Janvier 07. Hic et nunc

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Alabaster C.Green
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Alabaster C.Green
Ven 17 Mar - 23:38
Il pleuvait. Les gouttelettes de pluie chantaient sur les vitres du magasin, dansait dans la douce lumière des lampes à huiles, comme autant de ballet sur les scènes des théâtres d’Emerald. Elles glissaient sur la fenêtre, selon des schémas libres de leurs pensées, ouverts à leurs seuls instincts. Et à chaque fois que l’une de ces étoiles filantes, scintillante d’H2O, s’écrasait sur le carreau, elle chantait une note.

Plic. Plac.

Tant de sons, uniques et harmonisés, qui composait au fil de la fine pluie une symphonie délicate, une douce mélodie plus efficace qu’une berceuse. A cet orchestre liquide tombé du ciel répondait l’horloge du bureau, massive, en bois, aux rouages dorés : à la manière d’un automate chef d’orchestre, il répondait à la pluie par son bruit.

Tic, tac. Tic, plac, plic, tac.

Et ainsi de suite. Jusqu’à ce que les nuages s’écartent et que le soleil viennent. Bien évidemment, ce n’est pas un spectacle que tous peuvent voir, et que tous apprécient. Mais ici, dans la cité volante, affalé dans un fauteuil de cuir à haut dossier, Alabaster se faisait attentif à cette musique. C’était, définitivement, quelque chose à réutiliser dans un rêve. Ce ferait, à n’en pas douter, un concert fantastique, une représentation qui pourrait durer toute la nuit. Avec des éclairs pour percussions et du vent pour violon. Oui, ce ferait une sublime hallucination. A endormir un régiment de soldat tout entier.

Dormir. Oui, dormir. Un bien joli mot.

Le sorcier se redressa d’un coup, attrapant à pleine main quelque chose au niveau de sa poitrine. D’un geste rapide, il en tira une sorte de filet argenté, lumineux, comme constitué d’énergie, qu’il jeta prestement dans un minuscule flacon. Il le reboucha immédiatement, et se laissa aller à nouveau dans son fauteuil. Il venait de s’arracher le sommeil. Encore. Il jeta un petit coup d’oeil autour de lui, comme lassé de l’action magique qu’il venait à l’instant d’accomplir. La pièce était plutôt haute de plafond, assez large. Une vitre (équipée de rideaux, aujourd’hui grands ouverts) donnait sur la rue : elle n’avait pas d’ouverture, c’était une simple plaque de verre comportant une large inscription lisible depuis le trottoir. On pouvait y lire (de l’intérieur, du moins) « Bienvenue au Morpheus ». Sur le côté de la pièce, une double porte s’ouvrait en grand sur un hall d’entrée dans les tons rouges, qui lui même débouchait sur la rue. Une autre double porte, derrière le comptoir et derrière Alabaster, donnait sur un couloir (lui aussi relié au hall).

Les murs étaient tapissés d’étagères, ou de placards, et le parquet subissait un sort plus ou moins similaire. Sur le mur de droite, une alcôve (surmontée d’une verrière, qui projetait des ombres dansantes sur le sol) supportait à son tour diverses étagères. La pièce était remplie de diverses fioles, contenant chacune une petite lumière de couleur différentes. Elles semblaient plus ou moins rangées dans un ordre précis, et diffusaient une douce lueur dans la pièce. Dans le fond, un comptoir de bois sombre supportait une vieille caisse enregistreuse, quelques livres, quelques fioles. Derrière encore, il y avait un petit espace comportant un large Alambic, un fauteuil, des placards remplis d’herbes et de potion qui n’avait rien de petites lumières, et évidemment le magicien de la boutique assis sur son fauteuil.

Il portait sur les genoux un petit bol en bois, rempli d’herbes diverses qui dégageait une odeur lourde, presque écœurante. Sur une table de bois, entourée d’un pentacle tracé à la craie, reposait la fiole que le sorcier venait tout juste de remplir de sommeil. Du sommeil brute, ne contenant aucun rêve. Il se leva, attrapa la fiole, et alla la ranger dans un placard vitré. De son gilet, il tira sa montre et grinça des dents. Elle arriverait bientôt. Il attrapa une pomme rouge, abandonnée sur le comptoir, et croqua dedans d’un air pensif. La porte s’ouvrit avec un petit bruit de clochette. Il était plutôt grand (plus grand qu'Alabaster), portait une casquette, une sacoche de cuir, et un pantalon brun (évidemment, il portait aussi une chemise, des chaussures et une veste, ne me regardez pas comme ça). Son visage était taillé à la serpe, encadré par une barbe auburn et supplanté par deux yeux couleurs émeraude. Alabaster eut un léger sourire, du genre commerçant compatissant:

-Dure journée ?


-A qui le dites-vous? grogna le colosse en se fendant d'un sourire fatigué.

Il se massa la nuque et lança un regard à la ronde. Alabaster eut un large geste de la main.

-Vous recherchez quelques chose en particulier ? Sinon, toutes ces fioles sont à vendre.

-J’aurais besoin de sommeil. Juste ça.

Le magicien lui jeta un rapide regard, puis attrapa une fiole dans la section qu’il venait d’atteindre.

-Pour combien de temps ?

-Une semaine me semble bien, répondit le colosse après quelques instants de réflexions.

Alabaster repassa de l’autre côté du comptoir, fiole en main. Et tira une feuille de parchemin de sous son comptoir.

- Étendez ça sur votre lit, tous les soirs. Le stock devrais vous faire une semaine. Repassez demain pour le paiement.

Et tandis que le client signait le contrat de sortilège, Alabaster tira une jarre en terre cuite de sous son comptoir. Elle contenait un sable noir, avec des reflets légèrement rouges à la lumière. Il en versa une pincée dans la fiole du client : la poussière se désagrégea dans la lumière. Quand il posa l’objet sur la table, le client fronça les sourcils.

-C’était quoi, ça ?

-Ma garantie. Tout en bas de la feuille que vous venez de signer.

Et avant que l’autre n’ai pu revérifier avec précision le contenu de ladite garantie, il fit disparaître le contrat dans un tube métallique, qu’il accrocha au mur (parmi tant d’autres). L’ouvrier plissa les yeux, puis quitta le Morpheus, l’air légèrement dubitatif. Il jeta un dernier coup d’œil à sa fiole, puis la fit disparaître dans sa sacoche. En sortant, il manqua de bousculer une autre personne qui montait jusqu’à la boutique.
Alabaster croqua dans une pomme avec force. Peut-être pas d'anxiété, mais c'était tout comme.

Il n'avait pas exactement saisi, au début, ce qui se passait. Il avait ressenti le besoin de lire des thèses sur la magie d'un ennui mortel, dont il sautait une ligne sur trois. Il avait éprouvé le besoin urgent, à la rupture de son sommeil artificiel, de se préparer un jus d'orange et d'en boire à peu prêt trois verres. Il avait passé une heure à vérifier chacun de ses attrapes rêves, d'en consulter le contenu, et de consigner les matériaux oniriques à disposition sur un recueil relié de cuir.

Je vais manquer de rêves d'aventures. Note: se trouver un mioche capable de se rêver chevalier.

Alabaster croqua à nouveau dans la chair du fruit. Il était nerveux, c'était évident maintenant. C'était plus que probablement dû à l'invitation de Madame Müller, l'autre sorcière de la ville (du moins, aux dernières nouvelles) qu'il avait certes malproprement invité à prendre le thé. Rien que de repenser à sa lettre, concentré rapide de moindre politesse couchée sur une feuille de papier et envoyée au plus vite, il sentait ses joues rosir de honte. Mais là n'était pas la question d'une lettre mal écrite: il avait éprouvé le besoin de parler à un confrère, et la plus proche s'avérait être Müller. Il avait entendu des rumeurs d'un sabbat de sorcières, dernièrement, à Emerald, mais s'était révélé au Canada à cette période. Il lui avait fallu environ un an avant de finalement se décider à se mettre en lien direct avec un autre sorcier.

Pour plusieurs raisons, qu'il se repassait en tête comme un étudiant révise son exposé. Certes, la magie était menacée: par des empires technologiques et des esprits bornés. Certes, les fées étaient interdites de séjour à Emerald, cité pionnière de l'humanité (cela le peinait beaucoup de voir que les incarnations même de la magie pouvait être mise de côté aussi facilement par une icône de la civilisation humaine). Mais surtout, il se sentait seul. Il avait eu quelques liens avec des sorciers, auparavant, mais jamais il n'avait intégré de sabbat, de loge, de groupuscule, ou quoique ce soit d'autre. Il n'avait jamais partagé son art. Et lentement, l'envie d'un apprenti germer au fond de son esprit.

Mais tout cela n'était que plan d'avenir. Pour l'heure, il devrait faire connaissance avec Mademoiselle Müller, et décider si oui ou non cela valait la peine de s'intégrer à un réseau de sorcellerie.

Alabaster croqua une nouvelle fois dans la pomme. Et manqua de mettre du jus partout.
Alabaster C.Green
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Hildegarde Müller
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Ven 24 Mar - 0:24
« Oh Frau, vos cheveux... »

Miss Dorothea avait laissé s'échapper cette remarque dans un souffle contrit se passant, nerveusement, les doigts dans sa propre toison – coupe au carré aux mèches tombantes, casque brun mal dégrossi. Hildegarde sourit doucement à la vue du visage de l'apprentie, de ses yeux arrondis par la surprise de voir la tenancière de leur petit groupe si changée.

« Et vous avez tant maigri... » ajouta-t-elle avec le ton d'une voix d'une personne assistant à un drame.

Inconsciemment ses pieds se rapprochèrent, la pointe des souliers se collant l'une à l'autre, ses pieds s'agitant dans ces chaussures d'un rouge flamboyant.

Hildegarde caressa les cheveux courts, plus longs que les siens, sentant ses propres boucles chatouiller sa nuque.

« La nouvelle année apporte de nouvelles résolutions Dorothea. Cette coupe avait besoin d'être rafraîchie. Quant à ma silhouette, quelques livres en moins ne lui apporte que du bien. Mais oublions ce qui me concerne. Si je vous ai fait venir Dorothea c'est pour que vous m'en appreniez plus sur cette boutique... Le Morphéus. »

Dorothea se redressa, imperceptiblement, sur son siège tandis que Hildegarde prenait place derrière son bureau. C'était tout de même étrange de revoir la sorcière si changée – les joues plus creuses, le cheveu tombant sur la nuque et non plus cette cascade soyeuse qui pesait lourdement sur les épaules. L'apprentie sorcière cligna des yeux, se recentra.

« Elle vend... du rêve. »
« Concrètement ou est-ce une métaphore ? »
« Du concret, de la magie en bouteille. Volutes, spirales, poudres... De quoi apaiser votre sommeil, vous permettre de dormir, de faire de bons songes. »
« Cela aurait été ironique s'il avait été s'établir en France. »

Peu sûr que la population eut goûté la plaisanterie.


Dorothy n'avait pu être guère plus explicative n'ayant jamais osé approcher la boutique. Apprentie dans l'art de la sorcellerie, elle ne faisait guère encore confiance assez en ses capacités pour entrer dans ce qu'elle définissait, elle-même, comme l'antre d'un sorcier. Hildegarde avait du déployer des trésors de patience et d'assurance envers la jeune femme brune pour lui assurer qu'elle serait prudente. L'Austro-hongroise n'imaginait guère que la rencontre put mal tourner mais elle ne pouvait nier que Dorothy avait raison d'être sur le qui-vive.

Sous son parapluie la sorcière observa la boutique sous tous ses angles. Belle bâtisse qui s'incrustait admirablement au sein de l'architecture de la cité volante. L'arrêt de la pluie permit à Hildegarde de replier le parapluie et de pousser un des lourds battants de l'imposante porte qui scellait l'entrée. Son regard fut happé par les fioles dont les contenus semblaient aussi fluctuants que les reflets d'une flaque d'eau. Plus changeants encore que l'humeur d'un enfant. Hildegarde se laissa presque bercer par ces lueurs avant de se reprendre, ses talons claquant sur le parquet tandis qu'elle avançait en direction du comptoir – et de l'homme qui l'occupait.

Il n'avait, nullement, la tenue d'un standardiste. Quelque chose dans son maintien soufflait qu'il était quelqu'un d'important. Hildegarde misa sur la possibilité qu'il fut le maître des lieux, quitte à sauter à pieds joints dans un piège tendu à son intention, posé là pour tester ses capacités.

« Monsieur Green, je présume ? Je suis Hildegarde Müller. Je viens goûter à ce thé que vous m'avez si gentiment proposé de venir goûter en votre boutique. Je dois avouer que, le peu que j'en aperçois, me donne envie de l'explorer davantage. »

Son regard accrocha, une énième fois, les fioles, comprenant plus clairement les propos de Dorothea.

« Ainsi votre sorcellerie se déploie dans le tissu du rêve ? »

Voilà qui l'intriguait de plus en plus.




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Alabaster C.Green
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Alabaster C.Green
Ven 24 Mar - 19:02
Alabaster fit disparaître le mouchoir blanc juste à temps pour se retourner vers le nouvelle arrivante. Il était parvenu à essuyer le jus de pomme qui dégoulinait un peu sur son menton suffisamment vite pour (du moins l'espérait-il très, très fort) ne pas s'être fait prendre la main dans le sac.
Son sourire s'élargit au nom de l'arrivante. Hildegarde Müller. La sorcière devait avoir sensiblement son âge. Le magicien prit une discrète inspiration, en appelant à son don. Elle était effectivement auréolé d'un peu de magie, le genre d'énergie résiduelle que laisse la sorcellerie sur ses pratiquants; alors qu'il faisait le tour du comptoir, quelque chose scintilla sur les vêtements de son invitée. Une broche, qui lui avait renvoyé la lumière des fioles droit dans l'oeil.
Alabaster prit le parti de ne pas considérer l'objet pour l'instant. Si l'objet avait une quelconque importance pour la sorcière, que son don lui avait indiqué et que le marchand de sable s'avérait concerné, Hildegarde lui signifierait en temps voulu.

Il s'approcha de la nouvelle venu, souriant.

-Frau Müller. C'est un honneur, fit-il en s'inclinant légèrement. Je suis heureux que vous ayez répondu à mon invitation.

Le sorcier se déplaça en direction d'un mur, et tira une corde qui y pendait. Quelque part, une clochette, inaudible depuis la boutique, sonnait sans doute.

-Si vous souhaitez mettre un nom sur ma magie, appelez là "Oniromancie". Même si c'est plutôt pompeux, c'est ce que j'ai trouvé de plus court. Et ça désigne plus ou moins la totalité de mes pouvoirs.

Il eut un large geste, désignant sa boutique. Que ce soit les fioles, contenant des sphères de lumières palpitantes ou des volutes dorées formant une double hélice dans leurs bocaux; que ce soit les pots, contenants des herbes séchées servant de somnifères; ou que ce soit encore les divers miroirs renfermant des illusions, tout dans la boutique était le fruit d'un long travail, d'étude et de sortilèges tiré d'autrui, de lui-même, parfois hybrides de sciences diverses. Il était plutôt fier du Morpheus, et espérait simplement que ça ne frisait pas l'arrogance.

-Permettez que je prenne votre manteau et parapluie. Nous serons probablement plus à l'aise assis sur des fauteuils, avec une tasse de thé chaud dans les mains.

A cette instant précis, un jeune entra dans la pièce. Il portait une large chemise rouge sombre, sur un pantalon noir et des bottines de cuir. Le magicien lui lança quelques instructions (ce qui, résumé, donne: "Je te laisse le comptoir à charge"), puis s'occupa des affaires de son invitée. D'un geste, il l'invita à monter au premier étage. Là, il lui indiqua les fauteuils devant l'âtre, accrocha son vêtement au porte-manteau et déposa son parapluie juste dessous, derrière la porte. Puis, assuré que Hildegarde était à l'aise, il monta dans ses appartements: d'un de ses placards, il tira un plateau, deux tasses, une théière remplie d'eau, une boîte de cuivre et des petits biscuits, qu'il présenta sur une assiette. Une fois qu'il y eu rajouter un sucrier et un petit pichet de lait, il descendit le plateau.

Assis devant Hildegarde, il raviva les flammes de l'âtre et suspendit l'eau à bouillir au dessus du feu. Il tira de la petite boîte en cuivre quelques feuilles, qu'il mit à infuser dedans. Puis (enfin), il s'assit devant Hildegarde Müller.

-Excusez moi. Nous disions donc: la sorcellerie. Elle est unique pour chacun d'entre nous, et tout au mieux très similaire. Chez moi, c'est par le biais de l'oniromancie. Et chez vous ?

Dans le même temps, le magicien organisait les tasses sur la petite table basse en bois sombre. Quelques instants plus tard, il attrapait la théière et servait une tasse à la sorcière, rajoutant selon ses désirs lait et sucre. Une fois sûr que tout était bon pour elle, il piocha un biscuit qu'il grignota en écoutant la sorcière.
Il laissa sa tasse, fumante, de côté pour le moment.
Alabaster C.Green
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Hildegarde Müller
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Dim 2 Avr - 1:03
Hildegarde se laissa dorloter par les manières de gentleman et d'hôte du sorcier. Bien assise dans le fauteuil qu'on lui avait désigné, la sorcière se laissait porter par l'ambiance de la boutique. On était à des centaines de lieux de La Voie Pavée d'Or qui, à cette heure, devait vibrer de l'effervescence des clients profitant de la soirée pour mener leurs courses du soir et se rassembler entre amis pour profiter d'un café entre deux achats. Laissant son regard errer sur une des fenêtres la sorcière eut une pensée pour Ginger. Le départ, encore très récent, lui laissait un goût amer. Mais l'Américaine avait fait son choix et de cela elle lui en était grès – rien n'était pire que l'incertitude.

Le retour de Alabaster tira la sorcière de ses pensées. Même si une comparaison se fit en son esprit lorsque l'homme prépara le thé. L'an dernier, un autre sorcier lui avait préparé une telle boisson dans des conditions totalement opposées. Le contraste en était saisissant. Hildegarde se demanda bien ce qu'une rencontre entre deux de ces hommes pourrait bien créer comme situation. Sans aucun doute un échange nourri sur la magie.

« Ma sorcellerie n'est guère aussi flamboyante que mes consœurs et confrères. Un sucre seulement, et un doigt de lait. » précisa-t-elle lorsque Alabaster la servit.

