Ainsi meurent les jours tranquilles. [Mai -8]

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Sunshine
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Sunshine
Jeu 24 Mar - 21:22


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko et ses compagnons acteurs discutent entre eux de façon animée. Leur dernière représentation vient de se terminer, et ils sont désormais occupés à ôter costumes et maquillage. Mitsuko se débarbouille en plaisantant avec une jeune femme de son âge, il y a un homme parmi les spectateurs chinois qui les a particulièrement marquées, tant il paraissait obnubilé par le jeu des acteurs. « Il ne doit pas souvent voir d’aussi bons spectacles en Chine » conclut la compagne de Mitsuko, en mettant une pince dans ses longs cheveux noirs.

Mitsuko acquiesce distraitement. Dans le miroir face à elle, elle contemple son reflet, se trouve assurément jolie. Son visage est fin, lisse et avenant, et les cheveux sombres qui l’encadrent ont un léger reflet cuivré qui n’enlève rien à leur beauté.
Une fois son costume de scène ôté, sa figure redevenue naturelle, Mitsuko quitte ses compagnons de route pour une brève promenade avec elle-même. Le trac du théâtre se dissipe progressivement, et elle espère qu’une balade la rendra totalement sereine.

Ainsi Mitsuko marche-t-elle paisiblement dans les rues campagnardes de la petite bourgade où sa troupe s’est arrêtée. Le mois de mai bat son plein, aussi la soirée est-elle douce et lumineuse. Au moment où la jeune Japonaise se promène, le soleil se couche, embrasant le ciel. Des merles saluent son départ de leur chant mélancolique.
Mitsuko s’arrête un instant, face à la beauté du paysage, et elle se sent profondément heureuse. Elle est tellement fière d’avoir réussi à intégrer la troupe théâtrale, d’avoir l’occasion de découvrir d’autres pays, d’autres univers. Certes, elle a encore beaucoup de progrès à faire en tant qu’actrice, mais elle est motivée, elle est pleine d’espoir : elle sera une actrice reconnue, un jour. Elle se le promet.

Mitsuko, face à la contrée qu’elle parcourt, se remémore son enfance dans la campagne japonaise. Ses frères ne veulent plus entendre parler d’elle, puisqu’au lieu de suivre une voie toute tracée d’épouse et de mère, elle a décidé de devenir artiste, rôle qu’ils méprisent. Ses parents sont morts depuis longtemps : n’est-elle pas mieux parmi ses compagnons de route ? Si, bien sûr.
Elle sourit en imaginant la réaction des frères s’ils savaient qu’elle est en Chine.

Mitsuko n’accorde pas d’importance aux visages fermés des spectateurs de ce soir. Pas plus qu’à l’indifférence teintée d’hostilité des Chinois en remarquant des Japonais sur leurs terres. Elle voyage, elle se sent libre.
Reprenant sa marche d’un pas allègre, elle fredonne une chanson japonaise, une comptine apprise il y a des années, qui parle des beaux jours de la jeunesse, si rapidement envolés.
Sunshine
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Hanako Hayashi
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Sam 26 Mar - 10:42
Tenue de Húlí Wǔ : Robe, coiffure, chapeau



Húlí Wǔ avait ouvert sa boutique d'acupuncture, il y avait maintenant quatre ans. Après les événements qui l'avaient forcés à quitter la vie de son enfance et fuir en cachant sa nature hybride, elle avait dû partir de la capitale pour vivre autre part, dans une petite ville qui n'était pas trop loin de la capitale. C'est là qu'elle avait ouvert officiellement un établissement d'acupuncture pour y cacher un commerce qui était mal vu, mais apprécié dans l'ombre par certaines femmes pour son plus grand plaisir, mais aussi par certains hommes.

Il était dommage que son talent pour la magie rouge soit à peine exploité dans ces terres. Même si elle avait une petite clientèle, la magie restait mal vue en Chine. Mais comme si cela ne suffisait pas Húlí était aussi connue pour être une femme chinoise extravagante. Par son attitude avec les femmes, mais aussi par sa façon de s'habiller. La plupart du temps Húlí était habillée avec une tenue coréenne, tout comme aujourd'hui d'ailleurs. Elle était habillé comme les gisaengs, ce qui était l'équivalent des geishas au Japon.

Húlí n'avait aucunement le rôle d'une giseang en Chine, même si certains lui avaient fait quelques demandes particulières. C'était surtout que cette tenue, de la tête aux pieds, lui convenait parfaitement pour cacher sa nature hybride. Une robe plutôt ample qui pouvait cacher la queue de renard qui était toujours visible, ainsi que la coupe de cheveux qui cachait parfaitement une oreille hybride. Quant à la seconde elle était couverte par un chapeau qui était le dernier petit accessoire de cette tenue. Une tenue parfaite pour elle et sa véritable personne. Ainsi plusieurs personnes connaissaient l'acupuncture de l'extravagante Húlí.

Elle n'avait que faire des dire des autres. Bien au contraire, cela attirait souvent les femmes curieuses de potins à raconter. Húlí adorait voir ces petites pies venir la voir, ces petites femmes qui faisaient de Húlí le centre de leurs conversations. Un petit délice qui l'encourageait à continuer.

En ce mois de mai son mensonge qu'était sa vie était tout aussi agréable que la brise qui soufflait sur son visage. Elle avait entendu dire que des étrangers faisaient des représentations d'un art japonais dans la ville où elle vivait. Depuis qu'elle était en âge de comprendre les choses, on lui avait toujours dit que les Japonais étaient des êtres méprisables, de simple imitateurs et voleurs de culture. Mais Húlí avait, depuis une bonne dizaine d'années, arrêter de croire les choses qu'on lui avait inculqué sur les ennemis de la Chine. Il était difficile de croire en tout ça quand les bases même de la Chine vous avaient trahis pour avoir été simplement ce qu'elle était depuis sa naissance.

Ainsi c'est comme ça qu'elle était partie à la rencontre de ce spectacle pour juger d'elle-même ce que le Japon avait de si mauvais pour la Chine. Après quelques minutes de marche le visage de l'hybride prit une mine déçue. Elle voyait des villageois repartir vers le centre-ville. Il semblerait que ce n'était pas aujourd'hui qu'elle pourrait se faire un avis sur le Japon.

Húlí prit le temps d'avancer doucement. Peut-être pourrait-elle voir un des acteurs.

Húlí était résolue. Elle avançait d'un pas léger et déterminé quand l'oreille cachée sous le chapeau tourna dans un sens entendant une douce mélodie d'une langue qui lui était totalement inconnue.
Húlí eut presque un coup de cœur en voyant cette jeune femme asiatique, pleine de joie de vivre. Mais elle semblait si différente des Chinoises d'ici. Ce fut très dur pour la kitsune de maîtriser son corps hybride pour ne pas faire apparaître plusieurs queues sous l'impulsion de ce sentiment.

Avant que la jeune inconnue ne lui échappa, Húlí se mit sur son chemin et prit la parole. Elle ne savait pas si elle la comprendrait, mais elle était sûre qu'elle se trouvait face à une des actrices japonaises. Elle ne laisserait pas passer sa curiosité sur cette culture et sur cette ravissante jeune femme.

- Bonjour. Excusez-moi, vous parlez le chinois ? Je me nomme Húlí Wǔ, Chinoise qui désirait voir votre pièce. Mais il semblerait que je l'ai loupé. Peut-être pourriez-vous me dire en quoi elle consiste ? Nous pourrions en discuter un peu, si vous le voulez bien. Je peux vous inviter à boire quelque chose, si vous le désirez.

Húlí aurait bien aimé dire qu'elle lui aurait bien proposé de venir à sa boutique d'acupuncture pour discuter sans être dérangé. Mais elle ne devait pas brusquer la jeune inconnue, bien que cela pourrait passer pour une coutume locale. Oui peut-être jouerait-elle là-dessus. En attendant elle dévorait des yeux la Japonaise comme si quelque chose en elle lui disait déjà que le Japon était une terre faite pour elle à travers cette femme.

- Qu'en dites-vous, mademoiselle ?


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Sunshine
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Sunshine
Dim 27 Mar - 21:10


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko, toute à sa chanson et à sa promenade, ne remarque pas que quelqu’un vient vers elle. Elle repense au spectacle et au rôle qu’elle a joué. Elle se remémore les passages où il lui a semblé avoir excellé, évite de s’attarder sur les moments où sa prestation était plus médiocre. Elle se demande quelle est l’opinion des spectateurs sur elle : l’ont-ils trouvée remarquable ? Impressionnante ? Atroce ? Ou simplement passable ?

Le chant de Mitsuko s’achève au moment où une voix l’interpelle. La jeune femme, qui se croyait seule, sursaute et se retourne, se voit face à une autre femme dont les cheveux noirs sont surmontés d’un chapeau bien singulier. L’apparition s’adresse à Mitsuko en chinois, et il faut une bonne minute à la jeune Japonaise pour comprendre les paroles de son interlocutrice. Celle-ci dit regretter de n’avoir pas pu assister à la représentation théâtrale, mais peut-être Mitsuko accepterait-elle de la lui raconter devant un verre ?

Mitsuko n’est pas femme à refuser un plaisir comme un verre d’alcool. De plus, la femme au chapeau (nommé Húlí Wǔ) la regarde d’une telle façon que la jeune Japonaise ne peut que se sentir flattée. « Pourquoi pas ? » répond-elle, avec un accent terrible et des mots mal prononcés. Mitsuko n’est pas très à l’aise dans la maîtrise de la langue chinoise. « Je m’appelle Mitsuko » ajoute-t-elle, et elle juge bon de préciser : « Je parle pas très bien chinois. »

Mitsuko enroule une mèche de ses longs cheveux autour de son doigt tout en emboîtant le pas à Húlí Wǔ vers le lieu où elles boiront un verre. « On reste encore un peu ici » dit-elle, « vous pourrez aller venir voir le théâtre demain par exemple. Je suis sûre vous aimerez. On joue du théâtre avec des histoires du pays. Vous savez. Comme ça les autres d’ici apprennent le Japon. » Il y a quelque chose d’agaçant dans le fait d’avoir beaucoup de choses à dire mais trop peu de connaissances de la langue pour les exprimer clairement. « Ce soir c’était l’histoire Le Miroir. »
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Hanako Hayashi
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Mer 30 Mar - 22:36
Si Húlí, n'avait pas quitté les lieux de toute sa jeunesse, l'accent de la japonaise lui aurait sûrement fait grincer des dents. Mais c'était une chose qui était, plus ou moins, derrière elle. Elle ne se fiait plus à ce qu'on lui avait inculqué à cette époque.

Ce qu'elle voyait était une jeune femme qui essayait de faire des efforts pour se faire comprendre. Par égard Húlí parlerait plus doucement, à partir de maintenant, en articulant bien les mots qu'elle prononcerait.

- Vous me voyez ravie que vous acceptiez mon invitation, mademoiselle Mitsuko.

La kitsune lui offrit un sourire qui, selon elle, était digne de la beauté de la jeune Mitsuko. Elle lui aurait bien tendu la main. Mais, aux yeux des autres chinois qui n'étaient pas connus pour être tactils, cela attirait sûrement trop l'attention.

Quand Mitsuko prononça les mots « On reste encore un peu ici. » Húlí pensa tout d'abord que la japonaise voulait rester en ce lieu. De ce fait, sous la surprise, la kitsune stoppa net. Mais il n'en était rien. Elle parlait de la troupe de Japonais. C'est à ce moment-là que Húlí aperçut Mitsuko jouer avec une mèche de ses cheveux. La kitsune laissa un petit sourire en coin apparaître sur son visage, en écoutant le thème de la pièce.

Húlí était donc à l’arrêt, regardant autour d'elle. Il y avait peu de monde dans la rue. Elle aperçut un grand arbre : un Prunus serrulata.

- Vous voulez dire que même si je viens admirer votre prestation, je ne verrais pas cette histoire de miroir ?

Húlí réfléchissait. L'amener directement à sa boutique d'acupuncture ne la mettrait peut-être pas en confiance. Une idée lui vint à l'esprit, en regardant autour d'elle.

- Est-ce que vous pouvez m'attendre ici, quelques minutes, mademoiselle Mitsuko ? J'aimerais que vous me contiez votre histoire sur le miroir. La soirée étant aussi douce que vos yeux, j'aimerais que vous me contiez cela au pied de cet arbre, avec un petit verre à boire.

Húlí montra l'arbre non loin d'elle et lui demanda de l'attendre dessous, si elle désirait lui raconter l'histoire qu'elle avait joué ce soir.

Ainsi la renarde s'éloigna pour entrer dans une boutique qui était non loin de là pour en ressortir, quelques minutes plus tard, avec une bouteille d'alcool blanc et deux petits verres.

Il n'était pas forcement bien vu que des femmes boivent en public. Mais la rue était plutôt vide et, du moment où elles n'étaient pas ivres, cela devrait se passer sans problème.

Húlí approcha de l'arbre en fleur avec la bouteille de baijiu à la main, cherchant si Mitsuko l'attendait.


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Sunshine
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Sunshine
Sam 2 Avr - 20:55


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko attend donc, comme Húlí Wǔ le lui a demandé. Elle se rend sous le cerisier, et sent comme un pincement au cœur en se souvenant de l’arbre fruitier qui poussait derrière sa maison natale, dans la campagne japonaise. Qu’il est dur de se rappeler de menus détails qui ont, finalement, façonné une période de notre vie ! La jeune femme est triste de réaliser qu’elle ne reviendra plus à la maison familiale, que celle-ci a été vendue à la mort de sa mère. Imaginer des étrangers dans le jardin, se régalant des cerises derrière le bâtiment, la répugne tant qu’elle frissonne et grimace, avant de cueillir une fleur qui n’est pas trop amochée par la fane. Au mois de mai, la floraison des cerisiers perd de son éclat.

Mitsuko prend les plis de sa robe, et s’assied dignement à même le sol, dans l’herbe. Elle est occupée à fixer la fleur cueillie dans le chignon de ses cheveux, lorsqu’un homme vient à sa rencontre, l’air intimidé. Mitsuko le reconnaît, il s’agit du spectateur qui avait l’air subjugué par la pièce interprétée sur scène. « Bonsoir » la salue-t-il poliment, d’une voix hésitante. « Vous avez joué au théâtre, n’est-ce pas ? Je voulais vous dire que votre prestation a été fabuleuse. Elle m’a beaucoup impressionné. »
Mitsuko sent le rouge lui monter aux joues. Elle n’a pas compris le mot fabuleuse, mais elle a saisi le message principal des phrases du spectateur. Elle se sent très flattée, que deux personnes (avec Húlí Wǔ) s’intéressent ainsi à elle, lui témoignent leur gentillesse. Les Chinois ne sont donc pas si infects ?

« Merci » répond Mitsuko avec un grand sourire, mais – supposant que l’homme va lui proposer quelque chose – elle se dépêche d’ajouter : « mais j’attends déjà quelqu’un. » Le pauvre homme ne comprend pas où elle veut en venir, lorsqu’il aperçoit Húlí Wǔ qui les rejoint, avec une bouteille et deux verres. Quelque chose dans la démarche, l’attitude de Húlí Wǔ semble le troubler, et il préfère se retirer en saluant toujours aussi poliment. Mitsuko le regarde s’éloigner, remarquant ses épaules un peu voûtées, comme celles de quelqu’un qui a essuyé un échec. « L’avait l’air… Brave ? » dit-elle, en faisant un geste de la main pour compenser son manque de vocabulaire. Elle regarde ensuite son verre d’alcool blanc d’un œil intrigué. « C’est quoi ? » demande-t-elle à Húlí Wǔ avec curiosité, flairant l’arôme du baijiu.
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Hanako Hayashi
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Mar 5 Avr - 22:15

Hanako se dirigeait vers Mistuko, quand elle aperçut un de ces charognards d'homme, alors que Hanako s'apprêtait à rejoindre Mitsuko avec la grâce d'une dame dans la fleur de l'âge. Mais pour son plus grand plaisir cet homme ne resta pas. Hanako n'aurait rien dit si elle avait invité l'homme à rester avec eux. Mais elle lui aurait fait doucement comprendre qu'il n'était pas à sa place sous cet arbre.

- J’espère que cet homme ne vous a rien fait de mal en vous souillant. En vous touchant par exemple.

Hanako s'était assise, les jambes sur le côté et remplit les deux verres.

« C’est quoi ? »

- Vous devriez faire attention mademoiselle Mitsuko. Les hommes chinois n'ont pas bonne réputation auprès des japonais, en général. Qui sait ce que cet homme vous aurait fait.

Húlí regarda Mitsuko dans ses yeux en amandes.

- Je vous en prie. Faites attention à ces mécréants. Ils sont forts pour jouer la comédie eux aussi.

Húlí prit la bouteille et lu vite faite l’étiquette.

- Excusez-moi je n'ai pas répondu à votre question. Il s'agit d'un alcool blanc fait à base de vin de céréales et de riz gluant, ainsi que d'autres mélanges. Si je ne me trompe pas je vous fait découvrir, ce que je crois être, un alcool qu'on ne trouve qu'en Chine.

La kitsune commença à boire en première une petite gorgée.

- Le temps est agréable. Surtout en si bonne compagnie. Dites-moi, votre histoire avec le miroir attire ma curiosité. Si vous le voulez bien que diriez-vous de me la raconter ? J'aimerais vous entendre conter une histoire de votre pays. Et, si vous le voulez, en échange je vous raconterais une histoire de ce pays : « Les douze sœurs corbeaux ».

La chinoise attendit la réponse de Mitsuko, tout en lui proposant un nouveau verre.


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Sunshine
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Sunshine
Dim 17 Avr - 20:58


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko est bien surprise de la véhémence avec laquelle Húlí Wǔ condamne les hommes chinois. A l’entendre, ils semblent n’être que des rapaces violents et violeurs, prêts à fondre sur une proie innocente. Légèrement vexée à l’idée d’être comparée à quelqu’un qui tombe à pieds joints dans le premier piège venu, Mitsuko réplique : « Je sais défendre moi-même, vous savez. » N’a-t-elle pas grandi avec trois frères – japonais et non chinois, certes – qui lui en ont fait voir de toutes les couleurs lorsqu’ils étaient enfants ?

Aussi Mitsuko ne comprend-elle pas la haine de Húlí Wǔ. Mais cette dernière glisse adroitement sur le sujet de conversation suivant : l’alcool inconnu et les représentations théâtrales. Mitsuko goûte au baijiu, ne trouve pas cela mauvais ; ayant une bonne descente et trouvant la soirée agréable, elle avale le contenu de son verre en quelques gorgées rapides. Elle espère sentir rapidement une torpeur délicieuse l’envahir, lorsque l’alcool sera charrié dans son sang. Elle ne connaît pas de sensation plus savoureuse.

« C’est vraiment bon » complimente-t-elle Húlí Wǔ, avant de s’attaquer au récit du miroir, comme son interlocutrice le lui a demandé. « Le miroir, c’est cette histoire du Japon. Vous savez : celle avec une mère et sa fille qui s’aiment très beaucoup, et quand la mère va mourir elle dit à la fille : je donne à toi un objet que, quand tu le regarderas, tu me verras. La mère meurt, la fille garde l’objet, et le jour où elle se marie elle comprend que l’objet était un miroir. Parce qu’elle ressemble à sa mère elle a l’impression de la voir dedans. Mais quand la fille se marie elle n’est plus triste, alors plus besoin du miroir. » Mitsuko accepte de bonne grâce un second verre qu’elle vide aussi rapidement que le premier. L’alcool la réchauffe dans la fraîcheur du jour qui décline.

« La pièce est pas vraiment comme ça, mais c’est l’idée en gros » précise-t-elle avant de demander : « Vous viendrez la voir, Húlí Wǔ ? Je joue la fille. Le monsieur que vous n’aimez pas m’a dit que j’avais été, euh… Fabuleuse ? » Mitsuko joue avec une mèche de ses cheveux sombres, sourit à Húlí Wǔ et ses joues ont légèrement rosi. La fleur de cerisier décore le sommet de son crâne. « Peut-être vous aussi vous faites du théâtre ? » ajoute-t-elle, ravie à l’idée de rencontrer une autre actrice. Mitsuko adore l’art théâtral, et en parler avec autrui est l’un de ses grands plaisirs (avec l’absorption d’alcool).

Elle se souvient que Húlí Wǔ lui a mentionné le nom d’un récit japonais. « Peut-être vous jouez… Comment vous appelez ça ? Les douze sœurs corbeaux ? » Mitsuko sent un aspect sinistre dans ce nom, mais ne le fait pas remarquer, curieuse et intriguée.


Le miroir :
 
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Hanako Hayashi
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Lun 25 Avr - 19:19

Húlí ne remettait pas en doute que Mistsuko pouvait se défendre. Mais, de toute évidence, elle devait ignorer à quel point les Chinois pouvaient être violents, et méprisants, quand il s'agissait de choses qui touchaient, de près ou de loin, le Japon. Encore plus quand il s'agissait des femmes.

