Janvier 06. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

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Ronce de France
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Jeu 24 Mar - 20:19
Le ministre Ambroise de Condé avait rassemblé toutes les informations qu'il possédait afin de préparer, au mieux, le voyage de sa Majesté royale. Des informations qui permettraient à la reine de connaître un peu plus la Grèce pour éviter tout impair. Le royaume grec, à l'image de la Scandinavie, était attaché à un culte ancien, dont il découlait des doctrines qui n'existaient plus dans le reste de l'Europe. Mieux valait éviter de provoquer un incident diplomatique à cause d'un geste fâcheux, ou d'une parole jugée déplacée.

La technologie ne semblant pas aussi fermement condamnée qu'en Scandinavie, la reine de France s'était rendue à Athènes par navire volant. De quoi surprendre plus d'un habitant qui leva les yeux vers le navire, intrigué de le voir voguer dans les airs, et non sur la mer. La suite du périple se fit en carrosse, Ronce relisant une ultime fois les notes laissées par son ministre. Dont une soulignée, d'une main ferme : « Le Conseil est la clé de voûte de la sphère politique grecque. » En somme, il fallait ne contrarier aucun de ses membres sans quoi toute discussion serait vaine.

Le carrosse s'arrêta dans la cour du palais royal. Ronce descendit, levant la tête pour mieux observer l'architecture des lieux. Un péristyle encerclait le palais lui donnant l'allure d'un antique temple, rehaussé par les statues ornant la façade. Blanc et marbre se mariaient pour offrir au visiteur l'illusion d'avoir remonté le temps, d'être revenu à l'époque de la Grèce Antique.

Encerclée de deux gardes, Ronce remonta les quelques mètres la séparant du palais. Devant l'entrée, un homme l'attendait. Qui n'était nullement le roi.


Robe de Ronce
(avec les gants couleur crème, et non rouge)


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Pelagius Ellada
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Pelagius Ellada
Lun 28 Mar - 9:31
« La Reine Ronce s’est posée et son carrosse fait son entrée dans la cour royale votre Majesté. »
 
Relevant mes yeux fatigués par la lecture des nombreux rapports qui s’étaient entassés sur mon bureau depuis mon retour d’Autriche-Hongrie, je regardais un instant le Koiton. Théodose était le chambellan de mon père et l’avait servi fidèlement durant son règne et continuait de le faire avec moi. Du moins je l’espérais. La rencontre avec la Reine de France me tenait beaucoup à cœur. J’enviais ce pays qui s’était coupé du monde durant cent ans mais qui commençait à rattraper petit à petit son retard, autant technologique que culturel vis-à-vis des changements du monde. D’une certaine manière, j’avais l’impression d’y retrouver la situation grecque… sauf que bien sûr, la Reine n’avait pas à composer avec un Conseil anti-technologie au pouvoir politique immense. Trop immense.
Et donc, l’attitude légèrement gênée du Koiton me laissait penser que quelque chose allait déjà mal alors que cette importante rencontre n’avait encore pas commencé.
 
« Avez-vous d’autres éléments à m’apprendre Koiton ? »
 
Son air contrit renforça ma mauvaise impression.
 
« Eh bien Majesté, une personne attend déjà la Reine Ronce pour…l’accueillir. »
 
Quoi ? Quelqu’un l’attendait ? Mais qui ? Je n’avais pas encore dépêché de domestique… A moins que Théodose n’ait pris quelques initiatives. Et dans ce cas, pourquoi semblait-il si gêné ? Par peur de ma réaction ? Je ne pouvais que l’en féliciter !
 
« Il s’agit du maître conseiller Zeus. »
 
A l’évocation de ce nom, je m’étais aussitôt relevé de mon fauteuil. La situation venait de prendre une toute autre tournure. Laissant sur place ce que je faisais un peu plus tôt, je sortis de la pièce et me hâtais vers l’entrée du palais. Pourquoi cette vieille branche vicieuse accueillait-elle la Reine de France ? Il devait être le pire xénophobe que je n’aie jamais eu à côtoyer ! Il avait forcément une idée derrière la tête et cela ne me plaisait pas. Surtout que l’importance de cette rencontre n’avait pu lui échapper… Mais il n’oserait quand même pas risquer un incident diplomatique d’une manière aussi flagrante ? Avec lui, je ne savais jamais à quoi m’attendre et c’est ce qui faisait de lui un adversaire si redoutable dans la direction de ce pays.
 
Le fait d’avoir forcé un pas le pas au mépris du protocole (le Koiton ne manquerait pas m'en faire la remarque après…) m’avait permis d’arriver pile au bout moment, juste avant que Zeus n’ait pu ouvrir la bouche. Et maintenant la bienséance voulait qu’il me laisse l’honneur de parler en premier.
 
« Votre Majesté royale, c’est pour moi un grand honneur de vous accueillir au Paliti royal. » dis-je en m’inclinant face à la Reine.
 
