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 Février 06. Foire d'empoignes

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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Février 06. Foire d'empoignes   Ven 8 Juil - 0:11
Ce que Sigmund avait pu voir sur le sol anglais lui avait laissé plus de séquelles qu'il n'en laissait paraître. Ses doigts tremblaient parfois nerveusement, secoués de spasmes incontrôlés. Les reliquats de cigarettes s'entassaient dans le cendrier – consumées jusqu'au filtre, laissant des traces jaunies sur les doigts déjà bien marqués. Atêsh lui avait montré les bienfaits de la magie, ses limites, comment en dompter une parcelle. Salem avait été une épreuve, une confrontation envers des gens qui avaient passé comme lui, par le passé, et auxquels il n'avait pu faire entendre raison.

L'Angleterre l'avait marqué au fer rouge. Quelque chose avait changé en lui, il le sentait. Une énergie dansait la gigue sous son épiderme, échauffait son sang. L'Allemand n'arrivait pas à y mettre un doigt dessus. Il suspectait seulement la magie d'en être l'instigatrice. Taisant son mal, refusant de voir un médecin (pour risquer quoi, l'asile ? Très peu pour lui) l'Allemand s'était réfugié dans sa boutique. Dans l'opium et la nicotine.

Jusqu'à l'écho d'une foire alsacienne. Une foire était toujours gage de nouveaux clients, de nouveaux contrats – et d'un peu d'air frais qui ne ferait pas de mal à un Allemand suintant le refermé par tous les pores de sa peau. Il y retrouverait peut-être quelques contacts qu'il avait en France. Laissant une note sur la porte de la boutique, Sigmund prit le premier train pouvant le mener au plus près de Strasbourg. Les tickets pour navires volants coûtaient plus chers et, ces derniers temps, Sigmund préférait éviter la voie des airs. Par précaution.

Le voyage jusqu'à la gare de Strasbourg se déroula sans accroc. L'arrivée fut toute autre. Alors qu'il descendait de son wagon, et amorçait quelques pas, Sigmund fut violemment bousculé par un autre voyageur en manteau poussiéreux. L'homme grogna, sans même s'excuser, ramassant sa valise avant de repartir aussi sec. Sigmund se massa le crâne, stupéfait par ce manque de civisme. Et après on osait critiquer les Allemands. Reprenant sa valise, l'homme continua son chemin jusqu'à rencontrer deux gendarmes en faction devant la sortie de la gare. Des gendarmes tout ce qu'il y a de plus français avec la moustache professionnelle, le costume aux boutons rutilants et un accent à couper au couteau.

« Monsieur, contrôle de sécurité. Ouvrez votre valise ! » ordonna un des gendarmes avec un espagnol grasseyant.
« Bien sûr. »

Déposant sa valise, Sigmund laissa les deux hommes l'ouvrir et l'inspecter. Le trio haussa les sourcils dans un bel ensemble- mais pas pour les mêmes raisons. Sigmund ne reconnaissait pas le contenu de sa valise. Les gendarmes en tirèrent des armes à feu, toutes étiquetées. Les gendarmes en lirent le contenu, fronçant les sourcils.

« Alors comme ça, on espérait amener des armes à la populace ? »
« Non mais je... »
« La vente d'armes est contrôlé ici, Monsieur. On est pas dans votre empire de sauvages ! »
« Sincèrement, pourquoi j'amènerais des armes à feu en France ? Pour mener une révolution contre la reine de France ? » lâcha, excédé, Sigmund, nanti qu'il était d'un sentiment d'injustice.

À la vue des visages des deux Français, ce n'était pas le meilleur argument qu'il avait énoncé là. Les deux hommes hochèrent la tête d'un commun accord.

« Vous allez nous suivre au poste... »
« Je suis innocent ! »

Le cri de Sigmund résonna sous la voûte de la gare et auprès des badauds qui, peu à peu, s'amassaient à l'entrée de la gare.


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Sam 9 Juil - 15:27
La foire de la mi-février de Strasbourg était célèbre dans tout le Royaume et sans doute bien au-delà, vu la position de la ville sur la certe de France. Les mauvaises langues pouvaient dire qu'elle était plus allemande que française, que ses habitants parlaient un âpre sabir bien guttural qui pour eux était plus affilié à la langue d'outre-Rhin qu'à la gracieuse langue de Sa Majesté. Mais les autochtones et le rude climat alsacien ne rebutaient pas les badauds qui venaient parfois de loin pour « faire la foire » comme ils disaient. L'occasion pour certains de faire des affaires, d'écouler sa marchandises ou de trouver la perle rare car il se vendait de tout à la foire de Strasbourg : du bétail, des plants et des fleurs, et aussi tout ce que le monde pouvait bien faire comme nourriture ! Les pains aux différentes céréales côtoyaient les étals de charcuteries diverses, les stands de boissons où l'on pouvait se payer pour trois fois rien un verre de vin chaud à la cannelle des Antilles ou un jus de pommes chaud au miel afin de se réchauffer le cœur et les mains. Il y avait aussi des étals de confiseurs, des maraîchers qui vendaient leurs légumes, des personnes de pays lontains qui vendaient épices, drogues, médecines et autres produits rares, des femmes en bel habit traditionnel vendaient leurs dentelles et broderies, d'autres en tenues moins sages vendaient leurs charmes à l'abri des regards indiscrets... Pendant deux semaines, le temps de la foire, tout était à acheter, tout était à vendre.


Et Violette ne voulait pas manquer cela pour rien au monde. Toute petite déjà, son père la juchait sur son âne bâté qui croulait presque sous les marchandises et ils allaient ensemble à la foire vendre leurs breloques et se permettre des petits extras qu'ils n'auraient osé acheter en temps normal : uen année, Violette eut le droit à un pain d'épice gros comme le poing de son père, avec des fruits confits et du sucre perlé dessus. Une autre, parce qu'elle avait bien aidé son père à une vente, elle s'était vue offrir une jolie robe. Et cette année, même si elle assurait maintenant elle-même seule le boulot de colporteuse avec son ânesse Marion, son âme de petite fille se réjouissait d'avance du cadeau encore inconnu qu'elle allait bien pouvoir s'offrir à l'occasion de la foire.


Avant d'aller à la foire proprement dite, elle s'arrêta devant la gare afin d'écouler un peu de son stock et surtout de se faire un petit pécule afin de s'acheter un délicieux bretzel tout frais en guise de repas quand elle arriverait en ville. De bon matin, elle avait alors ouvert ses malles et en bonne commerçante, appelait les badauds à admirer ses marchandises, et à lui en acheter. Mais ça ne marchait pas fort, les gens étaient trop pressés de se rendre à la foire : tout ce que la blondinette eut comme proposition d'achat fut celle de sa vertu par un vieux malotru que son ânesse eût vite expédié d'une ruade bien placée. Une paire de gendarmes lui fit les gros yeux pour avoir malmené un bourgeois respectables et commençaient à s'approcher d'elle quand un homme visiblement pressé de se rendre en ville, ne fit pas attention et les bouscula tête baissée, tenant fermement sa valise à la main, son paredessus poussiéreux et élimé volant presque à sa suite tant la cadence du pas du voyageur était rapide. Les gendarmes étaient furieux mais ne voulurent pas se donner la peine de poursuivre l'indélicat. A la place, ils s'en prenaient déjà à un étranger aux longs cheveux flamboyants, lui faisant ouvrir sa valise.


Un court instant après, elle vit l'homme attrapé et entraîné par les deux officiers, alors que des curieux s'amassaient pour voir la nouvelle prise des douaniers. D'après les murmures des personnes qui s'attroupaient pas loin, elle crut comprendre qu'il s'agissait de contrebande d'armes en provenance du train allemand.


- Je suis innocent !


Le cri du roux avait traversé la foule réprobatrice et l'espace d'un court instant, Violette entrevit le regard ahuri et perdu de l'étranger que les officiers menaçaient d'emmener manu militari à leur comissariat. Violette pensa qu'il n'avait vraiment pas l'air d'un contrebandier, mais plutôt d'une mule à qui on aurait refourgué de la marchandise illégale à son insu. Subitement, se rappelant sa propre contrebande d'un unique pistolet l'an dernier fit rougir et baisser les yeux de la jeune fille. Mais ses sens de fée étaient tous choses, elle ne savait comment l'exprimer mais elle « sentait » que cet homme était aussi innocent qu'il le clamait. Elle voulait faire quelque chose, mais elle ne savait pas quoi... Elle saisit sa chance d'apostropher les forces de l'ordres alors qu'ils passaient devant elle.


- Messieurs bonjour, que se passe t-il ? Qu'a fait cet homme?

- Cet homme, comme vous dites, a tenter d'introduire illégalement d'Allemagne un petit stock d'armes. Quant à vous, restez en dehors de tout cela, où je vous coffre aussi pour coups et blessures envers un honnête homme, je vous ai vu tout à l'heure!

- Pardonnez moi, monsieur l'officier, mais cet homme a attenté à ma pudeur, heureusement que mon ânesse m'a défendue à défaut de compter sur l'aide de la police. Qu'est-ce qui prouve qu'il n'est pas innocent comme il le crie ? Vous semblez tellement prompts à avoir des jugements hâtifs !


Violette aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Sa colère envers ces deux hommes avait parlé avant sa raison, les gendarmes voyaient dorénavant rouge et elle risquait vivement d'accompagner le roux en geôle avant la fin de la matinée...
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Lun 11 Juil - 16:38
Le jugement avait été prompt et sans aucune concession. Sigmund sentit les menottes lui entourer les poignets tandis que le collègue du premier policier refermait la valise – non sans omettre d'avoir remis les armes à l'intérieur. Une saveur aigre imprégna la salive de l'Allemand. La scène lui rappelait la fois où, parti mener un voyage à Oxford, il avait fini au commissariat à cause d'une jeune femme l'ayant accusé à tort. C'était du pur délit de faciès, il en était sûr.

L'homme serra les dents, préférant se taire et se retrouver entre quatre yeux avec un supérieur hiérarchique pour s'expliquer. Son innocence finirait bien par éclater au grand jour.

La foule observait, aussi fascinée par le spectacle que des Romains par les jeux du cirque. Une vois s'éleva. La voix d'une jeune fille qui osa demander des éclaircissements sur l'affaire. Sigmund crut entendre la foule retenir sa respiration durant l'échange qui se fit entre la jeune fille et le policier. L'Allemand ne put retenir une exclamation de surprise.

« On critique la tenue allemande mais en France je vois que vous n'êtes guère mieux lotti. » Sous l'effet du stress, son accent se faisait encore mieux entendre. « Vous ne dites rien alors qu'un homme s'en prend à.... » Le regard de Sigmund balaya Violette, se méprenant sur son âge. « … une enfant ! Même en Allemagne aucune force de l'ordre ne ferme les yeux sur de tels agissements – ou alors ils sont corrompus par la milice locale. »

Mauvaise pioche. Il allait sûrement payer pour avoir osé proférer de tels mots. Quelque chose comme outrage à un officier de l'ordre public dans l'exercice de ses fonctions...

« Mais sincèrement, réfléchissons deux secondes si vous le voulez bien. Si je voulais faire du trafic d'armes, j'aurais trouvé une meilleure cachette qu'une valise, non ? Et je vais ajouter une chose. J'ai été bousculé alors que je descendais de mon wagon... Je suis certain que l'homme qui m'est entré dedans est votre coupable ! »

Un échange de regards se fit entre les deux policiers. L'un d'eux semblait presque enclin à discuter franchement de cette hypothèse. Pensant trouver une faille, Sigmund tenta une ultime réplique.

« Parce que là, sans vouloir vous vexer, vous en prendre au premier roux venu est aussi raciste que de me mépriser parce que je suis Allemand. On vous a donné pour ordre de mener une chasse aux sorcières ? »

La taloche dans sa nuque le dissuada de continuer davantage. Une brève secousse lui fit comprendre qu'il devait avancer, sans quoi il se retrouverait à terre. Le plus grand des policiers, et le moins enclin à la conversation, laissa son collègue s'occuper de Sigmund tandis qu'il se penchait vers Violette.

« Vous, mademoiselle, vous allez me suivre au poste. Et votre bête sauvage aussi si vous ne voulez pas qu'elle vous soit retirée, et envoyée à un abattoir. »

Caché au sein de la foule, le coupable de l'affaire riait sous cape.


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Lun 18 Juil - 21:34
Violette craignait un dérapage dû à son pouvoir passif, peut-être cet excès de zèle des forces de l'ordre était de sa faute ? Des menottes entravaient désormais les poignets de l'étranger, quant à elle, elle s'était vue sommée de suivre le duo accompagnée de son ânesse. Prendre la poudre d'escampette à dos de Marion lui avait traversé l'esprit mais elle s'était fourrée d'elle-même dans ce guêpier, elle se devait d'aller au bout de sa démarche. Les arguments de l'Allemand étaient pertinents mais les douaniers semblaient presque sourds à ceux-ci ou plutôt, préféraient retenir les piques amères de leur détenu comme gages de sa culpabilité.


Elle alla docilement se ranger aux côtés du roux, Marion marchait d'un pas paisible derrière eux, tenue en longe par la jeune fée. De chaque côté, un gendarme, dont l'un tenait les menottes de son captif de crainte qu'il ne s'enfuie. Violette tenta de sourire timidement à l'Allemand, faisant-fi du fait que peu avant il l'avait traitée d'enfant, mais du haut de son mètre-quarante trois et de ses traits encore adolescents, Violette ne pouvait lui en tenir rigueur, tellement de personnes se trompaient sur son âge réel ! Certes, sa nature féérique en était la cause, parcourant le Royaume de France en long en large et en travers, à travers bois et champs, toute cette nature encore sauvage ayant profité du Grand Sommeil était plus qu'une cure de jouvence pour elle et l'empêchait de vieillir trop vite. Oh certes, elle paraissait à peine seize ans alors qu'elle en avait vingt-deux, l'écart n'était pas enorme mais parfois, cela suffisait pour qu'on ne la prenne pas au sérieux, à son plus grand désespoir.


Elle observa le prisonnier attentivement tout en marchant, faute d'autre chose à faire : il était grand, mince voire maigre sous ses vêtements, avec de longs cheveux roux et raides qui étaient une des choses qu'on remarquait le plus vite chez lui, ainsi qu'un bandeau qui lui cachait un œil et qui lui donnait un air mystérieux, à l'avis de la blondinette. Elle espérait que le fait qu'elle passait leur trajet à le dévisager ne l'irritait pas trop, au pire, sans doute se cacherait-elle candidement sous une soi-disant « curiosité enfantine »...


Puis, voyant à l'attroupement de moustaches taillées à la perfection fumant la pipe devant une porte, elle se douta qu'ils arrivèrent à destination. Elle essaya de parler directement au grand roux, dans son meilleur allemand mêlé de français et de langue commerciale, sous l'oeil réprobateur des deux douaniers qui les encadraient.


- J'espère que je ne vous apporterai pas d'ennuis supplémentaires, j'en serais la première navrée, Monsieur...


- Silence, bon sang !


Le gendarme à son côté la bourra d'un coup de coude qui lui fit échapper un petit cri et se heurter légèrement au prisonnier. Violette eut à peine le temps de faire un geste de la main avant que l'anêsse, qui avait déjà sorti son plus beau sourire menaçant, ne happe et broie le bras sacrilège du représentant de l'autorité. Si cela continuait, la fée n'allait pas réussir à retenir sa monture et dans le meilleur des cas elle partirait en cavale sur le dos de Marion, devenant malgré elle une fugitive, dans le pire, les forces de l'ordre pouvaient la faire abattre sans qu'elle n'ait le moindre mot à dire...
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Mar 19 Juil - 23:39
Aussi curieux que cela puisse paraître, aussi germain soit-il, Sigmund ne partageait pas avec ses pairs cette soif de violence qui les poussait à mener conflit avec leur prochain. Si on lui avait laissé le choix, le roux aurait demandé la paix dans le monde et la quiétude éternelle. Lorsque Violette fut bousculée, Sigmund eut un sursaut et une insulte au bord des lèvres. Insulte qu'il ne formula jamais, l'ânesse l'en empêchant en s'attaquant d'elle-même au coupable. Déjà les autres gendarmes venaient à la rescousse, prêts à frapper l'animal retors.

Toute cette violence gratuite enflamma le sang de Sigmund. Au sens propre. Lâché par son geôlier, trop occupé à aider ses pairs, Sigmund brandit ses mains vers Marion, cherchant à attraper la longe pour la tirer hors de cette débandade. Un gendarme tenta de s'y opposer.

Son interpellation se mua en un cri interloqué. Sous les yeux hagards de ses compères, et de l'Allemand, la peau de sa main se mit à roussir. Des flammes dansèrent sur son uniforme l'obligeant à se rouler en terre, paniqué, pour les étouffer. Sigmund vit le feu danser au bout de ses doigts, comme autant de chandelles qu'on aurait allumés. Comme s'il n'était plus qu'une bougie de cire.

La surprise le figea un instant. Un bref instant avant de reprendre le contrôle, de passer outre ce changement impromptu. Saisissant la longe entre ses mains menottées, l'Allemand la tendit à Violette.

« On doit partir. Schnell ! »

Trouvant que Violette n'agissait pas assez vite à son goût, Sigmund grimpa, vaille que vaille, sur le dos de Marion. Exercice rendu particulièrement difficile quand vous n'aviez pas le total contrôle de vos mains. Les flammes s'étaient éteintes, mais Sigmund craignait de reprendre feu à tout instant. Du talon il frappa les flancs de Marion.

« Montez donc. On doit fuir avant qu'ils décident de... »

Un tir résonna près de son oreille. Sigmund avait cru presque sentir la balle le frôler.

« … d'user de leurs armes. »

Spoiler:
 


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Ven 22 Juil - 22:41
Violette ne réussit pas à retenir sa Marion et sa fureur vengeresse contre les personnes ayant brutalisé sa petite maîtresse. Elle se mit à mordre et à ruer, tel un destrier de bataille qu'elle n'était pourtant pas, mais l'attachement qu'elle avait à Violette et l'espèce de lien entre elle y était sans doute pour beaucoup. Face à l'animal déchaîné, d'autres moustachus s'étaient déjà emparés de matraques et accouraient de toutes part au son strident du sifflet. Violette tentait de s'interposer entre un grand gendarme armé d'un épais gourdin et son ânesse, se disant que maintenant, ça sentait le roussi pour elles, ainsi que pour l'Allemand qui allait sans doute par leur faute écoper d'une circonstance aggravante.


Ca sentait vraiment le roussi, en fait. Au sens propre.


Elle entendit braire de frayeur Marion et, l'espace d'un instant, elle crût qu'un des officiers, dans sa rage, avait mis le feu à son pauvre animal. Elle se retourna promptement, tout en remarquant la débandade des gendarmes autour d'eux, la surprise et la peur dans leur yeux, des fumerolles émanant de la manche de l'uniforme d'un d'entre eux... Et puis la main de l'Allemand était elle aussi en feu. Il lui tendait la longe de Marion, qui avait les oreilles dressées en arrière de terreur à la vue des flammes qui s'éteignaient progressivement, comme celles des allumettes une fois consumées.


- On doit partir. Schnell ! 


Violette restait figée, alors qu'il lui jetait dans les mains la longe de sa compagne. La blondinette trouvait que beaucoup d’événements intenses se succédaient un peu trop rapidement. Le grand roux enfourcha sans trop d'effort l'ânesse bâtée, ses longues jambes filiformes passant aisément par dessus les larges malles à bric à brac qui contenaient tout le petit commerce de la fée. Il talonna la bête pour tenter de la faire avancer promptement, mais il n'obtint qu'un braiment contrarié. Les mules étaient têtues et Marion pouvait s'y montrer particulièrement, surtout quand c'était un étranger qui vous montait.


- Montez donc. On doit fuir avant qu'ils décident de... d'user de leurs armes.


Une pétarade ponctua la fin de sa phrase qu'elle lut plus sur ses lèvres qu'elle ne l'entendit. Violette jeta un coup d’œil derrière elle et, effarée, vit que les officiers étaient bien décidés à les abattre en pleine rue, comme de dangereux criminels, eux qui n'avaient blessé que leur amour-propre. Toute la caserne déboulait avec des carabines, cela sentait vraiment le roussi pour eux, mais seulement au figuré cette fois-ci.

Les membres de Violette, son instinct de survie, voire même son abhorration féérique pour ce qui étaient armes à feu et technologie poussée la firent réagir plus vite que son cerveau bloqué sur effroi. Elle se demanda comment mais en deux secondes se hissa sur le dos de l'ânesse, entre les jambes de l'Allemand et, sans doute communiquant sa panique à la bête de somme, la fit cavaler dans les rues de Strasbourg malgré le surpoids qu'elle et le roux étaient pour le pauvre animal et la peur que Marion avait de l'étranger qui semblait créer des flammes avec ses doigts d'après ce que Violette en avait déduit.


Mais, tous portés par la crainte de se faire fusiller sans aucune autre forme de procès, ils parvinrent à profiter du long temps de rechargement des armes françaises, d'une vétusté sans égale, et à s'échapper en prenant au hasard toute une série de petites ruelles, craignant de tomber sur une impasse ou de retourner par mégarde à leur point de départ.


Leur fuite éperdue les mena aux portes de la foire. Leur destination de départ, somme toute, comme s'ils n'étaient jamais passés par la case « altercations brûlantes avec les forces de l'ordre de Sa Majesté ». Violette aurait aimé rire aux éclats de cette farce que le sort leur jouait, mais il fallait rester discret, bientôt leur signalement serait distribué partout et ils seraient activement recherchés. Quoique craints. Entre un âne terriblement agressif et un type à la chevelure flamboyante qui pouvait brûler ce qu'il touchait, la petite fée semblait faire pâle figure au point de s'en faire oublier. Elle n'osait plus regarder l'Allemand directement, un peu effrayée du pouvoir qu'il avait manifesté pour les tirer d'affaire.

Mais pour le moment, ils n'étaient pas encore tirés d'affaire, la foule abondante leur servirait de couverture, pensait la jeune femme. Ils descendirent de l'ânesse, épuisée, pour s'approcher de l'entrée. Violette flatta sa compagne aux flancs ruisselants de sueur, sortit une pomme d'une de ses malles pour la donner à l'animal méritant.


- Je suppose que vous veniez en France pour aller à la foire, eh bien... Vous y voici. Je m'y rendais pour acheter et vendre, je peux vous faire passer pour mon accolyte, le temps que cette... Agitation cesse ? Deux marchands, un âne chargé de marchandises qui se rendent à la foire annuelle de Strasbourg, nous n'éveillerons pas les soupçons je pense.


Violette rabattit sa pèlerine sur sa tête, dissimulant un peu plus ses traits. Elle ne voulait pas l'admettre, mais au lieu d’acolytes, ils passeraient plus facilement pour un marchand et sa fille, sœur ou jeune épouse que pour deux associés. Les gens ne pouvaient pas se figurer qu'une femme soit à l'égale de son collègue masculin, même dans le commerce. Mais comme prévu, ils n'attirèrent pas l'attention et s'enfoncèrent avec soulagement dans la foule. Violette respirait avec délices les fumets de pain, fromage et charcuteries qui embaumaient les rues étroites et achalandées de la ville. Son ventre gargouilla, peu gracieusement.


- Ça ne vous dirait pas de manger un morceau ? ...Oh ! Nous ne nous sommes même pas présentés ! Je me nomme Violette, Violette Arie. Colporteuse ambulante. Enchantée de faire votre connaissance, bien que j'aurais aimé qu'elles se fasse dans d'autres circonstances...

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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Dim 24 Juil - 22:54
Qu'est-ce qui s'était passé ? L'Allemand n'en avait aucune idée. Il avait vu ses doigts prendre feu, ne laissant qu'une odeur de brûlé dans ses narines et une curieuse sensation de picotement dans ses mains. Par il ne savait quel tour de passe-passe ses mains étaient redevenues normales. Lorsqu'il descendit de Manon, l'homme porta les doigts à sa bouche comme s'il espérait y trouver une trace de cendre quelconque, sentir la chaleur d'une flamme picorer sa langue. Mais rien. Pourtant il n'avait pas rêvé cela, il en était certain.

Chance pour lui, les menottes, par un tour de passe-passe inexplicable, s'étaient ouvertes lui permettant de libérer ses poignets. Se saisissant de l'encombrant objet, l'Allemand le jeta discrètement derrière le plus proche fourré. Conserver un tel objet sur lui pourrait leur attirer des ennuis, ça et leur escapade qui leur avait permis de fuir l'ire policière – mais qui n'allait pas redorer leur matricule.

L'homme accueillit la proposition de Violette d'un hochement de tête.

« Je vous en suis reconnaissante, mademoiselle Arie. Tout ceci ne serait pas arrivé si j'avais... » … été prudent. Qu'il n'avait pas été bousculé par cet inconnu qui, il en était sûr, était responsable de sa situation épineuse actuelle. « … été victime d'une bévue. Je peux qu'espérer que le véritable coupable soit arrêté, et mon innocence proclamée. J'espère que l'affaire n'aura aucune retombée sur vous. Vous n'êtes en rien responsable. »

Violette avait abaissé sa pèlerine pour masquer ses traits. Sigmund ne possédait que son manteau de voyage et quelques maigres objets fourrés dans ses poches. Passant ses mains à l'arrière de son crâne, l'homme ôta le cache-oeil qui dissimulait son œil gauche. L’œil d'un blanc laiteux bougea, fixant le monde sans le voir, tandis que son propriétaire fourrait le cache-oeil dans une de ses poches.

« Vous auriez une teinture pour les cheveux ? Un produit magique qui leur permet de changer de couleur ? Le roux c'est... Disons que les roux borgnes ne doivent pas courir les rues, même au sein d'une foire. Si vous auriez du brun ce serait parfait. »

Sigmund extirpa d'une de ses poches quelques écus et sols – la petite monnaie qu'il avait conservé à portée de main en cas de volonté d'achat frénétique au sein de la foire. Laissant à Violette le temps de trouver l'objet requis, si elle l'avait, l'Allemand continuait de cheminer à ses côtés, parlant à voix basse pour conserver l'illusion du duo de collègues du métier.

« Je ne me suis pas présenté avec tout cela, pardonnez-moi. Sigmund Rammsteiner. Commerçant dans l'opium. Je pensais pouvoir trouver quelques nouveaux clients à l'occasion de la foire. »

Comme des bourgeois en mal de sensations, des tenancières de maisons closes souhaitant de quoi apaiser leurs filles après leur journée de labeur – ou les mettre en train. Avisant un stand vendant des gaufres dont l'odeur de pâte cuite vous chatouillait les narines, Sigmund l'indiqua à Violette lui proposant même de les payer – avec ou sans nappage.

« Pardonnez d'ailleurs ma question mais... J'ai cru sentir une magie bénéfique vous entourer et... Elle me rappelle un ami. Vous ne seriez pas une fée ? »

La question avait été formulée à voix basse, ne voulant ni froisser l'interrogée, ni générer un vent de curiosité dans la foule.


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Lun 25 Juil - 22:39
Violette ayant masqué ses traits en se dissimulant dans la capuche de sa pèlerine sombre, elle vit l'étranger tenter d'en faire de même en retirant son cache-oeil qui révéla une orbite blanchâtre et mobile qui la mettait légèrement mal à l'aise. Malgré cela qui vous forçait presque à détourner le regard, sa longue chevelure flamboyante restait immédiatement repérable dans la foule. Lui-même en était parfaitement conscient.


- Vous auriez une teinture pour les cheveux ? Un produit magique qui leur permet de changer de couleur ? Le roux c'est... Disons que les roux borgnes ne doivent pas courir les rues, même au sein d'une foire. Si vous auriez du brun ce serait parfait. 


- Je pense avoir quelque chose qui vous conviendrait, un instant je vous prie.


La colporteuse ouvrit une des lourdes malles compartimentées qui harnachaient sa compagne de route, et rapidement, entre les brosses en poils de sanglier, peignes en bois ouvragés et lotions fortifiant le cuir chevelu, elle sortit une petite fiole de verre, dûment étiquetée. Une décoction essentiellement constituée de brou de noix et de feuilles de noyer. Une teinture brune naturelle, puissante, qui tenait au lavage mais qui, à l'application, pouvait se révéler délicate au vue de la propension à tacher la peau du brou de noix. Pendant qu'elle extrayait la teinture, elle entendit teinter dans la main de son « accolyte de fortune » maintes menues piécettes. Heureusement pour son commerce et lui, sa bourse, ce genre de teinture commune était plus qu'abordable.


Il s'était penché au-dessus d'elle, continuant de lui parler, se présentant comme un commerçant lui aussi, mais dans les narcotiques, et plus précisément l'opium. Une drogue puissante mais rare et recherchée, Violette connaissait des médecins de hautes gens qui seraient prêts à payer cher pour quelques grammes afin de soulager les interventions qu'ils faisaient subir à leurs nobles patients.


- Dommage que vous ayez égaré votre fond de commerce, moi-même j'aurais été ravie de me procurer quelque narcotique à revendre ou troquer à des apothicaires, arracheurs de dents ou autres chirurgiens au gré de mes passages dans le Royaume. Tenez, voici votre teinture. Du brou de noix, essentiellement. Cela va éteindre la flamboyance de votre chevelure et lui donner un beau brun bien commun. Mais faites attention à l'application... Sur la peau, ça fait des vilaines taches!


Il lui proposa de lui offrir une gaufre, une de celles toutes chaudes en forme de cœur que les Alsaciennes faisaient cuire devant vous, dans des grands moules en fonte et qui embaumaient, chatouillant les narines et creusant les estomacs. Ce qu'elle accepta avec joie, en échange de la fiole de teinture brune, fit-elle savoir à Sigmund.

Croquant dans leur gaufre à pleine dents, comme si de rien n'était et qu'ils n'étaient absolument pas recherché par toutes les forces de l'ordre de la ville, ils cheminaient parmi la foule, parmi les baudets chargés de marchandises comme Marion, se frayant un chemin entre les badauds et les commerçants qui vendaient à la criée leurs produits, ventant les mérites de leur odorant fromage ou l'endurance de leur bête de somme. Violette lui suggérait des conseils d'application de teinture capillaire, voire même de modifier sa coiffure ou d'utiliser de cette teinture diluée pour créer une « ombre de cinq heure » sur ses joues, qui pourraient vraiment modifier son apparence et duper les gendarmes à leurs trousses. Ils devisaient, sans surcroît d'agitation qui pourraient les faire passer suspects, comme deux larrons qui faisaient la foire. Rien ne les différenciait des autres venus ici de tout l'Est du Royaume de France et même d'Allemagne, venus acheter, vendre ou se louer.


- Pardonnez d'ailleurs ma question mais... J'ai cru sentir une magie bénéfique vous entourer et... Elle me rappelle un ami. Vous ne seriez pas une fée ?


Il avait eu beau parler tout bas, malgré le bruit de la foule autour d'eux, Violette entendit distinctement la question posée. Sous sa coule, elle rougit brusquement, comme une petite fille prise la main dans le sac en train de faire une énorme bêtise. Pourtant, il n'y avait aucune animosité, ni dans son ton, ni dans son drôle de regard. Mais dans ces temps de prouesses technologiques et d'avancées fulgurantes dans ce sens, tout ce qui avait trait à la magie était traité avec suspicion, voire ostracisé.

Violette répondit par l'affirmative. Elle était bien une fée. Mais ne voulait pas trop que ça se sache, préférant vivre du commerce tout court que du commerce des dons auquel pas mal de ses consoeurs et confrères s'adonnaient, plus ou moins à regrets, souvent moins à regrets qu'autre chose en fait, pensait amèrement la blondinette.

Elle n'était pas parfaite, loin de là, mais elle avait encore un poil d'orgueil qui la faisait aller vendre sa camelote sur les routes de France par tous les temps, essayant de ne point monnayer ses féériques services, plutôt s'en servant pour récompenser les gens sérieux et travailleurs, les gens honnêtes et sympathiques. Certes, l'orgueil ne la nourrissait pas elle et sa Marion mais bon, pour cela elle acceptait de transporter parfois des marchandises plus ou moins louches. Et de se récolter pas mal d'ennuis aussi. Surtout par la faute de son pouvoir à elle, qu'elle ne pouvait pas contrôler et qui influençait les gens à leur insu, et elle préférait se taire à ce sujet plutôt que d'être forcée à diverses choses...

Stoppant ses pensées vagabondes sur son état de fée et les soucis que ça lui avait apporté, elle désigna une enseigne, qui était sans doute une auberge, du moins une taverne. Tout établissement vendait de l'alcool. Pour ce qui était du repas comestible et d'un lit, c'était plus ardu à trouver.


- Nous devrions nous arrêter à l'auberge. Vous pourriez vous y teindre les cheveux, en espérant que le tenancier soit pas trop regardant sur les allées et venues de ses clients...


C'était la seule solution qui lui était venue à l'esprit. Que son compagnon d'infortune loue une chambre le temps qu'il teigne ses cheveux et qu'ils repartent incognito. Avec le don de Violette et l'aide de ses petites mains, Sigmund pourrait avoir une coloration décente, voire même presque jolie et naturelle, cette dernière tentait d'imaginer.
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Mer 3 Aoû - 17:45
La gaufre était presque gigantesque entre les doigts de l'Allemand. Croustillante, elle se laissait goulûment croquer en exhalant son parfum. Violette et Sigmund possédaient chacun une moitié, une partie de ce cœur tout en pâte et sucre que l'Alsacienne leur avait tendu, sourire aux lèvres, le visage rougeaud à cause de la chaleur exhalée par les plaques. Sans la menace, planant tel un vautour, des gendarmes, la promenade aurait pu être des plus bucoliques. Et ce malgré le silence de Violette, les demi-mots qu'elle avait laissé échapper en réponse à la question sur sa nature féerique. Le sujet ne semblait guère prêter au sourire chez elle, ce que Sigmund retint. Il ne voulait pas la mettre dans l'embarras.

La taverne indiquée par Violette avait le charme désuet du siècle dernier. Elle faisait songer à une vieille grande-tante fleurant la tarte aux pommes et le savon de Marseille. L'Allemand hocha la tête face aux remarques de la demoiselle. Sous sa pèlerine bouillait un cerveau plein de malice, et qui savait tirer parti de la situation. Et après l'on osait dire que les Français étaient de sauvages réactionnaires.

« À quatre mains nous irons encore plus vite. Nous allons le jeu que vous avez instauré. Deux collègues de travail devant prendre une chambre le temps de quelques préparatifs. » Une idée se musarda dans l'esprit du roux. « Des vendeurs jouant, quelque fois, des scènes de spectacle populaire pour mieux attirer la foule. Tentons cette idée ! »

Il avait bien, dans cette idée, par le passé, mener un duel contre un bourgeois mal dégrossi – un duel où Sigmund avait manié un manche à balai. Du grand comique de boulevard. S'il donnait cette explication au tenancier, il serait d'autant moins surpris de croiser la route d'un homme brun en retour, pensant voir un artiste de rue qui se grimait pour les besoins de la cause.

Entrant au sein de la taverne, Sigmund se rendit tout droit vers le tenancier, sourire obligeant aux lèvres. Conversant en allemand, l'homme expliqua son problème, se jouant grand acteur. Il venait de l'empire d'Autriche-Hongrie, (jouant habilement sur la confusion des patois germaniques sur son interlocuteur) pour aider sa lointaine nièce que voici. N'était-elle pas une charmante enfant ? Mais piètre vendeur, comparé à sa nièce, il était plus à l'aise dans les spectacles et avait donc besoin d'une chambre, le temps d'une poignée d'heures, pour préparer son costume.

Le tenancier n'eut pas un haussement de sourcils.

« Tant que vous payez, je me moque de ce que vous faites. » Après que l'Allemand ait posé la somme nécessaire sur le comptoir, le tenancier tendit une clé. « Au haut de l'escalier, troisième porte à droite. »

Un sourire jusqu'aux oreilles, jouant l'homme profondément touché par la générosité française, Sigmund gravit les marches, bondissant presque. Le pot de teinture calé contre son cœur, sous son manteau de voyage, l'Allemand tourna la clé. Alors qu'il franchissait la porte, un homme se glissa derrière lui, traversant le couloir pour se rendre un peu plus loin. Un homme dont le profil n'était peut-être pas inconnu à Violette. Un profil vu près de la gare.


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Mer 10 Aoû - 22:13
L'Allemand semblait plus qu'emballé par sa proposition, à la grand surprise de la colporteuse. Rapidement, son esprit avait déjà échafaudé un scénario relativement plausible afin que le tenancier ne se doute de rien, même si Violette avait l'impression que la seule chose qui intéresserait l'aubergiste, c'était l'argent, après ce qu'on y faisait dans ses chambres, il s'en contrefichait. Tant qu'on abîmait rien.

Entraîné par l'échalas roux, alors qu'elle attachait sa mule devant l'abreuvoir de l'auberge, Violette écouta ce dernier expliquer sa fable en allemand à l'aubergiste, qui comme un bon Alsacien, maîtrisait le dialecte local cousin de la langue allemande, qui lui permettait de comprendre en gros ce que lui racontait Sigmund. Il ne parut tout compte fait pas plus intéressé par l'histoire que ça au vu du regard qu'il jetait maintenant par les pièces qui s'alignaient dorénavant sur comptoir et qui elles, captaient toute son attention. Quand le compte fut bon, il tendit une clé au borgne, grommelant la location de la chambre.

La blondinette avait à peine rejoint son compagnon d'infortune que dérechef, il l'embarqua dans l'escalier, gravissant deux à deux les marches alors qu'avec ses courtes jambes, la jeune femme peinait à suivre son rythme. Déjà, Sigmund avait tourné la clé dans la porte et s'engouffrait dans la chambrette que du couloir opposé, un homme qui venait de fermer soigneusement à clé sa chambre passa entre elle et lui brusquement, manquant de la renverser. L'homme traversait le couloir comme une flèche pour se rendre dans une autre chambre plus loin semblait-il. Mais cet homme, Violette avait le sentiment qu'elle le connaissait.

