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 Avril 06. Investigations

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La belle au bois dormant
Ronce de France
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MessageSujet: Avril 06. Investigations   Mer 3 Aoû - 12:27
Emmanuel de Saint-Priest était un ministre de la vieille école. Il avait subi le Grand Sommeil comme nombre de ses compères, et avait commencé ses faits d'armes sous l'égide du roi Jour. Un roi aussi autoritaire qu'inflexible. Servir sa fille avait été des plus complexes au début. Difficile pour un ministre de devoir obéir à une jeune femme qu'il avait connu enfant, trottinant au sein des couloirs de Versailles, pas plus haute que trois pommes. Néanmoins le temps avait su prouver que la souveraine avait su écouter les conseils de ses précepteurs. Une reine pouvant se montrer juste, tâchant de jongler avec les règles d'un nouveau siècle, cherchant à mettre son pays sur les rails pour l'empêcher d'être envahi, annexé comme un vulgaire bout de territoire.

Néanmoins Emmanuel de Saint-Priest sentit que, aujourd'hui, la reine avait passé un cap. Le sourire qu'elle offrit à ses ministres avant de prendre place à la table était froid. Un simple trait peint sur son visage, dépourvu de chaleur.

« Messieurs. » La salutation tomba tel un poids en plomb. « Je vous remercie d'être tous présents en ce jour. Monsieur de Saint-Priest, l'ordre du jour, je vous prie. »

Simple formalité car chacun, ici, connaissait l'ordre en question. Le ministre de la sécurité, de Saint-Priest, coula un regard vers le lieutenant qui se tenait entre lui et la reine. Pur produit de la formation militaire régissant l'empire russe. De Saint-Priest avait du œuvré à ses côtés et avoué, à demi-mots, que le lieutenant ne manquait pas d'idées. Ni de méthodes. Un brin trop sévères et retorses à son goût.

« Avec le secours du lieutenant Sokolov, nous avons pu enquêter sur... l'explosion à Hamelin et découvrir le corps du... » Juste à temps, de Saint-Priest se retint de prononcer l'adjectif « regretté » qui n'aurait pas été de circonstance. Qui ne l'était plus. « … médecin royal Arsène Martès. Une tragédie qui aurait pu s'arrêter là si des découvertes n'avaient pas été effectuées. » Un silence. « Je pense que le lieutenant sera, plus à même, d'expliquer le cheminement de tout ceci. »

Tous les regards se portèrent vers le lieutenant, attendant ses explications. Ronce ne cilla pas. Elle en avait déjà eu le vague écho mais pas l'ensemble des détails. Une pensée lui vint pour le prince Ciel. Elle était soulagée que le jeune prince ne soit point là pour entendre ce qui allait suivre.


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Kay de La Reine des Neiges
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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Ven 5 Aoû - 0:29
Kay prit la parole juste après celle du ministre de la défense. Il n'allait pas mâcher ses mots. Même si on se devait de respecter les morts, un traître de cet ampleur, mort ou vivant, ne méritait rien d'autre que d’être traîné dans la boue.

— Du traître Arsène Martès. Il ne faut pas être tendre avec ce genre de personne.

Toutes les personnes présentes se mirent à chuchoter. Compréhensible. Le Russe avait le ton sec et dur.

— Uun rapport d'un de mes confrères m’amène à penser que ce n’était même pas sa véritable identité. Mais j'y reviendrais plus tard.

Kay posa une pile de dossiers : un pour chaque personne ici présente dont la Reine Ronce. Kay ne rigolait jamais avec son travail. Encore moins quand il était aussi important. Et surtout quand il était confié par la dirigeante du pays.

— Voilà un dossier complet concernant le traître ex-médecin royal. Je vous demanderais de ne pas faire comme cet homme et de ne pas commencer par la fin. Et de bien vouloir attendre que j'arrive à chaque fait sinon vous ne comprendrez rien au déroulement de l’enquête, n'ayant pas les bonnes informations au bon moment.

Kay fit entrer dans la sale un grand tableau vierge de plusieurs mètres de long avec plusieurs pages du dossier épinglé à celui-ci.

