Début janvier 06. Tomber sur un os

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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mar 19 Avr - 23:17
À une époque où Steamtown était encore Silent Hill.


« Plus haut ! Non, un peu plus à gauche... »

Cheveux noués en arrière, bras nus, Alice dirigeait les opérations menées par Lorenzo, fier capitaine de navire volant, et un petit nouveau, surnommé Christmas, puisque le garçon avait eu l'idée judicieuse de rejoindre la ville en pleines festivités chrétiennes. Suivant les directives de la maîtresse des lieux, les deux Androïdes s'employaient à suspendre l'écriteau du café de la ville. Un petit boui-boui encore bringuebalant mais qui pourrait accueillir les habitants entre ces murs.

Alice abaissa les bras.

« C'est parfait ! » L'écriteau se balança, lentement, suspendu au-dessus de la porte. « Bel ouvrage, les garçons. On a tous mérité un café. Christmas, tu nous concocte ça ? »

Christmas hocha la tête, sautant à bas de l'échelle. En plus de sa mâchoire inférieure métallique, bien pratique pour briser des noix, l'homme avait un singulier talent pour préparer les boissons chaudes. Avant d'arriver au sein de ce refuge américain, il servait dans les cafés et saloons, amusant la galerie avec sa mâchoire, jouant les Casse-Noisette. Alice lui emboîta le pas, toute guillerette tandis qu'elle discutait avec Lorenzo.

« Si avec ça Alex' revient les mains pleines, la journée aura été productive. »

Lorenzo hocha la tête avant de se figer. Apparition évanescente, un fantôme venait de passer à travers le mur. La silhouette spectrale demeurait vague, indéterminée. Néanmoins l'apparition délivra un message qui déclencha un frisson désagréable en Alice. Dire qu'avant de partir de la ville, alors qu'elle voulait rejoindre sa sœur, elle avait mentionné ce nom. C'était à croire qu'elle avait su voir à travers les limbes de l'avenir.

« Tu es certain de ce que tu as vu ? » demanda-t-elle tout de même.

Le spectre réitéra ses paroles, assurant l'Androïde d'avoir clairement identifié l'individu. Le pied gauche de l'Androïde frappa le plancher.

« Christmas. Désolé je reviendrais boire ton café une autre fois. Lorenzo, je vais aller au-devant. Si jamais les choses tournent mal, j'enverrais un fantôme te prévenir. »

Lors de plus d'une soirée commune, Alice avait narré ses aventures, présenté Orphée sous son propre prisme. Un charlatan, un père usant de sa fille comme une poupée à l'instar du Chapelier Fou envers Alice. Elle avait même chuchoté ses retrouvailles avec l'homme au faciès de mort, lors du mariage, du tour qu'elle lui avait joué, de ses tentatives de l'approcher.

Venait-il sciemment ici en sachant qu'elle était là ?

Au moins le spectre avait été clair. Aucune femme répondant à la description de Zahnfee n'était auprès de lui. C'était déjà, en soit, un soulagement.

Alice sortit de la ville, marchant dignement, ses jupes claquant contre ses jambes alors qu'elle avançait d'un pas pressé, en grandes enjambées. Elle avait aussi hâte de voir l'homme de ses propres yeux qu'elle ne craignait de l'approcher. Il lui fallut se remémorer qu'il avait perdu son don pour calmer, un tant soit peu, les battements de son cœur. Elle n'avait plus à craindre sa flûte.

L'Androïde rejoignit Orphée à quelques mètres de la ville, sur le chemin qui reliait Silent Hill au reste du monde. Une piste tracée par les convois et les voyageurs au sein d'un terrain d'ornières, d'herbes sauvages et d'arbres tordus. Un décor de Far-West. Alice se campa sur ses jambes, posant ses mains sur ses hanches.

« Orphée, quelle surprise ! » Et véritablement c'en était une. « Je peux savoir ce que vous faites ici ? »

Elle n'allait tout de même pas l'inviter à entrer prendre le thé. Elle n'était pas Vasile Duca.

Derrière elle, la brume encerclait Silent Hill. Tel un mur délimitant une propriété.


Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Sam 23 Avr - 16:34
Dans les habits qu'il avait porté lors du mariage de sa fille Zahnfee, Orphée remontait la voie en direction de la ville. Ses pensées étaient aussi noirs que ses habits. Son visage paraissait avoir vieilli. Des ennuis le minaient. Si ce n'était plus grave...

Il n'eut pas à attendre longtemps avant de faire la rencontre d'Alice. Une amie proche de Zahnfee. Une androïde comme lui. Malgré cela, lui et elle ne s'entendaient pas.

« Ce que je fais ici ?... »

Orphée leva les yeux vers le ciel gris. Il soupira, semblant sentir le poids du temps passer.

« J'ai trouvé un tract et son message m'a parlé. Je suis un androïde à la recherche d'un foyer. »

Orphée ne bougea pas. Lui qui d'habitude diminuait rapidement la distance avec son interlocuteur, essayant de susciter des émotions fortes et des conversations intéressantes ; en ce jour, Orphée restait à sa place.

« Comme tu peux le constater, Alice, je ne suis pas au mieux de ma forme. Je ne suis plus inspiré par de belles tournures de phrases. Je me sens fatigué pour commencer à voltiger dans les airs. Tous mes plans s'étiolent et tous mes espoirs s'envolent... »

Orphée sourit alors. Ce n'était pas un rictus machiavélique mais une demande à l'aide. Silencieuse qui plus est. D'ailleurs, il n'avait rien de plus à ajouter. Les projecteurs du théâtre de sa vie braquaient leur lumière alors. Sa mémoire ne se souvenait plus des textes aux piques acérées. Même son apparence était délaissé. Une barbe mangeait son visage et son tatouage tandis que ses vêtements avaient soufferts des journées de voyage.
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 24 Avr - 23:43
Le joueur de flûte n'était plus. Ce que Alice observait, d'un œil circonspect, n'était plus qu'un maigre épouvantail. Une autre personne qu'elle aurait, sans hésitation, raccourcit la distance qui les séparait, aurait pris la main d'Orphée pour le guider vers le refuge. Vers le pardon et la rédemption. Alice était bien trop méfiante pour boire les paroles de l'homme. Cette attitude, cette apparence... Tout ceci pouvait avoir été mené sciemment pour la pousser à baisser sa garde.

« Pourquoi vous croirais-je ? » asséna-t-elle d'une voix forte. « Vous n'avez fait que mentir, agir pour vous-même sans vous soucier des autres. Vous avez oublié Tortuga ? »

Elle, elle n'avait pas oublié. L'usage de son don sur une femme qui avait servi d'exutoire à la colère de Zahnfee, s'était transformée en monstre de foire au bon vouloir de la foule. La sorcière dans sa cabane, au sein de la jungle, dans laquelle Orphée s'était engouffré, ignorant fille et camarade de périple. Et de là, la capture, l'envolée dans un navire inconnu, l'intrusion au sein d'Emerald... Une suite sans fin d'aventures imprévisibles.

