Décembre 06. Éclats de porcelaine

 :: L'Europe :: France :: Ville de porcelaine Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Sam 18 Fév - 18:34
Fait suite à ce rp : Mariage royal

:rose: :rose: :rose:

À leurs pieds s'étendaient une contrée au sol aussi blanc, poli et reluisant que le fond d'un plat à gâteaux. Çà et là se dressaient des maisons tout en porcelaine et peintes des plus vives couleurs. Elles étaient très petites, la plus haute atteignait tout juste à la ceinture de Dorothée. [...] Et merveille des merveilles! tout ce peuple était de porcelaine, jusqu'aux habits, et si petit que le plus grand d'entre eux arrivait à peine au genou de Dorothée.

Le Magicien d'Oz

:rose: :rose: :rose:

Une saveur âcre emplissait la bouche de Ronce. Levant des paupières alourdies, son esprit battit la campagne en tentant de trouver, au sein du décor qui s'offrait à elle, un relent de familiarité. Quelque chose de connu auquel se raccrocher. Rien ne vint la ramener à un quotidien moins tourmenté. Tout ce qui se présentait à ses yeux était blanc – blanc porcelaine teinté de veines bleuâtres ou de rose pâle. De la porcelaine de Sèvres qu'une magie inconnue, ou un artiste particulièrement doué, avait édifié en maisonnettes et fermes. Sous le regard intrigué de la reine une vache en céramique se promenait, nonchalamment, dans un pré.

La voix de l'antique djinn lui rappela sa présence, rapidement suivie de l'aura d'épices qui flottait autour d'elle tel un gigantesque manteau.

« Le village de porcelaine. Magnifique endroit que la technologie n'a pas encore souillé. Heureusement. »

Ronce eut le réflexe de se tendre en arrière à la vue du visage ridé, remarqua alors la présence des liens qui la sanglaient à un arbre. Une rapide inspection des alentours lui fit remarquer que Farah, et probablement sa complice, l'avaient saucissonnée sur la place publique.

« Vous auriez pu, tout de même, éviter de froisser ma robe de mariée. »

Elle se surprit elle-même de prononcer une telle provocation alors que la situation était clairement à son désavantage. Le regard de Farah se planta en elle comme une aiguille.

« Sais-tu au moins pourquoi tu es là ? »

Si seulement. Néanmoins la question était de pure forme.

« Vois-tu je n'ai jamais pu accepter le fait de mourir. Grâce à ton petit mariage, et à ton époux, j'ai gagné quelques années. Mais ce n'est pas suffisant. Que veux-tu. » asséna-t-elle avec un haussement d'épaules. « On goûte à un bon vin et on ne peut plus s'en passer. J'aurais pu mener ce rituel un autre jour mais je voulais que tout soit idéal. Les courants telluriques, la concentration en magie et... un instant parfait pour profiter d'une faille chez toi, ma filleule. »

Ronce fronça les sourcils, cherchant à comprendre.

« À travers toi, j'ai lancé une malédiction sur le royaume de France. Ce sort a concentré beaucoup de magie au sein de cette terre, de ses habitants. Mais c'est avec toi, ma petite, que le lien est plus fort. Parce que tu étais le déclencheur ! Ici... » Farah écarta ses bras, faisant bruisser ses châles. « … la magie va se concentrer, venir à ta rencontre. Comme les vagues qui s'échouent sur une plage. Et quand tu en seras gorgée jusqu'à satiété je prendrais tout. Je boirais toute ces années qui résident en ce petit corps. Le passé, le présent... ton espérance de vie ! »

Le poignard brilla dans son poing celui-là même qu'elle avait utilisé à Versailles. Avec la dignité d'une grande dame Farah s'assit sur un siège de porcelaine, ses doigts jouant sur la lame. Ronce tenta de se dégager de ses liens mais les cordes se resserraient, mordaient sa chair.

:rose: :rose: :rose:

Lorsque la montre s'était brisée Manuela avait du réprimer un sanglot.

Elle l'avait senti, liée qu'elle était à cet artefact. De même que Farah. Le rituel devait une nécessité. L'Espagnole se mordit l'ongle, excédée par son propre échec. Juchée dans les branchages des arbres environnants, elle tâchait de se faire aussi discrète que possible. Et de se concentrer sur le plan. Il était évident que des gens partiraient en quête de la reine de France – par simple bonté ou volonté de se remplir les poches avec une belle récompense. Même privée de sa sorcellerie, Manuela ne manquait pas de ressources. Encore moins depuis que Farah, profitant de l'endormissement de la reine, lui avait confié quelques artefacts féeriques de son cru.

Portant l'appeau à sa bouche, Manuela siffla. Un long sifflement aigu, presque perçant, rappelant le cri d'un oiseau. Ils se posèrent parmi les branchages, les faisant ployer sous leurs poids. Qu'ils soient moineaux, rouge-gorges ou éperviers, tous arboraient cette même couleur de porcelaine de Saxe. Et comme toute créature résidant en ce village ils avaient beau être brisés, toujours ils se reconstruisaient – magie réparatrice. Deux sifflements brefs et ils s'envolèrent en un bruissement d'ailes argentés. Trouvant leurs cibles ils foncèrent à leurs rencontres, serres et becs quêtant un œil à crever, une chair à blesser.


Revenir en haut Aller en bas
Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
avatar
✦ Double-compte : Chester//Alexender//Friedrich F Edelstein//Nikolas Klaus//Hanako/Hideo

Ven 24 Fév - 23:46

Conserver ces objets qui appartenaient à son passé de ex-lieutenant s'était révélé être une des meilleures idées qu'il avait eu. La montre à gousset magique lui avait permis de se rassurer sur l'état de Ronce – l'aiguille indiquait « en danger » mais non « mort » ce qui, en soi, était une consolation. Quant à la citrouille, juchée à l'avant de la calèche, elle guidait le cocher. Kay avait craint de devoir sillonner l'Europe, voire le monde, mais le chemin semblait aboutir à une région de France. Comme si les deux kidnappeuses avaient été trop fatiguées pour aller plus loin.

Toujours sur les nerfs malgré ces maigres informations rassurantes, Kay partagea ces informations avec les deux autres hommes qui occupaient l'habitacle. Deux dirigeants qu'il avait emmené avec lui, de gré ou de force, tout en ne tâchant pas d'exprimer à voix haute qu'il requérait leur aide, orgueil mal placé.

— On devrait arriver au but dans quelques minutes. Cela faisait déjà des heures qu'ils roulaient, la calèche bringuebalant sur la route. La reine va bien. Je crois. Au moins ils l'ont pas tués. Du moins du peu que je sais.

Kay préférait rester flou sur les méthodes qui lui avaient permis d'arriver à cette conclusion. La présence du Kapphären l'en empêchait. Anti-magie notoire, peu sûr qu'il demeurerait aux côtés de Kay plus longtemps s'il connaissait les méthodes d'investigation du roi.

— Je me doute que tout ça peut avoir des conséquences géo-politiques. Mais, aujourd'hui, tout ce que je vois c'est que je veux sauver ma femme. Le reste n'a aucune importance.

Le carrosse ralentit tandis que la voix du cocher résonna, leur faisant comprendre qu'ils étaient arrivés à bon port. Kay descendit à premier indiquant, quelques secondes après, d'un geste de la main que le Kappharën et le Kaiser pouvaient le suivre. Un charmant petit village se dressait au bout du chemin. Un village tout en porcelaine. Kay pouvait voir des figurines animales se mouvoir, lentement, comme si elles avaient peur de se briser. Pas besoin d'être connaisseur pour deviner que tout cela flairait la magie. Kay jeta un regard au Kapphären, tout en notant, du coin de l'oeil, que le cocher avait pris soin de cacher la citrouille magique (celle qui avait servi à retrouver Ronce) sous un morceau de tissu.