— Donc comme l'a dit monsieur de Saint-Priest, sous ordre de sa majesté la reine Ronce de France, j'ai été enquêté sur l'explosion en Allemagne. Plus précisément à Hamelin. Je vous passe les grandes lignes. Tout est dans le rapport. Mais le fait le plus important c'est qu'il y avait là-bas le QG d'une organisation terroriste. Pour aller droit au sujet en vous épargnant à vous autres, bureaucrates, la réalité des horreurs du terrain, je vous dirais les choses simplement. Il y avait là-bas une fosse commune pour leur groupe. J'y ait retrouvé le corps de ce salo... ce traître Martès.

Kay montra du doigts une page du dossier avec une photographie du corps de l'homme.

— Et avant que vous ouvriez la bouche pour dire des contres-arguments... « Oui ce n'est pas possible. Cet homme était un homme bon de la cour de France, aimé de tous. » Je vous dis : ouvrez les yeux. Il s’agit bien là du corps du traître. Son identité est confirmée par celle de son alliance que plusieurs d'entre vous avez déjà pu voir.

Kay montra la photo de la main portant la dite alliance.

— Mais aussi par cette marque dans son dos. Marque qui était le symbole de cette organisation. Vous allez me dire que personne n'a vue cette marque sur le corps de l'homme. Foutaises que cela. Sa majesté Ronce de France elle même l'a vu. Mettrez-vous en doute la parole de la reine de France ? Non, je vous crois pas aussi stupide.

Kay approcha de la table invitant les personnes présentes à tourner la page.

— Mais comme je vous l'ai si bien énoncé ce n'est pas tout. Bien que cela doit déjà être dur à avaler pour vous tous. Mais le dénommé Arsène Martès n'est pas celui que vous croyez. Menant mon enquête avec mes contacts personnels dans la police, un de mes allemands m'a fourni un rapport des plus étranges qui est la page que vous avez sous les yeux, et que je vous invite à lire.

Citation :
Extrait de casier judiciaire de la police de Khel, datant de l’année -6 :

Nom : Maintenon
Prénom : Ébène
Age : 19 ans
Origine : France
Statut : Porté disparu
Résidence connue : ghetto des Éveillés, commune frontalière de Khel, Allemagne

Sexe : Masculin
Délit : meurtrier présumé de Kaspar Fäulnis et d‘Arsène Martès.
Casier : interpellations multiples pour prostitution infantile et pratique illégale de la médecine.

Famille ou apparenté de l’individu :
- Épine Maintenon : sœur cadette ( 12 ans)
- Françoise Maintenon (dite Françoise d’Aubigné de son vrai nom) : Institutrice officiant dans le ghetto depuis son arrivé à Khel en -100 à l’âge de 28 ans. Figure fondatrice de la communauté française de Khel. On lui prête des origines féeriques qui lui aurait permis d‘atteindre sa longévité. Elève Ebène et Epine de -18 à -10 ( décédée en - 10, à l’âge de 120 ans de mort naturelle)
- Frênes Maintenon : Père. Fils unique de Françoise Maintenon. Alcoolique et joueur notoire. Il aurait contracté de nombreuse dettes ( décédé des suites d’une agression en -18. )
- Gerda Fäulnis : Mère supposée. Prostituée. Epouse de Kaspar Fäulnis . (décédée en -18. Supposément en couche, à la naissance d‘Epine.)
- Kaspar Fäulnis : Père adoptif . Elève Ebène et Epine de -10 à -06. Souteneur connu de nos services pour exploiter sa femme puis son fils adoptif. (décédé par balle en -06.)
- Arsène Martes : Ami de Françoise Maintenon. Médecin. (décédé par balle en -06)

Description physique : 1m90. Caucasien. Brun. Yeux noirs. Svelte.
Profil psychologique : Jeune homme renfermé, peu loquace. N’a jamais fait montre de violence auparavant.

Nota bene : Les archives du Docteur Martès ont été vidées des dossiers médicaux d’Ebène et de sa sœur. Impossible de faire mention de particularité physiques.

***

Extrait des Carnets d’observation du Docteur Martes :

"... Ébène est un jeune garçon intellectuellement brillant et qui apprend vite. Il observe et assimile avec une facilité hors norme. Il suffit que je lui montre telle ou telle opération une fois, deux tout au plus, et il parvient à la reproduire sans difficultés notables. Il manipule des notions de physique, de mathématique, de biologie ou d’anatomie parfois extrêmement complexes sans que cela ne semble le bloquer ou le déconcerter. Sa mémoire semble capable d’imprimer énormément d’éléments. A cela s’ajoute un sang froid qui décuple ses facultés d’analyse en situation critique. Il est logique et rationnel à l’extrême. Il n’est d’ailleurs pas un « être moral » : il calcule, décortique, mais cette notion de « moralité » n’a aucune conséquence sur ses prises de décisions. Remercions Françoise d’avoir su lui offrir une éducation digne de ce nom malgré l’environnement hostile. Il a les manières et la culture d’un gentilhomme mais se coule avec aisance au niveau des couches populaire dans laquelle il évolue. Sa capacité d’adaptation à son environnement est digne d’un caméléon. Pourtant il n’évoque aucun ami, aucun confident. Il est à la fois asocial et hyper sociabilisé. Sa sœur semble la seule personne qui ait des interactions affectives avec lui. Du moins, c’est la seule personne, qu’il évoque comme « proche ».
A force d’observation, j’ai pu arriver à la conclusion que son détachement n’est pas feint afin de se forger une armure de protection face aux événements traumatiques qu‘il a subit. Il est par essence insensible. L’alchimie de son cerveau l’empêche d’avoir de réelles émotions et jusque là je ne l’ai jamais vu pleurer. Une fois je lui ai demandé de faire le récit détaillé du décès de ses parents. Il m’a décrit le plus cliniquement du monde la manière dont son père et sa mère avait été passés à tabac après la mise au monde d’Épine et que « la meilleure solution » était de se réfugier chez sa grand-mère. Il avait pesé les chances de survie de ses parents et conclus qu’ils ne valaient pas la peine de s’attarder. Il avait également froidement estimé l’attachement de Françoise à son propre sang , elle qui pourtant avait répudié ce fils qui l’avait tant de fois déçue, en lui proposant d‘être ce « prince héritier » que son paternel n’avait pas su être . J’en viens encore à me demander pourquoi il n’a pas abandonné sa sœur vagissante au milieu des deux mourants. Elle n’avait, alors, aucune valeur stratégique. Pas plus que maintenant.
Cette pathologie étrange s’accompagne d’une difficulté à connaitre ses propres limites. Son insensibilité émotionnelle est jumelée avec une insensibilité à la douleur qui ne joue pas en sa faveur. Les signaux avant-coureurs de la souffrance n’alarment par son cerveau qui réagit trop tard et pas assez préventivement. Il n’éprouve de douleur physique que quand le mal -blessure, maladie, autre…- est déjà fortement installé. C’est un sujet fascinant d‘étude, mais je lui prédis une mort rapide bien malgré lui. Voyons le bon coté des choses , peut-être serais-je en mesure d‘autopsier son cerveau et mieux comprendre les mécaniques de ses neurones. J’apporterais, ainsi, ma contribution à la science…"

— Comme vous pouvez le voir le docteur Martès est bien mort mais il y a de cela plusieurs années. Ce qui correspond à la disparition d'un garçon qui était proche de la famille du docteur. Peut être y verrez vous une autre coïncidence. Mais dans mon boulot c'est ce qu'on appelle des preuves. Sans parler que les archives du dit Martès ont été vidées, avec la disparition de l'enfant. Je m’étonne que la police allemande n'y a vu que du feu. En Russie une disparition du genre, sans une preuve d’innocence, équivaut à être suspect numéro un. Donc je ne peux conclure le grade dans cette organisation du traître que vous connaissiez tous. Mais une chose est sûre. Il complotait pour une révolution, entre autre, contre la couronne de France.

Kay regarda de Saint-Priest d'un regard plutôt mécontent. Trop de choses avaient passées outre la vigilance de la sécurité du royaume de France. Un traître, un terroriste, avait été en contact proche avec la reine, à son insu.

— Et pour donner un appui à ces accusassions, je voudrais souligner la disparitions des bras droits du traître. À ma grande surprise, il y avait même une femme connue des services de police russe.

Kay prit place au siège qui lui était réservé pour fermer son dossier.

— Mais je vais laisser la parole à sa majesté la reine de France. Elle a eu connaissance des détails de ce qui a été trouvé à la Douane. Certains papiers portaient le sigle de cette maudite organisation. Si vous avez d'autres questions, ne vous retenez pas. Je connais ce dossier sur le bout des doigts. Je ne prend jamais une affaire avec des pincettes. Mais si vous ne me croyez pas vous pouvez les poser aussi bien à sa majesté Ronce de France.

Kay demanda à une domestique une tasse de café noir bien serré. Il avait passé plusieurs nuits blanches. Il était comme ça. Une enquête donnait toujours plusieurs nuits blanches, des cernes sous les yeux, et plusieurs cigarettes fumées en quantité. Même si par égard pour Ronce il avait pris le temps de se faire un longue, trop longue toilette à son goût, il devait rester une légère odeur.

Hrp : Le casier judiciaire de Arsène n'est en rien une invention. Cette information est présente dans la fiche du personnage. http://fantasmagorie.forumactif.org/t1937-arsene-martes


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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Mar 9 Aoû - 22:43
Un frisson de dégoût parcourut l'assemblée lorsqu'on arriva à la photo du cadavre. Aucune explosion ne laisse un corps intact – encore moins lorsque l'explosion provoque une telle déflagration. Ronce porta une main gantée à ses lèvres mais se refusa à détourner le regard. La Vérité se devait d'être observée dans sa plus amère crudité.

Un des ministres, Monsieur Walls, se permit une réplique d'indignation, osant même se lever de sa chaise.

« Tout ceci n'est qu'outrage et perfidie. Qui nous prouve que ce rapport n'est point falsifié ? J'en appelle à l'article quarante-neuf... »

La voix du ministre se fit plus mince, s'étranglant dans sa gorge alors que la reine se levait à son tour. Le défiant du regard jusqu'à ce que l'homme se rassoit, sans mot dire. Le regard de la reine balaya les membres de l'assemblée attendant une autre rebuffade, une autre altercation, avant de parler à son tour.

« Celui que nous connaissions sous le nom de Arsène Martès était bien Ébène Maintenon. »

Se plaçant devant le tableau, du doigt, la reine souligna un prénom. Un seul. Épine.

« Ce prénom, je l'ai entendu proférer de la bouche de Arsène Martès alors qu'il nous revenait, exsangue, blessé à même la chair. Marqué du sceau de Rhostramus sur le dos. Une marque qui, en plus de moi et de lui-même, était connu d'une autre personne... Ernest Duchesne. »

Ce même homme qui, à la tête de la Douane, marié à une infirmière Russe, avait soudainement fui le royaume de France en compagnie de sa chère et tendre. Laissant les employés de la Douane déboussolés, pour ceux qui n'avaient pas suivi le duo. Seuls fuyaient les enfants pris la main dans le sac, ou craignant que leurs parents ne découvrent leur dernier larcin.

« Ce même homme m'a raconté une brève histoire du passé de celui que nous nommions Monsieur Martès. Il avait une sœur cadette, décédée en janvier, il y a de cela deux ans. Deux êtres qui se sont retrouvés seuls au monde... »

Ernest avait même fait le parallèle entre la situation passée du médecin et celle, actuelle, de la reine et du prince. Pour mieux l'amadouer ? Du moins une part des mots qu'il avait prononcé ce jour-là avait eu un fond de vérité.

« Les propos de Monsieur Duchesne ce jour-là ne font qu'étayer cette hypothèse, et que confirmer qu'il était lié à Ébène Maintenon. Sans quoi pourquoi lui aurait-il confié un tel fragment de son passé qui aurait pu jouer en sa défaveur ? »

Ronce tourna dos au tableau. Non sans avoir détaché la photo du cadavre. Demandant un briquet au lieutenant, elle l'actionna. La flamme se refléta dans ses yeux. La photographie se racornit entre ses doigts alors que les flammes léchaient la photographie.

« C'est dans une fosse commune qu'il a été retrouvé. C'est dans une fosse commune qu'il finira. Ébène Maintenon, enfant du Milan de Rhostramus, rejeton bâtard d'une famille royale sera traité en traître. Son corps n'aura aucune sépulture. »

Rendant son briquet au lieutenant, Ronce épousseta la cendre de ses gants.

« Et la Douane subira un châtiment équivalent. Elle sera détruite, brûlée, épurée. »


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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Mar 18 Oct - 20:33

Un homme avait osé dire que le rapport du lieutenant était du chiqué, un ramassis de conneries, une liasse de mensonges. Bien sûr les mots prononcés étaient différents, mais c’était ainsi que les informations étaient passées de ses oreilles à son cerveau.

