Novembre 06. L'argent n'a pas d'odeur

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Orendi
La fille des brigands
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Mar 7 Mar - 22:39
Les Renégats n'étaient pas des individus à faire la charité. L'argent faisait tourner le monde et bouillir la marmite. Les autres membres étant bien trop occupés ailleurs – chacun allant quérir de quoi s'occuper ou passer le temps – Orendi avait répondu à l'appel. Avec le temps elle s'était remise des blessures qu'elle avait gagné lors de l'infiltration roumaine, et pouvait désormais quitter le hamac sans grand risque. Enfouissant quelques objets dans ses poches, nouant un pendentif de traduction magique autour de son cou (l'hindi était aussi clair à ses oreilles que du patois basque), la Renégate descendit à bas de la barque volante, conduite par Liliana. Agitant une de ses mains pour saluer le navire qui partait, son drapeau cinglant au vent, la Russe réajusta le col de son manteau avant de poursuivre sa marche.

L'apparition du navire volant avait alerté les habitants du village tout juste proche de quelques mètres. Orendi demeura indifférent à leurs interrogations dont le pendentif n'effaçait pas l'accent chantant. Qu'ils s'interrogent donc sur l'identité des occupants et de la sienne – ainsi ils faisaient de la publicité gratuite. La Russe s'immergea au sein de la place du marché, se laissant guider par la fragrance des épices. Là, dans toute cette cohue colorée, elle pourrait percevoir les échos de l'affaire sans avoir à se perdre dans des interrogations oisives. Orendi avait déjà quelques éléments mais préférait en glaner davantage avant de se rendre sur les lieux du crime, comme on disait dans le jargon.

Drapée dans son manteau jaunâtre, croisant ses bras multiples sur sa poitrine, la Russe guetta la moindre parcelle d'information. Nota l'absence d'enfants, de leurs rires et de leurs débandades qui accompagnaient, généralement, tout groupe d'adultes que ce soit sous le soleil indien ou européen. Bien évidemment les femmes les gardaient chez elles, bien enclavés dans les demeures pour éviter qu'ils ne disparaissent. Comme les autres. L'ambiance joviale du marché dominical était entaché par toute cette tension qui explosa sous la forme d'un cri et les pleurs d'une mère hurlant le nom de son enfant disparu, du fils s'étant échappé au contrôle des adultes.

Les Rajeev ! hurlés d'une voix frisant l'hystérie accompagnèrent longtemps Orendi, alors même qu'elle quittait le village, le prénom rebondissant en écho dans son esprit. L'aimait-elle donc à ce point, ce fils ? Amour maternel que la Russe avait du mal à comprendre ne l'ayant jamais connu, cet instinct. Elle ne voyait là qu'un levier sur lequel appuyer pour faire couler les pièces dans son escarcelle.

Le safran laissa doucement place à une odeur plus suave, plus sucrée – une fragrance qui vous déposait du sucre sur les lèvres et vous poussait à les lécher. Orendi en eut une petite moue appréciative. Ah si l'argent avait ce goût. Enfin elle n'avait pas besoin de cela pour courir après. À chaque pas amorcé vers ce Sentier des Douceurs, des relents de souvenirs revenaient. Les odeurs de l'enfance, des repas mitonnés dans l'âtre familial, du pain noir volé aux mains du boulanger dévoré, encore brûlant.

Un bruit. Orendi se figea, sens aux aguets, la salive dégoulinant au coin de sa bouche. Qui osait troubler son avancée sur le sentier de la perdition ? La Russe rejeta en arrière son chapeau avec un geste singeant celui de Louie.

« Hey ! » Sa voix claironna, acide. « Si t'es un gosse sors de là. J' suis dépêché par ta maman. »

C'était mentir mais peu importe. Orendi se saisirait du gosse pour lui faire tout cracher avant de le renvoyer chez lui, son pied bien calé dans la fesse de l'enfant. Et si un autre individu se présentait, la sorcière aviserait. Comme elle le faisait toujours – en improvisant.