— Vous allez pas tourner de l’œil, hein ?

Il avait mieux à faire que de devoir secourir un damoiseau tombant dans les vapes face à trop de magie. Le regard de Kay se posa sur le Kaiser.

— Vous avez bien votre arme ? Bon. Je sais pas ce qui nous attend. Alors tenez-vous sur vos gardes, suivez pas les voix sans savoir qui c'est et restez groupés. J'ouvre la marche, vous suivez.

Les vieilles habitudes revenaient, celles acquises par expérience au sein de la police russe. Kay parlait, ordonnait, donnait les directives sans même se rendre compte que, ainsi, il agissait déjà en roi. La main posée sur son arme, l'homme avança.

Et les premiers oiseaux leur tombèrent dessus.





Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Dim 5 Mar - 21:41


Eclats de porcelaine

A Ville de Porcelaine, suite du Mariage Royal




A sorcière magique, village magique, cela semblait passablement logique et réprimant une œillade assassine envers Kay, Jan avança sur la route, la main sur son épée.

Il n’avait pas été forcé de les accompagner, s’étant présenté volontairement lors du mariage et passablement heureux de défendre les intérêts d’une personne qu’il affectionnait particulièrement. Son seul regret ayant été de délaisser sa fille, il s’était permis de lui écrire une longue missive, léguant son héritage à sa première née s’il ne devait pas en revenir, avant de glisser quelques mots dans un pli privé qu’il remit à Crapaud, dans la plus grande discrétion. Ce message-là n’était destiné qu’à un seul homme, vivant celui-ci, et ne serait remis à Mads qu’à l’annonce fiable de sa mort. Et Jan n’était pas d’humeur, à cet instant, à repenser à ce brusque à-coup émotionnel ni à ce qu’il avait pu lui écrire – vague folie que tout cela, que Dieu pisse à la raie du romantisme.

La magie le rendait nerveux et caractériel. La présence d’Aalbrecht n’arrangeant rien. Il n’avait que peu goûté à sa tentative décérébrée de le contrer lors du kidnapping et se demandait méchamment si l’empereur n’allait pas réitérer. Il ne portait sur lui rien d’autres que sa rapière pour se défendre, dédaignant la magie, et ne se permit aucune question fallacieuse à l’égard du Roi de France – chacun ses méthodes et il en aurait fait autant.

Mais tout de même, quel aspect putride et malaisant que ces établissements de porcelaine.

« Quand je pense à ce qu’elles ont pu faire à sa robe… » Maintenant que Ronce demeurait vivante et possiblement non blessée, il pouvait se permettre ce genre de réflexion. Et les dents serrées, avança aux côtés de Kay avant de jeter un regard méfiant aux oiseaux qui venaient de se rassembler. « Cela ne me dit rien qui vaille… » La suite lui donna raison quand l’envolée fonça sur eux.

Incapable de se défendre magiquement face à cette attaque physique orchestrée par les deux sorcières, Jan délaissa son pouvoir pour mieux dégainer. Et tranchant la tête du premier oiseau, sentit les serres d’un enième s’accrocher à son costume blanc pour en déchirer l’épaulette, dans un postillon de sang. Dans un feulement, il frappa du poing pour l’en déloger, manqua de peu de perdre une oreille et subit une griffure importante à la tempe.

L’oiseau, cause de cette blessure, finit les serres tranchées à vif, dans une cassure nette. Porcelaine lui aussi.

« Du diable de tout cela ! » Rugit Jan, excédé. « C’est ainsi que vous affrontez ceux qui se présentent à vous ? En parfaite lâcheté ! » Elles ne devaient pas être loin, ces deux saloperies. Et il lui comptait de leur crever les yeux comme elles tentaient de le faire à cet instant.










Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
avatar
✦ Libre pour RP ? : Dispo!

✦ Double-compte : C. Muffet

Mar 7 Mar - 22:39
Sokolov m'avait donné une heure pour me préparer et je fus prêt en trente minutes. Il n'était pas dit que l'empereur d'Allemagne laisserait son alliée tomber. Aidé par le peu de domestiques que Katharina avait insisté pour amener (il faudra d'ailleurs que je pense à la remercier), je fus rapidement équipé de mon armure d'apparat et de ma rapière - pour éviter de devoir donner des coups de pieds dans celle des autres. Harnaché en quinze minutes, j'aurais pu partir directement. Seulement, Katharina avait été touchée par la magie de Farah.

Ses cheveux poussaient maintenant sans cesse, cachant comme du lierre son visage en pleurs derrière ses mains. Peureux, les domestiques n'osaient pas s'approcher plus près, de peur d'être contaminés. Sans afficher une once de peur et avec douceur, j'avais écarté ses cheveux en partant de la racine, avant de prendre son visage dans mes mains.

"Kat. Tout va bien aller."

Seuls des sanglots m'avaient répondu.

"Ce ne sont que des cheveux et..."
, je m'étais penché vers son oreille pour souffler ces mots, "pensez à quel point les autres dames de la cour vont être jalouses."

Je lui avais souri avant de l'embrasser sur la joue et de me tourner vers le personnel diplomatique de faible importance qui venait d'arriver. "Vous allez la ramener au château. Vous attacherez également cette lettre au corbeau qui est dans ma chambre. Vous n'avez pas le droit d'échouer." J'avais griffonné en toute hâte un lettre à un certain sorcier scandinave et sur un dernier regard tendre pour mon épouse, j'étais parti en direction de l'inconnu en compagnie de Sokolov et de Jan.

Et maintenant, j'observe le paysage défiler sans un mot, tandis qu'une atmosphère on ne peut plus lourde règne dans la calèche. Je ne peux que penser aux conséquences de mes actes. Katharina saura-t-elle me pardonner ce départ impromptu, même s'il est entouré de nobles intentions? La lettre est-elle le début d'une avalanche politique? Ronce aurait-elle pu être sauvée si j'avais agi différemment? Le poids de mes actions me pèsent mais je ne peux pas les laisser m'influencer. Ainsi, quand Kay prend la parole, c'est avec une expression concentrée que je l'écoute.

L'omission de déclaration de ses méthodes ne m'échappe pas, mais j'en fais fi. Il a sûrement ses raisons et tout ce qui compte c'est que Ronce est vivante. Je hoche la tête devant sa déclaration et prend la parole un court instant :

"Je ne suis pas ici en tant qu'empereur allemand, mais en tant qu'ami. Nous la retrouverons et la ramènerons saine et sauve, je vous le promets."

Puis, lorsque la calèche s'arrête, je descends en suivant le roi de France. Et c'est un spectacle des plus étranges qui nous attend. J'avais entraperçu des silhouettes étranges et brillantes en regardant par la fenêtre mais je comprends maintenant ce qu'elles sont. Des figures animales en porcelaine. Et même si sa remarque sur la robe de Ronce me donne envie de pousser un grognement de frustration, je ne peux m'empêcher d'acquiescer devant le mauvais pressentiment de Jan.

Et évidemment, celui-ci se concrétise. Des oiseaux foncent maintenant vers nous, leurs becs brillant de malice. Je dégaine mon revolver et sort ma rapière de son fourreau calmement, attendant qu'ils soient plus proches de nous pour agir. Puis, quand le premier arrive à portée, j'effectue un pas de côté et éclate l'un d'entre eux à l'aide de ma rapière, ne perdant pas de temps pour le regarder se briser en un millier d'éclats sur le sol et tirant sur un oiseau qui fonçait droit en direction de mon cœur. Dans un bruit satisfaisant, celui-ci explose contre mon armure. Mon envie de sourire passe rapidement en voyant l'état de Jan. Je manie la rapière avec des efforts redoublés pour intercepter un maximum d'oiseaux allant dans sa direction tout en économisant mes balles. Une certaine fée en mérite au moins une.

Revenir en haut Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 10 Mar - 23:22
Manuela se mordait les lèvres, ses mains étreignaient l'appeau pour ne pas dévoiler sa présence. Sa joue plaquée contre l'écorce de la branche maîtresse elle observait la débandade en contrebas, se réjouissait du ralentissement opéré. La sorcière devait les retenir, peu en importait le prix, tant que le temps nécessaire au rituel était conservé. Sa bouche se plissa en une moue presque adorable à la vu des gisants, ces oiseaux brisés tels des jouets. Le Kaiser avait des allures de chevalier d'antan avec son armure et sa volonté de jouer les protecteurs. Dommage que son artefact ne soit plus en sa possession. Manuela l'aurait bien transformé en quelque chose de moins fougueux. Quelque créature dépourvu de ce courage de lion. Un petit teckel, tiens. Cela aurait été adorable !

Néanmoins les oiseaux tombaient bien trop vite et aucun d'eux ne pourrait endiguer l'avancée ferme de ces trois hommes. La main de l'Espagnole fouilla dans sa besace, en extirpa une boule colorée – une bombe toute chatoyante dont elle tira la languette avant de la projeter en l'air, traçant une parabole dans les airs. La bombe explosa au-dessus de l'équipe en un vacarme sonore accompagné d'une curieuse sensation. Celle d'un courant électrique, invisible, parcourant l'atmosphère.

Au loin un animal émit un hurlement profond, grave comme le tonnerre.

:rose: :rose: :rose:

Ronce l'entendit. Levant la tête elle quêta du regard un changement. Farah eut à peine un haussement d'épaules, tout juste tourna-t-elle la tête avec le flegme d'une vieille dame qui en a vu d'autres.

« Oh déjà. Manuela n'a jamais su se dompter. Les Espagnoles... Des femmes pleine de fougue. »

Ronce l'interrogea du regard. La djinn se fendit d'un sourire.

« Tu savais, filleule, qu'il existe des créatures haïssant la magie ? Le risque est à prendre mais ces êtres peuvent se montrer d'une telle violence ! »
« Et vous ne craignez pas qu'elles viennent vers vous ? »
« Sotte. Ils ont d'autres chats à fouetter. »

Ronce s'humecta les lèvres mal à l'aise. Elle avait perçu la magie émanant du Kappharën alors qu'il la nimbait d'une aura protectrice qui avait su déjouer la magie de la djinn. Son époux était, tout autant, doté d'un pouvoir. Quant au Kaiser, elle n'en avait nulle idée. Mais cela faisait deux cibles de choix. Tordant les bras, la reine reprit sa tentative, aussi vaine que désespérée, d'échapper aux liens. Face au sourire narquois de la djinn, elle hurla. Hurla à s'en exploser les cordes vocales espérant que ce cri saurait parvenir à ceux venus l'aider, les guiderait jusqu'à elle. Des cordes encerclèrent sa bouche, meurtrirent ses lèvres, la contraignant au silence.

:rose: :rose: :rose:

Manuela assura son assise sur la branche, se faisant la plus petite possible. Si les créatures percevaient sa présence, elle risquait tout autant le danger que ceux qu'elle avait visés. Ils étaient trois, trois boules de fourrure incandescente à la voix grondante, dont la démarche pataude rappelait celle des ours. Des Ursidae. Créatures ne supportant pas la magie, ne répondant à son appel que par la violence, une volonté insoutenable de la détruire. Levant la tête leurs truffes reniflèrent l'air. L'un d'eux, avec un geste preste, saisit un oiseau en porcelaine qui volait trop près de lui. Il le croqua, le mastiqua comme un homme l'aurait fait avec une cuisse de poulet. En deux coups de mâchoire la porcelaine fut réduite à néant.

Leurs poils se hérissèrent en approchant les trois hommes. Un Ursidae grogna, ouvrant largement sa gueule, tandis qu'un autre se repliait sur lui-même, carrant sa tête entre ses épaules, prêt à foncer. Le troisième s'élança avec une détente rapide, ses pattes avant écartées pour mieux saisir la première cible. Fonçant aveuglément, indifférent au danger.


Revenir en haut Aller en bas
Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
avatar
✦ Double-compte : Chester//Alexender//Friedrich F Edelstein//Nikolas Klaus//Hanako/Hideo

Dim 12 Mar - 0:27

Kay n’était pas vraiment sûr d'avoir bien entendu. La robe de Ronce ? Il ne pu cacher un haussement de sourcils et un léger soupir non dissimulé. On viendrait à découvrir le Kappharen porter des robe tellement il aimait les coudre que cela ne l’étonnerait même pas. Bien que cette révélation soulèverait certaines questions plutôt particulières.

Et pendant ce temps le Kaiser lui sortait un discours sur l'espoir et l'amitié. Kay le connaissait à peine. Il était dur pour lui de parler d'amitié. Peut-être de la part de Ronce. Elle l'avait rencontré auparavant. Mais Kay connaissait à peine l'homme, au contraire du Kappharen.

Mais pas le temps de s’étendre sur des amitiés entre hommes. Le comité d’accueil était arrivé. Kay resta en retrait préférant garder ses forces pour la suite et étudier le terrain alors que les deux autres royautés réglaient le problème. Il devait l'avouer, ils avaient l'air de plutôt bien se débrouiller avec la vermine. Il devait au moins reconnaître cela. Ils savaient se servir d'une lame, ce n’était pas juste pour la frime et cela malgré quelques blessures, mais rien de grave apparemment.

Kay fit quelque pas quand une explosion apparut pour s'ensuivre un boucan plutôt peu rassurant.

— Bon on dirais qu'on nous sert la suite de notre repas. J’espère que vous n’êtes pas rassasié.

Kay avait beau regarder en direction de l'explosion il ne voyait personne. Du coup il pouvait croire, à juste titre, que la personne qui avait provoqué cette mini invasion de créatures grincheuses était déjà partie plus loin.

— Bon on a déjà perdu assez de temps. Il faudrait qu'on avance au plus vite. Rien ne garantit que Ronce sera encore indemne longtemps dans les mains de cette folle de djinn.

Kay voulait dire de foncer dans le tas, mais son corps était déjà parti pour essayer de donner un gros coup de pied dans le plus gros du lot. Malheureusement son coup avait du manqué de puissance. La créature n'avait pas été éjectée comme il l’espérait. Pire encore elle s’était accrochée à sa jambe.

— Saleté de créature de résidu de café froid,. Lâche moi immédiatement. J'ai une femme à aller voir moi. Hey Jan, ou Albrecht, cette chose veut pas me lâcher !

Kay ne s’était pas retourné. Il ne savait pas si ils étaient occupés ou non, mais il ne dirait pas non à un petit coup de pouce avant de sortir la hache !


Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Sam 18 Mar - 12:37


Eclats de porcelaine

A Ville de Porcelaine, suite du Mariage Royal




Un costume de fichu, fut la seule pensée de Jan en sentant le sang couler de son oreille au lobe coupé, droit sur la blancheur de son col. Pestant, il leva pourtant les yeux pour mieux observer l’explosion – la maudite sorcière demeurant pour l’instant hors de vue. Et nettoyant sa rapière des débris de poussière de porcelaine, la pointa à nouveau vers le sol, le bras peu affaibli après ces amuses-bouches.

Il n’était pourtant pas combattant. Et quand le grognement animal rugit au loin, tressaillit nerveusement, regrettant l’absence de ses gardes, ainsi que de son premier capitaine. Félix aurait eu fort à faire avec ce genre de bestiaire. De carrure presque équivalente à Kay, ils auraient été même beau à regarder tout en sirotant le thé. Hélas, il se devait d’être en première ligne ce jour et soupira fortement en voyant s’amener deux Ursidae.

« De tous, il a fallu leur choisir ceux-ci… » Marmonna-t-il avec déception, l'idée de devoir les atteindre portant atteinte à ses propres sentiments.

Jan les adorait, ces bestioles un peu pataudes, avec leur mine un peu ronchonne et leur haine de la magie. S’ils avaient été plus facilement domesticable, le jeune Kapphären en aurait même acquit une paire pour son propre usage personnel. Mais voilà qu’ils fonçaient déjà sur Kay, et que ce dernier, peinant à s’en débarrasser, les enjoignait à le défendre.

Et Ronce qui n’était toujours pas en vue, ni ces deux créatures qu’il renverrait à l’enfer avec une délectation toute particulière.

« Peste, foutre ! De toute cette maudite ville magie et des sorcières en son sein il faut donc que ça soit nous qu'ils attaquent ! »

Jan cilla vers l’allemand. Évita le coup de patte du second, planta sa rapière dans son échine, plus pour l’immobiliser que pour le tuer et déclencha son pouvoir en s’approchant de Kay.

L’Ursidae, saisit par les informations contraires qu’on lui parvenait – magie de sans magie mais magie tout même sans qu’il n’y ait de magie – grogna, recula, agitant la tête en tous sens, les yeux roulant dans ses orbites, cherchant à mordre comme à trouver une meilleure victime.

Suffisamment perdu pour que l’allemand agisse s’il le souhaitait.











Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
avatar
✦ Libre pour RP ? : Dispo!

✦ Double-compte : C. Muffet

Mer 5 Avr - 21:24
La situation s'est encore compliquée. Au lieu de devoir simplement affronter des oiseaux en porcelaine, voilà que des Ursidae se joignent à la partie. D'un grognement de frustration, je m'apprête à encaisser la charge d'un des ours quand Jan intervient. Lançant un quelconque sort dans ma direction (de confusion peut-être?), il perturbe totalement l'animal qui ne semble pas savoir quoi faire. Au même moment, Kay lutte contre un des ours qui refuse de lui lâcher la jambe. Je considère très rapidement mes options avant d'arriver à la conclusion que l'ours devant moi doit être abattu avant de faire quoique ce soit.

Profitant de la confusion de l'ours, je lui assène un coup de poing de ma main ganté qui rajoute de la douleur au mix d'émotions que celui-ci doit ressentir. Pas suffisamment pour être réellement efficace, mais peut-être assez pour me permettre de lui asséner un coup décisif. D'un mouvement en arc de cercle, je tente de lui fendre la gueule. C'était sans compter sur rapidité et sa puissance. Alors même que ma rapière se dirige vers lui, l'Ursidae montre ses crocs et casse la lame d'un coup de mâchoire vif. Je suis pendant un court instant sidéré, contemplant ce qui reste de ma lame avec incrédulité. Puis la réalité s'impose de nouveau à moi. L'ours. Les ours. Kay. Secouant la tête pour chasser la surprise du moment, je m'adresse rapidement à Jan.

"Il faut aller aider Kay. Voyez si votre magie peut l'aider, je m'occupe de l'ours."


Sans attendre que l'animal en face de moi réagisse à mon coup d'épée, je m'élance en courant en direction de celui qui tient la jambe de Kay, le chargeant l'épaule la première pour essayer de le repousser ou au moins de lui faire lâcher prise. Persuadé que l'animal est trop occupé à tenir bon, je n'anticipe absolument pas un mouvement de sa part. Et grand mal m'en fait. Me voyant venir, celui-ci décide tout simplement de s'écarter au dernier moment.

C'est les yeux agrandis par la surprise que je rate l'ours et m'étale par terre, glissant sur quelques mètres la tête la première.

Je n'arrive pas à me lever tout de suite, le souffle coupé par la douleur (et l'égo quelque peu détruit). Le poids de l'armure était parfait pour une charge, mais certainement pas pour une charge ratée, augmentant la force de l'impact avec le sol. Péniblement, je me relève et me contente d'un austère : "sans commentaire". Les mains sur mes genoux, je retrouve péniblement mon souffle tandis que j'essaie de repérer sans succès la fichue personne qui nous a envoyé les ours. Je jure qu'elle périra de ma main. Lentement. Mais d'abord, il faut déjà tuer les bêtes ou les ramener d'où elles viennent - en admettant que c'est possible. La magie qui les a invoqué pourrait peut-être également les ramener. Urgh. J'aimerais avoir Andreas sous la main en permanence pour tout ce qui traite à la magie; les trois quarts du temps je me sens perdu. Et le reste du temps je n'ai pas à affronter des êtres magiques poilus. Ce qui n'est pas une mince affaire.

Oh et il faudrait peut-être songer à sauver la reine. Accessoirement.
L'ours & l'empereur:
 
Revenir en haut Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Lun 10 Avr - 1:06
Le spectacle avait de quoi amuser avec ces grands gaillards mis à mal par une troupe d'Ursidae, le Kappharën seul réussissant à tirer son épingle du jeu en se reposant sur son don. (Ironie) Manuela s'en mordait les lèvres pour ne pas s'esclaffer devant cette pantomime. Un hoquet franchit, pourtant, la barrière de ses lèvres lorsqu'un Ursidae, rendu confus par la magie de Jan, complètement perdu par les informations contradictoires, heurta de plein fouet l'arbre où se tenait Manuela. Choc terrible, vibration du corps végétal incontrôlée. Manuela chuta, elle et tout son fatras d'artefact magiques qui tombèrent en pluie diluvienne et sonnante.

Les Ursidae se retournèrent en sa direction comme un seul homme. Les yeux de Manuela s'écarquillèrent comme des soucoupes tandis qu'elle tentait de s'éloigner du contenu du sac renversé. Et stoppa net lorsqu'une blessure la cloua au sol – cheville foulée par la chute. Les Ursidae se rapprochèrent d'elle avec une lenteur calculée, celle des prédateurs encerclant leur proie. Ils percevaient la magie de chaque objet, l'associait à cette humaine qui, loin de baisser sa garde, cherchait un moyen de les repousser en fouillant dans les artefacts, l'esprit rendu blanc par la panique.

« Hors de question que vous me fassiez la peau les trois ours ! » claironna-t-elle.

Elle ne put éviter le coup de patte qui l'envoya au sol. Manuela releva la tête, croisa le regard des trois hommes (ou de l'un d'eux, elle n'aurait su dire). Ils avaient un minimum d'humanité, ils n'allaient pas la laisser là. N'est-ce pas ? Mais, à leur place, l'Espagnole aurait profité de la diversion. Le village était tout proche, on en percevait les premières maisons à vue d’œil.

« Mierda ! » L'insulte était aussi bien un acte de colère qu'un appel à l'aide mal dissimulé. « Mierda ! Si vous me laissez crever, je... j'espère qu'elle vous maudira tous ! »

Manuela cracha, long filet de salive empli de rancœur tandis que son visage s'effaçait derrière un paravent de fourrure rougeoyant. L'air semblait saturé d'électricité. Vous pouvez sentir un courant vous parcourir l'échine, hérisser les poils et le duvet sur la peau. De la magie est en jeu, et son cœur se trouve plus profondément au sein du village.

Citation :
Vous êtes totalement libres sur le sort de Manuela : la laisser se faire tuer par les Ursidae, la sauver, profiter de la diversion pour fuir, la réponse D. Si vous vous rendez dans le village vous pouvez partir de l'idée que la place est facilement reconnaissable et accessible rapidement.


Revenir en haut Aller en bas
Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
avatar
✦ Libre pour RP ? : Dispo!

✦ Double-compte : C. Muffet

Mar 9 Mai - 0:34
Le souffle à peine repris à la suite de ma chute, je me mets en position pour encaisser l'attaque des Ursidae. Avant de sursauter. Une hybride venait juste de tomber d'un des arbres qui les entouraient dans un fracas lumineux.

Immédiatement, les ours se retournèrent. Il ne me faut pas très longtemps pour en déduire que les espèces de billes colorées au sol doivent avoir une quelconque faculté magique. Et que la lapine va passer un mauvais quart d'heure. Déjà, les ours l'encerclent et, d'un coup de patte bien placé, elle est projetée au sol. Mon regard peine à s'arracher de la scène qui se déroule en face de moi mais il me faut tout de même penser à la reine, encore prisonnière. Car ceci est peut-être la parfaite occasion pour nous rendre jusqu'à elle. Alors que je suis sur le point de tourner la tête en direction d'un de mes deux voisins pour débattre rapidement de la marche à suivre, la lapine a l'audace de s'adresser à nous, dans un acte de désespoir et de défi on ne peut plus évident.

Néanmoins, ce n'est pas en vain. Une grimace contrite apparait sur mon visage, devant ce que je projette de faire. Je ne peux pas simplement la laisser là. C'est une femme désarmée et entourée de bêtes féroces. Même si elle ne le mérite pas, je dois faire preuve d'un minimum de décence humaine. Je me tourne rapidement vers mes compagnons.

"Ouvrez la marche, je vous rejoindrais. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas prendre de risques pour elle."


Mais je ne peux pas non plus l'abandonner à son sort, ne puis-je m'empêcher de penser. Je ne doute pas que Kay aimerait bien voir la lapine en charpie et que Jan ne s'en soucierait guère, néanmoins ce n'est pas une option pour moi. Alors que mes compagnons marchent, je me dirige rapidement à hauteur de l'hybride. Puis, prenant mon élan, je cours en direction des billes et donne un coup de pied brossé dans la majorité d'entre elles, les envoyant voler quelques mètres plus loin. La réaction des Ursidae ne se fait pas attendre. Percevant un déplacement dans la magie, ceux-ci se ruent en direction du point de chute dans l'espoir vain d'en trouver la source.

Sans plus attendre, j'arrive à hauteur de Manuela, sans doute incrédule devant sa chance. Une incrédulité qui part aussi vite que sa conscience lorsque mon poing vient rencontrer sa tempe. Le coup la fait s'effondrer nette, probablement inconsciente pour une longue période. Je ne frappe normalement pas les femmes, cependant celle-ci l'a bien cherché. Et est accessoirement à moitié hybride. Peut-être cela ne compte-t-il qu'à demi? Je ne m'attarde pas sur cette pensée et ramasse sur mon épaule son corps inerte pour le déplacer au plus loin des bêtes, le cachant dans des fourrés, suffisamment loin pour être sûr qu'elle ne soit pas dévorée pendant mon absence. J'ai des plans pour elle.

Après avoir pris une grande inspiration, je m'élance pour retrouver Kay et Jan, presque arrivés à notre destination finale. Je reprends rapidement mon souffle en m'adaptant à leur pas, prêt à la confrontation qui va suivre. Le sentiment désagréable de la magie qui parcourt mon échine s'intensifie alors que nous arrivons finalement à face à l'ennemi numéro un : Farah.

Je murmure discrètement à Kay : "Préparez vous à faire feu. N'hésitez pas." Puis, je me tourne vers la fée. Et je commente simplement :

"On va passer les présentations."

Épaule en avant, je fonce sur elle.
Revenir en haut Aller en bas
Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
avatar
✦ Double-compte : Chester//Alexender//Friedrich F Edelstein//Nikolas Klaus//Hanako/Hideo

Dim 21 Mai - 19:11

Avancer devant laissant le Kaiser derrière ? Kay ne s'en formalisait pas du tout. Sa priorité n'était pas d'attendre le Kaiser, le temps qu'il faisait on ne sait quoi. Mais d'aller sauver la belle qui avait tant dormis et l’empêcher de se rendormir à nouveau à cause d'une Djinn. Car déjà il voulait sauver Ronce car elle était sa femme. Mais rien que d'imaginer l'homme seul à la tête du royaume de France et tout ce qu'impliquait de gérer le royaume... Non vraiment il devait vraiment sauver Ronce à tout prix, même si cela impliquait de perdre le Kaiser quelque part.

Sans un mot Kay avait continué avec Jan. Les deux hommes avaient des avis différents, mais étaient prêts à les mettre de côté pour l'objectif commun présent. Du moins c'est ce que pensait Kay de France. Sur le chemin il n'y avait pas d'autre obstacle. C’était calme. Un peu trop calme. Kay n'aimait pas quand c’était si calme. Mais il fallait croire que la Djinn les avait soit sous estimé, soit qu'elle cachait quelque chose pour les accueillir.

Une fois sur place Kay put voir Ronce debout attachée à un arbre dans sa robe de mariée, les bras en l'air, une branche qui la bâillonnait. Kay aurait presque pu croire à un jeu... Mais la Djinn leur faisait face se plaçant devant Ronce. Le nouveau roi de France jeta un œil à Jan. Il ne fallait pas prendre de décision hâtive. Ils ne pouvait pas savoir quel ordre la Djinn avait donné à l'arbre. Peut être qu'à une seule action de travers l'arbre arracherait les bras de la mariée. Puis arriva le Kaiser qui demanda à Kay de se préparer à tirer.

Kay sortit la montre à gousset ramassée plus tot à Versailles et regarda l'heure, ou faisait semblant du moins.

—Pile dans les temps Kaiser, comme prévu. J’espère que les unités anti Djinn vont pas tarder. Vous êtes prêt vous aussi Kappharen ?

Oui au diable les stratégies. Retour aux sources : le bluff, les menaces. Kay rangea la montre dans sa poche et espéra que Jan comprendrait que lorsque, lui, foncerait sur la Djinn, le souverain irait près de Ronce la protégeant de son bouclier et, si possible, analyser l’arbre, savoir s'il pouvait agir de lui même ou non. Et si oui l'en empêcher. Au signal du Kaiser Kay sortit son arme et vida son chargeur vers la Djinn bien qu'il se doutait que cela serait encore en vain mais il fallait bien l'occuper le temps de l'éloigner de Ronce. C'est pour cela qu'il courut vers la Djinn tout en tirant vers cette dernière espérant pouvoir réduire la distance entre eux et l'occuper au corps à corps avec deux dagues empoisonnées.


Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Dim 21 Mai - 19:23


Eclats de porcelaine

A Ville de Porcelaine, suite du Mariage Royal



La laisser crever aurait pourtant été une chose honnête après l’odieux acte de trahison que cette Manuela avait commis sur son altesse. Mais loin de prendre le temps de verser le sang, Jan ne jeta qu’un regard circonspect au Kaiser d’Allemagne, évaluant son prix d’une œillade critique. Le doute. Le doute faisait partie de lui depuis les récents évènements mais il n’était pas de bon ton d’en discuter maintenant avec le nouveau roi de France. Aussi lui emboîta-t-il le pas sans une énième hésitation, se dirigeant vers Ronce et vers la Djinn qui les attendait de pied ferme.

Là encore, il ne fut pas déçu. La lapine mise hors de course n’enlevait rien à la puissance magique de cette ennemie de toujours. Farah avait toujours su manier les sortilèges pour les faire plier à sa coupe et d’imaginer son propre pays endormi d’un sommeil éternel faillit brièvement lui briser l’ego. Seulement la voix de Kay retentit. Sûre et tonitruante.

Le bluff. Le bluff était gros mais qui ne risquait rien perdait tout dans ce genre de jeu aussi Jan brandit-il l’épée vers le sol, en signe de ralliement, et répondit de même sans quitter Farah des yeux.

« Mes armées s’avancent en ce moment même. La magie n’y fera rien car nous avons trouvé sa faiblesse. Il nous a été facile ainsi de vaincre les Ursidae et aujourd’hui nous faisons front ensemble pour défendre la justice divine. Une justice divine à laquelle cette mécréante ne pourra échapper. »

D’un geste de la main, il se saisit de Kay. Laissant ainsi le Kaiser affronter seul, si besoin, les attaques de la Djinn. Mais déployant son pouvoir, et son absence, il protégeait ainsi le plus essentiel, le cœur battant rudement en voyant Ronce ainsi traitée. C’était une humiliation sans nom de la voir attachée, baillonnée, faible et féminine quand elle était reine et puissante.

Il le lui rappelerait, quand ils s’en sortiraient vivants car ils se le devaient.

« Mais j’imagine que la Djinn Farah, dans sa faiblesse sans équivoque, ne parviendra jamais à lâcher son éternelle rancune. Sa jalousie de votre altesse est à ce point… ridicule, que cela me donne envie de rire. Oui de rire, malgré tout ce qu’elle a causé. Tant d’années, à tourner en rond comme… un oisillon pris au piège dans une cage sans fin et elle voudrait nous montrer sa force ? »

Son hilarité fut plus palpable.

« Quelle âme pathétique à sauver… »









Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Jeu 25 Mai - 23:13
C'était la débandade, un chaos sans nom, une violence effroyable au sein d'un village qui semblait figé dans le temps. La vision de la montre à gousset avait surprit la djinn. Elle avait reconnu l'empreinte magique laissée par Manuela, ce lien qui reliait la sorcière à son artefact et que l'éloignement avait brisé, fil trop tendu, trop fragile pour le supporter. Ce qui l'inquiétait n'était pas le sort qu'avait connu l'hybride – elle n'était pas le premier cadavre que la djinn laisserait derrière elle. Non sa hantise était toute entière tournée vers ce que contenait l'artefact. Ce qu'il renfermait. Tant et si bien que les menaces émises semblaient dérisoires comparées à la peur qui l'étreignait et qui tirait ses traits en un masque grimaçant.

Farah fit un pas en arrière lorsque le Kappharën déploya son bouclier, cette magie anti-magique hérissant son être tout entier.

« Il faudra que vous me donniez le nom de votre marraine fée. » grinça-t-elle à l'intention de Jan. « Que je lui apprenne à mieux choisir ses cadeaux offerts à ses filleuls. »

Cette focalisation sur le duo de royautés l'empêcha de prévenir l'assaut du Kaiser. L'homme, tout engoncé dans son armure, la percuta de plein fouet. L'acier résonna contre la chair, les tissus encensés offrant à peine un bouclier sommaire. Farah se retrouva plaquée par l'homme, sa peau frottant le parquet de porcelaine. Des tirs de balles se firent entendre, des blessures furent imprimées dans la chair. Le Kaiser avait beau porter de l'acier, des failles demeuraient dans sa protection. Dans sa volonté d'aider le roi de France, Jan avait empêché Kay de bien viser, et le Kaiser en payait les frais. Les lames, même, n'avaient pas pu atteindre la djinn, désormais à la merci du Kaiser.

« Et maintenant ? » croassa-t-elle. « Vous pensez pouvoir me tuer ? Je SUIS celle qui a endormi la France, maudit l'empereur d'Autriche-Hongrie, causé le malheur de plus d'un de vos semblables et vous pensez me STOPPER. »

Farah hurlait avec la bravade de ceux sentant leur dernière heure venir mais s'accrochant à la vie, refusant l'échec. Mais aussi du ton de ceux sentant une autre énergie se manifester, percevant le changement de situation pouvant tourner en sa faveur.

La magie avait fini de se rassembler. L'arbre auquel était ligoté Ronce luisait d'une lumière interne. L'écorce de porcelaine se brisa avec le même bruit qu'une vaisselle de Limoges. Mains plaquées au sol, Ronce cracha, inhala, tout à la fois tentant de respirer alors que l'air s'échappait en sifflements de sa gorge soudainement libérée. À sa main gauche on pouvait percevoir le gant déchiré à force d'avoir été frotté tant et tant de fois contre sa geôle. Le tissu avait craqué. Et le gant chuta aux pieds de la reine, désormais inutile.

Farah ne voyait rien de cela, ne percevant que la magie qui nimbait Ronce, qui s'était écoulé en elle. Elle était différente, flageolante, le regard perdu et brillant à la fois. Farah murmura quelques mots fixant du regard les pieds de Ronce. Les chaussures, soudainement dotées d'un don, obéissaient à la fée, obligeant Ronce à se rapprocher d'elle.

« Et tu vas m'obéir sagement, filleule. Je bois cette magie et je m'en vais. Tu n'entendras plus jamais parler de moi. Vous, Kaiser, allez voir ailleurs si j'y suis. »

Farah tendit la main, ses doigts prêts à effleurer Albrecht. Son geste se suspendit. Son regard s'accrocha à la main gantée de Ronce. Elle s'était saisie de l'épaule de Jan, le corps tout entier tendu pour éviter d'être emporté par les chaussures. Ces dernières s'étaient stoppées, victimes du bouclier du Kappharen.

« Empêchez-moi de partir. » ordonna Ronce à Jan, se doutant qu'il ne se formaliserait pas de son ton au vu de la situation. « Kaiser, ne la lâchez pas, je vous en conjure ! Nous allons attendre l'arrivée des armées... »

Ronce n'avait aucune idée de la véracité de leur existence. Elle s'y accrochait avec la même énergie qu'elle déployait à demeurer auprès de Jan, à ne pas se laisser guider par l'envie qui la prenait de frapper cette fée. Sans quoi elle avait perdue. Alors Ronce inspira, longuement, avant de proférer son jugement.

« Kay... Kaiser... Ramenez-la auprès de moi. Il est temps, grand temps, que cette djinn soit punie. »

Les doigts nus de sa main gauche se déployèrent.


Revenir en haut Aller en bas
Albrecht Elberhard
L'enfant des Habits neufs de l'empereur
avatar
✦ Libre pour RP ? : Dispo!

✦ Double-compte : C. Muffet

Mar 30 Mai - 0:24
La mêlée est chaotique. Je stoppe net les invectives de Farah à Jan, plaquant fermement la fée contre le sol, allant de tout mon poids pour tenter de l'empêcher d'utiliser sa magie. Hélas, le roi de France ne peut pas voir correctement la scène et tire plusieurs balles dont trois qui pénètrent ma chair. La première ripe contre le haut de mon épaule, ne faisant que peu de dégâts. La deuxième est malheureusement brutale, traversant l'armure pour venir se planter dans le bas de mon dos. Déjà, je sens un liquide poisseux couler. Quant à la troisième, je ne sais où elle s'est plantée. Seule règne une douleur diffuse à mon flanc gauche.

La douleur initiale manque de me faire lâcher la dangereuse femme que je retiens et ce n'est qu'à grand-peine - et avec un cri de douleur - que je maintiens mes appuis, sentant distinctement mon bras gauche flageoler. Pas question de la laisser partir. Seulement, je sais déjà que je ne pourrais pas obéir à la requête de la reine. Les deux blessures sont trop importantes pour me permettre de me mouvoir correctement. J'opte donc pour une autre solution. Utilisant la force de la fée contre elle, je me glisse sous elle et coince ses bras et ses jambes avec les miennes. La douleur est quasi-insupportable et j'étouffe difficilement plusieurs grognements. Heureusement, cette position devrait ralentir l'hémorragie de mon dos. Pour ce qui est de mon flanc, il me faudra attendre.

Je grogne à nouveau avant de m'adresser à Ronce.

"Je ne peux pas... urgh... bouger. Vous allez... devoir venir à moi. Jan, Kay,"
Dis-je sans tourner la tête, trop occupé à éviter celle de la fée. "venez-lui en aide."

Il est maintenant temps de répondre à la fée. L'occuper, lui faire perdre de vue son objectif principal.

"Quant à vous, vieille peau, je suis sûr que... l'empereur d'Autriche se fera un plaisir d'orner son labyrinthe de votre tête... magiquement préservée. Ou peut-être se contentera-t-il de la jeter... dans une fosse commune. Là où vous appartenez."

Et sur ces paroles, j'intensifie mon étreinte sur ses épaules, espérant que la douleur du mouvement de traction combinée avec ce que je viens de lui dire la mette dans une rage aveugle. La fée semble en effet plutôt prompte à la colère lorsqu'elle perd le contrôle totale de la situation et de son rang.

J'ai une pensée à ma femme, laissée en arrière. J'ai beau avoir tenté de la rassurer, je ne suis pas des plus confiants moi-même. Son don pourrait s'avérer être un véritable poison pour sa personne, surtout si elle n'arrive jamais à le maitriser. Sa personnalité a beau m'irriter par moment, cela me fendrait le cœur de la voir devenir morose si ses pouvoirs la dépassent. Non. Je dois avoir foi en sa capacité à surmonter les épreuves. Et lui assigner quelqu'un qui l'aidera à s'occuper de ses pouvoirs, si le Scandinave n'est pas capable de lui venir en aide - ce qui m'énerverait au plus haut point. Mais surtout.

Je dois tuer Farah.
Revenir en haut Aller en bas
Kay de France
Kay de La Reine des Neiges
avatar
✦ Double-compte : Chester//Alexender//Friedrich F Edelstein//Nikolas Klaus//Hanako/Hideo

Jeu 1 Juin - 23:21

Jan jouait le jeu de l'armée anti magie. Mais cela n'avait pas vraiment l'air de marcher. Mais le changement d'attitude quand le roi de France avait rangé la montre ne lui avait pas échappé, habitude de flic à remarquer les petits détails.

Kay avait apprécié l'aide du Kappharen. Lui procurer une protection à toute épreuve n’était pas un luxe, lui permettant de se focaliser pleinement sur l'attaque. Mais l'ex lieutenant russe n'avait pas pris en compte que le bouclier pouvait dévier la balle et ce moment précis de doute avait fait mal viser le lieutenant touchant même le pauvre Kaiser. Il faudrait qu'il pense à s'excuser. Mais pour le moment il avait une femme à aller voir.

« Et maintenant ?  Vous pensez pouvoir me tuer ? Je SUIS celle qui a endormi la France, maudit l'empereur d'Autriche-Hongrie, causé le malheur de plus d'un de vos semblables et vous pensez me STOPPER. »

— Et moi je serais simplement celui qui te tuera.

Kay avait lancé cette réplique naturellement. Hors de question de jouer le rôle de la proie devant les autres royautés, mais surtout pas devant Ronce. Tout se passa vite ensuite. Ronce était libérée, mais aux prises d'un sort et demandait à ce qu'on lui amène la djinn. Plus facile à dire qu'à faire pour le coup.

Le Kaiser avait l'air d'essayé d'immobiliser la djinn ne pouvant plus bouger. C'était peut être le moment de joindre les paroles de Ronce à la réalité. Kay sortit de nouveau la montre qui avait perturbé la djinn et se tourna vers Jan.

— Je vous la confie Kappharen. La djinn regardait cet objet bizarrement. Je pense qu'il doit renfermer quelque chose de magique et je suis bien curieux de savoir ce que cela ferait dans une bulle anti magie. Pas vous ? Sur ce je vais amener Ronce à sa marraine. Elles ont l'air de tenir à se voir l'une et l'autre.

Kay regarda Ronce et la porta comme une mariée devait l’être.

— Comme ça plus de problème de marche forcée, non ? Nous avons une chose à accomplir ensemble. Je ne laisserais pas cette charge sur tes seules épaules, ma reine.

Kay avança en direction du Kaiser au sol retenant la djinn au sol.

— Tenez la bien Kaiser. Ronce veut voir sa marraine de très près. Et vu ce qui ait entre les main du Kappharen elle devrait un peu se calmer. Enfin si le Kappharen ne perd pas patience.

Kay regarda Ronce. La poser au sol était compliqué. Elle devrait faire depuis les bras de son nouveau roi.


Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Ven 2 Juin - 19:37


Eclats de porcelaine

A Ville de Porcelaine, suite du Mariage Royal



L’odeur du sang emplit l’air et jugeant Aalbrecht avec autant d’inquiétude que de lassitude, Jan se mit seulement à espérer que les balles l’ayant atteint ne soient pas mortelles – Ronce en serait passablement affligée, à n’en point douter et l’Allemagne paierait le prix du courage – ou de l’inconscience – de son empereur. Fort heureusement pour eux tous, il continuait tout de même de parler malgré la présence de Farah et ignorant la question de cette dernière, se refusant même à s’entendre prononcer mentalement le nom de sa marraine, Jan vint cueillir Ronce d’un bras à ses reins, son anti-magie coupant l’effet de ses chaussures, la gardant aussitôt à ses côtés.

Le bouclier, seulement utile contre la magie, ne pouvait rien contre une attaque frontale si Farah se décidait à s’occuper de manière plus humaine mais l’épée déployée devant lui, ce fut au tour de Kay de prendre les devants. Et Jan n’allait pas être le fou interrompant leur vengeance.

Presque satisfait de cette mort prochaine, il le laissa emporter la reine avec un simple sourire confiant, refermant ses doigts sur l’artefact tout en gardant son regard bleu roi planté sur la Djinn. Un seul signe de sa part, et son bouclier se redéployerait aussitôt, pour le pire et le meilleur la concernant.

« Je ne devrais pas perdre patience. Quoique, d’avoir laissé l’âme de l’autre sorcière entre les mains de notre dirigeant allemand m’ait quelque peu frustré. Il me tarde de voir les effets de ma non-magie sur l’existence de cette piteuse créature. A dire vrai, en la voyant d’aussi près, je peine presque à prendre son importance au sérieux. Ce n’est certainement pas cette faible femme qui a su causer tant de tords à la France. Oh non… Elle a dû usurper l’identité d’une autre. »

La nonchalance de son mépris transparut aussitôt à sa position quand, abaissant sa garde, Jan se déhancha de biais pour mieux quitter Farah du regard, comme absent de toute implication émotionnelle la concernant. Non, elle n’était plus un danger désormais. Non, ils ne risquaient plus rien. Et pourtant le sang, le sang n’arrêtait pas de couler et Ronce, dans son innocence, lui avait promis une armée, au blessé, une qui ne viendrait pas.

« Accrochez-vous, Kaiser. » S’entendit-il ordonner en se surprenant lui-même de sentir son corps et son cœur aussi vide. Il avait sans doute trop enduré pour prendre le poids d’une nouvelle peine sur ses épaules. Cela faisait sans doute de lui un monstre.

Qu’importe au fond. Qu’importe, tant que Victoire vivait.

« Tuez la Ronce. » Corrigea-t-il alors, mettant son ton absent à profit pour une dernière piqûre. « Tuez la, nous en ferons du chiendent pour Versailles. Son terreau réveillera les roses. Cela sera sa seule utilité. »










Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Ronce de France
La belle au bois dormant
avatar
✦ Libre pour RP ? : Complète.

✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 2 Juin - 22:02
C'était donc elle, cette femme qui avait condamné la France à un siècle de sommeil, cette vieille femme repliée sur elle-même, prisonnière de la poigne d'un homme en armure ? Ronce ne voulait pas y croire, n'osait pas y croire. Alors, ça y est, tout allait se finir là, aujourd'hui et maintenant ? C'en était si facile, si risible qu'elle aurait pu en rire. Elle en aurait rit si elle ne craignait pas autant cette femme, même en ces derniers instants. Ce croque-mitaine de marraine qui avait empli ses nuits, l'empêchant de trouver le sommeil, avait rongé la santé du prince Ciel, à l'image d'une gangrène. Qui sait quel tour elle dissimulait au sein de ces foulards chatoyants encensant les épices.

La djinn grognait avec les mines d'un chien à qui on avait appliqué la muselière contre son grès. Ses lèvres se retroussaient sur une bouche édentée. Elle avait tout d'une vieille femme, plus aucune prestance, hormis ce regard clair, inquisiteur, qui fouillait au sein des yeux de Ronce, ces grandes prunelles qui l'observaient de haut. Elle levait le menton, la reine de France, se tenant entre les bras de son époux comme elle l'aurait fait sur son trône de Versailles. Avec superbe.

« Il fallait que ça finisse ainsi. » glissa la reine avec l'aplomb d'une évidence. « Vous ou moi. Vous avez joué gros en menant ce rituel. Je m'en vais vous rendre toute cette magie. »

Ronce tendit sa main dégantée, appliqua ses doigts sur la peau rugueuse, sentant le grain rude, tanné. Elle avait tué un homme, par le passé, avec ce don. Depuis elle avait rêvé d'opérer le même sort sur Farah, certaine qu'elle était la seule, et la plus à même, de rompre le cercle.

Ronce créait une histoire où la princesse tuait la méchante fée – peut-être la première d'une longue série.

La magie sinua hors des doigts de Ronce, se déployant en tentacules lumineux qui vinrent glisser sur l'épiderme de Farah. Luisants comme des lucioles, ils se propageaient sur sa peau, traçaient des arabesques et contours, lierre vivant s'emparant de sa proie. Sous ses doigts la reine sentait la chair s'amollir, les os perdre de leur rigidité. Farah vieillissait.

Mais pas assez vite.

De ses dents Ronce arracha son gant droit, prit la tête de la djinn entre ses mains, indifférente aux malédictions que la femme lui lançait, paroles sans queue ni tête. La magie de la fée tentait de la repousser, cognant contre son esprit, cherchant à refluer ce don qui s'écoulait en elle. Mais la magie du village, cette puissance accumulée dont la djinn avait voulu s'abreuver, la faisait battre en brêche.

Elle vieillissait. Ses yeux se creusaient, ses joues pendaient devenant des chairs flasques.

Mais pas assez vite.

Quelque chose résistait, quelque chose d'infime, un verrou dont Ronce ne possédait pas la clé.

Un verre se brisa.

L'écho retentit malgré les cris de la djinn. Ronce se retourna cherchant l'origine. Mais Farah l'avait déjà perçu. Elle tendit une main noueuse, peau sèche tendues sur des os, en direction du Kappharen. Sa voix n'était qu'un croassement de douleur.

« N-Non... R-Rendez... moi... »
« Brisez la montre, Kappharen ! » hurla Ronce, un hurlement de pur instinct sentant que la clé se trouvait là. « Brisez la et tout serait fini. »

La fin d'une malédiction, la fin d'un conte... et le début d'un autre.

Citation :
Oui on est à la fin. Oui Farah va mourir. J'explicite une bricole. En fait la montre à gousset servait à la fois d'artefact de sorcellerie à Manuela (coucou lapinette) et gardait en elle le temps de Farah (grosso modo il y a dedans, caché dans les rouages, le fil du rouet qui a endormi Ronce, et par extension la France) Briser la montre brisera "la réserve de temps" de Farah et elle mourra sous la main de Ronce. Jan, à toi l'honneur, finis ça comme tu le sens ! Et merci à vous trois d'avoir été là pour cette étape importante de l'évolution de Ronce. Y aura garden party pour le happy end. °3°


Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Ven 2 Juin - 22:11


Eclats de porcelaine

A Ville de Porcelaine, suite du Mariage Royal



Ainsi aurait-il voulu tuer Sigrid. Ainsi aurait-il voulu réduire à néant toute forme de magie en ce monde et préserver les plus odieux secrets de son existence. Ainsi aurait-il voulu réclamer sa vengeance mais d’une certaine manière, en ce jour, il n’était qu’un instrument de plus, un rouage parmi les rouages et tout en observant Ronce, comme absent de la scène, Jan consentit à se laisser manipuler comme il avait manipulé tant d’autres. Regina, en son sein, sourit cruellement, lui chuchotant qu’il pourrait bien, tout compte fait, rendre la montre.

Mais le regard implorant de Sigrid et tous ces sorts, toute ce parjure d’enchanteresse vint nourrir sa colère. Et au verre brisé, ce fut son propre barrage qui céda. Formant une boule, comme une brume de chaleur et lui au centre, tenant entre ses mains l’artefact.

La magie qui retenait le fil claqua. Et tout le mécanisme hoqueta, comme les côtes brisées d’un animal tombé à terre. Devant ses yeux, la peau de Farrah se creusa et tandis que cette chose, plus bête que femme, se désemplissait elle-même de toute vie, il fixa, sans ciller, resserrant sa poigne à s’en briser les jointures avant de laisser tomber la montre au sol. Simple objet inutile, anéanti de toute forme de malédiction.

Etait-ce là le sommet de son pouvoir ? La possibilité de casser si profondément un sortilège que la magie elle-même ne pouvait y repousser, comme une terre salée empêchant la vie de renaitre ?

Si c’était la vérité, cela serait le seul moment sans doute où il pourrait utiliser un tel don. Et rien que pour l’existence d’une telle possibilité, Jan s’aima et se haït tout à la fois.

Son talon ferré écrasa la montre au sol, la ferraille crevant comme une panse pourrie. Il entendit un hurlement, sans savoir d’où il provenait, d’un des témoins, d’une des actrices, ou de son propre cœur. Puis un battement d’ailes et les oiseaux de porcelaine s’envolèrent comme autant de mésanges blanches, plutôt qu’être bleues.

Jan sourit. Releva son pied. Et s’écartant tout en rengainant son arme, murmura seulement :

« Ainsi est la fin. »



Spoiler:
 







Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: France :: Ville de porcelaine-
Sauter vers: