Mars 06. Découvertes exotiques

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Ofelia Klaus
La jeune fille qui portait malheur
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Jan / Louie

Dim 16 Juil - 18:07


Découvertes exotiques

with Sigmund



Ils allaient mourir. Ensemble, enlacés l’un à l’autre comme deux amants au Vésuve et le cri que lança Ofelia, la tête blottit contre le torse de Sigmund, les mains attachées à son corps de feu et de fièvre, fut pour son père. Oh Nikolas. Partir finalement n’avait pas été une si bonne idée et la simple pensée de ne plus avoir la possibilité de revoir son cher protecteur lui brisa le coeur. L’homme attendrait éternellement de ses nouvelles en Scandinavie, avant de comprendre. Et elle serait une décoration de plus sur le vieux sapin de noël poussant à l’arrière de l’orphelinat.

Mais comme un baiser de glace, comme une pensée de fée, ce fut Nikolas qui lui répondit. Un hasard, une merveille, une chance poussée par la volonté de Sigmund de vouloir la protéger sans l’accusé et son envie, à elle, de revoir une dernière fois les somptueuses lueurs de Noël. La valise d’Ofelia s’ouvrit dans un craquement, déversant grimoire et flacons au sol. Les boules roulèrent dans un choeur de tintements presque cristallins, attirant l’attention de l’allemand.

En quelques secondes de bravoure et d’intelligence, tout fut finit. Et dans l’air brûlant des chairs carbonisées et des dernières étincelles de panique de l’oiseau tonnerre, la neige tomba.

Emerveillée, Ofelia se redressa en époussetant sa robe, aussi incrédule que soufflée par la brillance même de son compagnon de route. Le chat noir, méfiant, disparut dans les limbes de sa propre existence, ne pouvant faire le poids face à la bouffée d’émotions pures enflant au sein de la poitrine de celle qui n’était déjà plus une enfant.

Le regard désolé erra sur les morts et sur le chaos venant emplir la rue. Et tandis que l’oiseau tonnerre, cueillant la neige, se vit récupéré par son propriétaire, Ofelia vint se blottir dans le dos de Sigmund. Cherchant à murmurer sa culpabilité, cherchant à s’excuser pour l’énième fois et renonçant même à parler, les larmes acides lui piquant les coins des yeux, le visage olivâtre de cendre.

Quand enfin la boule se décoinça de sa gorge, elle hoqueta contre sa peau, sentant le sang couler le long de sa plaie dorsale, peinée de cette fracture et à la fois heureuse de le savoir vivant.

„Vous êtes un héros…“
Murmura-t-elle doucement, presque péniblement. „Je n’ai pas les mots pour vous exprimer ma gratitude. Vous avez sauvé de nombreuses vies aujourd’hui, tandis que moi…“ Elle en avait condamné cinq par sa propre existence et déjà les lamentations éplorées des proches purent se faire entendre dans la rue.

Un homme cria d’abattre l’oiseau. Le propriétaire rétorqua aussitôt, dans sa langue, pointant le couple formé par Sigmund et Ofelia. Si le ton était celui de la panique soulagée, si son propos était d’expliquer que l’homme venait de l’apaiser, la démonstration ne les aidait en rien. Certains témoins l’avaient vu se glisser sous le ventre de la bête, avec ses flammes. Les regards se plissèrent. L’alerte fut donnée.

Ofelia compris.

„Partons avant qu’ils nous arrêtent…“ La voix blanche, elle l’étreignit, à nouveau, sans force pour ne pas le blesser plus. „Ramassons nos affaires et partons avant qu’ils ne referment le cercle.“

Rapidement elle tomba à genoux, refermant les deux valises après avoir ramassé son grimoire en priorité, délaissant les objets les plus lointains que l’amas commença déjà à piétiner.

L’oiseau tonnerre tendit à nouveau sa tête vers eux, faisant refluer certains hommes trop proches, dans un nouveau vent de panique. Et ce fut cette brise dont Ofelia profita, attrapant la main de Sigmund pour l’entraîner dans les rues adjacentes, le pas rapide.

Sans se rendre compte même de l’aventure dans laquelle elle l’entraînait désormais consciemment. Sans penser un seul instant à lui dire de la fuir.

Ils étaient deux désormais.
Ils étaient deux, pour combien de temps ? Seul l’avenir leur dirait.





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