Mais peut être que la jeune femme avait besoin de découvrir ce genre de choses elle même. Ainsi Húlí laissa tomber le sujet. Elle but doucement, contrairement à Mistuko qui en était à son deuxième verre. Húlí, elle, n’était pas encore à la moitié du premier,. Elle préférait prendre son temps pour apprécier les bonnes choses, comme cette japonaise qui lui racontait son histoire.

Húlí appréciait ce moment au point où une deuxième queues sortit, contre son gré, de sous sa robe. Cette soirée était agréable. Une rencontre plutôt inattendue et une histoire bien racontée et intéressante.

— J'aime beaucoup cette histoire. Il y a une belle morale. Je me demande bien quelles sont les différences que vous avez apporté pour votre pièce. J'aimerais bien avoir l'occasion de la voir de mes propres yeux, un jour. Cela sera donc avec plaisir que, si vous la rejouez, je viendrais vous voir, ma très chère Mistuko.

Húlí occulta volontairement le compliment de l'homme. Dire à Mistuko que l'homme pouvait potentiellement mentir, pour s'approcher de la japonaise, n’était pas la chose à faire. Elle le sentait au fond d'elle même.

Húlí regarda Mitsuko jouer avec sa mèche. Alors qu'un pétale de cerisier était tombé sur le sommet du crâne de l'asiatique la renarde avança sa main pour prendre la pétale de fleur et la poser sur le nez de sa compagnie du moment. Elle joua, à son tour, avec une mèche de cheveux de Mitsuko.

— Tu as de l'instinct Mitsuko. D'une certaine façon je suis une actrice qui joue, chaque jour de sa vie, une histoire. Les douze sœurs corbeaux sont une histoire qui est... Comment te dire cela... J'ai participé à la création de cette histoire, si tu veux tout savoir.

Il était rare qu'Húlí se confia sur ce sujet. Mais la japonaise avait un petit quelque chose qui avait fait glissé ces mots hors de sa bouche.

— C'est l'histoire d'un homme très influent qui voulait, à tout prix, un héritier. Sa première femme, ainsi que plusieurs de ses concubines, avaient toutes donné naissance à des filles au fil des ans. Certaines étaient hybrides, et donc mal vus en ce pays. Ainsi quand vint le treizième enfant, qui était de la même mère que la douzième fille, l'homme annonça que, si l'enfant était un garçon, toutes les filles devraient mourir pour que le dernier né puisse hériter de tout, sans aucun problème vis à vis de ses douze sœurs. Mais, si c’était une fille, rien ne changerait. Mais les mères n’étaient pas d'accord avec cette horrible nouvelle. Elles expliquèrent la situation à l’aînée des douze filles, lui ordonnant de prendre avec elle ses sœurs pour échapper à leur destin. Après avoir convenu d'un signal, pour définir le sexe du nouveau née, les douze sœurs quittèrent la ville, attendant le fameux signal. Malheureusement pour elles le destin accorda enfin un héritier mâle au père.

Ainsi les sœurs durent fuir la vie qui était la leur, avec la promesse de se venger de leur frère et des hommes qui croiseraient leur chemin. C'est ainsi que, des année plus tard, quand elles rencontrèrent leur jeune frère, ce dernier reçut une partie de leurs châtiment, se vengeant chacune à leur façon. La plus jeune des sœurs lui brûla une partie du visage et du corps, alors que les autres le ruaient de coups et de griffes aussi acérées que des serres de corbeau. Mais le frère leur échappa et elles ne purent finir d’exécuter leur vengeance, pour la vie dont on les avait injustement privé.


Húlí bu le reste de sont verre en regardant Mitsuko dans les yeux.

— C'est une histoire très connue en Chine, moins joyeuse que la tienne, Mais on la raconte souvent aux enfants de famille nombreuse où le fils est injuste et maltraite ses sœurs. Je ne sais pas ce que tu en penses. Peut être que, dans ta culture, c'est une mauvaise histoire. Si tu préfères je peux essayer de raconter une autre histoire ou, si tu te sens mal, t’offrir une séance d'acupuncture pour te remercier de ton écoute et de ton histoire du Japon. À moins que tu ne préfères continuer à profiter de la douceur de cette soirée.

À vrai dire Húlí n'avait pas de préférence. Elle avait raconté cette histoire avec un petit regret dans la voix. Elle ne regrettait pas d'avoir raconté cette histoire. Après tout elle avait participé à rendre cette histoire populaire en l’écrivant dans un livre de contes pour enfants. Mais l'histoire, un peu sinistre, avait peut être pu gâcher l'ambiance apaisante qu'il y avait avant son récit.


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Sunshine
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Sunshine
Jeu 28 Avr - 21:00


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Sans doute Mitsuko ne comprend-elle pas l’entièreté des termes employés par Húlí Wǔ, néanmoins elle saisit le sens global de l’histoire, et demeure songeuse. Peut-être est-ce le baijiu, en tout cas elle n’a pas les idées très claires. Le récit de Húlí Wǔ, pourtant un simple conte pour enfants, la trouble. Comme une petite fille découvrant le sordide monde des adultes, elle est partagée entre un sentiment d’injustice pour le frère (était-ce sa faute si son père avait ordonné de tuer les sœurs ?) ainsi que pour les douze sœurs (nées pour personne, pour rien). Plongée dans ses songes, Mitsuko sursaute lorsque la main de Húlí Wǔ touche ses cheveux.

Mitsuko connaît ce geste, elle revoit plusieurs hommes qu’elle a fréquentés du temps où elle résidait à Tokyo. De la part d’un homme, il lui semble normal. Mais qu’une femme, qui n’est ni sa mère ni sa sœur, joue ainsi avec sa mèche lui paraît totalement incongru. « Qu’est-ce que vous faites ? » demande-t-elle un peu rudement. « N’êtes pas un homme » ajoute-t-elle, bêtement.
Pour se donner une contenance, elle avale d’un trait le reste du baijiu dans son verre. Une rougeur lui monte au visage, qui n’est pas complètement due à l’alcool.

Mitsuko regarde dans le vague lorsque Húlí Wǔ lui propose plusieurs activités. L’acupuncture retient son attention. Oubliant sa gêne, la Japonaise demande : « Vous en faites ? » Elle a le souvenir de s’en être fait offrir une séance, à Tokyo toujours, par un ami. L’expérience ne lui avait pas déplu, loin de là. Elle s’était sentie merveilleusement détendue, en en sortant.
Mitsuko est donc partagée entre la perspective d’un moment de bien-être, après toutes ces émotions, ce trac avant de monter sur scène, la joie immense lors des ovations, la complicité entre acteurs ; et la méfiance que lui inspire Húlí Wǔ. Cette dernière reste une Chinoise, et une personne pour le moins étrange. Son passage du vouvoiement au tutoiement n’a pas échappé à Mitsuko, qui, décidant de l’imiter, tranche enfin : « Pourquoi pas un moment d’acupuncture, oui ? Tu pourras me dire une autre histoire en même temps, si tu veux. »

Par ailleurs, la soirée devient fraîche, le soleil ayant disparu. Mitsuko se lève, s’étire comme un chat. Par hasard, elle regarde la robe de Húlí Wǔ et remarque quelque chose de bizarre. « C’est quoi, ça ? » demande-t-elle avec une pointe d’effroi, face au bout de queue qui dépasse.
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Hanako Hayashi
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Ven 6 Mai - 12:33

Le geste d'Húlí avait, apparemment, bien surpris la jeune comédienne. C'en était presque adorable la façon dont elle avait réagi et rougi.

— Ce geste ? Mais, voyons, entre femmes ce n'est qu'un geste d'affection amical, contrairement avec un homme où cela aurait pu être inconvenant, voire déplacé. Mais entre femmes cela n'est rien.

Mais les paroles de la kitsune furent bien vite avalées par une autre question de la jeune femme.

— L'acupuncture est mon métier. C'est une spécialité très répandu en Chine. Je ne peux te dire si je suis la plus douée. Mais les femmes apprécient mes mains, il paraît. Il m'arrive de faire un petit massage pour détendre un peu plus le corps en fin de séance. Je me ferais une joie de t’offrir une séance.

Mitsuko avait accepté la proposition de la renarde. Voilà qui lui plaisait. Avoir entre les main cette jeune femme, et prendre soin d'elle... Comment une telle perspective pouvait lui déplaire ? Ainsi Húlí se leva, en lui disant quelle lui raconterait avec plaisir un autre conte. Mais la dernière question fit remarquer à Húlí qu'elle avait était imprudente. Mais elle devait essayer de rester calme.

— Comment te dire ? C'est une chose qu'on ne peut pas ébruiter en ces lieux, ou en ce pays. C'est une extension de soi, comme ces êtres dans ton pays. C'est une chose qui est coupable de peine de mort ici. Je pourrais bien te montrer cela plus amplement. Mais en public je ne pourrais pas sans risquer qu'on me mette en prison, ou qu'on me tue devant toi. Ce qui serait bête, non ?

Húlí regarda autour d'elle. Il y avait quelques personnes autour d'elle. La kitsune se savait en mauvaise passe. Si l'envie prenait à la jeune femme de crier qu'elle était une hybride, Húlí devrait sûrement fuir, ses jambes à son cou.

— Je te propose d'avancer. Ma maison, qui est aussi ma boutique, est à quelques minutes. Je pourrais plus facilement te parler de tout cela, si tu le désires. Puis tu es si mignonne que je ne peux rien te refuser qui ne me nuise pas. D’ailleurs quel genre de conte aimerais-tu entendre pendant la séance ? J'ai même encore un peu d'alcool, si tu veux, chez moi. J'ai cru voir que tu aimais ça.

Húlí attendait le feu vert de Mitsuko. En quelque sorte son avenir en ces lieux était fortement lié à sa prochaine réaction. Húlí crut bon de rajouter un petit mot pour apaiser les choses.

— Par contre ma maison n'est pas d'un grand luxe. C'est quelque peu simple mais chaleureux. J’espère que cela sera à ton goût.


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Sunshine
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Sunshine
Mer 11 Mai - 21:26


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko est partagée entre une crainte et une curiosité grandissantes envers Húlí Wǔ. L’effroi que lui inspire l’acupunctrice, toutefois, n’est pas suffisamment élevé pour vaincre la curiosité. Mitsuko meurt d’envie de découvrir une maison chinoise, de se laisser offrir (elle espère que Húlí Wǔ ne lui demandera pas de rémunération. Elle n’a pas la moindre monnaie sur elle) une séance de détente. Húlí Wǔ a quelque chose qui l’attire, ses manières, l’intonation de sa voix ; intriguent la jeune Japonaise et la poussent à surpasser sa peur.

Lorsque Húlí Wǔ lui demande de ne pas dévoiler son côté hybride, Mitsuko promet en hochant vigoureusement la tête. Elle ne dira rien, certes non, même si ces queues de renard sont pour le moins troublantes. « Je ne dirai rien » assure-t-elle d’un ton décidé. Elle regarde les passants rares, les imagine se précipitant sur sa nouvelle amie pour l’incarcérer ou l’abattre. Au fond d’elle, Mitsuko est persuadée que Húlí Wǔ s’en sortirait indemne, capable de les envoyer tous au diable.

Ainsi la jeune Japonaise suit-elle la dame chinoise jusqu’à sa demeure. Le temps fraîchissant avec la tombée de la nuit, Mitsuko serre ses bras contre sa poitrine. Elle espère ne pas rentrer trop tard au sein de ses compagnons de voyage. Enfin, songe-t-elle, ils ne risquent pas de s’inquiéter. A chaque étape, il y a toujours quelqu’un pour rejoindre un amant ou une femme de passage. Ne l’a-t-elle pas fait elle-même, à plusieurs reprises ?
Mitsuko songe que, la veille encore, elle se trouvait en compagnie d’un charmant Chinois. Il s’agissait du premier qu’elle ait rencontré. Elle ne se souvient plus de son prénom, ni même de son visage, du moins pas distinctement. En tout cas, elle était rentrée fort tard parmi la troupe théâtrale, et personne n’avait bronché. Chacun s’occupait de ses affaires comme il l’entendait.

Mitsuko n’a néanmoins pas souvenir de s’être un soir éloignée avec une femme (hybride qui plus est). Aussi emboîte-t-elle le pas à Húlí Wǔ avec prudence, incertaine du déroulement des événements.
Son interlocutrice l’arrache à ses pensées en lui demandant quel conte elle souhaiterait entendre. « Oh » répond Mitsuko, « celui que tu aimes le plus mieux. Celui de toi quand tu étais une petite fille. Choisis ! » Puis, peu après que Húlí Wǔ lui ait décrit sa maison, elle en désigne une du doigt, et demande : « C’est là ? »

Mitsuko l’espère, elle est de plus en plus curieuse. Quelque chose la gêne dans sa coiffure, alors, pour s’occuper les mains, elle défait le ruban qui la retenait et laisse couler sa longue chevelure sur ses épaules.
Sunshine
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Hanako Hayashi
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Mar 31 Mai - 21:08


— Oui c'est bien celle-ci.

Húlí ouvrit la porte laissant paraître une pièce plutôt sobre et éclairée avec des tissus, ou des coussins rouge et orange. Contre un mur une étagère pleine de tiroirs avec plusieurs ingrédients comme des herbes ou des insectes séchés. Mais la première chose qui pouvait marquer les personnes qui entraient en ce lieu étaient les fortes odeurs d’encens au camélia.

— Bienvenue à la « Flamboyante ». C'est ainsi que s'appelle l'endroit où je pratique mon acupuncture.

Húlí se dirigea vers son bureau où se trouvait beaucoup de rouleaux de papiers et d'écrits en chinois. La plupart était sur l’acupuncture, mais aussi sur la magie rouge. Pour ne pas attirer trop l'attention, elle rangea simplement le tout en une seul pile.

— Excuse moi c’était mon jour de repos. Je cherchais de nouveaux moyens de pression pour mon travail. Mais je t'en pris installes-toi. Tu veux du thé ou de l'alcool avant de commencer ?

Húlí disposa de plusieurs thés et un ou deux alcools.

— D'ailleurs as-tu déjà fait des séances d'acupuncture ? Je pense que celles du Japon et de la Chine doivent être similaires. Je n'ai jamais eu l’occasion de parler avec un Japonais qui exerce ce travail. Je vais te demander d'ailleurs quelques petits détails. As-tu des douleurs quelconques ces derniers temps ? Musculaire ou des démangeaisons particulières ? Tant qu'à faire autant ne pas juste faire une séance de bien-être. Je vais prendre soin de toi, tu vas voir.

Húlí était peut être trop enthousiaste d'avoir une jeune fille, qu'elle trouvait à son goût, dans sa maison. Elle ferait ce qu'elle sait faire mais en profiterait, bien sûr, pour caresser cette peau qui semblait aussi douce que des perles d'eau tombant d'un lotus. Mais à trop s’emballer ses queues sortirent de ses vêtements, sans qu'elle s'en rende compte et ne la fasse réagir là-dessus. Après tout ses membre n’étaient qu'une partie d'elle.

— Si tu souhaites commencer maintenant je te laisse te mettre à l'aise sur ce lit médical. Le drap est parfumé à l’eucalyptus. Ça détend la personne qui s’installe dessus, et c'est bon pour la peau. Ne t'en fais pas. Si tu n'es pas à l'aise je ne regarderais pas pendant que tu te dénudes et t'allonges sur la table. C'est une pratique on ne peut plus normale, ne t’inquiète pas. Il ne faut aucun tissu entre la peau et les points de pression, pour mieux atteindre les méridiens pour faire circuler ton Yang, qui est ton énergie, dans tout ton Yin qui est le corps physique d'une personne. Il est délicat de garder un équilibre parfait en permanence entre les deux.

La renarde espérait ne pas trop avoir perdu son invitée avec ce langage particulier dans une langue que Mitsuko ne comprenait que partiellement.



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Sunshine
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Sunshine
Dim 12 Juin - 21:50


Ainsi meurent les jours tranquilles.

Hanako Hayashi Húlí Wǔ & Sunshine Mitsuko.

Mitsuko entre dans La Flamboyante comme dans un pays étranger. Intriguée et un peu intimidée, elle suit Húlí Wǔ à travers la pièce, observant autour d’elle avec attention. L’odeur d’encens qui enveloppe l’endroit lui déplaît au début, puis à force de la respirer elle ne la remarque plus. Curieuse, Mitsuko ne peut s’empêcher de regarder les herbes qui sèchent, en reconnaissant certaines, se demandant le nom d’autres.

Pendant ce temps, Húlí Wǔ parle. Son invitée ne l’écoute pas vraiment, trop absorbée par sa contemplation et sa surprise. Mais la voix de Húlí Wǔ est pour elle comme un ronron apaisant, un bruit sans réelle signification agréable à entendre, telle une musique. Mitsuko se sent détendue, et toujours plus curieuse. Elle dit accepter volontiers un verre d’alcool. « N’importe quoi » ajoute-t-elle, ayant soudain l’envie de se sentir encore plus légère et apaisée.

Húlí Wǔ lui demande si elle a des douleurs particulières. Mitsuko remarque alors les queues de la dame chinoise, qui transpercent ses habits. Une pointe de peur vient naître en Mitsuko, en même temps que le désir enfantin d’en toucher une, pour se rendre compte de cette étrange hybridation, humain et renard. En son for intérieur, elle-même espère ne jamais ressembler à Húlí Wǔ, et voir une partie de son corps perdre son humanité. Elle préfère rester elle-même, jusqu’au bout de sa vie.
Finalement, elle répond à son interlocutrice : « Oui, j’ai déjà été à l’acupuncture. A Tokyo, avec un ami. » Elle revoit brièvement cet ami, avant de poursuivre : « Je n’ai pas mal ailleurs. Juste au poignet là, parce que je suis tombée à une répétition. » Ce souvenir faussé ne la fait pas sourire. Elle ne tient pas davantage à s’y attarder, désignant simplement son poignet gauche et la zone sensible.

Mitsuko ne comprend pas la moitié de ce que lui dit ensuite Húlí Wǔ. Le vocabulaire de celle-ci est trop précis, ses paroles trop rapides pour que la jeune Japonaise en saisisse le sens exact. Pourtant, elle devine qu’il lui faut se préparer à la séance. Alors, de bonne grâce, elle commence à se dévêtir.
Partageant une chambre étroite avec une autre actrice au sein de la troupe théâtrale, Mitsuko ne se sent pas gênée outre mesure en apparaissant nue face à Húlí Wǔ. Seule la barrière de la langue la met un peu mal à l’aise. Mais elle a confiance en l’hybride chinoise, et, tout en passant ses doigts dans sa longue chevelure dénouée, elle demande : « On y va ? » avec toute la simplicité du monde dans cette question. L’odeur de l’eucalyptus lui tourne un peu la tête.
Sunshine
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Hanako Hayashi
La kitsune
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Mer 29 Juin - 22:38

La renarde était étonnée de la facilité avec laquelle la japonaise s'était mise à nue. Elle songea que les rumeurs sur la pudeur japonaise étaient surfaites, surtout si tous étaient comme celle-ci. Mais la vue du corps de la jeune japonaise fit sortir de sa robe trois queues velues, dont une qui vint se placer devant la partie inférieur de son visage.

— Oui allons-y. Détends-toi bien.

La renarde alla se laver les mains avec un savon pur, et se les rinça à l'alcool, pendant que la jeune femme s'allongeait sur le ventre en positon décubitus ventral. Hueli se saisit d'une première aiguille hao de six pouces. Elle en planta la pointe dans le bas du dos, juste au-dessus de la fesse gauche. Lâchant ainsi la première aiguille qu'elle avait piquée à la verticale, la renarde la manipula avec une grande dextérité du bout des doigts.

— Ça va toujours ? Je vais détendre ton dos. Pour cela tu risques de sentir une chaleur monter dans ton corps. Si tu ne te sens pas bien il faudra me le dire vite.

La renarde allait voir, dans un premier temps, comment réagissait le corps de la japonaise. L'aiguille ayant atteint une certaine profondeur la kitsune se mit à tourner l’aiguille à 360°, en remontant l'aiguille par le manchon dans un sens puis un autre. La manipulation était importante. Elle ne devait surtout pas enrouler les fibres musculaires en tournant dans un sens unique.

Puis elle répéta le même schéma avec une aiguille juste à côté de la colonne cervicale, et une troisième au niveau des côtes gauche. Ensuite elle alla chercher un alcool blanc, le même qu'elles avaient bu plus tôt, pour l'apporter au niveau du visage de Mitsuko.

— Tiens. Je t'avais promis à boire. Mais ne bouge que le bras droit sans trop bouger la tête.

Après avoir posé l'alcool Hueli retourna se laver et se désinfecter les mains.

— Comment te sens-tu ?


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