[Février 05] Chantons, dansons, les ennuis attendront [Avec Xiulan]

 :: L'Europe :: Autriche-Hongrie :: Opéra Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Samaël Osborne
Invité
avatar
Samaël Osborne
Mer 3 Aoû - 11:19
-Oh, avez-vous entendu les dernières nouvelles ?
-Quoi donc, ma chère ?
-Il paraîtrait que l'héritier des Osborne a encore frappé il y a deux jours...
-Qui, cette fois ?
-Ce serait la pauvre da...


Un livre se referma d'un coup sec sur une table non loin de celle des dames qui se racontaient les derniers ragots depuis maintenant une demi-heure. Elles jacassaient si fort qu'il était presque impossible de se concentrer. On était dans une bibliothèque, que diable ! Soupirant d'agacement, Samaël se leva, prit ses livres et quitta le lieu de savoir en lançant un regard appuyé à ces idiotes. Toujours les mêmes histoires, aucune originalité. Et si, pour une fois, ces femmes arrêtaient de se passer des rumeurs d'oreilles à oreilles et trouvaient d'autres sujets de conversation plus intéressants que ça ? Il rentra chez lui en automobile, et s'abandonna sur un fauteuil moelleux d'un petit salon du domaine familial, tandis que des domestiques s'occupaient de son bien-être. Sa veste et sa cape rouge furent emportés et rangés, des gâteaux et du thé furent posés sur une table basse à sa portée. Le riche héritier de la famille Osborne se remit à lire, à moitié concentré sur ce qu'il faisait. Il avait passé une très mauvaise journée. Ces dernières semaines n'avaient pas été de tout repos pour lui. Entre les rumeurs incontrôlables qui fusaient tout particulièrement sur sa vie sexuelle et amoureuse, abîmant peu à peu la réputation de sa famille, son père qui commençait à s'en préoccuper à la demande du doyen qui souhaitait "lui inculquer de nouveau un peu de bon sens", les bals mondains à répétition, les débuts de rencontres en vue de futures fiançailles, et ses responsabilités en tant que futur héritier d'une banque, il n'avait plus le temps de décompresser. Autant vous dire que ça n'allait pas dans le meilleur des mondes pour le jeune virtuose. Le seul aspect qu'il trouvait vraiment positif, c'était que sa popularité dans le milieu musical ne cessait de croître à un point qu'il était à présent réquisitionné dans nombreuses, somptueuses scènes et opéras.

Le jeune homme lisait un recueil compilant différentes théories économiques et financières sans réellement assimiler ce qu'il lisait, plus perdu dans ses pensées qu'autre chose. Il devait faire le point, s'éloigner de tout ça avant qu'il ne finisse enfermé dans un asile pour craquage nerveux. Distrait, Samaël croqua dans une galette beurrée. Puis deux. Puis trois. Au bout de la dixième, il reposa cette dernière en se rendant compte qu'il s'empiffrait plus de sucreries qu'à l'accoutumée. Signe de stress évident. Il reposa aussi ce livre qui ne l'intéressait visiblement plus et se laissa aller sur le dossier de son grand fauteuil confortable en soufflant un coup, les paupières mi-closes. S'il se souvenait bien, on l'avait invité à se produire à l'étranger dernièrement, en Autriche-Hongrie, lors d'une des nombreuses fêtes de Vienne. Ce pays était réputé pour accueillir un grand nombre d'artistes, et c'était assez loin de tout pour qu'il puisse avoir le temps de trouver une solution à ses ennuis accumulés. Toutefois, il devrait d'abord consulter son père... Oh, après réflexion, qu'il aille au diable. On ne pouvait plus compter le nombre de fois où il n'avait fait qu'obéir à ses directives, apprenant patiemment tout ce qu'il y avait à apprendre pour briller en société, garder une prestance et surtout manier habilement les ficelles du métier de grand propriétaire de banque. De plus, il n'était plus bercé aux seins de sa mère, il pouvait bien voyager sans en demander la permission. Il savait que ce n'était guère raisonnable avec toutes les responsabilités qu'impliquaient sa position, mais il n'en pouvait clairement plus, il avait besoin de faire une exception.

