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 Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille

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Glinda, la sorcière du Sud
Hildegarde Müller
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MessageSujet: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Mar 8 Nov - 22:21
« En Scandinavie les sorciers poussent comme des champignons. » lui avait assuré Oskar lors de l'une de ces discussions par miroir magique. Il avait le regard brillant, les doigts fébriles qu'il agitait pour mieux souligner ses propos. Il était un gosse qui venait de découvrir le pays de Cocagne. « Ils ont même créé une école pour enseigner la magie. On dit que les Scandinaves sont barbares mais en matière de magie ce sont des pionniers. » La discussion avait beau remonter à des années elle demeurait de première actualité. La Scandinave faisait parti de ces terres où la magie rayonnait plus fort qu'un phare. Hildegarde avait fini par se décider à s'y rendre. En ces terres où la magie coulait aussi impétueusement que le Danube, l'Austro-Hongroise espérait trouver une âme capable de rejoindre la Loge. Et, qui sait, rencontrer ce fameux Klaus dont la baronne et la petite Ofelia avaient dit tant de bien, se portant garantes de sa plus complète innocence.

La femme avait veillé à retirer le plus petit accessoire technologique qu'elle pouvait porter sur elle – même cette montre qui permet de voir où se trouve les proches qui nous tiennent à cœur. Elle ne voulait pas risquer d'être rapatriée à la frontière à cause d'une bagatelle qui aurait fini dans une de ses poches. Naviguant en navire volant jusqu'au nord de l'Allemagne, Hildegarde finit la traversée sur le pont d'un bateau bien plus classique jusqu'à atteindre les abords de l'empire scandinave.

Mettant pied à terre, engoncée dans sa robe de voyage, Hildegarde observa les environs avec la mine typique d'une Occidentale découvrant une contrée exotique. Ses yeux ne se détournèrent pas alors que des hommes, plus hauts qu'une armoire de grand-mère, arboraient leurs tatouages tribaux sur des peaux burinées par le soleil. Son regard ne cilla pas à la vue des femmes aux longues tresses qui se mouvaient au sein de leurs comparses masculins avec des aplombs de reine, une dague frappant leur flanc. Hildegarde observait, découvrait les yeux grands ouverts une culture qui lui était inconnue. Ses doigts triturèrent le chaînon qui retenait le pendentif magique acheté avant son voyage – un traducteur. Objet fort pratique qui lui permit de comprendre ce qui se disait autour d'elle.

La valise tirant sur son bras, l'Austro-Hongroise alla quérir quelques informations auprès de la première gargote venue – une taverne suintant l'ambroisie à plein nez. On lui accorda tout ce qu'elle demandait, répondant à ses interrogations tout en lui fourrant, entre les mains, une sorte de chausson fourré à la viande. Payant malgré tout par principe, Hildegarde sourit en comprenant pourquoi son frère aîné avait tant apprécié ces contrées. Il régnait en ces terres une hospitalité qui manquait dans bien d'autres pays.

Suivant les indications qu'on lui avait donné, Hildegarde sortit du bourg sillonnant le chemin, veillant à ne pas sortir au-delà des limites. Entre ses dents le friand s'émiettait, répandant sa douce chaleur. La neige crissait sous ses pieds, encore tenace en cette période de l'année. Le cri des corbeaux l'alerta en premier. On l'avait prévenu « L'est du corbeau l' chaman. Vous entendrez ses oiseaux avant d' le voir. » Hildegarde n'aurait su les dénombrer. De multiples yeux, ronds comme des billes, l'observaient depuis leur perchoir – suspendus dans les branches des arbres environnants de cette forêt qui l'avait englouti sans prévenir. Les ailes, multiples, brassaient l'air. Les croassements l'encerclaient annonçant sa venue.

Hildegarde pencha sa tête en arrière, appelant avec toute la force de sa voix, tentant de percer ceux des corbeaux.

