Janvier 6. Odyssée culturelle

 :: L'Europe :: Autriche-Hongrie Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
Leonhardt Genmann
L'oiseau Roc
avatar
✦ Libre pour RP ? : Totalement Libre ! ^^

✦ Double-compte : Hitomi Hoshizora & Mickaëlla Mellior

Ven 16 Juin - 17:27
- Attachez-moi.

L'ordre surpris Leonhardt plus que tout ce qu'il avait pu voir ou entendre au cours de ce boulot. Cela étant, même si la réplique de sa cliente pouvait sonner étrangement, le pilote n'avait pas la tête à avoir des pensées déplacées et il comprit quasiment de suite où elle voulait en venir. De toute façons, au vu de leur situation, tous les trois feraient nettement mieux de rester concentrés. Aussi réceptionna-t-il le cordage en arquant un sourcil, mais en obtempérant.

- Un otage, hein, lâcha-t-il d'un ton nonchalant. Vous savez, tel que je connais ce genre d'ordures, même si vous êtes avec nous ils voudront sans doute tâter de la marchandise, si vous voyez c'que j'veux dire...

Toutefois, madame Müller ne semblait pas s'inquiéter de ce genre de risques, car elle fixait déjà le pauvre Emmerich d'un regard scrutateur, Emmerich qui eût droit quelques secondes plus tard à une révision complète de son accoutrement. Leonhardt lui adressa un léger sourire moqueur, sourire qui se dissipa à la remarque de sa cliente.

- Pour vous Herr Genmann... Oh ça devrait aller. Vous êtes déjà parfait dans le rôle!

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là, hein? rétorqua-t-il en grognant, donnant d'autant plus raison à la sorcière. Rah, et puis laissez tombez, on a pas qu'ça à faire!

Hildegarde fourra une sorte de friandise dans sa bouche et ses mains raffinées furent entravées sèchement mais sans douleur. Le pilote remonta ses manches et enfourna une cigarette entre ses dents sans l'allumer.
Le trio était fin prêt.

Leonhardt poussa doucement la lourde trappe et s'assura d'un coup d'oeil que les environs étaient déserts, avant de se hisser par l'ouverture. Il ne se donna pas la peine d'aider Hildegarde à monter, laissant cet honneur à monsieur Rosenberg qui semblait vouloir être partout sauf ici. Une fois que la trappe fut refermée, l'androïde saisit fermement Hildegarde par ses liens et commença à marcher.

La forteresse des pirates était... et bien, comme on pouvait se l'imaginer. Froide, humide, sale et désordonnée. Un peu comme l'appartement de Leonhardt en fait, mais en pire. Et au moins, ledit appartement était calme. Car dans ce repaire de pirates, plus ils avançaient dans les couloirs sordides, plus ils croisaient de ces sales types.
Des sifflements retentissaient lorsque ces ordures apercevaient Hildegarde, mais Leonhardt parvenait à les dissuader d'approcher grâce à l'un de ses fameux regards meurtriers. En passant à côté d'une meurtrière, il aperçut les quais du port aérien. Ils avaient encore du chemin à parcourir, mais ils s'en approchaient peu à peu et jusque là leur progression n'avait rencontré aucune anicroche.

- Allez, on s'bouge, on arrive bientôt, lança le pilote à l'attention de ses deux clients.

Le trio allait accélérer le pas, quand une voix grave et rauque les interpella dans leurs dos.
Serait-ce le début des ennuis...?



Revenir en haut Aller en bas
Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Shísān Wǔ, Orendi

Hier à 21:46
Hildegarde savait maintenant ce que devait ressentir un gibier lorsqu'on le menait au marché pour être abattu, découpé et vendu en tranches. Les regards des pirates la détaillaient, devinaient ses formes sous les larges jupes. Plus d'un rire accueillit son avancée sous la poigne ferme d'Emmerich, le jeune homme demeurant le regard fixé sur le dos de Leonhardt, se retenant de demander réparation à tous ces criminels qui, la bouche édentée, se gaussaient de la scène, pariaient sur les appas cachés de la blonde, égrenaient des cartes de jeux entre leurs mains calleuses.

Une voix rude figea la scène, accrut la tension qui s'était nichée entre les omoplates de Hildegarde. La sorcière se retourna à demi, sa tête pivotant pour discerner l'individu qui venait à eux. Aussi crasseux que ses pairs, la barbe plus hirsute qu'un buisson d'épines, il arborait des lèvres noircies par la chique à tabac.

« Z'êtes les nouvell' recrues du jour ? » Son regard détailla Hildegarde de bas en haut, ses lèvres crachèrent un rire ourlé de salive noire. « Belle pêche les gars ! Si jamais elle rapport' pas de flouz, on pourra toujours la lâcher à Tortuga. »

Hildegarde se redressa mue par un réflexe de défense. Tortuga était connu pour être le vivier à pirates par excellence, une sorte de contrée natale où la lie de l'humanité s'épanouissait avec effervescence. Voyous et ripoux de tout bord se retrouvaient sur ces berges où la loi du plus fort, seule, existait, effaçant tout autre. Sans compter les prostituées, prisonnières de maisons d'abattage où l'on ne comptait pas les clients, où l'hygiène était inexistante... Une mort à petit feu, rongée par la maladie vénérienne.

Il était, bien évidemment, hors de question que Hildegarde se retrouva en cette fange. Néanmoins le doute s'était immiscé, la peur avait blanchi son visage. Ce qui ne rendit leur stratagème plus véridique encore baissant les dernières barrières de cet individu qui les avait accosté.

« L' panier à prisonniers est par là. » leur indiqua-t-il du pouce, un doigt épais à l'ongle incrusté de saleté. « Ou... Faudrait que vous alliez la montrer au cap'tain. Hey que vous lui prouviez vot' valeur. Ça le déridera. Y a eu un sacré foin t' à l'heure à cause d'une attaque subie par nos gars. Vous auriez pas trouvé votre drôlesse dans une épave par hasard ? »

Hildegarde saisit la perche tendue. Ses lèvres tremblotèrent comme si elle retenait des larmes qui risquaient de dégorger hors de ses prunelles. La sorcière feignit un sanglot jouant la carte de la pauvre petite otage craignant pour sa vie, et plus encore pour sa vertu. La femme branla de la tête, feignant l'emprise avec le désespoir.

« Oh seigneur c'est si ignoble... Ils sont morts, tous... J'ai vu la vie leur échapper alors que... que... »

Nouveau sanglot. Emmerich prit le relais, comprenant tacitement le plan.

« Seule survivante. Leur aéronef s'est brisé sur des rochers. Les corps étaient déchiquetés. On a trouvé qu'elle. Un miracle qu'elle soit sans trop de blessures. »
« Vous les avez tués... Oh monstres, monstres... »

La gifle claqua, sèche, sur sa joue qui rougit instantanément. Hildegarde pouvait percevoir distinctement la brûlure. La surprise se la disputa au choc, la faisant taire d'un coup. Le pirate agita un index sous son nez.

« Tes gars avaient qu'à pas répliquer et se coucher gentiment. » Il se tourna vers Emmerich et Leonhardt, plus obligeant. « Je vous accompagne jusqu'au cap'tain ? »
« Arschloch ! »

L'insulte avait fleuri sur les lèvres de la sorcière avec la vivacité d'un réflexe qu'on ne peut réprimer. Se rendant compte que sa langue avait fourché, Hildegarde baissa la tête, serra les dents, attendant le coup qui allait venir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Autriche-Hongrie-
Sauter vers: