Méfiez-vous des apparences [PV Castiel Austen]

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Oscar M. Bartlett
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Oscar M. Bartlett
Lun 24 Juil - 14:14
Quelque chose de lourd lui écrasait la cage thoracique, entravant sa respiration. Ce fut ce qui acheva de le tirer de son sommeil, pour le moins inconfortable. Lâchant un grognement d’insatisfaction, son premier réflexe fut de vouloir se redresser. Mais ce qui rendait sa respiration si difficile, l’empêcha également d’y parvenir. Millen ouvrit un œil, puis les deux pour s’apercevoir qu’un homme nu était allongé sur lui de tout son long. Passée l’incrédulité, il le repoussa sans ménagement – non sans peine, ce qui l’étonna – avant de se redresser dans le lit, ostensiblement dégoûté, tandis que l’autre chutait sur le sol dans un bruit sourd. Fort heureusement, l’alcool ou les efforts mis dans cette nuit s’annonçant torride ne suffirent pas à réveiller l’importun et Millen eut le loisir de remettre de l’ordre dans ses idées. Cette soirée passée à arpenter plusieurs tavernes des environs remontait à plusieurs mois déjà, bien avant que son précédent corps ne se couvre entièrement de poils, le forçant ainsi à en changer. Néanmoins, il se rappelait avoir pourtant ciblé l’un de ces mecs musclés qu’un verre offert gracieusement par un parfait inconnu ne rendait pas méfiant pour un sou. Qu’importe, il avait obtenu un corps et s’il n’appréciait pas ce qui s’était probablement passé dans ce lit, c’était de l’histoire ancienne. Ce qui comptait réellement, était bel et bien ce qu’il ferait avec ce même corps dans les prochains mois.

Désireux de mettre les voiles au plus vite avant que son partenaire d’une nuit ne se réveille à son tour au risque de poser des questions embarrassantes, Millen se mit debout. Ce fut à cet instant précis qu’il remarqua autre chose. Ce corps-là n’était pas comme les précédents. Ce n’était pas de la prétention, loin de là. Il avait la sensation d’être plus chargé en haut qu’en bas… Pire, il lui semblait de plus en plus évident qu’il lui manquait quelque chose de précieux en bas justement ! Prudemment, ses mains parcoururent sa nouvelle acquisition et il manqua de pousser un hurlement de terreur quand, non seulement, il constata l’absence d’un sexe masculin entre ses cuisses mais qu’en portant machinalement ses mains à son torse pour confirmer la crainte qui se matérialisait de plus en plus dans son esprit, celles-ci vinrent envelopper deux seins. Une femme ?! Voilà ce qu’il était devenu ? La panique l’empêcha de réfléchir pendant plusieurs minutes. Il tenta de se repasser les événements datant de plusieurs mois en arrière. Cette taverne. Le groupe de marins déjà ivres mort. Le visage des autres clients ainsi que du gérant de l’établissement ne lui revenaient pas en mémoire, pour la simple et bonne raison qu’il ne s’était pas préoccupé d’eux outre mesure. Avait-il commis une erreur ?

Un grognement en provenance du lit le fit sursauter. Femme ou homme, il devait partir d’ici. La pièce était plongée dans l’obscurité la plus totale, si bien que l’ancien noble dut tâtonner à l’aveuglette pendant un bon moment avant de trouver ce qu’il cherchait. Ses doigts effleurèrent le bois d’une chaise et après quelques secondes supplémentaires, Millen ne tarda pas à mettre la main sur une chemise. A l’odeur, il devina que ce devait être celle de l’homme toujours allongé par terre, à même le sol et il eut un plissement de nez. Abandonnant sa trouvaille pour chercher des habits féminins cette fois, il enfila une robe bien trop échancrée à son goût, renonçant à l’idée de mettre un corset. Prudemment, il ouvrit la porte et jeta un œil à l’extérieur. Des rires lui parvenaient, probablement ceux des autres clients de l’établissement, des hommes à en juger par l’intonation. Mais ce qu’il nota également furent les quelques éclats de voix féminines qui leur firent écho. Des serveuses ? Ou bien… Pas le temps de se poser la question. Millen sortit enfin de la chambre, rapidement gêné dans ses mouvements par cette poitrine aussi soudaine qu’imprévue au programme.

« Bon Dieu, comment font-elles pour marcher avec… ? »

Effectivement, la Nature avait bien donné cette demoiselle et sans corset, les seins se mouvaient au rythme de ces pas, ce qui ne facilitait pas sa progression. Habitué à jouer la comédie, Millen s’efforça de se constituer un sourire de façade, slalomant entre les tables et les individus. Il devait atteindre la porte et se tirer d’ici.

« Où tu comptes aller comme ça ma jolie ? Aller, reviens un peu par ici qu’on s’amuse… »

Plaît-il ? Alors c’était donc ça ce qu’il avait récupéré ? Le corps d’une fille de joie ? Millen demeura un moment interdit tandis que l’homme l’enlaçait par la taille, les lèvres recourbées en un bec de canard dans l’évidente tentative d’obtenir un baiser. Fort heureusement, il se libéra presque trop facilement, l’alcool l’aidant dans sa tâche et il s’excusa d’un sourire qu’il trouva ridicule. Jouer le jeu serait peut-être plus compliqué.

« Phoebe ! Un client p’toi ! »

« Plaît-il ? »

« Comment qu’t’parles tout d’un coup ? Ramène don’ tes fesses par là et fais ton travail ma fille ! Va t’occuper d’ce monsieur ! »

Son regard partit du visage de la patronne, suivant son doigt tendu dans la direction dudit monsieur qui attendait sagement à ses côtés. Millen sentit ses épaules s’affaisser. Ce n’était décidément pas sa veine. Aussi, il tenta le tout pour le tout.

« Non vous ne comprenez pas, il s’agit d’une erreur et- »

Dans le brouhaha ambiant, l’un des hommes attablés, incité par ses compères lui mit une main aux fesses après avoir vidé son verre. Décidément pas son jour…
Oscar M. Bartlett
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Castiel Austen
Le Pillywiggin
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✦ Libre pour RP ? : Complet - 3/3

✦ Double-compte : Pas pour le moment

Dim 30 Juil - 23:42
La journée a été désastreuse. Zéphyr et moi n’avons cessé de courir d’un bout à l’autre de la ville pour trouver un public devant lequel jouer notre musique. Mais les humains se montrent souvent méchants et désagréables envers les gens comme nous. Par conséquent, partout où nous nous sommes installés pour faire notre numéro, nous avons été chassés. Et à cause de cela, nous n’avons pas gagné un seul sou. Heureusement, grace à ma magie et à l’habilité de mon corbeau, nous avons réussi à dérober la bourse de quelques-uns de ces mécréants, sans être vus.

Grace à l’argent volé, nous avons pu manger et louer une chambre pour la nuit. Mais ma colère était telle que je n’arrivais pas à rester en place. Alors je suis parti écumer les pubs seul. Zéphyr est étranger à ces choses-là, il ne les comprend pas. Mais il est déprimant de s’enivrer en solitaire, aussi ai-je décidé de me chercher un peu de compagnie, homme ou femme, pour évacuer mon irritation et prendre un peu de plaisir. Alors me voilà dans cette taverne, entouré de joyeux lurons ivres et de filles de joie à la beauté douteuse, prêtes à offrir leurs services, mais je n’y trouve pas mon compte. Je vide ma pinte de bière en lâchant un long soupire. Je dépose l’argent sur le comptoir et je me lève pour quitter les lieux. Mais quelque chose attire mon attention. Il n’y a visiblement pas que des humains ici. Il y a une personne touchée par la magie, mais ce n’est pas comme moi. De ce que ressens, c’est un être touché par un mauvais sort ou une malédiction. Voilà qui est intéressant…

Mon regard se balade à travers la foule, à la recherche de cette singulière personne. Mes yeux finissent par tomber sur une créature des plus charmantes qui zigzag entre les tables d’un pas pressé. C’est donc elle. Je l’observe un instant. Elle a un très beau visage et de délicieux atouts. La nature l’a plutôt bien gâtée, ce qui n’est pas pour me déplaire. Sa course est interrompue par un ivrogne qui l’attrape par les hanches et tente de l’embrasser. La pauvre jeune femme semble un peu décontenancée face à cet importun. Voilà qui est amusant. Cette demoiselle me plait beaucoup. Ma journée pourrait finalement bien se finir… J’interpelle la patronne sans attendre et lui fait part de mon intérêt pour la jeune fille. Aussitôt, elle l’interpelle.

« Phoebe ! Un client p’toi ! »

« Plaît-il ? »


La concernée se retourne, visiblement surprise. Contrairement aux autres, elle semble parler correctement. De mieux en mieux. Un petit sourire coquin se dessine sur mes lèvres. A ma vue, elle affaisse les épaules et semble quelque peu gênée. Adorable. Alors qu’elle essais de s’excuser, un malotru lui caresse les fesses, la mettant mal à l’aise. Je fronce les sourcils et je jette un regard mauvais aux poltrons assis derrière la demoiselle. Ces rats n’ont décidément aucune manière. J’attrape la main de la belle Phoebe pour l’attirer vers moi.

« Navré messieurs, cette charmante demoiselle m’appartient pour la soirée. »

Sans attendre une quelconque réponse de ces minables, j’entraine Phoebe dans le fond de la taverne, là où se trouvent les chambres et entre dans l’une d’elle. Nous voilà enfin tranquille. La jeune femme semble un peu perdue.

« Je ne vais vous faire de mal alors détendez-vous, Mademoiselle. »

Je lui baise poliment la main avant de la lâcher puis je m’assois sur le grand lit à baldaquin, l’invitant à faire de même.

« Phoebe, ce n’est pas un prénom très courant, c’est très joli. Vous êtes bien différente de vos collègues. Bien plus séduisante et bien plus agréable à regarder. »

Je me rapproche ostensiblement d’elle, enfouissant mon visage dans sa nuque pour la baiser doucement. Elle a la peau douce, c’est exquis. Mes doigts remontent lentement sa cuisse généreuse, parcourant sa chair chaude à la recherche de son intimité.


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Oscar M. Bartlett
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Oscar M. Bartlett
Mar 8 Aoû - 17:19
Suite à l’interpellation de celle qu’il identifia sans trop de mal comme étant son employeur du moment, Millen suivit du regard le pouce nominatif pour détailler ledit client. En comparaison des autres bougres et autres piliers de bar qui fréquentaient l’endroit à cette heure, l’homme paraissait bien de sa personne. Ou au-dessus de la moyenne générale, à voir. Un sourire appréciatif ornait ses lèvres, illuminant son visage, lequel était encadré par une chevelure blonde abondante, comme pour souligner le vert profond de ses yeux. Pas vilain garçon d’un point de vue féminin. Ou tout simplement le parfait pigeon à plumer pour une femme de sa trempe. Le mécontentement vint un instant déformer ses traits harmonieux et cela n’échappa pas à Millen. De toute évidence, l’homme n’appréciait pas ce genre de comportement à l’encontre des femmes. Gentleman avec ça ? Pourtant, pour être ici, il fréquentait bien des bordels à première vue. Drôle de façon d’honorer la gente féminine…

« Pardon ? Non, attendez une minu- »

Peine perdue. En une fraction de secondes, ses doigts s’entremêlèrent aux siens et d’une légère traction, l’inconnu l’entraînait à l’étage, où se trouvaient les chambres. Millen voyait la porte de la taverne s’éloigner de plus en plus, à son grand désarroi. Tandis qu’il remettait sa tête dans le bon sens, autant pour éviter de se prendre les pieds dans sa robe que de rater la première marche des escaliers qu’ils empruntaient, son regard accrocha une surface cuivrée, celle d’une casserole, à l’arrière du comptoir. Il découvrit alors son reflet : une belle rousse aux yeux bleus. Son visage se renfrogna lorsqu’ils se retrouvèrent à l’intérieur de l’une des chambres. Plus grande que celle qu’il avait quittée un peu plus tôt dans la soirée, Millen n’entrevit pas davantage de différences entre les deux. Le mobilier, sommaire, se déclinait en un large lit à baldaquin, assez grand et probablement résistant aux plus ventripotents des clients de l’auberge, une armoire à deux battants qui lui faisait face et enfin, une chaise dans un coin de la pièce. L’homme reprit la parole, le contraignant à réprimer un soupir. Se détendre ? Il en avait des bonnes lui ! Pas certain qu’il réagisse aussi calmement s’il s’était retrouvé à sa place ! Millen s’efforça de ne pas céder à l’exaspération, premier palier menant à la colère et à la perte de ses moyens. Mieux valait jouer le jeu de son sauveur improvisé pour le moment. S’il se comportait de manière trop étrange aux yeux de ce dernier, l’autre pourrait bien cesser de la complimenter pour passer aux reproches, lesquels ne tarderaient pas à arriver aux oreilles de sa patronne et… Minute, pourquoi il se préoccupait de cette vieille folle ? Hésitant de prime, il finit par venir s’asseoir aux côtés de l’inconnu toujours souriant. Le matelas ploya légèrement sous son poids, arrachant un petit grincement et Millen eut la sensation de s’enfoncer tellement profondément que jamais il ne parviendrait à s’en extraire. C’était à espérer que les murs de l’établissement séparant les chambres soient suffisamment épais pour ne pas laisser deviner les activités nocturnes des autres locataires.

« Vous êtes bien aimable. » répondit-il distraitement et mécaniquement tandis que ses neurones tournaient à plein régime.

Un sursaut le prit au contact des lèvres de l’homme sur sa nuque et Millen ne put réprimer la raideur gagnant ses membres à mesure que cette main baladeuse accomplissait sa mission. L’idée le traversa brusquement et il se retourna vers l’inconnu. D’un geste vif, il le prit par les épaules pour le repousser, non pas en arrière mais sur le côté, tandis que son corps bougeait dans le même sens, lui permettant ainsi de se retrouver à califourchon sur son partenaire improvisé. Par chance, sa robe était suffisamment longue pour empêcher l’autre d’apprécier la vue par-dessous.

« En effet, je suis bien différent-e de mes collègues… »

Parler de lui au féminin n’était pas aussi facile qu’il ne l’aurait imaginé. Histoire d’endormir la méfiance de l’homme, Millen relâcha la pression qu’il maintenait sur les épaules de ce dernier, pour lui délivrer quelques gestes maladroits qui se voulaient être de tendres caresses.

« Je saurai vous satisfaire toute la nuit si le cœur vous en dit. Après tout, vous avez payé pour je me trompe ? Allez-vous seulement me faire confiance pour cela ? »

Tout en parlant, Millen s’était volontairement penché en avant. Malgré l’éclairage tamisée qu’offrait un modeste chandelier sur le haut de l’armoire, à cette distance, il espérait que l’autre apprécierait la vue de son décolleté pour l’aider à faire le bon choix.
Oscar M. Bartlett
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