Elle resta une seconde à le regarder s'engouffrer dans une autre pièce, puis, haussant les épaules elle entra à la suite de Sigmund qui déjà apprêtait la bassine de fer blanc et le pichet d'eau habituellement réservés à la toilette pour faire sa teinture. Soudain Violette sa frappa bruyamment le front. Mais qu'elle était bête ! Mais oui qu'elle l'avait déjà vu, cet homme : c'était le malappris qui l'avait bousculé à la sortie du train, avec son pardessus miteux et sa valise ! Devant l'air perplexe du roux qui sans doute n'était pas télépathe et devait se demandait pourquoi elle se frappait le front comme ça, la blondinette s'expliqua :


- L'homme qui a failli me bousculer dans le couloir il y a une minute, je viens juste de me souvenir de qui c'était, idiote que je suis ! Rien de grave, juste le malotru qui avait bousculé les gendarmes lorsqu'ils allaient m'interpeller pour avoir expédier un vieux sagouin. Et après, c'est à vous qu'ils s'en sont pris, j'en suis désolée...


Toute confuse, réalisant que c'était peut-être de sa faute si son compagnon eût aujourd'hui d'aussi infortunées aventures, Violette cacha les rougeurs qui lui montaient aux joues en plaçant l'unique chaise de la chambre dos à la petite table et incitant Sigmund à s'y installer. Elle lui fit mettre sa tête en arrière, afin que la longue chevelure flamboyante de ce dernier tombe dans la bassine de fer-blanc où elle était en train de diluer le brou de noix avec un peu d'eau. Précautionneusement, du bout de ses doigts menus, elle massa le cuir chevelu de l'Allemand et répandit le plus homogènement possible la teinture des racines aux pointes, tout en prenant garde de ne pas se tacher. Puis elle sécha du mieux qu'elle put les longs cheveux dorénavant d'un auburn foncé du marchand d'opiacés et pour cela, utilisa l'intérieur de sa pèlerine en s'excusant piteusement, à défaut d'autre linge à utiliser, les draps du lits semblaient bien moins propres, même.


Puis Violette détacha le lien de cuir qui retenait sa natte afin d'attacher en un catogan bas ceux de Sigmund, lui donnant un tout nouvel air. De son côté, elle farfouilla dans sa bourses pour trouver quelques épingles à cheveux et se coiffa en un petit chignon strict. Elle admira l'Allemand sous toutes ses coutures, tournant autour comme une petite fille pour vérifier que tout était bien comme il le fallait. Ses pouvoirs lui avaient bien été utile, pour le coup !

- Eh bien... Parfait ! Moi-même j'aurais peine à vous reconnaître au premier coup d'oeil, parmi la foule avec votre nouvelle tête. C'eut-été plus facile que j'imaginais, de vous transformer, pour tout vous dire, je n'avais jamais fait ça avant...


Mais voyant Sigmund préoccupé et non pas soulagé comme il devrait l'être après son changement d'apparence, Violette haussa un sourcil et demanda ce qui le tracassait.
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Lun 15 Aoû - 23:03

Melkor par Phobs - pour visualiser Sigmund en brun

La confession de Violette n'avait cessé de se répéter dans l'esprit de Sigmund tel un mantra. Il ne savait pourquoi mais un soupçon l'étreignait. Laissant la jeune fée user de sa chevelure comme elle l'entendait, il tentait de reléguer, dans un coin, cette sensation désagréable. La sensation de passer à côté de quelque chose d'important. Ce n'était qu'un hasard si la route de Violette avait recroisé celle d'un homme, un voyageur parmi tant d'autres. Et pourtant, Sigmund ne pouvait s'empêcher de se demander s'il le connaissait lui aussi cet homme. Ou s'il était lié de près, ou de loin, à sa mésaventure.

Il n'avait donc écouté, que d'une oreille, les propos de Violette. Lorsqu'elle mit les pieds dans le plat, Sigmund cligna des yeux, perdu.

« Je. Pardon. Je manque à toute politesse... » Jetant un œil au miroir posé près de la bassine, Sigmund écarquilla les yeux. « J'aurais peine à me reconnaître moi-même. Je suis certain que même mon frère s'y laisserait tromper... »

Mais le petit élan de surprise n'avait guère chassé le doute de son esprit, ancré en lui aussi fermement qu'une tique.

« L'homme que vous avez vu dans le couloir. À quoi ressemblait-il ? Si ce n'est pas indiscret... »

La réponse de Violette ne fit que confirmer les doutes de l'Allemand. Se levant de son siège, l'homme eut le geste de se ruer vers la porte. Avant de se retenir à grand peine, plongeant plutôt sa main dans une des poches de son manteau de voyage. La pulpe de ses doigts caressa les œufs nichés dans leur alcôve de tissu.

« Cet homme que vous m'avez décrit... » expliqua-t-il à Violette. «... est le même que celui qui m'a bousculé à la gare. Nous avions perdu nos bagages et... » Il claqua de la langue. « Je le soupçonne d'être à l'origine de toute cette mésaventure. Je dois en avoir le cœur net. »

Au pire il serait cause et témoin d'une situation gênante due à un quiproquo. Mais mieux valait encourir la honte que de laisser filer un potentiel coupable. De plus la teinture de Violette allait pouvoir accomplir son effet.

Après avoir questionné la fée, Sigmund se rendit jusqu'à la chambre indiquée frappant trois coups. Trois coups qui résonnèrent dans le couloir avant que l'homme n'entrouvrit la porte. Le visage sauta aux yeux de l'Allemand – c'était lui. L'homme grommela une demande d'explication, visiblement peu enclin à la conversation. Les doigts de Sigmund se pliaient et se déployaient, refrénant l'envie de mener un scandale.

« Bonjour mon brave. Excusez-moi de vous déranger mais... je viens reprendre mon dû. »
« De quoi ? Je vous connais pas. »
« J'ai égaré un bagage à la gare et je crois que vous l'avez repris en le confondant avec le vôtre. »
« Je vois pas de quoi vous parlez. »

Anticipant le geste, Sigmund glissa son pied dans l’entrebâillement de la porte empêchant l'homme de la refermer. Une méthode qui avait fait son petit bonhomme de chemin surtout dans le secteur de la vente à domicile. L'homme pesta lorsque l'Allemand entra de force.

« Vous vous croyez où ? Sortez d'ici ! »

Sans mot dire, Sigmund attrapa l'homme par le poignet. Les doigts de l'homme étaient reployés sur une montre à gousset. « Une montre à amis » comme on la désignait dans le jargon populaire. Une montre enchantée dont chaque aiguille était porteuse d'un nom d'un proche afin de vous signaler si l'être en question était en danger, en sûreté chez lui... Un des noms sauta aux yeux de Sigmund, confirmant ses doutes.

« C'est ma montre que vous tenez. »
« Et comment vous pouvez l'affirmer ? Y a vot' nom marqué dessus ? »
« Non mais celui de mein bruder. »

Le poing le cueillit à la pommette l'envoyant voler contre un mur. Quelque chose se brisa au sol – bruit confus indéterminé auquel Sigmund ne prêta guère attention. Repliant les bras, il les leva devant son visage afin de réceptionner le prochain coup. Son enfance en Allemagne lui avait appris une chose : savoir encaisser. Mais cette fois son frère ne serait pas là pour répliquer. Courbant l'échine, Sigmund plongea la main dans la poche de son manteau. L’œuf semblait fragile entre ses doigts, friable.

Un cri de surprise lui répondit lorsqu'il le lança sur son adversaire. De la fumée se répandait dans la chambrée, occultant la vision des deux belligérants. Sigmund pesta, handicapé par son œil mort.

« Mademoiselle ? » Il héla Violette, se demandant si elle était restée dans le couloir. « Un petit coup de main ? »

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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Sam 3 Sep - 21:59
Sigmund avait l'air très préoccupé, malgré son changement de tête radical. Il pressa la blondinette de lui décrire l'homme qui avait manqué de la bousculer dans le couloir et sa description ne faisait qu'empirer le froncement de sourcils de l'Allemand au point que la fée ne craigne pour lui une crampe de ce côté-ci, et puis ce dernier se leva brutalement et fit un pas en direction de la porte de leur chambre, sous le regard ébahi de la jeune femme, avant de se stopper aussi promptement et de lâcher une explication à Violette :


- Cet homme que vous m'avez décrit est le même que celui qui m'a bousculé à la gare. Nous avions perdu nos bagages et... Je le soupçonne d'être à l'origine de toute cette mésaventure. Je dois en avoir le cœur net.


Violette pencha légèrement la tête sur le côté, attentive à l'explication du marchand d'opium. C'est vrai, au vu de ce qu'elle avait pu entrevoir à la gare et surtout la fuite précipitée du malotru qui souhaitait tout sauf se faire reconnaître et attraper, l'histoire de l'ex-roux se tenait. Mais elle n'avait pas eu le temps de finir de se remémorer les événements du début de la matinée que Sigmund s'était déjà enfui, sans nulle doute rejoindre l'homme mystérieux au pardessus miteux pour obtenir quelques explications.


La jeune fée hésita à le suivre mais se ravisa. Après tout, ce n'étaient pas ses affaires, elle n'était pas directement concernée et puis ses maigres bras et sa bouille de fillette ne seraient d'aucune aide à un grand échalas comme Sigmund. Et puis, elle avait déjà eu sa part d'ennuis dans la journée, elle n'en voulait pas plus. Violette n'interviendrait que si ça tournait mal, autrement, elle estimait l'Allemand assez grand pour s'occuper de ses affaires comme un grand.


Elle entendit une voix vociférer à travers la porte ouverte de leur chambre, et en déduisit que son acolyte de mésaventure avait opté pour le passage en force. Violette prit douloureusement sa tête entre ses mains, hochant la tête, priant pour que le conflit ne s'envenime pas trop, que Sigmund et l'étranger soient raisonnables, mais les bruits sourds comme un coup dans le mur ne lui donnaient guère d'illusions sur l'échange entre les deux hommes.


Soudain, le bruit d'une petite explosion, comme un coup de feu ou elle ne savait quoi, se fit entendre et la fit sursauter dans un cri, et cette dernière fut suivie par de la fumée qui s'échappait dans le couloir... Prise d'angoisse, Violette se précipita dans le couloir, se rapprochant de la chambre d'où sortait la fumée par la porte à demi-ouverte, d'où elle pouvait entendre Sigmund qui l'appelait à la rescousse.


La fumée était épaisse dans la pièce et elle ne savait pas si c'était une illusion de son esprit ou non, mais elle semblait même s'épaissir encore, s'échappant comme une grosse mousse grisâtre dans le couloir et l'empêchait de distinguer quoi que ce soit à plus de 20cm, par chance, d'après le son de la voix de Sigmund, ce dernier devait se trouver près de la porte. Toussant, à demi-asphyxiée par la fumée alors qu'elle passa la tête dans l'ouverture de la porte, elle crût distinguer un bras qu'elle attrapa et tira vivement à elle avec ses maigres forces, espérant de tout cœur ne pas s'être trompée de personne mais il semblait bien à l'habit que la personne portait que c'était bien Sigmund.


- Bon sang, Monsieur Sigmund, qu'avez-vous... fait !? Il faut vite partir, qu'on ne nous mêle pas avec tout ça ! demanda Violette entre deux petites quintes de toux.


Elle avait hésité à lui demander ce qu'il avait encore fait, mais elle n'avait pas jugé cela courtois, après tout, il était son compagnon d'infortune du jour et il serait sans doute malséant de montrer le début d'exaspération qui pointait le bout de son nez. Elle n'avait pas envie de retrouver les gendarmes, de repartir en cavale, non tout ce à quoi elle aspirait c'était de faire sa foire tranquillement avec son ânesse.


Violette espérait que Sigmund l'avait suivi dans le couloir alors qu'elle se précipitait jusqu'à leur chambre, alors que plus elle avançait, plus la fumée se dissipait. Dans son esprit, elle prévoyait de ramasser vite leurs affaires ou de faire comme si de rien n'était pour ne pas attirer l'attention sur eux. Mais déjà, la blondinette entendait que le patron et ses aides arrivaient dare-dare constater par eux-même les dégâts, avalant quatre à quatre les marches de l'escalier, comme un troupeau de bœufs.


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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Lun 5 Sep - 18:47
Ce qu'il avait fait ? Rien que tenter de récupérer ses affaires en bonne et due forme. C'était l'autre, le coupable, qui avait amorcé le cercle de la violence. Néanmoins l'Allemand se tut, ayant bien rapidement au compris que la tension dans la voix de Violette n'invitait pas à l'explication. La Française semblait sur les nerfs, prête à exploser. Une attitude que l'Allemand ne comprenait pas, ne pouvait pas comprendre, lui qui était habitué à ce que chacun, autour de lui, use d'une violence exacerbée. Il pouvait entendre l'autre homme crachoter et tâtonner, cherchant son chemin dans cette purée de poix.

« C'est amusant. On dirait le smog londonien. » ne put s'empêcher de faire remarquer Sigmund à sa comparse alors que l'escalier couinait sous les pas martelés de la foule.

Posant sa main sur celle de Violette, il ôta celle de la fée de son bras.

« Je dois reprendre mes affaires. Ne m'attendez pas. »

Rentrant la tête dans les épaules, baissant le buste, Sigmund s'engouffra dans la pièce, se rapprochant au mieux du plancher. Là, en contrebas, la fumée ne stagnait pas, lui permettant de discerner les jambes de l'homme au pardessus. Ses longs doigts saisirent la montre à gousset qui gisait, abandonnée, sur le plancher avant de se saisir de sa valise priant pour que tous ses biens soient demeurés à l'intérieur.

Devant la porte la voix du tenancier grondait.

« Encore un qu'a laissé la bougie allumée et qui va foutre le feu à toute la maisonnée. Gervaise, va appeler les soldats du feu ! »

Repasser la porte risquait de lui causer davantage de soucis. Longeant le mur, Sigmund sentit, sous sa main, la chambranle d'une fenêtre. Poussant les volets, l'homme monta sur la rambarde. Autour de lui la fumée se dissipait, s'engageant par cette fenêtre grande ouverte, laissant le vent l'effilocher en fines traînées grisâtres. Plongeant son regard en contrebas, l'Allemand avisa une charrette de foin judicieusement placée. Poussant sur ses jambes l'homme sauta – et s'engouffra dans le foin.

L'Allemand en ressortit avec quelques morceaux de paille coincés dans les cheveux qu'il tenta de retirer du mieux qu'il pouvait. Sortant un sucre d'orge de sa poche, Sigmund se mit à le croquer en quelques bouchées. L’estafilade sur sa pommette, auréolée d'un début d'hématome, se résorba rapidement aidée par la magie du sucre d'orge enchanté. L'Allemand veilla tout e même à s'écarter de quelques pas de la charrette, se rapprochant de Marion qui attendait sa maîtresse avec une patience diligente.

« Ta maîtresse devrait bien s'en sortir. C'est une fée après tout. Elles sont malignes et pleine de ressources. »

Du moins c'était la conclusion qu'il en avait conclu après avoir fréquenté un djinn.


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Violette Arie

MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Dim 23 Oct - 14:54
- Je dois reprendre mes affaires. Ne m'attendez pas

Violette regarda l'Allemand retourner dans la pièce d'où s'échappait de plus en plus de fumée, soupira et se dirigea d'un pas pressé vers la chambre qu'ils avaient loué pour en faire de même. Ayant récupéré son sac et sa pèlerine, Violette rejoignit la cohue des résidents de l'auberge, paniqués par la fumée et le bruit d'une cloche que le gamin des aubergistes faisait résonner à toute voler pour pousser les gens à l'évacuation : sans doute tous croyaient-ils à un départ de feu. Pressée de toute parts dans l'escalier étroit, son frêle corps bousculé sans ménagement, elle avait peine à descendre rejoindre sa fidèle mule qui attendait attachée devant la masure.


Elle n'avait pas vu ce que Sigmund avait fait pour provoquer une telle fumée mais son instinct de fée lui criait que ce n'était pas « naturel », pas la fumée d'un vrai feu. Cela sentait la magie et Violette se demanda si ce dernier avait utilisé un objet pour créer ce rideau de brouillard ou si cela était une conséquence d'une combustion dûe à ce qu'elle avait vu de lui... Peut-être cela avait été amplifié par son propre pouvoir à elle du fait de sa proximité ? La blondinette avait bien envie de lui poser toutes ces questions mais allait-elle oser ? La magie était un sujet délicat, notamment pour elle. Il serait peut-être déplacer de demander, pensait-elle.


Violette arriva dans la grande salle, en bas. Elle était méconnaissable, les gens dans la panique avaient abandonné leur déjeuner, leurs choppes, les tables étaient de travers et des bancs y étaient renversés, témoignant de la panique qu'un événement peut engendrer sur un groupe d'humains. Et accessoirement faire de la fuite de leurs congénères un vrai parcours d'obstacles. Violette profita de sa petite taille pour aisément se faufiler entre les embûches et espéra que son pouvoir aidera les gens à « réussir leur évacuation », enfin s'en sortir sans dommages...

Au moment où la jeune femme mettait un pied en dehors de l'auberge afin de rejoindre sa fidèle compagne, elle manqua de se faire percuter par des hommes transportant des seaux remplis d'eau. Bien qu'elle esquiva l'impact avec un de ces solides gaillards, elle ne put éviter à sa robe d'être éclaboussée et en partie trempée. Violette poussa un gros soupir résigné : cette journée allait être une catastrophe jusqu'au bout, demain, ce ne serait qu'un mauvais souvenir dont elle rirait... Enfin, elle l'espérait.

Elle bifurqua sur la gauche afin de récupérer Marion qui était attachée à proximité, avec un cheval de trait et un bœuf, auprès d'une auge dont on avait vidé l'eau en partie. Comme à son habitude, la mule semblait placide, pas affolée pour un sou par la débandade qui était passée devant son front gris, ni par le fait qu'on vienne tout juste d'allégrement puiser de l'eau sous son nez. Violette enlaça le coup épais et chaud de sa fidèle Marion, posant son front contre elle, en quête d'un peu de réconfort.


-Oh Marion, si tu savais... Si tu avais vu tout ce qui s'était passé...


Violette sursauta en entendant un bruit de pas tout proche. Sigmund se trouvait là, avec sa nouvelle chevelure auburn foncée , couvert de poussière et de miniscules brins de foin qu'il tentait de son mieux d'enlever. Elle se sentait heureuse que l'Allemand s'en soit sorti sans dommages apparents. Bien qu'elle appréhendait les nouvelles péripéties qui pouvaient potentiellement leur arriver, les événements et la personnalité du vendeur d'opium faisaient qu'elle commençait à s'y attacher.


- Monsieur Sigmund, tout va bien pour vous ? Vous avez pu récupérer votre bien sans... trop... amocher le voleur ? Vite, partons avant qu'ils ne s'aperçoivent de quoi que ce soit et que la maréchaussée n'arrive, je ne tiens pas à les revoir!


Violette détacha sa mule et commença à s'engouffrer vers le cœur de la ville. Elle tenait à fuir ces lieux, fuir les gendarmes et enfin passer un peu de bon temps pour écouler sa marchandise et acheter ce dont elle avait besoin pour ses clients.



[spoiler]Désolée de l'attente, j'ai vraiment eu un IRL plus que chargé. :/ J'espère que ma réponse te va ! *hugs* [/color]
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: Février 06. Foire d'empoignes   Mar 1 Nov - 18:42
La pauvre petite semblait être en proie à un stress intense à tel point que Sigmund crut que son cœur allait lâcher. On aurait dit un de ces petits rongeurs qui, dès que vous lui parliez un peu trop fort, tombait raide mort. Sigmund regarda alternativement la fumée qui s'échappait de la fenêtre et Violette qui dénouait la longe de son mulet. L'Allemand finit par lui emboîter le pas, la valise cognant par à-coups contre sa jambe. Il attendit qu'ils se soient éloignés de la foule massée auprès de l'auberge pour parler à voix basse.

« Vous savez au pire il se réveillera avec quelques contusions. Vous n'êtes pas sur les routes depuis longtemps, non ? »

Il ne voyait nulle autre explication à la peur panique de la jeune fille. À moins qu'elle ne soit sujette à une peur irrépressible face à toute forme de violence comme lui avait toujours abhorré la magie jusqu'à peu. Jusqu'à sa rencontre avec un djinn venu tout droit de Perse.

La foire les engloba d'un coup. Ou était-ce eux qui s'étaient jeté dans ses bras. Éternelle énigme. Les stands multiples se disputaient le moindre pavé tout comme le moindre client. Posant sa valise Sigmund aida Violette à apprêter le sien, la voix des commerçants et de la foule grondant tout autour de lui avec une vivacité qui lui plaisait. C'était un florilège de langues et de patois, de mots écorchés par les accents des individus, de mouvements de mains tentant de compenser les lacunes linguistiques lorsque le concerné ne détenait pas un traducteur magique.

Le stand établi Sigmund déposa ses propres denrées dans un recoin après en avoir demandé la permission à la jeune femme. D'un œil l'homme surveillait les enfants qui couraient dans les allées, préférant qu'aucun d'eux ne posa la main sur un des petits sachets qu'il avait exposé. C'était là du commerce pour les adultes. D'ailleurs deux d'entre eux arrivèrent – deux femmes en robe du dimanche, robes d'un autre siècle cachées sous une ombrelle qui avait du voir de meilleurs jours. Elles portaient la tête haute, les épaules rejetées en arrière pavanant avec des airs faux de princesse. Un substitut de maintien de femmes voulant faire croire qu'elles étaient dans la haute pour faire oublier qui elles étaient – de simples fleurs de trottoir profitant de leur journée de repos dominical.

Sigmund leur sourit comme il l'aurait fait avec tout autre client. Peu importait les origines, le nom ou même la nature de celui qui achetait tant qu'il possédait de quoi payer.

« Mesdemoiselles ? » entonna-t-il en allemand. « Vous êtes intéressées par nos produits ? Approchez-donc et peut-être trouverez-vous votre bonheur ! »

L'Allemand singea une courbette, jouant volontairement sur son absence d'éducation, accentuant la pose.

« Moi et ma collègue nous nous engageons à réaliser vos souhaits. »

Regard glissé en coin à Violette – jouait-il bien le jeu ? Sa comparse du jour eut un hochement de tête accompagné d'un sourire. Le reste de la journée sans accroc majeur, à croire que la gendarmerie avait trouvé plus gros poisson à ferrer. Les deux comparses ses quittèrent bons amis, chacun partant de son côté de la frontière.


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Février 06. Foire d'empoignes

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