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C. Muffet
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Mer 15 Mar - 23:36
Perchée sur mon arbre, je laisse les vagues de chaleur s'abattre sur moi en essayant de contenir mon excitation. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que je suis arrivée en Inde, je suis devenue surexcitée, comme si je possédais une énergie infinie. La preuve en est qu'à la dernière auberge où je me suis arrêtée, je n'ai dormi que quelques heures alors que j'avais marché toute la journée! Trop de pensées se bousculaient également dans ma tête. Est ce qu'Ori allait pointer le bout de son nez? Qui fait disparaitre les enfants? Serais-je capable d'en faire? La réponse était probablement non, néanmoins la question m'avait trotté un bon moment dans la tête, ainsi que les souvenirs d'une certaine renarde.

Tôt le matin, j'avais fini par sortir, n'ayant accumulé que quelques heures de sommeil, mais me sentant prête à faire trois duels d'affilé avec Ragnar. Pas question cependant de me faire remarquer par mon comportement. Ma couleur de peau fait déjà tourner bien des têtes et, si je ne cachais pas mes bras et mes yeux, il est fort probable que ce soit plus que quelques têtes qui tourneraient. Ma robe typiquement indienne dissimule en effet habilement le haut de mon crâne et mes bras qui sont actuellement collés le long de mon corps. Confiante dans mon "déguisement", j'avais attendu qu'une ruelle se vide pour grimper sur un toit - un effort que je pensais être futile pour retrouver ma fausse sœur jumelle. A ma grande surprise, j'ai pu voir un navire volant arriver et débarquer des personnes que je ne pouvais hélas pas voir. Néanmoins, me fiant à mon intuition et à la solidité de mes recherches, j'en avais déduit que c'était Ori. Je suis donc rapidement sortie du village pour l'attendre là-bas - je pensais (et pense toujours) qu'une personne comme elle ne resterait pas longtemps dans le village. Son physique attire l'attention et puis, que ferait un bandit comme elle dans un village si banal?

Peut-être suis-je un petit peu naïve, mais je ne pensais pas qu'elle faisait partie d'une confrérie, un ordre? Je ne trouve pas le bon mot. Enfin, je n'aurais pas imaginé un instant qu'elle était une criminelle. Non pas que cela me dérange - ma profession est illégale dans bien des pays. La réaction des personnes à qui j'avais montré le symbole (dessiné au préalable par Puck) avait été au départ surprenante et - en comprenant à qui j'avais à faire - plutôt impressionnante. Tout le monde tentait immédiatement de négocier ou de prendre la fuite. Manifestement ils étaient plutôt respectés. La dernière personne avait été en revanche bien plus calme, me demandant même si je désirais me faire recruter. J'avais poliment refusé, expliquant que j'avais déjà un emploi. Par chance, c'était un pingouin très compréhensif. Il m'avait même donné le nom de la ville où se dirigeait Ori.

Et maintenant, je l'attends, les mains tremblantes d'anticipation. Elle rentre d'un coup dans mon champ de vision, l'air d'être complètement ailleurs et une expression intense sur le visage. Cet air de perdition me donne une idée diabolique. Me relevant de toute ma hauteur, je laisse tomber mes dagues qui se plantent dans le sol au-dessous de moi avec un bruit mat qui attire l'attention d'Ori qui vient d'arriver à ma hauteur. Je l'entends japper quelque chose à propos d'une mère, mais je n'ai pas le temps de la laisser m'apercevoir. Sans un regret, je saute sur elle. La chute est rapide, uniquement audible par le "Oriiiiiiiiii!" que je lance alors que suis sur le point de lui tomber dessus. La suite finit en un roulé-boulé et un entremêlement de bras assez prévisible. Je finis sur elle, lui tenant les bras pour éviter qu'elle ne m'étrangle par réflexe.

"Un plaisir de te revoir." Mes deux bras libres enlève la terre sur son visage. "Désolé pour l'entrée spectaculaire, mais je n'ai pas pu résister."

Je me remets sur pied et tend mon bras à la sorcière encore au sol pour lui donner l'occasion d'en faire de même.

"Qu'est ce que tu deviens?"

Il s'en est passé des choses depuis Août.




Merci Ronce <3
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Orendi
La fille des brigands
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Jeu 23 Mar - 10:43
Orendi eut comme premier réflexe de porter les bras à son visage pensant, en entendant le cri, que celui-ci provenait de Chester. Tout en sachant pertinemment qu'elle n'était pas là. Mais la chatte aux talents d'invisibilité aurait pu, fort bien, se glisser dans la barque et la suivre jusque ici pour le seul plaisir de lui sauter dessus pour la surprendre. Néanmoins l'absence de griffes chassa rapidement cette théorie, de même que le faciès qui se penchait vers elle exposant de multiples yeux sur fond de peau violacée.

« Muffy ? » grinça la Russe avec sa voix de porte grinçante dénuée d'huile. « Qu'est-ce que tu fiches dans c' bouge ? »

La sorcière saisit le bras tendu, s'appuyant dessus pour retrouver une position verticale. Elle ne prit pas la peine de s'épousseter – son manteau était déjà crasseux de poussière. Gratta, du bout de l'index, son crâne en faisant tressauter son chapeau.

« M'as suivi ? » Sourire dévoilant ses dents. « Alors on est tentés par la voie du crime ? »

Une membre en plus dans la grande famille des Renégats, Orendi ne crachait pas dessus. Encore une donzelle qui avait quelque chose avec les yeux. Entre Orendi et les yeux qui ornaient ses paumes, Chester et sa manie de jouer avec, Louie et... sa mère, l’œil allait finir par devenir le nouveau symbole des mercenaires à ce compte. Les odeurs du Sentier revinrent à l'assaut, plus tentateurs qu'une friandise agitée sous le nez d'un enfant. La langue de Orendi pourlécha ses babines.

« Je suis en mission pour r'trouver des gosses qui s' sont perdus. Et je pense que l' problème vient d' là. » Mouvement de tête indiquant le sentier, chemin poussiéreux qui suintait le pain noir, et le bortsch pour Orendi. « Tu veux m'aider ? Faudra faire attention. C' bidule magique est traîtr'. J' serais prêt' à croquer ma main si ce truc la transforme en pièce d' viande grésillante. Avec une sauce aux champignons. »

Mouvement de tête vers Muffet, l'oeil de Orendi fixant ses bras.

« Va mieux pour tes bras d'puis ? T'ont bien soigné dans ton pays ? Scandinavie c'est ça ? »

Soit ça, soit c'était le Japon – une chance sur deux de se louper.


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C. Muffet
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Jeu 20 Avr - 21:32
Je souris à mon tour quand elle me demande si je l'ai suivie pour entamer une vie de criminelle à ses côtés.

"J'ai suivi ton indice et je suis tombée sur un de tes compagnons sur mon chemin, un hybride très charmant!"

Et plus petit que moi, ce qui relève du miracle. Je ne savais même pas que ce genre d'animal existait - je pourrais au moins dire que j'ai appris quelque chose pendant mon voyage!

"Et pour répondre à ta question, je ne vais pas pouvoir vous rejoindre. Je n'ai pas eu le temps de te le dire - et la situation n'était guère appropriée - mais je travaille au service de l'impératrice de mon pays. En tant qu'assassin."


Ce qui devait être assez évident, mais on se sait jamais. Plusieurs personnes m'ont déjà dit que je pourrais être serveuse avec autant de bras. Entre autres. Oh Puck...
Je chasse bien vite ses pensées pour me reconcentrer sur ce que dit Ori. Elle était donc venue chercher la cause de la disparition des enfants. J'avais pu remarquer des airs inquiets sur les visages des gens qui m'entouraient, mais avais été incapable de faire le lien avec l'absence d'enfant dans les rues. Intriguant. Ce qui l'est encore plus, c'est le sentier dont me parle ma jumelle, qui semblerait-il est magique et donne faim. Il est vrai que depuis quelques minutes une odeur assez alléchante et sucrée s'est infiltrée dans mon nez, sans pour autant me donner aussi faim qu'Ori. La faute probablement au repas complet que j'ai mangé il y a une heure de cela.

Je capte un regard venant d'elle et tourne ma tête dans sa direction, précédemment tournée en direction du sentier pour mieux le sentir.

"Oh oui, je suis presque complètement guérie, j'ai simplement quelques cicatrices un peu douloureuses au niveau du bas-ventre. Rien de très grave. Et toi? Il me semble que tu avais été touchée également."

Pendant que je lui parle, je ramasse mes dagues et découpe quatre fentes dans ma robe pour laisser passer mes bras. L'opération est laborieuse, mais une fois les six bras sortis pleinement, je soupire de soulagement. Rien de plus agréable que de pouvoir s'étirer après quelques heures passées à l'étroit dans la robe!

"D'ailleurs." La pensée me vient en plein étirement. "Je ne t'ai jamais vraiment remerciée, sans toi ce combat aurait pu être mon dernier. Merci."

Je lui souris et l'invite d'un geste de la main à me suivre le long du sentier. Depuis le moment où j'ai commencé à sentir, l'odeur s'est faite plus forte, devenant presque oppressante. Dans une tentative un peu vaine de me changer les idées, je pose une question qui me trotte dans la tête depuis un moment.

"Hé, Ori. Comment on tombe dans un puit magique?"

Le temps passe et la faim grandit. Alors que je ne suis pourtant pas une grande mangeuse, je sens déjà mon estomac gronder. Une odeur de Knäck semble se répandre parmi les arbres et des friandises apparaissent dans les arbres, comme tant de fruits qui ne me donne qu'une envie : les croquer. Je couine légèrement avant de me tourner vers ma jumelle.

"L'odeur est aussi forte pour toi que pour moi?" lui dis-je avec la grimace de quelqu'un qui lutte contre une addiction.



Merci Ronce <3
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Orendi
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Dim 30 Avr - 23:46
Un hybride. Muffet avait du croiser le chemin de Billy le pingouin. Mais cette révélation était la moins spectaculaire de toutes. L'index de Orendi continua à grattouiller le sommet de son crâne tandis que l'assassin énumérait les découvertes. C'était tout de même du gâchis qu'elle conserva ses talents au service d'une unique personne, qui plus est de sang royal. Avec le mercenariat au moins on perdait le risque de s'ennuyer avec des ordres répétitifs – et on avait le choix de refuser. C'était tout bénéfice. M'enfin l'araignée était assez grande (sans mauvais jeu de mots) pour choisir sa voie.

Le haussement d'épaules qui s'ensuivit accompagna aussi bien les réflexions internes de la Russe que les paroles de Muffet.

« Ça va. Un peu d' repos beaucoup d' bandages et ça s'est réparé. Le bas ventre hein. J'espère que ton infirmier, ou ton infirmière, y s' sont bien occupés. » lâcha Orendi avec un sourire égrillard, se doutant que l'assassin n'était pas pourvu de la pudeur coincée des occidentaux.

La Russe emboîta le pas à sa comparse, se permettant une tape sur l'épaule au passage.

« Entre filles faut bien s' serrer les coudes. À charge d' revanche. » conclut Orendi avec un clin d’œil.

Plus elles arpentaient le sentier, plongeant vers ses tréfonds, plus la tentation se faisait plus forte. Les odeurs devenaient presque tangibles, le décor se modifiait. Orendi pouvait voir des friandises suspendues aux branches des arbres, un miroitement chocolaté en lieu et place de l'onde d'un lac. Orendi tenta de se concentrer sur les mots de Muffet pour ne pas flancher, ne pas se laisser emporter par l'odeur qui faisait rugir son estomac.

« J' suis tombée d'dans en m'y penchant trop. Et que'qun m'y a poussé. Sauf qu' j' suis pas mort'. Dommage que j'ai jamais su qui c'était qui m'a fait ça. Je l'aurais envoyé voler depuis l' haut d'un navire volant. »

Et à écouter Orendi on comprenait aisément qu'elle l'aurait fait – sans une once de regrets.

La Russe eut un hochement de tête bref à l'ultime interrogation de Muffet. Une de ses mains empoigna l'araignée par le bras, comme pour mieux la retenir devant une telle force d'attraction. Sa langue claqua.

« La magie schlingue ici tant il y en a. On risqu' d' bientôt tomber sur l'antre de la fée ou d' la sorcière qui vit là. » Mouvement de menton désignant l'horizon. « Faut qu'on avance mais qu'on flanche pas. Allez. »

Orendi rentra la tête dans les épaules et amorça un premier pas, un second. Pas à pas elle continuait l'avancée, ne lâchant toujours pas Muffet. Une de ses mains saisit un couteau, prêt à trancher tout danger intempestif. Une silhouette se fit percevoir au bout du chemin. Une silhouette familière aux yeux de Orendi. Parfum d'enfance, de blé tendre, de fleurs séchés. Blondeur entourant un visage de sainte qui, lorsqu'elle priait, semblait n'être plus qu'une âme. L'apparition fit stopper la marche de la Russe. Sa voix croassante murmura un nom.

« Gerda... »

L'apparition lui sourit. Tendant les bras elle lui présenta, dans ses mains en coupe, le pain blanc et tendre que Gerda et elle partageaient, transformant l'ordinaire de Orendi en rêve éphémère. L'apparition lui parla, voix chantante et familière.

« Tu es fatiguée Feodora. Viens. Allons nous reposer. »

La main de l'apparition se posa sur le bras de la Russe qui ne tressaillit pas.


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C. Muffet
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Lun 10 Juil - 3:45
Ori hoche la tête et me saisit par le bras, geste qui me secoue un peu dans ma torpeur actuelle. Je fais glisser mon bras et prend plutôt sa main, de façon à se déplacer plus facilement. Tentant de rester en pleine possession de mes moyens, je fixe ses pieds et essaie d'adapter leur rythme aux miens. Une entreprise de courte durée puisque la sorcière s'arrête net. Surprise, je manque de peu de lui rentrer dedans. Je lève les yeux pour voir que les siens sont braqués sur la silhouette de quelqu'un plus loin sur le chemin. Ori murmure un nom qui ne me dit rien. Qui est Gerda? Et quelle est cette chose devant nous? Son aspect me semble humanoïde, mais ses contours sont flous, changeants, comme si ils n'arrivaient pas à se décider sur une apparence. Quoique ce soit, je doute que cette chose soit la personne qu'elle attend. Il faut que je l'avertisse. Mais plus je regarde la silhouette, plus ma faim s'intensifie. Manger. Ori. Ces deux pensées s'affrontent, jusqu'à ce que la chose touche le bras de ma sorcière bien-aimée. Je laisse la colère prendre le pas et la tire violemment vers moi. Je me saisis de son visage troublé entre mes deux mains et la force à fixer deux de mes yeux.

"Ori. Je ne sais pas qui est Gerda, mais elle n'est pas ici. Il n'y a que nous deux. S'il te plait, reviens à toi."

Je ne sais pas quoi faire pour la sortir de sa torpeur. Peut-être devrais-je... Une main presse un tissu contre ma bouche. J'essaie de lutter, de me dégager de l'emprise de cette personne, mais je suis trop faible. Rapidement, ma vision se brouille. Là où je m'attendais à ne rencontrer que le noir et sombrer dans l'inconscience, je retrouve le décor familier d'un temple japonais. Qu'est ce que...? Je regarde aux alentours : il semblerait que je sois dans une chambre - non, SA chambre. Pourquoi? Un mouvement attire mon attention. Une goutte qui tombe sur le sol. Rouge. Mes mains. Mes mains sont couvertes de sang. Je sais ce qui m'attends si je baisse les yeux, mais je ne peux pas m'empêcher de le faire. Hanako. Morte. Non, tuée. Sa gorge tranchée et son visage figé dans une expression de surprise. Non. Non non non. Ça ne peut pas être moi. Ça ne s'est passé comme ça. Non. Des larmes me montent aux yeux. Dans la réalité, je titube et tombe à genoux sans lâcher pour autant Ori.