« Chaman Andreas Ström ! Je viens pour vous voir. Je suis Hildegarde Müller. Je suis sorcière... comme vous. Je voudrais vous parler... Je voudrais rencontrer un collègue en magie. »

Elle espérait que la traducteur avait su remplir son office et que sa voix était parvenu jusqu'à l'homme. Se cachait-il sous l'apparence d'un de ces corbeaux ?



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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Lun 12 Déc - 15:41
Ils sont nombreux aujourd'hui. Le nez levé vers le ciel et les lèvres légèrement gercées par le froid encore tenace malgré le mois d'avril bien entamé, tu observes le ballet gracieux des corbeaux, qui tout autour de toi croassent et exigent ce que tu te refuses à leur donner. "Vous seriez gras si j'écoutais mon coeur." avais-tu murmuré à la fin de ce rude hiver, et si tu pensais que tes frères comprendraient au bout de quelques jours, voilà qu'ils sont toujours là, plus nombreux chaque jours, à tourner autour de toi et espérer que généreux comme tu es, tu cèdes pour eux. Il glisse d'entre tes lèvres un discret soupir, alors que dans un tintement délicieux, dû au carillon que tu portes avec toi, tu te remets en marche, t'enfonçant un peu plus dans la forêt pour retrouver l'épaisse et solide tente que tu as dressé en ton campement du moment. Tu pourrais résider au bourg, au milieu de ceux qui ont tant besoin de ton aide, mais par crainte des voix que tu penses avoir entendu il y a quelques semaines, tu préfères t'exiler et vivre au milieu de tes frères… Eux qui le moment venu, seront plus à même de contacter le grand esprit qui sous son aile t'a pris.

La neige craque doucement sous ton pas léger, se mêlant étrangement bien aux jacassements des corbeaux qui ne cessent de te suivre, et au tintement de se carillon que tu portes, dans l'idée un peu étrange d'ainsi plaire aux esprits qui pourraient régner dans les sous-bois. Et quelle idée, n'est-ce pas ? Le jeune couple à qui tu as réclamé cette petite chose n'ont pas compris. Ils étaient deux à te regarder et deux à s'interroger. Eux pensaient te céder un peu d'argent, mais non. "C'est la clochette que je veux." avais-tu insisté d'une voix fatiguée. Tu pensais, et tu crois même, qu'elle est en mesure de repousser et d'apaiser les forces capricieuses qui pourraient avoir envie de t'attaquer. Tu ne te doutes pas de l'incohérence, voir de la stupidité de se raisonnement, mais ne voulant pas te contrarier, eux t'ont cédés la clochette et le reste de l'Univers se désintéresse des croyances idiotes qui peuvent te rassurer. Le monde ne s'intéresse pas vraiment à tes superstitions farfelues et la seule personne qui pourrait s'en soucier ne te donne, pour l'instant, pas la moindre nouvelle.

D'un battement de cils, tu tentes de te souvenir de cette dernière lettre que tu as reçu, de cette missive, qui si sagement conservée contre ton coeur a été lu et relu jusqu'à en abimer le papier, est la dernière que tu aies trouvé dans les serres d'un oiseau. Et depuis… Depuis tu guettes les cieux, dans l'espoir de voir tomber du ciel, une des missives de l'homme que tu aimes tant. Mais rien ne vient. De l'Allemagne tu ne perçois que le silence et des esprits que tu consultes, des réponses qui n'ont aucun sens. "Nous ne savons pas mais nous pourrions savoir." "Il est là sans l'être. Bien sans le savoir. Mal parce qu'il sait." Il glisse d'entre tes lèvres une volute de buée, un soupir, un regret, puis ta simple respiration alors que tu cesses ta marche, laissant ton regard se perdre sur les arbres que tu trouves soudainement bien agités. Tes sourcils se froncent alors que les corbeaux s'agitent, non par pour réclamer un peu grain, mais plus parce que quelque chose, ou du moins quelqu'un approche. Tes doigts se referment un peu plus sur ton bâton de marche, tandis que le vent discret vient lentement déranger les plumes de ton manteau. Ta peau te picote légèrement et enfin, au loin tu entends cette voix, à l'accent étrange pourtant familier, qui t'appelle et réclame ta présence. Tu hausses un sourcil, vaguement amusé par cette demande, tandis que vient se poser sur ton épaule, un corbeau. L'oiseau attrape entre son bec une mèche de tes cheveux avant de se blottir dans ton cou, t'arrachant de ce fait, un léger sourire.

"Serais-tu curieux ?"

Tu le penses. Tu considères le Grand Corbeau être joueur et apprécier qu'on le demande. Et toi, en étant son protégé, tu le représente d'une certaine façon. Tu es l'homme qu'il apprécie et qu'il protège. Celui qui aimé de ses enfants, marche parmi les mortels. Après une légère caresse que tu donnes à l'oiseau sur ton épaule, tu te mets en route, suivant les indications de tes frères. Tu ne sais pas combien de temps il te faut pour rejoindre celle qui désire tant te rencontrer… Mais quand enfin tu te présentes à elle, c'est dans une nuée de corbeaux que tu apparais. Eux qui volent tout autour de toi et font se soulever gracieusement neige et plumes pour t'envelopper d'une aura qui fait doucement frémir ton échine osseuse. D'un air doux tu l'accueilles et d'un geste de la main, tu dissipes le nuage d'oiseaux sombres, t'offrant ainsi pleinement à la vue de l'étrangère. Bien rapidement, et discrètement, tu la détailles avant de desserrer les lèvres et d'avoir pour elle autant un sourire que du miel dans la voix.

"C'est un bien long voyage que tu as fait pour me trouver, Hildegarde Müller. Je me sens honoré d'avoir attiré l'attention d'une sorcière venu d'un pays bien lointain… Que puis-je faire pour toi ?"

Ça te ressemble bien, d'offrir tes services à ceux qui viennent à toi. Tu n'es pas le genre à poser des questions ou à te demander ce qui a pu la pousser à venir. Tout ce que tu veux savoir en cet instant, c'est ce que tu peux faire ou non pour elle.
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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Dim 18 Déc - 18:56
Hildegarde n'aurait su quantifier le temps qu'elle demeura ainsi, sa valise à la main, encerclée par les bois et les corbeaux qui croassaient, tantôt en sa direction, tantôt en ce qu'elle supposait être un dialogue. La bourgeoise finit par lâcher sa valise, la laissant tomber à ses pieds tout en enfouissant ses mains dans les poches de son manteau. Le froid lui picotait la peau, rosissait ses joues. Lorsque la horde de corbeaux surgit d'entre les branches, emplissant l'air du battement de leurs ailes, Hildegarde eut un geste de recul interloqué. Un homme surgit de l'entrelacement de branches et de plumes. Pendant quelques instants, le temps que l'homme s’extraie de sa délégation, Hildegarde crut qu'un hybride-corbeau lui faisait face. Avant de constater qu'il semblait aussi humain qu'elle.

Hildegarde tiqua sur le tutoiement outrageusement familier avant de se rappeler de ses discussions passées avec son aîné. Les Scandinaves ne s'encombraient pas de formules ampoulées et d'une politesse hypocrite. Ils parlaient en toute franchise, quitte à perturber leurs interlocuteurs. Puis l'homme demeurait poli et courtois malgré tout. L'Austro-Hongroise esquissa une révérence, basculant son buste en avant avant de se redresser.

« C'est moi qui suis ravie de vous rencontrer Andreas Ström. L'explication de ma venue jusqu'en ces contrées pourrait s'avérer longue. Mais je me dois de vous toucher quelques mots avant d'oser vous demander un siège et une boisson chaude. » Sans quoi elle allait geler sur place, elle le sentait. « Voyez-vous avec d'autres sorcières nous avons commencé à former une Loge. En soit nous avons décidé d'aider nos semblables en réunissant nos compétences. Notre but est de préserver la sorcellerie, qu'elle quel soit, et d'aider ceux et celles qui n'ont pas la chance de vivre dans une contrée autorisant leur existence. »

Hildegarde préféra ne mentionner aucun pays clairement, comme si en prononcer le nom provoquerait un désastre supplémentaire sur les sorcières vivant en ces terres désolées. Un picotement naquit au sein du nez de l'Austro-Hongroise qui tenta de l'ignorer, se concentrant sur les paroles qu'elle adressait à son interlocuteur.

« Nous ne sommes encore que peu et j'ai profité d'un congé pour tenter de trouver de nouvelles recrues. Évidemment si vous n'êtes pas intéressé je... Atcha ! »

Le picotement avait eu raison d'elle, se muant en un éternuement qui résonna au sein de la forêt devenue quasi silencieuse. Hildegarde eut une moue contrite, se forçant à sourire pour dissiper la gêne provoquée par l'incident.

« Comme vous le voyez, le froid ne me réussit pas. »



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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Mer 15 Fév - 11:05
Il se pose sur ton épaule un corbeau, qui tel un compagnon un peu envahissant reste et refuse de faire comme les autres et de retourner sur les branches gelées des sapins, préférant à la place enfoncer ses serres dans ton lourd manteau et glisser son bec dans les longues mèches de tes cheveux. Tu esquisses un sourire pour la créature qui ne vient pas réellement chercher ton attention mais plus les graines que tu pourrais avoir dans le creux de tes paumes, l'oubliant bien rapidement pour te concentrer à nouveau sur la sorcière qui te fait face et qui après une rapide révérence qui te fait hausser un sourcil et esquisser un début de rire, te fait enfin part des raisons qui l'ont poussés à venir te chercher en ce lieu reculé. Bien campé sur tes appuis et l'air un peu fier, tu bois ses paroles et commences à te poser bien des questions à propos de ces autres sorcières et sorciers qui dans d'autres pays usent d'une magie qui est sûrement bien différente de la tienne. En cet instant, alors que l'étrangère grelotte au milieu de la neige, tu entrouvres les lèvres, essayant de l'interrompre pour lui dire que peu importe le sujet de votre discussion, vous pourriez être au chaud pour parler de ça autour d'une infusion bien chaude. Mais voilà, la jeune femme est bavarde et toi, tu respectes la parole d'autrui et ainsi, tu l'observes grelotter et éternuer en te disant que tout ceci pourrait être évité si au lieu de s'encombrer de manières et de politesse elle te demandait simplement si il est possible de venir jusque dans ta tente. Un léger courant d'air fait tinter le carillon que tu portes désormais et est la seule chose qui rompt le silence provoqué par son éternuement sonore. Le corbeau sur ton épaule continue de jouer avec une mèche de tes cheveux et après un frémissement discret, tu lèves le nez vers le ciel, humant presque l'air avant de déclare d'une voix sereine.

"Le froid est clément pour ceux qui ont l'habitude de le supporter."

Tu plisses les yeux avant de poser à nouveau ton regard dans les prunelles de la jeune femme.

"Il y a une croyance qui dit chez nous que la forêt n'est pas sourde et qu'il n'est jamais bon de murmurer ses secrets sous le couvert des arbres… J'ai une tente installée à quelques lieues d'ici… Pourquoi ne pas y aller ? J'aurais des couvertures à mettre sur tes épaules et un thé chaud à glisser entre tes doigts gelés, Hildegarde. Suis-moi."

Tu lui glisses un sourire charmant et sans chasser ton frère sur ton épaule, tu lui tournes le dos, reprenant ainsi ta marche, sans vraiment regarder par-dessus ton épaule pour vérifier que la jeune femme te suive ou non. Tu lui fais confiance ou du moins, tu sais qu'elle viendra. Tu te doutes qu'elle n'a pas fait tout ce chemin pour rien et que la promesse d'un peu de chaleur et de confort la poussera à suivre tes pas et à s'enfoncer en ta compagnie dans les bois. Autour de vous dansent les corbeaux dans les cieux, croassant des chants qui sont pour toi des fables qu'ils racontent à ce grand esprit qui veille pour toi. Amusé, un sourire se glisse sur tes lèvres gercées et à ton tour, tu fredonnes un air qui est accompagné du tintement discret de la clochette que tu gardes non loin de ton coeur.

Au bout d'une bonne dizaine de minutes de marche, tu arrives enfin devant ta tente et en écarte un pan, te glissant à l'intérieur de cet amoncellement de fourrures et de couvertures en laine épaisse, et dont il se dégage une puissante odeur d'aiguilles de pins et d'autres herbes médicinales. Tu déposes au sol ton bâton de marche et fait glisser le long de tes épaules ton manteau tandis que tu commences déjà à faire chauffer un peu d'eau dans les braises qui constituent la braséro central de ta demeure. Ainsi, quand Hildegarde pénètre dans ta tente qui tient plus de la yourte, tu es là, assis en tailleur et à lui faire face, une tasse de thé tendu vers elle et un sourire aux lèvres.

"Installe-toi." dis-tu, "Nous avons à parler."

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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Ven 17 Fév - 22:49
Hildegarde suivit Andreas, pas à pas, ses bottines s'enfonçant dans la croûte neigeuse en un bruit crissant. C'était comme suivre un ami au sein des bois, mener un jeu dans un lieu inconnu. Inquiétant et grisant à la fois. Lorsque la sorcière entra dans la tente la chaleur l'enveloppa comme une immense couverture, lui coupant le souffle l'espace de quelques instants. Le froid dégoulina d'elle, fondit comme neige au soleil. Le sang se remit à bouillir dans ses veines, lui picotant les doigts. Hildegarde s'assit sur le sol de la tente, tentant de se trouver une place au sein des fourrures amoncelées. Ses jambes se rangèrent sous ses fesses tandis que ses doigts, encore engourdis par le froid, déboutonnaient le manteau de voyage. Libéré de ce vêtement devenu encombrant au sein de la tente surchauffée, Hildegarde s'en dégagea telle un papillon de sa chrysalide. Et se saisit de la tasse de thé.

« Merci. »

Soufflant sur la boisson, la vapeur lui chatouillant le visage, l'Austro-Hongroise but une gorgée. Puis deux. Elle fit rouler le breuvage sur sa langue, tentant d'en percevoir les subtilités, les plantes utilisées.

« Bergamote ? Hm, non. Je pencherais pour du tilleul. J'utilise moi-même des plantes mais je n'ai eu que, rarement, l'occasion d'user de celles poussant en Scandinavie. »

Calant la tasse dans ses mains se refermant en coupe autour d'elles, Hildegarde eut une brève inclinaison de la tête.

« Je vous remercie de m'avoir accueilli chez vous. Ainsi donc vous êtes chaman ? C'est là une sorcellerie dont je n'ai entendu parler que par bouche à oreille et par quelques récits sur le sujet. Pourriez-vous m'en dire davantage ? C'est que, je suis toujours très curieuse de découvrir de nouvelles manières d'approcher la magie. »

Et par petites touches, telle une toile impressionniste, à deviser de magie, la Loge reviendrait sur le devant de la scène.



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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Dim 19 Fév - 14:49
Tu souris doucement en la voyant ainsi abandonner ses vêtements sur les fourrures de ta tente, ne pouvant t'empêcher en cet instant de la comparer à un oignon que l'on pourrait peler avant de le découper et de le faire revenir dans un peu de graisse. Tu te retiens de lui faire part de cette image peut flatteuse qui pourrait l'agacer à juste raison et ainsi, tu préfères simplement lui glisser entre les doigts une tasse de thé, attendant qu'elle se réchauffe un peu avant de répondre à ses questions. Car si tu te doutes que comme tout les curieux qui voyagent pour s'instruire, elle aimerait que tu lui délivres tout tes secrets en quelques minutes, voir heures, tu es de ton côté plus réticent à lui parler d'un enseignement qu'il t'a fallut apprendre et perfectionné au fil des années que tu as passé en compagnie de ton mentor, aujourd'hui sûrement occupé à entraîner un autre jeune sorcier. Il se glisse sur tes lèvres un léger sourire quand assez justement, elle parvient à identifier certains des ingrédients qui composent le subtile mélange de l'infusion qui réchauffe la tasse en terre cuite qu'elle tient entre ses doigts.

"Impressionnant... J'avais peur qu'avec les aiguilles de sapin et les baies aigres que la douceur du tilleul se perde..." Avec une douce touche de miel dans la voix, tu entreprends alors de te servir une tasse à ton tour, venant du bout des lèvres souffler sur le breuvage chaud dont tu viens ensuite siroter avec prudence une gorgée. Sur ta langue tu fais rouler les arômes subtiles des plantes et une fois satisfait de ton infusion, c'est sur tes lèvres que tu passes fugacement ta langue, nettoyant celles-ci d'éventuelles perles de thé qui pourraient avoir la fâcheuse idée de rouler le long de ton menton mal rasé. A sa légère courbette, tu l'imites, plus amusé par ses manières que par les remerciements dont elle t'inonde.

"Je t'en prie, cette tente est un refuge pour les égarés et ceux qui ont besoin d'aide. Tu voulais fuir le froid et te voilà avec des fourrures sous les doigts. Tu voulais des réponses sur une magie que tu ne connais et comprends sûrement pas... Et me voilà." dis-tu sans une once d'arrogance ou de prétention. Les doigts sagement entrelacés autour de ta tasse, tu te permets un moment de contemplation, où perdu dans tes pensées, tu observes simplement les volutes de fumées qui sous tes prunelles un peu ternes dansent paresseusement, embaumant au passage la tente. Il glisse sur ta peau un léger frisson alors que tu reviens dans le monde des conscients, relevant quelque peu le regard pour le plonger dans celui de l'étrangère, lui adressant un léger sourire que tu espères être doux et prévenant.

"Je ne sais pas où commencer, ni même par quoi..." Tu soupires doucement, déposant la tasse à tes côtés tandis que d'un geste nerveux, tu viens attraper entre tes doigts le carillon que tu portais jusque-là autour du cou, effleurant ensuite plus tendrement l'amulette d'Albrecht. Tu prends le temps de réfléchir à tes prochains mots et finalement, après de longues secondes d'hésitation, tu finis par trouver quelque chose. "Disons que je passe bien du temps à nourrir des corbeaux et à manger des plantes qui me permettent de contacter les grands esprits de ce monde, tout en vivant comme un ermite au milieu de la forêt. Une vraie vie de château." Tu esquisses un léger sourire, parfaitement conscient qu'en plus de ne pas totalement répondre à ses questions, tu dois lui donner l'impression de te moquer d'elle. "Je ne sais comment t'expliquer le fonctionnement de ma magie... Hildegarde. Je ne peux entrer dans les détails et t'en dévoiler tout les secrets... Je ne peux que te dire que j'aide ceux qui viennent à moi." Tu détournes le regard, les doigts toujours refermés autour de l'amulette de ton tendre. "Je suis... Protégé ? Oui c'est le terme, par un grand esprit de ce monde... Et j'en appelle à lui pour m'aider à soigner ceux qui viennent jusqu'à moi." Un léger sourire se dessine sur tes lèvres fines. "Je ne dirais pas que je suis le guérisseur de ceux qui ne peuvent avoir accès à un médecin... Mais c'est un peu ça." Du bout des doigts tu saisis à nouveau la tasse que tu portes alors tes lèvres, sirotant de ce fait un peu de thé. "Je ne peux t'en dire plus, Hildegarde. Mes secrets doivent rester miens et ne sachant pas ce que tu pourrais en faire... Je dois me méfier." Elle est la mère de toutes les prudences, t'avait un jour dit le Grand Corbeau.

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Hildegarde Müller
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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Sam 25 Fév - 20:47
C'était donc cela la saveur mentholée qui avait imprégné ses papilles. Du sapin. Hildegarde dut brider l'envie qui lui étreignait les entrailles – celle d'aller quérir quelques aiguilles, les infuser, mener sur elles plus d'une expérience afin d'en extraire les moindres propriétés. Le souvenir du froid la rappela à l'ordre, accompagné de celui de la politesse, des règles qui l'avaient forgés depuis sa plus tendre enfance. Hildegarde demeura donc sur son assise, écoutant poliment le chaman ne se permettant, comme unique geste, que de porter la tasse à ses lèvres.

Il était prudent. C'était une qualité à noter, à relever. Il avait une attitude de réserve, funambule hésitant à basculer d'un côté ou de l'autre. De celle de la confession ou du silence. Hildegarde ne lui en tenait pas cure. Bien au contraire. S'ouvrir et tout dévoiler aurait été maladroit, aurait prouvé un manque total de prudence. Après tout seule la parole de Hildegarde la désignait comme sorcière. Elle n'avait dévoilé aucune preuve.

Posant la tasse à ses pieds, à défaut de discerner un semblant de table, Hildegarde posa ses mains sur le haut de sa robe. Décrocha la broche qui s'y tenait, discrète mais bien présente. Un fil invisible se tendit alors qu'elle laissait la broche se poser dans le creux de sa main qu'elle tendit à la rencontre de Andreas. La perle roula sur sa peau, prisonnière de l'entrave qui la liait au bijou.

« Mon artefact. » souffla Hildegarde sur le ton de la confession. « Je l'ai choisi parmi tant d'autres, au sein de l'escarcelle maternelle. Elle m'avait plu et ma mère m'a aidé à lier ma magie au sein de ce petit objet. » Si petit, si fragile, facile à briser. « Si je vous montre cette broche, Andreas, c'est pour instaurer davantage de confiance entre nous. »

Les doigts de Hildegarde se courbèrent vers le bas, la broche glissant doucement sur cette pente.

« Vous pouvez la toucher. Ma sorcellerie utilise des plantes, comme vous, mais dans un tout autre cadre. Je crée des potions, des infusions. De quoi changer la couleur d'une peau pendant quelque temps. De quoi se soigner des effets indésirables d'un poison. » La voix de Hildegarde se fit plus tendue, baissa de deux octaves. « Je crée moi-même des poisons aussi. Pour faire souffrir, enlaidir les gens... les tuer. Tuer la vie en eux qu'ils souhaitent ôter de leurs corps. »

Le silence se fit perceptible au sein de la tente, chape de plomb menaçant de les écraser. Hildegarde s'humecta les lèvres, attendit de connaître le jugement de cet homme. Jusqu'à aujourd'hui elle n'avait confié les secrets de son art qu'à une poignée de personnes. Son époux, Ginger Wealth... Même au sabbat des sorcières elle n'avait pas confié ce secret, pour ne pas heurter la sensibilité de l'apprentie scandinave, la jeune Ofelia Ay. Pour ne pas lire la déception dans ses yeux.



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MessageSujet: Re: Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille   Dim 26 Fév - 11:36
Il glisse sur ton échine un étrange frisson, proche d'un frémissement tandis qu'un léger silence s'installe entre vous et que légèrement méfiant, tu observes désormais l'étrangère dépose à ses pieds la tasse qui jusque-là réchauffait le bout de ses doigts. Doucement, tu souffles sur le breuvage que tu portes à tes lèvres et hausse alors un sourcil quand tu la vois détacher du haut de sa robe une broche qui jusque-là avait à peine attiré ton attention. À ton tour, et dans un geste lent, tu laisses ta tasse retrouver les fourrures sur lesquelles tu es assis, posant tes prunelles inquiètes sur cette objet que tu comprends être important à ses yeux avant même qu'elle ne commence à t'expliquer. Curieux, tu te penches un peu vers son bijou, admirant la fragile perle prisonnière de cet ensemble d'or et de pierres précieuses. L'envie de l'effleurer du bout de tes doigts te saisit un instant, mais alors que l'étrangère commence à t'expliquer la vraie valeur de ce bijou, tu te recules presque, portant instinctivement ta main autour de l'amulette en forme de loup, et surtout du morceau d'hématite qui te permet d'appeler à toi les grands esprits de ce monde. Du regard tu observes la broche et quand elle te propose de la toucher, tu hésites, tendant ton autre main avec méfiance, effleurant avec méfiance l'objet pourtant doux et inoffensif au toucher. "Si fragile. Si simple à perdre et à pleurer.", penses-tu avec un pointe de regret. Ton maître disait que tu avais de la chance que ta magie passe par une telle pierre qui était commune en ce pays… Il t'avait dit de pleurer ceux qui se laissaient envoûter par le charme d'objets uniques qu'il était simple de perdre et encore plus aisé de regretter. Mais alors que tu retires tes doigts de cette petite merveille d'orfèvrerie, tu suspends ton geste face à ses aveux. Vers elle tu lèves ton regard et les lèvres entrouvertes, tu ne peux au début n'inspirer que très légèrement, soudain plus qu'anxieux à l'idée d'avoir un être tel qu'elle sous ta tente, et en ce que tu considère être ton sanctuaire.

"Un émissaire du Long Silence.", penses-tu avec crainte. "Elle vient. Elle finit toujours par venir. Et mon heure n'a pourtant pas encore sonné." La tête te tourne et au loin, tu entends plus d'un de tes frères croasser et battre des ailes furieusement, répondant sûrement à la peur qui dans tes veines commence à couler. Tu te recules et pose ta main libre sur ton bâton de marche tandis que s'ancre dans ses prunelles les tiennes. "C'est une sorcière, comme moi…" tentes-tu de te raisonner tandis que le silence entre vous s'installe et fait sa place entre vous. "Je peux moi-même maudire ceux qui pourraient tenter de me faire du mal… Et pourtant, je ne porte pas la mort dans les foyers. Je pourrais… Mais je ne le fais pas. Malgré… Malgré lui." Difficilement tu déglutis et après une longe expiration, tu finis par lâcher ton bâton et simplement entrouvrir les lèvres pour elle.

"Je me bats contre ce genre de poison. C'est le but de ma magie et la raison même de mon existence." dis-tu simplement tandis que tu reprends ta tasse, buvant une longue gorgée de thé pour tenter de faire taire tes tremblements. "Je me bats contre des poisons que l'on crée, qui existent déjà et même contre ceux que l'on ne peut combattre." Tu tentes de soupirer et de calmer les battements affolés de ton coeur, craignant que cela puisse t'affaiblir et faire revenir les voix. "Je suis un guérisseur et même si je pourrais blesser et tuer… Je ne le fais…. Mais pardonne-moi, je dois donner l'impression de te juger…" Tu te détends un peu tandis qu'au loin, tu entends un corbeau t'appeler. "Ce que tu fais de ta magie n'appartient qu'à toi et je suis sûr que tu as tes raisons de faire ça, et bien d'autres pour me faire un tel aveux. Si c'est ma confiance que tu voulais, je pense qu'à la place tu as obtenu mon désir de savoir ce qui t'amène réellement ici et qui te pousse à ainsi te dévoiler à un homme dont tu ne sais absolument rien." L'air semble se faire plus lourd autour de vous tandis que le silence se fait dans la forêt aux alentours et que ta voix, elle, devient grave, changeant presque du tout au tout. "Mais méfie-toi, j'ai l'air faible mais je peux être un adversaire que tu regretteras d'avoir provoqué."
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Avril 06. L'on ne doit pas confondre corbeau et corneille

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