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 Colportage et Contrebande [mai 05]

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Violette Arie

MessageSujet: Colportage et Contrebande [mai 05]   Mer 1 Juin - 21:53
Il pleuvait des cordes sur les routes de France à l'aube de ce mois de mai. L'hiver avait été clément, la pluie avait remplacé la neige, continuant ainsi ce long et morne semblant d'automne qui ne semblait pas avoir de fin, entrecoupé par de trop rares éclaircies. Et ce jour encore, le soleil se cachait derrière de lourds nuages gris et bas, qui semblaient déverser sans connaître de répit une pluie triste et froide.

Violette cheminait, les pieds dans la boue, ses gros souliers à boucle et ses bas de laine épaisse détrempés et souillés ; aux côtés de son ânesse Marion qui transportait deux lourdes malles en bois pleines de bric à brac, et autres marchandises diverses que la jeune fée se chargeait d'écouler au gré de ses pérégrinations. Trempée jusqu'aux os, elle n'espérait qu'une accalmie et quelques rayons de soleil pour se sécher et un peu d'eau propre et chaude de préférence pour se décrasser , elle et ses vêtements, de toute cette boue brune, froide et collante qui semblait la maculer des pieds à la tête.

Déjà, le paysage changeait. De forêts impénétrables de la frontière Est du Royaume, on passait à un horizon plus découvert, fait de petits bosquets entourant des pâtures à demi-innondées par les pluies qui s'abattaient très régulièrement et qui avaient saturé le sol. Les semis étaient au point mort, annonçant une année de disette. Pas de blé pour faire du pain, pas de fourrage pour les animaux. Les prix allaient augmenter exponentiellement, rendant le nécessaire inaccessible au petit peuple.


« J'espère qu'ils n'essaieront pas de te manger, ma bonne Marion. »


Violette avait l'habitude de parler de tout et de rien à sa compagne, seule amie sur les chemins du Royaume de France. Et, comme si elle l'avait comprise, la bête poussa un petit braiment. Le pauvre animal, lourdement chargé, était trempé jusqu’aux os et ne rêvait sans doute que d'une étable chaude et sèche et d'un picotin d'avoine.

Au bout d'un temps, enfin la pluie cessa bien que les nuages ne daignèrent pas montrer le soleil. Avec soulagement, Violette essora son bonnet brodé et ses longs cheveux blonds qui, détrempés, avaient pris une vilaine teinte filasse. Tout en marchant, elle sortit du sac qu'elle portait en bandoulière deux pommes reintries, en offrant une à Marion qui la goba d'un coup unique. Elle savoura ce petit remontant acidulé bien que le fruit ait de l'âge et soit ridé et ratatiné mais cette variété se conservait longtemps même en cas d'humidité donc était idéale pour les voyages.


Au détour d'un virage, enfin elles aperçurent un badaud qui avançait face à elle. Machinalement, Violette sortit sa glace à l'ennemi de sa besace afin de la scruter. Aucun visage distinct dans le reflet du miroir, la personne arrivant ne devait pas être mal intentionnée envers elle. Enfin, les choses pouvaient vite changer, si vite... La personne en face d'elle avançait d'un pas rapide, un large capuchon détrempé couvrant ses traits et d'où ne dépassait que le bas d'une paire de bottes crottées.


« Nouvelles d'Allemagne, objets insolites et sucreries ! Almanachs, plumes et papier ! Marchandises diverses et variées plus encore, c'est la Tante Arie et sa Marion, venez acheter, venez vendre ! »


Maintenant annoncée, fallait-il que le passant s'arrête et prête attention à sa cargaison. Avec le temps exécrable, les gens préféraient continuer leur route afin de se mettre au sec le plus rapidement possible : la pluie était tellement mauvaise pour les affaires que Violette avait consenti à contrecœur à ramener de la frontière quelques objets « modernes » du pays voisin. La technologie la mettant terriblement mal à l'aise car n'ayant aucune influence dessus, elle espérait s'en débarrasser le plus tôt possible. Même si ce genre d'objets telles que les armes à feu, animechanics, ou encore lunettes-loupes étaient avidement recherchés en France, elle n'en cautionnait pas le commerce, éthique féérique obligeait, mais il fallait bien faire bouillir la marmite...


Dernière édition par Violette Arie le Ven 3 Juin - 15:33, édité 1 fois
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Louise Lanrosque

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Jeu 2 Juin - 21:55
Pluie


Depuis sa petite aventure de la veille, les poches pleines de pièces, Louise marchait. La pudeur de ce sale pays l'obligeait à rabattre sa cape sur elle, afin de cacher à leurs yeux outragés son corps vêtu à la masculine. Et ce n'était pas plus mal d'ailleurs. La météo n'était guère clémente en ce jour de Mai, et Louise détestait la pluie. Le bas de sa cape était maculé de boue et elle pataugeait dans l'eau sale depuis une heure sans être encore sortie de la ville. Elle n'osait imaginer ce que cela donnerai une fois en dehors des murs d'enceinte. Elle croqua, sans même y penser, un morceau de la miche de pain qu'elle venait d'acheter. À chaque fois qu'elle achetait du pain elle riait intérieurement en se souvenant de son doigt disparu. Elle remplit son estomac tout en marchant tranquillement le long de l'artère menant à la sortie de la ville. Elle savait les regards qui pesaient sur elle, mais bon, finalement, était-ce si grave ?

Au loin elle aperçu la grande arche en pierre qui marquait la limite de la cité. Soudain, elle fut dehors. Maintenant il fallait choisir où aller. Le nord ? Le sud ? Sans attache, elle errait la plupart du temps sans jamais savoir où elle allait finir. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle devait s'éloigner de cette satanée pluie qui lui pourrissait la journée. Grommelant, elle rabattit plus profondément encore sa capuche sur son visage et referma sa cape autour de son corps. Au premier pas hors de la route pavée, elle posa le pieds dans une immense flaque de boue. Soupirant Louise entreprit sa longue marche. Au bout de tout chemin se trouvait bien quelque chose, c'était un peu sa philosophie. Aussi al jeune femme suivit le chemin. Mais le temps maussade semblait la suivre car elle sentait déjà l'eau glacée s'infiltrer dans ses vêtements, sur sa peau, dans ses bottes. Sa marche lui sembla durer des heures sans qu'elle ne croise personne. Pas un chat, pas un manant, pas une vieille sorcière cabossée. Tous devaient être bien à l'abri, au chaud.

« Comme je devrais l'être » pensa-t-elle
« J'aurai du rester à la taverne, idiote que je suis »

Elle se réconfortait néanmoins en entendant, à chacun de ses pas, sa bourse qui cliquetait joyeusement, faisant fi de la pluie et des nuages sombres. Elle marchait en fixant le sol, et elle pensait déjà au gargantuesque repas qu'elle pourrait s'offrir une fois arrivée dans sa prochaine halte, elle imaginait déjà l'odeur appétissante d'un cerf rôti et farci aux herbes, ou bien encore la chaleur d'un bon feu de cheminée qui sécherai ses vêtements trempés, et aussi la douceur d'un bon lit qui...

« Nouvelles d'Allemagne, objets insolites et sucreries ! Almanachs, plumes et papier ! Marchandises diverses et variées plus encore, c'est la Tante Arie et sa Marion, venez acheter, venez vendre ! »

Brusquée et sortie de ses pensées par cette nouvelle voix, Louise releva vivement la tête. Elle n'avait ni vu ni entendu arriver ce drôle de couple. Face à elle une tête blonde, une toute petite femme aux grands yeux bleus et... un âne ? Louise hésita. Continuer son chemin ou bien s'arrêter... Attendez... Allemagne ? Louise stoppa net son cheminement et, découvrant un peu son visage, avisa la marchandise de la jeune vendeuse. Un vrai bric-à-brac. Doucement elle se rapprocha du convoi, après tout, pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour y jeter un œil ? Elle n'avait besoin de rien, pour le moment, mais qui sait.

