Une visite de la jeune couronne des Alpes [An 07 avril]

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Jeu 13 Juil - 23:14
Le célèbre château de Schönbrunn apparaît enfin après plusieurs heures de long trajet. Je tâche de contenir ma hâte à l'idée de rencontrer l'empereur d'Autriche-Hongrie. Il est le premier à avoir répondu suite à mes missives envoyées aux pays voisins lors de l'ouverture de nos frontières. Cela me semble donc logique qu'après nos échanges épistolaires, il soit le premier à qui je rende visite.

C'est un pas de plus vers mon rêve que je fais par cette visite en Autriche et j'espère parvenir à nouer des relations et des échanges cordiaux entre nos deux pays.

Je consulte ma montre pour vérifier que je serai exactement à l'heure. La ponctualité est la politesse des rois, dit-on. Je passe ensuite en revue mes affaires, réajuste mon foulard, vérifie que tout est comme il faut, parfaitement ordonné et prêt pour cette rencontre. Le cadeau pour mon hôte est soigneusement protégé et rangé dans un étui molletonné de velours que Wilhelm garde avec la vigilance d'un dogue. Je regrette d'avoir laissé Veilleur derrière moi. La brave bête est toujours d'excellente compagnie. Hélas, emmener son chien dans une cour étrangère est d'une terrible indélicatesse. Enfin je sais qu'il sera traité comme un prince par mes serviteurs en mon absence. C'est une petite consolation.

J'observe le château approcher tout en restant perdu dans mes pensées. Personne n'ose me déranger ni troubler mes réflexions alors que je contemple le paysage. Je dois avouer que les premières lettres m'ont fait bonne impression et me semblaient encourageantes. Il faut continuer dans cette lancée. J'ai l'intention de faire de mon mieux pour cela. En espérant que mon pays puisse offrir des choses suffisamment intéressantes et dignes de cet empire déjà vieux de plusieurs siècles.

Les clochers de la ville m'annoncent alors que notre équipage pénètre dans la cour du château. J'en éprouve une pointe de satisfaction, pile à l'heure une fois de plus. Une fois la voiture arrêtée, l'un de mes hommes vient m'ouvrir et tenir la portière. J'ai pris le parti de voyager en petit comité, je préfère me déplacer rapidement plutôt qu'en grande pompe et avec des hommes que je sais fidèles et efficaces plutôt qu'avec de la cohue.

Je descend de la voiture et observe autour de moi. J'entends mon aide de camp descendre à ma suite. J'inspire puis expire profondément, il est temps de rencontrer le maître des lieux à qui je suis déjà annoncé par les pages.
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Sam 15 Juil - 0:37

Aujourd'hui allait être marqué d'une nouvelle visite diplomatique inédite pour l'empire alors qu'il s'agissait d'un voisin frontalier. Mais le royaume de Suisse avait fermé ses frontières restant reclu sur lui même en plein milieu de l'Europe, ce qui n'avait pas du rendre le commerce du pays facile selon l'empereur. Mais cela ne le regardait pas vraiment. Il avait juste son avis personnel sur le sujet et si on le lui demandait il ne se ferait pas prier de le partager.

Depuis quelque temps le roi Suisse avait envoyé une missive à l'empereur roux. Le roi avait ouvert ses frontières et avait décidé, apparemment, d'entreprendre de rendre une visite diplomatique avec les pays d’Europe. L’Autriche-Hongrie était de ces pays. Il n'y avait aucune raison que l'empereur refuse cette visite au dirigeant Suisse. Ce fut, entre autre, pour cette raison que Friedrich répondit positivement à la missive. Quelques missives avaient été échangées entre les deux souverains pour, entre autre, convenir d'une date pour une visite diplomatique au sein du château de l'empereur qui recevrait le roi Suisse en ses terres.

Le ton était donné et, comme à son habitude, l'empereur avait fait suer sang et eau ses domestiques pour que tout soit aussi parfait que d'habitude. Pas qu'il y avait déjà eu de mauvais accueils envers des invités royaux mais on ne savait jamais ce qui pouvait se produire et entacher l'image de l'empereur et, par extension, l'image de l'empire qu'il dirigeait.

D'ailleurs on venait d'annoncer à l'empereur que sa Majesté royale était arrivée aux portes du château.

— Bien faites le venir dans le grand salon. Nous l'y attendrons.

Friedrich avait choisi cette pièce qu'il avait fait emménager pour l'occasion. Cette pièce était munie d'une zone de nul, une zone annulant tout don magique. Pourquoi changer des années d'habitude ? Les dérèglements magiques qui survenaient depuis quelque temps à travers le monde entier pouvaient causer bien des tracas. La sécurité était de rigueur. Il ne manquerait plus qu'un des dirigeants perde le contrôle de son don et déclenche un incident diplomatique qui ruinerait toute chance d’entente entre les deux voisins avant même qu'ils aient pu trouver un accord.

L'empereur attendait dans la salle jouant du piano. Le roi suisse avait été cherché par Ronove, conseiller et précepteur de l'empereur dans ses jeunes jours. L'homme avait saluait, comme il se devait le roi et lui avait expliqué que l'empereur était prêt à le recevoir et qu'il pouvait le suivre pour le rencontrer seul à seul. Les hommes qui accompagnaient le roi pouvaient attendre dans une salle de détente qui serait juste à coté du salon des dirigeants. Le conseiller expliqua aussi que l'empereur avait pris la décision de faire passer leur entrevue dans une zone de nul aux vus des troubles actuels.

Ronove ouvrit la porte du salon d'où parvenait des notes de musique. Laissant le roi passer devant lui il présenta le monarque puis ferma les portes derrière lui. Bien vite le silence arriva une fois le couplet fini.

L'empereur se leva, sa longue cape dans le dos suivait chaque mouvement de jambe ou de bras pendant qu'il se dirigeait vers le roi Suisse longeant, de ce fait, la grande table de marbre qui était dans la salle. Le roi suisse salua l'empereur en s’inclinant comme le voulait la hiérarchie entre roi et empereur. Friedrich tendit, du coup, une main pour le saluer à son tour avant de prendre la parole.

— Bien le bonjour votre Majesté royale Winkelried. Nous espérons que votre voyage fut des plus agréables et que votre séjour en nos terres en sera tout autant.

L'empereur Austro-hongrois fit un demi tour sur lui même accompagné d'un mouvement de cape qui le suivit de près pour ensuite inviter son invité à prendre place tandis qu'il en faisait de même.

— Avant de commencer ne connaissant point vos préférences gustatives nous avons fait préparer plusieurs mets à votre attention.

L'empereur claqua des mains deux fois pour que plusieurs serviteurs entrent dans la salle installant un Mandarintorte ainsi que toutes sortes de boissons chaudes : café, thé à la menthe venant directement des colonies des Indes et un autre des anciens territoires ottomans. Il avait prit soin d’éviter tout produit à base de chocolat. Il avait entendu dire que les Suisses avait un certain savoir-faire dans le domaine et allez savoir si le roi n'aurait pas pris cela comme un affront.

— Vous n'avez qu'à demander et on vous servira. Après cela ils se retireront pour que nous puissions commencer.

La balle était dans le camp du roi pour le moment, à lui de correctement avancer ses pièces sur l’échiquier de la diplomatie et de la politique.



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Sam 15 Juil - 23:23
L'on vient nous chercher et l'on m'annonce que son Excellence m'attend pour une discussion en privé. Je salue l'initiative d'une zone de nul pour notre entretien. Je dois avouer que ne plus avoir à souffrir de migraines l'espace de quelques heures me ravit quelque peu. De plus, avec tous les désordres magiques environnant, il est sage de prendre ses précautions. Puisque l'entretien n'aura lieu qu'entre l'Empereur et moi, je récupère l'étui que gardait précieusement Wilhelm afin de pouvoir l'offrir à notre hôte.

Les notes harmonieuses émanant d'un piano viennent nous accueillir dans le couloir. J'apprécie la justesse et l'élégance du morceau alors que nous approchons de la salle dans laquelle on m'introduit avant de s'éclipser sans bruit.

L'Empereur est assis au piano et joue. J'en profite pour déposer mon présent sur une table proche afin d'avoir les mains libres pour saluer son Excellence comme il se doit. Je laisse au suzerain d'Autriche le loisir d'achever son morceau, profitant en silence de la mélodie et de la maestria du pianiste.

Je m'incline lorsque l'Empereur vient à ma rencontre, respectant à la lettre le protocole ancestral entre les rois et les empereurs puis accepte la main qu'il me tend. La poigne est ferme, déterminée. Une poignée de main peut en dire long sur les hommes que nous avons en face de nous. Celle-ci me confirme une chose que je savais déjà, l'empereur d'Autriche-Hongrie est un homme d'acier que rien ne fera ployer.

-Bonjour votre Majesté impériale Edelstein, c'est un honneur pour moi de vous rencontrer. Le voyage fut des plus agréables en effet et permettez moi de vous remercier pour votre hospitalité.


J'obtempère alors qu'il m'invite à prendre place. Les serviteurs apportent différentes boissons aux fragrances délicieuses sur l'ordre de leur maître. Je ne peux m'empêcher de noter l'exactitude et la perfection avec laquelle son Excellence est servie. Au moins un point commun que nous partageons lui et moi.

- Je vous remercie pour cette délicate attention votre Majesté impériale, je réponds en inclinant légèrement la tête.


Je distingue les différents effluves de thé qui me parviennent et arrête mon choix sur celui qu'on me présente comme un thé vert des Indes au parfum frais et piquant de menthe poivrée.
Je me laisse servir et attend que nous soyons tranquilles pour prendre la parole.

- Si vous me permettez, avant de commencer, il est de coutume dans les cantons de Suisse de ne jamais se rendre les mains vides chez un hôte.


Je me lève et récupère l'étui que je viens présenter à son Excellence avec un respect non feint.

- Aussi je vous prie votre Altesse Impériale Edelstein, d'accepter ce présent que nos meilleurs artisans ont conçut en votre honneur.

Je laisse à mon hôte le temps d'ouvrir et de découvrir le présent que je lui fais. J'ai fait construire ce violon par les meilleurs luthiers du pays. Le savoir faire des hommes et leur amour de la musique ont conduit à la création de cet instrument aux courbes harmonieuses et équilibrées, à la fois léger et pourtant stable et agréable au toucher. Orné de feuilles d'or tirées de nos mines, esquissant des motifs gracieux sur le bois soigneusement vernis. L'archet soigneusement rangé au coté de son partenaire dans l'écrin de velours sombre est sobre d'apparence mais vernis avec autant de soin et conçu pour être agréable en main et précis.

J'observe la réaction de son Excellence avec attention. J'espère que mon présent sera en plus d'un remerciement pour l'hospitalité, un jalon pour cette entente que j'espère future.
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Mar 18 Juil - 10:58


Le roi Suisse donnait une première bonne impression. Friedrich en avait vu des royautés et de toutes sortes. Dont des qui lui avaient fait passablement sortir de ses gonds comme la reine d'Espagne. Rien que d'y repenser le sang de l'empereur ne fit qu'un tour.

Friedrich se fit servir un café noir pour en boire une gorgée directement. Ce fut après cela que le jeune roi prit de nouveau la parole pour proposer quelque chose avant d'entamer des sujets plus sérieux. Qu'est ce que cela pouvait bien être ?

Un cadeau diplomatique. Le roi le lui montra et le commenta. Friedrich écouta mais certaines paroles du roi l'avaient troublé. Ce qui dérangeait légèrement l'empereur était le manque d'information que le roi semblait avoir au sujet des gestes diplomatiques. Ce qu'il considérait valable dans ses cantons l'était dans tout pays. Toute visite diplomatique était accompagnée d'un présent, au moins si la personne voulait faire bonne impression. Mais l'empereur n'allait pas le reprendre à ce sujet, sauf s'il lui demandait une aide quelconque sur les protocoles.

— Nous vous remercions pour ce geste. C'est une pièce magnifique. Nous ne manquerons pas d'en jouer avant la fin de la journée soyez en certain.

Friedrich observa de son œil expert le cadeau qu'on venait de lui faire. Ce qui était sûr c'était que le roi n'avait pas menti sur la qualité du présent. D'un petit geste de la main l'empereur appela un domestique.

— Apportez donc cela dans nos appartements musicaux privés que personne n'y touche. Surtout faites bien attention en le transportant. Si il se trouve désaccordé vous en serez directement responsable.

Freidrich avait décidé de faire confiance en ce roi pour ce qui était du réglage du violon. Si ce n’était pas le cas peut être qu'il culpabiliserait à savoir que c'était le domestique qui récupérerait les sanctions.

L'empereur demanda à ce qu'on lui serve une part du gâteau et de faire de même pour son invité si il le désirait. Il plana, du coup, un silence pendant quelques longues minutes. Friedrich avait prit une petite bouchée du gâteau avec la cuillère adéquate pour ensuite, par réflexe, essuyer son impériale moustache rousse avec une serviette en soie et prit ensuite la parole.

— Bien dites moi votre majesté royale, en quoi pouvons nous vous aider ? Il nous a semblé que, dans vos missives, vous aviez apparemment certains sujets à nous soumettre. Nous sommes toute ouïe, à moins que vous aviez d'autres éléments à nous présenter avant d'entamer le cœur du sujet de votre visite en nos terres après des années de repli sur vos propres frontières. Cela nous intrigue au plus haut point, nous devons le reconnaître.

