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 Janvier 6. Odyssée culturelle

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Glinda, la sorcière du Sud
Hildegarde Müller
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MessageSujet: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 27 Nov - 18:06

La mission assignée à Hildegarde Müller par les Pères Fondateurs de Emerald avait le mérite de la pousser à se changer les idées. La nouvelle année lui rappelait que cela faisait deux ans qu'elle était veuve. Son mari avait trouvé la mort alors que la cité volante était victime d'un acte terroriste. Piétiné à mort par les habitants qu'il avait voulu aider, son corps avait été méconnaissable, outrageusement mutilé. La vision avait déclenché une fausse couche chez l'Austro-Hongroise qui, en une journée, perdit mari et enfant. Un gouffre duquel elle avait pu sortir avec l'aide de Elphaba, quitte à se prendre plus d'un sarcasme pour retrouver cette volonté qui la caractérisait si bien.

Elle se jeta dans sa mission pour mieux tourner la page, reprendre complètement pied. Connue par la cité volante aussi bien par la popularité du Grand Magasin de feu son époux que pour ses fêtes mondaines, Hildegarde avait été choisie pour sa popularité sans faille et ses origines qui permettraient de mieux échanger avec l'Autriche-Hongrie. Un échange culturel avait été amorcé, depuis novembre de l'an 4, entre les deux contrées. Hildegarde avait, elle même, pu voir les artistes envoyés par l'Autriche-Hongrie dont Emmerich Rosenberg qui l'accompagnerait durant sa mission.

Durant leur voyage en navire volant jusqu'aux terres austro-hongroises la bourgeoise n'avait eu de cesse de questionner le jeune homme, heureuse de retrouver un autre habitant de cet empire. Arrivés sur les terres austro-hongroises ils devraient entrer en contact avec un pilote qui se chargerait du reste de leur épopée, nul autre qu'un voyage dans plusieurs villes de l'empire afin de récupérer quelques biens culturels tout en offrant des œuvres du même acabit de la part de Emerald.

« Ah ce que c'est bon de retourner chez soi. » souffla Hildegarde en posant pied au sol, s'extasiant devant toute cette foule bigarrée. « Où devons-nous déjà retrouver ce bon monsieur, Herr Rosenberg ? »

Emmerich avait beau être plus jeune, Hildegarde semblait être la plus surexcitée du duo et la moins mature. L'homme ouvrit son carnet, annonçant d'un ton poli.

« Au café Sacher, Frau. »

Glissant son bras sous celui de son comparse, Hildegarde avança aux côtés de Emmerich toute guillerette, ses sombres pensées envolées. Respirer cet air lui rappelait son auguste jeunesse sur le sol austro-hongrois. Le carillon tinta lorsqu'ils poussèrent la porte de la boutique où exhalait la fragrance forte du café. Expliquant la raison de leur venue à l'employé à l'accueil, Emmerich guida l'Austro-Hongroise jusqu'à une table occupée par un homme.

« Herr Genmann ? Enchanté. Nous sommes les envoyés de Emerald que vous êtes chargés d'escorter. »
« Oh que de rigueur Herr Rosenberg ! » se moqua Hildegarde. Se glissant hors du bras de son cavalier, dans un mouvement presque reptilien, Hildegarde se positionna devant Leonhardt. « Enchantée Herr ! Vous êtes le premier pilote que je fréquente. Vous devez être flatté de participer à une telle entreprise. Oh, ne niez pas. J'en suis certaine ! Bien. Nous devons nous rendre au Musée Nouveau de Budapest. L'enjeu est important voyez-vous ! »

Hildegarde avait levé un index sentencieux en l'air pour mieux appuyer l'importance de sa mission. Index qu'elle baissa pour le poser sur sa lèvre inférieure.