Mais avant même que Kay put dire un mot, la reine de France se leva pour faire taire ce Walls. Tout portait à croire que la reine devait se douter que cet homme ferait parti des personnes à démentir tout ça.

Alors que la reine parlait à son assemblée, le Russe s’était accoudé au tableau, les bras croisés, écoutant d'une oreille le discours de Ronce de France tout en dévisageant Walls,. Si ça se trouvai lui aussi faisait partie des traîtres. Peut être était-il lié à la Douane. Si c’était le cas il subirait la sentence de la reine comme tous les autres.

Ronce était d'une assurance qui plaisait au lieutenant. Quand elle lui demanda le briquet Kay le lui donna, sans un mot, la laissant brûler la photo. Heureusement que ce n’était qu'une copie, que l'original était dans ses archives sinon la reine aurait brûlé une preuve de cette affaire.

Ronce donna la sentence pour ce bâtard, ce traître. Étant déjà mort la décapitation ne devait pas être nécessaire, mais il serait envoyé à la fosse commune pour y pourrir lentement mais sûrement. Personne ne pourrait se recueillir ou pleurer sur une tombe. Personne n'aurait de haine à alimenter en allant sur la tombe d'un faux martyr.

— La reine a parlé. Je crois que mon travail est donc fini. Si vous n'avez rien à ajouter Messieurs, ou votre Majesté royale, je vais me retirer.
------------------------


Plusieurs jours s’étaient passés depuis que Kay avait bouclé l'affaire du traître qui s’était fait passer pour un médecin royal qui, au final, n’avait été qu'un bâtard qui avait perdu tout sens de l'honneur pour rejoindre un groupe d’hypocrites partageant une pseudo vision idéologique du monde.

Au plus Kay regroupait des informations sur ce groupe, au plus il le trouvait plein de mensonges et d'hypocrisie. Enfin c’était une affaire classée, bien que les hautes sphères du groupe n’avaient pas été forcement débusquées. Kay espérait qu'ils avaient péri dans l'explosion en Allemagne. Et avec de la chance tout cela ne serait bientôt plus qu'un souvenir dans un dossier dans une salle d'archive.

Ronce avait fait explorer la Douane de fond en comble pour y trouver des restes d'employés, tous passés à l’interrogatoire sous l’œil vigilent du Russe. Il y avait aussi pas mal de dossiers, un peu trop même pour être examinés en quelques jours, voire semaines. Ainsi tout cela avait été fait porter à la chambre de Kay qui lui servait de plus en plus de bureau. Si les femmes de ménage ne passaient pas nettoyer et sans l'interdiction de Ronce de fumer dans sa chambre, il y aurait fort à parier que cette chambre ressemblerait sûrement à son appartement en Russie, donc à un joli foutoir dans lequel lui seul pouvait se repérer.

Enfin hormis la pile de dossiers à examiner, l'affaire était pour ainsi dit finie. Le lieutenant ne s'attendait à rien. Il avait fait ça pour Ronce et rien d'autre. C’était là son seul intérêt dans cette affaire : ça et de se sentir vivant sur le terrain. Mais il en était tout autre du point de vue de la souveraine de France. Elle avait parlé au lieutenant d’anoblissement et que le pays devait lui être reconnaissant.

Tout cela lui semblait compliqué. Il n’était pas vraiment doué pour la diplomatie ou les autres trucs de la cour. Tant d'éléments qu'il avait à peine foulé du pied en Russie et dans lesquels il avait les deux pieds maintenant.

Il avait aujourd'hui rendez-vous avec la reine de France. Pas un rendez-vous privé entre la reine et son amant, mais entre la reine de France et le lieutenant de police russe. Ronce avait insisté pour qu'il soit habillé de façon correcte et présentable à la cour.

Voilà un aperçu de ce qu'il l'attendait si sa relation avec Ronce allait plus loin : devoir faire attention à tout et rien. C’était déjà fatiguant. Mais bon il n'allait pas faire honte à Ronce. Du moins pas volontairement. Ainsi Kay s'habilla avec les habits de pingouin qu'on lui avait préparé aux couleurs de l'empire de la Mère Patrie et du Royaume de France. Une domestique lui avait préparé une perruque. Kay ne put retenir un grand fou rire en envoyant sur les roses la femme de chambre. Non merci. Ressembler à toutes ces têtes blanches qui ne se rendaient pas compte à quel point elles avaient l'air ridicules.

Kay était arrivé face aux portes de la cour de Versailles avec un homme de main pour le guider. Vu les préparations que Ronce avaient mis en place pour accompagner le Russe, il ne risquait pas d’être en retard en se perdant ou mal habillé. C'est ainsi que Kay se fit annoncer pour entrer à la cour voyant Ronce qui siégeait sur son trône avec un second à ses côtés, vide. Toute sa cour avait le regard fixé sur le lieutenant qui avait l'impression d’être arrivé face au parrain d'une mafia qui s’apprêtait à juger quelqu'un pour lui faire couler les pieds dans le béton et pour le jeter on ne sait ou. Heureusement le parrain de cette assemblée avait l'air moins de cet avis.

Allez savoir ce que cette cour pensait de lui. Ils étaient peut être comme Walls et pensaient que tout cela avait été monté par le Russe pour s'approcher de la reine. Foutaises. Depuis quand il se prenait tant la tête ? Si ces foutus vautours en perruque voulaient sa carcasse ils n'auraient pas sa peau aussi facilement.

Kay arriva face à Ronce qu'il faillit saluer de la main.

— Vous m'avez fait demander Ron... Votre Majesté Royale ? Qu'est ce que je peux faire pour vous ?


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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Sam 29 Oct - 23:13
La Douane s'était consumée. Le bois avait craqué avant d'exploser tandis que les murs craquaient et se fragmentaient. Un spectacle de destruction et de désolation se jouait avec comme spectateur la cour de Versailles toute entière réunie pour assister à ces festivités si particulières. La reine se tenait droite ignorant ostensiblement la cendre qui montait vers le ciel en un panache grisâtre, le verre des fenêtres qui explosa en échardes coupantes. La souveraine demeurait campée sur place, au plus près de la Douane comme pour se délecter de cette scène qui se jouait pour elle. Le bâtiment avait été vidé de ses occupants et du moindre objet – ne restait plus que son squelette qui se tordait au sein des flammes. La reine patienta jusqu'au petit matin, jusqu'à la dernière flammèche. Comme si elle craignait que le bâtiment ne prit vie et ne décida de se reconstituer. Ce ne fut que les dernières cendres dispersées que la reine quitta les lieux ordonnant qu'on emporta les restes. Elle laissait la Nature mener son œuvre et faire renaître une nouvelle vie sur cette portion de terre purifiée par le feu.

Le jour même fut le début de la Terreur. Savoir qu'elle avait accueilli un traître si près d'elle avait éveillé quelque chose en la souveraine de France : le soupçon. Elle ne pouvait pas répéter la même erreur, elle ne devait pas se le permettre. La sécurité fut doublée et la magnanimité de la reine se mua en doute fatal. Tout individu soupçonné de mener une attaque contre la Couronne, d'avoir été proche de la Douane fut interrogé, envoyé à la Bastille... et condamné à mort. La lame de l'échafaud fut rapidement couverte de sang. Sang qui s'écoulait au sein des pavés de Paris lors des condamnations menées sur la place publique auxquelles Ronce assistait, refusant de tourner dos à la justice qu'elle avait dicté.

Chaque tête tranchée et brandie devant la population leur apprenait à tous qu'il était fini le temps où le pardon était si aisément accordé. Ronce savait qu'un tel changement de politique pourrait lui valoir l'ire de nombre de gens. Mais elle se devait de le faire. Pour la stabilité de son règne. Pour s'assurer que plus aucun traître ne s'infiltrerait aussi loin dans son intimité.

Le sang devait couler.



Les rumeurs enflaient au sein de Versailles plus aisément que des ballons dans les mains d'un clown. Les éventails s'agitaient, les robes bruissaient. Un événement allait se jouer dans la salle du trône et tous se donnaient du coude pour être aux premières loges, les plus infortunés demeurant dans la Galerie des Glaces. La foule se fendit tella la Mer Rouge pour laisser le lieutenant avancer et se positionner en bas du trône. Ses mains posées sur les accoudoirs, la couronne pesant sa tête, Ronce attendit quelques secondes après que la question fut posée. Tout l'art de régner reposait sur la théâtralité. Versailles était une scène, chacun de ses occupants un comédien. Et elle devait être la meilleure en la matière.

« Lieutenant Sokolov, vous avez permis d'empêcher la destruction de la Couronne et la plongée du royaume dans un chaos dont elle n'aurait pu jamais se relever. »

Ronce se leva écartant les bras comme pour embrasser la salle toute entière.

« Vous l'avez vu. La Couronne punit les traîtres à la hauteur de leur crime. Mais elle sait aussi reconnaître ceux qui l'ont aidé. Agenouillez-vous lieutenant. » ajouta-t-elle en abaissant son regard.

Elle insista d'une brève inclinaison de la tête pour pousser l'homme à obtempérer. La reine tendit la main attendant qu'un domestique vint déposer l'objet ainsi quémanda : une épée cérémonielle, celle-là même porté par feu le roi Jour et demeurée, jusqu'à aujourd'hui, dûment scellée dans le trésor royal. La lame brilla sous l'éclat des lustres alors que Ronce la déposait tour à tour sur chacune des épaules de l'homme.

« Pour avoir servi fidèlement le royaume de France, que votre nom soit élevé. Vous serez désormais maître du duché de Châteauvillain. Relevez-vous, duc ! »

Croyant deviner que le concerné ne savait pas sur quel pied danser, Ronce lui tendit sa main gantée pour qu'il puisse se reposer dessus afin de se relever. Le tournant vers la foule qui applaudissait, la reine se tint à côté de lui, lui chuchotant quelques mots à l'oreille.

« Vous vous y ferez. C'est une habitude à prendre. »


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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Dim 27 Nov - 22:02

Se mettre à genoux pour le récompenser d'avoir aidé, non pas le royaume, mais juste pour avoir rendu service à Ronce surtout. Car il devait l'avouer il n'avait pas vraiment fait cela dans l’intérêt du peuple français. Mais parce que Ronce lui en avait fait la demande au vu de l'expérience de terrain du Russe.

Kay se mit à genoux à terre sans discuter. Il avait bien compris au regard de la reine, qui était face à lui, qu'elle était on ne peut plus sérieuse. L'ex-lieutenant avait bien pensé à dire quelque chose que, si ils n'avaient été qu'à deux, aurait fait tourner rouge pivoine la reine avec, sûrement, un petit commentaire de remontrance. Mais a vue de la situation Kay se retint de tout commentaire.

Puis vint le moment où Ronce sortit une épée. Elle avait parler de récompenser, il y a quelques secondes, pas de le décapiter. Certes il n'avait pas encore fait d’héritier à la reine, mais c'est parce qu’elle ne voulait pas en avoir avant le mariage. Donc pourquoi vouloir le tuer ? Ronce posa l'épée sur une épaule puis une autre, tout en lui annonçant qu'il était duc avec un duché.

Kay avait juste été un peu trop parano sur le coup. Mais, sérieusement, c’était quoi ce nom de domaine qu'elle venait de lui offrir ? Kay lança un regard perplexe à son amante. Était-ce là une pique personnelle que le « vilain » lieutenant russe avait volé le cœur de la grande reine de France ?

Kay laissa échapper un soupir légèrement dissimulé alors que la reine lui tendait la main pour être à ses côtés face à la foule, lui murmurant une petite phrase, à laquelle il répondit sur le même ton sonore.

— On s'habitue à ce genre de choses honnêtement ?

Kay doutait de pouvoir s'y habituer un jour. Mais il essayerait de ne pas faire trop honte à son amante.

— Et d'ailleurs je n'ai absolument aucune idée de comment on s'occupe d'un duché de « vilain » vous savez.

Si il suffisait de donner des ordres pourquoi pas. Mais Kay doutait qu'il s'agissait de juste dire « oui, non, foutez-moi la paix ou je fais voler votre perruque à coups de cafetières ». Sur le coup il ne voyait vraiment pas ça comme un cadeau.

Mais bon au moins si cela lui appartenait il pourrait peut être trouver, quelque part dans le duché, un coin tranquille où venir avec Ronce des fois. Ou un coin où il pourrait s'entraîner comme il le faisait régulièrement en Russie. Ou même entraîner Ronce à l’abri des yeux indiscrets et sans serviteurs pour les interrompre pour un rien.

La tournure que prenait la vie de Kay était vraiment inattendue. Et cela pouvait faire peur quant aux nombreuses responsabilités qu'il allait avoir. Cela changeait clairement de donner des ordres à sa brigade avec qui il était bon collègue pour la plupart des membres.

Kay regarda Ronce discrètement alors que les nobles devant eux n’arrêtaient plus d’applaudir. Et cela allait devenir son quotidien ? Kay se demanda comment Ronce avait géré cela seule depuis tout ce temps. Certes elle devait avoir eu l’éducation et lui non. Hormis l’éducation de sa mère, ce qui avait fait l’éducation de Kay était l'armée militaire Russe.

— Et que fait-on maintenant on doit les regarder encore longtemps ?


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La belle au bois dormant
Ronce de France
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MessageSujet: Re: Avril 06. Investigations   Dim 4 Déc - 22:51
La reine eut un froncement de sourcils face à l'interrogation du duc fraîchement nommé, tentant de faire comprendre que, oui, on s'habituait à tout. Même à se faire cirer les souliers par une armée de courtisans désireux d'entrer dans les bonnes grâces. Néanmoins la souveraine ne pouvait guère discuter du sujet devant toute la cour. Sa main tapota le bras de l'ancien lieutenant, tentant de lui faire comprendre de reporter ses interrogations à plus tard. Finalement la souveraine leva la main et invita, d'un signe tacite, la foule à s'écarter tandis qu'elle avançait, tenant le Russe par le bras. Les nobles se divisèrent de part et d'autre, laissant une allée se former. La Mer Rouge s'ouvrant devant Moïse.

« Ne vous retournez pas. » souffla Ronce alors qu'ils avançaient au sein de la Galerie des Glaces, les nobles les entourant de toutes parts. Ils se déversaient de la salle du trône, se coulaient entre les colonnes et les portes donnant sur les jardins. Leurs mains applaudissaient, leurs regards scrutaient le duo. Et déjà le commérage reprenait alors que Ronce obliquait dans un couloir, montait les degrés de l'escalier menant aux appartements, la foule se massant en contrebas, retenues par les gardes.

La porte des appartements se referma et la reine sombra du corps de Ronce tel un vêtement trop lourd à porter. La couronne fut ôtée, déposée sur le guéridon. Les épaules de la reine s'affaissèrent tandis qu'elle se retournait.

« Vous vous y habituerez je vous dis. Au bout d'un ou deux ans, peut-être. » concéda-t-elle. « Et être duc ça s'apprend. N'en déplaise à la noblesse française. Vous aurez des terres, des gens. Libre à vous de les diriger comme vous le souhaitez. Considérez que vous êtes à la tête d'une nouvelle garnison. »

Un roi de France – était-ce son père ? Probablement – avait souligné le fait que mener une armée et un pays étaient deux exercices fort proches, presque cousins. Il en était de même pour gérer un duché. Ronce eut un geste de la main pour signifier que la situation était bien moins complexe que ce que se représentait le concerné.

« Je vous apprendrais s'il le faut. Et vous devriez aller visiter votre duché. Qui sait, sur place, vous découvrirez que l'affaire est moins épineuse qu'au premier abord. »

Doucement Ronce posa sa main sur le bras du lieutenant. Le plus difficile avait été accompli et il était bien hors de question d'abandonner à la première petite difficulté.

« Vous vous en remettrez, duc. Oh et d'ailleurs maintenant que vous êtes anobli, nous allons pouvoir procéder aux fiançailles. »

Et de retenir, difficilement, un rire face à la mine contrite et par avance, lassée, du lieutenant. La main de Ronce tapota l'épaule de l'homme.

« La cérémonie sera simple, ne vous inquiétez pas. Pas comme le mariage. Je me vois bien vous épouser en décembre. Cela vous dit ? » Un temps. « Nous commencerons l'année sous de nouveaux auspices. Nous aurons des mois pour nous préparer. Des mois de cours intensif. »

Et à l'entendre il fallait croire que cela lui plaisait d'avance de devoir éduquer un ancien citoyen lambda. Elle eut un haussement d'épaules accompagné d'un sourire amusé.

« À chacun son tour de mener la danse. »

Fin


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Avril 06. Investigations

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