En un instant, les murs bougent et mon environnement change. J'hésite à lever les yeux. La peur me serre le ventre. Après un temps qui me semble infini, j'ose enfin bouger la tête. Et je le regrette immédiatement. Il ne me faut qu'une seconde pour reconnaitre le décor. Hildegarde Castel. Le spectacle est à la hauteur de mes pires cauchemars. Là où nous n'avions que partagé une boisson trop alcoolisée pour moi coule le sang et la mort. Les nouvelles recrues sont autour de la table, comme dans un effort vain pour protéger le château. Tous poignardés. Puck - non pas elle - est clouée à la table, une dague lui traversant la nuque. Je sais ce qui m'attend si je tourne la tête. J'aimerais sortir de ce cauchemar, revenir à la réalité au plus vite. Mais c'est impossible. Je pivote lentement vers une masse effondrée sur la table. Ragnar. Deux dagues plantées dans son cou font ruisseler le sang comme une cruche, tandis que la dernière est figée dans ce qui était autrefois l'orbite de son oeil droit. Je regarde la scène pendant quelques instants. Tétanisée. Puis je fonds en larmes, attrapant la masse de muscles et pleurant contre son bras.

"Ragnar. Je suis désolée. Je ne voulais pas. Je..."

Mes sanglots étouffent mes mots. J'oublie complètement la réalité, laissant mes larmes couler sur le bras d'Ori/Ragnar. Mes trois mains viennent retirer les dagues que je peux sentir tomber dans mes mains, comme autant de preuves de mes méfaits. Je laisse tomber mes bras inutilement à mes côtés, tandis que mon autre main vient caresser son visage. J'aimerais lui dire quelque chose, trouver une excuse. Mais rien ne me vient. Personne ne viendra plus au Castel. Je suis seule.



Merci Ronce <3
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Orendi
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Mer 12 Juil - 19:13
L’œil valide de Orendi cligna, happé par le regard de Muffet. La voix de Gerda ne résonnait plus, comme si elle avait disparu – image fugitive, illusion dont l'araignée l'avait extrait. Orendi se secoua, le regard encore vacillant. La sorcière inspira l'air chargé d'effluves sucrées, inhalant caramel brûlant, vanille entêtante dans un même souffle.

« Je... »

Sous ses yeux l'araignée se laissa submerger par le désespoir, implorant pardon – sa voix vacillait, tressautait. Elle prononça un nom qui était inconnu aux oreilles de la mercenaire. Ce Ragnar devait être important pour que Muffet soit dans un tel état en mentionnant son nom. Un compagnon d'armes qu'elle avait perdu tragiquement ? La sorcière tenta de la retenir pour qu'elle ne sombra pas à terre mais ne put empêcher aux dagues de tomber sur le sol dans un cliquettement de fer.

« Muffet, Muffin ! Hey c'est Orendi, pas Ragnar ! »

Mais Orendi l'avait vu cette femme appliquer un tissu sur la bouche de l'araignée, sortir cet objet d'entre les plis de son sari. La mercenaire enserra l'araignée dans ses bras multiples, ramassa un dague qu'elle tendit à l'encontre de l'inconnue – prête à faire mouche.

« C'est vous qui enl'vez les gosses, hein ? »

La femme inclina la tête sur le côté. Son visage demeurait masqué par le foulard qui ceignait sa tête, retombait en cagoule, plongeant son faciès dans l'ombre. Orendi vit des lèvres bouger, une langue chantante se faire entendre mais si basse que son traducteur magique était incapable de lui donner une réponse. Orendi recula d'un pas, Muffet contre elle.

« 'Coutez z'avez peut-être vos raisons d' faire ça. Mais... Dites moi... Vous leur faites quoi aux marmots ? »

La sorcière rit, un rire presque mélodieux avant de souffler une poudre aux yeux de Orendi qui pesta, cria... et battit des cils, perturbée avant de sombrer, tenant toujours Muffet dans ses bras. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Orendi crut qu'elle allait défaillir. Les odeurs sucrées étaient concentrées en ce lieu, si puissantes que la sorcière avait l'impression d'évoluer dans du sucre solide. La sorcière tenta de discerner où elle se trouvait, ne rencontra que l'obscurité.

« Muffet ? Hey, t'es là ? »


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