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 Adoucir les tensions

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Coya Ameyal
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MessageSujet: Adoucir les tensions   Ven 29 Juil - 14:32
La lettre de la reine d'Espagne, Ceniza de Burbona, avait fait son petit effet au Dôme d'Or. Tout d'abord, Sappa Inca Sumainka, fidèle à sa méfiance envers les Occidentaux, s'était montré peu enclin à une rencontre. Sa femme, au contraire, voyant les avantages que cela pouvait apporter, souhaitait cette réunion.

Puis, suite à d'intenses discussions entre le couple royal et leurs consillers, il s'est avéré qu'effectivement, adoucir les tensions qui stagnaient depuis des années entre le Brésil et l'Espagne était une bonne idée. Il fallait bien admettre qu'après le conflit qui avait tonné entre ces deux nations, plusieurs changements de dirigeants avaient eu lieu. Cela signifiait aussi des changements de mœurs et des nouveaux rois et reines qui n'avaient rien à voir avec ces vieilles tensions.

Coya Ameyal avait déjà pensé à prendre contact avec l'Espagne, surtout après sa rencontre avec la reine Ronce de France, qui avait elle-même suggéré une possibilité d'amitié. Hélas, le Brésil avait bien de la peine à suivre les nouvelles d'Europe, aussi, quand Ameyal avait entendu parler de la mort du roi Felipe, et des attaques terroristes précédentes, elle n'avait plus osé chercher le contact, voulant épargner à l'Espagne d'autres préoccupations. De plus, la reine inca ne pouvait plus compter sur un soutien de la France à ce sujet, car de nouvelles tensions apparurent entre le royaume français et celui d'Espagne.

Alors quand cette lettre entra en scène, Ameyal y voyait presque un miracle. Suivit ensuite une brève correspondance entre les deux reines, durant laquelle Coya Ameyal constata la grande sympathie dont Ceniza de Burbona faisait preuve.

***

Le voyage avait été quelque peu rude. La reine du Brésil et tout son équipage étaient soulagés d'être arrivés à bon port, qui plus est le jour prévu.

Très vaste, le port était rempli de ces bateaux technologiques, qui fascinaient tant Ameyal. Le sien, offert par la Reine Ronce, y ressemblait légèrement, mais en plus petit. Ce n'était pas tout à fait la découverte de la journée, car elle avait pris l'habitude, au Brésil, d'observer les bateaux espagnols s'amarrant au port brésilien. Le plus impressionnant, c'était les alentours. La technologie, dans ce pays, semblait faire partie intégrante de la vie quotidienne, à tel point qu'on en voyait partout, à toutes les sauces et parfois, le groupe brésilien se retrouvait bouche bée devant certains objets inconnus.

Finalement, Coya Ameyal aperçut la reine d'Espagne. Accompagnée de tout son groupe de guerriers et de servants, elle s'avança vers Ceniza de Burbonna, d'un pas enjoué, et les bras grands ouverts.

— Votre Majesté, je suis ravie de vous voir en chair et en os! Hélas, mon mari, Sappa Inca Sumainka, n'a pas pu être présent pour ce voyage. Ses obligations de roi l'ont forcé à rester au pays pour s'occuper d'un problème important. Je crains qu'il ne puisse tout simplement pas nous rejoindre, et il s'en excuse auprès de vous.

HRP:
 
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Ceniza de Burbona
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Ven 29 Juil - 20:16
C'était la seconde fois que je recevais à la maison. J'espérais que la Coya Ameyal allait être à l'heure : j'avais faim !

Personne n'était pas au courant de sa venue, sauf quelques concernés, jusqu'à avant-hier. Parce que voilà, cette bande de c**seillers, quand je parlait d'adoucir les tensions avec ce pays, qui étaient seulement commerciales depuis des années, ils n'étaient pas chauds pour discuter avec ces sauvages... Ah, cette vieille Espagne ! Heureusement que je voulais changer certaines choses dans les mœurs.

Je n'étais pas étrangère à la relation France-Brésil pour adoucir mes relations avec ce pays, mais avec les quelques déboires politiques précédentes, c'était mort donc il fallait que je fasse des choses par moi-même. Quelle bonne nouvelle ce fût quand la réponse de la Coya était favorable, même si j'imaginais que son mari allait être sur ses gardes, mais je comptais le dérider un peu en le rassurant.

