Dear aunt, silence is just as an icy blast

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Mads M. Ivanova
Le Helhest
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✦ Double-compte : Christopher Swanson

Dim 19 Juin - 18:52
Après quelques mois à s’approprier les rues de St Pétersbourg, ses pavés sombres, ses impasses étroites dans lesquelles s’engouffre le vent glacé de Russie, ses habitants chaleureux –pour la plupart-, et après s’être offert quelques frayeurs dans un cimetière hanté, le jeune Ivanova s’est rendu là où depuis un an il cherchait à se rendre.

Au Palais de Glace.

Sans fiacre, comme d’habitude, pour la simple et bonne raison que la simple vue d’un canasson lui donnait des sueurs froides, Mads s’était fait accompagner de Viktor et avait quémandé audience à la garde pour qu’on le mène auprès de la Tsarine…

…Au plus vite, avait-il précisé en ajoutant qu’il apportait des informations de la plus haute importance.

Dès qu’il passa les portes, il cala son haut-de-forme sous son bras libre et on le mena donc sous bonne escorte à la salle du trône…ou plutôt des trônes. Dans le premier siégeait le vide. L’énorme et opulente assise était de toute évidence réservée à un homme de carrure certaine. A son côté reposait la place destinée à la Tsarine, et cette dernière avait fière allure ainsi posée, comme reposant à peine sur le coussin tant la grâce de ses gestes la faisait paraître légère.
Viktor resta en retrait et Mads s’avança, le claquement de ses trois pattes résonant contre la glace de l’immense salle, et malgré sa difficulté à tenir l’équilibre, il tint à s’incliner profondément jusqu’à ce qu’on ne l’autorise à se redresser et à se présenter.

Mon nom est Mads Matveitch Ivanova, premier fils de Matvei Kazimirovitch Ivanova, premier fils de l’ancien Tsar Kazimir, et votre frère.

Son ton solennel n’appelait nullement à la contestation. Derrière cependant, il jaugea ce qu’il fallait de pincement dans la voix pour paraître affecté comme il faut par la nouvelle dont il était porteur. Il avait eu un an pour se préparer à ce moment, un an pour soigneusement esquisser ses paroles, les répéter, en moduler les intonations jusqu’à parfaire son expression et les légers gestes de ses mains qui appuyaient sa bonne foi.
L’attention qu’il sentait portée sur lui par les quelques personnes présentes le galvanisa plus qu’elle ne l’effraya et il reprit, après une profonde inspiration :

Je viens vous porter des nouvelles qui, je le crains, n’ont rien de réjouissant.

Juste ce qu’il faut de silence.
Inspirer, laisser la tension se mettre en place comme une légère pression sur le sommet du cœur. Le myosotis de ses yeux resta dans le glacial de ceux de sa tante durant ce moment, pour tenter de capter chaque variation de teinte émotionnelle…si seulement elle ressentait. De tous les bars qu’il avait fréquenté ces dernières semaines, partout les gens respectaient la Tsarine Svetlana mais la disaient frigide, dénuée d’âme et de cœur.
En ce jour que Mads savait celui de son anniversaire ainsi que celui de son père, il lâcha du bout des lèvres :

Matvei, votre frère, est mort.


Tenue de Mads:
 


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Svetlana Ivanova
La Reine des neiges
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✦ Double-compte : Vashka von Kursell

Jeu 4 Aoû - 14:36
Un manquement au protocole. Voilà ce qu’il en était pour que la Tsarine de Russie, son Altesse Impériale Svetlana Ivanova, ne se retrouve à siéger dans la salle de plaidoyer sans avoir la moindre idée de la teneur de l’audience… Jamais encore sa garde n’avait omis le moindre détail que ce soit sur l’identité de l’individu qui demandait à la rencontrer ou du sujet dont il serait question; un relâchement de vigilance qui avait eu le mérite de placer l’humeur de la Reine des neiges sous le point de congélation…

*Matv’…*

L’apparition suivant l’appel eut pourtant le mérite de l’ébranler intérieurement -à défaut de transparaitre physiquement- mais de rapidement la faire déchanter aux premiers pas du nouvel introduit. Celui qui s’avança alors vers elle n’eut que des mots brumeux à ses oreilles…

Le fils…
…de Matvei…




mort…

Prétendre qu’une telle annonce ne bouleversa pas la Tsarine de Russie aurait pu être juste…à moins qu’un œil scrutateur ne l’observe précisément au moment ou le dernier mot tomba.

Un souffle. Il ne suffit que d’un souffle pour que tout bascule. Un battement de cœur en moins, une hachure très certaine dans sa respiration avant que ses yeux ne s’écarquillent très légèrement…pour se plisser aussitôt, méfiance, dénie, accusation muette. Si sa réaction -aussi pleine que discrète fut-elle- aurait très bien pu passer inaperçu, ce fut une autre tout à son opposé qui retint l’attention dans la salle.

Un souffle. Il ne suffit que d’un souffle pour que tout bascule…


« Comment osez-vous prononcer une telle chose ! »

La voix avait grondée, à la fois aussi puissante qu’un cri et basse qu’un murmure. Une voix que jamais encore la Tsarine n’avait entendu, la surprenant d’abord avant de faire trembler les quelques gardes présents dans la salle.

Un souffle. Il ne suffit que d’un souffle pour que les pas de géants de l’homme ne l’extirpent de sa position reculée et que son avancée soudaine ne fasse gonflée sa cape d’apparat derrière lui pour mieux s’en débarrasser d’un simplement roulement d’épaules. Razoom n’était plus que fureur et une fois sa parfaite maitrise de lui éclatée…


« Assez ! »

L’ordre tonna en se réverbérant contre la glace sèche de la pièce, à l’en faire presque crisser alors que le Conseiller s’était soudainement immobilisé en plein déplacement, à moins de deux mètres de l’inconnu. La main sur le pommeau sculpté avait tiré de moitié la large épée et un cheveux qui flottait en apesanteur dans l’air vint flirter avec son fil aiguisé…pour se couper aussi net en deux.

« N’entache pas plus qu’il ne l’est déjà le protocole, Razoom, reprit la voix glaciale de la Tsarine qui semblait à l’instant porter plus d’importance au bon déroulement des règles qu’à la nouvelle qu’elle venait d’entendre. Cette audience est désormais privée, laissez-nous.
-Mais votre Al-
-Sortez ! »

Il n’en fallut pas davantage pour que le bruit caractéristique d’une épée que l’on rengaine ne se fasse entendre, aussitôt suivit d’un claquement de talon au sol avant que Razoom ne pivote avec une parfaite maitrise pour faire face à sa souveraine. Le poing plaqué contre le cœur, il s’inclina profondément sans même se soucier de faire désormais dos à leurs « invités », sans doute une façon détournée de leur démontrer qu’ils n’étaient -au final- pas une réelle menace. En moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, il était de nouveau face au soi-disant héritier à qui il n’adressa qu’un bref regard avant de rejoindre le second inconnu pour l’inviter -non plutôt l’obliger- à quitter la pièce avec lui ainsi que le firent tous les gardes présents dans la salle d’audience. Il sembla hésiter, échangea un regard avec celui qui restera seul et suivit le mouvement.

Le silence s’éternisa après que les portes se soient refermées sur les désormais deux derniers occupants de la pièce et seul parla -cria ?- hurla le plus froid des regards de la Tsarine en se rivant droit dans celui juvénile qui lui faisait face. Ses yeux ne le lâchèrent plus, y plongeant, s’y enracinant comme s’il résidant là un secret qu’elle aurait su extirper : la vérité…ou son âme ? Svetlana ne comptait plus les secondes, les minutes qui s’écoulèrent ainsi alors qu’elle ne faisait que l’observer, le jauger, le juger. Elle semblait calme, terriblement calme, glacialement calme et si son frère bien-aimé avait été présent à l’instant, il aurait sans doute tout fait pour éloigner aussitôt ce jeune homme qui se prétendait son fils. L’éloigner d’elle.


« Vous comprendrez qu’aucune de vos paroles ne peut être prise au sérieux, prononça-t-elle depuis son trône ou elle siégeait encore parfaitement droite malgré la délicatesse du sujet. N’y voyez là aucune discréditation mais il est évident que de tels dires ne peuvent être acceptés sans…preuve, d’autant plus que je corresponds régulièrement avec mon frère, le Prince Matvei, et que jamais encore il n’avait mentionné v… »

Elle se tut soudainement, qu’allait-elle ajouter à la suite : votre existence ? Votre naissance ? Certes Matvei lui avait parlé -il y a avait quelques années de cela- d’un enfant mais si ses souvenirs étaient justes, l’enfant était une fille… Ce jeune homme devant elle ne pouvait donc pas être du même sang; la preuve n’était-elle pas ses cheveux blonds ? Matvei était brun, d’un brun parfait, ni trop sombre ni trop clair et ses yeux… Ses yeux auraient bien pu être les mêmes que les siens, quelque chose dans leur forme, dans l’expression des sourcils. Et son nez droit et court… Et ses lèvres pulp…

*Il pourrait très bien être son fils.*

Cette constatation était choquante. Choquante de vérité surtout. Elle l’avait remarqué depuis qu’il s’était avancé dans la pièce, l’avait ensuite nié en raison de ses impossibles propos et maintenant… Combien de temps cela faisait-il déjà que Matvei n’avait pas répondu à sa dernière lettre ? Trois, six mois ? Plus encore… ?! Cela pourrait-il expliquer l’absence dont elle ne s’était pas soucié. Ne devait-il pas bientôt la rejoindre pour qu’ils célèbrent ensembles leurs anniversaire comme ils en avaient l’habitude ?

Impassible sur son trône, la Tsarine se fit violence pour ne pas laisser cette vague étrangère de chaleur l’emplir, cette moiteur désagréable qui en aurait glacé son corps si…s’il ne l’était pas déjà. Sa voix reprit, aussi froide et acérée qu’à l’habitude malgré un discret roulis en fond de gorge…


« Il n’a jamais parlé d’un fils. Comprenez donc mes doutes à votre égard… Ses fins sourcils se froncèrent imperceptiblement alors qu’une pensée vint à l’effleurer. Pensée qui plaça en son cœur une colère sourde et glaciale. Sachez également que si, à votre plus grand malheur, je venais à apprendre qu’il s’agit d’un subterfuge quelconque destiné à se jouer de la Couronne Impériale…l’épée de mon Conseiller sera un doux rêves face au cauchemars éternelle que je vous réserve… »

Était-ce qu’une impression ou les derniers mots prononcés par la Tsarine en avaient créé une brume au bout de ses lèvres… La pièce pouvait-elle se refroidir plus qu’elle ne l’était déjà… Svetlana se redressa, n’ayant pas pris conscience de s’être penchée vers le messager au moment de proférer sa menace, et se cala contre sa cape de fourrure blanche.

« Allez-y. Dites-moi encore que mon frère est mort…et prouvez-le. »

Le premier pas du deuil n’était-il pas le dénie ?


Tenue de Svetlana:
 
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Mads M. Ivanova
Le Helhest
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✦ Double-compte : Christopher Swanson

Lun 8 Aoû - 20:23
Le rien, le vide qui suivit sa déclaration était trop lourd pour durer. Une pression qui s’installa avec le silence, une tension qui rendit difficile la respiration de quelques sujets l’espace d’un instant, avant que le tonnerre d’un homme ne déchirât d’un éclat d’un seul l’absence de réaction de l’assistance.

Et quel éclat…
Celui de sa lame à moitié sortie, celui dans ses yeux qui se confrontèrent à ceux de Mads alors que ce dernier avait changé sa prise sur le pommeau de sa canne, prêt à dégainer s’il le devait. Viktor aussi bougea sensiblement mais rien de s’interposa entre le guerrier et le Prince, sinon la voix autoritaire de la Tsarine.
S’il ne s’était pas autant questionner sur les raisons de l’agressivité de cet homme face à lui, Mads aurait certainement fait la grimace à la privatisation de l’audience ; s’il ne restait plus qu’Elle et lui, alors Svetlana pourrait faire croire ce qu’elle voudrait à l’issue de leur échange.

Un coup d’œil rapide et discret à la vue que lui offrait le dénommé Razoom en lui tournant le dos, puis en s’inclinant, et l’héritier réassura son appui su sa troisième jambe, le dos droit, le port altier seyant à son véritable rang. Trop tard, Viktor comprit qu’il n’était pas autorisé à rester et lança un regard à son compagnon qui acquiesça imperceptiblement du chef. Il se targua même de sourire finement, comme pour lui assurer que tout allait bien se passer -et pour l’inciter à faire connaissance avec leur nouvel ami aux cheveux de nacre et à l’épée un peu trop alerte.

La salle vidée, ne laissant plus que le spectre de glace face à lui sur le trône, un autre silence interminable se posa. Patience, la patience est de mise. Sans piper mot et soutenant le regard de sa tante, Mads se contenta de rester là, en parfaite statue, le souffle régulier, pas inquiet le moins du monde de se trouver seul face à la Tsarine. A vrai dire ses yeux ne la quittaient pas mais son esprit détaillait les assises royales qui seraient bientôt en sa possession. Quelques années et ces trônes seraient à lui.

Ce qu’il aimerait adresser à la femme de glace lui brûlèrent la langue mais il se contint le temps qu’elle finisse, et que, par ses derniers mots, elle lui laisse la parole.

On m’a répété que c’était un accident, ce feu duquel père n’est jamais sorti.

Nommer Matvei en ces termes lui coûtait un effort de jeu d’acteur pour que cela semble naturel et justifié.

Ma mère et moi étions partis dîner chez une amie et, avant notre départ… (il ôta son gant gauche pour laisser briller à la lumière du givre l’argent de l’anneau à son majeur) …il m’a confié sa chevalière.

Matvei lui avait assuré que cette bague lui était chère et qu’elle était le symbole de l’affection qu’il portait à sa sœur. Si la Tsarine ne réagissait pas à ça…alors Mads aurait du souci à se faire.
Mais, comme pour ne pas laisser le temps à Svetlana de réaliser, comme pour mimer en emportement dû à l’émotion, il enchaîna :

Quand nous sommes revenus, alertés par les voisins de la fumée inquiétante qui s’élevait dans le ciel, les flammes étaient déjà partout. Je n’ai pas réfléchi, je suis entré, pour aller le chercher…mais il n’était plus lui-même. Il m’a repoussé, et m’a ordonné de sortir…il voulait…rester…

Un silence, une pause purement calculée mais il se força à déglutir difficilement, à baisser les yeux…puis à prendre une grande inspiration, comme revivant cette scène toujours aussi intensément.

Je n’ai pu quitter ma mère aussitôt en la laissant sans foyer, aussi ai-je mis tant de temps à parvenir jusqu’à vous. Si vous doutez de moi alors que je me présente à vous, comment auriez-pu vous croire un bout de papier griffonné de quelques mots ?

Histoire d’expliquer pourquoi il ne lui avait pas envoyé de lettre, et d’excuser le temps qu’il avait pris dans les différentes missions que Rosthramus lui avait confié.

Puis il se tut. Redressa lentement la tête pour observer d’un air demandant clémence la Tsarine.
La balle est dans son camp.

Si elle était encore capable de prononcer le moindre mot.


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Svetlana Ivanova
La Reine des neiges
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Ven 26 Aoû - 18:12
Des explications, elle -ne- voulait -pas- les entendre et elles vinrent, fracassantes et douces à la fois, la voix déchirée de l’homme devant elle s’insinuait sournoisement dans son esprit comme un poison pour mieux marteler sa conscience, son âme jusque dans ses tréfonds.

Un accident…

Un feu…

Un repas et…

…brûlait en elle.

Un sursaut fit frémir le corps de la Tsarine, imperceptible -?- mais Ô combien violent en son fort intérieur. Une main vola d’elle-même à sa gorge, sa poitrine, son cœur… Vu de l’extérieur, il aurait pu sembler qu’il en résultait d’une réaction on ne peut plus normale à l’annonce de la chose pour sembler contenir une douleur quelconque, un serrement… Il n’en était rien, ou du moins, pas dans le sens commun auquel on se serait attendu. La main s’étant portée sur la zone cherchait plutôt –discrètement- à confirmer, à sentir, la présence d’un pendentif bien particulier que sans doute nul n’avait encore vu. Du même matériel que la chevalière exposée, il reprenait en tous points le motif gravé, provenant du même artisan et acheté au même moment. Un présent qu’ils s’étaient échangés à l’occasion d’une des célébrations de leur anniversaire commun. Un rappel de leur lien, de leurs sentiments, de leur am…

La suite la pris de court, la poursuite du récit de cet incident, la réaction, les morts encore plus improbables prononcés par Matvei…


« …il voulait…rester… »

C’était impossible. Tout simplement impossible. Matvei se serait…donné la mort ? Le feu n’était-il donc pas un très malheureux accident ? Il aurait été…volontairement provoqué ? Était-il donc capable de succomber à son mal, de se suicider ?! L’avait-il ainsi abandonné, renié son amour, ses promesses, ses engagements. Avait-il laissé seule, sa sœur, sa Reine sur son trône sans même penser à –un jour- enfin lui revenir ?

Prise dans son tourment intérieur et bien plus bouleversé par de tels mots qu’elle ne l’aurait cru possible –qu’elle ne s’en serait cru capable- Svetlana crut chaque mot qui fut ainsi prononcé. Et comme l’annonce d’une catastrophe imminente -de la fin du monde ?- le grondement d’un long et crissant déchirement put se faire entendre partout dans le Palais et peut-être même au-delà… Dans la salle du trône, aussi calme que pouvoir se faire, Svetlana contemplait d’un regard hagard la fissure qui lézardait désormais le sol de glace de la pièce depuis son siège jusqu’à la pointe des pieds du messager.

Cette faille dans son cœur ne se refermerait jamais.

Pas plus que la douleur qui lui broyait soudainement les entrailles ne semblait vouloir se taire, ou que ses paupières ne fussent assez fortes pour ne pas baisser le regard.

Il neigea alors sur ses joues.

Combien de temps passa ainsi, dans le silence d’une pièce vide seulement troublé de brèves inspirations, hoquetantes, souffrantes avant qu’une voix plus éraillée qu’elle n’aurait dû l’être ne se fasse enfin entendre.


« Une chambre temporaire vous sera assignée le temps de… vérifier vos dires, sembla-t-elle sur le point de prononcer, que la lumière soit faite… Ou que la sienne ne s’éteigne… sur… »

Elle ne put achever, l’idée même de prononcer ces mots, ces si horribles mots…

Sur le mort du Prince.

Elle n’en pouvait plus, elle ne pouvait en supporter davantage et dans une énième faiblesse d’âme, un hoquet, un souffle brisé, son cœur à nouveau éraillé…


« Je vous prierai de ne pas quitter le Palais… Le temps de régler tout ça. Et de bien vouloir sortir ! »

Cette fois, l’éclat était presque maîtrisé, fort, tonnant…au bord du désespoir et de l’appel au secours…

Les grandes portes de la salle d’audition s’ouvrirent aussitôt, laissant entrevoir le fidèle Conseiller de la Tsarine qui revenait au galop, la tête haut, le dos droit…et la paume sur la garde de sa large épée. Y avait-il, en fin de compte, une menace qu’il n’aurait su identifier ? Impossible de le dire mais un coup d’œil au trône ou siégeait toujours sa Souveraine lui indiqua que tout allait pour le mieux… ? Il y aurait cru, si seulement la vue du visage impossiblement perturbé ne l’avait pas aussitôt frappé et plus qu’inquiété…

Sans qu’il n’ait à prononcer le moindre mot, des gardes se firent entrevoir dans le couloir, encerclant toujours Viktor et semblant désormais attendre que le tiers les rejoigne. Razoom attendit qu’il en soit ainsi, que les portes se soient à nouveau momentanément refermé avant de se permettre d’adresser un regard interrogateur à sa Tsarine. Que s’était-il donc passé ? Plus important encore, les faits étaient-ils confirmés ? Et aussi, qui était cet étranger ? Il ne s’autorisa pas à la questionner ouvertement, gardant simplement son regard sur le visage torturé de la Reine des Glaces en attendant ses prochaines directives qui ne tardèrent pas à être soufflées.


« Veille à ce qu’une chambre soit assignée à mon…cousin éloigné. »

Si l’annonce du titre officiel -officieux ?- pu surprendre le Conseiller, il n’en montra rien si ce n’est un léger tique presque imperceptible au visage. Son cousin éloigné, vraiment ? Contredire la Tsarine, surtout sur un sujet qui semblait lui tenir autant à cœur, était passible de…très dangereuses choses et même s’il acceptait -par respect pour sa Souveraine- de considérer le nouveau venu comme tel…il savait la vérité.

« Désirez-vous écrire à la Couronne Scandinave afin de…»

Authentifier les faits.

« La Couronne Scandinave nous écrira quand le moment opportun sera venu…»

Quand tout cela sera officiel et confirmé et pas avant. Encore nier ? Svetlana semblait vouloir s’y tenir, peut-être que de ne pas voir, lire les faits effacerait l’affreuse nouvelle ? La preuve qu’elle avait pourtant déjà eu le malheur de contempler, d’entendre, de constater au doigt et à la bouche de ce…cousin éloigné ?

Matvei…


Dans le couloir, les portes refermées depuis un moment derrière eux, Razoom menait d’un pas rapide mais souple, les invités vers leurs nouveaux quartiers. En silence, marchant devant eux de quelques enjambées de son pas de géant, ses pieds le menaient sur ce chemin qu’il avait tant de fois emprunté. Une chambre temporaire, avait dit la Tsarine. Ils en auraient une, une qu’elle n’apprécierait certainement pas de savoir qu’il s’était donné la liberté de désigner comme telle mais bien qu’il en allait de son respect pour elle de taire la vérité…

Il s’arrêta devant une porte, large, d’un bois sombre et lourd tout en dorure, d’une aile fort luxueuse -sans doute l’une des plus riches du Palais d’ailleurs- un léger tremblement à la main lorsque cette dernière se dirigea vers la poignée dans l’intention de la tourner…


« La chambre est intouchée depuis la… une saccade dans le souffle fait s’arrêter la phrase avant qu’elle ne reprenne, le ton se voulant égal bien qu’il soit soudain beaucoup plus concerné, vibrant de…déférence…? …depuis la dernière visite de sa Majesté Impérial le Prince Matvei… puis baissant d’un ton pour conclure, …votre Père. »

Ainsi, dans les couloirs la rumeur se répandrait du cousin lointain en visite…mais dans l’esprit clair et tourmenté de certains, la présence du fils de Matvei Ivanova alors que ce dernier brillait par son absence...ne pouvait signifier qu’une chose.

Une chose que Razoom, après avoir poussé la porte des appartements privés de l’aîné des Ivanova pour y introduire ses nouveaux occupants, pris la responsabilité d’éclaircir dans l’intimité de sa chambre, plume et papier à la main. Son Prince…

…ne pouvait être mort.

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