[Mai 06] Dans de beaux draps [PV Medjid]

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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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Dim 4 Sep - 20:52
Enfin ! Après des mois, des années d'économie, Hitomi avait réussi à s'offrir un grand voyage au Moyen-Orient ! La longue route qui la séparait de l'Angleterre avait été moins difficile à vivre que prévu, l'excitation et le bonheur accélérant le temps et les battements de son cœur. L'argent pour cette aventure avait été long à acquérir, mais les paysages et le dépaysement lui prouvaient que cela valait largement toutes les peines.
Le Moyen-Orient était un tableau complètement différent de tout ce qui lui avait été donné de voir jusqu'à présent, et c'était une Hitomi toute excitée qui fonçait de bazars en bazars, lorgnant du regard plus d'antiquités et d'objets qu'elle ne pourrait jamais en ramener, essayant des vêtements orientaux, humant l'odeur forte des teintures, et tendant l'oreille à ces musiques si particulières qui emplissaient l'air chaud de l'Empire ottoman.
Arrivé en début d'après-midi, la jeune voyageuse avait rempli une valise achetée sur place d'un amoncellement de vêtements, d'un service à thé complet et d'un tapis qui donnerait très bien dans sa tente de voyance en Angleterre, et était donc en quête d'un nouvel endroit à explorer. En tournant la tête dans toutes les directions, elle finit par découvrir des tours s'élançant vers le ciel, des pierres dorées et une prestance majestueuse qui l'éblouit.

Le palais du sultan, joyaux de la ville.

L'intuition surnaturelle de Hitomi lui chuchota à l'oreille qu'elle vivrait une expérience palpitante si elle y pénétrait...
Un sourire malicieux sur le visage, Hitomi se précipita sans perdre de temps vers l'entrée du fabuleux endroit... mais fut rembarrée par les gardes. "Pas de temps à perdre avec les touristes", qu'ils avaient dit ! Mais c'était bien mal connaître Hitomi que de penser une seconde qu'elle abandonnerait... La jeune fille fit mine de s'en aller pour de bon, mais dès que les gardes tournèrent la tête, elle emprunta une ruelle adjacente pour faire le tour du palais. Elle inspecta la moindre fissure, la moindre percée dans le mur d'enceinte, et finit par découvrir un endroit où elle pourrait escalader tant bien que mal. Remontant les pans de la robe qu'elle avait acheté le matin même, la japonaise espiègle se hissa en haut du mur après une périlleuse ascension, et parvint à descendre de l'autre côté sans se faire prendre par les soldats. Arrivée dans les jardins, elle réussi à tromper une patrouille en se cachant derrière un buisson, puis grimpa jusqu'à une fenêtre pour entrer dans le grand palais. Une servante faillit la voir, mais Hitomi, grâce à son intuition, parvint à lui échapper en s'enroulant dans un tapis et en s'étendant par terre parmi un amoncellement d'étoffes. La servante finit par quitter la pièce, et Hitomi lâcha un soupir. Jusqu'ici, son intuition ne l'avait pas trahie : c'était palpitant ! Elle se sentait comme un des ninjas de son pays, et cette pensée la fit sourire. Le Japon avait toujours été malin ! Hitomi s'avança fièrement vers une porte dont elle saisi la poignée. Le Japon avait toujours été invisible ! D'un mouvement de poignet, elle fit cliqueter le mécanisme, et la porte en bois massif s'ouvrit. Le Japon avait toujours été...
Hitomi se retrouva alors nez à nez avec un garde en faction devant la porte. Ils s'échangèrent un long regard surpris, et un silence de quelques secondes s'installa. Finalement, Hitomi mit un doigt devant sa bouche et, fixant le garde du regard, lui dit "chhhuuuuut...!" dans un murmure tout en refermant lentement la porte.
Bien sûr, le soldat finit par se ressaisir et empoigna la jeune fille par le col, avant de la plaquer au sol et de lui entraver les poignées avec force brutalité.
Hitomi lâcha un soupir de défaite.
Le Japon avait toujours été imprudent...
Intérieurement, la jeune fille s'adressa à elle-même une phrase sarcastique :

- C'est quand même le comble pour une ancienne tisserande que de se retrouver dans de beaux draps...

Et sur cette pensée, l'imprudente intruse fut traînée sans ménagement devant le Sultan.



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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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Jeu 8 Sep - 21:35
Le Sultan était d'humeur exécrable.

Il arrivait, quelques fois, que le tigre se réveille de mauvais poil. Cela arrivait à tout le monde, après tout, même au plus grands. Et ce jour-ci, le padischah n'avait envie de rien. Tout lui paraissait morne, ses conseillers lui paraissaient illogiques, ses chercheurs stupides, ses favorites mièvres au possible. Il savait, pourtant, que rien n'avait changé et que toutes ces modifications se déroulaient dans son esprit. Mais il n’empêchait qu'un rien l'exaspérait, et que cela se faisait largement ressentir.

Il était là, allongé sur un des nombreux coussins de la pièces, tirant de temps à autres sur sa chicha sans grande conviction. Le temps s'écoulait lentement, comme si Allah s'était amusé à le coincer l'espace d'un instant. Medjid avait fait tout ce qui était à faire, consulter ses conseillers, visiter ses chercheurs pour voir comment avançaient leurs travaux, répondre à ses missives… Il avait aussi tenté diverses activités, la lecture, les bains, la méditations, la musique, le harem, même… Mais rien n'y faisait, chaque activité accomplit n'était que quelque chose de moins à faire pour le reste de la journée.

Mais certaines activités, qui n’avaient pas pues être prévu par sa Majesté, restaient à venir.

En effet, on toquait à la porte. Madjid fronçait les sourcils. Qui donc osait encore le déranger ? Chacun de ses domestiques avait pu remarquer ses sautes d'humeur, et craignait de devoir poser la moindre question au sultan, même pour le bien-être de ce dernier. Alors, que quelqu'un vienne le déranger, à priori sans raison ? Inadmissible, et le coupable risquait fort de s'en souvenir.

Il l'invitait à rentrer, d'un ton sec et autoritaire.

C'était un soldat. Que faisait-il donc ainsi, à traîner dans ses appartements ? Medjid retenait un grognement, l'invitait à parler. Enfin, inviter est un bien grand mot. Disons que le pauvre n'avait pas vraiment le choix…

« C'est… C'est une intruse, Sultan… Une jeune femme qui s'est introduite dans le palais... »


Medjid fulminait. C'était donc pour si peu, qu'on le dérangeait ??

« Et donc ? Sous quel prétexte dérange-t-on une personne royale ? Si, à chaque personne qui s'introduisait au palais, quelqu'un venait me quémander... »


« Ce n'est pas cela, Majesté. »


Le Sultan haussait un sourcil, retenant un élan de rage envers l'outrage que venait de lui faire subir le soldat. Interrompre ainsi une personne de son rang ? Si cette audace n'était pas justifiée sur le champ, et par d'excellentes excuses, il regretterait assurément de ne point avoir attendu qu'on lui donne le droit de parler.

« … Le soucis, c'est qu'il s'agit d'une asiatique, Majesté. »

Une personne asiatique ? Une envoyée de l'Empereur Shîsan, peut-être ? Non, dans ce cas, l'Empereur lui aurait assurément envoyé une missive, ou aurait fait la demande d'une ambiance officielle… Dans tout les cas, il n'aurait fait entrer personne sans l'autorisation du sultan.

Alors… Une japonaise ? Et qui savait, peut-être était-ce une employée de l'Empereur ? … Une espionne ? Après tout, peut-être que ses projets était remontée jusqu'aux oreilles du reptile… Si tant était qu'il en avait, d'ailleurs. Dans tout les cas, en aucun cas il ne tolérerait la présence d'un adhérent aux pratiques magiques dans l'enceinte de ton palais !

Il se redressait et relevait la tête vers le soldat, qui attendait d'un air penaud les directives du Sultan. Finalement, ce n'est pas sur lui qu'il passerait sa colère, assurément pas. Il dit alors, d'un ton glacial, avec un sourire tout aussi froid, aux reflets presque effrayants :

« Faites la venir ici. »


HRP:
 
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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Ven 9 Sep - 22:33
Pendant tout le trajet jusqu'aux appartements du sultan, Hitomi n'avait cessé de bassiner le garde et de le noyer sous un flot ininterrompu de paroles, si bien qu'il l'avait baillonnée.
Quelques dédales de couloirs et de portes plus loin, le garde ouvrit une porte magnifiquement sculptée et poussa l'intruse sans ménagement dans la grande pièce somptueuse. Hitomi se releva avec difficulté mais dignement, pour se retrouver face à une présence d'un charisme incroyable... Le sultan, sans aucun doute, imposait de par sa prestance et son aura, derrière une attitude visiblement nonchalante et fortement agacée.
Le garde empoigna la jeune voyante par ses entraves au poignet et lui retira brutalement le baillon. Après quelques brefs toussotements, Hitomi lança au sultan, sans se démonter et avec un sourire provocateur :

- Vous savez... je n'ai rien contre les nouvelles expériences à ce niveau-là, mais c'est quand même mieux de se connaître avant, non?

Fière de sa petite pique irrévérencieuse, l'intruse fit mine de vouloir se dégager les poignets pour remuer les épaules et faire bâiller son décolleté, histoire d'en rajouter une couche. Tant qu'à se mettre à dos un sultan, autant le faire bien! Et puis, elle pouvait se le permettre, après tout elle aussi avait du charme à revendre!
Néanmoins, sa petite comédie ne fut pas au goût du garde qui, la qualifiant de "traînée", la secoua brutalement pour lui faire comprendre qu'elle ferait mieux de ne pas réitérer l'outrage.
Dommage, ça commençait à devenir amusant. Ceci dit, Hitomi guetta la réaction de son majestueux interlocuteur. Avait-elle fait son petit effet? Ou devrait-elle jouer d'autres cartes? Après tout, la jeune fille en avait tout un stock, dans une sacoche accrochée à sa ceinture. Petit bémol cependant...
Le sultan de ce pays était connu pour haïr la magie.
Certes, il était vrai qu'en réalité Hitomi ne faisait aucune magie, du moins pas au sens propre, cependant peut-être que son "aura" (elle aimait beaucoup ce mot dernièrement) arriverait à convaincre le sultan de changer d'avis. Bon, sans doute pas jusqu'à parvenir à lui soutirer de l'argent, pas qu'il en manque d'ailleurs, mais escroquer le grand patron d'un pays n'était sans doute pas la meilleure chose à faire dans sa situation...
Mais le séduire, ça pouvait marcher.
Hitomi avait un plan d'attaque, littéralement cette fois, et elle comptait bien se jouer du sultan pour sauver sa peau, aussi facilement qu'elle se jouait des ménagères désespérées en Angleterre...



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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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Dim 11 Sep - 12:30
… Quand on lui parlait du Japon, Medjid avait tendance à penser aux valeureux samouraïs, ou encore aux ninjas aussi discrets qu'une ombre… Mais en aucun cas il n'aurait imaginé avoir pour ennemie ce genre de personne… Non, la Demoiselle était décidément trop atypique pour convenir à ce terme. Ce genre de personnage.

Comment pouvait-elle oser agir de la sorte ? Elle était clairement en position de faiblesse, et surtout, se trouvait face au Sultan pour s'être introduite dans l'enceinte du palais ! Et pourtant, elle se trouvait là, fière, provocatrice à l'outrage. Medjid fulminait, tandis que le soldat la rappelait à l'ordre. Qu'il faisait bien. Même si cela ne suffirait probablement pas pour calmer la colère du Sultan.

Il se levait, lentement, presque menaçant dans le moindre de ses gestes. Le garde, connaissant son maître, savait ce que cela signifiait, et poussait légèrement l'étrangère vers l'avant, pour ensuite aller se retirer près de la porte. Il ne souhaitait en aucun cas assister de trop près à la colère froide de son maître. Ce dernier avançait vers l'inconnu un fin sourire aux lèvres, mais qui ne reflétait aucune joie.

« Voyez-vous donc cela… »


Il la détaillait de haut en bas, d'un regard à la fois curieux et méprisant. L'asiaitque portait une tenue ottomane, mais pas le genre de tenue traditionnelle qui était adaptée au circonstance. La sienne était presque un outrage à elle-seule, tant elle semblait impudique. Et ce décolleté, qu'elle tentait de faire grandir ! Même ses concubines n'en portaient pas d'aussi vulgaires.

« Résumons un instant la situation, puisque vous ne semblez pas la saisir de vous-même… Vous êtes actuellement en état d’effraction, qui plus est d'une propriété appartenant au haut-dirigeant de cet empire… »


Il passait un doigt sous le menton de son interlocutrice, la forçait à la relever… Exactement comme il le faisait avec les domestiques qui avaient quelque chose à se reprocher. Le garde déglutissait, connaissait bien la portée de ce geste. Il continuait, d'une voix plus basse, presque un souffle.

« Et la seule chose que vous trouvez à faire est de me provoquer… Qui plus est, d'une façon si vulgaire que cela en frôle le ridicule. »

Un léger claquement de langue, et il s'écartait de l'asiaitque pour rejoindre l'endroit où il était assis, lâchant d'une voix plus forte, plus impériale.

« Enfin ! Je mets cela sur le compte de votre stupidité, et vous devriez m'en être reconnaissance. Recommençons. Que faites-vous en ces lieux ? Qu'avez vous à dire, pour votre défense ? »
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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Dim 11 Sep - 15:12
"Vulgaire"...? Hitomi haussa un sourcil. D'accord, sa petite farce transgressait une bonne dizaine de conventions de la société anglaise, mais "vulgaire"... La jeune intruse mit ses mains sur ses hanches et afficha un air réprobateur. Et en plus il l'avait touchée avec familiarité ! Il se prenait pour qui celui-là ? La reine d'Angleterre ? Et en plus, son charme n'avait pas marché...
"n'avait pas marché"...?
Une minute, ses numéros de charme faisaient immanquablement des ravages !! Il l'avait dédaignée malgré son décolleté, et il lui avait relevé la tête sans rougir ni rien...
Cela ne pouvait signifier qu'une chose.

- Vous êtes homosexuel ? demanda Hitomi en arquant les sourcils.

Puis, comme tout de même, après coup sa phrase lui parut valoir la peine de mort, elle poursuivit en répondant aux questions, troquant son air interrogateur contre un de ses fameux sourires. Et en feignant d'ignorer qu'il l'avait insultée. De toutes façons, un proverbe ancestral disait "c'est celui qui l'a dit qui l'est".