« Mais je suppose que nous avons le temps pour un petit café. Un café viennois. Ah rien ne les égale, n'est-ce pas, messieurs ? » Et de continuer, palabrant toute seule. « Et le strudel. On ne peut boire un café sans une part de strudel. C'est décidé. » affirma-t-elle sans demander leur avis aux intéressés. « Je paye les consommations. »

Et de s'asseoir, avec l'aplomb d'une reine, à la table de Leonhardt.



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Dernière édition par Hildegarde Müller le Dim 27 Nov - 21:34, édité 1 fois
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Leonhardt Genmann
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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 27 Nov - 20:24
Leonhardt tira sur sa cigarette et expira une bouffée de fumée.
Cela ne faisait que deux mois qu'il était en Autriche-Hongrie, à Vienne plus précisément, et malgré les événements exaltants vécus avec Mary le mois dernier, il s'ennuyait à en mourir. Trop d'art et d'artistes, dans ce pays. Déjà qu'il ne s'y intéressait pas à l'origine, à présent il ne pouvait plus les voir en peinture.
Hin, assez ironique comme expression.
C'était donc pour cette raison qu'il avait choisi de faire de ce travail le dernier avant de partir pour de meilleurs horizons. Quant à sa destination... et bien, il irait là où le vent le porterait. Sauf si sa soufflait en direction de la Roumanie ou de l'Allemagne, ces pays-là, il les avait assez vus...
L'androïde lâcha un soupir et jeta un œil à l'horloge du café. Ces lieux suintant la bourgeoisie dans le moindre de leurs recoins l'agaçaient au plus haut point et il n'avait qu'une hâte : partir d'ici pour rejoindre son cockpit! Et puis les autres clients le regardaient un peu de travers, sans doute à cause de sa tenue de pilote, et certains chuchotaient même des remarques désobligeantes. Baah, au moins le café était bon, et ses passagers ne tarderaient plus à arriver. Mais pour lui donner rendez-vous dans un tel endroit, ils devraient être eux aussi des bourgeois... Urgh, ils avaient intérêt à pas lui casser les pieds où il leur ferait connaître la pleine mesure de ce que l'on appelle communément "le mal de l'air".

Leonhardt allait fusiller un couple de clients du regard quand le carillon à l'entrée résonna dans la boutique et qu'une jeune femme accompagnée d'un homme firent leur entrée. Le duo croisa alors son regard et se dirigea vers lui, la fille en abordant un large et pimpant sourire, et le pilote devina qu'il s'agissait de ses clients.
Hin, trop de bonne humeur tue la bonne humeur... songea-t-il en arquant un sourcil alors qu'ils se plantaient devant lui.

- Herr Genmann ? Enchantés. Nous sommes les envoyés de Emerald que vous êtes chargé d'escorter, se présenta l'homme.

Leonhardt exhala de la fumée et serra la main de ses clients avec un air neutre et nonchalant.

- Leonhardt Genmann. Z'êtes m'sieur Rosenberg et mamzelle Müller? demanda-t-il sans grande sympathie.

La jeune femme enchaîna directement avec un monologue enjoué qui inscrivit peu à peu la marque de l'agacement sur le visage émacié de l'androïde. Les gens dynamiques étaient certes plus appréciables que les personnes amorphes, mais Leonhardt appréhendait de devoir voyager en telle compagnie sur des kilomètres et des kilomètres. Il finirait sans doute par en avoir plus qu'assez et mettre en place la fonction "siège éjectable à ressort" dont il avait un jour eu l'idée. Et puis, comment ça, "il devait se sentir flatté"? Elle se prenait pour qui celle-là?! Décidément, les demoiselles austro-hongroises ne manquaient pas d'air... Cependant, elle avait cité les mots "enjeu" et "important". Et pour Leonhardt qui aimait les défis, ça lui apportait au moins le minimum syndical en termes de motivation, même s'il devrait supporter cette tornade tout le voyage. D'autant plus que leur destination n'était rien de moins que la fameuse Emerald! Même s'il ne l'avouerait sans doute jamais à voix haute, Leonhardt avait toujours rêvé de se rendre un jour à la cité volante. Avec cette destination, le minimum de défi et le salaire en prime, cela faisait de ce travail un trajet sans doute bien plus intéressant que ses derniers boulots... Et puis, la cliente payait le café. Cela la rendait déjà plus supportable.
Continuant de laisser parler la d'moiselle Müller, il contint un soupir et sortit une carte de sa poche, avant de l'étaler sur la table.

- V'là notre plan de vol, déclara-t-il, sa cigarette entre les dents. Nous partons de Vienne dans une heure et demie, et devrions arriver à Emerald trois jours plus tard, peut-être plus tôt si nous ne rencontrons ni problèmes ni perturbations. Notre embarcation est un aéronef de format privé, bien plus petit qu'un dirigeable standard mais plus rapide et plus maniable. Selon la façon dont se déroule le trajet, il est possible que nous ayons à faire une escale aux deux-tiers du chemin, mais je ne pense pas que ça soit nécessaire. Des questions?

Leonhardt avait légèrement plus surveillé son langage que d'ordinaire. Pas qu'il se souciait de la façon dont il serait considéré par ses clients, mais généralement c'était meilleur pour les affaires. Et puis ce ne serait que jusqu'à ce qu'ils soient partis, après ils ne pourraient plus faire demi-tour et ils n'aurait à pas à s'inquiéter du fait que ses passagers décident de changer de pilote.





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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 4 Déc - 19:30
Ne laissant pas son sourire de femme d'affaires quitter ses lèvres, Hildegarde observait le pilote en quelques coups d’œil furtifs tentant déjà de se faire une idée du personnage tout en l'écoutant exposer leur plan de vol. Le regard de la bourgeoise tiqua sur la cigarette allumée s'étonnant que personne, au sein du café, n'ait repris l'homme en lui rappelant qu'on ne fumait pas en présence de dames ou d'enfants. Mais peut-être l'homme avait-il rabroué l'employé poussant chacun à se taire et à subir sans moufter. Attitude typiquement allemande jugea Hildegarde, toute engoncée et auréolée de sa culture austro-hongroise qui considérait le voisin germanique, pourtant si proche physiquement, comme le petit cousin un peu décadent de la famille.

Les parts de strudel et les cafés apportés par le serveur empêchèrent toute remarque de cet acabit. Hildegarde sirota une gorgée, reposant la tasse dans un tintement de porcelaine.

« Vous parlez bien de notre retour à Emerald ? Il n'aura lieu qu'après la fin de notre périple en Autriche-Hongrie. Nous n'allons pas déjà repartir alors que nous venons d'arriver. » Hildegarde sourit d'un air entendu avant de trancher sa part avec sa fourchette. « Il nous faut déjà commencer par Budapest puis nous continuerons dans quelques grandes autres villes. Herr Rosenberg détient la carte. » souligna Hildegarde en jetant un regard à son compagnon de route.

L'homme acquiesça d'un hochement de tête avant d'ouvrir son carnet sur la table, dévoilant une carte de l'empire recouverte d'annotations. Emmerich fit glisser l'objet sur la table, parmi les tasses et assiettes, laissant Leonhardt le consulter à sa guise.

« Et si vous le souhaitez, et contre contribution bien entendu, vous pourriez nous aider à déplacer les œuvres que nous allons échanger. Cela risque de remplir votre aéronef. » Après un temps Hildegarde ajouta comme si elle avait senti un point de tension qu'il fallait dénouer. « Je suis gérante d'un Grand Magasin Herr et mes employés sont toujours payés à la hauteur de leurs tâches. Soyez sans crainte pour votre salaire. »

L'argent n'achetait pas le bonheur mais faisait tourner le monde. Hildegarde avait toujours vécu au sein d'une famille aisée. Mais son père lui avait appris que tout travail méritait son salaire et que rien n'était plus gratifiant que l'argent gagné à la sueur de son front – à l'inverse de celui des nobles reposant sur des siècles de pseudo-mérites dorés et clinquants.