J'étais personnellement allé à leur rencontre, avec quelques uns de mes gardes royaux. Le cortège brésilien n'était pas difficile à trouver et la reine du Brésil arriva avec son cortège à elle... Mais pas sont mari. Elle m'apprit qu'il était partit pour un problème important. Elle était des plus joyeuses, ce qui me surpris au premier abord, c'était ses bras grand ouverts, chose très peu faite en Europe. Je répondis néanmoins en lui serrant la main de bon cœur.

" Mais je suis tout aussi heureuse de vous rencontrer, votre Majesté Ameyal ! J'ai fait apprêté plusieurs voitures à cheval pour votre suite. Dites leurs d'entrer, dans votre langue s'il ne parlent pas l'espagnol. "

Je l'a fit entrer dans ma voiture personnelle et nous partîmes pour l'Escurial, le palais royal. Je fis tout pour qu'elle se sente à l'aise dans cet endroit si technologique

" Votre cortège et vos serviteurs seront dans une salle à côté de la nôtre. Ils mangent et boivent s'ils le veulent, quelques jeux d'Europe tel que les échecs à l'intérieur ou le croquet dehors, si vous ne connaissez pas, leur seront proposés. Je vous en prie, entrez dans celle-ci. "

C'était la même salle dans laquelle j'avais traité avec la reine de France et déjà quelques plats étaient prêts. Toutes les deux assises, je commençais par lui souhaiter un bon appétit et prit un papier sur lequel j'avais déjà marqué ma première idée, avec ses explications.

" Alors, votre Majesté, j'avais pensé d'abord à l'échange culturel en mettant en place ce que l'on peux appeler un "mariage" entre nos deux capitales pour commencer. Je vous explique pour que cela soit plus clair. Nos étudiants et les vôtres pourraient se rencontrer pour nouer une meilleure relation entre le Brésil et l'Espagne... Cette relation se concrétise par des échanges socio-culturels comme je vous l'ai dit. Et même si le choc peut-être "rude" dirons-nous, entre les deux communautés, cela pourra baisser les barrières et les préjugés de manière non négligeable. "

J'espérais qu'elle avait pigé quelque chose à ça car c'était seulement un projet alors au début, les choses peuvent être flous. J'esquissais un petit sourire.

" Est-ce que je ne suis pas allée trop vite ? C'est assez clairs ? "
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Coya Ameyal
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Sam 30 Juil - 18:34
L'accueil de la reine d'Espagne fut chaleureux à souhait. Ravie de constater leur enthousiasme partagé, Ameyal était de plus en plus satisfaite d'avoir accepté l'invitation de Ceniza de Burbona.

— Ne vous inquiétez pas, nous parlons tous l'espagnol.

Lorsque le cortège atteignit le palais royal, le garde du corps de la Coya la rejoignit, après leur séparation durant le voyage en diligence. Puis, tous deux suivirent la reine Burbona jusque dans la salle indiquée. Ameyal en avait profité pour observer les alentours, et le palais dans ses détails. L'architecture était différente des pays européens où elle s'était déjà rendue. Ou plutôt, chaque pays avait ses différences, mais drôlement, l'Espagne la marqua plus.

— Votre accueil est fort aimable, exprima Ameyal alors qu'elle prenait place à table. Ma suite doit être ravie!

Il y avait tout un assortiment de plats, dont certains étaient inconnus à la reine brésilienne. Ne sachant plus où donner de la tête, elle finit par faire le choix de se servir d'un peu de tout, en se demandant si elle allait réussir à tout engloutir.

Attentive aux explications de son hôte, elle réfléchit un instant avant de répondre. La proposition était très intéressante. Le Brésil n'avait jamais eu de telle relation, et cela pourrait apporter quelque chose de nouveau, et d'intéressant. Ameyal appréciait par-dessus tout la culture et la connaissance; accepter un tel accord serait grandement bénéfique pour ses jeunes citoyens. Leur éducation serait améliorée par la touche espagnole, car les Occidentaux étaient très en avance sur la science, bien plus que les Incas.

— Vous êtes allée à la juste vitesse, acquiesça la reine inca. Votre proposition m'intéresse grandement. Néanmoins, si mes étudiants sont très enthousiastes à l'ouverture car avides de connaissances, il existe chez vous -je veux dire en Occident- un terme qui me fait un peu peur: races inférieures. J'ai déjà entendu cette expression, et j'ai déjà remarqué que les Européens ne se montraient pas toujours très tolérants envers certaines origines, dont fait partie le Brésil.

Ameyal fit une courte pause, de manière à aérer son discours qu'elle craignait un peu long.

— Je suppose que votre Majesté l'a compris, mais je crains pour la réaction de vos étudiants. Font-ils partie de cette population peu encline aux "nègres", ou alors me fais-je de fausses histoires? Vous comprendrez que je m'inquiète de ce détail, et je m'en excuse.

Pleine d'espoir, la Coya espérait entendre que non, pas d'inquiétude, ils étaient ouverts, mais elle devait garder en tête ce que son époux, Sappa Inca Sumainka, lui avait conseillé; se méfier des Occidentaux, malgré son entrain. Après tout, si Ceniza lui avait fait cette proposition, c'était qu'elle savait ce qu'elle faisait, mais prudence était de mise.
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Ceniza de Burbona
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Dim 31 Juil - 16:07
J'eus un rire quand la reine inca me dit que je n'était pas allée vite et mon enthousiasme redoubla quand je vis que la proposition l’intéressait.

" Je salue déjà la curiosité de votre peuple et son enthousiasme. Mes étudiants sont assez ouverts d'esprit et ils sont triés sur le volet. " dis-je le temps de la pause que fit la reine.

Mais je redevint vite sérieuse quand elle me rappela ce douloureux point, cette tare que j'essayais de détruire : la fierté de la race blanche. Ah, combien de fois je m'était posé la question de "comment leur montrer que nous sommes au même niveau" ?

" Je comprend parfaitement ce que vous souhaitez me dire, tout comme votre prudence, Coya. Ayant moi-même fait plusieurs visites dans mes anciennes colonies..." Je m'arrêtais un instant : est-ce qu'elle était au courant pour le décret du 22 mars 6. Ca fait déjà un mois bientôt comme nous sommes le 10 avril 06. Comme c'est chez eux, ils peuvent être au courant, je pense. "Je ne sais si vous êtes au courant du fait que j'ai rendu l'indépendance à mes colonies le 22 mars de cette année. Mais je puis vous assurez que là où je m'attendais à trouver des sauvages comme le disaient ma cour, qui n'avait jamais mit les pieds aux Amériques pour la plupart, je n'y ait trouvé que des gens parfaitement civilisés, n'ayant pas de réelles différences avec nous. " Je m'arrêtais à nouveau, buvant dans mon verre d'eau. " Sachez qu'ici, le souverain est un moule dans lequel la population doit se conformer. Je souhaite diffuser cet esprit, disons plus ouvert, même s'il y aura toujours des réticences de la part de mes concitoyens que ce soit dans un futur proche ou lointain. Je veux que mon peuple découvre ce que sont vraiment ces peuples d'outre-mer car, et c'est bête à dire, ils en ont peur. "

Je piquais dans mon blanc de poulet puis en avalait une petite bouchée, mon discours étant assez long.

" Je ne peux vous garantir que cela pourra susciter un fort engouement pour les voyages. Mais étant donné que j'autorise la venue des êtes magiques ou des androïdes sur mon territoire, vous pouvez constater que nous sommes à peuple ouvert, malgré tout. Je vous promet de faire de mon mieux si vous accepter : ils logerons au château, par exemple, nous avons encore vingt chambres de disponibles.
Mais dîtes-moi : il y a trois ans, vous avez rencontrez la reine de France, comment était-elle cette rencontre ?"
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Coya Ameyal
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Lun 1 Aoû - 21:06
La réponse de Ceniza de Burbona fut un soulagement pour Ameyal. Les mœurs occidentales étaient ce qu'elles étaient, mais au moins la reine espagnole avait su la rassurer.

— Je suis rassurée d'entendre vos propos, répondit-elle, non sans cacher un léger sourire. J'ai effectivement ouï dire que vous aviez offert l'indépendance à vos colonies; je trouve d'ailleurs ce geste respectable, et vous remercie pour votre considération à l'égard de mon peuple ainsi que nos frères de race.

La Coya n'en dit pas plus. Il lui fallait demeurer neutre, et donner son avis sur une telle décision n'était pas le chemin à prendre. Il était évident qu'une reine amérindienne appréciait un tel acte de la part d'une reine blanche, mais elle ne devait pas en rajouter.
Il lui fallait revenir sur cette proposition fort intéressante.

— Nous avons également de la place pour accueillir vos étudiants au Dôme d'Or, et j'en serais ravie. Votre peuple est expert en technologie, tandis que le mien excelle dans la magie; un tel "mariage", comme vous l'avez décrit, ne pourrait qu'apporter un profit très intéressant à nos deux royaumes.

A la dernière question de son interlocutrice, Ameyal dut fouiller dans sa mémoire quelques instants; cela faisait effectivement trois ans.
Holà.
Le temps avançait si vite!

— Eh bien, ce fut une rencontre très intéressante. A ce moment, je n'avais encore jamais rencontré de dirigeant européen. Je me souviens avoir été très surprise par son habillement, et plus particulièrement son corset. Je n'en avais jamais vu, et ne connaissais même pas l'existence de ce vêtement. J'ai pu par la suite constater que toutes les femmes blanches en portaient, mais je vous avoue avoir encore aujourd'hui de la peine à comprendre cette mode.

S'apercevant de l'inutilité de ce propos, Ameyal se mit à rire.

— Oh, mais je suppose que vous parliez de choses plus politiques! Veuillez m'excuser, je me suis égarée. Reprenons: Nous avons mis en place un accord commercial et amical, où la France s'est engagée à nous offrir des navires volants, et à nous faciliter les déplacements Europe-Brésil. Nous faisons également des échanges culturels, car la France semblait très intéressée par cette possibilité. Nous sommes donc, en résumé, deux nations amies.

Ne voulant pas jeter de froid, la reine inca n'insista pas trop sur les derniers mots, car elle avait connaissance des récentes discordances entre l'Espagne et la France.

— Pour ne rien vous cacher, à l'époque la reine Ronce était une grande amie du roi, et m'avait proposé son aide pour améliorer notre relation. Par la suite, il y eut des empêchements, puis plus tard... Vous connaissez la situation actuelle.

C'était un sujet fragile, auquel Ameyal tentait tant bien que mal de choisir les bons mots. Elle ne pouvait que dire du bien de la France, mais elle s'adressait à quelqu'un dont la relation avec ce royaume était tout autre.

— Le Brésil n'a à ce jour qu'un seul pays européen -la France- avec lequel des relations amicales sont en cours, ajouta Ameyal tandis qu'elle buvait une gorgée dans son verre. Je n'ai aucun doute sur le fait que vous vous trouverez très prochainement sur la liste.

En effet, peu d'événements s'étaient passés durant ces quelques années, et la Coya ne pouvait mettre la faute que sur sa personne; elle prenait peut-être trop son temps, mais elle avait toujours préféré faire les choses à un rythme lent. Précipiter les relations politiques n'était pas dans son habitude.

— Mais parlez-moi donc un peu de vous. Ou plutôt, de votre pays. Vos relations sont bien plus complètes que les miennes, après tout. Si j'ai bien compris, vous avez cédé l'Uruguay à l'Autriche-Hongrie, c'est bien ça?

Puisque la discussion avait tourné sur les relations internationales, alors autant continuer dans ce sens. Il était vrai que ce sujet avait son intérêt, et pouvoir en parler avec d'autres personnes que ses habituels conseillers et autres suivants, ayant des mœurs et cultures différentes, rendait l'échange très attrayant.
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Ceniza de Burbona
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Lun 8 Aoû - 19:30
Le fait que la reine du Brésil me remercie pour l’indépendance de mes colonies me fit sourire aussi. J’ai l’air bête mais ce geste n’était pas anodin, cela était un peu pour faciliter mon entrer en son cœur.
Je voulus rajouter quelque chose mais elle revint sur notre « mariage » Espagne-Brésil. Cette complémentarité ne pouvait qu’être des plus lucratives d’un point de vue culturel et financier. Mais la culture était ma priorité ! L’argent et le faste ne sont plus mes centres d’intérêt depuis un an déjà…
Pour revenir à la culture, j’eus un minuscule sourire quand la Coya me parla du corset. Ah, le corset ! Je le déteste au plus haut point. Il faudra que je réfléchisse à ce problème de taille.

Pour continuer dans la relation Europe-Brésil, elle me parla du lien d’amitié qui unissait son pays et la France. Je ne put m’empêcher de repenser à la première fois où j’ai parlé avec la Française. Le sujet était sensible et je pense que la Brésilienne faisait attention à ce qu’elle disait, nous ne souhaitions pas devenir ennemis, les mots d’Ameyal – « Je n'ai aucun doute sur le fait que vous vous trouverez très prochainement sur la liste. » – me confirmaient cette pensée.
Puis vint cette question tant redoutée : mes relations avec les autres pays. Je lui répondit avec quelques arrêts.

« Eh bien, pour tout vous dire, je me porte malheur avec mes actions et les conséquences sont plus que lamentables et rien n’a été cédé au pays que vous avez citée. » Je ne préférais pas m’étendre plus sur mes rencontres. « Et je peux vous dire que l’Étiquette est ma plus grande ennemie : se tenir de telle ou telle façon, ne pas faire ceci ou cela… C’est harassant ! Cela fait que j’ai autant d’amis qu’une souris entourée de chats. Je prend malgré tout soin de ces chats, pourquoi devrais-je avoir de la rancœur ? Je devrais faire aussi plus d’effort… »

Je laissait un blanc, pour que nous terminions toutes deux nos plats.

« J’espère que les plats d’entrée et de résistance vous ont plus et qu’il vous reste de la place dans votre estomac : nous passons aux desserts. » Je claquais des mains et les domestiques vinrent changer assiettes et couverts pour apporter le dessert. « J’avais envie de faire honneur à la cuisine exotique et à vous-même : voici des tartes à la bananes, des truffes au chocolat et de la salade de fruit. J’ai fait appel aux meilleurs agronomes pour cultiver, ici, en Espagne, les produits exotiques. Je compte faire inaugurer dans les prochain mois l’Institut Royal d’Agronomie. Pour que nos agronomes travaillent main dans la main avec nos savants et avoir de bonnes récoltes » D’un geste de la main, je lui proposait de se servir.

« Votre suite profite des mêmes plats que nous. Et revenons à nos discutions politiques, aux anciennes colonies de l’Espagne justement. » Je fut servie en pâtisseries et en vin de Xéres (Hum, quel parfum… !) et me remit à parler. « Mes voisins d’Europe, ou les vôtres d’Amérique pourraient avoir des vues sur ces territoires maintenant libres. J’ai peur pour eux qu’ils ne soient à nouveau sous le joug d’un autre territoire sans le vouloir alors voici ma requête : pourriez-vous leur proposer un référendum pour savoir s’il accepteraient d’être rattachés à votre pays ? Je ne dis ni ne pense que la chose sera aisée mais est-ce que vous pourriez tentez ? Vous l’avez dit vous-même que c’était vos « frères de race » alors ils vous écouterons, j’espère. »

Résumé:
 
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Coya Ameyal
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Jeu 11 Aoû - 23:17
Ameyal se trouva soudainement inquiétée par les propos de la reine espagnole. Elle savait son empathie parfois exagérée, mais elle était incapable de la contenir proprement. Elle avait effectivement cru comprendre que l'Espagne avait des tensions avec la France, mais elle ne savait pas pour le reste. Les informations mettaient du temps à arriver jusqu'au Dôme d'Or. La réponse mitigée de Ceniza n'allait pas jusqu'à affoler la reine inca, mais cela était quelque peu préoccupant.

— Oh, pardonnez-moi. Quelques fausses rumeurs ont soufflé au Brésil concernant l'Uruguay. C'est de ma faute, j'aurais dû mieux vérifier leur véracité. Après un court soupir, Ameyal reprit: J'ai effectivement pu observer, durant les différentes rencontres internationales auxquelles j'ai assisté, que l’Étiquette avait une importance primordiale dans vos contrées. Nous en avons aussi au Brésil, mais évidemment, elle est bien différente. Et je suis très étonnée de voir qu'en Occident, la moindre erreur sans mauvaise intention puisse engendrer de telles réactions.

En voyant les desserts arriver, Ameyal en eut l'eau à la bouche.

— Il y a toujours une place dans l'estomac pour le dessert, répondit-elle joyeusement. Jusqu'à maintenant, les plats proposés étaient délicieux, et je ne m'inquiète pas pour la suite!

La Brésilienne jeta un œil aux plats présentés, flattée par la volonté de Ceniza de rendre honneur à des aliments de son pays.

— Un institut royal d'argo... d'organ... d'arigonamie, c'est une idée intéressante. Vous prévoyez sur le long terme, c'est intelligent.

Le sujet redevint plus sérieux, aussi Ameyal reprit un ton plus réfléchi. Que Ceniza de Burbona s'inquiète pour ses anciennes colonies, c'était normal. Elle se sentait concernée, et Ameyal le comprenait.

— Je comprends vos peurs. Je peux tout à fait prendre contact avec eux, et discuter. Je ne sais pas si le référendum fonctionnerait, car il se peut qu'ils n'aient pas la réelle notion de ce que cela signifie. Il se peut aussi que désormais libres, ces pays aient une opinion plus que nationaliste, et qu'ils n'acceptent pas de se rattacher, encore, à un autre pays. Néanmoins, si je leur propose une alliance solide, et si je m'engage à prendre leur défense, ils pourraient accepter. Ce sont effectivement mes frères de race, et je suis prête à les protéger s'il le faut. Je ne doute pas que Sappa Inca Sumainka soit du même avis que moi, cette fois-ci.

Lorsqu'elle eut fini de parler, la reine du Brésil but une gorgée du vin qu'on lui avait servit, puis tenta de tousser discrètement. C'était qu'elle ne s'était pas attendu à ce goût. Sa langue ne s'était pas encore habituée à l'alcool occidental.
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Ceniza de Burbona
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Ven 12 Aoû - 0:34
La Coya et moins avions l'air bien en phase toutes les deux. L'évocation du nationalisme de ces colonies libérées me fit lâcher un petit « Oui, bien sûr. Je comprend ce que vous voulez dire. Et sachez que je suis derrière vous. Bien entendu, cela me fais plaisir qu'ils veulent être eux-même à nouveau. » Je bus une gorgée dans mon verre, et toussais : j'ai failli m'étouffer. Un domestique me donna un petit mouchoir. « Excusez-moi... J'avoue que le vin n'est pas ma boisson préférée et qu'elle me fait aussi tousser. Si nous nous rencontrons un jour chez vous, j'espère pouvoir goûter à votre nourriture. »

Nous terminions nos dessert puis nous fûmes desservies. Je l'emmenais ensuite à sa chambre, réservée aux invités de marque.

« J'espère que vous apprécierez les draps et couvertures. Si quelque chose échappe à votre personne et à votre suite, mon personnel et moi-même saurons être à votre service pour vous aider. Je vous laisse quant à moi : je vais visiter un orphelinat... A moins que vous ne souhaitiez rester au palais, pour vous y habituez avec votre suite... »

Son choix fait, il fallu s'en aller pour la visite. Les enfants étaient fort civilisés en la présence de personnage tel que moi, même si je savais bien qu'ils étaient assez rebelles, comme tout enfant qui soit.
De retour au château, j'annonçais à la Coya Ameyal que, ce soir, elle et moi assisterons à un peu concert privé "Don Giovanni" de W. A. Mozart. Sachant que cela était en italien, je lui glissais : « Je ne crois pas que vous parliez l'italien ; c'est un langue proche de l'espagnol et du français, mais si quelque chose vous gêne, je pourrais vous faire quelques traductions. Pour vous donner une idée, c'est l'histoire d'un noble Espagnol qui séduit tour à tour des femmes par plaisir puis de les abandonner. Il est accompagné de son fidèle valet qui ne cautionne pas ses faits et gestes. Je dois dire que si on ne doit renoncer au monde pour quelqu'un et ne plus séduire les autres... »

J'eus un haussement d'épaule et levait les yeux au ciel. Victor I° notre pape me couperais les oreilles pour des mots pareils !

La suite du séjour furent paries à cheval durant lesquelles je lui apprenait à monter en Amazone ; ensuite nous allâmes à Barcelone pour lui faire rencontrer Antonio Gaudi, célèbre architecte Catalan. Je lui fit découvrir des bonbons et autres mets d'Europe. Nous signâmes le contrat qui officialisait ce "mariage" entre nos deux pays (après que j’eus contacté l'Université complutense de Madrid qui fut enthousiaste à ce projet ; son directeur eut même l'honneur de rencontrer mon invitée).
Lors du dernier jour, je laissais deux ou trois larmes d'adieu couler sur mes joues.

« Majesté, je vous salue et vous remercie pour cette visite. Sachez qu'elle me fut très agréable et je vous souhaite un bon retour au pays. Soyez béni, vous, votre mari et le peuple Brésilien »

Après cet émouvant adieu, je regardais le navire volant s'en aller vers ces terres lointaines.

Merci:
 
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Coya Ameyal
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MessageSujet: Re: Adoucir les tensions   Ven 12 Aoû - 23:46
La suite de son séjour en Espagne fut un réel plaisir pour la Coya. Sa royale hôte était au petit soin avec elle, et une amitié sincère se forma entre les deux reines.

Elle eut même l'occasion de visiter un orphelinat, chose qu'elle n'avait jamais faite auparavant. Par cet acte, Ameyal constata -bien qu'elle en était déjà pratiquement sûre- que Ceniza de Burbona était une personne à l'âme pure; cette reine vouait son règne entier à aider les démunis et à changer les mœurs engendrant les esprits fermés, ce qui était admirable.

Appréciant l'exotisme de la musique européenne, elle prit beaucoup de plaisir à assister au concert privé, et fut bien contente d'avoir droit à quelques traductions de la part de Ceniza.
La dernière phrase de la reine espagnole troubla Ameyal. Il y avait un sous-entendu, mais elle n'était pas sûre de l'avoir saisi. En voyant son interlocutrice hausser les épaules, la Brésilienne, toujours dans le doute, gloussa tout de même, certaine de l'incontestabilité du propos.

Puis, la reine inca put apprendre à monter à cheval, "en Amazone", comme disaient les européens, ce que l'amusa beaucoup, bien qu'elle tombât à plusieurs reprises avant de trouver le bon geste. La visite de Barcelone fut un très bon souvenir, et elle apprécia par dessus-tout de pouvoir lier connaissance avec un architecte d'Europe, à qui elle donna mille compliments, vouant un véritable culte à la beauté de l'architecture espagnole.
Elle fut agréablement surprise de pouvoir rencontrer le directeur de l'Université de Madrid, et de voir autant d'enthousiasme. Ce fut d'ailleurs sans hésitation aucune qu'elle signa le contrat.

Le dernier jour fut plus difficile. Son séjour en Espagne fut très intéressant, plein de surprises et de découvertes qu'elle n'oublierait pas de sitôt.
Et surtout, elle s'était fait une amie.
Malgré son tempérament joyeux, qui la préservait des larmes en général, Ameyal eut elle aussi quelques gouttes de trop dans ses yeux.

— Votre Majesté, je suis ravie de vous avoir rencontrée. Ce séjour en votre compagnie fut fort plaisant, et je suis heureuse de faire de l'Espagne une nation amie, et de vous-même une amie. Que les dieux soient de votre côté.

Après une révérence appliquée, la Coya Ameyal monta dans le navire français.
Elle agita encore ses mains en signe d'adieu depuis les airs, pleine d'énergie joyeuse, comme à son habitude.

L'Espagne et le Brésil, anciennement séparés par un fossé boueux, furent désormais deux nations amies, ayant chacune fait l'effort d'effacer les vieilles tensions qui les éloignaient. Les rancœurs désuètes se transformèrent en relations amicales, pleines d'optimisme.
Ameyal en était plus que satisfaite, et se réjouissait de raconter tout cela à son époux, lorsqu'il serait de retour du combat.

Fin


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Adoucir les tensions

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