Mi Novembre 05 : Les dieux, de la magie, et des hommes

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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Mer 10 Fév - 20:32
Le soupire qu'elle poussa après la première grosse bouffée d'air rappela à son escorte le même râle satisfait après la première gorgée d'hydromel. Enfin un paysage propre, neutre, et sans cet arrière goût bizarre qui se déposait dans la gorge dés qu'on osait respirer.
Absjorn n'avait aucune idée de ce qui l'attendait en Mongolie, mais elle avait été surexcitée a l'idée de voir une autre nation partageant les points de vue de son peuple. Vu la séparation sur la carte, elle était bien sûr au courant que cela ne ressemblait à rien à son pays, mais cela avait excité son esprit aventureux. Elle avait même fait l'effort d'apprendre quelques phrases et mots en Mongole, pour tenter un semblant de contact. Mais très vite elle avait renoncé à l'exercice pour courir avec les chevaux sauvages au milieu des steppes, sous l’œil curieux ou amusés des nomades environs qui la voyait suivit de peu par un cortège formé de sa garde, et de quelques mages. . On aurait plus dit une touriste échappant à la vigilance de son guide plutôt qu'une impératrice accompagnée par sa délégation entière. Cette dernière attendant patiemment que leur souveraine finisse de se rouler dans l'herbe avec les poulains, et la complicité de son premier conseiller, avant de continuer le chemin.

Le voyage aura été un peu long, quoique le bateau alimenté par magie, avant d'emprunter la route de la soie, aura permit de gagné quelques jours, mais Absjorn refusait catégoriquement de repartir en dirigeable. Ils achetèrent rapidement des chevaux et des guides pour former une caravane sûre et rapide. C'était peu conventionnel pour beaucoup d’européens, mais les vikings semblaient ravis de cette ambiance conviviale entre longues marches, courses de chevaux, et découverte de la civilisation locale. Certains de ses escortes dizaines qu'il y a quelques temps, ils auraient déjà pillés la moitié du royaume, mais Ilsniss leur rappela que même au temps du siége de Paris, on avait sût faire preuve de retenu quand il l'avait fallut. Et il le fallait bien en effet si ils voulaient ne pas finir rayer de la carte d'ici un siècle ou deux. Tout aussi puissant qu'ils l'étaient, les scandinaves pouvaient peut être ne pas faire le poids contre la technologie. L'évolution de la magie passait par les alliances, c'était un fait. Leur esprit de compétition passèrent bien vite quand ils défièrent leur souveraine au bras de fer.

Enfin, ils arrivèrent a Hohhot, et aucun de l'assemblée ne savait prononcé le nom correctement. Passé le mur, les guides nomades les conduisit sans trop d'ennui au milieu des petites maisons. Malgré son nombre réduit, leur belles armures, les épais bijoux en argents, les larges toges de mages, et les longues bannières où flottaient fièrement le serpent de Loki, attirèrent l’œil des passants. Avec méfiance au début, vu leurs armes et accoutrements, n'importe qui aurait pu penser a un envahisseur, mais malgré la carrure intimidante des gardes de la souveraine, rien chez eux ne transpiraient l'hostilité. La plupart ralentissait ou arrêté les chevaux quand un enfant passait devant eu ou qu'une poule égarée manquait de finir piétinée.

Si la ville n'avait pas eu grand chose pour étonnée Absjorn, ses yeux s'ouvèrent grand après le second rempart. Elle ne savait pas ce qui l'avait le plus impressionnée, le jardin, les bâtiments, plus particulièrement la pagode, ou le palais.

Elle était sur le point de s'annoncer aux gardes, quand elle ne put les regarder qu'avec un air de poisson hors de l'eau. Et merde... elle devait dire quoi déjà ?

“Arhem. Je suis l'impératrice Asbjorn Sigmar, du Royaume Scandinave. Je suis ici pour présenter mes respects au très illustre Tsurugul Khan,”

Son guide avait compté deux erreurs de grammaires sans oublier la prononciation très approximative, mais soit. C'était compréhensible, et il saluait l'intention.
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Mer 10 Fév - 22:25


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn



Le regard des passants s’attarda bien plus sur les chevaux des scandinaves que sur leur bannière flottant au vent. Paysans, guerriers, enfants et plus âgés, tous avaient ce même air maussade sous leurs sourcils froncés. Les taxes mandchoues les avaient rendu peu à peu méfiants envers les étrangers, méfiance qui ne s’apaisait pas face aux tensions internes qui soulevaient parfois le pays, plus à l’ouest. Néanmoins, il y eu bien quelques sourires, quelques suiveurs pour contempler la crinière pâle de l’impératrice. Et quand cette dernière s’en vint aux portes d’Hohhot, franchit la première muraille, puis la seconde, ce furent aux gardes de prendre le relais de cette étrange délégation. Il était bien évidemment surprenant, pour une altesse, que de se présenter elle-même à de « petits gens ». Mais les mongols n’étaient pas âmes liées au protocole. Les gardes yak soufflèrent en signe de reconnaissance, s’inclinèrent et la conduisirent au porte du palais. C’est en entendant le choc sourd des sabots sur le chemin de sable blanc que Tsurugul, dans ses appartements, sût qu’Asbjorn Sigmar venait d’arriver.

Agenouillé sur un tapis de prière, humant l’encens et la myrte qui brûlaient devant lui, le Khan était plongé dans un monde de ténèbres. Sous ses yeux aveugles se dessinaient le décor de sa chambre et le corps endormi de l’une de ses concubines. Bientôt, on la raccompagnerait au gynécée, où les autres femmes veilleraient sur sa fertilité. Mais il l’avait entendu renifler, pendant l’ébat. Ce qui n’augurait rien de bon. En l’espace d’un mois, deux avaient succombé à la fièvre et Kushi serait certainement la troisième. Elle le savait sans doute mais accomplissait son rôle d’épouse avec autant de dignité et d’humilité que possible. Elle ferait la fierté de sa famille, même dans la mort. Mais pourtant Tsurugul ne parvenait pas à la plaindre.

Au bruit des sabots s’ajouta bien vite celui des pas de son conseiller. Wu Ming prit tout de même le temps de frapper à la porte, et le son de ses coups localisèrent autant Kushi que le chinois. Puis les ténèbres revinrent, le temps qu’il réponde. Autorisant l’homme à entrer et à s’incliner.

« La délégation scandinave, Seigneur. Son Impératrice à la tête.

- Bien. » Tsurugul se releva alors, péniblement. Et même si ses jambes et son bassin tordus protestèrent en chœur de ce mouvement, il ne tendit pas la main pour récupérer sa canne et ainsi retrouver l’équilibre manquant.

« Les gardes les ont déjà amené à la salle principale. » Attendant que Tsurugul franchisse le seuil, Wu Ming demeura le nez penché au sol. Puis il lui emboîta le pas. « Elle est jeune, elle est hésitante. Elle porte ces tenues d’homme plus au noir. Plastron de cuir et de métal, bonne pièce. Belles montures, purs-sangs, musclées, robes baies et noires. » Comme sourd à cette description, Tsurugul ne répondit rien. Son visage affable ne montrait aucune expression. On aurait pu le croire dérangé par cette présence, et pourtant il était bien à l’origine de l’invitation.

La tresse battant ses reins, la tunique émeraude sans décorations superflues, il laissa ses serviteurs et gardes ouvrirent les portes de la grande salle, dans un silence presque feutré. Cette dernière, spécifiquement mongole et sans l’ombre d’une influence chinoise, laissait voir un siège seigneurial forgé de métal et recouvert de peaux. Un tapis pourpre l’y menait et les murs, blancs, portés la trace des épées des anciens Khan. Nul portrait n’égayait la pièce, ni aucunes sculptures de marbre. Seulement les esquisses de bois des grands cavaliers qui avaient su honorer les armées mongoles au fil des siècles. Les scandinaves devaient se trouver au milieu et Tsurugul claqua de la langue pour mieux le repérer.

Les silhouettes, blanches et spectrales, s’épanouirent bien vite dans son esprit, en image noir et blanc semblable à un bas-relief. De la troupe, une figure de femme dominait, nettement. Non pas par sa stature mais bien par l’aura animale qu’elle dégageait et que son instinct d’hybride pouvait pressentir. Tsurugul se dirigea vers elle, s’arrêta à cinq pas, et laissa Wu Ming effectuer une profonde révérence.

« Le Grand Khan, Tsogtou-taïdjii, vous salue, Impératrice Asbjorn. Votre présence honore le palais d’Hohhot. Nous espérons que vous et votre délégation avez fait bon voyage. »


Les yeux délavés de Tsurugul se vrillèrent à ceux d’Asbjorn. Et à son tour, il s’inclina.

« Dole-Gudbrandsdal. Vos chevaux. N’est-ce pas ? » Wu Ming cilla en direction du Khan, et recula de deux pas. « J’en ai compté 24. Un long trajet, mais ce sont des montures vigoureuses qui s’essoufflent peu. »

La voix du Khan était bien plus douce que le laissait supposer son visage de marbre.




Tsurugul Khan
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Jeu 11 Fév - 5:33
La joie d'être dans un nouvel environnement familier fut bien vite laissé par l'amertume de l'appréhension. À bien y repensé, elle ne se souvenait pas d'avoir eu une conversation avec lui, c'était quelqu'un d'autres qui avait écrit la lettre. Elle n'avait eu aucun renseignement sur le “Khan”, ni son âge, ni ce qu'il était, son caractère, sa façon de parler, à quoi il ressemblait. Les questions posées aux autochtones furent répondues de manière bien vague. Si il semblait être aimé par son peuple, il n'y avait pas eu beaucoup de choses dites à son sujet. Comme si il y avait une aura de mystères autour de lui. C'était ce que voulait faire planer les conteurs à son sujet dans son pays, mais Asbjorn détestait ce genre de choses. Ce mur épais qu'on mettait entre la population et les dirigeants.

La grande salle lui sembla froide et triste. Mais elle n'avait pas grand chose à dire, elle-même trouvait que son hall manquait affreusement de cachet. Elle allait jusqu'à fouiller elle même les greniers et salles de trésor pour sortir des trophées, bannières, et insista pour garder les cheminées perpétuellement allumés, pour garder la vague impression que quelque chose vivait à l'intérieur. Mais elle comprit très vite que la seule chose qui pouvait remplir le vide, c'était les gens.

Dés qu'il arriva, elle cru tout d'abord, que c'était l'homme au premier plan, celui qui la salua la première. Mais même sans la présence du traducteur a coté, elle aurait très vite comprit qu'il s'agissait du jeune homme en face d'elle. Elle ignorait pourquoi. Peut être sa stature, sa présence. En tout cas, il lui avait suffit d'un coup d'oeil pour comprendre pourquoi ce n'était pas lui qui avait écrit la lettre. Les yeux voilés, pauvre homme. Et la façon doit il marchait n'était pas spécialement innocente non plus. Elle ne put retenir un regard de compassion envers son hôte. Elle n'osait pas imaginer ce qu'elle serait devenue dans le monde dans lequel elle était née, si elle avait été frappé du même mal que lui. Si elle était restée avec son père, elle aurait peut-être fini de cette façon. Mais sans joli palais et vêtements richissimes. Il avait des plus beaux cheveux que toutes les femmes qu'elle avait pu croiser dans son pays. C'était ahurissant.

Elle haussa un petit sourcil quand il commença a parler, mais finalement comprit vite ce dont il faisait allusion. Elle se mit soudainement à esquisser un large sourire et a hocher vigoureusement la tête.

“Oui, parfaitement ! Peu rapide, mais docile, fort, et avec un coeur de lion. Il faut les voir sur le champ de bataille, quand ils font trembler la terre comme si ils étaient des géants ! On sait tous pourquoi les dieux les aiment. Nous en avons vu plein des votres sur le trajet jusqu'ici. De nobles bêtes, mais beaucoup plus légères. Ils sont sauvages et pas domestiqué, mais on a bien réussit à jouer avec eux, si tant est qu'on les approche sans foncer !

Elle remarqua les sourcils froncés de son traducteur qui était probablement en train d'édulcorer ses propos. Elle était probablement trop familière, c'était vrai, mais pourquoi diantre devait-elle s'excuser d'une telle chose ? C'était plus respectueux que de sous entendre qu'ils étaient différents alors tout de suite il fallait se perdre dans une multitude de compliments hypocrites. Elle en avait assez soupé en Europe. Et puis tant et bien, c'était lui qui avait commencé à parler de chevaux, elle n'avait fait que lui répondre.

Elle s'éclaira la gorge, refusant d'être mal à l'aise face à la situation.

“ On a tous l'habitude des longues marches ici, mais je suis bien contente de vous voir en chair et en os.”

Elle n'avait pas vraiment su à quoi s'attendre, mais malgré un air fermé, il n'avait pas la voix agressive. Tout a fait le contraire d'un chef viking, même sur le plan physique.
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Jeu 11 Fév - 22:30


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn




Elle parlait fort, l’impératrice. D’une manière peu convenable, que cela soit aux yeux des occidentaux comme de ceux, aveugles, de Tsurugul. Habitué aux femmes tranquilles, même paisibles, qui dissimulaient leur entêtement et leur force de caractère derrière des visages lisses de toute émotivité extravertie, le Khan manqua de reculer, les sourcils froncés. De par son statut de non-voyant, son ouïe était devenue sensiblement plus fine et cette voix forte et décidée résonnait désagréablement dans son crâne. Elle ne manquait pas de volonté, ceci dit. Et c’était un point qu’il appréciait chez les dirigeants. L’impératrice semblait à même de s’exprimer sans détours sur les sujets qui la fâchaient ou l’enthousiasmaient. Il lui faudrait simplement mâtiner ses mots de manière à se faire comprendre tout en gardant la maitrise complète de la discussion. Que l’autre sache, d’un souffle ou d’une ponctuation, qu’elle menait la danse et ne la lâchait pas.

Par sa généalogie, Tsurugul n’avait rien contre la prise au pouvoir d’une femme. La fée mongole Mandukhaï Khatun avait su régner avec justice pendant des décennies aux côtés de son époux, le descendant du grand Genghis. C’était Mandukhaï qui avait mené les mongoles à la paix en évinçant les Oïrats du pays. Mandukhaï qui avait conseillé Khubilaï dans chacune de ses décisions, dans chacun de ses choix. Les femmes avaient autant de possibilité que les hommes. Les femmes étaient celles qui servaient au mieux leurs intérêts. Et les femmes étaient à la base de tout.

Tournant la tête vers le traducteur qui, aplanissant les angles en réduisant, par le biais de quelques phrases correctement tournées, la portée des mots d’Asbjorn, Tsurugul eut un bref hochement de tête satisfait à l’entendre parler de leurs chevaux. Si une femme représentait le foyer, le cheval représentait le guerrier, bien mieux que son arc ou son épée courte. Cette impératrice respectait ses montures et s’approchait des plus sauvages sans crainte et sans l’être. C'était un très bon point.

« Le cheval mongol, que nous apprivoisons et avec qui nos cavaliers se lient, est considéré comme l’un des plus anciens en ce monde. Il aurait certainement aidé à créer certaines races, plus au nord. Peut-être même votre monture Impératrice. Il est petit, trapu, même si nous apprécions son frère des forêts qui sied mieux à notre armée de part sa taille. Mais sa détermination et sa puissance font de lui un animal incroyable. Une arme en soi. » Si Asbjorn s’attendait à ce que Tsurugul réponde au cliché du mongol brutal et vindicatif, elle allait forcément être déçue. Tout dans le Khan respirait la maitrise, la placidité tranquille de celui qui observait. Le prince brillant était en soi comparable à une flèche armée. Droite, attendant le mouvement pincé de la corde qui la planterait au cœur de sa cible. Il n’était qu’attente. Modulation.

« La reproduction de nos montures est au-dessus des normes. C’est bien pour cela que nombre des dirigeants actuels nous les envient, malgré leur essor vis-à-vis du ciel. Ils se moquent des armées mongoles, de nos terres archaïques et de nos armes simplistes. La technologie semble, pour eux, un moyen d’atteindre les cieux et les pouvoirs des divinités qu’ils vénèrent. En maitrisant ces sciences froides, ils pensent être puissants et inatteignables. Mais la technologie n’est pas fiable. Un cheval, bien traité, brossé, ferré, protégé et dompté, sera bien plus obéissant. Par fidélité et par conscience, il ira bien plus loin que n’importe lequel des navires volants. Et celui qui s'appuie sur la technologie pour intimider son voisin oublie bien souvent de surveiller ses terres, quand il occupe les cieux. »

L’ombre d’un sourire apparu sur le visage de Tsurugul.

« Mon aïeul est devenu empereur avec un arc, une épée courte, et un cheval. Si les tempes changent, la volonté et la pertinence des traditions, de l’entrainement, et de la détermination, continueront de faire leurs preuves. Et c’est bien pour cela, qu’à lire vos mots, impératrice, j’ai conscience que votre volonté saura comprendre la nécessité de toujours tourner un regard sur le chemin parcouru, autant que sur le chemin à faire. Il ne faut jamais parler d’oubli. »

Levant la main, il fit signe à son conseiller, qui traduisait jusqu’alors ses mots, de se rapprocher.

« Mais même sur une monture telle que la vôtre, on fatigue. Désirez-vous un peu de repos, avant que nous puissions continuer cette discussion ? Vous et votre délégation demeurerez au palais le temps qu’il vous faudra. »







Tsurugul Khan
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Dim 21 Fév - 7:59
Elle se demandait toujours comment elle ressortait dés que les traducteurs transformaient ses mots, et vis versa quand ils traduisaient ce que disait ses interlocuteurs. Elle détestait cette barrière mais n'avait aucune autre façon de changer cela pour le moment. Elle n'avait pas le temps d'apprendre autant de langue qu'il y avait de pays, ses mages étaient en train de travailler à un sortilège pour veiller à faciliter la tâche, mais ce n'était pas chose aisée alors qu'ils voyageaient dans les steppes avec elle. En attendant cela suffisait amplement, même si c'était pratique pour personne. Elle ignorait si il était si pompeux ou si ses mots ressortaient ainsi. Ceci dit, aucune agressivité dans ses paroles, et elle avait cru discerné du respect dans sa voix et dans son regard. C'était plus ce que qui n'en fallait à Asbjorn pour être parfaitement rassurée sur l'image qu'elle avait renvoyé au souverain Mongole. Elle n'avait aucune idée des stéréotypes sur les autochtones, et ne put que voir un homme poli, assuré, et trés respectueux. Un peu trop sage peut être, mais soit. Tout les souverains autour d'elle semblaient l'être. Elle ne sentait comme la tâche ingrate sur une photo de famille, mais elle s'était jurée de ne pas changé le fond de ce qu'elle représentait. Si elle commençait à oublier qui elle était et d'où elle venait, il y avait de grandes chances pour qu'elle devienne un jour quelque chose qu'elle détestait allègrement.

Elle hocha la tête à son annonce. “Oui, ils ont tendance à oublier qui ils sont. C'est peut être le cas pour vos voisins, mais en tout cas c'est bien visible par chez moi. Je pensais avoir tout vu dans mon pays, mais le fait de voyager un peu m'a fait comprendre que j'étais loin de me douter de l'impact de la technologie sur leur esprit.”

Son regard se ferma. “Les dieux rejettent en force ce genre de choses. J'ai parfois même l'impression que cette modernité peut les tuer. Je refuse que ça arrive. Mes dieux et leurs chevaux sont bien plus fort et résistant qu'une paire de vaisseau volant pétés de dorures moches.”

Elle sourit à nouveau quand il parla de son aieul. Elle aurait aimé dire qu'elle même avait conquit le trône juste avec son épée, mais se garda d'en parler. Elle pencha son buste en avant, avec tout le respect possible. “Merci, Votre Altesse. Je suis heureuse de voir que nous sommes d'accord. J'ai bien fait de venir vous rencontrer jusqu'ici.”

Elle eut un moment de flottement quand il lui proposa un peu de repos. Si quand l'idée elle ne refuserait pas cette offrande, elle n'était pas venue pour s'étirer lascivement sur un lit. Elle manquait d'action, et elle voulait absolument parler avec lui.

“Merci pour l'invitation ! Je pense que mes hommes en ont plein les pattes, mais je crois surtout qu'ils ont faim, comme moi. Mais nous ne sommes pas venus pour rester pensifs quand notre coin, mais bien pour discuter avec vous. Est-il possible que vous nous rejoignez pour manger un peu ?”

Le traducteur fronça encore les sourcils devant elle et s'appliqua probablement à améliorer la formule de sa demande. Soit, qu'il s'amuse. Le résultat était le même. Du moins pour elle, probablement pas pour les autres. Asbjorn regarda autour d'elle d'un air curieux, elle ne dirait pas non à l'idée d'une petite visite des lieux.

“C'est vachement joli comme coin mine de rien...” Souffla-t-elle à sa suite, alors que le traducteur s'étrangla dans son coin, pour tourner une nouvelle fois le compliment en quelque chose d'écoutable selon le protocole.
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Dim 21 Fév - 11:10


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn



Tsurugul ne pouvait remettre en question la traduction du conseiller, non pas par confiance mais bien par nécessité. Il ignorait tous des propos familiers de la jeune impératrice et se concentrait avant tout sur les sonorités bien moins gutturales, certes plus brutales, de sa langue en comparaison de la sienne. On pouvait ainsi l’avouer : Le Khan était à l'affût de la moindre intonation de cette jeune personne, faute de pouvoir contempler à loisir son visage. Et appréciait cette langue scandinave étrangère qui s’ouvrait enfin à son peuple. Il y avait là une alliance à former entre deux terres prenant peu à peu ses marques dans le monde. Si leurs faits d’armes les rassemblaient dans la victoire, il leur fallait tout de même prouver leurs valeurs de dirigeants aux yeux du monde. Tsurugul n’ignorait pas que les Mandchous n’allaient certainement pas apprécier ce rapprochement – bien que l’Empereur de Chine pouvait tout aussi bien décider de n’avoir rien à craindre de ces terres archaïques.

« Mes voisins s’ouvrent à la technologie et méprisent la magie. Comme vous le savez sans doute, mes terres mongoles sont sous la suzeraineté chinoise. Et si les taxes qu’on nous impose assoient cette influence, nous résistons tout de même à reconnaitre les valeurs anti-magie de l’Empire de Chine. »

Et il était désormais tant aujourd’hui de continuer à garder des distances sereines avec Shisan Wu, pour le bien de son peuple ainsi que pour sa lignée. C’était de la Chine que venaient tous ses problèmes. De la Chine qu’était venue cette maudite prétendante qui avait décidé son père à changer d’alliance et qui l’avait obligé lui à prendre une nouvelle femme. De la Chine qu’était venue la malédiction de Misheel, ainsi que sa colère. Si Tsurugul assumait son manque de prise de position à l’époque, il demeurait clair sur son verdict : Les Mandchous lui avaient causé bien plus que des tensions montantes entre ses gens et les Oïrats.

« Son Impératrice Absjorn Sigmar vous remercie de l’invitation mais préférerait, si le Khan le permet, demeurer à vos côtés en présence de ses hommes pour une collation et continuer ainsi vos échanges sur les terres occidentales et les traditions que nos deux peuples s’engagent à respecter. » Murmura le conseiller scandinave, la tête baissée pour ne pas croiser son regard. Une déférence autant qu’une crainte de fixer trop longtemps ces yeux délavés. On disait d’eux qu’ils portaient atteinte aux lignées que l’on souhaitait engendrer.

« Son Impératrice tient tout de même à vous faire part de ses compliments concernant l’architecture de votre palais et la beauté sauvage de vos contrées. Elle a apprécié le voyage et la pureté du pays mongol. »

Tsurugul eut un nouveau fier, et se tourna vers ses propres hommes pour ordonner.

« Faites préparer une tablée dans les jardins extérieurs qui donnent sur la montagne. Que l’Impératrice profite de la vue tout en se rassasiant.
- Bien, Khan. »

Avant de claquer la langue sur son palais. Sa proximité précisa l’écho et dans les volutes noirâtres de son aveuglement, il put discerner brièvement, les traits sauvages de la jeune altesse impériale. Il y avait une balafre sur son visage, crût-il deviner. Déchirant un portait aux yeux extraordinairement vifs.

« Nous allons manger, ensemble. Et vous m’expliquerez alors vos précédentes rencontres et les pays que vous avez déjà visité. Je suis en retrait, par rapport à vous, Impératrice. Je n’ai pas encore eu l’occasion de quitter mes terres mongoles pour rencontrer les occidentaux. »

Et de fait, il ne le souhaitait pas vraiment, au vu des échos qu’il en recevait.





Tsurugul Khan
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Jeu 3 Mar - 3:46
Il était vraiment aveugle ? Asbjorn était persuadée qu'elle avait vu son regard s'animer. Comme si il la scrutait avec attention, et qu'il était receptif à ce qu'il voyait. Elle se demandait si c'était bien le cas, et même malgé son bagout, elle savait bien que c'était la derniere chose à demander, et même, estimait que cela ne l'a regardait en rien. Elle m'aimait pas que des parfaits inconnus mettent le nez dans ses affaires, alors elle le faisait pas non plus.

Elle sourit quand son traducteur lui annonça qu'il avait accepté son invitation à manger ensemble. C'était bon signe. Elle était là avec l'espoir de faire un semblant de bonne impression, et à peine rencontrés, il étaient dejà sur le point de casser la graine ensemble. Elle ignorait la culture du pays, mais si en Scandinavie, manger ensemble c'était la moindre des choses pour connecter des liens, elle espérait que ça soit de même ici. Mais vu la reaction des europeens en la voyant manger, c'était peut être pas la meilleure idée qu'elle ait eu, vu à quel point il avait l'air raffiné. Etrange contraste ceci dit, les autres hommes qu'elle avait rencontré au pays ne semblaient pas comme lui.

Le traducteur les laissa présenter leurs respect avant les conduire à leur chambre pour qu'ils s'installent, se lavent, et se change. L'impératrice crevait littéralement de faim, mais il fallait faire bonne impression. Pourquoi dans les pays étranger, se jeter sur un bout de pain comme la syphillis sur le bas clergé, n'était jamais considéré comme un bon comportement ?... Cela faciliterait tellement les relations internationales.

Une bassine d'eau avait été disposée dans sa chambre, aussi bien elle ne se gêna pas pour se décrasser de son voyage avant d'aller manger. Ilsniss admirait le mobilier avec un oeil curieux, bien evidemment on lui avait donné une chambre à lui, mais il était hors de question qu'il y dorme, comme toujours. Les français avaient été parfaitement irritable et intransigeant sur la chambre, mais cela n'avait parfaitement pas empêché l'impératrice et son second à faire comme ils l'entendaient. Délaissant son armure légère pour une robe bien typique de son pays, quoiqu'un peu trop sobre pour une impératrice, Asbjorn se rendit dans les jardins guidés par des membres de la cour mongole. Les scandinaves s'étaient tous changés pour pouvoir manger sans avoir l'impression de sentir le bouc. Son peuple n'était pas le plus à cheval sur l'hygiène, mais les sauna leur manquait, et tant de temps sans avoir plus qu'un cours d'eau boueux pour se décrasser était le bienvenue.

Asbjorn se tourna en souriant vers son équipe. “Allez mes beaux, c'est le moment de prouver qu'un scandinave sait se tenir à table.”

“Hey boss...” Fit Hjalmar, un de ses guerriers les plus jeunes avec l'oeil brillant. “Tu savais que les gars ici pouvaient avoir plusieurs femmes ?!”

“Sans dec' ?!” Répliqua l'impératrice qui pouvait pas s'empêcher de ricaner avec un sourire jusqu'aux oreilles.

“C'est le traducteur qui m'a dit que le Khan en avait plus de quarante. Si ça se trouve c'est commun.”

“Hey, si tu veux tenter ta chance, essayes toujours de te fondre dans la masse, tu pourras peut être te faire repérer par la mère du Khan !”


L'éclat de rire général les accompagna jusqu'aux jardins ou effectivement, comme on lui avait dit, donnait en plein sur une montagne. Le paysage était charmant, et l'impératrice ne cacha en rien son expression ravie devant l’accueil qui lui avait été fait. Pas plus qu'elle ne cachait quoique ce soit par ailleurs. S'installant à la place recommandée par son guide, à côté d'une place vide, probablement réservé au souverain mongole, et Ilsniss a côté d'elle, Asbjorn osait espérer que ses hôtes ne soient pas du genre à faire attendre des heures pour attaquer leur repas. Elle en était à un stade où le cuir de ses chaussures lui semblait étrangement comestible. Mais souveraine oblige, elle ne tarda pas à s'enquérir auprès du traducteur derrière elle qu'elle adorait la vue, pour qu'il puisse transmettre au Khan quand il arrivera.
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Sam 5 Mar - 16:00


Les dieux, de la magie, et des hommes

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Tsurugul profita de l’absence de la jeune impératrice pour retourner au temple, prier pour Bouddha avant d’aller lui-même se changer. Si rien encore ne le certifiait sur la pérennité de leur future alliance, Asbjorn Sigmar lui faisait pour l’instant très bonne impression. Et il y avait tout à parier que cette impression perdurerait pendant le diner même si, lui comme elle, se devaient de donner bonne impression. Les chefs mongols avaient toujours su faire preuve de caractère et de force pour impressionner leurs ennemis mais Tsurugul, par son handicap, ne se développait pas comme ses ancêtres. Faute d’entrainements réguliers, il demeurait trop fin, trop élancé, comme certains des archers sortant à peine de la puberté et l’absence de pilosité faciale à son visage lui laissait croire que cela ne serait pas dans les prochaines années qu’il ressemblerait enfin au grand Genghis Khan.

Ce fut donc avec une certaine amertume qu’il changea de tenue, pour une bien plus masculine, mettant de côté les robes de dirigeant trop semblables à celles que portaient les nobles chinois, de l’autre côté de la Muraille. En pantalon, demi-tunique marrons et ceinture dorée à la taille, il faisait bien plus jeune combattant que mandchou, ne manquant à sa tête nue que la traditionnelle chapka qui les protégeait du froid.

Entendant soudain un rire, il se tourna vers son conseiller, qui ne le quittait pas. Pour questionner, à mi-voix tandis qu’on l’habillait.

« Ce sont eux ?
- Oui, Khan. Les invités s’esclaffent sur un sujet que je ne peux deviner à cette distance.
- Il n’y a pas de moquerie dans leur ton. Ils ont l’air d’être heureux du commencement de leur séjour.
- Oui. Même si l’on m’a informé que la jeune impératrice s’est retrouvée dans sa chambre en compagnie de l’un des membres de sa fédération.
- Elle a dû s’entretenir avec lui pour des questions politiques. C’est compréhensible. » Et à ses yeux il n’y avait rien de blasphématoire dans ce comportement. Si les rumeurs perduraient sur une nuit partagée entre la jeune femme et cet homme, les questions viendraient d’elle-même. Mais Tsurugul ignorant encore tous des traditions scandinaves n’allait pas se permettre le moindre jugement. Qui savait s’il n’était pas l’un de ses promis et si les relations de ce genre n’étaient pas autorisées avant le mariage, dans leur pays.

« Faites amener des femmes, pour les hommes de la délégation. » Décida-t-il soudain, à brûle pourpoint. Et la décision, surprenante mais pas choquante, fit tressaillir le conseiller.

« Bien Khan. » Acquiesça-t-il tout de même, bien que prudent. Avant de laisser son prince quitter la chambre pour se diriger vers la table organisée pour le diner. Les scandinaves y avaient déjà pris place, et s’appuyant sur sa canne, boitant légèrement, Tsurugul se fit ouvrir les portes, traversant descendant l’estrade pour atteindre le sol d’herbe et de sable, et prendre place aux côtés d’Asbjorn, sans une hésitation à l’égard du mobilier. D’aucun pouvait jurer qu’il connaissait son palais par cœur. Jardins y compris.

« L’impératrice Asbjorn Sigmar vous présente ses compliments quant à la vue.
- J’en suis ravi. » Répondit-il sur un ton qui n’avait rien d’aimable ou d’exquis. Son visage, à peine fermé, se tournant vers l’impératrice.

Ce fut en scandinave qu’il murmura.

« J’aimerais connaitre votre passé. » La phrase lui avait donné par son conseiller, pendant sa préparation. Et il goûtait à cet accent rugueux sans toutefois le maîtriser. Il y avait à parier que certains hommes de la tablée ne comprenaient que difficilement ses propos. Pourtant Tsurugul répéta, en espagnol cette-fois. « J’ai appris cette langue. Par soucis d’échanger. J’aimerais pouvoir la pratiquer avec vous. En apprenant sur votre passé. Les raisons qui vous ont fait prendre le trône. On m’a dit qu’il y avait malédiction. Et que vous avez reçu possibilité par l’épée de prendre le pouvoir. Mais avant. Qui étiez-vous ? »

Et levant la main, il fit servir les premiers plats – crudités en tout genre, accompagnées de riz, de soupes épaisses comme de la pâte – le tout arrosé de lait de jument fermenté. Le meilleur alcool qui soit, pour les Mongols.






Tsurugul Khan
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Ven 11 Mar - 7:47
L'exclamation bruyante des vikings se calma un peu quand le Khan arriva prés d'eux, et s'éteignit complètement quand il tenta de parler avec eux dans leur langue. Non pas par affront, mais aussi bien par respect que par envie de déchiffrer ce que le roi Mongol avait essayé de dire. Si Asbjorn continuait de sourire, c'était beaucoup plus crispé qu'il y avait quelques minutes. Parler de son passé, c'était bien la pire chose qu'il aurait pu lui demander. C'était bien le premier à lui avoir demander une chose pareille. Dans des pays où la royauté est un acquis de naissance, elle pouvait comprendre la curiosité naturelle des gens à ce sujet, mais ils avaient tous préféré ne rien demander. Ou juste pas oser. Elle n'aurait pas imaginer que Tsugurul Khan soit le premier à lui demander une chose pareille. Il avait l'air si désintéresse par sa présence ici, juste poli et soucieux d'avoir l'air accueillant, mais rien dans son visage ne traduisait un véritable intérêt. Peut être pour les relations internationales, mais certainement pas pour la personne trop bavarde qui servait d'impératrice à la nation scandinave.

Elle s'éclaircit la gorge, son regard fuyant un peu partout alors que les vikings hochèrent la tête en appréciation de l'effort de langage par leur hôte, avant de reprendre leur conversation. Alors qu'ils servaient la nourriture, Absjorn chercha à taton la main d'Ilsniss pour l'agripper fortement. Elle se tourna vers le Khan en souriant. Elle ne voulait pas lui mentir, mais elle devait ruser pour ne pas passer pour une pouilleuse sans talent arriver au trône par magie. Elle n'oserait pas imaginer le désastre si il savait qu'une va-nu-pied était sous son toit, et manger dans ses couverts. Les gens en Europe avaient été bien clair sur comment la plébe devait être traité, cela lui avait définitivement passé l'envie de risquer son cou.

Mais ruser, c'était aussi faire preuve de son don magique de persuasion.

“Pas malédiction, honorable Khan : Prophétie !”

Elle avança une main vers sa soupe, manger aiderait à la mettre à l'aise.

“Je suis jeune et mise à part que j'ai beaucoup voyagé, je n'ai pas grand chose à vous raconter sur moi. Quand les anciens souverains sont morts du délirium, le pays s'est beaucoup posé de question, les gens étaient très déprimés. La solution, peut être un peu simple, fut de tout simplement d'enchanter l'épée de l'ancien souverain. Il fallait se montrer digne de la porter. C'est logique, si on suit l'avis des dieux. On est un peuple de battants, c'est ce qu'on fait de mieux.”

Elle apprécia le goût de la soupe, très étrange pour une viking habituée à des choses moins raffinées, mais c'était très bon et elle aurait mangé son siège dans son état actuel. Elle sourit de satisfaction en sentant la chaleur qui descendait dans son œsophage et continua.

“J'avais rien de plus que les autres jeunes nobles, vieux nobles, guerriers endurcis, ou épéiste du dimanche, mais il semblerait que ça soit moi que les dieux aient choisit.”

Sa soupe était fini, et elle approcha sa main de l'alcool.

"Mais vous avez bien comprit, je ne suis pas née pour diriger. D'après ce que les gens m'ont dit en chemin, c'est tout votre contraire. Vous avez vraiment vécu en sachant quel serait votre place ?
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Sam 19 Mar - 16:19


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn




Tsurugul commençait à peine à manger quand Absjorn, répondant à son interrogation sous le témoignage presque calme de sa délégation, en vint à lui expliquer les raisons de son nouveau règne. Fils de Khan, respectant la magie et les prophéties qui y étaient liées, l’aveugle était aussi un fervent religieux, passant parfois des heures à prier au temple de Boudha, pour sa lignée, pour son pays, pour l’esprit de Misheel et sa condition d’hybride. Il était aussi conscient des divergences de gouvernement au sein du monde que de la pluralité des divinités qui y étaient vénérés et celles de la Scandinavie ne faisaient pas exception. A ses yeux, aveugles, il lui semblait pertinent de constater que tous étaient liés, par des histoires semblables au profil différent selon les coutumes et la culture de ceux qui tentaient de comprendre ce qui les dépassait, qui les guidait et les gouvernait. Boudha était unique mais les esprits, les fées et les sorcières représentaient la Magie et la Magie était multiple, croissante, et pouvait bien prétendre aux masques de Dieux inconnus décidant du sort d’une terre et de ceux qui pouvaient la diriger, avec sagesse et justice.

Aussi hocha-t-il simplement la tête, respectueux, avant de terminer sa bouchée de riz pour mieux lui répondre à son tour.

« Je suis né fils de Khan. Mes ancêtres ont tour à tour menés ce pays, malgré les conflits. Mais ma lignée n’est pas éternelle et de nouveaux combattants se sont greffés à l’Histoire, prenant le trône et les rennes de la Mongolie car ils en étaient capables. Parfois, leur force et leur jugement n’étaient pas à la hauteur de ceux de leurs ancêtres et Boudha, dans sa connaissance, leur retirait le pouvoir en plaçant sur leur route un adversaire qui devenait à son tour Khan et perpétuait sa propre lignée. Si je suis fils de dirigeant, mon rôle ici est à prouver. Et si vos Dieux vous ont choisi, qu’importe vos origines, vous méritez l’épée et la place que l’on vous a confié. Il faudra seulement vous en montrer digne auprès de vos Dieux. »

Plutôt que de laisser l’impératrice se servir, ce furent les serviteurs qui lui tendirent une coupe d’alcool, avant d’en faire de même envers Tsurugul qui lapa le breuvage avec dignité, étanchant sa gorge éraillée d’un discours dans une langue qu’il maitrisait à peine. L’espagnol était à peine plus coriace que le mongol mais étonnement, l’exercice lui plaisait.

« A cette table se trouve des braves. Des combattants. Des guerriers. Et que vous soyez une femme n’y change rien. Nos coutumes ont tendance à protéger les jeunes filles car leur statut de mère les rend précieuses à nos yeux et aux yeux de leurs époux. Mais ici, je mets au défi n’importe quel ennemi d’entrer dans une maison sans autorisation. A la différence des occidentaux, au Dieu Unique et implacable, à la technologie froide et sèche comme une terre sans culture, et aux normes figées concernant leurs femmes, nous permettons aux demoiselles et aux épouses d’apprendre à se battre pour défendre leur famille, leur vie, les valeurs du pays qui les a vu naitre. Alors ne pensez pas, impératrice, que votre rang ou votre sexe sauraient me troubler et entâcher cette discussion que nous menons aujourd’hui. Car je compte énormément sur votre pays et l’alliance qui en découlera avec le miens. Car je respecte vos traditions, je respecte vos valeurs et je respecte l’épée qui a su vous choisir. »

Il n’était pourtant pas très diplomate ni très intelligent de se placer ainsi en position de faiblesse. Mais malgré son handicap et ses propos, Tsurugul se permis de poser sur la femme à ses côtés un visage dépourvu d’anxiété ou d’un tout autre trouble. Il était froidement conscient, alerte, prêt à mener ses armées comme n’importe quel voyant. Prêt à prouver à quiconque qu’il méritait son titre de Khan autrement que par le sang.

« Le repas est-il un plaisir ? » Malgré les quelques erreurs de sa langue qui oscillait entre bien-pensance, formulation exquise, et erreurs saugrenues.




Tsurugul Khan
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Sam 16 Avr - 18:24
“Qu'importe vos origines” Cela l'aurait presque mise en confiance, mais Asbjorn ne souhaitait pas non plus servir la vérité complète à cet homme, et encore moins après avoir apprit à l'instant l'importance de la lignée et qu'elle pouvait être renversée à tout moment par plus fort que soit. Elle était touchée, elle devait bien l'avouer, d'être respectée malgré le fait qu'elle ne fut pas née pour prendre le trône, mais on ne pouvait pas non plus nier que les dieux s'étaient probablement planté en beauté, ou avait attendu sagement le grand guerrier parfait pour ce rôle, sans se douter qu'une voleuse à la tire viendrait tout foutre en l'air.
Pour le moment, elle touchait du bois : aucun dieu n'avait fait parvenir son courroux, et voir Fafnir débarquer de nul part pour lui offrir son soutien aurait pu la renforcer une bonne fois pour toute, mais Asbjorn attendait probablement le signe divin qui ferait qu'elle saurait officiellement certaine d'être la parfaite souveraine, mais elle doutait qu'il arrive un jour. Mais cela ne l'empêchait nullement de faire son travail.

Elle hocha la tete quand il présenta le rôle des femmes dans sa culture. Celui lui arracha un sourire un peu trop immense pour être parfaitement innocent, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher : ENFIN. Enfin, alors qu'elle avait voyagé dans tout l'Europe où les femmes guerrières étaient ouvertement pointées du doigt et que derrière leur éventails ridicules on entendait des “sauvages !”. Enfin elle était arrivée dans un endroit où elles étaient comprises. Certes, défendre un foyer, ce n'était pas se déplacer jusqu'au champ de bataille, mais autoriser une femme à prendre les armes et lui apprendre à s'en servir semblait presque du luxe à leur époque. Et c'était parfaitement ridicule : comment les pays pouvaient-ils prétendre à une quelconque force de frappe si ils choisissaient de couper volontairement la moitié de leurs effectifs ? C'était stupide.

“Nous nous comprenons honorable Khan. Les femmes au bouclier sont importantes dans le folklore de mon pays, tout comme sur le champ de bataille. Il y a beaucoup de nobles guerrières en Scandinavie qui sont des combattants avec plus de coffre et de poigne que les trois quart de ses gros neuneus d'Européens, et je m'en séparerais pour rien au monde. Je vous jure, fallait les voir dévisager mon armure comme si elle portait la peste, mais je donne pas cher de leur peau dés qu'un type pas trop stupide aura comprit que la moitié de la population peut taper aussi fort que le reste, et rasera leur jolie civilisation.”

Le traducteur manqua de s'arracher les rétines à force de rouler des yeux avant de tenter de traduire correctement ses propos. Absjorn servie en alcool, s’intéressa aux crudités, bien qu'elle n'aurait pas craché sur de la viande, mais elle se doutait que la suite arriverait sous peu.

“Oui tout à fait, merci beaucoup honorable Khan. Moi et ma suite nous étions plus affamés que Thor après une bataille.”

Elle regarda ses soldats qui discutaient sagement entre eux en tentant de se monter sur leur meilleur jour, mais ils étaient largement plus détendu que dans les autres pays qu'ils avaient visités. Leur impératrice ne pouvait pas leur en vouloir, c'était également son cas. Elle pouvait presque respirer normalement sans sentir le regard haineux des gens de la cours la juger pour ne pas savoir tenir une fourchette. Elle se tourna vers son interlocuteur, l'entendre parler avait attisé sa curiosité.

“On ne m'a pas menti, pour vous les traditions sont importantes, comme la magie. Je suis soulagée d'être ici, surtout après avoir eu le nez dans la suie d'Europe pendant des semaines. Tout le royaume asiatique pense comme vous ? Vous avez des alliés, des compagnons d'armes ?”

Spoiler:
 
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Lun 18 Avr - 20:47


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn



Les Européens. Tsurugul en avait des images, dans des parchemins reliés au centre culturel de son palais. Il se rappelait sans peine de ses études d’avant l’aveuglement, de ces reliefs d’anciens temps français où les hommes se baladaient, en armure de fer bien trop lourdes pour être maniables ou alors en pantalons bouffants et en collants. Né de la terre, de la pluie, des montagnes et de l’écume des mors des chevaux, cela lui avait semblé d’une perfection à tel point insignifiante qu’il s’en était presque moqué. Mais son père l’avait rabroué, et selon ses enseignements, lui avait appris à ne jamais sous-estimer l’ennemi. C’était l’erreur que faisaient les européens, avec leur technologie, et c’était celle qu’il ne commettrait pas à leur égard. Aussi hocha-t-il la tête dignement, avant de commenter, tout en mangeant :

« La grande partie des européens répugnent à combattre une femme sous prétexte que sa disposition à devenir mère la rend intouchable. Selon ces principes, elle vit recluse en cage et n’a ni droit de parole ni droit d’acte sur son monde. Elle n’élève que peu ses enfants et passe son temps à la fenêtre. Peut-être même sans oser rêver. S’ils venaient jusqu’ici pour nous avoir comme ennemis, ils jugeraient nos femmes, nos filles, nos mères, comme des sauvages, des sorcières, que l’on pique sur une croix de bois avant de les faire brûler. J’ai entendu ces mots. Je les ai entendus de l’autre côté des terres glacées de ceux qui se croient supérieurs. Et cela m’a effrayé, de voir leur Dieu si cruel, et eux agir ainsi en Son nom. »

Les portes se rouvrirent, les serviteurs débarrassèrent les plats déjà vides de cette horde bruyante qui animait enfin le palais. Et avec la tranquillité placide des asiatiques, déposèrent des plats chauds de viandes et de poissons, en abondance. Tsurugul avait fait puiser dans ses réserves pour cette soirée d’excès mais il se pardonnait cette erreur qui n’avait rien d’orgueilleuse. Il voulait certes impressionner la jeune impératrice, mais aussi la contenter.

« La Chine, qui nous protège depuis de longues années maintenant, a pris des dispositions plus strictes envers la magie. Si son mépris des occidentaux est clairement affiché, c’est un empire qui ne cesse de se développer, rabrouant ceux qui vivent dans les traditions du passé. »
Soigneusement, il pesait ses mots. Pour ne pas donner l’air de quelqu’un qui s’en prend à ses suzerains avec la facilité d’un pédant.

Mais son sourire s’illumina d’un sourire, quand ses mots vinrent caresser le Japon.

« Mais il y a, de l’autre côté de la mer, une Île renfermée mais prospère, qui veille sur la magie, sur son essence, sur l’équilibre, sur son Boudha comme sur ses hybrides. Il y vit un empereur d’une grande sagesse et mon père m’a beaucoup parlé de lui. Il me tarde d’être assez digne pour pouvoir le rencontrer et apprendre de son règne comme de ceux qui m’importent. Aujourd’hui, vous faites partie de ceux-là. »

Tranquillement, il leva son verre, pour la saluer. Avant de froncer les sourcils, questionnant :

« Vous avez mentionné Thor. Je sais, par mes lectures et mes leçons que vous avez en Scandinavie plusieurs divinités. Boudha est mon Seigneur et mon Maitre dans cette vie comme dans celles qui suivront. Mais je ne suis pas fermé à découvrir les traditions des autres peuplades. Parlez moi de vos Dieux. Sont-ils à l’image de votre peuple : des combattants solides, des hommes de pierre et d’épée, capables d’affronter des armées dans des rugissements bestiaux ? » Il y avait dans sa voix un tremblement d’appréciation pure. Concerné par son aspect et son handicap, il regrettait de ne pas être comme l’un de ses yaks, un guerrier fier, lourd, fort et haut, dardant son regard sur ses terres, femme et enfants à ses côtés, soulevant des montagnes sans effort.

Mais sans difficultés, on ne pouvait apprendre. Et c’est à cela que sa raison se raccrochait. Entre deux pics de colère.




Tsurugul Khan
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Islniss Tirel
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Islniss Tirel
Mar 26 Avr - 2:00
Le jeune viking, qui n’avait de viking que le nom ou presque, était arrivé comme les autres avec la délégation impériale. D’un regard critique, il avait examiné toutes les nouvelles choses qui lui passaient sous les yeux. Il y avait assez peu d’écrits en Scandinavie à propos de la Mongolie, de sa culture, mis à part les récits plus ou moins fiable de l’explorateur Marco Polo, qui dataient déjà de plusieurs siècles, aussi Islniss se sentait un peu dépaysé par ce qu’il voyait, contrairement à ce qu’il avait pu voir en Europe.
Toutes ces découvertes architecturales, et de manière générale culturales, lui avaient cloué le bec pendant une grande partie du voyage et même à l’arrivée, ce qui lui permit certainement de voyager en un seul morceau aux milieux de guerriers dont certains avaient assurément une sensibilité à fleur de peau mais une capacité de réaction rapide et physique, terrain de duel dans lequel le scandinave n’excellait pas, mis à part un fleuret entre les mains, or celui qu’il avait apporté pour le voyage était purement décoratif, dont le métal, constitué de ferrite principalement, était trop malléable pour être utilisé dans une arme digne de ce nom mais qui avait une très joli couleur, proche de l’argent poli. La garde et le fourreau étaient également très travaillés ; la première était un ensemble de filaments métalliques soigneusement brodés pour dessiner de manière largement stylisée des paysages typiquement scandinaves, enveloppant la main du porteur entre des falaises, des forêts de conifères et autres montagnes, le second était en cuir, plus simple mais malgré tout travaillé pour conserver toute la finesse de la lame dans son apparence.

Les discours d’accueil n’avaient été écouté que d’une oreille. Passé par traducteurs interposés étaient certes pratiques, et en fait obligatoire, mais cela rendait les discussions d’une longueur sans précédent, et Islniss s’y ennuyait déjà, son regard furetant à la recherche d’un point d’accroche pour sa prochaine farce. Il aurait bien laissé quelques piques mais l’ennui de se savoir incompris l’avait retenu à une attitude polie, quoique un peu distante et indifférente, en attendant la suite. Cela ne l’empêchait pas d’essayer d'attraper au vol quelques mots de mongol, qu’il mélangeait avec ses maigres connaissances de la langue, pour préparer une intervention gratinée.
Finalement, l’interminable protocole se termina et ils purent retrouver leurs chambres. Comme à son habitude, Islniss se retrouva donc dans la chambre d’Asbjorn, ne faisant que peu de cas de la femme, comme lui seul pouvait se le permettre, pour se plonger dans la contemplation du décor, réservant un second tiers de son cerveau à la tenue qu’il allait porter pour la soirée - les vêtements de voyage étaient d’un ennui ! - et le dernier tiers s’occupait toujours d’agencer les mots de mongol pour trouver un trait d’esprit cynique à sortir.

Ce fut donc dans une sublime tunique pourpre que le jeune homme se présenta aux côtés d’Asbjorn, lacée - ou plutôt délacée - sur son torse. Celle-ci était brodée aux bordures de fils blancs, en volutes agréables à l’oeil et agrémentée aux manches de quelques grelots tintants qu’il ne manquerait pas d’agiter pour ponctuer ses phrases. Son fleuret l’accompagnait toujours, comme ses éternelles bottes, par dessus un pantalon chaud, l’élément de sa tenue le plus sobre, somme toute. Pour agrémenter le tout, il avait pris une fourrure de loup toute en longueur qu’il portait d’une manière hautement comique qu’il était probablement le seul à voir, comme les femmes parisiennes, c’est-à-dire dans le bas de son dos, alors que chaque bout passaient sur ses bras et étaient maintenus en place par ses coudes repliés.
Il s’assit à ses côtés, menton dans sa main et coude sur la table, observant d’un air distrait le paysage qui s’offrait à sa curiosité. Il écoutait toujours d’une oreille les discussions, bouillant d’y participer mais ne pouvant se résoudre à laisser ses savantes piques détruites par un traducteur trop diplomate. Il resta donc silencieux une bonne partie du repas, réagissant à peine quand Asbjorn lui agrippa la main.
Finalement, son instant arriva. Avec le sourire victorieux et ravi d’un gamin qui aperçoit une bêtise à faire - et qui n’a personne pour le gronder - Islniss s’exprima, dans un mongol aussi grammaticalement approximatif que sa prononciation, mais malgré tout compréhensible, d’autant plus qu’il parla d’une voix forte et claire pour être entendu de tous, avec juste ce qu’il faut d’acidité dans son ton pour arracher une réaction au grand Khan :

Bouddha doit être bien mesquin pour vous avoir aussi mal doté pour gouverner.

Le jeune homme décocha un sourire plein de malice au souverain, sentant avec satisfaction un certain nombre de regards se tourner vers lui, entre interrogation, pour ceux qui ne parlaient pas le mongol et s’étonnaient de voir le bouffon de l’Impératrice s’essayer à cette langue, colère, pour ceux de la Cour de Khan très attaché au respect de la religion et de leur chef, et incompréhension, pour les plus lents d’esprit.
Comme il s’était promis intérieurement, il agita son poignet pour faire tinter les grelots, la mélodie s’éleva dans un silence de mort qui avait suivi sa déclaration, après les quelques remous des demandes de traductions ou d’explications des plus ignorants ou simples d’esprit.
Islniss Tirel
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Mer 4 Mai - 7:55
Se concentrer sur les discours et sur son estomac était toujours compliqué, surtout quand il y avait un traducteur patoche à ses côtés pour faire office d'écho. Elle retenu une énième pique fait à l'Europe persuadée que cloîtrer les femmes à la maison était synonyme d'intelligence et de bon sens. Elle se retint de préciser une fois de plus qu'ils étaient con comme des chopes troués, mais encore une fois son ami le traducteur auraient probablement mal prit le manque cruel d’effort fournis par l'impératrice de monter un semblant de bonne foi dans son verbiage.

“En plus d'être cruel, leur dieu ne sait même pas s'amuser correctement. Vous auriez vu le mariage de l'empereur d'Autriche-Hongrie : mes enterrements sont plus drôles et moins protocolaires. Avec la musique en prime, on auraient dit des cochons à l'abattoir. Et d’après ce que j'ai comprit c'est toujours comme ça partout. Pas étonnant qu'ils soient tous dépressifs. Blablabla l'enfer, blablabla les péchés...”

Elle hocha la tête quand il parla de la Chine, un potentiel allié aux oubliettes. Hors de question de serrer la paluche d'un blasphématoire anti magie. Certes, Asbjorn avait tenté d'être un minimum aimable avec les gens de la cours d'Autriche-Hongrie et de France, pour éviter de se retrouver avec une armée de dirigeable aux portes de son château. Leurs dirigeants n'étaient pas des mauvais bougres, mais clairement ils n'étaient, et ne seraient jamais sur la même longueur d'onde. Tant qu'ils étaient pas frontalement anti magie, elle pouvait supporter de les avoir proche d'elle. De façon figurative, car hors de question de remettre les pieds dans ce nuage de pollution avant d'être parfaitement purifiée dans un sauna et protégée de quatre sortilèges de protection. Ses poumons ne s'en remettaient qu'à moitié, comme si une partie de sa jeunesse était restée là bas.

Elle reporta son regard sur lui quand il parla du sage empereur sur son lit. En effet, un veilleur d'hybrides c'était bien plus intéressant, et voir même un atout. Elle leva son verre en guise de remerciement quand il déclara qu'elle était aussi intéressante que lui. L'honneur était certain, et elle tâcherait d'en être digne.

Elle hocha vivement la tête quand il commença à parler des dieux nordiques. Asbjorn ignorait que sa culture avait voyagé si loin, mais l'impératrice était particulièrement zélée pour montrer son amour pour son panthéon.

“Thor, le fils de notre père à tous, Odin, nous a débarrassé des géants des glaces voilà des millénaires. Seul avec son marteau, il peut faire tomber la pluie et le tonnerre, provoquer des tempêtes, et écraser n'importe quel assaillant d'un revers de main !” Fit-elle en mimant le geste tout en tentant son assiette de viande de l'autre main. “Mais Tyr, est notre dieu de la guerre, et quel dieu ! Mais même Freya notre déesse de l'amour est une valkyrie, une femme guerrière levant son bouclier et sa lance pour défendre les guerriers sur le champ de bataille ! A leur mort, elle vient les chercher avec d'autres valkyries et...”

Et Islniss parla et il lui fallut toute la force de volonté pour ne pas laisser échapper un pouffement. Bon sang, lui qui était resté sage pendant tout le dîner, cela était évidemment bien trop rare pour qu'il ne puisse s'empêcher de glisser une remarque au moment parfait. La clochette sonna comme un glas, mais Asbjorn tenta de rattraper le coup en usant de sa persuasion, avec le sourire s'il vous plait.

“Et je ne vous aies pas présenté mon conseiller. Qui lui a prit le parti de Loki, notre dieu de la discorde. Il ne se bat pas, mais sa langue est plus affûté qu'un couteau.”
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Jeu 5 Mai - 11:40


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn



L’impératrice n’en finissait pas de lui plaire. Jugeant les coutumes occidentales comme leurs cérémonies avec une incompréhension presque moqueuse, elle ne saisissait pas les nuances qu’apportait le traducteur à ses propos, laissant l’impression au Khan d’une dirigeante fiévreuse mais observatrice, prompte à prendre conscience de la réalité en se déplaçant dans des pays à la mentalité opposée à la sienne pour mieux les connaitre et apprendre de leurs erreurs. Le sourire affirmé, même séduit, Tsurugul hocha la tête sans oser une plaisanterie sur la sévérité du protocole occidentale, conscient qu’en son propre palais la fête n’avait pas le goût de celle scandinave. La faute à sa rigidité toute militaire sans doute et il se souvint sans peine des moments d’allégresse sous le règne de son père où les hommes riaient et chantaient après les longues batailles, regagnant le foyer avec l’ardeur de ceux qui savent le prix de la vie.

« Vos Dieux sont des combattants. » Se permit-il de juger après les explications d’Asbjorn, les sourcils à peine plus froncés. « Boudha est introversion et prospérité quand vos Dieux sont de fer et de sang, sur les champs de bataille. Ils négligent les faibles et poussent à la victoire, encouragent les esprits forts et les conquêtes. Vos Dieux sont comme les capitaines d’une armée qui ne veut pas céder. Cette bravoure les honore. » Il ne pouvait apprécier ses mouvements descriptifs mais la sentit bouger à ses côtés, et s’apprêta à la relancer, quand la pique survint.

A table, il n’y eut qu’un brusque coup de vent, de chaque côté des membres de cette délégation. Si les scandinaves se turent de l’affront causé par Islniss, les serviteurs mongols ne furent pas en reste, exprimant une sincère surprise que le traducteur exprima d’un bruit de gorge étranglé. On aurait cru, à cet instant, qu’une poigne s’était refermée sur sa nuque, et à voir l’expression soudain glaciale et impassible du Khan, l’homme manqua de reculer d’un pas.

Aux côtés du Khan, le conseiller chinois eut un regard effaré à l’égard d’Asbjorn. Une faiblesse protocolaire que l’impératrice ne manqua pas de rattraper, presque avec bienveillance.

« Si sa langue tient du couteau elle devrait plutôt prétendre à imiter nos flèches. Droites, fines, vives et marquant leur cible à coup sûr. » Le malaise était clairement perceptible. Islniss avait marqué là une belle victoire en froissant le Khan. Une victoire qu’il allait peut-être amèrement regretter.

« Boudha, dans ses enseignements, nous apprend qu’il n’y a pas de plus inconstant que l’existence. Tout est changement. Et celui qui sait combattre ses faiblesses, apprendre de ses erreurs, gagne là la plus grande victoire de sa vie, la plus digne des batailles. Ce n’est pas parce que je ne vois pas que cela me porte préjudice, conseiller sans nom. » Après tout, on ne lui avait pas encore présenté l’amant de l’impératrice, et Khan ignorait même jusqu’à cette liaison, ne tendant pas une oreille excessive aux rumeurs qui ne le concernaient en rien. « Et la mesquinerie n’a pas pour identité celle de mon Dieu. »

Le ton était mordant, l’insulte l’ayant marqué. Là était sa faiblesse, plus que la remarque sur son handicap.

« Je suis certain que Loki, dans son plaisir de la discorde et des faux-semblants, sait tout de même se taire et se dissimuler pour ne pas nuire à une entente qui ne serait que bénéfique pour son peuple comme pour le miens. N’est-ce pas, impératrice Sigmar ? »

Calmement, on vint resservir le Khan en alcool de riz. L’atmosphère semblait déjà bien plus étouffante. Et le claquement de langue de Tsurugul lui permit, d’une simple écholocalisation, de prendre note de l’expression fugace des visages de ses invités.

« Mais il est appréciable que vous engagiez auprès de vous des petits enfants. Ils ne peuvent qu’apprendre des leçons qu’on leur donne. Le repas est-il toujours à votre goût, ou souhaitez-vous qu’on vous prépare quelque chose d’autres ? »

Lui-même n’avait touché que peu à son assiette.




Tsurugul Khan
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Islniss Tirel
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Islniss Tirel
Jeu 5 Mai - 18:58

Des réactions qu’avait provoqué le scandinave, ce fut certainement celle d’Asbjorn qui le décevait le plus. Bon, d’une part elle ne lui avait pas confiance pour rétablir la situation, mais à la limite, ce n’était pas grave, il s’en foutait. Si elle n’avait pas appris après toutes ces années que ce qu’il aimait dans ses jeux et ses farces était de faire dériver la situation jusqu’aux limites de l’irrattrapable pour la faire revenir sur les rails désirés d’un mensonge habillement proféré, il n’allait pas lui en vouloir non plus.
Mais elle avait dit qu’il ne savait pas se battre ? Comment osait-elle ? Alors, oui, il se battait moins bien qu’elle, elle avait même gagner un trône grâce, ou plutôt à cause, de ça, mais il savait tenir une arme !
Instinctivement, il posa sa main sur la garde de son fleuret et lui jeta un regard furieux, que diminuait largement son sourire amusé et espiègle, qui relevait du coup plus d’un regard de défi que d’une véritable colère dont il n’aurait de toute façon pas su faire preuve à son égard.

La réaction du Grand Khan aux yeux défectueux fut bien plus à son goût. Islniss lui adressa d’ailleurs un regard emprunt du respect dont il avait manqué dans ses paroles quand celui-ci répondit sur son terrain de jeu, d’une réplique presque aussi cinglante que la sienne, tout le monde ne peut pas être parfait !, même si cette dernière était emprunte de susceptibilité, auquelle le conseiller s’attendait. Si la plupart des gens se vexaient de ses boutades, peu avaient la folie de tenter de le défier à une joute verbale. Les étoiles dans les yeux, Islniss concentra toute son attention sur le Khan, comme un combattant prends ses appuis après les premières passes d’un échange amical, prenant conscience de la réalité de l’affront, aussi sympathique et dénué de mauvaises intentions soit-il. Oh, il n’allait pas le lâcher, il s’amusait comme un petit fou !
Bien sûr, le souverain en face de lui ne put discerner toutes ces expressions, qui aurait probablement adouci la colère qu’il devait éprouvé à son égard, mais tant pis. En tout cas, l’explication qui suivit la première pique du souverain ne fit que renforcer le respect qu’éprouva le jeune scandinave. Il avait eu peur qu’à travers les traducteurs et l’inexpressivité de son visage, le Khan dissimule un coeur de pierre et une incapacité aux sentiments. Aussi sa dévotion envers son dieu - en plus d’avoir été vexé - le rassura sur le sujet. La confiance d’Islniss n’était pas bien difficile à obtenir, et voilà qu’il l’avait obtenu en quelques phrases, sans avoir besoin de passer par de beaux discours bien tournés.

Le jeune homme reprit alors la parole, en espagnol cette fois, une langue qu’il maîtrisait bien mieux. Maintenant qu’il avait son petit effet, acculant le souverain dans une situation dont il ne pourrait se tirer en comptant sur ses traducteurs pour adoucir les angles, puisqu’il devait croire que le conseiller comprenait le mongol, même qu’à moitié, ce qui n’était pas aussi éloigné de la vérité que ce que l’on pourrait penser, Islniss n’avait plus besoin de se donner tant de mal, et comme le Khan comprenait l’espagnol, autant en profiter pour continuer la discussion sans traducteurs interposés.

En scandinavie, conseiller est un titre que l’on donne à ceux qu’on nommerait dans d’autres pays aux bouffons et autres fous, Vuestra ciega Alteza, ne prenez pas garde aux bouffonneries de l’humble serviteur de notre Impératrice !

Pour souligner ce mensonge éhonté, qui était donc probablement plus convaincant que tout ce qu’Islniss avait pu dire jusqu’alors, même s’il n’avait pas dit grand-chose, il fit à nouveau tinter les grelots de ces manches, une mélodie qui le ravit.
Il lui sembla que le souverain souhaitait passer à autre chose, rapportant le sujet sur le dîner et la nourriture, mais il ne pouvait laisser passer une occasion pareille de s’amuser, d’autant qu’elle avait si dure et lente à mettre en place. Aussi continua-t-il, faisant fi des bonnes convenances, comme son rôle éphémère de fou le lui permettait, pour annoncer, dans une cabriole virevoltante pour se replacer à côté du Khan, finissant par une révérence exubérante, ses bras s’élançant dans des tourbillons maniérés et comiques qui firent produire aux grelots un bruit caractéristique.

