Janvier 6. Odyssée culturelle

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Leonhardt Genmann
L'oiseau Roc
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Ven 16 Juin - 17:27
- Attachez-moi.

L'ordre surpris Leonhardt plus que tout ce qu'il avait pu voir ou entendre au cours de ce boulot. Cela étant, même si la réplique de sa cliente pouvait sonner étrangement, le pilote n'avait pas la tête à avoir des pensées déplacées et il comprit quasiment de suite où elle voulait en venir. De toute façons, au vu de leur situation, tous les trois feraient nettement mieux de rester concentrés. Aussi réceptionna-t-il le cordage en arquant un sourcil, mais en obtempérant.

- Un otage, hein, lâcha-t-il d'un ton nonchalant. Vous savez, tel que je connais ce genre d'ordures, même si vous êtes avec nous ils voudront sans doute tâter de la marchandise, si vous voyez c'que j'veux dire...

Toutefois, madame Müller ne semblait pas s'inquiéter de ce genre de risques, car elle fixait déjà le pauvre Emmerich d'un regard scrutateur, Emmerich qui eût droit quelques secondes plus tard à une révision complète de son accoutrement. Leonhardt lui adressa un léger sourire moqueur, sourire qui se dissipa à la remarque de sa cliente.

- Pour vous Herr Genmann... Oh ça devrait aller. Vous êtes déjà parfait dans le rôle!

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là, hein? rétorqua-t-il en grognant, donnant d'autant plus raison à la sorcière. Rah, et puis laissez tombez, on a pas qu'ça à faire!

Hildegarde fourra une sorte de friandise dans sa bouche et ses mains raffinées furent entravées sèchement mais sans douleur. Le pilote remonta ses manches et enfourna une cigarette entre ses dents sans l'allumer.
Le trio était fin prêt.

Leonhardt poussa doucement la lourde trappe et s'assura d'un coup d'oeil que les environs étaient déserts, avant de se hisser par l'ouverture. Il ne se donna pas la peine d'aider Hildegarde à monter, laissant cet honneur à monsieur Rosenberg qui semblait vouloir être partout sauf ici. Une fois que la trappe fut refermée, l'androïde saisit fermement Hildegarde par ses liens et commença à marcher.

La forteresse des pirates était... et bien, comme on pouvait se l'imaginer. Froide, humide, sale et désordonnée. Un peu comme l'appartement de Leonhardt en fait, mais en pire. Et au moins, ledit appartement était calme. Car dans ce repaire de pirates, plus ils avançaient dans les couloirs sordides, plus ils croisaient de ces sales types.
Des sifflements retentissaient lorsque ces ordures apercevaient Hildegarde, mais Leonhardt parvenait à les dissuader d'approcher grâce à l'un de ses fameux regards meurtriers. En passant à côté d'une meurtrière, il aperçut les quais du port aérien. Ils avaient encore du chemin à parcourir, mais ils s'en approchaient peu à peu et jusque là leur progression n'avait rencontré aucune anicroche.

- Allez, on s'bouge, on arrive bientôt, lança le pilote à l'attention de ses deux clients.

Le trio allait accélérer le pas, quand une voix grave et rauque les interpella dans leurs dos.
Serait-ce le début des ennuis...?



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Mar 27 Juin - 21:46
Hildegarde savait maintenant ce que devait ressentir un gibier lorsqu'on le menait au marché pour être abattu, découpé et vendu en tranches. Les regards des pirates la détaillaient, devinaient ses formes sous les larges jupes. Plus d'un rire accueillit son avancée sous la poigne ferme d'Emmerich, le jeune homme demeurant le regard fixé sur le dos de Leonhardt, se retenant de demander réparation à tous ces criminels qui, la bouche édentée, se gaussaient de la scène, pariaient sur les appas cachés de la blonde, égrenaient des cartes de jeux entre leurs mains calleuses.

Une voix rude figea la scène, accrut la tension qui s'était nichée entre les omoplates de Hildegarde. La sorcière se retourna à demi, sa tête pivotant pour discerner l'individu qui venait à eux. Aussi crasseux que ses pairs, la barbe plus hirsute qu'un buisson d'épines, il arborait des lèvres noircies par la chique à tabac.

« Z'êtes les nouvell' recrues du jour ? » Son regard détailla Hildegarde de bas en haut, ses lèvres crachèrent un rire ourlé de salive noire. « Belle pêche les gars ! Si jamais elle rapport' pas de flouz, on pourra toujours la lâcher à Tortuga. »

Hildegarde se redressa mue par un réflexe de défense. Tortuga était connu pour être le vivier à pirates par excellence, une sorte de contrée natale où la lie de l'humanité s'épanouissait avec effervescence. Voyous et ripoux de tout bord se retrouvaient sur ces berges où la loi du plus fort, seule, existait, effaçant tout autre. Sans compter les prostituées, prisonnières de maisons d'abattage où l'on ne comptait pas les clients, où l'hygiène était inexistante... Une mort à petit feu, rongée par la maladie vénérienne.

Il était, bien évidemment, hors de question que Hildegarde se retrouva en cette fange. Néanmoins le doute s'était immiscé, la peur avait blanchi son visage. Ce qui ne rendit leur stratagème plus véridique encore baissant les dernières barrières de cet individu qui les avait accosté.

« L' panier à prisonniers est par là. » leur indiqua-t-il du pouce, un doigt épais à l'ongle incrusté de saleté. « Ou... Faudrait que vous alliez la montrer au cap'tain. Hey que vous lui prouviez vot' valeur. Ça le déridera. Y a eu un sacré foin t' à l'heure à cause d'une attaque subie par nos gars. Vous auriez pas trouvé votre drôlesse dans une épave par hasard ? »

Hildegarde saisit la perche tendue. Ses lèvres tremblotèrent comme si elle retenait des larmes qui risquaient de dégorger hors de ses prunelles. La sorcière feignit un sanglot jouant la carte de la pauvre petite otage craignant pour sa vie, et plus encore pour sa vertu. La femme branla de la tête, feignant l'emprise avec le désespoir.

« Oh seigneur c'est si ignoble... Ils sont morts, tous... J'ai vu la vie leur échapper alors que... que... »

Nouveau sanglot. Emmerich prit le relais, comprenant tacitement le plan.

« Seule survivante. Leur aéronef s'est brisé sur des rochers. Les corps étaient déchiquetés. On a trouvé qu'elle. Un miracle qu'elle soit sans trop de blessures. »
« Vous les avez tués... Oh monstres, monstres... »

La gifle claqua, sèche, sur sa joue qui rougit instantanément. Hildegarde pouvait percevoir distinctement la brûlure. La surprise se la disputa au choc, la faisant taire d'un coup. Le pirate agita un index sous son nez.

« Tes gars avaient qu'à pas répliquer et se coucher gentiment. » Il se tourna vers Emmerich et Leonhardt, plus obligeant. « Je vous accompagne jusqu'au cap'tain ? »
« Arschloch ! »

L'insulte avait fleuri sur les lèvres de la sorcière avec la vivacité d'un réflexe qu'on ne peut réprimer. Se rendant compte que sa langue avait fourché, Hildegarde baissa la tête, serra les dents, attendant le coup qui allait venir.


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Leonhardt Genmann
L'oiseau Roc
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Sam 1 Juil - 16:51
A vrai dire, et même si Leonhardt ne l'admettrait sans doute jamais, Hildegarde avait tout à fait raison en disant que le pilote se fondrait dans la masse sans effort. Son regard ressemblait en effet tout à fait celui du pirate qui venait de les aborder. En plus aiguisé et plus glacial, peut-être, mais au moins il aurait moins de mal qu'Emmerich à se montrer convaincant.
A la question de leur interlocuteur quant au fait qu'ils soient des nouvelles recrues, l'androïde répondit d'un simple et nonchalant hochement de tête. Cependant, la "suggestion" de conduire Hildegarde jusqu'au capitaine le fit légèrement flancher. Du moins, mentalement. S'ils refusaient, ils risquaient fortement de semer le doute et de faire sauter leur couverture... Il allait répondre d'un ton négligeant quand sa cliente se mit soudain à sangloter et à jouer le rôle de la demoiselle en détresse éplorée.
Hmm... joli jeu d'actrice. Leonhardt leva les yeux au ciel, mais difficile de savoir s'il jouait le jeu ou si c'était spontané. Toutefois, il les abaissa vivement lorsque la claque retentit, rapide et sonore. Un bref silence s'installa, pendant lequel il s'autorisa un commentaire sincère :

- Jolie claque.

