[Novembre 05] Hunting Dragons

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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Mer 4 Mai - 18:53
Asbjorn n'était jamais malade. Même à poil dans la neige, le pire qu'elle avait eu depuis ses 13 ans c'était le nez qui coulait. La vie dans une ferme humide lui avait rapidement donné une résistance raisonnable pour pouvoir se protéger des petits désagréments d,une vie quotidienne, et d'être au creux de l'hiver comme un bébé dans son giron.

Et voilà que depuis son arrivée au château, l'impératrice crachait ses poumons à longueur de journée. Elle avait perpétuellement un goût immonde en bouche, et elle se sentait perpétuellement fatiguée et irritée. Elle avait pensé à un empoisonnement mais ne dit rien à personne pour une raison obscure de ne pas ruiner le peu de diplomatie et de respect dont jouissait sa cours. De même qu'elle se rendait compte que laisser son assiette de côté ne changeait absolument rien, si ce n'est qu'en plus elle crevait de faim. Pas stupides, ses sujets avaient bien remarqué l'état de santé de l'impératrice et d'ailleurs les sujets de la Reine aussi vu que celui qui s'occupait d'eux pendant leur séjour, arriva la bouche en cœur et le nez en trompette pour lui proposer une consultation en vu de la guérir de sa petite faiblesse.

“Vous avez un Seidr ici ?”
“Arhem. Non ?” Fit l'homme prit de cours par la question saugrenue de l'invitée, qui comprit bien vite qu'il n'avait pas la moindre idée ce que qu'était un Seidr. Elle s'en doutait mais on pouvait toujours rêvé.

“Vous m'amenez voir une fée ?”
“Non ?”
“Un mage ?”
“Non.”
“Un druide ?”
“Nooon...”
“Un herboriste ?”
“Non.”
“Un guérisseur ?”
“Non !”
“Vous allez quand même pas m'envoyer chez un de vos cul pincés de prêtre !”
“Mais comment un prêtre pourrait vous soigner ? Un médecin ! Je vous emmène voir un médecin !”
“Quoi ? Un médecin ? Mais comment la médecine peut guérir quoique ce soit sans la volonté divine ?!”

Sa toux empirant, et son esprit critique étant plus profond que n'importe qui d'autres ici, elle tenu tête un bon moment avant de se raviser quelques heures plus tard, sous les conseils de sa cours entière, vu qu'il n'y avait aucun guérisseur parmi eux, et que tout le monde se mit d'accord qu'Odin ne serait pas très regardant sur la méthode utilisé si l'impératrice était guérie. Mourir de cette façon la priverait du Walhalla, et d'une manière générale, la Scandinavie n'était pas prête à supporter un nouveau deuil d'un souverain. Un trône vide avait été tellement traumatisant qu'elle avait été portée aux nues pour une simple épée. Alors soit, Asbjorn Sigmar, Élue des Dieux et première de son nom, ira voir un médecin pour supporter cette affreuse toux.

Ravi, son hôte passa tout le trajet vers le cabinet du médecin de la cours de France à vanter les mérites de ce dernier, et principalement dans la traite du delirium. Ayant perdu ses anciens souverains à cause de ce fléau, la jeune viking écouta sagement avant de finalement se gratter le crâne en marmonnant. “Martès. Martès... j'ai entendu ça où déjà ?...”

“Vous avez discuté avec les femmes d'ici ? Le médecin est très populaire auprès de la gente féminine, elles parlent souvent de lui. ”
“Ouais vaguement, mais déjà que je comprends rien même avec mon sort de traduction, c'est dur d'enregistrer le moindre mot entre deux gloussements et regard noirs.”

Le messager roula des yeux sur le côté en riant jaune et en redressant son col. Mais c'est une fois devant le médecin en question, après que son guide ait dûment demandé une audience entre moult courbettes et supplications, qu'Asbjorn finit par le reconnaître.

“Le danseur aux greluches ! Arsène Martès !”