C'est ainsi qu'il se retrouva à voyager à bord d'un zeppelin de luxe, ne laissant qu'un mot sur un papier dans sa chambre pour signaler son absence d'une semaine et demi. Histoire qu'ils ne s'affolent pas. Il y avait déjà assez des rumeurs, alors si en plus ils se mettaient à crier à l'enlèvement ou à sa disparition, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Le voyage fut long, mais peu éprouvant, le service étant à la pointe de sa qualité. Quand Samaël mit enfin pied à terre sur le sol austro-hongrois, il sentit soudain un poids sur ses épaules s'alléger, du moins temporairement. Il avait vraiment besoin de vacances. Certes, il se devait de travailler correctement ses morceaux et compositions avant le grand soir, mais ce n'était qu'une partie de plaisir comparé à ce qui l'attendait en rentrant, alors autant en profiter avant de rentrer chez lui. Il fit transférer ses affaires dans sa suite réservée dans un grand palace en plein centre de Vienne et se rendit à l'Opéra pour discuter avec l'organisateur de la représentation. Il apprit sur place qu'il devrait faire un duo avec une cantatrice chinoise. Suite à une erreur, personne ne l'avait mis au courant. La stupeur s'était lue sur son visage, et il avait ressenti un certain malaise face à cette annonce. Il ne traitait que rarement avec... les chinois, ou les asiatiques en général. Si bien que cette histoire lui paraissait se situer sur une pente glissante où il pourrait se casser la figure sans le vouloir. Les erreurs diplomatiques étaient vite arrivées, surtout quand on connaissait la réputation de la Chine et les mésententes politiques avec le Royaume-Uni.. Il n'appréciait guère qu'on lui ait annoncé la chose à son arrivée et non avant. Bien qu'il en fut irrité, il resta silencieux et poli, et il s'en accommoderait comme il se devait de le faire. Il n'avait pas le choix, il devait respecter sa part de travail et devra rester à tout instant méticuleux dans ses propos pour ne pas froisser la demoiselle. Si sa famille savait qu'il faisait un duo avec une chinoise... Le grand-père en ferait une syncope.

Comme il devait rejoindre sa partenaire de travail le plus tôt possible, il dut se rendre dans l'une des nombreuses salles de répétition de l'Opéra de Vienne. Vêtu de ses vêtements habituels sans aucun artifices mais de grande qualité, Samaël arriva dans la pièce indiquée par l'organisateur. La cantatrice n'était pas encore là. Par contre, il y avait, posés sur une table, de grandes assiettes de gâteaux du pays. Sentant son estomac les désirer ardemment, Samaël en prit un, puis deux, puis trois. Dieu que c'était bon. Il était heureux d'exister rien que pour goûter ces petites merveilles. C'était au moment où il avait des miettes au coin de la bouche et un gâteau tenu entre ses dents qu'il remarqua que la cantatrice venait juste d'arriver. Prit en flagrant délit, le musicien sursauta et en fit tomber le gâteau qu'il avait à moitié dans la bouche. Très embarrassé mais essayant de garder une contenance, il tira de la poche de sa veste un mouchoir de poche propre et s'essuya la bouche, tandis que ses joues se teintaient de rose. Son regard brun, très gêné, évita un instant celui de la chanteuse. Enfin, en ramassant les restes de ce qu'il avait fait tomber, il s'éclaircit la gorge avec grand embarras en faisant quelques pas en sa direction.

Faisant mine qu'il ne s'était rien passé, il s'approcha d'elle et tendit la main avec l'intention de serrer la sienne, ce geste s'accompagnant d'un sourire agréable et poli. Il parla en anglais, espérant qu'elle le comprenne. Sinon, ils n'auront qu'à tester les différents langages jusqu'à ce qu'ils s'accordent sur un en particulier.

-Bonjour, je m'appelle Samaël Osborne. Je suis celui qui vous accompagnera en instrumental lors de notre représentation la semaine prochaine. Enchanté.

Pour être tout-à-fait honnête, il était tellement une quiche en culture générale orientale qu'il ignorait si lui serrer la main était une bonne idée. C'était une toute autre culture que celles qu'il avait étudiées par le passé. Il n'avait pas l'habitude de passer pour un inculte, c'était tout nouveau pour lui.
Samaël Osborne
Revenir en haut Aller en bas
Xiulan
Le rossignol de l'empereur
avatar
✦ Double-compte : Tenkô Gou et Peppino

Mar 9 Aoû - 16:40
La cantatrice chinoise entrait dans la pièce où elle devait rejoindre un musicien de renom. Les deux étrangers devaient mêler leur talent pour offrir une représentation dans une semaine. Une seule petite semaine. Et Xiulan ne connaissait même pas son nom, juste que sa voix accompagnerait sa musique… C’était un défi difficile mais que la jeune femme relevait avec détermination. Deux professionnels se débrouilleraient à merveille. Il ne fallait pas en douter. Cependant, Yèyïng était peu désireuse de se cacher derrière son masque pendant tout le séjour. Elle avait alors pris soin de maquiller son visage pour affiner ses traits et se rendre plus féminine. A aucun moment ne devait-elle montrer que le voyage avait été éprouvant. Bien que l’Autriche-Hongrie fût loin et le trajet long.

Sans un mot, elle observait donc le manège du jeune homme qui essuyait maladroitement ses miettes. Intérieurement, la scène l’amusait. Rien ne transparaissait pourtant sur son visage sérieux. Elle ne souhaitait pas une mésentente dès la première approche en lui laissant penser qu’elle se moquait de lui. Les hommes étaient souvent orgueilleux et cela attirerait des ennuis pour la suite des évènements. D’autant plus que ce n’était pas le cas. Simplement, la surprise sur son visage, comme s’il avait été pris sur le vif, était drôle. Rien de plus. Elle lui laissa donc le temps de se ressaisir, qu’il se sente à l’aise à nouveau dans cet environnement inconnu.

Par ailleurs, la chanteuse n’était pas seule. Un homme engagé par sa famille capable de la protéger et de traduire les paroles des étrangers. Xiulan n’était pas certaine de combien de langues il maitrisait mais suffisamment pour l’Autriche-Hongrie semblait-il. L’anglais semblait en tout cas dans ses cordes car il traduisit sans difficulté les propos du jeune musicien. De par ses quelques voyages, il savait que serrer la main était une coutume courante en Europe et l’avait soufflé à la demoiselle à sa charge pour qu’elle ne fût pas perdue.

Ce fut donc sans trop d’hésitation – avec presque trop de volonté même – que Xiulan s’empara de la main du fameux Samaël. Elle la serra vivement avant de la relâcher tout aussi vite.

« C’est un plaisir de vous rencontrer M. Osborne. Je m’appelle Xiulan Jiào, mon nom de scène est Yèyïng et je vous accompagnerai de ma voix. »

Un sourire forcé se dessina sur ses lèvres légèrement maquillées. Tâchant de se montrer aimable et charmante. Ce dernier disparut rapidement et le rossignol se mit à observer plus attentivement le descendant Osborne.

« De quel instrument jouez-vous ? Je n’ai pas été informée. »

Ce qui était assez catastrophique d’ailleurs. Mais Xiulan était trop heureuse de visiter un autre empire pour s’en plaindre. Elle devait faire un peu plus connaissance avec cet homme avant de pouvoir visiter la ville et ses splendeurs. Le pays de la musique. Elle ne pouvait que se sentir chez elle dans cette patrie et c’était avec une impatience certaine qu’elle désirait écouter les mélodies de ces étrangers.

L’heure n’était cependant pas au tourisme. Et c’était avec discrétion que la chinoise observait les biscuits installés sur la table. Rien que ceux-ci satisfaisaient sa curiosité. Ils étaient déjà une preuve des différences entre leurs pays. D’ailleurs, en parlant de pays, d’où venait ce bougre ? Xiulan s’empressa de demander pour être fixée.

« Je n’ai pas non plus été informée de vos origines d’ailleurs… si vous acceptez de les partager. »

Et le traducteur continuait de faire son travail.
Revenir en haut Aller en bas
Samaël Osborne
Invité
avatar
Samaël Osborne
Jeu 11 Aoû - 11:07
Si la cantatrice avait remarqué qu'il venait de se goinfrer sans faire attention à sa tenue et ses manières tout en se croyant seul dans la pièce, elle n'eut aucune réaction particulière le démontrant avec certitude. Cela coulait de sources, si on lui avait inculqué la politesse et les bonnes manières en société. De toute manière, Samaël doutait qu'une personne étant dans l'incapacité de jouer sur l'impassibilité de son visage puisse survivre longtemps dans les milieux raffinés où le marché du poison était l'un des plus développé. Se moquer en face d'une personne commettant un faux pas pouvait se révéler fatal pour sa propre réputation, brouiller leur relation tout en pouvant compromettre l'efficacité de leurs futures rencontres professionnelles ainsi que, éventuellement, les relations diplomatiques entre la Chine et le Royaume-Uni. Une voix traduisit ses paroles à l'attention de la cantatrice chinoise. Il nota qu'un traducteur, plus petit et plus rabougri en apparence, se trouvait juste à côté d'elle. Il ne l'avait pas remarqué, sa présence était assez discrète. Réagissant convenablement, la jeune femme s'approcha de lui et lui serra la main qu'il lui tendait avec une vigueur peu naturelle, ce qui lui permit de déduire qu'il n'avait pas tout-à-fait tort sur le fait qu'en Chine, ce geste n'était probablement pas de coutume. Rapidement, il détailla la jeune femme. Assez grande, pour une chinoise -ils étaient réputés pour être plus petits que les européens, en général-, un visage maquillé avec finesse quoiqu'un peu anguleux pour une femme, un joli grain de beauté sous l'oeil droit, des épaules carrées... non, décidément, elle ne correspondait que peu à la représentation qu'il se faisait du physique d'une chinoise typique. Enfin, ce n'était pas comme si les chinois étaient légion à Londres, et encore moins dans tout le Royaume-Uni.

