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 Début mars 6. Requiem

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Alice au pays des merveilles
Alice Liddell
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MessageSujet: Début mars 6. Requiem   Sam 30 Juil - 1:14

L'hécatombe avait commencé avec Orphée. Un des habitants de Steamtown l'avait retrouvé mort, dans son lit, avec la quiétude d'un homme ayant accueilli la Mort à bras ouverts. Sous l'injonction de Alice, on l'enterra dans le cimetière de la ville. Si tôt rentré au sein du refuge, et si tôt reparti, les pieds devant. Une vague amertume s'insinua dans la bouche de Alice se demandant si elle avait fauté quelque part. Avant de secouer la tête et de retourner aux occupations quotidiennes.

Caterpillar s'était éteint le lendemain. En voulant admirer la créature figée dans l'ambre, Alice avait remarqué que les antennes ne se mouvaient plus. Alice eut beau secouer la chaîne dans son poing fermé, la pierre se balançant tel un pendule, l'insecte ne bougea pas. Le soir même, Lorenzo lui annonça la nouvelle. New-Wonderland s'était effondrée. Lampions, vitraux colorés, zombies – tout avait disparu, comme si la terre s'était ouverte pour engouffrer la cité des merveilles. La chaîne glissa entre les doigts d'Alice. La pierre heurta le plancher dans un bruit sourd.

Dahlia n'était plus.

Alice eut beau couvrir du papier d'encre, d'une écriture hachée, hâtive, jamais le lièvre de Mars ne lui répondit. Emporté, lui aussi, par le néant.

L'apothéose fut atteint en début mars.

Un oiseau mécanique s'était posé sur l'épaule de Alice tapotant, de son bec mécanique, la tempe de l'Androïde jusqu'à ce qu'elle ait saisit la lettre cachée dans son ventre. Les griffes de la jeune femme se plantèrent dans la poutre la plus proche pour l'empêcher de tomber. Elle entendit des pas se précipiter vers elle, des mains la retenir. La lettre se froissait entre ses doigts. L'écriture élégante se troublait sous ses yeux.

Le ruban noir chuta à ses pieds, ce même ruban qui fermait l'enveloppe.

D'une voix blanche Alice ordonna d'apprêter le navire. Elle devait se rendre en Autriche-Hongrie. Sans délai.

Personne ne posa de question. Alexender avait lu, par-dessus l'épaule de la jeune femme, et avait fait signe aux autres habitants de se taire. L'Allemand secoua la tête d'un air sec désignant, de l'index, une de ses incisives avant de se passer le doigt sur la gorge.

Le message était clair.

La fée des dents, l'impératrice d'Autriche-Hongrie était morte.

Avant de quitter le sol américain, Alice passa en revue chacun des habitants comme une mère veillant sur ses enfants. Son dernier geste fut de serrer l'Allemand dans ses bras, avec une poigne et une fébrilité dont elle ne se serait jamais cru capable. Ses lèvres déposèrent au creux de l'oreille de l'Androïde, quelques mots : « Ne prends pas de risques inconsidérés. Je n'ai plus que toi. » Sous l'impulsion, Alice déposa un baiser sur les lèvres sèches de l'Allemand sans s'en rendre compte.

Lorsque le vaisseau décolla, son regard se fixa sur l'horizon tandis qu'elle se cramponnait au bastingage, refusant de demeurer à l'intérieur. Le vent fouettait sa longue chevelure, la malmenant sans vergogne.


Dans son empressement, Alice n'avait rien pris – rien d'autre que ce qu'elle portait sur elle, une robe américaine toute tâchée à cause du travail en grand air. Mais personne ne sembla s'offusquer de la tenue. Pas même la princesse impériale, Maria Elisabeth, qui vint l'accueillir. Ses grands yeux bleus étaient embués par les larmes, ses tâches de rousseur ressortaient plus encore avec la rougeur qui marquait ses joues et son visage.

« Je suis désolée... » La voix habituellement si chantante de Maria montait dans les aigus. « Venez. »

Alice se laissa guider, poupée de chiffon entre les mains de la princesse. Une porte s'ouvrit. L'odeur de la mort s'infiltra dans ses narines, la faisant suffoquer. Mais cela ne l'empêcha pas d'entrer, de saisir la main de sa sœur tandis que la porte se refermait derrière elle. En silence.


La robe lui semblait lourde. Aussi lourde qu'un linceul couvert de sang. Alice ne savait pas d'où elle venait, à qui elle avait appartenu – et elle préférait ne jamais le savoir. La jeune femme passa un doigt sous le col, déglutissant. Il lui semblait que le col comprimait sa gorge, l'empêchait de pleinement respirer. Ou était-ce le chagrin ? Probablement les deux.

Elle n'avait pas réussi à pleurer. Elle s'était contentée de sortir de la pièce, de laisser la famille à son deuil. Avant même de s'en rendre compte Alice se retrouva dans les jardins du château alors que la pluie tombait à verse. Rejetant la tête en arrière, l'Androïde laissa les gouttes lui couler sur le visage – comme autant de larmes qu'elle n'arrivait pas à verser.

Un parapluie s'approcha d'elle, les gouttes crépitant sur le tissu. L'abri était tenu par Schlange, le commandant en chef de la garde.

« Vous allez rouiller. » éructa-t-il de sa voix bougonne.
« J'avais oublié... » laissa échapper Alice, soupirant plus qu'elle ne parlait.

Les gouttes jouaient une curieuse musique. Le monde entier semblait pleurait. Alice croisa ses bras contre sa poitrine.

« Je n'aurais jamais cru... que ça ferait aussi mal. »

Schlange ne dit rien, se contentant de poser une large paluche sur l'épaule métallique de Alice, qui posa sa main menue dessus. Continuant de regarder la pluie tomber, laissant la Nature s'épancher à sa place.


La princesse fut une aide précieuse en ce deuil. Gauchement, l'Androïde et le Loir s'entraidaient. Aidant les nourrices à apaiser les pleurs des jumeaux, veillant à ce qu'ils ne troublent point le deuil de l'empereur. Tout le palais était recouvert de crêpe noir transformant le palais en sépulcre.

Alice étouffait. Ce lieu manquait de vie, de rires. Parfois, par à-coups, il lui semblait entendre la voix de Zahnfee retentir dans les couloirs. Plus d'une fois elle avait bondi sur ses pieds, un « Sainte Molaire » résonnant dans ses oreilles. Avant de comprendre qu'elle avait rêvé.

Passant outre le protocole, profitant que la princesse soit occupée, Alice se glissa dans l'aile réservée à la famille impériale. Marcha, à catimini, jusqu'à une salle qui, depuis le début du deuil, était décrite comme interdite. Le bureau de l'empereur.

La poignée tourna entre ses doigts. La porte n'était pas verrouillée. Trop facile.

Refermant la porte derrière elle, Alice retint sa respiration. La pièce était plongée dans une âpre obscurité. Il lui fallut cligner des yeux quelques instants avant de pouvoir voir ses mains, et la pointe de ses bottines. Une fragrance âcre la prenait à la gorge. Sueur rance, vestiges de repas non retirés, vieux papiers, encre – ça sentait les archives municipales oubliées depuis des lustres avec, en sus, un fonctionnaire n'ayant pas pris de bain depuis un mois.

Devinant un fin rai de lumière, Alice avança en tâtonnant. Poussa un grognement en se cognant le genou. Déclencha un concerto digne du miaulement d'un chat estropié en s'appuyant sur le piano, ses doigts malmenant les touches. Finit par trouver le rideau, le saisir et le tirer.

La lumière fut, dévoilant le carnage.

Osant outrepasser le protocole (après tout elle était entrée quasiment par effraction, elle n'était donc plus à un geste inconsidéré près), l'Androïde se porta auprès de l'empereur. Qui gisait tel un pantin dont avait coupé les fils, les membres lourds, dans un fauteuil.

« Votre Majesté ? » hasarda-t-elle d'une voix enrouée.

Sa main droite se posa sur l'épaule impériale.



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Le basilic
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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Sam 6 Aoû - 19:11


L’impératrice était mourante. Une fièvre ravageuse lui avait-on dit. On lui avait aussi dit que, par chance, ce n’était pas contagieux. Par chance. Voilà des paroles bien dénuées de sens aux oreilles de l'empereur.

Contagieuse ou non cela ne l'aurait pas empêché d’être au chevet de sa femme, même s'il aurait dû être contaminé lui aussi. La seule bonne chose dans cette fausse bonne nouvelle était que les enfants pourraient voir, une dernière fois, leur mère. Ils avaient été installés de chaque côté de l'impératrice, dans ses bras.

L'empereur regarda, impuissant, ce tableau mêlant vie et mort, mort et vie. Comment rester saint d'esprit avec une telle chose devant lui ? Être la puissance première de ce monde ne renforce pas face à ce genre de situation. Empereur, simple citoyen, reine, bourgeois, noble, être de magie ou de technologie... Tous étaient placés au même rang face à la mort d'une personne qu'on aime plus que tout. La mort de Zahnfee regroupait plusieurs personne de ces différentes classes sociales.

Le roi des serpents le basilic lui même, était impuissant face à la mort. Ce qui lui faisait perdre pied. Il n'arrivait plus à raisonner posément, calmement. Tout était sans dessus dessous dans son esprit. Pendant une courte seconde de trop il avait même pensé à accuser Dieu de cette situation. Pourquoi lui infliger cette épreuve ? Oh Dieu tu peux être cruel avec tes créatures, mais si cela est une épreuve, le basilic devait la relever, être le fier empereur.

Mais pas ici. Pas dans cette pièce où les minutes de sa femme étaient comptés. Pas ici où sa famille était là. Il savait bien qu'il devait être un modèle pour eux. Mais c’était pour la première fois, depuis bien longtemps, au-dessus de ses forces. Il ne se sentait pas avoir cette force... Il lui fallait quelque chose pour surmonter tout cela. Pour calmer cet esprit qui ne pouvait s’arrêter de penser dans tous les sens, sans pouvoir maîtriser le flux d'informations.

Friedrich caressa la joue de sa femme, trop faible pour lui rendre la moindre caresse. Cela ne l'aidait pas, bien au contraire. Il se releva marchant, non zigzaguant, sans contrôler vraiment ses jambes devenue frêles. L'empereur allait tomber quand sa main se posa sur le bord de son piano.

À peine avoir touché le piano ses pensées prirent un ordre, ou plutôt toutes ses pensées étaient enfin sur un seul sujet : sa famille. Son vieil ami était toujours là pour lui. Sans un mot l'homme prit place pour se mettre à jouer « Lettre à Zahnfee ». Une musique qu'il avait écrite après leur rencontre au bal masqué de Versailles. Une musique qui n'avait qu'une destinataire dans le monde, aujourd'hui comme demain, et comme pour le reste des temps.

Friedrich joua comme jamais. Il ne jouait pas une musique. Il jouait avec son âme, son cœur. Tout son être était la musique. Plus rien n'existait à part le pianiste, le lit où mourait doucement l’impératrice et les jumeaux, accompagnés de Maria, assise sur une chaise, qui tenait la main de sa belle mère, restant impuissante face à la douleur de son père.

Friedrich jouait. Il voyait, non elle était dans son dos. Il sentait que Zahnfee s’accrochait à chaque note de son fantôme de pianiste. Chaque note était un souffle qui la rapprochait de lui bien plus que n'importe quel mot, que n'importe quel contact. Et ça l'empereur l'avait senti. Allez savoir comment mais il savait. Ce qui lui faisait redouter chaque note qu'il jouait, toujours avec tout son être. Il avait peur. Peur de la fin de la musique. Peur de la fin de la partition, qui serait aussi la fin de la vie de sa bien aimée. Il ne voulait pas. Il refusait. Il ne voulait pas. Pourquoi devrait-il accepter ce châtiment cruel ? Mais il ne pouvait jouer plus longtemps. Cela ferait perdre le sublime de la musique de la vie de sa femme. Et il voulait que sa mort, si il l'acceptait, soit dans cette douce musique, entourée de ceux à qui elle avait donné vie et de son mari. Friedrich avait contacté les sœurs de Zahnfee. Mais la maladie était plus rapide que les plus rapides des dirigeables.

Alors que les dernières note arrivaient sous les doigts de l'empereur, ce dernier revit tous ces moments de plaisir avec cette femme qui avait su bousculer la partition de sa propre vie. Le bal, la quête de recherche, les retrouvailles mouvementées, les moments au château, le mariage où il avait été un homme heureux et comblé suite à la naissance des jumeaux. Il était aussi un père comblé. Il aimait sa fille Maria, mais il avait enfin un héritier. Mais s'ensuivit ce maudit voyage en Amérique.

Tout cela avait défilé en quelques secondes dans son esprit. On dit, qu'au moment de mourir, on pouvait voir sa vie défiler sous ses yeux. Il ne pouvait pas le savoir lui même, n'ayant pas goûté à la mort. Mais ce qu'il venait de vivre était très similaire. Peut être qu'une partie de lui venait de mourir.

Dernière note. Dernier souffle de vie. Premiers pleurs des jumeaux, comme s'ils avaient compris la mort. Comme si la détresse morale de leur père les avaient atteint. Et de nouveau plus aucun ordre dans la tête de l'empereur. Plus de note pour le réconforter alors que quelque larmes, non retenues, tombaient sur ses doigts, enfoncés dans les touches du piano. Le corps de l'empereur était inerte et ne bougeait plus, dos à la scène tragique qui était arrivée avec les dernières notes qu'il avait joué. Il ne pouvait pas se retourner. Son corps lui refusait cette action alors que tout s’agitait dans son dos, qu'on prenait les enfants impériaux qui continuaient de pleurer.

L’impératrice est morte.

La princesse Maria était aux cotés de Zahnfee, regardant son père sur son piano. Elle n'avait jamais vu son père ainsi. Il était si fragile. Son dos lui paraissait moins robuste qu'à son habitude. La princesse impériale ferma les paupières de Zahnfee tout en murmurant qu'elle lui souhaitait de profiter de sa dernière berceuse.

Puis elle alla vers son père pour lui poser la main sur l’épaule. Aucune réaction de la part de Friedrich, comme si, sur le moment, elle touchait une coquille vide.

— Maria va vous laisser Père. Maria est toujours là pour vous. Si vous en avez besoin Maria accourra vous voir. Mais, pour le moment, Maria sait que vous avez besoin d’être seul.

Un mouvement. Une main se détacha du piano. Une main avec quelques larmes dessus qui se posa sur celle de sa fille avant que celle-ci retombe le long de son corps.

C’était trop pour la princesse loir. Mais elle ne devait pas craquer. Pas dans cette salle du moins. Elle sortit avec la dignité de son rang. Une fois la porte passée ce fut une autre histoire.


L'empereur n'avait plus quitté la pièce depuis ce jour. Il était resté seul, une journée, avec sa défunte femme avant qu'on lui arrache le corps de son champ de vision. Il fallait tout préparer pour les obsèques de l’impératrice. La tâche avait était confiée à Ronove, la personne en qui l'empereur avait le plus confiance en ce château.

Un discours avait était prononcé dans tout le pays et aux colonies qu'un deuil serait porté pour la mort de l’impératrice. Aucune action politique ne serait menée durant le deuil de l'empereur qui durerait quatre mois. Le pays, lui, serait en deuil pour une durée de huit mois.

Mais hormis ça, personne n'avait vu l'empereur. La seule personne autorisée à entrer dans le bureau impérial était Ronove pour lui amener de quoi s’alimenter et de quoi boire.

Les jours, les heures, les minutes, les secondes. Tout cela était devenu une notion qui échappait à l'empereur. Tout était superficiel dans son esprit. Il y avait même eu un étrange phénomène. le gaz qu'il avait de sa malédiction avait disparu. Mais, en échange, le regard de l'empereur était devenu mortel.

Devait-il y voir une évolution de sa malédiction qui avait pris le dessus sur son état fragile ? Ou Dieu qui l'avait puni pour ces quelques secondes à le renier. Il ne savait pas et n'avait pas envie d'y songer. Il y avait juste du mobilier qui était devenu de pierre quand il regardait trop longtemps l'objet en question.

L'empereur entendit une personne entrer, qui n’était pas Ronove. L'homme avait l'habitude de toquer trois fois avant de prononcer le grade de l'empereur. C'était du coup facile de savoir que ce n’était pas lui.

Friedrich ferma donc les yeux attendant de voir la suite. Il n'avait ni la force, ni l'envie de se lever. Même quand son piano produit un son à lui faire grincer les dents. D'un seul coup de la lumière, Les yeux fermés l'empereur grimaça face à l'agressivité de la lumière.

Puis une voix familière.

— Alice Liddel ?

Voilà qu'il se présentait donc face à la sœur de sa défunte épouse, dans un état pitoyable. Bien qu'il y avait toujours une note de charisme chez l'empereur, son état était déplorable : ses cheveux roux en bataille, le col ouvert, la cravate pendante, les cernes sous les yeux, un verre de stroh à la main.

— Nous somme désolés...

Désolé de quoi ? De la mort de Zahnfee. D’être si pitoyablement affalé devant elle. Pour ça et tant de choses. Il aurait aimé qu'elle puisse voir sa sœur une dernière fois en vie. Peut être que si il avait continué à jouer...

— Nous ne pouvons vous voir. Nos yeux sont maudits. Nous ne contrôlons pas cela. Et nous ne voulons pas vous blesser.

Il ne supporterait pas de faire du mal à une sœur de sa défunte épouse.


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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Mer 24 Aoû - 23:23
Nous ? Comment ça n... Ah oui. Elle avait oublié. Le tic de langage de l'empereur – il ne pouvait pas parler comme le commun des mortels et se désignait par la première personne du pluriel. Alice ne s'y ferait jamais. C'était trop mondain pour elle, trop huppé.

Ses sourcils se haussèrent tandis que son esprit tentait de déchiffrer les paroles de l'empereur. Il avait passé trop de temps plongé dans le noir, et le voilà qui divaguait désormais. Alice secoua la tête, eut le réflexe de vouloir passer sa main dans ses cheveux. Ses doigts ne rencontrèrent que le vide. Elle oubliait, encore, que ses cheveux avaient été coupés. En signe de deuil. La princesse impériale avait tenté de la raisonner, mais rien à faire. Alice n'avait pas eu une once de regret à la vue des longues mèches qui avaient éparpillés le sol.

Elle devait changer.

« Maudit ? Vous savez, vous pouvez le dire que vous avez pleuré et que vous avez les yeux tout rougis. Je le dirais à personne. Le coup de la malédiction c'est aussi bancal que celui de la poussière dans l’œil vous savez ? »

C'était typique de l'ego masculin de cacher sa sensibilité derrière des excuses qui n'en étaient pas. Du regard Alice chercha un siège où poser ses fesses, et ne trouva rien. Croyant voir un siège sous une pile de documents, l'Androïde du jouer à la marelle, slalomer entre les assiettes abandonnées que les domestiques avaient oubliés et les meubles renversés. Se penchant, elle saisit, des deux mains, la pile.

« Au passage, vos enfants vont bien. Ils commencent à avoir les dents qui poussent. Je devrais leur amener Alexander pour qu'ils fassent leurs dents sur lui. J'ai voulu essayer avec mon bras androïde mais la princesse impériale Maria craignait que ça ne leur cause trop de mal. »

Alice souleva la pile sans faire bouger une seule feuille. Étonnée par le poids de tout ce papier, l'Androïde souleva et abaissa plusieurs fois, avant de coller son nez dessus.

« Mais... »

Sans prévenir, Alice relâcha. La pile s'écrasa lourdement en un seul et même bloc rigide. L'androïde donna quelques coups de pieds dedans.

« … c'est de la pierre. C'est quoi ce truc ? » Tournant la tête, elle ramassa le métronome à jamais figé dans le temps qu'elle cogna contre un meuble. Aussi dur et résistant que du ciment sec. « Dites y a quelqu'un qui s'amuse à changer vos affaires en pierre... »

Une ampoule s'alluma dans l'esprit d'Alice. Agrippant le dossier de la chaise, désormais libérée, l'Androïde la tira pour pouvoir se poser devant l'empereur.

« C'est rapport à vos yeux maudits, là ? C'est... Vous avez fait quoi ? Vous vous êtes injecté un truc pas net ? Vous avez inhalé de la poudre de fée ? »

Alice se retint d'ajouter un « Regardez moi quand je vous parle » qui n'aurait pas été du tout approprié pour la situation. Et par réflexe il allait peut-être finalement le faire et la transformer en statue qui finirait en décoration de jardin.



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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Mar 18 Oct - 20:36

Friedrich haussa un sourcil. À quoi cela pouvait-il bien lui servir de cacher des larmes ? Enfin cacher le moment où il pleure certes, mais qu'il avait pleuré ? Aucune raison vraiment. Sinon à passer pour un sans-cœur aux yeux de tous.

La jeune demoiselle aborda aussi le sujet des jumeaux. C’était vrai que cela faisait plusieurs jours que l'empereur n'avait pas vu sa jeune fille et son fils. Une pointe de culpabilité l'envahit avant de se rappeler la vraie raison de cet isolement et de l’état de cette pièce.

— Alexender... Si notre mémoire est bonne il s'agit là du jeune trouble fête albinos qui vous accompagne en général ? Sans vouloir vous offenser, nous ne pouvons l'imaginer avec un enfant dans les bras.

Et encore moins avec des enfants qui faisaient leurs dents et donc pleurer. Il ne voulait pas imaginer la façon dont l'albinos calmerait les jumeaux, même s'il avait une capacité de régénération. Mais l'empereur était sûr que les nourrice savaient ce qu'il y avait à faire. Elle qui connaissait tout sur les dents aurait pu aider. Mais elle n’était plus là et ne le serait plus jamais. Comme si quelque chose lui disait qu'il ne devait pas penser à cela, un bruit sourd de pierre cassée se fit entendre. Alice pensait que l'empereur s'était drogué. Le nom de « poudre de fée » l'aurait presque fait rire, si la situation n’était pas si critique. Il se contenta d'afficher un air perplexe en caressant sa moustache.

— C'est cela en effet. Nous ne savons pas si vous étiez au courant, mais nous avons été maudit avant même notre naissance. Il faut croire que de refuser de voir la triste réalité en ce qui concerne votre sœur et donc notre def... femme... Enfin il semblerait que cette malédiction a évolué en affectant nos yeux à la place de notre gorge.

Friedrich tenta de se lever pour rejoindre la jeune femme, mais en gardant les yeux fermés ce n’était vraiment pas chose aisée. L'empereur alla même jusqu’à trébucher pour le faire poser genoux et mains au sol.

— Et comme vous le voyez, pour le moment, nous sommes comme un aveugle. Nous ne maîtrisons pas ce pouvoir, si nous pouvons appeler cela ainsi. Nous ne désirons tuer personne de nouveau à cause de cette malédiction.

Ça non il était vraiment hors de questions de tuer de nouveau des personnes auquel il tenait à cause de cette malédiction qu'il pensait avoir enfin maîtrisé face au lourd poids de la mort de ses parents. Mais non le voilà de nouveau au point de départ, étant une menace plus pour les autre que pour lui même.


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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Dim 6 Nov - 21:38
« Woh. »

Ce fut tout ce que Alice trouva à dire proprement douchée par cette révélation qui la laissait comme deux ronds de flanc sur son siège. La jeune femme n'y connaissait guère grand chose en magie et malédictions. Son propre pouvoir, aussi boiteux qu'un canard unijambiste, l'empêchait d'user de la magie comme elle le souhaitait. Elle n'était qu'une pile défaillante victime de cette puissante énergie naturelle servant simplement de conducteur. Sans quoi elle aurait fort bien proposer au concerné de l'aider avec son pouvoir. Néanmoins, à l'heure actuelle, l'Androïde causerait plus de mal que de bien.

« Je suis désolé pour vous... » Ces paroles concernaient aussi bien la malédiction que la mort de Zahnfee. Même si, l'un comme l'autre, Alice ne pouvait rien y changer. « Je... Vous savez il y a des fées au Canada et... Elles pourraient vous aider, non ? »

L'Androïde finit par se lever époussetant, par réflexe, sa robe.

« En tout cas vous ne pouvez pas rester indéfiniment ici. Allez, je vais vous servir de canne blanche. »

Alice prit l'empereur par le bras, tentant de le déloger du siège où il était figé.

« On va passer par le balcon. Comme ça personne ne vous verra. Laissez-vous guider par ma voix. »

L'Androïde avançait à pas comptés pour ne pas perdre son cavalier. La Roumaine précisait lorsqu'il fallait lever le pied veillant à libérer le passage du mieux qu'elle pouvait pour ne pas perdre l'empereur. Les fenêtres s'ouvrirent sous sa poussée apportant un air presque glacé qui arracha un frisson à la jeune femme. Elle veilla à ce que l'homme stoppa près de la rambarde avant d'observer les environs.

« Oh vous avez un escalier qui donne directement dans les jardins ? Pratique. On va le descendre. Allez, courage, votre Majesté. »

Alice prit l'empereur auprès d'elle, bras dessus bras dessous, marchant à ses côtés à pas mesurés.

« Je pense que les domestiques sont demeurés à l'intérieur. Il faut dire que l'héritier et sa sœur demandant une attention constante. »



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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Dim 18 Déc - 17:16

Les premières paroles, ou plutôt le simple mot qu'elle avait prononcé face aux révélations de l'empereur, lui fit lever un sourcil. Cela n'avait pas l'air de la surprendre plus que cela. Peut être avait-elle vu d'autre magie du genre, ou même pire.

Il est vrai que l'empereur ne connaissait pas vraiment le parcours de la jeune Liddell. Mais il avait confiance en cette jeune fille. Peut être à tort. Mais son instinct lui disait qu'il pouvait avoir confiance en la jeune fille, comme il avait eu confiance en la défunte impératrice.

— Nous le sommes également pour vous.

Après tout il avait peut être perdu sa femme, mais la jeune androïde avait perdu sa sœur aîné. La Mort n’était plus laissant, derrière elle, des semblants d’êtres humains qui ne ressemblaient plus qu'à des fantômes… Ironie que tout cela.

L'empereur n'eut pas le temps de continuer de parler que la jeune demoiselle l'avait pris par le bras, brisant de nouveau toute frontière protocolaire envers sa personne, prétextant qu'il lui fallait prendre l'air. Et en moins de temps qui lui avait fallu pour se focaliser sur la voix féminine, l'empereur s’était retrouvé sur le balcon, le froid lui fouettant le visage. Le balcon qui donnait sur le labyrinthe des peines. Bien sûr qu'il y avait un escalier. Sinon comment rejoindrait-il le jardin lors de ses balades nocturnes lorsque l'inspiration était en train de bouillir sous les multiples inspirations musicales.

L'empereur posa la main sur la rambarde glaciale de l'escalier alors qu'Alice l'avait pris bras dessus bras dessous.

— Nous avons toute confiance en la princesse aînée. Elle est notre fierté. Nous sommes certain que la princesse Maria prendra soin des jumneaux pendant notre… « rallentando ».

Friedrich ne savait comment agir avec le jeune femme qui, depuis le début, avait brisé plus d'une règle pour lesquels, en général, il serait monté « crescendo » rappelant son rang et le respect qui lui était dû.

Mais ce comportement lui rappelait, en différent bien sûr, les moments avec elle, des moments où tous deux n’étaient vu que par eux-même.

— Enfin bien que nous comprenons et apprécions votre conseil sur les fées. Mais sachez que cette malédiction est l’œuvre d'une fée du Moyen Orient. Et bien qu'une certaine Mary Poppins nous ait déjà prouvé que toutes les fées n’étaient pas de même nature, nous avons quelque peu du mal à aller leur demander un quelconque service...

Bien que certaines rencontres prouvaient le contraire.

— Mais nous ne vous apprendrons rien en disant que votre sœur....

La gorge se noua avant que l'empereur ne reprit la parole, descendant doucement les premières marches.

— Excusez-nous pour cela. Nous disions que votre sœur était une fée elle aussi. Mais elle était différente des autres fées. Tout comme vous êtes différente de certains androïdes.

L'empereur était arrivé en bas de l’escalier en un seul morceau les yeux fermés. En vérité l'empereur savait bien, avec les diverses expériences au fil des ans, que tout être n’était pas à mettre dans le même sac. Peut être qu'il pourrait essayer d'envoyer une demande par l’intermédiaire d'une personne de confiance.

Mais le palais et l'empereur lui même étaient en deuil. L'empire prenait par la même occasion un certain retard en relations et en… Foutaises. En ce moment il n’était pas en état et le peuple ne lui en tiendrait pas rigueur. Du moins il l’espérait.

— Quoiqu'il en soit, nous n'avons actuellement aucune relation avec cette partie du monde et donc personne à envoyer là-bas. Mais peut être avez-vous une idée à nous soumettre ? Maintenant que nous sommes arrivés dans les jardins, vous avez bien prévu quelque chose en particulier pour nous avoir fait venir ici, n'est il pas ?

L'empereur se demandait si la jeune demoiselle saurait bien le guider plus qu'il ne se guiderait tout seul, connaissant l'art de son jardin par cœur. Mais il désirait laisser sa chance à la jeune demoiselle et apprendre à plus la connaître.


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MessageSujet: Re: Début mars 6. Requiem   Sam 31 Déc - 1:10
Elle ne s'habituerait jamais au phrasé si particulier de l'empereur, à ces « nous » qui émaillaient ses paroles, à ces références à la musique et à l'art dont elle comprenait la valeur qu'en demi-teinte n'ayant pas la connaissance nécessaire pour en saisir toute la subtilité. Alice aurait pu en rire de sa déconvenue si la situation n'était pas ce qu'elle était – un deuil. Alors à défaut de rire, l'Androïde écouta-t-elle les confessions de l'empereur, laissant le silence naître et s'étirer pour ne pas le briser sentant, confusément, qu'il en avait besoin. Chacun d'eux allait devoir panser ses plaies, d'une manière ou d'une autre.

Et de souffler alors que la dernière marche était franchie, que le jardin s'offrait à eux, désert : « Je suis un peu fée moi aussi. » Confession pour confession, la jeune femme précisa ses paroles cherchant les mots au rythme de ses pas, hasardeux. « Ma mère l'était et, par je ne sais quelle explication, j'ai hérité de sa capacité à offrir des dons. C'est mon seul pouvoir. » Une aberration magique, probablement. Un don qui avait été son fardeau. Lui revint en mémoire le visage ensanglanté, et édenté, de la résidente de Tortuga laissée à la merci de la curiosité morbide de ses congénères.

Une horreur dont elle avait été l'auteure.

Par réflexe l'Androïde se tourna vers l'empereur quêtant un regard qui lui demeura clos.

« Je ne connais guère vos jardins. Du moins pas autant que vous. Je pensais simplement... » Haussement d'épaules. « Je ne sais pas... Je sais juste que continuer à respirer cet air vicié de renfermé n'était guère bon pour vous. Nous n'avons qu'à... marcher. » D'un geste de sa main libre, Alice désigna les alentours. « Et je vous parlerais d'une idée que j'ai eu. Concernant votre malédiction. »

La jeune femme avança tout droit finissant par suivre un sentier balisé pour éviter d'écraser un quelconque parterre de fleurs. Elle n'aurait probablement pas assez d'économies, tout le long de sa vie, pour pouvoir payer les dégâts qu'elle aurait occasionné par ce geste malencontreux. Les jardins impériaux étaient à l'image de l'empire : grandiloquents. Alice aurait été bien incapable de nommer chaque plante ou arbre qu'elle croisait, et ne pouvait qu'admirer les structures formées, tirées au cordeau.

Sa voix finit par s'élever, brisant le silence qui s'était instauré.

« Comme je vous l'ai dit, je peux accorder des dons. Jusqu'à présent j'ai puni des gens avec. » Puni un Chapelier trop présomptueux en lui faisant perdre ses repères, pour n'en citer qu'un. « Mais je peux aussi aider. La magie n'est ni bonne, ni mauvaise. Elle est comme les humains. Tout dépend de ce que l'on commet avec. Et je veux vous aider. » souffla-t-elle en agrippant le bras de l'empereur. « Vous ne méritez pas ce qui vous arrive. Et si je peux, pour une fois, user de mon don pour aider quelqu'un... » Alice eut un rire bref, riant d'elle-même. « Quelle égoïste je fais, non ? Je veux vous aider mais m'aider aussi à la fois. »

Elle laissait la bonté désintéressée et la sainteté à d'autres.



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Début mars 6. Requiem

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