Une quinte de toux la prit à la gorge pour l'empêcher de continuer de parler. Et vu le visage qui en disait long de son guide, ça voulait dire que c'était peut être une bonne chose. Une fois calmée elle se reprit pour continuer :

“Vous fuyez encore les dragons ?”
Keisarinna Asbjorn
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Arsène Martes
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Arsène Martes
Mer 4 Mai - 22:54


Qui veut devenir dragon doit manger d'abord beaucoup de petits serpents.
Proverbe Chinois





C'était un coup dur.
Pour son ego de médecin comme pour la cause du Milan. La santé du prince Ciel s'était dégradée brutalement et sans signe avant-coureur. Après une très belle embellie depuis son retour à la gouvernance médicale de Versailles, Arsène s'était presque convaincu que les démons du jeune garçon étaient scellés avec ses névroses centenaires dans un coin de son âme. Il n'en était rien. Le Serpent n'avait jamais quitté le coeur de l'enfant et avait profité de son absence de vigilance. C'est alors qu'il paradait lui même, en tant que chaperon, aux cotés de sa royale soeur, au mariage impériale austro-hongrois, que le venin s'était répandu à nouveau dans les veines de l'enfant. La solitude, la mélancolie, le chagrin avait émoussé sa résistance et la dépression ne fit de lui qu'une bouchée. Le physique avait suivi sagement le mental dans sa chute, sans sourciller.
Il avait fallu le retirer du palais, et organiser sa retraite dans la station thermale de Deauville, pour une vie plus saine, baignée d'air marin et d'isolement sous une fausse identité.

Ciel ne deviendrait jamais roi et ce roi ne deviendrait jamais président de la république de France.

Arsène vivait cette perte comme un échec pâtant et plus douloureux qu'escompté. Il refusait d'admettre qu'il avait un coeur et que ce dernier s'était attaché au frêle blondinet, de cent ans son oncle à moitié. De plus Ronce surmontait l'événement dans les bras d'un amant, un de chair et de sang et non une de ces chimères de roman à l'eau de rose. L'heureux élu était un russe, un militaire et pour gâcher d'avantage les affaires d'Arsène, un lieutenant de la police de la tsarine. Par conséquent, son lien privilégié avec la Reine de France s'était copieusement émoussé et il jugeait plus prudent de ne pas trop s'approcher du couple. Katarina, d'ailleurs, ne sortait plus de la Douane que la nuit, de peur que son visage, autrefois fiché par les autorités moscovites, ne se rappelle à la méchante mémoire de Kay Sokolov.
Pour couronner le tout, Ebène devait encaisser moralement l'annonce des épousailles de Jan, officielles celle-ci, avec son ex-belle-soeur. Il se fichait de cette épouse fantoche et de la manœuvre politique comme d'une guigne mais il en voulait mortellement à Bettina d'avoir le droit de se tenir jour et nuit dans la vie de sa moitié, quand lui ne devait se contenter que d'instants volés, en secret.
Il n'était que la noce dissimulée.

De fait, Arsène Martès, Médecin Royal de la cour de France était de vilaine humeur.

- Docteur Martès, j'ai là un cas qui requiert votre attention la plus franche, il en va de l'avenir des relations internationales entre la Scandinavie et la France...
avait entamé le le duc Gustav Nordling, diplomate scandinave, attaché à la cours de France avant le Grand Sommeil et qui du coup, y était resté, au point de paraitre plus onctueux et agaçant que le plus servile des courtisans pure-souche. Son rôle de diplomate était purement cosmétique et consistait surtout à jouer les nourrices pour l'Impératrice en armure et sa fée, en goguette à Versailles.
- Qui y a-t-il, Monsieur le Duc ? Est-ce que le mignon de votre chère impératrice s'est une nouvelle fois coupé sur ses draps ?
- Docteur ! fustigea le diplomate au plus haut de son offuscation, mais sans nier toutefois : Les pratiques sexuelles de sa souveraine et de son conseiller étaient quelques peu... sportives. Et bruyantes. Et de plus en plus délicates à maquiller aux oreilles des habitants versaillais.

Arsène se massa l'arrête du nez.

- Pardonnez-moi, mon cher. Je me montre inutilement acide. Vous faite un travail formidable, nous en sommes tous conscients et la reine plus que quiconque.

Un peu de pommade ne mangeait pas de pain, et vu l'assouplissement de l'expression de son interlocuteur elle avait fait son office de baume.

- Et le votre est tout aussi inestimable, sinon plus.

Sans rire.

- Ma Dame souffre d'une toux maligne et...
- Je vais l'ausculter , Monsieur le Duc,
coupa Arsène, Je me rendrais dans ses appartements dans deux heures.

Nordling aurait espéré que ce soit sur le champ, mais se contenta d'avaler la couleuvre, à mettre une fois de plus au crédit de ce médecin arriviste et arrogant. Il lâcherait son fiel par touches subtiles à l'Impératrice avant l'entrevue.


-Le danseur aux greluches ! Arsène Martès ! Vous fuyez encore les dragons ?

Ponctuel comme toujours, Arsène s'était présenté à l'heure dite. Il était en proie à un agacement grandissant face aux salamalecs de Nordling en pleine présentation pompeuse de sa condition de Médecin Royal. Il fut gré à l'impératrice de trancher dans le lard de toutes ces rodomontades et ne put retenir un sourire involontaire.

- Lui même, votre majesté. Et simplement les vieux paons... Il jeta une œillade en biais à Nordling tout en s'approchant d'Asbjörn pour palper ses ganglions. Les dragons, heureusement pour moi, hibernent en hiver. C’est une bien vilaine toux que vous avez là...

Arsène se tourna vers Gustav qu'il sentait déjà se pencher au dessus de son épaule.

- Vous pouvez nous laisser, monsieur le Duc.
- Mais enfin, je ne peux décemment pas laisser une femme seule avec...
- Je pense que votre impératrice saura défendre sa vertu mieux que vous et votre perruque, sans vouloir vous offenser
-mais un peu quand même- Monsieur le duc.

Gustav Nordling sentit la poudre de riz lui monter au nez.

HRP:
 
Arsène Martes
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Sam 7 Mai - 0:34
Si Gustav semblait être à deux doigt d'imploser, Asbjorn trouva que le dit médecin était relativement bien serviable. Tout le monde n'était pas réceptive à son humour ici, et avec le peu qu'elle avait vu du dit Mr Martès, elle s'était attendu à ce qu'il soit complètement fermé et s'offusque avec indignation pour avoir coupé court au protocole, tant qu'il ne s'agissait pas de le libérer du joug de quelques idiotes fardées. Mais non, il continua sans soucis la métaphore et alla droit au but en lui tripotant la gorge. Absjorn eut un léger mouvement de recul, non pas qu'elle ne supportait pas l'idée d'être touchée par quelqu'un, n'importe qui pourrait en être témoin, mais elle ignorait encore ce qu'était un médecin. Pour elle, la guérison était purement magique et laissé n'importe quel sorcier l'approcher était pas bon signe. Mais elle se détendit rapidement apres s'être souvenu que Gustav lui avait précisé moult fois que non, un médecin ne faisait pas de la magie et c'était bien ce qui posait problème à Asbjorn qui ne comprenait même pas comment le Delirium, ou n'importe quoi, avait pu prendre fin sans intervention d'une puissance supérieure. Quoiqu'il en soit, le dit médecin fut remonté de voir le cher ambassadeur de France était peu reluisant à l'idée de lui donner un peu de tranquillité pour sa... consultation, voilà. C'était une consultation, faudrait qu'elle se souvienne du mot.

Au moins il passait pas par quatre chemin, et après quelques jours à la cours de France, où il fallait attendre une éternité pour parler, voir, manger, réclamer un savon, au milieu de toutes ces fanfreluches, cela était rafraîchissant. Bizarrement la Reine était bien plus approchable et aimable que toute sa cour, c'était un comble.

“Quand les dragons hibernent, c'est le meilleur moment pour leur couper la tête. Mais je comprends c'est mieux de les affronter de front, comme Siegfried.”

L'impératrice adressa un regard à l'ambassadeur fardé, le cou toujours dans les grosses paluches du médecin.

“Vous pouvez y aller, je vais quand même pas finir à poil pour une consultation.” Le silence qui suivit et le regard gêné de Gustav lui annonça qu'elle s'était largement fourvoyer. Heureusement, si il y a bien une chose dont les nordiques ont rien à faire, c'est la pudeur. “Oh. Bah je suis la seule que ça gênera pas alors. Allez faire des trucs, plus intéressant que me chaperonner. Vous avez dit que je suis entre de bonnes mains, autant le laisser travailler tranquille.”

Nordling expira fortement par les narines, tourna les talons, et claqua la porte. C'était protocolaire ça ? Bah, elle s'excusera plus tard, mais si le médecin avait besoin de calme, c'était un peu comme Fafnir qui supportait pas le bruit dés qu'il méditait. C'était compréhensible.

“Ma vertu tiens. Faudra un jour m'expliquer ce que c'est parce que personne dans ce château peut m'en parler sans piquer un fard.”

Elle toussa à nouveau et grimaça une fois qu'il eut fini de la palper. Elle se tenu la gorge en tentant de respirer normalement. “J'avais jamais toussé autant avant d'arriver en Europe. J'ai l'impression de bouffer de la cendre dés que j'ouvre la bouche, tout autour de moi pue le cramé, je peux pas sortir longtemps à l'air libre sans avoir les yeux qui piquent...”

Nouvelle quinte de toux. C'était pas spécialement de la complainte, mais plutôt une exposition des symptômes qu'elle avait depuis qu'elle avait posé le pied sur le continent.

“C'est trop pourri pour être une punition divine. J'veux dire, si Odin avait une dent contre moi, il aurait envoyé Fenrir me bouffer, une armée au coin du pif, ou au mieux il viendrait en personne m'envoyer à Hel avec une taloche sur la joue. Mais me faire tousser ? Non pitié, mes dieux ont plus de style. Je suis sûre que quelque chose m'en veut ici. Je me suis dit que c'était peut être un truc dans la bouffe, mais le sucre ça a beau être infâme, ça a pas ce goût, et de toute manière, j'ai beau rien mangé, ça change rien du tout.”

Elle grimaça une nouvelle fois et s’éclaircit la gorge pour tenter d'enlever ce goût ignoble au fond de sa gorge. Peine perdue, comme à chaque fois. “Par contre si je pouvais éviter de crever de cette merde, et me faire recaler du Walhalla à grand coup de moquerie dans la gueule, ça serait pas une mauvaise idée... Vous avez une idée ?”
Keisarinna Asbjorn
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Arsène Martes
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Arsène Martes
Jeu 2 Juin - 11:03


Arsène était un caméléon. C'était un fait, il avait toujours su s'adapter. Il se coulait avec une aisance surnaturelle dans le moule pétri par les expectatives d'autrui. Il avait eut tôt fait de comprendre le fonctionnement -très prosaïque et très directe- de l'impératrice nordique. C'était une femme simple, qui ne savait pas enrober les choses et qui se fichait royalement de mettre ses godillots dans la gamelle. Elle était frustre. Mais, d'une certaine manière, sa présence avait un coté réjouissant. Dans cette ambiance toujours tendue de jungle enrubannée de soie, de dentelles et de perles, chaque faux-pas pouvait être mortel. Un serpent se cache toujours sous un jupon ou derrière les poudres d'une perruque. Le ridicule, le bon mot, la pique ou le silence méprisant étaient autant d'armes létales à la cour de Versailles.
Le médecin faisait déjà figure de trublion inconvenant avec sa vision progressiste.
Abjörn, elle, agissait comme une porchère au milieu de ses cochons, l'aisance tranquille de ceux qui ont l'habitude d'avoir de la boue plein les bottes et de l'égo pour les choses qui comptent vraiment. Elle piétinait allégrement les oies en froufrou de l'entourage de la Reine qui, telle une grue décérébrée, n'avait plus d'yeux que pour son ruskov aux mains sales. Arsène ne s'était toujours pas enlevé de l'idée que l'homme était là sous couverture pour le compte de la tsarine. Quoi de mieux pour espionner les affaires d'un pays concurrent, qu'avoir pignon sur lit royal ?

Foutue amourette.

-Ma vertu tiens. Faudra un jour m'expliquer ce que c'est parce que personne dans ce château peut m'en parler sans piquer un fard.
- Sans vouloir vous offusquer, votre altesse, au vue des culbutes bruyantes qui animent vos quartiers à toute heures du jour et de la nuit, je doute que ce mot ait encore un quelconque valeur en ce qui vous concerne. Considérez qu'il faudra faire le deuil de toute définition sur le sujet, vous avez perdu toutes clés de compréhension du phénomène le jour où vous avez dit adieu à votre hymen,
dit-il d'un ton aussi égale que si il causait du cours de la patate sur le marché des Halles. Il lui palpait la nuque quand elle ne fut prise d'une violente quinte de toux.
-J'avais jamais toussé autant avant d'arriver en Europe. J'ai l'impression de bouffer de la cendre dés que j'ouvre la bouche, tout autour de moi pue le cramé, je peux pas sortir longtemps à l'air libre sans avoir les yeux qui piquent...
- Aaaah... Vous humez la modernité de plein fouet, votre majesté,
fit Arsène avec un petit air narquois. C’est certain que cela doit vous changer de vos forêts épaisses et de vos rochers indomptés.
- C'est trop pourri pour être une punition divine. J'veux dire, si Odin avait une dent contre moi, il aurait envoyé Fenrir me bouffer, une armée au coin du pif, ou au mieux il viendrait en personne m'envoyer à Hel avec une taloche sur la joue. Mais me faire tousser ? Non pitié, mes dieux ont plus de style. Je suis sûre que quelque chose m'en veut ici. Je me suis dit que c'était peut être un truc dans la bouffe, mais le sucre ça a beau être infâme, ça a pas ce goût, et de toute manière, j'ai beau rien mangé, ça change rien du tout.
- ... Dites "AAAAh..."
répondit le praticien avec un dédain poli pour le sujet. Elle était mignonne avec son exotisme de cul de basse-fosse, mais tout son tintouin mystique ne suscitait chez lui, qu'un "rien à foutre" qu'il ne pouvait pas spécialement exprimer frontalement.
- Par contre si je pouvais éviter de crever de cette merde, et me faire recaler du Walhalla à grand coup de moquerie dans la gueule, ça serait pas une mauvaise idée... Vous avez une idée ?

Arsène fut pris d'un rire spontané et franc qui le prit lui même au dépourvu. Il mit quelques secondes à se remettre de cette réaction inattendue.


- Hum... Pardonnez-moi. Je ne souhaitais pas paraitre comme un avant gout de la Walkyrie qui refusera votre formulaire d'inscription au Walhalla.

Il n'avait pu s'empêcher d'être piquant, une fois encore.
Il eut un mouvement de sourcils comme pour détendre les muscles de son visage. Il se montrait étrangement taquin aujourd'hui. Il fallait qu'il contrôle un peu mieux ses humeurs. Il colla une spatule en bois sur la langue de la donzelle et lui fit écarter les dents en grand. Il éclaira le fond de sa bouche avec une petite lampe électrique miniaturisée, une folie technologique qu'il avait récemment commandé en caisse entière pour son personnel soignant. Le progrès, ma bonne dame ! Le progrès !

- Vous avez effectivement la gorge irritée. Il n’est pas impossible que ce soit du à la pollution urbaine dont vous n'êtes pas coutumière. Retirez votre chemise et votre corsage, je dois ausculter vos poumons...

Il fourragea dans la petite trousse qu'il avait apporté avec lui pour sortir un stéthoscope de dernière génération.

L'instrument en question:
 
Arsène Martes
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Mer 15 Juin - 6:28
“Aaaaaah çaaaaaa.....”

Fit-elle l'air de rien quand le médecin lui expliqua qu'effectivement la vertu avec un rapport direct avec le fait d'avoir été ramonée de l'intérieur.

“Alors votre vertue, ça sert à rien, fin de l'histoire. Je suis sensée me l'écrire sur le front ? Ça s’achète et ça se vend ? On s'en fait des colliers ? Non c'est ridicule, point barre. Je vais pas m'excuser d'être en bonne santé et en possession de tout mes moyens.”

Après avoir bien vu que son discours sur les dieux ne rencontrerait pas le moindre succès avec lui, elle fit “Aaaah ...?” Comme il le voulait et leva les yeux au ciel.

Sa dernière déclaration lui arracha un fou rire, ce qui la surprit probablement autant que lui, mais fut étrangement contagieux. Bien que cela fondit comme neige au soleil quand il lui enfonça un truc dans la bouche et sorti un petit soleil moche pour regarder ce qu'il y avait dedans. Levant un sourcil devant la machine infernale, un léger “Mais qu'est ce que ?...” Lui échappa après qu'il ait tout retiré de sous sa glotte, et elle eut un léger hoquet quand il dégaina un nouveau truc, presque à lui agiter sous le nez.
“Ola, vous allez m'enfoncer ça dans la gorge aussi ?!” Parce que nul doute qu'ailleurs ça serait encore pire.

Regardant l'objet comme si c'était un serpent à sonnette, elle obéit et commença à retirer sa chemise sans protester ce dernier fait. Tentant de retrouver un semblant de conversation, parce que sinon elle allait s'ennuyer ferme, elle enchaîna sur un sujet qu'elle maîtrisait bien.

“Non mais, laissez moi mettre un truc au clair, parce que quand je vois mes hommes revenir dans mes quartiers avec de la poudre blanche plein la barbe et un sourire jusqu'aux oreilles, vous pensez pas qu'il s'en passe pas de belles dans vos corridor ? Allez s'il vous plait, vous allez pas me faire croire ça. J'ai beau faire du bruit, je remue pas les cuisses sous mes jupes dés qu'un type tout en sueur passe devant moi. C'est mauvais pour la santé d'être frustrée.”

Elle jeta sa chemise à côté d'elle, laissa une vue parfaite sur ses larges cicatrices partout sur sa peau. Les plus larges étaient les plus vieilles, un guerrier aguerrit aurait comprit qu'elle étaient bien trop anciennes pour qu'une fille de 19 ans les ait obtenues sur un champ de bataille, de même qu'elles ne ressemblaient en rien à des coups d'épées. Plutôt le résultat d'objet contondant répétés. Sans oublier les moults coupures, griffures, et brûlures qui gisaient de ça et là, sur un corps musclé. Bien trop musclé. Les femmes d'ici étaient largement plus en chair, assez pour que l'impératrice comprenne qu'elle n'aurait aucun succès ici. Et d'ailleurs, vu la tête des résidents de Versailles, elle n'en voulait guère.

“Puis hein, on me la fait pas à moi. Gustav a beau faire plus français qu'un croissant, ça reste un type du nord. Vous avez vu sa chute de rein et ses épaules carrées ?!” Elle appuya ses propos en se redressant et en fléchant ses bras pour appuyer ses biceps. “Je vous parie tout ce que vous voulez que dés que j'arrive à lui faire retirer cette immonde collerette et lui rappelle qui étaient ses ancêtres, il collectionnera les vertus des françaises, comme un berserker collectionne ses poils ! ”
Keisarinna Asbjorn
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Arsène Martes
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Arsène Martes
Sam 18 Juin - 17:57


Arsène laissa s'offusquer l'impératrice tout son soul. Son mutisme tout professionnel correspondait d'avantage à son personnage habituel. Elle n'avait aucune retenue. Sa lange était souple, débridée sans doute par la gymnastique journalière que lui proposait son conseiller personnel en lui fourrant la sienne dans la bouche. Ceci étant, elle avait raison sur un point : elle n'allait pas pleurer d'être en bonne santé. Et elle savait rire : un rire bon enfant et franc. Un rire entrainant.
Arsène se demanda pourquoi la personnalité d'Asbjörn lui plaisait -car c'était un fait et ce depuis leur première rencontre - et devina que , contrairement à lui, elle respirait la sincérité brute et simple.

- Mais qu'est ce que ?...Ola, vous allez m'enfoncer ça dans la gorge aussi ?!
- Non,
fit-il de son ton le plus pédagogue, comme il le prenait avec le petit Ciel parfois. C'est un amplificateur de son. Je vais coller cet embout sur votre poitrine et dans votre dos et écouter les battements de votre coeur et le bruit produit par vos poumons.

La scandinave sembla dubitative et lui fit tout un article sur l'apologie du lâcher-prise. Il eut une crispation de mâchoire inconsciente. Le seul endroit où il pouvait s'abandonner et libérer sa frustration, c'était dans les bras de Jan. Tout son être était verrouillé et il demeurait la seule et unique clé. Néanmoins, il avait remarqué qu'à chaque fois que sa moitié refermait la porte, celle-ci avait d'avantage de jeu et laissait filtrer un peu plus de lumière vers l'intérieur de sa geôle.
Et donnait à voir de l'extérieur, fatalement.

-...Puis hein, on me la fait pas à moi. Gustav a beau faire plus français qu'un croissant, ça reste un type du nord. Vous avez vu sa chute de rein et ses épaules carrées ?! e vous parie tout ce que vous voulez que dés que j'arrive à lui faire retirer cette immonde collerette et lui rappelle qui étaient ses ancêtres, il collectionnera les vertus des françaises, comme un berserker collectionne ses poils !

Il leva le regard, amusé et fut frappé du spectacle. Il resta un long moment, ainsi, médusé par la cartographie intime de l'impératrice. Son expression ne le trahit pas, et la guerrière était trop occupée à gouailler. Lentement, Arsène retira sa veste et retroussa les manches de sa chemise blanche jusqu’au coude. Sur ces bras, il y avait des cicatrices semblables à celles d'Asbjorn : les marques que laisse un bourreau immanquablement sur la personne qu'il torture. Feu, fouet et lame. La chair du médecin était tout aussi boursouflée de violence que celle de l’impératrice. Il eut un regard en coin vers cette dernière, frisant la provocation du joueur en plein pari. Ce n'était que ces bras, elle ne devait même pas soupçonner l'état du reste.
Avec douceur, il lui prit le bras par le coude et le poignet, le dépliant sans forcer, comme on apprivoise un chat et ses coussinets.

- Votre majesté, j'entends votre point de vue. Mais sachez que si dans votre pays on porte au nu le courage, la franchise et la force, ici on magnifie la vertu, la discrétion et le contrôle.

Ses mains glissèrent jusqu’aux épaules de la jeune fille. Il massa les trapèzes avec dextérité, du bout des pouces, quelques pressions régulières pour la forcer à se détendre. Il lui pausa la paume sur le plexus, entre ses deux seins et une autre dans son dos. Légère pression encore.

- Vous êtes agitée... essayez de relâcher vos muscles.

Il s'autorisa à dessiner, de ses doigts de pianiste, les contours d'une plaie ou deux, dans son dos, les moins bien ressoudées, les plus spectaculaires. Travail bâclé, couture peu soignée. de la boucherie.

- Que diriez-vous d'un étranger venant dans votre pays et pissant sans retenu sur vos valeurs comme un cabot : sur vos dieux, sur vos banquets, vos manières... Ne seriez-vous pas offusquée ?


Sans crier gare, il s’aventura sur son abdomen et remonta la paume gauche jusque sous son diaphragme. Il se tenait derrière, l'autre main en étoile entre ses omoplates. Il était plus grand qu'elle d'une bonne dizaine de centimètres et d'une carrure développée pour un homme sensé être assis derrière un bureau à lorgner sur des éprouvettes.

- Prenez, une inspiration et bloquez.

Il sembla faire un décompte mental.

-Relâcher profondément, en expulsant l'air par la bouche....

Il reflua avec la même délicatesse, de cette sphère intime dont elle n'avait que foutre. Il porta le bout du stéthoscope à ses lèvres et souffla dessus pour en réchauffer la surface d'accroche. Il la pausa finalement sur la peau de sa patiente, sur son échine pour commencer.

- Recommencer s'il vous plait, autant de fois que je vous le demanderais...

Et comme pour conclure une conversation qui n'aurait jamais été entrecoupée, il reprit, tout en la faisant respirer :

- Autre pays, autres mœurs. Méprisez-nous, Asbjörn, dit-il insidieusement oublieux de l'étiquette, à votre guise. Mais sachez que vous n'obtiendrez pas forcément ce que vous êtes venue chercher en brusquant les dentelles de vos hôtes. Enfin, fit-il avec un soudain changement de ton et une expression étonnamment espiègle, c'est ce que je devrais vous dire pour vous faire la leçon. Mais tout cela m'amuserait bien moins. Je vous confesse que vous m'êtes une distraction plus que bienvenue.



Diantre, une vérité.
Arsène se laissait vraiment aller.

Arsène Martes
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Keisarinna Asbjorn
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Keisarinna Asbjorn
Mer 29 Juin - 5:09
Seule et un peu ridicule avec ses bras en l'air, dans le silence complet, elle se demanda ce qu'elle avait bien pu dire et faire pour ne récupérer qu'un silence de mort. Enfin. C,était se moquer du monde, bien évidemment qu'elle n'était pas blanche comme neige dans l'affaire. Voilà depuis tout à l'heure qu'elle parlait ouvertement de sexe à un français. Elle finit par baisser les bras, et à fixer le médecin, essayant de comprendre ce qu'il pensait. Finalement il se leva et remonta sa chemise. Elle eut un haussement de sourcil aussi agréablement surprit qu'intrigué devant les cicatrices du Doctor Martès. Aha ! En voilà un qui avait pas passé toute sa vie à la cour ! A moins qu'on peut y trouver de quoi s'y amuser comme dans un bordel perdu du Danemark, et dans ce cas, qu'on lui donne l'adresse sur le champ. Une paire de technique à apprendre n'était jamais de refus, et Islniss se laissait parfois allé quand la routine s'installait. Madame Martès avait sacrément de la chance.

Elle eut une moue affligée quand il commença à lui faire la leçon sur les moeurs du pays. Elle l'avait bien comprit, mais bizarrement quelque chose lui disait que personne ne ferait l'effort d'essayer de comprendre la façon de procéder de son peuple, pareillement. Être vu comme un peuple de seconde zone par refus de la technologie était assez énervant, mais être vu comme des sauvages parce que s'amuser et se battre n'était nullement un tabou chez elle, sans oublier de voir ses dieux dénigrés au passage, c'était difficilement supportable.

“Ouais j'ai cru comprendre.” Râla-t-elle avant d'avoir un hoquet de surprise quand il commença à lui masser les épaules. Elle roula tout de suite les yeux vers le plafond et eut un râle bruyant et satisfait avant de baisser automatiquement la tête, juste à temps pour voir la main du médecin se caler habillement entre ses seins. C'était pas aussi agréable qu'après quelques heures à faire des roulés boulés dans un lit géant, mais sans en être une, le médecin avait des doigts de fées pour toucher les points tendus.

Elle était agitée “Pensez vous, tiens.” ironisa-t-elle. A à peine 19 printemps à barouder dans la fange, elle se retrouvait à la tête d'un des plus grands empire du monde. Aucune raison de stresser ou de s'agiter. Et on s'étonne qu'elle se lâche les nerfs en hurlant dans sa chambre à coucher. Mais c'était ça ou l'opium. Et le sexe au moins, ça forge à la guerre. Même principe, même énergie, mais tout le monde est content à la fin.

“Vous allez me dire que vous trouvez ça digne et respectable vous ?” Fit-elle sans animosité mais plutôt avec un réel désir de comprendre et ne pas jouer la carte de l'hypocrisie. “Vous êtes français, ça doit vous paraître vulgaire, hérétique, décadant et stupide non ? Mais vous avez pas tord. Si je trouve toute la cours peuplée de cons, ils doivent penser la même chose de la mienne.”

Sans trop savoir pourquoi, elle lui obéit et commença à respirer comme il le souhaitait. L'exercice était stupide et bête, mais bizarrement plus elle le faisait, plus elle se calmait. Bon, c'était juste poser les problemes sous le tapis en attendant qu'il revienne lui sauter au visage dans quelques heures, mais à l'instant, elle devait avouer se sentir un peu mieux.

Elle regarda le médecin avec étonnement quand il finit par conclure sa tirade avec le ton le moins adapté à son ton de remonteur de bretelle et son visage de porte de prison. Après s'être tordu le cou pour le regarder d'un air interdit, elle finit par lui faire un grand sourire.

“Voyez vous ça ! Vous aimez que je chasse les dragons et que je brusque les dentelles ? Ou juste m'entendre pinailler sur les frustrations de la cours ?!”

Elle reprit sa respiration comme indiqué, mais continua en balança d'un air taquin :

“Vous avez entendus des trucs drôles sur le sujet ? Allez m'épargnez pas. J'ai besoin de renseignement si je dois dévergonder Gustav avant la fin de mon séjour. Je suis pas sûre de lui raconter tout ce que je peux faire au lit soit suffisant pour le convaincre d'essayer avec une pucelle du coin.”
Keisarinna Asbjorn
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Arsène Martes
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Arsène Martes
Mer 27 Juil - 1:48
Épilogue


Le reste de l'auscultation se passa sans encombre. Charmé par le style direct et la verve de l'Impératrice, Arsène sympathisa avec elle au point de l'emmener en escapade incognito dans les rues nocturne de Paris, une occasion pour la jeune femme de découvrir une autre facette des français, moins guindée, moins formelle. Ils comparèrent leurs cicatrices, échangèrent quelques -beaucoup- de pintes et refirent le monde. Malgré leurs camps opposés, l'amitié virile et décomplexée qu'ils tissèrent fut bien réelle et s'exprima au travers d'une longue relation épistolaire jusqu’à la disparition d'Arsène Martès.
Il lui lèguera son bison volant dans un dernier courrier plein d'humour dont il ne recevra jamais la réponse...

( HRP : Merci pour cette fin ébauchée à quatre main. J'aurais aimé jouer ce lien avec toi jusqu’au bout. Bon règne, impératrice de mon coeur !)
Arsène Martes
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