La franchise de l'empereur pouvait peut être surprendre le jeune roi qui avait l'air de ne pas trop être habitué aux visites diplomatiques, domaine dans lequel l'empereur roux avait roulé sa bosse. D’où l’assurance de l'empereur qui, pour lui actuellement, tout cela n'avait l'air que d'une formalité.



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Mer 19 Juil - 22:42
Je laisse le temps à son Altesse impériale d'apprécier l'instrument de son oeil expert. Je reconnais à la façon dont il examine le violon la patte d'un véritable connaisseur. J'incline légèrement le buste face à ses remerciements.

- Votre altesse impériale nous honore en appréciant ce présent.

Je profite du fait que mon hôte confie le violon à l'un de ses serviteurs pour retourner m'asseoir. Tout en trempant mes lèvres dans le thé brûlant, j'écoute les ordres donné par le maître des lieux. Je retiens un mince sourire à la menace des responsabilités planant sur le pauvre domestique. Si l'instrument se retrouve désaccordé, cela ne sera pas de mon ressort. J'ai veillé personnellement à ce qu'il soit parfaitement accordé de sorte à ce que l'empereur d'Autriche-Hongrie puisse en tirer le son le plus pur. Je ne fais jamais les choses à moitié.

Je profite que Sa Majesté impériale réclame une part de gâteau pour savourer mon thé. Un thé devrait se boire comme un vin. Chaque région, chaque pays possède sa propre méthode pour le sécher et le préparer si bien qu'aucun thé n'est semblable aux autres. Coupé en long brin au Japon, le thé vert de Chine lui est coupé en menus morceaux. Cette subtile différence confère un goût et un parfum différent à chaque thé.
L'arôme de celui ci est subtil. La menthe y apporte une touche rafraîchissante fort agréable.

Je repose ma tasse et accepte poliment la part de gâteau que l'on m'offre dont je m'accorde une bouchée avant que l'Empereur ne reprenne la parole. J'écoute avec attention. Il ne va pas par quatre chemins et je dois avouer que cela me plaît. Je ne peux m'empêcher de remarquer avec quelle aisance il mène cet entretien. Je perçois son expérience en la matière ainsi que son aplomb.

Je prends soin comme lui de m'essuyer délicatement la bouche du bout de la serviette d'une étoffe délicieusement fine avant de répondre à sa question. J'opte pour la franchise en retour à la sienne.

- En effet, votre Altesse impériale, et ces sujets ne sont pas étrangers à cet isolement que vous venez de souligner. Je tiens à ce que la Suisse sorte de cet ostracisme dans lequel elle a vécu jusqu'à mon accession au trône. Unie sous notre couronne, les vieilles querelles intestines se sont tues et la paix est revenue, stable et propice à de nouvelles perspectives. C'est pourquoi, votre Majesté Impériale, nous venons humblement vous demander que nous envisagions un commerce et des échanges entre nos deux nations. J'ai conscience que devant la grandeur de votre empire, les offres de notre pays puissent paraître dérisoires. Toutefois, nous désirons faire connaître le savoir faire de nos sujet en matière d'ouvrage de précision afin que ce talent puisse pleinement se développer. Votre Altesse Impériale n'est pas sans savoir que la préparation du chocolat est presque un art dans notre pays cependant la matière première a longtemps manqué. Nombre de vos colonies produisant du cacao, accepteriez vous votre Majesté Impériale Edelstein de nous en fournir ?

Je reste humble dans mes paroles mais aussi franc que l'Empereur. Cet homme n'est pas du genre à s'embarrasser de futilités, autant être direct tout en restant à sa place. J'ai cruellement conscience que nous avons peu à offrir hormis le fruit de nos artisans qui pourrait plaire à la cour impériale, cependant il faut malheureusement un début à tout.

Je surveille du regard les réactions de l'Empereur, gardant pour ma part une attitude impeccable à la fois toute en retenue et en délicatesse mais franche.
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Jeu 20 Juil - 21:25

Pour le moment Friedrich appréciait le jeune roi, poli et distingué, digne de son rang de dirigeant. Du coup l'empereur pour passait un bon moment en cette nouvelle compagnie. L'empereur avait bien regardé le domestique partir avec le violon offert.

Puis le roi Suisse, comme suggéré, entra dans le vif de la raison de sa venue. Il était vrai que l'empereur avait entendu parler du grand savoir-faire concernant les fabrication en chocolat. Ce qui lui rappela cette jeune Rebecca qui lui avait fait, une fois, un piano en chocolat taille réelle. Si la jeune femme avait pu faire telle œuvre qu'il pensait parfaite, il se demandait de quoi était capable un grand nom suisse dans le domaine.

Cela intriguait fortement l'empereur il devait le reconnaître. Ce n’était pas pour rien qu'aucun mets à base de chocolat n'était présent sur la table. Pas que les pâtissiers chocolatiers étaient mauvais en son empire, ils étaient capable de réaliser des sculptures en chocolat, des forêts noires ou même des opéras d'une grande qualité. Mais n'ayant jamais vu de quoi était capable les artiste suisses il était délicat de présenter de telles choses au roi.

C’était un peu comme si on offrait une guitare sèche en bois à l'empereur des roux, en lui présentant cela comme une merveille. Il rirait sûrement à grands éclats et à demander si on se fichait de sa personne.

— Vous êtes bien renseigné. En effet depuis quelque temps nous avons acquis un cacao de grande qualité provenant de l’Amérique du Sud. Nous pouvons comprendre qu'avec votre réputation sur le maniement de cette matière que vous soyez on ne peut plus intéressé par celui-ci.

Friedrich tapa de nouveau des mains mais par trois fois cette fois. Comme si tout cela avait été préalablement orchestré par le chef d'orchestre qu'il était, deux domestiques apparurent avec plusieurs mets de chocolat. Fondu, en mousse, en gâteau, en crème ou en mousse ou tout simplement en morceaux de chocolat avec orange confie et feuille d'or.

— Ce n'est peut être point aussi travaillé que dans votre royaume, mais vous pourrez savourer le goût de la matière première bien traitée. Nous ne somme peut être point à votre niveau en matière de sculpture ou de sublimer la chose au maximum de son art. Mais nous ne sommes pas en reste.

Friedrich laissa au roi Suisse le soin de tester ou non se qui avait été amené. Lui même finissait son café noir et entama un peu sa part de gâteau avec des petites bouchées.

— Donc vous aimeriez un accord commercial avec cette ressource. C'est original nous devons vous l'accorder. Mais vous savez on n'a rien sans rien dans ce bas monde. Que nous proposez-vous en échange de cette matière première un peu coûteuse par son exploitation lointaine ?