Hildegarde avala un morceau de sa part, soupirant d'aise.

« Le strudel de Vienne est aussi savoureux que dans mes souvenirs. Oh et, Herr Genman, c'est madame Müller. » précisa Hildegarde en montrant la bague glissée à son doigt.

Même si son époux était mort, elle demeurait liée à lui.

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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Lun 12 Déc - 21:06
Ah. Ainsi donc ce travail ne serait pas expédié aussi vite qu'il l'avait crû. Leonhardt retint de justesse un soupir agacé. Il aurait dû mieux lire son contrat, au lieu ne faire que le survoler. Mais bon, un travail restait un travail, et il n'allait pas cracher dessus. D'autant plus qu'il avait un peu dilapidé à Noël pour s'offrir une très bonne bouteille d'alcool qu'il avait consommé en solitaire dans son appartement miteux. Mais cela n'avait pour lui rien de triste, après tout il aimait la solitude.
Du moins, c'est ce dont il s'était convaincu.
Sauf que là pour le coup, il pouvait dire adieu à sa solitude adorée pour un bout de temps. D'autant plus que la cliente lui proposait une charge supplémentaire de boulot. Et allez, encore un qui voulait lui faire faire un job pour lequel il n'avait pas postulé... Ceci étant, la miss payait, et l'argent ça ne se refuse pas.

- Bien, c'est vous qui payez m'dame, c'est vous qui voyez pour l'trajet. Et c'est entendu, je vous filerai un coup de main pour porter votre bord... vos œuvres d'art. Ah, et n'vous inquiétez pas pour la place, la soute devrait faire l'affaire. Je peux voir cette carte? demanda-t-il ensuite avant d'écraser sa cigarette sur sa soucoupe.

Le pilote attendit qu'on lui tende la fameuse carte pour y jeter un œil. C'était effectivement une sacrée course... Mais il pourrait voir du pays, et ça payait bien. Et surtout, il pourrait piloter, et ça c'était encore mieux.
Attrapant nonchalamment un gâteau qui traînait devant lui, il étudia une nouvelle fois ses clients et demanda :

- C'est votre premier vol dans un aéronef privé? Z'allez sans doute avoir froid, surtout en cette période de l'année, alors j'vous conseille de prendre des vêtements chauds. Pendant le boulot je tourne au café serré donc j'ai pas grand-chose d'autre à proposer en boissons, j'espère que ça vous ira. Et pour la nourriture, ce sera principalement du froid. A moins qu'on ne s'arrête faire des feux de camp, mais j'crois pas que ça rentre dans votre planning...

Bien sûr, carburer au café et à la viande séché ne dérangeait pas le moins du monde l'androïde. Après tout cela faisait partie de sa routine depuis plusieurs années à présent, et c'était une des choses qui faisait de ses courses privées des aventures. Des aventures, hein... L'image évanescente de sa jeune sœur Elise apparut alors dans son esprit, et il s'empressa de la chasser.

- Quoi qu'il en soit, j'vous recommande de bien profiter d'ces gâteaux et de vos cafés avant d'prendre la route.

Et sur ces mots il s'enfonça légèrement dans son siège, en prenant bien garde à ne pas trop s'appuyer sur ses ailes rétractées, et croisa les bras. Ce duo de clients ne semblaient de toute évidence pas fait pour les longs voyages, mais qui sait? P'têt bien que cette miss autrichienne en avait plus dans le ventre qu'on ne pourrait le croire...


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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 18 Déc - 18:56
Le programme déployé par le pilote aurait probablement douché les motivations de bon nombre d'individus habités au haut standing et aux voyages de qualité avec pléthore de domestiques à leur service. Pas Hildegarde. La femme releva la tête, un éclat d'émerveillement dans les prunelles, telle une enfant à qui on venait de déclarer qu'elle allait pouvoir aller au parc zoologique. Les mains de l'Austro-Hongroise claquèrent l'une contre l'autre.

