Janvier 6. Odyssée culturelle

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Leonhardt Genmann
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Ven 16 Juin - 17:27
- Attachez-moi.

L'ordre surpris Leonhardt plus que tout ce qu'il avait pu voir ou entendre au cours de ce boulot. Cela étant, même si la réplique de sa cliente pouvait sonner étrangement, le pilote n'avait pas la tête à avoir des pensées déplacées et il comprit quasiment de suite où elle voulait en venir. De toute façons, au vu de leur situation, tous les trois feraient nettement mieux de rester concentrés. Aussi réceptionna-t-il le cordage en arquant un sourcil, mais en obtempérant.

- Un otage, hein, lâcha-t-il d'un ton nonchalant. Vous savez, tel que je connais ce genre d'ordures, même si vous êtes avec nous ils voudront sans doute tâter de la marchandise, si vous voyez c'que j'veux dire...

Toutefois, madame Müller ne semblait pas s'inquiéter de ce genre de risques, car elle fixait déjà le pauvre Emmerich d'un regard scrutateur, Emmerich qui eût droit quelques secondes plus tard à une révision complète de son accoutrement. Leonhardt lui adressa un léger sourire moqueur, sourire qui se dissipa à la remarque de sa cliente.

- Pour vous Herr Genmann... Oh ça devrait aller. Vous êtes déjà parfait dans le rôle!

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là, hein? rétorqua-t-il en grognant, donnant d'autant plus raison à la sorcière. Rah, et puis laissez tombez, on a pas qu'ça à faire!

Hildegarde fourra une sorte de friandise dans sa bouche et ses mains raffinées furent entravées sèchement mais sans douleur. Le pilote remonta ses manches et enfourna une cigarette entre ses dents sans l'allumer.
Le trio était fin prêt.

Leonhardt poussa doucement la lourde trappe et s'assura d'un coup d'oeil que les environs étaient déserts, avant de se hisser par l'ouverture. Il ne se donna pas la peine d'aider Hildegarde à monter, laissant cet honneur à monsieur Rosenberg qui semblait vouloir être partout sauf ici. Une fois que la trappe fut refermée, l'androïde saisit fermement Hildegarde par ses liens et commença à marcher.

La forteresse des pirates était... et bien, comme on pouvait se l'imaginer. Froide, humide, sale et désordonnée. Un peu comme l'appartement de Leonhardt en fait, mais en pire. Et au moins, ledit appartement était calme. Car dans ce repaire de pirates, plus ils avançaient dans les couloirs sordides, plus ils croisaient de ces sales types.
Des sifflements retentissaient lorsque ces ordures apercevaient Hildegarde, mais Leonhardt parvenait à les dissuader d'approcher grâce à l'un de ses fameux regards meurtriers. En passant à côté d'une meurtrière, il aperçut les quais du port aérien. Ils avaient encore du chemin à parcourir, mais ils s'en approchaient peu à peu et jusque là leur progression n'avait rencontré aucune anicroche.

- Allez, on s'bouge, on arrive bientôt, lança le pilote à l'attention de ses deux clients.

Le trio allait accélérer le pas, quand une voix grave et rauque les interpella dans leurs dos.
Serait-ce le début des ennuis...?



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Mar 27 Juin - 21:46
Hildegarde savait maintenant ce que devait ressentir un gibier lorsqu'on le menait au marché pour être abattu, découpé et vendu en tranches. Les regards des pirates la détaillaient, devinaient ses formes sous les larges jupes. Plus d'un rire accueillit son avancée sous la poigne ferme d'Emmerich, le jeune homme demeurant le regard fixé sur le dos de Leonhardt, se retenant de demander réparation à tous ces criminels qui, la bouche édentée, se gaussaient de la scène, pariaient sur les appas cachés de la blonde, égrenaient des cartes de jeux entre leurs mains calleuses.

Une voix rude figea la scène, accrut la tension qui s'était nichée entre les omoplates de Hildegarde. La sorcière se retourna à demi, sa tête pivotant pour discerner l'individu qui venait à eux. Aussi crasseux que ses pairs, la barbe plus hirsute qu'un buisson d'épines, il arborait des lèvres noircies par la chique à tabac.

« Z'êtes les nouvell' recrues du jour ? » Son regard détailla Hildegarde de bas en haut, ses lèvres crachèrent un rire ourlé de salive noire. « Belle pêche les gars ! Si jamais elle rapport' pas de flouz, on pourra toujours la lâcher à Tortuga. »

Hildegarde se redressa mue par un réflexe de défense. Tortuga était connu pour être le vivier à pirates par excellence, une sorte de contrée natale où la lie de l'humanité s'épanouissait avec effervescence. Voyous et ripoux de tout bord se retrouvaient sur ces berges où la loi du plus fort, seule, existait, effaçant tout autre. Sans compter les prostituées, prisonnières de maisons d'abattage où l'on ne comptait pas les clients, où l'hygiène était inexistante... Une mort à petit feu, rongée par la maladie vénérienne.

Il était, bien évidemment, hors de question que Hildegarde se retrouva en cette fange. Néanmoins le doute s'était immiscé, la peur avait blanchi son visage. Ce qui ne rendit leur stratagème plus véridique encore baissant les dernières barrières de cet individu qui les avait accosté.

« L' panier à prisonniers est par là. » leur indiqua-t-il du pouce, un doigt épais à l'ongle incrusté de saleté. « Ou... Faudrait que vous alliez la montrer au cap'tain. Hey que vous lui prouviez vot' valeur. Ça le déridera. Y a eu un sacré foin t' à l'heure à cause d'une attaque subie par nos gars. Vous auriez pas trouvé votre drôlesse dans une épave par hasard ? »

Hildegarde saisit la perche tendue. Ses lèvres tremblotèrent comme si elle retenait des larmes qui risquaient de dégorger hors de ses prunelles. La sorcière feignit un sanglot jouant la carte de la pauvre petite otage craignant pour sa vie, et plus encore pour sa vertu. La femme branla de la tête, feignant l'emprise avec le désespoir.

« Oh seigneur c'est si ignoble... Ils sont morts, tous... J'ai vu la vie leur échapper alors que... que... »

Nouveau sanglot. Emmerich prit le relais, comprenant tacitement le plan.

« Seule survivante. Leur aéronef s'est brisé sur des rochers. Les corps étaient déchiquetés. On a trouvé qu'elle. Un miracle qu'elle soit sans trop de blessures. »
« Vous les avez tués... Oh monstres, monstres... »

La gifle claqua, sèche, sur sa joue qui rougit instantanément. Hildegarde pouvait percevoir distinctement la brûlure. La surprise se la disputa au choc, la faisant taire d'un coup. Le pirate agita un index sous son nez.

« Tes gars avaient qu'à pas répliquer et se coucher gentiment. » Il se tourna vers Emmerich et Leonhardt, plus obligeant. « Je vous accompagne jusqu'au cap'tain ? »
« Arschloch ! »

L'insulte avait fleuri sur les lèvres de la sorcière avec la vivacité d'un réflexe qu'on ne peut réprimer. Se rendant compte que sa langue avait fourché, Hildegarde baissa la tête, serra les dents, attendant le coup qui allait venir.




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Leonhardt Genmann
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Sam 1 Juil - 16:51
A vrai dire, et même si Leonhardt ne l'admettrait sans doute jamais, Hildegarde avait tout à fait raison en disant que le pilote se fondrait dans la masse sans effort. Son regard ressemblait en effet tout à fait celui du pirate qui venait de les aborder. En plus aiguisé et plus glacial, peut-être, mais au moins il aurait moins de mal qu'Emmerich à se montrer convaincant.
A la question de leur interlocuteur quant au fait qu'ils soient des nouvelles recrues, l'androïde répondit d'un simple et nonchalant hochement de tête. Cependant, la "suggestion" de conduire Hildegarde jusqu'au capitaine le fit légèrement flancher. Du moins, mentalement. S'ils refusaient, ils risquaient fortement de semer le doute et de faire sauter leur couverture... Il allait répondre d'un ton négligeant quand sa cliente se mit soudain à sangloter et à jouer le rôle de la demoiselle en détresse éplorée.
Hmm... joli jeu d'actrice. Leonhardt leva les yeux au ciel, mais difficile de savoir s'il jouait le jeu ou si c'était spontané. Toutefois, il les abaissa vivement lorsque la claque retentit, rapide et sonore. Un bref silence s'installa, pendant lequel il s'autorisa un commentaire sincère :

- Jolie claque.

Et c'était vrai : rapide, nette et sans bavure, du bon travail. Bon, il était vrai qu'une telle remarque ne ravirait sans doute pas Hildegarde, mais c'était sorti tout seul, hein.
Dommage pour lui que le pirate ne soit pas aussi doué en perspicacité qu'en torgnoles, car aux tenues du pilote et de la sorcière et à l'attitude d'Emmerich, il aurait pu avoir plus de soupçons quant à leurs véritables identités... Il proposa même de les accompagner jusqu'au capitaine de leur bande d'ordures! Mais avoir un de ces sales types dans les pattes était bien la dernière chose dont ils avaient besoin.

- Non, on s'débrouillera, c'est bon, répondit l'androïde en se retenant d'ajouter un "tu peux dégager maintenant abruti".

Leonhardt pensait enfin avoir franchi cet obstacle, quand une insulte retentit dans le couloir de pierre.
Une insulte sortie de la bouche raffinée d'Hildegarde.
Le pilote dirigea lentement ses yeux vers elle, lui jetant un regard noir. Elle sembla se rendre compte qu'elle en avait trop dit, car son expression changea rapidement.
La main du pirate partit une seconde fois, mais cette fois elle ne put finir sa course sur le visage de la sorcière car Leonhardt se saisit vivement du poignet de l'homme et le serra d'une poigne solide.

- J'crois qu'ça ira comme ça, dit-il d'un ton détaché mais avec un regard de glace. Et si elle est trop abîmée on n'pourra pas en tirer un bon prix. Vu la belle prise qu'c'est, ce s'rait dommage, pas vrai?

Le pirate sembla prêt à répliquer, mais il se ravisa. Néanmoins, il leur lança tout de même :

- J'vous accompagne jusque chez l'cap'tain. Une paire de bras d'plus sera pas d'trop pour mater cette donzelle.

L'androïde jura intérieurement mais n'en laissa rien paraître. Il se contenta d'acquiescer d'un air nonchalant.
Laissant leur "hôte" passer devant, il recula pour se mettre à la hauteur d'Hildegarde et d'Emmerich et leur glissa en marmonnant :

- On l'assomme et on s'tire d'ici dès qu'on arrive dans un lieu désert, ou est-ce qu'on l'suit jusque chez leur cap'tain? J'crois pas qu'ça soit une bonne idée de vous amener d'vant l'grand chef... poursuivit-il à l'attention de la veuve. S'il nous ordonne de vous coller aux cachots et qu'on obéit pas ou qu'on s'en charge à notre place, on s'ra dans la mouise.

Les quais se rapprochaient de plus en plus, mais ils ne pouvaient pas se permettre de se faire la belle dans l'immédiat. Trop de pirates dans les parages, ils seraient vite attrapés et emprisonnés, voire pire... Et Leonhardt n'était pas près à passer l'arme à gauche dans une mission de livraison de foutues œuvres d'art.



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Mer 5 Juil - 22:47
Si le pirate n'était pas avec eux, Hildegarde aurait enseveli le pilote sous des kilos de remerciements. Elle le savait, elle le sentait, elle venait là d'échapper à pire que l'humiliation provoquée par une gifle publique. Sans le secours de l'homme, le pirate l'aurait probablement mené lui-même jusqu'au capitaine et allez savoir ce qu'elle aurait subi. Pas besoin d'avoir une grande imagination pour deviner le sort d'une femme encerclée par deux pirates. Hildegarde en avait des frissons dans le dos, et un goût acre dans la bouche.

Elle leva lentement les yeux vers Leonhardt lorsque ce dernier souleva un point intéressant. Comment se débarrasser de leur guide aussi impromptu que gênant ? Hildegarde songea bien à simuler une défaillance – un grand classique – mais avec son jeu d'acteur précédent peu sûr que l'homme ferait preuve de galanterie. Il la chargerait sur son épaule tel un vulgaire sac à patates et elle se retrouverait, tout de même, au sein des griffes du capitaine.

« Vous croyez qu'il sait nager ? » demanda-t-elle à voix basse à ses deux acolytes. « Ou... oh. »

Une idée venait de germer, petite plante qui ne demandait qu'à se développer. La sorcière soufflait sur le ton le plus bas possible pour n'alerter aucunement leur guide, laissant ses acolytes demeurer près d'elle dans un simulacre de gardes du corps.

« Nous sommes dans un port, il y a de l'eau... Faites-moi tomber avec Emmerich, Herr Genmann. Faites croire qu'il a tenté d'empêcher ma fuite mais qu'il ne sait pas nager. Si cela se trouve, eux non plus. Profitez de la cohue pour prendre un des navires. Et revenez nous cueillir. »
« Je... Frau Müller... » glissa Emmerich d'une voix fluette. « Je ne sais pas... très bien nager. »
« Même la nage du petit chien ? »
« Je... »
« Vous savez flotter ? »
« Euh, oui. »
« Bon. Au moins ça ajoutera du réalisme. Qu'en dites-vous, Herr Genmann ? Cela vous convient-il ? »

Citation :
Comme d'hab, si besoin de PNJiser, fonce !




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Leonhardt Genmann
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Dim 16 Juil - 17:45
Ignorant les complaintes du pauvre Emmerich, Leonhardt porta une main à son menton et hocha nonchalamment la tête. Cela pouvait marcher. Et le tableau serait certainement très comique par-dessus le marché.
Le petit groupe tourna dans un autre corridor construit en flanc de la forteresse, parsemé d'ouvertures donnant sur la mer en contrebas. Le port n'était plus très loin et s'il courait le pilote pourrait y être en à peu près une minute, sans doute moins. S'ils voulaient mettre en application ce plan, c'était le moment.

- Z'êtes sûre que ça ira pour vous? ça fait un sacré plongeon... et s'ils décident d'vous canarder, vous risquez d'finir en passoires.

L'androïde jeta un œil au travers d'une des fenêtres.
En réalité, il y avait bien une autre solution... Il pouvait attraper ses deux clients, sauter par la fenêtre, déployer ses ailes et voler jusqu'à un navire. Mais cela impliquait de dévoiler sa nature d'homme-machine, ce qu'il avait essayé d'éviter plus tôt dans la journée.
La fin du corridor approchait de plus en plus, et ils n'avaient toujours pas pris de décision. Leonhardt se mordit la lèvre inférieure et lâcha un "tch!" agacé avant de glisser à ses deux compagnons :

- J'ai un plan. Je peux nous amener tous les trois à un navire sans avoir à faire l'grand saut ou à vous laisser patauger dans la grande bleue pour faire diversion. Vous m'faîtes confiance?

La réponse pouvait ne pas être évidente à cause de son attitude, mais en l'occurrence il n'y avait pas trente mille solutions. Soit c'était le plongeon, soit c'était le haut-vol, soit c'était les pirates pour la dame et le cachot pour ces messieurs.
Et même si Leonhardt détestait au plus haut point utiliser ses ailes, il tenait trop à sa liberté et à son salaire pour moisir dans un trou infect tel que celui-ci.
Plus que deux fenêtres... plus qu'une...
Raah, et merde!

- Confiance ou pas on a plus l'temps! Accrochez-vous! lança le pilote à ses clients en les empoignant avant de sauter par la fenêtre.

Le trio commença une chute libre vers la mer, mais à mi-course Leonhardt déploya ses ailes métalliques, faisant de nouveau craquer le tissu de sa combinaison et stoppant leur chute d'un coup.
Sans perdre une seule seconde afin de profiter de l'effet de surprise, il vola le plus vite possible en direction des navires volants amarrés aux quais. Malgré leurs gabarits les deux autrichiens pesaient leur poids et le pilote avait du mal à maintenir une trajectoire droite mais, serrant les dents sous l'effort, il parvint à les faire atterrir en catastrophe tous les trois sur le pont d'un des navires.
Une fois le pied sur le plancher, il se redressa en un instant, sans prendre la peine de rétracter ses ailes, et lança à Hildegarde :

- M'zelle Müller, j'vous laisse les canons, vous vous en sortiez bien la dernière fois. J'fonce au poste de pilotage, alors préparez-vous à un décollage inconfortable. Et vous, Emmerich... accrochez-vous.
Et mieux que les dernières fois.


A peine ses indications données, il courut vers la proue du navire et s'installa aux commandes.
Après avoir fait craqué ses phalanges, il esquissa un sourire légèrement nerveux.

- ça va barder...

Et sans plus de cérémonie, il poussa d'un coup le levier.


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Hildegarde Müller
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Lun 24 Juil - 21:09
Le plan de Hildegarde était empli d'accrocs, potentiellement voué à l'échec. Néanmoins la sorcière n'avait pas eu d'autre idée. L'aventure elle la connaissait à travers les romans, elle ne l'avait jamais vécu auparavant. Coincée dans le rôle de l'otage, la sorcière ne pouvait qu'observer l'avancée du groupe et le décor environnant. Lorsque Leonhardt proposa son alternative, Hildegarde cligna des yeux.

« Je... »

Comment pourrait-il réussir tel exploit ? Avec de la magie ? Les deux Austro-Hongrois s'entre-regardèrent, hésitants sur la marche à suivre, les fesses coincées entre deux sièges. Le pilote choisit pour eux, se jetant à corps perdu dans sa proposition au risque de ne pas emporter les suffrages. Hildegarde eut un glapissement de surprise, de même que Emmerich. Emportés par la poigne du pilote ils furent emportés sans pouvoir réagir – de même que leurs geôliers qui les regardèrent filer les yeux grands ouverts, la mâchoire béante.

Hildegarde sentit le vent lui fouetter le visage, le vide l'attirer à lui tirant sur son corps avant de lâcher prise, soudainement. Le corps de la sorcière remontait en flèche emporté par une force contraire. La sorcière leva les yeux, vit l'écharpe de Leonhardt claquer au vent. Des éclats d'acier miroitèrent dans son champ de vision.

Des ailes de métal.

« Que. »

Le pont l'accueillit avec rudesse, son dos cognant contre le bois. Emmerich avait subi un atterrissage tout aussi mouvementé. Aidant la sorcière à se relever, ses yeux ne cessaient de se poser sur Leonhardt. Il en était de même pour Hildegarde.

On narrait nombre d'histoires sur leur sujet mais c'était la première fois qu'elle en voyait un de ses propres yeux.

Un Androïde.

La voix impérieuse du pilote leur rappela qu'il y avait sujet plus urgent présentement : fuir et survivre. Emmerich eut un bref hochement de tête. Hildegarde ne réagit pas, choquée encore de découvrir cette part cachée du pilote.

« Herr Genmann... »

Mais le pilote avait déjà amorcé le décollage secouant la sorcière qui, aidée de Emmerich, alla s'occuper des canons. L'odeur de la poudre les accueillit de plein fouet. Fouillant dans les ultimes poches de sa robe, la sorcière en extirpa tout ce qu'il lui restait, frottant les boulets avec ses décoctions, laissant Emmerich armer les canons.

Un autre navire volant les avait déjà pris en chasse. La sortie ne se ferait pas sans anicroche.

« Vous avez mis quoi sur les boulets ? » demanda Emmerich tandis qu'il déclenchait un canon.
« Vous connaissez le vitriol ? Les belles-mères en aspergent le visage des gendres qu'elles haïssent. L'effet s'en rapproche. La chair fond, des furoncles poussent... à ne jamais mettre en contact avec les yeux et les muqueuses. »

Emmerich observa Hildegarde avant de jeter un œil au navire adverse par une ouverture.

« Ils méritent bien ça pour ce qu'ils voulaient vous infliger. »

Hildegarde ne s'en formalisa pas. Dans le dos de Emmerich elle indiquait à son comparse où viser, lui servant d'yeux. Le navire sembla commencer à ralentir, perdre de la vitesse. Laissant Emmerich veiller sur leurs arrières, la sorcière remonta jusqu'à la cabine de pilote. La porte claqua contre le mur.

« Herr Genmann, vous vous en sortez ? »

Elle avait été à deux doigts de lui demander si les ailes n'entravaient pas ses mouvements mais se retint de tout commentaire à ce sujet. Ils auraient tout le temps pour en parler – plus tard.




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Leonhardt Genmann
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Mer 30 Aoû - 21:01
Leonhardt fut quelque part reconnaissant à ses deux comparses de ne pas s'être arrêtés sur ses ailes et d'avoir réagi vite et avec efficacité. Ils connaissaient désormais son secret, mais le temps n'était pas aux palabres et les deux autrichiens l'avaient visiblement très bien compris. Parfait! La m'dame Müller était effectivement moins cabotine qu'elle ne pouvait en avoir l'air.
Le pilote maintint les leviers de toutes ses forces afin de s'éloigner au plus vite des pirates, mais ces derniers commençaient déjà à les rattraper. Ils venaient à peine de sortir d'une sale escarmouche qu'ils retombaient dans une autre sans avoir le temps de souffler. Tu parles d'une poisse!
L'androïde amorça un virage serré pour filer vers les nuages afin de s'y camoufler, lorsque sa cliente déboula dans la cabine de pilotage.

- Herr Genmann, vous vous en sortez?

- J'm'en sors toujours! rétorqua-t-il en serrant les dents, sa voix un peu déformée par l'effort de traction qu'il exerçait sur les leviers. Emmerich a l'air de s'en sortir avec les canons, il apprend vite l'aristo. Mais z'avez rien d'mieux à faire que d'vous pointer là? ajouta-t-il, fidèle à lui-même et à son sale caractère.

Parce que bon, il avait beau avoir l'air concentré, il sentait tout de même le regard intense de la commerçante posé sur son dos, et il savait très bien ce qui attirait ainsi son attention. Dans la précipitation, il n'avait pas pris la peine de replier ses ailes, et même si sa position était très inconfortable, il avait été trop concentré sur leur fuite pour y prêter attention.
Le navire finit par atteindre les nuages sous une nouvelle impulsion du pilote, et Leonhardt effectua un second virage pour semer leurs poursuivants. Les choses devraient se calmer légèrement pour le moment, mais ils n'étaient pas encore tirés d'affaire. Constatant qu'Hildegarde se trouvait toujours derrière lui, l'androïde rétracta ses ailes et tourna son regard perçant vers elle.

- J'vois qu'vous êtes toujours là... Bon, rendez-vous utile et v'nez prendre la place du copilote. Un p'tit coup d'main s'rait pas d'refus. Même si j'm'en sors très bien tout seul, ajouta-t-il pour ne pas trahir son antipathie caractéristique.

Et puis, après tout, il devait le reconnaître : Madame Müller apprenait vite et savait faire preuve d'un sang-froid et d'un savoir-faire assez étonnants quand la situation l'exigeait.
Même si elle était bavarde comme une pie et trop pimpante pour le pilote.

- Préoccupez-vous seulement d'ce levier-là, indiqua-t-il à sa cliente en désignant l'une des commandes d'un bref mouvement de tête. Serrez-le quand j'vous l'dirai mais allez-y doucement,
not' but c'est s'enfuir, pas s'crasher sur une autre île.


Plongeant une main dans une poche de sa combinaison, il en ressortit une cigarette et la glissa entre ses dents pour la mâchonner.

- Bon, une fois qu'on aura réchappé à tout c'bordel, c'est quoi l'plan? Et surtout : c'est quoi not' destination?

Parce qu'après tout, tout ceci était avant tout un simple travail de livraison. Certes, le "simple"
avait été rayé de la phrase au fur et à mesure de leur progression, mais le but restait le même :
récupérer des foutus tableaux un peu partout et les larguer à Emerald.
Pourquoi donc fallait-il que ce job dégénère autant?!
Leonhardt esquissa un sourire acéré.
Mais, quelque part, une bonne dose d'action n'avait jamais fait de mal à personne...


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Hildegarde Müller
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Dim 3 Sep - 18:35
Hildegarde n'avait pas pu s'empêcher de fixer les ailes du pilote, intriguée par leur construction, surprise de voir tel appendice métallique sur une chair humaine. L'image lui faisait songer à Icare et la sorcière se demanda si Leonhardt risquait aussi de chuter à cause de ces ailes, ou si son créateur avait voulu faire un pied de nez au mythe, défier les lois divines. La disparition des ailes, entrant dans cette chair, se repliant, brisa l'instant à l'instar de la voix de leur propriétaire. Docilement, avec un hochement de tête sec, Hildegarde se positionna devant le levier. Essuyant ses paumes moites sur sa robe, la femme saisit le levier en inspirant longuement. Il serait idiot qu'elle les fasse tous chuter alors qu'ils fuyaient.

- Bon, une fois qu'on aura réchappé à tout c'bordel, c'est quoi l'plan? Et surtout : c'est quoi not' destination ?
« C'est... »

… une excellente question. Trop préoccupée à chercher à, simplement, survivre, Hildegarde n'avait pas réfléchi plus loin, en avait même oublié pour quoi elle était là à l'origine. Devaient-ils continuer cette expédition comme si de rien n'était alors qu'ils avaient tous manqué d'y finir ? Hildegarde formula, à voix haute, ses réflexions.

« Nous pourrions revenir à Emerald... Non ! » Sa voix avait monté dans les aigus. « Pas Emerald... Pour vous ce serait... trop dangereux. »

Un doux euphémisme. Si quelqu'un, à Emerald, soupçonnait la nature androïde de Leonhardt alors il disparaîtrait par la petite porte. On lui arracherait les ailes comme des enfants cruels le faisaient avec des insectes, en observeraient son agonie avant de le jeter, du haut de la cité, tel un déchet, un nuisible. Et ce sort, Leonhardt ne le méritait pas.

« Revenons en Autriche-Hongrie. Une ville, peu importe laquelle. Nous ferons une déposition aux forces de l'ordre. Ils se doivent de savoir pour les pirates. Puis il leur faudra récupérer les œuvres qu'on a abandonnés là-bas. Si les pirates ne les ont pas découverts depuis... Hooo. »

Hildegarde ferma les yeux, se rendant compte combien la situation s'était complexifiée. Mais que pouvait-elle faire d'autre que battre en retraite ? Aucun d'eux n'était un guerrier, et c'était un miracle qu'ils soient encore en vie après tout ce qu'ils avaient traversé. Malgré son trouble, la sorcière obéissait lorsque le pilote lui indiquait d'accomplir la manœuvre, tirant au mieux sur le levier, sentant ses muscles hurler grâce.

Quand elle rentrerait chez elle, elle se ferait couler un bain, empli de mousse, et un thé chaud qu'elle prendrait dans son bain – une folie !

« Revenons chez les civilisés. » finit-elle par souffler. « Nous irons voir la police, et un hôpital. Nous avons tous besoin de soins. Je pense que nous allons reporter ce voyage... Vous serez payé, Herr Genmann. Avec un ajout pour les risques que vous avez pris. C'est la moindre des choses. »

Ne pouvant se retenir davantage, la langue de Hildegarde fourcha, poussant la sorcière à mettre les pieds dans le plat.

« Ce n'est point trop douloureux pour votre dos ? »




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Leonhardt Genmann
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Jeu 5 Oct - 17:17
Abandonner la mission? Cela ne plaisait définitivement pas au pilote. Être payé? D'accord, c'était rassurant. Mais, cela impliquait tout de même de laisser tout leur voyage en plan, et après tout ce qu'ils avaient traversé durant le trajet, c'était quelque peu... frustrant. Ajoutons à cela le fait que l'androïde n'aimait pas laisser tomber avant d'avoir fini ce pour quoi il était payé, et vous comprendrez pourquoi la réponse de sa cliente ne le réjouis guère.
Néanmoins, elle n'avait pas tort. Il avait entendu pas mal d'histoires sur l'animosité qu'éprouvaient les habitants d'Emerald pour les... gens comme lui, mais il était parti sur le fait que jamais sa couverture ne serait grillée et que de toutes façons il ne s'y serait jamais attardé. Prendre les tableaux, livrer les tableaux, rentrer au bercail, telle était le plan depuis le départ, et la mention "danger" n'y figurait nulle part. Et il devait avouer qu'après avoir ainsi échappé à des pirates par deux fois et leur avoir en plus volé un de leurs navires volants, les traitements faits aux androïdes sur la cité volante ne l'inquiétaient pas plus que ça.
Mais... Mme Müller avait décidé qu'ils devaient rentrer, et le dernier mot lui revenait. Après tout, c'était elle qui payait, et à partir de là Leonhardt n'avait pas son mot à dire. Il afficha néanmoins son désaccord en claquant la langue et en fronçant les sourcils, sa cigarette malmenée entre ses dents.

- C'est vous qui voyez, m'dame, répondit-il d'un ton légèrement ronchon.

Il devait en convenir : l'adrénaline n'était visiblement pas la tasse de thé de tout le monde. Et contrairement à lui, Hildegarde et son acolyte n'avaient pas son endurance et ses capacités physiques. Après tous ces événements, ils devaient être épuisés. Cette pensée arracha au pilote un regard en coin scrutateur en direction de la sorcière. Après toutes ces aventures, la pimpante autrichienne se montrait toujours aussi vaillante et déterminée.
Leonhardt esquissa un sourire.
Un sacré bout d'femme, la m'dame Müller...

L'androïde allait lancer nonchalamment un compliment encourageant déguisé en pique sarcastique comme il les aimait tant, quand l'autrichienne le devança d'un commentaire qui le désarçonna quelque peu.

- Hein? grogna-t-il, avant de comprendre qu'elle parlait de ses ailes. Ah, ces saloperies-là, vous voulez dire? Si, ça fait un mal de chien, c'est de la camelote, et c'est emmerdant pour dormir. Mais maintenant qu'c'est là, j'ai pas l'choix : j'dois faire avec.

La question était légitime, et à vrai dire, il s'attendait un peu à ce que sa cliente la lui pose. Après tout, les androïdes ne couraient pas les rues, et il leur avait caché sa nature jusqu'à leur fuite de la forteresse des pirates. Normal qu'Hildegarde se pose des questions... Puis elle payait un supplément, alors il pouvait au moins faire l'effort de lui répondre et lui épargner un regard meurtrier. Certes il n'aimait pas aborder le sujet, mais c'était de sa faute si ce dernier était arrivé sur le tapis, alors bon... tant pis.
Lâchant un soupir las, Leonhardt donna une impulsion au levier de direction, et fit pivoter le navire en direction de l'Autriche. Espérons que le trajet du retour sois plus calme que celui de l'allée. Certes il ne disait jamais non à une bonne dose d'aventure, et jusqu'à présent ils avaient eu de la chance, mais ce genre de choses ne durait jamais bien longtemps. Alors autant prendre le vent avant que la roue ne tourne!


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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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✦ Libre pour RP ? : Libre !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 15 Oct - 11:05
La réponse du pilote fut à son image : brute, sans concession, ne réclamant aucune pitié. Réponse de l'handicapé, de l'éclopé qui, devant votre commisération, fronçait les sourcils, faisait grincer les roues de sa chaise roulante. Hildegarde se repencha sur les leviers se disant que, pour une fois, mieux valait pour elle se taire que de continuer à creuser le fossé qu'elle avait amorcé. Néanmoins sa langue fut plus volubile, traçant des mots qui se voulaient être un pont jeté entre eux.

« J'ai de quoi soulager les maux. Si des femmes peuvent, avec cela, survivre à des douleurs pré-natales et trouver le repos, cela devrait être efficace sur vous. Et avec cela moins cher et moins addictif que l'opium. »

Hildegarde ne savait nullement si l'androïde usait de cet expédient mais l'opium était couramment utilisé contre les maux physiques, quand ce n'était pas l'absinthe qui emplissait les verres de sa couleur ambrée. Drogues propageant leurs illusions doucereuses et vous emportant dans une étreinte aussi apaisante que néfaste – à trop les consommer l'on en devenait prisonnier, l'on augmentait les doses et le corps finissait rongé par ce qui était, à l'origine, un complément aux médicaments.

La sorcière ne se permit pas de parler davantage sauf si Leonhardt l'y invita. Néanmoins elle préféra éviter toute avancée trop poussée dans l'intimité de l'androïde. Cela ne la regardait pas et, en soit, elle était certaine de ne pas vouloir en découvrir davantage.

Ce fut Salzbourg qui accueillit leur navire volant et leurs corps couverts d'hématomes et de blessures. Le babillage charmeur de Hildegarde leur permit de passer outre quelques files d'attente afin de profiter des soins d'infirmières qui, appliquant les préceptes de Miss Nightinghale, agissaient avec promptitude et professionnalisme. Pas une ne formula même une seule remarque sur la nature de Leonhardt, celle l'ayant en charge se contentant de lui demander de se déshabiller avec un recul presque clinique, ne cillant même pas. Elle en avait vu des corps dénudés, même masculins – celui-ci ne serait ni le premier, ni le dernier.

Et si aucune infirmière ne se permit des questions autres que celles impliquant l'aide aux soins, celle qui veillait sur Hildegarde eut droit à tout le chapitre sur le voyage. À tel point que, emportée par le récit, elle finit par servir le thé à la sorcière dans la salle de repos des infirmières en attendant le reste de la troupe. Lorsque Emmerich et Leonhardt, tour à tour, furent amenés dans la pièce pour rejoindre la sorcière, celle-ci babillait, les joues rougies par la chaleur du thé qu'elle buvait à petites goulées, échangeant des bons mots avec l'infirmière qui lui faisait face.

« Oh. » s'interrompit-elle à la vue des deux hommes. « Vous en avez fini. Alors, vos bobos ont été soignés ? J'ai encore quelques courbatures pour ma part mais Madame m'a assuré que tout irait mieux dans quelques jours. » précisa-t-elle en désignant l'infirmière d'un geste de la tête.
« Du thé ? » proposa cette dernière en se levant, époussetant son tablier amidonné. « Nous avons aussi des biscuits. Vous avez besoin de sucre après toutes ces émotions. »

Ouvrant une boite métallique en fer, l'infirmière dévoila quelques biscuits à la confiture.

HRP:
 




Avatar par Bianca Cavalli
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Leonhardt Genmann
L'oiseau Roc
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✦ Libre pour RP ? : Pas trop en ce moment, désolé ><

✦ Double-compte : Hitomi Hoshizora & Mickaëlla Mellior

Mar 17 Oct - 17:48
Leonhardt dirigea un regard en coin neutre dans la direction de sa cliente. La morphine qu'il avait pris avant le départ faisait encore effet, et à vrai dire il avait eu autre chose à penser au cours de ce voyage pour se soucier de ses maux de dos chroniques.

- Z'en faîtes pas, j'vais bien, répondit-il toujours avec un air ronchon, mais d'un ton laissant transparaître un soupçon de reconnaissance.

Après tout, même son coeur avait été énormément malmené, il n'était cependant pas fait de pierre, et il savait également témoigner de l'amabilité quand l'occasion s'en présentait. Ces dernières étaient simplement plus rares que chez les personnes "normales", voilà tout.
Suite à ça, Hildegarde garda le silence, ce dont l'androïde fut reconnaissant, et le voyage de retour se termina dans un calme concentré et sans accroc. Alors qu'ils atterrissaient, et afin de détendre un tantinet l'atmosphère sans rien en laisser paraître, Leonhardt lança à la sorcière :

- Pas mal, la maîtrise des commandes. Entraînez-vous et vous saurez piloter comme un chef.

Oui, c'était bel et bien un compliment. Mais après tout ce qu'ils avaient traversé, c'était la moindre des choses. Surtout qu'il en avait quand même demandé beaucoup à l'autrichienne, et qu'elle n'avait jamais rechigné à la tâche.
Toutefois, ce n'était pas la peine d'espérer obtenir plus de sa part que ces quelques mots. Il avait largement atteint son quota d'amabilité pour la journée! Voire même pour la semaine, tiens.

La suite des événements fut... disons, au moins aussi désagréable que leur virée chez les pirates. Déjà, il fusilla tellement les infirmières du regard pour qu'elles le laissent tranquille qu'on l'aurait crû prêt à mordre. Mais les effets de la morphine se dissipant et mal en point qu'il était, il finit par céder. L'idée de se déshabiller à la demande d'une dame ne lui plût pas, mais alors pas du tout, et ce fut la croix et la bannière pour qu’il se décide finalement à obtempérer. Il ne s'était pas ainsi dévêtu devant quelqu'un depuis son passage à l'asile, et l'idée de se montrer dénuder, avec ses ailes qui plus était, devant un représentant du corps médical, faisait resurgir un tas de souvenirs désagréables dans son esprit. Là encore, il finit par s'exécuter, mais les infirmières eurent droit à des regards meurtriers.

Les inspections et soins effectués, il se rhabilla et retrouva Emmerich, qu'il accompagna jusqu'à une salle de repos pour les infirmières. Sur place, il retrouva Hildegarde qui... prenait le thé, toujours aussi pimpante. A croire qu'il ne s'était rien passé entre leur départ du musée et leur arrivée ici. Cette m'dame Müller était vraiment... incroyable. Ou impossible. Tout dépendait du point de vue. L'accueil qu'elle leur fit fut d'ailleurs à son image : insouciant et enthousiaste.

- En c'qui m'concerne, ça ira, maugréa-t-il en s'étirant l'épaule. J'ai connu pire.

L'infirmière lui proposa du thé et des petits gâteaux, ce à quoi il rétorqua :

- Z'avez pas de la bière? Bon, d'accord, p'têt pas de bière. Du café serré?

Cela ne serait pas du luxe pour achever de se remettre sur pieds. L'infirmière lui adressa un regard désapprobateur, mais hocha la tête.

- D'accord pour un café. Mais pas serré, ce n'est pas bon pour vous au vu de votre état.

Leonhardt allait répliquer, mais il s'abstint. Il n'aurait qu'à se rattraper une fois rentré chez lui. "Rentrer chez lui"... C'est vrai, qu'allaient-ils faire ensuite à leur sortie de l'hôpital? Il n'allait sans doute pas rentrer au bercail la cargaison pleine de tableaux de valeur. Une minute, les tableaux! Ils étaient restés sur l'île, là où ils avaient atterri!

- M'dame Müller... vos tableaux et œuvres d'arts, là... y sont restés sur l'île des pirates. J'pense que ça s'rait une bonne idée d'aller les récupérer... vot' conservatrice, là, aimable comme elle est, j'pense pas qu'elle soit extatique à l'idée que ses précieux bibelots se promènent à côté d'une forteresse pleine de bandits...

En réalité, il était sans doute plus pertinent d'être préparé à se retrouver face à une autrichienne coincée hystérique au bord de la syncope. Cela étant, c'était Hildegarde qui se retrouverait à prendre la responsabilité, alors le pilote n'avait pas trop à s'en faire... Remarquez, vu comment elle l'avait dans le collimateur, c'était sans doute sur lui que la directrice du musée piquerait sa crise.
Tss, cette journée était vraiment décidée à lui en faire baver jusqu'à la dernière heure...


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