Je me permis un très léger soupir de soulagement, imperceptible. Le temps m’avait semblé ralentir depuis l’intervention de Théodose. Le plus grand pouvoir de Zeus devait sans aucun doute être ses mots. Et le laisser s’en servir à son bon vouloir face à la Reine de France aurait pu s’apparenter à un suicide pur et simple. Mais maintenant que j’étais là, et que le Koiton n’allait pas tarder (j’entendais déjà ses pas sur le sol derrière moi), Zeus serait contraint par le protocole. Qui eut cru que ce dernier deviendrait un jour mon meilleur allié ! J’avais pour ainsi dire retourné une des armes favorites de la fée contre elle. Une victoire, certes minime, mais appréciable.
 

Finalement, cette rencontre commençait sur une base positive. Il ne restait qu’à souhaiter la même chose pour la suite.
Pelagius Ellada
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Ronce de France
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Mar 29 Mar - 22:18
L'homme qui faisait face à la reine était imposant, et était aux antipodes du bellâtre grec tel qu'on pouvait le représenter dans les peintures. Il ne possédait nullement la candeur d'un Apollon à jamais entre deux âges, accusant la quarantaine. Ronce cilla, se demandant si l'homme allait daigner la saluer. Il ne la lâchait pas du regard et semblait immuable. Telle une montagne il attendait, fermement campé sur ses pieds.

L'arrivée d'un tiers personnage la poussa à tourner la tête. Il lui fallut quelques instants pour reconnaître le souverain de Grèce. Sans le secours des rapports de son ministre, et le portrait griffonné parmi les papiers du dit-rapport, Ronce n'aurait pu mettre un nom sur ce visage qui lui était parfaitement inconnu. Peu d'informations avaient filtré hors de la Grèce avec sa récente ouverture, et rares étaient encore les portraits de son souverain.

Ronce s'inclina à son tour.

« Votre Majesté royale Ellada, c'est moi qui suis honorée que vous m'ayez invité sur vos terres. Il me semble que je suis la première étrangère que vous accueillez en Grèce. J'ose espérer être digne de cette distinction. »

Se relevant, Ronce lorgna du côté de l'homme, à la gauche du roi de Grèce qui ne pipait toujours nul mot. Sa tenue, qui aurait dénotée au sein de la cour européenne, entrait en totale adéquation avec l'ambiance grecque. Elle faisait songer à ces costumes dont se paraît les nobles lors des bals masqués pour se donner des airs de divinités antiques. Néanmoins Ronce veilla à conserver cette comparaison pour elle-même. Cela aurait été inconvenant et proprement irrespectueux de formuler pareille pensée.

« Pardonnez mon indiscrétion, votre Majesté mais... qui est cet homme ? Serait-ce un de vos domestiques dépêchés pour venir à ma rencontre ? Ou un membre de votre garde ? »

L'homme ne s'était nullement présenté, et le roi n'avait pas cru besoin de le faire. Ce devait donc être un individu n'ayant guère d'importance au sein de la sphère politique.


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Pelagius Ellada
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Pelagius Ellada
Mer 30 Mar - 18:43
Oui elle était le premier dignitaire étranger à venir au Palati royal depuis déjà bien longtemps. Trop longtemps à mes yeux.
 
Tout en me relevant, je m’étonnais que Zeus n’est pas encore pris la parole. Lui qui d’ordinaire était intarissable pendant les séances du Conseil ne pipait mot. Glissant un regard vers lui, je constatais qu’il était en train de dévisager la Reine de France sous toutes les coutures, étudiant même la robe dont la souveraine était vêtue. Un tel manquement à la bienséance ne lui ressemblait guère pourtant… Peut-être était-il mal à l’aise face à tant de nouveauté ?
 
Abandonnant le conseiller à son étrange attitude, je me retournais pour écouter la question de la reine. Et je faillis éclater de rire. Heureusement, je n’en fis rien et parvint à garder mon sérieux. La question de la souveraine était totalement innocente et le comique de la situation devait lui échapper, mais elle venait de traiter de sous-fifre la deuxième plus importante figure politique de Grèce. Et sous ces yeux. De quoi mettre à mal l’égo de ce prétentieux de Zeus. Décidément, la bonne impression que m’avais donné les rapports que j’avais reçu sur la reine ne faisait que se renforcer.
 
Cependant, j’aurai dû m’attendre à ce que Zeus laisse passer telle insulte sans répondre, même au mépris de toute considération diplomatique. Aussi, fus-je effaré en entendant sa réponse.
 
« Excusez-moi votre Majesté,  mais il semble qu’à la différence de la France, la Grèce ne place pas de quelconques domestiques à la tête du pays. Les dirigeants grecs comme moi sont d’une autre catégorie. »
 
Je ne sais pas ce qui me choquait le plus. Son insinuation abominable contre le système politique français ou la prétention dont il avait fait preuve en se désignant comme « à la tête du pays ». Aux dernières nouvelles, j’étais encore le roi et lui un simple conseiller.
 
« Milles excuses votre Majesté, dans ma joie de vous rencontrer enfin, j’en ai oublié de vous présenter un de mes conseiller. Reine Ronce, je vous présente le conseiller Zeus. Il m’apporte des conseils et m’assiste dans ma tâche de dirigeant à la tête de la Grèce. »
 
J’avais volontairement omis de mentionner son titre de maître conseiller. Il s’était déjà donné assez d’importance à mes yeux. Et pour contrer toute réplique cinglante supplémentaire, je fis volte-face vers lui.
 
« Je vous remercie d’ailleurs, cher conseiller, d’avoir bien voulu accueillir la Reine en attendant que je règle les affaires urgentes de l’Etat. Il n’y a guère de répit pour un souverain soucieux du bien de son peuple, comme vous devez vous en douter. C’est donc pourquoi je ne vais pas vous retenir plus longtemps et vais prendre le relai afin que vous puissiez retourner au plus vite traiter certains dossiers importants que je vous ai fait transmettre. Que les Dieux veillent sur vous et vous guide dans votre labeur. »
 
Je savais qu’il n’allait pas en rester là, mais au moins avais-je réussi à l’éclipser pour un temps. Cette joute, malheureusement trop habituelle à mon goût, avait dû donner une bien piètre image du pouvoir grec à la représentante de la France.
 
Tout en revenant à mon invitée royale, je lui offrir un charmant sourire avant de lui tendre mon bars.
 
« Puis-je vous menez vers un endroit plus confortable afin de poursuivre notre conversation ? »


A défaut d’avoir pu lui donner une première impression positive, je comptais bien rattraper l’image de la royauté grecque par la suite. 
Pelagius Ellada
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Ronce de France
La belle au bois dormant
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Jeu 31 Mar - 22:36
Ronce porta sa main droite à sa gorge, tâchant de masquer son décolleté du mieux qu'elle pouvait. La mode rococo du siècle dernier surprenait souvent en cette époque victorienne où la pudeur était de mise. Il semblait en être de même ici en Grèce. Néanmoins jamais encore la reine ne s'était sentie si mal à l'aise. Le regard de Zeus était critique, et manquait totalement de politesse. Pour une fois elle comprenait aisément ce que pouvait ressentir une femme lorgnée, sans aucun tact, par un individu focalisé sur ses appas. La main de Ronce trembla, nerveuse.

L'aplomb des paroles du conseiller la cloua sur place. Il l'aurait giflé que l'affront aurait été le même. S'il était bien ce qu'il prétendait être, il manquait cruellement de diplomatie. Et n'avait pas eu même l'intelligence de se présenter, se permettant juste des remarques acerbes sur la France et son gouvernement. Dans un élan de fierté, la reine ne salua nullement le conseiller Zeus, même après que sa Majesté Royale l'eut présentée. Il ne méritait nullement une telle attention après ce qu'il venait de déclamer.

L'invitation du roi Pelagius la fit détacher son regard de la silhouette du conseiller qui, tournant les talons, les avait abandonnés sans mot dire. Les mots dévalèrent hors de sa gorge, impossible à retenir plus longtemps.

« Je sais que le Conseil a une place fort importante dans votre politique, mais cela n'excuse en rien le comportement de cet homme. Je pensais que vous le corrigeriez au vue de ses propos fort déplacés me concernant. La différence culturelle n'excuse pas tout. J'ai voyagé au sein du royaume du Brésil, et j'y fus bien mieux accueillie. On ne m'y a nullement traité de domestique. »

Ronce rassembla ses mains devant elle, et inclina légèrement la tête.

« Veuillez m'excuser, mais en mon pays un homme qui offre son bras à une femme lui offre son cœur. C'est là un geste intime. Mais je vous suivrais, bien volontiers. Vous avez beaucoup à vous faire pardonner. Et j'espère, pour vous, qu'un second incident diplomatique ne se produira pas. »

Si Pelagius ouvrit la marche, Ronce lui emboîta le pas, marchant à ses côtés, ses deux gardes la suivant à une distance de quelques pas.

« Et donc pourquoi vouliez-vous me rencontrer ? J'espère que ce n'était nullement pour me jeter en pâture aux critiques acerbes de votre conseiller. J'en prendrais ombrage, sinon. »

Le roi de Grèce lui en assura le contre, expliquant simplement qu'il avait voulu en apprendre plus sur un royaume qui, jusqu'à encore récemment, avait été décrété comme mort de par son sommeil magique. Et, qui sait, trouver en sa souveraine une amie. Nulle décision politique ne fut prise ce jour-là - les relations prennent du temps à se tisser. On se promit seulement de se revoir bientôt. Un bientôt qui ne vint jamais, le roi disparaissant quelques mois après.


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