« Vous avez abandonné votre fille. »

Ces mots, Alice les rongeait depuis Emerald alors que Zahnfee l'avait quitté sur un adieu. Ils lui avaient obstrué la gorge lorsque, en décembre de l'an 4, elle avait ramené sa sœur dans le Zeppelin de Pitt. Elle n'avait pu les prononcer au mariage, se refusant à provoquer une esclandre, voulant préserver le bonheur de son aînée. Aujourd'hui elle pouvait tout déverser. Les poings de l'Androïde se crispèrent.

« Vous n'étiez pas là lorsqu'elle était au plus bas. Vous avez simplement assisté au mariage et pourquoi ? Pour ensuite venir me voir, me demander de changer votre don... Et où il est ce fameux demi-frère dont vous parliez à Zahnfee ? Me dites pas qu'il vous a abandonné ? »

Alice se posait réellement la question. Le mariage ne remontait qu'il y à quatre mois. En ce court laps de temps, Orphée aurait-il pu avoir réellement tout perdu ? C'était si soudain, si brutal que l'Androïde n'osait y croire. Ce changement de don qu'elle avait opéré était-il à l'origine de toute cette déchéance ?

La jeune femme réduisit l'espace qui les séparait, marchant de ces grandes enjambées qu'elle opérait lorsqu'elle était sous l'impulsion de puissants sentiments. De sa main de chair, elle agrippa le vêtement d'Orphée. La Roumaine avait le regard assombri, ses pupilles fixant Orphée sans aucune pudeur.

« Que me voulez-vous ? »

Plus de mensonges, plus de tromperie. Alice exigeait la vérité toute crue.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Mer 27 Avr - 20:34
Tortuga. C'étai si loin dans la mémoire d'Orphée. Tortuga... Il s'en était passé des événements là-bas. D'ailleurs, suite à sa séparation avec Zahnfee et Alice, Orphée avait erré. Ses souvenirs ne s'étaient pas fixés. Son esprit avait autant vagabondé que son corps. Mais tout cela était très lyrique. La vérité était que...

« Je ne suis pas le père modèle. Je le sais. Je ne vais pas chercher des excuses. Je sais que j'ai mal agi. »

Alice devait probablement pensé que tout cela était un acte. Que derrière ces excuses et ces phrases directes se cachait un nouveau plan machiavélique de l'excentrique Orphée. Mais Alice devait forcément commencer à se poser des questions. Il y avait une expression de sincérité troublante. Dérangeante... Elle ne collait pas au personnage qu'Orphée s'était créer durant toutes ces dernières années.

« C'est vrai, je n'ai pas été là pour Zahnfee. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé. En fait, je n'arrive même pas à dire « ma fille » tellement j'ai peu partagé sa vie. »

Écartant les lèvres, son index exhiba ses dents parfaites.

« Par contre, lorsque je t'ai demandé de me réparer, il n'y avait pas de mauvais tours. Je n'avais pas de second plan à l'esprit. Pas plus que je n'étais venu au mariage simplement pour avoir des dents à l'infini. »

Orphée laissa échapper un petit rire. Ce genre de sonorité signifiant qu'il repense à une ancienne blague.

« J'y ai repensé, aux mots que j'avais utilisé. Et je crois qu'on ne s'est pas compris. Je ne souhaitais pas abandonner mon don. Seulement avoir fier allure pour pouvoir emmener Zahnfee jusqu'à l'autel. »

Ses yeux se levèrent au ciel. Il se remémorait mais il réfléchissait aussi.

« J'imagine que tu vas me demander ce que je faisais là-bas, au mariage. J'ai pensé à ça aussi. Et je n'ai pas trouvé de réponses. Enfin, j'en ai une qui brille plus que les autres mais je ne l'ai pas accepté. Je pense que je suis allé là-bas pour partager un moment avec ma famille. Je crois que je me suis senti seul et que j'avais besoin de compagnie. »

Orphée baissa la tête et laissa le silence appesantir ses états d'âme.

Ses yeux se relevèrent et fixèrent la ville que protégeait Alice. Ce soit disant refuge pour les androïdes qui semblait protéger par un mur de brume.

« Je ne pense pas avoir répondu à toutes tes questions. Mais je pense avoir donné suffisamment de réponses. Qu'en penses-tu ? Crois-tu en la sincérité de mes paroles ? »
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Sam 30 Avr - 18:11

« Non. »

Alice était un être pétri de défauts, une tête de mule qui, refusant d'être trahi comme elle l'avait été par Vasile, renâclait à offrir un tant soit peu de pardon à Orphée. Sa main de chair lâcha la chemise de l'homme mais claqua, sèche, sur sa joue creuse. Un geste dérisoire mais qui lui fit du bien. Autant que lorsqu'elle avait sciemment marché sur son pied lors du mariage.

« Vous dites que vous n'arrivez pas à l'appeler ma fille. Pourtant c'est ce que vous avez fait au mariage. Vous vous êtes présenté comme son père, pour pouvoir entrer alors qu'elle se préparait. Vous m'avez salué en disant que vous étiez ravi que je sois toujours là auprès de votre fille. »

Probablement à tort, Alice était sur la défensive. Craignant que Orphée ne la roula dans la farine. Ses excuses sonnaient creuses à ses oreilles.

« Curieusement quand j'ai modifié votre don, vous n'avez rien dit. Pas même un merci, pas même une réclamation. Et comment vouliez-vous que je vous rende bonne figure ? Vous m'avez prise pour qui ? Marraine la bonne fée ? La sainte patronne des dentistes ? »

Le ton d'Alice montait dans les aigus. Ce pouvoir lui nuisait. Cet héritage de sa mère fée pourrissait tout ce qu'elle touchait. Elle avait déjà hésité à s'en débarrasser, au mariage, en avalant une de ces friandises sucrées. Mais l'urgence l'en avait empêché.

« Et voir votre famille ? Vous avez dit à Zahnfee que vous aviez un autre enfant. Vous auriez voulu couper tout lien avec elle que vous n'auriez pas mieux fait. Elle est libre, désormais. Impératrice, épouse, mère et, surtout, heureuse. Elle vous a tourné le dos, elle n'a plus besoin de vous. »

Du moins Alice en était persuadée. Rayonnante Zahnfee l'était. Et même si désormais elle portait une couronne, elle n'oubliait pas sa famille de cœur. Elle avait simplement trouvé un équilibre.

« Alors, non, je ne vous crois pas. Tout comme vous ne m'avez toujours pas parlé de ce frère. Ou alors c'était un mensonge de plus ? Vous les collectionnez. »

Dans le dos d'Alice, une voix la héla. Celle de Christmas. Tournant le dos à Orphée, Alice fit signe à l'Androïde que tout allait bien.

« Je peux vous offrir une tasse de café. Je vais demander à Christmas d'amener de quoi s'attabler hors de la ville. Je ne vous accorde pas encore assez de confiance pour que vous alliez poser vos chaussures dans mon refuge comme en un terrain conquis ».

Ce n'était pas pour rien que, lors de son absence, Alice avait mis en garde les rares habitants de la ville au sujet d'Orphée.

Spoiler:
 
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Jeu 5 Mai - 20:50
La réponse avait claqué dans l'air comme la gifle avait rougi sa joue barbue. Orphée était un peu déçu qu'Alice ne le croit pas. Dans un même temps, il n'était pas sur de se croire lui-même. Cela faisait des années qu'il jouait le rôle du chef d'orchestre machiavélique. Il l'écouta alors parler. Avec véhémence.

Posant une mains sur sa poitrine, Orphée s'inclina. Des habitudes de gentleman, ça ne se perdait pas. Surtout quand elle n'était plus teinté de théâtralité mais, au contraire, de sincérité.

« Je vous comprends, Alice. J'arrête le tutoiement car vous ne l'utilisez pas. Je le réutiliserais quand vous le ferez et, à ce moment-là, je saurais que je vous aurais convaincu de ma bonne foi. »

Orphée regarda s'éloigner l'homme qui se faisait appeler Christmas. Un nom qui avait de quoi émoustiller sa curiosité. S'il avait été le Orphée d'avant. Aujourd'hui, il était plus intéressé par Alice et lui faire comprendre qu'il n'était plus comme avant. Qu'il était blessé. Faible.

Dans le besoin...

« Je vous écoute parler et je me rends compte que ma situation est encore pire que celle que j'imaginais. Ainsi donc, j'ai réussi à appeler Zahnfee ma fille. Il faut croire que je perds la mémoire... »

Le désespoir passa sur son visage. Des rides se creusèrent, vieillissant ainsi le personnage tatoué mortellement.

« Je vois que j'ai besoin de tout vous expliquer. Alors je le ferais avant même d'accepter votre invitation à aller boire une tasse de café. Je ne la refuse pas, j'apprécie beaucoup le geste qui doit être compliqué à prendre pour vous. Mais je préfère que vous me fassiez pleinement confiance et que nous ne restions pas en plein milieu de la rue à boire cette tasse de café. A moins que ce ne soit une coutume familière sur ce continent et qu'en disant cela je vous offense ? »

Orphée leva les yeux au ciel. Son esprit commençait à tourner à plein régime, il y avait beaucoup de faits déterminants. Mais de quel façon les narrer ? Le plus simple était peut-être d'en faire une récit chronologique.

« Je vais essayer de vous donner le résumé de mes malheurs. Si vous souhaitez plus de détails, n'hésitez pas à me poser des questions. Donc, je dirais que tout a commencé depuis que j'ai échangé ce bras de chair par celui-ci qui est en métal et or maintenant. A partir de ce moment, j'ai enchaîné mésaventure sur mésaventure. Disons que de l'asile où opérait Vasile Duca, je me suis rendu en Espagne. Là-bas, j'y ai rencontré ma fille pour la première fois. Elle tenait une confiserie. De cette rencontre, j'ai subi les conséquences d'une colère furtive, me conduisant à détruire mon bras. Je n'avais plus de magie. Maintenant, je n'avais plus qu'un seul bras. Par la suite, nous nous sommes retrouvés tous les trois à Tortuga où notre groupe a explosé. »

Fronçant les sourcils, Orphée observa Alice. Sa mémoire essayait de se rappeler.

« Ensuite, j'ai du vagabonder fort longtemps sans me rendre compte de ce qui m'arrivait. Mon corps agissait par réflexe et par instinct. Puis un jour je me suis réveillé. Une idée occupait tout mon esprit. Cette idée réchauffait mes muscles et me redonnait une raison de vivre. Je sais que je vous ai promis d'être honnête mais je crains votre réaction. Peu importe, en fait, si vous me refusez votre refuge, je crois que je suis perdu. Donc, cette idée était la suivante : j'allais sillonner le Vieux Continent, recruter tous les monstres, androïdes, créatures magiques et autres excentriques. J'en aurais fait une armée et je l'aurais guidé pour embraser le Vieux Continent dans une guerre comme il n'y en avait encore jamais eu. Je sais que cette idée était pure folie mais à mes yeux, c'était réaliser la plus belle pièce de théâtre possible. Dans cette pièce, pardon, je veux dire dans cette guerre, il y aurait eu des situations impossibles donnant lieu à des émotions extrêmes. Tous ces gens qui m'apparaissaient comme ternes serait sorti de leur cocon en de magnifiques créatures colorées. »

Orphée s'arrêta. Il sentait qu'il y avait en lui encore une flammèche. Il n'avait pas tué ce rêve. Il s'en rendait compte à la façon dont il s'exprimait...

« Je savais qu'il me faudrait du temps. Je n'étais pas pressé. Parce que, derrière cette idée de conquête du Vieux Continent, je voulais m'entourer de gens capable de réparer et améliorer mon bras androïde. J'aurais voulu rassembler des esprits pensant en dehors du cadre pour créer l'être ultime parfait. Celui qui allierait la chair, la magie et le métal. Et je voulais que ce soit moi. J'aurais été un Roi régnant sur un peuple en-dessous des terres. J'avais pensé à m'installer dans les catacombes de Paris. Ou peut-être siéger dans une locomotive à vapeur. Une capitale sans arrêt en mouvement. J'aimais l'idée. »

Il devait arrêter de parler de ce rêve de jadis. Continuer pourrait être mal interprété. Orphée avait déjà peur d'en avoir trop dit.

« Cette quête que je m'étais fixé m'a permis de rencontrer beaucoup de gens. L'ancien Roi de Scandinavie qui m'a aidé à capturer un Troll. Une femme mystérieuse, navigatrice d'un bateau. Egalement un Breton recouvert de tatouages bleu accompagné de sa petite femme. Une fée espagnole obsédé par l'idée de trouver la solution au mouvement perpétuel. Egalement un homme que j'ai rencontré en Allemagne. Un certain Alexander Rammsteiner. Il était enthousiaste à mon idée. Du moins je le croyais, car lorsque je l'ai revu au mariage de Zahnfee, il semblait que notre rencontre n'ait jamais eu lieu... »

Alice voulait des détails. Elle allait en avoir.

« Mais avant que je ne me présente à vous lors des dernières préparations au mariage, je me trouvais sur le Nouveau Continent. Dans la ville de Salem. Je précise car vous en avez peut-être entendu parler. J'y étais à la recherche d'une nouvelle source de puissance. Après bien des péripéties, j'en suis ressorti avec le don d'apprendre à autrui pour mon propre pouvoir. C'est à ce point de l'histoire qu’apparaît le fameux « frère » de Zahnfee. Un enfant que j'ai croisé et à qui j'ai appris à charmer à l'aide d'un instrument. Je pensais avoir créer de forts liens avec cet enfant. Après tout, il vivait dans les marécages du Bayou. Il semblait à l'aise avec la magie vaudou. Par dessus tout, il maîtrisait déjà très bien son harmonica. Mais passons cette rencontre et allons directement à la déception. Effectivement, après le mariage, je suis parti à sa recherche. Il était mon fils. Il était l'extension de mon corps qui ne savait plus charmer. Mais je ne l'ai jamais retrouvé. A-t-il été enlevé ? A-t-il fui ? Peut-être est-il mort ? »

Orphée souffla. Son récit arrivait à la fin. La tasse de café paraissait être une bonne solution après avoir tant parlé. Mais il en avait encore un petit peu à dire.

« Pour résumer : j'ai perdu ma magie, mon rêve, mes compagnons et ma famille. Peut-être serez-vous plus encline à croire en la sincérité de mes paroles et mon histoire ? »
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 8 Mai - 21:10
Vouvoiement, tutoiement... Ces salamalecs linguistiques lui passaient au-dessus de la tête. Peut-être que oui, inconsciemment, Alice usait du vouvoiement pour conserver une distance, se préserver, à l'égard d'Orphée. Envers d'autres c'eut été gage de respect.

Le discours d'Orphée la perdit. Personne ne s'attend à ce que son interlocuteur narre, par le menu, son existence. Le projet de l'ancien joueur de flûte ne surprit Alice qu'à demi. Il s'était toujours présenté comme un créateur de chaos et de décadence. Son pouvoir en avait été l'écho. Qu'il veuille propager cet effet en un lieu bien plus vaste, ce n'était après tout que logique.

Néanmoins c'était un projet que Alice n'embrassait guère. Peut-être parce qu'elle était lassée de tous ces conflits. Ou qu'elle craignait les répercussions pour Zahnfee, sœur demeurée sur le Vieux Continent. Elle n'aurait su dire.

Alice accueillit la fin du discours d'une longue inspiration.

« Orphée. On ne balaye pas des années de méfiance. Vos paroles ne sont que des mots. Mais... faisons un marché. »

Elle commettait peut-être une bétise. Néanmoins, parfois, il fallait jouer avec le feu.

« J'accepte que vous entriez en ce refuge mais selon certaines conditions. Les mêmes auxquelles doivent se plier tous les habitants. Pas de conflit entre ces murs. Si vous avez un différend, vous le réglez dehors. Seuls les Androïdes peuvent entrer ici, sauf autorisation particulière. Qu'il faudra me demander. »

Car c'était elle qui avait fait renaître la ville, l'avait sorti de son bourbier pour la polir et la rendre plus resplendissante. Plus apte à accueillir des réfugiés en son sein.

« Et vous devrez participer aux tâches quotidiennes. Aider à reconstruire, réparer... Ici on ne se tourne pas les pouces. »

Le principal avait été dit. Alice fit volte-face pour se rendre vers la ville, non sans jeter un coup d’œil en arrière pour s'aviser que Orphée la suivait.

« Et vous allez accepter cette tasse de café maintenant. Avant que je change d'avis. »

La brume se dissipa lorsque Alice franchit le portail de Silent Hill. Christmas l'interrogea du regard avant d'ouvrir la marche, guidant le duo jusqu'à son café. Sur son passage Orphée pouvait remarquer les demeures, fort modestes, typiques d'une ville américaine de pionniers, construite de bric et de broc afin d'accueillir des habitants le temps d'exploiter mines et filon d'or dans les environs. Le café présentait le même charme rustique, un brin saloon sur les bords. Il ne manquait plus qu'un piano et une fille de saloon pour parfaire le tableau.

Alice prit place à la table, attendant que Orphée en fasse de même. Christmas déposa les tasses fumantes avant de se retirer derrière son comptoir, ses doigts caressant sa mâchoire inférieure de métal. Alice but une première gorgée avant de reprendre le fil de la discussion.

« Alors comme ça, vous connaissez Alexender ? Il vit ici, lui aussi. Ça m'étonne pas qu'il se souvienne plus de vous. Il retient davantage les noms et visages s'ils sont assortis d'un décolleté fourni. »

Il lui faudrait en parler plus avant de ce « détail » à l'Allemand. D'en savoir plus sur sa rencontre avec le joueur de flûte.

« Et c'est amusant mais je suis allée à Salem. Il y a bien longtemps. J'avais espéré fonder mon refuge là-bas, mais les circonstances m'en avaient empêché. »

Des circonstances qui avaient pris la forme d'un groupe hétéroclite et d'un vampire fort curieux.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Ven 13 Mai - 15:15
Orphée se laissa guider dans la ville, étonné que la brume se dissipe au passage d'Alice. Etait-ce le résultat d'un rituel magique ? Une bizarrerie américaine dû à la terre et ce qui était en-dessous ? Curieux, Orphée ne posa pas de questions. Ce n'était pas bon pour sa santé mentale et sa « rééducation ».

Assis derrière une table, Orphée observa sa tasse de café fumant. Ses sourcils se froncèrent un peu. Il était loin le temps où il pénétrait comme bon lui semblait dans les plus belles villas des plus riches aristocrates. En ce temps-là, il « charmait » les épouses délaissées, buvait du champagne hors de prix et subtilisait autant de richesses dont il avait besoin.

« Alexander se trouve dans cette ville ? Intéressant. Peut-être lui rendrais-je visite... »

Son index glissa dans l'anse de la tasse. La soulevant, il s'arrêta dans son mouvement et ajouta :

« Finalement, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Si je le vois, je suis certain que j'essaierais de comprendre ce qu'il s'est passé depuis notre dernière visite. J'ai peur que ça n'appelle la part sombre de moi que personne ne veut revoir. »

Finalement, il avala une gorgée du café et se dit qu'il lui faudrait à l'avenir plusieurs tasses pour s'habituer. Car il comptait bien s'installer, lui qui était un éternel vagabond. Dans cette ville où se trouvait uniquement des androïdes, il se sentirait à son aise parmi les monstres de métal et les excentriques de fer.

« Oh, je suis revenu de Salem, et je peux vous assurer qu'il n'y a rien d'amusant là-bas. Une ville à l'abandon. Des rêves brisés et des Corbeaux cherchant à vous tuer. Je ne sais pas quelles sont ces circonstances que vous évoquez, mais je pense que créer votre refuge ici a été une bien meilleure idée. »

Quelle était l'histoire d'Alice ? Comment s'était-elle transformée en messie pour les androïdes ? Orphée était certain que son histoire valait la peine d'être entendu. Mais une nouvelle fois, il se dit que ce ne serait pas bon de nourrir ses anciennes faims. Alors il posa une autre type de question.

« Assez parler de mon passé, directement ou indirectement. Parlons plutôt de mon présent et de notre futur si vous le voulez bien. Juste avant, vous avez évoqué des travaux manuels. Je ne rechigne pas à utiliser la puissance mécanique de ce bras androïde, mais comment savoir où je dois aller dans cette ville dont je ne connais pas la grandeur ? Comment puis-je savoir qui je dois aller aider ? »

Observant le dénommé Christmas, Orphée se demanda si sa mâchoire avait un quelconque avantage dans cette ville. Il était certain que le tavernier n'ouvrirait pas les bouteilles d'alcools avec. C'était dangereux de nourrir les habitants avec des tessons de verre alors qu'il venait ici se reposer après une épuisante journée de travaux.

