Janvier 6. La nuit, tous les corbeaux sont gris

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Jeu 7 Avr - 17:41
Sigmund ne pensait jamais remettre les pieds en Angleterre. Sa dernière visite, en novembre dernier, lui avait laissé un arrière-goût et l'envie, cuisante, de se tenir loin de ces terres. Néanmoins le temps avait passé et des rumeurs avaient enflés, bourgeonnant en cette nouvelle année, pleine de promesses. Une communauté magique se réunissait au sein de l'Angleterre, invoquant d'anciens mythes, soufflant le nom d'Avalon. Sigmund ne possédait pas la culture d'un lettré et avait dû se contenter des verbiages des journaux comme informations. Avalon était à l'Angleterre ce que Brocéliande était à la France : un sanctuaire de magie, narré par les légendes.

Possesseur de cette information, l'Allemand avait fermé boutique pour mener, une nouvelle fois, un voyage sur ces rives. Les chances de tomber sur un disciple d'Avalon étaient minces, néanmoins Sigmund était prêt à tenter le diable.

Son voyage le fit arriver sur les terres anglaises en fin de soirée, tandis que la nuit tombait. Dans sa précipitation il avait omis de se renseigner, au préalable, d'aviser un quelconque hôtel où se reposer et, surtout, au prix accessible à sa bourse. Main agrippée à sa valise, l'Allemand entreprit de longer les rues de la ville en quête d'un logis où passer la nuit.

L'obscurité apportée par la nuit se perçait, petit à petit, de quelques lueurs – chandelles qu'on allumait dans les réverbères, conservant l'électricité pour les rues et demeures plus riches. Un rituel que Sigmund connaissait bien, l'ayant déjà vu au sein de l'Allemagne.

Néanmoins son regard fut intrigué par la mise de l'allumeur de réverbères. Qu'il soit vêtu de noir n'était, en soit, pas si étonnant – créature vivant la nuit, cela lui allait à merveille. La surprise toute entière tenait en ce masque à long bec, rappelant les médecins au temps de la peste.

Sous les yeux de l'Allemand, l'homme disparut, comme avalé par les ombres. Il n'apparaissait que dans la trouée lumineuse d'un réverbère, qu'il allumait, pour mieux s'enfuir au sein des ténèbres nocturnes. Un procédé qui rappela à Sigmund les jeux d'ombres menés par le djinn Atêsh.

Sigmund emboîta le pas à l'inconnu, le hélant en espérant stopper sa course.

« Monsieur ! Mister. »

Il ne sut pas si l'homme avait ralenti ou s'il avait su le rattraper. Dans tous les cas, cela ne l'empêcha pas de continuer sa diatribe.

« Pardonnez mon audace mais... Êtes-vous fée ou sorcier ? Je pencherais plus pour le second. Vous avez tout l'air d'un... corbeau. Oiseau que les sorciers usent souvent comme familiers. » Du moins c'est ce qu'il avait lu dans un livre. « Je ne voudrais pas vous déranger dans votre travail, mais... J'aimerais parler magie avec vous. Si vous le voulez bien. »


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Jeu 7 Avr - 19:07

Silentium


Si Aster se contentait très bien de son métier, c'est parce qu'il pouvait non seulement l'exercer de nuit, mais c'est aussi parce qu'il appréciait sa simplicité.

Se lever au crépuscule, assister au plus beau spectacle qui soit; le ciel qui s'assombrissait petit à petit. De bleu clair il passait à orangé, rose foncé, puis bleu nuit. Après quoi, quelques petites tâchent blanche lumineuses venaient le décorer, ce tapis qui recouvrait l'ensemble du pays. Le souffle du vent glacé qui rappelait que la chaude journée venait de se terminer. Le soleil qui s'efface peu à peu pour laisser apparaître la lune. Les rues devenaient désertes, les ombres envahissaient de nouveau chacune d'elles. C'est là qu'Aster prenait de l'importance. Sans lumière, par un temps nuageux, les habitants de cette ville ne sauraient plus s'orienter. Maître corbeau prenait son travail à coeur. Il remplaçait les bougies quand il le fallait, les allumaient avant qu'il ne fasse trop sombre...

Cependant, la douce mélodie qu'était le silence, jusqu'à présent, fut vite remplacée par une voix inconnue. Le brun s'était glissé dans une ombre en vitesse, et s'était grandement éloigné de sa position initiale. Il n'avait pas prêté attention au bruits de pas. Ne s'étant pas attendu à être suivi, il sortait de sa cachette et.. sursautait au moment ou il entendait de nouveau la voix. Il faisait volte-face;

"Ah, vous et vos idées toute faites sur ce que vous appelez "des charognards"! Sachez, monsieur, que tout oiseau mérite respect."

Aster reprenait bien vite son calme. Sous l'effet de la surprise, il s'était montré impoli. Il s'en rendait compte et se rattrapait;

"Hrm... pardonnez moi. Je ne suis pas un sorcier, et je ne m'y connais pas beaucoup en magie. J'ai seulement ouïe dire qu'une étrange affaire était en cour."

Evidemment, le jeune homme n'avait pas l'intention d'en dire plus. Comment expliquer à un être humain normal, qu'on a un don particulier?
Il se mit à détailler un peu l'inconnu. Il avait à la main, une valise. Sa tenue était banale, son accent laissait penser qu'il n'était pas d'ici. Etait il perdu? Aster ne se voyait pas jouer les guides, bien qu'il ait fini son travail. Il venait d'allumer le dernier lampadaire quand il s'est fait interpellé. Si ce monsieur espérait obtenir des informations à propos de sorciers et autres sectes bizarres, il pouvait se gratter! Bon.. certes, maître corbeau n'est pas spécialement sociable. Mais ça ne lui permettait pas de se montrer discourtois. Il réfléchit donc un instant avant d'ajouter;

"Vous ne devriez pas rester dehors à une heure aussi tardive."

Taquin, il rit doucement;

"Qui sait... Vous pourriez croiser le croque-mitaine."


 

Aster Crohl
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Jeu 7 Avr - 21:17
Sigmund avait eu un recul lorsque l'homme s'était brusquement tourné vers lui, s'adressant à lui d'un ton acerbe. Son attitude faisait songer à celle d'un corbeau qui, plumage bouffant, claquait du bec face à un individu qu'il jugeait comme étant un ennemi. Mais l'allumeur de réverbères ne laissa guère loisir à l'Allemand de parler, se fendant d'une excuse que Sigmund accueillit d'un hochement de tête. De toute évidence, ses paroles avaient touchés un sujet auquel l'homme était particulièrement sensible.

Néanmoins ses dernières paroles instillèrent un froid en l'Allemand. Il sentit un frisson dégouliner le long de sa colonne vertébrale.

« Le croque-mitaine dites-vous ? C'est pour cela que vous allumez les réverbères ? Pour le chasser ? »

Sigmund tendit une main obligeante à l'allumeur de réverbères lui laissant tout loisir d'y répondre, ou de la refuser.

« Veuillez m'excuser. Je vous ai agressé de mes questions sans même me présenter. Sigmund Rammsteiner, gérant d'une fumerie à opium en Allemagne.  Et pardonnez encore mon audace mais en vous voyant évoluer ainsi dans les ombres, je pensais... que vous étiez sorcier. Je suis venu jusqu'en ce pays au sujet des rumeurs concernant... » Sigmund plissa les yeux, recherchant le mot qui lui échappait. « Avalon... Cela vous dit-il quelque chose ? »


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Jeu 7 Avr - 22:07

Les Ombres bougent, les Murs ont des Oreilles


L'inconnu n'avait pas prit la remarque au sérieux. Quoique... Faisait il réellement preuve d'humour, à l'instant? Son air sérieux aurait pu l'induire en erreur. Aster balayait cette pensée d'un simple geste. Il jouerait les conteurs d'histoires d'horreur, après s'être présenté à son tour. Ainsi donc, il avait affaire à un curieux venu d'Allemagne? Si ce monsieur avait prit la peine de venir en Angleterre, c'est que ça devait être important.

