Conciliation [16 janv. 06 Exposition universelle]

 :: L'Europe :: France Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Dim 12 Juin - 19:00


Conciliation

A Paris, Palais des Mécanismes et des Découvertes




L’après-midi touchait à sa fin, et cette deuxième journée chaotique d’exposition s’était finalement révélée être plus intéressante que prévue. Mains croisées derrière le dos, observant les alentours du parc et la haute tour de fer dressée comme un pic vers les nuages, Jan regrettait presque l’absence de ses robes et de sa longue chevelure pour mieux profiter de la brise de cette journée glacée. Habitué au froid et à l’humidité de Kastamer, il ne frissonnait que peu sous le vent et dressé calmement à la proue du Lansing, laissant glisser son regard bleu-roi vers les fourmis qui, calmement, prenaient la tangente de l’exposition. Bientôt, il lui faudrait à son tour rejoindre Versailles mais il lui tenait de prendre une photo en compagnie du gouverneur du Michigan. Dans son dos, il entendit le photographe pester sur l’absence croissante de lumière. Fort heureusement pour la sérénité professionnelle de l'homme, l’un des gardes s’empressa aussitôt de lui faire baisser le ton – pour le prix qu’on le payait, il n’avait pas à émettre le moindre jugement, surtout à une telle proximité du jeune dirigeant.

Jan vint cueillir sa montre à gousset soigneusement rangée à sa poitrine, et jetant un regard pensif à l’heure, comme s’il ne se souciait pas d’un quelconque retard éventuel, récapitula son rapide programme du soir. Il lui faudrait regagner le palais au plus tôt, possiblement pour partager le souper de la Reine, puisque leur rencontre s’était officialisée sous de bonnes auspices – n’en déplaisent aux prédictions sinistres de cette sorcière bonimentrice à l’accent anglais déconcertant. De là où il était, il pouvait aussi à loisir observer l’architecture blasphématoire du stand espagnol mais ce qui lui importait était de reconnaître dans la foule la silhouette du grand géant, sortant de son pentagone pour mieux le rejoindre.

Jan esquissa un sourire sans joie et claqua des doigts. L’un des gardes vint aussitôt à ses côtés.

« Le photographe est en place ?
- Oui, Kapphären.
- Le périmètre est bel et bien bouclé ? Je ne veux aucun touriste, même futur client, pour nous déranger.
- Tous les visiteurs ont été raccompagné à terre, Kapphären.
- Et le message à son altesse royale ?
- Les capitaines Ludoin et Mesine y sont allés en personne.
- Le gouverneur s’approche. Accueillez-le comme il se doit. »

Il en importait de la pérénité de leur alliance et Jan passa une main dans ses cheveux pour en discipliner les mèches folles, la respiration calme et le visage lisse de tout trouble. A le voir ainsi, on ne pouvait deviner sa tension croissante, mélange de nervosité à l’égard de ses différents plans, du succès de sa flotte aéronautique pour le prolétaire français comme pour sa royauté, et de colère envers les manigances secrètes du gouverneur.

Si lui-même avait les siennes, au moins avait-il la transparence de trouver plus d’une excuse pour faire passer le thé de sa neutralité, et avec deux sucres s’il vous plait. Se retrouver devant le fait accompli devant une horde de journalistes avait été un exercice dont il se serait bien passé. Et apprendre de la bouche de la sécurité d’un manque flagrant de procédure et de la possibilité d’un vol au sein même du Pentagone avait de quoi refroidir ses ardeurs.

Néanmoins, quand les gardes vinrent encadrer le gouverneur américain ainsi que ses possibles alliés et conseillés, Jan lui offrit son visage le plus radieux, mains tendues en avant, étreignant les épaules du géant comme si ce dernier était de taille égale et ne le surplombait pas d’une tête.

« Enfin je vous mets la main dessus. » Plaisanta-t-il, le regard pourtant sévère. « Pour une exposition culturelle, vous vous payez le luxe d’avoir tous les incidents des grands événements politiques. A ce rythme, gouverneur, vous allez éclipser le Lansing dans tous les journaux de France et d’ailleurs. Les américains ont le sens du spectacle et de la tension dramatique. Vous allez causer nombre de syncopes à certaines dirigeants avec ce genre de désagréments. »

Puis reculant d’un pas, il leva la main pour le couper.

« Nous en parlerons après notre portrait. Nos dames respectives nous voudrons soigneusement accrochés au-dessus de la table de la réception, je tiens à le parier. Alors ne tracassons pas ce pauvre homme en recherche de lumière. Et posons pour lui, puisque nous avons le temps. »

Dans un bruissement de cape, Jan le conduisit à la proue du navire où, reprenant place avec dignité, il laissa le photographe marquer le temps pour mieux les immortaliser. L’éternité se trouvait donc là, dans une photo figée à jamais, pour les archives du temps. Mais Jan se souciait bien plus des propos futurs de ses successeurs en le voyant ainsi, épaule contre épaule avec le gouverneur du Michigan. Qu'allaient-ils donc croire ? Qu'allaient-ils donc se rappeler de lui ?

Que j’ai fait les choses pour le mieux, que j’ai été un bon dirigeant, même si je fus le dernier, se suggéra le travesti avec espoir avant de relever la tête quand le photographe, satisfait de son cliché, commença à remballer ses affaires.

« Bien. Et maintenant à nos priorités. » Les gardes refluèrent, entrainant avec eux la possible délégation américaine. Ils se devaient d’être seuls. « Vous allez m’expliquer, soigneusement et de manière concise, les détails de cette affaire qui fait chuchoter actuellement. On m’a parlé d’un vol. J’ose espérer qu’il n’y avait rien de discréditant pour votre pavillon et que cela n’y mêle en rien notre alliance. »

Jan eut un pincement de lèvres.

« A ce sujet, au vu de l’attitude clairement déplacée du capitaine Rogers – j’espère que vous avez pu le récupérer en un seul morceau car le lieutenant Sokolov était bien décidé à corriger son manque de savoir-vivre par la force de ses poings – je me suis permis de présenter des excuses en votre nom. Néanmoins, il vous faudra les reformuler devant la reine qui » Et il jeta un nouveau regard à sa montre. « devrait se présenter en compagnie de son homme de main dans moins d’un quart d’heure. J'étais dans l'obligation de lui faire visiter le Lansing au soleil couchant – pour sublimer la capitale gelée sous l’hiver. »

Nouveau sourire.

« Puis dès demain, nous profiterons ensemble de votre présence pour une présentation moins formelle mais sans manquement de ces sports typiques de votre pays. Son altesse n’a pu en profiter et j’ai grande faim de pop-corn, voyez vous. »


Jan espéra que le gouverneur ne s'essaye à aucune protestation. Il n'était pas d'humeur.








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Clarke O'Callaghan
Paul Bunyan
avatar
✦ Libre pour RP ? : Oui !

Ven 1 Juil - 23:52
 



   
Janvier de l'An 06



Des volutes de fumées dansantes s'échappèrent d'entre ses lèvres, alors que se consumait, entre son index et son majeur, une longue cigarette à l'extrémité incandescente. Au terme de cette journée éprouvante, pour ne pas dire épouvantable, voire catastrophique, l'homme ressentit l'envie pressante de s'isoler, afin de rejoindre sa maîtresse préférée. Clarke embrassa délicatement son tabac et se délecta de chacune des bouffées, qui lui procurèrent libération et plaisir. Bientôt, les cendres et l'âpre odeur du tabac froid transformèrent le cendrier de verre, en une nécropole où reposaient les mégots étouffés. Pourtant, le géant ne parvenait toujours pas à se défaire de cette amertume insupportable, qui le tenait en grippe au plus profond de ses entrailles. Pour exemple, ceux qui ont déjà fait l'expérience de boire un café noir à froid, comprendront certainement cette sensation foutrement désagréable, qui vous saisit à la gorge. Après tout, n'était-il pas humain de ressentir de l'affliction, au regard des incidents qui avaient émaillé ce second jour d'Exposition ?


Le regard perdu dans le vide, Clarke lâcha un soupir de dragon, avant de porter sa main à la tête, comme pour chasser cette migraine imaginaire de son encéphale. Dans un coin de la pièce, caché dans la pénombre, un miroir elliptique renvoyait l'image d'un homme affaibli, victime de son hubris démesuré et de sa propre truculence. De lui, il ne restait  plus qu'une statue érodée sur le point de vaciller, où chacune de ses rides correspondaient à des fissures malignes et les cheveux blancs à des morsures du temps. Vous l'avez vu fier de sa force, voyez aujourd'hui un homme honteux face à sa défaillance. Le voilà qu'il revenait sur terre, pour apprendre qu'il n'était qu'un homme doué de faiblesse. Everything is alright, se répétait-il, dans l'espoir de se convaincre lui-même. Un vaste mensonge, qui une fois appuyé, paraissait plus clair que la vérité elle-même. Cependant, tous n'avalaient pas de couleuvres comme l'on mangeait des moules. Sûrement parce qu'il y manquait un accompagnement adéquate, comme des pommes frites. En l'occurrence, le blond faisait référence au Kapphären, qui n'était pas connu pour apprécier les serpents. Les deux hommes s'étaient convenus de se revoir, chose que Clarke aurait fort voulu éviter. Mais n'en déplaise qu'à lui, le destin ne lui laissa pas le mot à dire. Car on ne négocie pas avec le Seigneur.


Le Pentagone était à l'image de son pays, aux abois, comme une fourmilière en état de siège, avec des fourmis soldats en garde dans les coins et des fourmis ouvrières, prenant soin des curieux encore présents. On sentait bien que l'atmosphère y était différente, comparée aux heures précédentes. Ainsi, comme il était prévu, le gouverneur rejoignit son escorte, destiné à l'accompagner jusque chez le voisin Luxembelgëois. Et ne souhaitant pas perdre plus temps qu'il ne faillait, la troupe se mit donc en marche, écartant fermement les individus qui s’obstinaient à rester au milieu du passage. Dès les premiers pas hors du pavillon, sous un ciel du crépuscule naissant, Clarke apprécia le souffle saccadé du Père Hiver, qui ciselait le ciel comme une toile de Monet. Impérieux et immuable, le Lansing trônait au-dessus des têtes, tandis que l'on pressait le pas dans les rangs, pour arriver à l'heure du rendez-vous.


Une grimace invisible se dessina du bout des lèvres, sur le visage du gouverneur, lorsqu'il explora l'intérieur du navire à l'aide de son regard. Non pas qu'il dépréciait l'accueil de la garde du Luxembourg-Bergië, dont on pouvait féliciter de l'exemplarité. Seulement, la décoration ne semblait visiblement pas au goût de Clarke, qui voyait la suite, un peu trop... Austro-hongroise ?  Non, décidément, son cœur ne portait pas en lui ce luxe grandiloquent, qui imprégnait les lieux. Les portes s’ouvrirent une à une, quand enfin les deux hommes se retrouvèrent dans la même salle. Contrairement aux habitudes, l’américain n’afficha pas cette jovialité qui lui était si caractéristique, se cantonnant sur la défensive, face au sourire qui lui était donné de voir. Seul bémol au tableau, ce regard à l’éclat bien sec, qui imprima une tout autre expression auprès du blond. 


Les premières répliques engagées, Clarke sentit le besoin de porter sa main à la gorge. Sa tête était-elle toujours en place ? Dans l’instant, il crût s’attendre à un procès et tenta de répondre. Mais les mots qui découlèrent de son interlocuteur tranchèrent, coupant l’herbe sous le pied du gouverneur, qui n’eut d’autre choix que de suivre pour le portrait officiel. On affichait son meilleur profil pour l’occasion sous le crépitement argentique. Priez, pour que sa carcasse proéminente n’entache pas le cadre du cliché… Heureusement pour eux, le photographe avait l’œil habile, sans quoi la séance se serait éternisée dans la recherche d’une posture idéale. De quoi attraper un rhume, certains je vous le dis. 


Finalement, le temps des affaires sérieuses arriva et comme il le craignait, Clarke se retrouva seul pour  s’expliquer à propos sur les circonstances qui entouraient cette journée. Les faits furent égrainés tour à tour, comme si l’on piquait le dirigeant, à de multiples reprises avec une aiguille. Le ton se voulait lisse, ce qui n’empêcha pas à l’américain de se sentir matraquer en apprenant la venue de Sa Majesté Ronce de France, hôte de l’Exposition. Pas que cela soit une mauvaise chose, au contraire, cela permettrait sûrement de faire table rase de ce qui s’était produit. Sa seule inquiétude résidait dans les jugements des autres. Rappelez-vous, il n’était qu’un nouveau-né dans cette cour de grands.


Dans un regain momentané de confiance, le barbu reprit en substance avant de répondre, par une voix blanche. Et se contenta de conter le juste nécessaire, pour rassurer ou satisfaire le Luxembelgëois. 

- N’ayez crainte, votre Kapphären, ce qui s’est passé au sein de la maison américaine, n’entachera pas nos projets futurs, ni même la réputation de la Fédération. Nos affaires sont en sûreté, donc ne vous faites aucune inquiétude, j’y ai veillé personnellement.  La seule coquille aura été cette malencontreuse information, qui vous est parvenu en journée sur l’estrade. A part cela, ce maraud, si tant est qu’il était seul, a fracturé l’entrée de notre salon diplomatique pour s’y introduire. D’ailleurs, je vous conseille vivement de vérifier le vôtre au cas où. Croyez bien, que si je mets la main sur cet « espion », je lui ferais payer le luxe de s’être joué de nous.  Et qu’à l’avenir, je m’assurais que cela ne se reproduise pas en mettant en œuvre tous les moyens qui me seront.

Par « tous », il signifiait bien son dessein auprès de son collègue, sa voix se durcit sur le mot. Plus qu'une simple prétention, c'était un signal. Mais nul besoin d’indisposer davantage, en se dévoilant ouvertement. Pour ainsi dire, le moins il en savait, le mieux Clarke se portait.

- En ce qui concerne Sa Majesté Ronce de France, je tiens à vous présenter mes excuses pour les désagréments causés. Dans notre excès de zèle, nous ne pensions pas un seul instant, qu’un tel incident puisse se produire. Vous m’en voyez désolé et il va de soi, que j’irai présenter en personne auprès de la reine, pour lui demander pardon. Et ce sera avec plaisir, que je vous ferais profiter de l’attraction sportive tant attendu.  



Pattes d'oie au coin des paupières et légers plissements aux commissures, Clarke se laissa aller à un sourire, tout en se penchant vers l'horizon qui se dessinait à la proue du vaisseau.


- Le Lansing est magnifique. Réctifiez-moi si je me trompe. Mais il semble que, nous ayons oublié le but premier de notre présence ici, avec tout ce remue-méninge.


Sa main se posa sur le métal de la rambarde, alors que la seconde tenait le rebord de son haut-de-forme, qui flottait au grès du vent.


- J'ose dire à propos de cet ouvrage. Ceci est la clé d'un avenir pour nos enfants, le vôtre, les miens et tous ceux qui résident sous ce ciel. Demain, je l'espère, je voudrais les voir fouler les terres de ce monde, sans être bloqué par des barrières. Nous pouvons être fier et qu'importe ceux qui nous dénigreront. Cette vision que nous portons restera intacte dans le futur. Aujourd'hui, citoyens d'Amérique et d'Europe peuvent se serrer dans les bras librement. Et peut-être que demain, il en sera pareil dans le reste du monde... Qui sait ?


Les pieds au plancher, Clarke se rapprocha de nouveau vers le Kapphären, profitant des derniers rayons de soleil au travers des nuages pour admirer le paysage en passant. Pour un peu, l'homme était capable oublier, qu'un autre invité de marque arrivait dans peu de temps.
   




Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Dim 3 Juil - 22:17


Conciliation

A Paris, Palais des Mécanismes et des Découvertes



L’officialisation de ce tumulte ne le rassura guère. Et les sourcils froncés, Jan écouta le gouverneur d’une oreille plus qu’attentive, les bras fermement croisés, les poings serrés. L’idée même qu’un intrus s’était permis de troubler – et non pas gâcher – ce deuxième jour d’exposition universelle le mettait hors de lui et s'il y avait une maigre chance à tout cela, elle reposait dans le fait qu’il n’en avait pas été la victime. Sous le conseil avisé de Clarke, lui demandant de vérifier ses propres bureaux, Jan eut le sourire patient de ces pères amusés face aux propos de leurs enfants. Prenant de la hauteur, et jetant un simple coup d’œil à son garde qui, hochant à peine la tête, lui assura sa réponse, le Kapphären se permit de rire, comme pour briser la tension électrifiant l’atmosphère.

« Avec cette petite excitation, croyez bien que chaque dirigeant de la convention a eu tôt fait de lancer leurs gardes sur leurs propres expositions. Aucun vol n’a été à déplorer au sein de notre palais des découvertes et je touche la rambarde du Lansing pour nous porter chance dans les jours à venir. Bien évidemment, nos forces sont communes. Que votre milice fasse appel à la mienne, mes gardes sauront honorés de répondre à votre demande en vous aidant dans votre enquête. Il n’est pas dit que je laisse un associé dans l’embarras. »


Sa main reprit place sur l’épaule de Clarke, et l’accompagnant jusqu’au pont, Jan prit à nouveau quelques secondes pour savourer l’air frais de cette fin d’après-midi lavant les effluves de tabac émanant de l'américain. Les précisions ayant été apportées, il lui fallait désormais discuter du sujet amené par le gouverneur en personne. Prenant une inspiration, bien plus calme, voir même clairement plus amusé, le jeune travestit le rassura à mi-voix.

« Vous n’avez accompli que ce que j’espérais moi-même. Les fées et les sorciers pourront monter à bord du Lansing, ou nous perdrions une clientèle qui dispose de ses propres moyens pour nous nuire. Sans parler du tollé général à certaines de nos frontières. Leurs papiers seront vérifiés et leurs capacités seront notées. Ces informations demeureront confidentielles à moins que l’un de ses individus ne se retrouve mêlé à une affaire judiciaire, auquel cas le Luxembourg-Belgie, malgré sa neutralité, aidera les forces de police en place. » Son pouce passa sur la clavicule de Clarke et presque sans y penser, il débuta un massage circulaire, à peine accentué. « Ceux qui refuseront de se plier à ces règles et qui seraient, de fait, découverts pendant la traversée subiront une interdiction totale au sein de notre compagnie. Notre règlement s’applique selon les lois en vigueur dans votre état et dans mon pays. Nous aurons la compréhension des dirigeants partageant notre point de vue. Quant aux autres, ils devront s’y plier, sinon le Lansing et ses frères ne les survoleront pas. Tout simplement. »

Son regard bleu-roi affronta celui du gouverneur. Et relâchant son épaule, s’accordant une tape dans le dos large de son confrère, sans sembler l’atteindre, Jan précisa.

« Nous devons rester clairs sur nos intentions et nous transmettre les informations dès leur apparition. A chaque idée, une missive. Cela ne coûte pas grand-chose et nous évitera d’autres désagréments. Est-ce entendu ? »


Puis un sourire, plus calme. Plus maternel cette-fois. Un de ceux que Regina pouvait offrir à ses hommes de main. Loin de l’amoureux transi uniquement réservé à Ebène. Et d’imaginer la réaction de son amant si un trouble-fête s’était amusé à venir cracher sur le sol de son pavillon le fit à nouveau pouffer de rire.

« Allons, regardez-moi cette vue splendide. Et il y en tant d’autres qui s’offrent à nous. De ce que j’aperçois en contre-bas, la Reine s’approche et vient nous saluer. N’oubliez pas de faire preuve de clémence à l’égard de son homme de main. Ne le provoquez pas. Nous sommes déjà passés à un fil de l’incident diplomatique. Mais j’ai bien plus confiance en vous, si vous me permettez cet affront au Capitaine Rogers. » Son visage, aux pommettes rosissant sous le vent frais, au sourire mordu d’une fossette, il laissa la brise jouer avec sa chevelure, sans en reprendre les mèches. A quoi bon de toute façon. Ainsi engoncé dans son costume, on aurait pu croire à une pâle imitation d’un gamin trop jeune pour le rôle. Ne l’était-il pas ?

« Et bientôt nos enfants se tiendront ici, main dans la main. Néanmoins… certaines frontières sont nécessaires. Les pays ne se ressemblent pas tous et certains chercheront même la guerre. L’utopie demeure un rêve et la paix un objectif. Que serions-nous si tout pouvait aboutir ? Point des hommes, c’est certain. Et les différents nous apportent sans doute bien plus que ce que nous pensons. »

Mais c’était un rêve auquel il voulait croire. Et mettre au fait au sein de son propre pays. Un rêve qui avait le chant d’un cri de Milan.








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Mer 3 Aoû - 11:59
Les échanges au sein du cabanon de sécurité avaient été fructueuses et agitées. Les membres de la sécurité s'étaient déployés dans toute l'exposition, vérifiant chaque stand, quêtant auprès des autres hommes de main des dirigeants des nouvelles. Hormis le Pentagone, aucun stand ne semblait avoir connu la moindre avarie. Au grand soulagement de la reine de France. Il lui en aurait coûté de devoir jongler avec plus d'un incident diplomatique.

L'identité de l'espion demeurait inconnu. Une épine dans le pied du Royaume de France. Quelques membres de la sécurité continuaient leur enquête, tentant de grappiller le plus petit indice, tandis que la reine obéissait à ses fonctions. Deux capitaines luxembergeois, du nom de Ludoin et Mesine, lui avaient rapportés l'invitation du Kapphären à le rejoindre sur le Lansing.

« Le gouverneur de la Fédération américaine sera aussi présent. » souligna un des capitaines, obligeant.

Ce qui doubla la raison de se rendre au Lansing au plus vite. Secondée du lieutenant russe, la reine se rendit donc jusqu'au stand du Luxembourg-Bergie. Les capitaines du Kapphären ouvrirent la marche, guidant la souveraine jusqu'au Lansing par les couloirs désertés. Les pas de la troupe résonnaient sous la voûte du palais des Mécanismes et des Découvertes, rebondirent contre les parois du Lansing lorsqu'ils entrèrent, de plein pied, au sein du navire. Un navire luxueux, débordant de faste – comme une boite à trésors.

À sa proue se tenaient deux dirigeants aussi dissemblables que le jour et la nuit par leurs traits physiques. Le gouverneur de la Fédération, grand blond solaire au regard trahissant la fatigue, géant colossal dont la tête semblait toucher la cime, et le Kapphären, jeune homme élégant, presque diaphane à ses côtés, aussi brun que la nuit. À tous deux la souveraine de France leur offrit le même sourire – chaleureux, poli, mondain.

« Kapphären je vous remercie pour votre invitation. Il faudra que vous me fassiez visiter le Lansing. Gouverneur, j'aurais aimé vous rencontrer en des circonstances moins troubles. Malheureusement, aucun dirigeant ne peut changer quoi que ce soit à cela. Partons de l'idée que tout cela est derrière nous. »

Ronce fit un geste de la main pour inviter le gouverneur à faire de même – effacer l'ardoise et repartir sur de nouvelles bases. D'un geste elle désigna le lieutenant, demeuré en retrait derrière elle, silencieux mais attentif.

« Permettez-moi de vous présenter l'homme chargé de la sécurité de l'exposition : le lieutenant Kay Sokolov. Lui et ses hommes tâchent d'enquêter sur cet homme qui a osé troublé l'exposition. Pour le moment nous sommes seulement certains qu'il ne s'est attaqué à aucun autre stand. Auriez-vous des ennemis, gouverneur ? Tout élément pourrait aider à cette enquête, et le lieutenant Sokolov a une expérience, en ce domaine, qui pourrait vous aider. »

Laissant loisir aux deux hommes de discuter plus amplement d'investigations, Ronce se rapprocha de la rambarde du Lansing. S'y accrochant pour observer, en contre-bas, les visiteurs et exposants.

« Du ciel, le monde nous paraît si petit. »

Presque insignifiant.


Revenir en haut Aller en bas
Clarke O'Callaghan
Paul Bunyan
avatar
✦ Libre pour RP ? : Oui !

Sam 18 Mar - 21:36
 



   
Janvier de l'An 06




Sa parole fut réduite au silence par le mutisme enserrant ses cordes vocales, tandis qu’un doigté instrumental parcourut le creux de son articulation supérieure. Le Kappharën associait avec élégance le geste et la parole, suffisamment pour monopoliser l’attention du géant. Lui et son haut-de-forme feutré prêtèrent une oreille attentive à chacune des tirades de l’européen, Clarke les répétait dans son esprit comme lorsque l’on suivait les paroles du chœur égrainant les cantiques. Les yeux dans les yeux, semblables à deux hommes prêts à croiser le fer, ils scrutèrent les iris de l’autre. Jusqu’à ce que son homologue se séparât sur un sourire à rendre jaloux la Mona Lisa.


Cette femme avait un visage magnifique, pas aussi bien que son épouse tout de même. Il avait eu l’agréable de surprise d’admirer les traits de la Joconde au travers d’une gravure. Il était difficile de rivaliser avec pareille expression. Pourtant, pendant l’instant de quelques secondes, Clarke avait assisté à quelque chose de bien plus intense, qu’il fut obligé de concéder la chose dans fort intérieur. Mais enfin, il ne valait pas le sourire de sa mimine. Un léger frisson d’angoisse grimpa son échine, comme si un regard le transperçait.


Cette digression faite, l’intéressé réajusta son couvre-chef au sommet de son crâne, comme le petit Caporal et sa couronne, sans opprobre du Tout-Puissant. Un coup d’œil sur le monde qui se mouvait plus bas le remit d’aplomb, lui rappelant ceux pour qui il se tenait là. Ces hommes et femmes, ouvriers et artisans, l’essence de toute une population qui aspirait à un avenir meilleur. Car n’est-il pas vrai que jusqu’à aujourd’hui ce rêve a fait marcher des millions, poursuivi encore et encore, il perdure ce rêve américain.


- « Heureuse est la cité, qui en temps de paix se prépare à la guerre », cita Clarke, se rappelant d’une lecture concernant une ville dont il avait perdu le nom ; celui qui entend à la paix doit se préparer au conflit. En ce sens, les américains correspondent bien à cela, si une « dite » nation cherche à lever les armes contre vous ou moi. Sachez bien, que la Fédération sera prête à tenir front. Peut-être que nos rêves ne sont qu’illusions, mais au final, le sang, la sueur et la volonté versés nous permettent d’entrevoir un accomplissement éphémère.


Ses mains jouaient avec les manches de son manteau, pinçant les manchettes pour y faire briller les boutons sous les rayons du crépuscule. Puis, redressa toute sa hauteur, il en oubliait presque la fatigue qui rongeait ses fibres. Seuls quelques pans des vêtements et l’extrémité de sa chevelure vacillaient dans le vent, tandis que tout son corps résistait au vent. Un éclat d’envergure embellit ses yeux. Il rendit la pareille à Jan avec un sourire on ne peut plus clarkesque. Clarkesque adj (de Clarke, nom propre), indicible expression de sincérité et de respect.


- Considéré par ma présente parole, que les requêtes évoquées précédemment vous sont acquises, en espérant pour vous accomplir de grandes choses à vos côtés. Si les frontières persistent, alors faisaient en sorte de les repousser le plus loin. Les règles seront appliquées comme vous les avaient dictées, dans l’entente de nos deux pays respectifs. Tant que nous en sommes à parler de diplomatie, j’entends bien présenter les excuses les plus sincères en direction de Sa Majesté. Si cela peut vous rassurer, ni le Capitaine Rogers ni aucune surprise de notre part seront au programme jusqu’à nouvel ordre.


Que l’on ne l’y prenne plus à faire de faux pas. Il s’agit là d’une promesse mise à rude épreuve. Car, à peine l’avait-il faite en son âme et conscience, qu’une nouvelle présence, et pas des moindres, fit son apparition auprès des deux dirigeants. La reine de France en personne, de chair et d’os, s’approcha d’eux. Clarke avait eu connaissance de la monarque par le papier et les mots uniquement de quelques voisins canadiens par-delà le Lac Supérieur. Devenu fébrile en quelques secondes, le gouverneur du Michigan plia son rachis, comme s’il venait de décrocher l’astre solaire. Puis dans toute sa maladresse resplendissante, ce dernier serra délicatement la main de reine se retenant de sortir un « Madame » déplacé. Que l’on se le dise tout de suite, personne en Amérique s’employait au baisemain, n’en attendait pas plus venant de Clarke à ce sujet.


- Votre Majesté, et non « M’am » ;je vous suis reconnaissant de votre clémence, j’endosse l’entière responsabilité de cet incident regrettable. J’espère, moi de même, partir sur de nouvelles bases pour établir une relation entre nos deux nations. Aussi, je tenais à vous remercier pour l’Exposition, vos qualités d’hôtes dépassent de loin les attentes espérées.


Clarke se redressa, tournant la tête vers le lieutenant Kay Sokolov, un homme à l'allure martiale qui transpirer le sérieux et la loyauté. Comme le voulait son habitude face à quelconque officier, l'américain effectua un salut militaire de paume à l'horizontal et léger claquement de talon, puis tendit la main en guise de signe de repos et pour lui serrer la main.


- Si j'ai des ennemis, ma foi cela me semble tout à fait possible. On ne gouverne pas un pays sans se faire quelques adversaires, tous plus ou moins nuisibles.


Il sortit un carnet noir de sa poche, " le petit Georges ", qui lui servait à noter les informations de poids sur son entourage comme sur ses ennemis. Un bruit de déchirement, Clarke offrit au garde de la Reine une page sur laquelle était inscrit une liste de noms. Mais avant de s'en séparer, l'homme se rétracta à mi-chemin.


- Si Je vous offre la totale coopération à ce sujet, je voudrais toutefois m'assurer que lorsque l'individu en question sera appréhendé, qu'il sera extradé vers la Fédération des Etats d'Amérique pour y être juger.


Le papier fut remis en de main en main, non sans quelques appréhensions de la part de Clarke. Dessus y était inscrit quelques groupuscules et personnes capables de le nuire à lui et sa nation et pas des moindres. " Jugez-moi par les ennemis que j'ai dans la vie ! " disait-on dans le Nouveau Monde, espérons qu'il en allait de même sur l'Ancien Continent.


- Et dans le cas échéant, où vous entrez en possession de propriétés compromises par ces espions. Le Bureau Diplomatique sera ravi d'en reprendre possession. Bien sûr, après que l'enquête ait été terminée, jusque-là, je comprendrai que ces objets soient considérés comme pièces à conviction. Si vous avez des questions ou autre demandes je vous suis prêt à les entendre dès maintenant.
   






Make America Great Again:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: France-
Sauter vers: