Callaghanisme Acte II

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Clarke O'Callaghan
Paul Bunyan
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✦ Libre pour RP ? : Oui !

Ven 28 Juil - 16:38
« Charleston, le 21 Décembre 06.

Chère Madame,

Je viens de voir dans les dossiers du Ministère de la Guerre un rapport de l'Adjudant général du Minnesota disant que vous êtes la mère de cinq fils, lesquels sont tous morts au Champ d'Honneur. J'imagine combien serait vain et inutile le moindre mot de ma part pour essayer de vous distraire du chagrin causé par une aussi terrible perte. Mais je ne peux toutefois m'empêcher de vous rappeler la consolation que vous pourrez trouver dans la gratitude de la République pour laquelle ils sont morts. Je prie pour que Notre Père qui est au ciel apaise la douleur de votre affliction et vous laisse seulement le tendre souvenir de vos chers disparus et la fierté bien fondée et solennelle d'avoir offert un si précieux sacrifice sur l'autel de la Liberté.

Votre très sincère et très respectueux,

Clarke O’Callaghan »


Il posa la plume entre ses doigts et retira ses binocles. Un profond silence couvrit la tente, puis reprit le crachat des tirs à quelques miles. Pourquoi ne pleurait-il pas ? Le désormais président se questionnait à ce sujet. Peut-être, chérissait-il trop la mémoire des braves, pour se permettre le luxe de porter le deuil de leurs morts pour le moment. La guerre n’était qu’à ses débuts. Derrière son manteau de commandant et devant son cœur, était logé un carnet, dans lequel il prenait soin d’inscrire le nom et matricule des jeunes gens tombés sous le feu de l’ennemi. Jamais, et certainement, il n’aurait la place pour tous, mais il essayait par quelconque moyen de sauvegarder le plus dans son écriture. Malheureusement, une heure par jour ne suffisait pas, il aurait aimé en avoir plus.

Promesse tenue, l’ennemi goûtait la guerre sur son propre sol. L’appel à la mobilisation générale avait rencontré un écho dans l’âme de la population. Des hommes de différents horizons, des jeunes et des plus vieux, des ouvriers comme des ingénieurs, s’étaient empressés de signer leurs affectations et de prendre les armes. Jamais, auparavant, une telle ferveur patriotique avait porté la toute jeune nation. « Contribuez à la Grande Cause ! », « Vos frères, fils et époux se battent pour vous ! », « The Union need YOU ! » Les femmes et certains enfants avaient investi les usines et fabriques, pour apporter leur aide à la cause nationale. Mais qu’en sera le prix ? La société était la première à s’engager, mais aussi la première à gronder son mécontentement.

La ligne de front avait emmené Clarke et les fédérés dans les gueules rocheuses virginiennes. Les Appalaches faisaient office de bastion et barrière naturelle aux forces armées du Commonwealth de Virginie. Une montagne ? Il en fallait plus pour repoussait les tuniques bleues. S’il fallait, les hommes étaient prêts à nettoyer la totalité de la chaîne. Plus facile à penser qu’à appliquer, le sang coulait abondement chez les deux belligérants.

Blast – Build – Battle, la devise des corps ingénieurs accompagnait les Caterpillars et Grosses Berthas dans leur marche meurtrière. Les lignes déblayées étaient jonchées de corps et débris méconnaissable. Les hommes en pas de deux observaient en silence les restes des champs de bataille, ils méditaient sur l’identité des cadavres, que parfois, ils venaient à piétiner. Ces crasseux pleins de poudre dans les narines, la terre sous les ongles et la pilosité dense comme une prairie, entraient en territoire conquis. Franklin, Sugar Grove, Pecon Bridge, toutes des petites bourgades arrachées aux mains de l’ennemi, disciple des pratiques perverses de la magie.

Oui, perverses, Clarke le répétait constamment, frappant presque du poing sur cette table imaginaire. Les mots allaient en gradation et hyperbole pour parler de la magie. Les soldats étaient réceptifs, les premières victimes de l’utilisation de la magie étaient les hommes sur le front. On pleurait au soir ceux décédés des mains de la nauséabonde entité. Les civils à l’arrière-front s’abreuvaient de l’encre des journaux, comme l’on buvait l’eau du puit. Le formatage eut une efficacité terrifiante, pour les êtres concernés. Pour les fédérés, on accueillait ce pain béni comme un élan nationaliste sans précédent.

