Juillet 06. La force de l'attraction

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Alice Liddell
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Alice Liddell
Sam 25 Fév - 23:33

Quatre mois. Quatre mois que la Fée des Dents avait rejoint le mausolée impérial. Le temps avait filé entre les doigts d'Alice plus vivement que ne l'aurait fait un écheveau de fils. Le temps avait passé, la douleur s'était apaisé doucement, avec lenteur. Une brûlure qui perdait de sa chaleur se muant en une cicatrice qui la marquerait à jamais. Au moins ne tremblait-elle plus lorsqu'un mot, une senteur sucrée éveillait ses sens et ses souvenirs. Alice acceptait ces résurgences sans faiblir, s'y habituant. L'humain s'habitue à tout, surtout à la douleur.

Alice ne savait plus comment la nouvelle lui était parvenue. Probablement via la radio qui tournait quasiment 24h sur 24 au sein du café de Steamtown. Une foire se tenait à Seattle au sein de la ville coloniale, à proximité des maisonnettes qui bordaient la grande allée. « Carrousels, cinéma en plein air, animaux danseurs ! » vantait la voix de stentor, publicité outrancière se glissant entre deux faits d'actualité. Un divertissement bienvenu qui ouvrait les bras à l'Androïde.

« J'y trouverais peut-être des Androïdes. » glissa-t-elle à Alexender comme si elle quêtait son approbation, cherchait une excuse pour justifier son escapade. « Ils ont parfois des cirques de monstres là-bas. »

Freak show. Attractions qui déversaient, sous un tonnerre de paillettes, les êtres aux physiques les plus incongrues. Alice se persuadait elle-même de la présence d'une telle attraction, s'y accrochait. Elle perçut le grommellement germanique alors qu'elle prenait la main de l'homme entre les siennes. Il y eut un assentiment, une acceptation de sa décision qu'Alice accueillit d'un sourire.

« Merci. » souffla-t-elle dans un baiser.

Le lendemain la vit juchée sur le pont du navire volant, l'esprit bouillonnant en tentant d'imaginer la foire.


Seattle lui fit songer à Steamtown. Cette même architecture propre aux villes pionnières. La grande allée était déjà emplie d'une populace aussi nombreuse que hétéroclite. Les enfants trottaient sur leurs jambes menues, les mains empoissées du sucre des barbes à papa et des pommes d'amour. Alice se fraya un chemin remarquant, avec un rien de délice, que personne ne semblait relever son bras métallique. Avec de la chance l'on prendrait celui-ci pour une prothèse. Alice avait déjà le scénario tout prêt sous sa caboche : victime d'un incident sur une voie de chemin ferrée, la prothèse lui avait permis de remplacer ce bras à jamais perdu.

Jouant des coudes, l'Androïde finit par déboucher sur la grande place qui accueillait la foire. Le carrousel accrocha son regard avec ses ampoules luminescentes, la danse des chevaux à la patine vernie. Mais les éclats de rire la guidèrent jusqu'à un stand où un homme, juché sur une plate-forme, semblait attendre le Jugement dernier. Sous ses pieds l'eau clapotait. Le gérant du stand appelait à grands cris, avec l'emphase d'une poissonnière.

« Approchez, approchez ! Faites tomber l'homme dans l'eau et vous remporterez le prix. Un beau prix m'sieurs dames. De beaux patins à vapeur tout neufs et totalement gratuits. 3 dollars pour trois lancers, c'est une affaire ! »

Le regard de Alice scruta le stand tandis qu'elle approchait, levant la tête pour discerner la cible, le cercle rouge à toucher à l'aide des trois balles. L'Androïde plongea sa main dans la poche de sa robe, extirpa trois pièces d'un dollar qu'elle posa sur le comptoir. Un sourire repu orna le visage du gérant, fit frémir sa moustache.

« Une demoiselle téméraire ! Lancez donc et prenez votre temps. »

Les trois balles furent posées devant Alice qui en souleva une, la soupesa. Tendant le bras en arrière, la jeune femme se prépara à lancer.
Alice Liddell
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Erwin Meyer
Le loup de la fable "Le chien et le loup"
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Sam 11 Mar - 16:05
Une foire… Alors que les différents stands commençaient à ouvrir, et que les premiers clients arrivaient, Erwin se joins aux passants. Il était arrivé la veille avec un collègue, qui voulait profiter de la foire pour présenter un petit spectacle avec différents objets qu’il avait collection au fil des années. Simon jouait donc un narrateur, mais ses acteurs mécaniques ne suivaient malheureusement pas toujours ses directives, pour le plus grand bonheur des enfants. Seulement, ce n’était pas que de la fiction, les petits robots ayant une fâcheuse tendance à tomber en panne. Vu l’âge de la majorité d’entre eux, ce n’était pas si étonnant. Le réparateur intervenait donc pour veiller à ce que le spectacle puisse continuer, mais aussi à l’entretien des pièces les plus fragiles de la collection. Le gérant n’avait pas le temps de s’occuper de tout, et il préférait donc déléguer une partie du travail, quitte à devoir partager une partie des bénéfices, plutôt que de se retrouver brutalement sans histoire à raconter, faute de matériel. De son coté, ce contrat permettait à Erwin de se faire un peu d’argent en retrouvant des mécanismes qu’il connaissait, et avec lesquels il pouvait s’amuser. Sans compter qu’il était encore assez libre de ses mouvements, ce qui lui permettait de se promener tranquillement le matin, tant qu’il n’y avait pas encore de panne, et que tout fonctionnait. Il retournait assez fréquemment pour avoir des nouvelles, mais le reste du temps, il profitait.

Il n’avait pas put aller souvent dans des foires enfant, sa mère préférant économiser pour améliorer un peu leur qualité de vie. Il n’était donc pas vraiment habitué à toutes ces odeurs de nourriture, à tous ces stands, et à toute cette foule. Enfin, la foule, oui, mais pas avec cette ambiance. Il se promena tranquillement, retournant à heure régulière à son stand, mais les petits acteurs de métal semblaient motivés, et aucun ne quittait la piste. En suivant une odeur sucré qui le rendait curieux, il finit par arriver face à un carrousel, mais c’est autre chose qui attirait son attention. Il avait entendu parler de patins à vapeurs, et il était curieux. Ce n’était pas le premier stand à lui faire cet effet, mais en regardant les gens jouer, il avait vite remarquer que la majorité n’étaient que des arnaques utilisant la nouveauté pour attirer les plus crédules, et vider leurs porte-monnaies. Là, c’était différent, il fallait toucher une cible. Un jeu d’adresse donc? Ce n’était pas vraiment son point fort, le lancer,… Par contre, il ne put s’empêcher de sourire en voyant le pauvre bougre qui se tenait sur la plateforme. Il semblait craindre que quelqu’un ne parvienne à toucher la pauvre cible rouge, et ses réactions chaque fois que la balle la frôlait faisait rire petits et grands. Ce coté comique attirait encore plus de public, et participait au succès de l’attraction.

Alors qu’il se tenait un peu en retrait, Erwin vit arriver une jeune femme, dans une longue robe blanche, qui ne semblait pas partager l’enthousiasme du reste des passant. Il fut même surpris qu’elle paye et prenne les balles, prête à viser la cible. Alors qu’il continuait de la détailler, un détail attira son attention. Sa main. Ca ne semblait pas être une main, mais plutôt une prothèse. Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention du jeune homme. Il se rappela la réaction du premier androïde qu’il avait vu, et il préféra donc éviter d'attirer trop l'attention. Il ne voulait prendre le risque de l’offenser, l’énerver ou de la faire fuir. Mais il avait bien envie d’en savoir plus. Il s’approcha donc discrètement, traversant la foule plus intéressée par le tir qu’elle venait de décocher que par le passage du jeune homme. Quand il jugea être assez prêt, il se retourna vers la plate-forme, afin de voir le résultat de ce premier lancer.
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 22 Mar - 0:27
Alice avait aperçu, vaguement, du coin de l’œil l'approche de Erwin, humain parmi tant d'autres dont rien, dans l'apparence, ne l'intrigua. Pas même la gavroche que nombre portaient, fichés sur le crâne, allant du gamin de onze ans à l'adulte exhibant des bretelles sur sa chemise d'ouvrier.

L'Androïde plissa un œil pour mieux viser avant de tendre le bras, tentant d'imaginer que celui-ci était l'élastique d'une fronde. La balle fusa et percuta la cible si violemment que le mécanisme se déclencha envoyant le pauvre homme dans une eau gelée. Son cri de surprise s'entremêla aux rires du public, toujours amusé de voir un de ses semblables mener une telle chute. Alice plissa la bouche se disant que, si elle menait un tel plongeon, les risques seraient plus importants – grincement et rouillage de ses parties mécaniques.

Le tenancier du stand eut un bref soupir et la mine contrite de celui qui doit se séparer d'un bien, vite estompé par le sourire commercial. Il tendit le prix proclamé tandis qu'on ré-actionnait le mécanisme du stand et qu'on tirait à la courte paille la prochaine « victime ».

« Il faut croire que les Américaines ont le bras taillé dans le fer ! Ou est-ce dû à votre prothèse ? Allons, allons, prenez donc votre lot ma 'tite dame. »

Alice remercia en se saisissant des patins à vapeur. Curieux objet. Curieux et fascinant objet. L'androïde s'éloigna du stand pour pouvoir mieux observer sa « prise », passant à côté de Erwin dont elle sentit le regard peser sur elle. Curiosité. L'Androïde ne put s'empêcher de stopper, intrigué par ce regard, par cette attitude qui lui rappelait quelqu'un. Une femme aux mains couvertes d'huile l'ayant mené, le temps d'une journée, dans les entrailles d'un navire échoué. Il y avait quelque chose de semblable dans leur regard – l'éclat de la curiosité rehaussée par celle de l'envie de découvrir, d'explorer.

« Vous cherchez quelque chose ? » demanda Alice le plus poliment qu'elle put, toute aussi intriguée par l'homme qu'il était par elle. La femme ne pouvait s'empêcher de demeurer sur la défensive, le sourcil froncé, un pied en arrière. Prête à courir si la situation l'exigeait. Alice avait parlé en allemand, langue qu'elle arrivait de mieux en mieux à manier.
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Erwin Meyer
Le loup de la fable "Le chien et le loup"
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✦ Libre pour RP ? : Oui

Mer 29 Mar - 22:57
La balle fila à tout allure vers la cible, et la toucha en plein coeur. La chute dans l’eau et l’hilarité de la foule ne se firent pas attendre, mais Erwin n’y prêtait aucune attention. Sa curiosité le dévorait, et il peinait à le dissimuler. Même les patins, qui pourtant avaient attirés son attention à l’origine, lui semblaient soudain complètement transparents. Il avait envie de savoir, qui était-elle? Son bras pouvait-il n’être qu’une prothèse? Ou bien était-elle une androïde, et avait-elle alors les mêmes problèmes que Léonhardt? De nombreuses questions autour de ce bras tournaient dans son esprit, mais elles se turent toutes lorsque la voix de la demoiselle retentit.

« Vous cherchez quelque chose ? »


Il se sentait un peu stupide de l’avoir fixé comme ça, mais la foule lui avait donné l’espoir de passer inaperçu. De toute évidence, c’était raté. Mais bon, c’était peut être un mal pour un bien au final, ça lui évitait d'avoir à l'aborder lui-même. Il tenta de se calmer avant de répondre, sans être vraiment sûr d’y parvenir.


« Oh, je suis désolé mademoiselle, j'étais juste intrigué par votre main. On en voit pas une comme ça tous les jours. Elle semblerait presque être plus qu’une simple prothèse…»

Il essayait de ne pas être ni impoli ni trop direct, de peur de la faire fuir, ou de la vexer, mais la diplomatie n’était pas vraiment son domaine. Il espérait s’améliorer depuis quelques temps, mais comme il n’était qu’avec de nouvelles têtes, il ne savait pas si c’était vrai. Il préférait éviter le mot d'"androïde" dans un lieu public, ne sachant pas comment les gens pouvaient y réagir, mais il lui brûlait la langue.
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 10 Avr - 22:56
Alice cligna des yeux une fois, deux fois, estomaquée. Au moins l'homme faisait preuve d'une franchise à toute épreuve mais, damn, cela sonnait presque comme l'approche d'un client auprès d'une prostituée. Mais la première image qui vint à l'esprit de Alice ce fut le comparatif avec Galaad qui avait exprimé cette même envie d'observer, d'apprendre, de connaître. En partie en mémoire pour cette disparue, l'autre voulant assouvir une curiosité personnelle, Alice déclara tout de go :

« La prothèse concerne tout mon bras. »

Ses doigts-griffes s'agitèrent dans l'air pour mieux saisir la paire de patins, la maintenir tandis que l'autre main, celle toute de chair, remontait la manche. Et dévoilait la création de feu Vasile Duca ne s'arrêtant qu'au bas de l'épaule, ne dévoilant pas la fin. La charnière où se trouvait le fer et les câbles, ce qui reliait le métal à la chair. La jointure impossible à détruire sans tuer son détenteur.

« Mais si vous voulez en savoir plus, ou même en voir plus, ce sera loin de cette foule. Je ne veux pas passer pour une bête de foire. Vous comprenez j'espère ? »

Petit sourire appuyé qui se voulait conciliant tandis que, dans la caboche de l'androïde, fomentait un tout autre projet. Si jamais l'homme présentait un risque, éloigné de tout regard inquisiteur, Alice pourrait s'en débarrasser avec plus d'aisance. Certes le meurtre était à éviter mais, parfois, il n'y avait nul autre moyen pour faire taire quelqu'un.
Alice Liddell
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