Mars 06. Découvertes exotiques

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Lun 5 Sep - 18:50
« C'est la première fois que vous venez en Perse, vous. »

La remarque avait été lancée par un vieux marchand alors que Sigmund observait l'empire qui se déroulait sous ses yeux penché au bastingage du navire. L'Allemand avait haussé un sourcil laissant tout loisir à son interlocuteur de continuer. Le teint buriné par le soleil, ses mains étaient noueuses comme de vieilles branches et les rides sur son visage trahissaient son âge avancé. Celle d'un homme ayant bourlingué sur les terres, qui avait connu les affres des intempéries et des nuits à la belle étoile.

« Vous allez mourir de chaud avec vos vêtements. » Il avait un accent chantant, presque envoûtant. « Il faut que vous vous habillez à la mode d'ici. »
« C'est que... Je ne m'y connais pas... »
« Oh ça se corrige, vous inquiétez pas. Ah on amorce l'atterrissage. Pas fâché de rentrer au pays. Je vais vous conduire à une bonne boutique. »

Et à peine l'Allemand eut-il le pied posé sur le sol perse qu'il emboîta le pas au vieux marchand qui, sa marchandise bringuebalante sur le dos telle une énorme carapace de tortue, expliquait quelques subtilités propre à l'Empire Perse. Oui il faisait très chaud, Monsieur, et quand on est pas habitué à ces températures on peut vite courir à l'insolation ou à la déshydratation. Non se couvrir de tissus ne vous étouffe pas, sinon les Perses seraient une espèce en voie d'extinction. Ah ces Occidentaux. Oh oui les harems existent, mais que ce ne soit pas une raison pour fourrer votre nez là où il faut pas.

Le marchand poussa une porte. La fraîcheur de la pièce arracha un soupir de contentement à Sigmund. Il laissa marchand et employés de la boutique deviser dans leur langue commune, se contentant d'observer l'intérieur. Il y avait là des tissus si colorés que Sigmund craignait d'en perdre la vue. Obligeant il se laissa guider tandis que le marchand partait, assurant qu'il se trouvait entre de bonnes mains. L'employé du magasin de lui expliquer le concept des tenues, lui dévoilant les coupes, débitant des noms exotiques aux oreilles de Sigmund.

« C'est pour quelle occasion ? »
« Je dois aller au couronnement du Shah. »

Et de tendre la missive envoyée par Atêsh, toujours judicieusement pliée dans une poche intérieur de son manteau. Demandant poliment à voir la lettre de plus près, l'employé se pencha dessus jusqu'à ce que son nez eut frôlé le papier. Avant de s'incliner profondément.

« Je ne savais pas que Monsieur était un invité. Monsieur n'aura rien à payer. C'est un honneur de... »
« Ah non je tiens à payer ! » Toute cette obséquiosité le gênait, peu qu'il était habitué à tant de manières et d'obligeance. « Tout travail mérite salaire et... »

La porte de la boutique s'ouvrit sur un nouveau client, coupant court au dialogue instauré.


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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Jeu 8 Sep - 22:21


Découvertes exotiques

with Sigmund



La chaleur lui monte un peu à la tête et c’est du plat de la main qu’Ofelia s’évente, cherchant du regard le nom de la boutique qu’on lui a confié. Si elle a encore du mal avec l’alphabet perse, ce n’est rien comparé à son accent déplorable quand elle s’essaye à le parler. Elle n’a pourtant pas eu le temps de correctement s’exercer, depuis son départ d’Emerald, ses retrouvailles avec son père bien-aimé et le commencement de sa nouvelle mission en tant que représentante de la caste des sorcières. Mais de recevoir l’invitation au couronnement du Shah l’a rappelé à ses promesses, à ces souvenirs bienheureux dans les jardins au crépuscule, et des nombreuses sorties en tapis volant en compagnie d’Atêsh.

Qu’il lui manque, son ami. Elle ne peine pas à l’avouer et sourit souvent, pour rien, à l’idée de pouvoir lui faire la surprise de sa venue.

L’orpheline a pourtant pensé à lui écrire la promesse de sa présence à son mariage mais, presque maligne, un peu trop facétieuse à l’image de cet étrange exemple donné par le digne prince des fées, a laissé la missive se faire douteuse, presque sceptique. Mais elle viendra, c’est ce qu’elle a décidé en ayant à peine brisé le cachet qui portait l’identité du sylphe et sa destinataire – elle. Se fichant bien finalement que cela soit beaucoup trop intense en son cœur juvénile pour ne demeurer qu’une chaste et tranquille amitié.

Cela sera son secret voilà tout. Et elle sera heureuse pour lui, dans tous les domaines. Car Atêsh, le dirigeant, est un homme de bien. Et mérite, de ce fait, multitude d’épouses puisque telle est sa coutume, ainsi que son compte de nouveau-nés.

Pourtant, le sentiment subsiste et c’est presque possessive qu’elle s’est accordée le choix de dépenser ses maigres économies en deux cadeaux bien distincts. L’un, plus personnel, est un miroir semblable à celui qu’elle polit depuis sa réception. Si le sien commence tout juste à montrer son reflet en à peine plus net, celui qu’elle s’obstine à vouloir donner au Shah est souillé de multiples rayures et terni par les âges. C’est un vieux bijou scandinave, autrefois un collier, mais en plus du symbole, un sort y est attaché. Une magie de neige aussi utile que personnelle puisque s’il doit murmurer son nom à la pièce, alors le prénom d’Ofelia lui apportera aussitôt un apaisement lors de moment de stress, de solitude ou d'angoisse. Il lui suffit d’un contact et d’un chuchotement pour en tirer les bienfaits pendant quelques douces minutes.

Et elle niera sans doute à jamais y avoir rajouté l’odeur de la neige, de la boue et du thym, pour se rappeler à lui plus que de raison.

L’autre, plus formel, est une étoffe qu’elle lui destine. Et à sa venue en Perse, c’est un magasin pour homme qu’on lui a conseillé. Vêtue à l’orientale, suivant les conseils d’un absent pour ne pas avoir à trahir sa présence en arborant les étoffes d’un autre continent, Ofelia traverse les rues sans sa valise rouge – laissée à l’hôtel – mais toujours accompagnée de son déplorable chat noir invisible. Le voile ceignant ses cheveux, la robe soulignant sa silhouette sans trop en faire, elle est de noir et de dorures discrètes, sans père noël, sans protecteur.

Calmement, plus qu’avant maintenant qu’elle a fêté ses 17 ans, la magie lui servant de chaperon, elle pousse la porte marquée « ouverte » du magasin inconnu. Et se retrouve aussitôt face à un étranger bien plus pâle qu’elle ne l’est, avec son teint olivâtre. Il est roux, il est grand. Et elle cligne un peu des yeux de ne trouver aucun autre perse que le vendeur qui s’avance déjà pour la saluer.

« Bonjour… » murmure-t-elle alors, choisissant l’espagnol plutôt que le perse, dans une déplorable habitude de contenter le plus grand nombre comme le premier arrivé. « Pardonnez-moi si je dérange mais suis-je bien chez Khalif Ah’Med ? On m’a conseillé cette boutique et j’ai une commande personnelle à lui passer… » Puis à l’étranger. Esquissant un sourire aussi paisible qu’il est attendrissant.

« Je ne voulais pas vous interrompre. Pourriez vous m’accorder la priorité de ma demande, monsieur ? Je vous en serais très reconnaissante. Ofelia Ay, pour mieux me présenter. »

L’errance lui a appris la méfiance autant que la sociabilité. Et elle esquisse une charmante révérence, tout en soufflant sur une mèche malheureusement échappée à la longue tresse qui lui pend dans le dos.




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Sam 17 Sep - 0:50
L'arrivée de la demoiselle étrangère fut comme un vent de fraîcheur au sein de la boutique. Sigmund sauta pratiquement sur l'occasion pour s'extirper des politesses du commerçant. Non pas qu'il eut quelque grief envers Khalif Ah'Med mais, peu habitué qu'il était à tant de considération envers sa personne, Sigmund préférait limiter l'expérience. Il sourit obligeamment à la nouvelle venue, lui répondant dans un espagnol teinté d'un accent allemand qui lui faisait rouler les r.

« Je vous en prie. Mes propres achats risquent de demander beaucoup de temps, et je ne voudrais pas vous faire attendre plus que de raison. Sigmund Rammsteiner, pour me présenter à mon tour. »

Le teint de la jeune fille le troublait. Sigmund n'aurait su dire si elle était européenne, ou était née sur une autre contrée bordant la Méditerranée ? Il évita donc de la forcer à recevoir le baise-main, ne voulant nullement attenter à quelque tabou culturel. L'homme se recula même de quelques pas, laissant Khalif Ah'Med emplir l'espace, jouant son rôle de commerçant. Sigmund sourit en se demandant si lui-même, lorsqu'il officiait au sein de sa boutique, était aussi prolixe dans les mots et les gestes.

Répondant à la demande de sa cliente, le boutiquier répandit ses étoffes sur le comptoir. Une cascade rutilante de couleurs vives, de motifs allant de la représentation animalière au végétal (Sigmund discerna des faucons et des griffons), des tissus qui coulaient entre vos doigts comme de l'eau, qui changeaient de couleur selon l'angle où vous les observiez. Un arc en ciel de couleurs et de sensations que Sigmund se permit lui-même de toucher, fasciné.

« Ce n'est pas en Europe qu'on verrait cela. Les couleurs vives on les garde pour les soirées mondaines ou pour... »

Sigmund retint le mot à temps. Ou pour les prostituées. Aucune européenne ne se serait enveloppée dans une robe d'un incarnat éclatant pour mener une promenade à Hyde Park. On l'aurait automatiquement taxé d'être une femme de mauvaise vie. L'Allemand était fasciné par ce contraste culturel. Il venait d'entrer au sein d'un autre monde et avançait à pas comptés, craignant de sombrer dans un ravin.

Un cri lui échappa. À son doigt perla quelques gouttes de sang qu'il happa en mettant son index dans sa bouche.

« Je crois qu'il y a une épingle dans vos étoffes. » souffla l'homme.
« C'est impossible ! » se récria le gérant de la boutique tout en tâtant les étoffes qu'avait touché l'Allemand. Il cria sur le même ton que l'Allemand ôtant, de son doigt blessé, une aiguille. « Les idiotes ! Je leur ai dis mille fois de ne pas égarer leurs outils de travail... »

Le marchand pesta, enveloppant promptement son doigt pour éviter que le sang n'entacha le tissu si précieux.

HRP:
 


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Ofelia Ay
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Lun 28 Nov - 18:55


Découvertes exotiques

with Sigmund



Il lui était extrêmement rare d’être confronté à des hommes aussi excentriques que ne le paraissait Sigmund Rammsteiner. Mais presque rassurée de se retrouver en si étrange compagnie, cela lui rappelant ses visites au Brésil comme terre Djinn, Ofelia lui offrit son plus beau sourire en guise de remerciement quand l’homme accepta de lui céder la place, bien galant.

« C’est très aimable à vous, vous êtes d’Allemagne, ou peut-être scandinave ? Je viens moi-même de ce pays… » Il ne lui avait pas offert de baise-main et intérieurement elle en fut soulagée, ce genre de politesse, pourtant courante entre les hommes et les femmes, étant source de nombreux incidents la concernant. Et inconsciente de rajouter au trouble de ce presque inconnu concernant ses origines, elle se tourna vers le vendeur révérencieux, pour mieux lui passer commande.

« J’aimerais une étoffe, pour un foulard ou un chech si cela est possible. » Atêsh ne se départissait sans doute jamais du sien, puisque magique, mais cela lui ferait sans doute plaisir d’en avoir un second, offert par ses bons soins. Au moins l’espérait-elle. « C’est pour un homme important… » Elle hésitait à avouer la vérité, de peur qu’on ne la croit pas ou pire, que sa malchance ne survienne et que l’homme, tout compte fait, se trouve avoir de mauvaises intentions. Mais le clin d'oeil de ce dernier la rassura, à peine, lorsque comprenant son mépris elle fut obligée de corriger. « Point de ce genre. J’aimerais le plus beau de votre boutique et je paier- »

Hélas, un cri l’interrompit brusquement. Et dans un sursaut, le visage voilé par l’inquiétude, ce fut la première à murmurer, à la vue du sang, un vague.

« Oh je suis confuse, désolée… » Avant que le vendeur, surpris par cette blessure, ne vienne à se piquer à son tour en fouillant les étoffes, achevant de l’embarrasser. Bien évidemment, ils n’avaient pas à la croire fautive de cette douleur causée mais Ofelia rougit, prise en faute, vraisemblablement coupable et le chat noir entreprit de faire ses griffes dans la boutique, avec allégresse.

Le vendeur recula, trébucha sur l’un des présentoirs, qui se renversa brusquement au sol, dans un bruit de cintres en bois et de tissus entremêlés.

Vivement, Ofelia se précipita pour les ramasser, se faisant coincer le pouce sous la babouche du vendeur qui émit des hauts cris, manquant de perdre son calme devant cette soudaine précipitation d'événements malheureux.

« Oh mademoiselle je suis réelle- »
« Ce n’est rien » Souffla-t-elle, la main contre sa poitrine, le doigt l’élançant. « Vous devriez ramener un peu d’alcool, pour ne pas que les blessures s’infectent. »
« Une simple piqûre… »
« J’insiste. » Osa alors insister l’orpheline avant de croiser le regard de Sigmund Rammsteiner. Et baisser les yeux, accablée.

En colère.

« C’est un tel dérangement. » Commença-t-elle prudemment avant de se relever, avec le présentoir et quelques tissus. L’un d’eux s’accrocha bien sur à un sillon du sol et commença à s’effilocher. « Sapin ! Je le rembourserai… Vous… devriez peut-être songer à repasser plus tard. Je ne sais si ça sera plus long que prévu… »

Mais elle avait besoin de ce foulard et ne comptait pas céder à sa malchance, pour une fois.




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Dim 4 Déc - 20:35
« Allemand » glissa Sigmund en réponse à l'interrogation de la jeune femme tout en étant étonné de croiser une Scandinave aussi loin de son pays. Étonné mais, aussi, exalté. La Scandinavie demeurait la contrée la plus magique qui soit en Europe – un vivier de fées et sorciers, un microcosme semblant sortir d'une époque plus ancestrale que la France. Mais l'homme régula cette envie, presque, irrépressible de la questionner sur sa contrée, sur la perception que ses habitants avaient de la magie. Les précisions que la cliente apportait au vendeur poussa Sigmund à faire un pas en sa direction, troublé par ce qu'elle disait. Venait-elle pour approcher un quelconque chef de tribu perse, un éminent sorcier ou un djinn puissant, un collègue magique dont la puissance le mettait au même niveau que les plus nobles des humains ? La question se perdit au sein de la douleur et du sang. Les deux hommes ne pouvaient deviner la vraie nature de cet incident. Ni percevoir, dans l'ombre des présentoirs, la figure du chat noir.

Alors que la demoiselle parlait alcool et désinfectant, Sigmund extirpa de sa poche un sachet en papier cartonné, froissé par l'usage, de ceux que pouvaient vous délivrer les commerçants lorsque vous alliez acheter quelques denrées chez eux. Un sucre d'orge en surgit tout en rayures blancs et rouges, rutilants de sucrerie, qu'il brisa en deux.

« Il est magique. » précisa Sigmund, son regard se posant alternativement sur Ofelia et Khalif Ah'Med. « Il soigne les blessures bénignes. J'en ai déjà utilisé par le passé. » Après avoir repris ses affaires des mains d'un voleur, mais cela il ne le préciserait pas, par peur du jugement d'autrui. « Prenez les. Ils méritent d'être utilisés plutôt que de rester dans mes poches. »

Khalif Ah'Med tendit la main, saisissant le bâton sucrée entre ses doigts alors que son regard observait le désastre provoqué par la maladresse de Ofelia – les tissus répandus sur le sol, le présentoir qu'il faudrait relever. Mettant le sucre dans sa bouche, l'homme laissa échapper un petit cri de surprise. Tendant la main devant lui il vit la plaie se refermer, se dissoudre tel du sucre dans de l'eau. La surprise se mua en un sourire ravi.

« Ah la magie... » souffla-t-il avec un air entendu. « Aucune technologie ne pourrait accomplir ceci. Je vais... tout de même vous demander de vous écarter. Le temps de... ranger. »

Acquiesçant d'un hochement de tête Sigmund se recula attendant que Khalif ait quitté les lieux pour répondre à l'orpheline.

« J'ai le temps. J'ai pris de l'avance pour pouvoir rejoindre mon ami dans les temps. Un homme de haute importance lui aussi. » précisa-t-il mais sans pédantisme, plus par confession, faisant comprendre à la demoiselle qu'ils voguaient dans la même galère. « Je ne le savais pas avant qu'il m'envoie sa lettre d'invitation. Quand je l'ai rencontré je savais seulement qu'il était djinn, et non prince. »

L'homme laissa échapper un rire contrit, s'amusant de sa propre déconvenue lorsqu'il avait lu la missive et s'était laissé choir sur le siège le plus proche, proprement douché et surpris par le contenu.

« C'est ainsi que j'ai fini ici. J'ai déjà son cadeau. » souligna-t-il en désignant, du menton, sa valise. « Mais il me faut des vêtements plus appropriés. Je supporte difficilement la chaleur ambiante. Vous n'avez aucune gêne, vous ? Mais vous devez posséder quelque artefact scandinave vous permettant de supporter les températures. Si jamais vous avez loisir de boire un thé en compagnie d'un voyageur, vous ne verrez aucun mal à me parler de votre pays ? Je n'ai pas eu l'occasion de visiter la Scandinavie et cet empire me fascine. Tout comme la magie en son ensemble. »

Peut-être cette demoiselle lui glisserait-elle la solution qui lui permettrait d'endiguer ce feu qui brûlait en ses veines et lui échappait, tel un chien mal dressé.


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Ofelia Ay
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Ven 9 Déc - 22:39


Découvertes exotiques

with Sigmund



« Oh mais … ! »

Il n’y avait qu’un sucre d’orge pour lui évoquer noël et chasser aussitôt ses mauvais esprits. La main à la poche faisant tourner inlassablement le miroir doré qu’elle se devait de polir, Ofelia en eut un sourire tout à fait charmé, presque ému, de voir cette confiserie aussi loin que ses terres magiques natales. Et sans oser s’approcher, observa la scène de ces deux hommes entrain de se soigner par la magie. Cette prudence volontaire, due notamment à sa volonté de ne plus se mêler des affaires d’autrui, fut comme engaillardie par cette heureuse nouvelle et le chat, voyant cela, battit en retraite en bref instant sans plus causer de tracas.

Ce fut suffisant pour Ofelia qui fit un simple pas en avant en direction de l’allemand, les pommettes presque rosies, le doigt pointé sur la confiserie.

« Je connais ceci. Mon père en créait de semblables à l’orphelinat… notamment des chocolats chauds réconfortant. J’adorais en boire, quand l’hiver venait et en Scandinavie, l’hiver dure très longtemps. »

Et puisque le hasard semblait la pousser à croiser le chemin de l’homme, ce fut non pas en espagnol mais bien dans un allemand mâtiné d’un vague accent russe, qu’elle précisa à Sigmund Rammsteiner.

« Nous nous serions rencontrés sans doute au cours de la cérémonie en l’honneur du prince, justement. C’est bien pour lui que je suis ici, pour lui trouver un second cadeau peut-être moins personnel que le premier. » Son regard d’herbe boueuse alla vaguer du côté des foulards étendus au sol et sentant que le vendeur n’avait qu’une seule urgence, celle de les voir disparaître un cours instant, offrit d’un geste son acceptation à aller boire un verre en compagnie du rouquin. « Un thé à la menthe ne sera pas de refus. Dans ces pays chauds, il faut boire chaud, c’est bien la règle ! Mais pour la chaleur, j’avoue tricher un peu… chaque sapin de noël que vous voyez sur ma robe dégage un peu de fraîcheur. C’est très agréable ainsi… »

Et là encore, c’était une trouvaille de son facétieux papa. Toujours prompt aux bonnes idées et qui n’hésitait jamais à lui faire ce genre de bonne surprise, comme tout père Noël qu’il était.

« Parler de la Scandinavie me rend parfois nostalgique mais si vous me racontez les circonstances dans lesquelles vous avez fait la connaissance d’Atêsh, alors je me ferais un plaisir de vous raconter nos traditions. Vous êtes admirateur de la magie c’est bien ça ? Il est rare de les rencontrer en Europe tant la méfiance tant à gouverner les peuples… sans doute ont-ils parfois raison, quand on l’utilise à mauvais escient mais la sorcellerie est pour moi une responsabilité, et une manière de faire le bien alors si vous avez quelques instants, je peux même essayer d’enchanter l’un de vos mouchoirs pour le garder au frais. Mon père m’en a fait la démonstration, j’ai quelques potions de neige qui peuvent être utiles aussi… cela sera l’occasion de les tester. »

Le chat noir, entendant cela, fut tout à coup bien plus attentif à cette désolante conversation. Et tandis qu’Ofelia se penchait pour ramasser une étoffe traînant à terre, il fit tomber sur elle le porte-manteau, feulant de rire à la voir le repousser, le front marqué par une nouvelle ecchymose due à l’un des manches en bois.

« Pain d’épice… » Siffla Ofelia en se frottant le front. « Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas grand-chose. J’ai l’habitude. » Et fusillant du regard le porte-manteau, comme si sa malchance s’était incarnée en lui, sortie de la boutique en faisant signe au vendeur. « Nous repasserons dans moins d’une heure ! » Puis à Sigmund. « Si vous pouviez m’aider à choisir parmi les foulards qu’il va me proposer, je vous en serais fort aise. Surtout si vous connaissez Atêsh aussi bien que moi… »




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Sam 17 Déc - 22:18
Et de retenir la mâchoire qui manqua de basculer, béante, lorsque la demoiselle Klaus avoua qu'elle était, elle aussi, une invitée du prince de Perse. Coïncidence ? En ces terres où la magie pulsait sous terre avec autant d'aplomb que le sang dans les veines d'un homme, il était permis d'en douter. Allez savoir si ces flux n'avaient pas dirigé le chemin des deux invités pour les pousser à se rencontrer, à se faire face avant la cérémonie. L'invitation étant acceptée, Sigmund emboîta le pas de la Scandinave qui se fit guide, connaissant mieux que lui le pays et les environs de la boutique. Dans sa bouche la magie sonnait comme un bienfait quotidien poussant Sigmund à discerner les sapins sur la robe, à s'émerveiller de leur puissance derrière leur figure de motifs.

« Je vous paie aussi votre future consommation. » appuya l'Allemand lorsque la sorcière suggéra de connaître le passif commun entre l'Allemand et le prince perse. Sorcière – le mot lui rappela celle qui l'avait terrifié enfant et il s'émerveilla davantage du contraste formé avec Ofelia, demoiselle bien éduquée. « C'est la moindre des choses pour – Oh ! »

Le cri lui échappa alors que le porte-manteau tombait sur la jeune fille, trop rapidement pour que Sigmund en empêcha la chute. Avant qu'il n'ait pu réagir, Ofelia s'était déjà soustraite de son emprise, quittant cette boutique où la maladresse semblait lui coller à la peau. L'homme eut un acquiescement face à la demande de Ofelia mais ne put se départir du froncement de sourcil qui marquait son visage.

« L'habitude ? Vous... Vous êtes un aimant à porte-manteau ? » La question n'était guère si anodine, ni improbable en ce monde où les dons les plus farfelus pouvaient exister. « Vous n'avez jamais demandé à votre père de quoi pallier à ce tracas ? »

Car cela devait être très handicapant.

Sigmund avait proposé de boire mais, tout juste débarqué en ce pays et en cette ville, l'homme ne connaissait pas même l'emplacement d'un salon de thé. Ce fut Ofelia qui le guida, phare infaillible qui le mena jusqu'à bon port sans trop d'accroc. Si on omettait le carambolage avec une horde d'enfants qui avait traversé leur chemin en courant, emportés dans leur jeu – incident qui s'était soldé par quelques ecchymoses de chaque côté – ou le griffon qui s'était délesté d'un lourd poids pesant au sein de ses intestins, laissant échapper une odeur pestilentielle – et manquant, de peu, de recouvrir les deux Occidentaux de matière fécale.

Sigmund avait déjà pu entrer dans un salon de thé britannique. Lorsqu'il passa le seuil il put constater que son expérience était situé sur une frontière totalement éloignée de ce qu'il allait vivre aujourd'hui. L'homme mit un temps avant de comprendre que les tables n'étaient pas à la hauteur occidentale mais basses, comme celle qu'avait usé Zhao Ping, refusant de se plier à l'architecture occidentale, continuant de refuser la moindre chaise. Alors qu'un garçon de café leur désignait une table, il fallut plusieurs minutes à Sigmund avant de trouver la bonne position observant, du coin de l’œil, les clients pour ne pas faire d'impair. Assis à même un tapis, la table dépassant à peine ses genoux, l'Allemand put s'imprégner des fragrances fortes du thé et des chants entonnés par une troupe, située sur une estrade au fond de la salle. Chant dont il ne comprenait guère les paroles mais qui était exotique, indubitablement.

Le thé fut apporté sur un plateau métallique dans un tintement discret, presque chantant. Aux côtés des tasses et de la théière Sigmund put voir quelques denrées qu'il n'osa pas toucher, laissant Ofelia y toucher en première. À peine reconnaissait-il du raisin sec et des fèves, sûrement présentés pour accompagner la boisson.

« J'ai rencontré... » commença Sigmund, hésitant à dire le mot prince, s'y refusant de crainte que le terme n'interpella un client, même s'il était prononcé dans la langue allemande. « … Atêsh alors que j'étais partie en Russie. Je cherchais un moyen de soigner mon frère alors que le Delirium l'avait touché. Et comme j'avais entendu parler d'une source magique en Russie j'espérais que... Elle renfermait un moyen de le guérir. De quelque manière que ce soit. »

Parler de cette anecdote du passé lui rappelait combien l'échec avait été grand, combien son frère avait manqué de mourir comme tant d'autres avaient flanché face à l'épidémie. L'homme s'autorisa une gorgée de thé, puissant, amer qui le poussa à déglutir, son palais peu habitué à une telle saveur.

« C'était ma première expérience magique. Enfin, non. J'en avais déjà une, mais brève et brutale. Celle-ci était... particulière. Déroutante. J'ai approché un sanctuaire magique. C'était comme plonger dans un tourbillon de sensations. Ce fut là-bas que je rencontrais Atêsh qui voulait, lui aussi, tenter de trouver une solution auprès de la source. Se délivrer d'un fardeau. »

La voix de Sigmund se fit plus basse.

« Je ne sais si je dois vous en parler. Il m'a confié quelque chose là-bas. Et... Je ne sais si je peux en parler, même avec une autre personne qu'il considère comme une amie. »

Ofelia devait, au minimum, posséder ce titre pour avoir le droit d'assister au couronnement du futur Shah.


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Ofelia Ay
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Ven 23 Déc - 18:26


Découvertes exotiques

with Sigmund



Un aimant à porte-manteaux. L’idée, assez excentrique, lui arracha un sourire entre amusement et amertume, cette dernière soulignée par la question de Sigmund – une question qui, bien évidemment, revenait assez souvent quand elle parlait d’elle-même.

« Mon père ne peut rien pour moi. »

Nikolas avait pourtant tant et tant essayé de l’y aider. Et maintenant il y avait cette solution, apportée par Atêsh, de polir la pièce tâchée pour mieux y trouver son reflet, une vérité. L’acte en lui-même n’apportait pourtant pas de miracle et les choses n’avaient tant pas changé depuis le cadeau, mais il parvenait au moins à concentrer et à apaiser son esprit sur le nettoyage consciencieux du bourdon qui, elle se le promettait, servirait effectivement de médaillon une fois éclairci.

Et soudain, à travers la douleur de sa bosse et les malheurs qui ne cessèrent de croiser leur route jusqu’à leur arrivée au café, Ofelia s’en vint à réfléchir, sérieusement et sincèrement, à la perspective de le perdre, lui le Prince. Qu’il disparaisse à son tour comme tant avait fini par partir, ou mourir autour d'elle. Des annonces qui s'étaient succédées depuis son enfance. Qui avaient toujours fait parti d'elle et de ses amitiés qu'elle laissait trop vivre, trop traîner.

Et dans son esprit obscurci par les ombres de sa culpabilité, elle en vint à penser : Cette fois, je me tuerai.

Tout, plutôt que de revivre une autre disparition. Tout, avant que cela ne condamne quelqu’un d’autre. Un ami. Une tierce personne l’ayant trop fréquentée. Ou son propre père.

La tête droite, elle avançait là, comme à l’échafaud, la silhouette du sourire à peine effacée sur ses lèvres. Et tandis qu’elle prenait place aux côtés de l’allemand, après avoir jeté un vague coup d’œil aux clients lorgnant leurs identités sans pourtant s'en offusquer, elle chassa ces idées visqueuses, empoisonnées, pour commander un thé à la menthe d’une voix bien claire.

Sans tremblements.

« Alors. Racontez moi… » Et au voyage elle le suivit, dans les contrées glacées de Russie, jusqu’à cet événement tragique qui l’avait mandaté à trouver une médecine ou une sorcellerie pour soigner son frère. Les mains croisées sur sa robe, le regard de vert et de boue suivait les mouvements de lèvres de Sigmund, hochant simplement la tête à la mention des effets et de la puissance de la magie. Elle savait. Elle n’était qu’une sorcière en apprentissage mais ses récents voyages lui avaient appris, en plus de demeurer aux côtés de son père, d’à quel point son essence était fondamentalement puissante, incontrôlable et majestueuse.

Puis sa main se tendit, au-delà de la table, et agenouillée comme en supplique, elle vint toucher son bras, un signe dé-négatif du bout de son menton pointu. La frange frôlant ses sourcils mais ne camouflant rien de la dure décision de son regard.

« Ne me confiez rien… vous êtes un ami à lui et voici un secret qu’il me racontera peut-être lui-même, s’il le décide et seulement si. Si vous avez son amitié, je ne veux pas vous obliger à y faire une incartade même pour votre histoire. Mais, dites-moi, votre frère… j’espère pour lui qu’il a pu guérir du mal qui le rongeait. A-t-il été atteint du Delirium comme tant d’autres malheureux… ? »

Elle n’avait pas encore touché à sa tasse, craignant le geste de trop et attendant qu’il soit tiède, finit enfin par s’en saisir, les doigts humides de sueur manquant de l'échapper, justement. Son esprit sursautant quand, à l’autre bout du bar, un homme avala sa datte de travers et commença, sous les appels inquiets de ses congénères perses, à étouffer.

Ofelia se redressa aussitôt, les épaules raides, animal craintif et paniqué. Alors que les hommes, à tour de rôle, s’escrimaient à taper dans le dos de son énième victime. Jusqu’à ce que sa bouche crache le fruit sur le tapis. Jusqu’à ce que son souffle reprenne et que son visage se pare de plus saines couleurs. Les murmures bruissèrent comme un vol de chauve-souris.

Ofelia, se réinstallant en tailleurs, piqua alors du nez sur sa tasse et finalement, la reposa sans en boire une goutte.

« Atêsh m’a sauvé d’une embuscade et a eu l’amabilité de m’accueillir au sein de son palais. J’ai été son invitée, et je crois effectivement pouvoir le dire, une bonne amie. Il me tardait aujourd’hui de le revoir mais finalement je n’en suis plus très sûre… » Elle se racla la gorge.

« Quel cadeau lui avez-vous pris ? » Peut-être lui en avait-il déjà fait mention, auquel cas elle s’excuserait. Mais les tourments et l’inquiétude la rongeaient trop fort pour qu’elle puisse y réfléchir.

Et contre les tables, un rat se faufila. Epais et noir comme la mort. Sous les exclamations fautives du propriétaire et ceux de dégoût de ses clients.

Ainsi soit-il.





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Sam 31 Déc - 1:15
Le contact des doigts de la sorcière sur sa peau fut comme un électrochoc, poussant sa langue à cesser de se mouvoir, à sa voix de se taire. Oui cette demoiselle était, indéniablement, une amie du prince. Sans quoi elle n'aurait pas eu cette prévenance à son égard, cette pudeur envers sa mémoire, cette volonté de ne point fouiller davantage. Sigmund lui en sut grès, accueillant sa décision d'un hochement de tête appréciateur. Les mots étaient superflus. La mention du frère lui rappela alors combien ils s'étaient éloignés avec le temps, et pas seulement par l'esprit. Désormais ils faisaient chemin à part, vivant chacun de leur côté, pratiquement situé, chacun, à un bout du monde.

« Il se porte bien. » Les lettres lui revinrent en mémoire, fragments épars d'une autre vie, rappel que le frère vivait, encore et toujours. « Il était présent sur les lieux lorsque le docteur Hawkins a délivré son antidote. C'est ainsi qu'il a pu se soigner. » Et sauver, par son truchement, la vie de nombre de personnes. Mais cette information, Sigmund la conserverait bien close au sein de son esprit – secret de famille.

L'incident de la datte lui fit lever la tête, se raidir son corps par réflexe. Les épaules se détendirent lorsque l'homme retrouva son souffle. Néanmoins un doute commençait, insidieusement, à s'insinuer au sein de l'esprit de Sigmund. Un doute dénué de couleur, de forme, mais présent – une impression tenace qui s'ancrait en lui, s'accrochant à lui par de multiples crochets invisibles. Son don s'étira et, tel un chien, flaira les alentours. Cherchant à comprendre, à identifier cette impression qui s'accrochait à lui.

« Une embuscade ? » questionna l'Allemand face à la confession de la demoiselle. « Je... Ce serait inconvenant que je vous demande des détails sur cette histoire mais... C'est regrettable que vous ayez été victime d'une telle situation. » Sigmund secoua la tête, dépité. « Nous vivons encore dans un monde bien trop cruel et dangereux. J'ose espérer que vous n'avez subi rien de dommageable. »

L'Allemand se refusa à laisser son imagination combler les trouées de l'histoire. Ses lèvres s'entrouvrirent pour questionner Ofelia au sujet de cette impression qu'elle avait, cette soudaine réticence d'approcher à nouveau Atêsh. Mais la question sur le cadeau l'en empêcha, poussant l'Allemand à saisir la valise qu'il avait déposé à ses côtés.

« Ce fut difficile. Je n'ai jamais offert de présent à quelqu'un d'aussi... important. » Sous ses doigts la valise se déverrouilla, s'entrouvrant sur ses genoux. « J'ai fais appel à un artisan officiant en Autriche-Hongrie. Il m'a confectionné une marionnette... »

Titillé par la sensation d'une présence proche, l'Allemand se retourna pour voir l'énorme rat courir vers eux comme si ces deux humains représentaient un salut. Le rongeur sauta sur la table, renversant denrées et thé. La tasse renversa son contenu sur les cuisses de l'Allemand. L'homme s'agita tel un noyé se débattant pour se maintenir à flots. La valise chuta à son tour dévoilant la marionnette. Dans un couinement apeuré le rat descendit de son piédestal et s'agrippa à la robe de la marionnette comme si elle était sa bouée de sauvetage au sein de cet océan tourmenté de visages humains.

Lorsque Sigmund amorça un pas en direction du pantin, la robe se déchira, victime d'une griffe invisible qui menaçait de briser la marionnette.

Le regard de Sigmund se fixa alors sur l'apparition. Comme il avait perçu l'ombre émanant du prince de Perse, l'Allemand perçut le chat noir. Félin au pelage d'un noir nocturne, aux yeux brillants comme la braise. Le chat noir se pourléchait les babines, langue rose furtive. Ses griffes malaxaient le tissu, menaçaient de lacérer ce qu'il avait fait sien – son jouet.

« Un chat ? » Le regard de Sigmund glissa sur Ofelia. « Il est à vous ? »

Il pouvait sentir que quelque chose liait la sorcière à cette apparition, mais la sensation était encore trop ténue pour être pleinement définie.


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Mer 11 Jan - 18:44


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A l’instant où le regard d’Ofelia se posa sur la marionnette, le rat s’emballa. Et fonçant à travers la table presque sur les genoux de l’allemand, vint encore tout gâcher. Pâle et raide malgré son teint olivâtre, les yeux brillants d’une émotion si forte qu’elle pouvait presque être assimilée à de la haine, Ofelia fut une nouvelle fois témoin de l’incident, sans tendre la main pour chasser l’animal, de peur qu’en plus de sa présence il ne leur apporte quelques maladies. Crachant et claquant de ses dents longilignes au faciès de ce sauveur rouquin qu’il s’était désigné, il finit par attraper le morceau arraché dans sa gueule avant de disparaître, sitôt poursuivi par le propriétaire du café armé d’un café. La cohue fut telle que le chat noir, dans son dos, s’allongeant sur le sol, en bailla des babines, largement satisfait. Et que la sorcière, ployant du menton pour mieux observer ses propres mains n’eut pas le cœur une nouvelle fois à s’excuser.

Ce fut Sigmund qui l’arracha à cet épicentre, comme l’œil étrange d’un cyclone d'événements qui dépassaient l’entendement et la logique. La faisant sursauter sur son siège quand sa voix, calme et accentuée de ses origines germaniques, vint désigner l’animal qu’elle pensait invisible. Sa frimousse perdit deux ans, ses yeux s’écarquillant comme ceux d’un enfant, et sous la surprise, elle tourna la tête pour regarder le chat qui se faisait les griffes au sol, avant de revenir au jeune homme. A cet inconnu qui, sans le savoir, venait d’accomplir un exploit que nul n’encore n’avait pu atteindre.