« Bonjour, colporteuse, qu'as-tu-donc d'intéressant dans tes malles ? Tu parles de marchandises allemandes ? Que pourrais tu vendre à une voyageuse comme moi ? »

Elle contourna doucement le chargement, prenant soin de scruter consciencieusement tout ce qu'elle pouvait apercevoir. Des cuivres et des objets en argents se battaient en duel au fond des malles, des fioles, des livres, des tissus, des tas de choses que Louise n'imaginait même pas... mais dans un des coins, un éclat métallique attira son regard.
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Violette Arie

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Ven 3 Juin - 21:39
Quand Violette se fut annoncée, la personne arrivant en face sembla un instant vouloir poursuivre son chemin, puis se ravisa, stoppant à hauteur de la petite marchande et de son ânesse, tout en restant à quelques pas. La jeune femme avait tendu le bras vers ses marchandises accrochées au bât de sa bête, vers les lourdes malles renfermant tant d'objets plus ou moins nécessaires à la vie de nos jours.

La personne découvrit son visage, révélant une femme aux opulentes boucles brunes qui tombaient mollement sur ses épaules, avant de se rapprocher du couple étrange que formait Violette et Marion. Promptement, la fée ouvrit ses malles où mille et un objets étaient rangés dans des petits compartiments, des petits tiroirs, et la malle ouverte, se présentaient au regard de la voyageuse dont Violette surprenait l'oeil critique à détailler le bric à brac qu'elle vendait.


« Bonjour, colporteuse, qu'as-tu-donc d'intéressant dans tes malles ? Tu parles de marchandises allemandes ? Que pourrais tu vendre à une voyageuse comme moi ? « 


Violette laissa la jeune femme regarder le contenu de ses caisses. Certes, il y avait un grand nombre d'articles divers et variés, mais tout restait impeccablement ordonné : la première malle contenait ses casseroles de cuivre rangées tout au fond, côtoyant une rangée d'effigies de Sa Majesté en argent, des barrettes de cire d'abeille, des bougies, des allumettes, des petits sacs en tissus contenant des plantes séchées pour diverses tisanes, du pain d'épice, des fruits séchés et du vin, enfin tout le nécessaire pour le quotidien. Dans l'autre, étaient rangées les frivolités, d'épais livres, des fioles de liqueur d'herbes rapportées des montagnes, des journaux d'Allemagne, des éventails de soie peinte aux décors bucoliques bordés de dentelle fine, dans un tiroir étaient rangés les encriers, puis les plumes, les rouleaux de parchemin. Des grands carrés d'étoffes aux couleurs chatoyantes étaient pliés et délicatement posés dans un recoin et toute la mercerie était rangée à côté.

Mais elle avait remarqué, avec le coup d’œil du commerçant qu'elle avait acquis aux fur et à mesure de ses négoces, quel était l'article qui avait tapé dans l’œil de la vagabonde. Un pistolet. Une marchandise assez inhabituelle, qu'elle avait obtenu à la frontière par troc avec un jeune noble qui cherchait des objets raffinés pour offrir à sa maîtresse. Elle avait eu en échange d'une bouteille d'un vin moelleux, d'un tour de cou en velours et d'un de ses éventails de soie peinte cette arme à feu, avec quelques munitions. Le godelureau semblait pour sa part avoir fait une affaire en or, tellement les armes de ce types étaient monnaie courante dans son pays mais en France, ce genre de marchandise, valait un fort prix. Certes, Violette n'aimait pas les armes à feu, comme tout ce qui était  trop technique , et encore moins ces abominations qu'étaient les androïdes, mais il fallait bien faire bouillir la marmite comme on disait.

La fée sortit précautionneusement l'objet et le présenta à sa cliente utilisant les termes et explications que le jeune Allemand lui avait fourni en lui cédant l'arme.


« Ceci est un pistolet allemand de facture assez récente, un modèle très courant là-bas, beaucoup moins ici. Par rapport aux armes qu'on trouve dans le Royaume, les Allemands ont crée des pistolets aux balles à la poudre sans fumée, trois fois plus puissante que l'ancienne poudre noire, à ce qu'on m'a raconté. »


Violette montra le pistolet sous toutes ses coutures, sa crosse de bois lourd et foncé, légèrement patinée par l'usage, son canon fait d'acier rutilant, avec quelques niellures décoratives cuivrées. Un bel objet, dangereux certes, mais de belle facture. Violette pensa un instant que l'artisan qui avait fait cette arme avait sans doute reçu un don d'une de ses consœurs avant de se rappeler amèrement qu'en Allemagne, ce sont des usines maintenant qui fabriquent ces armes à la chaîne, avec de moins en moins de main d’œuvre humaine.


« Comme vous pouvez le voir, bien qu'il ait déjà servi, il est en parfait état. J'ai quelques balles à vendre avec, ces mêmes balles allemandes sans fumée noire. »


La fée sentait bien qu'elle avait attisé la convoitise de la voyageuse. Malgré la mauvaise saison, Violette était contente de pouvoir faire des affaires et espérait les mener rondement.
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Louise Lanrosque

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Lun 13 Juin - 0:11
Eclat


Louise avait toujours dans l'oeil l'éclat brillant qu'elle avait aperçue. Elle avait toujours été attirée par le brillant du métal ou des pierres. Il y avait dans leur éclat quelque chose de vraiment fascinant... puis cet objet semblait... si lumineux, au fond de la malle... Semblant lire ses pensées, la colporteuse sorti l'objet de son chariot, et l'exposa au yeux de la jeune brune.

« Ceci est un pistolet allemand de facture assez récente, un modèle très courant là-bas, beaucoup moins ici. Par rapport aux armes qu'on trouve dans le Royaume, les Allemands ont crée des pistolets aux balles à la poudre sans fumée, trois fois plus puissante que l'ancienne poudre noire, à ce qu'on m'a raconté. »

Louise se perdit dans ses pensées. Trop d'informations d'un coup, elle semblait se noyer sous le tableau qui lui était dressé. Elle admira silencieusement le dit objet. Qu'il était beau... Elle voulait depuis bien longtemps en avoir un... mais un allemand ? Elle n'avait osé en attendre autant. Sa convoitise grandissante, elle tâta discrètement sa bourse. Elle se demandait bien combien pouvait valoir un objet pareil. D'ailleurs était-il très légal d'en vendre au plus offrant par les chemins ? Non pas qu'elle s'occupât vraiment d'être dans la légalité, au point où elle en était elle avait lâché l'affaire depuis belle lurette, mais la petite vendeuse lui paraissait bien sympathique, si bien qu'elle espérait qu'elle ne s'attirât pas trop d'ennuis.

 Comme vous pouvez le voir, bien qu'il ait déjà servi, il est en parfait état. J'ai quelques balles à vendre avec, ces mêmes balles allemandes sans fumée noire. »

Hochant doucement la tête, Louise tendit une main curieuse vers le pistolet, et sans le prendre des mains de la vendeuse, elle laissa courir ses doigts sur le canon. Il était froid, et encore humide de la pluie qui s'était abattu dessus. D'ailleurs en parlant de pluie... Louise leva les yeux vers le ciel et remarqua une accalmie. Son intérêt soudain pour une arme à feu l'avait même empêché de voir que la pluie était partie.

« Et bien, colporteuse, il a fallu que je te rencontre pour que le mauvais temps ne me quitte, tu fais des miracles on dirait »

Elle tendit un petit sourire à la tête blonde. Abaissant de nouveau les yeux, elle considéra encore une fois le pistolet. Elle pensa au nombres de têtes qu'elle aurait pu faire exploser avec au lieu de les voir s'éloigner avec un quelconque air méprisant sur le visage.

« Hum, c'est effectivement un bien bel objet que tu as là, je t'avoue qu'il ne me déplairait pas de l'avoir en ma possession... Que souhaites-tu en échange ?
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Violette Arie

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Lun 13 Juin - 21:45
Violette vit la brune tâter sa bourse à la ceinture, signe définitif que la cliente était intéressée. Elle voyait le regard de la jeune femme aller de l'objet de sa convoitise à son visage, puis sembler hésiter, tout en ayant la mimique envieuse d'une petite fille devant un bocal rempli de pâtes de fruit.


Si elle était férue de pêche, Violette aurait sûrement parlé d'une cliente appâtée puis hameçonnée par sa marchandise. Clairement, elle sentait la convoitise de la jeune femme pour l'arme à feu quand elle caressait presque amoureusement le canon du pistolet, du bout des doigts, juste un effleurement, doux, quasiment tendre, alors que la jeune fée tenait fermement l'objet de sa petite main, afin de se prémunir d'un éventuel vol à l'arrachée. Violette n'était pas née de la dernière pluie, -ni de l'avant dernière, ni de toutes celles qui se sont écoulées depuis ce morne début d'années-pour savoir que toute affaire avec un étranger nécessitait méfiance et vigilance, on pouvait tellement aisément se faire tromper par de beaux parleurs où des damoiselles aux airs innocents.


« Et bien, colporteuse, il a fallu que je te rencontre pour que le mauvais temps ne me quitte, tu fais des miracles on dirait . »


La jeune fée sourit avec amabilité, esquissa une petite courbette, en rosissant joliment sans pour autant lâcher sa précieuse marchandise. Elle avait que cela n'était que papotage, afin de l'amadouer et de faire baisser les prix, elle avait l'habitude que les gens glissent un petit compliment juste avant un achat afin s'attirer ses bonnes grâces et d'espérer un prix d'ami.


« Oh, n'exagérez pas, je ne sais pas faire de miracles, nous nous sommes juste rencontrées au bon endroit, au bon moment! »


L'espace d'un instant, Violette crût sa nature féerique démasquée, bien qu'il ne fusse nullement en son pouvoir de dissiper le mauvais temps, sinon elle ne se serait pas faite détremper sur les routes de France et de Navarre ces six derniers mois ! Elle répugnait dans son métier à évoquer ce qu'elle était, de peur de se faire extorquer un don. Elle préférait proposer, de peur d'avoir des ennuis. En théorie, un don s'achète mais certains brigands réussissent à détourner et contourner cela en extorquant un don contre la liberté de la fée ou la promesse de ne pas la tuer ensuite. Magiquement, l'achat est considéré comme conclu, la liberté ou la vie étant eux-même des prix en soi.

Certes, la jeune femme n'avait pas l'air des plus innocentes, elle en avait conscience, même sans la connaître : le frisson qui prenait Violette soudainement à proximité de la voyageuse n'était pas dû à un coup de froid, mais le ressenti de l'âme de la brune, qui lui inspirait une vision de pétales séchés de vice et de violence qui tombaient d'une rose fanant prématurément. L'époque était dure, les gens faisaient ce qu'ils pouvaient pour survivre, des petites fleurs étaient jetées sur les trottoirs, des roses utilisaient plus leurs épines pour attaquer que pour se défendre, d'autres fleurs plus capiteuses essayaient de noyer de leur parfum et de leur nectar les importuns. Et elle, elle n'était qu'une petite violette des champs, essayant de ne pas se faire piétiner, au milieu de tout ça.


Oh, la blondinette pouvait être fondamentalement gentille, mais elle n'était pas dénuée de toute taches, la preuve étant dans sa main, cette arme qu'elle avait récupéré par troc à la frontière et qu'elle s'apprêtait à vendre à une jeune femme qui n'allait pas l'acquérir juste pour en décorer le dessus de sa cheminée. Mais il fallait bien survivre.


« Hum, c'est effectivement un bien bel objet que tu as là, je t'avoue qu'il ne me déplairait pas de l'avoir en ma possession... Que souhaites-tu en échange ?  »


Violette soupesa à nouveau l'arme dans sa main. Cela valait son pesant d'or, cette arme de facture récente, importée du pays de l'armement par excellence. D'autant plus que par la faute du Grand Sommeil, la France avait un retard flagrant sur les autres pays dans divers branches et celle-ci en était une. Beaucoup de demande, peu d'offre.


« Je pensais le vendre 12 Jours d'Or. C'est une marchandise rare et de qualité. Mais si vous n'avez pas assez en monnaie sonnante et trébuchante, vous pouvez me proposer des autres marchandises en échange, si celles-ci sont intéressantes, nous pourrions faire affaire ainsi aussi. Que me proposez-vous pour cette arme? »
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Louise Lanrosque

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Mar 14 Juin - 7:57
Bourse


Louise regarda avec amusement la jeune fille soupeser le pistolet. Elle avait cet air concentré qu'ont les enfants qui tentent de faire quelque chose de leurs dix doigts. Comptait-elle le lui vendre au poids ? A la livre de métal ou à la livre de bois ? Un mélange des deux peut-être ? Elle retint un léger rire,mais se reprit bien vite ne souhaitant pas vexer la jeune vendeuse, qui répondit avec un sérieux non feint :

« Je pensais le vendre 12 Jours d'Or. C'est une marchandise rare et de qualité. Mais si vous n'avez pas assez en monnaie sonnante et trébuchante, vous pouvez me proposer des autres marchandises en échange, si celles-ci sont intéressantes, nous pourrions faire affaire ainsi aussi. Que me proposez-vous pour cette arme? »

Louise accusa le coup. 12 Jours d'Or ? C'était très presque tout ce qu'il lui restait depuis son repas de la veille. Elle doutait que la vendeuse avait besoin d'un des services que Louise pouvait lui offrir en échange de l'arme. Quand à l'éventualité de l'échanger contre quelque chose d'autre, la jeune fille l'écarta bien vite, étant donné qu'elle se baladait les mains vides, seulement vêtue d'une longue cape élimée dont la colporteuse ne voudrait jamais. Il fallait faire un choix. Le pistolet, ou un repas chaud ce soir.

D'un autre côté, le pistolet pouvait lui permettre d'en obtenir un aussi... bien qu'un peu moins honnêtement, certes. Mais le choix était cornélien. Louise trépignait. Elle avait tellement envie de l'avoir... elle ne s'était pas attendu à un prix aussi élevé, et était un peu prise de court, mais l'affaire méritait réflexion. Louise doutait que le prix soit exact mais ile st vrai que si on comptait le transport, le recel... et puis une telle occasion risquait de ne pas se représenter de sitôt, la vendeuse avait raison, c'était une marchandise rare dans le pays, et Louise n'avait aucune envie de mettre un seul pied en Allemagne. Elle, elle rêvait des États-Unis, que l'on disait si florissants. Et sans arme là bas on disait que la vie était bien trop dure. Elle joua machinalement avec son doigt disparu, comme elle en avait l'habitude en cas de stress. Si elle déclinait elle allait vraiment le regretter...

« Avant de dépenser une telle somme, permettez vous que je l'essaie ? Je vous paie la balle usée, bien sûr comprise dans le lot ? »

Relevant les yeux vers la jeune fille, Louise remarqua la méfiance dans son regard. Et elle était légitime, en soit, pour beaucoup trop de raisons, Louise n'avait pas franchement une attitude poussant à la confiance, d'ailleurs n'était-elle pas en train d'acheter une arme à feu ?. Mais Louise n'était pas une voleuse, la dernière fois qu'elle avait essayé elle avait perdu un doigt. Non, Louise était aussi honnête que l'on puisse l'être en étant ce qu'elle était, chasseuse de primes. Aussi, dans un soucis de prouver sa bonne foi, elle proposa :

« En promesse que je ne partirai pas en courant avec votre bien, puis-je vous confier quelque chose que vous me restituerez après ? »
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Violette Arie

MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Sam 2 Juil - 21:36
Un supplice. Oui, c'était ce que Violette avait l'impression que sa cliente ressentait à l'instant même. Dans les yeux de la brune, la jeune femme voyait que cette dernière disposait de la somme demandée mais que le prix de l'arme convoitée devait constituer l'essentiel ou presque de sa bourse. Le prix était élévé ? Certes. Mais l'arme était de bonne facture, récente et quasiment introuvable sur le territoire du Royaume de France. Oh certes, les Allemands en vendaient légalement, mais à quel prix ! Profiter que le pays accuse d'un retard à cause du Long Sommeil pour vendre ses marchandises à un prix exorbitant et inaccessible, tout ça pour garder l'avantage sur son voisin, voilà la stratégie de l'Allemagne !

Tout en regardant la vagabonde hésiter, Violette remarqua son doigt amputé d'une phalange, qu'elle triturait plus que nerveusement, ne lâchant pas des yeux l'arme à feu. Une voleuse. Qui avait payé son forfait au prix fort. Peut-être était-elle en train de vendre une arme à une personne qui allait la menacer et la détrousser ensuite ? Ou pire, et à d'autres ?


Violette abhorrait tous ces trucs, ces armes à feu, ces machines à vapeur, ces automates et autres androïdes. Certes, elle vendait quelques gadgets pour vivre, et là elle avait ramené d'Allemagne un pistolet mais... Tout ça la mettait tellement mal à l'aise. Tout ce qui servait à dompter et remplacer la Nature la rendait mal à l'aise. Et autant la jeune fée avait presque des remords de proposer à la vente une arme à feu à une criminelle, autant elle se sentait soulagée de se délester de l'objet.


Leurs regards se croisèrent enfin. Un regard bleu azur suspicieux rencontrant un regard brun chaud rempli d'envie. Il y eu comme un battement, une suspension du temps l'espace d'un petit instant, avant que la brune ne prenne la parole.


- Avant de dépenser une telle somme, permettez vous que je l'essaie ? Je vous paie la balle usée, bien sûr comprise dans le lot ? 


Oh, la ruse ! Elle n'était pas née de la dernière pluie, pour se faire avoir de la sorte ! Des clients peu honnêtes et encore moins scrupuleux lui avaient déjà fait le coup naguère, la parade était archi-connue. Violette ne répondit rien mais son regard était éloquent : elle n'allait pas marcher dans sa combine de petite voleuse et commençait à voir dans son jeu, à la vagabonde !


- En promesse que je ne partirai pas en courant avec votre bien, puis-je vous confier quelque chose que vous me restituerez après ?


La brune devait mourir de rire à voir l'expression du visage de Violette passer de la suspicion intense à un mélange d'ahurissement et de perplexité profonde. Celle-ci, on ne lui avait encore jamais faite et, pour avoir fréquenté quelques individus louches lors de ses prérégrinations, elle se demandait où se trouvait l'entourloupe.


Et à travers ce voile de perplexité, Violette essayait de deviner si sa cliente était sincère ou non, et le pire était qu'elle devait sans doute l'être, quoique... La petite blonde doutait toujours un peu. Une touche de méfiance, cela vous sauvait dans bien des cas dans la plupart des relations commerciales. C'est alors qu'elle déclara, pince sans rire, qu'elle désirait la bourse de la jeune femme en échange, lors du tir d'essai. Mais, avant de laisser sa cliente se décomposer, elle éclata de rire.

- Je plaisantais ! Je prendrai vos bottes en gage de votre bonne foi. Elles ne valent pas le pistolet, mais par ce temps, va nu pieds dans la boue, vous n'irez pas vraiment loin.


Pour la colporteuse, cela représentait sans doute la meilleur échange en attendant la transaction finale. Et puis, soudainement, elle se souvint que son pouvoir, passif, allait sans doute jouer dans l'essai et que, sans doute, cela lui serait favorable, permettant à sa cliente de réaliser le tir parfait si elle restait à proximité. Oh, cela n'allait aucunement jouer sur les qualités et défauts du pistolet ou des balles mais plutôt sur l'adresse, l'habileté et la chance de la personne qui maniera l'arme. Et elle avait confiance en la technologie, la qualité allemande.


Elle lui tendit l'arme et une unique balle, attendant une paire de bottes crottées en retour.


- Je vous laisse mettre la balle dedans, je ne sais pas vraiment comment on fait avec ce genre de trucs.
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MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   Jeu 1 Sep - 22:32

La malice de la fée su la sauver d'une mauvaise plaisanterie. La criminelle, bien dupée, du accepter le troc pour pouvoir tester ce bel objet. Bam - fit le pistolet, troublant la quiétude des bois français. Les pièces tintèrent dans la main menue de la fée colporteuse tandis que la criminelle repartait, les poches chargées d'une arme et de ses balles. Tel un renard elle allait, sûrement, provoquer le scandale dans le poulailler.

RP terminé


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MessageSujet: Re: Colportage et Contrebande [mai 05]   
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Colportage et Contrebande [mai 05]

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