- Ne croyez pas que je suis là pour le plaisir de vous voir, répondit Hitomi. Pas que j'aie quelque chose contre... euh, les garçons qui aiment les autres garçons... Mais passons. Je suis en voyage dans votre maaagnifique pays, et j'ai voulu visiter les lieux. Votre palais me paraissait superbe, donc je suis entrée... pour faire un peu de tourisme, vous voyez ? Ah, et d'ailleurs, j'adore vos jardins. Les bassins et fontaines alors que votre peuple meurt de soif, ça a du cachet et c'est audacieux !

Un partout, la balle au centre. Le sultan, tout sûr de lui qu'il était, ne pourrait sans doute pas garder son sang-froid devant une pique de ce culot ! Bon, d'accord, en agissant de la sorte elle ne faisait qu'aggraver sa situation, mais... C'était amusant. Affronter un adversaire de cette taille et de ce statut, ça avait quelque chose d'excitant ! Mais il faudrait bien qu'elle calme le jeu à un moment ou à un autre, parce que sinon elle aurait tout le loisir de perfectionner son talent d'actrice... dans un sombre cachot humide et froid.
Et l'humidité, c'était mauvais pour son teint.
Et ses cheveux.
Très important les cheveux.




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Medjid Sherkâh
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Lun 12 Sep - 17:21
Ce n'étais plus de la stupidité.
Ça devenait un crime de lèse majesté.

Il se demandait ce qui était le pire. La déviance mentale qu'elle venait d'énoncer clairement, ou l'accusation officieuse concernant ses responsabilités envers son peuple. Et, dans les deux cas, c'était un motif suffisant pour lui infliger la peine de mort sans autre forme de procès.

Mais Medjid n'était pas pas comme cela. Il sentait qu'il devait se contenir, calme sa rage, ce sans quoi il garderait longtemps un goût de défaite amer en travers de la gorge. C'est vrai, après tout : Une royauté telle que lui, s'abaisser à un élan de colère pour une misérable catin ? Et ce, en plus, devant un de ses hommes ? Non, il en allait de son honneur.

D'ailleurs, il préférait le voir sortir, ce garde. Bien que les paroles de la jeune femme ne valent pas grand-chose aux yeux du Sultan, elle pouvait faire mouche dans le cœur d'un homme du peuple, et de ce fait faire naître une rébellion. Alors, autant mater cet embryon avant qu'il ne grandisse, avant qu'il ne devienne conséquent.

« Allez me chercher mon fouet, sur le champ. » siffla-t-il, dans un ottoman précipité, incompréhensible pour l'étrangère. « Au plus vite. Aucun arrêt ne sera toléré. »

Après tout, il ne manquait plus qu'il fasse passer la nouvelle à d'autres… Le garde s'inclinait dans un légère révérence, avant de sortir. Mais ce geste rapide eût suffit pour permettre au sultan de voir l'expression du jeune homme : un mélange de crainte, et d'amusement. D'amusement. Comment pouvait-on s'amuser de lui ? Oh non, cela ne continuerait pas. Il prenait un ton doucereux, se rapprochait, détachait chaque syllabe lentement, faisant un effort énorme pour ce contenir.

« Veuillez m'excusez, Mademoiselle, j'ai dû avoir une mésentente… Je n'ai point à faire à de la stupidité, mais à des envies suicidaires, n'est-ce pas ? Ou, peut-être, du masochisme… Après tout, cela ne serait pas étonnant, vu votre air de catin. »


Il souriait, d'un sourire carnassier. Qu'importait qu'elle le critique ? Il aurait la dernier mot, et elle pleurerait en implorant son pardon. Et, quel plaisir il aurait, à ce moment, à lui infliger le coup de grâce, à voir le corps de cette saloperie s'écrouler sans vie sur le sol…

« Enfin, dis-je air, mais sans doute cela est-il votre métier ? Ainsi penser que tous les hommes tout les hommes doivent tomber à vos pieds, ce sans quoi il est impossible qu'ils tombent à ceux d'une autre demoiselle… Sachez, jeune impertinente, que bien mieux m'est offert au sein de mon palais. Et qu'il est donc hors-de-question de m'abaisser à une misérable créature de votre espèce… »


Voilà qui fût réglé concernant sa déviance éventuelle. Il allait enchaîner sur ces fameuses fontaines, mais voilà que la lourde porte se rouvrait, laissant rentrer le garde, qui s'avançait vers le sultan, lui tendant l'objet de sa demande. Parfait.

Il saisit l'arme, tendant le bras pour faire claquer le fouet à quelque centimètres du visage de l'intruse, coupant même quelques cheveux qui voletaient autour de son visage, avant de le ramener à lui. Son sourire s'élargissait.

« Voilà qui sera mieux. J'ignore, dans vos contrées, comment traite-t-on une personne royale. Mais ici, on lui doit le respect. Et cela, je suis prêt à vous le faire comprendre… »
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Hitomi Hoshizora
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✦ Double-compte : Leonhardt Genmann & Mickaëlla Mellior

Mer 14 Sep - 14:13
Oups... Hitomi était allée trop loin cette fois. Et cela, elle le comprenait à la peur qui commençait à lui taillader l'estomac. Le fouet claquerait inévitablement, incrustant dans sa chère les châtiments aux crimes qu'elle avait commis jusque là. Comme quoi, la jeune fille ne pouvait pas toujours gagner... pas toujours gagner...? Elle avait déjà compris cela lorsque son amant si parfait l'avait trahie et violée comme si elle n'était qu'un objet de désir et rien d'autre.
Et elle se refusait à subir de nouveau une telle humiliation.
Son air malicieux se changea en un voile sombre et inquiétant qui vint ternir la lumière de son regard. Son ton enjoué devint monocorde, ténébreux :

- Vous savez, Sultan... Lorsqu'on a subit la pire des humiliation, la pire des souffrances, le pire des outrages en tant que femme... A côté, votre fouet passerait presque pour une récompense. Je ne m'abaisserai pas à demander pardon à genoux. Mais j'ai compris la leçon, et je m'excuse si je vous ai "blessé" d'une quelconque manière que ce soit. Vous voyez, j'ai pour habitude de plaisanter avec tout le monde, et je considère cela plus comme un présent que comme un outrage.

Hitomi passa une mèche de cheveux raccourcie par le fouet derrière son oreille, et envoya à son dangereux interlocuteur un regard pénétrant.

- Par ailleurs, et ce n'est pas vous insulter que dire cela, mais me "punir" de la sorte ne ferait que démontrer chez vous une faiblesse qui, je pense, ne vous ressemble pas. La violence est le refuge des simples d'esprit, or je ne pense pas une seule seconde que vous vous abaisseriez à en user sur une simple voyageuse en quête d'aventure. Vous êtes au-dessus de cela, n'est-ce pas ?

La jeune escroc pensait taper juste avec ces répliques. Le Sultan avait l'air d'un homme très sûr de lui et de son statut, pour ne pas dire orgueilleux, et elle était quasiment convaincue qu'après cette réplique il ne lui donnerait pas raison. Si elle gagnait se pari risqué, elle s'en tirerait quoi qu'il arrive. Car soit le Sultan la fouetterait, et auquel cas il lui donnerait raison en prouvant qu'il n'avait aucun sang froid et qu'il était "simple d'esprit", soit il se retenait, prouvant qu'il était au-dessus de ça et la jeune fille s'en sortirait indemne.
Et dans le pire des cas, elle avait toujours son nécessaire à couture sur elle et une paire de ciseaux, celle dont elle se servait lors de ses activités nocturnes...

Hitomi soutint le regard du Sultan, et ajouta sur un ton légèrement plus neutre :

- Je ne pense pas non plus que vous soyez homme à condamner l'humour... Là d'où je viens, on considère l'humour comme un signe d'intelligence. Je ne pensais pas que mon petit numéro que je voulais divertissant passe à vos yeux pour un crime...

La jeune fille joignit ses mains au niveau de sa ceinture et se tint droite, plongeant son regard mystérieux et doté d'une étrange force dans celui du Sultan, brillant de flammes.
Ce défi-là était le plus compliqué de toute sa carrière d'escroc. Si elle s'en sortait sans trop de mal, elle considérerait cet évènement comme une sorte de consécration. Ce n'était ni plus ni moins qu'un test que lui envoyait le destin. Assez ironique, quand on se prétendait voyante...



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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Mer 14 Sep - 16:05
Durant un instant, un doute naissait dans le Sultan. Avait-il bien la même personne en face de lui ? C'était comme si elle s'était complètement transformée en l'espace d'un instant. Son ton bien trop léger s'était muté en ton grave, et sa provocation en un respect des plus honorables. Ce n'était plus une jeune demoiselle stupide qui se dressait face à lui, mais un vraie femme, avec la maturité que cela impliquait. Il était rare, pourtant, que Medjid éprouve ne serait-ce qu'une once de respect pour quelqu'un du peuple, et qui plus est du sexe inférieur. Mais il sentait quelque chose en elle, ce même pressentiment qu'il avait eu en épargnant l'un de ses ministres, cette même intuition qui ne l'avait jamais trompé.

Il détendait son bras, s'écartait de la jeune fille. Même si l'idée de lui obéir devant son garde le rebutait quelque peu, il n'avait effectivement plus aucun intérêt à user de la force sur la Demoiselle : Après tout, il avait obtenu ce qu'il désirait, ou presque ; il manquait quelque chose.

« Je ne suis pas homme à condamner l'humour, certes… Mais dans un contexte approprié, et restant politiquement correct. Comprenez, Mademoiselle, que s'adresser de la sorte à une personnalité impériale n'a que peux de chances de faire rire. Enfin, vous vous êtes excusée, ce qui est tout à votre honneur : Et je passerai l'éponge sur ce sujet, car il y a une chose de bien plus importante au sujet de laquelle je dois m'entretenir avec vous. »

Il faisait volte-face, retournant s'asseoir à sa place. Il n'invita pas le Demoiselle à faire de même, cependant : Il était incontestablement trop tôt, et des doutes subsistaient. Et puis, cela aurait été la traiter comme une invitée.

« Le soucis, Mademoiselle, c'est que certaines choses me font douter de votre statut… « de simple voyageuse en quête d'aventure », comme vous dites. Notamment votre apparence, mais aussi votre accent. Sauf erreur de ma part, vous n'êtes pas chinoise, si ? Japonaise, plutôt ? »


Malgré son accord avec la Chine, il conservait quelques difficultés à reconnaître le peuple de l'Empire du Milieu des autres asiatiques. Son accent, cependant, ne lui semblait pas être celui de l'Empereur Shîsan. Ce qui était forcément une mauvaise chose ; il restait le Japon, la Mongolie et la Corée. S'il ne ressentait rien de spécial envers la Corée, les deux restants étaient en faveurs de la magie, donc assurément des ennemis.

« S'il s'agit bien de cela, vous devez savoir notre inclination concernant l'affection qu'éprouve votre peuple envers les créatures magiques. Vous savoir ainsi introduite dans mon palais ne me met pas en joie, vous le comprenez donc… Je crains que vous ne puissiez être accusée de quelques… Recherches, pour la solde de votre pays. Le comprenez-vous ? »


Il regardait l'intruse, tirait un instant sur sa chicha, pour recracher un nuage de fumée. Il se demandait s'il n'avait pas été trop dur avec elle : ce n'était pas à son habitude de traiter ainsi les femmes. Il espérait qu'elle comprendrait, se justifiait même :

« En temps normal, peut-être aurais-je ris à votre comportement précédent… Mais voyez, les circonstances de votre arrivée ici m’amènent plus de doute et de ressentiment que d'envie de rire… En espérant que cela ne vous offense point. »
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Hitomi Hoshizora
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Mer 14 Sep - 16:41
Intérieurement, Hitomi poussa un long soupir de soulagement, et ses épaules se détendirent imperceptiblement. C'était moins une ! Heureusement que le Sultan n'était pas aussi rustre qu'il en avait l'air, car dans le cas contraire il eût été fort probable que ses seules compétences d'escroc n'auraient pas suffit.
Seulement, tout n'était pas encore fini... Son interlocuteur semblait plus disposer à discuter, néanmoins elle était toujours une intruse dans un palais royal... Et il allait falloir la jouer fine pour pouvoir se tirer de ce mauvais pas !
Seulement, voilà qu'il l'accusait d'être une espionne... aïe. Mais quelque part, cette conversation prenait un tournant inattendu... Pour Hitomi qui était habituée à mentir et à manipuler, avoir ainsi tout intérêt à être sincère était quelque chose de nouveau pour elle. Sincère... Aurait-elle la même facilité à se faire passer pour sincère quand elle mentait qu'à se montrer sincère en disant la vérité ? A trop mentir, aurait-elle oublié comment être honnête ?
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
Non, elle pouvait encore montrer ce qu'il y avait de meilleur en elle, et là était l'occasion de prouver qu'elle n'était pas que supercherie !

- Je comprends que vous m'accusiez d'être une espionne, concéda-t-elle d'un air franc et sérieux. C'est un raisonnement logique et légitime. Cependant, je vais être sincère avec vous : j'ai laissé mon pays derrière moi il y a voilà six ans, pour partir vivre en Angleterre. Ah, et pour que vous ne vous mépreniez pas, je ne l'ai pas fui pour des raisons politiques ou judiciaires, mais pour des raisons familiales. Cela va faire maintenant six ans que je n'y ai pas remis les pieds. Bien sûr, je n'ai avec moi aucune preuve, aussi je m'en remets à votre discernement et à votre bienveillance, et vous prie de bien vouloir me croire.

Afin d'appuyer ses paroles, Hitomi s'inclina dans la pure tradition de son peuple, avant de se redresser, son regard plus franc et plus fort que jamais.
Puis une idée lui vint.
Un présent permet toujours de rendre quelqu'un plus disposé à pardonner. Elle aurait pu lui faire un tour de magie, mais le Sultan détestait la magie plus que tout au monde...
C'est alors que le visage de la jeune fille s'illumina.
Mais oui !! Il y avait une magie qui saurait ravir le Sultan !

- Monsieur le Sultan, les pays du monde entier vantent la beauté de vos ouvrages, et en particulier ceux de vos tissus... Permettez-moi de prouver ma bonne foi par cet art qui fait la renom de votre Empire... Et je vous montrerai la seule "magie" qui saura vous ravir !




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Medjid Sherkâh
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Dim 18 Sep - 0:57
Medjid hésitait sur la démarche à prendre. D'un côté, il ne souhaitait prendre aucun risque : une espionne pour la Japon, c'était quelque chose de mauvais pour lui, très mauvais. Mais d'un autre côté, pouvait-il ainsi envoyer la jeune femme au cachot, sans autre preuve ? Cela signifierait qu'elle était présumé coupable, et donc, passible d'exécution. Et, si le Sultan aimait l'ordre, il n'aimait pas faire couler de sang sans raisons.

Après tout, elle n'avait en aucun cas l'air d'une espionne : D'une discrétion plutôt pitoyable, et d'un tact plus que discutable -l'appeler ainsi Monsieur !-. Quel Empereur pouvait embaucher une pareille empotée ? Peut-être était-ce justement volontaire, mais pour une fois, l'Empereur avait envie de faire confiance à la jeune femme, ou d'au moins lui laisser sa chance. Et puis, sa curiosité l'emportait. Que pouvait-elle faire avec ses tissus ?

« Et bien… Pourquoi pas. En revanche, j'ose espérer que vous ne souhaitez pas user de véritable magie, prohibée dans l'Empire... »


Auquel cas, il n'aurait aucune hésitation sur les mesures à prendre. Il attrapa une fine cloche sur la table, la fit tinter, et une domestique arrivait presque immédiatement. Il lui demandait, en Ottoman :

« Faites apporter la tapisserie de l'antichambre, au plus vite. Du fil aussi, et un nécessaire à couture. »


Il se tournait ensuite vers la Japonaise, tandis que la domestique filait.

« Figurez-vous, Mademoiselle, qu'une de mes tapisseries s'avère s'être abîmée, au fil du temps…Elle pâlit, elle s'effiloche… Peut-être que la remettre en ordre sera dans vos cordes. »


On revenait très vite, d'abord avec des trousses à coutures emplies de fils de nombreuses couleurs, d'aiguilles de toutes tailles. Ensuite, plusieurs domestiques arrivaient, portant la lourde tapisserie, avant de la déplier : elle faisait deux mères de large pour un mètre cinquante de haut, et, si on pouvait deviner sa beauté passée, le temps avait fait son œuvre. Le Sultan n'avait pas menti sur son état.

« Voici. Qu'en dites-vous ? Vous en pensez-vous capable, ou cela est-ce trop pour vous ? »


Il tirait tranquillement sur sa chicha, observant tranquillement les réactions de la Japonaise. Au moins, il avait trouvé ce qu'il désirait : de l'occupation pour l'après-midi.

« Cependant, pour des raisons évidentes, moi et mes gardes resterons ici pour surveiller vos faits et gestes. Il serait hors-de-question de vous laisser seule. »
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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Dim 18 Sep - 14:37
Un sourire déterminé s'afficha sur le visage fin de la jeune fille. Bien ! Ne restait plus qu'à impressionner le sultan... Cela ne serait pas une mince affaire, et Hitomi était toujours réticente quant à reprendre une aiguille en main pour autre chose que répandre le sang, mais elle n'avait pas le choix. Et puis, elle n'avait qu'à pas proposer ce défi au Sultan si c'était pour s'en plaindre derrière!
La tapisserie arriva, et le coeur de Hitomi manqua un battement. Pour le profane, ce n'était sans doute qu'une très belle tapisserie. Mais pour une tisserande avisée, ce travail était incontestablement l'oeuvre d'un grand maître. De chaque détail transparaissait mille et un sentiments, les joies et les peines du créateur de cet ouvrage. Hitomi eut une seconde pensée. Toucher à cette tapisserie, ce serait comme détruire, briser, violer, profaner les sentiments du maître qui en était à l'origine. la voyageuse fit glisser ses doigts sur la surface travaillée.
Mais elle ne pouvait plus reculer.
Elle ferma les yeux, pris une inspiration, et répondit à la question du Sultan droit dans les yeux :

- J'en suis tout à fait capable. Et je vais vous le prouver.

D'un geste vif, Hitomi noua ses cheveux en un chignon qu'elle fit tenir avec une aiguille à tricoter, et remonta les manches de sa robe en les attachant avec un ruban. Comme au bon vieux temps, quand elle tissait des kimonos des nuits et jours durant...
Se saisissant du matériel de couture qu'on lui avait prêté, la tisserande commença son oeuvre. Elle comprenait toute l'ampleur du défi. Sous des airs détachés, le Sultan lui avait confié une tâche particulièrement difficile, et ce en toute connaissance de cause. Même pour quelqu'un qui n'était pas un fin connaisseur de l'art du tissage, il était évident que restaurer une tapisserie de ce niveau était une tâche particulièrement ardue et complexe.
D'un mouvement de poignet, elle rattacha les souffrances et bonheurs du créateur d'un fil rouge vif. Elle taillada des souvenirs et en rassembla des nouveaux, raviva des amours perdus et délia des romances ternies. Son regard était perçant et concentré, aiguisé comme ses ciseaux, plongé dans l'ouvrage avec force et passion.
Comme autrefois, elle était parvenue à occulter tout ce qui l'entourait. Ne restaient que la tapisserie, et elle. Seule avec son art.
Elle ne voyait même plus le Sultan et ses gardes, et elle ne sentait même plus son regard puissant sur elle.
Elle tira d'un coup sec sur un fil, qu'elle sectionna d'un coup de ciseaux. Peu à peu, la tapisserie reprenait son éclat d'antan, recommençait à briller. Hitomi se laissait aller dans son histoire, dans la musique que chantaient les tissages, dans la brise que soufflaient les tissus colorés.
Les minutes, les heures s'écoulaient lentement sans qu'elle ne se rende même compte, et même si la tapisserie était relativement petite, le travail risquait de prendre toute la nuit... Mais ça ne lui importait plus. Elle avait retrouvé les sensations qu'elle s'était démenée à oublier, les sensations qu'elle avait enfoui au fond d'elle-même pour changer de vie et échapper à son père. L'art qu'elle avait corrompu à des fins de vengeance et de justice avait retrouvé sa pureté et sa douceur.
Et malgré elle, la jeune meurtrière se surprit à espérer que cela dure éternellement.
Hitomi secoua la tête et releva son regard vers le Sultan :

- J'ai bien avancé, mais cela risque de prendre du temps.

Elle jeta un regard vers les fenêtres aux formes si particulières de l'Empire ottoman et vit le soleil décliner à l'horizon.

- Jusqu'à l'aube, peut-être...



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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Mer 21 Sep - 15:17
Le Sultan eût là une bien agréable surprise.

Elles étaient loin, les précédentes maladresses sociales de la Demoiselle ! Car à l'instant, il aurait juré trouver face à lui une ancienne artisane : Non pas car elle se tenait légèrement courbée sur son travail (tout le monde l'était, après tout), mais car on sentait dans son regard et dans ses mouvements un savoir-faire digne des Anciens. Même lui, qui ne devait de respect à personne, retenait une infime pointe d'inspiration en vue de l’œuvre qu'elle était en train de faire.

Il restait là, à l'observer, curieux. Rares étaient les fois où il se donnait la peine de venir regarder une de ses domestiques au travail. Alors la voir ainsi le fascinait en quelques sortes. Cela lui rappelait quelques bribes de son enfance, à voir sa mère et les autres favorites tisser de même. Mais cela était très différent : au lieu des plaisanteries qu'échangeaient les courtisanes, c'était un lourd silence qui régnait dans la pièce, où seules la tapisserie et Hitomi semblait importer. Seuls ses bruits de ciseaux, et les quelques bouffées de fumée qu'aspirait Medjid venant de temps à autres brouiller ce calme.

Il sursauta presque quand la Japonaise prit la parole. Quoi ? Il lançait un coup d’œil aux fenêtres du palais, et constatait que dehors, le crépuscule arrivait à grands pas. Déjà ? Lui qui s'était ennuyé à mourir toute la matinée, il avait l'impression que ces quelques heures avaient passé au galop. Il se redressait, et répondait à la Japonaise, d'un ton bien plus doux que celui qu'il avait eu quelques heures auparavant.

« Bien. Je vais me retirer, dans ce cas… Je reviendrais probablement demain. Si vous souhaiter vous reposer, n'hésitez pas à demander aux domestiques, il y a toujours des chambres à disposition… En revanche, vous resterez surveillée en permanence. Simple question de prudence, en espérant que vous ne vous en offusquerez pas. »


Il se relevait, récupérait son chapeau, et se dirigeait vers la porte. En sortant, il donnait l'ordre à ses gardes qu'il reste impérativement quelqu'un pour surveiller la demoiselle. Ou plutôt, deux personnes minimum, plus deux à l'entrée de la salle. Il retourna ensuite dans ses appartements en espérant trouver le sommeil, plutôt curieux de voir ce à quoi ressemblerai la fameuse tapisserie le lendemain…

HRP:
 
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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✦ Double-compte : Leonhardt Genmann & Mickaëlla Mellior

Jeu 22 Sep - 13:15
Essuyant son front d'un revers de poignet et ajustant une mèche de cheveux derrière son oreille, Hitomi répondit au sultan :

- Merci votre majesté, mais je vais décliner votre invitation. Je préfère rester ici à travailler sur la tapisserie. Passez une bonne nuit.

Et sur ces quelques mots, la jeune fille reprit son ouvrage, ne prêtant pas attention à l'ordre du sultan de la laisser sous surveillance.

Le soleil acheva sa course et laissa place à une nuit claire et mystérieuse, mais Hitomi poursuivit inlassablement son travail. La lueur douce et exotique des lanternes laissées dans la pièce projetait sur le tissu des ombres changeantes, des reflets ondulant comme les danseuses de ce pays. L'éclat des ciseaux et le scintillement du fil traçant son chemin dans le maillage berçait la tisserande de sensations familières et de souvenirs refoulés. Au fur et à mesure qu'elle progressait, ses doutes et hésitations s'envolaient. Les questions qu'elle gardait enfermées dans son esprit depuis plusieurs années s'évanouissaient petit à petit, ne laissant plus qu'elle et son art dans la pièce. Il n'y avait plus de "Mon père risque-t-il de me retrouver ?", de "Ai-je eu tort de renoncer à mon art ?", ou de "Devrais-je retrouver ma vie d'avant ?". Tout cela ne comptait plus désormais. Elle en avait même presque oublié le défi du sultan. Elle tissait, et c'était tout ce qui comptait.
La lune était haute dans le ciel quand, pour la première fois depuis de longues heures de travail, elle leva les yeux vers une des fenêtres et s'autorisa une courte pause. Les étoiles qu'elle pouvait voir dans le ciel nocturne n'étaient pas les mêmes qu'en Angleterre ou au Japon et elle adorait les admirer, toutes autant qu'elles étaient. Comme le tissage, les étoiles racontaient une multitude d'histoires qu'elles chuchotaient à qui se laissaient à les écouter. Et Hitomi tendait toujours l'oreille, lors de ses longues nuits sanglantes et solitaires. Peut-être était-ce dû à son nom, Hoshizora, qui signifiait littéralement "ciel étoilé"...
La voyageuse secoua la tête et se remit à l'ouvrage. Elle aussi, elle désirait raconter une histoire. Elle mêlerait ses aventures personnelles aux souvenirs du maître qui avait créé la tapisserie, pour en faire une incroyable odyssée.
Un sourire déterminé éclaira son visage, et elle continua de coudre. Plusieurs fois le sommeil la menaça, mais elle résista vaillament à chacun des assauts de Morphée.

Peu à peu, les étoiles s'éffacèrent et le ciel nocturne s'éclaira. Une aube resplendissante et flamboyante s'éleva à l'horizon, et les rayons du soleil levant remplacèrent la lueur des lanternes.
Hitomi, une main en visière, contempla l'aurore avec un sourire serein. Elle reporta son regard apaisé vers la tapisserie : celle-ci était enfin terminée, après un jour et une nuit de travail. Mais il manquait un petit détail...
D'un geste vif et mesuré, elle ajouta les caractères constituant son nom, en petit, juste en dessous de ceux du créateur de l'ouvrage.

- Et voilà ! fit-elle sur un ton enjoué légèrement voilé par la fatigue.

Elle s'accorda ensuite quelques secondes pour contempler son oeuvre. La tapisserie resplendissait de mille feux, et devait même briller plus que lors de sa création. Hitomi était satisfaite. La terne légende que racontaient les fils colorés était devenue une brillante épopée.
La jeune fille relâcha ses manches, arrangea rapidement sa coiffure et interpella un garde :

- Excusez-moi, pouvez-vous prévenir le Sultan que j'ai terminé ?

Le garde hocha simplement la tête et partit chercher son maître. Hitomi s'assit à genoux selon la tradition japonaise et aborda un sourire serein, son regard dirigé vers le soleil levant.
Son intuition ne l'avait pas trompée...
Elle avait vécu une incroyable expérience.



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Medjid Sherkâh
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✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Dim 25 Sep - 19:43
Le Sultan s'était levé, de bien meilleur humeur que la veille.

Malgré son impatience de voir la travail de la japonaise, il avait suivi son habituel routine matinale : Il avaitenfilé son lourd vêtement pourpre, plus vite que d'ordinaire, et avait rejoint son secrétaire pour répondre à ses courriers. Mais, à sa plus grande joie, on vint le déranger au plus vite : Sans doute était-ce la première fois qu'il ressentait quelque chose d'heureux alors qu'on l'interrompait dans une de ses activités.

Il avait posé sa plume, faignant malgré tout un air agacé. Après tout, montrer à un de ses gardes qu'il préférait se soucier de sa tapisserie que des affaires du pays aurait pu faire mauvaise figure, même si cela ne devrait prendre que quelques instants. Il rejoignait d'un pas pressé la salle où elle se trouvait, traversant d'un pas rapide les couloirs encore à peine baigné de la lumière matinale. Et il poussait la lourde porte, constant au passage que son ordre avait bien été tenu : Deux gardes se tenaient là, droit, attentifs.

Dès son arrivée, son regard fut immédiatement attiré par la tapisserie, désormais flamboyante. Les fils usés et ternis avaient été remplacés par des fils vifs et brillants, tant qu'elle ne semblait même plus la même. Medjid restait là, un instant, à contempler l’œuvre, avant de se souvenir de la présence de l'artiste. Il se tournait vers elle, saluait d'un léger signe de tête.

« Bonjour… Enfin, même si pour vous, ce ne doit être que la continuation de la nuit. J'ai la joie de constater que vous avez tenu parole, et la surprise de voir que même mes meilleurs artisans n'auraient pu faire mieux. »


Il s'approchait, effleurait le tissu du bout des doigts. Un toucher bien plus soyeux qu'à l'origine… Un sourire venait étirer ses lèvres, tandis qu'il voyait quelques symboles japonais inscrits dans le coin de la tapisserie, aux côtés du nom arabe. Et bien ! Il fallait de l'audace pour signer de la sorte une tapisserie de grand maître ! Mais il ne s'en offusquait point : Après tout, si elle avait contribué à l’œuvre, elle avait bien raison d'y quémander sa place.

« Et bien, j'accepte désormais, Mademoiselle, de croire à votre bonne foi. Vous ne serez pas châtiée, comme je l'avais prévu, simplement expulsée du palais quand le temps sera voulu. »


… Mais il n'était pas encore voulu. Il relevait la bras, et sitôt un des gardes releva la tête. Il demanda dans un Ottoman serré de demander à une domestique que le Kahvalti soit servi en ces lieux. Ensuite, il se retourna vers la jeune femme.

« Enfin, il serait bien ingrat de vous mettre ainsi dehors après avoir ainsi abusé de vos services. Permettez moi de vous offrir le petit déjeuner, et une chambre où vous reposer par la suite. Sauf, bien entendu, si d'autres affaires vous attendent, auquel cas je ne vous retiendrait pas plus. »


HRP:
 
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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✦ Double-compte : Leonhardt Genmann & Mickaëlla Mellior

Dim 25 Sep - 23:12
Hitomi s'inclina respectueusement devant le Sultan. Bien, celui-ci était satisfait de son travail, c'était déjà ça. Mais il avait tout de même employé le mot "expulsé"... Enfin, elle n'allait pas se plaindre, au moins elle avait échappé à tout châtiment ! La jeune escroc aurait bien placé un petit trait d'humour, mais même si son interlocuteur paraissait de bonne humeur, cela aurait sans doute était malvenu.
Et la jeune fille était trop épuisée pour réparer une seconde tapisserie.
C'est d'ailleurs pourquoi elle accueillit la proposition de Medjid, avec beaucoup de surprise certes, mais surtout avec contentement.
Elle s'inclina une seconde fois et afficha un sourire aussi avenant que la fatigue le lui permettait.

- Merci Sultan, c'est avec un grand honneur et un grand plaisir que je vais accepter votre offre. Ma route est encore longue et mon voyage encore loin de s'achever, aussi votre hospitalité est un précieux présent, dont je n'abuserai pas néanmoins, vous avez ma parole.

Une pause, enfin ! Après toutes ces émotions, la jeune fille allait enfin pouvoir se reposer... et découvrir la gastronomie locale ! Elle se demandait de quoi serait constitué son petit-déjeuner. En tous cas ce serait sûrement du luxe ! Elle s'en régalait d'avance. Et puis, aussi et surtout... un lit !! Le sommeil commençait déjà à la faire vaciller, rien qu'à s'imaginer le confort des draps. Et avec un peu de chance, on pourrait aussi lui accorder de prendre un bain dans les bains du palais... Hiiii, le rêve !! En plus, après tout ce travail et cette chaleur écrasante, elle ne se sentait pas au top de la propreté...
Tiens... Et si on lui donnait l'accès aux bains, peut-être qu'elle pourrait même faire un peu de tourisme, discrètement... Après tout, c'était pour ça qu'elle s'était introduite dans le palais au départ!
Oui, voilà ! Un bon dodo, un bon petit-déjeuner, un bon bain, et un bon tour du domicile ! Si elle était rapide et discrète, elle pourrait sans doute faire tout ça avant qu'on ne la mette gentiment à la porte.
Mmh, déjà demander la permission au Sultan pour les bains, et ensuite elle aviserait.
Joignant ses mains au niveau de la taille, elle demanda sur un ton respectueux :

- Monsieur le Sultan, je sais que je ne suis pas en position de faire une requête, mais pourriez-vous me permettre de prendre un bain, s'il vous plaît ? Je ne voudrais pas vous importuner à me "promener" dans votre palais avec l'allure et l'odeur d'une pauvresse... Ah, mais ne vous inquiétez pas, j'aurais quitté le palais avant cet après-midi, vous avez ma parole. Je ne voudrais pas abuser de votre clémence et de votre gentillesse.

Elle joignit une révérence japonaise à la requête et croisa intérieurement les doigts pour avoir l'accord du maître des lieux. Elle avait demandé du mieux qu'elle pouvait, après tout dépendait de l'humeur du Sultan...


Hrp:
 




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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Mer 28 Sep - 16:48
Si la Japonaise avait toujours autant de culot, au moins, elle en usait désormais avec tact.

A tel point que Medjid en venait à hésiter à lui accorder ce qu'elle voulait. Après tout, même si ces phrases n'étaient que des enjolivures empreintes d'hypocrisie, qu'il avait appris à déceler, ce serait l'occasion d'observer un peu plus cette intruse : et, si déviance il y avait, de lui donner la juste sentence. Il appelait une domestique, celle qu'il savait la plus vive d'esprit. Il lui donnait l'ordre de préparer un matériel de toilette, mais surtout d'aller d'accompagner la jeune femme aux bains, si possible avec quelques unes de ses amies… Et ajoutait de parler autant que possible avec la Demoiselle, d'un ton de conversation féminine, qu'elle ne se doute de rien.

« Requête accordée. Vous n'aurez qu'à patienter un cours instant, le temps que mes domestique prépare tout ce dont vous pourriez avoir besoin. Par la suite, vous n'aurez qu'à suivre Lalehan, qui s'occupera de vous pendant votre toilette. Pour ma part, j'ai quelques missives à finir, je vous rejoindrais dans la salle de repas pour le Kahvalti. »


Il attendait un cous instant, et déjà Lalehan revenait avec une serviette, et quelques huiles de toilette. Elle adressait un petit sourire à la Japonaise, et Medjid eût un léger élan de satisfaction à la vue de cette complicité naissante. Rien de mieux pour délier les langues.

Il salua les deux jeunes femmes et sortait, sans pour autant se diriger vers son bureau : il emprunta une petite porte, qui menait à un vestiaire personnel, où il put retirer ses vêtements, préférant à la place une des serviettes prêtes à sa disposition. Il entra ensuite dans les bains masculins, complètements vide. La vapeur envahissait entièrement la pièce jusque dans ses moindres recoins, à tel point qu'il était presque impossible de voir à un mètre devant soi. Mais Medjid était habitué à cet inconfort visuel, et se dirigeait immédiatement dans un des recoins de la pièce, camouflé par la buée alentours. A vrai dire, sans en connaître les lieux, on ne pouvait soupçonner l'existence de tous les recoins que pouvait cacher cette univers de fumée.

Il attendait patiemment que Lalehan ait fini ses explications, volontairement longues pour qu'il puisse avoir le temps de s'installer.

***

La domestique s'était inclinée juste après le départ du Sultan, avant de commencer ces présentations dont elle avait l'habitude.

« Mon nom est Lalehan, Bayan , et je me chargerai de vous pendant vos bains. En espérant que je puisse vous instruire au mieux, et qu'ils soient aussi agréables que possible. »


Elle se redressait ensuite, s'avançait vers la Demoiselle, pour lui prendre délicatement le bras.

« Voulez-vous bien me suivre, Bayan ? Ou plutôt... » Elle réfléchissait un instant. « Misu ? J'ai beau tenter de m’instruire dans autant de langues que possible, je ne connais que les phrases de base, en japonais… Veuillez m'en excuser. »


Elle lui adressait un petit sourire penaud, tout en se dirigeant doucement vers la porte, remontant à pas lents un le couloir.

HRP:
 
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Hitomi Hoshizora
La tisserande
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✦ Double-compte : Leonhardt Genmann & Mickaëlla Mellior

Mer 28 Sep - 22:34
Wohohooo, Hitomi n'en demandait pas tant ! La jeune fille était sur le point de se laisser aller à tout ce luxe, quand cela fit tilt : ce n'était pas un présent qu'on lui fourrait dans les mains, mais plutôt une laisse qu'on lui collait autour du cou... Eeeenfin ! Au moins elle pourrait profiter des bains royaux, et la servante que le Sultan lui avait attribué semblait sympathique bien que très bavarde. Hitomi esquissa un sourire amusé et laissa échapper un rire discret face aux déboires linguistiques de la pauvre Lalehan.

- La formule correcte est "san", que l'on accole au nom de famille de la personne, l'informa la jeune voyageuse avec un sourire avenant. Mais vous pouvez m'appeler Hitomi, ce sera plus simple. Et puis je ne compte pas rester longtemps vous savez, alors ne vous embêtez pas à retenir mon prénom, hihi.

Sur ces mots, Hitomi se laissa conduire au bain, où Lalehan insista pour l'aider à se dévêtir, mais la jeune femme refusa poliment. Une fois fais, les deux femmes entrèrent dans le bain et Lalehan engagea la conversation, informant l'intruse des us et coutumes ottomanes, ainsi que de pans de l'Histoire orientale. Hitomi écoutait avec distraction tout en se faisant frotter le dos, puis proposa de retourner la faveur. Lalehan fut visiblement embarrassée, mais la japonaise la rassura en lui expliquant que cela faisait partie de sa propre culture et qu'il n'y avait aucune honte à avoir.
Au bout de longues minutes, Lalehan avoua avoir plusieurs corvées à finir pour le Sultan, et Hitomi la laissa partir en lui assurant qu'elle saurait se débrouiller seule.
La jeune femme continua à se prélasser dans l'eau chaude et s'amusa avec les bulles de savon, mais elle laissa soudainement et malencontreusement tomber ce dernier.

- Mince, mince et re-mince ! s'exclama-t-elle, exaspérée. Où est passé ce stupide savon ?!

La voyante se mit à quatre pattes pour tâtonner le fond du bassin à la recherche de l'objet perdu, constatant avec satisfaction en remarquant son reflet qu'elle avait perdu du poids, quand ses doigts délicats entrèrent en contact avec une matière lisse et dure.

- Qu'est-ce que c'est...? souffla-t-elle en plissant les yeux pour regarder au travers du liquide transparent. Une grille ? Oh, c'est une conduite d'eau... c'est large ! J'espère que le savon n'est pas tombé là-dedans sinon je suis vernie...

Mais la chance sourit à la voyante, ou pas, lorsqu'en reculant elle marcha sur ledit savon et tomba à la renverse dans l'eau claire avec un cri de surprise. En grommelant, elle se releva, ramassa l'objet d'une poigne de fer et le jeta sur le bord du bassin. Puis, s'estimant assez propre, et considérant que rester trop longtemps dans l'eau pourrait abîmer ses cheveux (très important les cheveux), elle quitta les bains dans des vêtements propres, et fut guidée à sa chambre par une servante.
Le lit qu'elle y découvrit... Quel lit ! Il promettait une merveilleuse sieste !! Elle se jeta dans les draps et s'endormit en deux temps trois mouvements.

Hitomi se réveilla quelques heures plus tard, aux environs de midi. Elle profita du petit-déjeuner qu'on avait déposé dans la pièce à son attention, savourant chaque met avec délice. Alors qu'elle récupérait ses affaires qu'une servante avait apporté dans la chambre pendant qu'elle prenait un bain, un garde frappa à sa porte pour l'accompagner hors du palais.
Finalement, elle n'avait pas eu le temps de faire du tourisme dans le palais... Tant pis ! Et puis, elle avait vu les bains du Sultan et une chambre d'amis, elle pouvait s'estimer chanceuse.

C'est donc une Hitomi fraîche, dispo, et de bonne humeur qui quitta le palais par la grande porte en fredonnant. Le bruit, les couleurs et les odeurs de la ville ravivèrent ses sens, et elle s'enfonça avec un sourire optimiste et enjoué dans ce décor brûlant de vie.

Son intuition ne l'avait pas trompée...
Son petit tour au palais avait été palpitant !!
Mais...

Pourquoi son sixième sens vint la titiller à nouveau, avec cette fois un parfum de mauvais augure...?

Hitomi haussa les épaules et reprit son voyage en trottinant, confiante. Tout se passerait pour le mieux ! Ou elle ne s'appelait pas Hitomi Hoshizora !

Hihi !






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Medjid Sherkâh
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✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Dim 2 Oct - 11:36
Medjid était déçu de ce qu'il entendait. Non pas qu'elles aient dit quelque chose de mal, justement : Ce n'était qu'une banale conversation, dont le plus intéressant fut la proposition de la japonaise qui reflétait ses origines. Sinon, rien, qui des palabres sans intérêts. Le Sultan se laissait même glisser dans un état de somnolence, accentué par la chaleur environnante et les huiles essentielles enivrantes. Il se détendait complètement, n'écoutait plus que d'une oreille la conversation des deux jeunes femmes. Il lui semblait même que Lalehan abandonnait, prétextant des travaux qu'il ne se souvenait pas avoir donné.

Il ne se tira de son état de transe qu'en entendant les plaintes de la Japonaise. Que baragouinait-elle ? Il eut été bien incapable de comprendre sa langue, et ce encore plus à cet instant. Il sentait juste que quelque chose la contrariait, et à voir une vague silhouette se pencher vers le fond du gigantesque kurna il devinait qu'elle devait simplement avoir perdu quelque chose. En bref, rien, rien, et toujours rien. Il attendait qu'elle sorte pour finir sa toilette et sortir à son tour, pour rejoindre son bureau et continuer ses lettres. Il en oubliait même de la rejoindre pour déjeuner, et demanda à ce qu'on lui serve un repas : à croire que la jeune femme ne l'intéressait déjà plus.

***

Elle s'en était allé sans qu'il cherche à la revoir : il n'avait pas que cela à faire, après tout. L'après-midi se déroulait paisiblement, enfin, il le croyait. Car, alors qu'ils rendait visite à ses chercheurs, son traducteur entrait dans la pièce, complètement paniqué. Le Sultan allait réprimander le malheureux de l'avoir dérangé, mais…

« Majesté… Il faut que je m'entretienne avec vous de toute urgence, au sujet d'un grave problème ! »


Et ce problème était pis qu'il n'avait pu l'imaginer…
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