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 Janvier 06. Tigre et dragon

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La cadette des douze frères
Shísān Wǔ
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MessageSujet: Janvier 06. Tigre et dragon   Mar 2 Aoû - 22:28
Beijing (Pékin comme la nommait les Blancs) bruissait d'effervescence, mais pas autant que la cité impériale, véritable fourmilière. L'empereur allait recevoir un invité de marque, le dirigeant d'un pays qui, si à l'heure d'aujourd'hui avait la couleur du bronze, avait su briller avec la faste de l'or auparavant. L'empire ottoman avait subi de multiples déconvenues en ces temps troublés. Des djinns avaient assaillis le palais du précédent sultan. Son successeur avait chuté à son tour, pour une raison trouble que l'empereur n'avait nullement cherché à résoudre. La politique était émaillée de trahisons, de coups de dagues dans le dos, de nourriture empoisonnée.

La politique était un nid de vipères, un océan cerné par les requins, une jungle où les prédateurs, seuls, pouvaient survivre.

Manger ou être mangé.

Aujourd'hui le fils du Dragon du Ciel recevrait un tigre en son palais.

En gage de bonne foi, afin de montrer qu'il était ouvert à la discussion, Shísān avait lui-même proposé au sultan ottoman de lui envoyer un de ses navires volants. Une merveille de technologie dont le système de voiles avait été inspiré par celui des cerfs-volants.

Ce fut en la cité impériale que l'on attendit le sultan, guidé par quelques hommes de l'empereur de Chine afin d'assurer sa sécurité. Vêtu de sa tunique d'un doré impérial, Shísān l'attendait. Les domestiques étaient dissimulés dans l'ombre, patients, immobiles. Les nobles de la cour s'étaient figés contre les piliers et murs de la salle du trône, observant sans mot dire. L'empereur se leva de son trône, ses mains jointes sous ses longues manches.

Son conseiller, un petit être nerveux dont la moustache semblait avoir été peinte à l'encre de Chine, déclama le discours habituel.

« L'empereur Shísān Wǔ, Fils du Ciel, souverain de l'Empire du Milieu exprime toute sa considération envers le sultan Medjid Sherkâh, seigneur de l'Empire Ottoman, et espère que cette rencontre sera aussi fructueuse que l'essaimage des champs. »

La manche de Shísān froufrouta alors que l'empereur levait une main, faisant signe à son conseiller de s'en tenir là.

« Je n'ai point eu le loisir de connaître votre père. » Le conseiller traduisit les paroles de l'empereur qui s'exprimait en mandarin – il ne connaissait guère la langue du pays du sultan. « Mes hommages lui sont tout de même dédiés. Je sais combien il peut être complexe de succéder à un homme de pouvoir, d'honorer ses ancêtres tout en devant ne pas décevoir son peuple. » Un temps. « Souhaiteriez-vous vous sustenter ? Le voyage a du être long depuis votre patrie. »

Et cela leur permettrait de converser loin des oreilles indiscrètes d'une cours friande de nouveautés.


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Shere Khan
Medjid Sherkâh
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mer 3 Aoû - 14:18
Ils arrivaient enfin.

Medjid pouvait voir les hommes s'agiter autour de lui, montrant sous leurs pieds ce qui devait être la cité impériale. Il se penchait sur le bord de la machine volante, admirant le paysage qui défilait sous lui. La Chine avait pour réputation d'être un pays somptueux, et il pouvait constater de lui-même que ces rumeurs étaient méritées. Tout ici respirait le bon goût et la richesse.

Le bateau entamait une descente, ce qui faillit faire grimacer le Sultan. Il avait accepté l'offre de l'Empereur Chinois, et était monté sur cette machine volante, mais c'était avant tout par soucis de ne pas vexer ce dernier. Medjid avait beau avoir entendu un nombre incalculable de personne venter l'appareil, il ne pouvait s'empêcher d'être peu rassuré à bord. Imaginer le vide sous ses pieds le faisait toujours frémir, et, au moindre virage, il craignait une infime erreur de mécanique qui risquait de tous les faire redescendre sur terre, de façon brutale. Mais, bien heureusement, le voyage s'était passé sans encombre, et le voilà en Chine sans la moindre égratignure.

Quelques Chinois s'avançaient vers lui, probablement pour l'escorter jusqu'à l'Empereur. Il s’avançait donc vers la terre ferme, accompagné de l'escorte chinoise, mais aussi de quelques uns de ses hommes. Il observait, autour de lui, les nobles le détailler du regard. Et surtout, plus important, l'Empereur de Chine qui l'attendait, debout, entièrement vêtu d'or. A ses côtés, un petit homme, qui commençait à déclarer ;

« L'empereur Shísān Wǔ, Fils du Ciel, souverain de l'Empire du Milieu exprime toute sa considération envers le sultan Medjid Sherkâh, seigneur de l'Empire Ottoman, et espère que cette rencontre sera aussi fructueuse que l'essaimage des champs. »


Le sultan eut un petit sourire, se penchant doucement en signe de respect. Lui aussi, espérait tirer quelque chose de cette rencontre. Il allait de soi qu'il valait mieux avoir la Chine de son côté qu'en tant qu'ennemi. L'Empereur se mit alors à parler dans sa langue, et ses paroles étaient heureusement reprises par son conseiller. Le Sultan aurait été bien incapable de comprendre ses paroles autrement, vu la complexité de la langue.

« Je n'ai point eu le loisir de connaître votre père. Mes hommages lui sont tout de même dédiés. Je sais combien il peut être complexe de succéder à un homme de pouvoir, d'honorer ses ancêtres tout en devant ne pas décevoir son peuple. »

Le sourire qu'abordait Medjid en permanence disparut l'espace d'un instant. En quelques phrases, l'Empereur venait de raviver des peines anciennes, et de lui rappeler ses soucis actuels. Cependant, il apprécia cet hommage, tout comme ce qui avait suivi. Oui, il était difficile de faire tout cela. Mais c'était le devoir de n'importe quel dirigeant, et il honorerait au mieux chacune de ces charges.

« Souhaiteriez-vous vous sustenter ? Le voyage a du être long depuis votre patrie. »


Le Sultan relevait la tête, arborant à nouveau son habituel sourire.

« Il fut long, certes, mais bien agréable grâce au bateau que vous m'avez envoyé… En tout cas, je vous remercie de cette offre, que j'accepte avec grand plaisir. »


Plus que par réelle faim, il acceptait pour pouvoir être seul à seul avec l'Empereur. Car s'entretenir ainsi, entouré d'une foule de domestique et de noble, lui déplaisait quelque peu.
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Shísān Wǔ
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mer 3 Aoû - 20:21
Le conseiller traduisait l'échange. Les lèvres de Shísān s'ourlèrent d'un sourire de chat matois. Comme tout homme de pouvoir il aimait qu'on flatte son ego. Et le sultan avait su le faire en quelques mots. L'homme lui plaisait déjà.

« S'il vous sied, je vous l'offre. Nous possédons nombre de navires au sein de notre flotte. Celui-ci pourra vous aider dans vos futurs voyages. »

Un nouvel geste de la main droite, la manche fouettant l'air. Les nobles s'écartèrent, se collant aux murs, baissant la tête. Humbles. Figés comme des statues. Le conseiller suivait son empereur, quelques pas en arrière. Menant son office de traducteur alors que l'empereur faisait signe au sultan de le suivre. Sa main glissant sur le bras de l'ottoman.

« Venez. Nous avons le temps devant nous et nombre de choses à nous dire. »

L'empereur laissa loisir au sultan de décider si quelques-uns des hommes de sa délégation les suivaient, ou non. De son côté seul son conseiller le secondait. Les gardes sillonnaient les couloirs, leurs profils se découvrant, parfois, entre deux colonnes. Les domestiques ouvrirent les lourdes portes qui fermaient le Palais de la Pureté Céleste : une salle qui servait aussi bien de cabinet de travail que de salle d'audience pour les invités de marques.

Des domestiques, des dames celle-ci, finissaient d'apprêter la table basse où se déversait le banquet. La tête baissée, elles reculèrent à petits pas jusqu'à se couler dans l'ombre. Invisibles mais présentes à la moindre demande de leur empereur et de leur invité. Shísān attendit que son invité ait pris place parmi les nombreux coussins encerclant la table basse avant de s'asseoir lui-même, sa large tunique s'épanchant en corolle autour de lui. Sa manche remonta jusqu'au creux de son coude alors que sa main montrait les victuailles.

« Servez-vous. Si vous souhaitez quoi que ce soit, faites-en la demande à mon traducteur. Je ne puis vous proposer du café, mais seulement du thé. Peut-être aurais-je le loisir de goûter votre café oriental un jour. »

Saisissant sa tasse de thé, Shísān la tendit à sa gauche. Une domestique s'empressa de le servir, sans mot dire, avec une démarche précipitée de petite poupée.

« Quand vous serez repu, sultan, j'aimerais parler avec vous d'un sujet qui nous tient tous deux à cœur : la magie. Vous n'êtes pas sans savoir qu'au sein de mon empire, ses pratiquants, et son existence même, sont dûment châtiés. J'ai cru comprendre qu'il en était de même sur vos terres. »

Diplomate, l'empereur chinois avait veillé à ne pas prononcer le mot djinn. Leur attaque sur le précédent sultan était encore très récent – et probablement douloureux pour le fils qui lui avait succédé.


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Jeu 4 Aoû - 12:26
Déjà, l'Empereur avait surpris le Sultan. Offrir un bateau, de la sorte ? Voilà qui était fort généreux. Il se penchait à nouveau, et guise de remerciement, tandis que son sourire s'élargissait un peu sur son visage. Et, lorsqu'au simple mouvement de l'Empereur, tous autour reculèrent, sa surprise redoublait, mais toujours agréablement. Comme lui, il semblait capable d'une certaine autorité, et sans doute était-il même encore plus respecté que le Sultan l'était.

L'Empereur semblait prêt à quitter la pièce, et seul son traducteur semblait le suivre. Le Sultan jeta un coup d’œil vers ses hommes, à l'arrière, hésitant sur la marche à suivre. Ne prendre aucun de ses soldats en escorte, c'était prendre un certain risque, il en était conscient. Mais, alors que l'Empereur n'avait pris à ses côtés que son traducteur, ne serait-il pas irrespectueux d'amener ainsi tant de monde. Un de ses conseillers l'avait aussi accompagné, et lui lançait à présent un regard interrogateur. Sherkâh lui adressa un petit signe de tête, ferme, avant de sourire au conseiller et de le suivre.

Non, il ne serait pas accompagné pour le moment. Si une décision importante devait être prise lors de ce dialogue, alors il ferait rappeler son conseiller. Mais, en attendant, il préférait s'entretenir seul avec l'Empereur. Comme l'avait indiqué ce dernier, ils avaient nombre des choses à se dire, et il ne souhaitait pas que toutes soient entendues, même par son conseiller. Même envers son cercle proche de conseillers, le Sultan ressentait toujours une certaine méfiance.

Nous entrâmes dans une grande salle, dans laquelle finissaient de s'affairer des domestiques. A leur entrée, elles reculèrent rapidement pour retourner dans l'ombre. Plusieurs coussins étaient posés autour de la table basse, et Medjid prit place sur l'un d'eux, avant de poser son lourd chapeau par terre, à côté de lui. L'Empereur lui montrait les nombreux mets sur la table -en grande partie inconnus pour le Sultan-, avant de l'inviter à se servir.

« Servez-vous. Si vous souhaitez quoi que ce soit, faites-en la demande à mon traducteur. Je ne puis vous proposer du café, mais seulement du thé. Peut-être aurais-je le loisir de goûter votre café oriental un jour. »


Le Sultan eût un petit sourire.

« Et bien, sans doute aurez-vous le loisir d'y goûter plus vite que prévu… J'ai ramené d'Empire Ottoman quelques présents de toutes sortes, dont ce fameux café. En espérant que vous apprécierez »

Ses hommes devaient actuellement être en train de décharger tout cela, par ailleurs. Il n'avaient pas seulement ramené du café, mais aussi de nombreuses épices, et quelques animaux. Parmi eux, quelques oiseaux rares, car il avait entendu dire que les Chinois les appréciaient fortement. Enfin, ce n'était qu'une partie de ce qu'il avait amené, et, il l'espérait, l'Empereur trouverait sans doute son bonheur parmi tout cela.

Le Sultan se faisait lui aussi servir du thé, tandis que l'Empereur enchaînait ;

« Quand vous serez repu, sultan, j'aimerais parler avec vous d'un sujet qui nous tient tous deux à cœur : la magie. Vous n'êtes pas sans savoir qu'au sein de mon empire, ses pratiquants, et son existence même, sont dûment châtiés. J'ai cru comprendre qu'il en était de même sur vos terres. »


Medjid reposa son verre. Bien entendu, il était au courant de la relation du pays vis-à-vis de la magie. C'était même un des éléments qui l'avait fait apprécier le pays, avant même sa visite ici.

« Effectivement… Nous faisons notre possible pour lutter contre ce fléau depuis bien longtemps à présent. Et la lutte a redoublé suite à l'assassinat de mon Père. »

Il fit une courte pause suite à cette évocation.

« Cependant… J'ignore s'il en est de même dans votre pays, mais des créatures magiques continuent de vivre en Empire Ottoman, malgré la menace permanente que nous faisons régner sur eux. A mon plus grand malheur. »


C'était là l'un des majeur soucis du Sultan. Quoi qu'il puisse faire, les djinns vivaient toujours en Empire Ottoman. Cachés, certes, mais il ne semblaient pas décidés à partir. Peut-être la Chine avait-elle réussi à se débarrasser des créatures magiques qui la peuplait ? Si oui, le Sultan voulait savoir comment. Pour pouvoir, peut-être, appliquer cela dans son Empire.
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 7 Aoû - 23:37
Des présents ? Voilà qui était intéressant. L'empereur se demanda bien ce que son invité lui avait préparé. Il irait voir ces présents après leur échange, les déballant avec la hâte d'un enfant à qui on offrait des cadeaux luxueux. Le sultan venait de lui évoquer un sujet fort délicat : le combat contre la magie et ses nombreux serviteurs. Trop nombreux. Shísān reposa sa tasse à son tour.

« Je rencontre le même inconvénient au sein de l'empire de Chine. J'ai beau vouloir faucher les germes de riz infectées afin d'éviter la propagation, d'autres les remplacent. Certains survivent, se cachent tels de rats. Sorcières, fées, hybrides... Et ces créatures magiques continuant à se reproduire pire que des lapins... » Mouvement de manche qui claqua dans le silence feutré qui entourait les deux dirigeants. « L'empire est vaste, leur offrant plus d'une cachette. Mais j'ai peut-être trouvé un moyen en la personne d'un homme. »

Répondant à un signe de son empereur, le conseiller sortit une liasse de papiers qu'il déposa sur la table basse, écartant quelques victuailles au passage. Chaque feuillet était recouvert de schémas, de croquis que Shísān tâcha d'expliquer, toujours secondé de son conseiller et traducteur.

« Cet homme est un inventeur roumain provenant d'une contrée qui méprise autant la magie que nous. Il a déjà travaillé sur nombre de projets. Des oiseaux espions, des prothèses pour renforcer les bras et les jambes, des armes... » Un sourire flotta sur les lèvres de Shísān à cette dernière évocation. « Cet homme pourrait, j'en suis certain, nous aider à raser la magie de nos terres respectives. »

Shísān se rejeta en arrière, laissant le soin au sultan de consulter les papiers par lui-même, de poser des questions s'il le désirait.

« J'ai un marché à vous proposer. »

Les doigts de Shísān se refermèrent sur ses baguettes. Saisissant un ravioli, il le fit tourner entre les baguettes, s'amusant de ce petit jeu de dextérité.

« Nos opinions se rejoignent et nous avons, chacun, besoin de quelque chose. D'une aide, d'un soutien, d'un potentiel allié. J'ai, chez moi, cet homme aux idées révolutionnaires et une économie qui pourrait vous aider à financer vos propres projets. Nous pourrions trouver un arrangement qui nous satisferait tous deux. Que me donneriez-vous contre du savoir et de l'argent ? »

Et d'avaler le ravioli, tout rond, avec la satisfaction du chat venant de laper sa coupelle de lait.


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mer 10 Aoû - 14:22
Très vite, Sherkâh abandonna l'idée de se servir des baguettes posées près de lui, d'une part par manque de maniabilité, et d'autre part à cause de ce que venait de lui dire l'Empereur, qui l'intéressait soudainement bien plus que les plats. Cet inventeur -non, ce génie !- pourrait le sauver de ce fléau qu'était la magie. Et toutes ces inventions qu'avait évoquées l'Empereur ! Oui, c'était exactement ce qui pouvait faire la différence face à ces créatures.

Il lui fallait cette aide. Mais, face à tout ce que lui proposait l'Empereur, son Empire ne pouvait offrir que bien peu de choses, il le savait. Tout ce à quoi il avait pensé en venant ici semblait soudainement si dérisoire, face à ce qu'on lui offrait. Oui, il n'avait pas des offres aussi splendides à faire à l'Empereur. Malgré tout, il se devait de convaincre cet homme qui avait tant à lui offrir.

« Sans doute bien peu de choses, comparé à ce que vous me proposez. Mon Empire n'a ni la richesse du votre, ni le génie dont vous me parlez. Cependant… Peut-être possède-t-il quelques petites choses qui attireront votre attention malgré tout. »

Quelques cartes, qu'il lui faudrait jouer d'entrée de jeu, mais qu'importe. Il ne fallait pas ennuyer l'Empereur avec quelques discours futiles sur sa reconnaissance ou la fidélité que son Empire dévouerait au sien. Pas encore, tout du moins. Il fallait d'abord éveiller sa curiosité, lui parler de ces choses qu'il ne connaissait pas encore, et que son Empire contenait. Il repris une gorgée de thé, avant de commencer.

« Ces créatures magiques… Elles ne semblent rien craindre, ni la mort, ni l'expulsion… Elles reviennent, quoi qu'il arrive. A croire que leur nombre ne diminue jamais. Mais peut-être quelques-uns de mes inventeurs ont trouvé une solution, de quoi s'assurer qu'elles ne reviennent plus. »

Il portait une main à sa tunique, sortant une simple lampe à huile d'une de ses poches intérieures, avant de la poser sur la table basse.

« A première vue, rien d'extraordinaire, n'est-ce pas ? Une simple babiole, que l'ont pourrait trouver chez n'importe quel marchand. Mais ne vous fiez pas aux apparences, Majesté, car il y a ici bien plus qu'une lampe. »

Il fit une légère pause, le temps de laisser le conseiller traduire ses propos.

« En effet, cet objet contient… Un djinn. »

Il lançait un rapide regard de mépris à la lampe, se représentant avec dégoût la créature qui y vivait. Enfin, piégée de la sorte, elle ne pourrait plus rien faire de mal. Il reportait ensuite son regard sur l'Empereur, guettant ses réactions.

« Certes, pour le moment, ceci peut sembler bien dérisoire… Cette technique d'emprisonnement ne peuvent s'appliquer qu'aux objets de taille moindre, et par conséquent, ne peuvent contenir que peu de créatures... »

Un autre pause.

« Mais que se passerait-il, si nous arrivions à appliquer cette technique à grande échelle ? Des prisons entières de créatures magiques, dont il serait impossible de s'échapper. Imaginez, ces êtres sous votre contrôle, condamnés à rester emprisonnés pour l'éternité... »

Voilà un moment que les recherches stagnait, faute de moyens. Mais, avec le soutien financier de la Chine, et peut-être l'aide de cette inventeur révolutionnaire, qui sait jusqu'où pourraient-ils aller ? Il but une autre gorgée de thé, avant de s'adresser à l'Empereur, un léger sourire aux lèvres.

« Que pensez-vous de ce projet, votre Majesté Impériale ? »


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Lun 15 Aoû - 21:32
Shísān avait reposé ses baguettes observant, d'un œil avisé et fortement intéressé, la lampe à huile. Son attention avait redoublé dès que le sultan avait précisé ce qu'elle contenait. Un djinn. Une fée orientale. Un être de magie, l'un des plus puissants grâce à sa capacité d'offrir des dons. L'empereur avait entendu des rumeurs sur cette pratique mais sans jamais en avoir vu un seul – le tout n'était resté qu'au stade de légende jusqu'à présent. L'empereur se pencha vers la lampe. Après en avoir formulé la demande au sultan, il se saisit de l'objet, ses longs doigts caressant la lampe.

Un djinn piégé dans une lampe. Une idée magnifique. Réduire un djinn à l'état d'esclave voilà qui satisfait ce besoin irrépressible qu'avait l'empereur de soumettre les êtres de magie.

« Ce projet me sied. » Si Shísān avait été chat, il aurait laissé échapper un ronronnement de contentement. « Un palais vide – à l'exception de nombre d'objets gardant scellés, en leurs seins, des djinns. Des fées occidentales. Et d'autres êtres magiques. Sauriez-vous en faire de même avec des sorcières ? »

Il s'imaginait déjà faire plier le joug à ses sœurs et choisir, pour chacune, la prison qui lui conviendrait le mieux. L'aînée aurait les ailes brisées, coupées, enfermée au sein d'une cloche qu'il ferait tinter, lorsque l'envie lui en prendrait, afin que le bruit résonne dans l'esprit de sa sœur. Le glas l'empêchant de mourir dignement. Pour la plus jeune, il lui offrirait une prison immergée – elle qui aimait tant jouer avec le feu se retrouverait, alors, bien démunie.

« Parlez m'en davantage. Quelles sont les limites de cet exploit ? Si l'objet est brisé, le djinn est-il libéré... ou cela met-il fin à ses jours ? Vous avez éveillé ma curiosité, sultan. Si vous souhaitez conserver certains aspects secrets, je ne vous en voudrais nullement. Nous avons tous nos cartes et il n'est pas bon de dévoiler entièrement notre jeu. Mais le prix de ce savoir, ce projet... vaut autant que mon inventeur. »

Le contrat était, pour ainsi dire, scellé.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mar 23 Aoû - 21:55
Medjid retenait un sourire triomphant, enchanté de l'effet que l'objet avait produit sur l'Empereur. Le Sultan n'avait pas eu besoin d'expliquer plus son projet, il l'avait déjà compris, imaginé comme lui les merveilles qu'apporterait un lieu pareil. Cet entente silencieuse, ce point commun avait rapproché leurs pays, à son plus grand plaisir. Et sa joie était à son comble lorsque l'Empereur lui dit que son projet valait son inventeur. Il l'avait convaincu. Il avait réussi.

Mais attirer son attention ne suffisait pas. Il fallait continuer, satisfaire une part de sa curiosité, attirer l'autre part, pour allécher autant que possible l'Empereur. Il réfléchissait. Quels aspects pouvait-il dévoiler, lesquels valait-il mieux garder pour lui ?

« Majesté, voyez-moi ravi que ce projet vous intéresse tant… Pour ce qui est des sorcières, je n'ai jamais eu le loisir d'essayer, à mon plus grand malheur… Ou bonheur, selon le point de vue. Elles fuient généralement mon empire. »


Il se réessaya à utiliser les baguettes, réussit, à sa plus grande satisfaction, à attraper un beignet. Il continuait.

« Concernant les limites, le djinn est effectivement libéré en cas de destruction de l'objet. Cependant… Ce serait un exploit d'y parvenir. L'objet est conçu pour posséder une résistance hors-norme, que ce soit à la magie, à la chaleur, ou à la force brute. »


Enfin, il existait bien une façon de les libérer… Mais voilà une des cartes qu'il garderait secrète. Ça, et le fonctionnement de l'objet, bien entendu. Il attendrait que l'accord soit conclus, officiel, pour dévoiler les derniers secrets. Il avalait le beignet avec satisfaction, eût un léger sourire, tandis qu'il ajoutait :

« Cependant… Ce n'est pas parce que quelque chose n'affecte pas l'objet que le djinn y est insensible… Bien au contraire. »

Son sourire s'élargissait, prenant un aspect presque carnassier.

« Enfin, souvent des actes valent mieux que des mots. » Il se tournait vers la traducteur, désignant une des domestiques. « Pouvez-vous lui demander de m'apporter du feu, je vous prie ? »


Le conseiller traduisait, et la domestique s'exécutait. Elle revenait avec une sorte d'encensoir, contenant en son centre des braises fumantes. Elle le posait au centre de la table, attisait les flammes jusqu'à ce qu'un feu se présente face à lui. Le Sultan retenait un frémissement à la vue de cette lumière ardente, craignant toujours autant sa morsure. Enfin, il n'aurait pas à l'approcher, bien heureusement.

« Si vous voulez essayer vous-même, Majesté impériale… Vous pouvez approcher la lampe de la flamme, même l'y déposer directement, si l'envie vous prend. Le métal n'en sera nullement affecté. »


Il souriait, sachant ce qui se passerait si l'Empereur le faisait. Ce djinn avait autrefois découvert sa phobie. En guise de punition, il lui avait donné cette phobie, refaisant à mille reprises le geste qu'allait accomplir l'Empereur. Et à chaque fois, le djinn suppliait, ses plaintes se répercutant sur les parois de la lampe, créant assurément un cauchemar pour l'être enfermé. De l'extérieur, on pouvait entre un son bien moins audible, seul fruit de ses supplications. Cette fois-ci ne ferait pas exception.

« Par le biais de ce genre de… Techniques, les djinns sont soudainement bien plus loquaces… Vous pouvez tout leur faire dire, les cachettes de leurs partenaires, entre autres. »


Un nouveau sourire. Il avait découvert tant de ces créatures, par ces tortures. Peu lui importait de faire souffrir ces êtres, du moment qu'il obtenait ce qu'il voulait. Et, plus le temps passait, plus il l'obtenait.
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 28 Aoû - 22:37
Un fourmillement grignota les doigts de Shisan qui, lentement, ramena ses mains dans ses larges manches mandchoues. Le temps avait beau avoir passé, jamais il ne s'était débarrassé de cette hantise qu'il avait pour le feu. Ironique quand on savait combien cet élément était précieux en ce pays – en témoignait les feux d'artifice qu'avait créé son peuple il y a des siècles, et dont ils usaient encore pour charmer la foule. Trop occupé à surveiller les flammes, prêt à bondir en arrière si une étincelle était projetée à son encontre, Shisan ne put percevoir le trouble dans le regard du sultan, la crispation de mâchoire si semblable à la sienne.

Tigre et dragon partageaient la même peur.

Les longs doigts de Shisan firent basculer la lampe d'une main à une autre hésitant à opérer l'expérience, oscillant entre la curiosité et la prudence. L'empereur remonta ses manches jusqu'aux coudes, dévoilant de longs bras, presque féminins.

Les flammes se reflétèrent sur le métal de la lampe, projetant des éclats rougeoyants. Doucement, aussi délicatement que s'il maniait un objet d'une grande fragilité, Shisan déposa la lampe sur les cendres. La lâchant du bout des doigts. Une voix s'éleva. Ténue, faible, comme si l'être qui la poussait était enfermé entre des murs épais. La lampe était devenue aussi incandescente qu'un métal manié par un forgeron. Aucune faille ne se dessinait. Rien n'émanait de cette lampe hormis chaleur et voix presque inaudible.

« Fascinant. »

L'art ottoman avait gagné son âme et son cœur. Cette science avait su entourer de chaînes les djinns. Shisan ne pouvait qu'applaudir, ce qu'il fit. Ses mains claquaient l'une contre l'autre en un rythme lent.

« Sultan, vous m'avez conquis. » L'empereur sourit à lui-même face à ce jeu de mots que son traducteur saurait retranscrire. « Je ne sais quelle science a permis pareil prodige. Peut-être vous me le conterez un jour lorsque nous aurons appris à développer une confiance mutuelle plus approfondie. Mais, pour le moment... Je vous propose de rédiger, noir sur blanc, les détails de notre alliance. En mon pays nous préférons toujours l'écrit à la parole. »

Nul besoin de mouvement de manche ou de main, le conseiller-traducteur sut parfaitement ce qu'attendait de lui l'empereur. Un scribe vint sur sa demande, s'installant assez près des dirigeants pour rédiger le dit-contrat, penché sur son écritoire.

« Auriez-vous quelque chose à ajouter, sultan ? Je suis toute ouïe. »


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 4 Sep - 13:14
« Sultan, vous m'avez conquis. »

Quelques mots, et un sentiment de victoire absolu naissait à l’intérieur du sultan. Il avait réussi. Il avait obtenu ce pour quoi il était venu ici, un soutien financier, un allier politique, une aide contre son pire fléau. Et tout cela, il l'aurait à coup sûr, scellé par de l'encre et du papier, une promesse presque inviolable. Et déjà, quelqu'un était là pour retranscrire cet accord mémorable.

« Je crois, Majesté, que je ne vois rien à ajouter... »


Un sourire se dessinait à nouveau sur son visage, sourire de victoire, ce coup-ci.