Elle lui répondit dans un charabia de paroles qui n'avaient aucun sens pour lui, ces dernières vite transcrites par le traducteur professionnel qui parlait un anglais presque parfait.

« C’est un plaisir de vous rencontrer M. Osborne. Je m’appelle Xiulan Jiào, mon nom de scène est Yèyïng et je vous accompagnerai de ma voix. »
-Vous pouvez m'appeler Samaël, vous savez.

Il se demanda comment faire pour ne pas se planter la prochaine fois qu'il tenterait de prononcer son nom officiel, ou celui de scène. Ce dernier paraissant plus simple à dire, il se contentera de l'appeler par celui-ci... ou bien, par honorifique.

« De quel instrument jouez-vous ? Je n’ai pas été informée. »
-Je vois que l'erreur de communication ne s'est pas limitée à ma personne... Je n'ai appris qu'en arrivant que j'étais censé jouer en duo avec vous. Il me semble avoir entendu que notre représentation durerait au moins une heure. Je vous accompagnerai en grande partie au piano, ainsi qu'au violon. Je vous accompagnerai également en chant pour un morceau en tant que chœur, mais il y aura aussi des chœurs qui se joindront à votre voix. J'ignore si on vous l'a signalé... C'est tout ce que je sais, pour le moment.

Une semaine pour se familiariser et se synchroniser avec la voix de la cantatrice, c'était peu. Soit ils avaient vraiment confiance en leur professionnalisme, soit ils avaient peu de considérations pour les deux jeunes artistes qu'ils étaient. Il ne manquerait pas de se plaindre au responsable de cette organisation déplorable.

« Je n’ai pas non plus été informée de vos origines d’ailleurs… si vous acceptez de les partager. »

Le jeune virtuose haussa un sourcil. Visiblement, elle était davantage mise à l'ignorance que lui. Ce qui n'était pas étonnant de sa part, puisqu'il mettait un point d'honneur à connaître tout les détails et termes qu'impliqueront sa représentation, très sérieux dans l'exécution de ses deux professions. Peut-être qu'elle n'avait tout simplement pas eu le temps de poser des questions au responsable, ou ce dernier s'était absenté pour un certain laps de temps avant de la recevoir convenablement.

-Avant de vous répondre, ne serait-il pas préférable de s'asseoir pour discuter ? Vous avez dû faire un long voyage, alors autant économiser l'énergie qu'il vous reste.

Il tendit son bras à la chinoise avec des manières de gentleman et la mena jusqu'à un élégant sofa, placé à côté des différentes et délicieuses victuailles disposées sur la table. Samaël s'assit à côté de la jeune femme et, le coude posé sur l'accoudoir, la tête reposant sur la paume de sa main, il répondit tranquillement à sa question, l'interprète faisant son travail, debout derrière le sofa, bras croisés derrière son dos.

- Je suis anglais. J'ai été appelé de Londres, au Royaume-Uni, pour jouer ici, devant une assemblée de nobliaux.

Samaël espérait que cette dame ne fasse pas preuve de froideur en découvrant ses origines. Si elle pouvait se braquer, lui n'en avait rien à faire, il resterait professionnel jusqu'au bout, et était plus curieux de découvrir cette culture tant méprisée chez lui au lieu de la rejeter en bloc. Si elle n'était pas capable de faire de même, grand bien lui fasse. Il ne cracherait en aucun cas le venin plein de douceur et de grâce typique de la haute société anglaise. Le virtuose préférerait néanmoins que la semaine se déroule agréablement, étant venu pour se détendre, loin de chez lui. Il reprit tout aussi calmement.

-Une chinoise et un anglais qui font un duo musical. C'est une belle ironie, n'est-ce-pas ?

Le musicien la testait un peu, sous couvert d'un petit sarcasme amusé. Il prit un petit four.

-Il y a peu, on m'a dit que l'organisateur tarderait pas à arriver pour convenir d'un programme pour cette semaine mouvementée.

Il prit un autre petit four. Cette fois, il était méticuleux sur ses manières et ne laissa pas une seule miette tomber sur son costume, ses gestes étant mesurés au centimètre près.

-Avez-vous eu l'occasion de visiter Vienne récemment ou par le passé ?
Samaël Osborne
Revenir en haut Aller en bas
Xiulan
Le rossignol de l'empereur
avatar
✦ Double-compte : Tenkô Gou et Peppino

Dim 21 Aoû - 16:25
Un anglais. A cette mention, les deux chinois échangèrent un regard qui en disant long. C’était très limite de la part des organisateurs d’associer ces deux nationalités. Ils le savaient sans aucun doute, alors pourquoi ? D’autant plus qu’ils avaient « accidentellement » omis de le mentionner. Xiulan n’était pas impliqué en politique mais respectait sa culture et les choix de son Empereur comme il se devait. Aussi se sentait-elle prise d’une hésitation. Devait-elle malgré tout poursuivre cette idée ? Elle imaginait le visage offusqué de sa mère lorsqu’elle lui raconterait. Cette dernière ne se gênerait pas pour lui tirer les oreilles et lever la voix. D’autant plus que la fille avait insisté pour partir, voulant voir le monde autant qu’elle le pouvait avant de s’enfermer dans un mariage.

La remarque sarcastique du british la tira de ses pensées et lui arracha un haussement de sourcil. Se souciait-il si peu de l’avis de ses dirigeants ? Peut-être bien. Cela arrangeait bien l’asiatique qui y trouvait l’excuse parfaite pour rester ici et procéder à l’aventure comme prévu. Elle s’associait avec un rebelle anglais. Pas un simple anglais. C’était parfait. Et elle pouvait continuer de se plaire dans l’idée de visiter Vienne et chanter en ces lieux.

« Tant que nos musiques s’accordent, le pays importe peu. »

Ils ne deviendraient juste pas les meilleurs amis du monde. Mais Xiulan était venue chanter et découvrir ce pays au nom composé. Rien d’autres. Travailler avec un inconnu était un défi qui pimentait un peu son travail. Un anglais équivalait à un piment bien rouge et bien fort. Elle saurait faire face malgré tout.

Imitant le jeune anglais, la cantatrice s’empara d’un petit four et entreprit de l’inspecter discrètement, se demandant ce qu’il contenait. Le musicien reprit la parole rapidement, ne lui laissant pas le temps d’analyser la petite bosse rouge sur le cake miniature. Ce Samaël était bien bavard tout de même. Elle se retint de le souligner cependant et se contenta de répondre poliment.

« On m’a prévenu aussi. J’espère qu’il ne va pas trop tarder quand même… Je ne suis jamais venue à Vienne et j’aimerais visiter justement. »

Se décidant enfin à croquer dans le petit four, le goût la surprit. Ce n’était pas un gâteau à base de riz. Rien à voir. Une fois la surprise passée, Xiulan put profiter des saveurs…sans grande conviction. C’était trop nouveau. Trop différent. Mâchant avec une pointe de dégoût sur le visage, la chinoise se força à avaler sa bouchée. Pour détourner l’attention de sa gêne, elle se décida à jouer la bavarde à son tour.

« Vous êtes déjà venu ? Je serais ravie d’entendre votre expérience en Autriche-Hongrie si tel est le cas. »

Un sourire et le reste du cake finit emballé dans sa serviette, caché dans le creux de sa main. Elle ne comptait pas le jeter et gâcher la nourriture mais le prochain animal qu’elle croiserait finirait sa bouchée. Une vieille – et mauvaise – habitude à elle. En tout cas, il n’y avait aucune chance qu’elle ne touche à un autre de ces hors d’œuvres.
Revenir en haut Aller en bas
Narrateur
Conteur d'histoires
avatar
Dim 29 Jan - 20:55

Une chinoise et un anglais, voilà un duo fort atypique qui monta sur la scène austro-hongroise mais qui, contre toute attente, remporta tous les suffrages. On salua l'originalité de la prestation et le professionnalisme du musicien et de la chanteuse. Leurs noms défrayèrent la chronique artistique.

RP terminé


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Autriche-Hongrie :: Opéra-
Sauter vers: