Naufrage en terre ottomane

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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Jeu 25 Mai - 0:00
« Votre Majesté, je crois bien que nous avons une urgence. »

Inutile de préciser la surprise qu'il avait eu de recevoir ainsi un télégramme de si bon matin. Et encore plus inutile de préciser la stupeur qui l'avait accompagné en apprenant son expéditeur, et le motif du message. Ainsi, le gouverneur américain se trouvait en ce moment même, au large de ses côtes, et train de dériver en pleine mer Méditerranée. Il fallait prendre une décision, et vite, malgré toutes les interrogations qui traversaient l'esprit du Sultan.

Déjà, le questionnement au sujet de sa présence ici, qu'il avait du mal à envisager sans une pointe de méfiance. Qu'est-ce que l'Américain venait faire si loin du Nouveau Monde ? Difficile de croire à un simple égarement entre Atlantique et Méditerranée, malgré toute la bonne foi qu'il essayait d'y mettre. Non, c'était définitivement suspect, et Medjid ne pouvait s'empêcher de soupçonne quelque chose de bien moins idéal là-dessous. Et l'adresse du télégramme était d'autant moins rassurante qu'un USS n'était pas vraiment un navire de croisière, à sa connaissance. Ça, et le fait qu'il n'avait pas pour coutume de parlementer avec des Occidentaux, d'ordinaire, n'aidait pas le Sultan à envisager la situation de façon sereine.

Mais est-ce qu'il fallait pour autant laisser le dirigeant couler à pic ? Non, cette idée saugrenue était juste impensable, autant déclarer directement la guerre aux États-Unis et à une partie non négligeable des pays européens ! Ce serait de la folie pure, alors il fallait se rendre à l'évidence : il fallait sauver ce gouverneur, quelles que soient ses réticences. Aussi lui avait-il fallu seulement quelques minutes pour donner l'ordre d'aller leur porter secours, et au plus vite. Et avait également, bien entendu, pris le bateau volant qui le mènerait au plus vite sur place. On n'allait pas laisser un haut-dignitaire américain sans accueil, tout de même.

Il attendait donc, au bord de la côte chypriote, que l'on ramène au plus vite le président sur terre. Il voyait au loin la forme de l'USS se dessiner, tache métallique au milieu de la mer turquoise. Il n'aurait jamais imaginé rencontrer un dirigeant ici, ayant plutôt tendance à accueillir dans son palais habituel, à Istanbul. Enfin, au moins le cadre serait-il agréable, malgré la précipitation dans laquelle tout cela s'était organisé… Mais Medjid avait cependant eu le temps de préparer une résidence pour accueillir l'américain, ainsi qu'un traducteur, qui attendait, patient, à ses côtés. Ce dernier traduisait chacune des paroles du Sultan, qui ne comprenait malheureusement pas les subtilités de la langue anglaise, en abaissant la tête en signe de respect.

« Monsieur le Président de la Fédération des Etats-Unis d'Amérique, c'est avec autant d'étonnement que d'honneur que nous vous accueillons aujourd'hui sur nos terres… En espérant que cette rencontre fortuite puisse nous amener au meilleur, en dépit de la distance culturelle qui sépare nos deux peuples. »


Un sourire venait éclairer le visage de Medjid, qui, malgré sa méfiance, ne souhaitait pas pour autant mettre son hôte mal à l'aise. S'il y avait des comptes à rendre, ceux-ci seraient rendus plus tard.

« Votre voyage a dû être aussi long qu'éprouvant, au vu de votre arrivée en ces lieux. Sans doute ne refuseriez-vous pas l'idée de vous rendre dans un lieu plus propice..."



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Clarke O'Callaghan
Paul Bunyan
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✦ Libre pour RP ? : Oui !

Jeu 27 Juil - 19:28
La mer Méditerranée, au large de Chypre.

La marque d’humidité jusqu’aux genoux et l’eau embrassant les chevilles, les occupants de l’embarcation se hâtaient à remettre sur pied les machines. Des grincements intempestifs coupaient la respiration, la peur de sombrer prenait le dessus en chacun. Le navire volant USS Indiana tenait en funambule dans un équilibre précaire, le cul mouillé et le nez à l’air, ses larges canons haussaient les culasses en direction du ciel.

Une simple avarie mineure qu’il disait. Clarke n’avait pas entièrement saisi les propos du chef des machines. You only had one job. Mais il doutait des dégâts « mineurs », que laissait entendre son entourage. Sûrement, ils entretenaient la chose dans le but de rassurer le géant. Sans mauvais jeux de mots, il avait une peur bleue des mers et océans. Ce dernier ne sachant pas nager, la crainte de finir en nourriture pour poisson le pétrifiait littéralement.

Sur le Nouveau Continent circulait une histoire populaire, relatant l’histoire de deux amants : Jack et Rose. Un amour trempé, qui se terminait de manière tragique par un naufrage titanesque. L’américain se refusait toujours d’écouter la fin, là où les gens y voyaient l’éloge d’une relation passionnelle, lui y voyait un scénario catastrophe, bon à lui donner la syncope.

Il sentait son cœur tanguait de haut en bas, il n’allait pas bien. Voilà plusieurs heures, que le bon gros géant s’était enfermé dans sa cabine personnelle, au grand damne de son entourage. Le Vice-président passa bien des minutes à marteler le battant en bois, ponctuant les coups de jurons et interpellations en direction de Clarke, son ami d’enfance et Président. Les autorités ottomanes, forts de leur dialecte oriental, avait abordé le véhicule, pressant les occupants d’évacuer. Un énième regard sur la montre poussa la patience du fonctionnaire dans ces derniers retranchements.

« Wendy, pour l’amour de Dieu, combien de temps encore allez-vous rester derrière cette porte… Les secours sont là, si vous voulez bien avoir l’obligeance de sortir et cessez de vous comporter comme un enfant.

Wendy était le surnom affublé au géant par son compère plus tôt dans sa jeunesse, en référence à une marque de sirop pour la gorge, dont l’icône était une grande blonde. La comparaison grotesque et de mauvais goût lui était resté collée à la peau, auprès de son premier cercle d’ami. La familiarité de l’homme fit grossir les yeux de plus d’un, mais qu’importe, Clarke avait suffisamment profité de sa cachette et de la bienveillance de son collègue. Un peu plus, et l’on demandait une hache pour le faire sortir. Mais bien heureusement, l’homme en question se résigna à sortir à contrecœur.

- Je vous y prends une nouvelle fois à utiliser ce sobriquet, je demande votre démission et je vous fais jeter par-dessus bord.

Les deux échangèrent des haussements de sourcils et des expressions faussement outrées, ils se permettaient une légère entorse au protocole avant de se reprendre.

- Monsieur le Président, je vous remets ma démission.

- Très bien, je la refuse, nous pouvons passer à la suite. Allons à la rencontre des représentants de l’Empire Ottoman. J’ai fort hâte de retrouver la terre ferme.

- Ils attendent, de même que le Sultan, je conseille vivement de préparer des explications à la présence d’un navire de guerre américain dans les eaux méditerranéennes. Mais je ne doute pas une seconde, que vous saurez trouver.

Clarke approuva d’un hochement de tête, avant de rejoindre le pont en biais du navire. La marche était délicate, un effort nécessaire pour ne pas finir la tête la première dans l’eau. Il accueillit presque les turques à bras ouverts, malgré les expressions de méfiance apparentes. Il avait été décidé que Clarke irait seul avec son secrétaire, contre l’avis de tous, après tout il était seul à avoir le dernier mot. Essayait-il de ménager son hôte, le Sultan, en montrant sa bonne foi.

Une fois le sol foulé, l’homme avait presque l’envie d’embrasser le sable de Chypre. Quoique ses lèvres risquaient de ne pas apprécier. S’il ne pouvait pas montrer gratitude au par terre, l’américain gratifia les janissaires ottomans d’un respectueux salut. On le conduisit en bord de mer, où il rencontra enfin l’éminence de l’Empire Ottoman, accompagnée de son traducteur. Clarke et son secrétaire inclinèrent leur menton, rendant salutations à l’homme, tandis que le traducteur égrenait les paroles de son supérieur.

- Assalamu alaykumn, répondit Clarke, ce dernier avait pris le temps d’apprendre un, voire deux mots en turque pour insister sur le respect envers son hôte.

- Votre Majesté, j’éprouve autant d’honneur à vous rencontrer. Le destin, faisant bien les choses, a croisé nos chemins. Et comme vous, je prie pour que la distance entre nos deux peuples apporte le meilleur à chacun.

Son secrétaire restait en retrait, et le traducteur reprenait ses paroles à la virgule près. L’américain pesait chacun de ses mots. Peut-être que le simple fait de se retrouver face au peuple de Saladin, le poussait à la prudence. On leur accordait une réputation d’individu attaché aux valeurs de respect.

- Aussi, j’accepte avec joie votre invitation. Je suis gré de vous de vous suivre, cela sera avec plaisir.

Il observa le navire à l’horizon, dont on percevait la carlingue, ballotant entre les câbles tendus par les machinistes.

- Je vous remercie pour l’aide fournie par vos hommes. Peut-être seriez-vous curieux de connaître la raison de la présence d’un cuirassé…, il voulait éviter les mots « navire de guerre » pour ne pas donner de mauvaise impression, dans les eaux médiales à l’Empire Ottoman ? Je serai prêt à répondre à toutes vos questions.

Essayer de cacher un navire blindé était une folie, comme si l’on pouvait cacher un morceau pareil derrière un drap. Son hôte était long d’être stupide et encore moins dupe, pour avaler des couleuvres avec son thé.




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