Dompter l'indomptable - Février 07

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Medjid Sherkâh
Shere Khan
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✦ Libre pour RP ? : Oui

✦ Double-compte : Emélie Grégoriu

Sam 12 Aoû - 14:09
Les craintes de Medjid étaient finalement devenues réelles, et c'était avec horreur qu'il avait écouté le chef de la garde faire son rapport, le matin même.

Après des années de soupçons et de méfiance, voilà que le Mal se propageait, malgré toute les mesures que le Sultan avaient prises pour l'endiguer. Alors qu'autrefois ce n'était qu'une menace sournoise, s'étendant dans l'ombre silencieusement, il semblerait que ces créatures refusent de ramper plus longtemps au sol ; la magie s'échappait au grand jour, devenant désormais incontrôlable. Elle exposait l'horreur de ses vices aux yeux de tous, et surtout, aux yeux du peuple déjà si agité de l'Empire Ottoman.

Pendant la nuit, des gardes avaient remarqué des djinns qui avançaient vers les villes, quittant leurs cachettes si précieuses du désert. Mais, loin de conserver leurs camouflages habituels, ils dévoilaient sans honte leur magie, comme s'il ne la contrôlaient plus.

Ou plutôt, comme si leur magie les contrôlait.

Et ce genre d'accidents, bien qu'isolés, étaient de plus en plus fréquents ces derniers temps. Suffisamment fréquents, en tout cas, pour qu'on commence à s'en inquiéter. Déjà depuis quelques semaines, des accidents survenaient sur les chantiers de la grande routes, où les déferlements de magie avaient blessé plus d'un garde. Medjid aurait voulu croire à une simple rébellion qu'il aurait pu étouffer dans l’œuf, mais des échos de ce genre d’événements se faisaient déjà entendre à la radio, dans les journaux, venant de tous pays. Et il ne faisait aucun doute que malgré tout ses efforts, les rumeurs allaient se propager au sein de la population, laissant place aux doutes et aux fantasmes de révolution dans les esprits les plus tordus.

Medjid avait préparé un discours dans l'espoir de rassurer sa population, mais également d'avertir les inconscients qui oseraient encore perturber l'ordre si difficilement gagné de l'Empire. S'il avait eu la bonté de ne condamner ces inconscients qu'au travail forcé, il était temps de renforcer encore la répression. Le tigre était de retour, et cette fois, il ne monterait aucun pitié pour sa proie.

Il sortait sur le balcon qui surplombait la ville, observant en contrebas l'amas de monde que formait la population de la Capitale. De là-haut, il ne pouvait pas voir les visages des gens du peuple, mais il était certain que l'information avait dû fuiter, et que la rumeur avait dû se propager. Il était grand temps de mettre tout ça au clair, ou du moins d'orienter ce manque d'information à son avantage. Sur le côté, quelques journalistes attendaient, calepin à la main, ou microphone dans les bras, prêts à reporter les moindres mots du Sultan. Le silence se fit, et la voit du Sultan résonna sur la grande place.

« Concitoyens, concitoyennes, Peuple de l'Empire Ottoman.

Vous vous doutez sans doute de la raison pour laquelle je vous ai réunis aujourd'hui. Cette nuit, une nouvelle menace a plané sur les villes. Nouvelle par sa forme, mais pas par son coupable ; voilà des millénaires que les djinns menacent le peuple humain, par ses pouvoirs incontrôlables. Et si quelques partisans de cette force maléfique sont toujours persuadés qu'il ne s'agirait que d'un outil inoffensif, vous avez eu la nuit la preuve de votre méprise.

Quelques membres des forces de l'ordre ont été confronté cette nuit la réalité de la Magie. Non pas une spécificité qu'on peut cacher, mais une puissance qui prend le contrôle de votre corps plus que vous ne la contrôlez. Allah les bénissent, ces gardes ont réussi à étouffer cette menace, nous protégeant ainsi de ce danger. Je leur exprime ma reconnaissance.

Suite à cela, une décision a été prise, car elle nous a semblé nécessaire ; dorénavant, tout être magique semblant en proie à une force incontrôlable, et refusant de revenir à la raison, pourra être exécuté sur place sans autre forme de procès. En effet, il s'avère impossible d'envoyer en camp de travail un être qui échappe à toute autorité, et même à son propre contrôle. »

Medjid s'interrompait un instant en sentant, sur son épaule, la main de son conseiller. Et il savait qu'il risquait de mettre fin plus vite que prévu à son discours en entendant les mots, soufflés rapidement, comme sous l'urgence.