Pour me faire pardonner ma rudesse, je vous propose de mettre à défi ma langue contre vos meilleurs flèches, aussi verrons-nous si elle a les capacités requises pour vous plaire.

Quelques rires s’élevèrent de l’assistance, hésitants. Oh, il faut dire que la situation était clairement drôle, à voir un fou s’échiner à faire des entrechats pour séduire un aveugle, mais c’était tout aussi bien puisqu’ainsi son mensonge était encore plus crédible et puissant, il resterait certainement assez longtemps dans les mémoires pour protéger la relation diplomatique qui devait s’établir durant leur séjour.
Et Islniss s’amusait comme un petit fou.
Islniss Tirel
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Sam 14 Mai - 18:05
C'était toujours comme ça. Elle avait vécu assez longtemps à suivre Islniss pour savoir quand vraiment s'alarmer. Et à vrai dire, il ne fallait jamais le faire. Un chat ça savait retomber sur ses pattes, et pourtant ce dernier sembla hérisser ses poils quand elle annonça qu'il ne savait pas se battre. Elle répondit à son air courroucé, ponctué par la saisie de son arme, avec un sourire confiant, la tête reposant dans la paume de sa main, elle même soutenue par son coude, alors que l'autre tenait son verre qu'on remplissait d'alcool. D'ailleurs il n'y prêta attention que quelques secondes, bien trop heureux à l'idée de s'amuser avec un nouveau jouet.

Le grand Khan avait une certaine noblesse dans ses paroles et ses mouvements, là où la Scandinave aurait tout de suite fait joué son épée une nouvelle symphonie en meurtre majeur, et où la plupart des Européens auraient tournés de l’œil en appelant à l'erreur diplomatique, lui se contenta d'être pragmatique et digne. Pourtant il avait été blessé, cela se sentait, et elle ne pouvait pas vraiment lui reprocher une chose pareille. Elle avait été désolée pour lui, et ne voulait même pas savoir comment elle pourrait survivre sans sa vision. L'expérience de manquer de perdre son oeil pour se retrouver avec cette vilaine cicatrice l'avait marqué. Même si pour avoir été élevée par un borgne, sera n'aurait finalement juste ajouté un peu de panache à son attirail. Mais l'handicap d'une mauvaise vision sur le champ de bataille était bel et bien une réalité, et d'après ce que le Khan avait dit, les autres titulaires du titre avant lui furent des guerriers. Et pour ainsi dire, l'impératrice savaient très bien ce que c'était que d'être terrifiée à l'idée d'être le maillon faible d'une longue chaîne.

Mais déjà la fée était sur le coup, et loin l'idée d'Asbjorn d'intervenir dans sa tentative de rattraper les pots cassés. Il avait les yeux qui brillaient de quelqu'un qui avait trouvé un défi à sa mesure, et non seulement cela rattrapait l'ennui mortel dans lequel il était plongé depuis quelques temps, et en prime cela ne pouvait qu'être bénéfique pour le reste des négociations diplomatique. D'autant plus qu'avec le sang chaud du nord polaire, toute sa troupe avait une préférence très marquée pour l'action que pour le bavardage. Et quoi de mieux que de resserrer les liens amicaux par quelque chose de concret plutôt que des longues tirades ? D'ailleurs le reste de sa suite regarda l'échange avec intérêt, et on entendait beaucoup plus la fée, très à l'aise dans sa tenue de fou, que les claquement de dents.

Elle haussa un sourcil avec intérêt à la proposition de son conseiller après avoir fini son verre.

“Méfiez vous des fous, honorable Khan. Pariez autant que vous voulez contre sa langue, personnellement j'ai toujours perdu.”

Le traducteur haussa un sourcil, se demandant si c'était du lard ou du cochon, mais l'impératrice ne développa pas. Se redressant face au Khan, quoique bien moins visible et brillante que son fou de service, elle continua, essayant d'utiliser ce qui lui restait comme persuasion.

“J'ai très visiblement eu beaucoup plus faim que vous, et chez nous, c'est mauvais signe."
Et c'était vrai au demeurant. N'importe qui en Scandinavie aurait fait une syncope en voyant l'assiette de son leader complètement vide. Un bon appétit était synonyme de bonne santé, et c'était encore plus vrai pour un peuple comme le sien. "Une personne qui s'ennuie mange très peu, et des bonnes bases d'alliance ne se font pas quand on se morfond en regardant des assiettes pleines. De ce que j'ai pu voir de votre peuple, vous avez l'air d'être un peuple sage et pragmatique, mais sur notre passage pour arriver jusqu'ici, nous avons surtout vu des hommes et femmes d'action. Après être passé en Europe, je peux vous assurer que ça nous change.”

Elle esquissa un large sourire amical qui trahissait une certaine impatience.

“J'espère que vous accepterez la proposition ! Il n'y a rien de mieux pour tisser des liens ! Et après tout, nous sommes là pour ça, non ?”

Peu probable que comme au pays, ils finiraient tous saouls comme des cochons à chanter faux, mais un bon défi c'était de loin ce qu'elle préférait. Et pourtant c'était ce qui l'avait foutu sur le trône. Les mauvaises habitudes ne partent jamais, et c'était avec tout le sang froid possible qu'elle ne proposa pas d'affronter un guerrier mongol de son côté. Pourtant, Loki lui en soit témoin, ça l'a démangeait affreusement.
Keisarinna Asbjorn
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Tsurugul Khan
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Tsurugul Khan
Lun 16 Mai - 19:49


Les dieux, de la magie, et des hommes

with Asbjorn



Aurait-il apprécié l’admiration brûlant dans le regard de ce bouffon aux piques décochées sans visée ? Peut-être bien, effectivement, ou cela aurait-il nourri sa curiosité à l’égard de cet homme silencieux jusqu’alors. Le port plus droit que jamais, comme tiré d’une ficelle accrochée au sommet de sa tête, Tsurugul faisait front à l’impératrice et à son double, le regard aveugle et fixe mais l’attention résolulement plantée sur le couple non officiel. Instinctivement, il sentit avec une étrange clarté la tension émanant d’Asbjorn, comme si d’une certaine manière, elle-même réprouvait le comportement de son conseiller mais ne semblait savoir comment agir pour l’en empêcher.

La menaçait-il ? La manipulait-il d’une quelconque manière ?

Sans tarder il se rappela des rumeurs apportées par son conseiller sur la proximité peut-être inadéquate de l’homme avec la jeune impératrice. Ils s'étaient retrouvés ensemble dans la même chambre, pour quelques instants de répit offerts durant l'après-midi, il y avait donc peut-être là une vérité à creuser. Mais tout aussi vivement que son éclat précédent, Islniss se leva, bondissant tel un chat à ses côtés, le surprenant dans ses manières et faisant dégainer les gardes yaks, aux entrées de la salle.

Tsurugul se braqua, sentant ses mains s’agiter dans l’air, bien trop proches de lui. Et claqua de la langue pour l’écholocaliser, trouvant l’expression de son visage – bonne humeur – en même temps que sa position sur son assise.

« Voilà d’étranges excuses formulées à l’égard d’un dirigeant. Mais les enfants sont intransigeants face à l’attention qu’on leur doit porter. Ils s’agitent tant et bien que l’ignorance même ne peut pas manquer de les remarquer. Pourtant, quelle idée étrange de défier à la langue un aveugle armé de ses flèches. On n'est jamais certain de sa cible, au fond. Ni de quel incident se prépare sous le drapeau du hasard. »

Tsurugul leva une main paisible, et d’une pincée des doigts, fit reculer les gardes. Les épées se rengainèrent à leurs fourreaux et le dirigeant tourna son visage pointu à l’égard de sa consoeur.

« Est-il toujours aussi bavard ? » La réponse affirmative ne le surprit pas, ni l’enthousiasme de la guerrière à l’idée qu’il réponde favorablement à ce défi. Pourtant, Tsurugul ne parvenait pas à en discerner les contours ni à se méfier de perdre devant son peuple. Quelle rumeur se chuchoterait sur lui, au-delà de ses frontières, s’il ne parvenait pas à se maintenir face à un petit gens ? Mais par de-ça, en plus de sa sagesse et des leçons de son père, brûlait le flambeau du garçon combattant qu’il avait été avant son aveuglement et qui demeurait soigneusement caché en son être, n’attendant qu’une opportunité pour ressurgir et faire valoir ses droits.

« La paternité m’échappe mais il me semble que les rejets trop vifs à ces demandes immatures n’engagent que des cris et des scènes ennuyantes. » Cela bougeait encore à ses côtés et comme chassant le vol d’une mouche intempestive, Tsurugul para ses gestes sans y penser, levant la canne pour rencontrer chacun de ses poignets dans un geste presque doux.

« Apaise-toi, tu rends mes gardes nerveux. Ton défi sera le miens. Ma victoire, possible, peut-être même certaine, nous vengera, ton impératrice et moi. » Et à cette dernière il ajouta.

« Je n’ai d’appétit que pour les victoires et les liens rondement menés. Nous constaterons ma famine à l’issu de ce duel. »
On ne pouvait encore parler de réussite, Tsurugul n’étant pas de ceux à brûler la bougie en commençant par son socle.

Mais sur son visage buriné par ses origines, une esquisse de grimace satisfaite se mit à fleurir.




Tsurugul Khan
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