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 I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper

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Le garçon du genévrier
Juniper
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MessageSujet: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 17 Juin - 13:23

Je titube, agrippé d'une main au parapet du pont. Je suis complètement sonné. Mais pas trop amoché. Enfin, je crois. A vrai dire, je ne suis pas sûr. Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir. Je n'ai pas réussi à les semer. Ils regagnent du terrain sur moi. Et cette fois, je ne peux plus fuir, et la cachette la plus proche est... inaccessible. Et invisible accessoirement, ce qui est plutôt ennuyeux. Et je pèse mes mots. Je jette un regard aux flots calmes de la Tamise, avant de porter mon attention sur mes poursuivants. Une idée folle s'enracine peu à peu dans mon esprit. Je risque d'y laisser la peau, mais certainement moins douloureusement que si je tombe à nouveau entre leurs mains. Et puis après tout...
Je leur adresse un petit signe de la main, un mince sourire aux lèvres, avant de sauter par-dessus le garde-fou avec maladresse. Le choc me coupe le souffle alors que je m'enfonce de plus en plus profondément dans l'eau glaciale. Il me faut quelques instants pour me reprendre complètement. Je reste immergé et fait un effort qui me parait surhumain pour mettre mes bras et mes jambes en mouvement. Il faut qu'ils croient que j'ai sombré. Sinon, ils me rattraperont sur la berge. Je commence à nager, lentement, en m'efforçant de combattre l'engourdissement qui me gagne peu à peu. Mes poumons me brûlent lorsque je me décide à me diriger vers la rive la plus proche, j'ai l'impression qu'ils vont éclater. J'entrouvre les lèvres et avale involontairement un filet d'eau écoeurant. Encore un effort... Je refais surface à quelques mètres du bord, le souffle court. J'ai mal partout. Les pierres m'éraflent les mains et les doigts alors que je me traine pitoyablement sur la grève. Je m'écroule sur le ventre, le bas du corps encore dans l'eau. Il ne faut pas que je m'attarde. Il faut que je regagne mon petit coin à moi... A défaut d'y trouver de quoi me sécher, je pourrais au moins y être en sécurité. Mais pas maintenant. Je ne peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Je ferme les yeux. Juste un peu. Pas plus de deux minutes. Mon souffle se rallonge progressivement. Tant mieux, parce que j'ai sacrément mal aux flancs et au ventre après ce passage à tabac et cette course forcée.
Une minute, une heure, un jour, éternité, je ne sais pas, s'écoule, avant que je ne me décide à rassembler courage et me relever péniblement. Le monde danse autour de moi, le sol tangue dangereusement sous mes pieds. Je rejoins l'une des rues pavées la plus proche, la main droite pressée sur mes côtes, et il me faut quelques instants pour m'orienter. Je tâte ma lèvre inférieure fendue du bout de ma langue. Ma foi, je pourrais être en pire état, au moins je peux me tenir debout et marcher... Je fais un effort pour me redresser un peu et me passe les doigts dans les cheveux, le tout en affichant un air parfaitement naturel... Qui s'efface dès l'instant où je remarque qu'ils sont maculés de sang. Bon, ben c'est raté pour la discrétion. Je lance de furtifs regards autour de moi, puis me décide à reprendre ma route en m'appuyant contre le mur de la maison la plus proche. J'avance précautionneusement.
Une berline ralentit pour venir s'arrêter quasiment à ma hauteur. Je me fige, aux aguets, le corps tendu, prêt à agir s'il le faut.


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Le médecin filleul de la Mort
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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Mar 21 Juin - 22:24
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Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
La berline se fraye paresseusement un chemin à travers le trafic grouillant de Londres, et je suis bercé par le trot régulier de ma brave Molly, menée d'une main experte par mon fidèle Jenkins. Et alors que nous cheminons à travers les rues je repense aux évènements de ces derniers jours. Le sauvetage de cet hybride si étrange et fascinant qu'est James. Et surtout la totale réorganisation que de l'accueillir sous mon toit a impliqué. Tout d'abord le bain. A ma grande surprise, s'il était plus que réticent au début, il a fini par se plonger avec joie dans la baignoire remplie d'eau chaude et mousseuse. J'ai retenu une grimace de désapprobation en voyant la couleur de l'eau et surtout les centaines de petites choses qui flottaient à la surface en se débattant pour ne pas périr noyées. Des puces et des poux. Bien heureusement, grâce aux produits adéquats nous réussîmes, avec Jenkins, à nous en débarrasser, et bientôt tout son corps en fut débarrassé. Pourtant nous n'étions qu'au début de nos peines. Bien vite je découvris que je devrai tout lui apprendre. Ayant compris à demi-mots qu'il avait été transformé contre son gré, qu'il s'était perdu en cherchant à retourner auprès d'une vieille femme qui visiblement s'occupait de lui avant de se perdre et d'atterrir à Londres, il s'était en quelque sorte élevé tout seul, et il méconnaissait complètement les usages les plus simples.

Je dus donc, en plus de mes journées habituelles au cabinet et des visites à mes patients, à lui enseigner à utiliser des couverts pour se nourrir, à rester vêtu à l'intérieur, à s'exprimer, au moins de façon simple et construite. Et surtout...éviter qu'il ne chaparde et qu'il ne fasse ses griffes sur les meubles. Enfin à chaque jour suffit sa peine, comme l'on dit, et après une série de visites à mes malades, j'avais fait un crochet par une boutique de vêtements, armé d'un carnet contenant les mensurations de notre nouveau pensionnaire. Et rien que cela ne fut pas de tout repos. A peine le mètre ruban sorti, et mes mains qui tentaient maladroitement de le mesurer, il a commencé à jouer avec, s'amusant follement. Ce manège a bien duré dix minutes avant d'avoir finalement toutes les données qu'il me fallait. Et après avoir demandé conseil à la jeune employée, je prends quelques chemises et quelques pantalons confortables et passe partout, tout comme une cape. Il avait l'air de regretter énormément la sienne et j'espère par là lui faire plaisir... S'ajoutent également des dessous ainsi que des chaussettes et des maillots de corps. Tout pour constituer un trousseau basique... Puis, je laisse les pantalons en dépôt après avoir demandé un ''aménagement'' spécial. Bien évidemment je ne peux pas dire que le futur porteur de ses vêtements a une queue et qu'il faut donc lui ménager une ouverture pour qu'il puisse la bouger à son aide. Non. Alors j'inventai une pathologie obscure pour un de mes patients, qui permettait cette sorte d'attirail. Et moyennant un généreux pourboire, la couturière se fit une joie de régler ça rapidement. Fort bien. Un souci de moins, comparé à tous les autres qui m'attendent une fois la porte franchie. D'ailleurs, lui, m'attend-il encore? Ou s'est-il enfui? Je ne sais.

Je repense à tout ceci, à son comportement, à son attitude étrange et je me demande comment il va réagir face à ces nouvelles tenues que je lui apporte. Va-t-il accepter de les porter? Vont-elles lui plaire? Et perdu dans mes réflexions il me faut plusieurs secondes pour réaliser que la berline s'est arrêtée et que Jenkins tente de me parler. Je secoue légèrement la tête, contrit.

- Toutes mes excuses mon ami. Que se passe-t-il je vous prie? Pourquoi sommes nous arrêtés?
- Monsieur, il y a là quelqu'un qui, selon moi, aurait besoin de votre aide.
- De mon...aide?


Je fronce les sourcils et me lève, avant de regarder par la vitre de ma portière. Et c'est là que je remarque la silhouette qui titube le long de la muraille. Je fronce les sourcils. Un ivrogne de plus? Sauf qu'en y regardant de plus près je remarque c'est encore un gamin. Un adolescent. Et trempé qui plus est. J'ouvre la portière et me précipite vers le jeune homme. Je pose une main sur son épaule.

Jeune homme? Je suis médecin, tout va bien. Je vais m'occuper de vous.

Une fois près de lui je vois les traces de coups et les blessures. Et ce que je distingue ne doit être que la partie émergée de l'iceberg.

Venez. Vous avez besoin de soins. Je vais vous soignez, mais montez d'abord en voiture avec moi. Elle est juste ici. Allez, venez.

Je lui présente mon bras tout en détaillant ses plaies.
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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 24 Juin - 8:52


Un homme sort de la berline. Il semble sincèrement inquiet. Il avance vers moi, et je recule de concert en vacillant jusqu'à me retrouver dos au mur, complètement acculé. Il dégage quelque chose qui ne me plait pas du tout, quelque chose qui n'est pas vraiment naturel, quelque chose d'inquiétant. Pourtant, c'est d'un ton que je trouve plutôt rassurant qu'il s'adresse à moi. Un médecin. Qu'est ce qu'il me veut ? Me soigner gratuitement ? Je n'y crois pas.

D'un geste de la main, je décline son offre d'une façon que j'espère un minimum polie.

-Ce n'est rien...

C'est vrai. Je crois. Ce n'est qu'une question de repos, l'affaire de quelques jours tout au plus.

-Et puis je n'ai pas suffisamment de livres pour vous payer.

Je n'aime pas la façon dont il me regarde. Avec autant d'insistance et d'attention. Comme s'il examinait un cheval avant de décider s'il doit l'acheter ou passer son chemin pour jeter son dévolu sur une autre bête.

-Mais je vous remercie tout de même pour votre sollicitude.

Je me repose de plus en plus contre le mur. Je n'aurais pas dû m'arrêter, je ne vais jamais réussir à repartir, à reprendre ma marche vers les bas-fonds pour regagner mon abris. Je souffle doucement par mes lèvres entrouvertes tandis qu'un interminable frisson court le long de mon échine. Le froid et la fatigue, que jusqu'ici j'avais réussi à repousser plus ou moins, ou à ignorer, au choix, se font de nouveau sentir, de plus en plus lourdement. Ils m'écrasent, m'étouffent. Le monde se remet à danser sous mes yeux, les murs, le sol, la voiture, même le cheval qui la tire...

Je lève un regard éteint sur la berline et la détaille plus ou moins attentivement. Le conducteur semble également inquiet. Je dois vraiment avoir l'air misérable. Je me passe nerveusement une main dans les cheveux, tressaille et siffle de douleur en effleurant involontairement ma blessure.

J'adresse un sourire d'excuse au médecin. Et puis après tout... Pourquoi pas ? Je finirais bien par trouver un arrangement avec lui si nécessaire. J'avance de quelques pas hésitants. Je pose une main sur son bras, qu'il a gentiment laissé tendu dans ma direction.

-Je vais tremper et salir votre voiture. dis je dans un murmure.



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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Jeu 7 Juil - 0:50
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Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
Les aléas de la profession de médecin. Etre appelé à l'aide pour aider un de mes patients, bien évidemment, ou être cherché jusqu'à mon domicile par quelqu'un de mon entourage afin de porter secours à quelqu'un du voisinage qui connait ma profession, ce sont des choses habituelles. Mais il y a aussi les coups du sort, ou du destin, comme on préfère. Il y a quelques jours c'était James, qui m'avait dérobé ma montre, ma précieuse montre, le siège de mon pouvoir de sorcier, et qui pour m'échapper n'avait rien trouvé de mieux que de sauter du haut d'un toit. Le pauvre s'était sérieusement blessé et je l'avais déjà ramené sous mon toit afin de le retaper, avant de finalement le garder. Et dans un sens c'est comme le destin m'avait encore une fois placé sur le chemin de quelqu'un qui en avait besoin, à savoir ce jeune homme, là dehors.

L'oeil averti de Jenkins a vu que ce n'était pas un de ces trop nombreux ivrognes qui sort du pub pour tituber jusqu'à chez lui, et qui sont une honte pour la ville. Il a remarqué que ce n'était pas l'alcool qui lui conférait cette démarche incertaine et lourde, mais la douleur, et ses blessures. Je ne sais ce qui lui est arrivé, mais il a reçu une sévère correction, et il a l'air mal en point. Je m'approche, me présentant, et l'encourageant à me suivre, car de près, je distingue d'autres blessures et contusions, qui m'inquiètent au plus haut point. J'essaie de me montrer encourageant et surtout persuasif, pour le faire grimper avec moi et pouvoir l'examiner. Pourtant sa réponse est négative, avant d'avancer le fait qu'il n'ait pas d'argent. Je soupire, tendant la main vers lui.

Sincèrement, quelques livres ne sont ici d'aucune importance. Ce qui est urgent, est de vous prodiguer les premiers soins. Vous êtes mal en point et si vous ne faites rien il pourra y avoir des conséquences graves. Je vous soignerai gratuitement, ou si vous y tenez, vous me paierez quand vos finances seront plus heureuses. Mais pour l'instant venez, je vous prie.

Il est étonnamment poli pour quelqu'un qui semble venir des bas fonds et je m'approche encore davantage alors qu'il s'appuie de plus en plus contre le mur, peinant visiblement à tenir sur ses pieds. Il lance un regard vague et difficile autour de lui, et à sa façon de bouger la tête je sens qu'il est mal en point. Presque sur le point de s'évanouir. Ses doigts sales et engourdis s'élèvent jusqu'à son visage et j'entends son gémissement de douleur alors qu'il effleure sa plaie. En effet tu ne vas pas bien jeune homme, et en effet, quand on touche une blessure, ça fait mal. Alors plutôt que de rester ici à ne rien faire, tu ferais mieux de venir pour que je t'arrange tout ça. Voilà ce que j'aimerais lui dire mais il me faut être bien plus diplomate si je veux le voir me suivre...

N'y touchez pas... la plaie est encore ouverte. Il va sûrement falloir vous recoudre...

Puis une nouvelle expression se lit sur son visage : il sourit. Je ne m'y attendais pas, mais il me sourit. Et enfin il semble céder car sa main s'avance vers mon bras, et s'y raccroche. Bien. Parfait. Je le soutiens tout en le guidant à son rythme jusqu'à la berline. Le pauvre est en piteux état et il est grand temps qu'on s'occupe de ses blessures. Pas après pas on s'approche et Jenkins vient me prêter main forte pour l'aider à grimper à l'intérieur. Je l'y suis, et attrape une couverture qui est en permanence soigneusement rangée, prête à l'emploi, la glissant sur les épaules du jeune homme, avant de m'asseoir face à lui. D'un regard échangé avec Jenkins, ce dernier remonte sur le siège du cocher et reprends les rênes. Une seconde plus tard la berline se remet en marche et retrouve le trafic londonien. Alors que nous cheminons je fixe mon rescapé avec attention, prêt à intervenir en cas d'aggravation de son état, tout en lançant.

Jeune homme comment vous êtes vous retrouvé ainsi? Qu'est-ce qui a bien pu vous arriver pour vous retrouver dans un état pareil?

Puis soudainement je réalise que je ne me suis pas présenté.

Mais où sont donc passées mes bonnes manières. Ma mère m'aurait bien houspillé pour m'être comporté de façon aussi cavalière. Je m'appelle Abraham. Abraham Sanders... et comme vous le savez déjà, je suis médecin. Nous allons chez moi où je pourrai vous examiner. C'est plus proche que mon cabinet...


Je l'écoute se présenter alors que nous reprenons notre route en direction de mon petit hôtel particulier, tentant d'en savoir plus sur les circonstances de son agression et surtout, son état. Nous arrivons bientôt dans la cour pavée et Jenkins vient nous ouvrir. A deux nous aidons notre blessé à descendre, puis je le soutiens jusqu'à l'intérieur, l'amenant à mon bureau, une pièce aux murs recouverts de livres et où brûle un bon feu de cheminée. Je le fais s'asseoir sur le divan face au feu et j'attrape ma sacoche avant de tirer une chaise pour m'installer près de lui et commencer à le soigner.
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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Dim 10 Juil - 21:26

Qu'a-t-il dit ? Des finances heureuses ? Voilà bien quelque chose qui n'arrivera jamais. A moins que je ne me fasse sacrer Chevalier de la Couronne avec la bénédiction de notre Reine par l'opération du Saint-Esprit. Autant dire que j'ai bien plus de chance de me faire tuer et de ressusciter une seconde fois.
Ma blessure à la tête est apparemment bien plus sérieuse que ce que je croyais. Je grimace alors qu'il avance l'idée de la suturer. Je dois avouer que je me serais bien passé de cela. Il est encore temps que je m'éloigne si je le préfère... Et pourtant, je reste agrippé à l'épaule du médecin. Sans son soutien, j'aurais été bien incapable de faire les quelques pas qui me séparent de sa berline, tant le tremblement qui habite mes jambes s'est accentué. Le conducteur de la voiture vient lui prêter main forte et ils ne sont pas trop de deux pour me hisser dans l'habitacle. Je me laisse lourdement tomber sur la banquette, qui se salit et se trempe presque instantanément. Le médecin monte à ma suite et dépose une couverture sur mes épaules meurtries. Je l'attrape doucement, de mes doigts gourds, pour être sûr qu'elle couvre parfaitement mon corps. Il me détaille encore du regard, et je détourne légèrement mon visage.
Ce qu'il m'est arrivé ? Je ne suis plus très sûr de rien. Il se présente. Il semble assez bavard. Il m'arrache un second sourire.

-Mon nom est Juniper.

Hum, non pas vraiment. Mais c'est amplement suffisant, personne n'est obligé de savoir d'où je viens ni qui je suis.

-Je suis tombé dans un traquenard. dis-je évasivement. Les personnes qui m'ont fait cela... ne m'appréciaient que moyennement.

J'appuie ma tête contre la paroi du véhicule en grimaçant légèrement et ferme les yeux.

-Je n'ai réussi à les fuir qu'en me jetant du haut d'un pont.


Le mouvement de la berline est désagréable et réveille encore un peu plus toutes mes douleurs. Ce n'est pas mon premier trajet, ainsi enfermé dans une voiture, mais j'avais oublié à quel point il est éprouvant de voyager comme cela.
Je jette un très bref coup d'oeil au médecin lorsque le trajet s'achève. Peut-être suis-je plus en sûreté ici que si j'avais regagné ma cache. Je siffle entre mes dents serrées alors que tout deux m'aident à descendre, et ils sont presque obligés de me porter pour m'entrainer à travers la cour et la maison. J'observe les lieux avec curiosité, et un hoquet de surprise m'échappe alors qu'ils me font entrer dans le bureau. La pièce est sublime autant qu'accueillante, et mon regard un peu flou se perd sur les centaines de livres qui habillent les murs.
Une fois assis, je ne lâche la couverture qu'à contrecoeur, malgré la proximité du feu. Et tandis que le médecin s'affaire pour s'installer près de moi, je tire un livre de la poche de ma veste. Il est en piteux état à cause de mon bain forcé. Je le pose sur la banquette. Je vais devoir en trouver un autre exemplaire pour pouvoir rembourser son propriétaire légitime.

-Vous avez une belle bibliothèque... ai-je murmuré.

Je l'envie. Uniquement pour cela, bien entendu.

-Les livres ont ce pouvoir extraordinaire de nous permettre de voyager en toutes circonstances et en tout lieu.



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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Mar 19 Juil - 11:39
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Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
Je suis soulagé quand il accepte enfin de monter en voiture avec moi, et qu'il accepte de se faire soigner. Après tout j'ai prêté le serment d'Hippocrate, qui depuis l'aube de la médecine est un guide pour nous, médecins. Ce serment est la liste de nos devoirs en tant que soigneurs et guérisseurs, et l'une des étapes et tout justement de porter assistance à quiconque en aura besoin. A savoir ce jeune homme que j'entraîne lentement mais sûrement jusqu'à ma berline. Une fois assis et une couverture sur les épaules, je me rends compte qu'il est plus vieux que je ne l'avais pensé, en l'observant de loin. Jeune homme, et plus un adolescent. Nous faisons les présentations et je souris en entendant son nom.

Juniper? Voilà un nom qui n'est pas courant! Eh bien enchanté Juniper.

J'écoute ensuite son bref récit de ce qui lui est arrivé, comprenant ainsi pourquoi il s'est retrouvé dans cet état là. Je hoche la tête en soupirant.

C'est bien malheureux. La criminalité est un des fléaux de Londres, même si tant que la pauvreté sera aussi grande, il y aura toujours des gens pour ne trouver que ce moyen afin de subsister... et je vois que vous avez subi bien des aventures...

Je l'observe avec attention, craignant qu'il ne tombe inconscient, chose qui arrive souvent lorsque l'on a reçu de violents coups sur la tête, et qui peut avoir de graves conséquences. Pourtant, à mon grand soulagement, il tient bon, grimaçant de temps à autres en fonction des cahots du chemin, signe qu'il est toujours parmi nous. Puis enfin nous arrivons. Il tente d'être discret mais je sens qu'il a mal à son souffle court, à son teint pâle et ses dents serrées. Pas après pas nous nous approchons avant de finalement l'installer dans la pièce que je fréquente le plus, à part ma chambre à coucher : mon bureau. Pourtant à peine entré la douleur semble s'effacer pour laisser place à la surprise alors que son regard se promène sur les murs recouverts de livres reliés de cuir, sagement alignés les uns à côté des autres comme une armée à la parade. Un de mes principales sources de dépenses, ainsi que mes voyages. Pour le reste j'avoue que je suis un homme qui se contente de peu. Ma maison n'est pas immense, mais elle est confortable. Je pourrais m'en payer une plus grande et une plus luxueuse, mais à quoi bon? A quoi vivre dans un palais de courants d'air alors que je demeure seul avec un seul domestique pour tout service? Je n'y vois aucun intérêt. Sous les combles il y a les appartements des domestiques et en engageant Jenkins je lui ai aménagé un petit appartement avec une chambre, et une pièce de détente, le tout plus agréable qu'une petite pièce à peine plus grande qu'une cellule monacale à laquelle les serviteurs ont le plus souvent droit. Il en reste encore quatre, inoccupées, avec un lit, une commode, une table, une chaise et un petit lavabo. A l'étage des chambres, il y a la mienne, plus trois autres pour les rares fois où je reçois des invités, et ses deux salles de bains. Au rez-de-chaussée, un salon, une salle à manger, mon bureau et un beau hall d'entrée. Au sous-sol, la cuisine, le cellier, la buanderie. Tout le nécessaire.

Je l'observe alors qu'il farfouille dans les tréfonds de son gilet et exhume un livre qui comme son propriétaire semble avoir subi un bain des moins désirés... Je souris alors que je le vois poser sur le sofa près de lui, mais la couverture s'est un peu délavée et je ne peux en lire le titre.

Nous pourrons le laisser sécher près du feu, et éviter qu'il ne gondole.

Je commence à sortir un à un les instruments qui vont me permettre de le soigner et les dépose sur un guéridon que je rapproche de moi, tout en souriant alors qu'il parle de livres. Eh bien... avoir une conscience littéraire malgré l'adversité, c'est tout à fait louable!

En effet. Il suffit de quelques pages pour se retrouver dans un autre monde, une autre époque ou un autre lieu. Braver le temps et les obstacles. C'est merveilleux quand on y pense...

Je prépare une seringue de morphine et approche l'aiguille de son bras après lui avoir fait retrousser sa manche et noué un garrot. Puis j'injecte la substance dans ses veines. J'attends que la rose de son sang éclose dans le tube de verre avant de presser le piston et faire disparaître le liquide. Une fois anesthésié j'attrape du fil de soie et une aiguille que je désinfecte. Je nettoie sa plaie avant de commencer à la suturer avec lenteur. Puis, pour l'occuper pendant mon travail je désigne l'ouvrage d'un geste du menton, sans quitter mon travail du regard.

Et si vous me disiez ce que vous étiez en train de lire avant l'accident?

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Jeu 4 Aoû - 9:15

-Ce serait idéal, je vous remercie... dis-je en effleurant la tranche du livre du bout de mon index, pensif.

J'évite de regarder les instruments que le médecin range soigneusement cote à cote sur son plateau. Ils ne sont pas sans rappeler les effroyables objets qui servent à torturer les gens et que j'ai eu l'occasion de voir de trop près plus d'une fois. Mais dieu merci, personne jusqu'ici n'a essayer de me faire subir un quelconque supplice à l'aide de pinces en métal, ou n'importe quoi d'autre d'ailleurs.

-Cela semble même presque magique... Quelques mots à peine et nous voilà en train d'explorer le plus profond des océans ou de voler bien plus haut que les nuages avec les oiseaux...

Il m'enjoint de retrousser l'une de mes manches. Je m'y attèle, toujours maladroit. Mes doigts sont peut-être un peu moins engourdis, mais le tissu, rendu rêche par l'eau du fleuve, est plus difficile à tordre et à plier que d'habitude. La chaleur du feu s'insinue lentement en moi, contrastant sévèrement avec le froid de mes vêtements encore mouillés. Je me remets à grelotter. Le garrot qu'il me pose serre bien trop mon bras et je crispe la mâchoire en grognant sourdement. J'ai l'impression qu'il va exploser.

-Croyez-vous qu'un jour quelqu'un inventera un système encore plus impressionnant et efficace que les livres, et qui nous fera tout autant voyager, si ce n'est plus ?

Je tressaille alors que l'aiguille pénètre ma chaire, surpris. L'effet caractéristique de la morphine ne tarde pas à se faire sentir et le monde devient légèrement flou et imprécis autour de moi. Mon souffle se raccourci et je ferme les yeux. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas usé de telles substances. J'ai d'ailleurs dû trop en abuser par le passé, puisque ma plaie à la tête reste beaucoup trop sensible à mon goût. Je me crispe de plus en plus alors qu'il fait... Je ne sais pas vraiment ce qu'il fait, en fait, mais c'est gênant. Et douloureux. Je me recentre un peu sur sa question.

-Les Aventures de Huckleberry Finn. C'est Mark Twain qui l'a écrit, cela se passe peu de temps après son autre roman, Les Aventures de Tom Sawyer. Je n'en suis qu'au début, mais c'est intéressant de voir quel portrait, assez peu flatteur à mon goût, il dresse de ce que l'on appelle les Etats-Unis. C'est un pays où la liberté est censée régner, mais en fait, ils font encore partie de ces endroits où l'esclavage sévit. Du moins, à l'époque à laquelle se passe l'histoire... Et puis, ils sont assez barbares, ils vont parfois jusqu'à tuer des enfants...

Je serre mes doigts sur mes genoux. Comme si cela pouvait m'aider à supporter les gestes du médecin dans mon dos.

-Hum. Le personnage principale est un jeune garçon qui fuit la société en compagnie d'un ancien esclave. Ils descendent le fleuve Mississippi à bord d'un radeau et vivent tout deux de drôles d'aventures. C'est peut-être parfois un peu exagéré, particulièrement le moment où leur radeau se fait briser en deux par un bateau à aubes, mais que tout les deux s'en sortent sans se noyer dans les remous.

J'esquisse un sourire.

-Enfin, je n'ai jamais été confronté à cela... Mais j'imagine qu'il est plus probable de mourir noyé ou d'être au moins blessé que de s'en sortir indemne. Ceci dit, si les livres collaient trop à la réalité, ils en deviendraient bien ennuyeux... Même si là encore, tout dépend de la personne qui est au centre de l'intérêt de l'écrivain.


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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 12 Aoû - 15:02
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- Abraham & Juniper -
Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
Je suis soulagé lorsque ma berline pénètre enfin dans la cour de mon petit hôtel particulier et que Jenkins m'aide à ramener le blessé dans mon bureau. Il semble prendre un regain de vigueur à la vue de tous les ouvrages qui en tapissent les murs et je souris légèrement. Sans porter un quelconque jugement, il n'a pas l'air de venir d'un milieu très aisé et que ce soit les livres qu'il remarque en premier, plutôt que les objets que j'ai ramenés de mes nombreux voyages, ou les antiquités qui m'ont été offertes ou que j'ai chinées m'étonne. Il porte un regard passionné sur tous ces rectangles de papier épais aux reliures de cuir, qui semblent avoir le don merveilleux de gommer sa douleur. De le distraire, tout du moins. Et alors que je l'installe, son premier sujet de discussion ne fait que confirmer cette impression. Son livre, qui n'est pas sorti indemne de ses mésaventures. Je souris et observe la couverture trempée alors qu'il le dépose près du feu, pendant que je me prépare à le soigner.

Nous voilà donc dans mon bureau, lui assis sur le sofa de velours bordeaux pendant que je suis installé face à lui, dans un fauteuil, et que mon regard habitué scrute ses plaies et jauge son état. D'abord, refermer la plaie à la tête. Je m'active donc, ainsi qu'une couturière s'apprêtant à raccommoder une robe déchirée ou une manche trouée, armé d'un fil de soie et d'une aiguille désinfectée. Je pique légèrement sa peau avant de commencer à faire valser mon aiguille dans ses chairs abimées, simplement pour vérifier que tout va bien et que la morphine a bien fait effet. Si l'on peut épargner la torture de recoudre quelqu'un a vif, pourquoi s'en priver n'est-il pas? En l'absence de réaction de sa part je commence à suturer en prenant mon temps, et en faisant mon possible pour que la suture soit belle, propre et surtout, fasse la cicatrice la plus discrète possible. Pour cela il n'y a pas trente six solutions, faire des points petits et serrés, après avoir bien nettoyé la plaie pour qu'une infection ne vienne pas tout ruiner. Et en même temps que mes doigts s'active dans un ballet simple mais précis, nous voilà à discuter littérature comme si nous étions dans un salon mondain autour d'une tasse de thé. D'ailleurs, en parlant de thé... Je hausse un sourcil, étonné par les mots du fameux Juniper.

Vous êtes également poète on dirait! Et un passionné de livres...

Pourtant à son visage crispé et ses yeux clos, on dirait qu'il souffre. Pourtant je lui ai donné une dose suffisante compte tenu de son gabarit et de son poids que j'ai estimé à la hâte. J'interromps mon travail et croise son regard.

Juniper, vous sentez quelque chose? Il n'y a aucune raison pour que vous souffriez alors que je peux y remédier. Attendez, ne bougez pas.

J'attrape la seringue et la remplis une nouvelle fois de morphine, seulement à moitié. Puis profitant du garrot qui n'a toujours pas été enlevé je lui injecte une nouvelle dose, lentement, avec soin. Je repose ensuite la seringue de verre et masse légèrement son bras pour faire circuler le narcotique plus vite.

Voilà... c'est mieux?

Je hoche la tête puis reprends mon aiguille, et l'écoute me parler du roman sauvé des eaux, tel Moïse. C'est bien. Me raconter les aventures du héros va aider à le faire se détendre, à penser à autre chose pendant que je termine de m'occuper de lui.

Je connais ce roman,et je l'ai lu en effet. Vous avez raison, dans un pays qui se veut libre et progressiste, avoir des esclaves, et qu'une partie aussi importante de leur économie repose sur la traite d'être humains est tout bonnement révoltante... et hypocrite. Néanmoins les aventures de ces enfants perdus est distrayante, et plaisent aux enfants, leur public premier...

Il sourit et cela me rassure. Je n'ai plus l'air de le torturer. Tant mieux. Avant de laisser échapper un léger rire lorsqu'il dit qu'un livre qui collerait trop à la réalité pourrait être bien ennuyeux.

Tout dépend de ce que vous cherchez en lisant un livre. Si vous cherchez le rêve et l'aventure, c'est certain qu'en lisant Balzac ou Zola vous risquerez d'être déçu. Très déçu. Pour eux leurs oeuvres, ou les sagas littéraires qu'ils ont crées, La Comédie Humaine pour le premier ou Les Rougon-Macquart pour le second sont plus une étude quasi scientifique et sociologique du monde dans lequel ils vivent. Et l'intérêt peut aussi ne pas être simplement dans l'histoire, mais dans la manière dont elle est racontée. Un fait banal comme celui qui a inspiré Madame Bovary, il y en a plein. Pourtant, c'est le comment qui a intéressé les lecteurs. A cela on pourrait faire le lien avec le proverbe 'L'important ce n'est la destination mais le voyage".

Je termine sa suture et fait un rapide noeud dans le fil de soie avant de couper ce dernier d'un coup de ciseau. Je repose ensuite mes instruments sur la table basse et tourne la tête en entendant Jenkins qui arrive. Il m'a fallu du temps pour arriver à l'entendre s'approcher. Il est silencieux comme un chat le bougre, et je sais que ses semelles de crêpe qu'il affectionne y sont pour beaucoup. Avant il travaillait dans un club pour Gentlemen, le club Diogène, où la règle la plus absolue était le silence. Il en a donc gardé certaines habitudes. Silencieux comme un chat je le vois s'approcher et déposer un plateau de thé sur le guéridon près de nous, puis servir un lapsang souchong parfaitement infusé dans deux tasses en porcelaine de Chine, ramenées d'un voyage, comme le reste du service.

Merci très cher. Oh s'il vous plait, pourriez vous faire sécher l'ouvrage de notre invité. Il a malheureusement pris un bain forcé et il serait malheureux qu'il gondole.
En effet monsieur. Je m'en occupe sur le champ.

Sa main gantée de blanc attrape l'ouvrage et s'éloigne, à nouveau sans un bruit.

Merci Jenkins.

Puis je me retourne vers mon blessé et souris en lui désignant la table.

Ne vous en faites pas, il va s'en occuper au mieux. Tenez, buvez du thé, cela vous fera du bien. Souhaitez vous du thé avec? Du citron?

J'agrémente sa tasse de ce qu'il me demande et la lui tend avant de me servir à mon tour, savourant le liquide brûlant avant de reposer la tasse.

Si vous avez faim il y a aussi des canapés et des biscuits. Surtout n'hésitez pas. Servez vous. Je vous laisse manger un peu avant de continuer mes examens. Vous avez besoin de reprendre des forces.

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Jeu 18 Aoû - 10:22

Je souris légèrement. Un poète. Si seulement.

-Non. Je suis bien loin de l'art poétique, je suis incapable de construire un quelconque alexandrin, à peine d’en réciter quelques uns. Mais un passionné de littérature, je ne dis pas.

Je lève les yeux pour croiser son regard lorsqu'il s'interrompt. Il n'est qu'inquiétude sincère, j'y décèle même une sorte de douceur. Comment ai-je pu me méfier à ce point de cet homme il n'y a pas une heure ? Il est évident qu'il ne veut de mal à personne. J'incline imperceptiblement le menton, un peu comme si j'acquiesçais.

-Oui, je sens ce que vous faites. C'est douloureux, désagréable, mais supportable.

Et pourtant, quand l'aiguille perce ma peau une nouvelle fois, je suis loin de toute protestation. Bien au contraire, plus tu m'en donneras, gentil médecin, plus je serais content. Ce n'est pas un produit auquel j'ai accès facilement malgré mes connaissances et le nombre importants de mes fournisseurs (au sens large du terme, peu importe ce qu'ils ont à offrir). Je grimace quand il masse mon bras. Laisse, le liquide fera très bien son trajet tout seul.

-Oui... Je vous remercie.

Je tripote un peu le garrot avant de l'enlever par moi-même, adressant un sourire d'excuse au médecin. Il reprend son ouvrage, et nous voilà en train de converser de nouveau littérature, tandis qu'il me recoud la tête, le plus naturellement du monde, comme si nous étions en train de faire quelque chose de bien plus agréable tel que fumer ou priser du tabac au coin du feu dans un salon confortable entre personnes aisées. Quelle situation pour le moins incongrue.

-Vous avez tout à fait raison, elles sont tout à fait distrayantes... Mais je n'en reste pas moins étonné par le contenu de l'ouvrage et la vision du monde qu'on peut y trouver. Est-ce là vraiment un exemple pour les enfants lorsque que le jeune Tom préfère passer par le paratonnerre pour entrer dans la chambre plutôt que d'utiliser la porte, comme le fait son ami ? Et comme le ferait n'importe quelle personne sensée dans le monde, soit dit en passant ?

Je l'écoute ensuite me parler de romans et d'auteurs qui me sont complètement inconnus, pour plus ou moins illustrer mes propos sur l'intérêt du contenu de l'histoire.

-Je ne connais pas tout cela. Je dois avouer, à ma plus grande honte, que je n'ai pas un accès facile aux ouvrages, quels qu'ils soient, et que mes lectures se rapportent plus souvent à de la poésie et à des romans d'aventures qu'à une étude de la société.

Et tout à cette discussion, je m'aperçois à peine qu'il vient de finir de s'occuper de ma plaie. Je sursaute lorsque le majordome apparaît soudainement dans mon champ de vision. C'en est presque effrayant, cette discrétion. Et pourtant je suis habité à la façon de faire de TJames... Je lorgne le thé et les accompagnements, mais j'attends poliment l'invitation de mon hôte. Je jette un regard à mes mains crasseuses. C'est regrettable. Mais je ne peux rien y faire.

-Je vous remercie monsieur... dis-je poliment au fameux Jenkins, avec un petit sourire.

Je reporte mon attention sur Sanders.

-Je veux bien une pincée de sucre et... pour le citron, plus il y en a, meilleur c'est, à mes yeux. Merci... ai-je conclu dans un murmure.

J'enroule mes mains autour de la porcelaine avec un plaisir non dissimulé. J'attends un peu avant de tremper mes lèvres dans le breuvage. Je ne veux pas prendre le risque de me brûler, je suis suffisamment abimé comme ça. Si TJ me voyait dans cet état, il en serait malade. Après une longue hésitation, je me décide à goûter un canapé. Je suis incapable de dire de quoi il est garni, mais c'est vraiment bon.

-C'est délicieux.

Oui, c'est le mot parfait.



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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Mer 7 Sep - 16:50
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C'est un bien étrange patient que j'ai récupéré, et presque repêché, si je pourrais dire. Un jeune homme des rues qui a le don rare de ne pas parler l'argot des bas-fonds mais de s'exprimer dans un anglais plus que correct, et qui parle de livres, en ayant même noyé un avec lui. Curieux specimen... intriguant également. Je l'écoute, curieux d'apprendre tout ce que je peux sur lui alors que je lui fais une seconde injection de morphine après m'être rendu compte que la première n'avait pas suffi et qu'il souffrait encore. D'ailleurs... alors que je prépare la seringue, je me rends compte que le pli de son coude porte d'autres marques de piqûre, ce qui explique pourquoi il a une aussi grande tolérance au narcotique. Il semblerait que...mon amateur de livres soit... toxicomane. Malheureusement, ce fléau est devenu bien trop répandu dans les rues pauvres de Londres, où grouille la drogue et la prostitution chez ceux qui n'ont pas eu la chance de naître ailleurs. Son éducation, ses manières... il se pourrait même qu'il soit né dans une bonne famille, mais que son addiction l'ait fait sombrer... Enfin, ce n'est pas à moi de le juger. J'ai prêté le serment d'Hippocrate qui m'engage à le soigner, peu importe qui il est et ce qu'il fait.

Rassuré sur le fait qu'il ne souffre plus, je travaille vite et bien, recousant rapidement sa plaie avant de reposer mes instruments. C'est à cet instant que Jenkins fait son apparition, tel un courant d'air, déposant près de nous du thé et de quoi grignoter, et emmenant avec lui l'ouvrage en piteux état de mon visiteur. Notre discussion littéraire continue, à ma grande surprise et à mon grand plaisir. Bien sûr dans mon entourage les gens lisent, mais les discussions à ce propos restent bien souvent trop superficielles pour être réellement satisfaisantes. Croiser la route de quelqu'un dont la discussion a le mérite d'avoir plus de profondeur est quelque chose que j'apprécie, alors autant en profiter le temps qu'il reprenne des forces.

Je l'observe alors que je l'invite à se servir, et ris doucement à sa remarque sur le citron. Je me penche vers le plateau et m'exécute, glissant une rondelle de citron dans sa tasse à l'aide d'une petite pince en argent, et ajoutant une petite cuillère de sucre à son thé avant de la lui tendre. Je me sers à mon tour et bois une longue gorgée de thé, soupirant doucement. Le thé est une des rares choses que les anglais ont apportée au monde, grâce à leurs immenses colonies. J'en ai bien trop pris l'habitude depuis mon arrivée ici. Bien sûr nous trouvons du thé à Amsterdam, qui est un des plus grands ports du monde, mais il n'y a pas autant de variétés et de finesse qu'ici. En Angleterre, le thé est élevé au rang d'art et je dois avouer que c'est une coutume à laquelle je me suis plié bien volontiers. Je grignote rapidement un biscuit avant de m'essuyer lentement les lèvres avec une des serviettes en lin blanc disposées sur le plateau. Le désavantage d'une barbe, c'est que tout se prend dedans, et s'il y a bien une chose que j'ai en horreur, c'est une barbe mal soignée dans laquelle les gens que vous croisez peuvent deviner quel a été votre déjeuner, voire votre petit déjeuner.

Par contre, si vous aimez les sandwiches au concombre, je suis désolé de vous dire que vous n'en trouverez pas. J'ai ça en totale horreur et Jenkins a pour consigne de ne pas en faire... J'espère que ça ne vous manquera pas trop.

Nouvelle gorgée de thé, et je le laisse piocher parmi la nourriture, et se requinquer en buvant quelque chose de chaud avant d'oser enfin poser la question qui me brûle les lèvres depuis le moment où il a commencé à parler de livres.

Et...Juniper...si je puis me permettre... que faites-vous dans la vie?


Je m'enfonce plus profondément dans les coussins, attendant sa réponse.
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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Jeu 15 Sep - 11:59

Je savoure le thé, bien citronné, sucré juste comme il le faut, juste comme je l’aime. La première gorgée me réchauffe lentement le corps alors qu'elle descend jusque dans mon estomac, où elle diffuse confusément sa chaleur revigorante. J'hésite un peu, peut-être par politesse -l'ombre de ce qu'il me reste d'éducation- ou peut être encore un peu par méfiance, je ne sais pas exactement, puis je finis par prendre un deuxième canapé. Je darde un regard outragé sur le médecin.

-Comment ?! Vous n'aimez pas les canapés au concombre ?! C'est pourtant à la pointe de la gastronomie anglaise ! Vous devriez avoir honte ! C’est ce que nous avons inventé de mieux avec les scones, le lemon curd et la gelée.

Je laisse s'écouler quelques instants, pas trop longs mais juste assez pour voir sa réaction, puis je souris, goguenard.

-Je plaisantais. Je n'ai jamais gouté de canapé au concombre. Mais rien qu'à l'idée de mélanger du pain et cet espèce de légume sans gout, ça ne me donne pas envie. Ceci dit, en étant affamé, je ferais peut-être une entorse à mes principes gustatifs.

Hum, bon, d’accord, les scones et le lemon curd, c’est véritablement délicieux. La jello… Non. Même pas en rêve. Jamais. Plutôt mourir d'inanition. C'est une insulte à la nourriture que d'avoir créer cette chose.
Toujours amusé et moqueur, je fourre le canapé dans ma bouche. Je mâche soigneusement, lentement, et fait passer le tout avec un peu de thé. Ça me remplira bien l'estomac. Pour un temps, du moins.
Il me dévisage, et je sens son interrogation muette bien avant qu'il ne formule sa question. Je laisse échapper un soupir et me recule précautionneusement dans les coussins, l'imitant tout involontairement. La raideur de chacun de mes muscles endoloris me fait grimacer et m’arrache un inaudible grognement.

-Rien. Tout. Un peu des deux, en même temps.

Je le détaille attentivement du regard, comme si je pouvais lire en lui. Je crois pouvoir lui faire confiance, peut-être pas entièrement mais assez pour me livrer un peu plus sans craindre qu’il ne me dénonce à la police. Je l’espère, du moins.

-Je fais beaucoup de choses. Je rends des services, moyennant finances. Je vends des informations. Je trouve des choses rares, les apporte à ceux qui en ont besoin. J'apprends, je comprends, j'informe. C'est une sorte de jeu, mais un jeu dangereux. Certains n'apprécient pas trop ce que je fais, d'autres détestent carrément, et d'autres encore ne peuvent s'en passer. Je connais la ville de Londres et ses environs mieux que personne. Je connais ses habitants mieux que personne. Je peux vous dire dans quels tripots exactement le fils de Lord Wainwright descend tous les jeudis soirs, à quelle heure et dans quel ordre il les écume, et même ce qu'il y fait. Et en détails, même, s’il le faut. Je peux aussi vous dire que l'apothicaire de Westminster ne se fourni pas toujours légalement et a une accoutumance au lait de pavot qui fait frémir ses proches de terreur. Un jour, il ne se réveillera pas. Et ce jour est proche. Et ce ne sera pas un mal, croyez-moi.

Je le laisse digérer mes paroles. Tirer ses propres conclusions. Je ne dois pas en dire trop. Même si je sais qu'il en a appris bien plus sur moi qu'il ne l'avouera, juste en me recueillant et en commençant à me soigner. J'ai vu de quelle façon il contemplait le creux de mon coude tout à l'heure. Peut-être fera-t-il le lien entre l'apothicaire et les traces légèrement violacées sur ma peau à cet endroit-là. J’ai envie de fumer, tout à coup.
Je laisse échapper un soupir fatigué et ferme brièvement les yeux, avant de boire de nouveau une gorgée de thé. Et de prendre un troisième canapé.

-A quoi sont-ils ? Je les trouve réellement délicieux.

D'un léger mouvement de la main, je lui montre celui que je tiens entre mes doigts.



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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Sam 24 Sep - 13:29
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Je hausse un sourcil alors que je contemple mon rescapé avec curiosité. Il s'insurge et se place en fin défenseur des fichus canapés au concombre que j'ai en horreur depuis que je suis enfant. Puis je remarque son sourire, et comprends qu'en plus d'avoir de la répartie, il a de l'humour. J'éclate de rire, avant de boire une gorgée de thé et de reposer ma tasse sur le plateau.

Vous m'avez bien eu! Et si j'aime les scones et le lemon curd... la gelée, très peu pour moi! Et nous sommes d'accord, le concombre a un goût d'eau et rien de plus. Ca doit être utile en plein désert pour étancher sa soif mais à part cela... Je ne vois pas d'autre intérêt à ce légume. Enfin, j'évite de trop avouer cela en public, de peur de me voir incarcéré sur le champ à la Tour de Londres et y subir mille tourments pour outrage au patrimoine culinaire britannique. Par chance mon majordome a appris à cuisiner en France, et j'ai donc le plaisir d'avoir de la vraie nourriture sur ma table... Je m'estime privilégié parmi les privilégiés d'éviter les rognons en gelée ou la viande bouillie avec une sauce à la menthe...

Je le laisse ensuite profiter de la petite collation apportée par Jenkins et n'ose pas l'interrompre pendant qu'il reprend des forces. Le pauvre a été bien assez secoué pour qu'il mérite de manger paisiblement. J'ose ensuite m'aventurer sur un terrain un peu plus privé, donc un peu plus glissant. Libre à lui de me répondre mais je suis bien curieux de savoir pourquoi un jeune homme qui semble avoir de la culture et de l'esprit s'est retrouvé dans une telle situation... et par la-même, savoir ce qu'il fait pour vivre. Sa première réponse est vague, très vague même, pour ne pas dire sibylline. J'attends donc, soit qu'il change de sujet, soit qu'il m'en dise plus, et c'est précisément ce qui arrive. Je l'écoute alors, autant surpris que fasciné par les talents bien particuliers du jeune homme, et je souris légèrement, pensif. Voilà qui est intéressant... très intéressant même. Mes doigts frottent rêveusement ma barbe alors qu'il énumère la liste de ses connaissances et ses capacités quant au tout Londres. C'est impressionnant... il semble avoir des yeux et des oreilles partout, ainsi qu'un talent naturel pour se procurer le genre de choses qu'on n'expose pas en vitrine, par exemple...

Je le laisse donc terminer, faisant défiler dans mon esprit les avantages que je pourrais tirer à garder ce jeune homme dans mes contacts. Je hoche lentement la tête, alors qu'il recommence à manger sur le petit plateau, me tirant de ma rêverie alors qu'il demande à quoi sont les canapés. Je sursaute légèrement et observe l'assiette de porcelaine de Chine.

Pardon, j'étais distrait. Je...aucune idée. Il faudrait demander à mon majordome, c'est lui qui est le roi de la cuisine ici... je lui poserai la question quand il repassera. Quant à ce que je viens d'entendre...il semblerait que vous soyez...pile la personne que je cherchais.

Je me rassieds un peu plus profondément sur le sofa et ouvre une petite boite en marqueterie sur la table basse, en sortant ma pipe et mon tabac indien aux épices. Je prépare ma bouffarde avant de l'allumer en prenant de longues bouffées, rejetant un volute de fumée légèrement bleutée.

Laissez-moi m'expliquer davantage... Comme vous le savez, je suis médecin. Seulement... Il s'avère que pour certains remèdes, j'ai parfois besoin d'ingrédients...plutôt difficiles à trouver. Et j'aurais besoin de quelqu'un comme vous, avec vos connaissances et vos réseaux. Alors... nous pourrions peut-être envisager un...partenariat. Qu'en pensez-vous? Et si les choses se passent bien, cela pourrait être le début d'une fructueuse collaboration...pour vous comme pour moi...

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 7 Oct - 11:44

En France, tiens donc... Manifestement, leur gastronomie est bien plus réputée et surtout comestible que la notre -ceci dit, ce n'est pas trop difficile de faire mieux que nous. Il faudrait que je songe à en apprendre un peu plus sur le médecin. Et sur son majordome. Ça m'intrigue tout ça. Mais doucement, lentement, il faut que je prenne mon temps. Il ne serait peut être pas avisé que je brusque sa confiance. Un homme tel que lui comme allié, c'est toujours utile. C'est à double tranchant aussi, Rien ne me dit que demain il ne tentera pas de m'empoisonner pour se débarrasser de moi par peur, en voyant de quoi je suis capable, toutes les informations que je peux amasser et connaitre. Il ne serait pas le seul à agir ainsi, à prendre conscience tout à coup du pouvoir que je détiens. C'était le cas des hommes qui ont forcé mon bain dans la Tamise, par exemple. Je suis utile, oui, mais cette utilité me rend dangereux.
Et pourtant, un quelque chose chez Sanders me rassure, tandis que je lui raconte succinctement mes activités. Il semble se perdre dans ses pensées, et je l'en tire sans douceur en évoquant le délicieux canapé... que j'engloutis alors même qu'il n'a pas fini sa réponse. Je bois la dernière gorgée de mon thé et fixe la tasse vide avec dépit. Mes doigts se crispent un peu sur la porcelaine. Dommage, j'en aurais bien bu encore un ou deux litres. Voire plus.

-Ne vous donnez pas cette peine, de toute façon je ne crois pas que j'aurais l'occasion d'en manger de nouveau un jour...

Je lui adresse un sourire aussi triste qu'éteint. Pourtant, je fais l'effort de me redresser encore un peu, intrigué par sa réaction face à ma petite histoire. Un long frisson me secoue l'échine. Je pose prudemment ce que j'ai dans les mains. J'aimerais éviter que cela m'échappe, dans un moment d'étourdissement, et s'écrase sur le sol.
Le médecin bourre et allume sa pipe et je l'observe en silence, attendant la suite de son discours. S'il ne m'en dit pas plus, je ne peux rien pour lui. Je laisse mon regard se perdre sur la volute de fumée dansante et j'extirpe mon paquet de cigarettes détrempé de ma poche. Je le regarde avec amertume, avant de le ranger d'un geste incertain. Peut être arriverais-je à les faire sécher. Sinon, tant pis, j'en trouverais d'autres.
J'acquiesce imperceptiblement tandis qu'il reprend et s'explique enfin.

-Si vous me donnez le nom exact de vos produits, je pourrais peut être vous confirmer ou non que je suis, comme vous dites, la personne qu'il vous faut. Autrement, je me vois contraint de décliner, je ne peux vous affirmer que je trouverais toutes les substances nécessaires alors que ce n'est pas la cas. D'une part, ça ne serait pas correct de ma part de vous faire miroiter une possibilité que je n'ai pas, d'autre part, je préfère être honnête dès le départ avec mes... clients. A moins que cette honnêteté ne soit pas réciproque.

Je suis franc, c'est comme ça. Mais en général, je ne préviens les gens qu'une seule fois.
Je croise les bras sur ma poitrine et coince mes mains sous mes aisselles. Si mes vêtements sont juste humides pour le devant, ayant commencé à sécher grâce au feu, ils sont encore carrément trempés dans mon dos, et la fatigue me rattrape une nouvelle fois maintenant que j'ai l'estomac relativement plein et que j'ai eu -involontairement- ma dose de drogue journalière, merci docteur. Mais je poursuis les négociations avec un acharnement un peu maladif. C'est qu'en un sens, ma vie en dépend.

-Dans le cas où je serais effectivement capable de trouver ce dont vous avez besoin, qu'avez vous à me proposer en échange ? Bien évidemment, la première transaction serait gratuite, vu que vous m'avez recueilli et soigné aujourd'hui. Je vous suis redevable pour ça.

Nouveau frisson. J'étouffe un léger bâillement en crispant la mâchoire.


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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 21 Oct - 17:26
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Les mots qu'il prononce, la petite liste de ses activités nocturnes... tout cela est très intéressant. Les rouages de mon esprit tournent à l'idée de ce qu'une telle collaboration pourra m'apporter, et devant mes yeux défilent une liste d'ingrédients, des remèdes que je dois concocter, et petit à petit s'entassent tout ce que je rêverais d'avoir mais qui ne se trouvent pas dans cette bonne vieille Angleterre, et qu'on a tant de mal à se procurer. Baumes, capsules, onguents, sirops, pommades, inhalations, lotions... tout ce que je ne peux pas faire à présent mais que, grâce à lui, je vais pouvoir distribuer à mes patients et les aider du mieux possible... Un sourire rêveur s'étale sur mes lèvres avant de revenir au présent lorsque j'entends sa voix, et mon regard surprend son paquet de cigarettes trempé qu'il sort de sa poche. Je me lève et prends un étui à cigarettes sur mon bureau, que je lui tends.

Servez-vous...

Puis je me rassieds sur le velours du sofa et je hoche la tête lorsqu'il me fait l'article de sa petite entreprise pas vraiment légale mais néanmoins fort intéressante, l'observant alors qu'il frissonne. Il est jeune, enfin d'apparence, mais peut-être que les privations l'ont âgé prématurément et qu'il a quelques années de moins que ce que j'imagine. Allez savoir. Il a simplement l'air aux abois, et vu les marques d'aiguilles au creux de ses bras, et le fait qu'une injection n'ait pas suffi à l'anesthésier totalement, je soupçonne que le jeune homme s'adonne à un passe temps peu recommandable qui consiste à abuser des paradis artificiels. Je réprouve cela et s'il accepte ce que j'ai en tête, j'en interdirai l'utilisation sous mon toit au risque de se retrouver à la porte.

Je dois avouer que ça serait très intéressant. Mais avant ça vous tremblez...

Attrapant une couverture pliée sur l'accoudoir je la lui tends avant de reporter mon regard sur lui.

Ce que j'ai à vous proposer en échange? Eh bien...

Je laisse s'échapper une bouffée de tabac qui flotte mollement au-dessus de ma tête avant de reprendre.

Ne prenez pas mal ce que je vais vous dire, mais vous ne semblez pas être dans une situation financière bien rutilante. Donc, bien évidemment, je vous rétribuerait, et généreusement. De plus... comme vous le voyez la maison est grande, et je n'ai qu'un seul domestique. Je peux donc également vous mettre une chambre à disposition. Une chambre simple, c'est certain, pas celles que je réserve pour mes invités, mais confortable, et dans laquelle vous pourriez laisser quelques affaires, et occuper comme bon vous semble. Mon majordome pourra aussi vous fournir de quoi manger. Alors... que dites-vous des termes de notre contrat? Nous avons tous les deux à y gagner...

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Dim 20 Nov - 8:58
Il se lève soudain pour aller chercher quelque chose, et il me tend bientôt un étui à cigarette en bien meilleur état que le mien. J'en prends une et l'allume maladroitement, les doigts un peu gourds, avant de laisser échapper un soupir de bien être et de soulagement en tirant dessus.

-Merci...

Il m'écoute, attentif, peut être un peu trop d'ailleurs. Je n'aime pas la façon dont il me regarde, comme s'il réfléchissait à deux choses à la fois en plus de prêter attention à mon discours un peu alambiqué mais honnête.
Je hausse les sourcils, surpris par sa réponse et par son geste. Je prends doucement la couverture et m'enroule dedans. Même si c'est loin d'être parfait - après tout, mes vêtements restent mouillé tout de même - cela me réchauffe légèrement.
Il fait un peu durer le suspens, mais, loin d'être agacé, j'attends patiemment qu'il reprenne pour répondre à ma proposition.
Oh. Vraiment. Je ne pensais pas que ça se voyait autant que ma situation financière, comme il dit si bien, n'est pas brillante. Je le dévisage un moment. Des sous. Un lit. Une chambre, où mes affaires seraient en sécurité - en théorie - et des repas réguliers.

-C'est trop.

Je resserre la couverture autour de moi, tire longuement sur ma cigarette.

-Une... Comment vous dites déjà ?... Rétribution financière généreuse, un toit et le couvert... Cela fait beaucoup. La proposition est alléchante, c'est certain. Mais, pardonnez moi si je vous froisse, je trouve que cela fait vraiment trop pour de simples informations et quelques produites rares.

Je plante mon regard dans le sien, que, malgré la fatigue, je soutiens sans trop de peine. Il y a forcément une seconde contrepartie, et peut être... Peut être cherchera-t-il à me garder plus ou moins prisonnier de temps à autre. Et ça, ce serait vraiment mauvais pour mes affaires.

-Je ne peux pas accepter sans avoir la garantie que j'aurais ma totale liberté dans mes déplacements. Que ce soit de jour comme de nuit. Que je pourrais aller et venir à n'importe quelle heure, quitter votre... maison... et y revenir aux horaires qui me conviennent. Sans cela, mes activités vont péricliter, et je n'aurais plus aucune ressources. Et plus aucune valeur aux yeux de quiconque. Y compris aux vôtres.

Je me lève, vacillant, et titube jusqu'à la cheminée. Je contemple les flammes un moments, perdu dans des pensées bien sombres. J'ai peur, peur qu'on me retire la dernière chose qu'il me reste, peur de lui, peur de perdre une liberté et un anonymat si chèrement gagnés et payés jusqu'ici. Je tourne le dos au feu et m'assois par terre, devant, après avoir retirer la couverture de mes épaules.

-Il faut que je finisse de sécher mes vêtements. dis je avec un soupir las pour toute explication.

Surtout que je n'en ai pas d'autres sur le dos, et qu'il ne me reste qu'une ou deux chemises de rechanges dans ma tanière, pas forcément propres en plus. Ma seule veste qui me permet de tenir l'hiver est sur mon dos. Ceci dit, avec ou sans, il est vrai que quoiqu'il arrive, je passe des mois à grelotter de froid sans répit.


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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Mar 29 Nov - 12:08
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Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
Je l’observe, tirer sur une cigarette faite d’un tabac coûteux qu’il n’a dû sûrement jamais connaître. Un de mes petits plaisirs, je l’avoue. Je ne suis pas dispendieux en matière d’ameublement, de sorties, de vêtements. Mes costumes sont bien coupés mais je n’ai pas besoin de la soie la plus rare, mes pièces meublées confortablement mais sans excès d’ostentation ou de recherche de la chose hors de prix pour impressionner son voisin, mon écurie ne compte que deux chevaux, tous les deux sauvés de maquignons et qui me donnent entière satisfaction. Je ne perds pas des fortunes en fumeries d’opium, dans les maisons de plaisir ou dans les salles de jeux. Mais je me réserve quelques petits plaisirs tels que ceux-ci : du bon tabac, de l’excellent vin comme des excellents repas, et ma loge à l’opéra, ainsi que mes voyages, entre autres. Mais il est vrai que je m’estime chanceux par rapport à une énorme majorité des pauvres hères qui hantent les rues grouillantes de Londres… Puis je souris quand il se met finalement à parler et à me dire que ce que je lui propose est de trop, avant d’étouffer un léger rire qui fait s’échapper quelques volutes bleutées de mes lèvres.

Je n’aime pas me vanter mais je suis un des meilleurs médecins de Londres, justement parce que j’expérimente des choses que le commun des médecins renie. Ou ignore. Je préfère me fier aux plantes et à leur bonne utilisation plutôt qu’aux prières ou aux remèdes de bonne femme dignes du Moyen-Age. J’ai prêté le serment d’Hippocrate, et ma mission est de soigner mes patients, même si cela se fait avec des choses qu’on ne trouve pas ici, ou si mes méthodes sont peu orthodoxes. Donc je suis prêt à vous faire cette proposition en âme et conscience si cela peut me permettre de mieux m’occuper des gens qui viennent me voir…

Ma cigarette dans une main je porte la tasse à mes lèvres et la termine, remplissant à nouveau les deux tasses de porcelaine fine avant de hocher la tête lorsque des doléances, ou des précisions, franchissent ses lèvres. Rien d’extravagant.
Bien sûr. Vous aurez la clé de votre chambre, et si vous souhaitez que Jenkins y fasse un brin de ménage, vous n’aurez qu’à l’y laisser. Pour monter vous passerez par derrière, par l’escalier de service dont l’entrée est dans la cuisine. Ainsi vous ne risquerez de croiser aucun invité, bien que je n’en aie que rarement. Vous aurez toute latitude quant à cette pièce, même si bien sûr je pose une dernière condition.
J’inspire une longue bouffée de tabac que je souffle en levant la tête, et je désigne d’un geste vague la pièce autour de nous.

Vous connaissez ma position, et même si notre petit arrangement va me permettre de la conserver, je ne veux rien voir ici qui risquerait de compromettre mon nom. Je ne peux pas me permettre de tout perdre car une descente de la police m’aura rendu complice de vos…affaires. Tout ce qui entrera ici sera légal. Et si vraiment vous n’avez aucun endroit où…entreposer ce que vous avez à entreposer, nous pourrons toujours trouver un garde-meuble où je louerai un box pour vous. Mais encore une fois et j’insiste, sous aucun prétexte la police ne doit s’approcher d’ici à part pour récolter des fonds pour les orphelins et vendre des calendriers.

Je contemple son dos qui fume maintenant qu’il s’est levé et qu’il est tout près des flammes, avant qu’il s’asseye sur le tapis, tournant le dos aux flammes.
Si vous voulez voir en quoi je m’engage, et vu votre état de ce soir, je peux même vous mener à votre chambre dès maintenant et vous pourrez y passer la nuit et vous remettre de vos émotions. Elle se trouve dans le quartier des domestiques, au dernier étage.
Je prends une nouvelle bouffée de cigarette avant de sourire en coin.

Evidemment si vous acceptez, je compte trouver toute l’argenterie dans son tiroir, et ne voir aucun chandelier manquer… Sinon je vous retrouverai et c’est une toute autre forme d’arrangement que nous trouverons… J’espère que nous sommes d’accord…

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Ven 23 Déc - 7:50

Je l'écoute attentivement et retiens un petit rire. Il n'aime pas se vanter, se prétend modeste et pourtant, le voilà qu'il se lance des fleurs. Quel drôle de personnage... L'idée de le voir expérimenter des remèdes pour guérir ses patients, et non pas faire semblant comme un charlatan ou les laisser décliner et mourir parce qu'il s'en fiche, me plait beaucoup. Il n'en devient que plus appréciable à mes yeux.

-Très bien. je réponds simplement, avant d'enchaîner en posant mes conditions.

C'est que moi aussi j'ai mon petit commerce à faire tourner. Il en va de ma survie.

-Cela me semble parfait. Concernant le ménage, je m'en occuperais moi-même. Je ne veux pas charger votre majordome de quelque chose que je peux moi-même faire, il doit, en plus, avoir déjà bien assez de tâches à accomplir.

J'hésite quelques instants, m'apprête finalement à lui poser une question, mais il reprend. Je hoche gravement la tête.

-Je comprends. Je ne comptais pas ramener de choses qui pourraient compromettre votre réputation.

Même si, pour être honnête, cela m'embête un peu de laisser certaines de mes petites affaires dans mon refuge... Ceci dit, à part TJames, personne n'en connait l'emplacement et personne n'est venu le fouiller non plus, jusqu'à maintenant. La demande du médecin est, de toute façon, plus que légitime.

-... Hormis...

Un léger sourire taquin étire mes lèvres.

-... mon odeur... Il est rare que je puisse prendre des bains... Aurais-je un accès à cela aussi ?

J'en ris, je crane un peu, mais cela n'a rien de drôle, vraiment. Au contraire. C'est une des choses qui me pèse le plus, de ne pouvoir me laver régulièrement. Pour moi. Pas pour les autres. Ils peuvent penser ce qu'ils veulent, je m'en fous. Mais les puces, elles, me dérangent, contrairement à un éventuel jugement.
Les flammes me réchauffe agréablement et leur chaleur m'engourdit un peu. Dormir dans un lit ce soir ? Pourquoi pas. Oui. C'est une bonne idée, ainsi, je me remettrais peut être plus vite de mon passage à tabac.
-Eh bien...

Je m'interromps. Je me sens blêmir.

-Je ne suis pas un voleur. je réponds froidement, sincèrement et profondément blessé. Et si par hasard un chandelier venait à disparaitre une nuit, vous le trouveriez à sa place le lendemain matin au plus tard, ou bien dans ma chambre si par hasard je venais à oublier de le remettre à sa place immédiatement. Et ce, simplement parce que j'avais besoin de m'éclairer. Et pour aucune autre raison. J'emprunte, certes pas toujours avec l'accord du propriétaire, mais je rends toujours, et s'il m'est impossible de rendre, je remplace, ou je rembourse.

C'est mon honneur qu'il attaque là. Et cela me fait bien plus mal que la rouste que j'ai reçu.

-Je me contenterais juste de finir ma tasse de thé, si vous le permettez, et de retourner à mon refuge pour cette nuit.
Et peut être les suivantes. J'étais prêt à accepter le gite pour ce soir, mais, ses dernières paroles, bien que largement justifiables, ne m'ont pas plu. Je suis farouche et bien trop soupe-au-lait sur certains points. Dommage pour lui qu'il ne l'ait pas compris plus tôt.
Je jette dans le feu le mégot de cette cigarette bien plus légère et agréable que les miennes, me lève et, tout en restant débout, encore légèrement déséquilibré, je saisis la tasse et bois une longue gorgée de thé brûlant, évitant soigneusement le regard de Sanders.



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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Jeu 29 Déc - 21:28
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Quand Abraham prouve encore une fois son talent naturel pour ramasser tous les chats errants de Londres.
Mes prunelles toujours sur lui, je le contemple autant avec autant de curiosité que de surprise. Il est vraiment particulier, un mélange de voyou littéraire, de bandit cultivé et poli, un robin des bois de salon, si on peux dire. Ce mélange m'intrigue et m'étonne et j'avoue que je suis impatient d'en apprendre plus sur ce curieux phénomène qui se remet et se sèche dans mon salon, face à mon feu de cheminée. Mon esprit vagabonde aussi sur tous les remèdes que ses services me permettront d'inventer ou d'améliorer, tous les progrès que je pourrais faire avec les bons matériaux. Tout cela. Des vies sauvées, des maladies soignées, des gens guéris... un bien noble objectif qu'il va pouvoir me permettre d'atteindre grâce à des contacts que je n'ai pas. J'en suis presque à me faire mentalement la liste de tout ce que je vais pouvoir lui demander, même les choses les plus extravagantes, à tout hasard, et je souris en pensant à notre accord qui s'annonce des plus fructueux.

L'accord semble lui plaire, même si après avoir exposé mes termes, il m'expose les siens et je l'écoute avec le plus grand intérêt, la fumée bleutée de ma pipe s'élevant mollement dans l'air.

Fort bien, et c'est gentil à vous de vouloir épargner mon cher Jenkins. Enfin, vous pouvez vous rassurer il n'est pas surmené ici...

Deuxième condition, deuxième accord. Les choses se déroulent décidément très bien. Je hoche la tête, reconnaissant.

Merci... si ma réputation venait à être détruite ou ternie, nous serions deux à en pâtir de toute façon...

J'expose mes autres conditions, et éclate de rire lorsqu'il parle de la salle de bains.

Evidemment mon garçon. Il y a une salle de bains à l'étage des domestiques, que vous partagerez avec Jenkins. N'étant que deux, je pense que trouver un arrangement quant à son utilisation ne devrait pas être trop compliqué. Vous pourrez même demander à Jenkins de laver vos vêtements, ou si vous ne voulez pas lui donner trop de travail, libre à vous d'utiliser la buanderie pour faire votre lessive...

Puis la dernière chose. Le prévenir que s'il tente de me tromper, d'abuser de ma gentillesse, il y aura des conséquences. Je ne suis pourtant pas surpris quand il est offusqué par mes paroles. Je l'aurais été également à sa place, mais il y a pourtant des éléments indispensables à dire... Je le laisse exprimer sa colère, l'écoutant sans l'interrompre avant de reprendre d'une voix douce, une fois qu'il termine sa tasse.

Attendez... Ecoutez je ne voulais pas vous traiter de voleur ou quoi que ce soit. Comprenez moi simplement... je vous accueille dans ma maison, vous propose votre propre chambre, de quoi manger, vous laver et autres. Je le fais de bon coeur, et également parce que j'y trouve mon intérêt. Je n'ai rien contre vous, jeune homme, simplement je ne vous connais pas. Cela fait à peine une heure que nos chemins se sont croisés, et je serais bien stupide de vous faire une confiance aveugle. Tout comme je comprends que de votre côté également, vous ne me fassiez pas entièrement confiance. D'ailleurs je trouverais même suspect que cela ne soit pas le cas. C'est simplement une mise en garde rien de plus. Je n'ai qu'une envie, c'est que les choses se passent bien, assez pour que notre collaboration soit fructueuse et que nous y gagnions tous les deux, donc ne vous offusquez pas je vous prie... Alors reprenez votre place près du feu et reposez vous... pour ce soir vous êtes en état d'aller nulle part... il faut vous reposer et le meilleur endroit pour le faire c'est dans un lit propre et confortable, au chaud, avec un toit au-dessus de la tête. Je n'ai jamais remis votre intégrité en question, je m'assure simplement d'éviter les mauvaises surprises, rien de plus...

Je lui souris et lui fais signe de revenir sur le sofa.

S'il vous plait...

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MessageSujet: Re: I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper   Dim 19 Fév - 11:32

Ses arguments sont parfaitement logiques et justifiés bien sûr. Mais le peu d'égo et de fierté que je possède restent sacrément froissés. Pourtant, je finis par me rasseoir, lentement, sans le quitter des yeux maintenant que j'ai eu le courage de croiser de nouveau son regard. Mais pas sur le sofa, comme ses gestes me le demandent. Sur le sol, devant l'âtre, comme précédemment. La place est suffisamment confortable de toute façon, et la chaleur du feu beaucoup plus perceptible d'ici. Mes doigts toujours serrés sur la tasse vide, je tente de passer outre la colère froide qui brûle dans ma poitrine pour le rassurer un peu plus sur ses possessions. Avec maladresse, certainement.

-J'aurais bien plus à y perdre en volant et revendant toute votre argenterie qu'en respectant les termes de notre marché, vous savez. Il n'est pas si simple de se débarrasser d'objets de tel prix de façon discrète et sans qu'ils ne soient par la suite retrouvés par leur propriétaire légitime, et remonter jusqu'au chapardeur est bien plus facile qu'il n'y parait dans la plupart des cas.

Je finis par poser ce que j'ai dans les mains, et mes épaules s'affaissent un peu. Je crois que, de toute manière, je n'ai pas vraiment le choix pour ce soir ; tenter de regagner mon abri pour y passer une énième nuit glaciale n'est pas très prudent. Et puis... un vrai matelas, une vraie couverture, c'est si attrayant, surtout pour un corps meurtri...
-Peut être...

Je m'interromps et mâchonne brièvement ma lèvre inférieure. Oh, comme je n'aime pas cette idée !

-Peut être voudriez-vous que je vous indique où me trouver, en gage de bonne foi ? Dans le cas où l'une de vos fourchettes disparaitrait. je me force à dire, à contrecoeur.

J'ai un faible sourire, plein d'amertume, peut-être un peu cynique aussi. Ma pointe d'humour sonne faux. Qui irait voler une simple fourchette en argent quand on peut trouver tout un service ?
Je prends de gros risques. La perspective de ne plus être le seul, avec TJames, à savoir où je me cache et me replis en cas de coup dur ne me plait pas du tout. Mais celle d'avoir un potentiel toit, des repas réguliers, un vrai lit et des bains à volonté -ou presque- me semble tellement alléchante que je pense être prêt à faire quelques sacrifices. Dussent-t-ils être si insurmontables à mes yeux.



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I'll gamble away my fright - Abraham & Juniper

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