"Aster, enchanté."

Le brun ignorait la main de Sigmund et croisait les bras.

"Les apparences sont trompeuses."

Bien sûr, cette histoire de sorcier commençait à l'intriguer. Maître corbeau, qui pensait profiter d'une soirée paisible, allait devoir faire la conversation à un étranger. L'idée lui déplaisait. Il n'avait pas confiance. Ces derniers temps, des gens disparaissaient sans laisser de traces. Même lui s'inquiétait. Et pourtant, le jeune homme était loin d'être un peureux. Habituellement de simples rumeurs ne l'atteignent pas. Ce mauvais pressentiment le perturbait. Il commençait à se sentir observé, suivi. Le vent se levait, le ciel s'assombrissait plus encore. Il laissait ses bras retomber le long de son corps, et longeait le mur, se rapprochait de Sigmund et passait devant lui. Arrivé à son niveau, il murmurait;

"Si vous tenez réellement à en parler, je vous conseille de me suivre jusqu'à un lieu plus sûr."

Sans attendre de réponse il se mit en route. D'un pas rapide, il traversait quelques ruelles, puis passait la place, jusqu'à atteindre une sorte de petit bar. Avant de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment encore peu animé, il balayait la place du regard. L'étranger semblait l'avoir suivit. Un peu essoufflé, sa valise toujours à la main. Rien d'autre. Le puits trônait au milieu de l'endroit désert. Aster, derrière son masque, grimaçait. Cette chose qui se cache dans l'ombre, ce n'était pas quelqu'un comme lui. Ce n'était pas pour jouer.
Le bruit d'un verre qui vient se briser sur le vieux carrelage le rappelait à l'ordre. Maître corbeau s'était vivement retourné, et allait rejoindre Sigmund au comptoir. Derrière lui, la porte avait claquée soudainement. Le vent, probablement.

"Avouez, vous êtes sous couverture et vous venez pour affaire. Vous vous mêlez à la population pour recueillir quelques informations? Je suis navré, mais je n'ai rien pour aider..."

Aster se mit à ricaner doucement, semi-amusé.

"..hormis une petite histoire sortie des contes et légendes qu'on raconte aux petits pour les effrayer."



 

Aster Crohl
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Ven 8 Avr - 22:11
La prudence hurlait à Sigmund d'abandonner l'homme à ses tours et mystères. Néanmoins l'Allemand était certain que l'homme détenait des informations, qu'il pouvait l'aider dans sa quête, d'une façon ou d'une autre. Ses doigts serrant la poignée de sa valise, Sigmund emboîta le pas à Aster. L'obscurité ne l'aidait guère à se sentir à l'aise. De sa main libre l'Allemand tâta la poche de son manteau, caressant la boite d'allumettes qui s'y trouvait. Savoir qu'il avait de quoi produire de la lumière le rassurait à demi. Il avait passé l'âge de ne plus être terrifié par les monstres sous le lit, mais savait que l'obscurité pouvait cacher bien des choses. Des choses dont on préférait ignorer l'existence.

La lueur émanant du pub le guida tel un phare au sein d'une mer d'obscurité. Sigmund s'y rua à l'intérieur comme si le Diable l'avait poursuivi. Il ne perçut donc pas le trouble de Maître Corbeau, dissimulé par son masque. Mais il pu profiter de l'ambiance du pub, de la salle surchauffée par les clients massés aux tables et au comptoir, l'odeur de l'alcool flottant dans l'air. Du moins jusqu'au retour de Maître Corbeau dont les insinuations provoquèrent un énième frisson.

« Sous couverture ? Pourquoi donc ? Je suis bien celui que je prétends être... »

Sigmund prit place au comptoir, commandant au serveur une bière. L'Allemand fouilla ses poches pour en sortir une carte de visite qu'il tendit à Aster.

« Voyez par vous-même. Après vous pouvez croire que je l'ai faussée si vous le souhaitez... »

La carte de visite était un rectangle blanc, notifiée du nom de Sigmund et de sa boutique Le Lotus Bleu. Le broc de bière frappa le bois du comptoir. Sigmund but une gorgée, se permettant de lâcher un soupir de satisfaction.

« J'aimerais entendre votre histoire, si vous le voulez bien. La vie m'a appris que les légendes ne sont pas que fariboles. Si vous voulez, je vous raconterais aussi une histoire... »

Entre les sorcières dévoreuses d'enfant, les djinns se coulant dans les ombres et les villes américaines hantées par l'esprit de sorcières, le choix était vaste.


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Sam 23 Avr - 21:04

Histoires de Monstres


Le brun avait prit la petite carte et, après l'avoir lu, haussait un sourcil, intrigué. Si Sigmund avait réellement menti il n'aurait pas prit la peine de préciser, et ce serait offusqué probablement. Une personne sincère, qui n'a rien à cacher, prend rarement la peine d'insister sur ce genre de détail futile. Aster la rangeait dans sa petite poche par précaution, et reportait son attention sur le verre qu'on venait de lui poser sous le nez. Le comptoir était encore nickel, comme si on lui avait réservé la place. A quelques mètres un vieil homme lui faisait un signe de main. Maître corbeau comprenait bien vite et acquiesçait. C'était un peu comme avoir l'approbation d'une bonne connaissance. Un "vas y grand nigaud, il va pas te bouffer". Aster aurait presque entendu la voix du bougre. Comme il pouvait faire confiance (un minimum) à l'étranger il n'hésitait pas plus longtemps.

"L'homme est curieux. L'homme demande. L'homme aura. Mais... d'abord, l'homme doit savoir."

Aster rit doucement, puis reprit après avoir bu une gorgée de sa boisson.

"Il y a en ce monde des choses dont vous ne soupçonneriez pas l'existence. Vous n'imagineriez pas une seconde que ça puisse vous arriver. Tout comme... ceux et celles à qui c'est arrivé, bien sûr. D'abord, vous avancez sans crainte puis, vous entendez. Vous vous méfiez mais vous avancez toujours. Après quoi, vous écoutez. Plus attentif vous ne traînez plus. Après, un hurlement strient résonne dans les rues et... plus rien. Vous disparaissez. Dans cette ville il y a plus qu'un croque mitaine, monsieur Sigmund."

Il bu de nouveau quelques gorgée de la boisson avant de reposer le verre sur le comptoir. Son sourire s'élargit.

"Ce monstre peut être celui que vous cherchez. Ou, peut être pas. Dans tout les cas... tenez vous réellement à le savoir?"

Certes, Aster n'était pas trouillard. Mais il restait saint d'esprit et était humain. Jamais il ne prendrait de risque. Seulement... Pour cette fois ça avait l'air d'en valoir la peine. Si l'allemand était ici, ce n'était pas par hasard. Pas juste pour une petite affaire de nécromancie ou il ne sait quoi d'autre. La curiosité l'avait amené jusque là. La mènerait il à sa perte? Quoiqu'il en soit, Maître Corbeau était de plus en plus intéressé. Allez savoir ce qu'il pourrait apprendre d'intéressant grâce à lui. Le suivre lui paraissait être une mauvaise idée mais d'un autre côté, si ce gaillard parvenait à découvrir quelque chose, Aster voudrait être le premier au courant. Des informations là dessus serait une mine d'or! Il se faisait un devoir d'accompagner l'étranger s'il décidait de mener l'enquête.


 

Aster Crohl
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Dim 24 Avr - 23:45
Le récit de Maître Corbeau fleurait bon le vécu. L'allumeur de réverbères agissait dans l'obscurité, dans cette heure tangible où nuit et jour coexistent, frappent mutuellement à la porte de son voisin. À l'heure où la lune et le soleil se côtoient, d'étranges créatures devaient sortir de leur antre. Sigmund ne remettait donc, en aucun cas, en doute les paroles de son interlocuteur. Il l'écoutait, avec le plus grand des sérieux, ses épaules secoués d'un frisson de temps à autre, tant le récit le captivait.

« Ce monstre est peut-être plus humain qu'on ne le pense. Il ne faut pas tout rejeter sur le dos des créatures qui peuplent ce monde. »

Sigmund venait d'Allemagne, d'un pays où, malgré le Kaiser sur le trône, l'anarchie régnait. Aucun habitant ne sortait sans une arme à la ceinture, la prudence se résumait à « frappe avant qu'on te frappe ». La nation de la bière était celle de la violence, de la justice personnelle, du meurtre quotidien. L'échalas roux avait grandi dans cette ambiance suintant le sang et le mépris. Il avait vu ce dont étaient capable les humains. Il avait vu l'antre de la sorcière, et son sourire de fausse Mamie Gâteau.

« J'ai vu bien des choses moi aussi dans mes voyages. Avez-vous déjà vu un djinn devenir une ombre ? Vous m'avez fait penser à lui, tout à l'heure, alors que vous vous camoufliez dans la nuit... J'ai traîné mes bottes dans les tréfonds d'une ville abandonnée en Amérique. J'y ai vu les ravages que pouvaient causer la rancune des sorcières. J'en suis resté dans le coma pendant quelques jours tant le choc avait été grand... »

Remonter ces souvenirs, surtout celui de Salem, avait asséché le gosier de Sigmund. L'homme s'accorda une bonne rasade laissant le temps à Aster de digérer toutes ces informations. La chope fut reposée, vide.

« Je ne suis pas un homme d'action, ni très courageux. J'ai été un enfant pleurnichard et terrorisé. » On le gratifiait même d'un nom de femme pour bien appuyer sur cette différence, ce manque de virilité. « Mais je me dois de m'informer. Je veux en apprendre plus sur la magie, la comprendre... Pour mieux l'expliquer aux gens et éviter que d'autres, comme moi, soient, pendant des années, terrorisés et haïssent la magie en son entier à cause d'une mauvaise expérience. »

Aster lui rirait probablement au nez d'avoir confié telle faiblesse à un individu qu'il connaissait à peine. Mais peu importait. Sigmund était prêt à essuyer quelques rires si cela pouvait l'aider à avancer dans sa quête.


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Mer 27 Avr - 16:43

Apparences


Humain? En effet, la plupart des monstres les plus infectes le sont. De nos jours ce mot ne signifie plus grand chose, et il ne fait plus que désigner l'apparence de ces êtres. Vous avez deux yeux, un nez, vous ressemblez à un humain, mais... en êtes vous réellement un? Aster y avait déjà vaguement pensé. C'est parfois le genre de réflexion qu'il a en allumant machinalement les réverbères. Un geste qu'il a fait de trop nombreuses fois pour l'oublier. C'était inscrit dans sa mémoire. Ses gênes, même. C'était dans sa peau, ses veines. Il pouvait bien ce contrer sur autre chose le temps d'offrir un peu de lumière à une ville plongée dans la nuit.
A force, il pouvait presque voir rien qu'en écoutant ce qui se passait dans son dos. Deux civils en train de discuter, un geste, le froissement d'une veste.. Une main venue frapper la joue d'un amant un peu trop voyeur. Maître corbeau riait beaucoup intérieurement chaque fois qu'il s'arrêtait devant le lampadaire qu'il avait nettoyé ce jour là. C'était bête. Mais, ça faisait parti de ces moments qu'il appréciait.

Seulement... depuis peu des incidents arrivent. Les rues sont moins sûres pour quiconque oserait s'attarder seul dans les couloirs maudis de cette ville empoisonnée par ce mal inconnu. Rongée de l'intérieur, Aster regrettait de ne pouvoir qu'observer pour le moment. Il ne pourrait pas agir tant qu'il n'est pas certain de ne pas disparaître à son tour.
Sigmund n'avait pas l'air d'être un simple voyageur perdu. Ce n'était pas le gentil gars venu enquêter et bacler l'affaire avant de repartir. Certes, il souhaitait en apprendre plus pour le bien commun. N'était ce pas aussi dans son propre intérêt? Il le cachait à peine. Le brun l'avait écouté tout en réfléchissant, et émettait quelques hypothèses qu'il laissait de côté dans un coin de sa tête. Quand son interlocuteur lui faisait une petite confession il reprit son sérieux.

"Celui qui ignore la peur est fou. Celui qui a peur vie."

Voici comment le jeune homme voyait les choses. Tout être vivant doté d'une intelligence à le devoir d'apprendre la peur, et doit l'expérimenter. Pour son propre bien. Que le premier à ne jamais avoir connu ça, vienne le lui dire de son vivant. Après tout, c'est elle qui fait monter l'adrénaline et permet de fuir devant un danger potentiel. Elle assure nôtre sécurité, nous rappelle à l'ordre quand quelque chose cloche. La peur était nécessaire. Elle fait partie de nous.
Aster acceptait que le barman le serve une seconde et dernière fois, et entamait son verre. Il bu doucement la moitié sans un bruit. Le calme momentané était vite rompu par le bruit d'un verre qui claque sur du bois. Maître corbeau avait abattu l'objet sur le comptoir avant de se tourner vers Sigmund.

"Je suis surpris de constater qu'il faut être étranger à ce village pour s'inquiéter du sort de ses habitants et agir en conséquence. Soyez sûr que vous ne serez pas seul, et permettez moi de vous accompagner le temps de la résolution de cette... affaire."

Aster était bien décidé. Cet homme là avait attisé sa curiosité. Qu'il assume. Et puis, le brun pourrait se rendre très utile. Deux vaut plus qu'un.


 

Aster Crohl
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Sam 30 Avr - 17:21
À en croire Maître Corbeau personne ne s'était encore risqué à enquêter sur ce Croquemitaine qui terrifiait les habitants. Étonnant mais, d'un côté, satisfaisant. Sigmund aurait les coudées franches pour enquêter, agir, et ce sans qu'aucun individu n'ait passé avant lui pour disséminer quelques doutes dans l'esprit des interrogés. Tout restait à accomplir. La feuille était vierge de toute écriture. Fouillant dans sa poche, l'Allemand paya les consommations – aussi bien les siennes que celles de Aster.

« Qu'attendons-nous alors ? Il nous faut enquêter au plus vite. Vous pourriez m'indiquer où la créature a déjà fait parler d'elle. Une ruelle déserte, une rue fréquentée ? Un quartier en particulier ? »

Sigmund reboutonnait déjà son manteau. Fi de la chaleur du pub, des conversations. Il voulait aller sur le terrain, observer la créature de lui-même, apprendre en se jetant dans la gueule du loup, en allant se brûler les doigts.

« Pensez-vous que la créature ait un lien avec ces rumeurs concernant la communauté magique d'Avalon ? Fées et sorcières auraient amené une bête en ville ? »

Poussé par une impulsion, ou qui sait une illumination, l'Allemand ouvrit sa valise et en extirpa, parmi les chemises et pantalons froissés, un ouvrage. Un livre qu'on pouvait acheter pour quelques pièces dans une bouquinerie. Un livre aux pages écornées, à la couverture élimée – un livre qui avait vécu plus d'une mésaventure. Sous la lueur blafarde du pub l'ouvrage révéla son identité : Bestiaire fantastique.

Sigmund le saisit entre ses deux mains comme s'il portait un bien précieux.

« Je l'ai acheté à une bouquinerie de mon pays. Non seulement il présente toutes les créatures potentiellement existantes, mais le livre a été enchanté de sorte qu'il adopte la langue du lecteur. C'est d'un pratique ! Avec cela, nous pourrons comparer les indices et, peut-être, définir l'identité de la créature. »

Au moins on ne pouvait pas nier que l'homme débordait de motivation et d'enthousiasme.


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Dim 1 Mai - 14:17
(alors là, je suis désolé, je n'explique pas le bug! ô_O le message à complètement déconné et je ne peux pas éditer comme je veux! -super-)

Bref... je présente mes excuses, vraiment... j'ignore ce qui est arrivé... le message à été perdu. (merci mon pc de merde)
Aster Crohl
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Mer 4 Mai - 23:37
Trois témoins. Facile à compter sur les doigts d'une main. Sigmund déglutit lorsque Aster précisa la boucherie à laquelle l'enfant avait assisté. Le pauvre gosse devait être sous le choc. Sigmund compara brièvement la situation de cet orphelin anonyme à la sienne lorsqu'il était revenu, miraculeusement vivant, de sa rencontre avec la sorcière à la maison de sucre. Apathique pendant plusieurs jours, il s'était contenté de regarder dans le vague, essayant d'extraire de sa mémoire ce qu'il avait vu là-bas. Au fin fond des bois allemands. Du coup il n'osait imaginer l'état du garçon. Poussé par un élan de pudeur, il l'écarta de la liste. Pour le moment. N'osant aller troubler un jeune esprit déjà bien tourmenté.

« Commençons par la veuve. »

Sigmund emboîta le pas à Aster ne s'offusquant pas de sa vision des faits. Si cela l'amusait et le distrayait... Tant que Aster ne le gênait en rien dans l'avancée de l'enquête, Sigmund n'y trouverait rien à redire.

« J'espère que ce croquemitaine a meilleure figure que celui de ma région natale. Et que nous ne tomberons pas au sein d'une secte étrange. »

Ce qui impliquerait de se confronter à plus nombreux que eux deux et, probablement, plus puissants. Nerveusement Sigmund essuya sa main moite sur son manteau, trottinant derrière Aster. La peur ne devait pas le brider. Il lui fallait mener l'enquête jusqu'au bout.

Aster le mena jusqu'à la place où il avait pour habitude de croiser la vieille femme. La veuve s'y trouvait sous le halo de lumière diffusé par le lampadaire. Penchée en avant tel un arbre vénérable, les lunettes sur son nez luisaient doucement. Dès l'approche des deux hommes, des rides se creusèrent entre ses sourcils froncés. Ce qui ne démonta pas Sigmund qui, obligeant, tendit sa main à la veuve.

« Bonsoir Madame. Excusez ma brusquerie... Monsieur... » Sigmund nota alors que l'homme avait donné son prénom, non son nom. « Aster... m'a dit que vous savez quelque chose sur la créature qui sévit ces temps... »
« En quoi ça vous regarde ? Laissez une pauvre dame en paix ! » La vieille femme avait craché tel un chat furibond. « C'est que ça vous amuse de croire que je suis folle ! »
« Je... n'a jamais dit cela... »
« Si je vous disais tout, vous me prendriez pour une fêlée ! »

Sigmund quêta, du coin de l’œil, l'aide d'Aster. Il savait probablement mieux y faire que lui. Il connaissait mieux cette personne que lui, Allemand tout juste débarqué en terre britannique.


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Jeu 5 Mai - 11:04






♫ ♪ Aster, pendant qu'il guidait Sigmund jusqu'à la veuve, profitait du silence pour réfléchir un peu. Il posait furtivement sa main au niveau de sa hanche sous son manteau plumé, pour vérifier que ses lames de miséricorde étaient toujours sur lui. Une sorte d'assurance, au cas où il se passerait quelque chose. Il ignorait si l'étranger serait capable de réagir correctement face à un danger et il le connaissait à peine. Pourtant, il ne le laisserait pas sur place. La peur aurait beau le ronger jusqu'aux os, ses jambes pourraient trembler comme une pauvre feuille à morte face à une tempête, il tiendrait debout face au monstre. Il lui ferait face et serait même presque ravi, d'un côté, de l'avoir trouvé. Car... si Maître Corbeau n'était pas assez froussard, c'est probablement parce qu'il lui manquait une case. Il était un danger pour lui même et en avait conscience. Seulement... il ne changerait pour rien au monde. Jusque là sa vie lui convenait et elle ne lui avait pas donné de leçon. Qui sait, ça pourrait bien arriver cette nuit? Dans tout les cas le brun était préparé psychologiquement et imaginait toutes les éventualités. Humain ou pas, il souhaitait connaître la chose qui avait fait entendre parlé d'elle jusqu'au delà des mers déchaînées. Jusqu'à ces continents voisins et curieux.

Une fois arrivés devant la veuve, Sigmund avait prit les devants. Il tentait quelque chose, mais la pauvre femme semblait de mauvaise humeur -comme d'habitude- et refusait de parler pour le moment. L'allemand semblait appeler à l'aide, Aster, qui réagit vite;

"Madame Verance? Rien ne vous effraie facilement, vous ne croyez ni aux fantômes ni aux ogres venus dévorer les enfants qui n'ont pas étés sage. Vous devez vous rappeler nos trop peu nombreuses, mais marquantes conversations? Je pense que nous sommes prêt à vous croire sur parole, donc... voulez vous bien répondre à quelques questions?"

La veuve réajustait ses lunettes sur le bout de son nez, et ronchonnait;

"Non! Je vous averti, n'insistez pas!"

Maître corbeau se souvint alors le livret de Sigmund. Il lui demandait discrètement, dans l'espoir qu'à la vue de cet ouvrage, elle change d'avis. L'allemand n'avait pas l'air convaincu, et prenait grand soin de cet objet, mais il le sortait tout de même de la valisette et le présentait à la dame. Le brun ajoutait, en improvisant;

"Celui là n'est pas d'ici, voyez..? Mon... hrm.. mon jeune ami ici prés-
- Parce que vous avez des amis, maintenant! Ne me prenez pas pour une idiote!
- Il s'agit en effet d'un correspondant d'Allemagne. Vous ne pouviez pas l'avoir vu jusqu'à présent. Il se trouve que cet imbécile est un grand superstitieux et est un grand amateur d'histoires surréalistes. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il ferait mieux d'abandonner, mais il est trop borné! Je vous en prie, débarrassez m'en, au moins en lui offrant une histoire intéressante..?

Le but avait été d'être sûr de lui. Il venait d'inventer cette excuse et bien qu'il n'aime pas mentir, il ne s'était pas gêné pour cette fois! Cette petite mascarade valut de délier la langue de la veuve, qui fini par accepter. Elle ronchonnait, lançait une insulte adressé au "bon dieu" puis leur faisait signe de la suivre. Elle venait de baragouiner un "ne restez pas planté là, jeunes crétins", tout en avançant jusqu'à une petite maison. Effectivement, elle n'avait pas l'intention de rester debout une minute de plus. la journée avait été bien assez épuisante et les quartiers ne sont pas sûrs. Elle les invitait à parler autour d'une tasse de thé/café. Aster haussait les épaules et lançait un regard inquisiteur à Sigmund. L'étranger était peu habitué à ce genre de curieux personnage, sans doute. Maître corbeau le rassurait, au cas où, tout en suivant la vieille femme;

"On ne reste pas bien longtemps, juste quelques minutes. Après, je vous parie qu'elle nous jettera dehors comme des malpropre!"

Il ne pu s'empêcher de rire doucement, amusé à cette idée.



 

Aster Crohl
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Jeu 5 Mai - 19:21
Sigmund écarquilla un œil interloqué face aux explications d'Aster qui, au passage, ne se gênait pas pour le dénigrer. Néanmoins, rapidement, l'Allemand comprit que Maître Corbeau ne faisait que tisser une toile de mensonge afin d'y emprisonner la vieille dame. Sigmund ravala donc ses paroles, adoptant la mine contrite de l'homme qui savait que sa passion était loin d'être des plus saines, mais à laquelle il n'arrivait pas à se soustraire. Son maigre jeu d'acteur, couplé à celui d'Aster, sembla porter ses fruits. Sigmund emboîta le pas à la troupe, hochant la tête aux paroles de l'allumeur de réverbères.

« Si la créature est dangereuse, nous serons plus en sécurité entre quatre murs. »

Du moins l'espérait-il.

Le logis sentait le savon – Sigmund put constater que tout était astiqué, brillant comme un sou neuf. Sous la voix impérieuse de la propriétaire des lieux l'Allemand prit place sur une chaise, tandis que la vieille dame s'affairait en cuisine. Elle revint quelques minutes après avec un service à thé aux motifs florales – typiquement british. Thé et café furent servis, et une première gorgée bue avant d'entrer au fin fond du sujet.

« Madame, mon correspondant m'a indiqué que vous aviez perdu un proche... »
« Mon mari, paix à son âme même si ce bon Dieu me l'a arraché. Cette créature du diable en a fait de la chair à saucisse, bonne à jeter aux chiens ! »

Sous le regard surpris de Sigmund, la vieille dame cracha – un jet de salive droit et rapide qu'aurait pas dédaigné un cow-boy. La veuve se signa.

« Je veux pas que cette bête vienne ici. Ou alors il faudra qu'elle affronte ma colère ! »
« Savez-vous à quoi elle ressemble ? »
« Si je le savais, je serais pas là pour vous parler. Les jeunes et leurs questions idiotes... »

Sigmund soupira. De toute évidence la veuve ne leur serait d'aucun secours. L'homme allait se lever pour prendre congé lorsque la vieille femme reprit la parole.

« Mais j'ai noté quelque chose. Cette bête c'est pas un animal. J'ai déjà vu des morsures. J'étais à la campagne avant, et c'était commun de retrouver les poules égorgées par le renard, ou de se faire mordre par un chien sauvage. Mais mon mari... » La main de la vieille femme trembla légèrement, manquant de renverser le thé de sa tasse. « Il était tranché de partout. Comme avec une lame. Et on a ouvert son ventre. Comme une poule qu'on vide pour le repas. »

Le visage de Sigmund avait blanchi à vue d’œil. L'Allemand reposa sa tasse sur le plateau, forçant un sourire.

« Ce... Je m'excuse d'avoir ravivé ces souvenirs. »

Et d'avoir noué son estomac.


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Jeu 5 Mai - 20:18

Histoires de Monstres


Aster restait à la fois méfiant, songeur. Etait ce vraiment une bonne idée d'entamer ce genre d'enquête, durant une nuit comme celle ci? Sûrement pas. Enfin, ils étaient lancé, et la vieille femme aussi. Le brun préférait rester un peu en retrait et faisait mine, presque, d'être désintéressé. Il surveillait, restait sur ses gardes. On ne sait jamais. Il balayait la pièce du regard puis s'attardait sur chaque détail. Un vase ming sûrement ramené par son défunt mari après un long voyage, quelques bricoles posées au dessus de la cheminée. Le feu crépitait, il s'en approchait un peu. Hypnotisé par les flammes qui dansaient, l'espace d'un instant, il fut bien vite ramené à la réalité. Il n'avait pas encore touché à sa tasse.

"Versez du sel devant vôtre porte, ça devrait le tenir à distance."

A dire vrai, Maître corbeau ne parvenait pas à imaginer l'atrocité de la chose, et l'horreur qu'à dû vivre cette pauvre femme. Elle avait beau être mauvaise souvent, elle n'en restait pas moins quelqu'un de bien. Râleuse, vieille peau, mais vraiment... ce n'est pas le genre de personne qui méritait ça. En inventant cette histoire de sel, Aster espérait la rassurer. Si elle se mettait à devenir paranoïaque et ne dormait plus à cause des cauchemars qui pourraient la hanter, elle finirait par bien vite rejoindre son mari. Le brun avait invité l'allemand à sortir pour ne pas la déranger plus longtemps. Il se courbait légèrement et présentait ses plus plates excuses;

"Navré pour ce petit... interrogatoire. Nous vous remercions grandement."

Il y eu un silence pesant. Aster attrapait la poignée de porte quand la veuve ajoutait, avant qu'ils ne partent;

"Quoi que soit cette chose... prenez garde. Et.. et ne revenez plus jamais ici!"

Après ça, presque jetés dehors, les deux pauvres nigauds s'étaient lancé un regard. Aster se retint de rire;

"Je l'avais dis."

Enfin... Si ce petit interlude à permit à Aster de mentir une nouvelle fois, il le regrettait soudainement. En effet, il est un peu comme ces charognards et n'est pas du genre altruiste, mais... il n'aimait pas mentir. Même pour une bonne cause, ça restait faux. Trop faux. L'anglais secouait légèrement la tête. Il se reprit bien vite, car, après tout... la nuit allait durer encore un bon moment. Cette fois il ne dit aucun mot, il se contentait d'avancer et guidait Sigmund dans les rues sombres de la petite ville d'Angleterre. Le prochain à interroger serait le vieillard blessé. Un dur qui pourrait se venter d'être encore en vie après l'attaque d'un monstre qui habituellement, ne laisse personne lui échapper. Maître Corbeau s'arrêtait devant la porte et levait le poing, près à frapper quelques coups;

"Avec lui, soyez bref et direct. Il a horreur des détours et à supporté déjà bien plus que vous ne le croyez. C'est un solide, et même brisé, cet homme ne pleurera pas sur son sort. En revanche... ne le plaignez pas, n'ayez pas pitié. Casgonn le verra et ça le vexera. Laissez lui sa fierté, ne le rabaissez pas. Et... pardonnez d'avance son langage un peu... cru?"

Sur ces mots, il frappa doucement à la porte, qui s'ouvrit après de longues secondes.



 

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Jeu 5 Mai - 23:26
La vieille femme avait refermé la porte assez violemment pour courroucer un chat de gouttière qui salua le départ des deux hommes d'un crachat. Sigmund, la nausée au bord des lèvres, tâchait de se concentrer sur sa mission et les indices données par la dame. Maigres indices qui pouvait imputer la mort aussi bien à une créature aux dents tranchantes comme des lames de rasoir, qu'à un humain bien armé. Le mystère demeurait entier.

Suivant Aster, Sigmund approcha de la demeure du second témoin. Avant que la porte ne s'ouvre sur le vieillard, l'Allemand se permit de glisser quelques mots à son guide.

« Je ne pensais pas que vous seriez si diplomate. J'ai eu de la chance de tomber sur vous. »

Ils semblaient même bien partis pour former une fine équipe.

La porte s'ouvrit sur Mister Casgonn. Un vieillard qui n'avait rien du troisième âge souffreteux, perclus de rhumatismes. Il se tenait solidement campé sur ses deux jambes, avec l'allure d'un ancien militaire qui avait vu plus d'un combat et s'en était sorti sans trop dommage. Sigmund nota alors le bras manquant, ce vide qui faisait légèrement pencher Casgonn sur sa droite, comme pour compenser ce manque. Son regard alla de Aster à Sigmund.

« Me voulez quoi les jeunes à c'te heure ? »

Sigmund inclina le torse pour saluer l'homme.

« Mister. » Bref et direct, avait dit Aster. « J'enquête sur la créature qui sévit ces temps-ci dans cette ville. Monsieur Aster m'a indiqué votre demeure. » Se relevant, Sigmund s'empressa d'ajouter. « Je serais ravi de discuter avec vous sur l'affaire autour d'un verre. »

Car il était évident que Mister Casgonn n'était pas homme à boire du thé.

Spoiler:
 


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Ven 6 Mai - 11:17

Histoires de Monstres



Diplomate? Aster ne l'était pas particulièrement. Du moins, il était naturel pour lui d'agir ainsi. Tantôt il pouvait se montrer mauvais, direct, impitoyable, tantôt il se montrera plus doux, sympathique et compatissant. Tout dépendait de son humeur, c'était assez aléatoire. Heureusement, de manière générale, il reste le même. Quand le vieux Casgonn ouvrit la porte, ce fut pour nous accueillir avec un large sourire. L'oeil manquant choquait un peu, mais le brun passait outre. Il l'avait déjà vu plusieurs fois et avait eu le temps de rapidement s'y habituer.

"Aster? Aster, oui, c'ui là qui m'avait dit qu'avec ma gueule au moins, je ferais fuir les petits con qui s'amusent à sonner le matin pour m'emmerder! Ah, si j'savais que z'alliez passer."

Le grand homme les invitait à passer devant lui. Il vérifiait systématiquement que lui et ses invités ne soient pas surveillés en balayant les rues d'un regard attentif et inquiet. Après quoi, il refermait violemment la porte. Une sale habitude. Maître corbeau avait sursauté. Ce dernier, avant que le père Casgonn ne referme la porte, avait glissé quelques mots à Sigmund;

"Il boit plus d'alcool depuis l'incident, il nous en proposera à coup sûr. Laissez moi vôtre verre si vous souhaitez tenir encore debout dans quelques minutes. Au moins l'un de nous devra rester sobre."

Aster n'osait pas imaginer ce qui pourrait arriver si ils sortaient tout deux la maisonnette avec un coup dans le pif! Les deux tituberait et passerait pour des fous aux yeux des habitants. Casgonn les auraient probablement invités à rester, mais, dès l'aube il se serait remit à boire. Ca n'aurait pas non plus été beau à voir. D'un côté, s'ils devaient croiser le monstre, le brun aurait préféré être celui qui ne voit pas double. De l'autre... c'était surtout l'allemand qui devait poser les questions, c'est lui qui menait l'enquête, principalement. Mais, pour cette fois, la curiosité d'Aster prit le dessus. En s'asseyant sur un des fauteuil il lançait le sujet;

"Ecoutez, je sais que vous avez vu le monstre. Nous devons l'arrêter avant que quelque chose d'affreux n'arrive à d'autres. Décrivez nous la chose qui a déchiqueté vos chien et... qui vous à fait perdre plus que vos pauvres bêtes."

Un grand verre venait d'être posé devant lui ainsi que le rouquin assit près de lui. Aster retint un soupire d'exaspération. Ca commence déjà. Le bruit d'une bouteille qu'on vient d'ouvrir, avec le bouchon parti on ne sait où, l'avait fait grimacer derrière son masque. D'ailleurs... il le retirait et le posait sur ses genoux, ôtait sa capuche et son chapeau. Ils étaient en intérieur et il n'était pas à l'aise sans. Seulement, il n'aurait pas pu boire grand chose avec ce qui le couvrait précédemment. De plus, Casgonn n'aimait pas qu'il se couvre ainsi alors qu'il le connaissait assez bien. C'est donc d'une main hésitante, que l'anglais fini par prendre le verre et entamait son contenu. Le témoin fit de même, puis réfléchit un moment.

"J'avais jamais vu c'truc. C'était... affreux! Je dirais qu'y f'sais à peine plus grand que moi. Ses espèces de griffes qu'il avait à la place des mains, il les a utilisées pour ouvrir mon pauvre Troy en deux! Et ma s'conde bête. Tout jeune, il s'est jeté dessus le temps que j'attrape mon fusil. Le cri de se monstre f'sais froid dans le dos. J'ai juste pu voir une partie d'sa tête. Un truc aux yeux lumineux comme des lanterne, avec comme de l'herbe sur le crâne. Ou... ou non, c'était une feuille. Je.. j'sais plus trop."

Il finissait son verre, d'une traite. Aster avait bu, entre temps, l'alcool contenu dans son propre verre, ainsi que celui de Sigmund.

"C'que j'sais, c'est.. cette chose, elle... elle était pas humaine."

Ses mains se resserraient autour de son verre. Aster adressait un regard inquisiteur à Sigmund. Est ce que ça lui suffirait pour se faire une idée de ce à quoi il allait avoir affaire? Il remerciait le grand homme pour son petit récit et s'excusait de l'avoir dérangé à une heure aussi tardive. Casgonn n'en ferait rien. A présent, la fine équipe que forment le roux et le brun, savent que la chose n'est pas humaine, et qu'elle déchiquette ses victimes. Ils ignorent encore pourquoi.

En s'imaginant qu'ils en avaient fini, maître corbeau s'était apprêté à se lever, mais le témoin lui fit signe de se rasseoir. Pour excuse, pour les retenir un peu, il avait commencé à parler un peu de la nuit durant laquelle il à eut affaire à la chose aux allures squelettique. Pour accompagner ses paroles, le plus vieux resservait tout le monde. En voyant ça, Aster dégluti. Encore? Il s'y attendait, mais, pas aussi rapidement. Doucement, il buvait la moitié de son verre. Puis, il fini celui de Sigmund dès que Casgonn regardait ailleurs. Aster pensait avoir été assez discret, mais son aîné était loin d'être stupide.

"Haha!! Si j'savais que nôtre allumeur de réverbère aimait autant ça, j'en aurais prit plus!"

Honteux, maître corbeau n'osait le contredire. Le bonhomme s'était fourvoyé et s'imaginait qu'Aster aimait vraiment. Il ne resservait donc plus que lui. Après avoir tant bu, le pauvre anglais avait fini par refuser, navré. Non seulement il n'avait pas spécialement aimé, mais ça commençait à lui monter à la tête. Casgonn avait rit de la légère teinte rouge qu'il avait prit. Décidément... Maître corbeau devait être aux yeux de son complice, qu'un misérable menteur et malheureux alcoolique. Un peu gêné, il mit fin fin a la conversation, prétextant le fait qu'ils avaient d'autres gens à interroger. Le grand homme les avaient remercié pour leur visite, puis raccompagnés à l'extérieur.


 




petite note:
 
Aster Crohl
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Ven 6 Mai - 21:49
Sigmund s'était permis de boire une ou deux gorgées du tord-boyaux offert par le vieillard, laissant ensuite Aster le vider comme convenu. Il lui fallait bien un peu d'alcool dans le sang pour pouvoir tenir face au témoignage de Mister Casgonn. Même si l'homme ne se perdait pas dans de longues descriptions alambiquées, il en disait assez pour que l'esprit de Sigmund visualisa la scène. Une scène de boucherie agrémenté de jus de boudin et de tripes. Tout en notant mentalement les indices supplémentaires, Sigmund tournait les pages de son livre.

Griffes, yeux brillants – avec cela, la sélection demeurait encore large. Un sourcil se leva lorsque Casgonn mentionna un appendice végétal. Là se trouvait peut-être l'infime indice qui permettrait de donner un visage à la créature.

Il lui faudrait vérifier un doute en sortant. À ses côtés Maître Corbeau semblait piquer du bec. Sigmund pouvait discerner, grâce à l'absence de masque, le regard légèrement flouté par l'alcool. Sans compter le teint rougeaud caractéristique. À force de vivre des années auprès d'un cadet sirotant de la bière à longueur de journée, il avait appris à déceler les signes.

Aster fut plus rapide que lui, trouvant un prétexte pour clore l'échange. Ce ne fut que la porte refermée derrière eux que Sigmund se permit de saisir Aster par le bras.

« Vous allez bien ? Rien qu'avec une gorgée de son alcool j'ai cru sentir mes dents se déchausser. Vous n'êtes pas en état, nous devrions cesser pour cette nuit. »

Que vaudrait l'assistant d'un enquêteur, un guide de premier choix, s'il devenait incapable de distinguer sa gauche de sa droite ? Sans attendre son accord, Sigmund glissa le bras de Maître Corbeau autour de ses épaules.

« Si vous trébuchez, je vous rattraperais. Je pense savoir ce qui a attaqué ces gens... » De la main, Sigmund tapota son livre. « Grâce à ceci. »

Rapprochant le duo auprès du réverbère le plus proche, afin de profiter de sa lumière, Sigmund feuilleta l'ouvrage jusqu'à tomber sur la page souhaitée. Une gravure dévoilait ce qui aurait pu passer pour un costume grotesque de Jack o'lantern : un être humanoïde, à faciès de citrouille, brandissant au-dessus de sa tête de longues griffes.

« Si l'on en croit ce qui est écrit, ces créatures sont des hybrides dont... la transformation a connu quelques... ratés. Ils ont perdu toute humanité et, de leurs griffes, s'attaquent à leurs proies. Leur mode opératoire est d'ouvrir le ventre de leurs proies... Ce qui semble concorder avec nos témoignages. Par contre, je n'ai pas vu mention des moyens de les détruire. Mais... vu qu'ils sont des hybrides plantes, le feu doit suffire. »

Chance, le feu n'était nullement un élément qui terrifiait Sigmund. Bien au contraire. Il l'apaisait et avait, à ses yeux, des vertus de purification. Il ne savait, par contre, s'il en était de même pour Aster.

« Mais nous verrons cela demain, je pense. Il vous faut vous reposer et cuver tout cet alcool. Je peux vous conduire chez vous. »


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Sam 7 Mai - 10:55





Si Aster n'avait pas été un minimum résistant à ce genre d'alcool, il serait déjà probablement en train de déblatérer un nombre de bêtises inimaginable. Heureusement pour Sigmund, le brun tenait le coup. Il avait seulement eu une perte d'équilibre. Bien sûr, il était beaucoup moins réactif, attentif... son pauvre cerveau avait plus de mal à gérer et traiter les informations qu'il recevait. Ca ne l'empêchait pas de comprendre qu'il allait bel et bien avoir affaire à un monstre tout droit sorti de contes, légendes, ou mythes étranges. Il failli trébucher, l'Allemand le retenait. Il s'excusait.

En effet, pour l'heur, les interrogatoires étaient terminés. Si il n'était plus capable de réfléchir correctement, il allait avoir du mal à jouer les guides. De plus, personne n'ouvrirait sa porte à "un superstitieux qui pose des questions sur des monstres, accompagné d'un soûlard de première catégorie". Maître corbeau acceptait donc sans broncher, et lui donnait les indications pour se rendre jusque chez lui. Ce n'était pas bien loin des quais et c'était un endroit discret, calme et sympathique. La maison d'à côté était un excellent repère; fleuri en permanence, toute l'année, avec une toiture coloré différemment des autres bâtiments qui l'entourent. Aster cherchais dans la petite sacoche accrochée à sa ceinture, et trouvait une clef. La première fois, il l'échappait. Il la ramassait, puis dû s'y reprendre à deux fois avant de trouver la serrure. Une fois le geste le plus complexe du monde accompli -car tourner une clef dans le mauvais sens ne va pas aider- il ouvrit la porte. En jetant un regard inquisiteur à Sigmund. Maître corbeau ne perdait pas le nord. Maintenant le roux savait de quel bête il s'agit, hors de question qu'il le laisse tomber.;

"Je crois savoir que vous v- *hic* venez d'arriver? Vous savez ou.. ou aller? Et n-n-nous rejoindre p- *hic* plus tard?"

Lui qui n'avait pas encore ouvert le bec, il regrettait presque. Etant encore conscient de ce qu'il fait, il ne regretterait pas sa décision si il venait à inviter l'Allemand chez lui. Si ce dernier n'avait nul part ou se poser, autant qu'il lui propose de rester. D'une part, se serait plus pratique pour réfléchir à cette histoires et ces témoignages, de l'autre... chacun saurait ou trouver l'autre. Il pourrait aussi décider de quand retourner faire leur recherche, plus tard.

"D-de toute façon, j-*hic* ..j'ai toujours préféré le canapé... plus moelleux."

Tout en disant ça, il s'appuyait contre l'encadrement de la porte. Il s'imaginait déjà posé sur un oreiller, enroulé dans une couverture après avoir grignoté quelques petits gâteaux secs. Cette soudaine envie de s'effondrer sur le dit canapé, le fit légèrement basculer. Il failli tomber une nouvelle fois, mais se rattrapait de justesse. Un peu embêté, il passait nerveusement sa main sur son chapeau, qui posait sur le meuble de l'entrée.


 

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Dim 8 Mai - 18:48
Il aurait été cruel de rire de la mine de Aster et de ses contorsions qui transformaient la moindre petite action banale en une danse grotesque. Sigmund se mordit la lèvre pour retenir un brusque accès d'hilarité, veillant d'un œil sûr à ce que Maître Corbeau ne chuta pas de sa branche. Les questions de son guide lui firent comprendre conscience que, emporté dans sa quête, il avait omis le plus élémentaire : veiller à avoir un point de chute où dormir. Au vu de l'heure tardive plus aucun hôtel n'était ouvert. Le regard de Sigmund dut être des plus éloquents – ou était son silence – vu ce que Aster lui répondit.

Sigmund inclina la tête, confus.

« Je m'en voudrais d'abuser de votre hospitalité. Mais... Je prendrais le canapé, j'insiste. »

Ce qui annonçait un long débat entre les deux compères sur qui prendrait le lit. Un débat qui s'assortirait, peut-être, d'un jeu à la courte paille.

Entrant dans le logis proprement dit, Sigmund referma la porte derrière lui et marcha dans les pas du maître des lieux, veillant à le rattraper si jamais l'alcool prenait trop le dessus sur son sens de l'équilibre. Le logis fleurait bon la garçonnière. Déposant sa valise contre un mur, Sigmund proposa ses services.

« Je sais cuisiner, si vous le souhaitez. » Une compétence qui faisait hausser un sourcil à plus d'un individu du sexe masculin. « J'ai appris à me débrouiller. Guidez-moi jusqu'à la cuisine et je vous prépare quelque chose. En échange de votre logis pour la nuit. »

Sigmund songea que, s'il avait été femme, la scène aurait eu des allures d'échange quotidien au sein d'un couple fraîchement formé.

Spoiler:
 


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Aster Crohl
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Aster Crohl
Dim 15 Mai - 21:05





[] Aster avait beau ne pas être totalement ivre, il avait probablement surestimé sa capacité à tenir l'alcool, surtout celui du vieux Casgonn! A peine rentré il s'écroulait sur le canapé dont il avait parlé plus tôt. A dire vrai, le brun n'avait pas menti cette fois. Il le préférait largement à son lit. Ici, il avait son petit bordel et se sentait plus à l'aise. La porte était à côté, la cuisine aussi, il lui suffisait de longer le petit couloir pour se rendre dans la salle d'eau, quelques babioles traînaient sur le petit meuble soutenant la seule lampe disponible dans la pièce... Le petit coin idéal. D'un vague geste de la main, maître corbeau indiquait à Sigmund ce qu'il voulait trouver. Bien trop occupé par son début de migraine, il n'avait pas l'intention de se relever pour lui venir en aide. L'allemand pourrait se débrouiller, non? Avec deux neurones de connectés même une poule serait capable de faire quelque chose d'au moins potable.

"Fouillez, vous trouverez. Ne vous gênez pas."

Aster possédait peu de choses c'est un fait. Mais c'était amplement suffisant. Aster avait le nécessaire, c'est tout. Il a toujours vécu simplement et jusque là personne ne s'en est plaint! Bon, il faut dire que très peu de gens passaient par ici, aussi. C'est... calme. Un petit coin paisible et sympathique en somme. Son existence se résumait bien à ça; un long fleuve tranquille. Ca expliquerait sa fâcheuse manie à toujours vouloir se fourrer dans des affaires comme celle de ce nécromancien étrange, ou cette histoire de monstro-plante qui s'amuse à déchiqueter tout le monde à la manière de Jack l'éventreur. Le jeune homme adore sa vie, il s'en contente largement mais un peu d'action de temps à autres, il ne crache pas dessus!
Allongé sur le canapé donc, face à la table basse, Aster se reposait quand une assiette vint se poser sous son nez. Le pauvre était un peu sonné et se redressait difficilement pour laisser place au rouquin.

"C'est du rapide. On dirait vous avez toujours habité là."

Maître corbeau échappait un léger rire. L'idée l'amusait. D'ailleurs il se rendait compte qu'il le vouvoyait toujours. Il n'était pas certain de passer beaucoup de temps avec un étranger comme lui, mais vu le problème face à lequel ils se retrouvent, ils risquaient d'en avoir encore pour long. Une chose effroyable se baladaient encore dans les rues, et ils n'avaient pas grands choses de prévu. C'était triste à admettre. Aster refusait d'arrêter d'y penser ne serait ce qu'une seconde. Des idées amusantes lui virent à l'esprit. L'alcool faisait probablement toujours un peu effet.

"Je sais! Tu feras l'appât! On te déguisera en princesse, et j'interviendrais au moment ou la bête apparaîtra. Comme ça, je te sauve in extremis. Logique, non?"

Aster pouffait tout seul en imaginant Sigmund avec des bouclettes blondes et une robe rose bouffante à froufrous. Incapable de s'arrêter durant quelques minutes, il se tordait de rire jusqu'à en tomber par terre! Il se roulerait presque sur le tapis si sa jambe n'avait pas percuté le coin d'un meuble. L'anglais faisais moins le malin, d'un coup. Après s'être débarrasser de son masque et sa veste, il reprenait place et entamait le plat, qui devait avoir refroidi. Nullement embêté par ça, il avalait rapidement le contenu de son plat, a la manière d'un affamé. Après une nuit comme celle ci il se donnait le droit de faire ce qu'il veux chez lui. La fatigue le rattrapait d'ailleurs bien vite.

"Hrm... l'étage est petit. A droite au fond, l..*hic* la chambre. Dans.. dans la.. la commode. tu trouveras des couvertures et t *hic* tais d'oreiller."

Par réflexe, Aster plaquait sa main contre sa bouche pour arrêter d'hoqueter. Ca devait être la énième fois qu'il s'excusais pour ça.


 

Aster Crohl
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Mer 18 Mai - 22:55
Sigmund n'y connaissait rien en gastronomie britannique. Néanmoins il sut trouver au sein de la cuisine exiguë de quoi caler un estomac. Nouant ses cheveux en catogan pour ne pas être gênée dans son ouvrage, Sigmund se pencha sur les fourneaux. Il ne fallait pas être sorti d'une haute école pour savoir transformer des pommes de terre en purée, et cuire dignement du bacon et des saucisses. Ramenant les deux assiettes pleines, l'Allemand servit en premier Maître Corbeau avant de prendre place sur une chaise, face à son interlocuteur.

"C'est du rapide. On dirait vous avez toujours habité là."
« C'est très basique. » Sigmund haussa les épaules, balayant toute pointe de fierté aussi minime soit-elle. « Mais j'espère que ça vous plaira. »

Après un rapide « bon appétit » , l'Allemand souffla sur la portion de purée qu'il venait de prélever, voulant éviter de se brûler avec. Ce qui ne l'empêcha pas de manquer de s'étouffer avec une saucisse lorsque Aster lui fit part de son idée lumineuse. Une princesse, lui ? Cela lui rappelait presque son évanouissement à Salem qui l'avait empêché de profiter de la conclusion de l'aventure. Il s'était réveillé des heures plus tard, dans un lit, avec un djinn veillant sur lui. Telle une princesse sauvée par le héros du roman, arrachée des mains de ses geôliers.

Mince. Était-ce dû à son physique ne répondant pas aux codes de la virilité de l'époque, imposant pilosité faciale et larges épaules ? C'est qu'il en viendrait presque à se laisser pousser la moustache et à se couper les cheveux si ça continuait ainsi.

« C'est très... amusant... » Insensé. « … comme idée. Mais je ne pense pas que notre bête tomberait dans un piège aussi grossier. »

Sigmund eut un sursaut et se leva lorsque Aster tomba au sol, mais l'homme semblait avoir causé plus de peur que de mal, revenant pour mieux dévorer son assiette. Voilà un homme qui avait l'alcool violent. Le repas terminé, l'Allemand rassembla les assiettes, hochant la tête face aux paroles de Aster.

« Je vous ramène cela. »

Déposant la vaisselle sale dans l'évier, Sigmund suivit les indications du maître des lieux pour se rendre dans la chambrée. Revenant les bras chargés de couvertures, l'Allemand retrouva Aster endormi dans le sofa. Le dîner avait du finir d'achever ce que l'alcool avait commencé. Avec des gestes presque maternels, Sigmund recouvrit Aster d'une couverture et le borda au mieux. Excluant tout de même la bise – il ne fallait pas exagérer !

Reprenant sa valise, Sigmund veilla à éteindre la lumière avant de rejoindre sa chambre pour la nuit. Ouvrant sa valise à même le sol, l'Allemand s'assit le parquet déballant ses affaires. Tâchant de voir si, au sein de bric à brac, pouvaient se trouver les armes nécessaires à l'accomplissement de sa quête.

Le revolver qu'il avait acheté lors de son expédition aux États-Unis. Sigmund vérifia que le barillet était plein avant de glisser l'arme à sa ceinture. Un livre intitulé La magie pour les Nuls que Sigmund écarta. Aujourd'hui il ne lui apporterait guère grand-chose. Un sucre d'orge censé apaiser et soigner les petites blessures que Sigmund glissa dans une poche de son manteau. À portée de main, prêt à l'usage. Il en fit de même pour les œufs explosifs – ils pouvaient permettre de détourner l'attention de la Bête ou, au mieux, la ralentir. Du bout des doigts, Sigmund caressa la bague qui ornait son annulaire gauche. Un anneau permettant d'invoquer Atêsh. Il se refusait de l'utiliser sauf en cas d'extrême recours.

On n'invoquait pas une fée comme on commandait une pizza.

La valise fut poussée contre le mur, une boîte d'allumettes et une bougie extirpées de ses entrailles. Déposant cette dernière sur le bord de la table de nuit, Sigmund l'alluma. La flamme vacilla sur la mèche, la cire fondit diffusant une odeur aussi apaisante qu'un encens. À la lueur de la bougie, Sigmund se replongea dans la lecture de son bestiaire.

Lorsqu'il s'éveilla, son menton reposait contre sa poitrine, le livre gisait sur ses cuisses, abandonné.

La bougie était éteinte. Levant la tête, Sigmund remarqua alors que la fenêtre avait été ouverte de force. Et que des traces de griffes striaient la chambranle de bois et le verre des vitres.

La Bête était entrée séant. Sigmund se leva, précipitamment, envoyant valdinguer tout objet l'empêchant d'avancer. Dans le salon Aster dormait toujours, et la pièce reposait dans une douce quiétude. La Bête s'était donc stoppée près de la fenêtre, se contentant d'observer pour mieux repartir ? L'Allemand demeura tout de même aux aguets, ne fermant pas l’œil de la nuit.

Les veillées se succédèrent mais les témoignages demeuraient minces. Et la Bête ne se montrait pas, se contentant de laisser couler une ombre, de laisser entendre le bruit d'une griffe contre du bois. Jusqu'à cette nuit où, aidé de l'allumeur de réverbères, Sigmund trouva la Bête et la tua. La créature lui laissa l'empreinte d’estafilades sur les bras, et une sensation de brûlure qui ne le quitta jamais plus.

La Bête l'avait contaminé de sa magie. Mais il lui faudrait du temps avant de s'en apercevoir. Et bien du temps encore pour savoir d'où venaient ses flammes qui lui rongeaient le sang, et le transformait peu à peu. En hybride.

Fin




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