleurs fait en sorte de rendre le séjour de Jane et ses hommes le plus agréable possible. De fait, si jamais les soupçons de Jane étaient en sommeil, il endormait ceux de Bors -bien moins naïf- avec tout l’appui financier dont il était capable.

Lorsque les deux compagnies eurent à se quitter, Stanislas Schmied avait en main le prototype d'une arme qui dépassait ses rêves de révolution les plus fous. Le Baron Périlleux et sa cours, repartirent eux avec une somme coquette, de véritables trouvailles technologiques et des contacts parmi les savants mobilisés sur le Projet Paradise. Les forges secrètes d'Hamelin turbinèrent à plein régime. La Liberté se bâtissait dans la vapeur, l'effort et le sang. Le joug des surhommes prendrait bientôt fin. Excitation et urgence rendait le labeur moins pénible et galvanisait les âmes de Plumes. Stanislas fit parvenir à ses frères la requête de l'élément ultime au parachèvement de leur œuvre. L'ingrédient primordiale de la Machine était le point d'orgue ironique de cette vaste entreprise.

Quelle est la matière première du Paradis, si ce n'est ses anges ?

Ainsi débuta la construction.
Ainsi fut lancée la chasse.
A n'en plus douter, l'Enfant de Rostrhamus se savait désormais capable d'ouvrir les portes du ciel pour le petit peuple.

L'Enfer n’est pourtant jamais très loin de tout vœux pieux.


+Fin de l'Acte+
A suivre ...

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[Novembre 05] Projet "Paradise"

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