La guerre avait donné naissance à multitude de journaux et stations radios, qui officiaient une propagande interminable. Est-ce que le président en était partisan ? Bien sûr, ce dernier était même allé plus loin, profitant de l’unanimité d’un congrès rassemblé.

Suspension des droits civiques primaires des êtres de magie : Yea (85-0)

Expropriation des êtres de magie et internement des ennemis de l’Union : Yea (85-0)

Les individus impliqués au sein des groupuscules partisans de la magie sont déclarés ennemis de la nation : Yea (85-0)

Il faisait bon vivre en Fédération, sauf pour les êtres de magie, dont bon nombre préférait faire profil bas. Renoncer à leur héritage pour une place, une toute petite dans cette société qui risquait de tout leur prendre. Encore fallait-il échapper à la chasse aux sorcières sans mauvais jeux de mots.

Richmond, en Mars l’an 07, était tombé dans le giron de la Fédération des Etats d’Amérique. La bannière étoilée flottait au sommet du mât adverse, la capitulation fut signée par le Parlement du Commonwealth sous le regard de Clarke, qui déclara la seconde suivant la signature.

« Messieurs, à compter de ce jour, les lois des terres de Virginie seront les lois de la Fédération des Etats d’Amérique. La Fédération des Etats d’Amérique est heureuse d’accueillir la Virginie et Virginie-Occidentale par un vote de facto.

La confusion totale s’emparait des chambres de l’anciennement Commonwealth de Virginie, par 71 voix en faveur et 69 en opposition, les rives du Potomac se joignirent de gré, qu’importe votre opinion. D’un état garant des droits de la magie, il était advenu une terre où étaient proscrits les droits de ceux que l’on désignait ennemis de la nation. La guerre était loin d’être finie, puisque subsistaient des poches de résistance volatiles. Il n’était que question de temps avant de les crever une à une. Pourtant, si le temps était acquis à Clarke, les conséquences étaient loin d’être siennes.

Yorktown était une boucherie à ciel ouvert. La vielle ville avait cédé sa place pour un gigantesque cratère charnier. Soldats, civils, soutien de la magie ou non tous avaient fait les frais d’un incroyable concours de circonstances. Les rares survivants relataient un enfer sans adjectifs possibles. Une véritable colonie de Phobème avait reposé dans les tréfonds de la cité. Jusque-là endormie, la guerre et les affrontements eurent vite fait de faire sortir ces créatures ignobles. L’unique solution donnée aux occupants pour éradiquer le mal à la racine, dans le sens propre et figuré, avait été de faire sauter la ville en totalité avec ces habitants… La résignation et le sacrifice des habitants avaient mis la nation en berme, qui rendait hommage à tous sans égrainer de noms. Seraient-ce les seuls pratiquants de la magie à recevoir un tribut d’une Fédération anti-magie ?

Pennsylvanie, Delaware, Maryland, New Jersey, à la vue de la catastrophe de Yorktown, avaient tourné de l’œil. La peur de la magie et de la guerre même s’était immiscée dans les maisons. Les habitants effrayaient jusqu’à chair de poule, pour ne pas les qualifier de volailles humaines, poussèrent les officiels à se rapprocher la Fédération. Le vieil Edison dubitatif se grattait encore la joue, le voilà qu’il vivait dans le même pays que ce bon à rien de Clarke.

- Aussi, pour ne pas laisser aux habitants de Virginie, un sentiment d’injustice ou même de rejet. J’invoque le plus sacré des droits, qui leur est pleinement légitime désormais. Je remets-là mon mandat au peuple de la Fédération, pour des élections présidentielles en Novembre. Ainsi, les citoyens de notre pays pourront élire leur premier dirigeant à la tête de la nation !

L’annonce radio diffusait le message à travers le continent. Un bon moyen d’apaiser et panser les plaies, qui demandaient à être refermer. Le fossé entre les habitants des Lacs et ceux des Appalaches devait être comblé le plus tôt possible. La démocratie comme onguent et ciment à l’édifice du pays. Cependant, un autre trou était à combler, celui-ci plus difficile. Le président en avait des vertiges, rien qu’en lisant les chiffres du rapport.

- 57, 039, 814 $

L’argent est le nerf de la guerre qui disait, il ne parlait pas du déficit qui l’accompagnait…




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