Et c'était vrai : rapide, nette et sans bavure, du bon travail. Bon, il était vrai qu'une telle remarque ne ravirait sans doute pas Hildegarde, mais c'était sorti tout seul, hein.
Dommage pour lui que le pirate ne soit pas aussi doué en perspicacité qu'en torgnoles, car aux tenues du pilote et de la sorcière et à l'attitude d'Emmerich, il aurait pu avoir plus de soupçons quant à leurs véritables identités... Il proposa même de les accompagner jusqu'au capitaine de leur bande d'ordures! Mais avoir un de ces sales types dans les pattes était bien la dernière chose dont ils avaient besoin.

- Non, on s'débrouillera, c'est bon, répondit l'androïde en se retenant d'ajouter un "tu peux dégager maintenant abruti".

Leonhardt pensait enfin avoir franchi cet obstacle, quand une insulte retentit dans le couloir de pierre.
Une insulte sortie de la bouche raffinée d'Hildegarde.
Le pilote dirigea lentement ses yeux vers elle, lui jetant un regard noir. Elle sembla se rendre compte qu'elle en avait trop dit, car son expression changea rapidement.
La main du pirate partit une seconde fois, mais cette fois elle ne put finir sa course sur le visage de la sorcière car Leonhardt se saisit vivement du poignet de l'homme et le serra d'une poigne solide.

- J'crois qu'ça ira comme ça, dit-il d'un ton détaché mais avec un regard de glace. Et si elle est trop abîmée on n'pourra pas en tirer un bon prix. Vu la belle prise qu'c'est, ce s'rait dommage, pas vrai?

Le pirate sembla prêt à répliquer, mais il se ravisa. Néanmoins, il leur lança tout de même :

- J'vous accompagne jusque chez l'cap'tain. Une paire de bras d'plus sera pas d'trop pour mater cette donzelle.

L'androïde jura intérieurement mais n'en laissa rien paraître. Il se contenta d'acquiescer d'un air nonchalant.
Laissant leur "hôte" passer devant, il recula pour se mettre à la hauteur d'Hildegarde et d'Emmerich et leur glissa en marmonnant :

- On l'assomme et on s'tire d'ici dès qu'on arrive dans un lieu désert, ou est-ce qu'on l'suit jusque chez leur cap'tain? J'crois pas qu'ça soit une bonne idée de vous amener d'vant l'grand chef... poursuivit-il à l'attention de la veuve. S'il nous ordonne de vous coller aux cachots et qu'on obéit pas ou qu'on s'en charge à notre place, on s'ra dans la mouise.

Les quais se rapprochaient de plus en plus, mais ils ne pouvaient pas se permettre de se faire la belle dans l'immédiat. Trop de pirates dans les parages, ils seraient vite attrapés et emprisonnés, voire pire... Et Leonhardt n'était pas près à passer l'arme à gauche dans une mission de livraison de foutues œuvres d'art.



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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Mer 5 Juil - 22:47
Si le pirate n'était pas avec eux, Hildegarde aurait enseveli le pilote sous des kilos de remerciements. Elle le savait, elle le sentait, elle venait là d'échapper à pire que l'humiliation provoquée par une gifle publique. Sans le secours de l'homme, le pirate l'aurait probablement mené lui-même jusqu'au capitaine et allez savoir ce qu'elle aurait subi. Pas besoin d'avoir une grande imagination pour deviner le sort d'une femme encerclée par deux pirates. Hildegarde en avait des frissons dans le dos, et un goût acre dans la bouche.

Elle leva lentement les yeux vers Leonhardt lorsque ce dernier souleva un point intéressant. Comment se débarrasser de leur guide aussi impromptu que gênant ? Hildegarde songea bien à simuler une défaillance – un grand classique – mais avec son jeu d'acteur précédent peu sûr que l'homme ferait preuve de galanterie. Il la chargerait sur son épaule tel un vulgaire sac à patates et elle se retrouverait, tout de même, au sein des griffes du capitaine.