L'empereur avait croisé les bras et plongé son regard dans celui du roi, lui imposant une potentielle pression. Le roi avait réussi à surprendre l'empereur par un demande plutôt originale de matière première. Il espérait que cela continuerait. Il voyait arriver une potentielle réponse du roi, mais espérait quand même autre chose.



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Ven 21 Juil - 22:29
Son Excellence me paraît agréablement surprise par ma demande au sujet du commerce du cacao. Il me semble attiser une certaine curiosité chez mon hôte qui, de trois claquement de mains, fait apporter plusieurs échantillons, élégamment agencés, de son chocolat. J'admire toujours l'exactitude avec laquelle mon hôte est servit. Je l'écoute avec une attention polie la description alors qu'il me présente ces mets qui je l'admet ne sont pas en reste avec les nôtres puis je demande à ce que l'on me serve simplement un de ces morceaux joliment ouvragés.

Je prends le soin de le goûter avec délicatesse. J'apprécie la douce amertume du chocolat noir, un peu corsé et son parfum que l'orange vient doucement sublimer. Une dégustation c'est prendre le temps de savourer la chose, de laisser fleurir en bouche les différentes saveurs pour en distinguer toutes les nuances. Je m'essuie délicatement la bouche avant de répondre à l'empereur qui termine son café et sa part de gâteau.

- Permettez moi de saluer le talent de vos maîtres chocolatiers votre Altesse impériale. Nous devons reconnaître qu'ils ont su parfaitement sublimer le cacao dont la qualité et la finesse sont exquises.

L'Empereur en vient à ce que je pourrai lui échanger en contrepartie du cacao. Bien évidemment, rien n'est gratuit, je suis le premier à le savoir. Je soutiens le regard impérial avec la même franchise que précédemment. Sans défi dans les yeux. Ce n'est pas un défi. Je soutiens son regard pas parce que je suis trop confiant mais parce que je suis franc et que je ne me défilerai pas.

- Si son Excellence impériale me le permet, mes hommes ont apportés quelque chose que nous souhaiterions vous présenter.

L'Empereur fait signe d'aller quérir ce que j'ai demandé à ses serviteurs qui s'exécutent promptement et reviennent avec plusieurs écrins et boîtes. Au nombre de six puisque chacun de mes hommes devait en porter une avec pour ordre de ne laisser personne y toucher et de défendre ces petits trésors délicatement ouvragés. Chaque écrin est fait du bois de nos sapins, peint à la main et décorés de feuilles d'or et d'argent.

Je me lève à nouveau pour présenter moi même ce qui a été amené et déposé sur la table entre nous.

- Votre Majesté impériale sait que notre pays est par sa taille peu apte à produire des choses en grandes quantités c'est pourquoi nous tenons à développer un artisanat de qualité pour sublimer nos matières premières et créer des objets qui seront uniques. Nous espérons que ces quelques modestes présentations soulèveront quelques intérêts à vos yeux.

J'ouvre avec une infinie précaution le premier écrin qui renferme dans une pièce de velours un orchestre de cristal multicolore.

- Nos montagnes sont riches en cristaux de toute sorte sans compter le cuivre, le fer, les minerais nobles ainsi que la pierre que nous pouvons en extraire. Nos mines sont de taille modeste et ne concurrencent pas les grandes mines d'or que l'on trouve aux Amériques toutefois, nous tentons d'en tirer le meilleur afin de créer que ce soit pour la beauté ou l'utilité.


Je laisse à son Excellence le temps d'apprécier les petits personnages et la finesse des détails avant de passer à la seconde boîte. Celle ci est une palette contenant de nombreuses couleurs différentes, allant des tons sombres et riches à des teintes pastelles et claires.

- Nos chimistes travaillent actuellement à l'élaboration de nouvelles teintures pour les textiles afin d'obtenir des tons plus profonds et plus nuancés mais aussi avec une meilleure prise sur le tissu. En voici, un petit aperçu.

Encore une fois, je laisse le soin à son Altesse impériale d'examiner les teintures que je lui présente puis j'ouvre une troisième boîte pour découvrir une fiole de verre soufflé.

- Nous craignons de ne pouvoir rivaliser avec le talent français pour les parfums, toutefois la flore de Suisse est riche et il serait dommage de ne point l'exploiter pour en tirer le meilleur que ce soit en terme de médecine, de parfum...

Je laisse à mon hôte la possibilité de tester la fragrance que je lui soumets par l'intermédiaire d'un petit mouchoir en soie brodé de fil d'or sur lequel quelques gouttes ont été déposées. Je continue ensuite ma présentation en ouvrant la quatrième boîte. Cette dernière renferme plusieurs pots de verres scellés avec soin renfermant une substance aux couleurs de l'or dans toute ses nuances, allant de l'éclat patiné par le temps et sombre du vieil or à celui vif et clair de l'or neuf et jeune.

- ... mais aussi du fruit du labeur des abeilles. Votre Altesse impériale permettez nous de vous présenter différents miels que nous avons conçut en mariant différentes essences. Vous trouverez aussi les essences brutes des fleurs de pins, de bruyères et de châtaigner ainsi que les alliances plus subtiles de nos fleurs. Nous avons pour projet de développer l'étude de la flore par la création de jardins botaniques si bien que nous verrons le panel de nos mélanges s'enrichir que ce soit en parfumerie ou dans la confection du miel.


J'ouvre les pots avec soin et y trempe des petites cuillères en argent prévues à cet effet. Son Excellence y goûtera si elle le désire.

Un air froid se dégage lorsque j'ouvre la cinquième boîte. Non pas glacé mais frais comme celui d'une cave d'affinage. Le parfum des fromages coupés en petits morceaux et agencés dans une assiette sous cloche se dégage.

- Permettez moi votre Majesté Impériale de vous présenter quelques uns des fromages que nous servons. Nous nous sommes permis d'apporter le gruyère dont le nom est bien connu mais aussi l'Appenzeler, le vacherin fribourgeois, le Sbrinz et enfin la tête de moine.


Le dernier fromage est présenté sur un tourniquet miniature. Je le fais tourner moi même et la lame raclant le dessus du fromage forme une corolle fine et légère que je laisse à la curiosité de l'Empereur.

- Ceci n'est qu'un mince échantillon des laitages que nous produisons. Nous utilisons aussi le lait frais pour en faire de nombreuses variantes plus ou moins classiques.

Toujours après une courte pause, je me tourne vers la dernière et sixième boîte. Toute aussi jolie et ouvragée que ces soeurs. Je découvre cette fois ci dans son écrin de velours un petit mécanisme représentant une danseuse de ballet. Je remonte le mécanisme à l'aide d'une petite clé d'or et la laisse esquisser les quelques pas élégants du cygne noir du lac des cygnes. Contrairement à la plupart des mécanismes à rebours, elle ne s'arrête pas.

- Voici enfin votre Majesté impériale, une modeste réalisation. Nos artisans sont réputés pour façonner de délicats mécanismes. Nous développons aujourd'hui par leur biais des mécanismes hydrauliques. Le squelette de cette petite danseuse est constitué de canalisation dans lesquelles l'eau circule. L'enchaînement de ses mouvements fait circuler l'eau selon une boucle qui génère le prochain mouvement. La chorégraphie elle même sert de générateur. Ce mécanisme peu coûteux en énergie peut se décliner en une infinité de fonctions et d'utilités que nous désirons développer.

La Poupée continue ses petits pas gracieux sur la douce mélodie alors que je conclue.

- Nous espérons que certaines de nos créations siéront à votre Altesse impériale et lui paraîtront digne de son intérêt.

Je reprends place avec calme, attendant le verdict de son Excellence avec l'espérance de l'avoir agréablement surpris par mes propres préparations.
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Dim 23 Juil - 0:48

Le roi Suisse avait l'air satisfait des chocolats de l'empereur. Friedrich accepta le compliment et répondit qu'il ne manquerait pas de féliciter les créateurs de ces amuses-bouche. Mais Friedrich devait se l'avouer il s’était attendu à d'autres commentaires.

Le roi Suisse demanda la permission de faire apporter quelques affaires qui étaient détenues par la suite du roi. N'y voyant aucun inconvénient Friedrich fit partir des domestique les chercher. Peu de temps après six coffrets firent leur apparition avec deux domestiques qui les posèrent sur la table. De bois les coffrets étaient finement sculptés. La précision était une qualité que le pays avait l'air de mettre en avant.

Après était ce là juste l’œuvre d'un grand homme, ou était ce vraiment ainsi pour tout artisan du royaume ? Friedrich avait quelques travailleurs de talant pour ce qui était de la sculpture de bois, bien que généralement la sculpture en Autriche-Hongrie était plutôt versée dans les statues, les bâtiments, ou encore les meubles luxueux. Ce n'était pas la même chose que l'artisanat.

Le moment était venu où l'invité de l'empereur allait lui présenter le contenu des ses beaux coffrets. Comme pour valider ce choix, l'empereur fit un geste de la main pour ensuite la ramener à sa rousse moustache et la caresser doucement.

L'empereur n'allait pas intervenir pendant les diverses présentations. Il allait y réfléchir pendant que le roi les présentait pour donner un avis général.

La première présentation était un travail sur la pierre. Bien qu'il avait déjà vu, à plusieurs reprises, des pierres précieuses travaillées sous diverses formes la taille des pièces, et surtout les formes choisies, firent apparaître un sourire sur le visage de l'homme.

Le deuxième coffret contenait des tissus pour présenter des teintures que Friedrich prit en main pour mieux les examiner. C’était, en effet, de la bonne qualité. Mais ayant une alliance avec le Kappharren qui était un spécialiste de la mode cela ne l’intéressait pas plus que cela. Dans d'autres circonstances peut être aurait il pu voir cela d'un autre œil.

Ensuite vinrent des parfums. Ce n’était pas vraiment sa tasse de thé à vrai dire, laissant cela plus volontiers aux demoiselles de la cour. D'ailleurs il n’était pas au courent que Ronce de France s’était lancée dans cette spécialité, mais cela collait plutôt bien à la souveraine de la France. Mais pour lui, qui de plus était veuf, cela ne l’intéressait point il devait se l'avouer.

Un nouveau coffret s'ouvrit devant l'empereur présentant du miel. L'empereur écouta le dirigeant suisse tout en gouttant, du bout des lèvres, au hasard, un des pots. La surprise était là, c’était sûrement un des meilleurs mets du genre qu'il avait eu l’occasion de goûter. Bien qu'au premier abord il avait été déçu, pensant voir une sculpture en cire d'abeille, mais le goût du miel lui avait légèrement fait oublier cette frustration.

Coffre suivant, un met qui était, apparemment, réputé chez les Suisses. La tête de moine avait suscité l’intérêt non dissimulé de l'empereur de par son mécanisme on ne peut plus original et divertissant. C’était presque la meilleure trouvaille que le roi lui avait présenté jusqu'à maintenant. Mais après le miel goûter un fromage non merci. Il s’était donc abstenu de goûter le fromage quelque peu déçu, mais ce n’était sûrement que partie remise.

Puis vint le dernier coffre avec un système énergétique on ne peut plus vieux comme le monde mais remis au goût du jour de façon bien originale. Cela ferait sans nul doute une merveilleuse décoration sur l'un de ses nombreux pianos. Mais il fallait voir comment cela allait être développé à plus grande échelle pour que cela soit vraiment intéressant.

L'empereur se posa bien au fond de son impérial fauteuil, bien droit, les mains posées sur la table.

— Nous devons reconnaître qu'il y a plusieurs éléments de très bonne qualité, voire d’excellente facture. Certaines ont même été très appréciables et nous vous demanderons sûrement à nous en fournir.

Friedrich se leva à son tour, geste accompagné d'un mouvement de cape qui vint bien vite se coller à son dos de nouveau.

— Mais nous avons un peu du mal à comprendre. Vous nous proposez toutes ces ressources contre un marché exclusif contre la matière première de qualité qu'est le cacao ? Nous ne sommes pas vraiment sûr d'avoir saisi, bien que, rassurez-vous, toutes ces présentations étaient fort agréables dans l'ensemble.

En effet même si tous les produits présentés n'avaient pas reçus entièrement son aval, il avait apprécié la dévotion et le plaisir que le roi avait mis dans ses discours, présentant ses denrées avec beaucoup de passion.

— Nous ne savons donc pas si vous nous proposez tout cela. Mais sachez déjà qu'il y a une ressource dont nous avons entendu parler qui se trouve en vos terres et qui nous intéresse. Il s’agit de l'asphalte.




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Dim 23 Juil - 21:47
Je soutiens l'oeil critique de l'empereur roux et écoute avec attention ses paroles avant de répondre avec soin.

- Nous vous prions de nous excuser votre Altesse Impériale si ces présentations vous ont semblé quelque peu confuses. Nous ne sommes pas sans savoir que votre Empire est vaste et puissant si bien que nous ne pouvions envisager de ne vous proposer qu'une seule chose au risque qu'elle ne vous convienne point. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à vous soumettre plusieurs de nos productions afin que vous puissiez choisir à votre guise celle qui aurait susciter l'intérêt de votre Excellence impériale.


Son Excellence me parle alors de l'asphalte. Il est vrai que cela fait partie des ressources que nos montagnes renferment. Nous l'exploitons déjà un petit peu pour notre propre usage. J'esquisse un sourire.

- Je vois que votre Altesse Impériale est bien renseignée. Nous n'avons jamais jusqu'à présent commercialisé l'asphalte, cependant nous pourrions en effet vous en fournir si tel est le désir de votre Majesté Impériale. Toutefois, nous avons à coeur de préserver nos ressources et nos montagnes car elles sont sources de nos richesses, c'est pourquoi nous fournirons volontiers à votre Altesse impériale ce dont elle a besoin tout en préservant la montagne qui nous fournit cette matière. Cette matière bien que peu noble à bien des regards peut se montrer fort utile en médecine comme dans le domaine de la construction de part ses propriétés remarquables d'étanchéité. Autour de nos mines, il s'est aussi développé une étrange coutume gastronomique : le jambon fumé dans l'asphalte mais cela reste une anecdote.

Ma voix reste calme et posée alors que je rebondis sur sa suggestion, en profitant au passage pour décliner quelques usages qu'il est possible d'en faire même si je pense que son Excellence doit déjà avoir une idée en tête. J'espère sincèrement que nous allons pouvoir négocier ces accords commerciaux. Je suis les mouvements et les attitudes de l'Empereur avec attention.

- Si votre Altesse Impériale a quelques intérêts pour cette matière, nous sommes tout disposés à négocier avec elle et à faire partager notre savoir faire pour transformer l'asphalte et l'adapter aux différents usages possibles.

J'ai terminé avec autant de calme et de franchise que les fois précédentes. L'empereur m'a semblé un peu intéressé par certaines de mes présentations mais elles n'étaient qu'un avant goût, j'espère un peu qu'il reviendra parler de certaines qui auraient suscité son intérêt afin que nous puissions envisager de manière plus approfondie les possibilités derrière ce que je lui ai présenté. Je dois m'avouer aussi un brin curieux à propos de ses projets au sujet de l'asphalte, peut-être m'éclairera-t-il à ce sujet car je crains que poser la question maintenant fasse preuve d'indiscrétion.

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Mar 25 Juil - 23:32

Quand le roi présenta ses excuses à l'empereur ce dernier fit un geste de la main comme pour faire comprendre que ce n’était pas grave. Il se doutait que cela n'avait pas été volontaire. Il y avait une façon simple de le voir en général et la façon de parler du roi Suisse ne laissait aucun doute.

Friedrich n'aimait pas particulièrement qu'on souligne l’étendu de son territoire, bien que cela flattait toujours l'ego. Oui il était vaste et puissant, ce n'est pas ce qui l'intéressait le plus. Il avait su faire preuve de bonnes réflexions et saisir les bonnes opportunités. Il ne vivait pas du tout pour la puissance d'un empire grand et puissant, et il le démontrait chaque jour en privilégiant culture et train de vie dans les colonies qui étaient sous la bannière de l’Autriche-Hongrie. Certes il exploitait les ressources des colonie, mais avant tout pour avoir de quoi financer tous les changement qu'il mettait en place.

Enfin le roi Suisse, apparemment, n'avait pas du penser que la ressource intéresserait Friedrich. Il avait plutôt présenté, au final, des produit locaux. Mais la proposition de l'empereur n'avait pas eu l'air de perturber le roi qui, au contraire, rebondit sereinement et posément. Cela avait bien plu à l'empereur.

— Il nous faut savoir nous renseigner un peu sur ce que nos voisins peuvent nous proposer. Mieux connaître nos partenaires nous permet aussi de pouvoir entamer de meilleurs négociations. Mais il nous est difficile de tout savoir bien sûr. Et pour vos montagnes c'est tout à votre honneur. Il est important de se développer, mais pas au point de dévaster les lieux d'exploitation. Il servirait à quoi de régner sur des terres dévastées par une exploitation intensive ? Rien de bien plaisant. Aussi bien pour nous comme dirigeant que pour notre peuple.

Friedrich avait donc réussi à avoir une matière qui l’intéressait. Elle n’avait peut-être pas autant de valeur que le cacao, mais il avait quelques idées qui pouvaient se révéler prometteuses avec cette matière. Friedrich se leva l'air pensif se dirigeant vers le roi Suisse et les coffrets qu'il se mit à observer dans un long silence.

— Il y a certaines choses qui nous intéressent personnellement comme cette tête de moine, mais plus par son système plutôt unique. Néanmoins nous ne voyons pas cela comme une ressource commerciale.

Du moins pour cette négociation.

— Il en va de même pour les pierres précieuses. Bien qu'elles soient finement et admirablement travaillées, c'est surtout la pierre qui est directement intéressante selon nous. Car nous pourrions toujours passer commande si nous souhaitons un travail du genre. Hors nous avons déjà pas mal de ressources de ce type et vous priver de cette ressource qui ne nous apporterait rien de plus ne serait pas des plus judicieux. Nous sommes donc plutôt à voir d'un bon œil ce système hydraulique aussi vieux soit il remis au goût du jour. Ou bien le miel, ou la cire d'abeille.

Friedrich regarda le roi Suisse pour guetter la moindre réaction, si il avait une préférence. Après tout les négociations se menaient à deux.



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Lun 7 Aoû - 21:55
Plus notre entretien se déroule, plus j'en viens à apprécier le personnage qu'est l'Empereur. Sa réponse au sujet de la préservation des montagnes suisses me satisfait amplement, il me semble que tous deux nous avons à coeur le bien être de nos pays respectifs.

-Nous partageons entièrement cette opinion, votre Altesse Impériale, acquiescé-je.

Je le laisse passer en revue ce que j'ai apporté, écoutant poliment et posément la critique qu'il en fait. La tête de moine est en effet intéressante mais cela ne peut décemment pas constituer la base d'un commerce. Cependant, si Son Excellence le souhaite, je pourrai veiller à lui procurer ce fromage et son dispositif afin qu'il soit introduit à la cour d'Autriche-Hongrie.

La remarque au sujet de nos pierres précieuses est des plus pertinentes, je le reconnais. C'était presque maladroit de ma part que de lui présenter cet ouvrage. Je le note intérieurement pour la prochaine fois, si prochaine fois il y a.

Un léger élan de fierté m'étreint le coeur lorsque l'Empereur des roux aborde le cas de la petite danseuse. Elan que je comprime doucement au fond de moi, un tel débordement ne sied pas un roi. Toutefois, je pense mon hôte capable de déceler dans mon regard la minuscule étincelle que son intérêt vient d'allumer. J'attends qu'il termine. Je suis aussi heureux qu'il porte un intérêt à la production de miel et de cire, j'y vois l'occasion de faire prospérer ce savoir faire que je souhaitais développer.

Je ne peux m'empêcher de sourire alors que je prends la parole bien que ma voix soit calme, posée et maîtrisée.

- L'intérêt que porte votre Altesse Impériale à ce système est un honneur pour nous, une partie de l'autonomie d'Eisenkern est basée sur ce système. Bien sûr le palais n'en est qu'à ses premiers pas et ce système ne suffit pas à lui seul à le faire se mouvoir cependant il a permit de lui conférer plus d'autonomie en réduisant l'énergie à fournir pour qu'il avance. Des jouets à l'image de cette petite danseuse ont été développés mais nous pensons que ce système peut être utilisés pour de nombreuses autres tâches. Nous serions honorés de partager avec votre Majesté Impériale ce savoir faire et ce système.


J'arrête mon regard sur les différents miels que j'ai présentés un peu plus tôt.

- Nous avons noté l'intérêt que votre Excellence Impériale portait à la cire de nos ruches, cela, ajouté au miel et autres produits de nos ruchers, pourrait-il être convenable comme contrepartie au commerce du cacao en l'ajoutant bien entendu à l'asphalte qui a retenu l'attention de votre Majesté impériale ? Nous avons conscience que le cacao est une denrée précieuse, aussi nous laissons à votre Altesse Impériale le soin de choisir car nous désirons voir prospérer chacune des choses ayant retenu votre attention si bien que toutes nous conviennent.

J'ai imposé mon idée sur le cacao avec ma demande, il me paraît normal de laisser à l'Empereur d'Autriche-Hongrie de choisir ce qu'il désire en échange parmi ce que je lui propose. Il serait impoli de décider de la denrée importer et de son prix. Sans passer pour un indécis dans mon propos, je lui laisse fixer le prix. J'ai de plus beaucoup d'estime pour ce souverain et je crois en la justesse du prix qu'il demandera. S'il y a à négocier, nous négocierons et équilibrerons la balance à mesure que nos discussions avancerons.
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Dim 13 Aoû - 20:03

Friedrich avait donc éliminé certaines propositions. Cela n'avait pas l'air d'affecter le roi suisse. Peut être que cela allait dans le sens des intérêts du roi, mais ce n’était pas la priorité de l'empereur. Il devait penser aux siens ainsi qu'à ceux de son peuple avant tout.

Le roi suisse reprit la parole. L'empereur ne répondit pas sur le sujet concernant la joie partagée de de garder le plus intact possible la nature de leurs terres respectives. Décidant tout simplement que, pour lui, le moment n’était pas à débattre sur le sujet, bien qu’intéressant, il n’était pas trop à sa place pour ce premier entretien.

— Concernant Eisenkern, cela nous a l'air ma foi bien intriguant. Nous avions eu vent de rumeurs parlant de techno-magie, mais aucune concernant cette remise en avant du système hydraulique. Le mélange des deux nous a l'air bien prometteur. Nous vous félicitons ainsi que toutes les personnes ayant participés au développement d'une telle idée.

Friedrich fit tourner sa cuillère dans sa tasse vide. Un serviteur s'approcha aussi sec pour remplir de nouveau la tasse de café. Une fois cela fait le serviteur en question approcha du roi suisse avec la théière prêt à le servir si ce dernier le désirait.

Puis vint le moment de revenir au sujet principal de cette discussion : les négociations. Le roi Suisse désirait le cacao, matière première des colonies d’Amérique du Sud. Maintenant l'empereur devait choisir. Pour mieux réfléchir, l'empereur alla se poser devant son piano, sans y toucher. Ses doigts s'agitèrent au-dessus des touches comme s'ils composaient un air. Après un temps l'empereur revint à la table des négociations.

— Nous nous sommes décidés. Veuillez nous excuser pour ce petit aparté. Nous jugeons que le savoir qui est, en partie, le secret du fonctionnement du joyau de votre royaume est bien trop grand pour être échangé contre une ressource comme le cacao. Ainsi nous avons décidé, comme vous pouviez vous en douté, de prendre l'asphalte et la cire d'abeille. Nous ne voulons pas du miel. Gardez le pour d'autre négociation avec, peut être, un autre pays. Juste la cire d'abeille nous intéresse. Elle nous servira à des fins artistiques, de la sculpture principalement.

L'empereur caressa sa rousse moustache quelques secondes avant de reprendre la parole.

— Mais ce n'est pas tout. Vous nous êtes fort sympathique et nous avons autre chose à vous proposer directement lié au cacao. Nous vous proposons que ce traité soit une exclusivité pour vous. Le cacao importer de nos colonies sera uniquement commercé avec vous. Ce qui fera du royaume de Suisse et de l'empire Austro-hongrois les seuls à pouvoir profiter de cette matière première dans cette qualité. Nous ne vous demandons rien en échange. Enfin si vous concédez à nous faire parvenir vos nouveautés chaque mois nous accepterions cela avec un grand plaisir votre altesse royale.

Voila Friedrich avait choisi et proposait ce qui lui semblait juste. Tout cela serait échangé en kilogramme, les deux ressources suisse pouvant, du coup, facilement égaler de lourds poids contre l'unique cacao.



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Dim 13 Aoû - 22:36
J'incline légèrement la tête pour saluer le compliment de l'empereur roux au sujet d'Eisenkern et un élan de joie étreint mon coeur à la mention de cet ouvrage que nous portons depuis maintenant plusieurs années le peuple suisse et moi. Je songe un bref instant aux premiers pas du château, quel moment d'intense émotion que ce jour là.
Je dissimule ces pensées heureuses derrière l'attention que je porte aux paroles de son Excellence.

D'un signe de tête j'accepte que l'on me resserve une tasse de ce thé excellent que je savoure une fois de plus, laissant sa Majesté impériale à ses réflexions. Je profite de ce répit pour moi même songer à la suite, au choix de l'empereur ainsi qu'aux échanges qui feront suite entre nos deux pays. Pourtant, malgré les changements que ces accords peuvent impliquer, je me sens serein.

Son Excellence revient vers moi, la mine décidée cette fois. Ses réflexions semblent avoir abouti et j'attends calmement d'en voir le fruit ce qui ne tarde pas à venir.

J'accepte les excuses de l'empereur Edelstein d'un signe de tête, ne souhaitant pas l'interrompre alors qu'il s'exprime.

Oui, j'avais bien remarqué que la cire d'abeille avait retenu son attention. J'imagine en effet ce qui pourrait être fait avec une telle matière même si je crains que des jours de fortes chaleurs n'altèrent et ne fragilisent l'oeuvre. Pourtant, en y réfléchissant rapidement, l'idée me vient que l'enchantement qui maintient les fromages au frais dans leur écrin pourrait tout à fait palier cet aléa de la sculpture dans la cire.

La suite me surprend et dépasse même mes espérances. Jamais je n'aurais eu l'audace de demander un monopole sur une telle matière même si, je dois l'avouer, ce rêve ne m'est pas étranger. La condition à cette exclusivité me ravit au plus haut point. C'est un défi à relever chaque mois mais cela n'est pas pour me déplaire. La difficulté créatrice a toujours été bénéfique et stimulante quelque soit le domaine et l'industrie concernée. Cette idée fait fleurir un sourire sur mes lèvres.

- Nous serions ravis et honorés d'accepter cet échange entre nos deux pays. Nous sommes curieux de voir comment vos artistes transformeront la cire que nous vous fournirons. Cependant, nous en venons à penser que la chaleur de l'été risquerait d'altérer vos oeuvres et nous nous en voudrions que le travail de sculpteurs de talent soit abîmé par un aléa si simple. Aussi nous vous proposons de joindre à la cire le sortilège qui maintient la fraîcheur dans nos écrins.

Je désigne l'écrin des fromages dont s'échappe toujours un doux air frais non sans évoquer la fraîcheur des vieilles pierres qui sont un si bon rempart contre les fortes chaleurs estivales. Mon sourire s'étire et je reprends en portant légèrement une main à mon coeur et en m'inclinant doucement.

- Votre Majesté impériale nous fait un immense honneur en nous proposant une telle exclusivité mais l'honneur sera plus grand encore de satisfaire votre curiosité en vous proposant chaque mois une nouveauté. C'est un défi que nos maîtres chocolatiers seront heureux de relever et qui stimulera d'autant plus leur créativité.


J'accepte la proposition de son Excellence avec une joie que je cache dans mon sourire poli et posé dont je ne me départis pas. Peut-être mes yeux brillent-ils un peu plus mais s'ils brillent c'est à l'idée des perspectives qu'offrent cet échange. De plus, le choix de l'Empereur me laisse la possibilité d'autres négociations mais aussi l'opportunité de développer encore certaines choses afin qu'elles deviennent florissantes et puissent un jour apporter tout leur potentiel sur une autre table de discussion.
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Sam 26 Aoû - 12:26

L'empereur était content de voir que cet échange était apprécié autant d'un côté que de l'autre. Vu la curiosité du roi suisse au sujet de ce que l'empereur ferait de cette forme d'art, Friedrich ne manquerait pas de lui montrer les premiers résultats.

La remarque sur la chaleur laissa afficher, sur le visage de l'empereur, un petit sourire. Friedrich claqua des doigts ce qui fit approcher un des serviteurs dans la seconde qui suivit. L'empereur donna quelques ordres rapides à son serviteur qui, après une révérence à son maître et au roi Suisse, quitta la pièce.

Quant aux remerciements et à la politesse dont le roi Suisse faisait preuve face à la proposition d'exclusivité sur le cacao d’Amérique du sud, l'empereur les accepta d'un simple geste chaleureux de la tête. Il avait l'impression d'avoir on ne peut mieux jugé le roi Suisse comme un souverain sérieux et de confiance.

— Nous sommes on ne peut plus heureux que tout cela vous convienne. Et nous avons grande hâte de pouvoir goûter aux premières fabrications de votre pays. D'ailleurs nous pensons que tout cela pourrait entrer en vigueur au début du mois prochain, si cela vous convient bien entendu.

Le serviteur, qui avait reçu des ordres de la part de l'empereur, était revenu saluant de nouveau les deux royautés et fit part à l'empereur que tout était prêt.

— Nous n'avions pas répondu tout à l'heure sur le sujet concernant la chaleur. C’était pour une bonne raison. Nous allons vous présenter un chef d’œuvre fait ici à Vienne par une jeune chocolatière qui nous a fait le privilège de construire un magnifique piano taille réel en chocolat. Elle est signée de Rebecca Schneider.

L'empereur fit ouvrir un rideau qui était dans le fond de la pièce laissant apparaître derrière une vitre éclairée un piano qui ressemblait en tout point à un vrai piano jusqu'aux moindres détails, mais en chocolat.

— Nous ne l'avons pas fait apporter en cette pièce car, bien que cette œuvre ait maintenant trois ans, elle reste intacte grâce à un procédé magique que nous pourrions appliquer aux statues de cire. Qu'en dites vous ?



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Sam 9 Sep - 22:21
La réaction de l'Empereur suite à ma proposition au sujet du froid ne m'échappe. Je sens qu'il a quelque chose en tête même si je ne saurais exactement deviner quoi. Je dois l'avouer, cela pique ma curiosité. Je prends cependant mon mal en patience, certain que mon hôte ne tardera pas à révéler le fond de sa pensée.

Faire entrer de tels échanges en vigueur dès le mois suivant ? On ne pourrait rêver mieux. Je réponds par un sourire poli.

- Ce serait parfait. Nous avons nous aussi hâte de voir de tels échanges prospérer.

Voilà le serviteur qui revient. Ma curiosité ne va pas tarder à être satisfaite, j'en ai la certitude. L'oeuvre que dévoile l'épais rideau est en effet digne d'un prodige. J'admire la finesse des détails tout en écoutant l'explication de son Excellence Impériale. Un sourire étire mes lèvres alors que je comprends à quel point ma proposition pouvait sembler futile.

- En effet, les tracas de la chaleur n'altèreront jamais les oeuvres de cire. Quant à ce piano, nous devons avouer que c'est une merveille de finesse et de détails. Voilà un chef-d'oeuvre digne des plus grands maîtres, nous serions honorés de rencontrer l'artiste qui en est à l'origine.

J'admire en détail l'instrument de chocolat, tellement réel que je ne serai pas étonné de voir entrer dans la pièce un musicien de talent pour venir en jouer. J'apprécie à voix haute cette oeuvre magnifique et me laisse aller à mes pensées tout en parlant.


- L'aboutissement d'une telle oeuvre serait de pouvoir en jouer comme d'un véritable instrument de musique. Voilà une idée bien insensée mais qui sait, peut-être que quelque talent prometteur trouvera un moyen de réaliser ceci.

La conversation continue, passant doucement de la politique à la musique. Une promenade dans les jardins pour contempler la splendeur du parc de Schönbrunn. Quelques paroles échangées sur différents thèmes plus légers. L'heure n'est pas encore à la franche amitié, peut-être cela viendra-t-il, qui sait ?

Un rayon de soleil illumine les jardins alors que nous marchons et discutons. Je savoure sa douce chaleur annonçant le printemps.
Fragile rayon gagnant en force à mesure que le temps passe, semblable aux liens que tissent deux pays....
...tel une promesse d'avenir.

Fin
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