« Pour ma part, je suis pleinement satisfait de l'accord que vous me proposez… Et, à moins que vous ne souhaitiez obtenir autre chose de mon Empire, je suggère de signer cet accord. Et, bien entendu, nous pourrons le renforcer à l'avenir, une fois que la confiance entre nos deux empires aura grandi... »

Il espérait que ce jour arriverait. Mais déjà, les fondations de cette confiance étaient crées, à partir de ce jour. Le reste ne serait qu'une construction paisible, enfin, il l'espérait. Après tout, il n'y avait aucune raison pour que ce ne soit pas le cas… Il pouvaient s'apporter tant de choses l'un à l'autre. Et l'accomplissement de leur projet commun ne ferait que les rapprocher. Il lançait un dernier regard à la lampe, et souriait un peu plus, imaginant avec une joie dissimulée tant bien que mal l'accomplissement de son rêve.

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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mer 7 Sep - 20:20
Le pinceau du scribe glissait sur le papier transcrivant l'accord en deux exemplaires. Sur chacune les propos avaient été répétés et inscrits dans les deux langues usées par les tenanciers du contrat : l'arabe et le mandarin. Prenant les papiers des mains du scribe avec diligence, le conseiller-traducteur les porta au sultan et à l'empereur que chacun puisse signer à bas, ratifiant ainsi l'alliance. Quand le dernier coup de pinceau fut donné, le papier fut enroulé et cacheté.

« Je l'espère aussi. » glissa l'empereur en déposant le pinceau. « Souhaiteriez-vous profiter de votre séjour pour visiter les jardins de la cité ? Ils sont nombreux, et l'air y est rafraîchissant grâce à nos bassins. Vous pourriez y découvrir nos carpes. De splendides animaux qui font le charme de ces jardins. »

Son travail étant achevé, le scribe repartit. La tension politique s'était muée en un début de complicité presque fraternel. Shisan sentait qu'il avait trouvé, en l'homme qu'était le sultan, non seulement un dirigeant digne de son titre mais aussi un individu dont le cœur était proche du sien.

« Nous pourrions continuer notre discussion en un décor plus... pittoresque. Je serais ravi d'en apprendre davantage sur votre culture. J'ai ouï dire que vos croyances, comme les miennes, même si elles n'adulent pas la même divinité, permettent à un homme de posséder plusieurs épouses. Je me demande si vos concubines sont traitées comme les nôtres. Pour ma part, plus d'un eunuque les surveille. Ne l'ébruitez pas... » précisa Shisan en se penchant vers Medjid avec un air de confidence. « Mais je crains toujours qu'une vipère se cache au sein de ce vivier d'oiseaux. Nous savons tous deux que les créatures magiques peuvent prendre bien des formes. Dont le visage de la plus exquise des femmes. »

Citation :
Pour le traité proprement dit, je l'ai posté dans nos réseaux sociaux respectifs : la boîte de Medjid. Je ne savais pas si tu voulais conclure sur le traité d'où ma petite ouverture pour un possible échange. Si jamais il faut modifier quoi que ce soit, dis-moi !


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Sam 10 Sep - 22:18
Medjid avait l'impression de sentir la tension tomber peu-à-peu à chaque mot qu'écrivait le scribe, et, alors qu'il apposait la dernière lettre, la dernière signature, ce fut comme s'il ne restait plus rien de l'ambiance politique. Les obligations étaient terminées, et le Sultan se sentait d'une bien meilleure humeur qu'à son départ, persuadé d'un avenir meilleur pour son pays.

C'est donc avec un certain plaisir qu'il acceptait le ton plus léger que prenait la conversation, bien que cela l'eût surpris au départ. Mais après tout, pourquoi pas ! De simples et froides relations professionnelles n'était pas franchement souhaitables, et puis, il avait envie de mieux connaître l'homme qui se trouvait face à lui. Il avait déjà pu voir quelques une de ses facettes, et le points communs qu'il avait pu y trouver ne faisaient qu'attiser sa curiosité.

« Et bien, j'accepte volontiers votre proposition… J'aimerais aussi découvrir un peu plus votre culture, et je me ferais un plaisir de découvrir vos jardins. J'en ai eût de nombreux échos, dans mon pays, et à ce que j'ai pu entendre, il sont très différents de nos jardins orientaux. »


Tous ces échos étaient plutôt positifs : on ventait l'aspect tant esthétiques que rafraîchissant des jardins, le façon dont ils étaient agencés… Et aussi, ces fameuses carpes qui avaient plutôt attiré la curiosité du Sultan.

« Concernant mes concubines… Seules leurs entrées et sorties sont surveillées. Quelques gardes les surveillent bien de temps à autres… Mais j'estime -peut-être à tort, je vous l'accorde- qu'aucune créature magique n'aurait l'audace de venir me provoquer jusque dans mon propre harem. »

Mais, maintenant, un doute naissait chez le Sultan. Peut-être l'Empereur avait-il raison, de se méfier de la sorte ? Il commençait presque à se demander si certaines de ses favorites ne seraient pas de ces traîtresses… Il baissait la voix, continuait sur un même ton de confidence.

« Veuillez pardonner mon indiscrétion, mais… Avez-vous déjà trouvé une de ces créatures parmi vos concubines ? Si ce n'est pas trop personnel… »


Après tout, il ne tenait en aucun cas à offusquer l'Empereur.
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 18 Sep - 10:18
L'interrogation, légitime, du Sultan soulevait de multiples interrogations. Pouvait-il lui confier ce secret à cet homme qu'il ne connaissait que depuis une poignée d'heures ? Rares étaient ceux qui connaissaient la teneur de ce mystère – et qui étaient encore en vie. Shísān préféra jouer la carte du dévoilement partiel. Avec le temps peut-être que l'Empereur daignerait clarifier l'énigme.

« Malencontreusement oui. » finit-il par répondre sur le même ton adopté par le sultan. « Des renards s'étaient établis au sein du poulailler. Nous leur avons tordu le cou mais certains ont, malheureusement, échappé à notre vigilance. C'est pourquoi la prudence est de mise en ces lieux. J'espère, en toute sincérité, que vous n'aurez pas à subir un tel affront. »

Un jour, l'Empereur confierait, peut-être, le récit de ces douze princesses impériales qui avaient su fuir le couperet du destin. De ces douze sœurs qui, se plongeant dans l'apprentissage de la magie, avaient tenté de briser la nuque de leur frère.

Un domestique annonça que le palanquin était fin prêt pour recevoir ses majestés impériales. Shísān se leva, en un froufroutement de soie jaune. Ouvrant la marche, il guida le Sultan au sein des couloirs jusqu'à déboucher sur une place où trônait le palanquin. Toute en dorures, les portes y étaient absentes, remplacés par de légères tentures qui permettaient d'en camoufler les occupants. Shísān laissa son invité y prendre place avant de s'y asseoir à son tour. Les domestiques, de grands gaillards, soulevèrent le palanquin.

« Nous y serons plus vite ainsi. » souligna Shisan.

Et il était évident qu'un Empereur n'allait pas user les semelles de ses souliers sur les pavés de sa propre cité.

Le palanquin s'ébranla sans provoquer le moindre heurt. Écartant une tenture, Shísān décrivit ce qu'ils pouvaient observer, expliqua au Sultan les principes qui régentaient l'élaboration d'un jardin selon les principes taoïstes. Presque enfoui dans l'ombre du palanquin, le conseiller traduisait les paroles de son maître. Petite souris grise dissimulée dans l'ombre du chat.

Le palanquin stoppa aux abords d'un pavillon, celui de la Paix Impériale. Descendant du palanquin, Shísān indiqua qu'en ce temple l'on honorait Zhenwu, la divinité de l'eau.

« Sa présence protège la Cité Interdite des incendies. Le feu est un fléau lorsqu'on ne peut le maîtriser. »

Sa mâchoire se crispa lors de cette évocation. Une vision fugitive qui s'effaça en une moue contemplative lorsque l'Empereur joignit les mains devant l'autel, priant silencieusement entouré de l'odeur des offrandes. Lorsqu'il se retira, son visage était bien plus paisible, détaché.

« Le pavillon de jade flottant se trouve au bout de ce sentier. » Du menton, Shísān désigna la fine route bordée de pierres colorées, sinuant à travers des rochers tortueux. « Vous pourrez y observer nos carpes à l'ombre des pins. »


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mar 27 Sep - 21:39
Medjid montrait un certain intérêt pour la visite, et appréciait fortement les commentaires de l'Empereur. Lui qui avait été confiné au palais durant sa jeunesse, il n'avait pu voir les pays étrangers qu'au travers de quelques livres, qui expliquaient plus la situation et l'histoire des contrées que ce à quoi celles-ci ressemblaient. C'était donc la première fois qu'il pouvait ainsi confronter sa culture à d'autres, et, bien que certaines choses le surprenait, cela ne la dérangeait aucunement.

Parmi ses quelques surprises, cette divinité de l'eau était peut-être celle qui le perturbait le plus. Il s'était quelque peu renseigné sur la religion chinoise, mais ce polythéisme auquel ils croyaient l'étonnerait toujours. Lui qui avait été éduqué sous son Dieu unique se demandait comment on pouvait vouer un culte à tant de divinités à la fois, sans s'y perdre par moment. Mais il gardait cela pour lui, et se reprenait mentalement pour ses pensées : Après tout, il y avait aussi de nombreux codes dans l'Islam, sans qu'il confonde l'un ou l'autre. Ce n'était qu'une question d'éducation, et il réprimandait aussitôt son esprit pour sa fermeture.

Il s'inclinait par profond respect face à cette statue, même s'il ne pouvait lui dédier aucune prière. D'une part par respect pour son hôte, et de l'autre pour ce contre quoi elle était censée protéger. Il ne pensait pas se fourvoyer concernant sa religion : Mais une garantie de plus contre sa phobie ne le dérangeait jamais, bien au contraire.

« Ce serait avec plaisir, votre Majesté… J'avoue être complètement admiratif des vos jardins, que je n'aurais pas imaginé si différents des nôtres. »

Il avançait dans la direction que lui avait désigné l'Empereur, d'un pas assez lent pour ne pas trop distancer l'Empereur. Il traversait les rochers indiqués, pour déboucher sur ce qui ressemblait à ses bassins ottomans, à cela près que celui-ci étaient naturel : c'était une mare, dans laquelle
mouvaient paisiblement des formes colorées. Le Sultan s'approchait, et admiraient les fameux poissons : complètement différents des poissons de l'Empire, qui eux étaient ternes et plus propres à la consommation qu'à la contemplation.

« Magnifiques. Je n'aurais, à vrai dire, jamais cru qu'un poisson puisse être capable d'une telle grâce. » Il eût un petit sourire amusé. « A en faire pâlir les poissons de mon Empire, déjà bien ternes… »


Il continuait d'observer les tours des carpes, aussi tel un chat qui ne quittait des yeux l'objet de ses envies. Mais il relevait la tête pour s'adresser à l'Empereur, par respect.

« D'ailleurs, aucun poisson ne vient égayer nos bassins… Voilà une idée très esthétique, qui ne doit pas manquer de ravir vos invités. »
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Sam 8 Oct - 22:01
Le compliment du Sultan flatta l'orgueil de l'empereur chinois. Deux chats matois observaient les nages tout en spirales et courbes des carpes comme s'ils étaient prêts à se jeter dessus. Les mains de l'empereur s'étaient enfouies sous ses manches, se croisant sur son torse.

« Ces belles créatures font souvent cet effet. On a tort de sous-estimer la beauté de la Nature. »

Shísān allait indiquer à l'empereur de le suivre au sein du pavillon, juché sur le lac. Néanmoins un garde les interrompit. Le front couvert d'un voile de sueur, l'homme se prosterna devant les empereurs, posant un genou à terre. En un débit rapide, presque inintelligible, il annonça une nouvelle à son maître. Les prunelles de Shísān se firent plus sombres, se plissèrent. Traits de pinceaux noirs sur un masque.

« Amenez-la. »

Même sans traducteur il était aisé de sentir le froid émaner de chacun de ces mots aussi coupants et incisifs qu'une lame. Le garde repartit, marchant à reculons pour ne se retourner qu'après s'être assez éloigné de l'empereur. Ce dernier eut un soupir – bref.

« Sultan vous allez pouvoir assister à une condamnation. Une monstruosité magique a été dénichée alors qu'elle tentait de s'infiltrer dans la Cité. Ces êtres n'apprendront jamais... »

Shísān secoua la tête tel un parant harassé par les bêtises que commettaient, sans cesse, ses enfants. L'homme s'était effacé derrière le dirigeant qui, rejetant ses épaules en arrière, se dressa avec la majesté d'un serpent. D'un dragon.

« Voulez-vous vous joindre à moi ? Je suis curieux d'avoir votre avis sur nos punitions. »

Avec le ton d'un homme qui demanderait à un collègue de critiquer sa dernière création.


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Ven 11 Nov - 15:08
Medjid fut d'abord surpris de l'arrivée précipité du garde, qui les interrompit dans leur discussion. Ne comprenant pas ce langage complexe qu'était le mandarin, il ne pouvait que se demander ce qui pouvait interrompre une rencontre impériale, ou si déranger de la sorte un empereur était chose courante chez les chinois. Mais il comprit bien vite qu'il ne devait pas s'agir de quelque chose de banal : les paroles de l'Empereur, bien qu'incompréhensible, laissaient transparaître son agacement. Mais il eût bientôt confirmation : et il comprenait mieux que personne la contrariété du chinois ? Encore et toujours due à cet ennemi commun, qui ne sauront jamais accepter leur sort.

« Ce serait avec plaisir, Majesté impériale. Face à un ennemi de la sorte, on a toujours à apprendre : et je serais curieux de connaître le sort que vous réservez à ces créatures malavisées. »


Ses mots étaient sincères : Il souhaitait connaître les moindres supplices qui pouvaient faire plier ces êtres de cauchemar. Et un point de vue étranger lui offrirait à coup sûr quelques découvertes dont il n'aspirait qu'à voir. La Chine était connue pour sa sévérité à l'encontre de la magie, tout comme son Empire : mais il ne pouvait de s'interroger sur les raisons de cette célébrité, et avait hâte de pouvoir constater cela de ses propres yeux.

« Veuillez excuser ma curiosité, mais de quelle créature s'agit-il ? »


Il se demandait si, comme en Empire Ottoman, on faisait des distinctions entre les différentes races magiques. Est-ce que, comme chez lui, on pouvait se montrer plus indulgent envers certaines de ces monstruosités ? Enfin, indulgent… Si une servitude à l'échelle d'une vie était considéré comme telle. Mais pour le Sultan, ça l'était : il offrait déjà le cadeau de vivre à ces êtres qui ne le méritaient pas.
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 13 Nov - 18:56
« Veuillez excuser ma curiosité, mais de quelle créature s'agit-il ? »
« Une sorcière. »

Acide était le ton, craché était le mot tel une malédiction dont l'empereur voulait se défaire, tel un lourd vêtement qu'il jetait à bas pour s'en libérer. La soie jaune sinuait autour du corps empressé de l'homme qui remontait l'allée, le sang bouillonnant de rage à l'idée qu'un être aussi abject ait foulé ses terres. Il partageait avec la feue Inquisition espagnole ce besoin de purifier le monde de ce qui le souillait. Seul bémol : le feu était aussi son ennemi, rendant l'entreprise plus complexe. Mais non impossible.

Le trajet du retour se déroula dans un silence pratiquement complet, seulement troublé par les quelques indications que l'empereur chinois voulait bien offrir. Le jugement aurait lieu sous les yeux de ceux qui voudraient bien l'observer. Au sein de l'empire les procès, qu'ils concernent des humains ou êtres magiques, ouvraient grand leurs portes afin d'instruire chaque habitant de ce qui pouvait lui advenir si jamais il fautait. L'éducation par la terreur.

La femme était agenouillée sur le parvis sur cette fine lisière symbolisée par les imposantes portes qui délimitaient la Cité Interdite du reste de la capitale. L'habit était froissé, déchiré par endroits – on l'avait traîné jusque ici par la force. Un des gardes tenait un objet qu'il ramena à l'empereur. Le regard de Shisan détailla l'artefact avec un dégoût non dissimulé. Dans sa paume reposait une statuette sculptée dans du bois – un jouet d'enfant érodé par le temps et les mains qui l'avaient caressé à maintes reprises.

L'image n'adoucit guère l'humeur de l'empereur. L'homme tendit la statuette à l'homme, ne prononçant qu'un mot.

« Brûlez-le. »

La sorcière releva la tête. Son regard écarquillé observa la statuette se dissoudre au sein des flammes d'un brasero, apportant jusqu'à elle l'odeur du bois calciné. Sa lèvre inférieure trembla mais aucune larme ne fut versée. La voix de l'empereur tonna sur la place.

« Vous le savez tous, nobles comme simples hères, que la magie n'est point tolérée ici. Celui qui ose sortir de la voie tracée par Bouddha doit en payer le prix. »

Fidèle comme une ombre le traducteur n'avait cessé de faire le lien, se tenant près du Sultan pour lui rendre compte de chaque propos tenu. Shisan se tourna vers l'homme masqué.

« Aujourd'hui le jugement sera donné par le sultan Medjid Sherkâh, souverain de l'Empire Ottoman. Sa Majesté impériale partage notre ire de la magie et saura, j'en suis certain, mener un jugement digne de son rang. »

Les souffles étaient suspendus. Chacun attendait d'entendre les mots prononcés par l'homme basané, mots qui seraient traduits par le conseiller. Shisan eut un pas de recul pour laisser la scène au sultan. Il lui parla sur un ton bas, confident.

« Habituellement nous usons du cangue. Les suppliciés sont exposés sur la place publique, doivent mener une marche pour tenter de racheter leurs âmes. Mais... La décision, pleine et entière, vous revient. »

C'était là, un moyen comme un autre, de mieux tisser des liens, de mieux apprendre à se connaître.


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Jeu 1 Déc - 21:15
Le Sultan fut tout d'abord surpris de cette étrange proposition. Qu'on lui offre la décision de la sentence ? Et bien, pourquoi pas. Même s'il craignait que la différence culturelle n'offre quelques soucis : et puis, il aurait été encore plus offensant de refuser la proposition de l'Empereur devant son peuple.

Il réfléchissait rapidement. Quelle sanction serait la plus adaptée ? Il avait d'abord pensé au supplice du pal, méthode courante dans son pays lors de ce genre de découvertes. Mais d'une part, s'il avait le droit de décider du sort de la sorcière, il ne s'accordait pas celui de sa vie : cette décision revenait à l'Empereur, et à lui seul. De plus, une telle foule était ici pour assister à l'exécution : et elle ne pouvait pas attendre un si long supplice, qui durait parfois plusieurs jours. C'était à cause de cette même foule qu'il avait rayé l'idée de la lampe : bien qu'efficace, elle n'offrait aucun spectacle pour qui la regardait de loin. Voir une bête lampe chauffer, après tout, ne présentait aucun intérêt. Non, décidément, il lui fallait quelque chose de court, spectaculaire, et qui n'impliquait pas la mort de cette femme.

Assez vite, la solution fut trouvée : utiliser la peine la plus pratiquée dans l'Empire, de par sa religion. La flagellation. C'était une des peines les plus courantes dictées par le Coran, qui servait dans de nombreux cas. Pourquoi pas celui-ci ? Seul restait à décider le nombre de coups à infliger. Il pouvait aller jusqu'à cent, mais cela lui semblait excessif : mieux valait frapper moins, mais mieux viser. Cela rendrait le châtiment plus symbolique, de façon à marquer les esprits. Il se tournait vers le conseiller, lui faisait part de ses idées.

« Tout d'abord, veuillez remercier sa Majesté Impériale pour sa bonté et la confiance qu'il m'accorde. Je tenterai au mieux de satisfaire son jugement, et lui laisse bien entendu l'entière décision de changer d'avis si l'envie lui en prend. Au vue de la différence culturelle entre nos deux pays, je ne souhaiterais offusquer personne : et, si mes méthodes viennent s'opposer à certaines de vos traditions, je vous invite à m'en faire part : je ne m'en offusquerais point. »

Voilà une chose essentielle de mise au point : il était, après tout, hors-de-question de prendre ainsi toute décision sans un consentement de l'Empereur. Cela aurait été une faute impardonnable, qu'il ne se serait jamais permis. Maintenant, il pouvait pleinement faire part de sa décision, sans risque d'offusquer trop gravement qui que ce fut.

« A ce que j'ai entendu, vous semblez expier les fautes de ces êtres par l'effort : dans notre Empire, nous l'expions par le sang. Ces êtres sont impurs, jusqu'au fond de leurs veines : à notre sens, il faut donc faire quitter cette impureté directement à la source, par des coûts qui varient en fonction du coupable. Dans le cas présent, nous aurions préconisé des une soixantaine de coups de fouet. »


Medjid craignait cependant que tout cela soit vu comme abusif auprès de l'Empereur. Il avait conscience de la violence de ces spectacles ; et même, il savait la différence de culture restait si importante que sa sanction pourrait être vu comme un acte de barbarie.

« Cependant, je comprendrais que ces méthodes puissent être mal vu dans votre Empire : j'en reviens donc à mon avertissement précédent. La décision seul vous reviens, votre Majesté Impériale, et il est à vous seul de décider du sort de cette femme. »
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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Dim 11 Déc - 22:49
Rating. Scène de supplice du fouet en public


Loin de le troubler les paroles du sultan, roulant sous la langue de son traducteur, sonnèrent comme autant de mots d'amour qu'aurait pu lui susurrer une amante passionnée. Les supplices chinois étaient loin d'être avares en violence, bien au contraire. Le cangue était un doux châtiment comparé à ce que l'on pouvait infliger aux condamnés, aussi bien à la vue du public qu'au sein des entrailles des prisons. L'empereur de Chine eut un sourire matois, tout entier dédié à son homologue ottoman. L'homme lui plaisait – beaucoup.

« La réflexion de votre peuple a de quoi faire réfléchir. Oui leur sang est souillé. Vous avez raison. »

L'ordre de Shísān claqua en une poignée de mots, secs, un jet de cailloux. Un homme vint auprès de lui à petits pas précipités, un fouet pendant le long de son bras. Un geste de l'empereur et les gardes, en contrebas, saisirent la sorcière, chacun par un bras. La femme se laissa, mollement, mener jusqu'à voir l'eunuque, armé de son fouet, qui descendait à sa rencontre. Plantant ses talons dans le sol, elle renâcla tel un cheval qu'on menait de force sur le champ de bataille. Une révolte qui fut vaine alors que les gardes l'obligeaient à plier l'échine, ses genoux heurtant le sol.

Le son du tissu déchiré résonna sur toute la place.

Le dos dénudé de la sorcière se montra aux yeux avides de la foule. Les lanières du fouet caressèrent la chair, leur arrachant un frisson. L'eunuque leva la tête vers l'empereur de Chine qui eut un hochement de tête, bref, rapide.

Le fouet claqua. La sorcière tenta de retenir ses cris, mordant ses lèvres, avant de succomber. Ses cris ponctuèrent chaque coup tandis que le sang perlait au bout des lanières, sinuait sur son corps en rigoles paresseuses. Les muscles bandés les gardes l'obligeaient à subir le tourment, l'empêchant d'éviter la moindre caresse du chat à neuf queues. Par soixante fois le chat planta ses griffes. Les derniers coups n'eurent même pas un écho. Sans le secours des gardes la sorcière se serait écroulée au sol, le corps rompu. Elle n'était plus qu'un pantin entre leurs mains, une poupée de son.

« Renvoyez-la à la frontière de l'empire. » clama Shísān en un grand mouvement de bras. « Avec seulement ce qu'elle a sur le dos. »

Avec de la chance elle s'en sortirait et irait mener ses maléfices loin de l'empire de Chine. Au Japon, qui sait. Cet archipel acceptait, en son sein, de telles créatures et dressaient même un panthéon à l'intention des plus monstrueux. Culture barbare.

Shísān se retourna vers Medjid, ses mains claquant l'une contre l'autre, l'applaudissant.

« Magnifique. Il y a un raffinement dans cette méthode. Mon eunuque a-t-il bien officié ? » Shísān eut un regard presque paternel vers l'homme qui venait de revenir. Le regard d'un père couvant son enfant prodige. « Peut-être devrais-je envoyer quelques-uns de mes eunuques dans votre empire pour qu'ils y apprennent l'art du fouet ? »

Ce supplice oriental saurait peut-être calmer les ardeurs les plus belliqueuses.


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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Mar 24 Jan - 19:05
Malgré la nouveauté de cette torture, la Chine n'avait rien à envier à l'Empire Ottoman. Si le Sultan avait eu, au début, une crainte vis-à-vis de la violence du châtiment, celle-ci disparut bien vite. Il n'y eût qu'une hésitation, de la part de l'eunuque, après le premier coup. Puis, plus rien, le même geste répété avec assurance soixante fois, mais qui donnait l'impression d'avoir été fait des milliers. Pas une once d'indécision, pas un instant de flottement durant lequel la pitié aurait pu se glisser. Si le geste n'était pas parfait, il n'avait rien de celui d'un débutant. Et cette indifférence vis-à-vis de la souffrance de la jeune femme montrait bien plus à Medjid qu'un simple supplice public. S'il ne pouvait encore connaître les supplices chinois, il pouvait sans soucis supposer leur violence. Et lorsque Shísān se tournait vers lui en l'applaudissant, donnant quelques compliments, Medjid ne put retenir un léger sourire, ravi de l'enthousiasme de l'Empereur chinois. On dirait que sa proposition lui avait permis de gagner un peu plus son estime, à sa plus grande joie.

« Votre eunuque m'a surpris de par son habileté, je vous avoue. Peut-être que certaines de nos méthodes sont similaires, après tout... »


L'Empereur continuait, et sa suggestion plaisait à Medjid : après tout, cela doublerait leurs techniques d'exécution, et donc les moyens de dissuader la vermine de s'approcher de leurs empires respectifs. Car ces créatures semblaient lassées des menaces trop souvent répétées : alors, un peu de nouveauté les rendrait peut-être un peu plus craintives.

« Ce serait avec plaisir, votre Majesté impériale »
Après tout, rien de tel pour renforcer leurs liens tout juste crées. « Et peut-être pourrais-je faire de même avec les miens… Après tout, je pense que votre empire doit être rempli de méthodes toutes aussi intéressantes. »

Et il avait fortement envie de savoir à quoi elles ressemblaient.

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MessageSujet: Re: Janvier 06. Tigre et dragon   Jeu 9 Fév - 22:57
« Oh ce serait un ravissement que de recevoir les vôtres. » ronronna Shisan, ses lèvres s'ourlant d'un sourire. Le dragon rayonnait, se lovant au sein de ce sujet de conversation avec un plaisir non dissimulé. Éloignant son invité des yeux de la foule qui, doucement, se retirait, repue de violence, l'empereur mena le sultan au sein de la Cité Interdite. Leurs pas les conduisant au sein des vastes couloirs où l'on aurait pu se mouvoir à vingt, marchant côte à côte. Shisan, grisé par l'expertise de son eunuque, se mit à détailler quelques autres œuvres typiquement chinoises en matière de soumission de ses semblables.

« Il nous arrive de démembrer les criminels – mais cette manière d'agir ne touche que les individus aux mœurs les plus noires. Si quelqu'un osait me toucher, moi ou l'une de mes épouses, nous veillons à ce que le corps soit entièrement découpé. Huit couteaux sont utilisés afin de mener cette œuvre – chacun a une fonction propre, il serait malséant d'utiliser un couteau à viande pour du poisson, n'est-ce pas ? Si le criminel est un être de magie, nous brûlons ce même corps et en dispersons les cendres hors des frontières de la Chine afin de ne pas souiller les terres. »

Sans le savoir les méthodes de l'empereur faisaient écho à d'autres employées en Europe, et ce depuis des siècles, contre les sorcières. Comme si l'horreur humaine se logeait dans le même recoin, communiquant par-delà les frontières.

Une goutte tomba du toit, s'écrasant aux pieds de l'empereur. Shisan leva la tête, demeurant en retrait alors que l'averse tombait, se faisant plus drue.

« Ah la torture de la goutte... Usez-vous vous aussi de méthodes pour détruire l'esprit ? La nôtre est très subtile. Imaginez une goutte... » La manche de Shisan désigna la pluie qui tombait sous leurs yeux alors que le toit les empêchait d'être trempés. « Elle tombe sur votre front et vous ne pouvez vous y soustraire. Une goutte ce n'est rien. Mais multipliez-là par dix, cent, mille... Imaginez donc. Une goutte qui tombe, tombe, ne cesse jamais ce manège. Plic, ploc. C'est comme un doigt mouillé qui ne cesse de vous harceler. Et au final... »

Shisan entrouvrit les bras, ses manches produisant un froufroutement feutré.

« Vous perdez la raison. Votre univers se résume à cette goutte qui vous habite toute entière. »

Un rire fleurit dans la gorge du dragon.

« Méthode souveraine contre l'impertinence et qui évite de se salir les mains. »

Citation :
Pour plus d'informations sur la torture chinoise. Attention ça tâche !


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Janvier 06. Tigre et dragon

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