« Vous croyez qu'il sait nager ? » demanda-t-elle à voix basse à ses deux acolytes. « Ou... oh. »

Une idée venait de germer, petite plante qui ne demandait qu'à se développer. La sorcière soufflait sur le ton le plus bas possible pour n'alerter aucunement leur guide, laissant ses acolytes demeurer près d'elle dans un simulacre de gardes du corps.

« Nous sommes dans un port, il y a de l'eau... Faites-moi tomber avec Emmerich, Herr Genmann. Faites croire qu'il a tenté d'empêcher ma fuite mais qu'il ne sait pas nager. Si cela se trouve, eux non plus. Profitez de la cohue pour prendre un des navires. Et revenez nous cueillir. »
« Je... Frau Müller... » glissa Emmerich d'une voix fluette. « Je ne sais pas... très bien nager. »
« Même la nage du petit chien ? »
« Je... »
« Vous savez flotter ? »
« Euh, oui. »
« Bon. Au moins ça ajoutera du réalisme. Qu'en dites-vous, Herr Genmann ? Cela vous convient-il ? »

Citation :
Comme d'hab, si besoin de PNJiser, fonce !


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Leonhardt Genmann
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Dim 16 Juil - 17:45
Ignorant les complaintes du pauvre Emmerich, Leonhardt porta une main à son menton et hocha nonchalamment la tête. Cela pouvait marcher. Et le tableau serait certainement très comique par-dessus le marché.
Le petit groupe tourna dans un autre corridor construit en flanc de la forteresse, parsemé d'ouvertures donnant sur la mer en contrebas. Le port n'était plus très loin et s'il courait le pilote pourrait y être en à peu près une minute, sans doute moins. S'ils voulaient mettre en application ce plan, c'était le moment.

- Z'êtes sûre que ça ira pour vous? ça fait un sacré plongeon... et s'ils décident d'vous canarder, vous risquez d'finir en passoires.

L'androïde jeta un œil au travers d'une des fenêtres.
En réalité, il y avait bien une autre solution... Il pouvait attraper ses deux clients, sauter par la fenêtre, déployer ses ailes et voler jusqu'à un navire. Mais cela impliquait de dévoiler sa nature d'homme-machine, ce qu'il avait essayé d'éviter plus tôt dans la journée.
La fin du corridor approchait de plus en plus, et ils n'avaient toujours pas pris de décision. Leonhardt se mordit la lèvre inférieure et lâcha un "tch!" agacé avant de glisser à ses deux compagnons :

- J'ai un plan. Je peux nous amener tous les trois à un navire sans avoir à faire l'grand saut ou à vous laisser patauger dans la grande bleue pour faire diversion. Vous m'faîtes confiance?

La réponse pouvait ne pas être évidente à cause de son attitude, mais en l'occurrence il n'y avait pas trente mille solutions. Soit c'était le plongeon, soit c'était le haut-vol, soit c'était les pirates pour la dame et le cachot pour ces messieurs.
Et même si Leonhardt détestait au plus haut point utiliser ses ailes, il tenait trop à sa liberté et à son salaire pour moisir dans un trou infect tel que celui-ci.
Plus que deux fenêtres... plus qu'une...
Raah, et merde!

- Confiance ou pas on a plus l'temps! Accrochez-vous! lança le pilote à ses clients en les empoignant avant de sauter par la fenêtre.

Le trio commença une chute libre vers la mer, mais à mi-course Leonhardt déploya ses ailes métalliques, faisant de nouveau craquer le tissu de sa combinaison et stoppant leur chute d'un coup.
Sans perdre une seule seconde afin de profiter de l'effet de surprise, il vola le plus vite possible en direction des navires volants amarrés aux quais. Malgré leurs gabarits les deux autrichiens pesaient leur poids et le pilote avait du mal à maintenir une trajectoire droite mais, serrant les dents sous l'effort, il parvint à les faire atterrir en catastrophe tous les trois sur le pont d'un des navires.
Une fois le pied sur le plancher, il se redressa en un instant, sans prendre la peine de rétracter ses ailes, et lança à Hildegarde :

- M'zelle Müller, j'vous laisse les canons, vous vous en sortiez bien la dernière fois. J'fonce au poste de pilotage, alors préparez-vous à un décollage inconfortable. Et vous, Emmerich... accrochez-vous.
Et mieux que les dernières fois.


A peine ses indications données, il courut vers la proue du navire et s'installa aux commandes.
Après avoir fait craqué ses phalanges, il esquissa un sourire légèrement nerveux.

- ça va barder...

Et sans plus de cérémonie, il poussa d'un coup le levier.


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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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Lun 24 Juil - 21:09
Le plan de Hildegarde était empli d'accrocs, potentiellement voué à l'échec. Néanmoins la sorcière n'avait pas eu d'autre idée. L'aventure elle la connaissait à travers les romans, elle ne l'avait jamais vécu auparavant. Coincée dans le rôle de l'otage, la sorcière ne pouvait qu'observer l'avancée du groupe et le décor environnant. Lorsque Leonhardt proposa son alternative, Hildegarde cligna des yeux.

« Je... »

Comment pourrait-il réussir tel exploit ? Avec de la magie ? Les deux Austro-Hongrois s'entre-regardèrent, hésitants sur la marche à suivre, les fesses coincées entre deux sièges. Le pilote choisit pour eux, se jetant à corps perdu dans sa proposition au risque de ne pas emporter les suffrages. Hildegarde eut un glapissement de surprise, de même que Emmerich. Emportés par la poigne du pilote ils furent emportés sans pouvoir réagir – de même que leurs geôliers qui les regardèrent filer les yeux grands ouverts, la mâchoire béante.

Hildegarde sentit le vent lui fouetter le visage, le vide l'attirer à lui tirant sur son corps avant de lâcher prise, soudainement. Le corps de la sorcière remontait en flèche emporté par une force contraire. La sorcière leva les yeux, vit l'écharpe de Leonhardt claquer au vent. Des éclats d'acier miroitèrent dans son champ de vision.

Des ailes de métal.

« Que. »

Le pont l'accueillit avec rudesse, son dos cognant contre le bois. Emmerich avait subi un atterrissage tout aussi mouvementé. Aidant la sorcière à se relever, ses yeux ne cessaient de se poser sur Leonhardt. Il en était de même pour Hildegarde.

On narrait nombre d'histoires sur leur sujet mais c'était la première fois qu'elle en voyait un de ses propres yeux.

Un Androïde.

La voix impérieuse du pilote leur rappela qu'il y avait sujet plus urgent présentement : fuir et survivre. Emmerich eut un bref hochement de tête. Hildegarde ne réagit pas, choquée encore de découvrir cette part cachée du pilote.

« Herr Genmann... »

Mais le pilote avait déjà amorcé le décollage secouant la sorcière qui, aidée de Emmerich, alla s'occuper des canons. L'odeur de la poudre les accueillit de plein fouet. Fouillant dans les ultimes poches de sa robe, la sorcière en extirpa tout ce qu'il lui restait, frottant les boulets avec ses décoctions, laissant Emmerich armer les canons.

Un autre navire volant les avait déjà pris en chasse. La sortie ne se ferait pas sans anicroche.

« Vous avez mis quoi sur les boulets ? » demanda Emmerich tandis qu'il déclenchait un canon.
« Vous connaissez le vitriol ? Les belles-mères en aspergent le visage des gendres qu'elles haïssent. L'effet s'en rapproche. La chair fond, des furoncles poussent... à ne jamais mettre en contact avec les yeux et les muqueuses. »

Emmerich observa Hildegarde avant de jeter un œil au navire adverse par une ouverture.

« Ils méritent bien ça pour ce qu'ils voulaient vous infliger. »

Hildegarde ne s'en formalisa pas. Dans le dos de Emmerich elle indiquait à son comparse où viser, lui servant d'yeux. Le navire sembla commencer à ralentir, perdre de la vitesse. Laissant Emmerich veiller sur leurs arrières, la sorcière remonta jusqu'à la cabine de pilote. La porte claqua contre le mur.

« Herr Genmann, vous vous en sortez ? »

Elle avait été à deux doigts de lui demander si les ailes n'entravaient pas ses mouvements mais se retint de tout commentaire à ce sujet. Ils auraient tout le temps pour en parler – plus tard.


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