Mi-février 06. Sabbat de sorcières

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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Jeu 19 Mai - 21:44

Elles étaient quatre à avoir répondus favorablement à sa missive. Quatre sorcières venant de quatre contrées différentes, chacune avec ses particularités, chacune avec son profil – si dissemblables mais unies par une même force : la magie. Quatre c'était bien peu à l'échelle du monde. Fallait-il voir en ce chiffre la recrudescence de la sorcellerie, son lent déclin ? Quatre c'était peu, mais suffisant pour mener une réunion.

Hildegarde les avait accueilli, une par une, les attendant à l'entrée de sa demeure. Les domestiques les guidaient ensuite jusqu'à une salle située à l'étage, boudoir cossu que la maîtresse des lieux usait pour recevoir en toute intimité. Le vert occupait chaque parcelle de la pièce – les rideaux, les coussins, les boiseries jusqu'à la robe de la maîtresse des lieux. Hildegarde entra dans la pièce en dernière. La porte se referma derrière elle après que la dernière domestique eut quitté les lieux.

Désormais le boudoir n'était occupé que par des sorcières. Hildegarde se déplaça dans un léger froufroutement de tissus, profitant de l'ambiance feutrée, de l'odeur du thé servi qui parfumait l'air. Sans cette magie qui vibrait en chacune de ces femmes, Hildegarde se serait cru à tenir une vulgaire réunion d'après-midi entre dames du monde.

« Mesdames... » Hildegarde se pencha vers Ofelia, corrigeant le tir. « Mademoiselle. Je suis ravie que vous soyez tous présente en ma demeure. J'espère que la collation vous convient. J'ai veillé à faire de mon mieux pour satisfaire les palais de chacune. »

Elle devait remercier, pour cela, ses relations commerciales qui étaient, à l'origine même, des marchandises qui emplissaient son grand magasin. Les convives pouvaient s'enivrer de thé britannique ou asiatique à leur convenance – il suffisait de choisir la bonne théière. Quant aux sucreries, elles se composaient de sablés aux couleurs d'Emerald, de boules de riz entourées de sésames, de souchkas et de brioches suédoises.

Hildegarde prit place sur sa chaise autour de la table ronde formée par les invités. En maîtresse de maison, l'Austro-Hongroise joignit ses mains sur ses jupons. Ses boucles blondes effleuraient le col haut de sa robe. À sa poitrine brillait sa broche, la perle oscillant légèrement lorsque sa main se tendit pour saisir sa tasse.

« Je pense que vous avez eu le temps de mener les présentations entre vous. Nous pouvons donc, sauf si l'une de vous s'y oppose, nous attaquer au sujet qui vous a attiré ici. »

Hildegarde ménagea le suspense, sirotant une gorgée de thé avant de reposer sa tasse.

« L'avenir de la sorcellerie. Notre avenir. Jusqu'à aujourd'hui, nous nous connaissions nullement. Il est temps de changer cette situation. Nous devons nous serrer les coudes. Bien évidemment, nous ne pourrons tout résoudre en une réunion. Mais nous pouvons poser les fondements en discutant toutes ensemble. Chacune de nos voix comptera. »

La main de Hildegarde se tendit.

« Qui veut parler la première ? »




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Ofelia Klaus
La jeune fille qui portait malheur
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Jeu 19 Mai - 22:08


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Il y avait eu le Brésil. Et voilà que s’ouvraient les portes d’Emerald, la si célèbre citée volante.

A dire vrai, Ofelia avait beaucoup hésité à accepter l’invitation d’Hildegarde Müller mais la perspective d’en apprendre un peu plus sur la sorcellerie l’avait encouragé à chasser son chat noir. Chaque jour depuis son retour de Perse, elle polissait le miroir avec un tendre acharnement, cherchant son reflet dans la perspective brisée de cette pièce de bronze, et songeant à chaque instant aux bijoux d’Atesh, à son regard, à leurs jeux sur le tapis et aux confessions qui l’avaient aidé à avancer. Mais le bijou était aussi complexe que son cœur et dans ses reflets dorés, il y avait aussi la chaleur des feux de cheminée de son père.

Noël passé en sa compagnie, savourant sa surprise comme sa présence, embrassant sa main coupée comme son visage, elle s’était finalement résolue à un au revoir plus respectueux, en sa présence, avant de reprendre sa route et son apprentissage. De steppes en pays magiques, de la Scandinavie à la Russie puis à la Roumanie, l’orpheline s’était comme retrouvée face à elle-même et, plus principalement, face à ses propres capacités. N’oubliant pas la magie de Noël qui avait été la première à l'entraîner sur les chemins de possibilités, l’hiver s’était installé sur sa robe noire, lui donnant un surnom murmuré par ceux qui avaient eu la chance, ou la malchance, de la croiser.

Guérissant les rhumes, les maladies bénignes, usant de ses décorations ensorcellées de décembre autant que de ses potions, Ofelia avait voyagé, beaucoup voyagé, jusqu’à recevoir l’invitation.

Et aujourd’hui, en cette moitié de février, elle se retrouvait enfin face à quatre autres consoeurs.

Vêtue de ses habits noirs, le corset lui gonflant la poitrine de manière presque alléchante, les cheveux noirs déliés sur ses épaules et le regard un brin craintif, Ofelia, le livre de sorcellerie soigneusement rangé dans son habituelle valise rouge, avait affronté la personnalité charismatique d’Hildegarde Müller en étant la première arrivée à sa demeure. Elle avait fait se décrocher un tableau sur son passage et la maîtresse de maison avait fini par buter dans son propre tapis mais leur premier entretien avait été plutôt encourageant.

Installée au salon, sans oser toucher aux pâtisseries ni au thé, elle avait laissé les autres prendre place à leur tour dans la maison. Elle-même lavée de son voyage, presque reposée, la brune les avait dévoré du regard, toujours aussi nerveuse et toujours aussi coincée. Et s'était présentée à demi-mots, sans trop avouer. Une fille de l’est, avait-elle chuchoté, une orpheline de l’hiver, une scandinave, malgré son teint olivâtre et ses traits méditerranéens. En formation. Et désormais son regard s’attardait sur la japonaise à ses côtés, sans expliquer sa nervosité redoublée.

Les mains sagement posées sur ses cuisses, le chat noir ronronnant en son sein, la petite sorcière n’était qu’une demoiselle de 17 ans – l’anniversaire était avant-hier – en robe de velours noir ornée de sapins verts. Ses doigts présentaient de multiple pansements et un bleu ornait sa mâchoire mais hormis ces détails, Ofelia était tout à fait charmante.

Quand Hildegarde offrit enfin de prendre la parole, l'orpheline se racla la gorge par réflexe, attirant aussitôt les regards. La main tremblante, elle voulut se saisir de sa tasse, pour ne pas paraître grossière.

Et la renversa au sol.

« Nom d’une bûche ! » Jura-t-elle avant de tout éponger avec maladresse. « Pardonnez moi pour la tasse, je la rembourserai. » Seulement, il y avait sans doute bien d’autres choses à dire que ces vagues excuses, que cette maladresse à affirmer.

Fichu chat noir.

« Je tiens tout d’abord à vous remercier, une nouvelle fois, pour l’invitation, madame Müller. C’est un plaisir que de rencontrer d’autres sorcières moi qui ne suis qu’en apprentissage. Néanmoins de ce que j’ai cru comprendre nous sommes de moins en moins nombreuses. Et au vu de la méfiance de certaines politiques, royales ou autres, il y a fort à parier que cela n’arrangera rien à notre. Profession ? » Ofelia rougit de ce mot mal choisi. « Vocation, pardon. »

Mais releva un peu la tête. A peine plus déterminée.

« Je m’interroge pourtant. Notre coalition d’aujourd’hui s’organise autour de la magie que nous tentons de connaitre, pour mieux la maitriser. Mais qui peut mieux la maitriser que les fées ? Ne pourrions-nous pas, dans un temps futur, nous joindre à nos sœurs qui représentent le mieux ce que nous tentons d’approcher ? »

Dans son esprit, les visages de Nikolas et d’Atêsh se superposèrent. Et brusquement enflammée, l’orpheline lança, toujours en espagnol.

« Il y a fort à parier qu’elles pourraient ainsi mieux nous comprendre. Après tout si nous ne sommes sœurs, nous sommes de lointaines cousines et nous partageons cette passion du fantastique, de ce que l’humain ne pouvait, fut un temps, qu’imaginer. Nous sortirions toutes de l’ombre pour faire valoir nos droits les plus élémentaires. Et plus que la technologie, nous pourrions beaucoup apporter à ce monde. Des choses moins cruelles et moins froides que des armes ou des. Navires de guerre. Peut-être ? »

Hélas, comme pour répondre à sa question, le morceau de tasse qu’elle tentait d’attraper lui coupa le doigt.



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Hilda Wagner
Invité
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Hilda Wagner
Sam 21 Mai - 8:16
Lorsqu'Hilda avait reçu la lettre, elle avait d'abord eu peur. Sa première pensée avait été de vérifier que son orphelin préféré était à côté d'elle. Rassurée de ce fait, elle n'avait pu s'empêcher de se précipiter à la fenêtre de sa petite confiserie perdu dans le désert blanc qu'était la Scandinavie. Elle se traita d'idiote quand elle vit qu'il n'y avait rien dehors. Avait-elle vraiment cru qu'il y aurait un groupe de chevaliers en armure protégeant un moine qui l'emmènerait sur le bûcher ?

Posant un genou par terre, elle s'était alors adressé à Svir, son enfant qui n'était pas le sien. Ils avaient longuement parlé. Après la mésaventure qu'avait entraîné le Délirium, Hilda ne voulait pas abandonner Svir une seconde fois. Tout du moins, elle voulait que la séparation se fasse en bon terme. Avec surprise, ce fut elle qui fut rassuré par l'enfant. Svir, à force de courir d'un bout à l'autre de la Scandinavie avait découvert un lieu où il pouvait dormir au chaud et en sécurité avec d'autres orphelins comme lui.

Le temps avait passé. Les pensées avaient tourné. Hilda avait finalement rouvert l'enveloppe et relut la lettre qui lui demandait de venir en Amérique. Maintenant que son esprit était allégé de la situation de Svir, elle réfléchit sérieusement à cette possibilité. Et c'est ainsi qu'elle se retrouva dans divers moyens de locomotion, se rapprochant toujours plus de la cité d'Emerald.

-

Hilda s'était assise à côté de la jeune sorcière. Inévitablement, sa nature voulant la protéger. Son instinct maternel la condamnant à s'en préoccuper. Elle s'était présentée sommairement comme étant « Hilda Wagner, sorcière vivant une vie paisible dans une petite confiserie en Scandinavie. » Sur ce, elle avait préféré ne rien dire de plus, attendre que la maîtresse de maison et toutes ses invitées soient arrivées.

Hildegader Müller arriva. Elle parla et exposa la situation. Hilda écouta et laissa une des autres sorcières prendre la parole en première. Encore à ce point de l'histoire, elle n'était pas certaine de ce qu'elle faisait dans ce boudoir. Sa tête se tourna rapidement vers la jeune femme, Ofelia, qui venait de faire tomber sa tasse. Décroisant ses doigts, Hilda quitta le confort de sa chaise pour aider à ramasser les débris. Elle lui sourit, de ce sourire qui excusait toutes les erreurs et qui prodiguait chaleur et attention. Ensuite elle se rassit et l'écouta parler.

« Il semble que ce soit à mon tour de parler. »

Le dos bien droit dans sa chaise, une fourrure autour de son cou, Hilda semblait être la plus sage d'entre toutes avec ses rides et son regard qui avait traversé de nombreuses tragédies.

« C'est un vaste sujet qui nous rassemble toutes ici. Pour parler de moi, je peux déjà vous confier que je me suis, il y a fort longtemps, posée toutes ses questions. Je ne suis pas en train de vous dire que j'ai les réponses, simplement que j'ai dans ma vie, quelques aventures qui pourraient vous aider à faire avancer cette conversation. »

Hilda regarda la maîtresse de maison, les deux autres sorcières et s'arrêta enfin sur Ofelia.

« Je suis en accord avec Ofelia, il n'y a aucune raison de nous placer dans le camp ennemi des fées. Ces femmes ont des relations avec la magie que nous ne pourrons jamais tout à fait comprendre. Cela ne signifie pas pour autant qu'elles soient plus puissantes ou plus bienveillantes que nous. En fait, il est même idiot de nous voir en conflit avec le reste du monde. Nous sommes des êtres humains comme le sont les différentes factions que l'on se plaît à nommer. Et donc à nous diviser. Par exemple, les Androïdes sont des êtres humains avec des membres métalliques. Ils ne sont pas nés de cette façon, ils le sont devenus. Parmi ceux qui ne maîtrisent ni la magie et qui sont pourtant totalement exempts de métaux, se trouve des hommes et des femmes qui nous battent sur différents niveaux. Que ce soit ceux qui peuvent courir des dizaines et des dizaines de kilomètres. Le pouvez-vous, mes sœurs ? Que ce soit ceux qui peuvent utiliser leur cerveau et s'aventurer dans un monde impalpable permettant d'aboutir à des découvertes révolutionnaires. Le pouvez-vous, mes sœurs ? »

Hilda observa à nouveau chacune des sorcières ici présentes. Elle captait leur attention de sorte qu'elle ne réponse pas de suite à ces mots. Elle voulait que chacune d'entres elles réfléchissent à ce qu'elle venait de dire. Ensuite, elle se releva, se saisit d'une tasse de thé.

« Veux-tu que je t'en serve une autre, mon sucre d'orge ? »

Les réflexes maternelles reprirent le dessus, l'attention d'Hilda focalisé sur Ofelia et ses besoins.

Finalement, elle se rassit, une tasse de thé fumante, écoutant les autres sorcières parler.
Hilda Wagner
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Hanako Hayashi
La kitsune
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Mar 24 Mai - 10:55

Hanako ne connaissait pas bien la politique de la ville d'Emerald, ville où elle devait se rendre pour cette réunion où il n'y aurait apparemment que des sorciers. Hanako en avait discuté longuement avec Aang, et elles s'étaient mises d'accord pour laisser un congé à Hanako.

Hanako était une sorcière asiatique de la magie rouge et une hybride. Elle ne voulait pas arriver en française. Elle s'habillerait en coréenne, comme elle en avait l'habitude depuis des années. Elle cacherait juste son côté hybride.

En possession des lettres de Mrs Müller, Hanako arriva sans aucun problème. On lui avait même indiqué le lieu de la demeure de Mrs Müller. L'hybride était la troisième à être arrivée. Elle s'était présentée en tant que Hanako Hayashi, sorcière de magie rouge, sans donner son origine.

La renarde avait pris place au côté d'une adorable enfant. Son premier geste fut de caresser la joue de l'enfant, du bout des doigts.

— Tu as une peau très douce et plaisante. Elle est à croquer, ma petite sorcière.

Leur hôte prit la parole. Elle parlait de l'avenir de la sorcellerie. Ce n'était pas forcement un sujet qui parlait à Hanako. Elle avait été solitaire dans ce domaine. Elle ne s'était pas vraiment liée avec des gens qui étaient de cette vocation. Elle laissa la parole et c'est la petite sorcière qui parla en première.

Le discourt de la jeune sorcière était plutôt correct. De ce que Hanako avait pu entendre certains pays d'Europe revendiquaient, fermement, leur position anti-magie. Bien que les sorciers n'étaient pas vraiment des êtres magique à proprement parler, ils étaient souvent mis dans le même lot. Ce qui était logique pour le cas d'Hanako ceci dit.

Les fées étaient, comme tout être vivant dans ce monde, ni tout blanc, ni tout noir. Il y en avait des bons et des mauvais. Mais il était vrai qu'une échelle de puissance magique existait. C'était une dure réalité mais les fées étaient au sommet de cette échelle.

Ce fut ensuite à la vielle sorcière de parler. Hanako n'aimait pas les personnes âgées. Elle qui était, quelque peu, obsédée par la jeunesse, voir les personnes âgées lui était un supplice. Mais en ce jour particulier elle ferait quelques efforts pour prendre sur elle-même.

Mais le discours de cette sorcière refroidit littéralement l'hybride, qui avait pourtant apprécié les arguments de la jeune sorcière. Cette Hilda se posait comme une sorcière de longue date et d'expérience. Mais son discours ressemblait à celui d'une personne qui connaissait à peine les lois de la magie. Hanako attendit la fin du discours pour respecter le droit de parole de chacune, prenant ensuite la parole tout en restant assise à sa place.

— Je vais prendre la parole si cela ne dérange personne et revenir sur les paroles de cette dame qui m'a précédée. Bien que je ne connaisse pas beaucoup le continent européen, je peux déjà affirmer une chose sur laquelle vous avez l'air de vous tromper. Vous parlez de femmes pour les fées. Mais il y a autant de femmes que d'hommes chez les fées. Ils sont des êtres de magie, ils n'ont pas une relation avec la magie, ils sont la magie elle-même. Ce qui en fait des êtres bien plus puissants que nous sur le domaine de la magie, tout comme un hybride manipule plus facilement et mieux la magie qu'un être humain normal. Les fées surpasse même les hybrides sur ce domaine. Je me dois de vous dire que tout sorcier n'est pas forcement humain, madame.

Hanako laissa apparaître deux de ses queues de renarde pour faire comprendre qu'elle savait de quoi elle parlait sur les hybrides.

— Par contre, oui, ils ne sont pas forcement plus bienveillants que certains sorciers. Après tout c'est une question de point de vue. Pour certains je peux être une bonne personne. Comme pour une autre personne je suis un monstre. Tout dépend des mentalités de chaque pays et même, encore plus, de chaque individu. Pour répondre à votre question, courir des heures est une chose toute à fait possible pour une sorcière hybride renarde comme moi. Sachez, qu'au Japon, les sorciers qui sont hybride ne sont vraiment pas rares. Peut-être n'en avez-vous pas vu lors de votre longue expérience comme vous le dites. Bien que cela m'étonne, vu que vous venez de Scandinavie, un pays magique. Tout être humain peut apprendre la sorcellerie avec un bon professeur. Ce n'est pas une magie qui est disponible qu'à certaines personnes. Ce n'est pas comme la magie des fées. Désolé de vous contredire mais n'importe quelle personne, même humaine, qui peut courir ou utiliser son intelligence peut être un sorcier.

Hanako voulait même ajouter que, pour ceux qui s'aventurent et découvrent, c'était la même chose. Elle en avait, elle-même, fait l'expérience : chinoise bannie, elle avait visité plusieurs pays d'Asie avant de finir au Japon et, plus récemment, en France.

Hanako en avait fini. Elle avait sûrement ouvert un débat. Mais, après tout, exposer ses points de vue n'était pas le but premier de ce sabbat ?



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 29 Mai - 23:45
Les participantes se lancèrent, l'une après l'autre, amorçant une discussion que Hildegarde sentait déjà tumultueuse et pleine de promesses. C'était comme briser un barrage : les paroles s'écoulaient en un flot impétueux, chacune ajoutant ses propres arguments, augmentant le flux. Tout en les écoutant religieusement, Hildegarde se leva pour aller voir la fidèle Margareth qui venait d'entrouvrir légèrement la porte, tendant une missive à Madame. La porte se referma sans un bruit tandis que Hildegarde prenait connaissance du contenu de la lettre. Les plis de sa robe frôlant le tapis, elle rejoignit le cercle.

« Notre dernière participante aura un peu de retard. Elle vient de m'en tenir informée. Nous allons donc continuer et nous lui résumerons notre avancée lors de son arrivée. »

Avant de reprendre place dans son siège, Hildegarde vint prendre les mains de Ofelia entre les siennes. Son regard détailla les doigts recouverts de bandages.

« Vous ne vous êtes pas coupée, au moins ? N'ayez crainte pour la tasse. Elle est remplaçable. Pas comme vos mains. Vous semblez être d'une grande maladresse... »

Ou être une enfant qui connaissait nombre désagréments au sein de son cercle familial. Ofelia s'était présentée comme étant une orpheline, ce qui pouvait aussi bien signifier qu'elle avait vécu dans un orphelinat ou était hébergée chez des tuteurs. Hildegarde lui relâcha les mains non sans appuyer son geste d'un sourire.

« Faites de tout même attention, ma mignonne. Une sorcière a toujours grand besoin de ses mains. »

Rejoignant sa chaise, Hildegarde ne remarqua pas l'éclat de tasse qui s'était logée dans la semelle de sa chaussure. La femme manqua de trébucher, se rattrapant au bras de sa chaise pour ne pas tomber. Tâchant de demeurer digne, elle s'assit.

« Revenons donc à nos moutons, mesdames. Je vois que notre consœur asiatique est prompte à s'enflammer. » Hildegarde ne croyait pas si bien dire. « Néanmoins elle a raison sur plusieurs points. Les fées nous dépassent en termes de magie. Selon même de vieilles histoires, les premières sorcières n'étaient autre que des humains souhaitant approcher la puissance féerique, et usant ainsi de la sorcellerie comme échelle d'ascension. »

Hildegarde eut un haussement d'épaules. Cette histoire était peut-être fondée, ou non. Quelle importance. Mais elle soulignait bien que, même la plus puissante des sorcières ne pourrait rivaliser avec une fée.

L'Austro-Hongroise se tourna vers Hilda.

« Je serais ravie, Madame Wagner, que vous nous partagiez vos connaissances. Vous êtes la plus âgée de notre groupe et avez du vivre bien des aventures. Néanmoins, à votre place, j'éviterais une quelconque once d'humanité envers les Androïdes ici. Emerald a été érigée comme une utopie où les Androïdes n'ont pas leur place. Moi-même j'exècre ces créatures. Et il me semble tout à fait curieux qu'une dame scandinave soit si bonne avec eux. Mais peut-être avez-vous vos raisons. »

La Scandinavie n'avait jamais caché son écœurement face à la technologie englobant, dans ce terme, jusqu'aux Androïdes.

« Mademoiselle Ofelia a souligné une question importante. Pouvons-nous nous allier aux fées ? Nombre d'entre elles nous regardent de haut, mais il serait idiot de faire des généralités à partir de quelques individus. Néanmoins je ne suis pas assez confiante pour lancer un appel unanime. Peut-être l'une d'entre vous connaît, au moins, une fée de confiance ? Pour ma part, ce n'est nullement le cas. »

Les doigts de Hildegarde saisirent un sablé, sans pour autant le porter à sa bouche.

« Toutefois avant d'aller quérir une aide, ne devrions-nous pas ériger une base solide entre nous ? Si aucune aide nous est apporté, nous pourrons ainsi toujours continuer à servir la magie. À notre niveau. Nous pourrions faire grossir cette congrégation avec de nouvelles adeptes, nous montrer à des expositions et festivités, élaborer un projet concret ensemble... »

Après tout l'avenir leur ouvrait le bras. L'unique limite était leurs magies et leurs imaginations.

Spoiler:
 




Avatar par Bianca Cavalli
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Ofelia Klaus
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Lun 30 Mai - 19:23


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Éberluée d’être soutenue dans ses propos par la vétérante des sorcières en ces lieux, Ofelia la laissa parler sans oser piper mot, tâchant une serviette de sang dans le but de dissimuler sa blessure. Hélas, sa maladresse n’avait échappé à personne, pas même à Hildegarde Müller, partie brièvement et de retour avec une lettre en main, ceci après l’expression de leurs différents points de vue. Sans comprendre réellement la raison d'une telle tension de l’hybride envers la sorcière sucrée, Ofelia n’osa pas s’en mêler, rougissant tout d’abord, s’essayant à être rassurante tout en jetant un regard angoissé à la japonaise. Elle n’avait pas oublié le geste presque déplacé de la renarde avant le commencement de cette discussion et craignait un nouveau rapprochement de cette dernière. Même si la fascination se mêlait à une crainte presque sacrée.

« Pardonnez moi pour le dérangement. Et ne vous dérangez pas, madame, je vais me resservir. » Offrit-elle en murmure à l’attention d’Hilda. « La maladresse est plutôt commune chez moi, c’est vrai, mais je vous promets d’être plus attentive. »

Hélas, il n’en serait sans doute rien. Le chat, logé sur l’un des coussins de la pièce, invisible mais malicieux, faisait déjà ses griffes sur les auras magiques des participantes. Hildegarde trébucha la première et une goutte de sang tâcha la robe d’Hilda. Ce n’était que le commencement.

« Sans parler d’appel à l'aide, je tiens en tout cas à vous exprimer mon entière confiance à l’égard de deux fées qui sont dans mon entourage proche. Ces personnes m’ont beaucoup appris et comme l’a fait si justement remarqué mademoiselle Hanako, elles ne sont pas féminines. Il m’est d’ailleurs plus souvent arrivé de côtoyer des hommes, pendant mes voyages. Des hommes de pouvoir, des hommes du quotidien. Des hommes sorciers, des hommes fées. Mais des hommes ne manquant pas de capacités. Certains d’ailleurs étaient nés ainsi. Et sans avoir la vocation de la magie, ils pouvaient en user librement de leur pouvoir, dans leur vie de tout les jours. Des humains, comme vous et moi. Des humains sans apprentissage, comme je le vis actuellement. Je n’ai aucune leçon à donner mais ne serait-ce pas mieux de mener à bien cette coalition dans le but de faire remarquer à ceux qui nous craignent que nous sommes aussi nombreux que les êtres dépourvus de capacités ? Que notre ensemble doit être remarqué et respecté ? »

Ofelia se racla la gorge, et chassant une mèche noire de devant son visage, serra les mains nerveusement, observant les plis de sa robe ainsi que de ses différents pansements.

« Certaines nations œuvrent aujourd’hui pour nous éradiquer. En sommes, j’ai l’impression de voir deux points de vue plus importants que les autres se tendre de chaque côté de certaines frontières. Ceux qui tolèrent la magie et souhaitent la protéger de la technologie. Et la technologie qui voudrait reléguer la magie aux oubliettes. Quand ce ne sont pas des extrémistes qui nous brûlent sur un bûcher, comme dans l’ancien temps… »

Ces incidents étaient rares mais méritaient tout de même leur attention. C’était en tout cas son point de vue.

« Ou bien quand on ne mêle pas la technologie et la magie, sachant que, faute de blesser quiconque ici par mon avis de simple jeune femme encore en pleine découverte, j’y trouve une alliance efficace, une union qui pourrait servir aux deux camps et qui pourrait mener la voie à une nouvelle ère de développement dans le respect des traditions et l’avenir des avancements de notre terre. »

Nikolas en serait sans doute foncièrement déçu.


Je grandis, papa.



Et nul doute qu'elle allait en attrister plus d'une autour de cette table. Mais si on lui demandait de choisir sa voir, Ofelia se replongerait dans la magie sans une seule hésitation.

Néanmoins, il se pouvait que la suite leur convienne encore moins. Que se malchance la pousse à trop en dire et que les sorcières, excédées par un tel comportement, la renvoient derechef dans ses contrées scandinaves, sans autre jugement que de lui arracher son livre et ses affaires, pour lui interdire la pratique de la magie. Nikolas lui avait plus d’une fois conseillé d’être prudente, posant lui-même un regard méfiant et inquiet sur la cité volante. Longtemps elle avait écouté ses propos – ses sages propos – à l’égard de ceux qui aujourd’hui avaient construit cette havre de paix, comme certains s’amusaient à l’appeler.

Et c’était ici entre ces murs qu’on avait osé lui couper la main.


Pauvre papa.


Mais Ofelia serra les poings. Car elle était une Klaus, plus qu'une Ay. Car elle n’était pas ici pour seulement prendre des notes. Parce qu’on lui avait appris à ne pas manquer de courage. Et à être qui elle était, avec fierté.

Si la fierté n’était pas encore présente – et le chat s’en contentait très bien – elle n’allait pas non plus se taire et s’élança dans la mêlée des douloureuses interrogations.

« Vous m’avez invité aujourd’hui à participer à un comité de sorcière quand je ne suis encore qu’une étudiante. Et je ne souhaite pas vous blesser ou vous manquer de respect Madame Müller. En venant ici, j’ai accepté de me plier aux lois d’Emerald et si nous ne devons pas aborder le sujet des androïdes, nous ne le ferons pas. J’aimerais pourtant vous demander les raisons d’une telle désapprobation, d’une telle déshumanisation. Si vous aviez l’amabilité de nous expliciter votre point de vue, par le biais d’un simple résumé si cela touche votre intimité car j’en conviens que votre vie, votre passé ou vos opinions sont vôtres et ne nous regardent pas. Mais… Et je vous présente une nouvelle fois des excuses pour ce que je vais dire mais… »

Ofelia inspira brusquement. Et relevant encore la tête – ce va-et-vient en gestuelle leur deviendrait sans doute aussi familier que ce prénom – se permit de chuchoter.

« Par pendant technologique, cela ne se rapproche-t-il pas des hybrides ? »




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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 4 Juin - 11:42
Quelques gouttes de sang tâchèrent la robe d'Hilda. La vieille sorcière observa alors avec douceur la jeune sorcière maladroite. Sans avoir à lui parler, son visage l'excusa. Elle l'aida même à bander ses mains tandis que les autres femmes prenaient tour à tour la parole.

Finalement, la conversation revint sur elle. Les avis divergeaient. Les questions fusaient. Hilda ressentait déjà la lassitude de garder un unique fil rouge et d'avancer toute ensemble vers une première conclusion. Car c'était inévitable, elles allaient s'éparpiller et ne pas faire d'avancées extraordinaires.

« Mesdames, j'aimerais quelques éléments à toutes les questions qui s'amoncellent. »

Hilda se tourna vers Hanako.

« Je ne remets pas en cause le fait que tout le monde puisse apprendre la sorcellerie. Je soulève simplement le point que certaines personnes sont prédisposés à telles aptitudes. Egalement que certaines personnes aimeraient être à la fois le plus performant des sportifs, le plus intelligent des industriels mais également le plus puissant des être magiques. Ce que je dis mesdames, c'est que l'ennemi n'est ni les androïdes, ni les fées, ni les êtres humains. Notre ennemi est le Temps. »

Hilda tourna alors son attention vers Hildegarde.

« J'ai vécu bien des aventures avec, justement, une fée. Je la considérais comme ma petite sœur et, ensemble, nous avons appris à vivre avec la magie. Mais toutes ces aventures seront, je pense, pour un autre jour. Je pense que nous avons plus important à parler maintenant. J'aimerais pourtant revenir sur le sujet des androïdes. Pas trop longtemps, je vous le promets. Je ne sais pas pourquoi vous ne les aimez pas mais, personnelement, je vois ces hommes et ces femmes, je vois ces enfants comme des personnes qui ont soufferts par la vie. Je les vois comme des malades qui ont été soignés par des êtres humains. Ils sont comme nous. Plus important, pour moi, un enfant reste un enfant. Je les aime tous. Je les aime plus que tout particulièrement parce que je n'ai jamais pu en concevoir un... »

Inévitablement, l'ambiance devint soudain plus lourde. Ce que venait d'évoquer Hilda, c'était son plus grand regret. Jamais elle n'avait pu être une mère. Alors que c'était tout ce qu'elle voulait être. De ce fait, elle avait une réserve illimitée d'amour à prodiguer.

Hilda posa sa main sur la cuisse de la petite Ofelia.

« Sommes-nous vraiment aussi nombreux que ceux qui n'utilisent pas la magie ? Nous ne savons pas combien nous sommes. Depuis notre plus jeune âge, nous avons du apprendre à dissimuler nos connaissances. Peu importe les raisons, nous avons toutes vécues des épisodes sombres, des évènements marquants qui ont vu naître nos dons. Par exemple, pour moi, lorsque j'avais à peine vingt ans je crois, j'ai transformé inconsciemment les lèvres d'une jeune rivale en sucrerie... »

Devenait-elle gâteuse ? Probablement que non, mais Hilda, assise dans ce cercle de sorcières, semblait avoir une facilité déconcertante à parler de sa vie et de ses traumatismes.

« Pour terminer sur une note d'optimiste, sachez que dans ma famille, nous sommes génération après génération, des sorcières. Je le sais car une partie de mon apprentissage s'est déroulé grâce à un grimoire relatant les expériences et la vie de mes ancêtres. Tout cela pour vous dire qu'il y a une évolution. Avec le temps, notre sorcellerie deviens plus puissante. Je crois réellement qu'un jour, une sorcière découvrira le moyen de nous « attacher » à la magie comme les fées. Peut-être sommes-nous seulement mal accordée par rapport à la fréquence de l'univers ? »

HRP:
 
Hilda Wagner
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Hanako Hayashi
La kitsune
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Lun 13 Juin - 0:56
Hanako n'avait rien en particulier contre les androïdes, comme elle n'avait rien pour non plus. Les deux seules choses qui pourraient avoir une influence sur son opinion, c'est qu'elle était né chinoise et n'aimait pas son pays natal, et qu'elle avait vécu plusieurs années au Japon. Ces événements pourraient influencer son opinion.

Mais pour le moment l’hôte des lieux avait demandé à taire le sujet ayant elle aussi des raisons personnelles pour ne pas vouloir en parler. La jeune sorcière posa timidement une question que l'hybride trouva polie, juste avec une pointe de curiosité. Ce n’était pas le cas de la « doyenne » de la réunion. Elle n'avait pas reçu la même éducation qu'Hanako il fallait croire. En même temps peu de personnes avaient du recevoir la strict éducation qu'elle avait reçue en Chine.

Hanako prit sur elle n’écoutant que d'une oreille, tournée vers la personne qui parlait. Elle laisserait leur hôte répliquer, si elle en avait envie sur les androïdes. Hanako trouvait bizarre qu'une personne née en Scandinavie, et qui avait vécu en ce même pays, puisse défendre si farouchement ces êtres mi-homme, mi-machine.

Hanako prit sa tasse de thé et souffla doucement sur la boisson quand des mots firent dresser, d'un seul coup, les oreilles de renarde, ainsi que tous les poils de son corps. En même temps elle recracha tout son thé qui alla en direction de la personne qui était en face d'elle : leur hôte.

Hanako se serait bien excusée, allant essuyer la femme, en profitant pour la caresser un peu. Après tout il n'y avait pas que la « doyenne » qui avait le droit de caresser les autres femmes. Mais la kitsune ne pouvait plus se contrôler. Stupéfaite ? Abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre ? Ou juste une totale incompréhension qui lui fit se demander si cette femme avait bien vécue dans la Scandinavie qu'on lui avait décrite. Mais une chose était sûre : Hanako Hayashi était prise d'un violent fou rire aigu à l'en faire pleurer.

Elle posa une main sur son ventre, la crampe la faisait se plier en deux de douleur. Elle essayait de s'excuser entre deux crises de fous rire sans réussir à s’arrêter. Cela allait peut être lancer un froid. Mais elle avait beau essayer de reprendre sa respiration, pour calmer cette crise, rien à faire. Le rire recommençait de plus belle, sans raison. Elle ne se contrôlait plus et, malgré ses efforts à plusieurs reprises, cela continua un bon moment.

Jusqu'au moment où elle put enfin reprendre le contrôle d'elle même. Son visage était rougeâtre comme le vin rosé de France. Sa coiffe en avait elle aussi pâti. Elle était décoiffée. C'était quelque peu inconvenant. Mais elle devait expliquer la raison de cette crise.

— Veuillez m'excusez. Sincèrement je vous pris de m'excuser. En particulier vous mademoiselle Müller pour ce désagrément plutôt embarrassant.

Hanako ne prit pas la peine de se lever, et replaça une mèche autour d'une de ses oreilles.

— Mademoiselle Wagner. Je ne tiens pas à remettre vos paroles en doute. Mais, comment dire cela sans vous vexer.. Vous avez du vous cacher en Scandinavie étant native de ce pays ? C'est quand même particulier vous en conviendrez. Mais que dire d'une personne née hybride, en Chine, pays on ne peut plus anti-magie. Pays où je suis née, hybride de naissance et sorcière par conviction. Pour une personne comme moi vos paroles ont juste un son comique. Mais, contrairement à vous, je n'imposerais pas mon expérience. Je ne comprends pas comment une personne vivant en Scandinavie peut dire que les sorciers ont du cacher leurs connaissances, dans un empire semblable à celui du Japon, où les qualités magiques sont les bienvenues et surtout reconnus. J’espère que vous comprendrez mon incompréhension sur le sujet. Surtout que vous dites que nous avons toutes vécues des moments marquants qui ont vu naître nos pouvoirs. En cela je suis désolée, encore une fois, de vous contredire. Mais vos paroles sont fausses. Je suis née hybride et j'ai choisi d’apprendre la sorcellerie. Aucun événement n'a éveillé ce « pouvoir » en moi. Mais peut-être suis-je une exception, en ces murs du moins. Tout comme vous n'avez pas l'air de comprendre qu'on ne peut rivaliser avec un hybride magie, ce que sont les fées.

Hanako espérait que la vielle femme n'allait pas croire que la renarde en avait après elle. Mais elle ne pouvait pas laisser une consœur avec des croyances fausses. Elle avait même l'air de croire que les vielles familles de sorcière étaient rares. Au Japon ce n’était pas rare et sûrement que c’était la même chose pour la Scandinavie. Il y avait bien des écoles de magie là-bas.

— Qu'en pensez-vous mademoiselle Müller et mademoiselle... Ofelia ? D'ailleurs, comme vous l'avez suggérée, je pense plus que notre « ennemie » sont plutôt les pays qui veulent « éradiquer la magie ».



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Sam 18 Juin - 16:06
Précisions:
 

L'effervescence régnant dans le petit boudoir rappelait à Hildegarde cette même passion qui animait sa cour de mignonnes. Douces vestales nanties de rubans et de froufrous apprenant, au rythme de leur pas, les arcanes de la sorcellerie trouvant chacune, en la magie, une discipline bien plus intrigante que le pas de danse ou le piano. Oui ces dames étaient aussi fébriles que des apprenties. Ofelia démontrait un côté posé, presque timide, mais sa voix vibrait de la volonté de bien faire, d'accomplir quelque chose et ce malgré son jeune âge. Hilda se permettait de tirer des conclusions générales en se basant sur sa propre vie, jouant ainsi la carte de la doyenne se plaçant au-dessus des plus jeunes au vu de son savoir.

Hanako les surprit toutes en crachant, tel un lama, le contenu de sa tasse sur Hildegarde. La boisson éclaboussa le visage de l'hôtesse qui cligna des yeux, abasourdie. Attrapant une serviette, la sorcière s'épongea du mieux qu'elle put se permettant un sifflement rageur à la vue du thé qui tâchait le haut de sa robe. Mrs Wealth allait devoir bien la frotter pour faire disparaître toute trace de cette mésaventure. À terre l'asiatique se pliait en deux riant avec la vivacité, sans retenue, d'une dame du peuple. Entre deux hoquets la femme tentait de s'excuser finissant par, peu à peu, reprendre contenance et expliquer le pourquoi de sa crise.

« Vous manquez de retenue pour une asiatique. » se permit de glisser Hildegarde.

Se levant de son siège, l'Austro-Hongroise alla ouvrir une commode pour en tirer un petit pot d'étain. Revenant vers la table, elle l'ouvrit laissant se répandre une odeur de plante séchée tandis que, avec des gestes trahissant l'habitude, elle préparait une infusion. L'odeur se décupla dès que l'eau chaude engloutit les herbes. Se penchant vers Hanako, elle lui tendit la main afin de l'aider à se relever.

« Reprenez votre siège et goûtez. C'est de la mélisse. Une plante parfaite pour apaiser les nerfs. »

Le pot demeura sur la table à portée de quiconque voudrait en observer le contenu, ou même le goûter. Rassemblant ses jupes, Hildegarde se rassit. Une longue inspiration souleva sa poitrine.

« Ce petit interlude n'était absolument pas prévu au programme. Je vais me permettre de répondre à quelques interrogations qui ont été soulevées avant de revenir au sujet qui nous concerne toutes. »

Il s'agissait de ne pas se perdre en digressions. Sinon elles n'avanceraient jamais et il leur faudrait plus d'un jour pour mener à bien ce projet de loge de sorciers.

« De ce que j'ai pu entendre déjà deux d'entre nous ont eu des expériences positives envers les fées. Si jamais nous avons besoin d'aide de la part de ces êtres de magie, nous aurons déjà quelques noms à qui nous adresser. »

Des plis se dessinèrent à la commissure des lèvres de Hildegarde.

« Mademoiselle Ofelia m'ayant demandé quelques précisions au sujet des Androïdes, je m'en vais les donner. J'excuse votre curiosité. Vous êtes jeune, vous tâchez de comprendre ce vaste monde, pourquoi nous ne pensons pas tous de la même façon. Néanmoins je m'inquiète que deux sorcières de Scandinavie s’intéressent tant à de tels êtres alors que leur pays les traque et les décime. J'espère que vous gardez bien closes vos pensées en vos contrées. »

Il serait regrettable que, à cause d'une divergence d'opinion, deux sorcières ne soient chassées de leurs pays natifs – voire subissent pire outrage.

« À mes yeux les Androïdes n'auraient jamais du voir le jour. L'idée même de leur création est un blasphème. Ces êtres sont des victimes, les cobayes d'êtres qui n'ont aucun respect envers la vie humaine. » Les autres sorcières auraient pu souligner l'ironie si elles avaient su que, dans les tréfonds d'une salle à l'étage de cette coquette demeure bourgeoise, Hildegarde extrayait des entrailles des femmes des enfants non désirés. Tuait, dans l’œuf, des êtres avant même qu'ils ne voient le jour. « On a écorché leur chair, on les a torturés, et non soignés comme le disait Frau Hilda. Au vu de leur finalité, je considère plus humain de créer des automates que des Androïdes. Tuer ces derniers est un acte de pardon et de charité. Moi-même je préférerais mettre fin à ma vie plutôt que de continuer à exister sous une telle enveloppe. »

Une pensée des plus radicales mais que Hildegarde assumait pleinement. Quitte à déplaire. Hildegarde leva une main afin de couper court à toute réplique concernant ce sujet.

« Le chapitre est ainsi clos, nous ne reviendrons pas dessus. Frau Hilda... » Un sourire étira les lèvres de Hildegarde. « De ce que vous nous avez évoqué, vous avez connu un parcours fort chaotique. Avec moins d'exubérance que Frau Hanako, permettez-moi de souligner mon étonnement. Je ne pense pas que vous vous soyez cachée à cause de votre nature de sorcière dans un pays qui, il y a peu encore, avait à sa tête un empereur sorcier. » Hildegarde leva la main à nouveau. « Je ne veux point connaître la nature profonde de votre art. Je vous demanderais simplement de ne point en user de manière néfaste pour notre loge. »

Laissant ses paroles planer au-dessus des têtes des personnes attablées, Hildegarde s'humecta la gorge avec un peu de thé avant de reprendre.

« Ce que vous nommez évolution Hilda est la situation déjà actuelle de notre monde. Les écoles de magie existent, mais aussi les maîtres et professeurs enseignant son usage. L'instruction de la magie est banalisée dans nombre de pays. Vous semblez le découvrir que maintenant, croyant que votre vie a été une exception alors qu'elle est ancrée dans le commun. Pour prouver mes dires, je me permettrais une vague ellipse sur mon propre parcours.

Je n'ai jamais eu à dissimuler mes connaissances comme vous l'affirmez. Ma mère était sorcière, descendante d'une famille dont la plupart des membres pratiquaient cet art. Jamais elle ne l'a caché à son époux, mon père. Lui-même y voyait une forme d'art et ne s'opposa donc jamais à ce que ma mère apprenne à moi, et mon frère aîné, les arcanes de la sorcellerie. Mes études ont été complétées par les cours d'un maître d'école lors de mes années de pensionnat, tandis que mon frère étudiait au sein d'une école scandinave.

Comme Frau Hanako, mon choix de me tourner vers la sorcellerie n'est lié à aucun traumatisme, ni aucune mauvaise expérience. Vous semblez, et j'espère me tromper Frau Hilda, vous enfoncer dans ce mythe répandu que la sorcellerie est mauvaise. Fi des sorcières au nez crochu, des sabbats idolâtrant le diable ! Nous sommes toutes assez raisonnables pour savoir que tout ceci n'est que fadaises. Il en est des mauvaises sorcières comme des mauvaises fées, et des mauvais humains. Ils sont partout mais ne font pas la majorité. La magie est neutre, de même que la sorcellerie. Tout dépend ensuite de l'usage que nous en faisons. »


Elphaba aurait rit des propos de Hilda, de ce rire strident qui vous vrillait les tympans, comparable au bruir produit par des ongles sur un tableau noir. Elle aurait secoué son grand chapeau pointu, feint une révérence en s'égosillant « Regardez moi ! Je suis la vilaine sorcière ! Je brûle des enfants dans mon four et les mange jusqu'au petit orteil ! »

Hildegarde frappa ses deux mains l'une contre l'autre, méthode parmi tant d'autres pour axer l'attention de toutes sur elle.

« Cette loge n'a nullement pour but de mener une course à la puissance. Laissons cela aux hommes, aux dirigeants qui cherchent à tout prix à obtenir le plus vaste territoire. Nous sommes des femmes, nous valons mieux que cela. Mademoiselle Ofelia, j'approuve votre point de vue concernant la techno-magie. J'ai moi-même une consœur qui s'y est toujours intéressée. Après tout n'existe-t-il pas une vague histoire comme quoi le tout premier navire volant aurait été créé par l'une des nôtres ? Nous sommes bien plus urbaines que les fées, plus modernes. Il nous faut puiser là-dedans de quoi nous développer. »

Une idée sembla alors traverser l'esprit de Hildegarde. Cette dernière se leva abruptement, manquant de renverser sa tasse. L'hôtesse se mit à faire les cent pas, bras croisés, saisissant son menton dans une de ses mains. Au bout du troisième aller-retour, son poing vint frapper sa paume.

« Nous devons trouver des solutions concrètes. Travailler sur une invention commune. Comme l'a souligné Ofelia, nous devons être remarquées, respectées. Si l'ennemi est le temps, comme l'a dit Frau Hilda, nous devons tout de même demeurer vigilantes et ne pas nous précipiter. »

Son index chatouillant l'air, Hildegarde énuméra les possibilités qui lui venaient à l'esprit.

« Jouer les missionnaires ? Recruter d'autres des nôtres ? Nous pourrions les sauver de ces pays qui réfutent la magie. Les empêcher de devoir vivre cachées comme a du le faire Frau Hanako. Je m'engage à ouvrir ma demeure à ces sorciers et sorcières en perdition. En sauvant nos semblables, en les rassemblant, en formant un tout, nous pourrions mieux servir la magie. Nous pourrions aussi créer un réseau de communication utilisable seulement par les sorcières. Ou transformer Emerald en cité pro-sorcières ? »

Tant d'idées se bousculaient dans l'esprit de Hildegarde qu'elle ne savait plus où donner de la tête.




Avatar par Bianca Cavalli
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Ofelia Klaus
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Sam 18 Juin - 20:47


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Ofelia se serait clairement apitoyée sur le sort d’Hilda – aussi intriguée par sa jeunesse en compagnie d’une fée que désolée pour son manque d’enfant – si le thé de la japonaise ne s’était pas retrouvé sur le visage de leur hôte, dans un crachat malencontreux qui devait sans doute tout à sa malchance. A nouveau horrifiée, les mains sur la bouche pour cacher sa surprise à l’égard d’une telle attitude de la part de l’hybride, l’apprentie se retint tout de même de venir au secours d’Hildegarde, ses gestes malhabiles étant gage d’imprévus. Elle préféra donc se taire, se pinçant les pouces avec force, respirant le plus calmement possible et écoutant les propos de sa consoeur avec une attention toute relative.

Mais elle fut bien obligée de donner son avis, quand la japonaise guetta une possible approbation de la part de la dame Muller comme de la sienne. Hochant distraitement la tête, l’orpheline dû bien lui concéder certains points. A aucun moment de sa vie en Scandinavie elle n’avait été obligée de cacher ses compétences, tout comme son père, directeur respecté par ses enfants comme par le peuple. Hilda avait certainement du tomber sur des personnes mal intentionnées au cours de son périple, et elle s’en sentait d’autant plus désolée que ses propos à l’égard des androïdes lui avaient redonné espoir sur son propre jugement. Mais il était clair qu’elles ne pouvaient en aucun cas rivaliser avec les fées.

« Les fées sont la magie. Nous, nous ne pouvons que l’effleurer, en maîtriser une partie, sur une période qui dure toute notre vie de leçons et d’apprentissage. Les fées vivent d’elles et la représentent bien mieux que nous, qui ne nous pouvons qu’en user, par nos pouvoirs ou nos capacités. Et de fait, par ces capacités, je suis intimement convaincue qu’il existe bien plus de personnes concernées par la magie, sorcières ou non, que nous le pensons. J’ai connu un garçon qui pouvait changer le métal en or. Il n’était ni fée ni sorcier mais il le pouvait. Par sa simple volonté, il le pouvait. »

Ofelia releva la tête et affrontant le regard d’Hildegarde, lui offrit un sourire empli de gratitudes.

« Je vous remercie de nous avoir éclairé sur votre point de vue concernant les androïdes. Les divergences d’opinions ne manquent pas entre les êtres humains, et les sorcières ou sorciers sont tout autant concernés. » Ainsi était-ce sa manière de réprouver les arguments choquants concernant l’euthanasie de ces pauvres créatures de métal. Si l’homme se prenait effectivement pour Dieu, les androïdes n’avaient pas à être victimes de ce blasphème mais devaient être guidés vers la connaissance et la paix, s’affranchissant des fils de leurs marionnettistes et obtenant la charité de ceux qui les voyaient bien en peine. C’était ainsi que l’Espagne les traitait.

Mais le visage d’Ofelia s’assombrit légèrement. C’était aussi l’Espagne qui l’avait sauvagement chassé, sous peine de mort en cas de retour.

Son cœur se piqua de jalousie. Dans un coin de la pièce, une statuette pourtant posée loin de tout angle, se fracassa au sol, tombée du haut de son meuble.

A l’étage, une servante cria, faible bruit dans l’atmosphère. Elle venait de se coincer les doigts dans une porte.

« J’approuve néanmoins vos propos concernant la bonté ou la méchanceté des sorciers. On m’a appris une magie blanche, et c’est de celle-ci dont je souhaite user envers mon prochain. Je ne tiens à effleurer la magie noire et son engeance que par connaissance et par désir de mieux m’en éloigner. Le Diable vous tente par la stupidité et l’ignorance. Je ne tiens pas à en être sa victime. » Son talon frappa le sol nerveusement.

« Je serais d’avis d’être missionnaire pour les sorciers. Guider les apprentis, quand ma propre formation sera achevée. Éclairer le chemin de ceux qui ne savent rien de notre existence ou persistent à croire aux sabbats justement. Des potions, nous pouvons soigner. De nos grimoires, nous pouvons aider. »

Ofelia se racla la gorge et se levant tranquillement, alla ramasser les débris de la statuette. Faisant attention à ne pas s’écorcher, mais se cognant malencontreusement la tête à l’armoire, toute proche. Elle soupira, continua tout de même sur sa lancée, sans tourner le dos aux femmes.

« Mais plutôt que de compter sur Emerald pour devenir une ville pro-sorcières, pourquoi ne pas nous rapprocher du Canada ? N’y avait-il pas là-bas un Arbre aux fées ? Ne serait-ce pas l’opportunité d’y construire une ville pour une sainte et bienfaitrice association ? Avec l’appui de nos connaissances, je pense justement à mes proches comme à cette jeune sœur dont vous nous avez parlé, madame Wagner, nous pourrions obtenir un pourparler pour avancer la situation. Et nos missions renverraient les plus enjoués à ce lieu où, en compagnie d’une fée, ils apprendraient la magie. C’est ainsi que j’ai vécu et je crois la méthode efficace. »

Les mains pleines de morceaux, elle se releva enfin, manquant de trébucher.

« Pour le réseau de communication, la technologie saurait sans doute nous servir mais j’ai… des difficultés personnelles à l’utiliser. Mon éducation. » S’excusa-t-elle doucement. « Où dois-je jeter ceci, madame Müller ? »





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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Jeu 23 Juin - 17:45
Hilda écouta chacune des femmes apporter son point de vue. Elle ne fut même pas vexée lorsque l'asiatique éclata de rire et reprit le contrôle d'elle-même à grand peine. Elle savait d'expérience que la colère ne durait pas. Que les plus grands drames devenaient un jour de vilaines et simples anecdotes. Elle ne dit rien non plus lorsque la maîtresse de maison expliqua son point de vue sur les androïdes.

*Il ne faut pas confondre les croyances d'un pays avec celle d'un village isolé ou même celles d'une unique personne. *

Voilà ce que pensa Hilda au discours de la maîtresse de la maison. Mais elle ne dit rien. Elle comprenait la nécessité de clore le débat et de le recentrer vers des solutions fructueuses.

Vint alors le moment de trouver des solutions. Et visiblement, la réponse à leur grande énigme se trouvait dans la techno-magie. Hilda comprenait pourquoi : après tout, il fallait puiser dans les nouvelles ressources sans oublier ce qui marchait dans les vieilles traditions. Alors, elle écouta les propositions et laissa son cerveau parcourir les évènements marquants de sa vie en quête de solutions envisageable.

« Je ne sais pas si ma sorcellerie pourrait se marier avec la technologie. Tout comme je ne me vois pas marcher sans cesse, aller d'un village à une ville en tant que missionnaire. Je rêve plutôt d'une fin de vie simple alors que je vois se rapprocher chaque jour l'ombre de la Mort. »

En disant cela, Hilda tourna son attention vers les fenêtres de la pièce. Depuis quelques temps, elle sentait le poids d'un regard dans son dos. Sa poitrine était comprimée à l'idée de ces mauvaises vibrations qui semblaient l'affaiblir à l'usure. Hilda espérait que cela n'était qu'une paranoïe provenant de son âge.

« A mon avis, si nous voulons faire en sorte que la magie soit acceptée par le plus grand nombre, nous ne devons pas nous attarder sur notre génération. Les adultes sont des êtres faits de routine qui détestent le changement. Alors que les enfants sont des êtres vierges et innocents. Ils n'attendent qu'une seule chose : qu'on les aime et qu'on les instruise. »

Hilda regarda alors la plus jeune des sorcières : Ofelia. Et par ce regard, elle rappelait que la jeune femme venait justement d'expliquer qu'elle souhaitait finir son éducation. Elle était l'exemple même de ce qu'Hilda venait de proposer.

« Pour ce qui est de la techno-magie, je n'aurais pas l'audace de proposer des idées révolutionnaires. Ce sont là des innovations d'un autre temps que le mien. Je laisse ça à la nouvelle génération. Mais pour en revenir à mon idée, je propose deux voies de travail. Le premier serait de s'associer avec des orphelinats dans lequel des sorcières apprendraient aux enfants les bases de la sorcellerie comme on leur apprend à lire, à compter et à apprendre l'histoire et les cartes. La deuxième solution serait d'ajouter des sorcières dans les écoles publiques. Offrir aux nouvelles générations la possibilité de s'intéresser à la magie. Que chacun en ait au moins les bases. »
Hilda Wagner
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Hanako Hayashi
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Mer 29 Juin - 22:39

Hanako du se retenir de rire encore une fois. Elle avait l'impression de revenir un tour de table en arrière. Autant la jeune sorcière était appliquée et avançait dans le sens de pensée du groupe, que la vielle sorcière avait un discours auto centré. Au final juste un gros soupir non dissimulé s’échappa des lèvres de la renarde.

— Je pense comprendre vos paroles. En effet si on vous écoute, vous correspondez parfaitement à ce que vous décrivez.

Hanako regarda la maîtresse de maison et lui demanda si il était possible d'avoir à nouveau du thé vu que sa tasse avait été vidée à cause du petit imprévu Puis elle s'adressa a nouveau à la vielle sorcière.

— Je disais donc... Si on vous écoute les vielles générations ne sont plus bonnes à rien et ne veulent plus avancer. En vous regardant et en vous écoutant, cela vous correspond tout à fait. Vous ne voulez rien d'autre que couler vos vieux jours tranquillement. Mais sachez, madame, que nous ne sommes pas toutes ainsi.

Hanako s’était levée de sa chaise laissant, dans son dos, un ballet de neuf queues velues fouetter l'air trahissant, malgré sa volonté de rester neutre en ce lieu, tout son agacement face à cette vielle femme.

— Ma sorcellerie n'est pas non plus compatible avec la technologie. La magie rouge est une magie du langage du corps. Mais cela ne m’empêchera pas forcément de réfléchir dans le sens commun du sabbat. Mais à vos paroles je me demande ce que vous faites ici. Vous le dites vous même. Vous ne voulez rien d'autre que finir vos jours. Que faites-vous ici alors ?

De plus exclure les adultes est, selon moi, une très mauvaise idée. Les enfants sont peut-être attentifs, mais les adultes le peuvent aussi. Sans parler, qu'en général, un adulte possède un plus grand potentiel magique qu'un enfant qui ne connaît rien à la vie. Nombres d'adulte rêvent de briser cette routine que vous citez.


Hanako allait presque dire que profiter des enfants. Mais cela aurait quand même sonné faux dans sa bouche, elle qui préparait ses potions avec des corps de jeunes femmes. Hanako était toujours debout avec sa fourrure qui fouettait l'air, ne relevant même pas les dernières paroles de la vielle sorcière. Elle en avait déjà bien assez dit.


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Hildegarde Müller
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Ven 1 Juil - 19:03
La statuette se brisa dans un choc lugubre. Vidant une panière contenant quelques friandises, Hildegarde alla prêter assistance à l'apprentie-sorcière, tendant la panière pour que Ofelia y déposa les débris qu'elle avait amassé.

« Déposez tout ici. Je l’amènerais à un artisan de la ville. Il a le don de tout réparer. Sauf les cœurs. »

Hildegarde veilla à reposer la panière loin de Ofelia, de crainte qu'elle ne chuta sur la sorcière. L'Austro-Hongroise la rangea dans une commode, refermant la porte devant. Non sans piocher, avant, un petit objet dans un pot. Prenant la main de Ofelia, Hildegarde lui entrouvrit les doigts laissant tomber, dans la paume ouverte, un haricot.

« C'est un haricot magique. Il soigne les blessures bénignes. Il te fera du bien. »

Entre elles deux, Hildegarde se permettait le tutoiement. Comme elle l'aurait fait avec une de ses mignonnes. Lors de leur petit échange, les deux autres sorcières exposaient leurs points de vue, leurs idées de projets d'avenir. Une nouvelle fois, l'asiatique laissa ses sentiments exploser, s'épanchant largement. Ses queues se mouvaient comme autant de serpents grouillants. Hildegarde se précipita à sa rencontre, saisissant Hanako par une épaule.

« Faites donc preuve de retenue ! Je vous invite au calme. Sans quoi je vous renverrais chez vous. Vous devez respect envers vos aînés et apprendre à dompter vos sentiments. »

Aucun groupe ne pouvait être exempt de conflits. Hildegarde en était consciente. Néanmoins si elle pouvait les amoindrir, en limiter les nombres, elle ferait tout en ce sens. Sentant que l'atmosphère s'était brusquement alourdie, Hildegarde alla ouvrir une des fenêtres. Une brise souffla dans le boudoir, caressant la peau des sorcières. Les rideaux et la nappe s'agitèrent lentement, comme les vagues de l'océan sous la brise marine.

Hildegarde se cala contre le rebord de la fenêtre, face à l'assemblée.

« Je vous remercie demoiselle Ofelia de vous proposer en tant que missionnaire. Vous serez la lanterne qui éclairera la voie de tous ces sorciers et sorcières perdus. J'approuve d'ailleurs les propos que vous avez eu. Des potions, nous pouvons soigner. De nos grimoires, nous pouvons aider. Cela formerait une superbe devise pour notre loge. Je n'avais pas songé au Marraine la bonne fée au Canada, mais au vu de votre réflexion... » Hildegarde posa son doigt sur son menton, hocha la tête. « Si des fées peuvent intercéder en notre faveur, nous pourrions investir une partie de ce bâtiment et opérer ce rapprochement que vous proposez, Ofelia. Un rapprochement entre fées et sorcières. »

Hildegarde n'en avait encore jamais rencontré. Ce serait une première. À quoi ressemblait une fée ? À un humain lambda d'après les dires de certains. À des créatures éthérées aussi charmeuses et imposantes que les elfes des légendes, d'après d'autres. Voyager au Canada permettrait à Hildegarde de se faire une opinion par elle-même.

« Nous pourrions faire appel aux fées que vous connaissez demoiselle Ofelia et Frau Hilda. Leur demander si elles peuvent intercéder en notre faveur, comme l'a proposé Ofelia. »

Y amènerait-elle Elphaba ? Si cette dernière acceptait, pourquoi pas. Elphaba apporterait peut-être une pierre à cet édifice qu'elles construisaient toutes, petit à petit.

Se détachant de la fenêtre, Hildegarde se dirigea vers Hilda. Au passage elle attrapa un châle déposé sur le haut d'un fauteuil. Délicatement elle en recouvrit les épaules de la vieille dame. Le geste d'une femme à son aînée. Sa main serra celle de la Scandinave.

« Vous ne devriez pas être si pessimiste. Peut-être suis-je encore imprégnée de toute la folie de la jeunesse, de sa volonté de changer le monde. Mais vous devez croire en nous tous. Aux jeunes, aux aînés, aux générations actuelles, passées et futures. Sans celles du passées, je n'aurais pas pu devenir sorcière. Ou, qui sait-je, aurais-je suivi une mauvaise voie. Ma mère, mon maître d'école, Elphaba... Tous ont participé à mon instruction. Et je pense ne pas être l'unique sorcière a avoir reçu une telle instruction. Il me semble que demoiselle Ofelia a dit avoir été instruite elle aussi par un adulte. »

Hildegarde se permit de remplir les tasses de chacune, donnant la sienne à Hilda.

« Intégrer les écoles publiques, les orphelinats... N'est-ce pas déjà le cas ? Je suis d'accord que la situation dépend des pays. Mais, sur ce plan-là, je pense pas que nous puissions apporter plus que ce qu'il y a déjà. Sans compter qu'intégrer de telles structures demandera du temps, des années... Il faudrait voir quels établissements n'ont pas déjà, en leur sein, des instructeurs en magie. »

Se saisissant de sa tasse, Hildegarde en but une longue gorgée. Ses pas la ramenèrent vers la fenêtre, sa tasse fumante à la main.

« Je propose donc que celles d'entre nous qui connaissent intimement des fées les contacter. Nous verrons avec elles pour nous rapprocher du Marraine la bonne fée. En attendant ma demeure sera ouverte à tous les sorciers cherchant un refuge. De mon côté je tâcherais de contacter d'autres sorciers et je me rendrais au Canada si jamais, au bout d'un certain temps, nous n'avons aucune réponse de vos connaissances féeriques. »

De sa tasse Hildegarde désigna Ofelia, puis Hilda et Hanako.

« Demoiselle Ofelia s'est proposée en tant que missionnaire. Qu'en sera-t-il de vous deux, mesdames ? »

Pour une première journée, Hildegarde trouvait qu'elles avaient réussi à établir déjà quelques bonnes idées. Il leur restait beaucoup à faire, c'était évident. Rome ne s'était pas construit en un jour.




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Ofelia Klaus
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Dim 3 Juil - 22:14


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Panière sous le nez, Ofelia offrit un sourire timide à son hôte, y déposant les débris de la statuette comme ordonné. Elle ne craignait pas de la voir être réparée par quelques ensorcellements – Hildegarde semblait posséder de nombreuses capacités, comme les deux autres sorcières présentes à ce congrès – mais incertaine du fait de causer d’autres tords, elle s’éloigna prudemment des sorcières, n’osant pas s’asseoir. Elle accepta tout de même de recevoir le haricot magique, soulageant aussitôt ses douleurs, comme promis par la jeune femme. Et le triturant avec soin, Ofelia redevint silencieuse pour écouter les propos de ses consoeurs.

De la volonté de madame Wagner à terminer ses vieux jours dans la tranquillité sereine de la solitude, l’orpheline se permit de froncer des sourcils sous l’incompréhension. A quoi bon répondre à l’appel du sabbat si ce n’était pour y participer activement ? Était-elle présente en seule donneuse de leçon ou pour disputer leurs avis de quelques réprimandes pessimistes ? A l’entendre parler des adultes, presque avec rancœur, Ofelia le crut et sans assentir aux réprimandes de la japonaise, comprit tout à fait son agacement. Hildegarde mit toutefois les choses au clair, recentrant le sujet sur ses idées – et la faisant rougir derechef. Elle n’aurait pas cru déclencher un tel enthousiasme et se sentait honorée d’apporter un peu de nouveauté dans ce débat qui faisait rage entre la renarde et la femme âgée.

Néanmoins, Hanako semblait bien plus sage que son aînée sur le point de vue des adultes et ce qu’ils pouvaient apporter à leur mission. Secrètement ravie de la voir chasser le projet d’une Emerald sorcière et d’être soutenue dans cette idée qui n’était née, du fait, que de sa propre rancune à l’égard de ceux ayant maltraité son père, Ofelia s’offrit le luxe d’un petit pas en avant. La poitrine gonflée par une certitude moins affable, elle reprit le flambeau de la parole pour apporter encore sa pierre à l’édifice.

« C’est l’espoir qui manque peut-être à nos adultes, sorciers ou non. Je suis certaine que de témoigner de la paix et de nos liens possibles entre les fées et les sorcières les rappellera à leur formation et à ce qu’ils ont cru en apprenant la sorcellerie : se rapprocher de la magie, la comprendre et en user pour le monde comme de réapprendre qui ils sont en vérité. »

Face à cette assurance qui ne pensait à rien aux malheurs déclenchés, le chat noir recula prudemment dans un coin. S’empêchant tout maléfice pouvant troubler son discours.

« Je viens d’un orphelinat en Scandinavie où on m’a appris le respect que je dois à mes pairs, comme à la magie. Si mon professeur exècre la technologie, je peux toutefois le comprendre et je ne peux que me porter garante de l’enseignement qu’il pourra amener à tous les enfants qui le désireront. Il est déjà le professeur de bon nombre d’entre eux sur le front Est et nous pourrions avoir un front Ouest, sous l’Arbre à Fée. Mais quitte à rallier l’Arbre, il y a aussi là la possibilité de fonder une institution, une école de sorcellerie dont les adultes, justement, pourraient être les professeurs. Ne serait-ce pas merveilleux pour eux de retrouver leur implication fondamentale envers la magie en travaillant épaule contre épaule avec les fées pour mieux guider les jeunes sorciers de ce monde vers le chemin de la connaissance ? »

Pendant un court instant, son esprit effleura brièvement l’idée de demander le soutien d’Atêsh quant à ce projet. Mais elle doutait que son pays, techno-magique par son essence, trouve grâce aux yeux des fées. Il y avait pourtant un espoir dans les clans plus retranchés de Perse où les djinns, loin de toute influence extérieure, vivaient entre eux. Il pouvait être leur intermédiaire et le mentor d’une magie élémentaire directement liée à la terre et au vent.

« Je serais missionnaire, telle est désormais ma volonté. Je guiderai ceux qui chercheront le chemin de la magie et je parlerai de cette institution une fois fondée. Mais si nous devons tout d’abord regagner le Canada pour parlementer avec les fées, alors permettez-moi que j’avertisse la meilleure fée que je connaisse en ce monde. Mon père adoptif. Nikolas Klaus. »





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Dim 24 Juil - 17:46
Le trajet avait été long, angoissant et froid. À bord du navire volant, les températures étaient déjà plus basses qu’au sol mais traverser la Russie pour retrouver le nouveau continent…dans une cité volante ! Heureusement tout se passa sans heurt. Enfin, si on oubliait le départ retardé du navire par mon éternel angoisse maternelle à vouloir que tout soit parfait et que personne -surtout pas Misha- ne manque de rien. Résultat, nous partîmes de la capitale avec quelques heures de retard qui entraineraient inévitablement mon propre retard chez Dame Hildegarde.

La destination fut atteinte, les bagages descendus de bord et la maison identifiée. Je laissai mes effets à une domestique avant de demander la direction de l’endroit où l’on m’attendait. Ce fut enfin au moment d’entrer dans la salle que l’on venait de me désigner que les dernières paroles d’une jeune Demoiselle retentirent dans l’ouverture des portes de la pièce.


« Mon père adoptif. Nikolas Klaus. »

« Sir Nikolas se trouve-t-il ici ?

La question m’avait échappée, à la fois surprise et heureuse de cette supposition, et seulement alors je réalisais que pour une première entrée en matière -et une présentation à ce sabat- je devais très certainement avoir ruiné mon image à tout jamais. La gêne n’aurait pu être plus grande alors que je devinais sur moi les regards des autres femmes qui me firent aussitôt baisser la tête, les joues en feu, alors que je courbais l’échine dans une révérence digne de la Cour Impériale. Quelle honte !

« Je vous prie de bien vouloir m’excuser, chuchotais-je d’un ton plus bas et calme, plus digne de moi je l’espérais. …Et de vous interrompre avec mon retard, m’empressais-je d’ajouter en relevant finalement les yeux sur l’assemblée. Je suis Vashka von Kursell…Dame Muller m’a invité.»

Au cas où il subsisterait un doute dans leurs esprits, je désignais la lettre d’invitation de la dite Dame que je tenais toujours en main, l’autre étant chargée de ce qui pouvait ressembler à un rouleau d’étoffe, étroitement serré contre mon sein, et qui en réalité…cachait le trésor de ma vie. Je fis un pas dans la pièce, reprenant courage de m’annoncer comme il se devait et de faire excuser mon retard alors que je cherchais des yeux celle qui se démarquerait pour venir m’accueillir… ?

Je patientai en ne pouvant empêcher mon regard de se diriger vers la jeune Demoiselle qui semblait très bien connaître la fée qui m’avait sauvée. Était-elle une enfant de l’orphelinat ? Pouvais-je lui confier les miracles qu’il avait fait pour moi ? La vie qu’il m’avait redonnée ? Celle-là même que je tenais contre moi, bien emmaillotée dans son écharpe russe ? Une fois de plus, je ne pouvais qu’attendre, un brin anxieuse de connaître la suite des choses. Et si en réalité…cette invitation visait à contrer les fées ?? Je ne pourrais y participer !
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Hildegarde Müller
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Dim 31 Juil - 23:43
La porte s'ouvrit, soudainement, alors que le nom de Nikolas Klaus résonnait dans la pièce. Hildegarde était certaine d'avoir déjà entendu ce nom, de l'avoir lu – il avait une saveur comme seuls ont ces mots qui respirent le déjà-vu. Néanmoins la sorcière ne put guère réfléchir davantage. Il lui fallait accueillir la nouvelle arrivante. Alors que Hildegarde se dirigeait vers elle, Hilda Wagner se leva – sans un mot, sans une explication, quittant la pièce. Un froid ténu se propagea dans la pièce. Hildegarde s'excusa à ses compagnes, sortant le temps de quelques instants, tâchant de comprendre le départ de leur consœur. Ce départ si soudain. Une domestique vint à sa rencontre, lui expliquant que « Madame Wagner est partie. Elle a dit vouloir rentrer chez elle. » Rien de plus. Avec un rien d'amertume dans la gorge, Hildegarde retourna au salon. S'excusa une énième fois.

« Frau Wagner s'est trouvée... indisposée. » Une excuse vacillante mais elle n'avait guère trouvé mieux. Sa main se posa sur le bras de la baronne. « Frau je suis heureuse de vous compter parmi nous. Je vous en prie, prenez place. Vous avez du faire un long voyage et... »

Le babillage de Hildegarde s'interrompit alors qu’elle guidait la baronne russe jusqu'à un siège inoccupé. Elle vit une petite main, minuscule, toute potelée de chair sortir des tissus de l'écharpe. Une petite vie. Le cœur de Hildegarde se pinça à cette vue. Devant cette main se superposa celle de son enfant mort-né, du petit cadavre qu'elle avait voulu voir, serrer une ultime fois, de cet être de chair auréolé de sang.

Son sourire oscillait avec la tristesse, à la mélancolie, à l'envie.

« Quelle adorable petit être. Voulez-vous qu'une domestique vienne vous aider ? Nous veillerons à ne pas hausser trop le ton pour ne pas le... la gêner ? »

Hildegarde servit elle-même son invitée après s'être assurée qu'elle était bien installée. Demeurant debout, la sorcière résuma brièvement les décisions prises jusqu'à alors. Le projet de se rapprocher des fées, d'aller auprès du Marraine la bonne fée au Canada afin d'y œuvrer, main dans la main, avec les fées qui y travaillaient déjà. Hildegarde veilla à souligner que les idées provenaient d'Ofelia Ay, cette même demoiselle qui s'était proposée d'être missionnaire, de guider les sorciers et sorcières en perdition.

« Quant à moi je pense contacter quelques consœurs et confrères supplémentaires. Propager nos convictions et idées. Tout est encore à faire et votre aide nous serait la bienvenue, chère baronne. »

Tout cela lui faisait songer aux premiers mots prononcés par la baronne, et aux derniers proférés par Ofelia – tel un écho. Le regard de Hildegarde passa de l'une à l'autre.

« D'ailleurs, pardonnez mon indiscrétion toutes deux mais... Vous semblez avoir une connaissance commune. Une fée de ce que j'ai cru comprendre. Nikolas Klaus avez vous dit... »

L'éclair de lucidité lui vint en prononçant elle-même le nom. Dans une envolée de jupes froufroutantes, Hildegarde se rua sur un meuble. Ouvrit un tiroir. Sous ses mains s'empilèrent des journaux jusqu'à trouver celui désiré qu'elle déposa sur la table dans un grand bruit. La une datait de juin, il y a deux ans. Le titre en grosses capitales était éloquent : « Acte terroriste à Emerald. Le suspect appréhendé : Nikolas Klaus. »

« Mesdemoiselles, je vous laisse lire. Cet homme a été inculpé du meurtre d'un Père Fondateur et d'avoir mené cette attaque terroriste qui a coûté la vie de plus d'un habitant de la cité. » La voix de Hildegarde se fit tranchante, lame de rasoir. « Dont mon époux. »

Pesamment, la femme s'assit sur son siège.

« Le monde est vaste et peut-être cet homme ne partage avec la fée que vous connaissez qu'un nom commun, un homonyme. Mais je veux que vous me disiez la vérité. Car il est évidemment, hors de question, de pactiser avec un criminel. Un terroriste. »

Même si cet homme n'avait pas tué son époux de ses propres mains, ses actions avaient déclenché la tragédie. L'époux Müller avait été une victime collatéral de cette attaque.

Spoiler:
 




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Ofelia Klaus
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Jeu 4 Aoû - 19:40


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Le départ d’Hilda déploya une brise glaciale dans la pièce qui, enserrant leurs cous, les recouvrit d’un voile de malaise et de silence, peu enchanté. Ofelia se tordit les mains, craignant d’avoir vexé l’aïeule par ses propos, jetant un regard décontenancé à la japonaise pour tenter de s’assurer de ses réactions et d’y calquer les siennes. Par politesse, Hildegarde ne tarda pas à raccompagner la scandinave, rapportant, après un moment de solitude en vagues de tensions inexprimées, le faciès éreinté mais splendide d’une nouvelle venue qui changea la donne et brisa l'atmosphère presque insoutenable.

Saisie par la beauté de l’étrangère, Ofelia mit un temps avant de repérer la forme fourmillant entre ses bras protecteurs. Et saisie d’effroi à la vue de cette innocence livrée aux griffes du chat noir, elle se leva brusquement pour se placer derrière le canapé. Pâle de peur. Ce choc émotionnel fut suffisant pour lui faire oublier, l’espace d’un instant, l’écho du nom complet rendu aux lèvres de la belle dame. Et ce ne fut qu’après une longue minute d’étranglement, qu’elle chuchota, manquant à toutes les politesses.

« Vous connaissez mon père ? » Vashka Von Kursell avait pour elle l’accent des steppes glacées familières, en plus de cette toque et tenues auxquelles Ofelia était habituellement accoutumée. Le bébé gazouillait, inconscient des risques pris par sa simple présence. Et l’orpheline s’efforça de répondre d’une voix égale, les mains moites. « Il n’est pas ici. Il est en Scandinavie et veille sur ma pauvre fraternité. » Une troupe d’orphelins qui n’avait pourtant pas à se plaindre, pouvant compter sur le meilleur père possible en ce monde. Et un sourire revint fleurir ses lèvres exsangues.

Avant que la colère d’Hildegarde Müller ne fasse tout basculer.

Pire que le départ de Madame Wagner. Pire que n’importe quel vase brisé. Le chat feulant de rire de son côté, elle s’exclamait, brutale, presque trahie, la main refermée sur un pli de journal qu’Ofelia put à peine déchiffrer, tout droit sorti d’un tiroir, comme abandonné exprès là. Le cœur battant à tout rompre, l’angoisse léchant le long de sa colonne vertébrale à y déposer un lincueil de sueur, son estomac se digéra lui-même et sa voix, déjà étranglée, fut réduit à un filet de couinements suraigus.

« Non non. C’est une erreur. » De fait, ça ne pouvait pas l’être. Et expliquait concrètement la haine de son père pour la cité volante.

La rage vint planter ses dents à son bas-ventre, et agrippant le rebord du canapé, autant pour s’y maintenir que pour se retenir de flancher, Ofelia éleva la voix.

« Ce sont des mensonges, mon père est innocent ! Ce n’est ni un criminel, ni un terroriste ! Et je réponds sur mon honneur de sorcière ! Je suis garante de ses actes de bonne volonté ! »

Elle en tremblait de colère et de désespoir. Après une si belle avancée et l’heureuse écoute de ses professeures, elle ne pouvait pas en terminer ici. Insultée. Rejetée.

« On lui a coupé la main, sur des soupçons infondés. Si j’ignore l’intégralité des faits, je ne me méprends pas sur son intégrité. Il est loyal et juste. Si seulement vous le connaissiez aussi bien que moi, vous aussi vous n’auriez aucun doute quant à la droiture de son âme ! Il a déjà tant perdu et cette culpabilité que vous lui assénez n’est qu’une erreur judiciaire. J’en fais le serment ! »

Les larmes lui brouillaient les yeux. Et vivement, elle se tourna vers Vashka, cherchant un soutien.

« Vous l’avez rencontré, n’est ce pas madame ? Vous avez vu sa constance à aider son prochain comme à enseigner une magie de paix et d’amour. Et il exècre les androïdes presque autant que vous, madame Müller ! C’est à se demander ce que vous pouvez bien vous reprocher l’un l’autre ! Sa participation impossible à l’attaque d’Emerald ? S’il était présent ce n’était pas pour tuer. Il ne tuerait d’ailleurs personne ! Il connait le prix de la vie. Je sais qui est mon père. Je sais qui est Nikolas Klaus. Je sais ce qu’il m’a appris et si vous me trouvez juste, et bonne, et si jusqu’alors je vous ai fait bonne impression, ce n’est que le résultat de son éducation. »

Et si elles décidaient tout de même de la rejeter, de la chasser de cette île volante comme de leurs projets, alors Ofelia partirait, presque sans regrets. Sa famille passait bien avant tout. Elle avait une dette de vie envers Nikolas. Et ne le trahirait pas, pour rien au monde.

L’amitié et la magie ne valaient en rien l’amour et sa foi en son père.




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Mar 13 Sep - 18:32
Une Dame de perdue pour une de retrouvée ? Le départ soudain de l’une des femmes présentes -surtout d’un visage qui me disait vaguement quelque chose- me surpris et me laissa un moment songeuse. Étais-je la cause de ce retrait ? Je n’eus évidemment aucune réponse et me contentai de sourire et suivre notre hôte en m’installa sur le fauteuil.
Mon regard se tourna alors vers la fem…Demoiselle ? ayant aussi prononcé le nom de Nikolas. Son père ? Était-elle une enfant de l’orphelinat ? Puis revint vers Dame Müller à la mention de Misha.


« Je connais Sir Nikolas, en effet, j’ai été surprise d’entendre parler de lui ici, souriais-je d’abord à l’attention de la jeune Dame, puis me tournant vers Hildegarde. Elle est sage d’ordinaire et je crois pouvoir la contenir pour l’instant mais…, mon regard scruta un instant l’assemblée, ne devais-je pas plutôt penser à mes consoeurs plutôt qu’à mon propre confort ? Si elle vous indispose en quoi que ce soit…je peux la confier à l’une de chez vous, oui…, cédais-je bien que l’idée ne m’enchantait pas vraiment. »

Je tendis une oreille fort intéressée au résumé de la situation et ne put qu’acquiescer aux premières idées développées. Rassemblez la magie était une bonne chose, encore fallait-il s’assurer de compter de véritables alliés dans nos rangs. J’allais d’ailleurs proposer de contacter une ou deux personnes de ma connaissance quand…

Le journal tomba sur la table.

La suite fut brouillard un instant à mes oreilles, mon esprit ne pouvant tout simplement pas assimiler ce que mes yeux lisaient et relisaient. C’était impossible. Pourtant. L’éclat d’Ofélia me ramena brusquement à la situation, au conflit…au début ? Était-ce un procès ? Étions-nous en train de juger Nikolas ? Ça ne pouvait se dérouler ainsi et je mis un moment après l’intervention de la jeune femme, ébranlée par ses tourments que je lisais sans mal sur son visage et dans sa voix, avant de me lever pour prendre à mon tour la parole.


« Acceptez d’abord mes sincères condoléances pour cette douloureuse perte, Madame, mais je crains de ne rendre cela un peu plus difficile encore à accepter en vous assurant qu’il doit y avoir une erreur. Nikolas Klaus ne peut être responsable. Il ne pourrait tuer qui que ce soit. »

J’avais bien conscience que les paroles d’une simple étrangère ne devait en rien parvenir à convaincre mon hôte mais il le fallait pourtant. J’ignorais d’où venait cet article, comme cela avait même pu être possible mais de toute évidence, il y avait erreur, j’en étais convaincue, aussi je me permis même d’ajouter à titre plus personnel quelques mots qui feraient peut-être la différence… »

« L’homme que je connais à lui-même beaucoup souffert mais il n’est pas de personne plus douce et attentionnée que lui. Je… Il m’a sauvé la vie d’une mort certaine et…, mes bras se refermèrent d’instinct sur le petit corps de ma fille comme mon regard tombait sur elle un bref instant. Il m’a donné Misha… »

Dans l’émotion du moment, dans mon désir de conviction d’innocenter mon protecteur, je ne mesurai pas un instant l’impact que pouvait avoir mes paroles, le sous-entendu qu’il laissait ainsi planer sur la façon du ‘don’ de mon enfant…comme s’il en était lui-même le père.

Je jetai un œil à la petite qui semblait profondément troublé et mon cœur se serra à cette seule vision : j’aurais souhaité pouvoir m’approcher et la prendre dans mes bras pour la réconforter mais nous devions d’abord régler ce malentendu afin que cette première rencontre ne se termine pas sur de si sombres notes que les pleurs et l’amertume.


« Dame Müller, si nos paroles ne savent vous convaincre, accepteriez-vous de le rencontrer ? Ou de lui écrire ? Je doute que vous y soyez anclinte dans le moment mais je vous donne ma parole que vous avez tout à gagner à en apprendre davantage sur lui. À le connaître… »

Là était ma dernière solution. Si les paroles aussi émotives soient-elles pour la Demoiselle, ou réfléchies, pour ma part, ne suffisaient pas à la convaincre alors il faudrait affronter le problème de face. Nikolas ne pouvait être qu’innocent à mes yeux mais la rancœur et le tourment contaminaient pouvaient profondément contaminer un esprit…

Je mis fin à mon plaidoyer par un dernier regard à l’attention de la veuve, me permettant une certaine insistance avant de dévier les yeux pour trouver une place ou m’asseoir, non loin de la petite que j’invitai alors d’un mouvement de main à venir me rejoindre.


« Il ne devrait pas y avoir de tristesse dans un moment pareil, dis-je tout bas autant pour l’une que pour l’autre puis pour embrasser du regard l’ensemble de la pièce et ses occupantes. La magie nous a réuni ici des femmes fort singulières…ne laissons rien nous dissocier de la sorte et affrontons nos différents main dans la main. »
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Hildegarde Müller
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Mar 20 Sep - 21:50
Hildegarde n'aurait jamais songé que son intervention aurait déclenché une telle bombe au sein de cette loge. La jeune Ofelia et la baronne menaient la plaidoirie de la fée injustement accusée avec une verve que n'aurait pas renié Zola. Hildegarde ne savait plus quoi en penser. La justice d'Emerald avait-elle pu accuser un homme à tort ? La main de l'Austro-hongroise se raccrocha à un siège pour l'empêcher de flancher. Son regard allait de la demoiselle à la femme mûre, tentant de déceler le mensonge au sein de leurs prunelles. Leurs visages n'exprimaient qu'une émotion à crue que leurs mots dévoilaient en toute impudeur, celles de femmes voulant protéger un père, un époux. Car les mots de la baronne, tout en double-sens, avaient été mal interprétés par Hildegarde.

Ses mains saisirent le journal pour mieux l'enfouir dans les entrailles du tiroir dont elle l'avait extirpé. Comme pour mettre un point final à cette diatribe qui l'avait enseveli sous une montagne de doutes. Ces deux femmes n'étaient que des étrangères qui pouvaient être aveuglées par leurs sentiments respectifs. Pourtant Hildegarde voulait les croire. Leurs arguments étaient fondés, et méritaient d'être écoutés. La veuve poussa un soupir avant de s'asseoir, empêchant ainsi ses jambes flageolantes de rompre son équilibre.

« Mesdames. Ce que vous m'avez dit... Je ne puis modifier ma perception en aussi peu de temps mais, s'il m'est donné l'occasion de rencontrer cet homme, ce serait avec plaisir. Une conversation épistolaire n'a pas l'attrait d'une discussion en face à face. On peut facilement mentir sur le papier. »

Elle en savait sur le sujet, elle qui était femme d'affaires. Le commerce n'était qu'un âpre marchandage où chaque sourire, chaque courbette, chaque mot policé était mesuré, calibré, quantifié.

« Nous avions justement évoqué l'idée de faire appel à des fées. Ce monsieur Klaus pourra ainsi prouver son innocence envers ma personne. Nous pourrions convenir d'une rencontre au sein d'un terrain neutre. Demoiselle Ay, baronne von Kursell, je vous laisse juges et décisionnaires de cette proposition en tant que fille adoptive et, je suppose, future épouse du concerné. »

Même si le sujet était sur le point d'être clos, l'ambiance de la réunion s'était teinté d'un froid presque sépulcral. Hildegarde regarda alternativement chacune des participantes. Ofelia avait déjà son rôle tout prêt, il ne lui restait plus qu'à s'y glisser, comme si elle enfilait une robe toute neuve. Hanako était demeurée muette sur le dernier sujet, montrant qu'elle ne se sentait nullement concernée. Quant à la baronne, tout juste arrivée, elle n'avait guère pu participer.

« Si vous le souhaitez toutes, je propose que nous suspendions la séance d'aujourd'hui. Si certaines d'entre vous ont des obligations, je vous en prie, je ne vous retiendrais pas plus qu'il ne faut. Pour celles désirant rester, ma demeure vous ouvre ses portes. Je me ferais une joie de vous offrir le gîte. Demoiselle Ay, où allez-vous commencer vos premières démarches envers la communauté des sorcières ? »

Citation :
Je propose qu'on entame le dernier tour. Je me dis qu'on a déjà pas mal brassé pour une première rencontre. Et on pourra mener une autre réunion entre nos personnages (et d'autres sorciers, qui sait). Si jamais l'une de vous souhaite mener des RPs plus "privés" chez Hildegarde, hésitez pas !




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Ofelia Klaus
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Dim 25 Sep - 22:54


Sabbat de sorcières

with Hildegarde, Hilda, Vashka, Hanako



Le souffle court, les poings serrés, tendue dans l'expectative de la réponse de madame Müller, Ofelia s'autorisa tout de même un regard d'extrême gratitude à l'égard de la russe. Un regard toutefois sali par une sincère appréhension. Ayant acquiescé à chacun de ses mots, et comprenant sans peine que cette tragique inconnue comptait autant sur son père qu'elle devait avoir de l'importance à ses yeux, elle se tenait là, son enfant dans les bras, tâchant de le défendre avec verve et d'offrir, par le biais d'une rencontre, une possibilité d'échange pouvant faire changer d'avis leur hôte en ce jour. Si les paroles de madame Müller furent justement rassurantes sur ce point, sa méprise acheva de combler la sienne. Et la petite orpheline baissa les yeux, cillant avec trouble, se questionnant férocement sur l'intimité de cette dame et de son père noël. L'enfant était-il le sien ? Quels souvenirs avaient-ils partagé et pourquoi Nikolas ne lui avait-il jamais fait mention ?

Certainement car il ne devait aucune information de ce genre à l'égard de sa fille adoptive et que son intimité, notamment concernant ce genre de relation, ne devait rien à quiconque hormis lui-même. Mais le mal-être s'intensifia, presque à la faire étouffer. Comme si l'idée d'être remplacée - une idée stupide et presque malsaine dans ces conditions - la rongeait bien plus que n'importe quel chat noir.

Sans se rapprocher, ce fut avec discrétion qu'elle releva la tête pour observer le profil de la femme rousse. Se mordant l'intérieur de la langue pour ne pas s'épancher en questions douloureuses. Elle s'impatientait de pouvoir faire sa connaissance et sauta aussitôt sur la possibilité de madame Müller de mettre fin à leur petite congrégation du jour avec un entrain presque déplacé.

« La suspension me semble une bonne idée dans l'état actuel des choses. Je vous remercie en tout cas de ne pas rester fermée sur la possibilité de rencontrer mon père, madame Müller. Vous faites preuve de bonne conscience et c'est tout à votre honneur, en cette période de deuil. Je vous renouvelle par ailleurs mes condoléances. En espérant que la rencontre avec mon père, Nikolas Klaus, vous offre une nouvelle vue d'esprit. Comme l'a si bien dit madame Von Kursell, cette fée qui est mon protecteur mérite toute votre attention. Et certainement même votre respect... »

La tension faisant trembler ses épaules, et ne rêvant qu'un bon bol de lait chaud dans le calme et le silence d'une quelconque bibliothèque, ce fut plus patiemment qu'elle répondit à sa seconde question. Dans son dos, le chat noir qui claquer une pierre à la fenêtre, dans un choc sourd surprenant vu la hauteur d'Emerald et celle de leur étage. Nul doute qu'elle devait avoir été lancée par quelques gamins au cours d'un jeu. Mais ce fut à peine si Ofelia la remarqua, tandis que le carreaux, doucement, se fendillait sous le petit impact.

« Je compte retourner à ses côtés, au moins pour pouvoir appréhender cette nouvelle année et mes fonctions en tant que porte-parole en sa compagnie, et à l'écoute de ses conseils. Je me dirigerai ensuite vers le bassin asiatique. Notamment la Perse, dont le séjour fut aussi accueillant qu'enrichissant. Puis, avant de retourner au Canada, si nous choisissons par exemple l'Arbre des Fées comme socle de magie et seuil de notre délégation, je ferai un écart en Amérique du Sud. A savoir donc, dans chaque pays où la magie est reconnue et respectée comme fer de lance de pensée et de respect. Ensuite, nourrie de cette expérience, je commencerai à tenir mes discours dans d'autres pays moins conscients. Comme sur le continent Européen. Et certains pays technomagiques, voire entièrement technologiques... »

La prudence serait alors de mise, car les lois ne jouant pas en sa faveur et nourries de sa malchance, Ofelia risquait proprement l'arrestation et une possible exécution. Mais dans son regard vert-de-boue brillait la conscience, la responsabilité de sa propre détermination. Ce fut donc avec une dernière révérence à l'égard de la renarde, et craignant toujours pour la santé de l'enfant, qu'elle fit face à Vashka Von Kursell.

« Avant mon départ, si nous pouvions nous entretenir toutes les deux. J'ai... j'ai tant de questions à vous poser. Je sais que votre séjour vient à peine de commencer mais si vous pouviez m'accorder quelques minutes de votre temps... »

Elle lui en serait éternellement reconnaissante.




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Mer 1 Fév - 4:55
La levée de séance m’indisposa quelque peu: je ne voulais pas être la raison d’un tel geste par mes paroles non réfléchies ou mon insistance à défendre Nikolas. Pourtant, je l’aurais refait si cela n’avait pas égalé de plonger notre hôte, Dame Muller, dans un tel état en retour. Je ne pus donc qu’acquiescer, une grimace de désolement au visage alors que je me levai prudemment pour saluer celles qui se retireraient.

C’est la voix de la jeune Demoiselle qui me fit me tourner vers elle pour l’observer avec attention en écoutant ses paroles, étonnée d’une telle demande et pourtant…


« Bien entendu, nous pouvons discuter quand tu le souhaiteras. »

Cela dit, avec Misha calée dans mes bras, je ne pouvais pas me permettre d’aller bien loin aussi je me rassieds tout simplement dans l’un des fauteuils en espérant que cela convienne également à Ofelia.

« Tu es donc une des filles de Nikolas ?, demandais-je avec un sourire attendrit malgré moi. »

Je ne pouvais m’empêcher de me rappeler mon premier séjour à ses côtés. Ma découverte de l’orphelinat, tout ce temps passé en leur compagnie, cette joie mais aussi cette dou-… Cette décision que nous avions prise. Cette chance, ce bonheur qu’il m’avait donné et que je tenais aujourd’hui contre moi.

Je dus très certainement avoir les yeux dans la vague un instant, on aurait même pu dire que j’étais amoureuse. Pourtant il y avait presque de quoi rire en repensant que Dame Muller avait pensé un instant que Misha était…réellement la fille de Nikolas. Pas en ce sens du moins mais…


« Quand l’as-tu vu pour la dernière fois ?, demandais-je, un instant inquiète. Vous êtes beaucoup plus âgée que les enfants que j’ai pu y voir. »

Je ne voulais pas la froisser en le disant ainsi mais elle me semblait en âge plus avancé quoi que peut-être pas tout à fait assez mûre pour vivre par elle-même…si ? Était-ce ce côté soudain protecteur qui embrouillait mon jugement ou…

Je réalisai soudain que c’était moi qui posait les questions et que c’était elle qui avait dit en avoir… J’eus un petit rire et m’appuyant un peu plus sur le dossier avant de l’inviter à parler d’une question très simple et pourtant si vaste.


« Que souhaites-tu savoir ? »

Si cela se trouvait, elle demanderait des nouvelles de Nikolas et me demanderait de lui transmettre ses salutations la prochaine fois que je le verrais. Même si en théorie, elle avait plus de raison que moi de le rejoindre en Scandinavie. Nous avions été -et étions toujours- ce que je qualifierais de bons amis mais…elle était l’un de ses orphelines après tout. Son enfant.
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