« Votre Majesté Impériale, il y a eu un accident sur la Grande Route. Des rébellions de masse, aidées par la Magie. Nos gardes risquent vite de se faire dépasser par le nombre, et la puissance des condamnés. »


Une pause, pendant laquelle le Sultan faisait son possible pour ne pas céder à la panique. Il ne pouvait pas évoquer cet incident à voix haute, sans quoi la population risqueraient de sombrer à son tour dans une crainte qui pouvait s'arrêter dangereuse. Alors Medjid s'efforça à sourire, pour déclamer quelques derniers mots.

« Ces mesures seront appliquées dès à présent, et d'autres viendront sans aucun doute par la suite. Qu'Allah vous bénisse, et nous protège tous de la menace. »


Sous les applaudissements, il retournait dans ses appartements à pas précipités. Cette fois-ci, Allah Seul ne suffirait sans doute pas. Il faudrait des renforts pour contrôler à nouveau les djinns, et il espérait bien en trouver au plus vite.
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Shísān Wǔ
La cadette des douze frères
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✦ Libre pour RP ? : Libre !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Orendi

Mar 15 Aoû - 21:41
La Cité Interdite n'était plus qu'un charnier et les rues de la Chine des coupes-gorges où, au moindre soupçon de magie dans vos veines, l'on vous tranchait les membres. Le mal touchant la magie, la rendant encore plus dangereuse, s'était insinué jusque dans les replis de cet empire asiatique. Avec sa délicatesse coutumière le fils du dragon avait veillé à trancher dans le vif. La délation était encouragée, chacun était invité à faire justice lui-même afin de seconder la main de la justice. Les animaux même n'échappaient pas à cette folie qui s'était emparée de la foule. On tuait ceux soupçonnés de dissimuler, sous leur apparence animalière, une sorcière et seuls les plus pauvres, les nécessiteux, allaient récupérer les cadavres pour s'en nourrir loin des regards.

Du haut de son trône, Shísān observait ce massacre avec satisfaction. Il approuvait ces meurtres, persuadé qu'il était que la magie n'apportait que le malheur, certain que les derniers événements ne faisaient qu'en révéler la véritable nature. Tout ceci permettait à son empire de se purger de ce poison qui menaçait de le corrompre. Que les historiens le dépeignent en tyran s'ils le voulaient, lui savait qu'il avait fait son devoir, qu'il avait été un empereur dur mais juste.

Lorsque son conseiller et traducteur lui rapporta l'appel à l'aide du sultan Medjid Sherkâh, ce fut un branle bas de combat au sein du palais. Sous injonction impériale on rassembla les hommes, puisa dans les réserves de l'armée, saisit les inventions de Octavian Ciurcu. Les navires volants virent leurs soutes emplies à ras bord d'hommes et de machines prêtes à déferler sur les praticiens de la magie. Des calculs furent finement menés afin de laisser des forces suffisantes sur le sol chinois – une absence de l'empereur pouvait pousser les belligérants à vouloir renverser la vapeur. La prudence était de mise.

Les navires volants chinois frappèrent pavillon au-dessus des terres ottomanes au bout d'une poignée de jours. Se posant dans un aérodrome proche du palais Topkaki, l'empereur descendit du vaisseau où il avait pris place. Le précédant son conseiller l'annonça auprès de la garde ottomane – l'empereur ayant surtout répondu à l'appel par un laconique « J'arrive au plus vite » qui ne laissait place à aucune date précise. Lorsqu'on le mena auprès du sultan, Shísān le salua d'une inclinaison de tête.

« Comme promis, sultan, j'ai fais au plus vite. Mes hommes attendent dans mes navires. Et j'ai apporté de quoi calmer ces djinns intempestifs. J'ai fais un premier essai sur mes terres et le résultat a été... fantastique. »

Laissant le sultan prendre ses dispositions, l'empereur le mena auprès de ses vaisseaux qui patientaient. Plusieurs hommes étaient déjà descendus, certains encadrant des machines qui devaient arracher plus d'un regard curieux. Shísān couvait ces dernières d'un regard de mère-poule observant ses jeunes poussins.

« Vous vous souvenez de mon inventeur roumain ? Il s'est surpassé ces derniers temps. Il nous a créé, entre autre éléments, ceci. Les Mièjué qu'il appelle cela. Elles peuvent projeter des courants électriques et possèdent des grenades explosives. N'approchez pas trop, l'on ne sait jamais. L'énergie qui les fait se mouvoir est instable. La sécurité doit empêcher toute explosion malencontreuse, mais, deux hommes prudents valent mieux qu'un. »

Une des machines, au son de la voix de l'empereur, se tourna en sa direction, sa « trompe » métallique dardé vers lui.

« Alors, sultan, dites-moi tout. Par où commençons-nous ? »

Shísān était comme un enfant qui allait jouer aux petits soldats – avec supplément grillade de djinns.


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