« Certes, mais sinon, que prévoyez-vous pour le futur de cette ville ? Avez-vous prévu d'accueillir tous les androïdes du monde s'il le faut ? »
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 16 Mai - 17:21
Alice prit le temps de savourer sa tasse de café, laissant Orphée poser toutes les questions qui lui brûlaient les lèvres. L'Androïde nota que son interlocuteur avait omis la plus élémentaire des politesses qui était de remercier la personne qui vous offre le gîte et le couvert. C'était à croire que la scène du mariage se répétait à nouveau. C'en était presque lassant.

Alice reposa sa tasse vide.

« Merci Christmas. » glissa-t-elle au tenancier. « Ton café est toujours aussi savoureux. »

Sachant que la jeune femme n'en avait jamais bu avant l'arrivée du Casse-Noisette parmi eux, le compliment en était encore plus précieux. Alice croisa les mains sur la table.

« Je vais répondre à toutes ces questions. Cette ville n'est pas vaste – une trentaine de maisons tout au plus. Et nous ne comptons que cinq habitants, six désormais en vous comptant. Autant dire que vous croiserez probablement Alexender sans avoir à le chercher. Nous nous réunissons tous les matins, dans ce café, pour voir les tâches à accomplir, et à partager. »

En soit la ville fonctionnait presque sur un modèle communiste avec la mise en commun des biens, le principe de communauté se régissant par elle-même où chaque élément était un rouage de la grande machine.

« Vous n'aurez qu'à venir rejoindre la réunion quotidienne pour participer aux tâches communes. Pas forcément besoin de force... » précisa-t-elle en désignant, d'un geste du menton, le bras d'Orphée. « Même si ça peut s'avérer un plus selon la tâche à mener. Mais vous pourrez aussi bien aider à reconstruire une maison qu'à repriser des draps. »

Au grand dam, parfois, de l'ego masculin. Néanmoins l’oisiveté n'était pas acceptée au sein du refuge, sauf si tout travail avait été accompli.

« Le futur du refuge ? » Alice secoua la tête. « Il est là le futur. Accueillir les Androïdes qui recherchent un foyer, de la paix, alors que le monde nous considère comme des monstres et des aberrations. Je recueillerais ceux qui en expriment le souhait, qui en ressentent le besoin. Ici c'est un havre de paix. »

La jeune femme se leva, rapportant les tasses vides à Christmas qui, économe de mots, se contentait d'observer la scène.

« Je peux vous montrer votre futur logis, si vous le souhaitez. » glissa-t-elle à Orphée, croisant les bras.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Jeu 19 Mai - 21:18
« Havre de paix » ? Cela résonnait avec la mort pour l'esprit d'Orphée. Était-ce une déformation liée à sa personnalité ? Ou une triste réalité que lui seul voyait ?...

« Ce serait avec plaisir, merci. Maintenant que je me relève après m'être assis, je me rends compte que mon corps a vieilli et que j'ai longuement marché avant d'atteindre les remparts informes de ce... havre de paix. »

Suivant l'androïde, les mains croisés dans le dos, Orphée observa les alentours. Tout cela lui paraissait être tellement peu, tellement pauvre. Un mauvais décor réalisé par des débutants hésitants et des aînés blasés. Mais Orphée n'était pas certain de le voir de cette façon car ces bicoques ne lui apparaissaient pas si ternes que cela. En fait, il y voyait des lueurs de couleur et de luminosité. Finalement, ces constructions étaient peut-être de puissants chef d’œuvres en devenir ?

« Mademoiselle Alice, j'ai assimilé le fait que nous n'étions pas nombreux. Mais se pourrait-il qu'il y ait un tailleur parmi vos habitants ? Ne vous faites pas de mauvaises idées, je ne suis pas à la recherche d'un costume hors de prix. Non, rassurez-vous, je recherche simplement un habit qui me permettrait de changer de rôle. J'aimerais quitter cette couleur noir qui m'habille et le remplacer peut-être par un marron qui paraît si commun à cet immense territoire ? »

Il y avait une forte volonté de changer. Pour Orphée, l'apparence modifiait inévitablement la psyché. C'était un fait absolu qu'il avait appris lors de sa longue vie de vagabondage et d'expériences diversifiées. D'ailleurs, une idée germait dans sa tête alors que sa main glissait sur ses longs cheveux. Mais il se corrigea mentalement. Chaque chose devait être faite en son temps. Etape par étape était la règle pour tout assimiler et ne pas retourner à ses mauvaises habitudes.

« Mais dites-moi, vivre sur ce continent désertique n'est-il pas une façon de chercher une quelconque pénitence ? Je veux dire, il y a des paysages qui sont plus agréables à l’œil. Sans compter que vous êtes loin de tous et de toutes. Je pense en particulier à Zahnfee qui se trouve en Europe. N'étiez-vous pas unis par des liens puissants ? »

A parler de sa fille, Orphée se rendit compte que cette dernière était enceinte lors de leur dernière rencontre. En ce jour, elle avait forcément accouché. Ce qui signifiait qu'Orphée était maintenant grand-père. Lui qui se croyait être un Dieu immortel ressentait soudain les ravages du temps qui n'épargnait personne. Inconsciemment, sa posture s'affaiblit. Ses rides se creusèrent. Son expression devint plus lasse.
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 22 Mai - 21:06
Alice posa sa main sur la poignée de la porte, l'abaissant, s'écartant d'un pas pour laisser Orphée entrer avant de le suivre. La demeure était sommaire, dépourvue d'étage, comportant le nécessaire. Le couloir donnait sur le salon, qui faisait aussi office de salle à manger. Cuisine, salle de bain et chambre composaient le reste des pièces, tous bâtis dans ce style colonial typique de la conquête de l'ouest. Alice expliqua où se trouvait chaque pièce, faisant rapidement le tour du propriétaire. Orphée aurait tout le temps d'observer dans le moindre détail et de s'habituer à ce nouveau logis.

« Nous n'avons pas de tailleur. Je sais simplement repriser et coudre... un peu. » Mais, pour le moment, les robes qu'elle avait réussi à confectionner pouvaient être portées par des poupées, non pas des humains. Des poupées au goût esthétique déplorable. « Mais nous avons quelques vêtements. Justement j'en avais déposé ici, en l'attente du futur locataire. »

Alice mena Orphée jusqu'à la chambre, ouvrant l'armoire pour en extirper les vêtements qu'elle déposa sur le lit. Laissant les robes, elle ne sortit que les tenues masculines. Pantalons droits, vestons et chemises dans les teintes allaient du blanc à l'ocre, en passant par le beige. Couleurs neutres et tenues proches du cow-boy.

« Voilà. Je peux tenter de faire des retouches mais je ne garantis pas le résultat. »

Les questions de Orphée continuaient leur chemin, poussant parfois l'interrogation très loin. Alice ne put retenir un rire, s'exclamant sans retenue.

« Pénitence ? Ne prenez pas votre cas pour une généralité. »

Alice laissa son regard glisser vers la fenêtre de la chambre donnant sur l'allée principale du village. Elle eut un sourire, comparable à celui d'une mère, en voyant Grimm vagabonder, saluant Lorenzo dans une trille de sifflements.

« Ici nous sommes loin de la Roumanie. Loin de ces pays qui veulent notre destruction, des regards méprisants. Ici nous sommes en paix. Vous avez le regard orgueilleux d'un Européen. Vous aimez les palais et les châteaux. Vous n'appréciez pas la beauté d'un travail exécuté de ses propres mains. »

Alice épousseta sa robe, détachant son regard de la fenêtre.

« Et Zahnfee et moi avons toujours un lien. Je lui ai offert des cadeaux pour Noël. Sur ce, je vais vous laisser vous changer. À moins que vous n'ayez encore des questions ? »

Auquel cas Alice quitterait la maison en refermant la porte derrière elle.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Ven 27 Mai - 14:41
Orphée remercia Alice, lui disant que sa soif de questions était pour le moment étanché. Il lui souhaita une bonne fin de journée et lui promit qu'il serait présent demain matin sans faute à la réunion du village.

Se rapprochant de l'armoire d'où Alice avait sorti différents vêtements, Orphée remarqua qu'il y avait également des vêtements de femme. Toute éventualité avait été envisagé concernant la venue d'un nouvel habitant. Les pensées d'Orphée flanèrent quelques instants, imaginant Alice dans une robe à froufrou dansant le cancan. Cette idée le fit sourire puis il revint aux vêtements masculins.

Les coupes étaient sommaires. Les couleurs parfois fatigués. Orphée eut une petite moue de dédain en repensant aux tailleurs bourgeois qui, sur les terres d'Europe, prenait ses mesures pour lui confectionner les plus beaux costumes. En ce temps-là, sa flûte charmait et il en profitait pour combler tous ses besoins.

Finalement, il choisit un ensemble de couleur marron. Il se retint de prendre ce qui donnait le plus fier allure. Il préféra choisir des vêtements triviaux qui lui permettrait d'être à son aise s'il était amené à faire des tâches physiques.

Il se déshabilla et prit son temps pour plier et ranger méticuleusement ses habits noirs dans l'armoire. Puis il s'habilla de la mode et des couleurs du Nouveau Continent. Une fois cela fait, il alla d'une pièce à l'autre. Observant et retenant la configuration de sa nouvelle maison. C'était une notion étrange pour l'éternel vagabond qu'il avait été. Après des dizaines d'années de vie en mouvement, il prenait enfin le temps et la décision de se poser.

Le reste de la journée, il la passa chez lui, assis sur une chaise, observant une porte qui ne s'ouvrit pas. Orphée ne voulait pas prendre l'initiative de sortir et d'explorer le village. Ses premières interactions avait été difficiles. Visiblement, il était une légende qui avait en plus l'imagerie de la mort indélébilement inscrit sur son visage.

-

Au petit matin, après une toilette sommaire, Orphée se rendit à la taverne. Christmas, l'androïde à la mâchoire d'acier, était déjà dans l'établissement. Il passait un coup de balai en attendant les quatre autres habitants. Orphée se dirigea dans sa direction et lui tendit la main.

« Bonjour, monsieur Christmas. Je ne ferais pas de long discours mais je tiens une nouvelle fois à me présenter. Je m'appelle Orphée et je suis honoré que vous m'acceptiez dans votre village. »

Une fois que les présentations furent à nouveau faite, Orphée se dirigea vers une chaise et attendit. Il salua et se présenta également aux dénommés Grimm et Lorenzo. Il les observa mais n'engagea pas la conversation. Une nouvelle fois, il ne voulait pas provoquer d'incidents. La situation était déjà assez fragile concernant lui et Alice.

Toujours assis, Orphée entendit des bruits de pas. Il se demanda si ce serait Alice ou Alexander.
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 29 Mai - 22:44
La veille Alice avait demandé davantage d'informations à Alexender concernant leur nouvelle recrue. L'Allemand l'avait déjà mentionné avant leur départ pour le mariage impérial mais était resté évasif. L'Androïde ne tira pas plus d'informations ce soir-là. L'Allemand n'ayant rencontré l'homme qu'une fois, et dans un laps de temps de quelques heures, ses souvenirs demeuraient chiches. Il se remémorait seulement que l'homme avait eu un projet de groupe anarchique. Groupe qu'il n'avait pas rejoint, Orphée n'étant pas ré-apparu depuis.

La discussion s'était clos sur ce constat laissant Alice dubitative. Alexender, avec le temps, avait su prouver qu'il pouvait devenir un homme « comme il faut ». Du moins savait-il tempérer certains côtés de sa personnalité et œuvrer dans le bon sens. Il fallait simplement redresser parfois la barre, et le motiver comme il se devait. Il n'y avait donc aucune raison qu'il repartit dans ses anciens travers, comme rejoindre un groupe de mercenaires avide de destruction.

Certaine que tout irait pour le mieux, le lendemain, Alice entra dans le café, sourire aux lèvres, suivie d'Alexender.

« Bonjour tout le monde ! »

Chacun de saluer par un « B'jour » ou un hochement de tête. Alice se cala contre le comptoir, demeurant debout tandis que tous les autres étaient attablés. L'Androïde nota que Orphée était à part des autres – soit par choix délibéré, soit parce que les autres ne lui prêtaient pas encore leur confiance. Sa main gauche désigna le nouveau venu.

« Orphée nous a rejoint la veille. Pour le moment, son rôle n'est pas encore établi. Nous verrons avec le temps. Traitez-le comme un des nôtres car il est un habitant de la ville comme vous autres. »

Approbations dans la salle.

« Passons donc aux tâches du jour. Maintenant que le café est restauré, nous pouvons nous occuper d'un autre projet. Celui de construire une échoppe, une remise qui mettra à la disposition de tous vêtements et objets usuels. Lorenzo... » Le pilote blond leva la tête de sa tasse de café. « Toi et Grimm irez chercher des cargaisons de tout ce qu'on pourrait avoir besoin. Vêtements, nourritures, vaisselle et j'en passe. »
« Y a toujours des colis qui tombent des vaisseaux volants. » souligna Lorenzo avec un sourire entendu. « Et j'ai quelques anciens collègues qui peuvent me dépanner. »
« Fais comme tu l'entends. Christmas restera nous aider, moi, Alexender et Orphée dans la reconstruction de l'échoppe. On se retrouve ce soir, à l'heure habituelle. »

Un murmure d'approbations parcourut le café, chacun finissant sa tasse avant de quitter l'échoppe. Alice fit signe à ses collègues de la suivre, les amenant à quelques pas de là auprès d'une demeure à deux étages. Tout suintait l'usure et le laisser-aller. Les volets pendaient, le soleil filtrait par les trous qui parsemaient le toit, sans compter les planches rongées par l'humidité. Au moins le rez-de-chaussée semblait tenir.

Alice claqua dans ses mains.

« Bien. Je sais que ça peut sembler être du miracle si on arrive à lui redonner une seconde jeunesse... Mais on peut y arriver. Lorenzo a ramené quelques outils lors d'un de ses voyages. Christmas, tu vas les chercher ? On t'attends pour commencer. »

Le barman hocha la tête avant de se rendre vers un des autres bâtiments, laissant Alice entre Orphée et Alexender.

« Je sais, charpentier c'est pas un métier qui vend du rêve. Mais imaginez... L'étage pourra servir de remise, et on aura plus à aller quêter auprès d'autres villes. On aura tout sur place. »
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Sam 4 Juin - 12:05
Dans ses nouveaux vêtements, Orphée croisa les bras et observa la baraque qui tombait en ruine. C'était une situation nouvelle. Ça ressemblait à un indescriptible problème mathématique dont il n'avait les outils pour s'en occuper. Orphée n'étant pas du tout versé dans ses arts intellectuels, c'était dire à quel point il se sentait désarmé et inutile devant les planches de bois.

Il se tourna vers Alice et lui dit :

« N'imaginez pas dans mes prochaines paroles une façon de déjà fuir ou d'abaisser le peu d'estime et de confiance que vous avez de moi, mais, face à ces problèmes de charpenterie, je me sens plus qu'inutile. »

Il fit quelques pas de sorte à se trouver entre le bâtiment à rénover et Alice accompagné d'un Alexander pour le moment silencieux.

« Je n'ai aucune notion de couture mais je sais ce que sont de beaux vêtements. J'en ai vu et porté suffisamment dans mon autre vie pour le savoir. Je pourrais quitter la ville et aller dans d'autres à la recherche d'un tailleur et d'un fournisseur. Avec ces premiers contacts, je pourrais leur proposer quelques patrons. »

Orphée proposait-il de se lancer dans la mode ?! C'était étrange mais c'était dans le domaine du réalisable.

Il fit à nouveau quelques pas, passant ainsi entre Alice et Alexander pour se retrouver entre eux deux et le saloon.

« Pour ce qui est de ce bâtiment, le saloon tenu par Christmas, je pourrais probablement trouver des moyens d'égayer l'endroit. Comme vous le savez Alice, j'ai longtemps joué de la flûte. Pourtant, je n'ai jamais réussi à en apprécier les mélodies. Une malédiction en sorte. Ceci dit, je crois que je pourrais quitter la ville, aller dans une autre à la recherche par exemple d'un piano et de quelques artistes. Je pourrais organiser des soirées festives si la possibilité vous intéresse ? »

Maintenant, Orphée proposait de devenir manager ? Il y avait effectivement un potentiel à exploiter. Il avait assisté à suffisamment de fêtes mondaines et de soirées entre gens du voyage.

« Alors, qu'en dites-vous ? Préférez-vous que je quitte la ville dans le but d'enrichir la votre ? Ou préférez-vous m'apprendre à rénover un bâtiment tel que celui-ci ? »
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Jeu 9 Juin - 23:53
La veille Orphée n'avait été qu'une ombre, un homme réclamant charité et logis où se poser. Une nuit au sein du refuge avait su, de toute évidence, lui redonner tout son éclat. L'homme occupait la scène comme à son habitude, évoluant à grandes enjambées, se déplaçant pour mieux s'accaparer l'attention de son auditoire. Christmas était revenu entre temps, transportant une lourde caisse à outils. Il leva un sourcil en écoutant Orphée parler. Sa mâchoire inférieure grinça tandis qu'il déposait la caisse.

« C'est pas un saloon, mais un café. » se permit de corriger Christmas. « Y a pas d'alcool. Ni de fille qui se trémousse. »

Alice avait souligné que ça aurait été trop vulgaire comme spectacle.

L'Androïde n'avait pas pipé mot laissant Orphée finir son monologue. Néanmoins les gestes et paroles de l'homme ne la mettaient pas à l'aise. Il se portait soudainement trop bien. Son attitude d'hier n'avait-il été que poudre aux yeux pour mieux l'aveugler ? Si cela se révélait vrai, c'eut été une raison suffisante pour que la jeune femme mit Orphée à la porte. Elle n'allait pas se préoccuper d'un individu qui lui mentait éhontément.

La jeune femme ouvrit grand les bras.

« Vous croyez que j'ai la tronche d'un charpentier ? Personne ici l'a. On a tous appris. Sur le tas. Mais si clouer des planches c'est trop vous demander, je peux vous envoyer au potager planter des graines. »
« Me dis pas que tu sais pas planter un clou ? » se permit de glisser Alexender, bras croisés.
« Et il aurait été de bon ton de soumettre ces idées à la communauté lors de la réunion et pas maintenant. »

Alice soupira. Elle essayait d'intégrer une certaine organisation en cette ville. Si chacun commençait à n'en faire qu'à sa tête, ils n'en sortiraient jamais. Plongeant sa main dans la caisse à outils, elle se saisit d'un marteau.

« Puis vos idées ont trop de défauts. Sortir de la ville tout seul pour aller chercher des alliés ? Je sais pas si vous avez remarqué mais on est dans un pays vaste. Et ça multiplie les chances de tomber sur des gens qui nous haïssent juste parce qu'on est pas humains, selon eux. Puis je veux pas prendre le risque que vous vous liez à des gens mal intentionnés. »

Armée de son marteau, Alice jaugea la demeure, donnant des coups sur les planches bien trop pourries pour être retapées. Alexender et Christmas suivirent le mouvement, arrachant les planches qui n'avaient plus aucune utilité, s'entraidant pour clouer de nouvelles planches. Alice arracha un vieux clou récalcitrant tout en continuant à parler à Orphée.

« Puis des artistes. Si vous avez pas su apprécier votre propre musique, si vous avez pas l'oreille musicale, comment vous pourriez apprécier la musique des autres ? Et faudrait que des artistes androïdes. Je sais qu'on est plusieurs, mais on est pas aussi nombreux que des humains. Ça se saurait sinon. Et j'ai beau aimer les rubans, on s'en moque d'avoir de beaux vêtements. L'important c'est qu'ils soient robustes, tiennent chaud en hiver. »

Alice agita son marteau vers Orphée.

« Ce refuge va se tenir et s'organiser tout seul. On dépendra de personne d'extérieur. On vivra libres dans notre refuge sans l'aide de personne autre que nos semblables. Alors maintenant ou vous bossez ou vous partez. Ici mangent que ceux qui travaillent. »
« Pis vous êtes pas manchot.» glissa Christmas en désignant, d'un mouvement de mâchoire, le bras mécanique de Orphée. « C'est quoi qu'y vous gêne dans ce travail ? »
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Mar 14 Juin - 7:03
« Ce qui me gêne dans ce travail ? Le manque de connaissance et d'expérience. Mes rides et mes cheveux blancs sont les preuves existantes de mon âge avancé. Mais cela ne rime pas avec sagesse et expérience de tout en ce monde. Malgré mon tatouage à l'effigie de la mort et mes grandes manières, les premières expériences restent toujours angoissantes. »

Au lieu de prendre un marteau et une bonne poignée de clous, Orphée préféra prendre un pied-de-biche. Dans un premier temps, il fit trois pas en arrière et observa ce que faisaient ces nouveaux compagnons. Sa main s'éleva dans les airs et commença à danser, suivant la forme imaginaire d'une boucle infini. S'il n'avait jamais pu apprécier la musique, Orphée avait su reconnaître les schémas qui se dégageaient des plus grands compositeurs. Aujourd'hui, cela lui servait à savoir quelle planche était à retirer des murs qui tenaient par miracle.

Il se rapprocha et commença alors son labeur. Le pied-de-biche s'enfonçait trop bien dans les interstices nombreux. La maison était comme une grand-mère qui tenait à la vie, qui luttait pour survivre. Son dentier était profondément planté sur les rivages qui faisait face à l'après-vie. De son œil de verre, elle défiait Charon sur sa barque.

Peu après, Orphée s'arrêta dans son mouvement. Il aspira de l'air entre ses lèvres contractées. Ses sourcils étaient froncés de douleur. Il ferma les yeux et attendit que la crise passe. Puis il reprit son travail de démolisseur.

« Vous savez Alice, vous êtes une femme très pragmatique. Vous savez garder la tête sur vos épaules et prendre les bonnes décisions. Qui sont aussi celles qui impliquent de dire non aux autres. Ce qui signifie que vous n'avez pas peur qu'ils vous haïssent pour le plus grand bien de ce refuge. En fait, vous êtes un peu la mère de tous ces androïdes paumés que nous sommes. »

Puis Orphée reprit son travail. Plusieurs fois il eut envie de faire des commentaires fantasques. Mais il se retint. Son petit monologue concernant différents axes d'amélioration de Steamtown n'avait pas été bien accueilli. Il préférait se taire. Laisser le temps passer et la confiance s'installer. C'était en quelque chose une expérience nouvelle pour lui. Difficile par bien des aspects mais riche d'enseignement.
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mar 21 Juin - 22:15
Alice eut un haussement d'épaules face aux explications de Orphée retournant aider la fine équipe. La jeune femme n'avait guère envie de se répéter. Que leur nouvelle recrue croit ce qu'elle veut. Tant qu'elle mettait, un minimum, la main à la pâte... Ce n'était guère demandé en échange d'un logis et de trois repas par jour. De nouvelles planches furent clouées à la place des anciennes. D'un commun accord Christmas et Alexander gravirent les marches menant à l'étage, évoluant prudemment afin d'éviter de passer à travers le plancher à cause de leurs poids respectifs.

Alice, de son côté, faisait le tour du rez-de-chaussée. Elle fut ainsi assez près de Orphée pour l'entendre.

Une mère, elle ? La comparaison l'intriguait. Maternait-elle trop les habitants de ce refuge ? De ce qu'elle savait, c'était même le contraire. Il lui semblait avoir plus le rôle de la grande sœur, de la figure qui se doit d'être autoritaire mais sait aussi se montrer douce quand plus aucune charge ne pèse sur ses épaules. Et pas sûr que Alexander voit Alice comme une mère. Ou alors cela soulevait d'autres interrogations un brin gênantes.

« Vous me haïssez Orphée ? » Il lui semblait que c'était tout ce dont elle devait tirer des répliques de l'homme. « Peu m'importe. J'ai sué pour fonder ce refuge. Peut-être devrais-je davantage accorder ma confiance mais, au vu de tout ce que j'ai vécu pour arriver là, je considère légitime d'éviter les erreurs dans le futur. Du moins les plus grosses. »

À l'étage un juron se fit entendre. Celui d'Alexander qui venait de se planter un clou dans un doigt. Alice eut un rire bref. Se baissant elle saisit la trousse à outils des deux mains, la soulevant en grognant.

« Mais dites-moi Orphée en quoi vous êtes doué ? Hormis vous croire dans une pièce de théâtre. Avec vos seules capacités que pourriez-vous apporter au refuge ? »

Au-dessus la voix de Christmas appela Alice à la rescousse. Ses bras enserrant la boite à outils la jeune femme entreprit, cahin-caha, de grimper l'escalier.
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Orphée
Jeu 23 Juin - 18:41
Orphée fut arrêté dans son labeur par la question d'Alice.

« Si je vous hais ? Au contraire, c'est un compliment que je vous faisais. Vous êtes une femme qui connaissez votre propre force. Et, malgré vos mésaventures passées, vous avez osez prendre le risque de m'accueillir dans votre refuge. De plus, il faudrait vraiment qu'un plan machiavélique m'anime pour qu'il m'oblige à retaper une vieille ruine, n'est-ce pas ? »

C'était une plaisanterie. Il n'y avait aucun sous-entendu dans cette dernière question qui ne l'était pas. Bien sur, Alice aurait forcément toujours un doute : à cause de leur passé en commun et parce que, même si Orphée souriait sincèrement, son sourire était toujours celui du tatouage à l'image d'un crâne humain.

Provenant de l'étage au-dessus de leur tête, Orphée et Alice entendirent un cri de douleur. Voyant l'expression amusée de son interlocutrice, Orphée ne s'inquiéta pas et l'écoutit lui demander ce qu'il savait faire. Fronçant d'abord les sourcils, Orphée se sentit insulté.

« Vous moquez-vous de moi ? Remettez-vous en question mon implication dans cette nouvelle vie ? »

Orphée n'eut pas le temps d'entendre la réponse d'Alice que Christmas, l'androïde à la machoire d'acier, appelait à l'aide. Il se retrouva donc seul, des pensées circulant dans sa tête.

*Suis-je donc si mauvais que je ne peux espérer une rédemption avant la fin de ma vie ? Dois-je me brûler le visage pour faire disparaître ce tatouage afin que les gens m'accordent leur confiance ? *

Le pied-de-biche à la main, Orphée était animé de mauvaises pulsions. Sa main androïde serrait plus fort le pied-de-biche tandis que sa main de chairs tremblait. Inévitablement, le visage d'Alice s'afficha dans son esprit. Visage dont les traits étaient déformés par sa vision théâtrale. Dorénavant, elle était affublée d'un rictus et de petits cornes rouge.

« Abruti ! »

Orphée se laissa donc tomber par terre, lâchant le pied-de-biche dans un le même temps. Pour chasser cette image diabolisée d'Alice et pour exorciser ces pulsions d'une autre vie, il commença à tracer un ange dans la poussière du désert.

Lorsqu'il fut apaisé d'avoir joué à un jeu d'enfant. Il rejoignit Alice, Alexander et Christmas à l'étage, dans ses vêtements poussiéreux.
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Ven 24 Juin - 14:45
Alice et Orphée ne se comprendraient pas aujourd'hui. Il leur faudrait probablement du temps pour deviser sans qu'aucun des partis n’interpréta mal les propos de l'autre. Montée à l'étage, Alice ne vit pas Orphée en proie à ses pensées. Tant mieux, aussi bien pour l'un que pour l'autre. Alice aurait cru qu'il était devenu fou et son peu de confiance en l'homme se serait effritée.

Le reste de la journée se déroula sans réelle anicroche, chacun agissant du mieux qu'il pouvait dans la reconstruction de la bâtisse.

En fin de journée, on dîna à l'extérieur sous la clarté des étoiles avec la satisfaction du devoir accompli. La satisfaction d'avoir créé quelque chose de ses propres mains.

L'Europe pouvait garder ses bals, ses robes de soirées, son bling-bling bourgeois. Alice avait trouvé son bonheur ici. Dans la sérénité, entourée de ses semblables.

Fin.
Alice Liddell
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