« Un aéronef privé ! Je n'ai jamais pu en approcher un. Oh, Herr Rosenberg... » continua-t-elle en se tournant vers son vis-à-vis. « … ce voyage va être d'un prolétarien exquis. »

Emmerich Rosenberg se retint de tout commentaire offrant un sourire poli à la femme. Cette dernière sautillait presque sur son siège, déjà empressée de monter à bord de leur moyen de locomotion.

« Finissons donc rapidement cet encas pour monter à bord de votre navire, Herr Genmann. Votre régime sera le nôtre. Cela ne pourra que faire du bien à mon corps. Je me suis un peu empâtée ces derniers temps. Le sucre c'est d'un délice mais à trop s'y plonger, on en paie les prix. Les courbes c'est d'un gracieux mais point trop d'abus. » disait-elle tout en finissant sa part à grands coups de cuillère à dessert.

Les consommations terminées, Hildegarde et Emmerich emboîtèrent le pas à leur pilote afin qu'il les mène jusqu'au fameux aéronef. L'Austro-Hongroise se tint coi durant tout le trajet, laissant les bagages à Emmerich qui, par chance, n'avait à s'alourdir que de deux valises pour Madame. Hildegarde avait su apprendre à minimiser ses bagages. Néanmoins lorsque la troupe arriva à l'aéronef, la langue de l'Austro-Hongroise se délia, se transformant en un babillage qui semblait n'avoir pas de fin – de même que son souffle.

« Si petit que c'en est presque mignon. Ça vous change des grands navires de croisière. Vous avez songé à une cabine personnelle pour moi, n'est-ce pas ? Une dame n'a pas à se mêler aux hommes, surtout s'ils ne sont pas de sa famille. Vous allez nous faire visiter ? Il me plairait beaucoup de découvrir les entrailles d'un tel engin. Je suis certaine que l'intérieur a le charme d'une garçonnière. »

Les bras enserrant les valises, Emmerich se pencha vers Leonhardt pour lui chuchoter quelques mots.

« Ne soyez point trop sévère avec Frau Müller. C'est une dame très... expressive. »



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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 18 Déc - 21:33
Leonhardt attendit que ses deux clients eurent fini leurs en-cas avant de les conduire à leur moyen de locomotion. C'était, comme il leur avait brièvement décrit, un petit appareil privé sans prétention. Les mains dans les poches et un air passablement renfrogné sur le visage, le pilote s'arrêta devant l'aéronef et croisa les bras avant de se retourner vers Hildegarde et son compagnon. Il apprécia le fait que la p'tite dame ne se soit pas plainte du régime forcé et qu'elle ait eu la décence de ne pas se montrer avec une tonne de bagages.
En voyant l'appareil, cette dernière s'enthousiasma comme une gamine dans un magasin de jouets et exprima son désir de visiter l'engin.
Leonhardt esquissa un sourire carnassier. Hin, une "garçonnière"? Elle serait pas déçue... Emmerich lui glissa un commentaire qu'il n'écouta qu'à moitié, et il enchaîna avec une réponse à l'intention de sa cliente :

- J'espère que vous n'avez rien contre les placards à balais, m'dame Müller... lâcha l'androïde en ouvrant la porte de l'aéronef. J'vous en prie, les dames d'abord...!

Leonhardt laissa passer ses deux clients avant de refermer derrière lui. L'intérieur était... étriqué. Et encore, c'était un euphémisme. Il n'y avait que deux petites cabines dans lesquelles on ne pouvait entrer guère plus qu'une couchette, une table de chevet et quelques valises, et le reste de l'espace était occupé par le cockpit, une sorte de salle de repos, une minuscule salle de bain et la soute. Cette dernière occupait d'ailleurs une bonne partie de l'appareil, en prévision de l'encombrante cargaison qu'elle serait amenée à contenir.

- Vot' cabine est là, m'dame, indiqua le pilote en ouvrant la porte d'une des deux cabines. M'sieur Rosenberg, z'avez qu'à prendre cette cabine, j'dormirais dans l'cockpit, j'ai l'habitude. Si vous voulez avoir plus d'espace, y'a le salon où vous pourrez patienter pendant le voyage. C'est aussi là qu'on prend les repas, notamment. Bon, j'vous laisse vous installer, et dès que vous êtes prêts on décolle!

Leonhardt renoua son écharpe autour de son cou et attrapa son casque de pilote qu'il attacha sur son crâne, tout en se dirigeant vers le cockpit. Il fit glisser ses doigts sur le volant de l'appareil et esquissa un léger sourire.
Haaa, rien de mieux que de tenir ce machin en main et de voler en toute liberté dans le ciel! Enfin, "en toute liberté", c'était vite dit... Mais il n'allait pas se gâcher le plaisir juste parce qu'il avait un trajet imposé. Après tout, ça f'sait partie du métier.
S'asseyant lourdement sur son siège et étendant ses pieds sur le tableau de bord, il s'alluma une autre cigarette et attendit en croisant les bras le signal de ses deux clients.






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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Sam 31 Déc - 1:03
HRP:
 

Le charme prolétarien accueillit Hildegarde dans toute sa crudité, loin de sa version fantasmée comme avait pu le rêver la reine Aurore en fondant, au sein de Versailles, une ferme bucolique toute proprette. La cabine portait fort bien son surnom de placard à balai. Hildegarde étendit ses bras, ses mains touchant les parois de part et d'autre de sa personne. Son index ganté glissa sur la table de chevet, recueillant une fine couche de poussière. Sa bouche se plissa.

« Mmmh. Le service d'entretien laisse à désirer. »

Et elle n'allait pas s'abaisser à passer le balai. Si encore elle avait eu la capacité d'ensorceler les produits ménagers, Hildegarde l'aurait fait sans la moindre hésitation. Emmerich Rosenberg déposa les valises, laissant son aînée prendre ses marques tandis que lui-même faisait connaissance avec son nouveau logis. Avec un soupir Hildegarde finit par ôter ses gants qu'elle laissa choir sur la couchette – grand dieu, elle espéra que les draps étaient propres – et rejoignit l'avant de l'aéronef. L'Austro-Hongroise n'aurait su dire si quoi que ce soit était affiché sur la porte, n'y ayant prêté guère attention. Sous la pression de ses mains, elle céda, dévoilant le cockpit où leur pilote avait pris place.

Le regard de Hildegarde embrassa la pièce toute entière, accrochant les boutons et leviers qui émaillaient le tableau de bord.

« Je serais in-ca-pa-ble de faire voler un tel engin. Je vous promets de ne toucher à rien ! » assura Hildegarde en levant les mains, montrant qu'elles étaient loin de tout bouton rouge ou levier dangereux à manipuler. « Mais laissez-moi regarder ! J'ai toujours voulu voir un homme aux commandes d'un navire. Mais il n'y a que dans les romans que les jeunes filles peuvent entrer dans la cabine du capitaine. »

C'était là un des drames de sa jeunesse. Cela aurait été si grisant de se tenir aux côtés du capitaine d'un navire volant, coiffée de sa casquette.

« Je me ferais petite, promis ! »

L'Austro-Hongroise avait joint ses mains comme une prière.



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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Mar 3 Jan - 20:52
Leonhardt écoutait d'une oreille distraite ses deux clients faire "le tour du domicile", et fronça les sourcils à la remarque de Hildegarde sur la propreté des lieux. Tss, si ça lui plaisait pas, elle n'avait qu'à le faire elle-même le ménage! De toutes façons cet appareil n'était pas à lui mais à la compagnie qui l'employait, donc ce n'était pas sa faute si ce coucou prenait la poussière.
Et puis de toutes façons il n'aimait pas faire le ménage.
Le pilote s'étira et vit du coin de l’œil Hildegarde le rejoindre dans le cockpit.
Ainsi donc la d'moiselle voulait une place dans le poste de pilotage, à côté de lui? Cela impliquait donc qu'il devrait subir ses incessants bavardages pendant tout le trajet?!
Leonhardt soupira et mâchonna sa cigarette, réfléchissant quelques secondes. Puis il finit par céder :

- Tss, C'est d'accord... mais touchez à rien, vu?

Quelque part, avoir pour une fois de la compagnie, ça ne devait pas être si désagréable.
Quoique...
En expirant une bouffée de fumée, il débarrassa un siège prévu pour le co-pilote et laissa sa cliente s'installer en la surveillant d'un regard en coin acéré. Il s'apprêtait à réagir immédiatement dans le cas où elle céderait à la curiosité et toucherait à quelque chose, et se mit à regretter son choix. S'il devait supporter cette tension pendant toute la durée du vol, il finirait par craquer et ça serait agréable ni pour l'un ni pour l'autre.
Ceci étant, m'dame Müller devait être quelqu'un de responsable, aussi décida-t-il de lui accorder un minimum de confiance. Mais alors, le minimum syndical, hein!

- Bon, si vous êtes prêts tous les deux, on décolle, annonça-t-il en prenant le levier en main. Et vous feriez mieux de vous accrocher, l'air de rien ce joujou est rapide...

Et sur ces mots, il enclencha quelques interrupteurs et le moteur du navire volant se mit à vrombir. Le ronronnement du moteur était un son que Leonhardt avait toujours apprécié, cela lui rappelait les machines de son père à l'époque où leur petite famille était encore unie et heureuse. Ce son ne l'avait finalement plus quitté, représentant comme un ami qui dormait en permanence à côté de lui lors de ses vols en solitaire, une compagnie parfaite : taciturne mais bien là. Car même s'il aimait la solitude, il fallait bien avouer que le silence ça pouvait vite devenir pesant.
Remarque, avait le duo qui venait d'embarquer, il aurait le temps de le regretter, le silence...


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Hildegarde Müller
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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Ven 6 Jan - 21:04
Hildegarde prit place sur le siège qu'on lui avait alloué soufflant un «Danke » non feint. La veuve lissa sa jupe, serrant les jambes pour ne pas prendre plus de place que nécessaire. Lorsque le pilote annonça que le départ pouvait être secoué, l'Austro-hongroise posa sa main sur le dossier du siège de Leonhardt. Elle sentit l'aéronef se propulser en avant et son corps suivre le chemin inverse, retenu par sa prise sur le siège à ses côtés. Sans quoi elle aurait roulé tel un baril tout rond.

Au loin Emmerich poussa un cri, son crâne heurtant la structure en fer de sa couche. Lui n'avait pas eu les recommandations nécessaires à la survie dans les airs.

Le rire de Hildegarde rebondit entre les parois du cockpit, amusé comme une jeune fille qui venait d'assister à son premier bal et venait de partager une danse avec le Casanova de la soirée.

« C'est fa-bu-leux ! Vous n'avez jamais songé à inviter une demoiselle à assister à un décollage ? » glissa Hildegarde avec un sourire égrillard. « Plus d'une en aurait le corset qui tombe devant tant de sensations. Le choc, la vibration du moteur... »

C'en ferait presque l'introduction d'un roman sentimental. Le reste de la pensée de Hldegarde se perdit en un pouffement tandis que, sous leurs pieds, le paysage rapetissait, se déployait en un écheveau de couleurs. Après quelques minutes d'hésitation Hildegarde se leva, laissant sa main glisser sur la paroi la plus proche pour s'y raccrocher en cas de perte d'équilibre. Son souffle traça un rond de buée tandis qu'elle se rapprochait de la vitre.

« Il ne faut pas avoir le vertige dites-moi. » La porte du cockpit s'ouvrit, la poussant à se retourner. « Oh Herr Rosenberg, le décollage fut rude pour vous, j'imagine. »

Le concerné acquiesça brièvement, le cheveu défait par sa chute. Sur un signe de Hildegarde il se laissa choir sur le siège qu'elle avait occupé plus tôt. Mains jointes la bourgeoise détaillait le paysage du regard, se laissant parfois à un commentaire sur ce qu'elle voyait pour finir, par s'exclamer, d'une voix haute perchée.