Prenant la tasse, Hildegarde tourna la cuillère lentement, les cours de maintien insufflant un mouvement presque chronométré à ses gestes. Des années à vous apprendre comment vous tenir, boire ou même manger vous marquait à vie.

« Ma magie se focalise sur les toxines et les poisons que je tire du suc des plantes. Ils ne sont pas, bien évidemment, tous mortels. Tout dépend du dosage, du mélange. Et en connaissant cela j'ai acquis une certaine connaissance des antidotes. Il est nécessaire de connaître le mal pour apprendre à le soigner. »

Comme elle l'avait toujours fait, Hildegarde ne fit aucune mention aux pratiques qu'elle menait, bien dissimulé dans un recoin de sa demeure. Alcôve dissimulée derrière une bibliothèque où des femmes, acculées, avaient imploré son aide là où ni les hommes, ni Dieu, ne pouvait leur offrir la moindre main tendue. Ce secret elle ne l'avait partagé qu'avec deux personnes : feu son époux et Ginger Wealth. Deux personnes qui étaient déjà bien trop nombreuses, même si l'une d'elles était morte depuis des années.

Reposant la tasse, Hildegarde extirpa d'une poche de sa robe un sachet de papier qu'elle déposa sur la table. Si Alabaster l'entrouvrait il y verrait une poudre – émincés d'herbes multiples qu'on avait pris soin de hacher menu.

« Celle-ci est une de mes créations les moins dangereuses. Elle permet de modifier la couleur de peau d'une personne. Bien sûr plus la dose est augmentée, plus l'effet s'étire en longueur. Dans la même mouvance, très prisée par les couples et les amants, une autre de mes préparations permet d'enlaidir une personne. Poussée de furoncles disgracieux, entre autre. Vous n'imaginez pas à quel point certains individus sont prêts à payer pour se venger d'un de leurs semblables. »

L'index de Hildegarde se tendit, désignant ce sachet déposé qui semblait presque ridicule.

« Ma sorcellerie peut causer le bien et le mal, sans distinction. J'avoue ne pas connaître tous les tenants et aboutissants de mes clients. Mais la nature humaine est ainsi faite. La magie est ainsi. Ni bonne, ni mauvaise. Tout dépend de l'usage que l'on en fait. »




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Alabaster C.Green
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Alabaster C.Green
Dim 2 Avr - 11:55
Alabaster releva les yeux du petit sachet. Rien ne pouvait se lire sur son visage, dans son attitude, dans ses réactions. Il semblait parfaitement stable, tout à fait calme. Pour autant, un oeil exercé aurait remarqué la crispation légère de ses doigts, sur ses mains jointes. Une empoisonneuse. Il trouvait que le mot manquait sévèrement de charme. Le poison lui avait toujours semblé une arme étrange. Il y voyait un cobra: surgissant du néant pour arracher une vie du monde. Aucune possibilité de se défendre, aucun moyen de savoir d'où vient la mort. Aucun moyen d'aider. Aucun moyen de protéger, si ce n'est d'être un cobra par soi-même.
Pour autant, Hildegarde ci-présente n'était pas une meurtrière (d'après ses dires, du moins). Elle avait appris ces notions, ce savoir, pour en affronter les dangers. Il voulait croire la sorcière. Et puis, toutes ses plantes n'étaient pas meurtrière.

Et qui était-il pour juger son invitée ?

Il tendit la main, curieux, vers le petit sachet, qu'il soupesa distraitement. La magie était faite ainsi: une si petite chose pouvait aller jusqu'à changer la couleur d'un individu. Une pincée dans votre repas du soir, et vous vous réveillerez vert le lendemain. Le sorcier eut un petit sourire, et reposa le sachet. La magie était un phénomène si variable, si étrange: et dire qu'il existait des sorciers qui tentaient de la réguler, de la calculer, de la mesurer. C'est ce que lui faisait, en un sens. En conservant ses grimoires, en comptant les rêves à disposition, en triant ses sorts: pour autant, intimement, il savait que la magie faisait fit d'un bon nombre de règles si évidentes aux yeux humains. Mais aujourd'hui, le débat ne portait pas sur ça.

De sa ceinture, il détacha une petite bourse de cuir qu'il posa sur la table.

-Vous avez déjà vu mes fioles, en bas. Voici une autre version du sommeil en poudre. Faites-y attention, celui-là est particulièrement fonctionnel.

Et pour cause: cette fine poudre dorée, si semblable à du sable scintillant, constituais sa dose de sommeil personnelle. Soit une nuit d'un sommeil lourd, sans rêves, réparateur, condensé en une heure. Il préférait qu'Hildegarde ne s'écroule pas d'un coup: ça salirait son tapis. Sauf si elle posait sa tasse d'abords.

-Effectivement, la magie est un outil. Seul la volonté qui la manipule peut en faire une arme, ou un remède. Je trouve votre sorcellerie très adaptée à cette idée. Parfaite analogie, ajouta-t-il avec un sourire.

Il croqua un bout de biscuit.

-Si j'ai souhaité vous parler, Mademoiselle Müller, ce n'est pas que pour profiter de votre délicieuse compagnie et discuter tranquillement au coin du feu. Dans le monde, et plus localement à Emerald, la magie vacille. Pas la force dans laquelle nous puisons nos sorts -elle est intacte depuis des millénaires, et le restera probablement bien après la race humaine- mais son impact sur les civilisations. Des murmures grondent dans les ombres, des empires se relèvent, portant en leurs coeurs une haine profonde à l'égard de la magie -que ce soit la nôtre, ou celle des fées.

Le sorcier posa son biscuit, et plongea son regard couleur hivernale dans celui d'Hildegarde.

-Je ne suis pas suffisamment bien renseigné sur l'univers pour savoir si il en est de même pour la totalité de l'Humanité: ce que je sais, c'est qu'en Amérique certains se font la guerre autour de la thématique d'une magie libre. Je sais que les fées du Désert sont réduites en esclavage, et je sais qu'a Emerald, les gens ont peur. La peur de la magie grandit chaque jour, et je pense que nous savons tout les deux que la sorcellerie n'a rien du mal incarné.

Alabaster se permit une gorgée de thé.

-Excusez la lente introduction, je viens au but de cette entrevue. J'ai entendu des rumeurs, dans nos rues: un sabbat de sorcières aurait eu lieu, il y a quelques temps, à Emerald. Je ne suis revenu en ville que très récemment, et vous êtes la seule autre sorcière que je connaisse par ici. Auriez-vous quelques informations à m'apporter ?
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Hildegarde Müller
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Lun 17 Avr - 0:20
Hildegarde déposa sa tasse sur la table basse, ses doigts entrouvrirent la bourse avec la délicatesse d'une épousée dénouant le cordon fermant son cadeau de mariage. Sous ses yeux se dévoila un sable scintillant, une fine poudre qu'elle n'osa toucher face à la mise en garde du sorcier. La femme avait déjà assez vécu pour savoir qu'il ne fallait pas jouer avec le feu. La prudence était de mise. Elle se contenta donc de déposer la bourse dans le creux de sa paume, bougeant légèrement la main pour voir la poudre capter la lumière de la pièce, miroiter comme une onde étincelante.

Du sommeil en poudre. Hildegarde re-déposa la bourse, ne prenant pas le risque d'en inhaler. Il aurait été inconvenant de s'endormir le nez dans sa tasse.

La magie vacillait. C'était un fait. Les dernières préparations de Hildegarde connaissaient plus d'un cahot. Heureusement des imprévus sans conséquences désastreuses si ce n'est qu'un peu de fumée ou transformer une poudre changement de couleur en poudre à éternuer. Mais c'était très embêtant et inquiétant.

« Oui les journaux sont encore tièdes sur la question évoquant quelques anecdotes mais les présentant comme des incidents isolés. Je ne crois pas aux incidents isolés. »

Hildegarde avait hoché la tête plus d'une fois face au discours de Alabaster. Le sorcier était fort bien renseigné, mentionnant même les djinns, ces cousins, pas si lointains, des fées, subissant un asservissement qui semblait remonter à des millénaires.

« Il nous faut espérer que ce vacillement n'est pas le prologue d'une disparition totale de la magie. Nous pourrions nous en sortir, nous les sorciers. Mais qu'en serait-il des hybrides ? Conserveraient-ils leurs formes actuelles, ou devraient-ils choisir une nature précise ? Et que dire des fées... » souffla Hildegarde avec un pincement au cœur. « Cela sonnerait leur extinction. »

Hildegarde n'osait imaginer ce que cela devait causer comme sentiment que de voir tout un peuple disparaître, le monde rejetant son existence même. La sorcière se figurait une disparition progressive jusqu'au dernier, l'ultime maillon, dernier représentant d'une race éteinte, emportant avec lui les dernières étincelles de magie. La femme posa le dos de sa main contre sa bouche comme pour refouler une nausée qui la menaçait. Ils devaient faire quelque chose.

Et la question de Alabaster arrivait à point nommée.

« C'est moi qui ai organisé le sabbat. » annonça Hildegarde comme si elle discutait du dernier potin mondain d'Emerald. « Une initiative personnelle. Je voulais rencontrer d'autres pratiquants et pratiquantes de la magie hors de mes petites protégées. Vous seriez étonné par les portraits hétéroclites qui constituent cette petite loge. »

Une orpheline scandinave dont le teint méditerranéen suggérait des origines plus sudistes, une hybride asiatique, une baronne russe... Il ne leur manquait plus que deux pratiquant(e)s américaine et africaine pour avoir un éventail de tous les continents existants. Hildegarde piocha un biscuit, y donna un coup de dent.

« Je suppose que cela vous intéresse d'en voir plus. Je pensais lancer un appel à un nouveau sabbat pour le début de cette année. Vous pourriez ainsi lier connaissance avec mes paires, et nous pourrions voir si elles vous accepteraient dans notre cercle et si nos revendications rentrent en adéquation avec les vôtres. »

Le biscuit fut promptement avalé en quelques coups de dents agrémentés d'une gorgée.

« Je ne puis pas entrer dans les détails. Je ne vous connais pas assez et je préfère miser sur la sécurité. Vous comprendrez que je ne peux pas prendre le risque de dévoiler nos secrets à un étranger. »




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Alabaster C.Green
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Alabaster C.Green
Jeu 11 Mai - 20:58
- Ma foi, ce serait volontiers.

Le magicien but une gorgée de sa tasse, le regard pensif.

-Je viendrais comme observateur extérieur, alors. Dois-je signer un quelconque contrat, si possible en gardant mon âme ? ajouta-t-il avec un léger sourire en coin.

Alabaster se sentait fatigué. Bien qu'il sache garder un visage de marbre relativement maîtrisé, il sentait ses paupières s'alourdirent et ses tempes bourdonner légèrement.
La magie était instable, la preuve n'était plus à faire. Et il s'avérait que ses sortilèges s'effilochaient lentement, au fur et à mesure. Notamment celui utilisé pour pouvoir dormir, et qui demandait une utilisation plus régulière que prévue.

Comme si sa magie créait une forme de dépendance, ou que son fonctionnement devenait moins puissant, l'obligeant à user de sortilèges plus régulièrement. Le magicien ne savait pas exactement faire la part des deux, et cela l'effrayait.

Il se contenta de sourire à Hildegarde, n'ayant plus rien à dire. Ce n'était pas parce qu'il était fatigué qu'il devait négliger ses devoirs d'hôte, ou être impoli. Il but une gorgée de thé, à nouveau, et s'adossa dans son fauteuil.

Sur la table, le Sable scintilla dans la lumière de la cheminée, lui faisant comme un clin d’œil.

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Hildegarde Müller
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Lun 15 Mai - 0:26
Hildegarde eut un rire, amusée par le trait d'esprit de son vis à vis.

« Me prenez-vous pour Faust ? Non, point de contrat voyons. Je vous contacterais lorsqu'une date aura été déposée. Et surtout un lieu où nous retrouver. Même si le sabbat a été menée dans ma demeure la première fois, il est possible que la réunion trouve endroit plus exotique selon les disponibilités de nos comparses. »

Puis Hildegarde se devait de l'avouer, elle ne dirait pas non à mener un voyage. Elle avait l'impression de s'encrasser en demeurant chez elle, à cheminer de sa demeure à son grand magasin, de passer du rôle de maîtresse de maison à celui de gérante. Mettre tout cela de côté, les chiffres, les responsabilités, pour les troquer contre la liberté, même éphémère, qu'offrait celui de sorcière cela ne lui déplairait pas.

Il lui faudrait rédiger les lettres, les cacheter, proposer une date, la valider ainsi que le lieu de réunion. Mais cela ne devrait guère prendre du temps. Les oiseaux mécaniques étaient rapides.

« Vous semblez éreinté. » finit-elle par souffler, reposant le biscuit entamé, la tasse à peine vidée sur la table basse. « Je suppose que vous œuvrez dur au sein de votre office. Souhaitez-vous que je me retire ? Je vous tiendrais au courant pour le prochain sabbat. »

Hildegarde s'était tendue avant, son corps basculant hors de son siège. Une main amie se posa sur l'accoudoir du fauteuil de Alabaster avant de se poser sur sa main, en un geste de familiarité. En un geste réconfortant d'une mère voyant son enfant abattu.

Spoiler:
 




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Alabaster C.Green
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Alabaster C.Green
Dim 21 Mai - 15:27
Des boucles dorées, un léger sourire, des gestes voulus réconfortants...
C'est fou comme elle lui faisait penser à sa mère. Et c'était fou comme il n'aimait pas sa mère. Alabaster émit intérieurement ce qui, à voix haute, aurait ressemblé à un grognement mêlé d'un ricanement. La fatigue était vraiment mauvaise conseillère, par moment. Et s'égarer face à ses invités était un sacré manque de style.

-Rêvez-vous, Mademoiselle Müller ?

La question avait fusée, d'un coup. Lui redonnant un coup d'énergie. Le magicien se redressa, se dérobant délicatement à la main de la sorcière. Son regard bleu glace se fixa dans celui de son interlocutrice, et pendant quelques secondes seul le crépitement des flammes lui répondit.

-Les rêves sont une part de nous-même qu'on ne peut changer. Quand ils s'expriment par eux-même de nuit comme de jour, ils sont le miroir de notre âme. Ils sont les observateurs les plus attentifs, et les conteurs les plus charmeurs qui existent. Personne ne se dérobe jamais au jugement de ses rêves.

Il se pencha en avant, but une gorgée de sa tasse, puis releva les yeux et sourit. Un sourire chaleureux et un regard froid, assemblés sur un seul et même visage.

-Pure curiosité professionnelle. Qu'est-ce qui vous pousse en avant chaque jour, qu'est-ce qui rythme votre sommeil ? Qu'est-ce qui se cache dans les ombres sous votre lit, et parmi les étoiles de vos nuits ? Pardonnez moi si vous y voyez une intrusion, mais je suis en peu en manque d'inspiration.

La question était relativement anodine (du point de vue d'Alabaster, en tout cas). Ce n'était que des mots, destinés à alimenter une conversation entre deux personnes civilisées prenant le thé. Et pourtant...

Sur la table, le Sable scintilla un peu plus. Peut-être était-ce dû aux mouvements lancinant des flammes. Au doigt d'Alabaster, son anneau sembla un court instant plus noir. Chose très difficile à remarquer comptes tenus de ses vêtements sombres.
Alabaster C.Green
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Hildegarde Müller
Glinda, la sorcière du Sud
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✦ Libre pour RP ? : Libre !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 28 Mai - 22:22
La sorcière se laissa retomber dans son siège, s'y lovant à l'intérieur pour mieux observer le magicien et l'écouter parler en énigmes, sphinx au regard insondable. Il était homme, mystère, et ses questions des énigmes auxquelles Hildegarde se devait de répondre. La tasse était vide entre ses mains. Le Sable chatoyait, attirant son regard par instants. Elle avait la singulière impression que l'homme lui faisait subir un test auquel elle devait savoir répondre pour pouvoir, espérer, le voir rejoindre le sabbat.

La femme se prit au jeu, ourlant ses lèvres d'un sourire. Jouons donc !

« Tout le monde rêve, monsieur Green. Tout le monde est pétri d'espoirs quel que soit son âge, son origine... sa nature. » précisa-t-elle, ayant à l'esprit les fées, les hybrides, ces êtres considérés comme non humains. « Ce qui me fait lever chaque jour ? Je suppose que vous vous doutez que cela va plus loin que le simple maintien de mon grand magasin. »

Du legs de feu son époux pour être plus précis. Hildegarde croisa ses mains sur ses genoux.

« Les terreurs qui peuvent hanter mes placards sont miennes. Et vous n'êtes pas assez intime pour les connaître. Seul mon époux l'a été. »

Lui et une ménagère de Brooklyn qui était repartie, tenant la main de sa fille, sa valise frappant contre ses genoux. Une bulle éphémère qui avait brisé sa monotonie pendant un temps.

« Quant à mes espoirs... Je tâche de croire que l'humain a du bon en lui. Qu'il peut faire preuve de compassion, d'empathie, d'aide à son prochain. Je crois en la magie qui pourrait nous aider là où nos ressources humaines stagnent. Je crois en un monde meilleur, telle une petite fille. »

Hildegarde avait levé les yeux en prononçant clairement ces derniers mots, sans une once d'hésitation. Campée sur sa position elle l'assumait pleinement, quitte à essuyer les rires du magicien. Mais aucun ne vint. Ce qui l'encouragea à se lever, à se rapprocher d'une des fenêtres de la pièce. De là elle pouvait observer le quartier, le va et vient des habitants, leurs pas dictés par la nécessité ou le besoin d'une tâche à accomplir.

« Cette ville est la preuve que l'humain peut dépasser les frontières données par son corps s'il ose se rapprocher de la magie. Nous ne résoudrons pas, à nous seuls sorciers et sorcières, le mal qui touche actuellement la magie. Mais nous pouvons essayer d'aider les gens, de comprendre ce qu'il se passe. Je suppose que ce sera là, la teneur du prochain sabbat. »

Hildegarde se tourna vers Alabaster, sourire aux lèvres, promesse au bout des cils. Avisant l'heure sur sa montre à gousset, la femme s'excusa auprès de son hôte. Elle ne pouvait demeurer davantage. Le devoir l'appelait. Échangeant les ultimes salutations, assurant du retour qu'elle ferait pour l'intégrer à la prochaine réunion, Hildegarde quitta la boutique. Sans savoir qu'elle la voyait pour la dernière fois.

FIN




Avatar par Bianca Cavalli
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