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 Watch chimes [15 mars 06]

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La gardeuse d'oies près de la fontaine
Kapphären Jan
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MessageSujet: Watch chimes [15 mars 06]   Mer 27 Juil - 20:24


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06






Temps. Chose étendue, mesurée, éphémère. Temps. Imparti, retardé, terre-à-terre. Temps, qui cloque et s’avance, s’égrène terriblement, sans dieu ni maitre ni loi autre que celle de sa seule existence. Temps, sans personne pour lui donner un cœur, sans personne pour le représenter, au seul visage de la bascule d’une horloge. Temps, qu’on ne prie ni ne supplie, ni n’espère. Temps, qui inflige, qui ordonne, qui perdure toujours.

Toujours. Quoiqu’il se passe.

C’est une jolie journée d’Avril. Pas trop chaude, pas trop humide, et la brise là-bas ramène une odeur de sel qui n’est pas tout à fait désagréable. Agite les rideaux d’une chambre bien connue. Ronge tendrement les pierres rouges d’un château belge.

C’est une onde sur le lac et les arbres. Emporte les oiseaux qui recommencent seulement à nicher. Et leurs pépiements sont des cris hystériques de renouveau. Il les observe, sans fayence liquide. Les voit, avec le sourire tranquille de ceux touchés en pleine marche. La main posée sur le rebord de la fenêtre, l’autre serrée en poing contre son plexus, il inspire. Il expire. Il inspire et expire et inspire et expire, au rythme lent entrecoupé de quelques vagues secousses. Il n’y a pas d’humanité, ici. Il n’y pas de mélopée, pas même le va-et-vient des servantes ni le murmure parfois lointain des gardes en rodage. Il n’y a que les oiseaux là – et ça – et là qui vont qui viennent qui tourbillonnent dans le ciel sans se heurter, se posent, repartent et stagnent peut-être un peu.

Il ne voit qu’eux. Ne pense qu’à eux. S’essaye peut-être à les comprendre. Puis cela claque dans ses oreilles, le bruit d’une cavalcade. Le pas pressé d’un ami métallique qui cloque et clique et toc et tac. A la porte, deux trois coups. A son âme, un rien. Un rien de clepsydre percée, d’horloge fracassée, de montre sans ressorts. Il est comme un pantin, tout lisse, tout blanc, tout dur, impeccablement habillé – et pourtant faussement, d’une tunique qui ne sied guère à la nouvelle qu’on lui apporte.

Puisque Crapaud entre. Essoufflé. Parce que les gardes l’ont laissé entrer, parce que rien aujourd’hui ne saurait empêcher l’hiver de revenir.

Il a froid, quand Crapaud dit :

« Maître… Hamelin… »

Il a froid et frissonne en levant la main – il n’est qu’un il et ne peut être un elle, et pourtant elle est là. Regina. A vouloir le confronter dans le reflet de la vitre.

« Je sais. » Chuchote-t-il. Peut-être même que Crapaud ne l’a pas entendu.

Et son poing se déplie. Libère l’alliance d’Arsène. Les cristaux d’émotions qui toujours luisent faiblement.

Les cristaux blancs aujourd’hui. Blancs d’être éteints.




C’est un joli soir d’Avril et la mer roule sous le ponton d’un bois vermoulu. Plus loin, des hommes fument et boivent et chantent. Ils dansent avec des catins ou se frappent les épaules dans la virilité des marins belges que l’on connait encore. Ils ne savent pas, ils ignorent tout, ils continuent d’exister dans la passibilité de ceux qui se dénient que demain, le temps peut mordre et tout prendre, alors que tout semble aller bien. Regina les observe tout en avançant, d’un coin de regard bleu roi dont on ne peut réellement percer la pensée. A ses côtés, Crapaud se fait le gardien comme le guide, un brin plus nerveux. Mais la cache des docks ne se veut pas menaçante aujourd’hui.

Ils ont désertés, les oisillons, les milans en fuite. Ils ont fui après l’explosion et si certains se sont fait cueillir en France, beaucoup ont simplement disparus. Comme ce médecin en France et sa russe rapidement épousée. Comme de nombreux autres noms que Regina n’a pas chercher à rattraper. Elle est là pour le port, pour ses ports, pour le Luxembourg-België. Pour tout ce qu’ils ont construit à deux et qu’ils ont toujours su protéger. Elle sait que bientôt, trop vite, les autres viendront se repaitre du corps de son mari comme de son héritage. Que la pègre recommencera ses trafics et ne peut le souffrir plus longtemps.

Seulement, quand Regina passe la porte, il n’y a qu’un homme, là, assit sur une chaise, à jouer au solitaire, dans le ronflement lointain d’un harmonica. Les cartes disposées devant lui effleurent presque, en damier, le rebord d’un petit chapeau melon. Et à le regarder, dans sa chemise crasseuse, ses bretelles distendues sur sa musculature défoncée, on pourrait presque penser que le chapeau est trop petit pour lui. Pourtant, Félix le porte et si certains se moquent de lui, ses phalanges appellent bien vite des regrets bien mérités.

« Madame… » Souffle-t-il en la voyant, vision bleue sous capuche, presque à sursauter, compromis dans sa distraction. Et Crapaud d’accourir dans un coin pour s’y calfeutrer sans bruit.

Il connait la règle, l’androïde.

« Alors il n’y a plus que vous… »

Il était pourtant rare, ici, d’entendre la voix un peu trop grave de l’oiseau bleu. Mais c’est sans crainte aujourd’hui qu’elle s’adresse à ce presque inconnu. Bras gauche de bras droit, physique atypique et pourtant oublié de la scène, il a servi comme les autres sans un mot plus haut que l’autre.

Petit miracle, pour lui, la donne veut que cela change. Et Regina s’avance, souriante mais figée.

Ce sourire distordu n’a rien pour rassurer l’homme.

« Les zot’ sont partis madame… » Murmure-t-il, la lèvre fendue d’un faible zozotement. « Ils pensaient qu’il y aurait plus de travail, voyez… »
« Mais vous êtes là. »
« J’ai pas d’autres endroits où aller madame… »
« Votre nom ? »
« Félix. Félix Bretodeau. »
« Français… » Et Regina trouve cela cocasse, sans lui en expliquer la raison.« J’ai besoin d’assurer la sécurité du port. »
« Mais madame… »
« Oui. Rosthramus a tremblé mais il n’est pas encore mort. » Qu’importe ce que les français ont cru récupérer dans les décombres. Ce que la presse hurle depuis quelques jours déjà. Ce que ce maudit lieutenant trop efficace y a gagné. Avril décroit mais la certitude reste encore, frissonnante, comme un oisillon oublié dans le nid. « En attendant que l’on m’apporte la preuve, je vous demande de tenir votre poste. De rassembler les hommes nécessaires. Et – »
« Si je puis me permettre madame… je doute que cette fois-zi, ils reviennent sans manne à s’faire offrir. »
« Ils seront payés. » Et de son corsage, Regina vient tirer une clef. Qu’elle embrasse du regard avant de la tendre à Félix. « Il y a près du port un immeuble de bonne fonction qui saura les accueillir. Et vous trouver un toit. Le mot de passe est Rotterdam. Un homme vous y ouvrira, traitez le avec respect. Et dites-lui de faire préparer les chambres. »

Puis elle grimace. Tandis que Félix se lève, avec la brutalité des hommes peu habitués à la grâce. Le raclement de la chaise résonne dans la pièce vide. Et la douane apparait soudain bien plus grande qu’elle ne l’est réellement.

« Mais précisez lui de ne pas toucher au salon du premier étage. Avec la tâche de vin. Il saura lequel… »
« Bien madame… »

Semblant se satisfaire de la réponse, Regina a un faible hochement de tête. Et main toujours ornée de son alliance inerte, le salue d’un geste avant de tourner les talons. Son départ est pourtant interrompu par un raclement de gorge de Félix. Et saisie, les sourcils froncés de cette nouvelle interruption, ne semblant pas s’en satisfaire ni réellement éprouver de la curiosité, la jeune femme trouve tout de même quelques secondes dans son absence pour lui concéder une phrase supplémentaire.

« En France, madame. J’ai un frère. Et ce frère madame, si j’puis me permettre… il creuse à la fosse. »

L’oiseau bleu n’a pas un pépiement. Prenant son silence pour de la perplexité, Félix lève les mains, assurant, très calmement.

« Zi vous voulez le récupérer quand ils z’en auront fini. J’peux vous l’faire ramener. »

C’est donc à Crapaud de lui tendre un mouchoir. D’un geste qui semble n’être qu’une ombre, un mouvement à peine trop vif dans le clair-obscur des chandelles. Regina se tient droite, aussi droite que possible. Et dans sa tête il y a un basculement de l’horloge, faible mais suffisant pour lui faire opiner du chef.

Haut bas. Toc tac.
Tic.




Mesuré, le pas des chevaux semble la torturer. Et si elle se tient, drapée de velours bleu, la main posée sur la calèche qui l’a emmené aux frontières de la ville, tout son regard brûle d’impatience au point que Félix craint un instant qu’elle va chavirer vers l’avant et se mettre à courir.

Mais il n’en est rien. Regina attends, comme elle a attendu presque un mois que le milan lui revienne. Et si l’alliance ne brûle pas contre son annulaire, il y a soudain bien plus qu’une seule et unique raison. Le transport cesse, et le cocher qui en descend ressemble presque en tout point à Félix. A ceci que sa moustache pend, comme un vers de terre trop mort. Que la sueur lui roule au front d’avoir été un instant pourchassé. Il a pourtant franchi la douane, avec le renfort de quelques pièces vite crachées. Et les chevaux frémissent encore de la course qui les a fait mener, bave aux lèvres, jusqu’aux pieds de l’oiseau bleu.

C’est un fiacre, il n’y a personne devant, autre que son propre cochet. Thomas lève la lanterne pour s’assurer de la présence de son frère, avec qui il échange un signe entendu. Avant de s’incliner devant l’unique dame présente dans ce chemin de sous-bois.

« Madame, la bonne nuit… »
« Où est-il ? » Demande aussitôt Regina, oublieuse de toutes les politesses. Puis sans attendre de réponse, elle se saisit de sa propre lanterne. Fait le tour du fiacre.

« Madame si je puis, enfin, cela fait un mois. Il n’est pas dans un bel état… » Bredouille Thomas en l’accompagnant. Pourtant Félix le retient à l’épaule. Et laisse Regina à son affaire, se permettant seulement de chuchoter que rien n’aura raison d’elle. Aucun argument.

Pas même la pestilence qui émane d’un simple coffre, de taille modeste, soigneusement sanglé.

« Pourquoi… » Chuchote la mariée. Et avant qu’elle ne puisse formuler sa crainte, Thomas s’offre à son courroux.
« Le cercueil aurait pris trop de place madame. Quand ils l’ont jeté, à cause de l’explosion, il était dans un tel état que… »

Un silence.

« Dites. »
« … Il s’est détaché madame… »

La main de Regina se pose sur le bois noir.

« La clef ? »
« Il n’est que sanglé mais pas verrouillé. Je n’avais pas de… »

Et d’un geste brusque, en ouvre le couvercle.

Une nuée de mouches s’en échappe. Et l’odeur, déjà repoussante, se fait insoutenable. Cela la frappe, en plein nez. Un poing olfactif et putride et dans la lueur de sa flamme, elle n’aperçoit qu’une masse informe à la peau noire. Recroquevillée sur lui-même, comme si cela avait peur.

– Ebène – décri-t-elle de ses lèvres sans pouvoir le chuchoter. Et pour s’en assurer, tend la main, la glisse en lui, jusqu’à atteindre son crâne brulé. Les quelques cheveux qui lui restent. Qu’elle se met à lisser.

C’est alors que tout cesse. Doute. Espoir. Temps à nouveau. Toutes les cordes auxquelles elle a voulu se raccrocher, comme une saltimbanque en plein cirque. Tout bascule dans le noir.

Sans bruit. Sans bruit.


- Jan... je vais te briser.



Et le sel. Le sel partout sur son visage. Qui tombe dans le coffret à la rivière de ses propres diamants.

Les diamants. Bleus de son propre mal. Qui scintillent dans le noir. Que Regina vient récupérer, fouillant le coffret pour en avoir sa main. Sa seule main droite, à l’index et au pouce arrachés. A la peau tombante et calcinée. Au moignon qui ne pèse rien. Elle l’embrasse. Y frotte son nez.

« Mon homme. »

Et la repose. Avec lui, avec le reste. Avec ses 17 ans et chaque tâche de vin, chaque velours bleu, chaque rire et chaque lettre qu’il a pu lui envoyer.

Referme le coffret. S’en vient vers Crapaud.

Félix n’a pas besoin de lui demander sa certitude. Il retire seulement son chapeau. Et baissant un peu les yeux, presque honteux, proclame tout bas.

« Alors le milan est mort. »

C’est doucement que Regina répond.

« Oui. » Rosthramus disparaît ainsi.

Pourtant, elle sourit.

« Mais il y a d’autres oiseaux dans le ciel… »




C’est un coffre d’ébène, j’espère que cela te plait. Je t’offre ma terre et la nuit. La brise des arbres et nos mots échangés. Tu as là la vue du lac, près des buissons où tu m’as pris, en écho à tous ceux où nous nous sommes aimés.

Voilà ta place. Voici la mienne. Dans cette robe bleue. Et à nos colombes. Des oiseaux s’envolent aujourd’hui pour reconstruire ce que tu as ébauché. Cela sera forcément différent. Mais je le ferais avec tout mon amour de celui qui n’a pas su tenir sa promesse. Qui n’a pas su t’accompagner. Si le paradis existe et si Dieu ne nous en veut pas trop, alors je te reviendrais un jour. Et tu m’offriras des émotions aussi effacées et précieuses qu’elles l’étaient dans notre temps. Nous n’attendrons plus trois ans pour nous connaitre. Et je gouterais chaque jour à tes côtés comme un repas sans sel.

En attendant, te voici en paix.

Et voici mon domaine de roi destitué. Les pierres aussi rouges que ton échec. Le chant des oiseaux hystériques de ceux qui nous ont abandonné. Le calme de mes bras.

Dors. Dors et rêve de pays libres, de magie effacée, de victoires sans sacrifices.

Dors et rêve de l’avenir de mes projets.









2 mars 06.

Monsieur,

C’est avec surprise et plaisir que j’ai reçu votre lettre. Et à la lecture de votre intérêt grandissant pour la confection de nos oiseaux, notre association et moi-même sommes au plaisir de répondre favorablement à votre commande. Le hasard me veut en terre russe pour y confronter quelques ferrailleurs sur les prix de nos girouettes. Je prendrai le vol du mardi 11 mars et serai défaite de mes obligations le 13. On m’a rapporté l’existence du café Pouchkine, sur la grande place de Saint-Pétersbourg. Si telle est votre volonté, nous pourrons nous y rencontrer le 15, vers 16h.

Avec amabilité et décence, je vous présente mes hommages.

Madame Regina M.







C’est encore le même pépiement d’oiseau, un chant aussi tressaillant que le tintement d’un célesta. Ils batifolent gaiement, les perdreaux, semblant oublier l’odeur de leurs confrères entrain de cuire pour le repas du soir. Et le menton posé sur la paume de sa main, dans une attitude presque trop indolente pour le ruban noir qui lui ceint la taille, Regina les observe. Sourit. D’un air absent.

Par sa compréhension du russe, et pour la facilité de ne pas avoir à trop parler, Félix l’a accompagné. Il se tient à ses côtés, en grand ours un peu maladroit, le chapeau melon tournant et retournant entre ses grosses paluches. Son regard, un peu nerveux, se confronte à ceux des clients du café. Et toutes les cinq minutes environ, il bouge sur sa chaise, n’en supportant pas le confort des couffins, délassant discrètement ses muscles.

A eux deux ils attendent et quand la cloche annonce 16h, ils sont deux à se redresser imperceptiblement.

Pour sa part, Regina espère que l’homme sera à l’heure. Pour Félix, la méfiance le ronge plus que de raison. On lui a rapporté le vol de ce freluquet qui se prétend héritier du trône. Si ces informations ont été tenu secrètes pour ne pas gâcher la surprise d’une jeune dame que plus rien ne semble égayer, elles n’en demeurent pas moins une litanie qui lui met les nerfs en pelote.

Pourtant, Regina sourit toujours – même si dans ce sourire, on peut y lire toute l’absence de celles qui ne sont plus qu’à moitié là. Aux côté de l’homme bien habillé pour l’occasion, elle est l’oiseau bleu qui a su remettre à flot l’organisation en terres belges. Et le murmure de ses oiseaux se répand désormais à tout un chacun qui serait intéressé à vaincre la magie au sein de son pays.

Le projet n’est pas tant l’écho de son prédécesseur qu’une nouvelle idéalisation plus personne d’un futur bien plus proche que prévu. Regina sait, tend l’oreille, peut entendre les différents cris, qu’ils viennent d’Asie comme des USA. Et saura y répondre de ses propres sifflotements.

En attendant, les steppes glacées l’attendent, et leur avenir s’étend à la rencontre qui va bientôt avoir lieu. Elle ignore tout de cet étranger, mis à part son prénom.

Et se demande de quoi il a l’air. Ce cher Mads.








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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Jeu 28 Juil - 23:38
Quelques mois qu’on tente de m’inculquer la géographie et l’Histoire de ce pays dans lequel Matvei est né. Stratégie de guerre dont ils semblent si fiers ici, les grandes batailles, les hauts faits d’arme, les conquêtes, les pertes, les reconquêtes, les leaders de ces siècles de déchirement entre les pays voisins et ce que j’ai encore du mal à considérer comme mon nouveau chez moi. La Russie.
L’instructeur, Razoom, m’a semblé au premier abord n’être qu’un pingouin de plus serré dans ses vêtements ajustés (notons qu’il les portait à merveille ce premier jour où je l’ai vu —cf Novembre, relire le passage sur la description de son incroyable chute de reins—). Au final, il s’est révélé être un homme de sciences comme de lettres, d’épée comme de livres, une sorte de précepteur de plus que je prends un malin plaisir à envoyer paître un peu plus violemment à chaque nouveau cours.
Oh, hier soir s’il


« Peut-être monsieur pourrait-il se rhabiller... »

L’interpelé, allongé sur le ventre dans le lit immense qui était dorénavant le sien, releva la tête de son carnet, un sourcil arqué, sachant pertinemment à qui il avait à faire avant même d’avoir vu le visage juvénile de la femme de chambre.

« Ce n’est pas la première fois que tu me vois nu Fedora… », répliqua-t-il non sans un sourire à l’intention de la frêle blondinette. « Cela te gêne-t-il donc tant ? »
« Je ne peux pas faire le lit, monsieur. »
« Tu ne m’appelais pas monsieur la dernière fois. » Un soupir. « Le lit n’a pas besoin d’être fait. »
« J’ai étudié comme vous me l’avez demandé ; j’ai écrit. Ayez la décence de me laisser faire mon travail ou votre tante-… »
« Tu as écrit ? » Il se leva subitement, bel et bien en son plus simple appareil. « Montre-moi. »

La dénommée Fedora, par pudicité, baissa le regard sur le papier qu’elle sortit de la poche de son tablier et la tendit… Mais Mads était déjà dans son dos et regardait par-dessus son épaule, le menton posé sur celle-ci, les mains sur sa taille. Docile, elle déplia sans un mot la feuille et le jeune homme put constater les progrès de sa jolie camarade.

« C’est très bien. » Il la félicita d’un baiser dans le cou. « Encore quelques jours et tu pourras écrire une lettre entière ! » Un constat alors qu’il se laissait de nouveau tomber dans le lit.
« Une lettre, monsieur ? »
« Pour couvrir ma prochaine petite escapade. »


Il avait fomenté ce plan en envoyant sa lettre pour contacter Régina. Sitôt, il avait réfléchi au meilleur moyen d’excuser une absence. Il ne pouvait décidément pas exposer les faits, et mentir à des dizaines de gardes serait difficile. Pas que sa tante le faisait suivre par une garde rapprochée, mais elle lui avait conseillé d’éviter de sortir durant ses mois passés à ses côtés et déroger à la règle nécessitait une excuse valable.
Quoi de mieux que de faire semblant de cacher la vérité ?

« …nous retrouver sous le pin de la place... Il me tarde de vous revoir- »
« Pas si vite ! »

Sous la dictée de Mads, Fedora dessinait de son écriture féminine anguleuse et raturée des mots doux imaginaires que le Prince aurait eu avec une amante qui passerait pour appartenant au bas peuple au vu de la piètre calligraphie mais…cela importait peu ! Toutes rédigées sur le même papier, imprégnées de la même fragrance, signée d’un E.S., Mads se fichait qu’elles ne portent pas le cachet du service de poste sur leur enveloppe ; ce simple oubli volontaire laisserait penser que ces lettres lui avaient été remises en main propre. De quoi faire se questionner sa tante sur la confiance en son personnel si cette histoire remontait jusqu’à elle.
Un alibi parfait : Mads allant voir une amante en ville, raison de son départ filou, excusant son absence et expliqué par la présence de ces courriers. Qui devaient être trouvés pendant qu’il se promenait librement à l’extérieur...


…ce fameux 15 Mars.
Un bel après-midi froid et ensoleillé pour cette fin d’hiver.
Dans les mois qui avaient précédé son audience avec la Tsarine, Mads avait eu le temps de trouver ses petites habitudes à St-Pétersbourg. La plupart des tenanciers servant de l’alcool tard le soir remettraient facilement sa gueule d’ange avide de vodka, tout comme certaines vendeuses de tissus et fourrures qui avaient fait son bonheur de confectionneur de vêtements. Une pensée pour la baronne Von Kursell qu’il avait perdu de vue un temps à cause de son confinement au palais… Peut-être irait-il la saluer en passant si elle était présente à son échoppe.

Mais direction le café Pouchkine tout d’abord. Seul avec son éternelle canne claquant sur les pavés à son côté.
Le pas de son fidèle Viktor manquait. Impossible de lui mettre la main dessus ces derniers jours. Il avait dû se perdre dans l’immensité du palais… Quel bêta. Ne restait plus qu’à prier pour que Razoom ne lui tombe pas dessus à traîner dans un couloir.
Alors qu’il approchait l’entrée du café, Mads sourit à cette pensée. Viktor et Razoom ne pouvaient pas se voir. Et le Prince se voyait obligé de partager son temps entre son meilleur ami et ce rigide d’instructeur, rendant l’un jaloux quand il était abandonné, l’autre plus froid et dur encore dans ses exercices.

16 :01
Dans un complet bleu marine taillé par ses soins dans un tissu qu’il avait reçu à Noël, il cala son couvre-chef sous son bras avant de passer la porte et de pénétrer dans le petit établissement. Un coup d’œil circulaire…
…et il la vit.
Sourire enchanté aux lèvres, il se dirigea vers la table que sa rencontre occupait. Il vit bien que la belle Régina était accompagnée et il ne put retenir une grimace intérieure. Sentiment désagréable de ne pas l’avoir en simple tête-à-tête vite oublié quand il courba la tête une fois proche d’eux, prenant un air sérieux et sincère d’apparence.

« Madame M... En ces temps difficiles, je vous présente mes plus sincères condoléances. » Puis un mouvement poli vers l’homme à côté d’elle. « Monsieur. »

De manière un peu raide, il prit place face à eux, posant sa canne à son côté.

« J’ai été ravi de recevoir une réponse à ma lettre. …N’avez-vous donc rien commandé à boire ? »

Il se chargea derechef d’appeler une serveuse en levant la main quand elle regardait vers eux, sans la héler, voulant montrer le meilleur de lui durant ce temps de rencontre avec la personne à la tête de cette organisation qui tel le phénix renaîtrait des cendres laissées par son prédécesseur. Plus beau, plus fort, et puisqu’il se trouvait face à face avec le chef de tout ce ballet de futurs événements, certainement plus avantageux.

Un café commandé de sa part et il profita du temps que mirent les deux étrangers à choisi pour détailler ce drôle d’oiseau de l’autre côté de la table. Son œil ne s’arrêtait généralement pas sur ce genre de femme mais la délicatesse de ses traits et la douceur visible de ses cheveux ne pouvaient qu’attirer convoitise. Et ce n’étaient pas les récents drames entourant la belle jeune femme qui poseraient le moindre problème moral à Mads s’il se mettait en tête de se rapprocher d’elle. Tant par attirance que par prévoyance.
Si elle surprenait son regard, il sourirait ; si l’homme à côté d’elle interceptait ses pensées à la volée, Mads ferait semblant de ne rien avoir compris.

« J’ignore tout de vous ou de ce que vous prévoyez de faire exactement… Avant toute chose il m’aurait plu d’en apprendre un peu plus pour baser mes attentes sur autre chose que de simples rumeurs. »


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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Sam 30 Juil - 19:07


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06



Spoiler:
 

De bleu vêtus, ils étaient assortis. Lui boitant sur sa canne, elle résignée sur sa chaise. Leurs regards se confrontèrent et Regina prit note de la teinte suave de ses cheveux blonds – sans pour autant y goûter le sel. A cet instant, et pour encore de longues et innombrables journées, les hommes tournoyant autour d’elle ne seraient que des esquisses de son passé. De comparaisons avortées avec Ebène. Et rien, chez ce Mads, ne pouvait le lui rappeler.

Le regard bleu roi glissant jusqu’au pommeau de sa canne, et sans se lever, lui offrant paisiblement le dos de sa main pour un effleurement qui ne déclencha en sa poitrine aucune vague ni aucun frisson, Regina hocha docilement la tête, acceptant en silence son statut de veuve éplorée. Cet état de fait la piquant bien plus que la solitude de son lit à Kastamer – Jan commençait malheureusement à en être habitué.

Au silence de son employeur, Félix comprit très vite qu’on venait de lui passer les rênes et se redressant pour échanger une poignée de main virile avec ce presque inconnu, se décida à discourir de la manière la plus cordiale qui soit, sa chaise raclant le sol désagréablement.

« On vous attendait, monsieur Ivanova. C’est un. Plaisir, de vous rencontrer ici. » Un honneur aurait été plus juste, pour l’un des membres éminents de la couronne russe. Et au nom familier, Regina tiqua à peine, la commissure de ses lèvres tressaillant, comme pour s’accentuer. Son attention revint pourtant aux perdreaux, jambes croisées, main à nouveau posée contre son menton, se soutenant elle-même dans une épreuve où ils n’étaient que deux parfaits étrangers. Le discours de Félix semblait lui convenir, aussi ce dernier continua, le torse un peu bombé. « Nous sommes arrivés un peu tard pour le déjeuner mais on nous a dit du bien de ce café. Pour la collation de l’après-midi. » Et à la servante qui se profilait, il balbutia. « Un café, s’il-vous-plait. Et pour madame… »

La main de Regina leva son index dans l’air. « Un second. Avec de la crème, et beaucoup de sucre. » Précisa-t-il aussitôt, commençant à connaitre la leçon.

A ses côtés, la silhouette presque juvénile de la veuve bleue semblait de toute façon avoir grand besoin de cette énergie éphémère. Les joues légèrement creusées, la poitrine discrète à en être presque plate, elle avait les poignets plus osseux encore qu’à l’accoutumée. De fait, cela faisait plusieurs jours que Regina, tout oiseau qu’elle était, grappillait bien plus qu’elle ne se sustentait.

Le vol des perdreaux, tristement enfermés, ne cessait pas de battre de l’aile. La faisant sourire, mystérieusement.

« Nous ne savons pas précisément les rumeurs que vous avez pu entendre. Mais si elles concernent le Luxembourg-België, elles sont presque toutes vraies. Le propriétaire de notre société est décédé, début avril. Un tragique accident, qui fait suite aux événements de ces derniers mois. » La langue de Félix humecta brièvement ses lèvres, manquant d’effleurer sa moustache. « Son épouse, madame Regina ici présente, l’a pourtant repris au mépris des départs de ses actionnaires comme de ses employés. Il lui a fallu le temps de retrouver des garants mais nous pouvons désormais compter sur un nombre faible mais fiable de partenaires. Nos girouettes orneront bientôt les toits de ce monde, que cela soit des Etats-Unis comme, nous l’espérons de la Russie. C’est en tout cas le projet de mon employeur, et je suis ici en qualité de premier contremaître. »

La serveuse revient, apportant leur commande et profitant de cette interruption pour se remémorer le discours, soigneusement préparé, de sa tirade métaphorique, Félix vint frotter son pantalon du plat de la main, pour empêcher leur malencontreuse sudation.

Il prit une gorgée de café, tandis que pensive, Regina se contentait de tourner sa cuillère, dans l’inverse des aiguilles d’une montre. Sans les regarder.

« Nous avons appris qu’un contrat avait été signé pour le transport de ces marchandises. Vous aviez passé une commande importante qui n’a pas pu être honoré. » Et hésitant à parler du vol rapporté, Félix sentit soudain la main de Regina presser son bras.

Surpris, et soudain convaincu que la jeune femme lisait dans ses pensées, il la laissa se pencher à son oreiller. Murmurer quelques mots soufflés si bas que Mads ne put qu’entendre le frémissement bas de sa voix. Et se redressa.

« Un nouveau contrat peut être fait, aujourd’hui. Mais selon certaines conditions. Et nous nous demandions. » Elle se demandait. « Quels seraient vos projets, avec toutes ces girouettes ? »

Un perdreau vint s’accrocher aux barreaux de la cage. Pépiant furieusement en direction de Regina. Qui eut un rire, comme un frisson agitant le velours épais de sa robe. Accrochant une nouvelle fois le bras de Félix, elle lui désigna une serveuse, sans porter attention à cette soudaine interruption, ne semblant pas en faire grand cas. Et après un nouveau chuchotement, l’homme de main fit signe à la russe de s’approcher. Demandant, nerveusement :

« Nous voudrions nourrir les oiseaux ? »
« Eh bien... » L’employée eut un mouvement surpris. Et voyant la pièce tournoyer entre les doigts effilés de Regina, hocha la tête calmement. « Je vais vous faire apporter des graines, madame. »

Félix eut un toussotement. Fit glisser la pièce jusqu’à la main potelée de la jeune fille, sous le sourire pétillant de Regina.

« Donc, monsieur Ivanova, pour reprendre notre conversation. Hé bien… Que... »

Il en perdait ses moyens.

Et la voix basse, feutrée et presque trop grave de Regina vint doucement l’interrompre.

« Qu’attendez-vous de moi ? »








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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Dim 31 Juil - 15:04
En deux contre un, Mads regrettait de ne pas avoir Viktor à son côté. Il aurait pu laisser ce dernier converser à sa place pour mieux imiter le détachement, la distance dont faisait preuve Madame M face à lui. Ecouter l’homme -qui ne s’était pas présenté- et suivre ses propos sans poser le regard trop longtemps sur les doigts fins ou les yeux aux teintes de pensées perdues de Régina lui demandait un effort. Tant ses gestes absents, que son rire muet qui capta toute l’attention du jeune blond, du sourire variant de formes qu’elle affichait au mouvement de ses cheveux quand elle tournait la tête…

Peut-être cet éclat de lucidité fut-il bienvenu quand on le questionna sur ses projets. Comme un sursaut de l’âme, et bien qu’il eût fait son possible pour rester concentré sur le contremaître, il se surprit à cligner des yeux puis à légèrement froncer les sourcils. Un jeu d’esprit…vraiment, l’absence de son ami lui faisait défaut…

« Les…poser sur- »

Puis un nouveau murmure de la frêle jeune femme à son accompagnateur. Mads se tut, observa, attendit, silencieux, tirant lentement sur ses gants de cuir, doigt par doigt, pour s’en défaire en des gestes minutieux et discrets.
Nourrir les oiseaux.
Il ouvrit d’abord un peu plus les yeux de surprise et incompréhension, mais l’expression de la belle le fit sourire de sorte qu’il porta sa tasse à ses lèvres et baissa à demi les paupières pour le cacher. Les femmes à lubies, sans considération pour le regard d’autrui sur leurs actes publics qui pourraient sembler décalés…
Il fut contraint de prendre une seconde gorgée.

La serveuse, à peine éloignée quand le grand homme reprit, se retourna à demi en s’éloignant au nom qui, répété ainsi, finirait par attirer l’attention. Le regard de Mads se noircit lorsqu’il se posa à nouveau sur le contremaître, à la limite du reproche. Il se sentit presque satisfait de le voir perdre ses mots et se convainquit qu’il était à l’origine de ce fait.
Et plus encore puisque Régina décrocha enfin un mot pour achever la phrase de son compère. Une voix que le Prince se surprit d’avoir attendu. Et de trouver à la hauteur. Lui seyant à merveille.

« J’attends que vous » en s’adressant à l’homme « m’appeliez Mads. » Puis en baissant légèrement le ton. « La Tsarine ne doit pas savoir que je suis ici. »

Elle n’avait sans doute pas encore remarqué son absence mais si des rumeurs s’ébruitaient en indiquant sa position, il finirait pas y avoir un hic avec la version des lettres et rapidement, ce qu’il avait prévu se retrouverait à l’eau. Avec en prime des soupçons redoublés. Ces mois de travail sur Svetlana pour tenter de gagner sa confiance, les soirées presque…confidence, même par Razoom, en espérant qu’il parlerait en bien de lui, de sa fibre sensible de jeune garçon ayant perdu son père… La baratiner. Encore et encore. Par tous les moyens possibles et imaginables en essayant de trouver les sujets sur lesquelles elle était sensible pour mieux compatir, exprimer une artificielle empathie… Mais le caractère de sa tante rendait les choses plus difficiles qu’à l’accoutumé.

« Les girouettes seront destinées au palais de glace. Je crains que le style ne jure avec le reste de l’édifice aussi préfèrerais-je que tout ceci se fasse dans la plus grande discrétion. Pour arranger les détails au dernier moment. Et pour faire une surprise. »

D’un doigt il entortilla une mèche de cheveux rebelle pour la remettre en place, à défaut de ne pas posséder de moustache assez conséquente pour en frisotter le bout comme bon nombre de personnes le faisaient.

« Mon associé cherche actuellement le meilleur endroit pour en poser une et capter les meilleurs courants d’air qui créeraient… …L’agitation. Peut-être auriez-vous un réseau de gens prêtes à faire de même en ville ? »

Son regard bleu maya chercha celui de Régina. Comme pour l’inciter à continuer de participer à la conversation. Car quelle étrange impression laissait-elle d’être là, assise et présente physiquement, mais semblant ailleurs et à peine concernée par ce qui se déroulait à la même table qu’elle. Peut-être n’attendait-elle que des moments clefs pour intervenir lorsque Mads s’y attendrait le moins ?

« Si oui, alors nous pourrons discuter de ce dont vous aurez besoin en retour. »


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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Dim 31 Juil - 18:48


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06



Les projets se précisaient, et le simple murmure presque suintant du noble suffit à lui faire comprendre toute l’importance de sa présence à ce café. Mads, puisque tel était le nom par lequel il fallait désormais le nommer, ne souhaitait en aucun cas que des pépiements trop hasardeux ne viennent rapporter sa présence loin de l’aura glaciale de la tsarine. Sa proximité génétique et ses affiliations vis-à-vis de l’impératrice n’étaient que des indices suffisant pour leur faire comprendre les esquisses de son plan. Mais à l’écouter reprendre la métaphore pour mieux se la réapproprier, et expliciter enfin clairement que ce que Regina commençait tout juste à deviner, le travesti s’en vint à sourire de nouveau. Moins amusée. Plus enthousiasmée.

Des girouettes au palais des glaces. Ce godelureau d’à peine vingt ans, ou peut-être plus qu’en savait-il, se fardait donc d’être le nouveau dirigeant de ces steppes glacées. Et cette audace, loin d’être poussée dans ses retranchements par quelques menaces contraignant sa vie, l’auréolait d’un orgueil tout juvénile qui la fit à nouveau rire. A ses côtés, Félix, balbutiant, attendit un signe de sa demoiselle pour s'éclipser ou bien reprendre la conversation. Ce à quoi elle l’autorisa après une nouvelle poussée sur son bras.

Le contremaître se racla la gorge.

« C’est une affaire d’importance. La ville est grande. Cela prendra du temps. Mais nous ne sommes pas contre certaines surprises, surtout quand cela concerne les altesses impériales. Nous espérons que nos œuvres plairont à … au digne représentant du trône. »

La serveuse revint, un sachet de graines en main. Et interrompant Félix, s’en vint le déposer dans une soucoupe, soigneusement placée devant le profil concentré d’une Regina toujours souriante. La demoiselle leur lança un regard hagard, sans reconnaitre, ni le visage de Mads, ni les étrangers qui la fixaient.

« Il vous faudra faire attention à ne pas ouvrir la cage… » Se permit-elle de conseiller avant de s’écarter, avisant qu’aucun d’entre eux, et surtout pas la jeune femme, n’avait terminé son café. Dédaignant ce dernier, Regina se leva, dans un froissement de tissu et une dignité telle qu’elle ne pouvait que tromper l’autre sur son rang.

Ramassant les graines, elle vint à nouveau chuchoter.

« Venez m’aider… » Puis à son bras droit. « C’était très bien Félix. Je prends la suite. » Obéissant à l’ordre, ce dernier se leva à son tour, ramassant son chapeau melon, après une dernière hésitation quant à son absence en tant que chaperon. Il aurait voulu lui demander si elle était bien sûre de sa décision mais la jeune femme lui ayant déjà tourné le dos, il se contenta de saluer Mads, d’une inclinaison du torse un peu maladroite. Avant de quitter le café, sans un regard en arrière.

Regina, pour sa part, accrocha ses doigts aux barreaux de la cage. Et avisant le cadenas qui la maintenait fermée, fronça légèrement des sourcils, avant frôler les contours grillagés, cherchant la porte menant aux réserves. C’est après avoir claqué l’ouverture dans les chuchotements sociaux des témoins alentours, qu’elle passa la main à l’intérieur, les graines dans sa paume. Attendant que les perdreaux ne viennent s’y nourrir.

« J’imagine que mon mari vous avez demandé une aide colossale, en échange de ce partenariat. Des hommes à employer au sein de nos usines. Ou bien une ville pour y fonder une autre succursale. » Son regard se voilà, son sourire se raffermit, comme pour ramener le masque à son profil amaigri.

« Je ne demanderai ni l’un ni l’autre. Mon entreprise à Bruges me suffit simplement. Mais j’ai néanmoins horreur de la concurrence. Et ils sont nombreux, en vautours, à vouloir s’attaquer aux frêles colombes. Des adversaires qui se reposent sur la magie pour mieux nous défaire et cela, je ne peux le supporter. Voilà pourquoi le Luxembourg-België me convient parfaitement. Les nouvelles lois en vigueur protègent nos commerces et rendent justice à nos citoyens, nos honnêtes partenaires. Ils devraient tous en faire de même, les dirigeants de ce monde. »

Un jeunot vint pépier sur une branche, à quelques centimètres de ses doigts. Puis tournant sa tête brune, à gauche à droite (tic – tac) se décida enfin à faire bombance au creux de sa paume. S’accrochant à ses doigts pour maintenir son équilibre et ne pas défaillir. Ses ailes étaient abîmées à force de battre sur la cage. Et ses plumes un peu ternes. Le cœur de Regina se serra, de ce miroir presque hybride. Le frisson lui piquant la nuque.

Et hérissant ses plus courts cheveux, sous la perruque.

« N’auriez-vous pas un idéal ? Si vous pouviez en être et porter le rouge comme l’or. Ne voudriez vous pas que les lois se permettent enfin d’agir comme elles devraient le faire, et cela depuis de nombreuses années ? L’endormissement de la France. L’explosion de Hamelin… La magie ne craint aucune force en ce monde et nous méprise. Nous assiège et se rit de nous. »

Le perdreau lui pinça le doigt. Et sifflant entre ses lèvres, se nourrissant de cette vague douleur comme une preuve éphémère de vie, Regina tourna enfin ses yeux bleu-roi aux lacs attentifs de Mads Ivanova.

« Ne serait-ce pas là un merveilleux projet ? Que de nous débarrasser de ceux qui pensent nous soumettre. »








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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Jeu 4 Aoû - 14:27
Alors que l’on venait apporter de quoi nourrir les oiseaux à la jeune femme, Mads acquiesçait aux paroles de l’homme d’un mouvement de tête avant de reprendre une gorgée de café. Ils avaient le temps. Ce n’était pas une course, leurs jours n’étaient pas comptés, seule importait l’organisation et la mise en place stratégique d’un maximum de pion pour encercler la reine et la faire tomber.

Objectif échec et mat.

Quand le dénommé Félix se leva, Mads l’imita, parfait miroir, et le regarda du coin de l’œil s’éloigner avant de venir se poster auprès de Régina. Sa canne était restée contre sa chaise aussi garda-t-il une main sur la table en guise d’appui.
De là, il observa la lady agir en parfaite légèreté et insouciance. Nourrir les oiseaux… Quelle drôle d’idée. Et la voir s’y appliquer ainsi en faisait fît du conseil de la serveuse le fit sourire.
Lui resta également en tête le « Je prends la suite » de la demoiselle lorsqu’elle avait congédié son compagnon. Mads avait-il réussi à susciter assez d’intérêt pour avoir le privilège de rester seul avec elle ? Pour qu’elle l’ait commandé même…

« Tous devraient en faire de même… », acquiesça-t-il après l’avoir écouté attentivement.

Plus que ses mots, il finit par écouter sa voix. Il se perdit dans ce terne qui cachait un éclat révolu, comme cette lueur faible mais belle et bien présente qu’il crut apercevoir au fond de ses yeux quand elle se tourna vers lui. Les galops s’entrechoquaient dans sa tête, mais celui de Régina était loin, il pouvait l’isoler pour s’y attarder. Ainsi, bien que la jeune femme ne semblât plus être qu’une pâle copie d’elle-même, elle vivait encore. Le chevalier blanc enchaîné depuis quelques années déjà à des déceptions amoureuses cruelles tirait sur ses liens. De l’intérieur, Mads se sentait l’envie de redonner à la brune le goût des instants présents. Ne plus la voir le regard dans le lointain. Ne plus assister à ces moments d’absence comme il avait vu sa mère en avoir tant de fois après le départ de Matvei…

« C’est un projet qui manque cruellement d’originalité. » Un demi-sourire étira le coin de ses lèvres. « Mais il est honnête, simple, et sera radical. Dans quelques mois, cela fera un an que je suis à St-Pétersbourg et à côtoyer les gens, j’ai constaté qu’ils acceptaient parfaitement les choses établies. Le changement fait peur au plus grand nombre… » Sensiblement, il s’approcha d’elle, tendant la main pour la mettre sous la sienne, réclamant aussi quelques graines à donner aux oiseaux. Un prétexte pour souffler plus bas, à quelques centimètres de son visage : « …et la Tsarine est appréciée dans sa capitale. »

Une réputation qu’il allait falloir ternir ou amoindrir pour ne pas engendrer chez les Saint-Pétersbourgeois une haine viscérale à l’encontre de la nouvelle tête couronnée qui ferait son entrée au Palais de Glace. Cette manœuvre allait reposer sur d’autres que lui ; les Oiseaux de Régina par exemple. Mais il a bien souvenir de quelques mésaventures teintées de magie qu’il a vécu ici et pour lesquelles la Tsarine n’a pas levé le petit doigt. S’il arrivait à convaincre le peuple que cette femme de glace restait entre ses murs scintillants sans considération pour les problèmes du quotidien, s’il allait à la rencontre des gens comme il le fait depuis son arrivée ici en laissant doucement entendre qu’il n’était pas qu’un cousin éloigné comme le faisait croire Svetlana mais bien le fils de feu leur bien aimé Matvei Kazimirovitch Ivanova…

« Tout est une histoire de planification. », dit-il doucement en s’écartant de Régina pour ne pas non plus l’indisposer. « Et la patience sera le mot d’ordre. »


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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Jeu 4 Aoû - 19:53


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06



Comme Jan aurait été déçu des pas lointain de sa cavalerie, s’il avait pu lire les pensées tumultueuses du russe. Malgré ses projets en Luxembourg-Belgie et l’envolée prochaine de ses oiseaux, il lui tardait désormais d’en finir avec cette vie. Le velours bleu ne recevrait plus les caresses empressées de son amant. Aucun homme ne rejoindrait plus jamais le grand lit de sa demeure à Kastämer. Il ne savait même pas pourquoi il se déguisait encore, si ce n’était pour les venger tous deux de cette magie criminelle. Mais même la vengeance ne suffisait pas à l’égayer. Ni elle, ni le profil avantageux de l’homme à ses côtés. Il n’était qu’un garçon de 21 ans au cœur brisé. Un garçon en robe de fille, loin de toute couronne mais aux épaules éprouvées par les poids de nouvelles responsabilités.

« L’appréciation ne fait pas tout, vous pouvez me croire. Si la sympathie vous gagne la faveur du peuple, cela ne dure qu’un temps. Quand vos stupidités et vos manquements submergent votre trône, ils ne suffisent plus à faire plier le discernement de ceux qui vous observent. Et tout au tard, au cri dans la foule se joint les hurlements d’une meute en délire. Voilà ce qu’apporte la popularité : l’éphémère. Ne vous fiez pas à aujourd’hui. Prévoyez toujours trois coups d’avance, si vous acceptez mon conseil. »

Un conseil de Jan bien plus que de Regina. Et cette pensée le ramena au jeu de go de l’empereur Edelstein. La tristesse de son cœur n’empêcha pas un sourire plus sincère de venir fleurir à ses lèvres maquillées de rouge.

« Néanmoins, vous n’avez pas répondu à ma question. J’attends un avis tranché concernant mon inquiétude. Déciderez-vous, une fois les changements opérés, de pousser plus loin votre volonté jusqu’à débarrasser votre empire de cette épine magique qui me tracasse ? Il n’y a qu’à cette seule condition que je puis vous aider. Je n’ai pas de temps à perdre avec des inconstants ou pire… » Le rire qui fit trembler ses épaules fut froid et distant. « Avec des inconscients qui, demeurant l'arrière coincé entre deux chaises et ne voulant froisser personne, pensent tirer du meilleur des deux partis. »

La techno-magie. Il l’avait en horreur, cette salissure traîtresse sur fond de modernité. Le futur était dans les alliages purs d’inventivité. Dans les esprits éclairés d’Edison ou mieux encore, de Tesla. Pas dans les grimoires de ces sorcières ou le regard fielleux des fées de ce monde.

Déposant quelques graines dans la paume de Mads Ivanova, et se fichant bien pour le coup de leur soudaine proximité, il se permit néanmoins de savourer son parfum, comme des piqûres discrètes de son costume. Il était bien habillé, et n’en déplaise à cette canne voulant l’handicaper, dégageait autant d’assurance, de maintiens, que de charisme. Jan ignorait encore si le garçon pourrait supporter le poids de sa couronne et s’asseoir sur le trône sans y perdre la vie – toute femme qu’elle était, la Tsarine n’en demeurait pas moins une adversaire redoutable. Qui ne perdrait certainement pas contenance face à la trahison d’un membre de sa famille. Mais il était amusant d'en rêver. En attendant que Svetlana ne chute, misérablement.

A son heure de gloire, Gottlieb avait presque susurré l’idée d’une alliance entre le Luxembourg-België et cette toute-puissance russe. Une alliance qui, de fait, n’aurait certainement rien eu à apporter à Svetlana Ivanova. Ils ne possédaient en rien son égal militaire, ni sa culture, ni ses territoires, ni rien à exporter pouvant la sustenter. Elle était immense, immonde et glaciale. Elle n’était pas facilement impressionnable et ne faisait rien par amitié ou par sensiblerie. Un pari bien trop risqué pour un roi médiocre. Et le Kapphären avait appris sa leçon en demeurant cordial, mais distant.

Les choses changeraient peut-être avec le nouveau. Et avisant la fenêtre, le ciel dégagé de Saint-Petersbourg, Jan se surprit à y voir naviguer ses navires volants.

« La patience est mon fort, sur ce point nous nous entendrons. Mes oiseaux répondront à nos ordres, car ils sont correctement dressés. » Une serveuse passa près d’eux, jetant un regard peu tranquille à leurs mains s’effleurant dans la cage, malgré l’ordre précédent. Regina s’attendit à une remarque, mais baissa néanmoins la voix pour reprendre sa métaphore et minimiser les risques. « Agréez à ma volonté et nous aurons un accord aussi fiable que le précédent. Je ne vous ferais pas l’audace de vous prévenir quant aux risques encourus d’une telle trahison. Vous pensez bien que si nous pouvons vous aider à chavirer le paysage de votre empire, nous pourrons en faire de même quel que soit le futur commanditaire. Et sans doute même gratuitement ! »

Les yeux bleus rois vinrent rencontrer le faciès charmant du jeune héritier. Il ne la dépassait que d’une demi-tête et cette haute taille, quelque peu surprenante pour une belge, n’arrivait tout de même pas à la dévaloriser. Penchant la tête de côté, cette fois bien plus charmeuse et présente qu’aux instants précédents, ce fut d’une voix mutine que Regina osa changer de sujet.

« Vous devriez aplanir un peu mieux votre paume quand vous les nourrissez. C’est pour cela qu’ils sont peu nombreux à vous approcher – une question de patience aussi, bien évidemment. Mais vous connaissez déjà votre sujet. Vos doigts doivent leur servir de prise. Voyez-vous ? » Le jeune perdreau remontait sur son poignet, picorant la dentelle à la recherche d’autres graines. Et le ramenant à ses yeux, son esprit brilla d’une idée si intense qu’elle manqua de frissonner.

« Oh et en passant, si vous pouviez trouver le moyen de briser le cadenas de cette maudite cage. Je trouve que c’est une trop belle journée pour laisser leurs ailes griller dans les assiettes des nantis. »


Comme pour appuyer sa pensée, le perdreau siffla deux fois. Et s’en alla se poser sur la main de Mads.








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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Dim 28 Aoû - 19:46
« Je vous rassurerai donc en assurant que je ne suis ni des inconstants, ni des inconscients », répondit-il donc pour clarifier les choses une bonne fois pour toutes d’un ton se voulant neutre.

Mads prit bien compte ensuite de la menace déguisée en avertissement et ne put s’empêcher de sourire comme si cette annonce pouvait le faire rire tant il n’en envisageait pas la réalisation. S’il avait pensé pouvoir tirer ce qu’il voulait de Rosthramus, il avait réalisé en l’espace de quelques longues discussions avec Viktor que l’organisation aurait bien pu lui renvoyer ses coups avec plus de puissance de tir si elle n’avait pas, par chance, sombrée avant qu’il ne mette à exécution ses projets.
Une fois sur le trône sa vision des choses pouvait changer, mais apprendre à connaître plus profondément ce qu’avait à lui offrir cette Régina en échange d’argent valait le coup de prendre un peu plus de temps à s’apprivoiser.

« Pardonnez-moi de vous demander à nouveau de me croire sur parole… Mais j’ai pour habitude…de rester fidèle. »

Inconscient de la probabilité que la jeune femme ait ouï-dire de ses travers à la dissolution de Rosthramus, il affirma ce mensonge sans ciller, avec même un léger sourire charmeur qui pourrait donner à sa phrase un tout autre sens. Il mesurait que la jeune femme portait encore la teinte du deuil en son cœur, mais pour elle, il avait envie de croire à ce qu’il disait. Pour une fois.

Et à leurs regards qui se rencontrèrent, il ne put que se persuader que c’était pour ce beau bleu soudain ravivé qu’il tenterait de la faire sourire.

Il appliqua les conseils de Régina, modifia légèrement ses appuis pour présenter sa paume différemment aux oiseaux, minutieux dans sa gestuelle comme le voulait le métier qu’il pratiquait depuis tout petit. Et à la demande de la brune, aux fines pattes soudain sur sa peau, les aiguilles dans la poche intérieure de sa veste devinrent incandescentes. Elles brulaient simplement d’exécuter ce qu’elles pouvaient réaliser pour rendre à un cœur meurtri un peu de joie.

Un coup d’œil rapide autour d’eux pour s’assurer que la serveuse était affairée ailleurs et il adressa un autre sourire à la jeune femme avant de lui rendre ses graines, et de permettre au perdreau de passer de ses doigts aux siens. Les mains libres, il se para donc de deux aiguilles suffisamment larges pour pouvoir faire sauter le verrou et assez fines pour s’y introduire.
Toujours derrière la jeune femme, il passa ses bras de chaque côté d’elle après un léger instant d’hésitation, et approcha jusqu’à presque effleurer sa robe des plis de sa chemise. Sa tête par-dessus l’épaule frêle et féminine, il remonta ses doigts au cadenas pour en trifouiller les mécaniques et le faire céder dans un léger clic qui passa inaperçu dans le brouhaha modéré du café. Il le laissa pendre là à la porte de la cage encore retenu par son poids tandis qu’il rangeait son matériel de serrurier improvisé.

Mais il ne recula pas ni ne bougea la tête pour pouvoir murmurer à l’oreille de Régina :

« Time to set free the birds. Will you ?... »

Certain que cela ne plaira aucunement au personnel s’il venait à s’en rendre compte, il doutait que la sage jeune femme ne se résolve à ouvrir la porte de la cage. Elle semblait être de bonne famille et devait donc avoir un code à respecter… Ennuyeuse ?
Mais Mads se surprit à espérer que son esprit soit aussi léger que son ton, et ses actes aussi désinvoltes que sa demande.


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Dernière édition par Mads M. Ivanova le Dim 28 Aoû - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Dim 28 Aoû - 20:40


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06



Ah la fidélité. Regina aurait pu la commenter, la décrier, et l’en défendre, le conseiller. Par la prudence, d’éviter ce qui vous meurtrissait. La fidélité, elle y avait goûté, la jolie Regina. Elle l’avait étreint avec fièvre à seulement 17 ans et s’en sortait aujourd’hui, des rubans noirs à sa ceinture. Presque avachie par le deuil, flétrie comme une fleur à son déclin. Un vulgaire cactus sans printemps. Un flocon sans hiver. Une dame blanche et pâle, aux traits tirés, presque ridés d’avoir trop pleuré. Les cernes boursouflées, à reprendre conscience avec peine des mécanismes du rire, de la joie. De cet humour qu’il lui offrait comme du charme dont elle n’était pas entièrement inconsciente. N’arrivant tout de même pas, ainsi, à le savourer et à prétendre y être sensible. Ne serait-ce que pour lui faire plaisir. Ne serait-ce que pour affirmer leur marché.

Mais sa réponse lui convint et à ses oiseaux retournée, Regina observa ses manigances, ses aiguilles sorties de la poche de son veston, et son habilité à faire sauter le verrou. Monsieur Ivanova possédait ainsi quelques points communs avec le jeune Kapphären déguisé. Une propension inégale à se montrer avenant pour mieux séduire. Et quelques talents cachés.

Mais Regina ne pouvait se prétendre voleuse – bien que le cœur d’Arsène soit encore dans sa main, au silence sans palpitations sous le dessein d’une simple alliance d’or et de diamant blanc. Et curieuse de ses gestes, le laissant se glisser à son dos comme un amant trop empressé de retrouver les charmes de sa demoiselle, elle observa le balancier discret du cadenas ouvert. Attentive à ses gestes, à ce message, à cet attrait qu'elle percevait comme une chaleur malcommode mais pourtant rassurante, là presque contre sa nuque. Comme sa question, anglaise. Soufflée au creux de son oreille.

« Ich verdanke, sehr teuer… » Lui répondit-elle, d’un accent belge presque ronronnant, chuintant ses mots aussi bas qu’une brise pouvait le faire.

Et tendit la main pour retirer le cadenas, sans précipitation ni geste brusque autre que la claque qu’elle mit au barreau de la cage, ouvrant de ce fait la porte et créant la panique au sein des perdreaux.

« Fly, Fly meine Liebe. » S’extasia-t-elle dans un nouveau rire et la ruée s’en fut, se faufilant dans un froissement d’ailes et de cris chantants. Se bousculant au sein du restaurant, décrivant des arcs de cercle à la recherche d’une fenêtre. Nuée parmi la foule de bienheureux, d’assiettes remplies ou presque vidées, de café renversés sur les nappes blanches, de sursauts de surprise et de quelques hurlements. Les femmes protégèrent aussitôt leurs cheveux, les hommes mirent la main à la nuque. On racla les chaises, on ouvrit la porte aux oiseaux.

Et eux d’eux, au milieu de la tempête, en étaient là à seulement les observer. Regina droite dans sa robe, les mains jointes, éclatante de bonheur éphémère.

A voir la serveuse se diriger vers la cage. Le regard aussi effrayé que conscient de l’origine d’un tel chaos.

« Et c’est à notre tour de prendre la fuite. »
Clama Regina, sans prêter attention à la soudaine gravité de sa voix. Filant, fuse rapide bleue et brune, jusqu’à sa table où elle ramassa son ombrelle. Empoignant la main de Mads, le guida à travers les tablées, poussant parfois du coude pour se dégager un passage. Et ignorant l’exclamation qui visait à les arrêter, pris la suite de ses enfants. Non pas vers le ciel mais bien vers la ruelle la plus proche de cette grande avenue une fois la porte passée et quelques mètres de précaution placés entre eux et leurs poursuivants.

« Félix nous cherchera. » Constata-t-elle après un court instant de souffle retrouvé, en remettant sa coiffe en place tout en ouvrant son accessoire.

Déployant la dentelle crème au-dessus de son visage à nouveau calmé, si ce n’était le pétillement de cristal au fond de ses prunelles, elle ajouta, pour faire bonne mesure : « Je dois sans doute vous laisser là, pour ne pas que l’on nous prenne. Et que la rumeur s’en vienne, d’un noble russe ouvrant les cages. Cela ne ferait sans doute pas bon genre, dans les circonstances. Mais ce fut plaisant, Mads Ivanova… »

Il n’y avait rien de mieux à faire et il lui fallait désormais retrouver la tranquillité de sa chambre d’hôtel. Jusqu’à reprendre le cours de son existence officielle, les terres luxembelgeoise, et mettre ainsi de côté la totalité de ses robes bleues.

Ne pas prendre de temps. Ne pas le perdre non plus. Ne surtout pas s’amuser.

« Nous nous reverrons pour d’autres girouettes. Votre commande est acceptée… »

Et il n’avait sans doute rien de mieux à lui proposer. Que le sillon évasif du passage de ces libérés, dans le ciel clair de Russie.







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Mads M. Ivanova
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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Dim 28 Aoû - 22:03
L’attente était excitante, Mads, suspendu aux gestes de la demoiselle.
Quand la porte claqua, et qu’elle rit, fugace, le jeune homme ne put retenir son sourire qui dévoila ses dents. Il resta immobile dans cette posture de proximité qu’il appréciait, à la limite de la décence ; assez loin pour ne pas sentir la chaleur de son corps au travers des vêtements, assez proche pour s’enivrer à chaque inspiration des effluves de son parfum.
S’il fit un mince pas en arrière, ce fut à la vue de la serveuse revenant vers eux d’un pas pressé. Quasi synchrone avec Régina et son ombrelle, il se saisit de sa canne et laissa dans le même geste de quoi payer les consommations avant de se faire tirer au dehors par le feu-follet en robe bleue.

Sa course est gauche, ralentie par le rire qui voudrait agiter plus que ses poumons. Mais il le retint, et de plus belle quand Régina s’arrêta, reprenant son attitude d’avant les oiseaux. Seuls ses yeux laissèrent l’espoir au jeune Prince que peut-être elle accepterait de profiter encore de cette euphorie éphémère pour la prolonger en un -peut-être- moment dont ils se souviendraient tous deux comme complice.

« Dans ce cas, la rumeur racontera aussi comme ce noble était bien accompagné. »

Il ne fit pas un geste vers elle, voyant le moment de leur séparation approcher plus vite qu’il ne l’aurait voulu. La retenir. Faire durer l’éphémère. Vite. La retenir.
Des yeux il chercha, et plus loin dans la ruelle au détour d’autres barreaux de métal et de plumes agitées, il trouva.

C’est pourquoi il la laissa conclure pour mieux réduire la distance entre eux, planter son regard dans le sien, le chapeau melon qu’il avait vissé sur sa tête à la hâte effleurant presque la dentelle de l‘ombrelle.

« Nous pouvons choisir de nous revoir maintenant. Pour d’autres oiseaux… » Puis après un léger temps de pause, il rajouta pour donner un attrait honorable et non purement oisif à ses paroles : « Acceptez de me laisser vous raccompagner jusqu’à ce que votre ami nous retrouve. »

Ses yeux quémandaient l’acquiescement tandis que son bras gauche se levait pour se présenter à la demoiselle, qu’elle puisse y passer le sien pour marcher un peu.
Juste un peu plus loin dans cette ruelle. Où sans un mot, se tenant droit et aussi fier que possible malgré le troisième clac décalé qui ponctuait sa marche, il la mena vers un vendeur de colombes.

« Notre mission n’est pas terminée…comme vous pouvez le constater », murmura-t-il de sorte à ce que l’homme qui les fixait déjà comme de potentiels acheteurs ne les entende pas.

Blanches et pures, belles, sept de ces dames restaient calmement posées sur leur balançoire de bois à regarder les gens passer, à battre doucement des ailes quand leur état statique les engourdissait.

« Ne voudriez-vous pas ouvrir toutes ces cages une à une ? »

Pour sentir à nouveau ce sourire émaner de sa personne. Pour voir à nouveau ce tableau de maître se teinter de couleur de bonheur.

« Un mot. …Et elles sont à vous. »


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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Jeu 1 Sep - 21:29


Watch chimes

A Saint-Petersburg, 15 mars 06



N’y avait-il pas une ruelle autrefois ? Une ruelle et un départ avorté, avant l’orage.

C’est une nouvelle qui se faufile aux dalles sous ses pieds. Le pavé lisse à miroiter presque humide de la neige qui a cessé de tomber. Il fait froid, la buée se condense à ses lèvres exsangues. Elle fixe le profil de celui qui cherche à le retenir et de lui concéder cette troublante attention, Regina sait qu’elle marque là le tournant d’un avenir dont elle ne sait encore rien. Ce n’est donc pas le galop des chevaux de la mort qui s’en vient vers elle, un peu trop tôt. Mais le pas bringuebalant d’un homme armé d’une canne. Il lui tend le bras, se rapproche, avec ses cheveux blonds et ses yeux clairs. Son teint et son accent slave – éminemment différent. Il est charmeur, il veut l’aider, il veut s’aider, et se montre presque trop insistant. Bien heureusement, Mads Ivanova sait trouver et tourner son affaire. Il obtient sans doute beaucoup de ce qu’il recherche et sans doute n’est-elle à ses yeux qu’un menu fretin de plus.

Regina doute forcément de ses bonnes intentions. Ne parvient pas à y lire une complète empathie. Et se moque de lui, d’un rire étouffé et mental. D’un rire qu’il ne peut entendre mais qui fait une nouvelle fois scintiller ses yeux. Si ses mains sont crispées à son ombrelle et si son cœur bat fort, cela ne veut rien dire. Si le ruban noir claque dans la brise qui traverse la ruelle, cela ne signifie rien non plus. La décision lui revient – il est si proche maintenant. Et peut-être veut-elle s’amuser comme elle savait le faire des hommes autrefois. Les menant à des appartements vides – puisque vide elle l’était elle-même. Les torturant, les frappant, les aimant sans jamais se laisser toucher – se laisse trahir par leurs touchés. Et les abandonnant dès l’aube pour qu’ils ne soient rien de plus que des silhouettes interdites sans visages – sans remords, sans pardon à obtenir, sans foi ni autorisation à implorer.

Il ne sera pas de même que ses prédécesseurs – et ne sera en rien Ebène. Il n’est qu’un tic tac d’une horloge claudicante – comme il l’est lui-même. Il n’est qu’une seconde perdue dans sa vie, une envie de se libérer de la folie qui le guette comme de ses obligations. Un voleur, qui entre sans frapper et ouvre les cadenas des cages solides.

Pourtant, l’imbécile lui tend son bras. Et un peu émue, Regina sert les dents. Acquiesce, la voix trop rauque pour pouvoir formuler d’autres mots orgueilleux et tout aussi imbéciles que ne l’est sa décision. Le suit dans la ruelle au roucoulement cette fois proche des colombes qu’elle n’avait pas remarqué jusqu’alors.

Le vendeur les observe. Mais le regard bleu nuit de la dame endeuillée est rivé aux plumes blanches de ces créatures qui attendent.

« Il y a une différence entre les perdreaux et celles-ci, monsieur… » Elle se souvient de l’interdiction. Et se corrige dans un sourire sans joie. « Monsieur I. »

Ses doigts gantés se tendent, le vendeur se redresse, cette fois-ci entièrement attentif. Annonce un prix qu’elle n’entend pas. L’esprit résonnant de l’offrande qu’il vient de lui faire. D’un mot, elle peut tout obtenir et c’est dangereux, ce genre de promesse. Ça vous emporte plus loin encore que n’importe quelle cavalerie.

« Je ne souhaite pas vous être redevable en quoique ce soit. » Baisse-t-elle la tête, chiffonnant ses lèvres d’une moue peu subtile. Sa voix éraillée s’affermit avec peine. « On ne libère pas les colombes comme on libère les perdreaux. Il me semble que celles-ci n’ont connu que des cages et les ordres stricts de ses éleveurs. Elles sont là pour amuser et charmer, non pour emplir les panses. Les chasseurs qui les attrapent ont d’autres volontés et ne s’en tiennent qu’aux œufs, abandonnant la sauvagerie. Me croyez-vous aussi cruelle pour libérez ces bêtes dans le ciel et les voir mourir de ne pouvoir s’occuper d’elles-mêmes ? »

Allons, quelle est donc cette saute d’humeur – pourquoi chercher à le punir ? Est-ce donc sa faute si elle est seule à nouveau ? Si sous ses vêtements il n’y a toujours qu’un corps de garçon, un corps d’homme imberbe qui reviendra à son trône, qu’importe le titre qu’il se donne. A sa femme enceinte, à son devoir si ce qui en nait n’est pas un garçon. A ce qu’il doit d’abord accomplir avant de penser seulement à être libre – ce qu’il ne sera jamais entièrement, bien évidemment.

Sa cage a la forme d’une bague. Une bague aussi circulaire qu’une couronne. Qu’un carcan.

Mais ce n’est en rien la responsabilité de Mads Ivanova – pauvre être, il ne pourrait deviner.

« Pardonnez-moi. J’ai quelques inquiétudes. Et ce n’est pas ainsi qu’une femme d’affaire se présente à un possible commandeur. » Mouche-t-elle de biais avant que les pensées de Regina ne s’étiolent d’une autre attention : Félix ne doit pas être loin et à lui éviter ses retrouvailles, Jan sait qu’il risque une inquiétude menée en abattage des rues avoisinantes. Quitte à demander du monde, en renfort. Après tout, s’ils sont devenus seuls, ni lui ni Regina ne manquent de moyen pour convaincre.

« Je ne vois même pas ce que je ferais d’une colombe si ce n’est lui offrir une autre cage. Les sept, cela ferait sans doute un peu trop. » Le vendeur est retourné à son journal, comprenant au ton de ces deux de la haute qu’il se déroule une scène à laquelle il ne comprend rien et n’a pas voix au chapitre. Toute interruption menacerait un business qu’il se targue de protéger du mieux possible de ce genre de tourment. Déjà peu fin commercial, il ne veut pas gâter ses maigres chances. Et se tient à carreaux.

Mais l’une d’entre elles se rapproche. Petite colombe intrépide sentant sur les gants de la dame trop proche les restes d’un biscuit. Quelques miettes, en plus des graines, y sont restées accrochées. Si cela peut lui changer des restes de pain noir durci par les semaines en cave, cela ne peut que l’enchanter.

Et de son audace, de la manière dont elle bouge la tête comme un petit hibou peu tranquille, Regina rit à nouveau. Tend le doigt pour se faire pincer. Et arracher à l’oiseau un roucoulement presque séducteur.

« Celle-ci a votre entêtement, je dois dire. Elle est bien maigre tout de même, comparée aux autres… » Le vendeur déploie son journal. Ne tient pas à se justifier.

« Aurais-tu un nom petite chose ? » Cela serait amusant que la magie le surprenne à la faire parler. Cela serait une raison supplémentaire de ne pas le prendre. Mais la colombe roucoule et plisse les yeux sous une vague caresse du doigt.

« Touchez pas trop la bête, madame, s’il vous plait. » Se mêle enfin la voix de l’homme, témoin jusqu’à présent. Il leur parle en espagnol. « Je leur évite au mieux les maladies pour qu’elles durent. »
« Pour qu’elles durent. » L’amertume de Regina se fait durement ressentir. « C’est vrai. J’avais oublié qu’elles n’étaient que des outils. »








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Lun 9 Jan - 19:18
La dame obtint sa colombe toute de blanche parée et deux silhouettes continuèrent à faire un bout de chemin ensemble. Sans un mot. Sans autre bruit que le clac de ses talons ou le vent gelé de St-Pétersbourg dans la dentelle de son ombrelle.
Un moment qui dura une éternité et fut si court à la fois… Tué, crevé comme une bulle à l’approche de l’escorte de Régina, Félix.
Un au revoir bref et un baisemain qui laissa l’empreinte de son parfum derrière elle, puis elle disparut.

J’ai encore la sensation des graines qu’elle a déposé dans ma main, effleurée de la sienne mes doigts inaptes à nourrir des oiseaux en cage. L’attente qu’elle prononce un mot, le soleil qui traversait les nuages à chaque fois qu’elle avait ri…

Il me tarde de la rencontrer de nouveau.





Rp achevé.


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MessageSujet: Re: Watch chimes [15 mars 06]   Aujourd'hui à 6:03
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Watch chimes [15 mars 06]

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