25 août 06. Préserve tes voisins et méfie-toi de tes ennemis

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Ronce de France
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Sam 31 Déc - 1:20
La souveraine de France n'avait jamais croisé la route de feu le Kaiser, ce qui n'était qu'un maigre mal pour un grand bien. Il était évident qu'une telle rencontre n'aurait rien auguré de bon pour le royaume de France et que le Kaiser, aussi dévoré par l'alcool soit il, n'aurait fait qu'une bouchée de la petite confiserie sucrée française. Lorsque le Kaiser était passé de vivant à mort, la cour française, et la reine en première loge, avait posé son regard sur le voisin germanique en croisant les doigts dans le dos, ou en faisant le signe de croix. Espérant que le rejeton héritier éviterait les écueils dans lesquels le paternel s'était embourbé jusqu'au cou.

La chance semblait sourire sur ce plan.

Plus diplomate que ne l'avait été son père, le fils avait tendu la main à sa voisine afin de nouer des relations bien plus cordiales que par le passé. Un geste que la reine salua tout en accordant à ce nouveau souverain une place au sein de son agenda. Certes un mariage royal demandait du temps, et un investissement conséquent. Néanmoins cela ne suspendait pas la reine d'assurer ses fonctions dont celle d'accueillir les invités de marque et de maintenir la politique extérieure du pays.

Le couple germanique fut accueilli aux abords même du port volant où s'était arrimé le navire. La reine se tenait devant eux, encerclée de gardes et de valets portant la livrée royale. Dans son dos, à peine à quelques pas, trônait le fiacre flanqué du lys de France. Ronce s'inclina devant ses invités dans un froufroutement de tissus.

« Kaiser. Keisarinna. J'espère que cette journée annonce le début d'une longue et durable relation entre nos contrées voisines. » Et elle l'espérait sincèrement. L'Allemagne demeurait un empire bien plus évolué que la France, et la souveraine préférait éviter tout conflit. La guerre ne l'avait jamais réjoui. « Avant de vous mener jusqu'à Versailles pour vous y délasser, je souhaitais vous proposer d'admirer l'avancée de la création de Monsieur Eiffel. Je ne sais si vous avez entendu parler de son projet de tour ? Monsieur Eiffel en a montré les fondations lors de l'exposition universelle. Mais l'information a été partiellement éclipsée par d'autres événements. »

Dont un stand détenu par l'Espagne. La souveraine avait été troublée par la disparition de sa souveraine au sein de circonstances nébuleuses, précédée de peu par celle du couple brésilien. Ronce craignait une résurgence de l'épidémie du Delirium, une impression dont elle n'arrivait pas à se défaire. Néanmoins la souveraine cacha, subtilement, ses tourments intérieurs par un sourire police, s'écartant d'un pas pour laisser le couple avancer vers le fiacre. Et décider de leur destination.


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Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
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Ven 13 Jan - 15:17
Aujourd'hui est un grand jour: je vais enfin pouvoir rencontrer la reine Ronce de France. Autant dire que pour une fois, Katharina n'est pas la plus excitée de nous deux.

Il faut dire que j'ai depuis quelques années les yeux rivés sur le pays et sa dirigeante. Lors du règne de feu mon père, les relations étaient froides, pour ne pas dire inexistantes. La reine avait d'ailleurs été considérée pendant un premier temps comme épouse potentielle, mais l'idée avait rapidement été rejetée. Trop de différences et aucune volonté de la part du trône pour les mettre de côté. Même si je gardais un oeil vigilant sur l'Allemagne, je ne pouvais m'empêcher d'observer le pays voisin, menée par une femme seule et forte malgré les évènements s'acharnant contre elle. Pas question d'en parler autour de moi cependant, les rustres qui m'entouraient étant plutôt frileux à l'idée d'une femme au pouvoir, qui plus est seule.

Pendant un temps, les relations ont même failli tourner au cauchemar. Les années m'avaient rendu plus au fait des intrigues politiques, tous ses liens ficelés autour de mon père pour que les seigneurs puissent le faire danser à leur guise. Le mouvement de l'un de ses fils avait attiré mon attention. Un seigneur moins stupide que les autres avait décidé qu'une guerre lui serait profitable : après tout, l'industrie de l'armement profitait grandement de ce genre d'évènement, alors pourquoi ne pas saisir l'occasion d'écraser un pays plus faible? Pendant plusieurs semaines, l'homme avait multiplié les cadeaux et compliments à l'empereur, tentant d'insinuer cette idée de guerre en son esprit.

Seulement, je finis par avoir vent de ce projet insensé et décida d'y mettre un terme. Une des seules fois où je me suis directement opposé à mon père. Une confrontation était toujours risquée : si les seigneurs décidaient que je devenais une menace, ma sécurité et celle de ma femme étaient sûrement compromises. Néanmoins, je n'étais pas prêt de laisser quelque chose du genre passer : après un entretien assez violent avec mon père où j'avais pu lire la peur dans ses yeux, je profitais d'une nouvelle visite du seigneur pour le faire disparaitre. Après lui avoir fait respirer l'air frais du deuxième étage en le poussant par la fenêtre et fait disparaitre avec l'aide de quelques serviteurs grassement payés, la guerre fût avortée. Ma conscience était certes plus lourde, mais ce n'était qu'un faible prix à payer pour garantir la paix. Par chance, je ne fis face à aucune répercussion : tous les seigneurs étaient persuadés que l'un d'entre eux avait réussi à éliminer l'autre et chacun tentait de couvrir ses arrières sans chercher plus loin.

Et maintenant, trois ans après, un allemand posait le pied dans le pays avec des intention diplomatiques. Quelle belle chose, le progrès.

Avec un grand sourire, Katharina et moi saluons la reine et écoutons sa proposition à laquelle je réponds :

"Votre majesté, c'est un véritable plaisir que de vous rencontrer. Je souhaite également que les relations Franco-allemandes restent paisibles de façon durable."

"Je pensais que ce n'étaient que des rumeurs extravagantes!"
Dit Katharina en parlant de la tour. "Nous visiterons avec plaisir son lieu de construction, j'ai hâte de voir un tel projet!"

"Vous m'ôtez les mots de la bouche, ma mie. Nous vous suivons, majesté."

Et sur ces mots, nous montons dans le fiacre. Je ne sais pas combien de temps durera le trajet, mais je décide de le meubler en prenant la parole.

"Les informations venant de votre pays nous parviennent difficilement, de par les troubles qui agitent encore le mien. Auriez-vous l'amabilité de me dire quelles sont les nouvelles françaises?"

Je jurerais que les yeux de Kat brillent comme un phare à l'instant. C'est l'instant ragot.
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Ronce de France
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Ven 27 Jan - 23:42
Le couple impérial germanique ne s'opposa nullement à cette visite pour le moins originale. Ronce leur en sut grès. Non pas qu'elle voulait se pavaner avec sa tour de fer comme l'aurait fait une dame avec sa dernière toilette, mais cela la changerait des traditionnelles mondanités et des salles de Versailles qu'elle connaissait, pour ainsi dire, par cœur. Le fiacre s'ébranla et, fouette cocher, en route pour le Champ de Mars.

Les pavés disjoints de Paris faisaient tressauter l'attelage. Ronce espéra, en son fort intérieur, que les coussins étaient assez fort rembourrés pour passer outre ce désagrément. Lorsque le Kaiser demanda des nouvelles, la reine saisit la perche craignant que la Keisarinna, au fessier plus délicat, ne fasse une quelconque réflexion sur le voyage, l'obligeant ainsi à faire mille excuses.

« Le début d'année fut chaotique et quelque peu... mouvementé. Nous avons du faire face à une trahison larvée qui avait établi son siège au sein de Versailles. »

On faisait mieux comme entrée en matière, néanmoins Ronce ne se voyait pas annoncer une telle nouvelle la fleur au fusil. Rien qu'à prononcer ces paroles lui revint, en mémoire, les flammes qui avaient dévoré la Douane et le sang qui avait coulé sur les pavés de Paris.

« N'ayez aucune inquiétude, les traîtres ont été châtiés. » Un corps jeté à la fosse commune, des têtes tranchées. « Cela n'a pas été de gaieté de cœur mais je ne pouvais laisser cela impuni. J'ai manqué mourir des mains d'un homme en qui j'avais placé ma confiance. Il était membre d'un groupe de terroristes voulant détruire l'ordre et la raison. Nous en avons purgé la France. Néanmoins nous restons sur nos gardes. Mais n'ayez nulle crainte. La sécurité a été renforcée depuis. Vous êtes entourés d'hommes instruits selon les méthodes russes. Et l'empire de la tsarine est connu pour sa vigilance de fer. »

Le fiacre ralentit en une cohésion presque calculée tandis que le cocher annonçait leur arrivée. Un des gardes ouvrit la porte du véhicule. Ronce laissa descendre ses invités en premier avant de poser pied à terre à son tour.

Autour d'eux la fourmilière bruissait d'activité. Le chantier avait pris ses quartiers sur l'ensemble du Champ de Mars faisant pousser, de ci de là, plus d'une tente où les contremaîtres déployaient les cartes, donnaient leurs directives tels des généraux sur un champ de bataille. Des deux mains la reine rassembla ses jupes, ouvrant la marche aux côtés du garde qui leur avait ouvert la porte. L'escorte dut louvoyer au sein des allées qui parsemaient les lieux passant à côté des ouvriers qui, penchés sur leurs ouvrages, saluaient parfois quand ils n'étaient pas trop occupés. Avec leurs visages et leurs bras noircis par le travail, ils semblaient sortir tout droit d'une mine.

Le garde tira à lui le tissu qui fermait une tente, s'effaçant pour laisser passer sa souveraine et ses invités. Il régnait une odeur de cigarette, de tabac froid. Un homme releva la tête de la table – moustache et barbe taillés, le cheveu ébouriffé à force de passer sa main dedans. Il se leva si vivement qu'il manqua de percuter la table et de tout renverser. L'homme s'inclina, gauchement.

« Vos Majestés. »
« Allons Monsieur Eiffel ne soyez pas si impressionnés. Je voulais montrer votre avancée au Kaiser et à la Keisarinna. Vous nous ferez l'honneur d'être notre guide ? »

Une lueur brilla dans le regard de Gustave Eiffel.

« Oh certainement, très certainement ! Suivez-moi ! »

Se coiffant d'un chapeau qu'il attrapa sur le porte-manteau, l'inventeur ouvrit la marche, avançant dans tout ce capharnaüm avec aplomb, sa canne martelant le sol. Ce fut avec elle qu'il désigna l'imposante structure, les premiers jupons de la Dame de Fer qui, doucement, à son rythme, se dévoilait.

« Au premier étage un restaurant sera placé. Un plus prestigieux encore aura ses loges à l'étage supérieur ! Et un ascenseur, Majesté. J'ai quelques relations avec d'autres inventeurs. Les Français pourront profiter de ce bijou de ce siècle et pourront observer, en un temps record, Paris depuis le ciel ! »

Son regard glissa sur le couple allemand.

« J'aurais été flatté de pouvoir vous faire voir Paris sous cet angle mais les travaux... prendront un an. L'on ne peut... malheureusement... aller plus vite. »



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Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
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Ven 24 Mar - 1:22
Au récit des péripéties françaises du début d'année, Kat et moi restons coi. Il est évident que nous étions en partie au courant de ce qui se passait en France, via des rumeurs notamment - mais rien de cette ampleur. Le visage grave de la reine trahit l'impact que ces évènements ont eu sur elle. Néanmoins, malgré son désarroi, celle-ci se veut rassurante, affirmant que ses soldats sont maintenant plus efficaces.

"Je n'ai pas encore eu à faire aux méthodes russes, mais je suis sûr que nous sommes entre de bonnes mains."

L'ombre d'un sourire plane un instant sur mon visage alors que j'imagine envoyer mes soldats pour des cours particuliers. Je suis tiré de mes pensées par la voix du coche qui annonce notre arrivée. Une fois le fiacre stoppé, je descends en deuxième, étant le plus éloigné de la sortie comme le veulent les règles élémentaires de politesse. Le paysage qui m'accueille est des plus singuliers : un mélange de fer, de poussière et de sueur. Les travaux s'étendent en alvéoles sur une superficie importante et le nombre d'ouvriers présents reflète bien l'ampleur des travaux. En parlant de ces hommes, j'aperçois un certain nombre d'entre eux tenter de se divertir de leurs tâches en regardant Katharina qui elle n'a d'yeux que pour la tente. Je leur lance un regard noir qui a tôt fait de leur redonner du cœur à l'ouvrage. C'est MA femme.

L'odeur qui règne à l'intérieur de la tente me fait plisser le nez dans un premier temps, n'appréciant pas le tabac (je ne garde pas exactement de très bons souvenirs de certains après-midis enfumés de mon père). Mes yeux quant à eux apprécient immédiatement le spectacle. Un homme est penché sur une table, si concentré qu'il se lève d'un bond, manquant de la faire valser au passage, tandis qu'autour de lui règne un capharnaüm qui en dit long sur sa personnalité. Notamment qu'il est probablement architecte, ou inventeur à en juger par les multiples plans qui l'entourent. La reine Ronce nous le présente d'ailleurs comme étant "Monsieur Eiffel". J'effectue un salut poli pour répondre au sien avant de lui emboiter le pas.

Et ce n'est que devant la structure que je réalise à quel point elle est imposante et singulière. Entièrement en fer, la tour grise s'élance déjà pour les cieux et ce alors qu'elle n'en est qu'à son premier étage comme nous en informe son constructeur. Je n'ai jamais eu une très grande sensibilité pour l'art - je suis peut-être trop pragmatique pour pratiquer ou même apprécier ce genre d'activités - mais la structure ne me laisse en tout cas pas indifférent. C'est sûrement pour ça que le premier commentaire allemand revient à Katharina qui - moins convaincue que moi - ne peut s'empêcher de faire une remarque : "Pour ce qui est de la couleur, c'est définitif?"

Je retiens un soupir devant cette remarque typiquement féminine et laisse le soin à Eiffel de répondre avant de lui poser plusieurs questions.

"C'est un projet de grande envergure. A quelle hauteur comptez-vous vous arrêter?" Je regarde un instant le haut de la tour. "La vue doit être superbe de là-haut, cela ne m'étonnerait pas que votre projet de restaurant est un grand succès."

Puis, il nous informe sur un ton étrangement désolé que les travaux dureront un an.

"Ce genre de tour est loin d'être commun. Je pense qu'une durée d'un an est courte pour un tel projet, mais je vous prends au mot. Je vous propose de nous retrouver dans une année et - si je peux observer Paris du plus haut de ses étages - je vous offre un tonnelet des caves impériales ainsi qu'un droit de visite à exercer quand vous le désirerez au palais. Qu'en dites vous?"

Il m'importe peu de perdre, à vrai dire, je souhaite même à l'inventeur de gagner. Nous avons besoin de personnes comme lui pour forger l'avenir de nos pays. Et si sa visite peut inspirer d'autres cerveaux brillants comme lui dans mon pays, alors je perdrais un tonnelet. Je crois que je m'en remettrais.


Mea culpa:
 
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Ronce de France
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Mer 5 Avr - 0:47
Les interrogations envers sa création exaltaient la fibre créative de Gustav Eiffel. Les doigts de l'homme pianotaient sur le pommeau de sa canne, laissant les interrogations se succéder avant d'y répondre. Le père de la Tour Eiffel se racla la gorge, ménageant un suspense inutile mais qui avait son petit effet.

« Votre Majesté. » commença-t-il en adressant ses premiers mots à la Keisarinna. « Ceci n'est que le squelette. La Tour aura, comme toute grande dame, droit à un habillement qui sied à sa stature et à son rang. Que sa Majesté Ronce de France me corrige si je me trompe, mais nous avons prévu des atours dans le plus pur rococo. Blancheur de crème rehaussé de dorures étincelants. »

L'inventeur quêta l'approbation royal du coin de l’œil. Ronce lui répondit d'un bref hochement de tête, poussant Eiffel à continuer à exposer sa création.

« Nous pensons stopper à 324 mètres votre Majesté impériale. » précisa-t-il à l'intention du Kaiser. « Avec mes collaborateurs nous pensons y installer une ligne radiophonique pour propager, au mieux, cette modernité au sein de la France. Grâce à cette tour, à tous nos efforts réunis, la France va pouvoir mieux s'émanciper de ce Sommeil qui l'a ralenti. Sauf votre respect votre Majesté. »
« Il n'y a nul mal. » rassura Ronce.

Elle-même était consciente du lent travail à mener pour moderniser totalement le royaume de France. Pour le moment ce n'était encore que des petites touches, discrètes et parsemées. Mais elles se multipliaient, grossissaient. L'an 7 verrait un nouvel avènement pour le royaume.

« Et au nom de Monsieur Eiffel je prends les paris, Kaiser. » assura Ronce avec aplomb, sourire aux lèvres. « Si je perds vous pourrez exiger de moi une compensation. Probablement l'acquisition d'une vigne bordelaise, une des meilleurs régions productrices de vin de notre pays. Je vous en ferais goûter une bouteille à Versailles. »

En parlant de Versailles, le palais les demandait. Cette visite de chantier n'était qu'un petit divertissement, fort court, mais que, Ronce espérait, avait permis de prouver au couple germanique que la France n'était pas la contrée d'arriérés qu'on tentait de vendre au sein de l'Europe. Remerciant Gustav Eiffel de sa sollicitude, la reine invita ses hôtes à reprendre le carrosse.

À l'approche de Versailles un bourdonnement se fit percevoir – celui des nobles et badauds qui, les yeux fixés sur le carrosse, commentait la venue avant même d'avoir aperçu le couple allemand. Ronce prit les devants et avisa, avec soulagement, que les gardes avaient si bien quadrillé la zone que la foule avait été fendue en deux permettant aux occupants du carrosse d'avancer jusqu'au palais sur une voie bien délimitée.

« Souhaitez-vous profiter d'un des salons ou des jardins ? En cette période estivale, la fraîcheur des fontaines est un régal. Parfaite pour savourer du vin... » Cette précision s'adressait au Kaiser. « Nous avons aussi une profusion de fruits grâce à l'orangeraie. » ajouta-t-elle, cette fois, auprès de la Kaiserinna, tout en avançant le long de l'allée.


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Albrecht Elberhard
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Mer 17 Mai - 0:48
A la récupération du pari par Ronce, un sourire me fend les lèvres. Non pas que je n'ai une quelconque envie de gouter le vin, mais je suis ravi de voir qu'elle se prend au jeu. Cela ne peut qu'être un bon présage.

Puis, la visite finie, nous repartons en direction de Versailles. Le trajet n'est pas réellement long et surtout sans surprise. L'arrivée l'est un peu moins. Une foule assez importante nous attend - ou à en juger par la clameur qui monte avant d'arriver à sa hauteur, Ronce - soigneusement encadrée par les gardes de la Reine. Je me retiens de faire une comparaison avec les nôtres, n'ayant pas réellement envie qu'un badaud le répète par la suite. Je passe d'ailleurs mon regard dans la foule, l'observant sans la voir, tandis que Katharina salue d'un geste impérial la foule. L'interrogation de Ronce m'arrache de mon observation.

"Les jardins me semblent être une excellente idée, un peu de fraîcheur ne me ferait pas de mal."


"Oh, avec plaisir!"
s'exclame Kat à l'idée de goûter des oranges.

Nous suivons tous deux la reine de France à destination. Je profite du trajet pour observer l'endroit. On pouvait voir la patte de Ronce partout, que ce soit de la décoration à la technologie savamment implantée dans les lieux. Ce genre de petits détails balayait le peu de doutes qui me restait : la France était définitivement décidée à aller de l'avant. Une pensée sur laquelle je me devais de cogiter au moins pour le long terme. En attendant, nous arrivons aux jardins.

Une vague de fraicheur bienvenue s'abat sur nous alors que nous prenons place près de la fontaine. Le vin est rapidement apporté ainsi que des oranges fraîches et pelées. Je me sers distraitement une orange tout en goûtant très lentement le vin. Non pas que je veuille passer pour un fin connaisseur, mais ingurgiter ne serait-ce que de petites quantités à des allures de défi pour moi et une odeur rance imaginaire vient souvent effleurer mes narines quand je pense trop à mon verre. Pour oublier celui-ci, je me lance :

"Si je puis me permettre, qu'envisagez-vous pour la France en terme de technologie? Je vois déjà que vous comptez installer la radio pour la diffuser dans votre pays mais avez-vous d'autres vues? Accessibles ou non, bien sûr."

Je serais très curieux de voir ce que la France prépare. Vu l'état actuel du pays, je ne peux le considérer comme concurrent ou même totalement technologique. Je mange un quartier d'orange en écoutant ce que Ronce veut bien me dire. Je lui fait part de l'état actuel de l'Allemagne aussi : tentant d'incorporer de nouvelles technologies aux industries existantes et vacillant sur le sujet de la magie, encore beaucoup trop sensible dans le pays. Bref, beaucoup de travail à effectuer et un peuple pas toujours des plus volontaires. Surtout une certaine partie.

Nous restons un moment à profiter de la fraicheur avant que la reine ne propose une sortie en barque. Avant même de pouvoir m'exprimer sur la question, Katharina accepte pour nous deux. Je garde mon grommellement pour moi et me promets de la pousser dans l'eau si l'occasion vient. La nage n'est vraiment pas ma matière de prédilection. L'homme n'est pas fait pour vivre dans l'eau mais sur terre. Et c'est donc là que je me sens le mieux. Plus tard, assis sur la barque, je me sens tel un ours sur un tronc un peu moisi : pas à l'aise.

"Où allons-nous?"

Que je sache à quel moment je deviendrais veuf.

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Ronce de France
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Lun 5 Juin - 0:47
« Ce que je prévois pour la France ? » répondit Ronce avec emphase à la question du Kaiser. « Mais tant de choses. Je me suis bien trop enlisée dans des tracas internes. Il me faut avancer et ne pas compter sur quelques bonnes âmes pour venir frapper à ma porte. »

Ronce précisa sa réflexion, énumérant quelques exemples. Un couple roumain lui avait offert l'électricité, énergie nouvelle, moderne, que la reine avait implanté aussi bien à Versailles que dans bien d'autres lieux communs ainsi que les rues. Avec cet éclairage les bandits et criminels avaient plus de difficulté à mener leurs crimes qu'auparavant, les ténèbres chassées par la fée Électricité. Elle parla aussi d'un duo de frères qui lui avait présenté la gatling et fait monter dans une voiture. Malheureusement ils avaient disparus empêchant d'entériner tous ces projets. Ne restait que la gatling, bien confinée au sein des trésors du royaume.

« La voiture, j'espère la voir un jour implanté en France comme elle l'est en Europe et même en Amérique. Les seules que nous voyons proviennent de poches assez fortunées pour acheter à l'étranger. »

Au moins la France pouvait compter sur les navires volants. Une longue histoire, un cadeau de feu Felipe Rey de Marisma. Oui c'était lui le souverain d'Espagne avant le couple de Burbona. Un grand ami dont la disparition lui avait coûté bien des larmes. Ronce eut un instant de recueillement avant de laisser parler le Kaiser à son tour, soupirant à l'unisson lorsque fut entamé le sujet du peuple.

« Parfois j'ai l'impression qu'être souverain revient à être parent d'un millier d'enfants. Nous nous devons de répondre à leurs besoins et de prendre des décisions, quittent à ne pas être aimés en retour. Tout cela pour leur bien. »

Trop occupée à deviser politique, Ronce avait à peine touché aux oranges, n'en croquant un quartier que de temps à autre, humectant sa bouche de leur saveur acidulée. La reine en vint à proposer une balade en barque sur l'un des multiples canaux se déversant au sein de Versailles et de ses jardins. Proposition acclamée par la Keisarinna, accueillie plus modestement par son époux. En le voyant si peu à l'aise au sein de l'esquif, Ronce craignit une quelconque phobie et s'empressa de le rassurer.

« N'ayez crainte, le Grand Canal n'est guère profond. Vous verrez, ce sera plaisant. »

Entre ses doigts Ronce faisait tourner une ombrelle. Un valet menait la barque d'une main de maître, oreille discrète au sein de ses verbiages élégants sous couvert d'après-midi dominical.

« Kaiser, si vous souhaitez que je vous apporte une quelconque aide sur le plan technologique, je le puis. J'ai de très bonnes relations avec nombre de pays qui pourraient vous aider, comme mon voisin le Luxembourg-Bergie. Ils ont réussi à développer une ligne de navires volants plus performante que la moyenne ! Fut un temps je vous aurais poussé à vous rapprocher de l'Espagne, mais ce royaume se porte fort mal depuis le règne de leur dernière souveraine... Un gâchis. »

Ronce n'avait jamais caché à quel point le changement opéré en Espagne l'avait, plus que blessé, particulièrement écœuré. Un pays avec tant de potentiel, tant de prestance, réduit à peau de chagrin.

« Puis les quelques apports que l'on m'a apporté pourraient vous aider. J'ai aussi quelques avancées qui s'annoncent au sujet de la sécurité du pays, inspirées par le modèle russe. Peut-être trouverez-vous là de quoi apaiser vos tensions internes ? »

La reine avait déjà mis les mains dans le goudron en finançant une révolte populaire, un coup d’État. Elle n'était plus à son coup d'essai.


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Albrecht Elberhard
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Sam 17 Juin - 0:48
Je prends note mentalement de tout ce que me dit la reine de France, retenant une grimace de déplaisir en entendant parler de l’électricité roumaine. Il n’était pas dit que l’Allemagne en resterait là sur le sujet. Le reste des inventions me fascinent : à entendre parler Ronce, on jurerait que ces inventions lui sont arrivées comme sur un plateau d’argent. Peut-être aurais-je la même chance avec mon propre pays quand celui-ci sera définitivement calme. Je me retiens de faire une remarque sur la voiture, sachant qu’à l’heure où nous parlons des prototypes avancés sont créés en secret pour tenter de souffler la concurrence. Néanmoins, cette remarque de Ronce fait flotter dans l’air une idée de partenariat commercial. Pourquoi ne pas combler la demande avec une belle offre ?

Tant de pensées que je cogitais encore maintenant, coincé sur la barque. Je m’efforce de détourner mes yeux du mouvement hypnotique de l’eau et réponds à Ronce d’un petit rire nerveux :

« Je vous fais confiance ! »

Quelques tours d’ombrelle passent avant que Ronce ne reprenne la parole, avec cette fois-ci deux propositions des plus intéressantes. La première serait de me mettre en contact avec d’autres pays, avec notamment le Luxembourg-Belgie. Immédiatement, j’oublie l’eau autour de moi, me relevant légèrement dans la barque. Je vis pour des occasions comme celles-ci. Notre production de navires volants est à l’image de notre industrie de base : efficace mais à la traine technologiquement. L’Allemagne excelle dans peu de domaines hormis l’armement, le résultat malencontreux des années de repli peu propices à la découverte et au partage de nouvelles technologies. Si je doute que l’homme à la tête du pays ne partage l’as dans sa manche, je peux quand même espérer des accords de quelque sorte ou une avancée technologique même basique. Il reste néanmoins un problème.

« Il est… probable que l’Allemagne s’intéresse aussi à la magie. Même si celle-ci n’est pas immédiatement exploitée, cela ne pourrait-il pas poser problème à un dirigeant dont le « dédain » pour la magie est de notoriété publique ? »

L’Espagne. Un pays qui aurait pu être prometteur s’il ne s’était pas quelque peu autodétruit. Voilà exactement le genre de situation que je voulais éviter pour mon empire. Néanmoins, il y a plus de risques que le danger vienne des seigneurs que de moi-même. Je ne m’appelle pas Ceniza.

« Un véritable gâchis comme vous le dites, hélas. Par ailleurs… » Les yeux de Katharina s’allument comme si je venais de lui laisser notre navire volant pour elle toute seule – elle voit où je veux en venir. « …les rumeurs au sujet de la visite de la reine d’Espagne en Autriche et de sa conclusion peu agréable étaient-elles vrai ? » Il faut dire que l’affaire avait fait grand-bruit en Allemagne, principalement pour se moquer de la reine – pays un peu rustre oblige.

Je n’oublie pas sa deuxième proposition, loin de là. Il me fallait juste adresser ce point-ci en premier. De nouvelles méthodes de sécurité provenant de la Russie… L’idée était tout aussi intéressante que la première. Les Russes étaient connus pour être d’un naturel antipathique qui se manifestait particulièrement bien dans leur capacité à défendre leurs frontières mais surtout d’assurer la sécurité de leur peuple. Ce qui est exactement ce dont j’ai besoin.

« Je serais plus qu’intéressé d’entendre parler de ses mesures de sécurité et de les voir en action. Il est vrai que mon pays a besoin d’une sécurité accrue, autant vers l’extérieur que l’intérieur. »

Car si l’on oublie un instant le problème posé par les seigneurs – chose peu aisée, je le conçois – il faut se rappeler que le pays n’a de système de défense global en place, comptant plutôt sur chaque fief individuellement pour se défendre.

Quelques instants passent et je me décide. Il est temps de parler partenariats et bénéfices.

« Si je puis me permettre de revenir sur un souhait que vous avez émis, j’aimerais vous proposer un partenariat pour la construction de voitures. Nous disposons en Allemagne d’une industrie solide, capable de rivaliser avec celle des pays voisins. Cependant, nous ne disposons pas de votre accès à diverses technologies ou de votre réseau de relations. Que diriez-vous d’établir une entreprise sous une égide franco-allemande ? »


L’idée est audacieuse certes, mais également prometteuse.
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