« Nous arrivons ! Regardez : le musée ! »

Tout apprêté de vert et de dorures, le musée dressait sa masse au sein de la cité et de la foule qui grouillait dans ses ruelles, fourmilière gigantesque.




Devise de la loge des sorcières par Ofelia Ay.

La broche lui servant d'artefact.
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L'oiseau Roc
Leonhardt Genmann
✦ Libre pour RP ? : Totalement Libre ! ^^

✦ Double-compte : Hitomi Hoshizora



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Pilote d'aéronefs
✦ Pouvoir: Aucun
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Dim 15 Jan - 22:04
L'appareil décolla sans anicroche et c'est avec satisfaction que Leonhardt le guida dans les cieux. Le rire clair et l'expression enthousiaste, presque enfantine, de sa cliente lui fit froncer les sourcils d'agacement, pourtant il esquissa un léger sourire amusé en remarquant l'expression de la dame. Il comprenait un tel engouement, après tout lui aussi avait ressenti cette explosion d'adrénaline et de joie à ses débuts, et voir Hildegarde agir ainsi lui rappelait ses premiers vols.
Cependant la remarque de sa cliente le tira de ses pensées teintées de nostalgie.

- C'est fa-bu-leux ! Vous n'avez jamais songé à inviter une demoiselle à assister à un décollage ? Plus d'une en aurait le corset qui tombe devant tant de sensations. Le choc, la vibration du moteur...

Inviter une femme? Dans son cockpit? Urgh, non, jamais d'la vie! Et que croyait-elle qu'il allait faire dans son cockpit celle-là? Ces deux sièges perdus entre le verre, l'acier et les constellations d'interrupteurs étaient comme sa base secrète, son petit univers de liberté à lui.
Alors "s'amuser" avec une donzelle en ce territoire sacré ne serait que pur hérésie! Ceci dit, p'têt que...

- 'Voyez m'dame, s'il faut un décollage pour mettre une femme en de bonnes dispositions, ça implique de la renverser pendant le vol. Et j'pense qu'il serait plus indiqué de garder les mains sur les commandes, répliqua-t-il sur un ton neutre.

Sur ces mots il abaissa un levier et stabilisa l'appareil dans le firmament. Au bout de quelques minutes, sa cliente se leva pour admirer le paysage avec de grands yeux émerveillés, faisant remarquer qu'il valait mieux ne pas avoir peur du vide.

- Bah, on n'y fait plus vraiment attention au bout de quelques heures de vol, indiqua le pilote.

Et puis, maintenant qu'il avait ces foutues ailes, il n'avait plus aucune raison d'avoir le vertige. Ces saloperies étaient pour lui une malédiction, mais elles avaient au moins la vertu de ne plus lui faire craindre les hauteurs vertigineuses.
Son deuxième client fit son entrée, et apparemment il avait pris un sale coup lors du décollage. Il n'avait qu'à s'accrocher, c'était pas faute d'avoir prévenu!

La suite du trajet se déroula tranquillement, Mme Müller commenta de temps à autres le panorama et Leonhardt ne l'écouta que d'une oreille distraite.
Finalement, la silhouette caractéristique du musée se détacha en contrebas, et l'androïde amorça la descente de l'appareil, répondant à la remarque de sa cliente par un simple :

- On va atterrir, accrochez-vous bien.

Puis, se tournant vers Emmerich :

- ... Cette fois.

L'aéronef commença à perdre de l'altitude, brisant lentement la magie du vol et ramenant le trio sur le plancher des vaches.



HRP:
 





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MessageSujet: Re: Janvier 6. Odyssée culturelle   Aujourd'hui à 11:45
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Janvier 6. Odyssée culturelle

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