« ... Vous le voyez ? »

Ni son père, ni Atêsh, ni aucune personne ni amie qu’elle avait pu rencontrer jusqu’alors. Pas même cette petite fille, un soir à la gare, qu’elle avait cru être fascinée par la présence du famélique félin, quand, en vérité, désignant une feuille morte du doigts, elle observait tout autre chose.

Ofelia faillit se lever et quitter la salle brusquement. Mais aucun de ses muscles, pétrifiés par une froide terreur, ne lui répondit.

« Vous le voyez vraiment ?? » Était-il sensible à la magie au point d’en voir son côté le plus noir ? Etait-il simplement ouvert à elle d’une manière plus fondamentale qu’aucun autre à ce jour ? Faisait-il simplement réellement attention à ce qu’elle vivait ? Et sa voix se mit à trembler. « Je paierai pour la poupée. Je paierai pour tout. Je ne pensais pas gâcher votre journée et encore moins votre cadeau. Cela fait un pardon misérable et j’en suis bien consciente : mais rien de tout cela n’est ma volonté. Vous êtes très aimable. Ça en devient criminel… de ne pas avoir de chance. »

Le chat feula dans son dos. Ses sourcils se froncèrent. Et d’une voix sèche, à l’encontre de l’animal, claqua dans l’air un brusque.

« Toi, tais-toi. »

Puis à Sigmund.

« C’est toujours aux autre qu’il arrive quelque chose de dommageable. Atêsh m’a sauvé dans cette ruelle quand j’ai faillis être attaquée et celles qui ont suivi contre son pays ont été plus sévères encore. Vous vous êtes piqué, à l’aiguille, et tout cela ira en s’acharnant tant que vous resterez avec moi. C’est toujours ainsi. J’essaye d’y changer quelque chose mais cela ne fonctionne jamais. »

Et ses mains glissèrent à sa robe, faisant luire à la lumière le bourdon à nettoyer. La main gauche soutenant le miroir, l’autre prenant un mouchoir, ce fut presque machinalement et sans regarder ses propres gestes, qu’Ofelia se mit à polir la surface du miroir. Le regard de vert et de boue planté dans celui de Sigmund. La voix tressaillant à peine, quand les hommes, faisant la chasse au rat, découvrirent finalement dans leurs plats une nuée de vers et de mouches.

« Je ne sais pas si de voir ce chat n’est pas un aussi mauvais présage et j’aimerais éviter qu’il vous arrive malheur. Vous qui m’êtes si sympathique… surtout avec la santé retrouvée de votre frère et votre présence à ce mariage. Essayez de vous préserver, vraiment. Mais merci de m’avoir invité à prendre un thé… » Peut-être devrait-il s’en aller. Mais s’il insistait, Ofelia ne pourrait plus rien garantir et baissa les yeux, non vaincue, non honteuse, essayant simplement de calmer les battements furieux de son propre cœur.

Quand tout ce qu’elle voulait c’était de voir ce chat noir mort. Ignorant, volontairement ou non, qu’il n’était de fait qu’une simple partie d’elle.

Parfois c’était simplement trop dur à supporter.





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Jeu 26 Jan - 21:23
Sigmund ne comprit pas la question de Ofelia dans l'immédiat, ne prenant conscience de sa pleine détresse que lorsqu'elle réitéra son interrogation, déballa le fond de son cœur. C'était aussi cru et brutal que si elle ouvrait sa poitrine et en extirpait son cœur. C'était le désespoir d'une femme en devenir, plus une enfant, mais pas encore totalement une adulte, victime de la magie. C'était la volonté de Ofelia voulant préserver un inconnu, demeurer seule avec sa malédiction. C'était un appel à l'aide.

Sigmund posa sa main sur celle de l'Espagnole, la pulpe de ses doigts effleurant aussi bien la chair que la surface du miroir.

« Quelqu'un a-t-il déjà succombé à la mort en votre présence ? Le chat a-t-il déjà tué ? » demanda l'Allemand d'une voix basse, dans sa langue natale. Ne prenant pas le risque que le mot ne soit compris malgré la barrière de la langue. Il attendit une poignée de secondes, reprit en croyant lire une négation dans l'attitude de Ofelia. « Je ne mourrais pas à cause de lui. Je serais blessé, peut-être perdrais-je l'usage d'un membre, la vue. Qu'importe. Je ne peux pas vous laisser ainsi. »

Cela lui coûterait cher, probablement. Très cher. Sigmund serra, brièvement, les doigts de Ofelia avant de saisir la marionnette, refermant la valise sur elle dans un claquement métallique. Mieux valait, tout de même, par prudence, ne pas tenter le chat noir dont Sigmund percevait le ronronnement – sourd grondement. L'Allemand laissa échapper un cri de douleur lorsque, reposant sa main sur la table, une écharde se planta dans la pulpe de son pouce. Néanmoins, Sigmund força un sourire pour rassurer Ofelia.

« Ce n'est rien. Mademoiselle Ay. Ofelia. » La langue de Sigmund hésitait, butait sur les mots, craignant d'être trop familier. « Si je peux vous aider... Je veux vous aider. J'ai... quelques facultés qui pourraient peut-être vous être utiles. »

Un homme revint de l'arrière-boutique et lâcha un cri tandis que l'eau bouillante lui tombait des mains, brûlant ses jambes et ses pieds. Un autre hurla alors que des moustiques, surgissant des dattes qui venaient de pourrir sous ses yeux, lui piquaient la peau. L'Allemand tentait de demeurer sourd à ces alarmes, tel un enfant se cachant les yeux lors d'une partie de cache-cache.

« Je peux percevoir la magie néfaste. C'est sûrement pour cela que j'ai pu voir votre chat. Je... » Sa langue passa sur ses lèvres, ravalant l'hésitation. « J'ai aidé Atêsh avec son don. Grandement aidé par une source magique certes mais... j'ai aidé. Un peu. Je peux sûrement vous aider aussi. Je ne dis pas que je peux vous ôter cette malédiction mais, peut-être, la rendre moins pesante. »

Sa main se tendit vers Ofelia, paume tournée vers le plafond.

« Vous avez confiance en moi ? »

Il y eut une odeur rance, celle d'un tissu qui brûlait. Une fumée poisseuse, noirâtre, commença à monter vers le plafond. Ce fut les cris d'un client qui firent prendre conscience à Sigmund du danger. Sous les doigts de sa main gauche, un tapis s'était enflammé. Les flammes étaient revenues, étincelantes au bout de ses doigts. On hurla « Au feu » tandis que les yeux s'arrondissaient à la vue de cet étranger qui prenait, littéralement, feu. Sigmund eut le réflexe idiot de plaquer la main contre son torse et hurla lorsque le feu le mordit, tel un chien retors se retournant contre son maître.


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Dim 29 Jan - 22:28


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with Sigmund




Comment pouvait-elle répondre oui, et être ainsi assurée de sa fuite quand elle commençait enfin à éprouver un semblant de détresse face à sa propre solitude. Comment pouvait-elle répondre oui, et ainsi assumer de vive voix que les disparitions dont elle avait vu les noms se succéder dans la presse, étaient certainement de son fait ? Comment répondre oui et reprendre ainsi une triste marche en arrière vers l’Espagne et cette affreuse nuit où, jetée hors de son lit et ramenée à la frontière de France, on l’avait accusé du meurtre du roi et condamné à l’exil.

Elle laissa Sigmund penser ce qu’il voulait de sa réponse, ses yeux cillant à peine, le cœur battant à tout rompre sous les cris des clients, l’acharnement du malheur qui devait exalter, au sein du chat, à causer tant de tourments, à lui gâcher la vie de manière si efficace. Elle se surprit encore à le haïr, ce maudit chat noir, se prélassant au sol en se léchant les pattes sans quitter l’allemand de ses agates.

« Vous ne pouvez pas… » Il présentait les conséquences de son aide avec une telle légèreté que ses yeux s’emplirent de larmes. Des larmes acides de colère mal contenue. « Vous ne pouvez pas dire ça. Vous ne devez pas vous traiter ainsi. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut affronter. Je le sais. J’ai essayé. Et ça n’a jamais fonctionné, ça a toujours été pire. Mais enfin regardez ! »

Il regardait. Il voyait, au-delà d’elle. Il pouvait apercevoir la trace famélique du félidé et plus encore. Mais la tête juvénile de la sorcière fit un bref aller-retour négatif, refusant cette possibilité, refusant cette main tendue – une énième – qu’on lui tendait. Ne rejetant pas sa confiance – elle ne se serait pas permise d’insulter un tel cadeau – mais bien son inconscience.

« Ça ne fonctionnera pas ! Rien ne fonctionnera tant que je ne saurais pas pourquoi j’ai été maudite, et par qui. Et pas tant que je n’aurais pas compris ce que je dois faire pour briser cette odieuse malédiction. Je ne comprends pas ce que j’entends dans mes rêves Sigmund ! Je n’arrive pas à me rappeler de ce qu’on m’a dit, de ce que j’ai fait, pour mériter tout ça et faire autant de mal… »

Le chat miaula. Et aussi assurément que sa main s’était tendue à en dégager des étincelles, faisant luire le regard d’Ofelia, soudain muette, Sigmund prit feu.

Comme un souffle de flammes, à son autre main. Dans une odeur de tissu brûlé qui, n’en finissant pas d’alerter les clients, poussa le propriétaire à assurer ses soupçons en se penchant derrière le bar pour ramasser un cimeterre. Si la Perse était tolérante, et même nourrie de magie, par l’ascension du Djinn, et par le nombre de ses dotés, l’homme ne pouvait supporter un tel saccage, une telle menace dans son établissement.

Et Sigmund, le brave Sigmund, qui hurlait.

Ofelia bondit sur ses pieds, ramassant la théière, l’ouvrant d’un geste brusque pour balancer le liquide tiédit au torse du jeune homme. Et enlaçant ses épaules, au plus près de lui, presque à venir sur ses genoux, laissant le tissu de sa robe et ses sapins rafraichissant, le toucher pour essayer de lui apporter un premier soulagement.

« Assez ! » Cria-t-elle alors au chat noir. Qui feule. « Assez, je te vois. J’ai compris. Ça suffit pour l’instant. Je ne t’ignore pas, je ne t’insulte pas. Mais assez. Assez… » Puis au propriétaire, et aux clients qui, s’ils n’avaient pas fuit, les observaient avec autant de dégoût que de rage. « Nous partons. Laissez moi payer et nous partons… »

Sa voix se baissa.

« Je vous emmène à mon hôtel. Ma valise s’y trouve et les potions de soin de mon père vous seront bien plus utiles que nombre de sucre d’orge… » Sa gorge nouée, s’empêchant de trembler. Le regard aussi déterminé que désolé. « Je vous soignerai. Et puis vous devrez partir et ça ne sera que bonne chose. Pour l’instant, je ne peux vous protéger comme je le devrais. »

Le chat quitta la pièce au petit trop, derrière la course d’un autre rat sorti derrière des sacs de farine remisés dans la cuisine. Une paix qui ne perdurerait pas dans le temps mais qui pouvait les laisser tranquille pour quelques instants.

Ofelia déposa sur la table une poignée de pièces. Et exhortant Sigmund à se lever, se fit son soutien jusqu’à les faire sortir du bar.






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Sam 11 Fév - 21:29
Sigmund n'avait jamais craint le feu, au contraire de la magie qui le terrifiait au même titre qu'elle le fascinait. Comment aurait-il pu mépriser un élément qui avait su l'extirper des mains avides de la sorcière sévissant au sein des bois germaniques ? Et pourtant, en ces instants où les flammes rongeaient sa chair, Sigmund craignit les flammes. Songea à Lucas et à sa propre expérience, crut voir la sorcière se jeter sur lui, avant de se rendre compte, dans un éclair de lucidité, que cette femme n'était autre que Ofelia. Les sapins sur sa peau le touchèrent comme milles flocons sur une plaie brûlée – des baisers fugitifs déposant un peu de douceur sur la douleur.

Ofelia venait de lui offrir le contact le plus intime qu'il n'avait jamais eu envers une femme.

Mais l'Allemand n'en avait pas même conscience. Ofelia se détacha de lui avec la vivacité d'un chat – mais cela il ne lui dirait jamais, pour ne pas la blesser. Les excuses fleurissant au bord de ses lèvres, elle interrompit le cyclone qui se déchaînait en ce salon de thé. Sigmund ne put qu'abdiquer devant tant d'aplomb féminin, s'excuser auprès du gérant et des clients qui, le regard lourd sous la paupière, les suivirent du regard, ne relâchant la pression de leurs épaules que lorsque les étrangers eurent quitté le palier et tourné à l'angle de la rue.

« C'est tout de même curieux... » finit par lâcher Sigmund de but en blanc alors que leurs corps se mouvaient dans les ruelles. « Que vous ne sachiez pas qui vous a maudit. Vos parents ne vous ont jamais touché un mot ? La fée qui vous a offert un tel cadeau doit avoir un humour bien particulier. »

L'Allemand finit par lever un index, tel un écolier bien discipliné, se rappelant d'un élément lu quelque part, alors que sa soif de savoir allait se repaître auprès de toutes les sources qui se présentaient à sa portée.

« Avez-vous songé à vous rendre au Canada ? Je pourrais vous accompagner. Ne faites pas ces yeux-là. Je veux véritablement vous aider. Et j'ai vécu nombre d'aventures qui ont déjà manqué de me tuer. Ofelia... » reprit-il d'un ton plus bas, ton de confidence, pliant sa grande carcasse de brindille pour loger ses lèvres au plus près de l'oreille espagnole. « J'ai du parfois fréquenter des individus peu recommandables. Si j'ai pu survivre à la confrontation à ces gens, je peux survivre aux griffes de votre chat. Si j'ai pu survivre enfant à une sorcière voulant me changer en bonhomme de pain d'épice, je peux subir une part de vos malheurs sans moufter. »

Comment disait-on déjà dans son village natal ? Serre les dents et mange ton poing. En Allemagne on apprenait bien tôt aux enfants à subir les avaries de la vie, quelles qu'elles soient.

Lorsqu'ils entrèrent dans l'hôtel, Sigmund ne put s'empêcher d'embrasser les environs du regard afin d'anticiper toute colère malvenue du chat. L'Allemand l'observait parfois, du coin de l’œil, craignant de lui marcher sur la queue, de lui poser ombrage – quelque action qui exciterait le félidé et le pousserait à briser plus qu'un miroir. Quelques degrés de marches furent avalées – une brève glissade interrompue en se retenant à la barre, mais rien d'insurmontable – avant d'arriver dans la chambre proprement dite. La franchise de Sigmund ne se retint pas longtemps.

« C'est bien la première fois que je vais entrer dans l'intimité d'une dame. »

Se rendant compte du double-sens possible, Sigmund piqua un fard. Un rouge presque aussi éclatant que ses cheveux marbra son cou et ses pommettes tandis que sa main s'agitait, brassant inutilement l'air.

« Je veux dire... Une chambre. Les seuls alcôves que j'ai approchés sont ceux des prostituées. Non, non pas de cette façon ! Ça c'est mein bruder. Je veux dire... » Inspiration longue. « Je vends parfois de l'opium. Aux maisons closes. »

Est-ce qu'il venait de dire cela à une invitée d'un Shah de Perse, à une femme bien sous tous rapports ? Oui.


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Ofelia Ay
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Lun 20 Fév - 18:33


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with Sigmund



Le pas pressé, comme une demoiselle furieuse traînant son compagnon après l’avoir surpris aux côtés d’une autre femme, Ofelia traversa les ruelles attenantes au bar sans regarder en arrière, presque sans écouter les questions de l’Allemand. Les sourcils froncés, les lèvres pincées et évitant, de malchances en malchances, les bousculades, renversement, jets d’objets divers et variés, trébuchades et tant d’autres désagréments avec une adresse menant presque à la prescience. C’est qu’elle commençait à le connaitre par cœur ce chat mais les brûlures de Sigmund la tracassaient beaucoup trop pour qu’elle se contente de s’y attarder une énième fois.

« Je n’ai pas de parents. » Lâcha-t-elle donc abruptement avant de se corriger. « Je n’ai qu’un père, qui m’a adoptée. Je n’ai jamais su qui étaient mes géniteurs et à dire vrai, je ne tiens pas particulièrement à le savoir. J’ai grandis en Espagne, avant que Nikolas Klaus ne vienne me chercher et ne me sauve des Sœurs qui commençaient à voir en moi… » Ses yeux s’embuèrent et aux souvenirs des catastrophes qui avaient finalement manqué de coûter la vie à l’un des orphelins de son église accueillante, sa voix s’étrangla.

« Je ne suis revenue en Espagne, en quête de réponses, qu’il y a quelques années à peine et on m’a chassé du territoire. Si je dois y remettre un pied, on m’a promis la mort. Par décret royal. Je pense que cela m’est suffisant pour ne pas insister. Alors j’ignore pourquoi on a maudit une petite fille telle que moi mais apparemment, pour l’Espagne, c’était mérité. »

Aussi rapidement, elle tourna à gauche, soupirant à peine. Se frayant un chemin entre les vendeurs à la sauvette et se faisant malencontreusement tirer les cheveux dans une empoignade qui laissa débuter une échauffourée. Ofelia se mit à fuir les cris, pressant le pas doublement.

« Je suis itinérante et je devrais me rendre au Canada certes. Mais j’ai déjà rencontré d’autres magiciennes, plus âgées et plus compétentes que je ne le suis. Elles ne peuvent rien pour moi. Personne ne peut rien pour moi. Je ne peux même pas réciter par cœur la malédiction que j’entends chaque nuit, comprenez vous ? Et j’insiste, vous ne devez pas m’aider ! »

L’hôtel leur apparut enfin et poussant la porte, manquant de se prendre les pieds dans le tapis, Ofelia se dirigea vers l’accueil. Récupérant sa clef en évitant le regard curieux que l’homme posa sur Sigmund. Les rumeurs s’empresseraient de courir bon train et il était certain qu’elle se doive de changer d’établissement pour éviter toute esclandre. Mais sur le moment, ce ne fut pas un problème à proprement parler. Et d’une voix pernicieuse, sa pensée souffla à ses oreilles « Mon chat noir pourrait leur arracher les yeux, à tous, ceux qui me jugent, cela serait bien fait. ».

Coupable de cruauté, même non intentionnelle, Ofelia se détourna et reprenant le bras de Sigmund, l’aidant à ne pas tomber quand la rampe de l’escalier lui échappa, elle l’amena à ses appartements, à savoir une simple chambre au deuxième étage.

La porte s’ouvrit sur un lit simple, où se trouvait déjà sa valise. Dans l’armoire, quelques vêtements. Et Ofelia ne prit réellement conscience de toute l’incidence de son invitation qu’à la phrase maladroite de Sigmund.

Puis à sa catastrophe d’explications.

Bouche bée, aussi cramoisie qu’il pouvait l’être et entendant, imaginant même, les détails saugrenus, déroutants et tout de même assez tordus qu’il venait de lui confier, Ofelia recula d’un pas, un peu dégoûtée de l’imaginer, lui qui semblait si bon, si droit et si aimable, vendre des opiacées à des catins dénudées occupées à leur clientèle.

Se raclant la gorge, elle lui tourna aussitôt le dos sans se permettre un seul commentaire pour mieux ouvrir la valise et en sortir quelques potions.

« Prenez ceci. La douleur vous rend la verve passable. Mieux vaut que vous vous soignez avant de trop en dire… » Murmura-t-elle, les yeux baissés, se fustigeant d’être déçue d’apprendre de telles choses concernant Sigmund. D’être déçue de lui, aussi, un peu. Et sans reprendre un contact qui pourrait lui faire croire en la volupté de ses propres intentions.

Qui sait ce qu’il avait fait, dans ces maisons de mauvaise vie, en plus d’y distribuer de l’Opium. Elle ne souhaitait pas même l’imaginer et grimaça de plus belle.

Au moins il y avait désormais une forte possibilité qu’un voyage en sa compagnie l’empêche de persévérer dans ses actions criminelles, le temps de l’aider néanmoins. Mais cela ferait des nouvelles à éviter à son cher père noël, assurément.




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Lun 27 Fév - 22:14
Le silence se tissa entre eux, multitude de fils se déployant en une toile toute en non-dits et en supposition, tout en gêne et en confession à peine chuchotée. Sigmund saisit la potion tendue en veillant à ne pas frôler les doigts, son regard scrutant le dos tourné à son encontre, plus tendu que la corde d'un arc. Elle devait s'imaginer bien des choses à son encontre, cette jeune fille. Et il s'en voulait d'avoir laissé sa verve s’appesantir sur un tel sujet. Voulut s'excuser mais se ravisa lorsque les brûlures se rappelèrent à lui. Sigmund alla se poser sur une chaise veillant à laisser de l'espace à Ofelia, veilla à ne pas heurter le chat qui semblait avoir disparu, jusqu'à ce qu'il remarque les prunelles brillant près d'une couverture, le félin allongé sur les draps.

Il y eut un soupir d'apaisement lorsque la potion se déposa sur les plaies, absorba la douleur en elle. Doux comme un baiser volé, apaisant comme la neige sur une peau cloquée. Les rougeurs s'apaisèrent, se firent plus tenues. Il demeurerait probablement des cicatrices. Tant pis. Un moindre mal comparé à ce qu'il aurait pu subir – une combustion spontanée qui l'aurait transformé en cendre. La potion fut posée sur le meuble le plus proche avec un tintement presque cristallin.

« Merci. » glissa Sigmund, sa voix tentant de jauger la tension qui s'était installée.

L'Allemand se leva avec lenteur, hésita sur la marche à suivre. Il aurait pu prendre Ofelia dans ses bras pour l'obliger à l'écouter, mais ça aurait été inconvenant. Déplacé. Et au vu des propos qu'il avait tenu quelques minutes auparavant, la jeune fille aurait été en droit que quelque chose d'autre se déroulait là. Une avance, une tentative à son encontre.

Alors Sigmund s'assit à même le sol, laissant Ofelia dominer la situation, la surplomber. C'était incongru de voir ce grand échalas se prosterner aux pieds d'une jeune fille. D'une presque inconnue.

« Désolé. Je n'aurais pas du dire tout cela. Ofelia... » Et sa voix était presque suppliante en prononçant son nom. « Je n'ai jamais touché une de ces femmes. Jamais. Je sais que c'est dur à croire, qu'il est commun qu'un garçon devienne homme en apprenant à leurs côtés. Mais je n'ai jamais... Je n'ai même jamais embrassé ou tenu une femme dans mes bras, alors... »

Il en riait presque, la voix amusée par son propre manque d'expérience, par sa propre incongruité. Lui, le garçon que l'on surnommait Gretchen à cause de son attitude aux antipodes de la virilité allemande, avec ses cheveux longs comme une fille. Ils tombaient en rideaux autour de son visage alors qu'il tentait de les renouer, assis sur le parquet de cet hôtel perse.

« Vous n'avez que ma parole je sais mais... elle est sincère. Je... Vous n'avez rien à craindre de moi. Je n'ai jamais... su éprouver de l'amour, de l'attirance. Je suppose que quelque chose a été déréglé dans mon horlogerie interne. Mais cela n'a aucune importance. »

Aucune. Il avait appris à vivre avec, évoluait dans le monde avec aisance, finissant par apprendre à se moquer des remarques à son encontre. À passer outre ces paroles blessantes. Une mèche rebelle dessina une virgule sur sa joue creuse.

« C'est vous qui l'êtes. » souffla-t-il, la mèche voltigeant dans ce courant d'air. « Vous avez peur, vous êtes certaine que la malédiction, jamais, ne se brisera. Que personne ne peut rien. Je n'ai pas la sagesse des fées et des djinns, ni leurs connaissances. Je suis un apprentie. Mais je ne peux pas reprendre ma route, me dire Oh c'est son problème, elle se débrouillera. Je ne peux pas, Ofelia, vous comprenez ? »

Lui revint les visages des gens disparus, des amitiés étouffées, des âmes infortunées qu'il avait croisé pour mieux les voir s'envoler. L'allumeur de réverbères londonien, sa voix grave, son faciès humain sous son masque de corbeau, la chaleur de son foyer – remplacés par le sang sur les pavés, le froid de l'absence. La chocolatière austro-hongroise, les yeux emplis de rêve, disparue, envolée, son nom à jamais tu, son corps à jamais perdu. Et tant d'autres visages, de noms à demi-effacés. Avalés par le monde et la mémoire.

Les mains de Sigmund se crispèrent sur ses genoux, se retinrent de saisir la robe de Ofelia, de s'accrocher à l'ourlet. La nuque ploya.

« Laissez-moi vous aider. Essayer, s'il vous plaît. »

Ce n'était pas une demande, mais une imploration. Une prière.


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Dim 5 Mar - 21:43


Découvertes exotiques

with Sigmund



Ce fut comme une danse de chats, se jaugeant, s’évitant, se rapprochant et se flairant, sous le regard amusé de celui allongé sur les draps. A l’écart, les bras croisés sur sa poitrine, le menton à peine relevé dans une attente défiante qu’elle ne se connaissait pas, Ofelia évita tout rapprochement et le laissa s'asseoir sur une chaise, se soigner et parler – évidemment, il lui fallait parler, expliquer les tenants et aboutissants de son histoire et apporter ainsi un flot de détails supplémentaires dont elle se serait bien passée.

Extrêmement gênée par la scène et notamment par l’aveu de sa virginité, elle manqua de s’étouffer sur sa propre salive, se précipitant sur la carafe d’eau qui traîner non loin pour décoincer sa gorge sur une longue rasade. Les mains un peu tremblantes, elle finit par tourner son regard clair sur sa silhouette maigre et longiligne, lui qui bataillait avec sa chevelure. Et coincée, prise à partie par l’émotion qu’il faisait naître en elle – un peu de pitié entremêlée à tout autre chose qu’elle ne pouvait encore nommer – Ofelia soupira en attrapant une brosse qui traînait non loin.

« Allons, laissez-moi faire… » Presque cachée à son dos, mignonne en robe noir et le teint un peu pâle, elle vint former une tresse à ses longues mèches rousses. « Vous n’auriez pas du me raconter tout cela. Je n’ai pas à le savoir, savez-vous ? Je n’ai pas à être tenue au courant de ce genre de choses… enfin ! J’ai 17 ans ! Je n’ai même jamais été abordée par un homme. »

Le charme d’Atêsh faisant bien évidemment bande à part mais, mettant cela sur le compte sur son comportement étranger, loin des coutumes de son propre univers, Ofelia ne s’y attarda pas. Atêsh était un ami, un proche, et un prince. Non pas un homme comme tous les autres. Comme ceux qu’elle pouvait croiser, généralement discutant entre eux avec verve ou au bras d’une demoiselle. Ou comme Sigmund.

« Mais pour en revenir à ce qui vous importe, c’est-à-dire moi… » Elle souffla, comme agacée par l’idée autant qu’intriguée. Fouillant dans sa poche pour attraper un élastique et maintenir sa coiffure d’un geste ferme. Le chat ronronnait sur le lit, et elle se surprit à constater qu’aucune autre mésaventure n’était encore survenue entre eux.

Evidemment, il ne fallut que cette pensée pour que sa valise, qu’elle ne pensait pas avoir placé si près du bord du meuble, vacille et se fracasse au sol. Vomissant un flot continuel de linges, de potions, et même son précieux grimoire. Posant la brosse à côté du flacon vidé, elle s’éloigna encore.

« Si vous voulez m’accompagner, soit. Vous continuerez votre apprentissage en ma compagnie, je vous mènerai à l’arbre des Fées du Canada et nous en sortirons ainsi avec quelques leçons de plus, peu inutiles. » Mais mordillant sa langue à s’en faire saigner, accroupie au sol dans une position fort peu chaste, elle souffla. « Vous connaissez les risques. Aujourd’hui j’ai faillis vous brûler. Qui sait ce que demain vous réserve… Mais si votre entêtement dépasse votre peur de moi, alors je ne suis personne pour vous empêcher de me suivre. Je ne peux pas même vous en défendre. »

Sa main glissa sur l’un des petits trains. Et ce dernier, s’activant, commença à libérer une lourde fumée blanche dans toute la chambre.

« Oh Père Noël ! » Jura Ofelia, déçue et fâchée. Rien n’allait l’épargner.





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Ven 17 Mar - 22:59
Sigmund eut une grimace lorsque le peigne se coinça dans un nœud vite retiré par des doigts doux. Cela le laissait tout pantois le germanique de se faire ainsi dorloter comme une fille. Oui cette scène aurait été tout à fait de bon goût au sein d'un pensionnat, ou d'une soirée entre amies. Pas entre un homme et une femme. Elle sonnait incongrue. Pourtant Sigmund n'en dit mot gardant sa langue au repos, se permettant seulement de s'étonner lorsque Ofelia dévoila son âge. Dix-sept ans ? Elle n'était encore qu'une enfant ! La rougeur ne fit que se répandre davantage sur le visage et la nuque de Sigmund, visage désormais pleinement dévoilé grâce aux soins de Ofelia qui, à contre-coeur, finit par abdiquer à sa prière.

Une victoire qu'il accueillit d'un sourire, ne pouvant nier être satisfait d'avoir réussi à concéder Ofelia à accepter sa présence.

« Je n'ai pas peur du feu. » asséna Sigmund comme si, ainsi, il pouvait conjurer le maléfice qui entourait Ofelia et s'en préserver. « Il m'a toujours protégé. Et je pense... Je pense que, très bientôt, il fera parti de moi. Ce voyage jusqu'au Canada pourrait m'être bénéfique pour mieux apprendre ce qui m'arrive. Qui sait nous trouverons des informations sur la personne qui vous a... »

Pouf. Un train de bois se mit en branle propulsant, depuis sa cheminée, une épaisse fumée. Le juron de Ofelia fit sursauter le germanique aussi bien par sa véhémence que par son incongruité. La fumée se propageait en un épais nuage cotonneux. À tâtons Sigmund partit en quête de sa valise, sentit les fermoirs sous la pulpe de ses doigts qu'il ouvrit. La scène lui rappelait une plus ancienne, au sein d'une auberge française – sauf que ça avait été lui qui avait déclenché la fumée salvatrice.

La tête pesait lourdement entre ses mains avec son assemblage de rouages et de mécanismes grinçants. Ses doigts saisirent la manivelle tandis qu'il calait l'objet sous son bras. Sigmund interpella Ofelia d'un « Baissez-vous ! » avant d'actionner la manivelle. Les rouages tournèrent, grincèrent, tandis qu'un grondement commençait à emplir la pièce. La tête de loup mécanique s'ébranla avec la lourdeur d'une machine rarement utilisée. Le souffle s'échappa du loup secouant la fumée, tentant de percer une trouée au sein des nuées qui emplissaient la pièce. La manivelle tournait, tournait, continua alors même que Sigmund l'avait lâché, échappant à son contrôle.

Les fenêtres s'ouvrirent – clac, clac – claquant contre les murs laissant la fumée s'échapper en filaments épars. Sigmund posa la tête mécanique à ses pieds, quêtant du regard une quelconque réponse maudite à son initiative.

« Ofelia ? Vous allez bien ? »

Un éternuement retentit que Sigmund ne comprit, qu'après coup, qu'il provenait de lui. Un œuf explosif était tombé à ses pieds projetant de la poudre à éternuer qu'il avait inhalé. L'homme se frotta le nez du revers de la main, soufflant pour tenter de chasser cette épice.

« Atcha ! Ofelia, vous... tcha. Il ne vous est rien arrivé ? »

La fumée se dissipait, lentement, telle l'épaisse vapeur sourdant d'une salle d'eau surchauffée.


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Ofelia Ay
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Dim 26 Mar - 13:54


Découvertes exotiques

with Sigmund



A l’ordre, Ofelia tomba à terre, se protégeant la nuque de ses propres mains comme craignant une explosion. Ce fut avec une confiance presque aveugle qu’elle laissa Sigmund agir, incapable de le discerner dans toute cette fumée qui fut soudain soufflée vers les fenêtres grandes ouvertes. Surprise, autant par sa réactivité que par son efficacité, ce fut avec peine finalement qu’elle parvient à relever les yeux pour attraper sa silhouette, vague et effacée. L’observant avec autant d’effarement que de gratitude.

Etait-ce finalement le bon ? demanda son esprit sans vraiment traduire l’entièreté de sa pensée. Et le chat noir, s’allongeant de tout son saoul sur le lit, miaula son contentement.

« Je n’ai rien Sigmund… » Chuchota alors sa voix faible tandis qu’à grande peine, elle se relevait. Baissant les yeux, à nouveau timide, encore une enfant et loin de toutes les priorités adultes qui pouvaient se concevoir entre deux êtres comme eux. « Et vous ? Vous n’avez rien ? » Il tenait entre ses mains une tête de loup, un mécanisme fort utile et peut-être serait-ce d’ailleurs toujours ainsi – elle, à créer les malheurs et lui, passant derrière pour les réparer.

Il ne craignait pas le feu. Il ne craignait pas son aura. Il voulait simplement avancer à ses côtés et l’aider et l’emmener dans –

Quelque chose passa par la fenêtre.

Une balle cuir doublée de graines. Imposant un sifflement sonore jusqu’à éclater contre sa tempe. La renvoyant au sol, les larmes aux yeux, le front déjà gonflé d’une bosse rouge. Un cri perse se fit entendre, de l’autre côté de la fenêtre, provenant de la rue d’où la balle venait de fuser. Des enfants, entrain de jouer.

Et à moitié sonnée, Ofelia recula contre le mur, s’éloignant de l’objet qui venait de la heurter, comme craignant une explosion.

Une goutte de sang perla de sa peau légèrement écorchée. Rien de grave. Rien de trop important. Mais douloureux quand même.

« Ne vous approchez pas de la fenêtre ! » Souffla-t-elle à mi-voix, à nouveau paniquée. « Il vous fera tomber, regardez, le tapis… » Il se soulevait, comme par magie, une vague propre à s’y prendre les pieds. Ofelia eut un long gémissement. « Partez… c’est déjà trop pour aujourd’hui. Revenez… revenez après le mariage. Laissons du temps. Du temps et nous partirons ensemble. »

Ou fuirait-elle sans lui, pour le protéger ?

« Revenez après le mariage… je vous en supplie, ne discutez pas et partez avant… je ne veux pas que vous mourriez. »


Cette idée lui était insupportable.

« Je vous en prie, Sigmund… je vous en prie obéissez. Pour moi… »






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Jeu 6 Avr - 23:20
Il revenait, inlassablement, ce chat noir entouré d'une cohorte d'accrocs, de blessures. Sigmund avait tendu la main auprès d'Ofelia, effleurant presque ses cheveux. Seuls les cris et l'imploration de l'Espagnole l'empêchèrent d'aller plus loin, de tenter de la sauver de son malheur. Le chat feulait dans son dos, menaçant d'un malheur plus grand encore que celui d'une simple balle de cuir. L'Allemand se plia donc à la demande de Ofelia, à cette invocation qui sonnait presque comme un appel à une fuite en amoureux. La fuite de deux amants.

« Très bien Ofelia. Mais je vous retrouverais après le mariage. C'est une promesse, un engagement. »

Pour mieux l'appuyer ce contrat, Sigmund retira de la poche de son gilet une montre à gousset. Rutilante il la déposa auprès de Ofelia.

« Je ne sais pas si vous en avez déjà vu. Cela n'existe probablement pas en Scandinavie. Les gens l'appellent la montre des aimés. Elle permet de savoir où se trouve les êtres qui nous sont chers. C'est mon bien le plus précieux. Je vous la confie. Vous me la rendrez quand nous nous retrouverons. »

C'était tout ce qu'il avait trouvé de mieux pour sceller le pacte. L'Allemand referma sa valise, l'empoignant avant de passer la porte. D'accorder un ultime sourire aussi bien à Ofelia qu'au chat noir qui se prélassait sur la couche. Il souffla un « au revoir » certain de retrouver la Scandinave avant de s'éclipser, ombre fugitive, de retrouver la rue et de lancer, aux enfants attroupés, la balle perdue qu'il avait pris soin de ramasser en partant.

Ce ne fut que dans l'ombre fraîche d'une chambre d'hôtel que Sigmund discerna le dernier présent du chat noir. Trois estafilades ensanglantées marbrant son bras, écarlates sur sa peau blanche de roux.


Le couronnement avait été fastueux, un déluge envoûté auréolé d'épices, de soieries, de danses exotiques et tant de traditions auxquels Sigmund ne comprenait pas même un fragment. Il écoutait, hochait la tête plus par politesse que par véritable compréhension, se retrouva, promptement, enseveli de denrées qui menaçait de l'engloutir tant on le resservait. Il avait seulement pu tendre son cadeau au roi de la fête, au Shah de Perse, apercevoir un sourire fugitif sur le visage de celui qui fut Atêsh avant d'être Shah en la mémoire de l'Allemand, avant d'être entraîné au sein des invités privilégiés. Et de grignoter les mets débordant des assiettes, de goûter aux boissons, alcools forts, pour ne pas vexer.

Par à coups Sigmund percevait un cri de surprise, de douleur, apercevait une main ébouillantée qu'on apaisait par une eau fraîche, une blessure à qui on appliquait un baume. La plus grande des frayeurs fut causée par la robe d'une danseuse qui avait pris feu – qui se résuma à une grande frayeur, quelques contusions, mais aucun grand blessé à déplorer. Dans chacun de ses imprévus Sigmund y voyait la patte d'un chat noir. Néanmoins la foule était bien trop dense, même au sein du rang des invités privilégiés, pour qu'il puisse discerner Ofelia. Et il aurait été trop craint que, à sa vue, la Scandinave ne lui fasse comprendre qu'il venait là de rompre sa promesse.

Une djinn se rapprocha de Sigmund s'asseyant auprès de lui sur les coussins répandus. Œillade et démarche souple de félin, sa parure avait les atours du paon. L'Allemand aurait été bien en peine de définir à quelle tribu elle appartenait, si elle était de la famille du couronné du jour. Elle l'inspecta, de bas en haut, ses longs cils ombrageant ses yeux noirs.

« Vous êtes bénis par le feu. » asséna-t-elle en posant un index sur le front de l'Allemand.

Sa peau était aussi fraîche que de l'eau de source, sa voix était un flot chuchotant. Sigmund eut un froncement de sourcils, ne sachant sur quel pied danser. La femme rit, sa main tapota celle de l'Européen.

« Ne soyez pas si crispé. Simplement je le sens... ce qui se trame en vous. »
« Et que se trame-t-il ? » lança Sigmund, mettant au défi cette inconnue.
« Vous changez de nature. Votre humanité entre en conflit avec une identité plus... primaire. Vous avez subi une expérience magique qui vous a laissé des séquelles. »
« Je n'en garde pas tellement de souvenirs. »
« Quel que soit cette expérience, son héritage est entre vos mains. Acceptez-la et tout ira pour le mieux. »
« Est-ce si facile ? »
« La magie ne demande qu'à être acceptée. Repoussez-la, dénigrez-la, et elle se révoltera contre vous. Ce que les humains définissent comme malédiction à leur encontre, ils la nourrissent eux-même de leurs propres ressentiments. »

La djinn avait braqué son regard en disant cela, fixant quelqu'un, quelque chose, quelque part dans la foule qui demeura invisible aux yeux de Sigmund. Lorsqu'il se retourna vers son interlocutrice elle avait déjà disparu, ne laissant que l'empreinte de son fessier dans le coussin, et l'écho de ses paroles tournant, encore et encore, dans l'esprit de Sigmund.


Cela lui brûlait comme du fer rouge pendant la nuit, lui picotait les doigts et la langue. Sigmund se retourna, plus d'une fois, dans la couche qu'on avait réussi à lui dégoter au palais. Les mots de la djinn l'entourèrent d'une brume apaisante. La magie ne demande qu'à être acceptée. Alors il l'accepta. Il lui ouvrit les bras la laissant surgir sur sa peau en langues de feu, en étincelles vives qui, apaisées, ne lui causèrent plus aucun mal. Et ne firent plus qu'un avec lui.


Ce ne fut que trois jours après le couronnement (ou était-ce cinq ? Le couronnement en lui-même semblait avoir duré près d'une semaine) que Sigmund se rendit compte qu'il n'avait donné nul lieu de rendez-vous à Ofelia. Il s'en frappa le front de désespoir, s'insultant de tous les mots. Il ne pouvait que compter sur la dextérité, et une quelconque capacité magique de la part de la Scandinave, pour qu'elle puisse le retrouver lui. Par défaut l'Allemand avait décidé de jouer les pieds de grue à proximité de la boutique où il avait rencontré la jeune femme pour la première fois. Avec de la chance, la sorcière penserait comme lui.

Sigmund ne pouvait que espérer.

Ses doigts vinrent caresser sa chevelure qui s'agitait, désormais, par elle-même. Un amas incandescent, des flammes en perpétuel mouvement se mêlant à une chevelure autrefois humaine. Au moins ne ressentirait-il plus le froid, aidé qu'il était de cette transformation. De cette hybridation qui ne devait guère passer inaperçue même au sein d'un pays aussi magique que la Perse. Au moins les gens se focaliseraient moins sur l’œil gauche, à jamais aveugle.


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Ofelia Ay
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Mar 9 Mai - 20:31


Découvertes exotiques

with Sigmund



Pour le bien du commun, Ofelia s’était refusée à demeurer trop longtemps au couronnement perse, se contentant, avec la simplicité qui lui était habituelle, de déposer son cadeau, accompagné d’un simple mot, sur une pile en attente des attentions des serviteurs. S’empêchant ainsi d’accéder à Atêsh et de lui remettre en main propre tant le bijou que le foulard, il ne fut qu’une esquisse à travers la foule, ne se donnant pas même la peine de la chercher des yeux, sans doute bien trop préoccupé par les festivités pour penser une nouvelle fois à celle qui lui devait tant.

Son histoire d’orpheline ne retiendrait de lui que cela. Un vol en tapis après un persistant parfum de fleurs. Un bijou à polir et la sûreté, désormais, qu’il ne la reverrait plus. Mais l’Adieu inconsommé de leur relation se trouva loin de ses pensées car, inconsciente de cette odieuse finalité qu’on lui obligeait à vivre, Ofelia se fascinait de faire tournoyer la montre à gousset.

Parfois, elle l’ouvrait seulement pour y lire les noms, tenter de savoir, parmi eux tous, quels étaient ceux de sa famille et ceux de ses amis. Ceux qui lui étaient le plus chers, ceux pour qui ils pouvaient mourir. Son doigt passait sur la vitre, et tout en polissant le miroir, elle prenait soin de la nettoyer, de la ranger dans une boite hermétique, de la protéger des intentions du chat.

La montre ainsi survécut. Et Ofelia, après des jours de cérémonie, rejoignit plus par instinct que par malice la devanture de la boutique. Se disant, par l’intelligence la plus naturelle et la mieux-fondée, que Sigmund avait dû y penser pour ne pas avoir à lui donner un autre endroit où la rejoindre. Que c’était bien pour cela qu’il ne lui avait pas donné plus de précisions.

Ce jour-là, sa robe noire brodée d’étoiles renvoyait des éclats lumineux, comme des appels. Et tandis qu’encombrée de sa valise, le visage couvert d’une légère voilette et un chapeau posé sur ses cheveux, elle s’avançait tranquille vers l’allemand, son sourire aimable quoiqu’inquiet se fit brusquement surpris.

« Sigmund… » Chuchota-t-elle, aussi effarée que fascinée. Les yeux boueux extasiés sur les flammes formant sa chevelure.

Ce fut presque si elle ne tendit pas la main pour les lui toucher mais craignant de se brûler, et le voyant aussi calme et serein que Lazare revenu à la vie, se contenta de s’incliner face à lui, en une révérence digne d’une servante à son prince.

« Vous semblez heureux. J’aime à vous voir ainsi. » Et posant sa valise à terre, elle défit la première accroche à son corsage, la seconde à sa taille et pris dans sa poche la fameuse montre à gousset.

« J’ai veillé sur elle chaque jour comme vous l’avez fait pour moi… je crois par ailleurs qu’elle m’a rassuré quant à votre présence à mes côtés lors de ce voyage. » Leur vol étant indiqué pour 11h, ils avaient encore trois heures pour rejoindre le pont principal, presque à l’autre bout de la ville.

La malchance ferait certainement en sorte de les retarder. Mais Ofelia ne s’en souciait plus. Et le chat noir ne se profila pas entre leurs jambes, tant l’assurance de la jeune sorcière et son manque de conscience volontaire quant aux risques encourus par Sigmund se faisaient prégnants.

Il était là, c’était tout ce qui comptait.

« Vous m’avez manqué. »
Indiqua-t-elle d’une voix sage et non tremblante, son sourire apparaissant à nouveau à son visage. L’illuminant à peine.





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Sam 13 Mai - 23:59
« Oh. Vous n'êtes pas trop étonnée parce ce qui m'est arrivé ? » s'écria l'Allemand avec un rire amusé se sentant, inexplicablement comment, rassuré que la sorcière ne la dévisagea pas comme une curiosité. L'acceptant, tout entier, dans son être entier et son incongruité. Mais elle avait du en voir des manifestations magiques en son pays nordique, des altérations de la Nature, et jouer, quotidiennement, en compagnie du petit peuple comme d'autres vont caresser le poil dru de leur chien.

La main de Sigmund se tendit pour recueillir la montre à gousset, souriant obligeamment à Ofelia. Elle n'avait rien omis, elle avait conservé l'objet tout près d'elle en un recoin intime où nulle main bien éduquée n'aurait pu se faufiler.

« Elle est comme neuve. Vous me l'avez chouchouté. »

Le sourire demeurait tapie au coin des lèvres de l'Allemand. Il se sentait plus épanoui depuis sa transformation, comme si on avait ouvert une porte en lui et qu'en surgissait une part de lui, jusque là, oblitérée. Les doigts se refermèrent sur la montre tandis que le grand échalas se pliait pour que le visage de la Scandinave soit à son nouveau.

« Vous m'avez manqué aussi. J'avoue que je souhaitais vous voir à cette fête. Mais cela aurait gâché nos retrouvailles. »

La montre fut glissée dans la poche de son gilet. Son manteau, il l'avait glissé, bien plié, au sein de sa valise. Il lui semblait que la chaleur ne le gênait plus autant qu'auparavant – probablement le fait de son sang échauffé par les flammes qui, désormais, le baignaient. Se redressant Sigmund tendit la main à Ofelia l'invitant aussi bien à le suivre qu'à glisser sa main dans la sienne, ou son bras, comme deux amis marchant côte à côte et pouvant se permettre une telle familiarité. Si jamais la demoiselle refusait, l'homme n'en prendrait pas ombrage, se contentant d'avancer à ses côtés, pas à pas.

« Le temps n'attends pas, allons tout droit au port. Je crois en plus qu'il nous faudra traverser un marché. Nous pourrons toujours y faire des achats. Je suis très curieux de visiter le Canada. Hormis qu'ils y ont érigé un commerce propre aux fées, je sais qu'ils ont des plats typiques et très goûteux. Comme la... poutine et le... sirop d'érable... et les pancakes. Je suis très curieux d'y toucher. »

Sigmund veillait à ralentir sa cadence, ne pas se laisser emporter par ses grandes enjambées. La cité bruissait de sa propre vie, les badauds leur jetaient un coup d’œil avant de reprendre leurs habitudes. Le marché se profila avec ses parfums entêtants, ses breloques scintillant au soleil. Les langues se déliaient, les cris alternaient avec les appels des clients. Sigmund ralentit à l'approche d'un stand promettant des portes-bonheurs, chacun érigés pour une prière particulière. Réussite en amour, succès au travail, adoucir les relations avec autrui... Sigmund se figea devant, ses yeux détaillant les offres, les poils de ses bras s'hérissant en sentant la magie qui en ressortait, sa chevelure se tortillant comme une flamme agitée par le vent.

« Et si nous en prenions chacun un pour assurer les beaux auspices pour notre voyage ? » demanda Sigmund à Ofelia, certain qu'il tenait là une bonne idée.


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Ofelia Ay
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Dim 21 Mai - 13:23


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with Sigmund



Le rire de Sigmund trouva un écho au sien et inexplicablement heureuse, Ofelia eut presque le geste de venir toucher sa joue pour mieux le rassurer, expliquant avec plus de douceur :

« Pensez-vous, des années à vivre en Scandinavie, entourée de la magie la plus pure et des merveilles de mon très cher père… Ces flammes vous épanouissent et vous êtes… radieux comme le soleil ! » Aussi chaud et paisible que lui et tandis que l’allemand lui avouait la réciprocité de ce manque, Ofelia se piqua à rougir légèrement, attrapant son bras en offrande, soudain muette de ne savoir quoi répliquer pour expliciter son trouble.

Il lui avait manqué et de son côté Sigmund avait voulu la chercher. Parmi la foule, leurs regards s’étaient entrecroisés sans jamais se cueillir et cela était aussi ravissant, terrifiant que décevant. Fort heureusement pour ses émotions infantiles, le roux ne tarda pas à changer de sujet, bifurquant adroitement sur le Canada, la faisant opiner du chef avec un rien d’enthousiasme.

« La poutine oui ! On m’en a parlé. Je regrette presque de ne pas y être montée plus tôt mais avec mon séjour à Emerald et ma propre quête… Voilà maintenant que l’occasion s’y présente et je suis enchantée de continuer cette route avec vous. Et avec vos flammes ! Les fées sauront vous aider à maîtriser cette magie élémentaire qui fait partie de votre vie et de mon côté… Si vous me permettez… » La valise tanguait au bout de son bras, comme pareillement optimiste. « Je pourrais vous apprendre quelques sorts. Après cela n’a rien de… très sorcier. »

Ofelia ne s’essayait jamais aux blagues. Timide et réservée, elle laissait l’humour aux grandes dames charismatiques et libres qu’elle croisait parfois sur son chemin, se contentant de les envier pour leur naturel, leurs mentons relevés et leur chance indiscutable.

Mais sa chance, elle la tenait au bout de son poignet, sous la forme de ce jeune un peu maladroit et pourtant bel et bien sincère. Aussi le chat noir en sursauta et lui évitant la griffure d’un incident, la laissa un peu en paix.

Tristement, Ofelia ne le remarqua pas.

Et ne se rappela à son mauvais souvenir que lorsque leurs pas conjoints les menèrent face au stand du marchand et que la magie, piquée à son épiderme, vint fourmiller de crainte. Les fioles de chance. Voilà ce que le chat détestait par-dessus tout, se rappela-t-elle posément et craintive, la machoire à peine plus serrée, ce fut presque si elle fit reculer Sigmund.

« L’orgueil d’un certain félidé pourrait nous causer bien du tort pendant la traversée… J’aimerais éviter de le fâcher. » Chuchota-t-elle en s’épargnant le regard surprit du vendeur, peut-être déçu de Sigmund. « Mais les talismans… » Réussite en amour, succès au travail, honnêteté en amitié… Ce fut vers ce dernier qu’elle tendit ses doigts, effleurant la prière avant de se détourner vers ceux réservés à l’estime de soi.

Etre aimé. Le pendentif fut cueilli avec soin, aussitôt payé au marchand et évitant les flammes, Ofelia vint le lui attacher autour du cou. Soufflant tout bas.

« Pour ce que vous m’apportez… vous méritez bien le bonheur ultime de vous savoir toujours choyée et apprécié. » Son regard boueux se mit à luire. Presque larmoyant. « Voilà mon cadeau. »





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Mer 24 Mai - 0:08
Sigmund en avait oublié le chat noir, et sans les paroles d'Ofelia il l'aurait ignoré. À son évocation l'Allemand eut le réflexe de jeter un regard aux alentours. Il eut un bref sursaut en croyant en deviner avec le pelage, avant de se rassurer lorsque le poil se fit chevelure entraperçue entre deux pièces de tissus. Dans un soupir rassuré Sigmund se pencha pour aider Ofelia à glisser le pendentif autour de son cou. La pierre glissa contre sa chemise, effleurant le tissu. Sigmund y porta les doigts, sentant une magie bénéfique. Peut-être un don ou une quelconque prière glissée là.

« Mais moi qu'est-ce que je peux vous offrir comme cadeau qui vous préservera des griffes du chat ? » demanda l'Allemand avec ferveur voulant, véritablement, sortir cette demoiselle de l'emprise de cette ombre féline. « Pas de charmes, cela je l'ai bien compris. Le chat se sentirait alors menacé. Alors quoi ? Une tenue ? Mais cela risquerait de cacher, dans ses plis, une aiguille. Comme dans cette boutique où nous nous sommes rencontrés. Est-ce qu'un fruit c'est possible ? Si je n'y touche pas, que je ne le croque pas, je ne tente pas le risque de m'étouffer avec une graine. »

Sigmund avançait au sein des stands tout en parlant, tentant de discerner les limites de la malédiction qui s'attachait à Ofelia, pas à pas. Jusqu'ici il avait su résister aux assauts du chat, non sans l'aide de sa victime et maîtresse, toute à la fois. L'Allemand devait veiller à ne pas trop tirer sur la queue du félidé, faire en sorte que l'être magique s'habitua à sa présence et l'accepte, du moins un peu.

Sans demander l'accord à la sorcière, Sigmund braqua vers un stand proposant une multitude de fruits. Payant la vendeuse, la laissant ouvrir le fruit désiré, l'Allemand tendit à Ofelia la grenade écartelée, ses graines rougeoyantes dans le suc écarlate.

« Vous connaissez peut-être déjà. Mais goûtez ! C'est un cadeau éphémère mais je me rattraperais au Canada. Je me fais fort d'apprendre leurs recettes et de cuisiner leurs pancakes comme jamais. Puis cela me manque de cuisiner pour quelqu'un. Ça donne une toute autre saveur aux plats lorsqu'ils sont adressés à une personne. »

La grenade reposait dans sa main en coupe avec la figure, austère et dérangeante, d'un organe ensanglanté. Le jus lui empoissait les doigts et Sigmund ne laissa pourtant filtrer aucune grimace, aucune gêne. Il continuait à deviser aux côtés de Ofelia, tentant de s'extirper des allés de ce Ventre de Téhéran, les épices lui montant au nez, la brise agitant ses cheveux en une figure d'oriflamme.

Parmi les tentures servant de toits aux petits commerces du souk se dessina la coque rebondie d'un navire volant. Sigmund tendit un index en cette direction, le visage illuminé d'un sourire découvrant ses dents.

« Nous y sommes ! Nous n'avons rien perdu en route ? » Du doigt Sigmund désigna, tour à tour, sa propre valise et celle de Ofelia. « Pas de train à vapeur échappé ? Il faut croire que le chat est apaisé. Bien, allons... »

Plein d'entrain Sigmund avait posé un pied hors du souk, s'extirpant des voiles et du safran pour entrer de plein pied au sein d'une grande avenue. Avenue aussi encombrée qu'un jour de remises dans un grand magasin. Encombré entre autre par un Oiseau Tonnerre qui pilla net à la vue de Sigmund se retrouvant pratiquement sous ses pattes. Les flammes chevelues léchèrent le plumage de l'oiseau en une myriade d'étincelles.


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Ofelia Ay
La jeune fille qui portait malheur
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Mer 31 Mai - 19:54


Découvertes exotiques

with Sigmund



Mais le chat ne serait jamais apaisé. Forme brute de magie, il ne répondait à aucun sentiment humain autre que celui pour lequel la malédiction l’avait désigné. L’Acceptation ne viendrait pas sans heurts et à chaque cœur s’attendrissant sur le sort de la maudite, le chat se devait de faire ses griffes. De tailler, de couper jusqu’à attendre le rejet. Aussi, fixant de son aura le visage souriant d’Ofelia, attendit-il patiemment, dans son antre, dans le creux de son cœur et de son esprit, miaulant à chaque pensée piquée comme si son cerveau n’était qu’une pelote de laine et le doute autant d’aiguilles, échauffée par le tison de sa propre amertume. Et tandis que, penchée, la petite s’affairait à goûter le fruit, s’ébaudissant de son goût comme rougissant de la possibilité que, peut-être, là-bas au Canada, eux deux trouveraient un foyer, le chat se mit à guetter.

L’opportunité ne se présenta qu’à la grande avenue, sous la forme d’un oiseau tonnerre. Il s’était tenu tranquille, il lui avait épargné les bousculades, les injures, les quiproquo, les blessures. Il était donc désormais temps de se rattraper et de ne pas lui faire oublier les risques que tous encourraient à la côtoyer. Comme il y a longtemps, au souvenir en miroir d’une fée, d’une modeste servante, enfermée dans un château, attendant que son prince ne se décide, avant de se retrouver figée par la chasse, par les rires, par les insultes sur sa condition et le désaveu d’un regard évitant le sien, presque honteux de l’avoir aimé elle.

Cela arriverait encore, cela arriverait toujours car ni la fée, ni l’enfant, ne croyaient en l’Acceptation. Et symbole même de ce rejet, présence même de ce refus, le chat continuerait d’aller et venir, de se frotter à sa jambe à l’en faire trébucher et commanderait ainsi sa solitude en miaulant de plaisir.

C’était tout ce qu’elle méritait, cette enfant qui n’était pas la sienne. Il n’avait qu’à mieux choisir, après tout, son père.

« Sigmund ! Attention ! » Cria Ofelia quand les flammes léchèrent le ventre de l’animal. Et qu’oubliant tout beaux projets, la bouche encore pleine du sucre de la grenade, elle étendit les mains pour le repousser hors du poitrail de ce qui semblait un griffon. Mais l’animal gigantesque émit un cri perçant, comme attaqué.

Et écartant brusquement ses ailes, fit surgir de ses plumages les premières frictions d’un foudroyant orage. Tous, sur son passage, s’écartèrent en hurlant, dans une panique générale qui ne calma pas sa friction. Alors tandis que son propriétaire tentait de revenir vers lui, bras écartés pour mieux essayer de le calmer, la foudre frappa.

Emportant avec elle une boutique de l’avenue et deux passants égarés essayant de s’y protéger. L’odeur de chair carbonisée empli aussitôt l’air et le tonnerre roula comme la cavalcade d’un millier de chevaux. Bousculée, Ofelia tomba au sol à y être piétinée par la fuite des passants. Et le griffon poussa un cri, le plumage en feu, le bec ouvert, le regard fou.

Un nouvel éclair creusa un trou dans le sol, heureusement sans victime. Un autre accrocha la tringle d’un séchoir accrochée entre deux fenêtres et mit le feu aux vêtements qui y étaient suspendus. Un troisième manqua de frapper Sigmund et trouvant enfin la source de son malheur, le Griffon eut presque un feulement. L'eau s'abattant sur eux, presque à les emporter. Asséchant les flammes et paniquée, Ofelia tenta de se frayer un chemin dans la bousculade. Risquant ainsi d'être écrasée.

Son corps se jeta pourtant aux côtés de l'allemand et agrippant ses épaules, le visage levé vers l'animal qui fonçait à nouveau sur eux, Ofelia se mit à hurler.



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Ven 9 Juin - 11:52
Il allait mourir.

Ce fut son intime conviction à la vue de l'oiseau-tonnerre qui ruait, debout sur ses pattes arrières, ses griffes le menaçant de le déchirer tandis que les éclairs fusaient. Le tonnerre roulait, l'électricité emplissait l'air de ses éclats et de son odeur. Un capharnaüm sauvage envahissait le souk. Hurlements de peur, terreurs enfouies se révélant au grand jour, et au sein de ces cris des objets se brisaient, l'agonie des brûlés transformait le souk en un champ de bataille. Trop effaré pour comprendre, lapin pris au piège de la lueur des phares, l'Allemand n'avait eu que le réflexe de porter ses bras au-dessus de sa tête. Sa valise s'était ouverte à ses pieds, éparpillant ses biens.

Ce fut la présence de Ofelia qui lui rendit l'énergie de bouger, d'agir. Mais que pouvait-il faire face à un oiseau-tonnerre ? Il n'était qu'un homme, un hybride de feu, un être risible face à une manifestation pleine et entière d'une force de la Nature. Autant tenir tête à un troll scandinave.

Enserrant Ofelia dans ses bras, Sigmund se jeta à terre tandis que l'oiseau-tonnerre bondissait à sa rencontre. Une griffe déchira son dos – vêtement et chair – tandis que d'une main l'Allemand l'avait posé sur le crâne de Ofelia pour que la sorcière ne se retrouva pas la tête explosée sur le macadam à l'image d'une grenade trop mûre. Le gryphon hurlait sa rage, fourrageait de ses pattes le sable et la poussière.

Elle luit alors sous l’œil de l'Allemand, comme une invite faite à son encontre. Relâchant Ofelia, lui disant de lui faire confiance, Sigmund la saisit – flasque au contenu étincelant, ni liquide ni vapeur, intangible mais dont la brillance rappelait les décorations d'une fête de décembre. Tendant le bras, l'Allemand agita la potion devant l'oiseau-tonnerre. Intrigué l'oiseau pencha la tête sur le côté, pupilles arrondies. Son bec s'ouvrit lâchant un petit cri.

« Oui, oui tu vas la voir... Attention... Prêt ? »

Énième cri qui sonna comme une approbation. Sigmund tendit le bras en arrière et lança la fiole, aussi haut qu'il pouvait. L'oiseau-tonnerre tendit le cou, suivant la parabole. Un éclair fusa de ses ailes entrouvertes, frappant la fiole d'un coup sec et rapide, un coup de fouet électrique. La fiole explosa lâchant, sous les yeux écarquillés des badauds encore en vie, encore présents, des flocons de neige. Une myriade de flocons cotonneux qui, sur la peau, laissaient échapper la caresse du froid. Un bout d'hiver au sein d'un pays qui n'en avait jamais vu.

« Alors ça te plaît ? »

Sigmund avait avancé d'un pas vers le griffon demeurant les bras écartés, voulant montrer à l'oiseau qu'il ne lui voulait pas de mal. Il perçut le maître du griffon s'exclamer avec surprise, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Tout comme son protégé qui, tel un enfant, tentait de gober les flocons. Sigmund se tourna vers Ofelia, lui tendant la main pour l'aider à se relever.

« Je crois... que ça va mieux. »

Son œil valide quêtait, néanmoins, la présence du chat noir. L'Allemand n'était pas dupe – le félidé avait été pour beaucoup dans cette aventure.

Spoiler:
 


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